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Deux prédictions supplémentaires pour 2010

A la suite d’une précédente série de 10 prédictions pour 2010, je vous en propose ce soir deux de plus pour pimenter le débat. Vous noterez que sur ces deux nouvelles prédictions la prise de risque est importante, mais c’est à ce prix que l’on génère des discussions intéressantes.

11/ Effondrement du segment des netbooks

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous parler des netbooks, et d’insister lourdement sur la caractéristique essentielle pour moi de ces machines : ce sont plus de gros smartphones que de petits ordinateurs. Du moins c’est la ligne qu’auraient dû suivre les constructeurs. Au lieu de quoi ils se sont fourvoyés dans un positionnement ambigu dont ils sont le secret (”c’est comme un ordinateur mais en plus petit et en moins cher“). Résultat : des promesses non tenues, des utilisateurs déçus et un marché qui est tiré vers le bas (”pourquoi payer 1.500 Euros pour un ordinateur alors qu’à 500 euros j’ai un netbook dernier cri ? 1.000 c’est suffisant“). Aujourd’hui les ventes de netbooks sont toujours fortes, mais elles se font forcément au détriment d’autres segments qui souffrent (les laptops premier prix) et que les distributeurs sont obligés de solder. Plutôt que de chercher à développer un nouvel usage mobile (et donc un produit complémentaire à un ordinateur “classique”), ils se sont tirer une balle dans le pied en phagocytant leurs propres produits pour pouvoir faire des ventes rapidement. Grosse erreur.

Aujourd’hui je trouve que le segment des netbooks ne ressemble plus à rien avec des machines affichant des écrans de plus de 12 pouces de diagonale et des prix de vente qui dépasse les 1.000 € (pour le dernier Vaio X). Il n’était pourtant pas très compliqué de se différencier en proposant des machines légères et connectées en permanence… mais non, les constructeurs ont préféré pratiquer la surenchère technologique (plus gros disques durs, processeurs et cartes graphiques plus rapides, écrans plus grands…). Et où tout cela nous mène-t-il ? Nulle part. Je suis volontairement très critique car je suis un supporter de la première heure des netbooks (j’en possède plusieurs) et parce que je me désole de voir l’industrie s’enliser petit à petit dans un bourbier duquel elle ne pourra pas se sortir : l’informatique low-cost.

Qu’à cela ne tienne, puisque les netbooks sont maintenant associés dans l’inconscient collectif à de petits ordinateurs décevants, il est tant de trouver un autre nom à ce concept novateur (à mi-chemin entre informatique et mobilité). 2010 sera donc pour moi l’année du déclin pour les netbooks qui se feront voler la vedette par les touchbooks (à mi-chemin entre tabletPC et netbooks). Pour le moment l’offre est encore en phase de maturation (avec des terminaux qui se cherchent une place – cf. la triste fin du CrunchPad – et qui doivent avant tout éduquer le marché) mais le futur touchbook d’Apple devraient mettre tout le monde d’accord, attendez-vous donc à un réalignement du marché dès sa sortie (tout comme les constructeurs de smartphones se sont tous réalignés sur l’iPhone).

Autre facteur de déclin pour les netbooks : l’arrivée des smartbooks. Plutôt que de nouveau marché, je préfère parler de nouvelle niche pour ces machines à mi-chemin entre smartphones et netbooks : Smartbooks, a new class of mobile device.

Le smartbook de Qualcomm

Le smartbook de Qualcomm

Le principal promoteur de ce type de terminaux est Qualcomm, le fabriquant de puces qui équipent ces belles machines combinant “la simplicité et la connectivité des smartphones avec la puissance et l’ergonomie des ordinateurs portables pour vous permettre de surfer, travailler et jouer toute la journée où que vous soyez“. Derrière ce concept, il y a SnapDragon, une famille de processeurs moins gourmands et bien adaptés aux usages mobiles. Cette nouvelle génération de machine devrait ainsi permettre la mise sur le marché des machines moins ambitieuses que les netbooks (qui sont censés faire aussi bien que leur grand frère, sans jamais y parvenir) mais avec une proposition de valeur tout à fait réaliste. Plutôt que d’informatique low-cost, il est plus question d’informatique low-profile. “Low-profile”, c’est justement le positionnement adopté par Google pour son futur Chrome OS (dont vous pouvez lire une analyse fort juste ici : Chrome OS, le PC killer de Google – via JM Billaut – “Google place la barre suffisamment bas pour ne pas créer de frustrations chez les premiers utilisateurs“).

SnapDragon + Chrome OS, le binôme gagnant ? Pas certain car le futur OS de Google n’est pour le moment pas capable de tourner sur cette famille de processeur… pour le moment ! Mais nous en reparlerons en fin d’année prochaine.

12/ Perte de l’aura médiatique et enrayement de la croissance pour Facebook

Même si je suis un utilisateur régulier, j’ai toujours été sceptique quant au modèle de Facebook (souvenez-vous de Pourquoi je ne crois plus en Facebook rédigé en 2007 – ils n’ont fait que repousser l’échéance). Après une croissance fulgurante en un temps record, 2010 sera l’année qui marquera la fin du conte de fée. “Conte” ? Mais oui enfin, car dans quel monde est-il possible de proposer une plateforme entièrement gratuite où l’on peut stocker des milliards photos, des centaines de millions de  vidéos, draguer, déconner et réseauter à tout va ? La course à la croissance n’est malheureusement pas une fin en soi et il faudra bien payer la facture un jour. Facture que des services comme Meetic ou CopainsdAvant sont capables de payer car ils ont modèle freemium, mais qu’en est-il de Facebook ?

Vous pourriez me répondre que maintenant ils ont un cash flow positif… OK et alors, qui va rembourser la dette ? Et surtout qui va fournir les liquidités pour construire et équiper de nouveaux data-centers ? L’équation est très simple : pour absorber la croissance, Facebook a besoin d’un nouveau data-center tous les ans, sachant qu’il y a les autres à faire tourner et à maintenir. Le seul moyen qu’ils ont trouvé pour y arriver est d’ouvrir leur capital à des investisseurs. Mais tout le monde sait que troquer son capital social pour payer des frais de fonctionnement est une aberration (si vous n’en êtes pas convaincu, demandez donc aux survivants des start-ups des années 2000).

Vous pourriez également me dire que Facebook est assis sur une montagne de dollars avec le très juteux marché des social games, mais nous savons maintenant ce qu’il en est : Scamville, ou pourquoi les social games ne sont pas la poule aux oeufs d’or. Pour résumer une longue histoire, disons qu’une bonne partie des revenus mirifiques des éditeurs de social games provenait en fait de réseaux quasi-mafieux et que la nouvelle charte de bonne conduite adoptée à contre-cœur par les réseaux sociaux va faire radicalement baisser le potentiel de revenus de cette niche.

Autre problème, et de taille, pour Facebook : sa communauté. Autant ils sont fiers de crier sur tous les toits qu’ils sont la troisième plus grosse population sur notre planète (plus de 350 millions de membres), autant force est de constater que cette masse d’utilisateurs est difficilement contrôlable : au moindre changement elle exerce une pression tellement forte que Mark Z. est obligé de faire des acrobaties pour plier sans en avoir l’air. Il nous a ainsi démontré sa faiblesse vis à vis d’utilisateurs devenus très exigeants (ne me demandez pas pourquoi, mais il est reconnu que les utilisateurs sont toujours plus exigeants avec un service gratuit). Toujours est-il qu’avec la dernière version des CGU, les équipes de Facebook se prennent non seulement une tôlée de la part des utilisateurs, mais également de la blogsophère (cf. The Facebook Privacy Fiasco Begins, Zuckerberg Changes His Own Privacy Settings, Is Facebook unethical, clueless or unlucky?, Facebook’s Great Betrayal…).

Bref, 2010 sera selon moi l’année du basculement pour Facebook qui va devoir se faire violence pour trouver de nouvelles sources de revenus afin de financer sa croissance. Or, de nouvelles sources de revenus veut dire jouer avec les données confidentielles des membres, donc s’exposer à de fortes critiques, donc perdre de son aura médiatique, donc baisser les revenus publicitaires, donc devoir prendre plus de risques… Un début de descente aux enfers pour Facebook ? Non pas réellement, plutôt un retour sur terre, là où il y a des factures à payer et des concurrents qui ne lui feront aucun cadeau. Et ceci ne risque certainement pas de s’arranger avec la sortie prochaine du film (ils appellent ça un “biopic“) qui risque de réduire encore plus la marge de manœuvre.

La grande question est donc la suivante : Facebook est-il condamné ? Oui bien sûr, mais ça je vous l’avais dit il y a deux ans. Donc je le répète : pour s’en sortir, Facebook devra changer radicalement de stratégie à court terme et monétiser au plus vite sa base d’utilisateurs. Pensez-vous que cela va plaire à la communauté ? Il a fallu un peu moins d’un an aux membres de Friendster pour migrer vers MySpace il y a 5 ans. À votre avis, combien de temps faudra-t-il aux membres de Facebook pour migrer vers une autre plateforme ?

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Voilà, c’en est fini pour mes prédictions 2010, je vous donne donc rendez-vous en fin d’année prochaine pour faire le point.

Mes 10 prédictions pour 2010

L’année 2009 n’est pas tout à fait terminée mais j’attaque dès maintenant ma série de prédictions pour l’année prochaine. Comme vous pourrez le constater, la majeure partie de ces prédictions tourne autour de deux thématiques qui me sont chères : les jeux et les médias sociaux. Il y a également une tendance de fond que je n’aborde pas car j’ai déjà publié un article à ce sujet (la réalité augmentée sur mobile).

1/ Bataille autour des infrastructures et protocoles

Après avoir lancé (et fermé) des dizaines de services, les grands de ce monde semblent maintenant bien décidés à étendre plus encore leur présence en s’attaquant aux infrastructures (investissements massifs dans des data-centers) et également aux protocoles. C’est ainsi que Google a cette année proposé un nouveau protocole pour Wave, mais aussi une variante de HTTP (SPDY) et même son propre DNS (Google Public DNS). Ils ont également racheté Gizmo5 (spécialisé dans la VoIP). Et vous pensez que Microsoft, IBM, Amazon et cie vont rester sans rien faire ? Attendez-vous donc à une série d’acquisitions / innovations dans les infrastructures et les protocoles.

2/ Retour en force de la TV

Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros truc qui traine (ou pas) dans un coin de votre salon. Et bien figurez-vous que ce boitier risque bien de redevenir cool grâce au web et à l’ensemble de services qu’il est possible de porter dessus (cf. La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie). Mieux, de nouveaux modèles sont à inventer pour pouvoir tirer partie des spécificités de ces deux supports (votre ordinateur avec son clavier, sa souris… et votre télévision avec son bel écran HD).

Internet dans votre TV

Internet dans votre TV

C’est ainsi que l’on va commencer à voir des choses très intéressantes du côté des grandes chaines (MyTF1), des fournisseurs d’accès (Orange Box V.2, Freebox V.6…) et même des services en ligne (avec des contenus 3D). Bref, si la France n’a pas eu la chance d’avoir sa TiVo, les téléspectateurs / internautes risquent d’être gâtés en 2010 avec de nouveaux services hybrides très intéressants (web + TV).

3/ Explosion du marché des livres électroniques

Inutile de vous (re)faire l’article sur le Kindle ou sur ces concurrents. Maintenant que la technologie d’encre électronique est au point, reste à trouver les contenus. Car force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup de eBooks à télécharger pour le moment (du moins en France), à moins que les choses se débloquent avec l’arrivée de ebooks sponsorisés (donc gratuits), de ebooks open source (voir d’un e-reader en open hardware), de e-readers subventionnés par des marques (au hasard les VPCistes qui en échange y placeraient leur catalogue avec un mécanisme de commande / paiement intégré) ou encore de e-readers compatibles avec Google Books, et tant qu’on y est des marketplaces d’ebooks et mêmes d’applications pour e-readers. Tout reste à faire…

Nook, le grand concurrent du Kindle

Nook, le grand concurrent du Kindle

4/ Grosse bataille autour de l’authentification et de la certification d’identité

Ces derniers temps, l’actualité est très chaude en ce qui concerne les services d’authentification : Facebook, Google, Twitter, Yahoo! et même Mozilla sont en pleine course (cf. Quand la délégation d’authentification devient un enjeu-clé). Ceci ne concerne que l’authentification mais je sens que petit à petit le besoin de certification d’identité va devenir de plus en plus pressant pour les utilisateurs qui veulent s’investir davantage dans une ou plusieurs plateformes sociales (par passion ou pour des raisons pro). À partir de là, qui pourrait être le mieux placé pour fournir un service de certification d’identité ? Les acteurs historiques (Verisign, Certinomis) mais également les solutions de paiement (PayPal, FIA-NET, Google Checkout…). En fait tout est question de confiance : En qui avez-vous le plus confiance pour certifier votre identité ou l’identité de quelqu’un d’autre ? L’astuce sera de fournir un service fiable et facile à mettre en oeuvre (et accessoirement compatible avec les différentes plateformes sociales).

5/ Invasion des terminaux dédiés et objets connectés

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le danger que représentent les smartphones pour les terminaux nomades (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés), il n’empêche que quand je regarde des terminaux comme le Chumby, le Litl ou encore le Intel Ealth Guide, je me dis que la partie est loin d’être gagnée.

Le Health Guide d'Intel

Le Health Guide d'Intel

En fait il existe une infinité d’usages de niche pour des objets du quotidien qui pourraient être connectés (cf. WakeMate, Withings, Twoddler…). Le seul problème avec ces terminaux, c’est le raccordement au web : le Wi-Fi est trop contraignant, les abonnements 3G coutent trop chers… Idéalement il faudrait une sorte de WhisperNet comme le propose Aamzon mais ouvert à tout type de terminaux. Là encore, tout reste à faire…

6/ Du multitouch à toutes les sauces

Faire des applications avec des interfaces tactiles multitouch n’est aujourd’hui plus un problème dans la mesure où les technologies sont prêtes. Ou du moins : de gros efforts ont été faits par les grands éditeurs (Microsoft, Adobe, Apple…) pour faciliter la mise en œuvre d’interfaces multitouch. Reste encore à trouver les périphériques. Vous connaissez déjà l’iPhone, nous avons également la table Surface, la souris Magic Mouse, les tablets de chez Wacom

Les nouvelles tablettes tactiles de chez Wacom

Les nouvelles tablettes tactiles de chez Wacom

En fait quand on y réfléchit bien, il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine, notamment pour ré-équiper les foyers avec des périphériques hybrides comme le concept de 10/GUI. Bien évidemment ce type de périphérique n’est pas pour 2010 (quoique), mais nous allons doucement y venir et j’anticipe de belles innovations pour l’année à venir (périphériques / terminaux, applications, supports promotionnels / évènementiels…).

7/ Des applications en ligne sur votre bureau et des logiciels sur le web

La frontière était déjà très fine entre applications en ligne et logiciels connectés, mais les éditeurs vont pourtant aller encore plus loin avec des applications en ligne capables de se comporter comme des logiciels (grâce aux Application shortcuts de Google Chrome ou aux Client Apps de Silverlight 4 qui permettent de travailler en mode hors ligne et d’avoir accès au disque dur).

Facebook en dehors de votre navigateur avec SilverFace

Mais ça fonctionne aussi dans l’autre sens avec la montée en puissance des Social Desktop Apps qui sont là pour vous faciliter le quotidien et prendre la relève des Seesmic et Tweetdeck (FishBowl, Sobees, Socialite…). Ces services / applications sont là pour défricher le terrain à une nouvelle génération d’applications / services (ha mince je ne sais déjà plus qui est qui…). Bref, le rapprochement entre ces deux monde sera quasi-consommé l’année prochaine.

8/ Plus de sophistication pour les social games

Inutile de revenir sur le succès des social games. Après cette première année fort bien orchestrée pour faire se rencontrer deux mondes (casual games et réseaux sociaux), j’anticipe pour l’année prochaine une sophistication croissante des jeux proposés sur les réseaux sociaux avec des genres nouveaux : MMORPG (Burning Realms), FPS (Paradise Paintball 3D), Beat-them-All (BattlePunk), Tactical-sport RPG (Kick Off)…

BattlePunk, Un Beat-them-All sur Facebook

BattlePunk, Un Beat-them-All sur Facebook

En fait il n’y a pas réellement de limite à la sophistication des jeux présents sur les réseaux sociaux, du moment qu’ils tournent sur un plug-in supporté par la plateforme (Flash, Unity3D…). Et avec un peu de chance, si le succès est au rendez-vous, les meilleurs jeux peuvent même exister en dehors de ces réseaux (à l’image de Farmville qui est maintenant dispo sur Farmville.com).

9 / Une seconde vie pour les jeux 16 bits

Je ne vous ferai pas l’affront de vous demander si vous connaissez des jeux comme Pac Man, Asteroids, Battlezone, Golden Axe, Dragon’s Lair… Et bien figurez-vous que ces jeux ne sont pas morts, bien au contraire, ils sont en train de connaitre une seconde jeunesse sur le web (Atari Arcade, Sega Mega Drive Classics) et sur iPhone (Dragon’s Lair, PacMan…). Vous pourriez me dire que le plaisir de jeu n’est pas tout à fait intact car c’est tout de même beaucoup moins fun de jouer sur son ordinateur avec son clavier. Mais pas de problème, car figurez-vous qu’ils ont pensé à tout avec notamment la fourniture d’un Joypad pour les abonnés pemium :

La manette USB dont j'ai toujours revée

La manette USB dont j'ai toujours rêvée

Avec près de 20 ans de patrimoine vidéo-ludique, il y a largement de quoi attirer les nostalgique et leur soutirer quelques euros.

10/ Vers des Social Serious Games

Les serious games sont partout : sur Facebook, sur votre mobile, dans votre entreprise… Il faut dire que la proposition de valeur est plutôt intéressante : “Une simulation ludique dans laquelle le joueur / collaborateur va être invité à s’immerger pour résoudre une problématique complexe et / ou liée au monde de l’entreprise“. À partir de là, pourquoi ne pas importer dans l’entreprise les recettes qui fonctionnent chez le grand public : des social games sur votre réseau social interne adaptés aux challenges ou problématiques spécifiques à votre entreprise, des social serious games. L’idée vous parait stupide ? Réfléchissez-y à deux fois car ce type de jeux peut tout à fait remplir deux objectifs : faire passer un message (en fonction de la thématique du jeux et de la situation dans laquelle il place les collaborateurs) et stimuler les connections au réseau social interne (au travers de défis, d’un tableau des scores, de storytelling…).

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Voilà, ça fait 10 prédictions pour 2010. Comme je suis particulièrement inspiré en cette fin d’année, je vous prépare deux prédictions supplémentaires pour la semaine prochaine, mais avec une plus grande prise de risque.

Rétrospectives sur mes prédictions 2009

Comme chaque année, je vous propose de faire le point sur mes prédictions de l’année dernière (Mes 9 prédictions pour 2009 et deux supplémentaires).

1/ Montée en puissance des plateformes sociales BtoB

Même si le marché des outils et services liés à l’Entreprise 2.0 est en voie de maturation, force est de constater que les plateformes sociales inter-entreprise ne sont pas légion (euphémisme). Il y a bien eu le BlueHouse d’IBM mais ce service très prometteur a depuis été refondu dans le très vague LotusLive. Mais je reste tout de même très confiant quand à l’émergence d’une plateforme sociale BtoB à mi-chemin entre place de marché et espace collaboratif inter-entreprise.

Verdict : Ça viendra…

2/ Explosion des réseaux sociaux locaux

2009 à été l’année de la consécration pour les réseaux sociaux locaux (on en dénombre une dizaine). Le modèle est tellement porteur que tout le monde y vient : réseaux sociaux mobiles, city guides… Les plus connus sont Brightkite, FourSquare, Loopt, Aki-Aki… mais avec Nokia qui a fait son marché (Plazes + Dopplr + Plum) et Google qui se lance timidement avec sur le créneau BtoB avec Favorite Places et Googles, on se dit que le marché est encore très instable.

Verdict : Bingo !

3/ Démocratisation des applications sociales

L’année a été longue, très très longue pour les équipes de Tweetdeck et Seesmic Desktop qui se sont livrés à une véritable course conter la montre. Pendant ce temps là, Facebook a lancé sa propre application (Facebook Desktop), de même qu’Adobe avec Wave.

Verdict : Bingo !

4/ Retour en force des experts

Quoi que l’on puisse dire sur la révolution du real-time web et sur le raz-de-marée Twitter, je crois plus que jamais à la viabilité du modèle basé sur l’expertise (échange visibilité donc trafic contre revenu, cf. Un second souffle pour les marketplaces avec les pro-ams). Bref, les experts sont là pour durer.

Verdict : Bingo !

5/ Invasion des casual games

Ce ne sont pas tant les casual games qui ont beaucoup fait parlé d’eux mais plutôt leur déclinaison sociale, les social games (cf. Social Games, une mine d’or pour les plateformes sociales et Les casual games à l’assaut des réseaux sociaux). 2009 aura aussi été l’année de la consécration pour des acteurs comme Playfish (racheté 400 millions de $ par E.A.) ou Zinga (100 millions de VU / mois, 65 millions de joueurs pour Farmville).

Verdict : Bingo !

6/ Multiplication des MMOs franchisés

Bon sur ce coup là, on peut dire que les MMOs franchisés se font désirés. Suite à la grosse vague d’annonce de l’année dernière, aucune nouvelle grosse franchise n’a été annoncée (et Twilight alors ?). Il va encore falloir patienter quelques mois (trimestres ?) avant de pouvoir jouer à Batman, au Jedi ou au Klingon

Verdict : Ça viendra…

7/ Montée en puissance des objets trans-réels

Après une année assez molle, les jouets trans-réels débarquent en force pour Noël : Avatar iTag, NanovorMyScene

Verdict : Bingo !

8/ Émergence d’applications mobiles 2.0

On attendait du neuf pour les applications mobiles mais c’est plutôt du côté des marketplaces que l’effort d’innovation a été porté. L’AppStore d’iTunes doit maintenant compter avec l’Android Market de Google, le Mobile Catalog de Microsoft, OVI de Nokia, l’App Shop d’Orange… Donc point d’applications mobiles “2.0″ pour cette année.

Verdict : C’est raté.

9/ Retour sur le devant de la scène de Microsoft

Grosse année 2009 pour Microsoft avec la sortie de nouvelles versions majeures (Windows 7, Windows Mobile 6.5) ainsi que des annonces (IE9, Office 10 et ses Web Apps, Sharepoint 2010). Il y a également eu le deal avec Yahoo!, les nouveautés de Windows Azure, le nouveau MSN, la suite Security Essentials… Et le plus gros morceau pour la fin : Bing.

Verdict : Bingo !

10/ Arrivée à maturité des offres de cloud computing

Petit à petit, le marché est en train d’accepter l’idée de progressivement abandonner le stockage et les applications sur le poste de travail au profit d’un informatique on-the-cloud. Du côté des applications en ligne, j’ai évoqué Microsoft avec Azure et Office 10, mais 2009 a également été une année riche pour les Google Apps, pour Zoho, pour Aviary, mais également pour tout une série de partenariats (Sugar CRM et Adobe avec SalesForce). Pour les offres de Data-on-the-Cloud, l’année été tout aussi riche : Microsoft Demonstrates Data Interoperability in the Cloud, IBM’s Test Cloud Opens to Public Beta et MySQL gets cloudy with Amazon’s new database service.

Verdict : Bingo !

11/ Beaucoup plus de 3D dans votre navigateur

Même si les seules applications concrètes de la 3D dans votre navigateur sont pour le moment les Rich Internet Games, le futur du web 3D est en train de se structurer avec le le standard WebGL et dans une certaine mesure O3D de Google.

Verdict : Bingo !

Ouf, une sacrée année. Mais vous savez quoi ? J’ai comme l’impression que 2010 sera encore plus riche et passionnante. Bon… il faut maintenant que je m’attaque à la rédaction de mes prédictions…

Deux prédictions supplémentaires pour 2009

Après avoir lu et échangé avec des lecteurs, je souhaiterais compléter ma liste de prédictions 2009 avec deux autres tendances.

10/ Arrivée à maturité des offres de cloud computing

Les applications en mode ASP (Application Service Provider) avait montrée la voie pour libérer l’outil informatique des limitations de chaque poste de travail. Le cloud computing poursuit dans cette lancée en apportant une réponse plus mesurée : il n’est pas question d’abandonner complètement les postes de travail mais de migrer progressivement certains services (messagerie, sauvegarde des données…) pour progressivement ne conserver qu’un environnement d’exécution et ne plus stocker aucune donnée sur les disques durs et serveurs de fichiers. Mais ce processus peut se faire de façon progressive pour accompagner le changement et permettre aux utilisateus de modifier leurs habitudes et aux systèmes de s’adapter. Nous avons ainsi assisté à l’émancipation d’offres de Software as a Service (comme SalesForce ou SocialText) mais également de Platform as a Service (comme Amazon Web Services, Google App Engine ou Azure). La promesse étant la même : vos données sont disponibles où que vous soyez, vous ne payez que ce que vous consommez.

L’année 2009 sera clé pour permettre à ce(s) modèle(s) de se développer encore (plus d’acteurs) et de s’intensifier (une plus large palette de services). Attendez-vous donc à voir débarquer des offres de Gaming as a Service (un cousin du modèle free-to-play), d’Entertaining as a Service (peut-être une solution au problème de piratage) voir de Security as a Service (les outils de surveillance sont gratuits, vous ne payez qu’aux nombres d’incidents évités).

11/ Beaucoup plus de 3D dans votre navigateur

Historiquement confinés à des domaines comme les jeux vidéo ou les univers virtuels, la 3D risque de faire une entrée durable et fracassante dans les fenêtres de nos navigateurs. Nous parlons bien ici de 3D en temps réel, pas de 3 pré-calculée (qui n’est qu’uneune succession d’images ou au mieux un film). La 3D est déjà présente dans de nombreux domaines d’applications : E-commerce (Nike, Renault, VW), information (MSNBC), immobilier, advergame (Pepsi, Axe), MMO (IdentiFiction, Ragnarok), univers virtuels (World of Cars)… et la liste s’allonge de jour en jour.

Mais le pire dans tout ça, c’est que nous n’en sommes qu’au début. 2009 sera ainsi une année clé car elle correspondra à la mise sur le marché des nouvelles versions de Flash et Silverlight qui intégreront nativement la prise en charge de la 3D et surtout l’accélération graphique. Comprenez par là que jusqu’à présent le plug-in ne pouvait pas passer outre son application hôte (le navigateur) qui n’avait accès qu’au processeur. Avec ces nouvelles versions, les plug-in vont avoir accès aux ressources de votre carte graphique et là c’est une tout autre histoire.

Les possibilités vont donc être décuplée (au bas mot) et les expériences proposées seront beaucoup plus proche d’un jeu vidéo (de dernière génération) que d’un site web. Après ça, tout ne sera question que de bande passante. Et ça tombe bien car en France nous sommes très bien fournit (par rapport à la moyenne mondiale).

 

Voilà, ça nous fait donc 2 prédictions à rajouter aux 9 précédentes. Rendez-vous l’année prochaine pour faire le point.

Mes 10 prédictions pour l’année 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par “extras“, je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être “porté” sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation “sociale” (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils “maison” (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de “posséder” leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que “seconde chance” est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

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Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

Rétrospective sur mes prédictions 2007

Avant de me lancer dans des prédictions pour l’année 2008, je vous propose de revenir sur mes 10 prédictions faites pour l’année 2007 et de voir si elles se sont réalisées.

1/ Rationalisation dans la vidéo en ligne

Force est de constater que les innombrables services d’hébergement de vidéos en ligne sont plus coriaces que je ne le prédisais. Toujours est-il que le marché est maintenant saturé et qu’une petite sélection (naturelle ou non) doit avoir lieu. En 2008 nous devrions également être témoin du succès (ou de l’échec) d’initiatives légales comme Hulu ainsi que des nouveautés du côté de l’iTunes Video Store (notamment la location).

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

2/ Montée en puissance des RDA et renouveau des RIA

Les RDA se font attendre, surtout du côté des entreprises. L’année 2007 a été l’occasion pour certains gros acteurs de s’illustrer (Adobe AIR, Google Gears, Mozilla Prism), par contre pas grand chose de neuf du côté de Java ou de Microsoft. Beaucoup d’innovations également dans le petit monde du web 3D (mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler).

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

3/ Transformation des métiers et outils liés à l’analyse d’audience

La transformation annoncée n’a pas eu lieu. Par contre, au niveau du marché, nous avons assisté à un véritable festival avec le rachat de WebSideStory par Visual Sciences puis par Omniture. Rajoutez à cela le lancement de Gatineau par Microsoft, la nouvelle version de Google Analytics et le probable lancement d’un service équivalent chez Yahoo! et vous aurez un secteur en pleine ébullition et des métiers qui vont forcément se transformer sous l’impulsion de poids lourds comme les régies publicitaires de Microsoft et Yahoo!.

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

4/ Adoption progressive de solutions d’Entreprise 2.0

Voici un autre secteur en pleine ébullition : des acteurs de niche très actifs (SocialText, SalesForce, BlueKiwi…), des poids lourds qui rachètent des startups (Adobe avec Buzzword et Yahoo! avec Zimbra), d’autres poids lourds qui tardent à dévoiler leur jeu (Google, IBM…). La montée en puissance de ces applications est en cours mais forcément de façon progressive puisqu’elle se heurte à la résistance au changement.

Verdict : c’est en cours.

5/ Mouvements de concentration dans les réseaux sociaux professionnels

Point de concentration pour les réseaux sociaux, mais un début d’interopérabilité avec OpenSocial.

Verdict : ça n’arrivera pas.

6/ Grandeur et décadence de Second Life

Pas grand chose à ajouter sur cette prédiction. Effectivement Second Life n’est plus sur le devant de la scène car il s’est fait voler la vedette par les univers virtuels dédiés aux plus petits (voir l’article JP Morgan Bullish on Kids’ Worlds). Finalement ce n’est pas plus mal car ça permet aux équipes de Linden Lab de travailler en profondeur sur l’amélioration de Second Life (lire à ce sujet : L’apport de Windlight).

Verdict : dans le mille mais c’était prévisible.

7/ Prise de conscience de l’importance de la gestion de l’identité numérique

Identité numérique encore et toujours… on en a beaucoup parlé en 2007 (OpenID, Facebook Beacon, Wikia People Search, MyID.is…), on en reparlera beaucoup en 2008.

Verdict : dans le mille mais c’était prévisible.

8/ Une seconde chance pour les services mobiles

Pas grand chose à ajouter non plus sur cette prédiction. Il faut dire qu’entre l’iPhone et Android l’industrie mobile va avoir de quoi relever son ARPU.

Verdict : dans le mille mais c’était prévisible.

9/ L’affrontement du siècle entre Yahoo!/AOL/Microsoft et Google/Apple

Non l’affrontement du siècle n’a pas eu lieu. Pire, il n’aura probablement pas lieu dans la mesure où le marché croit suffisamment vite pour que les acteurs n’aient pas à s’affronter directement. Ils ont plutôt choisi le terrain de l’innovation et de la diversification.

Verdict : ça n’arrivera pas.

10/ Google Desktop se transforme en Google OS

Visiblement le projet de Google OS a pris un léger retard (euphémisme). Il faut dire que Google est sur tous les fronts et qu’il ne peut pas non plus faire sa révolution entre deux stratégie de diversification (mobilité, plurimédia). Je reste quand même persuadé que Google Desktop va jouer un rôle primordial dans la stratégie de domination des ordinateurs par Google.

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

Certes… il faut reconnaitre qu’un certain nombre de ces prédictions pour 2007 ne se sont pas réalisées…mais certaines sont encore en devenir donc ça va me faire une liste plus courte pour 2008 !

Mes 10 prédictions pour 2007

Maintenant que nous sommes rentrés dans l’année 2007, je vais me livrer à l’exercice très périlleux des prédictions. Je précise qu’il s’agit d’un exercice de style et que ces prédictions n’engagent que ma responsabilité (donc vous ne serez pas remboursé si elles ne se réalisent pas !).

1/ Rationalisation dans la vidéo en ligne

Avouez-le : il commence a y avoir beaucoup trop de services de partage de vidéos en ligne. Je sais bien que 1% de 1,65 milliard ça représente beaucoup de dollars (même 0,5%). Malheureusement tout le monde ne peut pas vivre sur ce créneau, surtout avec des frais d’hébergement et de bande passante exorbitants. J’anticipe donc un certain nombre de disparitions et quelques fusions dans tous ces services.

Il en va également de même chez Google où trois services sont maintenant en concurrence : Google Video, YouTube et Picasa. Si Google persiste dans sa stratégie de marque ombrelle (et il aurait tort de ne pas le faire), ces services devraient tous être fusionnés dans Google Video.

2/ Montée en puissance des RDA et renouveau des RIA

2007 sera l’année de naissance des Rich Desktop Applications. Deux facteurs vont influer sur ce phénomène : d’une part la maturation d’offres traditionnelles (notamment .Net de Microsoft, Eclipse RCP en Java), d’autres part l’attractivité d’offres alternatives (comme XUL Runner de Mozilla ou le très prometteur Apollo de chez Adobe). De plus, nous allons probablement voir arriver sur ce segment de nouveaux acteurs que l’on n’attendait pas forcément comme Google et son Google Desktop ou comme Apple avec QuickTime qui reste largement sous-exploité (cette dernière prédiction a été emprunté au blog The Universal Desktop).

Si 2006 aura été l’année des RIA, 2007 ne sera pas en reste puisque la famille des technologies interfaces riches va s’agrandir avec l’arrivée de nouveaux entrants comme la version 4 d’OpenLaszlo et le fameux WPF/E de Microsoft.

Bref, tout ce que nous croyons savoir sur les applications et les interfaces risque d’être fortement bousculé par toutes ces RIA et RDA.

3/ Transformation des métiers et outils liés à l’analyse d’audience

Nous allons entrer dans une ère d’ultra-compétitivité où le modèle du PPC va progressivement laisser la place au PPA, à savoir un modèle de rémunération fondé sur la transformation et non sur l’exposition ou le clic. D’où une forte nécessité de maitriser la performance des sites / campagnes et de mieux appréhender le comportement des visiteurs.

Tout ceci nous mène bien évidemment aux outils de mesure d’audience. Et c’est là où la transformation va se faire : nous allons passer d’une logique d’outils à une logique de services. Les éditeurs de solutions vont donc redoubler d’efforts pour passer d’un modèle de vente de licences à un modèle de vente de services (du software à la demande et le conseil qui va avec). Voilà pourquoi les géants du secteur comme Webtrends et Omniture ont entamé une démarche de repositionnement de leur offre en abandonnant le système de nommage par numéro au profit de noms un peu plus évocateurs comme WebTrends Marketing Lab ou Omniture Genesis.

En tout cas je souhaite vivement que les métiers liés à l’analyse d’audience prennent enfin la place qu’ils méritent.

4/ Adoption progressive de solutions d’Entreprise 2.0

Quand je parle d‘Entreprise 2.0, il faut en fait comprendre Web 2.0 en entreprise, car le problème c’est que le web 2.0 a très mauvaise réputation dans le monde de l’entreprise où l’on fait des choses sérieuses (comme par exemple maintenir des applications écrites en Cobol il y a 20 ans… mais c’est un autre débat).

Toujours est-il que les offres d’Entreprise 2.0 se multiplient et que les offres existantes s’améliorent de jour en jour (à l’image de SocialText, SalesForce ou SuiteTwo). De plus, le lancement très probable du pack Google Apps for Your Enterprise (incluant Jotspot, Writely, Spreadsheets, Gmail, Calendar… et même ThinkFree d’après les dernières rumeurs) devrait accélérer la manœuvre.

Je précise que ces solutions bénéficieront dans un premier temps aux collaborateurs au travers d’intranet next gen et d’applications en ligne. Plus d’infos ici : Web 2.0 in the Enterprise.

5/ Mouvements de concentration dans les réseaux sociaux professionnels

Ne trouvez-vous pas étonnant que des poids lourds comme Monster ne se soient pas encore aventurés dans la mouvance 2.0 ? C’est d’autant plus étrange que des sites comme LinkedIn représentent une (relative) faible valorisation (on parle de 150 millions de $).

Je verrais bien en 2007 une vague de rachats pour former des chaines de services complémentaires comme par exemple une fusion entre FaceBook (pour les années universitaires), Monster (pour la phase de recherche d’emploi) et LinkedIn (pour les évolutions de carrière). En France ça donnerait quelque chose comme Copains d’avant + CooptIn + Viadeo.

6/ Grandeur et décadence de Second Life

Ça n’est un secret pour personne : le succès foudroyant de Second Life va également participer à son échec, probablement en 2007. Tout comme MySpace dont la croissance a été tellement forte qu’elle a entrainé des dérives (comme cette campagne ratée pour Campari) et participe maintenant à la dépréciation de ce méta-réseau social.

J’anticipe donc un désintérêt progressif pour Second Life qui va progressivement être envahi de spammeurs, pirates, cyber-terroristes et autres marchands de sexe. Les adopteurs précoces migreront progressivement vers des univers virtuels open source comme le Metaverse Project (encore en gestation) ou vers des communautés hybrides (hors ligne / en ligne) comme Tribe Wanted.

Pour celles et ceux qui veulent se dégouter de Second Life, c’est ici : Let the backlash begin. Pour les autres, c’est ici : Second Life ”Business Communicators” Wiki.

7/ Prise de conscience de l’importance de la gestion de l’identité numérique

Que celles et ceux qui ne savent toujours pas ce qu’est la gestion de l’identité numérique se reporte immédiatement à ce précédent billet : Qu’est-ce que l’identité numérique. Pour les autres, rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire tout le topo.

Je suis fortement convaincu que les problématiques liées à la gestion d’identités multiples ou à l’usurpation d’identité vont devenir de plus en plus pressantes et que les fournisseurs de service d’identité numérique ou de gestion de la réputation vont connaitre une très forte croissance. Petit conseil : réservez dès à présent votre pseudo sur des serveurs comme MyOpenID.

8/ Une seconde chance pour les services mobiles

Voilà plus de 5 ans que chaque année doit être l’année de l’explosion des services mobiles. En fait on en parle depuis le siècle dernier (soit l’année 2000). Il n’empêche que plusieurs facteurs vont favoriser un début d’amorçage de prémisse de décollage de ces fameux services mobiles qui vont doubler l’ARPU des mobinautes : l’arrivée sur le marché de smartphone et autres musiphone qui vont accélérer le taux de renouvèlement, la multiplication des applications en ligne dont le portage peut se faire à moindre coût, la maturation de technologies autorisant les widgets mobiles et les RMA (Rich Mobile Application).

9/ L’affrontement du siècle entre Yahoo!/AOL/Microsoft et Google/Apple

Vous le savez sans doute Yahoo! est à vendre. Ou alors c’est peut-être AOL… je ne sais plus trop… Bref, toujours est-il que pour contrer la stratégie de domination de l’univers de Google, Microsoft aurait bien besoin de casser sa tirelire (qui avoisine les 50 milliards de $) pour s’acheter des alliés comme Yahoo! et AOL (qui sont tous les deux dans des situations inconfortables) afin de rivaliser avec Google.

De son côté Google s’est trouvé avec Apple un partenaire de choix qui a sût conquérir le cœur de millions de fans avec des produits à la pointe de la branchitude. L’année 2007 nous réservera sans doute de très belles surprises avec pourquoi pas les offres suivantes :

  • un Google iPhone qui intégrerait un player iTunes et la suite de services Google Apps
  • un Mac OS Leopard compatible avec Google Desktop et les Google Apps

10/ Google Desktop se transforme en Google OS

2007 sera l’année où la chenille (Google Desktop) va se transformer en papillon (Google OS). Et oui… parce que c’est bien là où les têtes pensantes de Google voulaient en venir : un OS virtuel qui viendrait s’insérer entre l’utilisateur et son système d’exploitation (Windows, Linux, Apple). J’anticipe donc une nouvelle version de Google Desktop qui permettra d’accéder aux services Google (Gmail, Calendar, Writely, JotSpot…) en mode déconnecté.

J’ai une entière confiance dans les équipes de Google pour résoudre tous les problèmes de synchronisation et les conflits potentiels résultant de ces modes synchrones / asynchrones. De toute façon, SocialText Unplugged nous a prouvé que c’était possible et viable, donc ce n’est une question de temps. Pour en savoir plus c’est ici : Google Desktop Could Bring Google Data Offline.

Voilà, ça fait dix prédictions. A vous de trouver les autres dans vos commentaires.

Rétrospective sur mes prédictions 2006

Avant de me lancer dans des prédictions pour l’année 2007, je souhaitais revenir sur mes prédictions faites pour le second semestre 2006 et voir dans quelle mesure elles avaient été réalisées.

Google propose ses services sous forme de solutions pour les entreprises

Même si l’annonce n’a pas encore été faite, tous les observateurs s’accordent à dire que le Google Apps for Your Domain va très prochainement se transformer en Google Apps for Your Enterprise. D’autant plus avec le rachat de JotSpot qui pourrait fédérer tous les outils déjà existant et se positionner comme une solution alternative très crédibles aux intranet ‘’traditionnels”. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : ça va se faire

Facebook ne se fait racheter par personne

Des discussions sont toujours en cours, les rumeurs parlent d’offres supérieures à 1 milliards de dollars pour Viacom et NewsCorp, mais les fondateurs de Facebook s’obstinent à faire monter les enchères. On se demande bien jusqu’où… Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

Montée en puissance des réseaux sociaux verticaux

Il est aujourd’hui très difficile de lister les multiples initiatives de réseaux sociaux de niche. Toujours est-il qu’avec la croissance mal maîtrisée de MySpace (où l’on retrouve tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi), les réseaux de niche représentent d’autant plus de valeur qu’ils se restreignent à un domaine particulier. En tout cas les exemples sont nombreux et la tendance sera de développer des réseaux qui sont de préférence compatibles entre eux (par le biais de service de gestion de l’identité numérique). Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

MTV tente une contre-offensive dans les sites communautaires pour jeunes

Pas grand chose du côté de Viacom (la maison mère de MTV). Peut-être se rattraperont-ils en 2007 ?
Verdict : Je me suis trompé mais l’avenir peut nous réserver des surprises

OpenAjax s’enlise

L’euphorie autour d’Ajax semble s’être calmée et c’est une très bonne chose. Alors que les framework des grands acteurs continuent de prendre des parts de marché, nous sommes à l’aube d’une bataille sans merci autour des [RDA. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

Arrivée en France de places de marché de l’innovation

Le concept de crowdsourcing est encore balbutiant en France. Alors que Yahoo! Answers s’adjuge une victoire par KO face à Google Answers, les places de marchés BtoB brillent par leur absence en France. Reste la très belle initiative de CrowdSpirit, mais c’est du BtoC…
Verdict : Je me suis trompé mais l’avenir peut nous réserver des surprises

Le web 2.0 sort de la blogosphère et commence à intéresser les grands comptes

Je suis le témoin au quotidien de nombreuses expérimentations autour des flux RSS, des blogs et des wikis dans les grands comptes pour lesquels je travaille, mais je ne peut pas en parler (clause de confidentialité oblige). Est-ce que le web 2.0 en entreprise peut se résumer aux flux RSS, aux blogs et aux wikis ? Non, certainement pas. Force est de constater que les concepts d’interfaces riches ou de mashup font encore très peur aux patrons. Toujours est-il que les offres de wiki d’entreprise comme celles de SocialText et de Confluence séduisent de plus en plus de grands groupes américains. L’année 2007 nous dira si des packages comme SuiteTwo ou l’hypothétique Google Apps for Your Enterprise sauront s’imposer dans les groupes français.
Verdict : ça va se faire

Voilà, un bilan plutôt positif qui me motive pour fignoler mes prédictions 2007 (dès demain si je suis en forme).

Mes prédictions pour le second semestre 2006

Oui je sais, traditionnellement les prédictions se font en fin d’année. Mais je trouve ça intéressant de casser le rythme et d’essayer de prédire ce qui risque d’arriver dans les 6 prochains mois. En plus, l’actualité du web 2.0 est tellement chaude en ce moment qu’il faut prédire vite, très vite !

Voici donc mes 7 prédictions pour le second semestre 2006.

1/ Google propose ses services sous forme de solutions pour les entreprises

Après sa solution de Search, il y a fort à parier que Google va prochainement lancer des offres équivalentes (software + hardware) pour les messageries d’entreprise (via GMail) ou pour la bureautique (via Writely ou Google Spreadsheets).

La stratégie de Google est d’évangéliser ses services en proposant un accès gratuit aux particuliers, puis de les proposer sous forme d’offre avec un contrat de maintenance évolutive (la solution évolue au fur et à mesure des améliorations de la version grand public). Il reste encore deux inconnus de taille : le modèle de tarification ainsi que les pays ciblés.

2/ Facebook ne se fait racheter par personne

Récemment, la prise de participation de 0,5 % du groupe de communication IPG dans le capital de Facebook valorise ce réseau social à près de 2 milliards de dollars (plus d’infos ici : IPG Takes Stake in Facebook).

A ce niveau de valorisation, je me demande bien qui va pouvoir le racheter !

3/ Montée en puissance des réseaux sociaux verticaux

L’arrivée en France de MySpace va amorcer une lame de fond qui va faire décoller les réseaux sociaux déguisés en communautés (vous connaissez les Skyblogs ?). Le créneau des jeunes sera partagé entre Skybog et MySpace. Les utilisateurs plus âgés (qui ont d’autres centres d’intérêt que le rap et les plans drague) s’orienteront vers des niches verticales comme Boompa ou Cork’d.

Les prochaines niches à valeur ajoutée seront :

  • les enfants, avec un système de contrôle parental (comme sur Imbee) ;
  • les jeunes mamans, avec des services de recherche de nounous ou des bourses d’échange de produits de puériculture (MommyBuzz est un bon candidat) ;
  • l’immobilier, avec des petites annonces fonctionnant sur le bouche-à-oreille, la recherche de co-locataires, d’idées déco…

4/ MTV tente une contre-offensive dans les sites communautaires pour jeunes

Suite au succès de MySpace et aux projets concurrents lancés par des ex-employés (comme MOG), MTV ne peut rester sans rien faire et va très certainement tenter un retour en force (via sa maison-mère Viacom) sur un créneau où elle est plus que légitime.

Différentes options s’offrent à la chaîne :

  • monter un service de toutes pièces (peu probable) ;
  • racheter un service déjà lancé et proposant un petit plus par rapport à MySpace (au hasard, DailyMotion et son service de partage de vidéos) ;
  • se recentrer sur son coeur de métier et attaquer les jeunes avec des services en ligne ciblés sur des niches verticales (comme Find a Goth par exemple).

5/ OpenAjax s’enlise

Je sais bien qu’il est important de standardiser et de rationaliser… mais bon, soyons réalistes : Ajax n’est qu’une transition. Comme le dit très bien Laurent Jouanneau dans un commentaire d’un précédent billet : ça n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. En d’autres termes, Ajax est une ultime tentative pour rendre le HTML sexy, mais il arrive à ses limites.

Dans ce cadre, avons-nous réellement besoin d’un consortium comme l’OpenAjax Alliance pour statuer sur une ‘technologie‘ condamnée à moyen terme (3 à 4 ans) ? Et cela d’autant plus que les poids lourds de l’internet ont déjà tiré leurs cartouches.

6/ Arrivée en France de places de marché de l’innovation

Le magazine Wired et InternetActu ont fait de très bons articles sur le crowdsourcing. Pour faire simple, le crowdsourcing (par analogie avec l‘outsourcing) désigne l’externalisation par les entreprises de certaines tâches (R&D ou main d’oeuvre) à une communauté d’individus auto-organisés. Sur ce créneau, des places de marché se sont développées pour servir d’intermédiaires entre des sociétés qui cherchent de l’expertise ou de la main d’oeuvre et ceux qui en ont à proposer. Ces places de marchés fonctionnent sur le principe de récompenses (bounty) distribuées à ceux qui arrivent à résoudrent les problématiques.

Des services en ligne comme InnoCentive, Amazon Mechanical Turk ou encore Google Answers sont ainsi promis à un très bel avenir. Allez donc y jeter un oeil pour vous en rendre compte.

7/ Le web 2.0 sort de la blogosphère et commence à intéresser les grands comptes

Après plus d’un an de gestation dans la blogosphère et les conférences spécialisées, les concepts associés au web 2.0 (réseaux sociaux, plateformes collaboratives, mashup, microformats…) commencent à faire parler d’eux dans les médias traditionnels (tribune de Pierre Chappaz dans Libération, émissions spécialisées sur BFM ou Europe1…).

Face à la montée en puissance de ce phénomène (amorcée par les Skyblogs), les grandes entreprises vont progressivement sortir de leur léthargie et commencer à expérimenter et tester la viabilité de ces nouveaux concepts. Nous avons ainsi déjà pu observer de nombreuses initiatives de marketing viral par les grandes marques, mais le potentiel des logiques collaboratives, voir la théorie de la Longue Traîne (The Long Tail en anglais), est encore largement sous-exploité aujourd’hui. Aujourd’hui…

8/ Ha non mince, j’avais dis 7 prédictions, pas plus !

Voilà, je ne prétends pas détenir la Vérité Ultime, il n’empêche que c’est toujours très stimulant de se livrer à ce genre d’exercice. Et vous, c’est quoi vos prédictions ?