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Google lance Chrome OS, un système d’exploitation pour netbooks

Après de nombreuses rumeurs, voilà c’est officiel, Google vient de lancer son système d’exploitation pour netbooks : Introducing the Google Chrome OS. Ils ont pour ambition de repenser les systèmes d’exploitation. Nous ne savons pour le moment pas grand chose de ce projet, juste que son code-source sera publié en open source dans le courant de l’année (comme les autres projets Google) et qu’il sera disponible sur des produits grand public à partir du milieu de l’année prochaine.

Quelques précisions sur ce projet :

  • Il fonctionnera sur les netbooks équipés de processeur x86 / Intel et ARM (contrairement à Moblin et Windows 7) ;
  • L’architecture logicielle repose sur un kernel Linux, un nouveau système de fenêtrage dont on ne connait pas les détails et Chrome ;
  • Il pourra potentiellement entrer en concurrence avec Android (qui a déjà été installé avec succès sur certains netbooks).

Visiblement l’accent sera mis sur la rapidité (temps de démarrage), la sécurité (le choix de Linux semble judicieux) et les services en ligne (forcément puisque c’est un produit de chez Google). N’y voyez pas un premier pas vers un authentique système d’exploitation made in Google qui pourrait concurrencer Windows, ce Chrome OS n’est qu’une interface graphique posée sur un noyau Linux. Il existe déjà des acteurs ayant adopté la même stratégie comme gOS.

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Chrome OS dans votre netbook

Et justement, puisque l’on parle de la concurrence : Windows 7 va être le premier touché, logique puisqu’ils ont près de 90% des parts de marché (cf. Google’s Biggest Direct Assault on Microsoft: Open Source Desktop OS Based on Chrome). Mais c’est surtout à Intel que je pense avec son tout récent Moblin. Intel est un acteur très puissant mais possède-t-il la même force de persuasion que Google ? De plus, Intel est avant tout un fournisseur de puces, pas de services, d’où des leviers peu efficients comparés à Google. Il y a ensuite Jolicloud qui repose sur une architecture similaire, mais le marché est grand et ces deux systèmes peuvent tout à fait cohabiter sans trop de se faire de tort (au même titre que Netvibes et iGoogle). Évacuons la concurrence probable avec Android : Chrome OS sera un système d’exploitation conçu et optimisé pour les netbooks, ce qui n’est pas le cas pour Android qui a été conçu pour tourner sur différents types de processeurs et surtout dont l’interface est adaptée aux contraintes des mobiles.

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Une relique du passé ?

Le choix de « Chrome OS » comme nom n’est pas anodin : ils veulent privilégier au maximum les services en ligne et installer un minimum de choses sur la machine. Ceci va de pair avec la stratégie de Google et surtout avec la stratégie d’intégration verticale autour de Chrome dont la prochaine version risque de nous réserver de nombreuses surprises et notamment l’intégration prochaine de Native Client et O3D (cf. Opera 10, Chrome 4, Firefox 4 : Vers des plateformes sociales et applicatives). Chrome confirme donc son statut de cheval de Troie, plus particulièrement pour le marché des netbooks qui sont des machines à fortes contraintes (puissance du processeur, capacité de stockage…). D’après ce que l’on sait, Google souhaite tout miser sur les applications en ligne en posant la promesse suivante : les applications développées pour Chrome OS pourront également tourner sur n’importe quelle machine du moment que c’est dans Chrome. La boucle est bouclée : Chrome est maintenant désigné comme la plateforme applicative de Google, ne reste plus qu’à sortir une version stable pour Linux (oups !).

Plusieurs questions restent en suspens :

  • Chrome OS sera-t-il gratuit ? Oui tout comme Android, une stratégie simple pour couper l’herbe sous les pieds de Microsoft et favoriser l’adoption.
  • Pourra-t-on utiliser un autre navigateur que Chrome ? Oui mais cela limitera les possibilités car toute la logique applicative repose sur Chrome.
  • Y aura-t-il de la publicité ? Non ils ne sont pas stupides à ce point, les revenus viendront d’autres sources.
  • Chrome OS va-t-il révolutionner l’expérience des netbooks ? Oui certainement car un système qui démarre de façon quasi-instantanée risque de faire beaucoup de tort à Windows qui ne parvient pas à descendre sous la barre des 30 secondes. Rapidité et sécurité sont les deux maîtres-mots de Google pour son OS, une posture vraiment agressive vis à vis de Microsoft (Five Things Google’s Chrome OS Will Do for Your Netbook).
  • Google risque-t-il de faire de l’ombre à Apple ? Non pas réellement car Apple est passé maître dans l’art de se créer sa propre niche. Il n’empêche que cette annonce doit tout de même faire grincer des dents (Prediction: Google and Apple go to War).
  • Chrome OS permettra-t-il aux netbooks de conquérir le marché des entreprises ? Oui certainement, du moins pour les entreprises déjà clientes de Google Apps (10 Things We’re Dying to Know About Chrome OS).
  • Google parviendra-t-il à trouver un partenaire industriel ? Oui tout à fait, à commencer par ARM qui se fera un plaisir de faire rentrer un constructeur dans la danse (Google Chrome OS & What It Means For Future of Computing).

Cette annonce confirme en tout cas le potentiel des netbooks (Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?) et surtout le fait que la bataille se situera au niveau du système d’exploitation (Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks). Maintenant que Sony a annoncé sa ligne de netbooks (Netbooks Finally Exist: Sony VAIO W to Hit for $499), il ne reste plus qu’Apple se décide enfin à rentrer dans l’arène pour que le créneau des netbooks explose en 2010 !

Il parait que Microsoft va faire une grosse annonce la semaine prochaine au sujet de Windows 7 et potentiellement d’une version optimisée pour les netbooks de Windows 7. Attendons et observons…

Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer au sujet des netbooks et du rôle qu’ils vont jouer dans l’émergence de nouveaux usages (cf. Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Voilà maintenant plus d’un an qu’Asus a révolutionné le monde de l’informatique en lançant le premier netbook (le EeePC 700). Depuis nous assistons à une course de vitesse entre les constructeurs (Asus, Acer, HP, Samsung…) pour grignoter un maximum de parts de marché sur un segment à très forte croissance (cf. Croissance fulgurante pour le netbook en 2008).

Et pourtant, aussi forte que soient les ventes des netbooks, ce segment n’en reste pas moins très instable du fait du positionnement de ces machines : les constructeurs s’acharnent en effet à nous vendre les netbooks comme de petits ordinateurs. Erreur fatale car si cette stratégie a permis de doper les ventes en phagocytant les achats de renouvellement des ordinateurs traditionnels, elle a surtout générée beaucoup de déception auprès de clients qui ont répondu aux sirènes de l’informatique low cost. Résultat des courses : Une tendance qui s’inverse et des ventes qui s’effondrent faute de trouver un second souffle (cf. Is The Netbook Phenomenon Over? In a Way, Yes).

Les netbooks en pleine crise d’adolescence ?

Il faut bien avouer que vendus en tant que petits ordinateurs, les netbooks ont de quoi décevoir : écrans étriqués (impossible d’afficher du 1024*768), processeurs poussifs (des performances bien inférieures aux Dual Core) et systèmes d’exloitation qui sentent le recyclage à plein nez. Vous avez en effet le choix entre Windows XP qui va bientôt fêter ses 8 ans (n’oubliez pas de mettre à jour les bases anti-virus, anti-spyware, anti-malware…) et différentes distributions de Linux qui laissent perplexes (il faut passer par la console texte pour installer de nouveaux programmes).

Les constructeurs ont bien essayé de rattraper le coup en se lançant dans une course à l’armement (fréquence plus élevée du processeur, plus de capacités de stockage…) mais rien n’y fait : Le concept de netbook s’est perdu en chemin et les constructeurs doivent maintenant jongler avec des gammes à la logique sur-réaliste. Pour vous en convaincre, essayez donc de trouver une définition des netbooks qui fasse l’unanimité (je cherche encore).

Nouveaux usages = Nouvelle interface

Pour résumer un long débat je réitère ma définition de départ : les netbooks sont plus de gros smartphones que de petits ordinateurs. Ils ne présentent un réel intérêt qu’équipés d’une connexion permanente et autorisent alors des usages novateurs qui se situent à mi-chemin entre l’informatique traditionnelle, l’internet en situation de mobilité et les médias sociaux. Médias sociaux ? Oui tout à fait, car face à la déferlante des plateformes sociales et à la généralisation des usages « sociaux », les éditeurs de logiciels commencent à intégrer de façon native différentes fonctions sociales (par exemple dans le futur Firefox), et les éditeurs de systèmes d’exploitation ne seront pas les derniers.

Bref, qui dit nouveaux usages dit nouvelle interface. Le défi des constructeurs de netbook est donc de trouver un système d’exploitation correspondant le mieux à ces nouvelles contraintes :

  • Un tableau de bord plutôt qu’un bureau (façon smartphone) ;
  • Des widgets plutôt que des applications (pour accéder aux fonctionnalités critiques des services en ligne) ;
  • De l’autonomie plutôt que de la puissance (les meilleurs netbooks dépassent les 10 H d’autonomie).

Dans cette recherche de l’interface parfaite, deux acteurs peuvent faire la différence : Moblin et Jolicloud.

Moblin est une initiative lancée en 2007 par Intel (maintenant portée par la Linux Fondation) dont l’objectif est de développer une nouvelle génération de système d’exploitation à destination des netbooks et autres nettops.

La première version de Moblin (à oublier)
La première version de Moblin (à oublier)

Après une première version perfectible, ils viennent juste de sortir une seconde version beaucoup plus convaincante :

La seconde version de Moblin
La seconde version de Moblin

Vous apprécierez sur cette nouvelle interface l’ajout d’éléments caractéristiques du monde de la mobilité (indicateur de charge et de réception en haut à droite, liste des RDV à gauche), l’accès à l’ensemble des outils et fonctionnalités par un système d’onglets (pour éviter le menu « Start« ), l’optimisation du format de l’écran (1024*600) ainsi que les raccourcis en page de démarrage  (baptisée m_zone) :

La page de démarrage de Moblin
La page de démarrage de Moblin

Cette interface permet également d’avoir accès à un certain nombre de fonctionnalités sociales comme le People Panel (façon Skype) ou le Status Panel qui n’est pas sans rappeler Twitter :

La liste d'amis dans Moblin
La liste d'amis dans Moblin
La microblogging façon Moblin
La microblogging façon Moblin

Bref, un effort considérable a été fait au niveau de l’interface et de la prise en main, et c’est une très bonne chose (cf. Linux on a Netbook? Intel thinks its all about the User Interface). Bien évidemment la démarche d’Intel n’est pas tout à fait altruiste, ils cherchent avant tout à vérouiller les constructeurs avec leur OS pour ne pas subir la concurrence d’autres fournisseurs de processeurs (cf. Intel v. ARM: The Battle to Run Your Smartphone and Netbook).

Autre acteur de choix sur ce créneau : Jolicloud, la nouvelle start-up de Tariq Krim (fondateur de Netvibes).

Toujours sur un noyau Linux, Jolicloud marche sur les platebandes d’Ubuntu Netbook Remix en proposant une interface spécifique aux netbooks :

L'interface d'Ubuntu Netbook Remix
L'interface d'Ubuntu Netbook Remix
L'interface de Jolicloud
L'interface de Jolicloud

Vous remarquerez que l’interface de Jolicloud est adaptée aux écrans des netbooks (format 104*600 px) et propose un accès simplifié à un ensemble d’applications. C’est à mon sens à ce niveau là que se situe la grande nouveautés des netbooks : ils n’y a plus de distinguo entre applications et services en ligne.

Ils sont encore en phase intensive de développement et les travaux semblent aller dans la bonne direction. Bien évidemment les équipes de Jolicloud ne disposent pas des moyens d’Intel mais ils présentent l’avantage d’être indépendants donc peuvent potentiellement bénéficier du support des industriels.

La dernière version de Jolicloud
La dernière version de Jolicloud

Deux outsiders : Google et Apple

Comme rien n’est simple dans le monde de l’informatique, attendez-vous à voir prochainement débarquer deux poids lourds qui risquent de changer la donne.

Google tout d’abord avec son système d’exploitation mobile Android qui aimerait bien faire d’une pierre deux coups en proposant une version adaptée aux netbooks : Une équipe d’Asus travaille sur un netbook sous Android.

Un netbook sous Android

Une diversification intéressante surtout lorsque l’on prend en compte l’ensemble des services Google liés à la mobilité. Pour poursuivre cette réflexion : Android Isn’t a Phone OS Because in the Future There Will Be No Phones.

Il y a ensuite Apple qui pourrait bien jouer les trouble-fête avec sa propre machine : Apple Netbook Rumors Gain Momentum Once Again.

Un hypothétique netbook de chez Apple
Un hypothétique netbook de chez Apple

D’après les spécialistes, Apple serait ainsi en train de finaliser une sorte de tablet-PC communicante à mi-chemin entre un gros iPhone et un Kindle. De toute façon Apple ne fait jamais rien comme les autres…

Et Microsoft dans tout ça ?

Je ne pouvais pas achever cet article sans parler de Microsoft. Le géant de Redmond détenant près de 96% du marché, vous vous doutez bien qu’ils ne vont pas rester les bras croisés. Ils prévoient ainsi une version netbooks de leur prochain système d’exploitation : Windows 7 Netbook Edition Confirmed.

Impossible de savoir pour le moment si cette nouvelle mouture de Windows va savoir tenir compte des contraintes spécifiques aux netbooks, mais toujours est-il que Microsoft va jouer un rôle central dans l’évolution des netbooks. Espérons que le rouleau compresseur ne va pas tirer le marché vers le bas…