Ne confondez plus communautaire et social

Souvenez-vous de l’époque où Facebook et MySpace n’existaient pas encore, nous ne parlions pas de médias sociaux mais les communautés étaient déjà au centre de nombreuses attentions (cf. l’introduction en bourse de Multimania ou les premières expérimentations communautaires sur des plateformes marchandes comme Castorama ou Plantes et Jardins). Depuis, le monde (en ligne) a complètement changé et on ne parle plus que de “social” : réseaux sociaux, platefomes sociales, social softwareil y a du social à tous les étages.

Pourquoi un tel engouement ? Parce que derrière ces outils “sociaux” il y a des utilisateurs (des vrais gens). De vrais utilisateurs… comme dans les forums. “Forum“, voilà un terme issu du passé qui ne fait plus rêver personne (ni les blogueurs, ni les journalistes, ni les annonceurs), et pourtant… Les forums sont toujours aussi actifs et il remplissent une fonction bien différentes des plateformes sociales à la Facebook ou Twitter (lire à ce sujet mon précédent billet : Les forums, nouveaux piliers des médias sociaux ?).

Il existe ainsi une grosse différence entre les plateformes communautaires et les plateformes sociales. Différences qui peut être illustrée comme ceci :

À droite, des plateformes sociales comme Facebook, FlickR et Twitter où les membres publient du contenu dans une dynamique passive : ils s’expriment mais n’attendent pas nécessairement de réaction. La dynamique sociale sur ces plateformes repose avant tout sur le besoin d’appartenance (”moi aussi j’ai un profil Facebook“) et l’égo (”ma vie intéresse forcément les autres“) des membres qui sont motivés par la visibilité et les rencontres (personnelles ou professionnelles). Il n’y a pas réellement de dialogue au sein de ces plateformes, juste des micro-discussions entre visiteurs de passage.

À gauche, des plateformes communautaires comme les forums où les membres engagent des conversations : ils posent des questions, débattent, se chamaillent et témoignent. La dynamique communautaire repose avant tout sur l’empathie (”je cherche des personnes ayant eu la même expérience que moi“) des membres qui cherchent à partager une passion ou un vécu (cf. les gigantesques forums pour passionés d’automobile, de produits high tech ou pour les femmes enceintes). Le dialogue est donc l’ingrédient essentiel des communautés.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Parce que je vois beaucoup trop de marques et annonceurs qui cherchent à se rapprocher de leurs clients / prospects avec une présence sur les plateformes sociales. Est-ce qu’un profil ou une application Facebook permet d’initier le dialogue entre une marque et ses clients ? Non pas du tout. Cela permet juste à la marque de s’exprimer aux côtés des autres. Mais est-ce bien efficace ? C’est la question que je pose ici : Médias sociaux et publicité sont-ils compatibles ?

Il en faut plus pour se rapprocher réellement des clients, c’est un travail de terrain laborieux qui passe obligatoirement par des échanges de personnes à personnes, un dialogue entre un représentant de la marque et un client, pas un bref échange entre un support de campagne et une cible non-identifiée.

Si vous diffusez un film à caractère viral, vous n’êtes pas en train de dialoguer avec vos clients. Si vous publiez un widget sur Netvibes ou Facebook, vous n’êtes pas en train de dialoguer. Si vous lancez une campagne où des blogueurs gagnent des lots en relayant votre message, vous n’êtes pas en train de dialoguer.

Je ne suis pas en train de critiquer les actions cités plus haut, mais juste de bien vous expliquer la différence entre les modèles communautaires et sociaux qui sont régis par des motivations et des dynamiques bien distinctes.

Faut-il abandonner les plateformes sociales pour autant ? Non bien évidement, mais ne vous leurrez pas sur les retombés que vous pouvez espérer d’une campagne sur les médias sociaux. Car pour établir une relation réellement durable ou obtenir un feed-back réellement fiable, rien ne remplace les contacts d’humain à humain (même si c’est au sein d’un forum). D’où l’importance pour les marques d’investir sur des profils de community manager.

51 commentaires pour “Ne confondez plus communautaire et social”

  1. le 20 novembre 2008 à 11:51
    Cédric DENIAUD a dit :

    Je suis heureux de te l’entendre dire. Il a effectivement notamment dans le langage une confusion de plus en plus grande dans des notions : chaque plateforme se dit communautaire alors qu’elle n’intègre que quelques éléments de participation donc pas de quoi vraiment fédérer et animer une communauté… De même pour les plateformes sociales : de la même manière où il n’y a encore pas si longtemps chacun se disait faire du Web 2.0, désormais chacun se dit faire du Social Media.

    Cette perception s’était renforcée lors des conférences que tu animais lors du dernier Salon E-commerce où je trouvais que certains intervenants avaient été peu clairs dans la définition du service ou opération qu’ils mettaient en place, parlant parfois de “communauté de visiteurs” (what’s this ????) et dont j’ai eu l’occasion de parler dans http://cdeniaud.canalblog.com/archives/2008/09/26/10711257.html

  2. le 20 novembre 2008 à 12:15
    Gery a dit :

    Alors que dire des groupes sur les réseaux sociaux? un réseau social peut être communautaire, non?

  3. le 20 novembre 2008 à 12:22
    Olivier a dit :

    D’un point de vue purement utilisateur, il y a aussi une grosse différence entre une plateforme communautaire et une plateforme sociale. Alors que la seconde se contente souvent d’entretenir des liens sociaux existants, la première permet vraiment de créer de nouveaux liens sociaux, faire de nouvelles connaissances dans la virtuel, qui peuvent découler ensuite dans le réel.

    Je suis d’accord aussi sur le focus sur l’égo des plateformes sociales (la première chose qu’on y demande est d’ailleurs de remplir son profil), là où sur une plateforme communautaire (comme un forum), l’utilisateur tend à s’effacer derrière un intérêt commun de la communauté.

  4. le 20 novembre 2008 à 13:09
    AbriCoCotier a dit :

    100% d’accord avec le contenu du billet.

    Mais bon, c’est finalement logique : si les plateformes sociales n’ont pas remplacé les forums, qu’elles n’en sont pas une simple évolution, c’est bien que chacun a sa propre fonction.

  5. le 20 novembre 2008 à 13:15
    Monsieur J a dit :

    Je ne suis pas toutafait d’accord avec toi Fred : Dans les plateformes sociales le relationnel compte plus qu’à la marge je trouve. Néanmoins je suis d’accord pour dire que l’ego et la moutonisation sont deux vecteurs du succès de ces plateformes.

    La dichotomie ne se situe-t-elle pas plutôt dans l’”objet” de la plateforme ?
    Une ptf communautaire fédère une tribu (voir le dernier bouquin de Seth Godin) et a un sujet plutôt clairement identifiable => d’où les échanges plus riches qui s’y font, car toutes les personnes s’y trouvant ont les mêmes centres d’intérêts.
    Une ptf sociale n’a pas de sujet précis, ou plutôt il est ouvert à tous les sujets => on est dans la multitude de niches (et de microdiscussions) si chère à Chris Anderson.

    Qu’en dis-tu ?

  6. le 20 novembre 2008 à 13:26
    Eeorb a dit :

    Et dire que certaines firmes dédient un budget de plus en plus important à leur promotion sur plateforme sociale… (cf. http://www.reuters.com/article/rbssTechMediaTelecomNews/idUSN1853149420081118?pageNumber=1&virtualBrandChannel=0) À en croire cet article, ces grandes firmes semblent plutôt croire aux retombées économiques de cette stratégie, notamment parce qu’il permettrait d’atteindre des consommateurs plus jeunes.

  7. le 20 novembre 2008 à 13:28
    Frédéric CAVAZZA a dit :

    @ Eeorb > En quelque sorte oui, une présence sur les média sociaux permet de toucher des cibles plus jeunes (à condition de bine choisir sa plateforme). Mais il ne faut pas perdre d’esprit que les conditions de cette touche varient énormément en fonction de la nature de l’exposition : pub (con)textuelle, widget, faux profil…

    /Fred

  8. le 20 novembre 2008 à 13:39
    Max a dit :

    Fred, Comment classeriez-vous un blog ? communautaire ou social ?
    Le blogueur s’exprime, ce serait donc du social.
    Mais les commentaires permettent d’engager le dialogue, voir peut-être de faire naître de vrais relations entre êtres humains ?
    J’ai du mal à me faire une opinion, quelle est votre opinion à ce propos ?

  9. le 20 novembre 2008 à 13:53
    Jean a dit :

    Je ne suis pas trop d’accord avec toi Fred (et je rejoins plutôt Monsieur J).
    Social signifie qu’il y a des échanges, des relations entre les personnes. Donc tous les moyens qui permettent aux gens d’échanger sur le web peuvent être qualifiés d’outils “sociaux” (Facebook, MSN messenger…).
    La notion de “communauté” est englobée dans la notion de “social”. Une communauté est un espace social dans lequel les gens se rassemblent pour un but commun : une passion, une caractéristique, un objectif… (Nike +, Fan Club de Patrick Bruel..)
    Alors en effet, les communautés sont souvent plus constructives car les gens ont un objectif, mais ça n’empêche pas les gens de trouver leur intérêt dans une plateforme qui est simplement “sociale”

  10. le 20 novembre 2008 à 14:38
    Frédéric CAVAZZA a dit :

    @ Max > Je classe les blogs dans la catégorie “social” sans aucune hésitation car l’auteur peut ignorer les commentaires ou filtrer ceux qui lui déplaissent, contrairement à un forum où les rédacteurs sont sur le mêm niveau. De plus, les commentaires ne sont lus que par une minorité (le coeur d’audience).

    /Fred

  11. le 20 novembre 2008 à 14:44
    AUTOACBC a dit :

    Chaque fois que je rentre dans un Forum, je ne me sens pas à ma place, sans être bégueule, je trouve souvent les propos agressifs, vulgaires,et on est souvent spectateurs de règlements de compte, personnellement je ne suis pas une adepte.

  12. le 20 novembre 2008 à 17:36
    François VERRON a dit :

    Sujet épineux…et passionnant : je me lance dans le débat…

    Peut-on imaginer une communauté sans social ? Non. Peut-on imaginer du social sans communauté ? Oui, par exemple avec une plateforme de suggestion telle que Yahoo Answers; un fil de discussion de forum qui correspond à ma problématique présente; Ainsi le social peut exister sans sentiment d’appartenance. Il suffit simplement qu’il y ait échange entre 2 personnes de façon opportuniste et sans spontanée.

    En revanche, la plateforme communautaire induit un sentiment d’appartenance et son activité sociale est l’indicateur de sa vivacité, avec en son sein des acteurs plus ou moins impliqués (les animateurs ambassadeurs, les réactifs, les passifs…) et où la dimension sociale est plus riche et complexe, plus collective, plus communautaire et ce 2 deux façons.

    -La première = un individu peut interagir avec une communauté, des individus peuvent interagir avec une communauté, ou interagir peut être un simple post, une simple notation, un billet, un avis, une vidéo, une photo, une création, etc…Ce qui est un acte social tribal, ce faisant je participe à la communauté.
    -La seconde = la mise en relation entre personne via le service affinitaire que me permet la plateforme communautaire et du coup, entrer dans le sentiment d’appartenance à cette communauté…

    Aussi, lorsqu’une marque anime une présence légitime dans une communauté ou met en place une plateforme communautaire, elle a beaucoup à y gagner, notamment grâce au jeu du permission marketing : être là où son message a le plus de chance d’être entendu car légitime.
    Toute la question, est-celle de la légitimité d’une marque à adresser le bon widget au bon endroit ou à fédérer une communauté de marque…sur des intérêts de niche… mais c’est une autre question.

  13. le 20 novembre 2008 à 17:48
    Vincent a dit :

    Interessant comme toujours avec l’ami fred mais je dois dire que je n’accroche pas totalement et partage les remarques faites.
    De plus ces outils sont souvent en synergie, on se connait sur un forum et on devient ami sur facebook puis on se twitte.
    FB sans les liens et seulement sur l’ego est mort! On voit bien actuellement l’engouement des commentaires qui deviennent des fils de discussion, des pages goupes…
    Et puis les bonhommes de droites sont bien plus jolis que ceux de gauche ;-)

  14. le 20 novembre 2008 à 18:10
    Nicolas F. a dit :

    Finalement, les plateformes communautaire son moins “in”, mais plus efficaces ;) .

  15. le 20 novembre 2008 à 20:44
    Yann Leroux a dit :

    Je ne pense pas que la distinction entre le communautaire et le social soit dans l’interactivité.
    * une foule est un phénomène social et pourtant il est difficile de soutenir qu’elle est structurée par des conversations.
    * sur une plateforrme comme facebook, il y a des conversation qui se créent a partir du changement d’un statut. Ces conversations sont sans doute éphémères, vite oubliées, mais elle sont tout aussi importantes que les échanges des parents a la sortie de l’école.

    Je ne crois pas que l’on puisse faire reposer la différence communautaire / social uniquement sur les caractéristiques du dispositif. Pour produire une réflexion sur ce sujet il faudrait a mon avis partir de définitions de ce qui est communautaire et de ce qui est social, examiner les différences et les recoupements et ensuite analyser ce qui se passe en ligne. Peut etre est ce qu’une piste de travail pourrait être de partir du commun et du partagé.

    En ce sens, le communautaire se construirait autour de ce que nous avons en commun. Cela peut être un dispositf – facebook, myspace, yahoo! groupes…), une passion ou une idée (le football, la démocratie). C’est surtout une distribution statistique. Sur les 60 millions de comptes de Facebook, il est normal de trouver des personnes qui ont des choses communes

    Le partagé est quelques chose de plus commun. C’est l’activation en soi du lien que l’on a en commun avec l’autre. C’est ce partagé qui est à la base de la constitution des dynamiques groupales, alors que le commun est à la base de la constitution des foules.

    Ce sont vraiment des distinctions fines. Par exemple, dans ce fil de discussion, il y a sans doute à la fois une dynamique communautaire et groupale. C’est ce que Internet amène spécifiquement : la construction d’espaces sociaux qui peuvent se superposer et/ou coexister dans des temps et des espaces qui sont à la fois différents et identiques.

    Pour ce qui est du coté commerce, ne nous trompons pas : les marques ne veulent pas dialoguer. Elles veulent vendre. Et pour cela, elles sont prêtes a tout, jusqu’a tenter de nous faire monétiser nos rêves et nos désirs. J’ai les plus grandes critiques et les plus grandes réserves pour ce coté du web. Les community manager ne sont rien d’autres que des bergers qui tentent de nous rassembler en grands troupeaux de moutons.

    Le

    C’est vraiment un travail de longue haleine.

    Deux exemple
    - le criquet dit social se

  16. le 20 novembre 2008 à 23:00
    Stéphane Dangel a dit :

    Je suis d’accord avec votre différenciation Facebook etc / Forums. C’est d’ailleurs rassurant de voir que tout le monde ne considère pas les forums comme des dinosaures du web relationnel.
    Par contre, ne peut-on pas voir les micro-discussions sur Facebook ou Linkedin genre 1 question – 1 réponse, ponctuelles comme étant un espèce de modèle des discussions d’aujourd’hui dans notre société, beaucoup plus purement utilitaires et aussi plus pauvres que ce que l’on a pu connaître par le passé ?
    Stéphane Dangel
    http://blog.ifrance.com/storytelling

  17. le 20 novembre 2008 à 23:05
    Harold Jarche » Social or Community? a dit :

    [...] Fred Cavazza raises an interesting point on the difference between social and community platforms. “Community” platforms allow members to fully engage in conversations, while “Social” platforms, like Facebook, Twitter and Flickr, are more passive. In the comments, Fred says that blogs are definitely social, as they allow authors to block and filter comments. [...]

  18. le 21 novembre 2008 à 0:31
    " » bookmark from diigo 11/20/2008" by Relation, transformation, partage a dit :

    [...] Ne confondez plus communautaire et social | FredCavazza.net [...]

  19. le 21 novembre 2008 à 8:27
    bruno bichet a dit :

    Selon les usages que l’on peut en faire, j’aurais bien classé Twitter dans “communautaire” plutôt que dans “social” exclusivement.

  20. le 21 novembre 2008 à 10:54
    Dominique Dupagne a dit :

    Belle analyse !
    Certes, comme cela a déjà été dit, les espaces sociaux créent des forums et les forums voient naître des espaces sociaux “la discussion de truc” ou “la défume de machin” où le but est d’avoir le plus de contributions sur son fil, et donc d’amis.

    Mais il faut absolument avoir cette différence en tête. Ne serait-ce parce que le social est bien moins solide dans la durée que le communautaire.

    Ne disait-on pas il y a quelques années : “Le contenu attire l’internaute, la communauté le retient” ?

  21. le 21 novembre 2008 à 12:03
    Thomas a dit :

    Billet très intéressant.

    Je suis assez d’accord avec le début de réflexion de Yann Leroux (un peu plus haut la). A savoir :

    “* sur une plateforrme comme facebook, il y a des conversation qui se créent a partir du changement d’un statut. Ces conversations sont sans doute éphémères, vite oubliées, mais elle sont tout aussi importantes que les échanges des parents a la sortie de l’école.”

    Dans ce cas, le besoin d’appartenance évolue vers un besoin de dialogue.
    Même réflexion sur friendfeed, ou les commentaires suite à une publication sont importantes.

    Toujours pour appuyer cette différence un peu flou entre “social” et “communautaire”, Le Monde 2 publiait vendredi dernier un spécial High Tech avec un papier sur Twitter.
    L’un des aspects génial de twitter que le journaliste mettait en avant était la réactivité et l’échange au sein de cette communauté.
    (Avec de superbes exemples, comme lors d’une forte tempête dans une ville aux États Unis, ou les gens prenaient les nouvelles des autres instantanément via twitter).

    Bref, au final, NOUS devenons un média à part entière.

  22. le 21 novembre 2008 à 12:20
    odenis a dit :

    Je trouve quand même que le “social” amènent, sous forme électronique, le plus fiable réseau “le bouche à oreille”…

    C’est une sacrée porte d’entrée que d’entendre dans son réseau social les bienfaits de tel ou tel produit, service etc…

  23. le 21 novembre 2008 à 12:36
    2nde ligne a dit :

    si je comprends bien, le social serait de droite car plaçant l’individu au centre et le communautaire de gauche car plaçant le groupe au coeur…

  24. le 21 novembre 2008 à 13:44
    Mickaël a dit :

    C’est surtout que l’homme est un animal social, avec le potentiel de rentrer en relation avec ces congénères. Mais ces relations ne sont pas homogènes, et lorsque des noeuds se créent autour d’un intérêt partagé, on voit alors émerger des groupes/communautés avec un sentiment identitaire.

    Ainsi, vouloir classer les outils entre social et communautaire me paraît téméraire. C’est oublier que l’usage détourne bien souvent l’objectif premier de l’outil. Ainsi, j’imagine assez bien qu’une communauté puisse se former autour d’un blog (voire plutôt d’un réseau de blogs) avec des participants constants et réguliers, des échanges pour de la formation mais aussi de la coproduction.

  25. le 21 novembre 2008 à 15:08
    Thomas a dit :

    Fred, finalement friendfeed ne serait pas le mix idéal de plateforme sociales et plateforme communautaires?

  26. le 21 novembre 2008 à 19:17
    Olivier a dit :

    Très bonne analyse.
    Il me semble tout de même que dans les plateformes type facebook, l’utilisateur cherche aussi le dialogue via les commentaires, voire un regard et un avis extérieur sur sa propre vie, ses propres convictions, délires, etc. C’est vrai que ça reste très égocentrique.

  27. le 21 novembre 2008 à 23:03
    Stéphane Dangel a dit :

    Je crois ausis que le fait de ne citer que Facebook et MySpace fausse un peu le débat : un Ning, par exemple est beaucoup moins égocentrique et ressemble plus à un forum quand à la richesse des débats.

  28. le 22 novembre 2008 à 19:16
    Fabrice a dit :

    Billet & échanges intéressants. Au passage, avec déjà 27 commentaires (+ le mien), ce blog finit par se transformer en forum ;-)

    Le sociologue Roger Nifle définit une communauté non pas comme un rassemblement de gens partageant un même objectif comme l’a dit quelqu’un plus haut, mais comme un rassemblement de gens partageant le même “Sens du bien commun”.
    En effet, partager un même objectif (par exemple devenir riche ou avoir du pouvoir) ne permet pas nécessairement de créer une communauté (ainsi que Mme Royal et Aubry pourraient le confirmer ;-)

    (voir http://www.tecoman.info/article-24118623.html)

  29. le 23 novembre 2008 à 13:08
    Olivier Luisetti a dit :

    Merci Fred pour ce débat si passionnant.

    Selon mon humble avis, le débat ne se pose pas entre plateformes communautaires et plateformes sociales, car ce ne sont que des outils. Et la différence réside dans la manière de les utiliser.

    Viadeo par exemple, est un outil de mise en contact professionnel, Facebook plus amical, on s’y fait des amis, même si pour moi cela reste des contacts. Mais on peut inverser l’utilisation, faire des contacts amicaux sur Viadeo est possible, et des contacts professionnels sur Facebook aussi.

    Donc selon sa manière d’utiliser de telles plate formes, on reste entre amis, ou on se fait de nouveaux amis ou y cherche des opportunités d’emplois ou business.

    De même, en ce qui concerne les contacts d’humain à humain, ils sont tout à fait possible sur ces plateformes (qui n’ont rien de virtuels) en préparation d’une rencontre réelle.

    Quant à moi, j’aurai plutôt tendance à opposer des réseaux (ensemble d’individus fédérés par des centres d’intérêts communs, de manière informelle, et donc facilitant la vélocité de l’information) que ce soit sur des plateformes communautaires ou sociales (au sein de nombreux hubs, groupes ou communautés) à des cercles (forme de corporatisme professionnels au sein d’associations hiérarchisées, moins agiles que les réseaux…)

    Je pense que des communautés apprenantes, comme les nombreuses que j’anime sur viadeo (Net International, Net Purchasing, Net Artistik, Club Business 69…, ont tout à fait leur place sur les plate-formes sociales, et nous les animons d’une manière mixte (moitié sur internet, moitié par des réunions présentielles)

    A vous lire pour poursuivre cet échange intéressant !

  30. le 24 novembre 2008 à 9:48
    Ne confondez plus communautaire et social | FredCavazza.net « Lelapin’s Weblog a dit :

    [...] Original source : http://www.fredcavazza.net/2008/11/20/ne-confondez…; [...]

  31. le 24 novembre 2008 à 13:28
    Miss Highwood a dit :

    Bien d’accord avec l’analyse faite s/ social et communautaire de Fred C.
    A-t-on d’ailleurs un exemple d’un succès de communication d’une marque s/ réseau dit “social” ????

  32. le 24 novembre 2008 à 19:52
    Hubert Guillaud a dit :

    Pour une fois (c’est très rare), je ne suis pas convaincu par la différenciation Frédéric. Je ne crois pas que les outils soient aussi catégoriques que cela, au contraire, c’est leur plasticité qui bien souvent fait leur succès : leur propension à pouvoir accomplir plusieurs objectifs selon les besoins de chacuns. On peut utiliser Flickr ou Twitter comme des outils sociaux ou comme des outils communautaires.

    Sur ce que tu appelles les plateformes sociales beaucoup ne s’expriment pas passivement, mais il y a parfois des degrés d’implications qui demandent un pas supplémentaire pour être franchis. Ainsi beaucoup de gens qui publient sur FlickR ne sont pas passifs, comme le montre le nombre de catégorie dans lesquels ils publient leurs photos (et donc souvent, autant de groupes, où ils apparaitront) ou les commentaires qui déboulent sous leurs photos. Il me semble que c’est la même chose sur Twitter.

    En fait, ce ne sont pas les outils qui font la différence, mais la façon dont on les utilise. On peut utiliser Twitter ou FlickR à la Jean-Luc Raymond ou à la façon du Parisien, voir de certaines agences photos : en diffusant du contenu brut, en postant des milliers de photos, en reprenant automatiquement des billets… Beaucoup d’autres acteurs en ont un usage communautaire et se servent par exemple de Twitter pour discuter et échanger avec leurs amis, connaissances, etc. A l’inverse, on peut avoir un usage social des Forums ou des commentaires, histoire d’y être présents, de montrer qu’on est là, même si le commentaire que l’on poste est hors-sujet. Ce n’est pas l’outil qui fait l’usage, le plus souvent (sauf si celui-ci ne contraint qu’à faire une seule et unique chose).

    Sur le reste, je suis d’accord. La présence ne fait pas le dialogue.

  33. le 24 novembre 2008 à 20:22
    Lionel Barbe a dit :

    Etonnant, cela correspond bien avec ce que j’ai dit aujourd’hui même aux rencontres médias du CNAM, Facebook est avant tout une consécration de l’égo et le coté relationnel est partiellement fictif.

    salutations

  34. le 25 novembre 2008 à 0:35
    Yoann Grange a dit :

    Monsieur Cavazza, quand vous dites : “Parce que je vois beaucoup trop de marques et annonceurs qui cherchent à se rapprocher de leurs clients / prospects avec une présence sur les plateformes sociales. Est-ce qu’un profil ou une application Facebook permet d’initier le dialogue entre une marque et ses clients ? Non pas du tout.”, je ne suis pas tout à fait d’accord. Et oui, mon humble avis ne vaut pas grand chose à côté du vôtre mais je me permets quand même d’essayer de vous faire douter.

    Par exemple sur Facebook, qui est, nous sommes d’accord, un réseau social, je pense qu’une simple “page”, un “group” ou une “application” peut justement “initier le dialogue” entre une marque, un vendeur, un produit et un client. Par ailleurs, ce n’est certainement pas le meilleur moyen de “dialoger”.

    En revanche, en ce qui concerne le “lancement” du dialogue, je pense que ces réseaux sociaux ont un atout que les réseaux communautaires n’ont pas puisque leur existence nous parvient alors que nous ne cherchons pas forcément à les rencontrer. Je pense par exemple aux notifications quand des amis rejoignent un groupe sur Facebook. Dans le cas des réseaux communautaires, la démarche est d’aller vers le groupe/réseau existant. La “rencontre” par hasard est rare.

    En conclusion, je pense qu’on peut attendre d’un reseau social la même chose qu’à une campagne de publicité créée pour drainer un trafic énorme mais peu qualifié. On choisira a contrario un réseau communautaire si on vise à attirer moins de trafic mais beaucoup plus qualifié.

    Désolé d’avoir abusé des apostrophes et d’avoir peut-être trop joué sur les mots.

  35. le 25 novembre 2008 à 10:36
    Frédéric CAVAZZA a dit :

    Merci Yoann pour ta très belle prose.

    Concernant ton argumentation, l’idée derrière les initiatives de dialogue est de le structurer. D’où une communauté restreinte pour favoriser les échanges de proximité. Dans la pratique : plus un espace communautaire est large et plus il y a de pollution.

    /Fred

  36. le 25 novembre 2008 à 11:46
    Ne confondez plus publication et social « internet et opinion(s) - web 2.0, communication, relations publiques, influence, médias, blogs, etc. a dit :

    [...] plus publication et social Je rebondis sur le dernier billet de Fred Cavazza, “ne confondez plus communautaire et social“. On a trop tendance à considérer que tout est communautaire sur le web, là il n’y a [...]

  37. le 25 novembre 2008 à 12:00
    Cédric DENIAUD a dit :

    Je vais dans une certaine mesure, dans le sens du dernier commentaire de Fred. En effet, nous constatons au sein de feedback2.0 que les espaces de dialogue mis en place dans un cadre privé (prospects ciblés, clients VIP…) permet d’avoir des échanges plus qualitatifs que sur d’autres plateformes. Mais cela dépend également des objectifs que se fixent l’entreprise (relationnel, communication et image, feedback sur un produit / offre …) et de la “scénarisation” qui est faite autour du dialogue. La marque n’est pas juste là pour offrir la possibilité aux gens de s’exprimer comme c’est trop souvent le cas. Elle est là pour guider les échanges et les animer..

  38. le 25 novembre 2008 à 19:45
    Stickers a dit :

    Comme quoi les plateformes communautaires sont carrément moins efficace

  39. le 27 novembre 2008 à 11:07
    Rikko a dit :

    On aimerais que cela soit aussi bien compris par tous… Même si cela n’est pas si simple, et qu’il y a des tas de plateformes qui proposent des solutions sommes toute assez hybrides.

    Un exemple (et comme dans la pub très ancienne maintenant : “Cémoi kiléfait !”)

    http://www.specialk.fr/

  40. le 28 novembre 2008 à 10:38
    Web Neuronal » Communautés, réseaux sociaux et groupes neuronaux a dit :

    [...] l’analyse Fred Cavazza, communautaire et social sont deux concepts différents. Je ne partage pas pour autant entièrement [...]

  41. le 30 novembre 2008 à 3:37
    Weekly blog posts (weekly) « Lelapin’s Weblog a dit :

    [...] Ne confondez plus communautaire et social | FredCavazza.net [...]

  42. le 2 décembre 2008 à 1:44
    Bernard Sady a dit :

    Cette discussion est intéressante. Je trouve la distinction entre communautaire et social très pertinente, même si la séparation ne se fait pas exactement selon les outils…
    Je m’intéresse surtout à ce qui se passe dans les entreprises. Et j’ai prolongé cette réflexion sur mon blog (http://bernardsady.over-blog.com/article-25360302.html) en faisant remarquer que cette distinction s’applique parfaitement à nos entreprises. Nous avons nettement plus besoin de développer l’esprit communautaire (résolution de problèmes, innovation) que l’esprit de réseau (micros discussions près de la machine à café…), même si ces micros discussions ont leur propre utilité, mais moindre.

  43. le 2 décembre 2008 à 18:10
    Borth Gérard a dit :

    Se rendre dans un “lieu” virtuel pour y discuter (comme on le fait ici), pour lire ou écrire, pour s’entendre ou se chamailler. S’incrire ici ou là toujours pour discuter, lire ou écrire à quelques uns (dizaines, centaines, milliers ou millions de personnes) tout ça peut “faire groupe social” mais pas encore une “communauté”. Pour faire communauté encore faut-il s’entendre autour d’enjeux communs (comme un). Et là il y un pas à faire…Gérard Borth

  44. le 4 décembre 2008 à 11:53
    Nicolas a dit :

    Je viens un peu après la guerre. Mais il me semble que quelques liens intéressants peuvent permettre d’y voir un peu plus clair dans cette riche discussion.
    http://www.gapingvoid.com/Moveable_Type/archives/004705.html où Hugh MacLeod explique que”Purpose-Ideas are articulated via Social Objects, not Messages.” Il s’appuit sur la distinction posée par Jyri Engestrom “Why some social network services work and others don’t — Or: the case for object-centered sociality” http://www.zengestrom.com/blog/2005/04/why_some_social.html.
    On peut aussi s’appuyer sur les explication d’Umair Haque, qui distinguent entre “Markets, Networks, Commnunity”. Cette articulation permet de réfléchir aux différents business model que chacun de ces concepts peut ou ne peut pas développer. http://www.innovaro.com/inno_updates/Innovation%20Briefing%2010-06.pdf

  45. le 12 décembre 2008 à 15:28
    Articles repérés ici ou là concernant l’e-Marketing — So chouette a dit :

    [...] – De la difference entre marketing social et marketing communautaire http://www.fredcavazza.net/2008/11/20/ne-confondez-plus-communautaire-et-social/ [...]

  46. le 23 décembre 2008 à 20:20
    Fred a dit :

    Intéressant, votre article. En tous cas, j’ai appris pas mal de choses.
    Cordialement.

  47. le 4 janvier 2009 à 23:05
    Best-of 2008 | FredCavazza.net a dit :

    [...] Ne confondez plus communautaire et social. [...]

  48. le 8 janvier 2009 à 11:45
    romain a dit :

    Je suis globalement d’accord avec votre article que je viens de découvrir.
    Mais la conclusion reste tout de même un peu nébuleuse pour moi : “D’où l’importance pour les marques d’investir sur des profils de community manager”.
    Car comme vous le soulignez dans un autre de vos articles, si je suis BMW, je vois (à peu près) comment faire même si je n’en ai pas réellement besoin. Mais si je suis Mir, Panzani, voire même des marques ayant déjà plus investi des territoires liés à l’émotionnel comme, disons Kit Kat par exemple, comment faire? Que puis-je attendre d’un community manager? et lui, que peut-il réellement pour ma marque?

  49. le 9 janvier 2009 à 12:04
    Frédéric CAVAZZA a dit :

    @ Romain > Un community Manager va dans un premier temps établir une cartographie de la présence de la marque au sein des médias sociaux. Il va ensuite mettre en place une activité de surveillance de ce qui se dit (servant à détecter les “départs de feu”). Il va ensuite animer et modérer les écahnges (réponse aux commentaires et messages). Il va enfin établir des relations plus formelles avec la communauté et initier une réel communication bi-directionnelle.

    /Fred

  50. le 2 février 2009 à 17:01
    Jean a dit :

    C’est plus que vrai est terriblement bien expliqué !
    Merci

  51. le 2 février 2009 à 21:41
    Remise en question du tout social : Vital Randoms a dit :

    [...] explicite, alors disons que cette répétitions d’avis devient une tendance. C’est le billet de Fred Cavazza qui m’a fait tiquer ce matin sur la tendance de la semaine. Le communautaire et le social ne [...]

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