FredCavazza.net

Mozilla + Yahoo! = 2 Rich Desktop Applications

14 février 2008

Alors que la fondation Mozilla s’apprête à lancer officiellement Firefox 3, un billet publié chez jy[B]log nous apprends des choses très intéressantes sur l’usage de technologies made in Mozilla pour certaines applications de Yahoo! : Adobe AIR vs Xulrunner : Xulrunner gagne chez Flickr.

On apprend ainsi que l’outil de publication de photo FlickR Uploadr a été réalisé grâce à XULRunner. Plus d’infos ici : Flickr Uploadr: Open Source and Powered by XULRunner.

Plus intéressant, la version off-line de Zimbra (Zimbra Desktop) repose sur la technologie Prism (dont je parle plus longuement dans un précédent billet : Mozilla expérimente une alternative aux solutions de client riche avec Prism). Plus d’infos ici : Zimbra on Prism & Other new Stuff.

En tout cas c’est un signe que les versions desktop ou off-line des services en ligne vont progressivement quitter le web pour venir s’installer sur nos bureaux. A quand une version déconnectée de Gmail avec Google Gears ?

Bon OK, j’avoue avoir jargonné à mort dans ce billet ! Mais rassurez-vous, car je travaille à une simplification de tout ça…

La fondation Mozilla intègre les équipes de Humanized

16 janvier 2008

Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous parlais de Songza, un moteur de recherche musicale avec un concept très intéressant d’interface transparente.

Et bien figurez-vous que la fondation Mozilla vient d’annoncer qu’elle avait recruté une grosse partie de l’équipe de Humanized, la société à l’origine de Songza : Mozilla Hires Humanized Founders. Parmi les personnes recrutées, il y a (entre autres) Aza Raskin le fils de Jef Raskin, une pointure de la conception d’interfaces.

Mozilla_Humanized.png

C’est une très bonne nouvelle dans la mesure où les équipes de Humanized sont également à l’origine d’un produit remarquable : Enso Launcher qui permet de lancer tout un tas de commandes à partir de commandes au clavier. Je vous recommande à ce sujet la démonstration vidéo ainsi que cet article : Enso est une merveille.

Il y a fort à parier que les personnes recrutées chez Humanized vont travailler sur des améliorations portées à l’interface de Firefox (peut-être pour la version 4 ?).

10 ans d’évolution des interfaces web au service de l’expérience utilisateur

18 janvier 2007

2007 sera une grande année pour les interfaces riches (voir à ce sujet mon précédent billet). Pour célébrer cette révolution à venir, je vous propose de faire une rétrospective sur dix années d’évolution des interfaces web, en incluant un peu de prospective sur l’année à venir.

J’ai résumé tout cela dans ce schéma :

10 ans d'évolution des interfaces web

La page HTML : simple et efficace

La manière la plus simple de réaliser une interface web est d’utiliser HTML. Pour consulter une page web, il faut : un système d’exploitation et un navigateur. C’est simple et efficace, suffisamment efficace pour faire fortune (à l’image d’eBay ou d’Amezon).

L’applet : un peu plus de puissance mais au détriment du confort d’usage

Durant la fin des années 90, sont apparus des micro-applications qui pouvaient être exécutées au sein d’une page web : les applets réalisées en Java. Pour pouvoir les exécuter, il fallait bien évidemment un système d’exploitation, un navigateur, mais également une machine virtuelle. C’est cette dernière qui servait à interpréter le code Java (qui n’a rien à voir avec Javascript).

Les applets permettent de faire plus de chose que le HTML mais au détriment du confort d’usage, car les applets sont lourdes et longues à démarrer (de 1 à 3 secondes) et que la machine virtuelle nécessite souvent des mises à jour intempestives. Quand il s’agit du configurateur en 3D de Volkswagen, ça va, mais quand il s’agit d’un simple calendrier pour choisir une date comme sur le site de la banque Fortis, c’est inadmissible.

Les RIA : le meilleur compromis à ce jour

Puis sont apparues les Rich Internet Applications qui proposaient de bien plus grandes possibilités d’affichage et de manipulation que le HTML. Ces interfaces riches pouvaient être réalisées en AJAX (à l’image du sélecteur de diamant d’Amazon ou du site de GAP) ou en exploitant des technologies vectorielles comme Flash ou WPF/E. Pour les faire tourner, vous devez posséder le bon plug-in (ce qui est le cas de 99% des ordinateurs pour Flash). L’intégration des animations au sein d’une page web est transparente et très performante (à l’image du très bon comparateur de Ford Vehicles).

Les widgets : petites mais terriblement efficaces

Plus récemment, des petits modules autonomes sont venus s’installer sur notre bureau : les widgets. Ces micro-applications nécessitent plusieurs choses pour pouvoir tourner : soit un programme appelé moteur de widget (Yahoo! Widget, Google Desktop, Kapsules sous Linux ou encore le navigateur Opera), soit un système d’exploitation de nouvelle génération comme Windows Vista ou Mac OS X.

Les RDA : l’avenir du logiciel ?

La toute dernière évolution des interfaces web s’appelle les Rich Desktop Applications. Tout comme les applets, les RDA nécessitent une machine virtuelle (Eclipse RCP, NetBeans, Java Web Start, XULRunner de Mozilla, Le futur Apollo d’Adobe ou encore le SmartClient de Microsoft). Ces technologies permettent d’avoir des interfaces aussi robustes que des applications et la simplicité de déploiement des sites web (pas besoin de les installer sur le système d’exploitation).

Plusieurs expérimentations sont en cours autour des RDA : SongBird (un concurrent de iTunes réalisé avec XUL), le Mozilla Amazon Browser (une RDA qui exploite le catalogue d’Amazon) ou encore le module d’eBay réalisé avec Apollo.

Conclusion : le service avant tout

Après ce formidable déballage des technologies toutes plus prometteuses les unes que les autres, je vous propose de faire le constat suivant : Qui avons-nous à gauche du schéma ? Amazon et eBay. Qui retrouvons-nous à droite du schéma ? Amazon et eBay. L’enseignement que nous pouvons en tirer est le suivant : si votre service est bon alors ces différentes technologies (et les plus récentes en particulier) ne doivent vous servir qu’à enrichir l’expérience utilisateur que vous proposez. Par contre si votre service n’est pas performant alors ne rêvez pas, l’interface (quelle que soit la technologie utilisée) ne compensera pas une expérience utilisateur négative.

Je vous laisse méditer là dessus…

Vers un flash player en open source pour la fondation Mozilla ?

7 novembre 2006

La nouvelle vient de tomber , et elle a de quoi surprendre : Adobe vient de livrer à la fondation Mozilla le code source de sa machine virtuelle ActionScript (voir le communiqué de presse ici : Adobe and Mozilla Foundation to Open Source Flash Player Scripting Engine).

Quand on y regarde de plus près, et surtout entre les lignes, on se demande si Adobe ne serait pas en train d’abandonner la maintenance de son Flash Player au profit d’une dynamique open source.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette décision :

  • La stratégie d’Adobe n’est pas le même que celle de feu Macromedia, comprenez par là que la gamme de produits d’Adobe est bien plus large et que ses centres de revenus (les vaches à laits) ne sont pas forcément liés à Flash ;
  • Les équipes d’Adobe ont bien du mal à assurer la maintenance du Flash Player (rappelons qu’il n’existe toujours pas d’adaptation de la version 9 pour linux) ;
  • Le marché des interfaces riches est en pleine croissance et l’offre d’Adobe (Flash / Flex) doit faire face à la concurrence d’autres approches technologiques comme Ajax, OpenLaszlo, Java Web Start, .Net , XUL… ;
  • Adobe concentre sa R&D sur Apollo, son logiciel hybride capable de lire du Flash, du PDF et du HTML.

Toujours est-il qu’Adobe vient probablement de montrer le premier signe d’une stratégie de retrait. La suite logique serait de livrer le code source du Flash Player, tout comme l’a déjà fait Netscape à l’époque avec son navigateur.

Si l’on rapproche cette stratégie de celle faite par IBM (de baser son environnement de développement Java sur Eclipse), la question que je me pose est la suivante : Quelle va être la capacité de la communauté des développeurs à absorber cette charge de travail ? Car il faut bien appeler un chat un chat : Adobe n’est pas une organisation philanthropique et son seul souhait est de faire supporter une partie des frais de R&D et de maintenance à la communauté du libre.

Quand on y réfléchi, ça commence à faire beaucoup de boulot tout ça : Firefox, Thundberbird, PHP, MySQL, Java, Eclipse… J’en oublie certainement une grande partie, mais il ne faut pas oublier que les bénévoles ne sont pas non plus de pigeons. Pour vivre, une communauté à besoin d’une dynamique, de leaders, d’animateurs… et tout le monde n’a pas un Tristan Nitot dans sa manche !

Bref tout ça pour dire que je suis très content pour la fondation Mozilla. C’est un très bon choix de la part de MacromediaAdobe que de “confier” son bébé à une organisation qui a fait ses preuves et qui dispose déjà de l’infrastructure nécessaire.

Dans cette histoire, le seul perdant pourrait être le format SVG soutenu par le W3C. Cependant, au vu des dernières évolutions du format Flash (qui en est à sa 9ème itération), on est en droit de se demander si l’animation vectorielle est encore au cœur de ce dernier… C’est sûr que comparé à Flash 9, SVG c’est comme un playmobil dans Prison Break (hé hé hé, elle n’était pas facile à placer celle là !).

Et vous, feriez-vous confiance à la fondation Mozilla pour reprendre le travail sur le Flash Player ?

MAJ (08/11/2006) : Les explications complètes sur le blog de Tristan Nitot : Adobe et Mozilla s’allient pour lancer le projet Tamarin. Heu… pourquoi avoir choisi ce nom de Tamarin ?

IE 7 est disponible… et Firefox 2 très bientôt

19 octobre 2006

Aujourd’hui est un grand jour, non pas parce que IE 7 vient de sortir en version définitive, mais plutôt parce qu’après 3 Release Candidate, Firefox 2 est également sur le point de sortir.

Pourquoi est-ce si important ? Pour plusieurs raisons :

  1. ces deux nouvelles moutures intègrent de façon native l’abonnement et la gestion des flux RSS, ce qui va faire sortir de l’ombre la syndication et la faire connaitre aux yeux du grand public) ;
  2. les moteurs de rendu ont évolué, ce qui veut dire une meilleur prise en charge des CSS ;
  3. deux modèles d’organisation (la multi-nationale privée et la fondation) nous ont démontré leur réactivité et leur puissance de feu (l’une fondée sur la capitalisation et des milliers de salariés, l’autre basée sur la passion et des millions de bénévoles).

Bref tout ça pour dire que je serai bien allé à la soirée de lancement de Firefox 2 la semaine prochaine, mais visiblement je ne suis pas le seul comme le précise ce billet de Tristan. Comme je suis convaincu du bienfondé des standards web et un inconditionnel de Firefox, je suis prêt à laisser ma place à cette soirée. Je préfère en effet utiliser Firefox au quotidien et faire bénéficier de cet évènement quelqu’un d’autre (même si cette soirée aurait été une bonne occasion de revoir des gens que j’apprécie).

iTunes + XUL = Songbird

29 novembre 2005

Songbird est une jeune start-up qui développe un lecteur multimédia (comme iTunes) connecté à l’internet (comme iTunes) où les utilisateurs vont pouvoir gérer leur mediathèque et même acheter des nouveaux morceaux musicaux (comme iTunes).

L'interface de Songbird

Jusque là rien de très palpitant, sauf que le Songbird en question est développé avec la technologie XUL. Et là vous me direz : OK et alors ? Ce n’est pas la technologie qui assure le succès d’un produit. Certes, mais quand on y réfléchit un peu, l’utilisation de cette technologie est intéressante à plus d’un titre :

  • les temps de développement doivent être moins long qu’avec des technologies traditionnelles comme C++ (en tout cas à priori, merci de me corriger si je raconte des bêtises) ;
  • l’interface est bien plus légère et simple à faire évoluer (puisque construite avec des CSS et du javascript) ;
  • l’application se connecte pus facilement à l’internet (puisque c’est bel et bien un Firefox qui tourne derrière Songbird) ;
  • les mises à jour sont plus transparentes (en tout cas plus que le couple iTunes / Quicktime qui nécessite le téléchargement de 60Mo après chaque mise à jour mineure).

Bref, tout ça pour dire que même si la technologie ne fait pas tout, il serait intéressant d’étudier ce cas d’école pour avoir un aperçu de ce vers quoi l’informatique grand public va évoluer, à savoir des applications flexibles et connectés. Peut-être un expert peut-il s’exprimer sur XUL et nous donner quelques information supplémentaires… Laurent ? Daniel ?

IE7 et les standards web : un pas en arrière, un pas en avant

21 octobre 2005

Alors qu’en début de semaine l’équipe de développement d’IE 7 demandait à la communauté des développeurs de nettoyer leur feuilles de styles des astuces CSS permettant de contourner les problèmes d’affichage de leur navigateur (ils ne doutent de rien : Call to action: The demise of CSS hacks and broken pages), voici que Microsoft nous apprend que les objets ActiveX seront abandonnés dans IE 7 au profit des objets standards comme XMLHttpRequest : The right way to create an XMLHttpRequest Object. Une intéressante nouvelle, puisque cela va simplifier la mise en oeuvre de services basés sur AJAX.

Mais une nouvelle inquiétante car il semble que Microsoft n’a visiblement rien compris à la vague de fond provoquée par les navigateurs alternatifs Firefox et Opera : ils se comportent encore comme si les utilisateurs du monde entier (et les développeurs) étaient pieds et poings liés à leurs produits et ne pouvaient pas trouver de solutions alternatives. Grave erreur, surtout lorsque l’on apprend que Firefox a dépassé la barre des 100 millions de téléchargement. (merci à Didier pour le lien).

Les temps changent

12 octobre 2005

Oui ma p’tite dame, les temps changent. Quand j’ai commencé à faire des sites web, Microsoft, Netscape et Real se faisaient la guerre, Yahoo! était une start-up à la mode, on se demandait à quoi pouvait bien servir Flash et Apple était 10 pieds sous terre avec ses PowerPC.

Aujourd’hui les concurrents de Microsoft s’appellent Mozilla (sur le marché des navigateurs web avec plus de 15% de parts de marché pour Firefox), Sony (sur le marché des consoles de jeux et plus si affinité), Apple (sur la marché de la musique en ligne), eBay (sur le marché de la voix sur IP avec Skype), Adobe (sur le marché des interfaces riches avec Flash et des alternatives au format PDF avec Metro) et Google (sur plein de marchés et bientôt sur le marché des OS et des applications en ligne).

Mais voilà, une guerre se gagne batailles après batailles. Et pour Microsoft, les ennemis d’hier sont les alliés d’aujourd’hui :

Moi je vous le dis, les temps changent…

Opera 8.5, des idées pour Firefox 1.5

20 septembre 2005

Ça y est, la version 8.5 du navigateur alternatif Opera est sortie et il est gratuit.

Le nouveau Opera

Si j’ai choisi de vous en parler c’est que cette nouvelle version est l’occasion de découvrir un certain nombres de petits détails dont les concepteurs de Firefox devraient s’inspirer :

  1. La présence des icônes de navigation sous la barre d’onglets. Même si cela ne m’avais jamais gêné sur Firefox, cet emplacement est effectivement plus logique car dans l’ordre de lecture les utilisateurs visualisent d’abord le nom de la page puis sont exposés aux fonctions de navigation (’Retour’, ‘Accueil’…). Voir à ce sujet le billet de Scott Berkun : Why I switched to Firefox ;
  2. La corbeille qui permet de récupérer les derniers liens des onglets supprimés. Très pratiques pour compenser les erreurs de manipulation.

Bon par contre, pas d’extensions en vue pour Opera et c’est bien dommage. Je continue donc à utiliser Firefox et attends avec impatience la version 1.5…

Firefox + web 2.0 + Social Network = Flock

15 septembre 2005

Ça y est, je suis perdu ! Alors que la fondation Mozilla nous sort un Firefox 1.5 beta qui plante toutes les 5 minutes (je ne me plains pas, Tristan Nitot avait prévenu), voilà que j’apprends que le browser nouveau est né : Flock.

D’après les auteurs, ce petit nouveau est basé sur Firefox et apporte un certain nombre de nouvelles fonctionnalités comme :

  • Principe de Social Browsing (hum… c’est un truc à la Yahoo! My web 2.0 ?) ;
  • Intégration avec Flickr ;
  • Intégration avec les principaux outils de blog (dotclear sera-t-il dedans ?)…

Tout ça m’a l’air intéressant, mais il parait que l’on peut faire la même chose avec des scripts GreaseMonkey. Plus d’infos ici :

Décidément, le rythme de l’innovation n’est pas près de ralentir.