Adobe recentre Flash sur le jeu et la vidéo HD

Cette semaine Adobe a publié par l’intermédiaire de Mike Chambers la feuille de route d’évolution de la plateforme Flash : Adobe roadmap for the Flash runtimes. Un document à la tonalité un peu trop formelle à mon goût, mais qui a le mérite d’illustrer la volonté de transparence d’Adobe quand à l’avenir de Flash et de clarifier son positionnement vis-à-vis de HTML5.

Une publication qui tombe à pic, car Adobe s’est fait pas mal chahuter ces derniers temps (Adobe toujours dans la tourmente malgré des nouveautés intéressantes), non pas que ses produits ne sont plus bons, mais parce qu’une tranche de la blogosphère high-tech a décidé que Flash n’était plus à la mode. Mettons tout de suite les choses au point : avec cet article, mon but n’est pas de prendre la défense d’Adobe, mais de militer en faveur des interfaces riches, de TOUTES les interfaces riches, pour que les concepteurs de sites et de services en ligne aient une palette d’outils la plus large possible afin d’améliorer et d’enrichir l’expérience des internautes.

D’où vient Flash et où va cette technologie ?

Comme précisé dans le document, Flash est une technologie d’animation vectorielle créée dans les années 90. Suite à un accueil enthousiaste de la communauté, ce plug-in a commencé à intégrer toujours plus de possibilités (animations, audio, vidéo, accès aux périphériques…). Si le rythme d’innovation avec Flash a été aussi soutenu, c’est parce que la technologie était tirée par un écosystème de développeurs frustrés de voir les spécifications de HTML stagner. Résultats : ils se sont rabattus sur Flash pour pouvoir délivrer des expériences toujours plus riches à des internautes en recherche de sensations et de spectaculaire.

Puis en 2008, Adobe a sorti AIR, un environnement d’exécution multiplateforme pour pouvoir encapsuler des contenus Flash dans une similiapplication. L’objectif était de pouvoir proposer une solution de distribution universelle pour des applications légères et des jeux.

Jusque-là tout se passait bien, puis sont arrivés les smartphones et notamment l’iPhone d’Apple qui a refusé Flash pour pouvoir préserver l’intégrité de son modèle de distribution (iTunes). Certes, il y avait également l’alternative d’Android, mais les équipes d’Adobe ont visiblement rencontré des problèmes de performance insurmontables. De ce fait, décision a été prise de se concentrer sur un portage de AIR sur les smartphones afin de se conformer au modèle de distribution de « petites » applications mobiles via des marketplace. Aujourd’hui la situation est à priori stabilisée puisque ce mode de fonctionnement (des contenus Flash encapsulés sous forme d’applications mobiles) semble être le compromis universellement accepté.

Plus récemment, le W3C a enfin débloqué la situation et repris son travail de normalisation pour faire évoluer les spécifications de HTML. Une très bonne nouvelle, car les évolutions apportées par HTML5 vont grandement simplifier la création d’interfaces plus sophistiquées, surtout avec CSS3 (HTML 5 + CSS 3 = une révolution pour les interfaces web). Pour vous éviter une longue explication, disons qu’avec CSS3 et HTML5, le HTML va reprendre sa place et Flash va reprendre la sienne (Flash et HTML5 ne sont pas concurrents).

Deux créneaux porteurs : les jeux et la vidéo en ligne

Comme précisé plus haut, le but de cette roadmap est de clarifier le positionnement de Flash. Ce nouveau positionnement va donc s’articuler autour de deux créneaux : les jeux et la vidéo en ligne.

Au sujet des jeux en ligne, les ambitions d’Adobe sont clairement affichées : ils veulent faire de Flash la console virtuelle pour le web en capitalisant sur les possibilités offertes par le plugin (distribution universelle, accélération matérielle pour la 3D, prise en charge des périphériques…) ainsi que sur un écosystème de développeurs très dense. Ils comptent d’ailleurs aller encore plus loin en formalisant un Game Developer Program pour soutenir l’industrie et stimuler l’écosystème.

Certes, avec des technologies comme WebGL il est possible de faire de très belles choses (Gameloft Embraces HTML5 With 3D Game GT Racing), mais la population ciblée est beaucoup plus restreinte, et les environnements de développement ne sont pas aussi sophistiqués (à l’image de Unity3D).

Autre domaine où Flash excelle : la vidéo en ligne. C’est d’ailleurs sur ce second créneau qu’Adobe souhaite intensifier ses efforts pour faire de Flash LE moteur de la vidéo pour le web. Là encore, vous pourriez me dire que HTML5 propose des lecteurs vidéo très performants, mais diffuser de la vidéo ne se limite pas à déployer un lecteur. Sur ce point, les équipes d’Adobe vont travailler pour pouvoir étendre le support à de nouveaux codecs, enrichir les possibilités de manipulation des vidéos, collaborer de façon étroite avec les constructeurs et CDN pour optimiser les flux de streaming, proposer des solutions de DRM plus fiables pour protéger les contenus et autoriser des outils d’analytics plus sophistiqués.

Quelles évolutions pour Flash et AIR ?

Plusieurs stades d’évolution de Flash sont décrits dans la roadmap (qui devrait d’ailleurs être enrichie au fur et à mesure) :

  • Une version 11.2 qui devrait sortir très bientôt avec un support plus étendu des cartes graphiques (rétrocompatibilité jusqu’en 2008), des astuces pour les jeux (verrouillage de la souris, support du clic droit, désactivation du menu contextuel…) et de meilleures performances pour la vidéo ;
  • Une version « Cyril » qui devrait sortir au cours du second trimestre et apporter d’autres améliorations techniques ainsi que la possibilité de streamer des textures 3D ;
  • Une version « Dolores » programmée pour la seconde moitié de l’année avec d’autres améliorations techniques et une rétrocompatibilité sur les cartes graphiques sorties depuis 2005 ;
  • C’est par contre en 2013 que sortira normalement la version « Next » avec une réécriture du noyau et une nouvelle machine virtuelle ActionScript supportant la future version d’ActionScript.

Visiblement cette nouvelle version d’ActionScript va être une authentique révolution, mais je ne possède pas les compétences pour en apprécier la portée. Je laisse donc le soin à d’autres de commenter cette partie.

Concernant AIR, il n’y aura pas de grosses évolutions (en dehors de celles induites par le Flash Player encapsulé dedans). Les équipes vont visiblement travailler à l’amélioration des APIs pour offrir plus de modularité et de stabilité aux développeurs tiers.

Pour ce qui est de la compatibilité sur les différentes plateformes :

  • Flash et AIR continueront d’exister sur les ordinateurs (Mac et Windows), mais le support de Linux ne sera assuré qu’au travers de Chrome (Google privilégiant ainsi Flash à AIR sur ses chromebooks).
  • Flash ne sera donc plus disponible sur les smartphones ou tablettes puisque c’est l’option AIR qui a été privilégiée. Il y a deux semaines, Adobe a officiellement confirmé que Flash ne serait plus supporté par le navigateur d’Android (Adobe confirms: no Flash for Chrome on Android), cette décision va permettre aux équipes de concentrer leurs efforts dans une même direction. Précisons que les problèmes de performance et de consommation d’énergie qui plombaient l’utilisation de Flash dans le navigateur d’Android se retrouvent également avec javascript (ils vont devoir faire de gros progrès sur la machine virtuelle).
  • Pour les télévisions connectées, même si certaines plateformes embarquent Flash dans le navigateur, il semblerait que la priorité soit encore une fois donnée à AIR.

Voilà, tout est dit dans ce document et nous y voyons maintenant beaucoup plus clair.

Flash est mort, vive Flash !

Donc si l’on résume ce qui a été annoncé : Les RIAs exploitant Flash ne subsisteront que sur les ordinateurs, pour les terminaux mobiles et alternatifs (smartphones, tablettes, TV et voitures connectées…), les contenus Flash devront être distribués sous forme d’applications.

Cela veut-il dire qu’Adobe jette l’éponge et que finalement Flash n’est pas un bon produit. Non, bien évidemment que non, car de toute façon, une application AIR n’est qu’un contenu Flash distribué non pas dans le navigateur, mais au sein d’une application autonome. C’est donc la fin du Flash Player pour mobile, mais pas de Flash !

Le constat d’échec ne se situe donc pas au niveau de la technologie en elle-même, mais au niveau du modèle de distribution : les constructeurs ont fait le forcing pour imposer leur app store et sécuriser ainsi un minimum de revenu pour financer le développement de leur système d’exploitation. Dans l’absolu ce n’est pas plus mal, car même si ce système force les utilisateurs à payer un peu plus, il permet de tirer la qualité vers le haut en générant plus de revenus pour les développeurs et les distributeurs.

Moralité : vous n’avez pas fini d’entendre parler de Flash, ni d’HTML5, car ces deux familles technologiques vont maintenant pouvoir cohabiter en symbiose.

Est-ce la mode des interfaces transparentes ?

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de services en ligne exploitant une interface minimaliste comme Minutes.io, Billable.me ou Scri.ch (Deux applications en ligne sans interface). Il semblerait que ce type d’interface a fait des émules, je vous propose ainsi de découvrir deux applications exploitant des interfaces (quasi) transparentes.

Il y a tout d’abord Clear, une application iPhone de gestion de tâches qui a fait grand bruit lors de sa sortie : No More Buttons, Clear Demonstrates the Power of a Purely Gesture-Based Interface.

clear_iphone

Force est de constater qu’ils sont allés très loin dans la rationalisation de l’interface puisqu’il n’y a ni menu, ni boutons. Et pourtant, la manipulation reste intuitive et performante :

Précisons au passage qu’il existe une version HTML5 (non-officielle) de cette application réalisée par un étudiant : Looking for work, this student built Clear in HTML5 and it isn’t half bad.

Autre exemple : CheckThis, une plateforme de publication avec une interface quasi-transparente. Le principe de ce service est de vous donner l’opportunité de créer une page pour publier un article, vendre un produit, recruter quelqu’un ou faire un peu tout ce que vous voulez : CheckThis, Getting Creative With a Single Web Page.

Checkthis_Tell

Comme vous pouvez le constater, l’interface est d’une extrême simplicité puisqu’elle se concentre sur l’essentiel : le contenu. Là où ça devient intéressant, c’est que ce contenu est structuré selon les trois modèles proposés (publier, vendre et engager) :

Checkthis_Sell

Les options de présentation et de paramétrage ne sont proposées qu’en périphérie de page, tout comme la création de compte. Face à des plateformes de publication ou de e-commerce toujours plus sophistiquées (WordPress, Prestashop…), ce service me semble être une alternative tout à fait crédible pour ceux qui ont des besoins très ponctuels : publier un seul article, vendre un seul produit ou recruter une seule personne. Je suis de plus en admiration devant le travail d’épuration de l’interface qui est une merveille de minimalisme et d’intuitivité. Du grand art !

Sommes-nous en présence d’une tendance de fond avec ces interfaces transparentes ? Je l’espère, car je suis un fan inconditionnel.

Social Media Landscape 2012

(La version française de cet article est ici : Panorama des médias sociaux 2012)

A few years ago, Charlene Lee from Forrester said social networks will be like air. We are now in 2012 and social media had never been this important. I regularly talk to people referring to social media as the web, the whole web. Indeed, the web as became social, and it is hard to find non-social websites. This being said, how can you explain social, when anything is social? It’s simple: you draw a chart with the most emblematic social platforms.

As I have been doing it for the last four years (2008, 2009 and 2011), let me introduce you to my latest social media landscape to help you understand the big picture of who is doing what.

Panorama_MS_2008-2011

Following a blurry 2010 in which I was unable to draw a consistent chart, the latest version was divided into seven major use and a central position for Facebook and Google. In the 2012 version of my landscape, the split is quite similar, but with new players, a generalization of conversations and the addition of device types.

Social_Media_Landscape_2012-550x582

A very dense ecosystem

In this new version, You can find a set of online services allowing conversations and social interactions, on computers, but also on mobile and alternate devices (smartphones, tablets, connected TVs, smartframes…). Although this graph is divided into pies and layers to make it easier to read, social media is a very dense ecosystem where different players lives in symbioses: if they tend to overlap sometimes, they easily lives together, and we are not in a winner-takes-all market configuration (I assume you guess which service I am referring to).

Thus, three major players can be found in the central circle, because they are providing users with a very large set of functionalities (FacebookTwitter and Google+). If it is possible for a user to publish / share/ play / network / buy / localize on only one of these platforms, they are widely used as containers or relays for what internet users are doing on other platforms. Regarding competition between these three, I don’t believe one can eat the two others, since each one have a distinct orientation: Twitter for content discovery, Google+ to manage your online identity and Facebook to interact with your friends.

As for the usages, I have spread the various services over families:

The main goal of this chart is to make it easier for you to comprehend social media in all its complexity, not to set an exhaustive list of available services. Thus, some major generic platforms or players are not listed here, like bulletin boards, instant messaging services (Skype) or youth virtual worlds (did you know there where more than 250 M accounts created on Habbo?). Furthermore, this graph only reflects western countries social platforms, it does not take in account eastern markets like Russia or asian markets like China or Japan, but a simple google search can bring you countless equivalent graphs for asia.

How to take advantage of social media’s diversity?

Now that we have an overview of social media, it is time to stress THE question: which platform should your brand choose? I think I am not wrong saying there is only one good answer to this question: The important is not to choose the right platform, it is to build a consistent social architecture. Installing your brand on social media is not about choosing one or several social platforms and opening profiles, it is about defining objectives and allocating resources. The platform choice is only the tactical declination of your strategy. Knowing the social media ecosystem is not stabilized, and I doubt it will ever be, choosing one or several platforms is not a long term strategy, it is a short term tactic. The only truly viable social platforms on the long run are the ones you host and manage.

This being said, at one point, you will have to choose one or several platforms! There is no perfect choice since each brand has a different context, but I can provide you with some generic advices:

  • Do not put all your eggs in the same basket. Even if Facebook is by far the most popular social platform, it is the one where competition is the most intensive. As insane as it can sound, choosing Facebook is not the safest bet, it is the most risked one: Competition is so strong that you will waste all your time / money / energy for limited results. Furthermore, keep in mind that what happens on Facebook, belongs to Facebook (just check the terms and conditions).
  • Focus on more targeted tactics. Knowing that competition is more intense on Facebook, is it still viable to have pages? Yes, it is still an almost necessary, albeit not sufficient, step. Necessary in most of the case (forget about it if you are in BtoB), and not sufficient because profile-based targeting mechanism are inefficient (Facebook members’ primary goal is to shine among their friends, not to describe their real daily lives). Content-based social platform relying on interest graph offers some much more precise target engines. Furthermore, trendy or high level brands might focus on more quality-oriented social platforms (Vimeo, Tumblr) to avoid being in competition with shampoo, beer and diaper brands.
  • Aim for the long term. Nearly all major  / local brands and institution are already active on social media, thus, you cannot bet on instant or short-term success. To be more accurate: You can achieve basic tactical goals (like winning 10.000 fans in three weeks), but is it relevant? Rolling-out a successful conversation-based engagement platform is a much more ambitious project, which will require more time and energy (2 to 3 years). Yes, it’s a long time-frame, but you will need it in order to achieve a deep evolution of internal process, habits and mentality.
  • Be opportunist. As I have just said, it requires years to build a viable social media architecture, but this does not necessarily means you cannot try some short term visibility campaigns. Since the last two weeks, the blogosphere is all about Pinterest, what about taking your chances? You can go for a try, but do not expect more than what these kind of campaign can provide you with (a temporary traffic boost).

What to expect in 2012?

The chart published in this article gives you an overview of the social media landscape. Its main purpose is to illustrate the diversity of usages and the complexity of this ecosystem. Since the Facebook / iPhone revolution has already happened, 2012 will be the year to strengthen your existing presence or mobile app, but also the year to experiment, because their are numerous opportunities at your disposal.

Let’s make things perfectly clear: When I am suggesting to strengthen and experiment, I am advising you to do it internally, not to outsource it. Because if you let a contractor do it for you, you won’t learn anything and will not be able to gain experience. I strongly believe a small-scale internal social presence is much more profitable than a large-scale outsourced one. Social media ROI is about experience and insights, it is not about fans number.

Panorama des médias sociaux 2012

(The english version of this article is here: Social Media Landscape 2012)

Il y a quelques années une analyste disait que dans cinq ans, les médias sociaux seront comme l’air (omniprésents). Nous sommes en 2012 et les médias sociaux n’ont jamais occupé une place aussi importante sur le web, à tel point que l’on en vient à se demander dans quelle mesure il est encore pertinent de dissocier les médias sociaux et le web. Pourtant, si l’on s’en tient à la définition que j’ai donnée (« Les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité »), il existe bien une différence entre un site web classique et les médias sociaux, surtout si l’on étudie de plus près les différents types de médias sociaux. J’insiste sur le fait que c’est bien un panorama des médias sociaux, et non des réseaux sociaux, car je croise encore beaucoup trop d’interlocuteurs qui confondent les deux. Bref, les médias sociaux sont devenus incontournables, vous avez donc l’obligation d’être incollable à ce sujet.

Comme chaque année depuis quatre ans (2008, 2009 et 2011), je vous propose donc un panorama des médias sociaux pour y voir plus clair sur les différents acteurs en présence et le rôle qu’ils occupent.

Panorama_MS_2008-2011

Après une période de flou en 2010 où j’ai été incapable de produire un panorama cohérent, la dernière version proposait un découpage en sept grandes familles d’usage avec une position centrale pour Facebook et Twitter. Dans la version 2012 de mon panorama, je vous propose une configuration assez proche avec de nouveaux acteurs, mais qui généralise les conversations et qui tient compte des terminaux mobiles.

Social_Media_Landscape_2012-550x582

Un écosystème toujours aussi dense

Dans cette nouvelle version, nous retrouvons un ensemble d’acteurs permettant de développer des conversations et des interactions sociales, aussi bien sur les ordinateurs que sur les terminaux mobiles (smartphones et tablettes) ou alternatifs (TV connectées, consoles next-gen…). Bien que le schéma utilise des camemberts et strates pour faciliter la lecture, les médias sociaux forment un écosystème dense où les acteurs vivent en symbiose : s’ils ont tendance à se chevaucher, ils cohabitent plutôt bien, et nous ne sommes pas dans une configuration de marché où le plus gros poisson mange les plus petits (si vous voyez à qui je veux faire allusion).

Nous retrouvons ainsi au centre de ce schéma trois acteurs qui proposent une large palette de fonctionnalités (Facebook, Twitter et Google+). S’il est théoriquement possible de publier / jouer / partager / rencontrer / acheter / localiser sur ces trois plateformes, elles fonctionnent plus comme des réceptacles ou des relais de l’activité des internautes qui exploitent en moyenne trois plateformes.

Google+ est donc le nouvel entrant dans le cercle central, je me suis déjà expliqué à ce sujet (Pourquoi le succès de Google+ est assuré). Comme précisé plus haut, je ne crois pas réellement à un scénario où Facebook mange les deux autres, mais plus à une orientation fonctionnelle de ces services : Twitter pour s’informer et découvrir de nouvelles choses, Google+ pour gérer sa présence en ligne et partager tout un tas de choses, Facebook pour interagir avec ses amis.

En terme d’usages, j’ai réparti les nombreux services disponibles en six familles d’usages :

Le but de ce schéma est de simplifier l’appréhension des médias sociaux dans toute leur complexité, pas de faire une revue exhaustive des services et usages. Il manque ainsi des usages génériques et des acteurs de taille dont on ne parle que très peu, mais qui pourtant représentent une grosse part des interactions comme les forums, les services de messagerie instantanée ou les univers virtuels pour les jeunes (je vous rappelle qu’il y a presque 250 millions de comptes créés sur Habbo et des centaines de millions d’utilisateurs de Skype). Ainsi, je ne mentionne pas dans mon schéma des acteurs locaux comme Doctissimo ou les Skyblogs car je veux  privilégier un point de vue international. Un point de vue occidental en fait, car je fais également complètement l’impasse sur les plateformes sociales asiatiques qui avoisinent le milliard d’utilisateurs.

Comment exploiter la diversité des médias sociaux ?

Maintenant que nous avons une  vision d’ensemble des médias sociaux, il convient de s’attaquer à LA question : sur quels supports faut-il être présent ? À cette question, je pense ne pas me tromper en vous disant qu’il n’y a qu’une seule bonne réponse : le choix des supports importe peu, l’important est d’avoir une présence cohérente. Installer sa marque sur les médias sociaux ne se résume pas à choisir des supports et ouvrir des profils, c’est une démarche plus complète et surtout plus réfléchie (Les trois étapes de l’évolution digitale de votre entreprise). Une stratégie de présence ne s’exprime pas en supports choisis, mais plutôt en objectifs et moyens. Le choix des supports n’est que la déclinaison tactique d’une stratégie (posture, moyens…). Dans la mesure où l’écosystème n’est pas stabilisé, et je doute qu’il le soit un jour, choisir un ou des supports n’est pas une option viable sur le long terme, car personne ne sait comment vont évoluer Facebook, Twitter et les autres. Les seuls supports viables sur le long terme sont ceux que vous hébergez et opérez vous-même (Peut-on réellement construire une communauté sur Facebook ?).

Ceci étant dit, il faut bien choisir des supports… Je vais donc essayer d’apporter des éléments de réponse à cette question. Avant toute chose, il est important de préciser que chaque marque à un contexte différent et que la tactique d’un concurrent est difficilement reproductible. Plutôt que de vous faire une liste des supports présentant le plus d’opportunités, je préfère vous donner quelques conseils de bon sens :

  • Ne pas mettre tous vos oeufs dans le même panier. Je n’ai de cesse de répéter sur ce blog que Facebook n’est pas le support idéal pour l’implantation de votre marque sur les médias sociaux. Le fait que Facebook soit la plateforme sociale la plus visible n’en fait pas un choix sécurisant, mais au contraire un choix très risqué : la compétition pour l’attention y est tellement forte que vous avez toutes les chances de dépenser beaucoup de temps et d’énergie pour pas grand-chose (de grosses marques US comme GAP ferment ainsi leur boutique : Gamestop to J.C. Penney Shut Facebook Stores). Dans tous les cas de figure, le simple fait que le contenu ou les fans sur Facebook ne vous appartiennent pas réellement devrait vous motiver à diversifier votre présence.
  • Privilégier une approche ciblée. Puisque la compétition est trop intense sur Facebook, faut-il pour autant ne pas y être ? Non, ça reste une étape nécessaire, mais pas suffisante. Nécessaire dans la majeure partie des cas, avec quelques exceptions (Quels supports exploiter pour les médias sociaux BtoB), et loin d’être suffisante, car les mécanismes de ciblage sur Facebook sont biaisés (les membres cherchent avant tout à se mettre en valeur, pas à dévoiler leur vrai quotidien). Il existe ainsi des plateformes sociales où vous avez plus de chance de trouver une concentration importante de membres appartenant aux segments que vous convoitez (Les marques d’appareils photo sont ainsi plus légitimes sur les plateformes de partage de photo). De même, les marques branchées ont intérêt à sélectionner des supports qui vont les mettre en valeur (Vimeo, Tumblr…) plutôt que d’être en compétition sur Facebook avec des marques de shampoing, de bonbons ou des partis politiques.
  • Miser sur le long terme. Vu le nombre de marques et d’institutions présentes sur les médias sociaux, vous vous doutez qu’il est quasi impossible de percer en quelques semaines. De toute façon, « percer » est un terme ambigu, car tout dépend de vos objectifs. Je ne doute pas que vous puissiez gagner quelques milliers de fans avec une campagne bien dotée, mais après ? Engager votre marque dans démarche conversationnelle / communautaire durable est un chantier d’envergure qui s’envisage sur le moyen terme (2 à 3 ans) et ne portera réellement ses fruits que sur le long terme (au moins 5 ans). Oui c’est une longue période, mais c’est ce qu’il vous faudra pour transformer votre posture de communication et surtout les habitudes et mentalités en interne (principale source de résistance au changement qui pousse les marques à sous-traiter, à tort !).
  • Faire preuve d’opportunisme. Ce n’est pas parce que l’implantation durable de votre marque dans une logique conversationnelle va vous prendre plusieurs années que vous ne pouvez pas tenter des opérations ponctuelles de visibilité. En ce moment tout le monde ne parle que de Pinterest, rien ne vous empêche de profiter de cette aubaine médiatique pour booster votre audience. À condition d’être très réactif, cohérent et de ne pas en attendre autre chose qu’un afflux ponctuel de trafic.

À quoi s’attendre pour l’année 2012 ?

Le schéma publié plus haut vous donne une vision d’ensemble des médias sociaux. Il permet surtout d’illustrer la diversité des usages et la complexité d’une présence holistique. La révolution Facebook / iPhone ayant déjà eu lieue, 2012 sera donc une année de consolidation des acquis (sur votre présence actuelle et votre application mobile), mais également d’expérimentation, car il existe encore de très nombreuses opportunités à saisir (Du SoLoMo au ToDaClo, quelles tendances pour 2012 ?).

Entendons-nous bien : quand je parle de consolider et d’expérimenter, je parle de faire ça en interne, pas de sous-traiter. Car si vous laissez le soin à une agence externe de faire à votre place, vous n’apprendrez rien et ne serez pas en mesure de capitaliser de l’expérience, ni de vous rapprocher du modèle du Social Business. Je reste ainsi persuadé qu’un dispositif de petite envergure réalisé par les équipes internes sera bien plus profitable que des opérations d’envergure sous-traitées à une ou des agences.

Sur ces bons conseils, je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour le panorama 2013.

Mes 3 sites coup de coeur (février 2012)

Comme tous les mois, je vous propose ma sélection de sites. Je rappelle la règle du jeu : ces sites sont sélectionnés de façon aléatoire et empirique (dès que j’en vois un beau, je le mets de côté et j’en parle le mois suivant).

Commençons avec celui qui fait polémique en ce moment, le nouveau site de la compagnie aérienne Jetblue.

JetBlue

J’étais un peu sceptique en découvrant la nouvelle page d’accueil pour la première fois, mais après la première impression, je troue qu’ils ont fait un très bon travail de design minimaliste avec des choix graphiques très cohérents (formes homogènes, nombre de couleurs réduites…). J’apprécie tout particulièrement les textes très courts, la très bonne lisibilité de la typo, la grille de lecture bien marquée, les boutons qui se détachent bien du fond des cartouches et bénéficient d’une bonne hiérarchisation. Je reste mitigé sur la couleur de fond des champs de la boite TrueBlue, mais j’imagine que c’est pour atténuer l’envie de saisir une recherche ou un N° de vol dedans…

Continuons avec un autre site de commerce en ligne, l’indien Tiket qui vend un peu de tout :

Tiket

Là encore j’adore l’approche minimaliste et la grille de lecture parfaitement marquée. Les couleurs et les traitements graphiques sont d’une sobriété à toute épreuve, mais cette page d’accueil est d’une efficacité redoutable. Vous noterez néanmoins qu’ils se sont « lâchés » sur des fioritures comme une double bordure pour le moteur de recherche ou un bout de scotch pour le carrousel à droite (truc de ouf !). Et puisque l’on parle du web indien, allez donc faire un tour sur Junglee, une autre boutique à l’efficacité marchande redoutable (cf. L’approche Mobile First adoptée par Amazon en Inde).

Terminons avec Wittlebee, une boutique de fringues d’enfant vendus en packs :

Wittlebee

Le minimalisme est toujours de rigueur pour les textes et accroches, par contre nous avons droit à des traitements graphiques un peu plus sophistiqués avec un fond de page à alvéoles, des bordures crénelées ou des photos façon polaroïd. J’apprécie tout particulièrement les intitulés très courts des boutons d’action (« Start« , « Read« , « Like« ) ainsi que les effets au survol de la souris.

La suite le mois prochain.