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Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?

Le week-end dernier, j’ai essayé d’expliquer à mes petits garçons ce qu’est l’internet. Un exercice de style à priori pas si complexe, mais qui nécessite d’expliquer également ce que sont les ordinateurs et les contenus numériques. Je ne vais pas vous raconter ma vie privée, mais pour faire court, disons que je les ai perdus en route (pourtant j’avais fait des schémas et tout). Plus j’y repense, et plus je me rends compte que je n’aurais jamais dû m’enliser sur ce terrain glissant et me concentrer sur ce qui les intéresse réellement : les contenus. Ils se moquent bien de comprendre comment fonctionne un ordinateur ou même le WiFi, tout ce qui les intéresse, c’est le contenu (de préférence en rapport avec les Pokemons).

Ce qui me mène au sujet du présent article : Après 30 ans de domination des constructeurs d’ordinateurs et éditeurs de logiciels (Microsoft, HP, Dell, IBM…), l’hégémonie des acteurs traditionnels de l’industrie informatique est aujourd’hui remise en cause par de nouveaux entrants (Google, Amazon, SalesForce…). Pourquoi ? Car les ordinateurs sont devenus une commodité, un moyen d’accès aux services et contenus proposés sur le web. Bien évidemment nous avons toujours besoin de processeurs, de cartes mères, d’écrans, de claviers… mais la comoditisation de l’équipement informatique est un phénomène inaltérable. Pire : Malgré la baisse régulière des prix pour les rendre toujours attractifs, les ordinateurs sont perçus comme des outils de plus en plus ringards, et dispensables (La fin de l’ordinateur individuel est programmée).

En à peine quelques années, les smartphones et tablettes se sont imposés comme des alternatives tout à fait crédibles aux ordinateurs traditionnels : plus mobiles (en raison de leur encombrement et autonomie), plus rapides (allumage en quelques secondes), plus versatiles (grâce à l’interface tactile, à la connexion 3G, au GPS…) :

  • Les ventes des smartphones et tablettes ont dépassé celles des ordinateurs en 2010 ;
  • Windows vient de passer sous la barre des 50% des parts de marché des terminaux connectés ;
  • Les smartphones et tablettes représentent déjà 5% de trafic en Europe…

Bref, vous l’aurez compris, le marché est en train de basculer en faveur des alternatives aux ordinateurs, et cette tendance va s’accélérer pour le grand public tout comme pour le marché de l’entreprise avec la montée en puissance des smartphones low-cost, la disponibilité de contenus et services offrant des expériences novatrices (Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicaleVers de nouvelles expériences d’achat et de consultation) et les offres de cloud. Je suis persuadé de ne rien vous apprendre en disant que les usages des smartphones s’intensifient au détriment de celui des ordinateurs, je tiens néanmoins à insister sur le fait que les smartphones et tablettes ne sont qu’une première étape de déportation des usages vers un ensemble de terminaux alternatifs (tablettes, cloudbooks, TV connectées…).

Les grands gagnants de cette nouvelle configuration de marché sont Google, Amazon ou SalesForce. Bien évidemment les acteurs historiques ne sont pas encore condamnés, mais ils doivent fournir des efforts considérables pour ne pas se laisser distancer, à l’image de Microsoft et Apple qui investissent lourdement pour trouver un second souffle et préparer l’avenir (avec respectivement l’interface gestuelle de Kinect et l’interface vocale de Siri).

Vous avez du mal à vendre ? Louez !

Il y a encore quelques années, quand vous achetiez un ordinateur, les constructeurs essayaient de vous refourguer par tous les moyens un accès à internet, source de revenus récurrents. Aujourd’hui, la bataille de l’accès ne compte plus, le prochain défi sera de vous vendre un abonnement pour que vous puissiez accéder à vos contenus depuis n’importe quelle terminal. Microsoft, Google, Apple ou Amazon s’efforcent ainsi de s’imposer comme le fournisseur le plus légitime en matière de cloud personnel. De même, dans le monde de l’entreprise, on ne vend plus des licences, mais des accès à des services en ligne. Il y a quelque mois, Marc Andressen faisait sensation en publiant un article intitulé « Why Software Is Eating The World« , je pense que sa vision et la mienne se rejoignent : La valeur ajoutée ne se situe plus dans le matériel, mais dans les services et contenus. Oui, il est toujours possible de dégager de grosses marges avec du hardware, mais tout le monde ne s’appelle pas Apple. Il est ainsi moins risqué et plus rentable de miser sur la monétisation des contenus et services, plutôt que sur les moyens d’y accéder (et cette approche se vérifie aussi dans d’autres secteurs : Airbnb CEO: The future is about access, not ownership).

À la question « Est-ce la fin de l’ordinateur individuel ?« , je réponds un grand « oui« . Encore faut-il que l’on s’entende sur ce qu’est un ordinateur individuel : Nous parlons bien des ordinateurs traditionnels. Je fais ainsi le distinguo entre un ordinateur portable et le Chromebook de Google. D’un côté nous avons une machine avec un disque dur pour stocker des contenus et des logiciels, de l’autre, nous avons une interface entre des utilisateurs et des contenus et services en ligne. Certes, les ordinateurs traditionnels assurent pleinement cette fonction d’interfaçage, mais les chromebooks sont définitivement moins complexes à prendre en main, initialiser et maintenir. À l’image des tablettes comme l’iPad : on les allume et on profite.

Une vision hédoniste de l’outil informatique

« Profitez« , je pense que c’est bien là le maitre-mot : après des décennies d’humiliation, la patiente des utilisateurs est à bout, ils ne veulent plus s’embêter à installer les bons drivers, mettre à jour et paramétrer les logiciels, s’assurer que les protections anti-virus  sont opérationnelles… Les utilisateurs veulent devenir de simples consommateurs de contenus et services, et pour cela, ils sont prêts à faire des concessions : troquer de l’évolutivité et de la souplesse contre de la simplicité et de la tranquillité, même si cela implique de se rendre dépend de Apple ou Google. Qu’importe, après tout ce sont des marques cool, non ?

Pour résumer une longue explication, j’écrirais ceci : nous quittons l’ère où nous capitalisions sur l’outil informatique (avoir une machine robuste et évolutive pour qu’elle puisse durer plus longtemps) pour rentrer dans celui des contenus et services pervasifs (qu’importe le terminal d’accès, l’important est que je puisse accéder à mes fonctions sociales, ma musique, mes jeux… et ceux depuis n’importe où).

Quel impact pour les marques ?

La grande question que vous devez maintenant vous poser est la suivante : votre offre s’inscrit-elle dans cette tendance ? Pour pouvoir sereinement anticiper l’avenir proche, vous devrez ainsi vous assurer que :

  • Vos produits sont consultables et achetables dans n’importe quel contexte (principalement en mobilité), de même que votre service client ;
  • Vos contenus sont accessibles au travers de différents types de terminaux (pas que l’iPhone ou l’iPad) et ils offrent une valeur ajoutée propre à chacun des formats (intuitivité de l’interface tactile, largeur de l’écran d’une TV, localisation d’un smartphone…) ;
  • Vous proposez une expérience sans couture à vos clients qui consulter vos contenus et exploiter vos services à différents moments de la journée et sur différents supports.

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous convaincre de démultiplier les points d’accès, mais l’étude récente de Brand Online Commerce devrait vous aider à sauter le pas : Les smartphones et tablettes représentent 10% des visites des sites web de mode et produits de beauté ainsi que 7 % des ventes en ligne. Encore plus intéressant : le taux de transformation des ventes réalisées à partir d’un iPad est supérieur de 42% à celui des boutiques en ligne. Ces chiffres ne me surprennent pas, car ils illustrent une réalité du marché : Acheter en ligne est devenu un acte banal (froid et sans émotion), alors que les terminaux alternatifs proposent des expériences plus enrichissantes pour les clients et prospects, d’autant plus s’il y a du contenu à valeur ajouté (Upcoming Zappos iPad App Mimics a Fashion Magazine et L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo). Et quand bien même vous n’avez ni les moyens, ni l’organisation pour produire du contenu, les smartphones et tablettes offrent d’innombrables opportunités pour réenchanter votre expérience de marque, à l’image de ce qu’à fait Audi au Brésil :

Au final, même si la transition entre les ordinateurs personnels et les nombreuses alternatives (Chromebooks, tablettes…) va prendre un certain temps, de nombreux annonceurs se sont déjà approprié ces nouveaux supports et parviennent à générer de nouvelles opportunités d’affaires grâce à des scénarios d’engagement novateurs.

Même si aujourd’hui l’essentiel des interactions en situation de mobilité est issu des terminaux Apple (iPhone et iPad), les alternatives low-cost (Android, Kindle) et les nouveaux formats (tablettes 7″, TV connectées…) vont venir bouleverser l’ordre établi. En d’autres termes : Ne pensez pas être à l’abri avec vos applications iPhone et iPad, car vous n’avez parcouru qu’une toute petite portion du chemin menant au nirvana du monde numérique – des contenus et services pervasifs pour des clients connectés en permanence et en recherche de nouvelles expériences.

Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

En moins de deux semaines, nous avons eu droit à une avalanche de nouveautés sur le créneau des smartphones : iPhone 4S, Droid Razr et Galaxy Nexus. Tous plus beaux les uns que les autres, les constructeurs semblent s’être lancés dans une course à l’armement : écran AMOLED, processeur bi-coeur, NFC, communication 4G, objectif de 8 M de pixels…

Les smartphones de dernière génération : iPhone, Droid Razr, Galaxy Nexus

Si cette débauche de technologie de pointe est très impressionnante sur le papier, elle pose néanmoins la question de la limite de la sophistication des smartphones. J’ai ainsi récemment acquis le dernier iPhone 4S, une petite merveille technologique qui est particulièrement performante pour les jeux. OK, mais à 850 Euros, c’est quand même le prix d’une Xbox 360, d’une PS3 ET d’une Wii !

Bref, tout ça pour dire que je pense que les smartphones sont en fin de cycle d’évolution : les constructeurs améliorent les caractéristiques techniques, mais ne proposent pas de réelles innovations d’usage. Quand vous regardez ce à quoi ressemblaient les smartphones il y a 10 ans (Infographie sur l’évolution des smartphones), vous vous rendez facilement compte que les smartphones ont déjà connu leur révolution, et je ne pense pas qu’ils en connaitront une autre. Un signe qui ne trompe pas : les deux principaux leviers de différenciation des constructeurs (4G et NFC) tentent de résoudre des problèmes qui n’existent pas réellement.

Depuis quand est-il compliqué de payer avec une carte bancaire ?

En matière de smartphone et de téléphonie mobile, le gros sujet du moment est le paiement mobile avec NFC. Les constructeurs et industriels font en ce moment d’énormes efforts pour nous faire comprendre que NFC et le smartphone sont la solution à notre problème de paiement. Heu… personnellement je n’ai pas de problème de paiement : je réalise mes achats avec ma carte bancaire (ça me prend 30 secondes pour payer) ou avec de l’argent liquide (il y a toujours un distributeur de billets pas très loin).

Je veux bien croire que depuis l’arrêt de Moneo il faut préparer l’arrivée d’une autre solution, mais force est de constater que les utilisateurs ne sont pas forcément demandeurs d’une solution intégrée aux smartphones. Visa, Mastercard, American Express, Google… unissent leurs forces pour évangéliser NFC en tant que moyen de paiement, mais c’est selon moi faire une fausse promesse car :

  1. NFC n’est qu’une norme de communication, il faut bien plus qu’une puce NFC dans un smartphone pour réaliser une transaction (Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?) ;
  2. Il existe de nombreuses alternatives, notamment d’autres normes de communication comme Bluetooth (The Mobile Payments Race Heats Up: Low Energy Bluetooth vs. NFC), les codes 2D (comme le proposent LevelUp ou Kuapay) ou NFC 2.0.

Vous pourriez me dire qu’ils existent quantité d’autres usages innovants que pourrait apporter NFC, et je serais bien d’accord avec vous : il existe quantité de domaines d’application potentiels dans les jeux (Nokia Launches New NFC-Enabled Games), le commerce local (BrandTable, NFC concept that will alter your food court experience) et tout un tas d’autres domaines (Near Field Communication: A Quick Guide to the Future of Mobile).

Illustration de l'usage de NFC

Le problème n’est pas de trouver des domaines d’application pour NFC, car il y en a des tonnes, mais de susciter l’adhésion du grand public. Loin de moi l’idée de jouer les vieux de la vieille, mais tous les scénarios d’usage décrits ont une proposition de valeur pas très éloignée de ce que proposait Ericsson au siècle dernier avec Bluetooth. Donc pour résumer : ce n’est pas parce que c’est techniquement possible que les utilisateurs l’adopteront. L’histoire regorge de technologies de pointe qui n’ont pas su trouver leur public.

Y a-t-il vraiment un problème avec la 3G ?

Autre grande bataille dans laquelle se sont lancés les opérateurs du monde entier : la course de vitesse pour déployer la 4G. Là encore, les industriels rivalisent d’ingéniosité pour nous vendre des scénarios d’usages plus proches du fantasme que de la réalité.  J’aime bien le foot, mais je ne vois pas l’intérêt de regarder un match entier en Full HD 3D sur un écran de 10 cm de large. Vous pouvez dire que je force le trait en jouant les rabats-joie, mais force est de constater qu’à part les travailleurs nomades (un marché de niche), la demande pour la 4G est plutôt faible.

Le problème n’est pas tant de savoir si l’on a besoin d’un débit important en situation de mobilité, que d’exploiter la 3G à son plein potentiel. Il existe déjà des offres très compétitives pour de la 3G+ (norme HSDPA) qui suffisent largement. D’autant plus qu’en matière de mobilité, l’important n’est pas le débit, mais le ratio entre débit et consommation d’énergie. De ce fait, les normes comme WiMAX sont à proscrire au profit de la norme communément admise (LTE) qui n’est pas réellement de la 4G, mais de la 3,9G. Rendez-vous compte : les opérateurs peinent à trouver des scénarios d’usage crédibles, et en plus ils ont la lourde tâche de nous vendre de la fausse 4G !

Il existe bien des usages comme la visio-conférence ou la vidéo HD, mais ils représentent une proposition de valeur trop faible pour justifier le prix du forfait. À mon sens, les deux seuls usages réellement intéressants sont la VoIP et les services liés au cloud computing. Autant je ne suis pas convaincu par Spotify ou Skype avec mon forfait actuel, autant ça pourrait m’intéresser avec un réseau 4G. Mais encore une fois, tout le problème est de faire se rencontrer la demande (les usages et services) avec la bonne offre (le prix des forfaits).

Vers une reconfiguration du marché

Comme nous venons donc de le voir, les innovations que les industriels veulent nous vendre (NFC, 4G…) ne correspondent pas à un réel besoin des utilisateurs, ni une réalité du marché. Si les smartphones sont en fin de cycle d’innovation, ils vont donc basculer dans la case « vache à lait » et devenir des produits de commodité, d’où l’intérêt de surveiller de près les smartphones low-cost.

Une autre solution serait de ne pas miser sur le matériel, mais sur le service. C’est ce que tente de faire Apple avec son nouvel assistant personnel Siri.

Siri, l'assistant personnel de l'iPhone

L’astuce n’est pas de rendre le téléphone plus intelligent, mais de lier le matériel à un service en ligne (l’iPhone ne fait qu’interpréter votre voix et envoyer une requête dans l’attente d’une réponse). À partir de là, libre à Apple d’enrichir Siri avec des applications et services tiers pour vous proposer une interface vocale réellement viable. Pour le moment ce fameux Siri est en mode beta et n’est (en théorie) pas connecté à d’autres services, même s’il est possible de contourner cette limitation : Remember the Milk and Siri on an iPhone 4S Work Together for Reminders.

Outre ce Siri qui fait déjà des émules (Iris Is Sort Of Siri For Android), les constructeurs de smartphones sont donc dans l’impasse. La solution sur laquelle ils semblent tous travailler est d’amener les clients sur les tablettes qui offrent de véritables innovations de rupture : Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicale. Sur le papier, la manoeuvre est mutuellement profitable : les clients retrouvent leurs marques et leurs contenus tout en bénéficiant d’une expérience enrichie, les industriels et opérateurs factures deux machines + deux forfaits + chaque application en double. Le problème est qu’il y a un fort taux de déperdition en route, la promesse des constructeurs est donc de vous proposer une expérience sans couture avec un système d’exploitation et un écosystème de contenus / applications unifié : iOS pour Apple, Android pour Google, BBX pour BlackBerry. Pour le moment Microsoft est encore en train de finaliser le lancement de Windows Phone, mais la convergence avec Windows 8 se précise petit à petit.

Selon ce schéma, Apple se taille la part du lion avec une part de marché écrasante en faveur de son iPad. Tout comme pour les smartphones, Apple défriche et Google récupère le gros du marché en propulsant les machines d’entrée de gamme. Une stratégie intéressante, car elle permet de toucher une population bien plus large (Quel sera l’impact des touchbooks low-cost ?). Mais sur ce coup là, ils devront composer avec Amazon qui vient jouer les trouble fête : Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle. Une solution serait de racheter Kobo (qui se positionne en concurrent direct avec son tout nouveau Kobo Vox), mais la marque appartient au groupe Indigo / Chapters, ce qui risque de poser un problème d’abus de position dominante.

Bref, la situation est loin d’être simple : les relais de croissance du segment des smartphones sont à la fois compliqués à mettre en oeuvre et coûteux à acquérir.

 Conclusion

Revenons à nos moutons et à la question que j’essayais de traiter en début d’article : les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ? Oui, j’en suis persuadé. Nous allons donc entrer dans une phase de rationalisation du marché et de comoditisation de l’offre. Autant vous dire que les marques qui sont encore en train de se poser la question de la pertinence d’une application iPhone ont intérêt à rapidement se décider, car le marché et les usages vont très rapidement évoluer.

Pour ceux qui ont déjà expérimenté une application pour smartphone, l’heure est maintenant à l’industrialisation de leur présence sur les terminaux mobiles. La prochaine étape consistera à s’intéresser de près aux tablettes et aux autres terminaux alternatifs, dont les TV connectées (entre autres).

Récapitulatif des infos estivales 2011

Comme chaque année je vous propose un petit récapitulatif des annonces, évènements et nouveautés que vous avez pu rater durant le mois d’août 2011. Et comme chaque année, les grands de ce monde se mettent tous d’accord pour nous pourrir nos vacances, comprenez par là qu’ils prennent un malin plaisir à annoncer tout un tas de choses pendant la pause estivale !

Toujours plus de fonctionnalités sur les plateformes sociales

Avec tout ce qui s’est passé au cours du mois d’août, je me demande ce qu’ils vont nous sortir d’ici à la fin de l’année. La prochaine grosse annonce va être l’introduction des profils de marques sur Google+, ceci devrait faire augmenter la pression concurrentielle d’un nouveau cran.

Duel au sommet entre Google et Apple pour dominer la mobilité (et un peu Microsoft aussi)

  • LA grosse annonce du mois d’août est le rachat de la branche mobile de Motorola par Google pour plus de 12 milliards de $. Il y a eu quantité de choses écrites sur le sujet aussi je me contente de vous proposer deux liens : Google rachète Motorola Mobile, qu’est-ce que cela change ? et 3 Ways Google-Motorola Doesn’t Make Sense And 5 Ways it Does. Pour bien comprendre les raisons de cette acquisition controversée, imaginez-vous le marché des smartphones comme un échiquier où les industriels tentent de positionner leurs pions (les brevets) pour paralyser l’adversaire (Google, Apple, Microsoft, RIM, Samsung…). Les brevets sont ainsi devenus en quelques années un actif stratégique permettant de bloquer les concurrents comme par exemple Apple qui a successivement bloqué les ventes de la Galaxy Tab en Australie puis en Europe. En mettant la main sur Motorola Mobile, Google récupère près de 17.000 brevets qui vont lui permettre de protéger Android contre les attaques juridiques des concurrents (cf. Mobile Patent Suits Graph). Accessoirement, le rachat de Motorola Mobile offre également à Google la possibilité de maitriser de bout en bout le matériel (tout comme Apple). Attendez-vous donc à voir fusionner la gamme Droid et Nexus. De même, Motorola est un gros constructeur de touchbook et de set-top box, ça tombe bien, Google a de grandes ambitions pour ces deux marchés.
  • Suite à des chiffres de vente décevants, HP abandonne WebOS, le système d’exploitation mobile récupéré avec le rachat de Palm, annonce son intention de se séparer de sa division PC et rachète Autonomy/Interwoven pour 10MM$ (HP To Halt All WebOS Device Development, Confirms Talks To Shed PC Group). Le moins que l’on puisse dire est que ça fait beaucoup de décisions stratégiques en peu de temps, visiblement ils naviguent un peu à vue (Leo Apotheker Has Totally Lost Control Of HP).
  • Microsoft serait sur le point de sortir une nouvelle version de son système d’exploitation mobile Windows Phone (Windows Phone Mango Is Done, Manufacturers Just Need To Release It), mais abandonne ses ambitions concernant les ebooks (Microsoft Reader E-Book System Comes To Its Conclusion).
  • Sinon il y a toujours autant de rumeurs sur le lancement très prochain de l’iPhone 5 et de l’iPad 3 (pour assurer ces pics de commandes, le constructeur chinois Foxconn envisage d’embaucher un million de robots : Foxconn to rely more on robots; could use 1 million in 3 years).

Il semblerait donc que nous soyons rentrés dans une guerre froide pour la domination du marché des smartphones. L’équilibre de la terreur qui vient d’être instauré par Google (« ne m’attaquez pas avec vos brevets et je ne vous attaquerais pas avec les miens« ) réduit le nombre de concurrents à 3 : Google Apple et Microsoft. Les autres industriels semblent en effet bien fragiles face à cette course à l’armement juridique (RIM avec Blackberry, Nokia avec Meego, Samsung avec Bada…).

Google accentue sa domination sur le commerce en ligne

Référencement, comparaison, mobilité, tablettes, proximité… Google est présent sur tous les fronts du commerce en ligne et intensifie encore sa domination. C’est au regard de ces différentes annonces que l’on comprend mieux l’intérêt stratégique de Google Maps.

Annonces diverses des grands de ce monde numérique

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Plus que jamais, les grands acteurs du web US (Google, Apple, Amazon, Facebook…) accroissent leur domination et tire l’innovation vers le haut. Si l’industrie américaine s’effondre (automobile, aérospatiale…), le secteur IT devrait compenser avec des investissements et des ambitions démesurés. Pour en comprendre les implications, je ne saurais que trop vous recommander cet article de Mac Andressen : Why Software Is Eating The World.

Fin des vacances pour moi, la publication des articles sur mes blogs devrait progressivement reprendre d’ici à la fin de la semaine. De même, le lancement du livre sur les médias sociaux que j’écris avec Cédric est toujours programmé pour la fin du mois de septembre.

La fin de l’ordinateur individuel est programmée

Nous sommes en 2011, cela fait donc 30 ans que l’ordinateur individuel a été mis sur le marché (source : Wikipedia). 30 ans que nous utilisons la combinaison unité centrale / écran / clavier / souris. 30 ans de croissance quasi ininterrompu pour les constructeurs et éditeurs de logiciels qui ont bénéficié du phénomène de comoditisation de l’offre (une baisse des prix obtenue par économie d’échelle en vendant des produits quasiment identiques aux entreprises et particuliers).

Le premier ordinateur individuel à grande production lancé par IBM en 1981

Plusieurs signaux du marché sont néanmoins en train de participer au déclin de l’ordinateur individuel tel que nous l’avons connu : l’arrivée à maturité de l’internet et des offres de cloud computing, la montée en puissance des terminaux mobiles et des usages en mobilité.

Avec les annonces de ces dernières semaines, il semble clair que Microsoft, Google et Apple sont en ordre de bataille pour faire basculer l’informatique dans le 21ème siècle. Certes, tout ne s’est pas fait en quelques semaines : Les offres d’Application Service Providers et les smartphones en Asie sont une réalité depuis le siècle dernier (donc bien avant l’apparition du cloud computing ou de l’iPhone / iPad), mais nous y voyons maintenant beaucoup plus clair dans le jeu des grands acteurs de l’informatique et de l’internet.

Les ordinateurs individuels supplantés par les terminaux nomades

Même si de gros progrès ont été réalisés, les ordinateurs ne font plus rêver personne : trop encombrants, trop chers, trop laborieux à maintenir (failles de sécurité, anti-virus, anti-malware…). La solution des industriels a été de créer un nouveau segment pour relancer l’intérêt : les netbooks (cf. Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Mais tout ne s’est passé comme prévu, les netbooks ont fait long-feu car ils étaient incapables de tenir la promesse faite aux consommateurs (l’informatique low-cost). Après 3 années d’égarement, Google parvient néanmoins à proposer aux industriels une offre viable : Avec Chrome OS, Google parie sur le CloudBook.

Les chromebooks représentent donc l’évolution ultime du concept avec un hardware et un software allégé au maximum au service de la simplicité et de la portabilité. Parviendrons-ils à réussir leur pari et convaincre le grand public ? Oui j’en suis persuadé, car l’offre est bien pensée (système de location mensuelle) et que la transition va se faire en douceur auprès des publics les plus réceptifs (étudiants…).-

Le Chromebook de Google, évolution ultime des netbooks

De même, les tablettes tactiles existent depuis près de 20 ans, mais souffraient de gros problèmes ergonomiques. Elles aussi ne parvenaient pas à tenir la promesse d’une informatique nomade et tactile. Il a fallu attendre la sortie de l’iPad pour viabiliser le concept de touchbook. La touche de génie d’Apple a été de simplifier l’interface et surtout de repenser l’outil informatique (cf. Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez).

L'iPad d'Apple

Ainsi ce n’est pas tant le hardware qui a évolué que le software. Apple et Microsoft ont bien compris que le modèle traditionnel du logiciel ne va pas perdurer longtemps, surtout face à la menace de nouveaux entrants comme Google, SalesForce… Il était donc urgent de refondre ce modèle et de tenter autre chose : Software as a Service, mini-applications, services en ligne freemium… (cf. Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels).

Une nouvelle approche de l’informatique personnelle

Entendons-nous bien : il est bien ici question d’informatique pour le grand public, pas pour les contrôleurs de gestion, développeurs… Là encore les nouvelles configurations de marché rendent obsolète l’ordinateur traditionnel. Les usages d’aujourd’hui tournent ainsi essentiellement autour du web et de tout ce qu’il propose : contenus, plateformes sociales, jeux… Or, les offres récemment créées par Apple, Netflix ou encore OnLive nous prouvent que les utilisateurs peuvent se passer des ordinateurs pour consommer des contenus et services.

Tous les jeux dont vous rêvez sont accessibles sans PC avec OnLive

Avec l’avènement de l’internet, l’ordinateur s’est banalisé et n’est plus qu’un moyen d’accès à des contenus et services en ligne. Les utilisateurs valorisent maintenant beaucoup plus l’autonomie et la portabilité que la puissance. L’architecture x86 des processeurs Intel est maintenant supplantée par l’architecture ARM des smartphones et terminaux nomades (cf. 2011, l’année du point de bascule).

Dans cette nouvelle approche de l’outil informatique (plus ludique, plus sociale), Intel a pourtant été précurseur avec le lancement de Meego, un système d’exploitation de « nouvelle génération » qui était destiné à propulser les netbooks (Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks). Un concept qui a été remanié depuis, mais dont nous voyons une autre illustration avec le futur Windows : Microsoft dévoile l’interface tactile de Windows 8.

L'écran d'accueil de l'interface tactile de Windows 8

Cette nouvelle approche de l’outil informatique semble donc parfaitement adaptée aux nouveaux usages des internautes. Mais elle pourrait également fonctionner avec les collaborateurs équipés de terminaux nomades leur permettant d’accéder à leur intranet et les applications qui vont avec. Ont-ils réellement besoin de plus ? Nous ne savons encore pas grand-chose de l’offre pro de Google (baptisée Chromebox) mais elle pourrait bien nous faire envisager à nouveau le modèle client/serveur. Ceci étant dit, c’est un autre débat que je ne souhaite pas entamer dans cet article.

L’avènement du cloud personnel

Nous avions déjà Amazon Cloud Drive, Google Music, et maintenant c’est Apple qui annonce iCloud, son offre de stockage de données en ligne. Le cloud computing n’est maintenant plus réservé aux entreprises, les offres se structurent pour en faire bénéficier les particuliers afin de leur offrir toujours plus de liberté dans leurs modes de consommation.

iCloud, l'offre de personal cloud d'Apple

L’idée maitresse derrière ses offres est la suivante : puisque le piratage rend toujours plus compliquée la vente des licences (musiques, films ou logiciels), les distributeurs et éditeurs se tournent plutôt vers la location (SaaS), l’hébergement (cloud) et la monétisation de l’accès aux contenus (streaming). Le futur Mac OS X Lion ne sera ainsi proposé qu’en téléchargement via le Mac App Store. Non seulement ce modèle permet de verrouiller la chaine de distribution, mais il assure également à l’opérateur de ces services des revenus récurrents (en plus de collecter les N° de carte bancaire de l’ensemble des utilisateurs de Mac).

Après avoir conquis le marché de l’entreprise, le cloud computing s’attaque donc maintenant au grand public et les perspectives sont plus que juteuses : The Personal Cloud Will Be A $12 Billion Industry in 2016.

Les perspectives de croissance du marché du Personal Cloud par Forrester

Avec la banalisation de la bande passante et les premières offres de très haut début, cette tendance ne peut que s’accélérer.

Vers une expérience unifiée pour les clients

Donc si l’on résumé : itunes + App Store + iCloud = des contenus, services et applications disponibles sur tous vos terminaux. La promesse d’Apple n’est plus de vous assurer la meilleure expérience sur smartphone ou sur touchbook, mais sur l’ensemble de vos terminaux. La vision d’Apple rejoint ainsi celle de Google (avec ChromeOS et Android) et celle de Microsoft (avec Windows 8 et Windows Phone). Nous sommes donc bel et bien entrés dans l’ère de l’informatique nomade et polymorphe où les contenus et services sont achetés une fois et consommés en différents endroits.

À ce petit jeu là, celui qui remportera la mise sera celui qui proposera la compatibilité la plus large, donc l’écosystème le plus étendu. Pas étonnant que Google distribue gratuitement ces systèmes d’exploitation, car ce sont autant de points de consommation pour eux : L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon.

Je suis intimement persuadé que nous sommes en train de vivre une transformation dont nous ne mesurons pas encore l’impact. Comme je l’avais senti l’année dernière, le prochain terrain de bataille sera la télévision. Google est déjà très bien positionné (Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV), mais nous pourrions avoir des surprises avec les consoles de jeux, notamment la Xbox de Microsoft avec Live TV ou encore la future Wii U qui propose un étonnant couplage entre une console multifonctions et une manette aux airs de touchbook.

La future Wii U de Nintendo

Tout ceci me fait donc dire que les jours de l’ordinateur individuel sont comptés. La suite à lire ici : Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?.

De la place des smartphones dans notre quotidien

Aviez-vous remarqué à quel point les smartphones occupent une place prépondérante dans notre quotidien ? Autant, vous auriez beaucoup de mal à vivre dans un monde sans téléphone portable, autant les possesseurs de smartphone dans mon entourage n’envisagent plus de vivre tous les jours sans ce formidable outil. Outil de quoi ? De télécommunication, mais également de bien d’autres choses. Et c’est là le principal atout des smartphones de dernière génération : ils font intégralement partie de notre quotidien et participent même à son amélioration. De nombreuses personnes de mon entourage avouent ne jamais éteindre leur smartphone, ils dorment à proximité.

Même si les smartphones ne concernent qu’1/4 des propriétaires de téléphones mobiles, ces usages vont petit à petit se diluer sur des téléphones moins sophistiqués mais qui s’améliorent avec le temps. (cf. Ne négligez pas les smartphones low cost). Outre sa fonction de valorisation sociale, le smartphone a su prouver au grand public son utilité, et le pire dans tout ça, c’est que nous n’en sommes qu’au début…

Le smartphone est le meilleur ami de l’homme (et de la femme) (et des ados)

Les smartphones existent depuis une dizaine d’années, mais l’iPhone, son catalogue d’applications et ses forfaits (quasi) illimités ont permis d’élargir considérablement le spectre d’utilisations (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés) :

Grâce aux smartphone, les utilisateurs restent en permanence connectés (à leurs proches, collègues et graphe social), ils ne sont plus perdus, ils ne s’ennuient plus (musique et jeux), ils sont omnipotents (m.wikipedia.fr) et mieux organisés (nombreuses applications de productivité)…

Comment les smartphones remplacent les autres terminaux

Difficile de se passer de son smartphones, surtout que les occasions sont fréquentes. On dénombre ainsi de nombreux contextes d’usages privilégiés :

  • Au bureau ou en réunion (consultation d’emails et prise de RDV) ;
  • Dans les transports (musique) ;
  • Dans les files d’attente (jeux) ;
  • À la maison (recherches ponctuelles sur le web)…

Avec 350.000 applications disponibles sur l’App Store d’iTunes (et plus de 250.000 sur l’Android Market), il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Toutes les cibles sont ainsi représentées : hommes, femmes, ados, enfants…

Comparaison des places de marché d'applications par OS mobile

Non seulement les capacités techniques des machines évoluent, mais la créativité des éditeurs d’applications va dans le même sens. J’ai ainsi été récemment bluffé par un jeu sur iPhone qui n’utilise que le son : PapaSangre. Mais outre les domaines ludiques, les smartphones vont petit à petit venir s’installer sur des territoires toujours novateurs.

Les nouveaux usages en mobilité

Avec la croissance fulgurante que le segment des smartphones est en train de vivre, le marché s’organise pour fournir un ensemble de services étendant encore plus l’utilisation que nous faisons des smartphones au quotidien.

J’ai déjà parlé des applications de réalité augmentée donc je fais volontairement l’impasse là-dessus.

Il y a tout d’abord une authentique explosion des applications de messagerie groupée, sociale et/ou locale. Kik était précurseur en ce domaine, mais cette application à fait de nombreux émules comme GroupedInBeluga, GoupMe… (cf. Mobile Messaging March Madness). Dans cette série, Yobongo sort du lot en offrant la possibilité de dialoguer avec un nombre limité de personnes qui sont situées dans le même périmètre géographique que vous. Un concept intéressant pour faire tomber les barrières sociales et vous forcer à interagir avec de nouvelles personnes (sur le même principe, il y a aussi Color dont on parle beaucoup : Color Looks To Reinvent Social Interaction With Its Mobile Photo App).

Nous avons ensuite les applications d’informations ambiantes auxquelles on accède grâce aux flashcodes : contenus (magazines), tourisme, commerce, jeux… il existe une infinité de possibilités d’association d’information à un produit ou un service (lire à ce sujet le très complet Future Of Mobile Tagging). La dernière initiative que j’ai retenue est QR4Wine, une base de données de vin doublée d’une plateforme marketing (promotion, fidélisation…).

Des Flash code sur vos bouteilles de vin

Même si vous n’avez pas de lecteur de flashcodes, des applications comme Google Googles fonctionnent sur le principe de reconnaissance de formes et de scènes. Mais nous pouvons aller beaucoup plus loin avec les nombreuses applications de reconnaissance faciale comme Viewdle : This is the Creepy, Super Cool Future of Smartphones and Social Networks.

Illustration de la reconnaissance faciale par une application sociale

Signalons également de gros progrès dans les échanges CtoC avec des acteurs historiques comme Paypal, mais aussi de nouveaux entrants comme Square. Outre un certain nombre de startups, l’arrivée sur ce segment d’acteurs industriels va bouleverser la donne : Banques (j’ai personnellement travaillé sur un projet très ambitieux), opérateurs de paiement (Visa Adds Person-to-Person Payments in U.S.) et opérateurs téléphoniques (La Banque de France a accordé à Buyster son agrément définitif) sont ainsi sur les starting blocks.

Les échanges monétaires entre particuliers est un marché prometteur, mais pas tout neuf. J’ai par contre récemment découvert Zaarly, un service innovant qui permet de faire des offres d’échanges de service spontanées et ponctuelles : Zaarly, Is This The Future of Mobile Money and Markets?.

Illustration du potentiel de Zaarly.com

Derrière ce service, il y a bien plus qu’une application en ligne. La possibilité de solliciter son entourage géographique direct procure ainsi un sentiment de (relative) toute puissance : vous ne faites plus la queue, vous ne portez plus vos sacs… Une fois déployé à grande échelle, un tel service pourrait être un très bon cas d’école dans l’évolution de notre société et de notre rapport aux autres.

Signalons également toutes les expérimentations autour du paiement sans contact : Visa begins trialling iPhone NFC payment solution in Europe, Google’s NFC plan: data sharing, targeted ads, and discounts et NFC in 2011: Wells Fargo Tests Mobile Payments in San Francisco. Tous ces articles font référence à la technologie NFC (Near Field Communication), mais ne vous y trompez pas : les puces NFC ne sont qu’un composant technique nécessaire, mais pas suffisant (cf. Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?).

Dernier domaine d’application dont je voulais vous parler : la capture et l’analyse de données personnelles (autrement appelé Self Tracking ou encore Quantified Self). Vous connaissez déjà le pèse-personne connecté de chez Withings ou radio réveil qui mesure vos plages de rêve de chez Zeo. L’objectif de ces terminaux est de collecter de façon systématique vos données personnelles (sommeil, poids, activité sportive…) afin de suivre vos progressions quotidiennes (avec un principe de social coaching). Tout ceci est très intéressant, mais nécessite le recours à un terminal dédié qui se charge de collecter et transmettre la donnée.

Votre réveil devient votre coach de sommeil

Les smartphones pourraient ainsi se substituer à ces terminaux et servir pour la collecte de vos données personnelles : sur des données « simples » (vous saisissez votre poids) ou des données plus complexes (en connectant un tensiomètre à la prise casque). La saisie pourrait ainsi vous être rappelée quotidiennement par une alerte en mode push sur votre smartphone. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande le blog d’Emmanuel Gadenne qui s’y intéresse de très près ou encore la startup française Quantter.

Il existe de nombreux autres domaines d’application innovants, mais ceux-ci me semblent particulièrement intéressants.

Quels impacts ?

Pour le moment, tout ceci est petit à petit en train de se mettre en place, mais nous commençons déjà à voir dans quelle mesure les smartphones se positionnent au centre de notre quotidien : dans nos usages courants, dans notre travail, dans nos interactions sociales, dans nos transactions, dans notre santé…

La conséquence principale de cet usage croissant va être une augmentation considérable de la valeur émotionnelle des smartphones : on y trouve son carnet d’adresses, mais également ses photos et films personnels, ses fichiers musicaux et jeux… Préférez-vous perdre votre portefeuille que mon smartphone ? Quand les applications de porte-monnaie électronique seront déployées à grande échelle, la question ne se posera même plus !

De ce fait, les smartphones vont être l’objet de batailles toujours plus féroce pour capter l’attention des possesseurs. Il est déjà très complexe d’exister parmi les 350.000 applications de l’App Store, et ce n’est pas près de s’améliorer avec les usages innovants cités plus haut. Il va falloir faire preuve d’une très forte créativité pour proposer un service à forte valeur ajoutée et surtout pour le faire connaitre au marché (car vous ne serez pas le seul).

Pour couronner le tout, cette intensité concurrentielle réévaluée va s’accompagner d’un phénomène de rejet de ces sollicitations par les possesseurs : plus la valeur émotionnelle des smartphones augmente, la tolérance aux intrusions diminue. Il sera donc d’autant plus complexe de toucher les possesseurs de smartphones : une attention encore plus fragmentée, une concurrence encore plus féroce et une tolérance aux sollicitations encore plus faible. Il va falloir sel a jouer fine…

2011, l’année de la désillusion ?

2010 aura été une année riche en nouveautés et en expérimentations. J’ai déjà eu l’occasion de partager avec vous mon enthousiasme quant à cette nouvelle année 2011 où les tendances vont se concrétiser et les marchés émergents vont croitre significativement. La contre-partie de cette maturation va par contre se traduire par une désillusion généralisée sur de nombreux domaines. La raison est toute simple : tout changement ou innovation s’accompagne forcément de fausses promesses ou d’attentes exagérées, ceci est valable pour un certain nombre de domaines comme les médias sociaux, l’entreprise 2.0, le commerce en ligne, les terminaux mobiles…

J’anticipe donc une année 2011 plus réaliste avec des projets moins opportunistes et plus à même de créer de la valeur plutôt que de jouer sur l’effet d’annonce (« regardez ma nouvelle application HTML5 de curation pour l’iPad« ).

Médias sociaux, une inévitable bulle des attentes

J’ai déjà évoqué la bulle des médias sociaux dans mes prédictions 2011 : non pas une bulle spéculative, mais plutôt une bulle des attentes vis-à-vis de ce que le social marketing peut apporter à une marque. Les médias sociaux sont en effet un formidable terrain d’expression et d’échange pour les marques souhaitant entrer en conversation avec leurs clients / prospects dans le but de développer des interactions sociales de proximité et d’améliorer l’offre. Le problème est que l’on voit encore beaucoup trop d’opérations et campagnes dont l’unique but semble être de générer du buzz (ou de faire croire qu’il y a eu un buzz) : Trop de buzz et pas assez de dialogues.

2011 va, selon moi, être l’année du « Et après ?« . De nombreuses marques ont créé leur page Facebook, ouvert des comptes Twitter et diffusé des vidéos virales. OK, et après ? Rassurez-vous, il y a un après, mais il n’existe pas de formule magique : la maturation de la présence d’une marque sur les médias sociaux passera par un douloureux processus menant à une remise en question, plus de transparence, l’acquisition d’une plus grande souplesse dans les processus et offres, l’amélioration de la qualité du service…

Dans le cas des médias sociaux, plusieurs facteurs sont à l’origine de la désillusion :

  • Un grand nombre de prestataires peu scrupuleux prêts à faire n’importe quelle promesse pour remporter des budgets ;
  • Des médias classiques (TV, radio, presse) très maladroits dans leur façon d’aborder les médias sociaux et de les présenter au public ;
  • Des annonceurs un peu désemparés (face à un phénomène à la croissance spectaculaire) qui doivent monter des actions « commando » sous la pression d’actionnaires ou de DG trop impatients de prendre leurs concurrents directs de vitesse.

Attendez-vous donc à définir des objectifs plus réalistes et à surtout mettre en place une feuille de route précise pour structurer votre présence sur les médias sociaux et vous y installer de façon durable. En résumé : moins de buzz et plus de conversations.

Entreprise 2.0, où sont les bénéfices tangibles à la collaboration ?

Les pratiques et outils associés à l’Entreprise 2.0 ont également été générateurs de moults promesses et attentes concernant la circulation de l’information, la productivité et la créativité des équipes. J’avais été parfaitement explicite dans mon article fondateur rédigé en 2007 (Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ?) : il ne suffit pas d’installer les outils, toute dynamique de collaboration doit s’accompagner d’un changement de mentalités / habitudes de travail ainsi que des référentiels d’évaluation et leviers de stimulation des collaborateurs.

J’entends autour de moi beaucoup trop de projets de réseau social interne qui ne prennent pas, car les collaborateurs n’y trouvent pas leur intérêt. Et pour cause : la collaboration se fait au détriment de la performance individuelle. Tant que les collaborateurs seront évalués et rémunérés en fonction d’objectifs quantitatifs individuels, les projets de plateformes collaboratives ou de capitalisation sont voués à l’échec.

Là encore il n’y a pas de mystère : la conduite du changement est un facteur décisif dans la mise en place de pratiques collaboratives. Les outils sont une composante nécessaire, mais pas suffisante.

E-commerce, pas si simple de se démarquer

L’année 2010 aura été une année record pour le commerce en ligne : Bilan du E-commerce 2010. Mais ne vous laissez pas berner par ces chiffres, car la vie n’est pas rose pour les marchands en ligne. Leur quotidien est en effet une lutte incessante contre des marges toujours plus serrées et un coût d’acquisition de trafic toujours plus élevé. La réalité du terrain est la suivante : il est plus compliqué d’ouvrir une boutique en ligne qu’une boutique physique. Quels que soient les produits que vous vendez ou la niche que vous ciblez, la compétition est acharnée et les parts de marché sont très dures à acquérir et conserver. Il existe bien quelques succes stories sur des petits marchands qui ont vu leurs ventes exploser grâce aux médias sociaux et au bouche à oreille, mais ne rêvez pas : ça ne fonctionnera pas pour vous. Ou du moins, la construction d’une communauté avec une composante marchande se fera sur la durée et ne vous permettra pas d’atteindre rapidement un volume de ventes conséquent.

Vous pourriez également me citer le cas des local deals et du succès phénoménal de Groupon. OK et alors ? Il existe des dizaines de clones de Groupon qui dépensent des sommes colossales pour se partager ce petit marché. Non seulement Groupon est devenu un mastodonte, mais le géant Amazon est également rentré dans la danse avec le rachat de LivingSocial.

Moralité : Là encore il n’y a pas de mystère, il faut ramer pour exister. Et ce n’est pas parce que vous avez une page Facebook ou un beau carrousel en Flash sur votre page d’accueil que ça va être plus simple.

Smartphones, un marché encore restreint qui va souffrir de la fragmentation

Voilà plus de 10 ans que l’on nous parle de l’internet mobile. Après des débuts chaotiques au début des années 2000, le marché des services mobiles est enfin en voie de maturation. « En voie de maturation » veut dire que nous n’en sommes encore qu’au tout début. La réalité du marché est la suivante : sur les 55 millions de téléphones mobiles en circulation, seule une petite quantité est réellement capable de consommer des contenus et services en ligne. Les parts de marché des OS mobiles sont en effet très significatives : les possesseurs de smartphones ne représentent qu’une toute petite partie de la population.

Il y a certes eu près de 4 millions d’iPhone vendus en France, mais le renouvellement participe beaucoup à la surévaluation de ce créneau (on parle d’à peine 1,5 M d’utilisateurs actifs d’iPhone). De même, on nous parle beaucoup d’Android, mais les smartphones équipés de l’OS de Google ne sont pas tous égaux et ne sont donc pas à traiter comme un sous-ensemble homogène.

Vous avez lancé une application iPhone l’année dernière ? OK très bien, et après ? Toutes les grandes marques nationales sont déjà présentes sur iTunes, il va donc falloir trouver d’autres leviers de différentiation pour vous démarquer de la concurrence. Une application Android ? Oui pourquoi pas, mais pour quelle version d’Android ? La réalité du marché fait que le « marché » des possesseurs de smartphone est petit à petit en train de se fragmenter entre différents OS (Symbian, iOS, Android, Blackberry OS, Meego, WebOS, Bada…) et différentes versions d’OS.

Là encore, il n’y a pas de mystère : sous-traiter le développement d’une application iPhone à un prestataire spécialisé ne va pas vous aider à aborder sereinement le sujet de la mobilité. Vous devrez mener une réflexion plus profonde sur les véritables besoins des utilisateurs en situation de mobilité (une conversion de votre site web ou boutique en ligne n’est pas forcément pertinente) ainsi que sur la meilleure façon de toucher le plus de monde possible (les applications mobiles en HTLM5 sont une bonne piste).

Touchbooks, la presse en ligne n’est pas encore sauvée

Dans un registre similaire, le lancement en grande pompe de l’iPad en début d’année dernière a suscité les espérances les plus folles concernant la monétisation des contenus. Les touchbooks étaient alors considérés comme la solution ultime à la gratuité des sites web. Producteurs de contenus et éditeurs de presse se sont alors emballés (euphémisme) sur l’appétence du grand public vis-à-vis des applications payantes. Il existe bien des exemples intéressants comme l’application du magazine Wired (qui se vend à 25.000 exemplaires par mois en moyenne), mais il ne suffit pas de proposer une version numérique en téléchargement pour combler la baisse des ventes du papier.

Il y a moins de 500.000 iPad en circulation en France, et tous les possesseurs ne sont pas prêts à payer plusieurs abonnements par mois. Nous verrons bien ce que News Corp va réussir à faire avec le tout nouveau The Daily, mais il n’y a pas de mystère : les utilisateurs ne payeront que pour des contenus de qualité apportant une proposition de valeur différenciante (cf. Une seconde vie pour les contenus digitaux grâce à l’iPad ?).

HTML5 ne remplacera pas Flash (ni HTML)

Dernière nouveauté qui a également engendré beaucoup d’emballement : HTML5. Présenté à tort comme le pourfendeur des technologies propriétaires (avec Flash en ligne de mire), HTML5 est censé être la réponse à tout : vidéo HD, 3D en temps réel, performance des applications en ligne… Mais ce n’est pas parce que nous avons attendu 10 ans cette incrémentation (en passant de la version 4 à la version 5) que le HTML va spontanément régler tous les problèmes de compatibilité, accessibilité, distribution… J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce débat (Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés) et je réitère mes propos : l’adoption d’HTML5 comme standard de conception des pages et interfaces web va se faire sur de nombreuses années, années pendant lesquelles la technologie Flash va continuer de progresser.

Il y a également eu le buzz autour de la balise <video> d’HTML5 qui permet de lire nativement des vidéos HD sans passer par un player en Flash. La promesse est belle (se libérer de la dépendance à la chaine de production / distribution d’Adobe), mais la réalité est plus nuancée : Vidéo HTML5, la guerre des codecs est déclarée.

De même, le W3C a récemment dévoilé le logo officiel d’HTML5 (qu’il faut maintenant appeler HTML), signe que cette nouvelle itération de ce langage vient de passer un cap de maturation. La réalité est que c’est avant tout la technologie qui est maintenant mûre (les spécifications) mais pas forcément le marché. Une très grosse partie des utilisateurs utilise encore Internet Explorer qui ne reconnait pas le HTML5. Non seulement cette tranche des internautes est majoritaire, mais elle va mettre des années avant de s’équiper en navigateur de nouvelle génération (Firefox, Chrome ou IE9).

Le grand public se moque pas mal de ce débat d’expert, il a également beaucoup de réticences à changer ses habitudes (et se remettre ainsi en question). J’ai récemment entamé un vaste chantier de refonte graphique de l’ensemble de mes blogs. Cette refonte graphique s’accompagne d’un travail d’optimisation et de remise à niveau du code-source des pages (en HTML5 et CSS3, visible sur FredCavazza.net, MediasSociaux.fr et MarketingVirtuel.fr). J’ai ainsi reçu un grand nombre de messages me disant « votre site ne fonctionne pas« . Si, mes sites fonctionnent, c’est votre navigateur qui n’est pas à jour. Le problème est qu’il est beaucoup plus simple de critiquer le changement plutôt que de l’accepter (« pourquoi devrais-je changer de navigateur alors que le mien fonctionne bien ?« ).

Bref, tout ça pour vous dire que malgré tout le bien que je pense d’HTML5 et des technologies qui vont avec, le marché va mettre plusieurs années avant de se renouveler et de pouvoir en profiter. Donc pas de mystère : il va falloir encore composer avec HTML4 et Flash pendant de nombreuses années.

Pas de mystère, il faut bien travailler

En conclusion, je ne ferai que répéter ce qui est écrit plus haut : suite à l’émergence de nombreuses nouvelles pratiques et technologies, une bulle des attentes s’est formée autour des opportunités promises par des prestataires peu scrupuleux. Cette bulle va fatalement s’effondrer dans un futur proche (probablement cette année) et ramener le marché à la réalité. Au final ce n’est pas une si mauvaise chose, car cela va permettre de faire le ménage dans cette horde d’opportunistes qui entrainent les annonceurs sur des terrains glissants.

J’insiste cependant sur le fait qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Si nous allons devoir passer par une phase de débisounoursisation (l’abandon d’une vision « bisounours »), les opportunités offertes par les nouveautés / évolutions décrites plus haut sont bien réelles. Elles seront par contre plus complexes à saisir que ce que l’on veut bien admettre. Au travail !

Un nouveau blog sur les terminaux alternatifs

Voilà un petit bout de temps que j’ai envie de publier un blog sur la mobilité, en fait depuis la sortie de liPhone. Puis est sorti l’iPad. Puis l’innovation a commencé à s’accélérer. Puis j’ai eu envie de faire quelque chose de plus ambitieux. Je concrétise enfin mon projet avec l’ouverture d’un huitième blog consacré à la mobilité et aux terminaux alternatifs : TerminauxAlternatifs.fr.

Ce blog vient tout juste d’ouvrir et  je me suis surtout concentré sur la ligne éditoriale, voilà pourquoi le thème graphique est… perfectible. Le point de départ de ce blog est le suivant : depuis la sortie de l’iPhone et de l’iPad, le marché est hypnotisé par ces deux machines et en oublie la diversité des terminaux offrant une alternative aux ordinateurs traditionnels. Il existe ainsi un grand nombre de formats possédant tous des caractéristiques / avantages / contraintes bien distinctes, qui offrent des opportunités liées à des contextes d’usage différents. L’objectif de ce blog sera de vous aider à mieux comprendre et appréhender les usages liés à ces différents formats de terminaux.

Pour fêter l’ouverture de ce nouveau blog, et vous aider à vous y retrouver, je vous propose d’en découvrir le premier article qui dresse un Panorama des terminaux alternatifs :

Comparaison des différents formats de terminaux alternatifs

Je m’efforcerais sur ce blog de vous expliquer, décrypter et démystifier ces différents formats de terminaux alternatifs ainsi que la multitude de types de contenus et services qui y sont associés. Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à vous abonner au flux RSS ou à la newsletter.

Bilan de 10 ans d’interactivité

Hier soir j’étais sur le plateau de Canalchat pour une émission dont l’objectif était de faire un bilan de l’interactivité sur ces 10 dernières années (retransmission vidéo disponible ici : Faire le bilan de 10 ans d’interactivité). Il y a eu de nombreuses digressions lors de ce plateau et ça m’a donné envie de faire un petit bilan et surtout de confronter mon ressenti au votre.

En 10 ans tout a changé, mais rien n’a changé

10 ans ça représente une période considérable à l’échelle du web. Il s’est passé un  nombre de choses considérable au cours de cette décennie et le web de l’époque ne ressemble plus du tout au web d’aujourd’hui. Mais en est-on réellement certain ? Ces derniers mois, je me lasse d’entendre des « spécialistes » marteler que le web a changé du tout au tout et que la révolution est en marche. De mon point de vue, cette révolution est plus une évolution permanente qui a commencé dès les premiers jours du web. Oui il y a bien eu des grands tournants (nous y reviendrons) mais les fondamentaux de l’internet de 2010 étaient déjà présents en 2000.

Prenons ainsi l’exemple de Facebook : Je ne remets pas en cause le fait que c’est aujourd’hui un acteur incontournable du web, mais le principe des réseaux sociaux n’est pas neuf car des sites comme SixDegrees.com existaient déjà en 1997 (j’y avais un profil avec des contacts dans le monde entier). FourSquare nous est également présenté comme la révolution du mobile, mais ce type de service existait déjà il y a 10 ans au Japon avec l’i-Mode (je ne me souviens plus trop du nom du service mais il était possible de faire un check-in dans un quartier pour voir qui de vos amis était dans le coin et disponible pour boire un coup ou déjeuner). De même, on nous parle du social marketing comme la révolution de la gestion de la marque, et pourtant le Cluetrain Manifesto a été rédigé en 1999 (« Les marchés sont des conversations« ).

Loin de moi l’idée de jouer les vieux cons, mais je croise énormément de services en ligne et de start-up qui ne font que recycler des concepts déjà présents ou expérimentés. Après, tout est une question d’adéquation de l’offre avec le contexte et la demande.

Les grandes réussites de la décennie

Je n’ai pas le courage de me lancer dans une énumération exhaustive des réussites de ces dix dernières années aussi je me contenterais de me concentrer sur celles qui me semblent les plus éclatantes :

  • La suprématie de Google, qui a su imposer son moteur de recherche (de façon écrasante en France) et son modèle économique (Adwords, Adsens…). Quoi que vous puissiez dire sur les 500 millions d’utilisateurs de Facebook, Google est à mon sens le roi de l’internet et il n’a pas volé sa place. Reste pour Google de nombreux défis à relever (SaaS, Android, TV…).
  • La pérennisation d’Amazon qui était déjà dans les années 2000 une référence en matière de commerce en ligne et qui semble plus puissant que jamais avec un catalogue toujours aussi vaste et un service toujours aussi impeccable (nous verrons bien ce qu’ils vont faire de Zappos et du Kindle).
  • Le lancement de l’iPhone qui a véritablement fait exploser le segment de smartphones grand public et viabiliser le concept de marketplace d’applications et jeux mobiles. Il leur reste également de nombreux challenges à réussir (iPad, contrôle de son modèle de distribution…).
  • Le Web 2.0 et ses nombreux services emblématiques (blogs, YouTube, Wikipedia, MySpace…). Même si le terme est tombé en désuétude, les pratiques collaboratives, participatives et les mashups font maintenant partie de notre quotidien.
  • Second Life et son parcours très chaotique (cf. Grandeur, décadence, résurrection, sublimation et transformation de Second Life). Quoi que vous puissiez en penser, cet univers virtuel est une authentique réussite et il est plus viable que jamais (cf. Usages stables et croissance économique pour Second Life).
  • Le phénomène Twitter qui intrigue et passionne toujours autant. Même si Twitter n’affiche pas le même taux de croissance que Facebook, même s’il est toujours aussi complexe à appréhender pour les néophytes, ce service de Microblogging a selon moi modifié de façon durable notre rapport à l’information et a développé de nouvelles pratiques et opportunités liées à la communication en quasi-temps réel. Bon par contre il a aussi un impact non négligeable sur l’égo dont on ne mesure pas encore la portée (cf. Je tweet donc je suis. Heu… je suis quoi déjà ?)

Ceci est mon appréciation personnelle (après tout c’est à ça que sert un blog), je vous laisse le son de compléter cette liste…

Les grands flops de la décennie

C’est à la fois difficile et délicat de revenir sur les échecs de ces 10 dernières années car je ne veux pas me prêter à un jeu de massacre. Je vais donc me contenter de thèmes génériques :

  • La chute d’audience des portails. Il y a 10 ans les champions de l’audience s’appelaient Yahoo!, MSN ou encore AOL (surtout aux USA). Aujourd’hui ils ne sont plus que des acteurs de seconde zone évoluant en coulisse. Bien évidemment ils brassent encore une audience considérable mais leur lectorat est plus que largement entamé par des plateformes sociales présentant plus de valeur aux yeux des internautes. Facebook est ainsi devenu le nouveau concentrateur de contenus et de services (nous y reviendrons).
  • Les difficultés des modèles payants. Il a fallu 5 ans (de 2000 à 2005) pour éduquer le marché et faire comprendre aux internautes que pour avoir un service ou du contenu de qualité il fallait payer. Et il a fallu 5 ans pour que Facebook déstabilise cet équilibre avec sa politique du tout gratuit : Publication, partage de photos et vidéos, drague, retrouvailles de camarades du collège… Je pense qu’il n’est pas faux de dire que Facebook a bâti son audience en récupérant les utilisateurs de services payants comme CopainsDavant ou Meetic. Je me suis déjà longuement exprimé sur la fragilité de Facebook et je reste persuadé qu’il y aura un prix à payer pour tous ces services gratuits (un billet en préparation à ce sujet).

Je vais me limiter à ces deux thèmes mais vous êtes encore une fois libre de me donner votre ressenti sur les échecs de la décennie.

À quoi vont ressembler les dix prochaines années ?

Il est difficile de se lancer dans des prédictions à long terme (je préfère celles à court terme), mais je suis néanmoins persuadé que trois thèmes sortent du lot :

  • La mobilité qui va nous faire consommer de plus en plus de contenus et services sur des terminaux alternatifs (moins de temps passé devant votre ordinateur et plus de temps avec votre smartphone, touchbook… cf. 2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?). Cette nouvelle répartition des terminaux va impacter de façon significative les usages car en l’absence de clavier et souris, l’utilisateur se retrouve dans une position de consultation beaucoup plus passive qu’avec un ordinateur. Il va donc en résulter une perte de la suprématie de la recherche (donc de Google) au profit de la découverte (donc des éditeurs / distributeurs de contenus).
  • Les pratiques sociales qui vont petit à petit se diluer sur l’ensemble des sites et services. Il y a fort à parier que les internautes vont ainsi passer un peu moins de temps sur les plateformes sociales (Facebook) et un peu plus de temps là où se trouvent les contenus et services (et où se trouveront également les fonctions sociales). Reste encore à résoudre le problème de l’identité numérique et de la gestion d’un profil unifié (et sur ce point là je pense que Facebook est sur la pente descendante).
  • Le cloud computing qui va prendre une place de plus en plus importante dans nos usages quotidiens (ex : Gmail qui a révolutionné l’email). Il y a sur ce domaine deux terrains sur lesquels le cloud computing devra faire ses preuves : Le monde de l’entreprise avec des applications et des données hébergées en dehors du domaine de confiance ; l’entertainement avec des contenus stockés dans les nuages pour éviter les contraintes de stockage et simplifier la gestion des droits (j’attend avec impatience ce qu’Apple nous réserve avec le rachat de Lala).

Voilà, je m’arrête là car je préfère rester à un niveau abstrait et ne pas parler de services ou acteurs en particulier. Ainsi se termine mon modeste bilan de ces dix dernières années, j’adorerais confronter mon point de vue au votre alors n’hésitez pas !

Arrivée à maturité des smartphones grand public

Saviez-vous qu’il y avait 10 fois plus de téléphones en circulation dans le monde que d’ordinateurs ? Rien qu‘au premier trimestre 2010, se sont plus de 55 millions d’unités qui ont été vendues dans le monde. La France arrive en seconde position sur le marché européen avec une croissance de près de 50% en une année (La France affiche une des plus fortes croissances du nombre d’abonnés équipés d’un smartphone en Europe). Ces chiffres sont impressionnants, d’autant plus que les smartphones ne sont pas des gadgets vendus seuls, ils sont indissociables de leur forfait et des nombreux services qui vont avec.

Introduit dans un premier temps auprès des populations professionnelles qui souhaitaient pouvoir consulter email et agenda en situation de mobilité, les smartphones semblent maintenant s’orienter vers une nouvelle cible : Le grand public. Autant les terminaux de chez BlackBerry ou Nokia sont ainsi très clairement conçus pour coller aux besoins des pros, la nouvelle vague de terminaux ambitionne de séduire une population totalement différente. Autant les BlackBerry ont tout de suite trouvés leur cible, autant les constructeurs se sont cassés les dents à plusieurs reprises avec des terminaux qui n’ont pas su convaincre (Nokia N-Gage, Motorola RockR, Danger Sidekick…).

Il aura fallu attendre 2007 et l’arrivée de l’iPhone sur le marché pour bien cerner l’équation magique : Un terminal de qualité, un forfait data illimité, des applications tiers distribuées au travers d’une marketplace. Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un avant et un après iPhone. OK… et maintenant ? Maintenant les industriels sont sur le pied-de-guerre pour trouver et déployer une alternative viable à l’iPhone.

Google et BlackBerry à la traine derrière l’iPhone

Le concurrent le plus visible de l’iPhone est pour le moment Google avec son système d’exploitation mobile Android. Distribué librement auprès des constructeurs, Google a rapidement été confronté à deux gros problèmes :

  • La prolifération de nombreuses versions de l’OS (donc autant d’effort à fournir pour la maintenance) ;
  • Des terminaux aux caractéristiques divergentes qui ralentissent l’innovation.

Assez rapidement les équipes de Google sont arrivées à la conclusion que s’il voulait rattraper leur retard sur l’iPhone, il leur fallait maitriser la partie software mais également la partie hardware. Ils se sont donc lancés dans la conception et la distribution du Nexus One, vaisseau amiral de l’offre Android. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu et le modèle de distribution en ligne choisit par Google a très vite montré ses limites (ils n’avaient même pas prévu de service client). Aujourd’hui ils ont revu leur copie et s’orientent vers un circuit de distribution plus traditionnel.

Le smartphone de Google
Le smartphone de Google

OK très bien, mais où est l’innovation par rapport à l’iPhone ? Malgré des caractéristiques techniques alléchantes, la proposition de valeur reste assez faible et les leviers de différenciations manquent à l’appel. Ce n’est donc pas un hasard si les utilisateurs de terminaux Android achètent deux fois moins d’application que les utilisateurs d’iPhone. Il reste encore du chemin à faire pour qu’Android et les terminaux exploitant cet OS parviennent à se différencier de l’iPhone.

Pour BlackBerry la situation est différente car ils bénéficient d’une solide réputation dans le monde de l’entreprise. Leur dernière campagne de publicité illustre pourtant un changement de stratégie ou du moins un élargissement de la cible :

J’étais extrêmement sceptique quand à cette nouvelle orientation (quel jeune aurait envie de s’afficher avec le smartphone de « papa » ?) mais une discussion avec Alexis Trichet d’Orange m’a persuadé du contraire : Le succès de BlackBerry repose en grande partie sur son système de messagerie très robuste. Or, qui sont de gros consommateurs de messagerie instantanée ? Bingo : Les jeunes qui trouvent dans ce terminal (avec son clavier physique et son offre de messagerie illimitée) le canal ultime de discussion et d’interactions sociales. Le marché est en tout cas plus que favorable et la proposition de valeur de la plateforme BlackBerry va petit à petit s’enrichir avec le lancement récent d’une marketplace d’applications.

Toujours d’après Alexis Trichet, la richesse de la place de marché est un bon signe de la maturité d’une offre, ou plutôt du dynamisme de son écosystème. Les 2.000 applications disponibles sur l’OVI Store de Nokia font ainsi pâle figure face aux 200.000 applications disponibles sur l’App Store. Mais les applications ne font pas tout et la première alternative viable nous vient d’un concurrent inattendu.

Microsoft (et Nokia) : Un pari sur les plateformes sociales

C’est Microsoft qui a ainsi surpris tout le monde avec l’annonce de sa plateforme Windows Phone puisqu’en complète rupture avec l’ancêtre Windows Mobile qui semble dater du siècle dernier. C’est donc une copie entièrement neuve que Microsoft propose avec sa gamme Kin : Deux terminaux à la forme particulière et un système d’exploitation de nouvelle génération à l’interface remarquable.

Kin, Le smartphone grand public de Microsoft
Kin, Le smartphone grand public de Microsoft

Non seulement Microsoft innove avec un hardware en rupture avec l’iPhone et sa légion de copies, mais ils ont en plus retenus les leçons du passé avec une gamme très restreinte pour simplifier le choix. Au niveau de l’interface (Windows Phone 7), là encore il y a eu un travail considérable pour proposer une expérience différente de l’iPhone avec un écran d’accueil mélangeant raccourcis et social stream ainsi que des micro-applications propulsées par Silverlight (la technologie d’interfaces riches made in Microsoft) :

L'interface grand public Windows Phone 7
L'interface grand public Windows Phone 7

Ce couple hardware / software est de plus complété par une couche sociale très intéressante (SpotStudio) qui permet aux utilisateurs de partager photos, vidéos, messages… C’est donc avec une offre entièrement neuve et particulièrement complète que Microsoft ambitionne de conquérir le segment des jeunes en bénéficiant de l’héritage du SideKick (racheté par la firme de Redmond en 2007).

Partagez vos photos et vidéos sur Kin Studio
Partagez vos photos et vidéos sur Kin Studio

Nous retrouvons un principe similaire lancé par Nokia il y a quelques années avec leur plateforme sociale Lifeblog qui permet également de partager tout un tas de trucs. Sur ce terrain là, nous sommes d’ailleurs toujours en attente d’une stratégie unifiée de la part d’un acteur qui a dépensé sans compter pour acquérir des plateformes sociales mobiles (notamment Plazes et Loopt). Même si Nokia n’est pas reconnu pour ses compétences en matière d’exploitation de services en ligne (euphémisme), je ne peux pas croire qu’ils n’ont pas une idée derrière la tête…

iAd, l’arme secrète d’Apple ?

Le marché s’organise pour rattraper leur retard sur Apple, mais le géant de Cupertino compte bien garder son avance avec la future quatrième version de son iPhone OS et notamment iAd, la plateforme publicitaire « maison ». Pour le moment nous ne savons pas grand chose de l’offre iAd, si ce n’est la démonstration montrée lors de la dernière keynote, mais il semble clair que les smartphones ouvrent d’innombrables possibilités en matière de marketing et de ciblage. Les rachats récents de QuattroWireless et AdMob (respectivement par Apple et Google) illustrent le potentiel de ces machines à large écrans capables de géolocaliser et d’alerter en push leurs utilisateurs.

Non, je ne pense pas que l’industrie se contentera d’adapter les bannières à la taille d’écran. Nous parlons ici de mécanismes de ciblage comportementaux très sophistiqués qui risquent bien d’effrayer les porteurs de smartphones. J’anticipe ainsi des offres plus subtiles où les opérations de promotion et autres messages commerciaux seraient habillement noyés dans l’interface et ne perturberaient pas l’expérience d’utilisation. OK, mais tout le monde ne s’appelle pas Pixar et la majeure partie des annonceurs ont plus d’un film à vendre tous les deux ans.

Les observateurs avertis sont ainsi plus que mitigés face à cette offre « révolutionnaire » (Memo To Steve Jobs: The iAd Is No Miracle Worker). Nombreux sont les développeurs à se plaindre de la rigidité du modèle de distribution de l’App Store, en sera-t-il de même pour les annonceurs désirant exploiter l’iPhone ? Il y a de fortes chances, d’autant plus que l’on parle d’un ticket d’entrée à 1 million de $ !

A partir de là, nous pouvons envisager une configuration de marché où les régies, agences et annonceurs vont plutôt s’orienter vers d’autres plateformes plus ouvertes. Comme… Android par exemple. Ça tombe bien puisqu’en plus Android est maintenant capable de faire tourner du Flash (le format de référence pour les annonceurs). Ça tombe bien puisque Android devrait également être le système d’exploitation qui fera tourner la futur Google TV.

Heu… quel rapport entre Flash, la TV et les smartphones grand public ? La taille critique bien sûr ! Là où Apple déploie des efforts considérables pour verrouiller le segment supérieur, Google ambitionne d’inonder le marché avec une plateforme commune mobile / TV qui fédère les développeurs (autour du noyau Linux d’Android), les constructeurs (qui peuvent exploiter un système d’exploitation gratuit avec un potentiel reversement de revenus publicitaires), les annonceurs (qui ont déjà l’habitude de travailler avec Google) et les utilisateurs (qui font confiance à la marque Google).

Conclusion : La compétition va au-delà de la mobilité

L’avenir de la mobilité est-il au smartphone ? Oui et non. Oui car ces terminaux sont de véritables mines d’or en termes d’usages et de ciblage, non car ils ne sont pas à la portée de tous. La course à l’armement que sont en train de se livrer les constructeurs réduit petit à petit le marché cible à mesure que le prix des terminaux augmente. Gardez bien à l’esprit que le gros du marché est encore équipé de terminaux basiques et qu’il y a de grosses opportunités à saisir avec la moitié inférieure du marché. C’est ce que Qualcomm a compris en développant un système d’exploitation pour les feature phones (nom de code : Brew).

Je ne suis pas devin mais j’ai comme l’impression que c’est la taille qui va encore une fois départager les compétiteurs. La plateforme Android de Google est en forte phase de croissance et le fait de la coupler à d’autres types de terminaux (touchbooks, Google TV…) ne va faire qu’accélérer ce phénomène. Les lecteurs attentifs auront remarqués que Google est tranquillement en train de nous faire ce que Microsoft n’a pas réussi : Sortir des ordinateurs et inonder les appareils électroniques de notre quotidien (même les compteurs électriques intelligents !).

Ordinateur + mobile + TV, le triptyque magique qui fait saliver les annonceurs (et les actionnaires). Microsoft s’y ai cassé les dents (avec Windows Mobile et Windows Media Center), Apple aussi (avec l’Apple TV), Google a-t-il plus de chance de réussir ? Difficile à dire pour le moment. En tout cas la possibilité de piloter une campagne d’acquisition multi-supports auprès d’un guichet unique est sacrément alléchante. Et indirectement cela peut également intéresser le grand public qui pourrait s’équiper à bas prix avec des terminaux semi-subventionnés par de la publicité ciblée.

Oui je sais, tout ceci est un peu flippant et je ne me réjouis pas trop à l’idée d’être ciblé au quotidien en fonction de ce que je consulte sur mon ordinateur, mon smartphone ou ma TV. Quelle sera la prochaine étape : Ma console de jeux ? Ma voiture ?

C’est marrant comme j’ai un mal fou à finir cet article, j’ai démarré en parlant des smatphones et je ne parviens pas à re-boucler sur ce sujet. Peut-être est-ce parce que l’avenir de la mobilité se situe ailleurs ? Ou du moins peut-être que les leviers de conquête et de domination se situent ailleurs.

MàJ (01/07/2010) : 6 semaines après le lancement de son produit, Microsoft a décidé de stopper la commercialisation du Kin pour se concentrer sur la gamme Windows Phone 7 (cf. Microsoft Is Killing The Kin). Décidément, le Danger est maudit !