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Mes 10 prédictions pour l’année 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers ( MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’ OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne ( Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par “extras“, je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille ( Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être “porté” sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation “sociale” (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier ( Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo ( Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils “maison” (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’ IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de “posséder” leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que “seconde chance” est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

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Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

Qu’est-ce que l’identité numérique ?

Je ne suis pas le premier à tenter de vulgariser le concept d’identité numérique, Leafar (Raphaël pour les intimes) a ainsi déjà proposé une représentation de l’identité numérique (voir son billet : U.lik unleash Identity 0.2), j’avais également déjà abordé la question dans un précédent billet. Je souhaite avec cet article compléter cette vision et y apporter ma touche personnelle.

Les utilisateurs au coeur du web 2.0

Avec la prolifération des blogs et wikis, la multiplication des réseaux sociaux et l’explosion du trafic sur les plateformes d’échanges, les contenus générés par les utilisateurs prennent une place toujours plus importante dans notre consommation quotidienne de l’internet. Tous ces contenus laissent des traces sur les sites qui les hébergent et dans les index des moteurs de recherche, ils sont également systématiquement rattachés à un auteur. De plus, la notoriété numérique des individus ainsi que sa valorisation (monétisation de l’audience, de l’expertise…) va rapidement amener les internautes (consomm’auteurs et consomm’acteurs) à se soucier de leur identité numérique.

De la volatilité de l’identité numérique

L’identité numérique d’un individu est composée de données formelles (coordonnées, certificats…) et informelles (commentaires, notes, billets, photos…). Toutes ces bribes d’information composent une identité numérique plus globale qui caractérise un individu, sa personnalité, son entourage et ses habitudes. Ces petits bouts d’identité fonctionnent comme des gènes : ils composent l’ADN numérique d’un individu.

IdentiteNumeriqueSimple.jpg

Gérer son identité numérique veut dire surveiller l’utilisation de chacune des ces bribes d’information, cette tâche est complexe surtout pour un individu qui souhaite exploiter l’internet comme une vitrine. Nous allons donc progressivement devoir acquérir une vision à 360° de toutes les traces que nous laissons au quotidien de manière à maitriser l’image que l’on donne de nous même.

Les différentes facettes de l’identité numérique

Comme nous venons de le voir, notre identité numérique est composée de nombreuses informations (ou traces) qui peuvent être regroupées en facettes :

Le schéma suivant synthétise les différentes facettes de l’identité numérique :

IdentiteNumeriqueComplete.jpg

Pour un schéma de plus grande taille, je vous recommande la version publiée sur FlickR : Cartographie de l’identité numérique (et il y a même une version en anglais : Digital Identity Mapping)

C’est en participant à tous ces services et outils qu’un individu alimente petit à petit toutes les facettes de son identité numérique. La majeure partie des utilisateurs ne mesure pas encore la complexité de la gestion de l’identité numérique, et ceci pour deux raisons :

  • les occasions de laisser des traces sont de plus en plus nombreuses ;
  • les moteurs de recherche conservent chacune des ces traces pendant de nombreuses années.

Voilà donc très certainement quel sera le prochain défi à relever pour les utilisateurs de l’internet : prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas ternir l’image d’eux-mêmes (leur identité, leur double numérique) qu’ils sont progressivement en train de construire.

Vous ne connaissez toujours pas les microformats ?

Puisque nous venons de rentrer dans la période creuse de l’année (et oui c’est comme ça en France, du 15 juillet au 15 août il ne se passe rien), je vous propose d’occuper votre pause-café avec ce très bon diaporama sur les microformats : What are microformats?

Logo des microformats

Pour la petite histoire, ce diaporama a été rédigé par Tantek Celik, une légende vivante du HTML et grand pape des microformats qui travaille maintenant chez Technorati.

Et pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, je vous propose cette sélection de ressources :

Connaissez-vous le GRDDL ?

Oui môsieur, GRDDL comme Gleaning Ressource Descriptions from Dialects of Languages. Pour faire simple, GRDDL est un mécanisme mis au point par le W3C qui sert à extraire les informations présentes sur une page web au format XHTML et les transformer en RDF. Pour avoir une explication plus détaillée, je vous recommande cet article : Sémantique et XHTML.

Un peu complexe tout ça, non ? Effectivement, j’avoue être un peu perdu dans tout ces formats. Néanmoins, il semble que le débat tourne autour des microformats et de RDF. Je cite l’auteur de l’article : XHTML n’est pas fait a-priori pour sémantiser l’information, mais pour la structurer. En d’autres termes, si vous souhaitez donner du sens à vos pages web, la bonne pratique consiste à utiliser des balises descriptives de metadonnées (comme le Dublin Core que j’utilise) ou à associer des éléments RDF beaucoup plus complets… mais plus lourds à implémenter. D’où l’intérêt d’une solution intermédiaire comme GRDDL. (merci à Gauthier pour le lien)

Et on reparle des microformats

Et ça se passe sur le Digital Web Magazine : Microformats Primer. Une très belle introduction au concept des microformats avec en prime un exemple de mise en oeuvre de hCard. (à lire en complément de mon précédent billet sur le sujet : Connaissez-vous les micro-formats ?)

Quelle est la différence entre un lien et un tag ?

Techniquement il n’y en a pas. La grosse différence entre un simple lien et un tag c’est l’utilisation et le contexte d’usage. En fait, entre un lien et un tag il y a près de 10 ans d’évolution, mais elle est subtile.

Les liens sont utiles pour naviguer d’une page à un autre. Il y a généralement une seule destination d’origine (la page où est le lien) et une seule destination cible (la page vers laquelle le lien pointe). On ne peut pas partager un lien, ils sont spécifiques à chacun des sites.

Les tags sont utiles pour naviguer ET structurer du contenu. Il y a généralement plusieurs destinations d’origine (les tags se baladent rarement seuls à l’image des tags en bas de chacun de mes billets) et plusieurs destinations cibles (une fois sur place, on peut trouver de nouveaux tags ou revenir et cliquer sur les autres tags listés). Les tags peuvent être partagés entre des services ( del.ico.us, Flickr ou Blogmarks) et même entre plusieurs types d’application (liens Technorati).

Les tags se révèlent redoutablement efficace pour une exploration empirique du contenu d’un site, certain disent même chaotique : on peut cliquer au hasard sur les tags sans jamais tomber dans un cul-de-sac.

Les contextes dans lequel les tags se révèlent très performant sont pour l’instant limités : photos, blogs, favoris… mais il y a fort à parier que ce type de pratique va bientôt s’étendre à d’autres utilisations et ce notamment grâce aux microformats qui vont donner du sens aux tags.

Encore une fois, du point de vue strictement informatique il n’y a aucune différence entre un lien et un tag. Par contre, au niveau des usages cela change beaucoup. Sans vouloir relancer le débat (j’ai eu mon compte d’insultes), le web 2.0 c’est ça pour moi : une évolution par les usages, pas par les technologies.

à suivre…

Nouvelles technologies et nouvelles tendances à la CCIP

Je vais intervenir jeudi prochain à une conférence organisée par la CCIP sur le thème des nouvelles technologies et des nouvelles tendances de l’internet. J’y parlerais entre autre chose d’innovations, des wikis, des blogs, des services mobiles, de la voix sur IP, des réseaux sociaux, des microformats, du web sémantique, des interfaces riches et même de celui-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom.

Cette manifestation gratuite se déroule dans le cadre du Préau (un centre de ressources et d’accompagnement pour la mise en oeuvre des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Education et la Formation) et si vous souhaitez voir le programme, ça se passe ici : Les Jeudi du Préau.

En prime, Loïc Lemeur devrait intervenir juste après moi sur le thème des blogs et des podcasts. Ça tombe bien, comme ça il pourra m’expliquer comment ça marche les podcasts. Parce que j’ai beau écouté mon iPod, y’a que de la musique dedans…

MAJ (12/10/2005) : Tristan Nitot va également participer à cette conférence. Quel honneur pour moi de m’exprimer sur la même estrade que ces deux figures de la blogosphère française. Mais bon… ce qu’on ne dit pas c’est que Môsieur Tristan m’oblige à raccourcir ma présentation de 15 minutes. Bon ça va, c’est pour la bonne cause (standards web et logiciels libres).

C’est quoi une page web ?

Le web évolue ou pour être plus précis, le web a évolué. Le concept de web 2.0 ne plaît pas, c’est un fait, n’en parlons plus. Plutôt que de spéculer sur l’avenir de l’internet, je vous propose plutôt que de vous retourner et de méditer sur le chemin parcouru.

A la base, c’est quoi une page web ?

Sans rentrer dans les détails, et en vulgarisant, une page web est composée de trois couches :

  1. le contenu
  2. la présentation
  3. le comportement (les fonctionnalités et interactions)

Et maintenant, c’est quoi une page web ?

A peu près la même chose. Dans le fond, si vous observez bien la page que vous êtes en train de lire, hormis la date, vous auriez bien des difficultés à dater cette page.

Mais alors, y a-t-il eu évolution ? Oui ! Mais elle est subtile cette évolution.

Contenu : tout le monde lit-il la même chose ?

Non, définitivement. La preuve :

  • si vous surfez sur mon site, vous aurez accès à l’ensemble du contenu des pages ;
  • si vous utilisez un lecteur de flux RSS, il se peut que vous n’ayez accès qu’à des extraits de pages (les x premiers caractères) ;
  • si vous utilisez un portail de syndication du type NetVibes, vous n’aurez accès qu’aux titres de mes billets ;
  • si le contenu était formaté en XML et transformé à la volé via une feuille de style XSL vous pourriez aussi bien voir une page WAP qu’un fichier PDF.

En fonction de votre contexte d’utilisation, le contenu auquel vous aurez accès peut être complètement différent (plus ou moins riche).

Présentation : version dégradée ou allégée ?

Pour la présentation, c’est la même chose :

  • si vous surfez sur mon site avec un navigateur récent (comme Firefox ou Opera) vous aurez devant vos yeux une mise en page sobre avec de jolis coins arrondis ;
  • si vous utilisez un navigateur comme IE, vous aurez les mêmes couleurs mais plus de coins arrondis ;
  • si vous imprimez cette page, plus de couleurs, mais une police de caractère plus adaptée à la lecture sur papier ;
  • si vous utilisez un lecteur de flux RSS, c’est le style par défaut du lecteur qui sera utilisé ;
  • si vous utilisez un navigateur alternatif (lecteur d’écran, PDA…) vous aurez une version encore plus dégradée ;
  • si en plus, vous utilisez une extension du type GreaseMonkey qui altère le comportement de la page pour l’enrichir (ou la détourner), alors là… c’est la porte ouverte à tout.

En fonction du terminal et du logiciel d’accès à internet, la présentation de cette page sera également très différente.

Comportement : plus ou moins riche ?

Prenons l’exemple de la page suivante : The accessible AJAX calculator.

  • si vous utilisez un navigateur qui se respecte, la réponse est rapatriée de façon dynamique sans avoir besoin de recharger la page ;
  • si votre navigateur est plus ancien, il aura plus de mal à interpréter le bout de code AJAX et devra rafraîchir la page pour rapatrier le résultat ;
  • si le javascript est désactivé sur votre navigateur la calculatrice ne fonctionnera pas, seuls les liens hypertextes seront actifs.

En fonction de la capacité de votre navigateur à interpréter des bouts de code, le comportement d’une page sera plus ou moins riche.

Conclusion

Vous l’aurez bien compris : une page web reste une page web, mais la notion même de page arrive à expiration :

  • du contenu syndiqué (via RSS?) et modulaire (via XSL??) ;
  • une présentation flexible (via CSS) et adaptable (à l’aide de l’attribut media) ;
  • un comportement qui peut être dégradé (avec les balises <script> et <noscript>)…

Autant de petites évolutions qui au fil des ans ont fait évoluer les concepts de pages et de sites web. Les standards W3C, l’accessibilité, le web sémantique l’utilisabilité… sont autant de leviers pour proposer une utilisation plus riche de l’internet. Le tout au service des utilisateurs, pour une expérience en ligne plus agréable, plus performante, plus simple, plus puissante, plus… mieux, non ?

Et ce n’est qu’un début : les réseaux sociaux, les interfaces riches, les microformats… seront les leviers de demain pour bâtir celui-dont-on-ne-doit-pas-nommer-le-nom (pour ceux qui ne suivent pas, il ne s’agit pas de Voldemort !).

A quoi va servir le web 2.0 ?

En voilà une bonne question ! Et pourtant, Joshua Porter semble apporter quelques éléments de réponse : Web 2.0 as the Era of Interfaces, Redux. L’auteur résume dans ce billet un certain nombre de thèmes parmi lesquels deux ont retenu mon attention :

  • Le web 2.0 comme système de recommandation. Depuis l’avènement des blogs, wikis, podcast et j’en passe, le web est devenu bien trop vaste pour qu’un être humain normalement constitué (c’est à dire qui ne passe pas 2 heures par jours à faire de la veille comme moi !) puisse trouver de l’information qui a une véritable valeur ajoutée. La mise en oeuvre de filtres collaboratifs, réseaux sociaux, systèmes de tags, microformats… va aider l’utilisateur à accéder beaucoup plus facilement et surtout en pleinne confiance à l’information qui l’intéresse réellement.
  • Le web 2.0 comme plate-forme d’échange. Nous parlons aussi bien des services en lignes qui pourront être intégrés à d’autres services (par le biais des API) que des données (par le biais du web sémantique et à nouveau des microformats).

Je sais que le web 2.0 est un notion encore très lointaine pour la plupart d’entre vous. Et pourtant, je peux vous assurer que l’internet tel que nous le connaissons est en train de muer.

Prenez le temps de lire les différents billets auxquels je fais référence, allez tester les différents services en ligne dont je vous parle depuis quelques mois et vous finirez par vous rendre compte que ce n’est pas du vaporware. Le nouvel internet est là, mais vous ne vous en êtes pas encore rendu compte.

Web 2.0 : une première définition ?

Ces derniers temps le web 2.0 a le vent en poupe. On en parle beaucoup dans la blogosphère mais les avis semblent très partagés. Je vous propose de décortiquer ce phénomène obscur.

C’est quoi le web 2.0 ?

Le web 2.0 c’est… enfin ça veut dire… ça… heu… ça désigne… bon OK je cale. Il existe bien une définition sur Wikipedia mais elle ne me satisfait qu’à moitié. Regardons la vérité en face, le web 2.0 est pour l’instant une notion un peu fourre-tout. Mais plutôt que de s’arracher les cheveux à chercher une définition qui plaise à tous, il serait sûrement plus instructif d’étudier les motivations de ceux qui essayent de le construire.

Pourquoi avons-nous besoin d’un nouvel internet ?

Voilà près de 10 ans que l’internet que nous connaissons est apparu. En 10 ans, que c’est-il passé ? Pas grand chose ! Tout au plus les technologies sur lesquelles est fondé l’internet (HTML, JS, GIF…) ont-elles légèrement évoluées vers un cadre mieux défini, plus ouvert et plus standard (XHTML, CSS, DOM, PNG…).

Avouez-le, internet est en pleine crise de croissance. Il y a 5 ans il suffisait de porter son modèle économique en ligne pour affoler les investisseurs. Aujourd’hui la situation est beaucoup plus délicate car saturée. Est-ce que vous vous imagineriez allez voir votre banquier avec un projet de vente en ligne de livres, de CD, de vin ou encore un site d’enchères ? Il vous rigolerait au nez !

Après la maturation, le déclin

La situation est très simple : internet a atteint une phase de maturité. Les sites et services en ligne qui reposent sur le bon vieux HTML ne séduisent plus grand monde, à quelques exceptions près (souvenez vous qu’il existe déjà un Amazon, un eBay, un Dell…).

Et le danger est là : pas d’innovation = pas de séduction = pas de croissance = les chinois / indiens produisent la même chose pour 5 fois moins cher = destruction de valeur. Pour maintenir une croissance il faut un souffle nouveau, une expérience plus riche, des services plus performant. Et c’est là où le web 2.0 entre en scène.

Qu’est-ce que le web 2.0 m’apporte à moi (être humain) ?

Le web 2.0 apporte un ensemble d’innovations sur l’interface qui permettent :

  • moins de clics (grâce à l’utilisation du drag & drop…) ;
  • plus d’informations affichées à l’écran (à l’aide des panneaux dépliant et autres layers) ;
  • moins de temps de chargement (en ne faisant circuler que les données et pas l’interface à chaque fois).

Allez donc voir cette page de démonstration pour vous rendre compte.

Et à moi (la machine) ?

Côté traitements, là encore le web 2.0 innove :

  • des architectures plus flexibles (grâce aux langages de dernières générations) ;
  • des protocoles de communication plus ouverts (vous avez sûrement entendu parler des web services) ;
  • une interopérabilité plus poussée (syndication via RSS, et utilisation d’API comme chez Google Maps).

OK, mais où est l’innovation dans tout ça ?

Le caractère innovant du web 2.0 ne vient pas forcément des technologies utilisées (Flash, AJAX…) mais plutôt de la volonté de proposer plus et mieux. Pour vous donner une idée plus précise, allez donc comparer des services comme GMail ou Google Maps à leurs concurrents (respectivement Yahoo! Mail / Hotmail et Mappy / Via Michelin). Vous ne trouvez pas ça mieux ? N’y a-t-il pas moins de clics à faire ? N’est-ce pas plus rapide ?

Révolution ou évolution ?

Évolution, définitivement. On peut facilement faire une analogie entre le web 2.0 et les pellicules photo APS : grossièrement c’est la même chose (ça reste un pellicule photo), mais à l’usage il y a des petites améliorations qui améliore l’expérience (3 formats, index des photos, indicateur d’exposition…).

Pour le web 2.0 c’est la même idée : une multitude de petites améliorations :

Et maintenant ?

Et maintenant quoi ? Tout reste à faire, certains nous ont montré la direction à prendre, à vous de leur emboîter le pas… ou de vous préparer à affronter la concurrence chinoise !

MAJ (26/08/2005) : Bon OK, l’exemple du format APS n’était peut-être pas le bon. Toujours est-il que si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, et je suis sûr que c’est le cas, je vous recommande ce blog dédié au web 2.0 : Read/Write Web.

MAJ (26/08/2005) : Voici un autre article très instructif (tout est dans le titre) : Web 2.0 is Not About Technology, Its About Sharing Information.

MAJ (29/08/2005) : Un p’tit dernier et j’arrête : Web 2.0 - Your Technology is in my Experience.