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Mes 12 prédictions pour 2012

Pour la septième année consécutive, comme je l’avais déjà fait en 20062007200820092010et 2011, je vais me prêter au jeu des prédictions. Comme chaque année, je précise que c’est un exercice délicat et que si la démarche vous semble trompeuse / ridicule / pompeuse, vous êtes libre de… ne pas les lire.

Avant de me lancer dans ma liste, passons d’abord en revue ce dont je ne vais pas parler :

  • Pas de prédiction sur les technologies. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur HTML5, sur la 3D, sur NFC… donc je vous épargnerais tout pronostic sur telle ou telle techno.
  • Pas de prédiction sur les services. Là encore, je ne me risquerais pas à prédire la mort ou l’avènement de tel ou tel service. Je me suis fait avoir sur YouTube (mes plus fidèles lecteurs / détracteurs s’en souviennent encore), donc je ne m’y risquerais pas. D’autant plus que j’ai récemment donné mon avis sur Facebook et Google+.
  • Pas d’enfonçage de portes ouvertes. Rassurez-vous, je ne vais pas vous annoncer l’avènement des pratiques mobiles ou sociales, bien au contraire, j’essaye de prendre du recul (cf. L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo).
  • Pas de prophéties apocalyptiques. Je me suis déjà illustré par le passé avec mes articles du type « Pourquoi je ne crois plus en…« , j’ai depuis fait le choix de ne plus m’exprimer publiquement sur la disparition de tel ou tel service. Je vais donc m’efforcer de ne parler que des opportunités pour l’année à venir, pas des risques.

Ceci étant dit, nous pouvons maintenant passer aux choses sérieuses.

1/ L’avènement de la mobilité low-cost

Après plusieurs années de domination sans partage sur les segments des smartphones et des tablettes, Apple ne pourra pas conserver sa position dominante en 2012, surtout au vu du prix de vente des ses engins. Le succès d’Android n’est aujourd’hui plus à prouver, surtout avec la toute nouvelle quatrième version (plus stable, plus rapide, plus riche, et surtout toujours gratuite). Le système d’exploitation de Google est peut-être moins sexy que celui d’Apple, mais l’offre d’entrée de gamme de smartphones est bien plus compétitive (on parle de 700.000 activations de nouveaux combinés par jour), grâce à des industriels puissants comme Samsung, HTC, Motorola ou le chinois ZTE (Ne négligez pas les smartphones low cost). Concernant les tablettes, la concurrence commence enfin à se structurer avec des machines quatre fois moins chères que l’iPad (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle).

Certes, pour le moment les possesseurs de machines Apple dépensent plus que les autres, mais quand les machines propulsées par Android seront 5 fois plus nombreuses que celles tournant sous iOS, le marché va nécessairement se reconfigurer. Par contre ne nous voilons pas la face, cette banalisation des smartphones et tablettes low cost va se faire au détriment de l’uniformité des formats. De ce fait, la fragmentation des écrans et OS va compliquer la tâche des développeurs d’applications, mais elle ravira les annonceurs qui verront se multiplier les opportunités de contact / vente en situation de mobilité.

Fragmentation des formats due à l'arrivée des tablettes low cost

Vos résolutions pour 2012 : Intéressez-vous de très près aux différents formats publicitaires sur terminaux mobiles (dont les bannières interactives tactiles) et anticipez la fragmentation du marché pour rendre disponibles vos contenus / services / offres sur le plus grand nombre de terminaux mobiles.

2/ Le retour de la revanche de la TV connectée

Oui je sais, ça fait trois années de suite que je vous annonce l’avènement de la TV connectée… mais je suis persuadé que 2012 va être la bonne année, non pas grâce à Google TV ou à la future probable Apple TV, mais aux solutions alternatives : les box et les applications mobiles dual screen. Comprenez par là que s’il va falloir de nombreuses années pour remplacer le parc de TV, les opérateurs ne vont certainement pas laisser Free raffler les parts de marché avec sa Freebox Revolution, et proposer à leur tour des box plus intelligentes capables de se connecter au web, d’héberger des applications, voir d’interagir avec des programmes.

Et si ce n’est pas votre box qui va relier les programmes TV au web, alors ce sera votre smartphone / tablette. Le principe du dual screen est ainsi proposé par la chaine US VH1 (la série Grey’s Anatomy dispose même de sa propre appli), de même que par Disney avec ses DVD intégrant le Second Screen.

Profitez encore plus de vos DVD Disney avec les bonus sur votre iPad

Vos résolutions pour 2012 : Étudiez les opportunités offertes par la télévision comme canal de distribution de contenus numériques ou aux applications mobiles pour ajouter une dimension sociale aux contenus (émissions ou publicités).

3/ La montée en puissance des objets connectés

Ça a commencé avec vos chaussures de sport (Nike+), puis avec votre cadre à photo (Pulse), ça va continuer avec votre montre (I’m Watch), votre voiture (Renaut R-Link)… Bientôt, tous les objets de notre quotidien seront connectés, ou connectables (encore une fois au travers de votre smartphone). Ceci ouvre d’innombrables opportunités, mais restreint tout de même la cible aux utilisateurs les plus fortunés, ou à des usages de niche comme le Quantified Self.

Vous avez tout à fait le droit de penser que ces nouveaux objets connectés sont des gadgets, mais bon… il vous suffit d’étudier la proposition de valeur d’objets comme la Little Printer pour vous rendre compte du potentiel disruptif :

Vos résolutions pour 2012 : Voyez dans quelle mesure les objets du quotidien pourraient vous aider à toucher différemment vos clients / prospects.

4/ L’émergence d’offres de cloud pour le grand public

Vote musique est dans les nuages avec Spotify ? Vos photos sont dans les nuages avec Picassa ? Vos notes sont dans les nuages avec Evernote ? Normal, car vous êtes habitué au concept de cloud computing dans votre environnement professionnel. Par contre ce n’est pas encore le cas de vos amis ou de vos parents… Mais ça va changer avec l’arrivée des offres d’ Amazon, Apple ou Google. Ces acteurs sauront trouver les arguments pour séduire le grand public et leur vendre de la portabilité et de l’accès universel aux contenus.

Et nous n’en sommes qu’au tout début de ce que l’informatique dans les nuages peut nous proposer avec notamment les offres de cloud gaming (OnLive) ou d’accomplissements personnels (Do.com, lancé par SalesForce) qui ne tarderont pas à arriver en France.

Vos jeux partout avec vous grâce au cloud gaming

Vos résolutions pour 2012 : Il reste encore de nombreuses places à prendre, ne tardez pas trop ! (heu… vous utilisez déjà des offres cloud dans votre quotidien professionnel, n’est-ce pas ?)

5/ La révolution des ebooks

Si les e-readers se sont largement répandus dans les pays développés (Le marché des ereaders se porte à merveille), le rythme d’adoption en France a été beaucoup plus lent du faite d’un blocus par les grandes maisons d’édition. Mais elles ne décident heureusement pas de tout et le marché s’est ouvert en quelques semaines avec la disponibilité récente de liseuses de très bonne facture (le Kindle chez Amazon, le Kobo à la Fnac, le Cybook de chez Booken pour les librairies indépendantes…). Certes, les ebooks sont encore beaucoup trop chers (le double d’un livre de poche), mais la pression du marché devrait certainement amener le législateur à faire évoluer les lois encadrant le prix des livres.

Dans tous les cas de figure, nous commençons à voir apparaitre des solutions de monétisation alternatives tout à fait intéressantes comme la sponsorisation des liseuses, la location, le free-to-read… Nous sommes encore très loin d’avoir exploré toutes les pistes de monétisation (quid du placement de produits dans les boutiques intégrées ? Quid du brand content ?), et il reste encore à trouver une solution de distribution numérique pour les journaux.

Le Cybook Opus existe en de nombreuses couleurs

Vos résolutions pour 2012 : Achetez-vous une liseuse de dernière génération pour vous rendre compte des progrès réalisés sur l’encre électronique et renseignez-vous sur les formats publicitaires disponibles.

6/ Le consécration des contenus applicatifs tactiles

J’ai dès le départ été séduit par Our Choice et le principe de mélanger du contenu textuel, des photos / vidéos, des animations et des données au sein d’une belle interface tactile. De nombreux éditeurs se sont engouffrés dans la brèche et proposent des produits toujours plus spectaculaires avec l’intégration de dimensions communautaire et pédagogique : Des applications éditoriales toujours plus sophistiquées sur tablettes.

Si jusqu’à présent l’offre se limitait à de beaux ouvrages, ce format hybride offre d’innombrables opportunités pour le secteur pédagogique (auto-apprentissage, formation à distance…) ou plus généralement pour le secteur professionnel (Quels usages pour les touchbooks en entreprise ?). Pour vous en convaincre, il suffit de regarder les dernières publications comme Master Your DSLR Camera.

Vos résolutions pour 2012 : Faites-vous offrir une tablette et expérimentez par vous-mêmes les applications éditiorialisées pour mieux en appréhender le potentiel, notamment pour des webdocumentaires, des bandes dessinées ou du brand content.

7/ De nouvelles expériences de vente en ligne

Suprématie des marketplaces, logistique hyper-optimisée, médias sociaux saturés… 2012 va être une année compliquée pour les e-commerçants devant affronter les mastodontes du secteur (Les géants de l’internet s’affrontent pour imposer leur commerce OS). Pour résumer une longue histoire, trouver un facteur de différenciation est une question de vie ou de mort pour les acteurs du e-commerce (Vers de nouvelles expériences d’achat et de consultation).

Si nous avons déjà commencé à voir des choses intéressantes (A la recherche d’innovations d’usage pour le commerce en ligne), il va falloir pousser la différenciation jusqu’au bout pour espérer sortir du lot : Produits exclusifs, boutiques monoproduit, sites marchands monopage, boutiques en ligne éphémères, boutiques expérientielles…

Vive les boutiques monopage !

Vos résolutions pour 2012 : Passez un peu de temps sur des boutiques atypiques comme CoucouShop pour stimuler votre imagination.

8/ De nouvelles opportunités grâce à Big Data

Pour vous épargner une longue et laborieuse explication, Big Data désigne des ensembles de données tellement gros qu’ils ne peuvent être exploités par les bases de données traditionnelles. Le principe est donc de collecter un très grand nombre de données disparates (de multiples sources et types) afin de trouver des corrélations et d’identifier des tendances et opportunités indécelables avec des bases de données relationnelles classiques. Ce principe s’applique aussi bien dans le commerce en ligne (How Etsy handcrafted a big data strategy), que dans l’immobilier (Trulia Crime Maps Bring Big Data to the Masses), le sport (How Big Data Have Fundamentally Changed Baseball) ou les médias sociaux (Des social graph aux interest graph).

Choisissez votre future maison en fonction des données du voisinage

Vos résolutions pour 2012 : Plutôt que de vous enliser dans le débat technologique (Hadoop ou pas Hadoop ?), intéressez-vous plutôt aux solutions de smart datamining et aux agrégateurs de données comme l’Azure Data Market de Microsoft.

9/ L’unification des pratiques sociales internes et externes

Les pratiques de social marketing et d’Entreprise2.0 ont beaucoup évolué ces derniers temps : plus de maturité, plus de sophistication… Mais cette progression a été menée en parallèle et l’adoption de ces pratiques se fait au travers de services différents au sein des organisations (marketing / communication d’un côté, DSI / métiers de l’autre). La prochaine étape va être de fusionner les pratiques conversationnelles internes et externes grâce au décloisonnement des initiatives et de l’implication d’autres services (Une dilution des pratiques sociales dans l’organisation grâce à la social business unit).

Avec le social business, tous les services sont impliqués : Demystifying Social Business

Certains éditeurs comme SalesForce ou Jive ont déjà commencé l’intégration avec des suites applicatives destinées aussi bien à la collaboration interne qu’au social CRM. Il existe plusieurs termes pour décrire cette réunification des pratiques (Social Business, Social Enterprise…), mais tous parlent bien de la même chose : exploiter la dimension sociale à tous les niveaux de l’entreprise pour en démultiplier l’impact.

Vos résolutions pour 2012 : Lisez le livre sur le social business que je fini de rédiger avec mon collègue Cédric (à paraitre en février 2012)

10/ Le triomphe des marques-médias grâce aux médias sociaux

Utiliser le web comme canal de diffusion du brand content n’a rien de neuf, BMW le faisait déjà il y a 10 ans avec sa série The Hire. Mais ça, c’était avant la naissance de YouTube et Facebook. Aujourd’hui des marques comme Burberry ou RedBull ont abandonné les médias traditionnels pour se concentrer uniquement sur les médias sociaux (Why Burberry Is Much a Media Company then a Fashion Company). Les médias sociaux ont ainsi atteint une taille suffisamment critique pour soutenir une stratégie de marque-média, d’autant plus que ces dernières n’ont maintenant plus besoin d’acheter de la visibilité sur les médias traditionnels, elles peuvent se concentrer sur la  production de leurs contenus. Pour vous en convaincre, regardez le niveau des productions de RedBull.tv (dont certaines sont diffusées sur NBC, CQFD) :

Le portail média de RedBull

Vos résolutions pou 2012 : Même si peu de marques peuvent assumer des productions comme Sexual Snowboarding, il n’est pas trop tard pour commencer à produire votre brand content.

11/ La revanche des environnements virtuels

Il ne se passe pas une semaine sans que j’entende des moqueries sur Second Life. Pourtant je n’ai de cesse de répéter que Second Life est encore ouvert et plus dynamique que jamais (Quel est l’héritage de Second Life ?). Si aujourd’hui l’attention des médias et des annonceurs est braquée sur Facebook, des univers virtuels comme Habbo, Club Penguin, Stardoll ou Moshi Monsters rassemblent des centaines de millions de joueurs (Presque un milliard et demi d’utilisateurs des univers virtuels). Ces jeunes finiront bien par grandir, et ils ne se contenteront pas des plateformes sociales actuelles.

Au-delà de ces univers virtuels « classiques », des environnements virtuels récents comme MinecraftGlitch ou le français Mamba Nation nous prouvent que le secteur innove toujours et que des services comme Turntable ont un réel potentiel disruptif (Why Turntable.fm is the most exciting social service of the year et Why Turntable is the Future of Music). Mais selon moi les choses sérieuses vont commencer avec la sortie de Pottermore, la plateforme virtuelle et sociale autour de l’univers de Harry Potter, qui risque de populariser le concept auprès du grand public (les lecteurs de la saga).

Avec Turntable, vos playlists sont sociales et virtuelles

Vos résolutions pou 2012 : Passez un peu plus de temps sur MarketingVirtuel.fr pour mieux appréhender les opportunités des environnements virtuels.

12/ La chasse aux hipsters avec les applications mobiles de partage de photos

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la compétition entre les applications de partage de photo n’a jamais été aussi forte : Instagram, Path, Color, Hipstamatic, Dotti… Pourquoi une telle compétition ? Pour séduire les hipsters, ces fameux utilisateurs précoces en quête de nouveauté et de différenciation. Même si la population-cible est beaucoup plus restreinte que sur les grandes plateformes sociales, le caractère élitiste de ces services assure aux marques qui l’exploitent une exposition médiatique bien supérieure à l’audience captive. Des marques comme Gucci, Burberry Adidas, RedBull, Starbucks ou encore GE exploitent Instagram pour raconter de belles histoires au travers de photos.

Les marques à l'assaut d'Instagram

Vos résolutions pour 2012 : Installez ces applications sur votre smartphone pour surveiller ce que font les marques et pour admirer les magnifiques paysages de Hervé Bois.

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Voilà, ceci clôture mes 12 prédictions pour l’année 2012. Je vous donne donc rendez-vous dans 12 mois pour faire le point. Dans l’immédiat, j’invite mes confrères blogueurs à publier leurs propres prédictions (sans trop copier s’il vous plait).

Rétrospective sur mes prédictions 2011

Comme je l’avais fait en 20062007, 2008, 2009, 2010, voici la rétrospective de mes prédictions pour l’année 2011. Un exercice hautement périlleux, qui m’a valu de nombreuses railleries, mais qui m’amuse toujours autant. Bref, je vous propose de voir dans quelle mesure mes prédictions pour cette année étaient pertinentes ou non.

1/ Éclatement de la bulle des médias sociaux

2011 aura été une année très faste pour les médias sociaux : beaucoup de croissance, beaucoup d’investissements, beaucoup d’attentes… Force est de constater que nous atteignons un quasi-point de saturation, comme l’a fait remarqué le CEO de Forrester (Social Network Reaching Saturation, Start of a Bubble for Social Starups). Par « nous », j’entends à la fois les utilisateurs, les annonceurs, mais également les prestataires. Très concrètement, nous sommes en plein dans la phase du pic des attentes exagérées. Cela ne veut pas dire que les médias sociaux vont disparaitre ou qu’il va y avoir une explosion de la bulle, mais que le marché va mécaniquement se contracter. Pire : ces attentes exagérées sont également en train de polluer le monde de la mobilité. J’avais à nouveau soulevé ce point en début d’année (2011, l’année de la désillusion ?), et l’évolution du marché m’a donné raison.

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Évitez de sur-promettre à votre hiérarchie et de ne pas concentrer vos investissements / budgets dans une présence Facebook et une application iPhone.

2/ Des applications mobiles aux sites mobiles

Avec la montée en puissance d’Android, la domination du marché des smartphones par Apple est plus que remise en question (il se vend quatre fois plus de terminaux Android que d’iPhone). La fragmentation du marché a donc contraint les éditeurs de contenus et services mobiles à revoir leur approche et opter pour des développements en HTML5 plutôt qu’en langage natif. La réalité est plus complexe et l’environnement évolue très vite, car si en milieu d’année j’étais persuadé que HTML5 s’imposait comme LA référence pour les applications mobiles, aujourd’hui je ne suis plus sûr de rien, car le choix se complique entre application mobile et application HTML5. Certes, les frameworks de développement multi-plateformes comme PhoneGap ou Sencha progressent de jour en jour… mais les éditeurs redoublent d’efforts pour concevoir des applications de plus en plus agréables à utiliser.

Pertinence : Moyenne.

Action(s) à prévoir : Misez sur les deux tableaux en exploitant à la fois des applications natives pour les plateformes mobiles à forte valeur ajoutée et un site mobile pour le reste du marché.

3/ Une réécriture des sites web

Après presque une décennie de stagnation, le HTML a enfin repris sa juste place grâce aux dernières spécifications HTML5 et CSS3. Ceci étant dit, la réécriture des sites web en cette période de crise n’est clairement pas la priorité des marques. Même si nous commençons à voir de plus en plus de mini-sites exploitant HTML5 plutôt que Flash, les techniques de responsive design et autre scénarisation éditoriale ne passionnent que les experts. Il va donc falloir encore attendre avant le démarrage du Grand Chantier de Refonte du Web (je me demande même s’il aura lieu).

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Étudiez quand même de près les possibilités offertes par HTML5 et surtout CSS3 pour améliorer l’expérience de lecture de votre site.

4/ Forte croissance des touchbooks et terminaux alternatifs

Bon… celle-ci n’était pas trop difficile à sortir. Le marché des tablettes est en pleine explosion avec l’arrivée tonitruante du Kindle Fire (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle), et les autres terminaux alternatifs grignotent petit à petit des parts d’audience sur les ordinateurs traditionnels (cf. La fin de l’ordinateur individuel est programmée et Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?).

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : L’iPhone (et dans une certaine mesure l’iPad) est l’arbre qui cache la forêt, essayez dès maintenant de miser sur l’avenir et de vous intéressez de près aux autres types de terminaux (tablettes low-cost, feature phone, TV / cadres à photo / montres / voitures connectées).

5/ L’internet s’invite dans le salon

Voilà deux années que j’annonce l’avènement de la TV connectée. Si Google TV n’est clairement pas encore présent sur le marché français, il faut néanmoins surveiller ce que proposent les box, et plus particulièrement la Freebox Revolution qui permet d’accéder à Twitter et Facebook (entre autres). Mais ça reste tout de même relativement anecdotique.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Allez faire un tour dans l’application store de votre Freebox.

6/ Premières expériences de rich commerce mobile

Les smartphones sont incontestablement un levier d’innovation et de transformation très puissant. Si leur intérêt n’est plus à prouver dans un contexte marchand, les interfaces riches pour les boutiques mobiles sont loin d’être une réalité (euphémisme). Il existe des applications marchandes très intéressantes pour les touchbooks (Le rich commerce à l’assaut de l’iPad et Du renouveau des bannières interactives sur les supports tactiles), mais pas grand-chose pour les smartphones.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Surveillez de très près les applications marchandes tactiles éditorialisées comme celle de Zappos.

7/ Le point de bascule pour le cloud computing

J’ai tellement entendu parler du cloud computing cette année que je ne suis pas certain que le grand public comprenne vraiment de quoi il s’agit (Définition et usages du cloud computing). Je pense ne pas me tromper en disant que les mentalités autour du cloud computing ont beaucoup changées dans le monde de l’entreprise et que les IT managers sont maintenant conscients des opportunités que ces solutions offrent. Pour le grand public, les premières offres commencent à voir le jour chez Google, Amazon, Apple… mais le déploiement en Europe est plus lent que prévu.

Pertinence : Moyenne.

Action(s) à prévoir : Essayez de voir dans quelle mesure votre marque peut être adossée à une offre cloud.

8/ Un renouveau des contenus 3D

Avec la sortie du la dernière version de Flash, beaucoup de choses ont changé (Flash Player 11 inaugure une nouvelle ère pour le web 3D et Le B A BA de la 3D dans Flash). Même si l’adoption n’est pas flagrante, nous commençons à voir des innovations tout à fait intéressantes : Les domaines d’application de la 3D pour le web. Il n’empêche que produire du contenu 3D est plus complexe et coûteux que du contenu traditionnel, de ce fait l’impact est encore limité, mais le renouveau est bien là. D’autant plus quand vous associez des contenus 3D à des services reposant sur des imprimantes 3D (Concevez votre robot en 3D avec WebGL).

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Étudiez dès maintenant les solutions de valorisation de vos produits (vue 360°, configurateur 3D, réalité augmentée…) et réfléchissez à la meilleure façon d’introduire une troisième dimension dans votre univers de marque.

9/ Une identité numérique pour tous

L’identité numérique n’est pas un sujet qui passionne les foules. Il n’y a guère que Jean-Marc Manach pour se soucier des problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée. Quel dommage, car le sujet est extrêmement sensible, beaucoup trop sensible pour laisser une startup d’à peine 3000 personnes (financée par des capitaux russes) gérer votre identité numérique à votre place.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Évaluez de façon précise quelle est votre dépendance à Facebook, et trouvez des solutions pour la réduire.

10/ Tous des hackers

J’avoue avoir péché par optimisme de penser que le grand public pouvait se trouver une passion dans la bidouillabilité (visiblement les consommateurs préfèrent manger au menu plutôt qu’à la carte). Pourtant le mouvement Open Data à l’air de bien prendre en France… Qu’à cela ne tienne, je reste persuadé qu’il est primordial d’enseigner à nos enfants que l’on peut toujours remettre en question l’ordre établi (12 Year Old Iphone App Developer Gives TED Talk et Teach Your Kids How To Code, Not How To Speak Chinese).

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Voyez dans quelle mesure vos services en ligne pourraient être exploités au travers d’APIs, ou comment vous pourriez exploiter les APIs des autres.

11/ Plus de gameplay dans notre quotidien

La gamification est incontestablement l’un des buzzword de l’année 2011 (avec le Quantified Self). Malheureusement, à force d’en servir à toutes les sauces, la confusion s’installe (Gamification Becomes MainstreamLes illusions de la gamification et Gamification is not Game Design). Qu’importe, les fondamentaux de cette pratique restent valides.

Pertinence : Bonne.

Action(s) à prévoir : Envisagez votre stratégie de fidélisation ou de conquête sous un angle plus ludique que les coupons de réduction.

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Mes prédications pour l’année à venir sont déjà prêtes dans ma tête, donc je devrais les publier d’ici à la fin de la semaine.

Mes 11 prédictions pour 2011

Comme à chaque fin d’année, je me lance dans le très périlleux exercice des prédictions pour l’année à venir. 2010 a été une année particulièrement riche, 2011 le sera encore plus. Non en fait le plus simple est de dire que les années 2010-2011 représentent un véritable tournant dans l’histoire du web, car beaucoup de choses ont et vont changer (touchbooks, ebooks, cloud computing, médias sociaux…). Trêve de bla-bla, voici donc mes 11 prédictions pour 2011.

1/ Éclatement de la bulle des médias sociaux

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, il y a tout de même un phénomène spéculatif assez marqué autour des médias sociaux. Je ne fais pas référence à la valorisation galopante de Facebook (c’est du marché gris donc c’est un phénomène parfaitement cloisonné et maitrisé), mais plutôt aux attentes complètement irréalistes autour des médias sociaux. J’ai ainsi pu constater ces dernières années une authentique spéculation sur la capacité des médias sociaux à faire ce que les autres médias ne peuvent pas / plus faire. J’ai déjà eu de nombreuses occasions de modérer l’enthousiasme ambiant (« le social marketing va remplacer le marketing« , « Facebook est le nouveau web« , « vous n’avez plus besoin de site institutionnel« , « les consommateurs ont pris le pouvoir« , « nous n’avons plus de budget com’ donc nous allons faire du buzz« , « plus besoin de contenu, les discussions dominent l’audience« …), mais la tendance ne semble pas faiblir.

Tout ceci participe à relever le niveau d’attente des annonceurs bien au-delà de ce que les médias sociaux et les pratiques de social marketing peuvent délivrer. De ce fait, les campagnes et expérimentations menées vont forcément décevoir. Attendez-vous donc à des annonceurs plus méfiants et des budgets plus serrés (se traduisant par des exigences en matière de ROI). Il n’y aura donc pas d’effondrement de la bourse, mais plutôt un phénomène de repli vis-à-vis du « tout Facebook« . Je ne suis pas très inquiet quand à cette fin de lune de miel, ça permettra de faire le ménage dans un secteur qui compte beaucoup trop de charlatans et d’opportunistes.

Votre priorité pour 2011 va donc être de définir des objectifs réalistes pour la présence de votre marque et d’intégrer les médias sociaux dans le fonctionnement quotidien de l’entreprise (processus, CRM…).

2/ Des applications mobiles aux sites mobiles

Voilà maintenant 4 ans que l’iPhone a été lancé. Je ne reviendrais pas sur l’onde de choc que ce lancement a provoqué au niveau de l’industrie, mais je pense qu’un bon résumé serait de dire que les concurrents ont mis 4 ans à encaisser le coup. Nous sommes maintenant à la veille de 2011 et les parts de marché des smartphones commencent petit à petit à s’équilibrer autour des différentes plateformes mobiles (iOS, Android, BlackBerry OS, Windows Phone, WebOS, Symbian, Meego, Bada…). La conséquence de ce rééquilibrage va être une forte pression sur les développeurs d’applications mobiles qui vont devoir faire un choix douloureux : quelle plateforme choisir ?

En fait, la meilleure solution sera de ne pas faire ce choix, et d’opter plutôt pour un site mobile. Les navigateurs des smartphones sont en effet parfaitement capables d’exploiter la puissance d’HTML5 et de javascript pour proposer des applications en ligne mobiles à l’expérience quasi-équivalente à celles des applications natives. Les avantages d’un tel choix sont nombreux : parfaite compatibilité entre les différentes plateformes, aucun souci de référencement sur les app stores, mises à jour grandement simplifiées, pas de nouveaux langages à apprendre… (lire à ce sujet : Vous êtes plutôt application mobile ou site web optimisé pour les smartphones ?). Au fur et à mesure des mises à jour, les capacités de ces navigateurs s’améliorent (Hidden Safari Mobile feature reveals augmented reality capability et jQuery s’impose dans le monde javascript et s’exporte sur mobile) et les gros éditeurs commencent à investir (GetJar Well-Positioned to be the HTML5 Mobile Web App Store).

Moralité : si vous aviez prévu en 2011 de faire développer des applications iPhone et Android, réfléchissez-y à deux fois et regardez de près HTML5.

3/ Une réécriture des sites web

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les bénéfices d’HTML 5 (HTML 5 + CSS 3 = une révolution pour les interfaces web et les articles publiés sur InterfacesRiches.fr). Avec l’avènement des navigateurs de dernière génération (Firefox, Chrome et Safari représentent 50% des parts de marché) et l’arrivée d’IE9, les interfaces web exploitant HTML5 et CSS3 sont en train de devenir une réalité, d’autant plus que la rétro-compatibilité est assurée. Ces technologies standards ouvrent ainsi d’innombrables possibilités (choix illimité de polices, multi-colonage, nombreux effets de transition…). De plus, le fait que l’algorithme de Google commence à prendre en compte le temps de chargement des pages va forcer les éditeurs à optimiser leur code source et à se tourner vers HTML5 et CSS3 pour diminuer le temps de chargement et bénéficier d’une bien plus grande liberté.

La contrepartie de tout ceci va par contre être une période d’apprentissage délicate pendant laquelle nous allons avoir le droit à des expérimentations plus ou moins réussies et de plus ou moins bon goût.

Conseil : faites monter en compétences vos équipes pour pouvoir étudier les capacités d’HTLM5 et CSS3 afin d’améliorer votre site et de réduire le poids des pages.

4/ Forte croissance des touchbooks et terminaux alternatifs

Je ne reviendrais pas sur le lancement spectaculaire de l’iPad mais là encore il faut bien reconnaitre qu’Apple a réalisé un tour de force en démocratisant le concept de touchbook là où beaucoup d’autres ont échoué avec les tablet PC. L’astuce est de proposer un terminal simple à utiliser, qui démarre en quelques secondes et propose une prise en main rapide loin des affres des mises à jour / drivers / plantages que nous connaissons avec l’informatique traditionnelle.

Peu de concurrents ont eu la réactivité nécessaire pour proposer une alternative à l’iPad dès 2010, mais la toute prochaine édition du CES 2011 sera l’occasion de dévoiler une horde de concurrents potentiels. Outre le format touchbook, c’est la notion même de terminal alternatif qui a été remise au goût du jour, de ce fait attendez-vous donc à un phénomène d’atomisation du marché avec des consommateurs ne se satisfaisant plus des ordinateurs traditionnels et des netbooks. Je pense en premier lieu au format de cloubook promu par Google avec Chrome OS.

Je vous recommande donc fortement de regarder à quoi ressemble votre site web sur un iPad ou un netbook. Si le résultat n’est pas satisfaisant vous devrez alors penser à faire les aménagements nécessaires (cf. Vers des sites adaptés aux netbooks).

5/ L’internet s’invite dans le salon

Outre les touchbooks, 2011 va également être une année particulièrement intéressante pour les autres formats de terminaux alternatifs qui vont vous permettre de consommer des contenus et services depuis votre salon : TV connectées et smartframes (évolution des cadres à photos numériques). À ces deux-là il va peut-être falloir également compter sur les boîtes magiques des opérateurs, la toute nouvelle Freebox v.6 va ainsi créer un appel d’air et forcer les autres opérateurs à innover.

Pourquoi un tel engouement pour ces nouvelles générations de terminaux alternatifs ? Tout simplement pour lutter contre le piratage et sécuriser les revenus. Je pense ne pas me tromper en disant que malgré Hadopi les ayants droit ont perdu la bataille : la culture du gratuit domine sur le web et les contenus numériques (musique, films, séries TV, jeux…) sont librement accessibles à celles et ceux qui disposent d’un ordinateur connecté. La solution va donc être de retirer l’ordinateur de la chaine de distribution et de le remplacer par un terminal de consultation qui gère de façon beaucoup plus stricte les DRM (iPad, Apple TV, TiVo…). Je suis fermement convaincu que dans cette opération tout le monde sera gagnant (les consommateurs, les distributeurs, les producteurs…).

Conseil : commencez dès maintenant à étudier (ou à blinder) des partenariats pour pouvoir distribuer vos contenus ou services sur ces terminaux (cf. Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV). Et tant que vous y êtes, n’oubliez pas non plus les objets connectés (ambiant devices en anglais).

6/ Premières expériences de rich commerce mobile

Voilà maintenant presque 3 ans que je rédige sur RichCommerce.fr pour vous faire découvrir les nombreuses possibilités de valorisation de produits et d’enrichissement d’expérience d’achat sur le web. 3 ans c’est également le laps de temps qui a été nécessaire au marché pour s’habituer à l’idée du m-commerce. Oui, le e-commerce sur terminaux mobiles est une réalité. Une réalité de niche, mais une réalité pour les marques les plus audacieuses qui ont su investir intelligemment.

J’avais déjà eu l’occasion de vous parler des avancées très intéressantes des éditeurs (cf. Compte-rendu du salon Ecommerce Paris 2010 – suite) et je suis toujours aussi confiant quant à la marge de progression des interfaces marchandes en situation de mobilité. L’idée étant de proposer des modules enrichis (zoom XL, recherche assistée…) sur des interfaces de smartphones ou même de touchbooks. Non, il ne s’agit pas de remplacer les boutiques en ligne traditionnelles, mais plutôt d’aligner l’expérience mobile sur le niveau de qualité du web.

Autant vous dire que si vous n’avez toujours pas lancé une version mobile de votre site / boutique, vous risquez d’accumuler un retard pénalisant. Mais il n ‘est pas trop tard…

7/ Le point de bascule pour le cloud computing

Voilà plusieurs années que le cloud computing a réussit à faire sont trou dans le monde de l’entreprise, sous l’impulsion d’éditeurs comme SalesForce ou Zoho qui ont depuis été rejoints par les plus grands noms (Adobe, Oracle, Microsoft…).

Outre les applications BtoB, 2011 va être l’année de la découverte par le grand public du cloud computing pour les applications BtoC : musique dans les nuages (avec Spotify & cie et peut-être un tout nouveau Lala), jeux dans les nuages (les premières offres de cloud gaming comme OnLive sont parfaitement au point), informatique grand public dans les nuages (Google est lancé à pleine vitesse sur ce créneau avec Chrome OS ou Cloud Print).

Et nous n’en sommes qu’au début, car Apple et Microsoft sont en embuscade (avec respectivement MobileMe et le prochain Windows 8).

8/ Un renouveau des contenus 3D

Les contenus 3D ont toujours été problématiques, principalement du fait des limitations imposées par le matériel. Jusqu’alors réservé aux jeux traditionnels et applications, la 3D s’invite petit à petit dans votre navigateur grâce aux dernières innovations comme WebGL et le futur Flash 10.3 : 2011 sera-t-elle l’année de la 3D grâce à Chrome et Firefox (et Flash) ?

Une fois que le parc sera suffisamment mature (mises à jour du Flash Player et des navigateurs), les éditeurs de contenus auront tout le loisir de faire vivre de nouvelles expériences particulièrement immersives grâce à l’exploitation d’une troisième dimension.

Conseil : Commencez dès maintenant à réfléchir à la manière de valoriser vos produits / services dans un environnement 3D et à adapter votre discours de marque à une communication en 3 dimensions (le passage de la 2D à la 3D est beaucoup plus complexe qu’il n’y parait).

9/ Une identité numérique pour tous

Voilà bien longtemps que je ne me suis pas exprimé sur le sujet de l’identité numérique. Alors que la bataille fait rage pour dominer le social sign-in (Google’s Login Is More Popular Than Facebook Connect et Facebook vs. Google: The Most Popular IDs for Social Sign-In), les autres grands éditeurs commencent à s’intéresser de près à la volonté des internautes de contrôler leur ADN numérique (AOL Buys Social Profile Startup About.me).

Mais à mon avis tout ceci n’à d’intérêt que si l’on peut certifier une identité numérique. Du moment qu’un organisme tiers peut garantir que vous êtes bien celui que vous prétendez être en ligne, une infinité de possibilités et services s’offre à vous. Des services comme MyID.is militent ainsi en ce sens depuis de nombreuses années.

Conseil : Essayez de voir dans quelle mesure vous pouvez simplifier / améliorer l’expérience de votre site ou services en ligne du moment que l’internaute vous communique sont identité réelle.

10/ Tous des hackers

Avec les médias sociaux, les internautes ont (re)découvert l’intérêt de faire les choses par eux-mêmes (s’exprimer, partager, publier…). Ils ont également pris conscience du fait qu’ils avaient la capacité de créer et faire des choses jusqu’alors réservées aux industriels (cf. Vers des marques générées par les utilisateurs). La mode du open hardware (modifier et faire évoluer librement un produit manufacturé),  des open data (avoir accès aux données brutes et aux outils pour les manipuler), des fab labs (dont une traduction en français pourrait être « usinettes« )… illustre l’émergence de la culture libre et de la volonté des utilisateurs de reprendre la main.

Par extrapolation, je dérive sur la notion de bidouillabilité (capacité pour un objet ou un outil à être détourné de sa vocation initiale en vue d’essayer de lui trouver de nouveaux usages) et des marques / services qui laissent les autres innover pour eux. FlickR ou Twitter sont ainsi de bons exemples de services en ligne qui ouvrent des accès à leurs bases de données (au travers d’APIs) pour voir ce que la communauté peut en faire. Dans une autre mesure il existe également des outils très intéressants comme Scratch ou Kodu ou  pour pouvoir coder sans devoir assimiler la syntaxe complexe des langages de développement (cf. 4 Tools for Teaching Kids to Code et 4 (More) Tools for Teaching Kids to Code).

Conseil : essayez de voir dans quelle mesure vos produits, services ou contenus pourraient être mis à disposition sous format brut afin que la communauté puisse les traficoter, qui sait si une innovation détonnante ne pourrait pas en ressortir ?

11/ Plus de gameplay dans notre quotidien

Les années qui viennent de passer ont été particulièrement rudes, crise oblige. Rien de tel qu’un peu de fun pour vous redonner le moral et fidéliser les utilisateurs. L’idée est donc d’injecter des éléments de gameplay dans des services traditionnels (news, découverte musicale…) pour proposer une expérience d’usage différentiante (on parle également de funware) : Le gameplay comme élément clé de l’expérience utilisateur.

Nous commençons à voir des choses intéressantes avec des badges et des points d’expériences distribués en fonction de telle action effectuée ou tel endroit visité, mais il existe encore d’innombrables possibilités et surtout de très nombreux secteurs d’activité plutôt rébarbatifs qui mériteraient une pincée de gameplay.

Conseil : il existe très certainement un moyen d’associer des mécaniques ludiques à vos produits / services / processus pour égayer le quotidien de vos clients / utilisateurs. Pour vous aider à trouver l’inspiration, je vous recommande de passer un peu plus de temps sur votre console de jeux et un peu moins à lire la presse financière & business.

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Voilà, je vous donne rendez-vous en fin d’année pour faire le point sur ces 11 prédictions pour l’année 2011.

Rétrospective sur mes prédictions 2010

L’année se termine et comme je l’avais en 2009 et en 2008, il est temps de revenir sur mes prédictions pour l’année 2010. Bilan plutôt mitigé pour cette série de prédictions dont voici l’analyse à froid.

1/ Bataille autour des infrastructures et protocoles

L’année 2010 a été riche en lancements de solutions de « bas niveau » : WebP et WebM pour Google, HipHop pour Facebook… Non, nous ne parlons pas réellement de nouvelles infrastructures ou protocoles, mais de technologies alternatives aux standards.

Verdict : Presque.

2/ Retour en force de la TV

Apple TV, Google TV, nouvelle Freebox, … la TV connectée a été l’objet de nombreuses attentions cette année (cf. Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV). Pour le moment les offres grand public ne sont pas encore prêtes (du moins en France), mais les grands acteurs et industriels se préparent au débarquement en force des services en ligne sur nos télévisions (Microsoft et Adobe sont également de la partie).

Verdict : Ça va se faire l’année prochaine…

3/ Explosion du marché des livres électroniques

Difficile de constater le dynamisme du secteur des livres électroniques en France, car c’est un sujet tabou. Pourtant le succès des ebooks est indéniable outre-Atlantique sous l’impulsion du géant Amazon (Amazon Will Sell 8 Million Kindles This Year), Google et Apple sont en embuscade. Dans l’hexagone le marché piétine malgré le lancement du FnacBook et l’ouverture de la librairie numérique de Carrefour. Je ne suis pas spécialiste, mais j’imagine que les prix incroyablement élevés des livres électroniques participent à ce faux départ (voir à ce sujet la vidéo du PDG d’Amazon France).

Verdict : Ça va se faire l’année prochaine…

4/ Grosse bataille autour de l’authentification et de la certification d’identité

Les avis divergent sur qui domine le « marché » de la délégation d’authentification, mais ce qui est certain c’est que ça se passe entre Google et Facebook (Google’s Login Is More Popular Than Facebook Connect et The Most Popular IDs for Social Sign-In) et la bataille est loin d’être terminée. Par contre pour ce qui est de la certification d’identité, c’est le calme plat (Twitter n’a toujours pas ouvert la fonctionnalité de vérification des comptes). Par contre, attendez-vous à des annonces fracassantes dès le début d’année prochaine (j’ai dirais plus dans mes prédictions 2011).

Verdict : 50/50

5/ Invasion des terminaux dédiés et objets connectés

À défaut d’invasion nous pouvons parler d’innovations intéressantes. Tant que les opérateurs ne seront pas prêts à déployer des offres viables pour les industriels, le développement des objets connectés sera forcément bridé. Il va donc falloir être patient.

Verdict : Raté !

6/ Du multitouch à toutes les sauces

Les surfaces tactiles sont résolument à la mode, notamment grâce à l’iPhone et surtout à l’iPad qui a su évangéliser le principe auprès du grand public (avec en prime le Magic Trackpad). L’arrivée sur le marché de nombreux touchbooks concurrents de l’iPad devrait confirmer cette tendance.

Verdict : Bingo !

7/ Des applications en ligne sur votre bureau et des logiciels sur le web

2010 aura été une année particulièrement faste pour les applications connectées et les SaaS : Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels. Le lancement du Chrome Web Store, du Mac App Store et de son équivalent dans le futur Windows 8 vont encore affiner la frontière entre logiciels installés et applications en ligne.

Verdict : Bingo !

8/ Plus de sophistication pour les social games

Saviez-vous que la valorisation de Zynga dépassait celle d’Electronic Arts ? Ce fait illustre parfaitement l’engouement pour les social games (de même que les nombreuses acquisitions). Bref, les social games ont la côte et nous pouvons voir débarquer sur Facebook des jeux de plus en plus sophistiqués (la liste est longue mais, je peux vous citer par exemple Kogamu, Monster Galaxy, Urban Warfare…). Non seulement le secteur est très dynamique, mais les solutions de monétisation gagnent également en maturité (L’avenir du v-business est-il au papier ?).

Verdict : Bingo !

9 / Une seconde vie pour les jeux 16 bits

Le rétro-gaming est indéniablement un phénomène de mode (J’ai beaucoup aimé le film tiré de Scott Pilgrin), par contre sa portée est limitée à celles et ceux qui ont connu les débuts des jeux vidéos. Même si cette tendance inspire de nombreux graphistes et créateurs, je dois reconnaitre qu’il est difficile de luter face à la déferlante du cloud-gaming qui permet aux internautes lambda de goûter aux joies des jeux les plus sophistiqués (ceux qui nécessitent une machine surpuissante).

Verdict : 50/50

10/ Vers des Social Serious Games

J’ai vu passer des refléxions intéressantes sur l’implémentation du système de badges en entreprise (récompenses sociales), mais je n’ai pas encore trouvé d’exemple convaincant de social games appliqué au monde de l’entreprise. Peut-il faudrati-il creuser du côté des marchés de prédictions…

Verdict : Raté !

11/ Effondrement du segment des netbooks

Force est de constaté que le segment des netbooks s’est pris une grosse claque, en partie à cause des raisons invoquées dans ma prédiction (positionnement ambigu, absence de connexion…) mais surtout à cause du raz-de-marée provoqué par l’iPad. J’attendais un renouveau de ce segment avec les smartbooks, mais les ambitions de Google avec son tout nouveau Chrome OS semblent être légèrement différentes.

Verdict : Bingo !

12/ Perte de l’aura médiatique et enrayement de la croissance pour Facebook

Sur ce coup-là, je suis loin du compte ! Même si Facebook est toujours fortement exposé aux nombreux « problèmes » de confidentialité et de partage des données privatives (euphémisme), le réseau des réseaux affiche tout de même 600 millions de membres au compteur et une valorisation qui approche les 50 milliards de dollars. Je pense ne pas me tromper en disant que Facebook déçoit par certains côtés (nombreux changements de CGU, exposition des données personnelles, banalisation… cf. Le déclin programmé de Facebook) mais reste tout de même un authentique phénomène de société (son patron vient d’être nommé personnalité de l’année par le Times Magazine). J’ai dit à peu près tout ce que j’avais à dire sur Facebook donc je m’abstiendrais dans mes prédictions 2011.

Verdict : Raté !

Voilà pour la partie auto-critique, il ne me reste plus qu’à rédiger mes prédictions 2011.

Deux prédictions supplémentaires pour 2010

A la suite d’une précédente série de 10 prédictions pour 2010, je vous en propose ce soir deux de plus pour pimenter le débat. Vous noterez que sur ces deux nouvelles prédictions la prise de risque est importante, mais c’est à ce prix que l’on génère des discussions intéressantes.

11/ Effondrement du segment des netbooks

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous parler des netbooks, et d’insister lourdement sur la caractéristique essentielle pour moi de ces machines : ce sont plus de gros smartphones que de petits ordinateurs. Du moins c’est la ligne qu’auraient dû suivre les constructeurs. Au lieu de quoi ils se sont fourvoyés dans un positionnement ambigu dont ils sont le secret (« c’est comme un ordinateur mais en plus petit et en moins cher« ). Résultat : des promesses non tenues, des utilisateurs déçus et un marché qui est tiré vers le bas (« pourquoi payer 1.500 Euros pour un ordinateur alors qu’à 500 euros j’ai un netbook dernier cri ? 1.000 c’est suffisant« ). Aujourd’hui les ventes de netbooks sont toujours fortes, mais elles se font forcément au détriment d’autres segments qui souffrent (les laptops premier prix) et que les distributeurs sont obligés de solder. Plutôt que de chercher à développer un nouvel usage mobile (et donc un produit complémentaire à un ordinateur « classique »), ils se sont tirer une balle dans le pied en phagocytant leurs propres produits pour pouvoir faire des ventes rapidement. Grosse erreur.

Aujourd’hui je trouve que le segment des netbooks ne ressemble plus à rien avec des machines affichant des écrans de plus de 12 pouces de diagonale et des prix de vente qui dépasse les 1.000 € (pour le dernier Vaio X). Il n’était pourtant pas très compliqué de se différencier en proposant des machines légères et connectées en permanence… mais non, les constructeurs ont préféré pratiquer la surenchère technologique (plus gros disques durs, processeurs et cartes graphiques plus rapides, écrans plus grands…). Et où tout cela nous mène-t-il ? Nulle part. Je suis volontairement très critique car je suis un supporter de la première heure des netbooks (j’en possède plusieurs) et parce que je me désole de voir l’industrie s’enliser petit à petit dans un bourbier duquel elle ne pourra pas se sortir : l’informatique low-cost.

Qu’à cela ne tienne, puisque les netbooks sont maintenant associés dans l’inconscient collectif à de petits ordinateurs décevants, il est tant de trouver un autre nom à ce concept novateur (à mi-chemin entre informatique et mobilité). 2010 sera donc pour moi l’année du déclin pour les netbooks qui se feront voler la vedette par les touchbooks (à mi-chemin entre tabletPC et netbooks). Pour le moment l’offre est encore en phase de maturation (avec des terminaux qui se cherchent une place – cf. la triste fin du CrunchPad – et qui doivent avant tout éduquer le marché) mais le futur touchbook d’Apple devraient mettre tout le monde d’accord, attendez-vous donc à un réalignement du marché dès sa sortie (tout comme les constructeurs de smartphones se sont tous réalignés sur l’iPhone).

Autre facteur de déclin pour les netbooks : l’arrivée des smartbooks. Plutôt que de nouveau marché, je préfère parler de nouvelle niche pour ces machines à mi-chemin entre smartphones et netbooks : Smartbooks, a new class of mobile device.

Le smartbook de Qualcomm
Le smartbook de Qualcomm

Le principal promoteur de ce type de terminaux est Qualcomm, le fabriquant de puces qui équipent ces belles machines combinant « la simplicité et la connectivité des smartphones avec la puissance et l’ergonomie des ordinateurs portables pour vous permettre de surfer, travailler et jouer toute la journée où que vous soyez« . Derrière ce concept, il y a SnapDragon, une famille de processeurs moins gourmands et bien adaptés aux usages mobiles. Cette nouvelle génération de machine devrait ainsi permettre la mise sur le marché des machines moins ambitieuses que les netbooks (qui sont censés faire aussi bien que leur grand frère, sans jamais y parvenir) mais avec une proposition de valeur tout à fait réaliste. Plutôt que d’informatique low-cost, il est plus question d’informatique low-profile. « Low-profile », c’est justement le positionnement adopté par Google pour son futur Chrome OS (dont vous pouvez lire une analyse fort juste ici : Chrome OS, le PC killer de Google – via JM Billaut – « Google place la barre suffisamment bas pour ne pas créer de frustrations chez les premiers utilisateurs« ).

SnapDragon + Chrome OS, le binôme gagnant ? Pas certain car le futur OS de Google n’est pour le moment pas capable de tourner sur cette famille de processeur… pour le moment ! Mais nous en reparlerons en fin d’année prochaine.

12/ Perte de l’aura médiatique et enrayement de la croissance pour Facebook

Même si je suis un utilisateur régulier, j’ai toujours été sceptique quant au modèle de Facebook (souvenez-vous de Pourquoi je ne crois plus en Facebook rédigé en 2007 – ils n’ont fait que repousser l’échéance). Après une croissance fulgurante en un temps record, 2010 sera l’année qui marquera la fin du conte de fée. « Conte » ? Mais oui enfin, car dans quel monde est-il possible de proposer une plateforme entièrement gratuite où l’on peut stocker des milliards photos, des centaines de millions de  vidéos, draguer, déconner et réseauter à tout va ? La course à la croissance n’est malheureusement pas une fin en soi et il faudra bien payer la facture un jour. Facture que des services comme Meetic ou CopainsdAvant sont capables de payer car ils ont modèle freemium, mais qu’en est-il de Facebook ?

Vous pourriez me répondre que maintenant ils ont un cash flow positif… OK et alors, qui va rembourser la dette ? Et surtout qui va fournir les liquidités pour construire et équiper de nouveaux data-centers ? L’équation est très simple : pour absorber la croissance, Facebook a besoin d’un nouveau data-center tous les ans, sachant qu’il y a les autres à faire tourner et à maintenir. Le seul moyen qu’ils ont trouvé pour y arriver est d’ouvrir leur capital à des investisseurs. Mais tout le monde sait que troquer son capital social pour payer des frais de fonctionnement est une aberration (si vous n’en êtes pas convaincu, demandez donc aux survivants des start-ups des années 2000).

Vous pourriez également me dire que Facebook est assis sur une montagne de dollars avec le très juteux marché des social games, mais nous savons maintenant ce qu’il en est : Scamville, ou pourquoi les social games ne sont pas la poule aux oeufs d’or. Pour résumer une longue histoire, disons qu’une bonne partie des revenus mirifiques des éditeurs de social games provenait en fait de réseaux quasi-mafieux et que la nouvelle charte de bonne conduite adoptée à contre-cœur par les réseaux sociaux va faire radicalement baisser le potentiel de revenus de cette niche.

Autre problème, et de taille, pour Facebook : sa communauté. Autant ils sont fiers de crier sur tous les toits qu’ils sont la troisième plus grosse population sur notre planète (plus de 350 millions de membres), autant force est de constater que cette masse d’utilisateurs est difficilement contrôlable : au moindre changement elle exerce une pression tellement forte que Mark Z. est obligé de faire des acrobaties pour plier sans en avoir l’air. Il nous a ainsi démontré sa faiblesse vis à vis d’utilisateurs devenus très exigeants (ne me demandez pas pourquoi, mais il est reconnu que les utilisateurs sont toujours plus exigeants avec un service gratuit). Toujours est-il qu’avec la dernière version des CGU, les équipes de Facebook se prennent non seulement une tôlée de la part des utilisateurs, mais également de la blogsophère (cf. The Facebook Privacy Fiasco Begins, Zuckerberg Changes His Own Privacy Settings, Is Facebook unethical, clueless or unlucky?, Facebook’s Great Betrayal…).

Bref, 2010 sera selon moi l’année du basculement pour Facebook qui va devoir se faire violence pour trouver de nouvelles sources de revenus afin de financer sa croissance. Or, de nouvelles sources de revenus veut dire jouer avec les données confidentielles des membres, donc s’exposer à de fortes critiques, donc perdre de son aura médiatique, donc baisser les revenus publicitaires, donc devoir prendre plus de risques… Un début de descente aux enfers pour Facebook ? Non pas réellement, plutôt un retour sur terre, là où il y a des factures à payer et des concurrents qui ne lui feront aucun cadeau. Et ceci ne risque certainement pas de s’arranger avec la sortie prochaine du film (ils appellent ça un « biopic« ) qui risque de réduire encore plus la marge de manœuvre.

La grande question est donc la suivante : Facebook est-il condamné ? Oui bien sûr, mais ça je vous l’avais dit il y a deux ans. Donc je le répète : pour s’en sortir, Facebook devra changer radicalement de stratégie à court terme et monétiser au plus vite sa base d’utilisateurs. Pensez-vous que cela va plaire à la communauté ? Il a fallu un peu moins d’un an aux membres de Friendster pour migrer vers MySpace il y a 5 ans. À votre avis, combien de temps faudra-t-il aux membres de Facebook pour migrer vers une autre plateforme ?

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Voilà, c’en est fini pour mes prédictions 2010, je vous donne donc rendez-vous en fin d’année prochaine pour faire le point.

Mes 10 prédictions pour 2010

L’année 2009 n’est pas tout à fait terminée mais j’attaque dès maintenant ma série de prédictions pour l’année prochaine. Comme vous pourrez le constater, la majeure partie de ces prédictions tourne autour de deux thématiques qui me sont chères : les jeux et les médias sociaux. Il y a également une tendance de fond que je n’aborde pas car j’ai déjà publié un article à ce sujet (la réalité augmentée sur mobile).

1/ Bataille autour des infrastructures et protocoles

Après avoir lancé (et fermé) des dizaines de services, les grands de ce monde semblent maintenant bien décidés à étendre plus encore leur présence en s’attaquant aux infrastructures (investissements massifs dans des data-centers) et également aux protocoles. C’est ainsi que Google a cette année proposé un nouveau protocole pour Wave, mais aussi une variante de HTTP (SPDY) et même son propre DNS (Google Public DNS). Ils ont également racheté Gizmo5 (spécialisé dans la VoIP). Et vous pensez que Microsoft, IBM, Amazon et cie vont rester sans rien faire ? Attendez-vous donc à une série d’acquisitions / innovations dans les infrastructures et les protocoles.

2/ Retour en force de la TV

Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros truc qui traine (ou pas) dans un coin de votre salon. Et bien figurez-vous que ce boitier risque bien de redevenir cool grâce au web et à l’ensemble de services qu’il est possible de porter dessus (cf. La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie). Mieux, de nouveaux modèles sont à inventer pour pouvoir tirer partie des spécificités de ces deux supports (votre ordinateur avec son clavier, sa souris… et votre télévision avec son bel écran HD).

Internet dans votre TV
Internet dans votre TV

C’est ainsi que l’on va commencer à voir des choses très intéressantes du côté des grandes chaines (MyTF1), des fournisseurs d’accès (Orange Box V.2, Freebox V.6…) et même des services en ligne (avec des contenus 3D). Bref, si la France n’a pas eu la chance d’avoir sa TiVo, les téléspectateurs / internautes risquent d’être gâtés en 2010 avec de nouveaux services hybrides très intéressants (web + TV).

3/ Explosion du marché des livres électroniques

Inutile de vous (re)faire l’article sur le Kindle ou sur ces concurrents. Maintenant que la technologie d’encre électronique est au point, reste à trouver les contenus. Car force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup de eBooks à télécharger pour le moment (du moins en France), à moins que les choses se débloquent avec l’arrivée de ebooks sponsorisés (donc gratuits), de ebooks open source (voir d’un e-reader en open hardware), de e-readers subventionnés par des marques (au hasard les VPCistes qui en échange y placeraient leur catalogue avec un mécanisme de commande / paiement intégré) ou encore de e-readers compatibles avec Google Books, et tant qu’on y est des marketplaces d’ebooks et mêmes d’applications pour e-readers. Tout reste à faire…

Nook, le grand concurrent du Kindle
Nook, le grand concurrent du Kindle

4/ Grosse bataille autour de l’authentification et de la certification d’identité

Ces derniers temps, l’actualité est très chaude en ce qui concerne les services d’authentification : Facebook, Google, Twitter, Yahoo! et même Mozilla sont en pleine course (cf. Quand la délégation d’authentification devient un enjeu-clé). Ceci ne concerne que l’authentification mais je sens que petit à petit le besoin de certification d’identité va devenir de plus en plus pressant pour les utilisateurs qui veulent s’investir davantage dans une ou plusieurs plateformes sociales (par passion ou pour des raisons pro). À partir de là, qui pourrait être le mieux placé pour fournir un service de certification d’identité ? Les acteurs historiques (Verisign, Certinomis) mais également les solutions de paiement (PayPal, FIA-NET, Google Checkout…). En fait tout est question de confiance : En qui avez-vous le plus confiance pour certifier votre identité ou l’identité de quelqu’un d’autre ? L’astuce sera de fournir un service fiable et facile à mettre en oeuvre (et accessoirement compatible avec les différentes plateformes sociales).

5/ Invasion des terminaux dédiés et objets connectés

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le danger que représentent les smartphones pour les terminaux nomades (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés), il n’empêche que quand je regarde des terminaux comme le Chumby, le Litl ou encore le Intel Ealth Guide, je me dis que la partie est loin d’être gagnée.

Le Health Guide d'Intel
Le Health Guide d'Intel

En fait il existe une infinité d’usages de niche pour des objets du quotidien qui pourraient être connectés (cf. WakeMate, Withings, Twoddler…). Le seul problème avec ces terminaux, c’est le raccordement au web : le Wi-Fi est trop contraignant, les abonnements 3G coutent trop chers… Idéalement il faudrait une sorte de WhisperNet comme le propose Aamzon mais ouvert à tout type de terminaux. Là encore, tout reste à faire…

6/ Du multitouch à toutes les sauces

Faire des applications avec des interfaces tactiles multitouch n’est aujourd’hui plus un problème dans la mesure où les technologies sont prêtes. Ou du moins : de gros efforts ont été faits par les grands éditeurs (Microsoft, Adobe, Apple…) pour faciliter la mise en œuvre d’interfaces multitouch. Reste encore à trouver les périphériques. Vous connaissez déjà l’iPhone, nous avons également la table Surface, la souris Magic Mouse, les tablets de chez Wacom

Les nouvelles tablettes tactiles de chez Wacom
Les nouvelles tablettes tactiles de chez Wacom

En fait quand on y réfléchit bien, il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine, notamment pour ré-équiper les foyers avec des périphériques hybrides comme le concept de 10/GUI. Bien évidemment ce type de périphérique n’est pas pour 2010 (quoique), mais nous allons doucement y venir et j’anticipe de belles innovations pour l’année à venir (périphériques / terminaux, applications, supports promotionnels / évènementiels…).

7/ Des applications en ligne sur votre bureau et des logiciels sur le web

La frontière était déjà très fine entre applications en ligne et logiciels connectés, mais les éditeurs vont pourtant aller encore plus loin avec des applications en ligne capables de se comporter comme des logiciels (grâce aux Application shortcuts de Google Chrome ou aux Client Apps de Silverlight 4 qui permettent de travailler en mode hors ligne et d’avoir accès au disque dur).

Facebook en dehors de votre navigateur avec SilverFace

Mais ça fonctionne aussi dans l’autre sens avec la montée en puissance des Social Desktop Apps qui sont là pour vous faciliter le quotidien et prendre la relève des Seesmic et Tweetdeck (FishBowl, Sobees, Socialite…). Ces services / applications sont là pour défricher le terrain à une nouvelle génération d’applications / services (ha mince je ne sais déjà plus qui est qui…). Bref, le rapprochement entre ces deux monde sera quasi-consommé l’année prochaine.

8/ Plus de sophistication pour les social games

Inutile de revenir sur le succès des social games. Après cette première année fort bien orchestrée pour faire se rencontrer deux mondes (casual games et réseaux sociaux), j’anticipe pour l’année prochaine une sophistication croissante des jeux proposés sur les réseaux sociaux avec des genres nouveaux : MMORPG (Burning Realms), FPS (Paradise Paintball 3D), Beat-them-All (BattlePunk), Tactical-sport RPG (Kick Off)…

BattlePunk, Un Beat-them-All sur Facebook
BattlePunk, Un Beat-them-All sur Facebook

En fait il n’y a pas réellement de limite à la sophistication des jeux présents sur les réseaux sociaux, du moment qu’ils tournent sur un plug-in supporté par la plateforme (Flash, Unity3D…). Et avec un peu de chance, si le succès est au rendez-vous, les meilleurs jeux peuvent même exister en dehors de ces réseaux (à l’image de Farmville qui est maintenant dispo sur Farmville.com).

9 / Une seconde vie pour les jeux 16 bits

Je ne vous ferai pas l’affront de vous demander si vous connaissez des jeux comme Pac Man, Asteroids, Battlezone, Golden Axe, Dragon’s Lair… Et bien figurez-vous que ces jeux ne sont pas morts, bien au contraire, ils sont en train de connaitre une seconde jeunesse sur le web (Atari Arcade, Sega Mega Drive Classics) et sur iPhone (Dragon’s Lair, PacMan…). Vous pourriez me dire que le plaisir de jeu n’est pas tout à fait intact car c’est tout de même beaucoup moins fun de jouer sur son ordinateur avec son clavier. Mais pas de problème, car figurez-vous qu’ils ont pensé à tout avec notamment la fourniture d’un Joypad pour les abonnés pemium :

La manette USB dont j'ai toujours revée
La manette USB dont j'ai toujours rêvée

Avec près de 20 ans de patrimoine vidéo-ludique, il y a largement de quoi attirer les nostalgique et leur soutirer quelques euros.

10/ Vers des Social Serious Games

Les serious games sont partout : sur Facebook, sur votre mobile, dans votre entreprise… Il faut dire que la proposition de valeur est plutôt intéressante : « Une simulation ludique dans laquelle le joueur / collaborateur va être invité à s’immerger pour résoudre une problématique complexe et / ou liée au monde de l’entreprise« . À partir de là, pourquoi ne pas importer dans l’entreprise les recettes qui fonctionnent chez le grand public : des social games sur votre réseau social interne adaptés aux challenges ou problématiques spécifiques à votre entreprise, des social serious games. L’idée vous parait stupide ? Réfléchissez-y à deux fois car ce type de jeux peut tout à fait remplir deux objectifs : faire passer un message (en fonction de la thématique du jeux et de la situation dans laquelle il place les collaborateurs) et stimuler les connections au réseau social interne (au travers de défis, d’un tableau des scores, de storytelling…).

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Voilà, ça fait 10 prédictions pour 2010. Comme je suis particulièrement inspiré en cette fin d’année, je vous prépare deux prédictions supplémentaires pour la semaine prochaine, mais avec une plus grande prise de risque.

Rétrospectives sur mes prédictions 2009

Comme chaque année, je vous propose de faire le point sur mes prédictions de l’année dernière (Mes 9 prédictions pour 2009 et deux supplémentaires).

1/ Montée en puissance des plateformes sociales BtoB

Même si le marché des outils et services liés à l’Entreprise 2.0 est en voie de maturation, force est de constater que les plateformes sociales inter-entreprise ne sont pas légion (euphémisme). Il y a bien eu le BlueHouse d’IBM mais ce service très prometteur a depuis été refondu dans le très vague LotusLive. Mais je reste tout de même très confiant quand à l’émergence d’une plateforme sociale BtoB à mi-chemin entre place de marché et espace collaboratif inter-entreprise.

Verdict : Ça viendra…

2/ Explosion des réseaux sociaux locaux

2009 à été l’année de la consécration pour les réseaux sociaux locaux (on en dénombre une dizaine). Le modèle est tellement porteur que tout le monde y vient : réseaux sociaux mobiles, city guides… Les plus connus sont Brightkite, FourSquare, Loopt, Aki-Aki… mais avec Nokia qui a fait son marché (Plazes + Dopplr + Plum) et Google qui se lance timidement avec sur le créneau BtoB avec Favorite Places et Googles, on se dit que le marché est encore très instable.

Verdict : Bingo !

3/ Démocratisation des applications sociales

L’année a été longue, très très longue pour les équipes de Tweetdeck et Seesmic Desktop qui se sont livrés à une véritable course conter la montre. Pendant ce temps là, Facebook a lancé sa propre application (Facebook Desktop), de même qu’Adobe avec Wave.

Verdict : Bingo !

4/ Retour en force des experts

Quoi que l’on puisse dire sur la révolution du real-time web et sur le raz-de-marée Twitter, je crois plus que jamais à la viabilité du modèle basé sur l’expertise (échange visibilité donc trafic contre revenu, cf. Un second souffle pour les marketplaces avec les pro-ams). Bref, les experts sont là pour durer.

Verdict : Bingo !

5/ Invasion des casual games

Ce ne sont pas tant les casual games qui ont beaucoup fait parlé d’eux mais plutôt leur déclinaison sociale, les social games (cf. Social Games, une mine d’or pour les plateformes sociales et Les casual games à l’assaut des réseaux sociaux). 2009 aura aussi été l’année de la consécration pour des acteurs comme Playfish (racheté 400 millions de $ par E.A.) ou Zinga (100 millions de VU / mois, 65 millions de joueurs pour Farmville).

Verdict : Bingo !

6/ Multiplication des MMOs franchisés

Bon sur ce coup là, on peut dire que les MMOs franchisés se font désirés. Suite à la grosse vague d’annonce de l’année dernière, aucune nouvelle grosse franchise n’a été annoncée (et Twilight alors ?). Il va encore falloir patienter quelques mois (trimestres ?) avant de pouvoir jouer à Batman, au Jedi ou au Klingon

Verdict : Ça viendra…

7/ Montée en puissance des objets trans-réels

Après une année assez molle, les jouets trans-réels débarquent en force pour Noël : Avatar iTag, NanovorMyScene

Verdict : Bingo !

8/ Émergence d’applications mobiles 2.0

On attendait du neuf pour les applications mobiles mais c’est plutôt du côté des marketplaces que l’effort d’innovation a été porté. L’AppStore d’iTunes doit maintenant compter avec l’Android Market de Google, le Mobile Catalog de Microsoft, OVI de Nokia, l’App Shop d’Orange… Donc point d’applications mobiles « 2.0″ pour cette année.

Verdict : C’est raté.

9/ Retour sur le devant de la scène de Microsoft

Grosse année 2009 pour Microsoft avec la sortie de nouvelles versions majeures (Windows 7, Windows Mobile 6.5) ainsi que des annonces (IE9, Office 10 et ses Web Apps, Sharepoint 2010). Il y a également eu le deal avec Yahoo!, les nouveautés de Windows Azure, le nouveau MSN, la suite Security Essentials… Et le plus gros morceau pour la fin : Bing.

Verdict : Bingo !

10/ Arrivée à maturité des offres de cloud computing

Petit à petit, le marché est en train d’accepter l’idée de progressivement abandonner le stockage et les applications sur le poste de travail au profit d’un informatique on-the-cloud. Du côté des applications en ligne, j’ai évoqué Microsoft avec Azure et Office 10, mais 2009 a également été une année riche pour les Google Apps, pour Zoho, pour Aviary, mais également pour tout une série de partenariats (Sugar CRM et Adobe avec SalesForce). Pour les offres de Data-on-the-Cloud, l’année été tout aussi riche : Microsoft Demonstrates Data Interoperability in the Cloud, IBM’s Test Cloud Opens to Public Beta et MySQL gets cloudy with Amazon’s new database service.

Verdict : Bingo !

11/ Beaucoup plus de 3D dans votre navigateur

Même si les seules applications concrètes de la 3D dans votre navigateur sont pour le moment les Rich Internet Games, le futur du web 3D est en train de se structurer avec le le standard WebGL et dans une certaine mesure O3D de Google.

Verdict : Bingo !

Ouf, une sacrée année. Mais vous savez quoi ? J’ai comme l’impression que 2010 sera encore plus riche et passionnante. Bon… il faut maintenant que je m’attaque à la rédaction de mes prédictions…

Deux prédictions supplémentaires pour 2009

Après avoir lu et échangé avec des lecteurs, je souhaiterais compléter ma liste de prédictions 2009 avec deux autres tendances.

10/ Arrivée à maturité des offres de cloud computing

Les applications en mode ASP (Application Service Provider) avait montrée la voie pour libérer l’outil informatique des limitations de chaque poste de travail. Le cloud computing poursuit dans cette lancée en apportant une réponse plus mesurée : il n’est pas question d’abandonner complètement les postes de travail mais de migrer progressivement certains services (messagerie, sauvegarde des données…) pour progressivement ne conserver qu’un environnement d’exécution et ne plus stocker aucune donnée sur les disques durs et serveurs de fichiers. Mais ce processus peut se faire de façon progressive pour accompagner le changement et permettre aux utilisateus de modifier leurs habitudes et aux systèmes de s’adapter. Nous avons ainsi assisté à l’émancipation d’offres de Software as a Service (comme SalesForce ou SocialText) mais également de Platform as a Service (comme Amazon Web Services, Google App Engine ou Azure). La promesse étant la même : vos données sont disponibles où que vous soyez, vous ne payez que ce que vous consommez.

L’année 2009 sera clé pour permettre à ce(s) modèle(s) de se développer encore (plus d’acteurs) et de s’intensifier (une plus large palette de services). Attendez-vous donc à voir débarquer des offres de Gaming as a Service (un cousin du modèle free-to-play), d’Entertaining as a Service (peut-être une solution au problème de piratage) voir de Security as a Service (les outils de surveillance sont gratuits, vous ne payez qu’aux nombres d’incidents évités).

11/ Beaucoup plus de 3D dans votre navigateur

Historiquement confinés à des domaines comme les jeux vidéo ou les univers virtuels, la 3D risque de faire une entrée durable et fracassante dans les fenêtres de nos navigateurs. Nous parlons bien ici de 3D en temps réel, pas de 3 pré-calculée (qui n’est qu’uneune succession d’images ou au mieux un film). La 3D est déjà présente dans de nombreux domaines d’applications : E-commerce (Nike, Renault, VW), information (MSNBC), immobilier, advergame (Pepsi, Axe), MMO (IdentiFiction, Ragnarok), univers virtuels (World of Cars)… et la liste s’allonge de jour en jour.

Mais le pire dans tout ça, c’est que nous n’en sommes qu’au début. 2009 sera ainsi une année clé car elle correspondra à la mise sur le marché des nouvelles versions de Flash et Silverlight qui intégreront nativement la prise en charge de la 3D et surtout l’accélération graphique. Comprenez par là que jusqu’à présent le plug-in ne pouvait pas passer outre son application hôte (le navigateur) qui n’avait accès qu’au processeur. Avec ces nouvelles versions, les plug-in vont avoir accès aux ressources de votre carte graphique et là c’est une tout autre histoire.

Les possibilités vont donc être décuplée (au bas mot) et les expériences proposées seront beaucoup plus proche d’un jeu vidéo (de dernière génération) que d’un site web. Après ça, tout ne sera question que de bande passante. Et ça tombe bien car en France nous sommes très bien fournit (par rapport à la moyenne mondiale).

 

Voilà, ça nous fait donc 2 prédictions à rajouter aux 9 précédentes. Rendez-vous l’année prochaine pour faire le point.

Mes 10 prédictions pour l’année 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par « extras« , je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être « porté » sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation « sociale » (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils « maison » (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de « posséder » leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que « seconde chance » est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

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Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

Rétrospective sur mes prédictions 2007

Avant de me lancer dans des prédictions pour l’année 2008, je vous propose de revenir sur mes 10 prédictions faites pour l’année 2007 et de voir si elles se sont réalisées.

1/ Rationalisation dans la vidéo en ligne

Force est de constater que les innombrables services d’hébergement de vidéos en ligne sont plus coriaces que je ne le prédisais. Toujours est-il que le marché est maintenant saturé et qu’une petite sélection (naturelle ou non) doit avoir lieu. En 2008 nous devrions également être témoin du succès (ou de l’échec) d’initiatives légales comme Hulu ainsi que des nouveautés du côté de l’iTunes Video Store (notamment la location).

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

2/ Montée en puissance des RDA et renouveau des RIA

Les RDA se font attendre, surtout du côté des entreprises. L’année 2007 a été l’occasion pour certains gros acteurs de s’illustrer (Adobe AIR, Google Gears, Mozilla Prism), par contre pas grand chose de neuf du côté de Java ou de Microsoft. Beaucoup d’innovations également dans le petit monde du web 3D (mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler).

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

3/ Transformation des métiers et outils liés à l’analyse d’audience

La transformation annoncée n’a pas eu lieu. Par contre, au niveau du marché, nous avons assisté à un véritable festival avec le rachat de WebSideStory par Visual Sciences puis par Omniture. Rajoutez à cela le lancement de Gatineau par Microsoft, la nouvelle version de Google Analytics et le probable lancement d’un service équivalent chez Yahoo! et vous aurez un secteur en pleine ébullition et des métiers qui vont forcément se transformer sous l’impulsion de poids lourds comme les régies publicitaires de Microsoft et Yahoo!.

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

4/ Adoption progressive de solutions d’Entreprise 2.0

Voici un autre secteur en pleine ébullition : des acteurs de niche très actifs (SocialText, SalesForce, BlueKiwi…), des poids lourds qui rachètent des startups (Adobe avec Buzzword et Yahoo! avec Zimbra), d’autres poids lourds qui tardent à dévoiler leur jeu (Google, IBM…). La montée en puissance de ces applications est en cours mais forcément de façon progressive puisqu’elle se heurte à la résistance au changement.

Verdict : c’est en cours.

5/ Mouvements de concentration dans les réseaux sociaux professionnels

Point de concentration pour les réseaux sociaux, mais un début d’interopérabilité avec OpenSocial.

Verdict : ça n’arrivera pas.

6/ Grandeur et décadence de Second Life

Pas grand chose à ajouter sur cette prédiction. Effectivement Second Life n’est plus sur le devant de la scène car il s’est fait voler la vedette par les univers virtuels dédiés aux plus petits (voir l’article JP Morgan Bullish on Kids’ Worlds). Finalement ce n’est pas plus mal car ça permet aux équipes de Linden Lab de travailler en profondeur sur l’amélioration de Second Life (lire à ce sujet : L’apport de Windlight).

Verdict : dans le mille mais c’était prévisible.

7/ Prise de conscience de l’importance de la gestion de l’identité numérique

Identité numérique encore et toujours… on en a beaucoup parlé en 2007 (OpenID, Facebook Beacon, Wikia People Search, MyID.is…), on en reparlera beaucoup en 2008.

Verdict : dans le mille mais c’était prévisible.

8/ Une seconde chance pour les services mobiles

Pas grand chose à ajouter non plus sur cette prédiction. Il faut dire qu’entre l’iPhone et Android l’industrie mobile va avoir de quoi relever son ARPU.

Verdict : dans le mille mais c’était prévisible.

9/ L’affrontement du siècle entre Yahoo!/AOL/Microsoft et Google/Apple

Non l’affrontement du siècle n’a pas eu lieu. Pire, il n’aura probablement pas lieu dans la mesure où le marché croit suffisamment vite pour que les acteurs n’aient pas à s’affronter directement. Ils ont plutôt choisi le terrain de l’innovation et de la diversification.

Verdict : ça n’arrivera pas.

10/ Google Desktop se transforme en Google OS

Visiblement le projet de Google OS a pris un léger retard (euphémisme). Il faut dire que Google est sur tous les fronts et qu’il ne peut pas non plus faire sa révolution entre deux stratégie de diversification (mobilité, plurimédia). Je reste quand même persuadé que Google Desktop va jouer un rôle primordial dans la stratégie de domination des ordinateurs par Google.

Verdict : ça n’est pas (encore) arrivé.

Certes… il faut reconnaitre qu’un certain nombre de ces prédictions pour 2007 ne se sont pas réalisées…mais certaines sont encore en devenir donc ça va me faire une liste plus courte pour 2008 !