FredCavazza.net

Cannonball Run + LifeStream = Boxer4Racing

6 mai 2008

Connaissez-vous la célèbre course Cannonball Run ? Mais si enfin, cette course illégale un peu folle qui consiste à traverser les États-Unis en un minium de temps (il y a même eu un film). Cette course légendaire (qui a fait l’objet d’un article récemment publié dans le Wired Magazine) est maintenant devenue illégale, mais elle a refait surface sous la forme d’une compétition plus officielle : One Lap of America.

Bref, il n’est fallait pas moins pour mettre sur pied une opération u peu folle qui consiste à retransmettre sous forme de lifecast cette épreuve : Have Car, Will Drive. Have Internet, Will Stream. La retransmission a débutée ce WE sur UstreamTV et se prolongera encore tout la semaine : Boxer4Racing.

Ustream1Lap.jpg

Bon… il faut bien avouer que l’on est très loin de l’esprit rebelle de l’édition originale, mais l’expérimentation est originale et mérite en tout cas l’attention des sponsors.

Mais tout ceci ne doit en aucun cas pas vous faire oublier la retransmission live de la conférence Webcom Montréal 2008 qui se déroulera la semaine prochaine à Montréal : webcom Montréal annonce un partenariat avec VidéoPresse.

Live Mesh = Software + Service + Synchronisation + …

23 avril 2008

Microsoft a présenté hier un nouveau service : Live Mesh. N’allez surtout pas croire qu’il s’agit d’un banal service de synchronisation de vos fichiers car c’est en fait bien plus que cela.

Pour faire simple, Live Mesh est une plateforme qui sert à relier entre eux des terminaux, services et données. Donc vous pouvez logiquement vous dire que cette plateforme regroupe des services comme SkyDrive, FolderShare ou encore Live Spaces. Oui… et non ! Car ce projet est bien plus ambitieux, il est le résultat de deux années de travail d’une équipe assez conséquente et est surtout le concrétisation de la vision de Ray Ozzie (le Chief Architect de Microsoft) : le web comme un épine dorsale de votre expérience sociale numérique. Plus d’infos ici : Ten things to know about Microsoft’s Live Mesh et Live Mesh: First Look at Microsoft’s New Platform.

LiveMesh.png

Concrètement, Mesh va vous servir à plusieurs choses :

  • Synchroniser des données entre plusieurs terminaux. Admettons que vous preniez une photo avec votre téléphone, cette photo va être immédiatement rendu disponible sur votre ordinateur, sur votre Xbox, sur votre page Live et même sur votre page Facebook. Encore plus fort, elle pourra également être distribuée à différents groupes en fonction de règles et autres permissions.
  • Synchroniser des données entre plusieurs services. Reprenons l’exemple de la photo publiée un peu partout. Si un commentaire est publié sur Facebook, il sera immédiatement récupéré et re-publié sur les autres services où la photo est disponible.
  • Gérer l’accès hors-ligne et la resynchronisation. Admettons que vous perdiez votre connexion sur votre ordinateur portable et que vous fassiez une modification à cette photo, dès que vous êtes à nouveau connecté, la photo est mise à jour partout là où elle a été publiée.
  • Gérer le paramétrage et la mise à jour des applications. A partir du moment où vous connectez un service ou une application à Mesh (ils appellent ça une application “mesh-aware“), la plateforme se charge de le/la transformer en une sorte de widget qui va pouvoir échanger des flux d’information avec la plateforme (à la fois des flux d’information mais également des flux applicatifs).

Heu….

Quoi ?

Comment ?

Oui vous avez bien lu : gérer l’accès hors-ligne, la resynchronisation, le déploiement et la mise à jour. En d’autres termes, Mesh n’est ni plus ni moins qu’une authentique révolution, l’équivalent de la Facebook Platform mais en bien plus puissant.

Reprenons depuis le début :

  • Synchronisation des données entre plusieurs terminaux (Windows dans un premier temps puis Mac et cie par la suite). Pour moi il s’agit d’un pied de nez aux services de stockage en ligne du type Data on the Cloud (Google Apps, Gdrive…). Pour plus de précisions, je vous recommande ce billet qui parle de la vision du cloud computing de Google : Kai-Fu Lee on Cloud Computing. Et si vous êtes en forme, allez donc voir ce qui se prépare du côté de Mozilla Weave.
  • Gestion du déploiement des applications sous forme de pseudo-widgets et de la synchronisation des données. Chez moi on appel ça un concurrent direct de OpenSocial.
  • Gestion du mode hors-ligne et de la resynchronisation. Pour moi nous sommes en présence d’un concurrent des Google Gears et autres Mozilla Prism.
  • Gestion de la mise à jour des applications via flux RSS ou équivalent (nom de code = “FeedSync“). Là nous avons quelque chose de tout nouveau mais que j’avais évoqué il y a plus de deux ans (cf. Après les podcasts et les videocasts, les softcasts ?).

Ouf ! Voilà donc à quoi ressemble le fameux social mesh dont Ray Ozzie nous avait déjà parlé lors du MIX08 : Un accès universel aux données et aux services au sein d’une plateforme sociale unifiée.

Certains spéculent déjà sur une extrapolation de cette plateforme à un nouveau modèle de licence pour les logiciels : vous achetez une licence, vous l’associez à Live Mesh et la plateforme se charge de déployer ce service sur vos différents terminaux et même de gérer vos données (cf Microsoft’s Mesh Revealed—Sync All Apps And All Files To All Devices (As Long As They’re Windows)).

Toujours plus fort, Microsoft a la volonté d’ouvrir sa plateforme à la communauté en intégrant les applications et services d’éditeurs tiers et en déployant un certain nombre d’API pour pouvoir rendre le service exploitable par d’autres.

Ajoutez à cela des fonctionnalités “sociales” comme le Live Mesh Notifier (une sorte de lifestream) et vous aurez une bonne idée de l’ambition de Microsoft vis à vis de cette plateforme : un écosystème où cohabitent utilisateurs, données, services et applications (le tout sur différents OS et terminaux). Pour en savoir plus, je vous recommande ce mémo interne publié par Ray Ozzie à ses troupes : Full Text of Ray Ozzie Mesh Memo.

Le plus attentifs me diront : “différents OS et terminaux, mais comment vont-ils s’y prendre ?“. Et je leur répondrais par un seul mot : Silverlight. Et oui, Silverlight pourrait être le cheval de Troie de Live Mesh, l’environnement d’exécution multi-OS et multi-plateformes : Linux, mobile… Plus d’infos sur ce point ici : Silverlight and the future core of Microsoft.

Vous l’aurez donc compris, Microsoft vient de frapper un grand coup avec ce Live Mesh, s’ils parviennent à tenir leurs promesses alors la transformation du géant de Redmond commencera à prendre forme. Il ne leur manquerait plus qu’à finaliser le rachat de Yahoo! pour amorcer un virage encore plus net.

Google se lance dans le cloud computing avec App Engine

10 avril 2008

Grosse surprise cette semaine avec l’annonce du lancement de Google App Engine, une plateforme d’hébergement d’applications (ils ont même un blog : Google App Engine Blog).

google_appengine.png

Concrètement App Engine est une plateforme qui s’adresse aux développeurs en leur proposant un ensemble de services (hébergement, base de données…) pour pouvoir faire tourner leurs applications sur les infrastructures de Google. Les experts appellent ça du cloud computing et cette solution est rudement pratique pour ceux qui veulent se concentrer sur le code et ne pas avoir à se soucier de l’infrastructure et des problématiques qui y sont liées (stabilité, disponibilité, monté en charge…). D’autant plus que Google propose dans son offre un certain nombre d’API pour leur simplifier la tâche (traitements divers, gestion de la BdD…).

Cette offre se positionne en concurrence directe avec l’offre de Amazon : S3 pour l’hébergement, EC2 pour les traitements et SimpleDB pour la base de données. Petite subtilité : les clients d’Amazon peuvent choisir un ou plusieurs de ces services (ils mangent à la carte) alors que les clients de Google doivent utiliser toute la plateforme (ils mangent au menu).

En poussant la comparaison un peu plus loin, nous pourrions associer Google App Engine à du PaaS (Platform as a Service) comme peuvent le faire des acteurs comme SalesForce AppExchange ou BungeeLabs.

A peine lancé, certains pointent déjà du doigt les limitations de ce service :

D’autres y voient une très belle opportunité pour Google d’acquérir de nouveaux utilisateurs dans la mesure où il faut posséder un compte Google pour pouvoir exploiter les applications qui sot hébergées chez Google App Engine : Google App Engine: Cloud Control to Major Tom. Peut-être est-ce un moyen simple de pouvoir être plus proche des start-ups et de ne plus avoir à supporter le coût d’intégration en cas de rachat !

En poussant la réflexion un peu plus loin, on se rend compte que ce App Engine est en quelque sorte la réponse de Google à la Facebook Platform (App Engine, Facebook Platform, OpenSocial, and the Future of the Web) : la possibilité d’héberger des applications sur la plateforme technique de Google (les fameux data centers) et d’exploiter la base d’utilisateurs (les millions de clients de Gmail et des services de Google).

D’autres s’interrogent également sur le danger de cette nouvelle offre qui va permettre à Google d’accroitre encore sa position dominante (comparable à celle de Microsoft dans les années 90). Tiens et puisque l’on parle de Microsoft, il semblerait qu’ils ne soit pas en reste : Red Dog, Microsoft’s Answer to App Engine and AWS?.

Je manque encore de recul pou bien anticiper toutes les implications de ce nouveau service mais en tout cas nous nous dirigeons petit à petit vers un nouvel âge d’or de l’informatique. Qui pourrait nous confirmer cela : Guillaume ? Louis ? Didier ?…

Lifecast = Podcast 2.0 (et plus si affinité)

5 avril 2008

Connaissez-vous les lifecasts ? Mais si enfin, ces Web TV où il n’y a qu’un seul protagoniste : l’auteur qui se filme quasiment 24H/24H. C’est Justin Kan qui a été précurseur sur ce segment avec son site Justin.tv (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet sur la notion de sous-veillance).

Le site Justin.tv est maintenant devenu un portail sur lequel cohabitent plusieurs programmes. Mais il existe aussi d’autres services vous permettant de lancer votre propre lifecast : UStram.tv, BlogTV.com ou encore le récent Yahoo! Live.

YahooLive.jpg

Une évolution extrême du podcast

Nous pouvons considérer ces services de lifecast comme une évolution extrême des podcasts. L’objectif ultime du lifecasteur étant de filmer un maximum de son quotidien, idéalement la totalité (ça ne vous rappelle rien ?).

A priori il n’y a pas trop d’intérêt à se filmer en quasi-continu, sauf si vous avez la possibilité de fouiller dans les archives et de faire des rétrospective des meilleurs moments (des best-of). Et c’est là où ça coince : ces services ne sont visiblement pas encore structurés pour offrir une proposition de valeur suffisante. Comprenez par là qu’il manque à mon sens 3 outils essentiels :

  • Un moteur de recherche vidéo pertinent (l’équivalent d’un Blinkx ou d’un Google Video Search) ;
  • Un outil d’édition et de montage (l’équivalent de JumpCut ou de YouTube Remixer) ;
  • Un mécanisme d’exportation et de publication (un mini-lecteur à encapsuler dans les blogs, pages persos, réseaux sociaux…).

En intégrant ces outils, les services de lifecasting pourraient apportés une réelle valeur ajoutée. Exemple : un passionné de voyage qui ferait des résumés de ces étapes ou de ces rencontres. Le plus gros potentiel de ces services réside ainsi dans la sélection et la compilation d’instants de vie, c’est en quelque sorte la longue traîne de la téléréalité.

Quid du modèle économique ?

Ces services sont encore balbutiants mais l’on se pose déjà la question de savoir comment les rentabiliser, ou du moins de savoir comment les auteurs pourraient monétiser leur audience. Il existe plusieurs options :

  • La publicité contextualisée. Visiblement Google est en train de finaliser un algorithme qui permet d’extraire le sens d’une vidéo et de proposer une publicité ayant un rapport. Toute la difficulté pour ce type de service serait de parvenir à faire ça en temps réel et à synchroniser la pub avec le lifecast à un rythme régulier (toute les 5 minutes par exemple).
  • Les publicités incrustées. Dans la mesure où les sociétés de production arrivent à incruster des bannières dans des matchs de foot ou des produits dans certaines séries TV, pourquoi ne pas le faire dans un lifecast ? Idéalement le lifecasteur pourrait porter un t-shirt avec un carré vert où la publicité viendrait s’incruster. Il y a également la possibilité de faire des bannières en sur-impression (plus simple).
  • Le placement de produits. Ceci peut s’apparenter à du sponsoring mais avouez que ça serait quand même plus simple de mettre de la pub sur le t-shirt du lifecasteur (le transformant ainsi en homme -sandwich) plutôt que de s’embarquer dans des systèmes complexes d’incrustation de produits à la volée.
  • Les productions sur commande. Puisqu’il existe des billets sponsorisés, pourquoi pas des séquences sponsorisées ? Nous parlons ici d’un petit jingle de temps en temps comme on peut en entendre à la radio. Où alors ça peut être une opération plus ambitieuse lors de manifestations. Exemple la couverture du spring break par iJustine pour le compte d’American Eagle (cf. Du bonne usage de la vidéo pour faire de l’événementiel marchand).

Et Seesmic dans tout ça ?

Même si la nouvelle start-up de Loïc Lemeur peut vous sembler très proche de ce concept, il n’en est rien. Seesmic s’apparente plutôt à une solution de micro-blogging vidéo (quelques courtes séquences dans la journée) qui est plus adaptée à de la conversation collective en mode vidéo. La différence est subtile mais il ne me semble pas du tout pertinent de comparer Seesmic à Yahoo! Live. Deux services au positionnement et à la finalité complètement différente. Peut-être serait-il plus juste de comparer Seesmic à un forum en mode vidéo.

Conclusion : gros potentiel, mais grosses dérives potentielles

Force est de constater que le lifecast est encore une pratique extrême réservée à une minorité d’individus : entre le coût d’acquisition du matériel et le tournage des séquences, c’est un métier à plein temps !

Il y a de plus une forte dérive potentielle à prévoir, notamment quand à l’utilisation des lifecasts comme du contenus pornographiques payants (des sortes de peep-shows ouverts 24H/24H). Qui se souviens ainsi de JennyCam, une expérimentation très en avance sur son temps ?

Tout ça me laisse à penser que la clé du succès de ces services réside dans leur capacité à fournir des outils simples pour les utilisateurs, sinon ces derniers se contenteront de “picorer” ces services. Peut-être les terminaux mobiles sont-ils une solution aux problématiques logistiques : intégrer une application aux téléphones mobiles qui serviraient à capturer et à diffuser les séquences. Il existe déjà des services proposant cela (Flixavagon, QIK… voir à ce sujet le billet d’Eric) mais sans parvenir à apporter la même expérience utilisateur que les services leaders cités en début d’article.

Moralité : la compétition reste ouverte et chacun à ses chances…

Deviendrons-nous tous des médias potentiels ?

14 mars 2008

Je constate depuis un certain temps une montée en puissance des services d’agrégation du type SocialThing, Ziki, mEgo ou encore LiFE2Front. Dernier en date, FriendFeed qui est semble-t-il la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : FriendFeed Gets $5M, Launches to the Public.

Il faut dire qu’avec cette ribambelle de services “2.0″ tout est prétexte à publication et partage : vos billets (via flux RSS), vos favoris (del.icio.us), vos photos (FlickR), vos diaporamas (Slideshare), vos achats (Shopalize), vos films loués (Netflix), vos chansons écoutées (Last.fm), vos humeurs (Facebook Feed & Status), vos moindres faits et gestes (Twitter)…

N’importe qui peut se prêter à ce petit jeu, mais il est tout de même préférable d’avoir un peu d’audience pour que ça devienne intéressant. Exemple : Loic Lemeur, l’homme public que l’on peut suivre au quotidien à l’aide de son blog, de son flux Twitter ou des ses podcast. Imaginez un peu ce que cela pourrait donner avec une version mobile de Seesmic

Petit à petit nous nous rapprochons de la notion de sousveillance pour laquelle il existe déjà des services comme Justin.tv, BlogTV ou encore le tout récent Yahoo! Live. Nouvelle forme d’expression ? Très certainement, car contrairement aux blogs où il faut publier pour exister, dans le cas de ces services de Lifecast l’exposition est passive et quasi-pervasive, du moins pour la partie publique de la vie des auteurs. D’ailleurs, produisent-ils réellement du contenu ? Vaste question…

Comment cette tendance va-t-elle évoluer ? Difficile à dire, d’autant plus avec Google qui a récemment racheté Jaiku. Essayez donc d’imaginer ce qu’ils pourraient faire en appuyant ce service sur leurs data-centers : une indexation en quasi-temps réel de notre quotidien, une sorte de back-up permanent de notre vie de tous les jours.

Finalement le concept de lifestream n’a jamais été autant d’actualité (lire à ce sujet ce blog : Lifestream Blog). Je m’étonne que les éditeurs de services en ligne n’ont pas encore étendu ce principe en proposant des variantes :

  • des lifestreams familliaux (regroupant les activités quotidiennes des différents membres de la famille) ;
  • des lifestreams locaux (regroupant le quotidien des habitants d’un même quartier) ;
  • des lifestreams verticaux (pour des groupes homogènes de passionnés ou de professionnels d’un même métier)…

Vous êtes libre de compléter cette liste dans les commentaires.

Où s’arretera le Software-as-a-Service ?

20 février 2008

Vous connaissez le SaaS (Software-as-a-Service) ? Mais si enfin, c’est le nouveau nom pour ASP (Application Service Provider), les fournisseurs d’applications en ligne. Bref, c’est un créneau en pleine explosion, car avec la banalisation du haut-débit et des data-centers, héberger soi-même ses applications devient plus une contrainte qu’un avantage compétitif. Des services comme SalesForce ou les Amazon Web Services ouvrent ainsi la voie à de nombreuses innovations.

Dernière innovation en date : le Platform-as-a-Service, à savoir la possibilité de créer une application directement dans votre navigateur. Plus besoin de déployer des environnements de développement ou de pré-production / production, tout ce fait en ligne. C’est en tout cas la promesse de services comme Bungee Connect (cf. Bungee Launches PaaS for Building Web Apps in the Cloud) ou Heroku (cf. Heroku Lifts Ruby on Rails Development into the Cloud).

BungeeConnect.jpg

Toujours dans cette optique, d’autres services vous propose de prendre en charge vos bases de données, ils appellent ça le DaaS (Database-as-a-Service). Le principe est le même : tout se fait dans la fenêtre du navigateur, à l’image de services comme Blist (cf. Blist Prepares Easy Web-Based Database Application) ou LongJump (cf. LongJump: Database in the Cloud).

Difficile de suivre une actualité aussi chaude et surtout de se faire une idée sur ces services encore en finalisation. On en vient à se demander jusqu’où pourra aller la virtualisation des entreprises ? L’utopie de l’extraprise serait-elle en passe d’être viabilisée par ces nouvelles générations de fournisseurs de service ? Peut-être… A suivre…

LiFE2Front + Sprout = mEgo

Décidément, les services d’agrégation égo-sociale sont à la mode. “Agrégation ego-sociale” ? Mais oui enfin, les services qui vous permettent de centraliser les micro-contenus que vous publiez librement (photos, blog, micro-blog, signets…). Dans cette catégorie nous pouvons citer Jaiku, Ziki et surtout le très avant-gardiste LiFE2Front.

Mélanger ça avec un service de création de widget comme Sprout Builder et vous obtenez mEgo :

mEgo.jpg

Ce service vous permet donc de générer des cartouches personnalisables dans laquelle vous pouvez fourrer tout un tas de trucs (qui concernent vos goûts sociaux-culturels) et agréger des flux qui sont régulièrement mis à jour. Les widgets ainsi produites sont agrémentées de petits effets visuels plutôt sympas.

Un concept intéressant, à quand une version mobile ? (via Olivier)

Après les Rich Internet Applications, les Rich Internet Games ?

29 janvier 2008

Les jeux en ligne seront la grosse tendance de l’année 2008. Mais qui dit “jeux en ligne“, dit “trouver des joueurs“. Et c’est là où ça coince car les éditeurs de plateformes sociales basées sur le jeux sont confrontés à un choix très complexe : développer un jeu qui tourne sur le bureau et l’associer à une plateforme sociale ; ou se limiter à la fenêtre du navigateur et miser sur la dynamique communautaire.

RIA + Jeux en ligne = Rich Internet Games

Donc si je résumé : sophistication vs. universalité. Et s’il existait une solution intermédiaire ? Une solution qui permettrait de faire tourner des jeux en ligne très sophistiqués dans la fenêtre du navigateur… et bien figurez-vous que c’est le pari que Unity3D tente de relever avec un concept proche du Rich Internet Game.

Unity3D.jpg

Mon raisonnement est le suivant : puisque le partage de musiques, de photos et de vidéos sont des créneaux saturés, il faut fournir un autre type de contenu aux internautes pour pouvoir acquérir des parts d’audience. Audience qui pourra par la suite être fidélisée puis monétisée.

Mais le problème est le suivant : il existe déjà des portails de mini-jeux en ligne (les fameux casual games) : Shockwave, Pogo, Cafe… Il va donc falloir apporter un bien meilleur gameplay aux internautes pour les recruter. C’est donc là que le Unity Web Player rentre en scène : un plug-in d’à peine 3Mo (quelques secondes de téléchargement) qui s’installe à chaud (sans avoir besoin de redémarrer votre navigateur). Ce plug-in est particulièrement intéressant car il propose un moteur de rendu 3D très satisfaisant et surtout un modèle physique d’un réalisme saisissant. Jugez plutôt avec cette petite vidéo d’une démonstration technique (Room of Shadows) où je m’amuse à tout casser dans ce salon :

Ce qui surprend dans cette vidéo c’est la qualité du rendu, le jeu des ombres et surtout le réalisme de ces chaises qui rebondissent et s’entrechoquent. En extrapolant, on est en droit de se dire que le potentiel de cette technologie est énorme, surtout si on la compare à d’autres réalisations qui n’exploitent “que” Flash comme UltraKillz (un jeux de tir en ligne).

Plus de réalisme pour les annonceurs

C’est avant tout dans une optique marchande que les implications de ces RIG (Rich Internet Games) sont les plus intéressantes :

Des produits et des environnements mieux restitués, à l’exemple de World Golf Tour :

WorldGolfTour.jpg

Il s’agit d’un jeu de golf entièrement en Flash qui utilise de vraies photos pour modéliser les parcours de golf (6 mois de travail pour un parcours à raison de plusieurs personnes). Le rendu est quasi photo-réaliste… tout comme le rendu des équipements et des fringues (à vendre) ainsi que des parcours (l’abonnement en ligne est pour bientôt).

Car c’est bien de cela dont il est question : de véritables catalogues 3D photo-réalistes sur lesquels les internautes passent des heures à jouer et à sociabiliser. Certains n’hésitent pas à décrire ce jeu comme le World of Warcraft des grands. Plus d’infos ici : Online Golf With Flash - Warning Highly Addictive.

Les Rich Internet Games permettent également de créer des univers plus riches au sein desquels les internautes seraient mieux disposés à “investir” de l’argent dans le look de leur avatar ou dans la déco de leur appartement. Appliquez donc ce principe à des pseudo-univers virtuels comme SmallWorld et vous démultipliez les dépenses moyennes par utilisateurs :

SmallWorld.jpg

Plus d’infos sur ce service ici : Smallworld: The coolest Flex application I’ve ever seen.

Est-ce du jeu ou du business ?

Les deux mon capitaine ! Encore une fois, n’allez pas vous imaginer que ces technologies et services ne sont là que pour vous distraire. Il est ici question de gros sous, de captation de part d’audience, de création de communautés en ligne, de monétisation de l’audience, de placement de produits…

Je maintiens ce que j’avais annoncé dans mes prédictions 2008 : le jeu en ligne sera le levier de croissance des prochaines années. Les Rich Internet Games sont une première piste à explorer, mais il existe d’autres filons quasi-vierges : Rich Desktop Games, User-Generated Games

Je ne peux que vous encourager à observer de près ce créneau et à vous préparer à un nouveau mode de communication et d’interaction avec les internautes (joueurs ?). A suivre…

Mes 10 prédictions pour l’année 2008

4 janvier 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par “extras“, je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être “porté” sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation “sociale” (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils “maison” (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de “posséder” leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que “seconde chance” est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

—–

Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

Du rififi dans la bureautique ?

20 décembre 2007

Je sens que 2008 va être une année charnière pour les outils bureautiques :

Bref, ce créneau est plus que dynamique en ce moment et ça fait du bien. Pour un compte-rendu plus complet c’est ici : Web Office: 2007 Year in Review.

Prochains chantiers :

  • Intégration transparente d’application “bureau” avec des services en ligne (gestion de la synchronisation, du partage…) ;
  • Mise sur le marché de clients riches orientés bureautique (ROA ou Rich Office Application) ;
  • Intégration plus fine des documents dans une chaîne de traitement sémantique (permettant de faire de la syndication “intelligente”, de la structuration…) ;
  • (à vous de compléter la liste)
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