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Les gagnants du TechCrunch50 sont là !

La grande messe annuelle des start-ups ( TechCrunch50) vient de s’achever sur une remise de prix particulièrement intéressante. 52 start-ups ont ainsi été présentées au jury qui vient de publier la liste des lauréats :  Yammer Takes Top Prize At TechCrunch50.

En fait c’est plus l’innovation que la viabilité qui est ici récompensée et lorsque l’on regarde de près la description de ces start-ups, c’est un festival de buzzword :

  • Yammer, du Corporate Microblogging en mode SaaS ;
  • Atmosphir, une plateforme de User Generated Games ;
  • FitBit, un Personal Wealth Tracker Device ;
  • GoogGuide, du Citizen Social Shopping ;
  • Grockit, un Massively Collaborative Serious Learning Game ;
  • Swype, un Predictive Gesture Recognition Software for Touch Interface.

Gloups, ça vous la coupe, hein ?

Comme je suis en forme, je veux bien me prêter au jeu des prédictions avec ici quelques services que je sens bien monter en puissance d’ici la prochaine édition :

  • Dans la mouvance Green IT, des Crowdfunded Citizen Low Emitions Softwares (des applications en ligne financées par les collaborateurs qui seraient optimisées en terme de consommation de temps de calcul et de bande passante pour limiter l’empreinte carbone ;
  • Dans la mouvance WebOS et serious games, des Enterprise-level Positive Learning Collaborators Generated Open Environment Marketplace (une place de marché BtoB spécialisée dans les plates-formes de génération de programme de e-learning orientés bien-être - un concept qui plait aux générations Y et Z) ;
  • Dans la mouvance convergence réalité/virtualité, des Transreality Online Corporate Workplaces (des espaces de travail collaboratif en ligne reposant sur le principe de la réalité augmentée - ou de la virtualité diminuée - spécialement optimisés pour les problématiques des grands compte) ;
  • Dans la mouvance Social Shopping et développement durable, des Crowsourced Social Actions Brandstream (des aggrégateurs d’initiatives éco-responsables réalisées bénévolement par des fans pour le compte de grandes marques).

Pas mal, non ?

Bon, au-délà des buzzwords, force est de constater que les idées sont là et que l’innovation tourne à plein régime. Petit bémol pour Yammer qui se contente de légèrement modifier le modèle économique de Twitter tout en reproduisant quasiment à l’identique le design des pages. Même si l’idée est géniale, cette contrefaçon manifeste en agace plus d’un (cf.  Was TechCrunch50 rigged? et  Yammer is TC50 Winner - This is a Joke? Right?).

Et comme je suis un indécrottable chauvin, j’en profite pour vous lister les start-ups françaises participantes : Fotonauts, FairSoftware, Producteev, Cardsoff et MyBooo (cf.  TechCrunch50 et les français).

Google Chrome, le futur navigateur web de Google

Ça y est, la blogosphère vient de faire sa rentrée avec une annonce fracassante : Google va très prochainement sortir un navigateur web ( Goog le Chrome). Voilà enfin la confirmation de ce projet secret dont on entend régulièrement parler à droite et à gauche.

Le scoop nous vient du très respectable blog Google Operating System dont le rédacteur a trouvé une étrange bande dessinée dans sa boite email : Google Chrome Comic Book.

Une version beta sera visiblement disponible dans la journée : A fresh take on the browser.

En quelques mots

Voici en quelques points-clés ce qu’il faut retenir de ce navigateur Made in Google :

  • Google Chrome est un navigateur basé sur Webkit (le moteur qui propulse Safari) ;
  • Ce navigateur est annoncé comme plus rapide grâce à une toute nouvelle machine virtuelle Javascript (le truc qui gère le comportement des pages) ;
  • Il est également annoncé comme plus performant grâce à une meilleure gestion de la mémoire et des processus (meilleure que qui déjà ?) ;
  • Ce browser est bien évidement open source (pour que la communauté puisse se l’approprier ;
  • Un soin particulier sera apporté à la sécurité et à la confidentialité.

Pour plus d’infos c’est ici :

Si vous savez lire entre les lignes : ils se sont mariés avec Apple et non avec Mozilla (qui reste tout de même un partenaire privilégié : Mozilla Extends Lucrative Deal With Google For 3 Years).

Le ton est donné dès la première page de la présentation (”nous démarrons de zéro“) :

Quelques améliorations apportées à l’interface et à l’expérience utilisateur

Outre ces détails techniques, ce sont les nombreuses améliorations apportées à l’interface qui sont intéressantes (mais que l’on a néanmoins vu sur Opera pour la plupart). À commencer par l’emplacement des onglets (au-dessus de la barre d’adresse) :

Il y a aussi une nouvelle page de démarrage (avec les favoris et l’historique) :

Il y a également la possibilité de complètement modifier l’interface (dans le cadre d’une application en ligne) :

Vous noterez également l’utilisation encore plus poussée de la fonction d’auto-complétion dans la barre d’adresse (qui tient compte de l’historique) :

Les premières captures d’écrans sont déjà là :

Premières pistes de réflexion

Google Chrome n’est pas encore disponible (encore quelques heures  à patienter) que les premières réflexions commencent à germer, notamment sur l’impact de ce nouvel entrant :

  • Il va maintenant falloir assurer une pleine compatibilité sur 3 navigateurs (Firefox, IE et Chrome/Safari qui était un peu délaissé) ;
  • Que va devenir Opera ? Peut-être un recentrage sur les versions mobiles ?
  • Que va devenir Safari ? Sera-t-il remplacé ?
  • Que va devenir IE8 ? Ce lancement va-t-il fortement contrarier la migration depuis IE7 ?
  • Jusqu’à quel point Google va-t-il intégrer ces services dans ce navigateur (Gmail, Docs, Knol, YouTube…) ? Et ces services annexes (Analytics, Trends, Checkout…) ? Et ceux de ses partenaires (Apple…) ?
  • Ce navigateur n’est-il pas un cheval de Troie qui va tranquillement nous mener vers un Web OS de Google (cf. This Is Web OS, Make No Mistake) ?
  • Mais pourquoi n’y a-t-il pas de boîte de recherche (cf. Google Chrome Search: anti-competitive lock-in or inspired thinking?) ?
  • (liste à compléter)

J’ai pour le moment un peu de mal à y voir clair dans les implications réelles de cette annonce (il faut dire qu’il est tard). Laissons-nous quelques jours pour y réfléchir plus profondément et surtout pour voir comment le marché va accueillir cette annonce.

L’avenir du desktop réside-t-il dans le browser ?

En voilà une bonne question a laquelle tente de répondre Nova Spivack dans cet excellent article : The Future of the Desktop. Son propos est équivoque et il anticipe ainsi une évolution à moyen terme (2 ans) de nos outils de travail vers un nouveau modèle de Webtop.

Web browser + Desktop = Webtop

Selon l’auteur (et je partage son avis) les récents progrès et innovations techniques vont complètement bouleverser les architectures actuellement exploitées par les utilisateurs lambda (OS + applications + disque dur) pour les amener à complètement revoir la façon dont ils vont stocker et exploiter les données et applications (Weptop + SaaS + Data on the Cloud).

Voici une petite synthèse de l’article :

  • Les tentatives de portage d’application desktop vers des applications en ligne sont vouées à l’échec. Les seules applications en ligne viables sont celles qui savent exploiter les spécificité de l’internet (légèreté, accès unifié, édition simultanée de documents, gestion de l’historique…).
  • Nous passons progressivement d’une gestion spatiale de l’information (stockée dans des fichiers, répertoires, serveurs…) à une gestion temporelle de l’information (répartie sur des timeline, diffusée par des newsfeed / lifestream…).
  • Le problème n’est plus de trouver l’information, mais de gérer la surinformation (infobésité). Nous passerons donc moins de temps à chercher de l’information (Google fait ça très bien) et plus de temps à la filtrer. L’objectif finale étant d’améliorer notre productivité par une meilleur gestion de notre attention.
  • La logique de documents et de fichiers sera remplacée par celle de données partagées au sein de wikis. Ce format de stockage, d’exploitation et de partage présente ainsi le très grand avantage de résoudre les conflits de versions, de synchronisation…
  • Les données devront être formatées dans des standards ouverts pour favoriser l’adoption massive de solutions de SaaS et de Data on the Cloud afin d’éviter les problématiques de verrouillage grâce à des formats propriétaires (dont l’industrie du logiciel est la spécialiste).
  • Avec l’avènement des applications et des espaces de collaboration en ligne, nous ne lancerons plus notre browser depuis notre desktop mais notre desktop (dans le sens espace de travail) depuis notre browser.

Tout ceci vous semble sur-réaliste ? Réfléchissez-y à nouveau car lorsque l’on regarde de plus près des initiatives comme AppExchange, ContactOffice, Zoho ou encore Live Mesh, on est en droit de se dire que tous les éléments sont déjà en place.

Vers un Smart Webtop

Poursuivant sur sa lancée, l’auteur nous propose également quelques pistes de réflexion sur les fonctionnalités avancées que pourrait proposer le webtop du futur :

  • Des agents intelligents seront là pour structurer vos données en tâche de fond avec un travail horizontal (associant ainsi des données entre elles en fonction de leur signification ou du contexte).
  • Peu importe la puissance de l’ordinateur que vous utiliserez, les traitements seront de toute façon réalisés par des data centers. Votre puissance de calcul sera ainsi adapté à vos besoins. Vous serez donc facturé en fonction de ce que vous aurez “consommé”. Nous nous rapprochons donc d’un concept de Personal Cloud Computing.
  • Vous aurez la possibilité de dialoguer avec votre webtop pour lui faire exécuter des tâches à faible valeur ajoutée (”trouve-moi les fichiers rédigés par telle personne et publié entre telle et telle date“, “liste-moi toutes les conversations avec telle personne sur tel sujet“…). Les requêtes pourront être formulées par écrit en langage naturel ou via un système de reconnaissance vocale.

Ouf, que d’imagination ! Là nous ne sommes plus réellement dans une optique à moyens termes, mais quand je vois des initiatives comme Aurora je me dis que le futur n’est peut-être pas si loin ! En tout cas ils y travaillent.

Toujours est-il que j’abonde complètement dans le sens de l’auteur qui fait preuve d’une grande clairvoyance et d’une vision tout à fait intéressante de la convergence entre desktop et browser.

Cannonball Run + LifeStream = Boxer4Racing

Connaissez-vous la célèbre course Cannonball Run ? Mais si enfin, cette course illégale un peu folle qui consiste à traverser les États-Unis en un minium de temps (il y a même eu un film). Cette course légendaire (qui a fait l’objet d’un article récemment publié dans le Wired Magazine) est maintenant devenue illégale, mais elle a refait surface sous la forme d’une compétition plus officielle : One Lap of America.

Bref, il n’est fallait pas moins pour mettre sur pied une opération u peu folle qui consiste à retransmettre sous forme de lifecast cette épreuve : Have Car, Will Drive. Have Internet, Will Stream. La retransmission a débutée ce WE sur UstreamTV et se prolongera encore tout la semaine : Boxer4Racing.

Ustream1Lap.jpg

Bon… il faut bien avouer que l’on est très loin de l’esprit rebelle de l’édition originale, mais l’expérimentation est originale et mérite en tout cas l’attention des sponsors.

Mais tout ceci ne doit en aucun cas pas vous faire oublier la retransmission live de la conférence Webcom Montréal 2008 qui se déroulera la semaine prochaine à Montréal : webcom Montréal annonce un partenariat avec VidéoPresse.

Live Mesh = Software + Service + Synchronisation + …

Microsoft a présenté hier un nouveau service : Live Mesh. N’allez surtout pas croire qu’il s’agit d’un banal service de synchronisation de vos fichiers car c’est en fait bien plus que cela.

Pour faire simple, Live Mesh est une plateforme qui sert à relier entre eux des terminaux, services et données. Donc vous pouvez logiquement vous dire que cette plateforme regroupe des services comme SkyDrive, FolderShare ou encore Live Spaces. Oui… et non ! Car ce projet est bien plus ambitieux, il est le résultat de deux années de travail d’une équipe assez conséquente et est surtout le concrétisation de la vision de Ray Ozzie (le Chief Architect de Microsoft) : le web comme un épine dorsale de votre expérience sociale numérique. Plus d’infos ici : Ten things to know about Microsoft’s Live Mesh et Live Mesh: First Look at Microsoft’s New Platform.

LiveMesh.png

Concrètement, Mesh va vous servir à plusieurs choses :

  • Synchroniser des données entre plusieurs terminaux. Admettons que vous preniez une photo avec votre téléphone, cette photo va être immédiatement rendu disponible sur votre ordinateur, sur votre Xbox, sur votre page Live et même sur votre page Facebook. Encore plus fort, elle pourra également être distribuée à différents groupes en fonction de règles et autres permissions.
  • Synchroniser des données entre plusieurs services. Reprenons l’exemple de la photo publiée un peu partout. Si un commentaire est publié sur Facebook, il sera immédiatement récupéré et re-publié sur les autres services où la photo est disponible.
  • Gérer l’accès hors-ligne et la resynchronisation. Admettons que vous perdiez votre connexion sur votre ordinateur portable et que vous fassiez une modification à cette photo, dès que vous êtes à nouveau connecté, la photo est mise à jour partout là où elle a été publiée.
  • Gérer le paramétrage et la mise à jour des applications. A partir du moment où vous connectez un service ou une application à Mesh (ils appellent ça une application “mesh-aware“), la plateforme se charge de le/la transformer en une sorte de widget qui va pouvoir échanger des flux d’information avec la plateforme (à la fois des flux d’information mais également des flux applicatifs).

Heu….

Quoi ?

Comment ?

Oui vous avez bien lu : gérer l’accès hors-ligne, la resynchronisation, le déploiement et la mise à jour. En d’autres termes, Mesh n’est ni plus ni moins qu’une authentique révolution, l’équivalent de la Facebook Platform mais en bien plus puissant.

Reprenons depuis le début :

  • Synchronisation des données entre plusieurs terminaux (Windows dans un premier temps puis Mac et cie par la suite). Pour moi il s’agit d’un pied de nez aux services de stockage en ligne du type Data on the Cloud ( Google Apps, Gdrive…). Pour plus de précisions, je vous recommande ce billet qui parle de la vision du cloud computing de Google : Kai-Fu Lee on Cloud Computing. Et si vous êtes en forme, allez donc voir ce qui se prépare du côté de Mozilla Weave.
  • Gestion du déploiement des applications sous forme de pseudo-widgets et de la synchronisation des données. Chez moi on appel ça un concurrent direct de OpenSocial.
  • Gestion du mode hors-ligne et de la resynchronisation. Pour moi nous sommes en présence d’un concurrent des Google Gears et autres Mozilla Prism.
  • Gestion de la mise à jour des applications via flux RSS ou équivalent (nom de code = “FeedSync“). Là nous avons quelque chose de tout nouveau mais que j’avais évoqué il y a plus de deux ans (cf. Après les podcasts et les videocasts, les softcasts ?).

Ouf ! Voilà donc à quoi ressemble le fameux social mesh dont Ray Ozzie nous avait déjà parlé lors du MIX08 : Un accès universel aux données et aux services au sein d’une plateforme sociale unifiée.

Certains spéculent déjà sur une extrapolation de cette plateforme à un nouveau modèle de licence pour les logiciels : vous achetez une licence, vous l’associez à Live Mesh et la plateforme se charge de déployer ce service sur vos différents terminaux et même de gérer vos données (cf Microsoft’s Mesh Revealed—Sync All Apps And All Files To All Devices (As Long As They’re Windows)).

Toujours plus fort, Microsoft a la volonté d’ouvrir sa plateforme à la communauté en intégrant les applications et services d’éditeurs tiers et en déployant un certain nombre d’API pour pouvoir rendre le service exploitable par d’autres.

Ajoutez à cela des fonctionnalités “sociales” comme le Live Mesh Notifier (une sorte de lifestream) et vous aurez une bonne idée de l’ambition de Microsoft vis à vis de cette plateforme : un écosystème où cohabitent utilisateurs, données, services et applications (le tout sur différents OS et terminaux). Pour en savoir plus, je vous recommande ce mémo interne publié par Ray Ozzie à ses troupes : Full Text of Ray Ozzie Mesh Memo.

Le plus attentifs me diront : “différents OS et terminaux, mais comment vont-ils s’y prendre ?“. Et je leur répondrais par un seul mot : Silverlight. Et oui, Silverlight pourrait être le cheval de Troie de Live Mesh, l’environnement d’exécution multi-OS et multi-plateformes : Linux, mobile… Plus d’infos sur ce point ici : Silverlight and the future core of Microsoft.

Vous l’aurez donc compris, Microsoft vient de frapper un grand coup avec ce Live Mesh, s’ils parviennent à tenir leurs promesses alors la transformation du géant de Redmond commencera à prendre forme. Il ne leur manquerait plus qu’à finaliser le rachat de Yahoo! pour amorcer un virage encore plus net.

Google se lance dans le cloud computing avec App Engine

Grosse surprise cette semaine avec l’annonce du lancement de Google App Engine, une plateforme d’hébergement d’applications (ils ont même un blog : Google App Engine Blog).

google_appengine.png

Concrètement App Engine est une plateforme qui s’adresse aux développeurs en leur proposant un ensemble de services (hébergement, base de données…) pour pouvoir faire tourner leurs applications sur les infrastructures de Google. Les experts appellent ça du cloud computing et cette solution est rudement pratique pour ceux qui veulent se concentrer sur le code et ne pas avoir à se soucier de l’infrastructure et des problématiques qui y sont liées (stabilité, disponibilité, monté en charge…). D’autant plus que Google propose dans son offre un certain nombre d’API pour leur simplifier la tâche (traitements divers, gestion de la BdD…).

Cette offre se positionne en concurrence directe avec l’offre de Amazon : S3 pour l’hébergement, EC2 pour les traitements et SimpleDB pour la base de données. Petite subtilité : les clients d’Amazon peuvent choisir un ou plusieurs de ces services (ils mangent à la carte) alors que les clients de Google doivent utiliser toute la plateforme (ils mangent au menu).

En poussant la comparaison un peu plus loin, nous pourrions associer Google App Engine à du PaaS (Platform as a Service) comme peuvent le faire des acteurs comme SalesForce AppExchange ou BungeeLabs.

A peine lancé, certains pointent déjà du doigt les limitations de ce service :

D’autres y voient une très belle opportunité pour Google d’acquérir de nouveaux utilisateurs dans la mesure où il faut posséder un compte Google pour pouvoir exploiter les applications qui sot hébergées chez Google App Engine : Google App Engine: Cloud Control to Major Tom. Peut-être est-ce un moyen simple de pouvoir être plus proche des start-ups et de ne plus avoir à supporter le coût d’intégration en cas de rachat !

En poussant la réflexion un peu plus loin, on se rend compte que ce App Engine est en quelque sorte la réponse de Google à la Facebook Platform ( App Engine, Facebook Platform, OpenSocial, and the Future of the Web) : la possibilité d’héberger des applications sur la plateforme technique de Google (les fameux data centers) et d’exploiter la base d’utilisateurs (les millions de clients de Gmail et des services de Google).

D’autres s’interrogent également sur le danger de cette nouvelle offre qui va permettre à Google d’accroitre encore sa position dominante (comparable à celle de Microsoft dans les années 90). Tiens et puisque l’on parle de Microsoft, il semblerait qu’ils ne soit pas en reste : Red Dog, Microsoft’s Answer to App Engine and AWS?.

Je manque encore de recul pou bien anticiper toutes les implications de ce nouveau service mais en tout cas nous nous dirigeons petit à petit vers un nouvel âge d’or de l’informatique. Qui pourrait nous confirmer cela : Guillaume ? Louis ? Didier ?…

Lifecast = Podcast 2.0 (et plus si affinité)

Connaissez-vous les lifecasts ? Mais si enfin, ces Web TV où il n’y a qu’un seul protagoniste : l’auteur qui se filme quasiment 24H/24H. C’est Justin Kan qui a été précurseur sur ce segment avec son site Justin.tv (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet sur la notion de sous-veillance).

Le site Justin.tv est maintenant devenu un portail sur lequel cohabitent plusieurs programmes. Mais il existe aussi d’autres services vous permettant de lancer votre propre lifecast : UStram.tv, BlogTV.com ou encore le récent Yahoo! Live.

YahooLive.jpg

Une évolution extrême du podcast

Nous pouvons considérer ces services de lifecast comme une évolution extrême des podcasts. L’objectif ultime du lifecasteur étant de filmer un maximum de son quotidien, idéalement la totalité (ça ne vous rappelle rien ?).

A priori il n’y a pas trop d’intérêt à se filmer en quasi-continu, sauf si vous avez la possibilité de fouiller dans les archives et de faire des rétrospective des meilleurs moments (des best-of). Et c’est là où ça coince : ces services ne sont visiblement pas encore structurés pour offrir une proposition de valeur suffisante. Comprenez par là qu’il manque à mon sens 3 outils essentiels :

  • Un moteur de recherche vidéo pertinent (l’équivalent d’un Blinkx ou d’un Google Video Search) ;
  • Un outil d’édition et de montage (l’équivalent de JumpCut ou de YouTube Remixer) ;
  • Un mécanisme d’exportation et de publication (un mini-lecteur à encapsuler dans les blogs, pages persos, réseaux sociaux…).

En intégrant ces outils, les services de lifecasting pourraient apportés une réelle valeur ajoutée. Exemple : un passionné de voyage qui ferait des résumés de ces étapes ou de ces rencontres. Le plus gros potentiel de ces services réside ainsi dans la sélection et la compilation d’instants de vie, c’est en quelque sorte la longue traîne de la téléréalité.

Quid du modèle économique ?

Ces services sont encore balbutiants mais l’on se pose déjà la question de savoir comment les rentabiliser, ou du moins de savoir comment les auteurs pourraient monétiser leur audience. Il existe plusieurs options :

  • La publicité contextualisée. Visiblement Google est en train de finaliser un algorithme qui permet d’extraire le sens d’une vidéo et de proposer une publicité ayant un rapport. Toute la difficulté pour ce type de service serait de parvenir à faire ça en temps réel et à synchroniser la pub avec le lifecast à un rythme régulier (toute les 5 minutes par exemple).
  • Les publicités incrustées. Dans la mesure où les sociétés de production arrivent à incruster des bannières dans des matchs de foot ou des produits dans certaines séries TV, pourquoi ne pas le faire dans un lifecast ? Idéalement le lifecasteur pourrait porter un t-shirt avec un carré vert où la publicité viendrait s’incruster. Il y a également la possibilité de faire des bannières en sur-impression (plus simple).
  • Le placement de produits. Ceci peut s’apparenter à du sponsoring mais avouez que ça serait quand même plus simple de mettre de la pub sur le t-shirt du lifecasteur (le transformant ainsi en homme -sandwich) plutôt que de s’embarquer dans des systèmes complexes d’incrustation de produits à la volée.
  • Les productions sur commande. Puisqu’il existe des billets sponsorisés, pourquoi pas des séquences sponsorisées ? Nous parlons ici d’un petit jingle de temps en temps comme on peut en entendre à la radio. Où alors ça peut être une opération plus ambitieuse lors de manifestations. Exemple la couverture du spring break par iJustine pour le compte d’ American Eagle (cf. Du bonne usage de la vidéo pour faire de l’événementiel marchand).

Et Seesmic dans tout ça ?

Même si la nouvelle start-up de Loïc Lemeur peut vous sembler très proche de ce concept, il n’en est rien. Seesmic s’apparente plutôt à une solution de micro-blogging vidéo (quelques courtes séquences dans la journée) qui est plus adaptée à de la conversation collective en mode vidéo. La différence est subtile mais il ne me semble pas du tout pertinent de comparer Seesmic à Yahoo! Live. Deux services au positionnement et à la finalité complètement différente. Peut-être serait-il plus juste de comparer Seesmic à un forum en mode vidéo.

Conclusion : gros potentiel, mais grosses dérives potentielles

Force est de constater que le lifecast est encore une pratique extrême réservée à une minorité d’individus : entre le coût d’acquisition du matériel et le tournage des séquences, c’est un métier à plein temps !

Il y a de plus une forte dérive potentielle à prévoir, notamment quand à l’utilisation des lifecasts comme du contenus pornographiques payants (des sortes de peep-shows ouverts 24H/24H). Qui se souviens ainsi de JennyCam, une expérimentation très en avance sur son temps ?

Tout ça me laisse à penser que la clé du succès de ces services réside dans leur capacité à fournir des outils simples pour les utilisateurs, sinon ces derniers se contenteront de “picorer” ces services. Peut-être les terminaux mobiles sont-ils une solution aux problématiques logistiques : intégrer une application aux téléphones mobiles qui serviraient à capturer et à diffuser les séquences. Il existe déjà des services proposant cela ( Flixavagon, QIK… voir à ce sujet le billet d’ Eric) mais sans parvenir à apporter la même expérience utilisateur que les services leaders cités en début d’article.

Moralité : la compétition reste ouverte et chacun à ses chances…

Deviendrons-nous tous des médias potentiels ?

Je constate depuis un certain temps une montée en puissance des services d’agrégation du type SocialThing, Ziki, mEgo ou encore LiFE2Front. Dernier en date, FriendFeed qui est semble-t-il la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : FriendFeed Gets $5M, Launches to the Public.

Il faut dire qu’avec cette ribambelle de services “2.0″ tout est prétexte à publication et partage : vos billets (via flux RSS), vos favoris ( del.icio.us), vos photos ( FlickR), vos diaporamas ( Slideshare), vos achats ( Shopalize), vos films loués ( Netflix), vos chansons écoutées ( Last.fm), vos humeurs ( Facebook Feed & Status), vos moindres faits et gestes ( Twitter)…

N’importe qui peut se prêter à ce petit jeu, mais il est tout de même préférable d’avoir un peu d’audience pour que ça devienne intéressant. Exemple : Loic Lemeur, l’homme public que l’on peut suivre au quotidien à l’aide de son blog, de son flux Twitter ou des ses podcast. Imaginez un peu ce que cela pourrait donner avec une version mobile de Seesmic

Petit à petit nous nous rapprochons de la notion de sousveillance pour laquelle il existe déjà des services comme Justin.tv, BlogTV ou encore le tout récent Yahoo! Live. Nouvelle forme d’expression ? Très certainement, car contrairement aux blogs où il faut publier pour exister, dans le cas de ces services de Lifecast l’exposition est passive et quasi-pervasive, du moins pour la partie publique de la vie des auteurs. D’ailleurs, produisent-ils réellement du contenu ? Vaste question…

Comment cette tendance va-t-elle évoluer ? Difficile à dire, d’autant plus avec Google qui a récemment racheté Jaiku. Essayez donc d’imaginer ce qu’ils pourraient faire en appuyant ce service sur leurs data-centers : une indexation en quasi-temps réel de notre quotidien, une sorte de back-up permanent de notre vie de tous les jours.

Finalement le concept de lifestream n’a jamais été autant d’actualité (lire à ce sujet ce blog : Lifestream Blog). Je m’étonne que les éditeurs de services en ligne n’ont pas encore étendu ce principe en proposant des variantes :

  • des lifestreams familliaux (regroupant les activités quotidiennes des différents membres de la famille) ;
  • des lifestreams locaux (regroupant le quotidien des habitants d’un même quartier) ;
  • des lifestreams verticaux (pour des groupes homogènes de passionnés ou de professionnels d’un même métier)…

Vous êtes libre de compléter cette liste dans les commentaires.

Où s’arretera le Software-as-a-Service ?

Vous connaissez le SaaS (Software-as-a-Service) ? Mais si enfin, c’est le nouveau nom pour ASP (Application Service Provider), les fournisseurs d’applications en ligne. Bref, c’est un créneau en pleine explosion, car avec la banalisation du haut-débit et des data-centers, héberger soi-même ses applications devient plus une contrainte qu’un avantage compétitif. Des services comme SalesForce ou les Amazon Web Services ouvrent ainsi la voie à de nombreuses innovations.

Dernière innovation en date : le Platform-as-a-Service, à savoir la possibilité de créer une application directement dans votre navigateur. Plus besoin de déployer des environnements de développement ou de pré-production / production, tout ce fait en ligne. C’est en tout cas la promesse de services comme Bungee Connect (cf. Bungee Launches PaaS for Building Web Apps in the Cloud) ou Heroku (cf. Heroku Lifts Ruby on Rails Development into the Cloud).

BungeeConnect.jpg

Toujours dans cette optique, d’autres services vous propose de prendre en charge vos bases de données, ils appellent ça le DaaS (Database-as-a-Service). Le principe est le même : tout se fait dans la fenêtre du navigateur, à l’image de services comme Blist (cf. Blist Prepares Easy Web-Based Database Application) ou LongJump (cf. LongJump: Database in the Cloud).

Difficile de suivre une actualité aussi chaude et surtout de se faire une idée sur ces services encore en finalisation. On en vient à se demander jusqu’où pourra aller la virtualisation des entreprises ? L’utopie de l’extraprise serait-elle en passe d’être viabilisée par ces nouvelles générations de fournisseurs de service ? Peut-être… A suivre…

LiFE2Front + Sprout = mEgo

Décidément, les services d’agrégation égo-sociale sont à la mode. “Agrégation ego-sociale” ? Mais oui enfin, les services qui vous permettent de centraliser les micro-contenus que vous publiez librement (photos, blog, micro-blog, signets…). Dans cette catégorie nous pouvons citer Jaiku, Ziki et surtout le très avant-gardiste LiFE2Front.

Mélanger ça avec un service de création de widget comme Sprout Builder et vous obtenez mEgo :

mEgo.jpg

Ce service vous permet donc de générer des cartouches personnalisables dans laquelle vous pouvez fourrer tout un tas de trucs (qui concernent vos goûts sociaux-culturels) et agréger des flux qui sont régulièrement mis à jour. Les widgets ainsi produites sont agrémentées de petits effets visuels plutôt sympas.

Un concept intéressant, à quand une version mobile ? (via Olivier)