Articles étant taggés ‘utilisabilité’

Des idées pour vos filtres de tableaux

Le magazine en ligne UXmatters vient de publier un article de Luke Wroblewski sur la mise en page des filtres dans un tableau de données : Refining Data Tables.

Ce sujet (problème ?) est en effet épineux et que j’y ai souvent été confronté sans jamais trouver de solutions miraculeuses. J’ai déjà fait une proposition de mise en forme pour un système de tri (voir pour cela mon tutoriel sur la mise en page de tableaux), mais les solutions proposées dans cet article sont astucieuses.

J’apprécie tout particulièrement le moteur de filtre qui est utilisé par iTunes. Et vous, c’est quoi votre solution préférée ?

Le site du cordonnier est toujours le plus mal chaussé

Bon OK j’avoue celle là est un peu limite. Il n’empêche que je vous propose ce matin un petit comparatif de 2 boutiques en ligne de chaussures : Batashop VS Let’s buy shoes.

C’est étonnant de constater qu’une grande marque avec de gros budgets / équipes (Bata) est incapable de rivaliser avec une boutique aux moyens bien plus limités (Let’s Buy Shoes).

Merci à Éric pour ce comparatif (c’est tellement rare dans la blogosphère française).

Note de lecture sur le livre ‘Prioritizing Web Usability’

Je viens d’achever le dernier livre de Jakob Nielsen (Prioritizing Web Usability) dont je souhaite vous livrer ma première impression : Bien.

La couverture du livre de Jakob Nielsen

Un livre que je recommande pour ceux qui souhaitent s’initier à l’utilisabilité et avoir une vue d’ensemble des différentes problématiques que cela sous-entend (simplicité d’usage, accessibilité, branding, business…).

Ce qu’il est surtout intéressant de constater, c’est que le docteur Nielsen a su évoluer avec son temps, et surtout avec ses « rivaux ». On retrouve ainsi un certain nombre de références à des théories émis par d’autres :

J’ai également été surpris par les prises de position du docteur :

  • pas forcément en faveur des liens bleus soulignés (p. 205);
  • en faveur du Verdana comme police de caractère (p. 234) ;
  • contre la capitalisation de toutes les lettres d’un item de navigation (p. 238) ;
  • contre la règle des 3 clics (p. 322) ;
  • contre la règle des 7+2 niveaux de navigation (p. 329) ;
  • contre les ambiances sonores (p. 377).

Bref, un bon livre qui sait intelligemment faire la part des choses entre la simplicité d’usage et les impératifs d’image de marque. Je regrette néanmoins que l’auteur ne se soit pas prononcé sur des sujets qui vont devenir de plus en plus chauds (au hasard, les interfaces riches).

Et on reparle d’Ajax et de l’accessibilité

Mon collègue (et voisin de bureau) Mathieu vient de publier un article sur le JDNet : Ajax et l’ergonomie sont-ils conciliables ?. Un article très intéressant qui relance le débat sur Ajax et l’accessibilité.

Je ne suis pas expert de l’accessibilité, je laisserais donc le soin à d’autres de publier ou de présenter des arguments concrets.

Il n’empêche que cette question est récurrente (voir systématique), dans les commentaires de mes billets ou lors des différentes conférences que j’ai eu l’occasion de donner. Ce à quoi ma réponse est invariable : Ajax n’est à priori pas accessible, et alors ?

Pourquoi venir chercher des poux dans la tête d’une minorité de concepteurs et développeurs web qui essayent d’innover et de faire progresser l’internet. Après tout, 99,99999999999% des sites web de cette planète ne sont pas accessibles. Faut-il pour autant abandonner le HTML ? Débrancher tous les câbles ? Envoyer en prison tout ces fournisseurs de services et de contenus non-accessibles ? Non, bien entendu que non.

Même si de gros efforts ont été faits, les interfaces réalisées en Ajax n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements et doivent encore progresser.

Alors vous pouvez aussi poser la question suivante : Est-ce qu’Ajax (et les dérives que nous lui connaissons : problèmes d’utilisabilité, d’accessibilité, de sécurité, de performances…) est un réel progrès pour le web ? Il est encore trop tôt pour le dire. Dans tout les cas de figure, je trouve un peu dommage de faire porter la responsabilité de millions de sites web non-accessible sur les épaules d’une poignée d’innovateurs.

Peut-être que l’avenir nous montrera qu’Ajax n’était pas la meilleure solution (au vue des XHTML 2, CSS 3 et autres Flex 2). En tout cas, c’est que nous avons de mieux en stock en ce moment.

Quelle différence entre utilisabilité et expérience utilisateur ?

Je vois encore bien trop souvent des articles ou des billets qui mélangent l’utilisabilité et l’expérience utilisateur. Je vous propose donc de régler cette ambiguïté une bonne fois pour toute avec cet article : The Battle Between Usability and User-Experience. L’auteur y explique clairement les deux concepts et utilise cette très bonne métaphore : les routes.

Utilisabilité = simplicité d’usage

Une photo d'autoroute

Une autoroute est un très bon exemple des principes d’utilisabilité appliqués aux routes :

  • elle demande moins d’efforts mentaux (car elle est large et rectiligne)
  • elle occasionne moins d’erreurs (car toutes les voitures y roulent dans le même sens)
  • elle est plus productive (on y roule plus vite et toutes les aires de repos se ressemblent)…

Expérience utilisateur = plaisir d’usage

Une photo de petite route de campagne

Une petite route de campagne illustre très bien l’expérience utilisateur :

  • elle est visuellement agréable (paysages)
  • elle procure de belles sensations (visuelles, olfactives…)
  • elle suscite l’intérêt (par la diversité des villes traversées)…

Moralité

Dans certains cas de figure, l’expérience utilisateur peut aller à l’encontre de l’utilisabilité (mais c’est quand même rare). En fait tout dépend du contexte d’usage : s’il s’agit d’une application d’entreprise, on privilégiera l’utilisabilité, s’il s’agit d’un service grand public, on… fera en fonction ! Je suis désolé mais je ne pense pas que l’on puisse appliquer de règle. Encore une fois, c’est selon.

Boostore : à mi-chemin entre Boo et WStore

Carrefour vient de lancer son tout nouveau magasin en ligne dédié aux produits électroménagers et informatiques. Et à la photo. Et aux spectacles. Et aux fleurs. Et aux mobiles. Et aux MP3… bref, au gros bazar dont on ne sait pas trop quoi faire : Boostore.com.

La page d'accueil de Boostore

Concrètement : ça clignote, c’est fouillis, on ne sait pas trop où il faut cliquer, la mise en page déborde, les titres sont tous en images qui bavent… L’expérience d’achat (ou même de visite) est plus que pauvre. Nous sommes ici à la limite de l’anachronisme.

J’ai beaucoup de mal à comprendre l’intérêt pour Carrefour de se lancer dans une bataille frontale avec d’autres acteurs déjà bien implantés (CDiscount, Pixmania, Rue du Commerce…) qui se disputent un territoire somme toute assez étroit.

Visiblement le seul critère de différentiation de Boostore serait les prix bas. Mais honnêtement, qui va y gagner dans l’histoire ? Pas les clients, parce que gagner 0,50 Euros sur un produit qui en vaut 300 c’est loin d’être une révolution. Certainement pas les autres marchands car leurs marges (déjà toutes petites) vont subir encore plus de pression, et ça va se traduire par des salaires plus bas voir des embauches gelées. Bref, ça sent l’opportuniste à court terme et la stratégie bâclée.

Nous sommes bien loin d’un Yahoo! Tech ou d’un Amazon US.

Et pour ceux qui se demandent pourquoi je fais référence à Boo et à WStore dans le titre du billet, et bien… je ne sais plus, ça m’est sorti de la tête !

Petit compte-rendu de la conférence sur le web 2.0

C’est hier que s’est déroulé le séminaire organisé par le Benchmark Group sur le web 2.0. L’occasion pour moi de m’exprimer à nouveau sur mes sujets de prédilection (interfaces riches et utilisabilité). Une salle comble pour un endroit… atypique (en plein milieu du bois de Boulogne).

La salle du séminaire sur le web 2.0

Normalement le séminaire se prolonge aujourd’hui avec un focus sur les blogs et les wikis.

En tout cas j’ai été très content de rencontrer de nouvelles personnes comme Jean Claude Morand ou Jacques Froissant et revoir des personnes déjà croisées ailleurs comme Fabrice. C’est fou comme le monde est petit finalement ! (ou du moins de le monde de la blogosphère)

L’utilisabilité en question après le décès d’un bébé de 4 mois

Jakob Nielsen en parlait déjà l’an dernier (Medical Usability: How to Kill Patients Through Bad Design), mais l’actualité nous offre une fois de plus une histoire tragique.

Le drame se passe en Angleterre. Thomas Smith est un petit bébé de 4 mois avec un coeur artificiel. Alors qu’il était en difficulté à la suite d’une baisse subite de sa pression artérielle, le Dr McGuirk passe par hasard et est tout de suite alerté par la situation. Manque de chance pour le bébé, ce docteur n’a pas été formé à l’utilisation de la machine qui gère le coeur artificiel. Dans la précipitation et ne trouvant personne à proximité, il appuie sur le mauvais bouton (le bleu à la place du orange) provoquant un inversement de la pompe. En très peu de temps le bébé se vide de son sang (littéralement aspiré par la machine) et décède.

Interrogé par la police, le Dr McGuirk déclarera avoir choisi la bouton bleu parce qu’il pensait que cette couleur était moins « affreuse » que le orange. Toute l’histoire sur le site du Telegraph : Baby died after untrained doctor took 50-50 gamble on pressing right button.

Comment une fonction aussi critique que l’inversion d’une pompe pour un coeur artificiel puisse être « accessible » en pressant simplement un bouton (sans aucun mécanisme de sécurité ou d’explications) ?

Etant père de deux petits garçons qui ont déjà été hospitalisés (pour des raisons moins graves), cet accident me touche au plus haut point. J’espère sincèrement que cela va créer un précédent dans le milieu de l’équipement médical et que des progrès seront réalisés. (via Usabilis)

Poker en ligne et persuasion

En tombant sur une vidéo virale vantant les méritent d’un service de Poker en ligne (plus d’infos ici : Non-Sex Poker Viral Better Than Sex Viral), j’ai découvert un site tout à fait remarquable : PokerRoom.

Remarquable parce que :

  1. très limpide dans son rubriquage et système de navigation ;
  2. très sobre avec un traitement graphique sans fioritures ;
  3. très rassurant avec ses récompenses et ses garanties de sécurité (Safe, Secure and Awarded) ;
  4. très incitatif avec ses boutons d’action qui ressortent immédiatement ;
  5. très persuasif avec son argumentaire complet (Join PokerRoom.com).

La page d'accueil du site PokerRoom

Bref, une véritable perle dans sa conception et sa structuration. Vous remarquerez également le bandeau d’identification en haut de page qui ne prend quasiment pas de place ainsi les petites étiquettes sur le côté de la page pour basculer d’un univers à un autre.

Un plan du site dans votre pied de page

Voici une initiative audacieuse et remarquable (du moins aux yeux d’un concepteur de sites web) : placer le plan du site ainsi que l’ensemble des informations de contact dans le pied de page.

Nous devons cette initiative à une communauté religieuse de Seattle : The City Church.

Quand je dis communauté religieuse, n’allez pas vous imaginer des moines en soutane, mais plutôt une paroisse avec de très gros moyens et surtout un dispositif de communication très au point. Vous remarquerez ainsi la façon très élégante avec laquelle ils vulgarisent les podcasts du pasteur (deux boutons : Listen et Download).

Tout ça pour dire que cette astuce de conception est loin d’être dénuée de sens et que je suis surpris par l’ingéniosité et l’efficacité de ce dispositif : les utilisateurs ayant l’habitude de parcourir la page vers le bas pour trouver l’information qu’ils cherchent, c’est généralement dans le pied de page que l’on retrouve des liens vers le plan du site et la page contact (plus d’infos dans un précédent billet). Y inclure directement les informations, c’est gagné un clic quelque part.

Et vous, qu’est-ce que ce choix vous inspire ?