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Mes 9 prédictions pour 2009

Suite à un précédent billet qui faisait le point sur mes prédictions 2008, je me lance une nouvelle fois dans le périlleux exercice des prédictions.

1/ Montée en puissance des plateformes sociales BtoB

Ça a commencé avec la consécration de Yammer au Techcrunch50, ça se poursuit avec le lancement de Bluehouse par IBM, ça se confirme avec la nouvelle version de blueKiwi : le salarié est un animal social et il a besoin d’outils adaptés pour assouvir ses besoins (de sociabilisation). Au delà des outils qu’il est possible de mettre à disposition des collaborateurs (au sein d’une entreprise ou d’un groupe), c’est dans les liens sociaux inter-entreprises que le gros du potentiel réside. Un Facebook pour les entreprises ? Non, soyons sérieux, plutôt quelque chose à mi-chemin entre  LinkedIn et  AppExchange avec une bonne dose d’open source (ou du moins pas entre les mains d’un seul acteur) et une couche de micro-partage. Imaginez ainsi le potentiel que représenterait la rencontre entre médias sociaux et entreprise 2.0.

2/ Explosion des réseaux sociaux locaux

2008 aura été témoin de l’explosion de deux lames de fond : la domination des réseaux sociaux et le retour en force des services mobiles. Croisez les deux et vous obtenez des réseaux sociaux locaux comme  DodgeBall BrightKite Loopt  Moximity et des services français comme  DisMoiOù et  Webcity. Plus de proximité, plus de facilité pour faire du ciblage comportemental (géographique ?), plus de points de contact avec les utilisateurs… les arguments sont nombreux pour s’intéresser de près à cette alternative aux réseaux traditionnels. Et les services connexes comme Peuplade ou Ma résidence en bénéficieraient grandement (ou inversement).

3/ Démocratisation des applications sociales

Vous connaissiez déjà Kidzui et Pikluk pour les enfants (cf.  Les applications sociales à l’assaut des enfants et des parents) ? Vous utilisiez déjà Twhirl et AlertThingy ?  Alors vous passerez bientôt à SocialU car vous ne supportez pas l’idée de ne pouvoir maîtriser votre social stream, le flux de vos activités sociales. Et oui, parce que ça commence à faire beaucoup de services à alimenter / surveiller. Bref, autant le dire franchement : la fenêtre de votre navigateur est trop petite pour pouvoir gérer cette multitudes de réseaux sociaux, systèmes de publication / partage… Il vous faut quelque chose de plus robuste, quelque chose de plus sécurisé, quelque chose de plus… industriel. Et c’est là où les applications sociales entrent en scène et vont venir s’incruster durablement sur votre desktop.

4/ Retour en force des experts

Avec la montée en puissance du social shopping (des recommandations par millions) et la croissance soutenue du e-commerce (des boutiques en ligne par milliers), l’offre n’a jamais été aussi riche… et le choix aussi complexe. Ceci s’en ressent surtout dans les produits technologiques où faire un achat réfléchi requiert un investissement à temps plein (identification des offres, études des alternatives, comparaison, pondération…). Heureusement les experts sont là : blogueurs plus vraiment amateurs, vendeurs passionnés ou acheteurs débordant d’empathie, les experts sont partout (si l’on se donne la peine de les chercher). Ici il n’est plus question du consensus des internautes anonymes mais plutôt de l’avis d’un individu socialement impliqué. Leurs conseils valent de l’or car ils ont une connaissance encyclopédique et l’expérience du terrain (en fouinant dans les magasins ou en s’appuyant sur un réseau d’informateurs). Jetez donc un œil à un blog de niche comme Blogeee pour vous rendre compte du niveau.

Les experts seraient-ils l’incarnation de l’influenceur ? Probablement, car ici ce n’est pas l’audience qui compte mais l’implication (le nombre d’heures passées à compiler des news, des données brutes et à débattre dans les forums). Bref, les marques ont bien compris leur intérêt et elles les chouchoutent même dans des séances de speed testing. Mais entendons-nous bien : il s’agit là d’experts qui avancent à visage découverts et entendent vivre pleinement de leur passion. Ne vous offusquez donc pas de voir de la publicité ou des liens sponsorisés, c’est le revers de la médaille. Mais qui s’en plaindra si le conseil est bon ? Certainement pas moi (ni vous) car un achat réalisé en toute sérénité ça n’a pas de prix (sans mauvais jeux de mots).

5/ Invasion des casual games

Plus aucun doute : après la musique, les vidéos et les widgets, les casual games sont le prochain levier d’audience. Des géants du web comme Amazon (qui investi dans Kongregate et Reflexive) ou Google (qui vient de lancer son offre d’ In-Game Advertising) en passant par des régies comme Hi Media ( GameOnly) ou des acteurs plus traditionnels comme Ubisoft ( MissDécouverte) ou Sega ( PlaySega), les casual games sont au centre de nombreuses attentions. Pourquoi le jeu ? Parce que tout le monde aime jouer, parce que ça sociabilise et parce que c’est facilement monétisable. Surveillez de très près également les social games qui envahissent les réseaux sociaux et même les mobiles (cf.  Zynga Launches the Ultimate Time Waster: Live Poker for the iPhone).

6/ Multiplication des MMOs franchisés

Si les casual games sont là pour divertir les foules, les MMOs (jeux en ligne massivement multi-joueurs) sont là pour combler les exigences des hardcore gamers. Ça a commencé il y a presque 10 ans avec Ultima Online, ça c’est confirmé avec Wolrd of Warcraft, l’avenir du jeu vidéo est en ligne. Fort de ce constat de nombreuses licences prestigieuses sont en train de rattraper leur retard et de débarquer en force sur le créneau : Warhammer, Conan, Lord of the Rings, Star Wars, Star Trek, Stargate, DC Universe… tous seront au rendez-vous en 2009, et peut-être même Harry Potter. Il ne reste plus à ces éditeurs qu’à mieux comprendre le potentiel du free-to-play et l’explosion sera encore plus puissante.

7/ Montée en puissance des objets trans-réels

Pour le moment seuls les industriels du jouet se sont lancés dans une exploitation à grande échelle des objets trans-réels (objets physiques qui possèdent également un double virtuel à l’image des Funkeys). Lancée par Webkinz, la mode des univers virtuels faisant usage d’objets trans-réels semble être contagieuse car des géants comme Mattel (avec Barbie Girls), Hasbro (avec Littlest Pet Shop) ou Disney (avec Pixie Hollow et bientôt World of Cars) semblent vouloir s’imposer en force. Si ça fonctionne pour les jouets, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas pour les objets de la vie courante comme les fringues (vos t-shirt personnalisés avec un mobile tag) ?

8/ Émergence d’applications mobiles 2.0

J’ai déjà abordé le cas des réseaux sociaux locaux, mais les applications mobiles sociales de seconde génération (post SMS et version mobile des réseaux sociaux issus du web) sont déjà là : micro-messenging géolocalisé comme les très ambitieux Friend View de Nokia ou oneConnect de Yahoo!, MMTRG comme Wifi Army ou Parallel Kingdom (qui vient de lancer sa version iPhone), P2P-Leveraged Mobile Live Streaming… les domaines d’application du mobile 2.0 sont nombreux, d’autant plus que les smartphones représentent maintenant près de 20% du marché.

9/ Retour sur le devant de la scène de Microsoft

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Microsoft ne parvient pas à passionner la blogsophère comme savent le faire Google ou Facebook. Il faut dire que sa posture de suiveur réactif l’a poussé à sortir des services sans grande valeur ajoutée comme Live Search Maps ou Expo Live. Oui mais voilà, Microsoft carbure au diesel : long à démarrer mais terriblement endurant. Les équipes de Redmond ont mis du temps à sauter dans le train des médias sociaux mais elles rattrapent petit à petit leur retard avec des services comme Live Home ou Live Photos. Mieux, elles arrivent à surprendre avec des initiatives particulièrement inspirées comme Photosynth ou WorldWide Telescope.

Pour de nombreuses personnes, Microsoft est un géant endormi. Rien que l’évocation du nom “Microsoft” fait ressurgir de douloureux souvenirs liés aux nombreuses frustrations engendrées par 20 années de suprématie de Windows et Office. Mais pour d’autres, Microsoft c’est aussi la Xbox et sa nouvelle “ Experience“, Guitar Hero, les nuits passées sur Xbox Live, le Zune (qui n’a jamais traversé l’atlantique)… Microsoft c’est également des projets très ambitieux comme le tout nouveau Microsoft Store, Windows Azure ou Live Mesh. Microsoft c’est enfin des innovations technologiques tout à fait convaincantes comme Surface, Sphere ou encore TouchWall.

Bref, le nouveau Microsoft est bientôt là, il ne se contentera plus d’être un fast follower et il a toujours 50 milliards de $ en caisse. Rendez-vous compte : 50 milliards de $ c’est assez pour racheter Yahoo!, Facebook ET General Motors (cherchez l’intrus) !

 

Voilà, ça fait 9 prédictions pour l’année 2009. N’hésitez pas à rajouter les vôtres dans les commentaires.

En tout cas 2009 sera une année passionnante, j’en suis certain. J’espère que vous partagerez avec moi cet enthousiasme et que j’aurai la motivation pour continuer à bloguer toutes ces transformations qui sont en cours.

Rétrospectives sur mes prédictions 2008

Comme chaque année, avant de me lancer dans le délicat exercice des prédictions de l’année 2009, je souhaiterais au préalable revenir sur les prédictions que j’avais faites en début d’année et voir si elles se sont réalisées.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

À défaut de forçage, on peut parler de bonne volonté, même si la route sera longueOpenID (implémenté par à peut-près tout le monde de Google à Yahoo! en passant par Microsoft), OpenSocialData AvailbilityData Portability… les initiatives ne manquent pas et des projets propriétaires comme  Facebook Connect apparaissent comme ridiculement isolés. Dans tous les cas de figure, entre les réseaux sociaux de niche, les plateformes de création de réseaux sociaux et la socialisation des plateformes communautaires traditionnelles (type casual gaming…), l’avenir est bien évidement dans l’interopérabilité universelle.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Lancée en juillet 2008, l’ App Store est une véritable machine de guerre qui génère des millions de $ de bénéfices, à tel point que l’iPhone est maintenant plus vu comme une console portable que comme un smartphone (cf.  Is iPhone The New Gaming Platform?).

Verdict : Bingo !

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas un seul univers virtuel n’est lancé (ou n’est en exploitation) sans une très forte dimension sociale. Ce phénomène dépasse même largement le segment des jeunes ( Réseaux sociaux + Univers virtuels = ExitReality ?) et concerne également les univers entre eux ( Vers une extra-opérabilité des univers virtuels avec Myrl).

Verdict : Bingo !

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

Inutile de revenir là-dessus car je me suis déjà largement exprimé sur ce sujet :  Social Networks + Casual Games = Social GamesLa Brute + MMO + Facebook = Elven Blood et  Entropia Universe et Prizee au Salon du Jeu Vidéo.

Verdict : Bingo !

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Idem, je me suis déjà exprimé sur ce sujet :  Microsoft lance une plateforme de création de jeux en ligne et  EA se lance dans les User Generated Games.

Verdict : Bingo !

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Visiblement les architectures P2P font plus peur que rêver ! Toujours est-il qu’avec l’arrêt de projets comme Outback Online, et la refonte de Joost en un portail de diffusion plus traditionnel nous comme loin de mes prédictions.

Verdict : C’est raté !

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

La question de la monétisation (donc de l’évaluation) et du ROI des campagnes ciblant ces supports est plus que jamais d’actualité en cette période de “réduction de la voilure”. Comprenez par là que ces fameux indicateurs sont maintenant une nécessité mais que personne n’accepte encore de communiquer ouvertement dessus (chacun ayant son algorithme de social scoring). En attendant d’avoir un référentiel stabilisé et partagé par l’ensemble de la profession, vous pouvez toujours calculer votre Social Media Score.

Verdict : On y est pas encore mais ça va venir.

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

En plus d’un certain nombre de marques comme  Mc Donald’s, Disney et Renault qui se sont lancées, nous voyons se multiplier les univers virtuels de niche en rapport avec des émissions de télévision ( Star’Ac World, Plus belle la life) sous l’impulsion d’acteurs comme There ou Taatu (cf.  There veut marcher sur les plates bandes de Second Life et  Taatu, une solution “clé en main” qui séduit les annonceurs) de même que l’apparition de réseaux sociaux centrés sur des people ( Les peoples envahissent les réseaux sociaux).

Verdict : Bingo !

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Nombreuses sont les innovations qui ont vu le jour cette année : au niveau de l’interface (3D, vidéo… des tonnes d’exemples à découvrir sur RichCommerce.fr), au niveau des terminaux mobiles ( Bientôt le ‘visual search engine’ sur iPhone), au niveau des utilisateurs et de leur capacité de recommandation ( Amazon et la longue traîne du web TV shopping). Il y a également de la nouveauté dans les solutions de paiement avec 3D Secure mais je ne préfère pas aborder le sujet car ça risque de dégénérer… Bref, le e-Commerce se porte bien et l’innovation n’est pas prête de s’arrêter.

Verdict : Bingo !

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Décidément le web sémantique n’en finit plus d’être (re)lancer avec des services comme Twine, Swirrl et des notions comme semantic desktop ou les semantic web apps. Bref, il y a des couches sémantiques à tous les étages… mais pas chez les moteurs de recherche. Visiblement nous nous dirigeons donc vers une “sémantisation sociale” du web (contenus, applications, utilisateurs…) réalisée par les internautes et non par des agents intelligents. Donc ils ne le sont pas tant que ça en fait (intelligents) (les agents).

Verdict : C’est raté !

 

Bon… avec 6 prédictions réalisées et 2 en voie de réalisation ça me fait un très beau palmarès, non ? J’espère que mes prédictions 2009 connaitrons une même réussite !

Rachat de Symbian par Nokia : le monde du mobile à nouveau bouleversé

La nouvelle est tombée cette semaine : Nokia rachète Symbian (un consortium dans lequel sont présents des acteurs comme AT&T, LG Electronics, Motorola, NTT DOCOMO, Samsung, Sony Ericsson, STMicroelectronics, Texas Instruments et Vodafone. Ce rachat est d’autant plus intéressant que Nokia a décidé d’ouvrir le code source de ce système d’exploitation mobile (d’ici 2 ans) : Nokia Acquires Symbian, Opens It Up.

Voilà un authentique tremblement de terre dans le monde du mobile puisque Nokia coupe l’herbe sous les pieds d’ Android (le système d’exploitation mobile de Google) et de LiMo (un consortium de constructeur visant à développer un OS mobile open source). Cette annonce arrive en plus au mauvais moment pour Google qui vient d’annoncer un retard dans la livraison de son Os mobile : Google’s Android delayed; too late to compete with iPhone?.

iPhone ? Qui a parlé de l’iPhone ? En fait un peu tout le monde. Car si à la base l’iPhone était un produit de niche, les ambitions d’Apple pour l’ iPhone 2 sont maintenant beaucoup plus importantes (avec une commercialisation dans 65 pays), ce qui fait de la perle d’Apple un concurrent très sérieux pour les autres constructeurs qui jusque là se faisaient très discrets mais rigolaient bien dans leur coin puisque qu’ils faisaient un volume bien supérieur. Bref, la bataille risque d’être sérée : Symbian, iPhone & the New Mobile Reality.

Reste encore à Symbian de redorer son blason et de séduire les foules avec une interface un peu moins austère. Mais heureusement, Adobe est là avec son Open Screen Project pour généraliser l’usage des interfaces riches mobiles : Mobile RIAs - getting more exciting thanks to Nokia and Symbian.

Donc si l’on récapitule, ça nous fait 4 acteurs de taille sur le marché des OS mobiles : Nokia avec Symbian, Google avec Android, Apple avec l’ iPhone 2 et Microsoft avec Windows Mobile. Pour vous y retrouver, je vous recommande cet article : The State of Open Mobile OS.

Force est donc de constater que Microsoft est encore une fois le plus discret de la bande. Mais peut-être nous réservent-ils des surprises… des surprises comme le rachat de MobiComp, un service de synchronisation tout à fait intéressant et en droite ligne avec le chantier Live Mesh (cf. Microsoft to Acquire Mobicomp: Watch for These Cool Mobile Features).

Quels défis à relever pour Apple et son iPhone 2 ?

Je ne pense pas prendre trop de risques en vous disant qu’une nouvelle version de l’iPhone sera probablement présentée lors du WWDC (la grande messe annuelle de Apple). Au-delà des améliorations de frome (plus petit ? plus fin ?) essayons plutôt de nous intéresser à des problématiques plus structurelles auxquelles Apple devra faire face.

Le modèle économique en question

En tête de liste il y a ce problème de modèle économique : Apple se rémunère à la source en ponctionnant 20% des revenus des opérateurs. Sur le papier c’est diabolique, dans la vie réelle c’est un merdier pas possible dans la mesure où Steve Jobs a réussi à se mettre à dos les opérateurs de téléphonie mobile du monde entier : les partenaires parce qu’ils se sentent saucissonnés, les autres parce qu’ils sont frustrés.

Là où ça pose un gros souci, c’est quand la communauté des utilisateurs potentiels se rebelle et quand le jailbreak est massivement distribué : on parle de plus d’1 million d’iPhone qui sont desimlockés, soit un manque à gagner terrifiant. Ceci est d’autant plus grave que visiblement Apple ne parvient pas à “neutraliser” les pirates qui rivalisent d’ingéniosité pour casser les mises à jour en quelques jours.

La rumeur prétend ainsi que le nouvel iPhone serati librement distribué aux opérateurs selon un modèle économique plus traditionnel (cf. Apple va lancer son iPhone 3G).

Vers une course à l’armement technologique ?

Deuxième problème, lorsque l’on fait une entrée aussi fracassante sur le marché, tout le monde vous attend au tournant. Grande est donc la tentation pour Apple de fourrer sa nouvelle version d’améliorations technologiques pour contrer la concurrence. Mais quid de l’expérience utilisateur ? Comment arriver à concilier simplicité d’usage et nouveaux gadgets à gogo : 3G, GPS, vidéo… (cf. Sifting through iPhone 2.0 wish lists) ?

Espérons donc que les ingénieurs de chez Apple sauront garder la tête froide et penser avant tout à l’utilité réelle de telle ou telle fonctionnalité. Exemple flagrant avec la 3G : l’important pour un combiné mobile n’est pas la bande passante maximale théorique (3G+…), mais plutôt le ratio entre bande passante et autonomie. Idem pour la vidéo : embarquer une caméra ne sert à rien s’i n’y a pas les services derrière (montage, hébergement, partage…).

Un écosystème semi-ouvert (ou semi-fermé)

Troisième et dernier point : l’ouverture de la plateforme aux éditeurs externes. Le SDK était un bon  premier pas, mais les premiers retours sont plus que mitigés : Même si les outils proposés offrent de la souplesse aux développeurs (cf. iPhone SDK exceeds developer expectations), Apple impose le mode de déploiement (via iTunes et le catalogue officiel d’apllications) de même que le partage des revenus (cf. iPhone SDK comparison chart). Rien de très neuf dans ce procédé puisque celui-ci est très proche de ce qui se fait au Japon avec l’ i-mode.

Pour que l’écosystème de l’iPhone prenne réellement de l’ampleur il faudrait une plateforme encore plus ouverte (notamment pour le déploiment et la gestions des revenus), mais ceci entraîne une remise en cause tout le modèle économique d’Apple (fondés sur le contrôle des revenus). Hors, Steve Jobs a promis de la rentabilité au marché financier, et le marché ne fait pas de cadeaux, donc le patron d’Apple devra honorer sa promesse coute que coute.

Encore une fois c’est sans compter sur la communauté qui n’aime pas trop les système semi-ouverts (ou semi-fermés selon votre point de vue) et propose ainsi des solutions alternatives : The unofficial iPhone SDK: Guide to writing native iPhone applications.

Rajoutez à cela la pression des autres plateformes mobile, Android en tête de liste (cf. L’avenir du mobile sera-t-il aux widgets ?), et vous aurez un secteur des widgtes mobiles en plein ébullition… et un iPhone potentiellement à la traîne.

Vivement lundi !

Bref, tout ça pour dire que tous les yeux du monde mobile seront braqués sur San Fransisco ce lundi matin. Mes prédictions:

  • Un iPhone plus fin avec plus d’autonomie ;
  • La connexion 3G (une belle connerie, mais bon…) ;
  • Une nouvelle version de l’OS qui prenne en charge les applications d’éditeurs tierces ;
  • Un partenariat avec Google pour une prise en charge native de leurs services (Gmail, Calendar…) ;
  • Un nouveau modèle économique alambiqué.

Et vous, c’est quoi vos prédictions ?

L’avenir du mobile sera-t-il aux widgets ?

Vaste question… Toujours est-il que le monde du mobile est en pleine ébullition en ce moment (est-ce contagieux ?) avec les premières démonstrations d’ Android, l’OS mobile de Google : Google’s Android: How Will it Compare to iPhone?.

Mais avant de vous en dire plus, laissez-moi d’abord récapituler la situation :

  • Malgré tout ce que l’on a pû en dire, c’est Apple et son iPhone qui a ouvert la voie aux wigdets mobiles. Pourquoi des wigdets et pas des applications mobiles ? Tout simplement parce que ces sources de revenus sont ainsi beaucoup plus facilement contrôlables (ça ne vous rappelle pas un certain iMode ?). Bref, tout ça pour dire que le SDK iPhone est une grosse blague et que l’innonvation est plutôt à chercher du côté des éditeurs rebelles et des jailbreakers.
  • Microsoft ne se laisse pas distancer et vient de faire un retour en force avec son très ambitieux Live Mesh :
  • Adobe est revenu dans la course avec son OpenScreen Project ;
  • Yahoo! est toujours en embuscade avec son Yahoo! Go 3 ;
  • Comme je suis un incorrigible chauvin, je ne peux m’empêcher de vous parler de Goojet, la plateforme de widgets mobiles sociales made in France dont j’ai interviewé un des membres de l’équipe ( Cédric Giorgi) au Yulbiz d’hier soir :

Bon… maintenant que le décor est planté, je peux vous parler d’ Android. C’est donc hier qu’à eu lieu la première démonstration publique d’envergure de cette plateforme mobile lors de la Google’s I/O conference et le moins que l’on puisse dure c’est qu’ils ont fait sensation.

Pour faire simple, nous pouvons dire que l’interface d’Android est très proche de celui de l’iPhone. Il ne s’agit pas d’une copie, mais plutôt d’un très bel hommage (toutes les photos sur le site de la communauté Android : First LIVE images and videos of FULLSCREEN Android demos!). Jugez plutôt :

android_dashboard.jpg   android_widget.jpg

Nous retrouvons le même traitement graphique des icones (mélange de sobriété et de sophistication), la même barre de lancement rapide (en bas de l’écran), le même panneau d’icones et les même widgets qui flottent. C’est très proche, mais comme c’est de l’open source, ça intéresse fortement les constructeurs de combinés mobiles qui voient dans cette plateforme un formidable accélérateur pour rattraper leur retard sur l’iPhone.

Au niveau du comportement de l’interface et des possibilités d’interaction c’est également très bon. Voyez plutôt avec cette première démonstration de l’écran d’accueil et de la manipulation des widgets (j’adore la façon de débloquer le combiné) :

Il y a également cette seconde démonstration très impressionnante de Google Street View et du compas intégré nativement dans l’appareil :

Voici enfin une troisième vidéo où il est question d’un Pac-Man :

Bref vous l’aurez compris, la révolution de l’internet mobile est enfin en marche, avec près de 10 ans de retard sur les marché asiatiques (gloups). Difficile de dire pour l’instant qui est le mieux placé dans la mesure où les acteurs ont tous choisis des positionnements très différents.

Impossible pour le moment de dire à quoi va ressembler l’iPhone de seconde génération (normalement dévoilé dans les prochaines semaines) mais l’intensité concurrentielle vient encore de monter d’un cran !

L’avenir de l’internet mobile sera social (ou pas) (ou peut-être) (ha mince je ne sais plus !)

Connaissez-vous l’internet mobile ? Mais si enfin, ce raz-de-marée qui nous vient d’Asie et qui est censé révolutionner notre quotidien. En fait cela fait presque 10 ans que l’internet mobile est sur le point de débarquer en Europe et en Amérique du Nord. Mais force est de constater qu’il prend son temps le bougre !

Je m’autorise cette petite pointe d’ironie parce que je m’intéresse au “dossier” de l’internet mobile depuis un petit moment. J’avais d’ailleurs rédigé un livret blanc sur le sujet dans les années 200 (en Août 2000 pour être exact). Bref, tout ça pour dire que cette fois les conditions de marché semblent converger vers un début d’amorçage de décollage. Tout ceci grâce à qui : Apple et son iPhone ? Microsoft et son Windows Mobile ? Nokia ? Samsung ? Blackberry ? Motorola ? Difficile à dire…

En tout cas je détecte une vague d’enthousiasme dans la blogosphère pour l’internet mobile social :

Comment expliquer cette soudaine accélération ? Tout d’abord avec l’adoption massive de pratiques sociales qui poussent les internautes à prolonger leur expérience sociale sur leur terminal mobile (voilà pourquoi nous voyons émerger des versions mobiles de Friendster ou de Orkut).

Il y a ensuite de gros progrès technologiques. Derniers en date : la sortie prochaine d’un iPhone 3G, la multiplication d’applications sociales mobiles sur le futur Android ( Android Developer Challenge, Winners Announced: Our Picks) et le partenariat de Microsoft avec Blackberry ( Microsoft Partners with RIM to Integrate Windows Live on Blackberry).

Enfin nous avons une plus grande diversité dans les services mobiles de “nouvelle génération” comme la messagerie instantanée ( SMS on the Rise in the US…But Mobile IM is Expected to Be the Next Killer App), la vidéo mobile ( Will iPhone Reignite Interest in Mobile Video?), les MMTRG, le mobile P2P

Que sera le grand gagnant de cette course ? Toujours les mêmes :

Bref, tout laisse à penser que cette fois-ci c’est la bonne. Quoi que…

Adobe sort son arme secrète avec Open Screen

Grosse annonce la semaine dernière de la part d’Adobe avec le lancement du Open Screen Project. Pour faire simple, cette initiative repose sur 3 points :

  • Plus de licence à payer pour installer les players Flash et AIR ;
  • Plus de restriction d’utilisation pour les spécifications SWF et FLV (les formats sur lesquels repose Flash) ;
  • Publication du protocole de communication et de mise à jour des players.

Aux yeux d’un néophytes tout ceci peut paraitre banal (il est vrai qu’il y a beaucoup de jargon) mais c’est là un changement de stratégie majeure pour Adobe (cf. l’analyse de l’ éclaireur). Voici mon interprétation de ce projet :

  • Si Adobe décide d’ouvrir un peu plus son code source, c’est pour conserver de bonnes relations avec la communauté et continuer à bénéficier de la dynamique de l’écosystème mit en place par Macromedia) ;
  • L’abandon des licences pour les players devra permettre une accélération du déploiement et une large adoption par les constructeurs et éditeurs d’OS mobiles (Flash et AIR deviendront alors des standards pour une widgetisation des services en situation de mobilité) ;
  • L’ouverture du code source de Flash va permettre aux éditeurs de plateformes mobiles (soft ou hard) d’adapter le player à leurs contraintes (mémoire, puissance, ressource…) et surtout de facilité la mise à jour du logiciel (opération extrêmement complexe jusqu’à présent car il fallait écraser le firmware) ;
  • C’est enfin une preuve de bonne volonté et de souplesse vis-à-vis de la pression des partenaires comme Nokia, Motorola ou encore Apple (souvenez-vous que Steve Jobs a toujours refusé de payer la licence pour mettre Flash sur son iPhone) ainsi que des concurrents comme Silverlight mobile ou JavaFX.

Faisons le point : mise à disposition d’un SDK pour l’iPhone, généralisation des players Flash et AIR sur terminaux mobiles, lancement de Android… J’ai comme le sentiment que toutes les conditions de marché sont présentes pour une montée en puissance de l’écosystème des Rich Mobile Applications et des Widgets mobiles. Vivement la suite !

Bientôt le ‘visual search engine’ sur iPhone

Savez-vous quelle est la dernière folle rumeur concernant l’iPhone ? Le Visual Search Engine évidement ! L’idée est toute simple : utiliser l’appareil photo des téléphones mobile comme périphérique de saisie (à la place du clavier). C’est ce que la société Evolution Robotics va proposer avec sa technologie ViPR (”visual pattern recognition”, mais ça se prononce “Viper” comme la voiture).

Voilà comment ça marche :

  1. Vous prenez en photo l’article sur lequel vous désirez des informations (livre, CD, DVD…) ;
  2. Vous envoyez cette photo par email ;
  3. Vous recevez un email avec tout plein d’infos, de reviews et même des vidéos de YouTube ;
  4. Vous avez ensuite la possibilité d’acheter ce produit (si c’est un CD => sur iTunes).

Trêve de bla-bla, voici la démonstration :

Inutile de vous dire que tout ça me semble très intéressant car ce mode de recherche et de consultation de l’information est terriblement efficace :

  • plus rapide qu’un site web à consulter (pas de saisie au clavier) ;
  • plus facilement traçable (grâce à l’historique des photos envoyées) ;
  • plus facilement monétisable (grâce au fichier des utilisateurs et de leurs récentes recherches).

Bref, c’est de l’or en barres (mobiles). Et le pire, c’est que cette technologie peut fonctionner sur n’importe quel téléphone (qui à dit Android ?).

(via Gizmodo)

MMORPG + mobile + réalité augmentée = MMTRG

Vous connaissiez les jeux de rôle (Donjons & Dragons), vous connaissiez les jeux de rôles en ligne (Ultima Online), vous connaissiez les jeux de rôle en ligne massivement multi-joueurs (World of Warcraft), mais connaissiez-vous les MMTRG (Mobile Multiplayer Trans-Reality Game) ?

Le principe est simple : les joueurs se servent de leur téléphone mobile pour interagir entre eux et avec leur environnement hors-ligne. Pas d’univers virtuel auquel il faut se connecter, tout se passe dans la vraie vie et surtout dans l’imaginaire des joueurs. Le quotidien devient donc un vaste terrain de jeu (sur le principe de la réalité augmentée).

Concept novateur s’il en est, il existe déjà des studios de développement spécialisés sur ce créneau ainsi que des projets sérieux comme Vitruve project ou encore Wifi Army.

Démonstration :

Pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Tout simplement parce que la plateforme “hot” du moment c’est le futur Android de Google sur lequel est en cours de développement Parallel Kingdom, un monde virtuel (mobile) à l’ambiance médiévale :

ParallelKingdom.jpg

Un concept très intéressant qui exploite la fonction GPS (ou la triangulation GSM) pour permettre aux joueurs de se localiser entre eux et de s’affronter.

J’imagine que ce type de jeux existe depuis longtemps au Japon ou en Corée mais je manque de référence sur le sujet. En attendant si vous souhaitez vous documenter sur le sujet, je vous recommande ce blog : www.mmtrg.fr.

(via PointGphone)

Après le P2P, le M2M ?

En fouillant dans le catalogue d’applications de l’iPhone je suis tombé sur une version iPhone de l’interface d’administration web de µTorrent, de même que sur un projet de client BitTorrent pour Android.

utorrent_iphone.jpg

Est-ce bien raisonnable ? Comment doit-on appeler ça : mobile P2P ? P2P2M ? M2M ?

Comme le sujet me tracassait, j’ai poussé un peu plus loin mes investigations et je me suis rendu compte que l’usage de technologies P2P sur des terminaux mobiles n’est pas de la science-fiction, bien au contraire !

Je suis ainsi tombé sur cette étude d’un laboratoire de recherche finlandais : Mobile P2P - Creating a mobile file-sharing environment (fichier PDF). Il y est question d’avoir recours aux MMS pour faire passé les portions de fichier d’un mobile à un autre.

Il y est également question d’un projet très sérieux mené par Sun qui s’appelle JXTA : “a set of open, generalized peer-to-peer protocols that allows any connected device on the network to communicate and collaborate“.

Mais Sun n’est pas le seul industriel à s’intéresser à ce sujet puisque Nokia plancherait aussi sur la question : P2P filesharing on mobile phones?

Et figurez-vous qu’il y a aussi d’autres projets universitaires et notamment celui-ci qui est sponsorisé par Siemens : An Architecture Concept for Mobile P2P File Sharing Services (fichier PDF).

Au-delà de ces projets de recherche, il existe enfin des applications plus concrètes :

peerbox-s60-1.jpg  peerbox-s60-2.jpg  peerbox-s60-3.jpg

Bref, tout ça me parait très intéressant, mais je n’ai pas encore vu d’expérimentations concernant la vidéo : une sorte de Joost en version mobile qui résoudrait les problèmes de bande passante limitée des réseaux mobiles. A moins que vous ayez des pistes à me fournir…