Archives pour le mois décembre 2011

Mes 12 prédictions pour 2012

Pour la septième année consécutive, comme je l’avais déjà fait en 20062007200820092010et 2011, je vais me prêter au jeu des prédictions. Comme chaque année, je précise que c’est un exercice délicat et que si la démarche vous semble trompeuse / ridicule / pompeuse, vous êtes libre de… ne pas les lire.

Avant de me lancer dans ma liste, passons d’abord en revue ce dont je ne vais pas parler :

  • Pas de prédiction sur les technologies. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur HTML5, sur la 3D, sur NFC… donc je vous épargnerais tout pronostic sur telle ou telle techno.
  • Pas de prédiction sur les services. Là encore, je ne me risquerais pas à prédire la mort ou l’avènement de tel ou tel service. Je me suis fait avoir sur YouTube (mes plus fidèles lecteurs / détracteurs s’en souviennent encore), donc je ne m’y risquerais pas. D’autant plus que j’ai récemment donné mon avis sur Facebook et Google+.
  • Pas d’enfonçage de portes ouvertes. Rassurez-vous, je ne vais pas vous annoncer l’avènement des pratiques mobiles ou sociales, bien au contraire, j’essaye de prendre du recul (cf. L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo).
  • Pas de prophéties apocalyptiques. Je me suis déjà illustré par le passé avec mes articles du type « Pourquoi je ne crois plus en…« , j’ai depuis fait le choix de ne plus m’exprimer publiquement sur la disparition de tel ou tel service. Je vais donc m’efforcer de ne parler que des opportunités pour l’année à venir, pas des risques.

Ceci étant dit, nous pouvons maintenant passer aux choses sérieuses.

1/ L’avènement de la mobilité low-cost

Après plusieurs années de domination sans partage sur les segments des smartphones et des tablettes, Apple ne pourra pas conserver sa position dominante en 2012, surtout au vu du prix de vente des ses engins. Le succès d’Android n’est aujourd’hui plus à prouver, surtout avec la toute nouvelle quatrième version (plus stable, plus rapide, plus riche, et surtout toujours gratuite). Le système d’exploitation de Google est peut-être moins sexy que celui d’Apple, mais l’offre d’entrée de gamme de smartphones est bien plus compétitive (on parle de 700.000 activations de nouveaux combinés par jour), grâce à des industriels puissants comme Samsung, HTC, Motorola ou le chinois ZTE (Ne négligez pas les smartphones low cost). Concernant les tablettes, la concurrence commence enfin à se structurer avec des machines quatre fois moins chères que l’iPad (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle).

Certes, pour le moment les possesseurs de machines Apple dépensent plus que les autres, mais quand les machines propulsées par Android seront 5 fois plus nombreuses que celles tournant sous iOS, le marché va nécessairement se reconfigurer. Par contre ne nous voilons pas la face, cette banalisation des smartphones et tablettes low cost va se faire au détriment de l’uniformité des formats. De ce fait, la fragmentation des écrans et OS va compliquer la tâche des développeurs d’applications, mais elle ravira les annonceurs qui verront se multiplier les opportunités de contact / vente en situation de mobilité.

Fragmentation des formats due à l'arrivée des tablettes low cost

Vos résolutions pour 2012 : Intéressez-vous de très près aux différents formats publicitaires sur terminaux mobiles (dont les bannières interactives tactiles) et anticipez la fragmentation du marché pour rendre disponibles vos contenus / services / offres sur le plus grand nombre de terminaux mobiles.

2/ Le retour de la revanche de la TV connectée

Oui je sais, ça fait trois années de suite que je vous annonce l’avènement de la TV connectée… mais je suis persuadé que 2012 va être la bonne année, non pas grâce à Google TV ou à la future probable Apple TV, mais aux solutions alternatives : les box et les applications mobiles dual screen. Comprenez par là que s’il va falloir de nombreuses années pour remplacer le parc de TV, les opérateurs ne vont certainement pas laisser Free raffler les parts de marché avec sa Freebox Revolution, et proposer à leur tour des box plus intelligentes capables de se connecter au web, d’héberger des applications, voir d’interagir avec des programmes.

Et si ce n’est pas votre box qui va relier les programmes TV au web, alors ce sera votre smartphone / tablette. Le principe du dual screen est ainsi proposé par la chaine US VH1 (la série Grey’s Anatomy dispose même de sa propre appli), de même que par Disney avec ses DVD intégrant le Second Screen.

Profitez encore plus de vos DVD Disney avec les bonus sur votre iPad

Vos résolutions pour 2012 : Étudiez les opportunités offertes par la télévision comme canal de distribution de contenus numériques ou aux applications mobiles pour ajouter une dimension sociale aux contenus (émissions ou publicités).

3/ La montée en puissance des objets connectés

Ça a commencé avec vos chaussures de sport (Nike+), puis avec votre cadre à photo (Pulse), ça va continuer avec votre montre (I’m Watch), votre voiture (Renaut R-Link)… Bientôt, tous les objets de notre quotidien seront connectés, ou connectables (encore une fois au travers de votre smartphone). Ceci ouvre d’innombrables opportunités, mais restreint tout de même la cible aux utilisateurs les plus fortunés, ou à des usages de niche comme le Quantified Self.

Vous avez tout à fait le droit de penser que ces nouveaux objets connectés sont des gadgets, mais bon… il vous suffit d’étudier la proposition de valeur d’objets comme la Little Printer pour vous rendre compte du potentiel disruptif :

Vos résolutions pour 2012 : Voyez dans quelle mesure les objets du quotidien pourraient vous aider à toucher différemment vos clients / prospects.

4/ L’émergence d’offres de cloud pour le grand public

Vote musique est dans les nuages avec Spotify ? Vos photos sont dans les nuages avec Picassa ? Vos notes sont dans les nuages avec Evernote ? Normal, car vous êtes habitué au concept de cloud computing dans votre environnement professionnel. Par contre ce n’est pas encore le cas de vos amis ou de vos parents… Mais ça va changer avec l’arrivée des offres d’ Amazon, Apple ou Google. Ces acteurs sauront trouver les arguments pour séduire le grand public et leur vendre de la portabilité et de l’accès universel aux contenus.

Et nous n’en sommes qu’au tout début de ce que l’informatique dans les nuages peut nous proposer avec notamment les offres de cloud gaming (OnLive) ou d’accomplissements personnels (Do.com, lancé par SalesForce) qui ne tarderont pas à arriver en France.

Vos jeux partout avec vous grâce au cloud gaming

Vos résolutions pour 2012 : Il reste encore de nombreuses places à prendre, ne tardez pas trop ! (heu… vous utilisez déjà des offres cloud dans votre quotidien professionnel, n’est-ce pas ?)

5/ La révolution des ebooks

Si les e-readers se sont largement répandus dans les pays développés (Le marché des ereaders se porte à merveille), le rythme d’adoption en France a été beaucoup plus lent du faite d’un blocus par les grandes maisons d’édition. Mais elles ne décident heureusement pas de tout et le marché s’est ouvert en quelques semaines avec la disponibilité récente de liseuses de très bonne facture (le Kindle chez Amazon, le Kobo à la Fnac, le Cybook de chez Booken pour les librairies indépendantes…). Certes, les ebooks sont encore beaucoup trop chers (le double d’un livre de poche), mais la pression du marché devrait certainement amener le législateur à faire évoluer les lois encadrant le prix des livres.

Dans tous les cas de figure, nous commençons à voir apparaitre des solutions de monétisation alternatives tout à fait intéressantes comme la sponsorisation des liseuses, la location, le free-to-read… Nous sommes encore très loin d’avoir exploré toutes les pistes de monétisation (quid du placement de produits dans les boutiques intégrées ? Quid du brand content ?), et il reste encore à trouver une solution de distribution numérique pour les journaux.

Le Cybook Opus existe en de nombreuses couleurs

Vos résolutions pour 2012 : Achetez-vous une liseuse de dernière génération pour vous rendre compte des progrès réalisés sur l’encre électronique et renseignez-vous sur les formats publicitaires disponibles.

6/ Le consécration des contenus applicatifs tactiles

J’ai dès le départ été séduit par Our Choice et le principe de mélanger du contenu textuel, des photos / vidéos, des animations et des données au sein d’une belle interface tactile. De nombreux éditeurs se sont engouffrés dans la brèche et proposent des produits toujours plus spectaculaires avec l’intégration de dimensions communautaire et pédagogique : Des applications éditoriales toujours plus sophistiquées sur tablettes.

Si jusqu’à présent l’offre se limitait à de beaux ouvrages, ce format hybride offre d’innombrables opportunités pour le secteur pédagogique (auto-apprentissage, formation à distance…) ou plus généralement pour le secteur professionnel (Quels usages pour les touchbooks en entreprise ?). Pour vous en convaincre, il suffit de regarder les dernières publications comme Master Your DSLR Camera.

Vos résolutions pour 2012 : Faites-vous offrir une tablette et expérimentez par vous-mêmes les applications éditiorialisées pour mieux en appréhender le potentiel, notamment pour des webdocumentaires, des bandes dessinées ou du brand content.

7/ De nouvelles expériences de vente en ligne

Suprématie des marketplaces, logistique hyper-optimisée, médias sociaux saturés… 2012 va être une année compliquée pour les e-commerçants devant affronter les mastodontes du secteur (Les géants de l’internet s’affrontent pour imposer leur commerce OS). Pour résumer une longue histoire, trouver un facteur de différenciation est une question de vie ou de mort pour les acteurs du e-commerce (Vers de nouvelles expériences d’achat et de consultation).

Si nous avons déjà commencé à voir des choses intéressantes (A la recherche d’innovations d’usage pour le commerce en ligne), il va falloir pousser la différenciation jusqu’au bout pour espérer sortir du lot : Produits exclusifs, boutiques monoproduit, sites marchands monopage, boutiques en ligne éphémères, boutiques expérientielles…

Vive les boutiques monopage !

Vos résolutions pour 2012 : Passez un peu de temps sur des boutiques atypiques comme CoucouShop pour stimuler votre imagination.

8/ De nouvelles opportunités grâce à Big Data

Pour vous épargner une longue et laborieuse explication, Big Data désigne des ensembles de données tellement gros qu’ils ne peuvent être exploités par les bases de données traditionnelles. Le principe est donc de collecter un très grand nombre de données disparates (de multiples sources et types) afin de trouver des corrélations et d’identifier des tendances et opportunités indécelables avec des bases de données relationnelles classiques. Ce principe s’applique aussi bien dans le commerce en ligne (How Etsy handcrafted a big data strategy), que dans l’immobilier (Trulia Crime Maps Bring Big Data to the Masses), le sport (How Big Data Have Fundamentally Changed Baseball) ou les médias sociaux (Des social graph aux interest graph).

Choisissez votre future maison en fonction des données du voisinage

Vos résolutions pour 2012 : Plutôt que de vous enliser dans le débat technologique (Hadoop ou pas Hadoop ?), intéressez-vous plutôt aux solutions de smart datamining et aux agrégateurs de données comme l’Azure Data Market de Microsoft.

9/ L’unification des pratiques sociales internes et externes

Les pratiques de social marketing et d’Entreprise2.0 ont beaucoup évolué ces derniers temps : plus de maturité, plus de sophistication… Mais cette progression a été menée en parallèle et l’adoption de ces pratiques se fait au travers de services différents au sein des organisations (marketing / communication d’un côté, DSI / métiers de l’autre). La prochaine étape va être de fusionner les pratiques conversationnelles internes et externes grâce au décloisonnement des initiatives et de l’implication d’autres services (Une dilution des pratiques sociales dans l’organisation grâce à la social business unit).

Avec le social business, tous les services sont impliqués : Demystifying Social Business

Certains éditeurs comme SalesForce ou Jive ont déjà commencé l’intégration avec des suites applicatives destinées aussi bien à la collaboration interne qu’au social CRM. Il existe plusieurs termes pour décrire cette réunification des pratiques (Social Business, Social Enterprise…), mais tous parlent bien de la même chose : exploiter la dimension sociale à tous les niveaux de l’entreprise pour en démultiplier l’impact.

Vos résolutions pour 2012 : Lisez le livre sur le social business que je fini de rédiger avec mon collègue Cédric (à paraitre en février 2012)

10/ Le triomphe des marques-médias grâce aux médias sociaux

Utiliser le web comme canal de diffusion du brand content n’a rien de neuf, BMW le faisait déjà il y a 10 ans avec sa série The Hire. Mais ça, c’était avant la naissance de YouTube et Facebook. Aujourd’hui des marques comme Burberry ou RedBull ont abandonné les médias traditionnels pour se concentrer uniquement sur les médias sociaux (Why Burberry Is Much a Media Company then a Fashion Company). Les médias sociaux ont ainsi atteint une taille suffisamment critique pour soutenir une stratégie de marque-média, d’autant plus que ces dernières n’ont maintenant plus besoin d’acheter de la visibilité sur les médias traditionnels, elles peuvent se concentrer sur la  production de leurs contenus. Pour vous en convaincre, regardez le niveau des productions de RedBull.tv (dont certaines sont diffusées sur NBC, CQFD) :

Le portail média de RedBull

Vos résolutions pou 2012 : Même si peu de marques peuvent assumer des productions comme Sexual Snowboarding, il n’est pas trop tard pour commencer à produire votre brand content.

11/ La revanche des environnements virtuels

Il ne se passe pas une semaine sans que j’entende des moqueries sur Second Life. Pourtant je n’ai de cesse de répéter que Second Life est encore ouvert et plus dynamique que jamais (Quel est l’héritage de Second Life ?). Si aujourd’hui l’attention des médias et des annonceurs est braquée sur Facebook, des univers virtuels comme Habbo, Club Penguin, Stardoll ou Moshi Monsters rassemblent des centaines de millions de joueurs (Presque un milliard et demi d’utilisateurs des univers virtuels). Ces jeunes finiront bien par grandir, et ils ne se contenteront pas des plateformes sociales actuelles.

Au-delà de ces univers virtuels « classiques », des environnements virtuels récents comme MinecraftGlitch ou le français Mamba Nation nous prouvent que le secteur innove toujours et que des services comme Turntable ont un réel potentiel disruptif (Why Turntable.fm is the most exciting social service of the year et Why Turntable is the Future of Music). Mais selon moi les choses sérieuses vont commencer avec la sortie de Pottermore, la plateforme virtuelle et sociale autour de l’univers de Harry Potter, qui risque de populariser le concept auprès du grand public (les lecteurs de la saga).

Avec Turntable, vos playlists sont sociales et virtuelles

Vos résolutions pou 2012 : Passez un peu plus de temps sur MarketingVirtuel.fr pour mieux appréhender les opportunités des environnements virtuels.

12/ La chasse aux hipsters avec les applications mobiles de partage de photos

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la compétition entre les applications de partage de photo n’a jamais été aussi forte : Instagram, Path, Color, Hipstamatic, Dotti… Pourquoi une telle compétition ? Pour séduire les hipsters, ces fameux utilisateurs précoces en quête de nouveauté et de différenciation. Même si la population-cible est beaucoup plus restreinte que sur les grandes plateformes sociales, le caractère élitiste de ces services assure aux marques qui l’exploitent une exposition médiatique bien supérieure à l’audience captive. Des marques comme Gucci, Burberry Adidas, RedBull, Starbucks ou encore GE exploitent Instagram pour raconter de belles histoires au travers de photos.

Les marques à l'assaut d'Instagram

Vos résolutions pour 2012 : Installez ces applications sur votre smartphone pour surveiller ce que font les marques et pour admirer les magnifiques paysages de Hervé Bois.

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Voilà, ceci clôture mes 12 prédictions pour l’année 2012. Je vous donne donc rendez-vous dans 12 mois pour faire le point. Dans l’immédiat, j’invite mes confrères blogueurs à publier leurs propres prédictions (sans trop copier s’il vous plait).

Rétrospective sur mes prédictions 2011

Comme je l’avais fait en 20062007, 2008, 2009, 2010, voici la rétrospective de mes prédictions pour l’année 2011. Un exercice hautement périlleux, qui m’a valu de nombreuses railleries, mais qui m’amuse toujours autant. Bref, je vous propose de voir dans quelle mesure mes prédictions pour cette année étaient pertinentes ou non.

1/ Éclatement de la bulle des médias sociaux

2011 aura été une année très faste pour les médias sociaux : beaucoup de croissance, beaucoup d’investissements, beaucoup d’attentes… Force est de constater que nous atteignons un quasi-point de saturation, comme l’a fait remarqué le CEO de Forrester (Social Network Reaching Saturation, Start of a Bubble for Social Starups). Par « nous », j’entends à la fois les utilisateurs, les annonceurs, mais également les prestataires. Très concrètement, nous sommes en plein dans la phase du pic des attentes exagérées. Cela ne veut pas dire que les médias sociaux vont disparaitre ou qu’il va y avoir une explosion de la bulle, mais que le marché va mécaniquement se contracter. Pire : ces attentes exagérées sont également en train de polluer le monde de la mobilité. J’avais à nouveau soulevé ce point en début d’année (2011, l’année de la désillusion ?), et l’évolution du marché m’a donné raison.

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Évitez de sur-promettre à votre hiérarchie et de ne pas concentrer vos investissements / budgets dans une présence Facebook et une application iPhone.

2/ Des applications mobiles aux sites mobiles

Avec la montée en puissance d’Android, la domination du marché des smartphones par Apple est plus que remise en question (il se vend quatre fois plus de terminaux Android que d’iPhone). La fragmentation du marché a donc contraint les éditeurs de contenus et services mobiles à revoir leur approche et opter pour des développements en HTML5 plutôt qu’en langage natif. La réalité est plus complexe et l’environnement évolue très vite, car si en milieu d’année j’étais persuadé que HTML5 s’imposait comme LA référence pour les applications mobiles, aujourd’hui je ne suis plus sûr de rien, car le choix se complique entre application mobile et application HTML5. Certes, les frameworks de développement multi-plateformes comme PhoneGap ou Sencha progressent de jour en jour… mais les éditeurs redoublent d’efforts pour concevoir des applications de plus en plus agréables à utiliser.

Pertinence : Moyenne.

Action(s) à prévoir : Misez sur les deux tableaux en exploitant à la fois des applications natives pour les plateformes mobiles à forte valeur ajoutée et un site mobile pour le reste du marché.

3/ Une réécriture des sites web

Après presque une décennie de stagnation, le HTML a enfin repris sa juste place grâce aux dernières spécifications HTML5 et CSS3. Ceci étant dit, la réécriture des sites web en cette période de crise n’est clairement pas la priorité des marques. Même si nous commençons à voir de plus en plus de mini-sites exploitant HTML5 plutôt que Flash, les techniques de responsive design et autre scénarisation éditoriale ne passionnent que les experts. Il va donc falloir encore attendre avant le démarrage du Grand Chantier de Refonte du Web (je me demande même s’il aura lieu).

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Étudiez quand même de près les possibilités offertes par HTML5 et surtout CSS3 pour améliorer l’expérience de lecture de votre site.

4/ Forte croissance des touchbooks et terminaux alternatifs

Bon… celle-ci n’était pas trop difficile à sortir. Le marché des tablettes est en pleine explosion avec l’arrivée tonitruante du Kindle Fire (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle), et les autres terminaux alternatifs grignotent petit à petit des parts d’audience sur les ordinateurs traditionnels (cf. La fin de l’ordinateur individuel est programmée et Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?).

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : L’iPhone (et dans une certaine mesure l’iPad) est l’arbre qui cache la forêt, essayez dès maintenant de miser sur l’avenir et de vous intéressez de près aux autres types de terminaux (tablettes low-cost, feature phone, TV / cadres à photo / montres / voitures connectées).

5/ L’internet s’invite dans le salon

Voilà deux années que j’annonce l’avènement de la TV connectée. Si Google TV n’est clairement pas encore présent sur le marché français, il faut néanmoins surveiller ce que proposent les box, et plus particulièrement la Freebox Revolution qui permet d’accéder à Twitter et Facebook (entre autres). Mais ça reste tout de même relativement anecdotique.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Allez faire un tour dans l’application store de votre Freebox.

6/ Premières expériences de rich commerce mobile

Les smartphones sont incontestablement un levier d’innovation et de transformation très puissant. Si leur intérêt n’est plus à prouver dans un contexte marchand, les interfaces riches pour les boutiques mobiles sont loin d’être une réalité (euphémisme). Il existe des applications marchandes très intéressantes pour les touchbooks (Le rich commerce à l’assaut de l’iPad et Du renouveau des bannières interactives sur les supports tactiles), mais pas grand-chose pour les smartphones.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Surveillez de très près les applications marchandes tactiles éditorialisées comme celle de Zappos.

7/ Le point de bascule pour le cloud computing

J’ai tellement entendu parler du cloud computing cette année que je ne suis pas certain que le grand public comprenne vraiment de quoi il s’agit (Définition et usages du cloud computing). Je pense ne pas me tromper en disant que les mentalités autour du cloud computing ont beaucoup changées dans le monde de l’entreprise et que les IT managers sont maintenant conscients des opportunités que ces solutions offrent. Pour le grand public, les premières offres commencent à voir le jour chez Google, Amazon, Apple… mais le déploiement en Europe est plus lent que prévu.

Pertinence : Moyenne.

Action(s) à prévoir : Essayez de voir dans quelle mesure votre marque peut être adossée à une offre cloud.

8/ Un renouveau des contenus 3D

Avec la sortie du la dernière version de Flash, beaucoup de choses ont changé (Flash Player 11 inaugure une nouvelle ère pour le web 3D et Le B A BA de la 3D dans Flash). Même si l’adoption n’est pas flagrante, nous commençons à voir des innovations tout à fait intéressantes : Les domaines d’application de la 3D pour le web. Il n’empêche que produire du contenu 3D est plus complexe et coûteux que du contenu traditionnel, de ce fait l’impact est encore limité, mais le renouveau est bien là. D’autant plus quand vous associez des contenus 3D à des services reposant sur des imprimantes 3D (Concevez votre robot en 3D avec WebGL).

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Étudiez dès maintenant les solutions de valorisation de vos produits (vue 360°, configurateur 3D, réalité augmentée…) et réfléchissez à la meilleure façon d’introduire une troisième dimension dans votre univers de marque.

9/ Une identité numérique pour tous

L’identité numérique n’est pas un sujet qui passionne les foules. Il n’y a guère que Jean-Marc Manach pour se soucier des problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée. Quel dommage, car le sujet est extrêmement sensible, beaucoup trop sensible pour laisser une startup d’à peine 3000 personnes (financée par des capitaux russes) gérer votre identité numérique à votre place.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Évaluez de façon précise quelle est votre dépendance à Facebook, et trouvez des solutions pour la réduire.

10/ Tous des hackers

J’avoue avoir péché par optimisme de penser que le grand public pouvait se trouver une passion dans la bidouillabilité (visiblement les consommateurs préfèrent manger au menu plutôt qu’à la carte). Pourtant le mouvement Open Data à l’air de bien prendre en France… Qu’à cela ne tienne, je reste persuadé qu’il est primordial d’enseigner à nos enfants que l’on peut toujours remettre en question l’ordre établi (12 Year Old Iphone App Developer Gives TED Talk et Teach Your Kids How To Code, Not How To Speak Chinese).

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Voyez dans quelle mesure vos services en ligne pourraient être exploités au travers d’APIs, ou comment vous pourriez exploiter les APIs des autres.

11/ Plus de gameplay dans notre quotidien

La gamification est incontestablement l’un des buzzword de l’année 2011 (avec le Quantified Self). Malheureusement, à force d’en servir à toutes les sauces, la confusion s’installe (Gamification Becomes MainstreamLes illusions de la gamification et Gamification is not Game Design). Qu’importe, les fondamentaux de cette pratique restent valides.

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Envisagez votre stratégie de fidélisation ou de conquête sous un angle plus ludique que les coupons de réduction.

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Mes prédications pour l’année à venir sont déjà prêtes dans ma tête, donc je devrais les publier d’ici à la fin de la semaine.

Mes 3 sites coup de coeur (Décembre 2011)

Noël approche, mais je ne change rien à mes habitudes (quoi que pas tout à fait). Voici donc ma sélection de sites mensuelle.

Commençons avec H.J. Mews, une boutique d’accessoires pour chats :

La page d'accueil de H.J. Mews

J’ai tout de suite été séduit par les couleurs en rupture avec celles qui sont habituellement utilisées sur le web. J’apprécie également les petits raffinements graphiques omniprésents sur cette page comme les bordures des photos ou du panier dans le header, le logo qui déborde sur le bandeau supérieur ou le séparateur de pied de page. Vous noterez également l’utilisation d’une police spéciale pour faire ressortir l’accroche en haut de page ainsi que certains titres. J’adore enfin le soin apporté aux descriptions courtes des produits : elles sont riches, variées et bien formulées. Bref, une boutique qui sort de l’ordinaire pour des produits pas ordinaires.

Poursuivons avec Sweet Hat Club, le club des porteurs de chapeaux :

La page d'accueil du Sweet Hat Club

Une page à la grille de lecture parfaitement marquée avec des unités d’information bien découpées. Certes, ça fait beaucoup de boites,mais comment se lasser de ces cadres façon Polaroïd ? J’aime également la position centrale du logo (une figure de style largement sous-estimée), le contraste intéressant entre le fond de page et les têtières, le rendu sépia des photos ainsi que l’utilisation d’une police de caractère spéciale. Vous noterez que la construction même de la page oeuvre fortement pour concentrer l’attention sur le logo en position centrale avec les deux flèches qui l’encadrent et le choix d’une mise en page à deux colonnes qui coupent la page en deux et fait immanquablement remonter l’oeil vers le logo. Au final, nous avons un site sans prétention, mais qui fonctionne parfaitement bien.

Terminons avec Rice Bowl, une organisation caritative :

La page d'accueil de Rice Bowl

Une page à très fort contraste pour faire ressortir le carrousel central, mais qui véhicule également une ambiance rassurante (jaune + brun = stabilité, confort, sécurité). La texture du bandeau qui porte le logo tranche avec le traitement très sobre du reste de la page, les illustrations sont également très simples, mais parfaitement lisibles. Bon par contre, je reste sceptique quand à la prolifération des styles de typo : gras/maigre, majuscules/minuscules, droit/italique… tout ça est un peu trop chaotique à mon goût et mériterait une harmonisation. Ceci étant dit, le résultat final n’en reste pas moins très réussi et véhicule parfaitement le message.

Puisque c’est bientôt Noël, je vous propose exceptionnellement une quatrième sélection qui me laisse perplexe. Il s’agit de la toute nouvelle page d’accueil du magazine Inc., réputé pour la sobriété de son site web et qui a encore accentué le trait.

La page d'accueil du magazine Inc.

J’ai toujours été un grand fan des mises en page allégées et du minimalisme, mais là… je trouve qu’ils y sont allés un peu fort. Certes, ce site propose une lisibilité maximale avec une très grande cohérence dans les traitements graphiques, mais quand même… toute cette sobriété ne nuit-elle pas au site ? Avouez que vous aussi vous avez envie de vous pendre, non ? Le site du NYTimes propose également une charte ultra sobre, mais avec un minimum de couleurs, alors que là… Bref, n’hésitez pas à me donner votre avis.

Compte-rendu et bilan LeWeb11

Déjà le troisième de la conférence LeWeb’11 à Paris (cf. mes comptes-rendus des jour 1 et jour 2). Ce dernier jour commence très TRÈS fort avec la remarquable intervention de Yossi Vardi, un personnage complètement loufoque qui a pris un malin plaisir à démystifier le monde des startups et des VCs (visiblement le public a beaucoup apprécié).

Stratups et mastodontes se succèdent dans la salle de conférence

Je n’ai pas vraiment le courage de vous faire un compte-rendu détaillé des conférences, aussi je vous propose un résumé très court et un lien vers ceux qui ont eu plus de courage :

Comme toujours, j’ai vraiment été impressionné par l’envergure des intervenants à cette conférence, même si je regrette que tous n’ont pas forcément joué le jeu de la transparence (gros carton rouge à Google, dont je parle dans la suite de l’article). La plupart des interventions sont disponibles sur la chaine YouTube de LeWeb.

Résultats du concours de startups

LeWeb est un gros rassemblement d’entrepreneurs, mais c’est également la très prisée Startup Competition dont voici les lauréats :

  • Beintoo, une plateforme de gamification qui permet de découvrir de nouvelles applications mobiles et de convertir vos points en coupons de réduction ;
  • HeyCrowd, un service de sondages à la sauce sociale ;
  • Babelverse, une plateforme de mise en relation de traducteurs et de clients (organisateurs de conférence…) ;
  • Echoer, une application mobile de partage de pensées de proximité qui a remporté le prix du public.

Pour retrouver les pitchs des startups ayant participé à cette compétition, sachez qu’il existe une chaine YouTube.

Bilan des trois jours

Voilà, c’est déjà la fin de cet évènement, et l’heure pour moi de dresser un petit bilan de ce que j’ai retenu :

  • Où est le Lo de SoLoMo ? Ce sont incontestablement les volets mobiles et sociales de SoLoMo qui ont dominé ces trois jours, beaucoup plus que le volet local qui reste encore minoritaire. Ceci étant dit, l’écosystème de l’internet et des startups est loin de se résumer à ces trous aspects. J’ai ainsi eu l’occasion de partager avec celles et ceux que j’ai rencontrés sur place mon concept de ToDaClo (Touch + Data + Cloud) qui me semble plus en phase avec les forces disruptives de l’année 2012.
  • Pourquoi ce silence de Google ? Je sais bien qu’il n’est jamais évident de synchroniser des annonces avec un gros évènement public comme LeWeb, mais la plupart se sont prêtées à cette exercice… sauf Google qui a eu droit à deux interventions de représentants prestigieux qui ont complètement occulté les annonces faites en cette fin de semaine (nouvelles fonctionnalités pour Google+ et intégration plus poussée dans Gmail, lancement de Currents). Je ne sais pas trop comment interpréter ces non-annonces, si ce n’est que Google est maintenant une grosse société où l’information et les pouvoirs sont éparpillés.
  • Il y a une vie (sociale) en dehors de Facebook. Les différentes startups qui se sont succédé sur scène sont là pour nous prouver que les médias sociaux ne se résument pas à Facebook et qu’il existe de nombreuses autres plateformes d’envergure (Twitter, Badoo, LinkedIn) ou plus sélectives (Foursquare, Instagram…).
  • La gratuité n’est pas un pré-requis. Contrairement à beaucoup de startups qui se lancent sans modèle économique (et espèrent en trouver / imposer un par la suite), les exemples de Path ou Evernote nous prouvent qu’il est tout à fait possible de proposer une offre payante dès le 1er jour et commencer à dégager des revenus (souvenez-vous de Flickr également).
  • De l’importance d’avoir une vision. De nombreux intervenants ont insisté sur la notion de vision, de vision à long terme. Tous mettent ainsi en garde les entrepreneurs souhaitant faire un coup rapide en copiant / important un modèle ou en faisant grossir une plateforme sociale la plus vite possible dans l’espoir de la revendre. Avoir une vision précise vous permet d’expliquer beaucoup plus facilement l’intérêt et le potentiel de votre projet, cela vous donne également une direction qui vous évitera de vous perdre en route.

Je précise que ces enseignements sont le reflet de mon ressenti sur ces trois jours, mais qu’il y a autant d’interprétations que de participants. Dans tous les cas de figure, je n’ai définitivement pas perdu ces trois jours passés en immersion dans le monde des startups et de la Silicon Valley. Vivement l’édition 2012 !

Compte-rendu LeWeb11 – Jour 2

Second jour de la conférence LeWeb’11 à Paris avec une nouvelle série de speakers internationaux (bon OK, surtout américains) sur la scène.

AirBnB

Brian Chesky, le fondateur de Airbnb, un service de location de propriétés en mode P2P :

  • Un service qui a pratiquement commencé avec du couch surfing et qui propose maintenant à la location des villas de luxe, des châteaux et même des îles privées ;
  • Ils ne font pas de publicité et se repose uniquement sur le bouche-à-oreille ;
  • Un service très populaire aux USA et en Europe (8.500 propriétés à louer à NY pour un revenu moyen de 5.400$ / an) ;
  • Depuis l’année dernière, le service a été étendu à d’autres types de propriétés (parkings, bateaux…) ;
  • Ils ont un retour très positif des commerçants et restaurateurs qui sont dans les zones où beaucoup d’appartements sont à louer (c’est la partie « Local » de SoLoMo) ;
  • Ils ont déployé de nouvelles règles pour sécuriser les locations et éviter qu’un incident comme celui survenu cet été se reproduise (une utilisatrice s’était fait saccager son appartement par un hôte peu scrupuleux) ;
  • Pendant la première année d’existence du service, le fondateur n’avait pas d’appartement où dormir, il a donc utilisé son service pendant un an et bouger d’un appartement à l’autre (« Quand vous achetez un iPhone, Steve Jobs ne vient pas vérifier personnellement si vous êtes satisfait« ) ;
  • Ils ont monté un réseau de 2.000 photographes pour valoriser les biens (accessoirement des clients du service) ;
  • pour 2012 ils vont travailler sur un mécanisme de recommandation, sur une intégration plus poussée avec les médias sociaux et sur l’internationalisation (67% des transactions sont fait en dehors des US).
Le fondateur de AirBnB à LeWeb11

Evernote

Phil Libin de Evernote, le service de partage de notes :

  • Nouveau partenariat avec Orange : les clients vont bénéficier d’un accès premium pendant un an (à partir de mi-2012) ;
  • Leur ambition est de pouvoir sauvegarder la mémoire des utilisateurs et d’être considérer comme l’outil ultime des modern workers, pour cela ils ont besoin de gagner la confiance des membres ;
  • Croissance très rapide avec 20 M d’utilisateurs (pour 750.000 utilisateurs clients) par croissance organique (pas de publicité) ;
  • Un service très addictif : le taux d’abonnement à la version premium augmente de façon exponentielle avec l’ancienneté des utilisateurs ;
  • Ils ont lancé des applications dédiées sur l’art culinaire (Food) ou les rencontres (Hello), les documents (Peek)…
  • L’application Evernote Hello se positionne comme un complément aux réseaux sociaux.
Le fondateur de Evernote à LeWeb11

Microsoft

Chris Capossela, du Consumer Channels & Central Marketing Group de Microsoft à propos de Windows Phone et de la XBox :

  • Beaucoup d’innovation cette année des développeurs avec le SDK Kinect (cf. Kinect Effect) ;
  • Ils ont écoulé 57 M de consoles capables de connecter autant de TV à l’internet ;
  • Très grosse communauté de 35 M de joueurs avec un compte XBox Live (ils viennent de lancer une application compagnon pour Windows Phone et iOS) ;
  • Ils ont fait de la XBox autre chose qu’une console de jeux avec de nombreuses applications de divertissement (ex : Netflix…) ;
  • Ils viennent d’annoncer le Windows Store pour Windows 8 et d’en donner de nombreux détails (cf. Win 8 app store revealed: more money for devs, beta in late February) ;
  • L’interface Metro assure une cohérence sur les différents terminaux (smartphone, tablettes, ordinateurs et XBox) ;
  • Leur stratégie sociale s’articule autour de Skype et du partenariat Facebook / Bing (ndr : MSN est le troisième média social le plus populaire en France).
Le responsable des produits grand public de Microsoft à LeWeb11

7 principes d’innovation

Carmine Gallo, l’auteur de “Innovation Secrets of Steve Jobs” :

  1. Faites ce que vous aimez. « Ça ne m’intéresse pas d’être le plus riche du cimetière« , « Vous ne pouvez pas inspirer les autres si vous n’êtes pas inspiré, passionné » ;
  2. Ayez une vision précise (qui est différent d’avoir une mission). « Les meilleures visions sont simples, mais vastes » ;
  3. Redémarrez votre cerveau. « La créativité consiste à connecter des choses entre elles » ;
  4. Apprenez à dire non (pour ne pas se perdre en route et rester concentrer sur l’essentiel). « L’intuitivité découle de la simplicité« , « Less is more » ;
  5. Créez des expériences exceptionnelles les Apple Stores ont été inspiré par les hôtels Four Seasons : on y trouve un bar et un concierge) ;
  6. Maitrisez le message. « Votre idée ou vision ne compte pas si vous n’êtes pas capable de la transmettre« , « Le cerveau ne s’intéresse pas aux sujets ennuyeux » ;
  7. Vendez du rêve, pas le produit (fonctionne aussi avec « Vendez les bénéfices, pas les fonctionnalités« ).

Le mot de la fin « Dream BIGGER« .

Mr Gallo sur la scène de LeWeb11

Google

Marissa Mayer de Google à propos de leur stratégie SoLoMo :

  • Son nouveau poste l’amène à travailler sur tous les produits locaux (Maps, Local, Latitude, Places, Deals…) ;
  • Ils vont lancer la semaine prochaine des coupons de réduction liés aux checkins dans Google+ ;
  • L’application de cartographie est réellement centrale dans les usages des produits Google (sur mobile ou ordinateurs fixes) ;
  • ils ont appris des erreurs faites avec Wave et Buzz (sur-promettre et respect de la confidentialité) ;
  • L’écoute est essentielle pour bien comprendre les attentes et contraintes des utilisateurs (et des équipes internes) ;
  • Avec leur algorithme d’optimisation d’itinéraire dans Google Maps, ils font économiser deux ans à leur utilisateurs tous les jours.
Marissa Meyer de Google à LeWeb11

Forrester

George Colony de Forrester Research à propos des trois « tempêtes sociales » :

  1. La mort du web, avec la comoditisation de la puissance, de la capacité de stockage, de la bande passante… avec la montée en puissance des terminaux connectés et du cloud computing  ;
  2. La saturation sociale, avec le plafonnement de l’attention (le temps disponible des utilisateurs) et du nombre d’utilisateurs (ils ont quasiment tous été convertis) qui va mener vers l’éclatement de la « bulle sociale » et nous conduire à une ère « post-sociale »
  3. L’appropriation par les entreprises, en tant que marques (social marketing, social crm) et/ou qu’employeurs (social software).
Le patron de Forrester à LeWeb11

Impossible d’assister au reste des conférences car j’avais des personnes à rencontrer.

L’après-midi était réservé à des conférenciers d’horizons plus diversifiés pour inspirer l’audience. Des contraintes d’agenda m’interdisent également d’y assister. Par contre je serais ce soir à la soirée officielle où j’aurais l’occasion d’écouter pour la première fois un DJ de renom…

La suite demain…

Compte-rendu LeWeb11 – 1er jour

Comme chaque année durant la première de décembre, Paris accueille la crème de la Silicon Valley et du monde de l’internet à la conférence LeWeb. Comme chaque année, l’évènement est toujours plus important avec près de 3.500 participants et plus de 60 nationalités représentées (cf. LeWeb en quelques chiffres).

Quelques chiffres sur la conférence LeWeb

La conférence se déroule sur 3 jours, et la première journée s’annonce très riche en annonces et en vision. La thème de cette année est l’internet SoLoMo (Social + Mobil + Local), je dois bien avouer avoir été taquin sur cette thématique : L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo.

Arrivé le premier jour à 8h, je m’installe donc tout naturellement dès l’ouverture aux tables de la salle de conférence (la délégation québécoise était déjà là).

Les québécois se lèvent tôt !

Conférence d’ouverture – Karl Lagarfeld

LeWeb11 public
Salle comble pour la conférence d'ouverture

Les plus grandes personnalités de la Silicon vont se succéder sur scène ce matin, les participants sont donc venus en masse dans la grande salle de conférence.

LeWeb11 Lagarfeld
Karl Lagarfeld interviewé par Loic Lemeur et Manuel Diaz

La journée démarre doucement avec un invité de marque (Karl Lagarfeld) venu amuser la galerie et insuffler de la créativité dans ce monde de 0 et de 1 :

  • Il est venu avec ses 4 iphones et une partie de sa collection d’iPod (il en possèderait une trentaine) ;
  • Il nous montre des photos sur son iPad et une vidéo qu’il a réalisée pour Channel ;
  • L’interview avec Loic Lemeur est un peu décousu du fait de la personnalité de Karl Lagarfeld, il nous gratifie tout de même d’un auto-portrait ;
  • Nathalie Massenet de Net-a-Porter monte sur scène pour annoncer le lancement d’une mini-boutique Karl sur le site ;
  • Il ne tolère pas la banalité et est persuadé qu’une chemise blanche avec une veste noire est à la portée de tous (merci pour le conseil).

Uber, Soundtracking, Path, Flipboard et TaskRabbit

Les conférenciers se succèdent dans le reste de la matinée avec plusieurs start-up venues présenter leur projet :

  • Travis Kalanick de Uber, une application mobile et un service de chauffeur personnel. Cette application est en concurrence avec les services de « limo » (les taxis premium) depuis l’année dernière aux USA, ils ont lancé le service à Paris cette semaine et devraient continuer leur expansion européenne (comptez 120€ pour un trajet Paris / CDG).
  • Steve Jang de SoundTracking, une application mobile sociale qui mélange partage de photos, de lieux  et de playlists. L’application est en fait une sorte de mashup d’autres services (iTunes, Twitter, Foursquare…) et rajoute régulièrement d’autres services (Spotify, Rdio, Google Music…). Il considère la musique comme un véhicule universel de sociabilisation, nous n’avons donc pas fini d’en entendre parler.
  • Dave Morin de Path qui a fait un retour fracassant la semaine dernière avec la V.2 de son application mobile de lifelog qui permet de partager son quotidien avec un nombre limité de contacts. Il définit son application comme un service personnel et non social, du fait de la limitation à 150 personnes. Il ont travaillé plus de six mois concevoir une interface réellement différenciante. Il confirme que le développement sur iOS est plus simple que sur Android (à confirmer), mais que l’iTunes Store est plus contraignante (pas la peine de confirmer). Facebook et sa plateforme ont grandement facilité le développement d’application sociales nécessitant le nom, la photo ou la localisation des utilisateurs.
  • Mike McCue de Flipboard, une application mobile de consultation d’informations. Ils ambitionnent de faire de leur produit le remplaçant du magazine en proposant une expérience de lecture plus confortable et plus sociale pour l’iPad. Ils viennent juste de lancer la version iPhone et vont maintenant s’intéresser à Android.
  • Kevin Rose, le créateur de Digg, venu présenté Milk, une sorte de mini-incubateur pour des applications mobiles innovantes.

Déambulation aléatoire et m-commerce chez Voyages-SNCF

La pause-déjeuner à été l’occasion de saluer un certain nombre de connaissances et de rencontrer de nouvelles personnes. J’ai été enchanté de croiser J.M Billaut par l’intermédiaire d’un robot Jazz de chez Gostai (cf. Les robots sont-ils l’avenir de la téléprésence ?). Quel dommage par contre qu’il ne soit pas à la taille des adultes (le robot, pas JM).

JM Billaut à LeWeb par l'intermédiaire d'un robot de téléprésence

Les équipes de Voyages-SNCF avaient réservé une salle pour Yves Tyrode, le DG, venu présenter leur stratégie SoLoMo et partager un certain nombre de chiffres sur leur plateforme de m-commerce :

  • Pour mémoire, VSC réalise un C.A. annuel de 3 MM € avec 55 millions de billets de train vendus dont 1/3 de billets dématerialisés ;
  • Leur approche du m-commerce est holistique avec 6 applications mobiles (iOS, Android, Blackberry, Windows Phone, Symbian, Badda) ET une web app en HTML5 (comme ça tout le monde est servi, même les feature phones) ;
  • 73% du C.A. se fait sur iPhone, Android à la traîne avec 12% (équilibrage prévu en 2012-2013) ;
  • 51% des achats la veille du départ se font sur mobile ;
  • 15% des ventes mobiles se font sur iPad (ceci apporte de l’eau à mon moulin à propos du couch commerce).
Yves Tyrode présente la stratégie SoLoMo de Voyages-SNCF

L’infographie utilisée pour cette conférence est disponible ici : Voyages-SCNF – SoLoMo.

À peine la présentation est-elle terminée que les conférences reprennent en salle principale.

Google

Eric Schmidt de Google sur la scène de LeWeb'11

Erich Schmidt de Google est sur scène avec Loic Lemeur pour faire la démonstration de nouveaux services sur Android 4.0 :

  • Widgets et écran d’accueil personnalisable, effets spéciaux sur le chat vidéo ;
  • Prise de photo en mode panoramique (réalisée sur une tablette propulsée par la dernière version d’Android) ;
  • Partage de fichiers, de contenus et d’applications de proximité avec NFC (Android Beam), nombreuses possibilités avec les jeux.

À propos de l’innovation et des changements sociétaux :

  • Les médias sociaux ont participé de façon active à la chute de dictateurs, contribuant ainsi à un monde meilleur ;
  • Le monde réel et numérique se complètent parfaitement avec ce que les humains font bien (intuition, créativité) et ce que font les ordinateurs font mieux (calculs, automatisation, mémorisation) ;
  • Il est plus facile de démarrer une révolution que de la compléter ;
  • Il est crucial pour la Silicon Valley d’être en concurrence avec d’autres pôles de compétitivité / créativité pour progresser (d’où leur investissement dans un centre de R&D à Paris, entre autre) ;
  • L’accès à internet en haut débit (fixe et mobile) est essentiel à la créativité, ça sera la principale source de croissance en Europe.

Badoo

Andrey Andreev de Badoo sur la scène de LeWeb'11

Andrey Andreev de Badoo, un réseau social trop faiblement médiatisé par rapport à son nombre d’utilisateurs (plus de 130 millions) :

  • Un réseau social très rentable avec des revenus annuels supérieurs à 150M$ ;
  • Le réseau s’appuie sur son application mobile et la notion d’interactions de proximité (principalement orienté vers de la rencontre) ;
  • Le gros des revenus provient du placement (payant) de votre profil en haut de la liste de résultat (l’équivalent des AdWords, mais pour de la drague) ;
  • Pour le moment, ils sont concentrés sur leur stratégie de croissance, notamment en Amérique du Sud et en Europe.

Facebook

Joanna Shields de Facebook sur la scène de LeWeb'11

Joanna Shields de Facebook Europe :

  • Ils viennent d’organiser un Facebook Garage à Paris qui a été un grand succès ;
  • Elle annonce le lancement du bouton « Subscribe » à installer sur votre site pour s’abonner aux publications d’un membre ;
  • Gros succès pour les applications de social news comme celle du Guardian (4 M d’installations) ;
  • Aucune indication particulière sur les nouveautés attendues (Timeline, nouvelles pages pour les marques, project Spartan… ou l’IPO) ;
  • la dimension locale est essentielle pour eux, car de nombreuses interactions sociales sont encrées dans le voisinage (amis, relations ou commerçants).

Deezer

xx sur la scène de LeWeb'11

Axel Dauchez de Deezer à propos du partenariat avec Orange et Facebook :

  • Un service de streaming musical asse jeune (seulement 4 ans d’existence), mais qui parvient à tirer son épingle du jeu puisqu’ils sont rentables et en croissance (50 M$ de revenus en 2011) ;
  • Ils ont décidés de ne pas se lancer sur la marché US car la concurrence est trop féroce et préfèrent se concentrer sur les smartphones (lancement en Europe et en Russie d’ici la fin de l’année) ;
  • Entre les smartphones et Facebook, il pense avoir une solution au piratage – l’important n’est pas la possession (des fichiers MP3), mais l’accès ;
  • Ils n’ont pas l’ambition de changer le monde, mais d’être là où le monde va changer.

Foursquare et Instagram

Dennis Crowley de Foursquare à propos de son service de géolocalisation :

  • Bonne progression du service : 15M d’utilisateurs, 4M de checkins par jour pour 30M de lieux, 50% des usages se font en dehors des US, 600.000 services exploitent les APIs ;
  • Ils sont en train de se transformer en un guide touristique social (se rapprochant ainsi des city guides) ;
  • Lancement la semaine dernière du bouton « Save to Foursquare » pour lier le monde physique du monde digital (à ne pas confondre avec le monde virtuel) ;
  • Leur prochain défi : les recommandations personnalisées.

Kevin Systrom d’Instagram à propos de son service de partage de photos sur smartphone :

  • Une croissance impressionnante en un peu plus d’un an d’existence (14 M d’utilisateur, 60 photos partagées par seconde, 10 employés) ;
  • Deux personnes travaillent à plein temps sur la version Android de l’application ;
  • Le site web « officiel » devrait également bientôt voir le jour (il n’existe que des sites officieux comme Webstagram) ;
  • Pour le moment, ils se concentrent sur la croissance de la base d’utilisateurs, la publicité sous forme de bannières n’est pas envisagée, mais de nombreux annonceurs sont déjà présents (comme Audi ou Burberry).

Interview de Jeremiah Owyang pour finir la journée

Michelle Blanc, Jeremiah Owyang et votre serviteur

Dans la fin de l’après-midi j’ai eu la chance de pouvoir faire une courte interview vidéo de Jeremiah Owyang (le pape des médias sociaux) avec Michelle Blanc :

  • Au sujet de la légitimité des départements marketing pour prendre en charge les médias sociaux : « Quels départements sont les plus légitimes pour s’occuper de l’email au sein d’une organisation ? » C’est une responsabilité qui est majoritairement attribuée au marketing, à la communication, mais également au RH ou au service client, avec une participation récemment d’autres départements comme la distribution (ex: Renault avec son réseau de concessionnaires) ;
  • Les services de social scoring comme Klout sont intéressants, mais ils mesurent principalement l’activité (le bruit que vous générez) et pas forcément les aspects positifs ou négatifs, donc ils ne peuvent être utilisés seuls ;
  • Les entreprises s’équipent en priorité de solutions de monitoring, mais ne sont pas encore bien au fait de ce qu’il est possible de faire en matière de social CRM et du potentiel derrière l’intégration de données en provenance des médias sociaux dans la base CRM ;
  • À propos du ROI des médias sociaux : « Quel est le ROI du téléphone ou de l’email ? » ;
  • Les KPIs d’engagement sont intéressantes, mais l’important ce sont les KPIs en rapport direct avec l’activité (ayant généré une vente ou un contact), et pour cela il faut nécessairement demander aux clients quel rôle ont joué les MS dans leur expérience d’achat ou de service.

La vidéo est disponible ici : Jeremiah Owyang interviewé par Michelle Blanc et Fred Cavazza.

La suite demain…

L’actualité de mes autres blogs (novembre 2011)

Comme à chaque début de mois, je vous propose un récapitulatif des articles qui ont été publiés sur mes différents blogs le mois précédent.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité IT et business en anglais sur mon blog Forbes :

Et tant que j’y suis, je vous recommande également la lecture des articles de mes associés Cédric et Romain :

La suite le mois prochain.