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Adobe collabore avec Google et Yahoo! pour améliorer l’indexation de Flash

Aujourd’hui est un grand jour pour les professionnels du référencement, les flasheurs et toute la communauté web en générale. Adobe vient en effet d’annoncer une collaboration active avec les équipes de Google et de Yahoo! pour améliorer l’indexation des fichiers Flash : Finally, Flash Becomes Truly Searchable.

Petite explication préliminaire : Pour indexer le web Google utilise des robots (les googlebots) qui parcourent les pages d’un site une à une, en analysent le contenu et l’associent à des mots-clés au sein d’un gigantesque répertoire (la fameux index). Problème : Ces robots ne savent lire que le HTML. Ce qui veut dire que les contenus “riches” (vidéos, sons, animations Flash…) ne sont pas indexés. Rien de très grave puisque les référenceurs avaient trouvés des parades pour indexer correctement non pas les fichiers Flash mais les pages qui les contiennent. Hé oui, car une animation Flash ne se ballade jamais toute seule dans la toile, elle est forcément encapsulée dans une page HTML.

La grosse nouveauté du jour est que Adobe vient d’annoncer une collaboration officielle avec les équipes de Google et Yahoo! pour faciliter ce travail d’indexation. Concrètement, ils ont fourni à Google et Yahoo! un robot qui est capable d’analyser les fichiers Flash. Ou du moins qui est capable d’analyser certains contenus d’un fichier Flash : les textes et les liens (c’est déjà un très bon début).

Là où ça devient intéressant, c’est que le robot d’Adobe est également capable d’interagir avec votre ficher Flash. En d’autres termes, il peut cliquer sur les boutons et faire tout un tas d’opérations de base qui lui permette “d’explorer” l’application comme un utilisateur pourrait le faire.

C’est donc une excellente nouvelle puisque vous n’aurez pas à acheter la nouvelle version de telle ou telle logiciel ou à modifier tout un tas de paramètres. Traduction : ne faites rien, Google et Yahoo se chargent d’indexer vos fichiers Flash pour vous. (cf. How to Get Flash Site at the Top of Google). C’est sûr que cette annonce jette un sacré pavé dans la marre des référenceurs : Remember All Those SEO Tips You Read? They Are Wrong.

Même s’il manque encore beaucoup de travail pour pouvoir indexer de façon réellement efficace l’intégralité du contenu des fichiers Flash (images, vidéos…), cette nouvelle est très encourageante pour les concepteurs d’applications.

Pour les concepteurs d’applications ? Oui, pour les concepteurs d’interfaces en Flash qui ne font pas d’usage intensif d’image ou de vidéos. Ha mince, c’est un peu dommage, vous ne trouvez pas ?

Force est de constater qu’avec cette annonce ils passent visiblement à côté du gros du marché : Flash n’a d’intérêt que si l’on exploite ses capacités à gérer des animations vectorielles ou la vidéo (sinon il faut faire de l’HTML ou de l’Ajax). Dans la mesure où le fameux robot fournit par Adobe n’est pas en mesure d’indexer autre chose que du texte et des liens (cf. Improving Flash Indexing) il va donc passer à côté de toute la diversité et la richesse des contenus Flash (qui repose majoritairement sur les images, animations vectorielles et vidéos).

Alors bien évidement c’est une très bonne nouvelle pour les concepteurs d’applications en Flash / Flex (qui ne font pas un usage intensif des animations et vidéos en full HD), mais depuis quand une application a-t-elle besoin d’être indéxée ? Je parle de l’application en elle-même, pas du site qui l’héberge. Il n’y a pas réellement d’intérêt à référencer une interface applicative dans la mesure où elle est forcément associée à un site compagnon (qui lui s’indexe très bien).

Bref, même si nous somme en présence d’une annonce historique, je ne peux pas partager l’enthousiasme de tout ce beau monde dans la mesure où cette première étape ne va pas révolutionner le web et encore moins le marché du SEO : Flash May Now Bring More Search Traffic, Does it Matter?. C’est une étape nécessaire qui va très certainement déboucher sur des procédés et outils d’indexation plus sophistiqués, mais dans un premier temps c’est très limité.

Il reste de plus une grande question en suspend : quid de MSN et Live Search ? J’imagine difficilement Adobe livrer un tel outil à Microsoft qui est son concurrent le plus dangereux (au travers de technologies comme Silverlight ou WPF). Irons-nous donc vers une indexation limitée aux seuls partenaires d’Adobe ? Cette forme de discrimination ne fait pas l’unanimité (cf. Adobe Gets the Press But Does Search No Favors) et même au sein des équipes d’Adobe (cf. Search-ability in Flash).

Encore une fois tout ceci n’est pas si simple et le jeux des intérêts croisés fait que le chantier d’indexation des contenus riches est encore loin d’être bouclé.

Ouverture des réseaux sociaux, la route sera longue…

Décidément, pas une semaine ne passe sans que l’on nous annonce une nouvelle révolution sociale. Ce mois de Mai s’annonce tout de même comme une très bonne cru avec pas moins de trois annonces majeures dans le domaine de l’intéropérabilité des réseaux sociaux.

Data Availability : un pas en avant, deux pas en arrière

Contre toute attente, c’est donc MySpace qui a ouvert le bal avec le lancement de Data Availbility, une initiative visant à partager les données des membres de My Space avec les services partenaires (Yahoo, Ebay, Twitter). Comprenez par là que MySpace ouvre une partie de son système d’information pour laisser d’autres services accéder au profil des membres, à leurs photos, à leurs vidéos et à leur liste d’amis. Plus d’infos ici : MySpace Embraces DataPortability, Partners With Yahoo, Ebay And Twitter.

A priori une belle preuve d’ouverture mais à posteriori une belle démonstration de verrouillage des membres : “Laissez donc vos données personnelles chez moi (et moi seul) pour que les autres services puissent y accéder (et vous rendre encore plus dépendant)“.

Même si les mécanismes proposés sont suffisamment sophistiqués pour autoriser de la synchronisation de listes d’amis ou du mashup social, je ne peux que rester méfiant vis à vis de cette annonce. Il existe en effet un groupe de travail qui a été créé pour traiter de ce genre de questions ( Data Portability), pourquoi vouloir faire cavalier seul ? En fait la réponse à cette question se trouve dans le nom de l’initiative : dans Data Portability il y a “portage” alors que dans Data Availability il y a “disponibilité“, et c’est bien là où la différence se trouve : ce projet ne vous permet de sortir vos données personnelles pour les mettre ailleurs, elle permet juste à d’autres services d’y avoir accès.

Voilà donc une belle illusion d’ouverture que nous offre MySpace. Pour en savoir plus, je vous recommande la très bonne analyse suivante : Thoughts on Data Portability.

Facebook Connect : “On a merdé mais ça va s’arranger”

Piqué au vif, Facebook propose dans la foulée (et en catastrophe) une initiative équivalente ( Facebook Connect) qui va offrir la possibilité de connecter son compte Facebook à des sites et services partenaires pour leur faire bénéficier du levier social. Encore de biens belles promesses où l’on nous parle de “Real Identity” et de “Dynamic Privacy“. Mouais… venant de la part de Facebook, c’est un peu comme si le gouvernement chinois nous faisait la leçon sur les droits de l’homme et la liberté d’expression. Plus d’infos ici : Facebook Answers To MySpace With Facebook Connect.

Mais ne soyons pas trop critique, Facebook Connect est un peu comme une extension de la Facebook Platform qui donnerait la possibilité de déployer des applications sociales à l’extérieur de leur fameuse plateforme (prévoyez une avalanche de notifications).

Si vous savez lire entre les lignes, vous comprendrez que cette annonce est un constat d’échec pour Facebook : ils se rendent compte que leur technologie propriétaire (le FaceBook Markup Language) n’était pas forcément une bonne idée et qu’ils n’ont pas su atteindre la masse critique d’utilisateurs pour s’affirmer comme un standard de facto.

Je vous recommande ainsi la lecture de deux articles :

Pire, certains y voient également un aveu de faiblesse concernant la plateforme technique (qui a visiblement du mal à tenir la charge) et un moyen détourné de ne pas avoir à investir trop d’argent trop vite pour la remettre à niveau. La démission récente du fondateur et directeur technique ne serait pas un hasard : Rising Cost of Facebook Infrastructure; CTO Resigns.

Vous en rêviez ? Moi non plus !

Sans vouloir jouer les rabat-joie (quoi que un peu quand même), j’anticipe un retour de flamme de la part de la communauté qui pourrait plus craindre les dangers de cette initiative plutôt que d’en apprécier les bénéfices (lire à ce sujet : I Don’t Like Chocolate with My Peanut Butter or Why I Don’t Want a Social Graph).

J’imagine que mettre en oeuvre de telles solutions techniques est un véritable challenge technique, mais est-ce réellement ce que les utilisateurs demandent ? Encore une fois, le groupe Data Portability est réellement sur la bonne voie, pourquoi chercher à prendre des chemins détournés ?

Google Friend Connect : Et vous pensiez échapper à OpenSocial ?

Suite à ces deux annonces, Google enchaîne et dévoile son plan : Google Friend Connect. Pour les détails, c’est ici : Google Friend Connect Tries to Strangle the Social.

Il s’agit donc d’une approche inverse puisque ce Friend Connect va servir à exporter les données et applications sociales. C’est en quelque sorte un moyen de widgetiser le graphe social en injectant une dimension sociale là où il n’y en a pas (cf. Google brings Friend Connect to the masses).

Une stratégie très maline de la part de Google qui choisit de boxer dans une autre catégorie que MySpace et Facebook (normal dans la mesure où Orkut ne décolle pas en Amérique de Nord ou en Europe).

Quelques réflexions à replacer dans un contexte plus global

Passé l’effet d’annonce des ces 3 initiatives, je pense qu’il est temps de prendre un peu de recul et de replacer tout ceci dans un contexte plus large pour ce rendre comte de la supercherie :

  • C’est Yahoo qui a tiré le premier en annoncant le support d’ Open ID il y a déjà quelques mois (et même Microsoft dans une certaine mesure avec son très ambitieux Live Mesh) ;
  • Attention aux dérapages éventuels. Cette triple ouverture ne fait qu’accroitre l’urgence de définir une charte des droits sociaux à laquelle les géants des média sociaux devraient souscrire (lire à ce sujet l’ébauche suivante : A Bill of Rights for Users of the Social Web) ;
  • Quid des revenus ? C’est bien beau tout ça, mais est-ce que ça va amener de l’argent dans les caisses (de la marge, pas du C.A.) ? Très difficile à dire pour le moment, même si l’on entrevoit des possibilités intéressantes ( Some benefits of Data Portability for online shoppers) ;
  • Où sont les vrais standards ? Même si ces 3 initiatives font avancer les choses, nous sommes encore bien loin d’avoir un contrôle réel sur notre social graph (cf. Data Availabity, Data Connections, Data Data Everywhere).

Bref, un bon début mais la route reste encore longue.

Yahoo! se lance dans l’analyse d’audience en rachetant IndexTools

Voilà une nouvelle qui fait sensation : alors que Yahoo! vient de refuser une seconde fois l’offre de rachat de Microsoft, ils viennent d’annoncer le rachat d’ IndexTools, un éditeur de solutions d’analyse d’audience : Yahoo! Announces Agreement to Acquire IndexTools’ Analytics Business.

IndexTools.jpg

Les premières réactions sont plutôt bonnes :

En tout cas c’est une nouvelle qui vient alimenter une actualité particulièrement chaude dans le secteur des Web Analytics avec l’apparition de nouveautés chez Google Analytics (notamment l’option de data sharing et les vues par semaines et mois que j’attendais depuis bien longtemps) :

GoogleAnalyticsBeta.jpg

L’actualité est également marquée par l’apparition de nouvelles solutions open source comme le très prometteur Piwik qui se veut être une alternative à Google Analytics c’est une solution installée, qui repose sur un principe de plug-in (modularité) et propose également des API (évolutivité).

Pour en savoir plus sur cette nouvelle solution, je vous propose ce diaporama : Piwik, Open Source Web Analytics Software. (Merci à Matthieu pour le lien)

Mozilla + Yahoo! = 2 Rich Desktop Applications

Alors que la fondation Mozilla s’apprête à lancer officiellement Firefox 3, un billet publié chez jy[B]log nous apprends des choses très intéressantes sur l’usage de technologies made in Mozilla pour certaines applications de Yahoo! : Adobe AIR vs Xulrunner : Xulrunner gagne chez Flickr.

On apprend ainsi que l’outil de publication de photo FlickR Uploadr a été réalisé grâce à XULRunner. Plus d’infos ici : Flickr Uploadr: Open Source and Powered by XULRunner.

Plus intéressant, la version off-line de Zimbra ( Zimbra Desktop) repose sur la technologie Prism (dont je parle plus longuement dans un précédent billet : Mozilla expérimente une alternative aux solutions de client riche avec Prism). Plus d’infos ici : Zimbra on Prism & Other new Stuff.

En tout cas c’est un signe que les versions desktop ou off-line des services en ligne vont progressivement quitter le web pour venir s’installer sur nos bureaux. A quand une version déconnectée de Gmail avec Google Gears ?

Bon OK, j’avoue avoir jargonné à mort dans ce billet ! Mais rassurez-vous, car je travaille à une simplification de tout ça…

Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign adoptent OpenID

Je réagis un peu tardivement à une nouvelle qui n’a bizarrement pas fait beaucoup de bruit dans la blogosphère française : Des représentant de Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign viennent de rejoindre la board de la Fondation OpenID ( Evolving the OpenID Foundation Board).

Cette nouvelle marque un tournant décisif dans… dans quoi déjà ? Je pense que le moment est bien choisi pour quelques lignes d’explications (adaptées de la définition officielle et de celle de Wikipedia) :

  • OpenID est un système d’authentification décentralisé qui permet l’authentification unique ;
  • Authentification unique = 1 seul identifiant que l’on peut utiliser auprès de plusieurs sites et services en ligne (qui sont “compatibles” OpenID) ;
  • Cet identifiant unique est obtenu auprès de fournisseurs d’identité (OpenID providers) ;
  • Lorsque vous vous inscrivez à un service compatible, vous esquivez le long formulaire d’inscription en saisissant votre identifiant OpenID (le service demande alors à votre fournisseur d’identité de vous authentifier, ce dernier vous répercute la demande) ;
  • OpenID ne gère QUE l’authentification, pas l’identité (donc vous devrez quand même renseigner votre profil).

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous recommande ce blog : Spread OpenID, ainsi que cet article qui commente l’annonce de Yahoo! qui est devenu fournisseur d’identité : Yahoo! to Provide OpenID - Will It Take the Next Step?.

Jusqu’à présent les problématiques d’authentification n’avaient pas passionnées grand monde car jusqu’à présent les utilisateurs compensaient en faisant un effort de mémorisation des login / mots de passe, mais combien de temps cela allait-il durer ? Hé bien maintenant la question ne se pose plus dans la mesure où potentiellement les poids lourds du web (Google, Yahoo, Microsoft) vont devenir des fournisseurs d’identité.

Concrètement vous pourrez bientôt vous inscrire à un service lambda en vous servant de votre identifiant Yahoo!, Google ou Microsoft. “Pourrez” car ce n’est pas encore effectif, seul Yahoo! propose ce service : openid.yahoo.com.

Très intéressant, surtout lorsque l’on sait que ces trois poids lourds comptent leurs utilisateurs par centaines de millions. Ceci devrait donc grandement faciliter l’adoption de nouveaux services par les internautes qui seraient ainsi exempts de “corvée de mot de passe“.

Mais avec un peu de recul, on se rend également compte que ceci permettrait également d’évaluer l’appétence des internautes vis à vis d’un nouveau service en surveillant les demandes d’authentification. Et oui ! Puisque c’est Yahoo! / Google / Microsoft qui gèreront vos inscriptions aux différents services, il sera alors beaucoup plus simple pour eux d’identifier le ou les services qui fidéliseront le mieux leurs utilisateurs. Ils ne leur resteront plus qu’à faire leur marché en négociant les prix à la baisse (”c’est grâce à moi que vous avez pu recruter une partie de vos utilisateurs“).

Redoutable ? Oui tout à fait !

Mais rassurez-vous, il n’y a pas que du mauvais dans cette annonce puisque deux autres acteurs de choix ont rejoint l’aventure :

  • VeriSign, leader du marché de la sécurité par authentification forte (des mécanismes plus sophistiqués qu’OpenID) mais qui était déjà utilisateur via son Personal Identity Provider ;
  • IBM, très gros acteur de l’entreprise 2.0 et des formats ouverts.

Difficile pour le moment d’évaluer l’impact de cette nouvelle sur le rythme d’adoption d’OpenID par le grand public. Toujours est-il que je vous engage à créer dès maintenant votre identifiant unique en utilisant par exemple MyOpenID, un acteur indépendant qui propose des services sympas comme la création d’une page publique (ex. http://fredcavazza.myopenid.com/) ou le support de MicroID.

Yahoo! publie une bibliothèque de composants Flash

Après sa Yahoo! User Interface Library, les équipes de Yahoo! viennent de publier un ensemble de composants graphiques baptisé ASTRA (ActionScript Toolkit for Rich Applications). Pour faire simple, il s’agit de petits bouts de code pour réaliser tout un tas de trucs (menus en arbre, graphiques…).

Après Ajax (via le Yahoo! UI), c’est donc sur la technologie Falsh (et Flex) que les équipes de Yahoo! souhaitent capitaliser et partager son expérience. Pour plus d’infos : Yahoo Releases ASTRA: Set of Flash and Flex Components et Yahoo! Released ASTRA Flash and Flex components.

Bon maintenant nous sommes en droit de nous poser la question si le probable rachat par Microsoft ne va pas les inciter à faire de même avec une bibliothèque de composants graphiques pout Silverlight…  Et oui, car je ne suis pas le seul à me poser la question : What the Microsoft-Yahoo deal might mean for rich Internet applications.

Peut-être l’ édition 2008 du MIX nous apportera quelques éléments de réponse…

Pourquoi Yahoo! et Microsoft ont tout intérêt à fusionner

La nouvelle est tombée vendredi après-midi et c’est une véritable bombe : Microsoft fait une offre de 44,6 milliards de $ pour racheter Yahoo! Voici l’annonce officielle : Microsoft Proposes Acquisition of Yahoo! for $31 per Share et la lettre envoyée aux employés de Microsoft : Ballmer’s Internal E-Mail to The Troops Explaining the Yahoo Acquisition.

miahoo.jpg

(je précise que je ne cautionne absolument pas ce montage réalisé par Bertrand, mais ça m’a bien fait rire…).

Deux éléphants courent-ils plus vite ensemble ?

C’est bien la question à laquelle ont tenté de répondre de nombreux blogueurs et analystes. Car il faut bien avouer que ces deux géants se trouvent dans des situations “délicates. Yahoo! dont la machine à innover et le programme publicitaire ne fonctionnaient pas ; et Microsoft qui s’enlisait dans différents chantiers ( Live, Windows Live, Office Live…) sans réellement convaincre. Il y a bien entendu eu tous ces rachats pour sauver les apparences, mais malgré leurs efforts respectifs, ces deux marques ne pesaient pas lourd face aux Google, SalesForce et autres Facebook. Pour résumer la situation : ces deux là ne sont plus “dans le coup”.

Et pourtant… quand on y réfléchit bien, Yahoo! et Microsoft possèdent une audience considérable et surtout des services bien plus populaires que tous ces réseaux sociaux dont on parle. Hotmail et Yahoo! Mail approchent ainsi chacun les 300 millions d’utilisateurs. Rajoutez à cela les nombreux services satellites comme FlickR, del.icio.us, MSN… et vous avez LE poids lourd incontestable de l’audience (cf. Microhoo! What Does it Mean for Users?).

Poids lourd incontesté de l’audience mais pas du marché très lucratif de la recherche, car Google représente toujours 77% de parts de marché contre 19% pour cette nouvelle alliance (cf. Microsoft veut acheter Yahoo. Ah bon ?). Certes, l’audience est cruciale mais à quel prix ? Car les visiteurs de Yahoo! et de Microsoft sont bien souvent les mêmes. Cette fusion permettrait donc d’augmenter la part d’audience, mais pas le nombre de visiteurs (cf. Microsoft values Yahoo Visitors at $1,200 Each).

D’autant plus que va se poser la douloureuse question de l’arbitrage entre les services concurrents, à l’image de Yahoo! Photos qui a fermé ses portes au profit de FlickR. Pour les premiers pronostics c’est ici : What Would a Combined Microsoft-Yahoo Look Like?

Mais bon, les futurs mariés ne forment pas non plus un couple dépareillé, bien au contraire. Les synergies sont ainsi nombreuses entre les différents services : ceux qui vont être consolidés ( Yahoo! Widgets et Sidebar, Yahoo! Messenger et MSN Messenger, Yahoo! Maps et Live Maps, Yahoo! Pipes et Popfly…) et ceux qui sont encore largement sous-exploités ( JumpCut, KickStart, Yahoo! Avatars, Yahoo! Games…). Plus de précisions ici : What Microsoft gets for its $44 billion purchase of Yahoo!.

Et à ceux qui pensent que Microsoft et Yahoo! sont dans l’impasse au niveau de la recherche algorithmique, je vous rappelle qu’il faut maintenant compter sur la technologie de Fast rachetée récemment.

Yahoo! ID, la clé de voute de l’édifice ?

Avec toute cette profusion de services mis en commun dans la corbeille des mariés, comment s’en sortir ? Grâce à l’authentification unique bien évidement ! L’authentification unique est le sésame qui ouvre la porte à une collection vertigineuse de services, c’est également le moyen de fidéliser une audience colossale et de développer les usages au sein de cette galaxie de services.

L’authentification unique, c’est également le vieux rêve de Microsoft (Passport ça vous rappelle quelque chose) qu’ils essayent de relancer avec Live ID.

C’est là où Yahoo! ID rentre en scène, ou plutôt devrais-je dire Yahoo! OpenID. En fondant son service d’authentification sur un standard ouvert comme OpenID Yahoo! décuple l’intérêt d’avoir un compte (et une adresse email).

Ceci est d’autant plus intéressant qu’OpenID est une des solutions d’authentification à l’étude au sein du consortium DataPortability. Consortium au sein duquel on retrouve (entre autre) Google et Facebook.

Facebook pourrait être la première cible…

Affaiblir la position dominante de Google est un objectif évident de cette fusion, à long terme. Mais à plus court terme, Yahoo! et Microsoft doivent d’abord évincer les nouveaux entrants qui dérangent : MySpace, Facebook et cie… Au sujet de MySpace, considérons que le problème se règlera de lui-même dans la mesure où malgré une audience encore considérable, ce service est en perte de vitesse faute d’avoir trouvé un second souffle.

Reste le “cas” Facebook à régler. Facebook est-il si dangereux que ça ? Non pas réellement, et ceci pour plusieurs raisons :

  1. Microsoft a déjà mis un pied dans la maison. Rappelons que Microsoft a une réputation de fossoyeur : ils avaient la fâcheuse habitude de racheter des services concurrents pour pouvoir les saborder. Certains analysent déjà ce rachat comme une bourde (cf. Est-ce que l’achat de Facebook par Microsoft a eu un impact sur le membership?).
  2. Facebook ne gagne pas d’argent. Pire : ils anticipent un déficit de 150 millions de $ en 2008 (cf. Facebook Finances Leaked). Ce qui est plus que fâcheux en cette période d’instabilité économique et boursière.
  3. Facebook est un colosse aux pieds d’argile. Toute la valorisation de Facebook repose sur sa base d’utilisateurs. Or, nous savons maintenant que l’équipe ne maîtrise absolument rien, en témoignent les nombreuses fois où ils ont dû faire marche arrière face à la pression des membres (pour la première version du News Feed, pour le Project Beacon, pour la radiation de Scoble). Moralité : le social graph de Facebook ne va pas être si facile que ça à monétiser (cf. Social Networking Inventory Not Monetizing As Well As Expected).
  4. Facebook et sa platform reposent sur une technologie propriétaire. Propriétaire ? Voilà un mot qui appartient au passé, surtout avec des initiatives comme OpenSocial ou la Social Graph API que Google vient de sortir (cf. Google starts linking social networks).

Bref, plus que jamais je réitère mon scepticisme vis à vis de Facebook (cf. Pourquoi je ne crois plus en Facebook) et suis persuadé que les efforts communs de Yahoo! et Microsoft accoucheront d’une offre “sociale” majeure tout à fait crédible.

… et Android la seconde

Il y a un sujet que nous n’avons pas encore abordé, c’est celui de la mobilité. Et il faut bien reconnaitre que dans ce domaine, un rapprochement entre Yahoo! et Microsoft serait intéressant car leurs offres de mobilité sont complémentaires : Yahoo! Go pour les téléphones et Windows Mobile pour les smartphones.

Et il faudra au moins ça pour rattraper le retard sur Symbian (qui possède près de 75% de parts de marché) ou pour contrer l’arrivée d’ Android.

Au final ce sont les utilisateurs qui vont gagner

Je suis très optimiste via à vis de cette fusion, c’est ce qui peut arriver de mieux à Yahoo! (qui allait s’effondrer sous son propre poids) et à Microsoft. Je fais ainsi entièrement confiance à Ray Ozzie pour l’intégration de Zimbra et pour redonner un second élan à ces deux géants.

Et puis de toute façon, les utilisateurs y trouveront forcément leur compte : au mieux, les services auxquels ils sont abonnés s’améliorent ; au pire ça stimulera la concurrence.

Reste maintenant au board de Yahoo! d’accepter cette offre…

Un tableau de bord des élections US 2008 chez Yahoo!

Yahoo! US vient de publier un très beau tableau de bord pour les élections 2008 : Election 2008 Political Dashboard.

PoliticalDashboard.jpg

J’apprécie beaucoup ce tableau de bord pour plusieurs raisons :

  • Il y a une très bonne lisibilité des chiffres et des tendances (typo, taille, contraste…);
  • La grille de lecture (3/3) facilite le repérage ;
  • Il y a des très beaux effets de transitions (notamment quand vous cliquez sur un en-tête de colonne pour changer la clé de tri) ;
  • Il y a des superbes invites visuelles (notamment au survol de la souris sur la photo des candidats ou sur la boîte “What’s this“) ;
  • Les panneaux flottants affichant le détail par candidat tranchent avec le fond noir et se chargent très rapidement.

Bref, c’est du bon boulot. Par contre je suis stupéfait des différences de mœurs avec la France : ils n’ont visiblement aucun problème à afficher la répartition des votes par race ou encore le montant de l’argent levé pour faire campagne…

Yahoo! se lance timidement sur le créneau des univers virtuels

Alors que Cyworld poursuit son développement US avec une nouvelle version, il semblerait que Yahoo! se soit enfin décidé à passer à l’action et à enrichir son service d’avatars virtuels.

Ainsi, le site Virtual World News nous en apprend plus sur l’étrange stratégie de Yahoo! ( Yahoo! Not Interested in Virtual Worlds) :

  • D’un côté le directeur du marketing international nous dis qu’ils ne sont pas intéressés par les univers virtuels (Masami Hirata : “My understanding from marketing is that we have other important priorities than Virtual Worlds at the moment, so there is no VW initiative or plans here at the moment“)
  • De l’autre, ils viennent juste de lancer Yahoo! Avatar Towns, une petite galerie marchande pour équiper son avatar.

YahooAvatarTowns.jpg

Tout ça est très étrange, d’autant plus que Xavier Legros, le responsable du programme Yahoo! Avatars, est très enthousiaste au sujet de ce nouvel espace virtuel : “We have thousands of items available in Avatars and the town came up as a natural way to show a more visual and engaging way to dress up!“.

Encore plus étrange, ils ont aussi développé une extension du tout nouveau Yahoo! Messenger qui permet justement d’exploiter non seulement cet Avatar Towns mais bien plus encore : Yahoo! Avatar World Plug-in (plus d’infos ici : A Brave New Avatar World).

Attendez un peu… d’un côté nous avons une galerie marchande (Yahoo! Avatar Towns) qui affiche son ambition d’extension (sinon il n’y aurait pas de ’s’ à ‘Towns‘). De l’autre nous avons des espaces de discussion virtuels à la IMVU (Yahoo! Avatar World). Il faut vraiment être aveugle pour ne pas se rendre compte de l’évidence : Yahoo! est en train de préparer timidement son entrée sur le créneau des univers virtuels (comme je l’avais prédis dans un précédent billet : L’invasion des nouvelles plateformes sociales).

Reste encore à Yahoo! deux choses à faire :

  1. Introduire une monnaie virtuelle pour pouvoir développer le micro-commerce et initier une micro-économie captive ;
  2. réunir tout ces services en une plateforme unique ET officielle (pourquoi pas ‘Yahoo! Worlds‘).

Bon… il ne nous reste plus qu’à attendre que tout cela se confirme. Est-ce que j’affabule ou est-ce que vous arrivez à la même conclusion que moi ?

OpenSocial : le meta-réseau social de Google

La blogosphère était en ébullition en ce week-end de la toussaint après l’annonce de Google du lancement du nouveau service : OpenSocial, The web is better when it’s social. Nouveau service ? Non pas tout à fait. En fait il s’agit d’un ensemble de connecteurs (API) qui servent à lier ensemble différents réseaux sociaux professionnels ( LinkedIn, Xing, Viadeo, Plaxo…) et personnels ( Friendster, MySpace, Hi5, SixAppart… et bien évidemment Orkut), mais aussi différentes applications en ligne ( SalesForce, Oracle…).

GoogleOpenSocial.jpg

C’est quoi OpenSocial ?

Ces connecteurs servent à accéder à différents types de données personnelles :

  • votre profil (user data)
  • vos amis (social graph)
  • votre activité (news feed)

Pour celles et ceux qui se posent la question : non, OpenSocial n’est pas un service concurrent de Facebook car il se situe à un niveau d’abstraction plus élevé. Pour faire simple : malgré sa Platform, Facebook reste un réseau social propriétaire alors qu’OpenSocial est une sorte de meta-réseau social distribué. La plateforme de facebook permet d’encapsuler des applications sur son réseau alors que les API d’OpenSocial permettent d’encapsuler les applications et données de n’importe quel réseau social dans n’importe quel autre réseau social (containers).

Donc je résume : en laçant sa Platform Facebook avait pris une longueur d’avance sur ces concurrents, mais avec OpenSocial, Google permet à ses partenaires de rattraper leur retard. Là où l’on peut dire que cette initiative est magistrale, c’est quand on se rend compte que Google compte parmi ses partenaires les principaux réseaux sociaux. Ceci va donc grandement simplifier la tâche des annonceurs souhaitant exploiter ces différents réseau sociaux ( What’s Google’s OpenSocial Project Mean for Marketers?).Plus d’infos sur le blog Affordance : Rentrée sociale et ouverture du code et Conflits sociaux : A vaincre sans péril triomphe-t-on sans gloire ?).

Notez que ce n’est pas la première tentative de ce genre, des initiatives comme FOAF ou XFN avaient déjà l’ambition d’assurer une interopérabilité entre les profils.

Facebook a-t-il perdu la bataille ?

Non je ne pense pas dans le mesure où Facebook ne peut pas faire autrement que de rejoindre les partenaires d’OpenSocial. Car il faut se rendre à l’évidence : il se retrouve complètement isolé avec sa technologie propriétaire. Certes, Facebook conserve une longueur d’avance avec ces 5.000 applications déjà développées, mais que peut faire une petite structure de quelques centaines de personnes contre le mastodonte qu’est devenu Google (d’autant plus depuis que son action a franchi le cap des 700 $ Google est une des plus grosse capitalisation boursière US).

Nous dirons donc que Facebook a perdu un avantage concurrentiel, mais il reste tout de même un réseau social à très forte croissance. En fait ce sont les utilisateurs qui vont y gagner, et c’est une très bonne nouvelle ( Google OpenSocial will make social apps more relevant). Certains n’hésitent pas à dire que Google prend de vitesse le W3C et impose un standard pour le web social ( Google: “All your network are belong to us”).

Inévitables grincements de dents

A peine OpenSocial est-il lancé que les premières (inévitables) critiques fusent déjà :

Je pense que nous n’en sommes qu’au début d’une très longue série de questionnements et d’interrogations sur l’impact de ces API.

Mais que fait Facebook ?

Pendant ce temps-là, Facebook poursuit son développement :

Vous l’aurez compris, Facebook étant parti le premier il conserve tout de même l’avantage, mais pour encore combien de temps ?

Et maintenant quoi ?

Difficile pour le moment de se prononcer sur l’évolution sur l’avenir immédiat de ces réseaux. Je vous propose néanmoins deux articles de fond :

Bon en tout cas je constate que cette annonce a totalement eclipsé deux autres événement majeurs :

Et pour couronner le tout, on parle de l’annonce du Google Phone pour cette nuit…