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Retour d’expérience sur Windows 8 et les tablettes hybrides de Microsoft

Dire que Microsoft est en perte de vitesse sur le créneau de l’informatique grand public est un euphémisme. L’incroyable regain de popularité d’Apple, et le lent mais méthodique processus d’affinage de systèmes d’exploitation alternatifs comme Chrome OS ou Ubuntu ont planté les derniers clous du cercueil dans lequel s’installait progressivement Windows. Certes, le système d’exploitation de Microsoft équipe encore une très large majorité des ordinateurs de la planète, mais son horizon était bouchée. Le Personal Computer est-il donc un concept dépassé qui ne survivra pas au XXIème siècle ? Oui et non, car si l’inexorable montée en puissance des tablettes pèse lourdement sur les ventes, Microsoft est en train de manoeuvrer avec Windows 8 et Surface une refonte en profondeur du concept d’informatique domestique.

Annoncé en grande pompe en milieu d’année dernière (Microsoft prépare l’après-PC avec sa tablette Surface), je brûlais d’impatience de pouvoir tester ces fameuses machines hybrides. J’ai ainsi eu l’occasion de manipuler quotidiennement une tablette propulsée par Windows 8 RT gentiment prêtée par les équipes web de Darty (une Vivo Tab de chez Asus). Pourquoi Darty ? Parcequ’ils croient en cette huitième version de Windows et ont décidé d’investir des moyens, mais nous auront l’occasion d’y revenir par la suite. J’ai également eu le loisir de manipuler une tablette Surface, histoire d’avoir un point de vue complet et pouvoir vous livrer un retour d’expérience avisé. Il y a déjà eu quantité d’articles et de points de vue sur Windows 8 (ex : Microsoft Surface Pro review), je n’ai pas la prétention de faire mieux, simplement de vous livrer mes impressions sur cette machine et de remettre ça en contexte.

La vivotab de chez Asus
La Vivotab de chez Asus

Windows 8 = la révolution du PC

Avant toute chose, je vous propose d’évacuer tout de suite la question qui fâche : Est-ce qu’une tablette Surface est mieux qu’un iPad ? Non, car se sont deux approches très différentes de l’outil informatique. l’iPad est une très belle machine, mais il ne remplace en rien un PC. Je déplore que l’amalgame soit fait entre les deux, car il est source de nombreuses confusions.

Tant que j’y suis, j’en profite pour vous livrer les conclusions dès maintenant et pouvoir argumenter plus sereinement :

  • Est-ce que j’abandonnerais mon Mac pour revenir à un PC ? Non aucune chance, j’ai trop souffert avec Windows.
  • Est-ce que je vais indéfiniment utiliser un Mac ? Non je ne pense pas, car malgré d’indéniables qualités (stabilité, cohérence, ergonomie…), Mac OS est un système d’exploitation conçu au siècle dernier qui est ancré dans une logique maintenant dépassée (installer des logiciels sur un disque dur pour exploiter des données stockées localement).
  • Est-ce que je remplacerais mon Mac par un iPad ? Non pas du tout, les tablettes sont des terminaux grand public conçu pour le loisir, ce ne sont pas des outils professionnels et ça n’en sera jamais (idem pour une tablette tournant sous Android).
  • Est-ce que je remplacerais mon Mac par un Chromebook ? Non pas encore, car le système d’exploitation de Google est encore trop limitatif.
  • Est-ce que la Surface (ou équivalent) est le meilleur compromis entre toutes ces solutions ? Oui certainement, mais je ne suis pas à la recherche d’un compromis.

Comme vous l’aurez compris, avec Windows 8, Microsoft essaye de changer de paradigme et de ré-inventer le concept d’ordinateur personnel. Difficile de mesurer à quel point le changement est grand tant qu’on ne l’a pas manipulé un certain temps. Après de nombreuses semaines de réflexions sur comment vous décrire au mieux ce que j’ai ressenti, disons que l’approche hybride tablette / PC proposée par Microsoft laisse une impression de manque : on se retrouve d’un côté avec l’ancien bureau que l’on connait déjà, et de l’autre avec l’interface Metro qui nous pousse à nous demander “Et après ? Qu’est-ce que je peux faire d’autre ?“, non pas que l’interface n’est pas achevée, mais qu’au contraire elle est tellement aboutie que l’on a plus envie de la quitter et que l’on aimerait bien ne plus avoir à retourner sur le bureau. Sauf que c’est pour le moment impossible.

L'interface Metro de Windows 8
L’interface Metro de Windows 8

L’autre facteur qui provoque cette sensation de manque est que le format choisit par Microsoft (un écran 16/9e de 12 pouces avec un clavier détachable) ne permet pas de pleinement apprécier sa musique, ou ses films, ou ses jeux. Ça tombe bien, car c’est selon moi l’objectif poursuivit par Microsoft : donner envie d’apprécier sa musique sur un système acoustique digne de ce nom, de regarder ses films sur un vrai grand écran et de jouer à des jeux dans de bonnes conditions, le tout sans souffrance. Dans ce contexte, les tablettes hybrides comme la Surface et ses consoeurs ne sont qu’un pièce du puzzle que Microsoft est en train de mettre en place : déplacer le centre de gravité du PC vers le media center et faire graviter autour des terminaux de consultation (Windows Phone, Surface, XBox…). Les contenus (musique, photos, films, jeux…) seraient donc placés au coeur d’un écosystème de terminaux qui seraient tous liés entre eux par Windows 8. En ce sens, l’approche de Microsoft est moins extrême que Google qui ne jure que par le cloud (Avec NaCl, Google complète sa vision de l’informatique du futur).

Mais revenons à nos moutons et à la machine en elle-même…

Travail et détente dans une même coque

Avec Windows 8, Microsoft essaye de populariser le concept d’hybridation entre un PC et une tablette (It’s a Tablet. No, It’s a PC. Surface Pro Is Both). Au sein d’une même machine, se côtoient donc deux environnements distincts : L’interface Metro avec ces tuiles actives et ses manipulations tactiles (un  modèle de réussite et de cohérence), et le bureau traditionnel avec la souris, le menu “Démarrer” et tout ce que l’on connait de Windows. Sur le papier, vous avez donc accès au meilleur des deux modes : d’un côté l’interface Windows que tout le monde connait (et ses 25 ans de logithèque) ; de l’autre, l’interface Metro qui tranche complètement et propose un usage bien plus moderne et appréciable.

Il y a donc virtuellement deux machines en une, ce qui est le point fort mais également la faiblesse du concept : une seule machine, mais le poids et le prix de deux. Si je n’ai pas grand chose à redire de la qualité de fabrication de la machine et de son splendide écran, force est de constater qu’elle est sacrément plus volumineuse et lourde qu’une tablette ou qu’un ultrabook.

Comme précisé plus haut, je n’ai pas accroché à ce format car je ne suis pas à la recherche de compromis. Par contre, je reconnais volontiers que le basculement d’un environnement à l’autre se fait sans problème : vous travaillez sur un fichier bureautique avec votre clavier et votre souris à votre bureau, puis vous détachez l’écran pour aller consulter les news dans votre canapé, et là, c’est la détente. Par contre, si vous êtes dans une optique de pure productivité, passez votre chemin : des usages professionnels requièrent des outils professionnels (même un Macbook Air ne ferait pas l’affaire).

L’accueil du marché par rapport à ce concept hybride a été plutôt mitigé. Le problème étant que les versions Pro et RT sont encore trop proches. Le jour où Microsoft décidera de distinguer les deux de façon plus nette, nous nous retrouverons avec une machine d’entrée de gamme qui sera beaucoup plus convaincante (A Surface Mini Could Wake Up Windows Phone 8). D’ailleurs la décision a peut-être déjà été prise : There’s More Evidence That Microsoft Is Working On A Smaller Tablet To Compete With The iPad Mini).

L’interface Metro est un modèle de cohérence

Je ne me suis pas trop attardé dans l’interface Windows, car je le connaissait déjà. J’ai par contre passé plus de temps avec l’interface Metro qui m’a grandement impressionné. Force est de constater que les équipes de Microsoft ont conçu un environnement simple, intuitif et parfaitement cohérent (Designing In and Around the Windows 8 Ecosystem). Le système de tuiles actives permet d’avoir une vue d’ensemble très appréciable sur la météo, ses notifications… Les applications prises isoléments sont très agréables à utiliser, à l’image de l’application Darty qui vous donne accès au catalogue, à votre espace client et à la communauté 36solutions, le tout dans un cadre graphique et ergonomique tout à fait conforme aux normes définies par Microsoft (cf. Infinite Square, retour sur l’application Windows 8 Darty).

L'application Darty dans Windows 8
L’application Darty dans Windows 8

Concernant le Windows Store, le choix est pour le moment plutôt limité, mais les applications les plus populaires sont là. Vous pouvez néanmoins compter sur Microsoft pour stimuler la communauté et faire grossir le nombre d’applications disponibles. Pour le moment, le nombre de machines hybrides en circulation comme la Surface ou la Vivo Tab reste confidentiel, mais n’oubliez pas que Windows 8 est une plateforme et qu’un nombre beaucoup plus important de terminaux l’exploitent (smartphones, Xbox…).

Page d'accueil du Windows Store
Page d’accueil du Windows Store

Le seul reproche que je puisse faire à l’interface Metro est de donner envie de plus… alors qu’elle ne propose pas beaucoup plus. Ce très bel environnement graphique est en rupture complète avec ce que l’on connait, et ça fait du bien. Du coup, chaque fois que l’on se retrouve dans l’interface Windows, c’est la douche froide, un peu comme quand vous quittez l’univers féérique de Disneyland et que vous vous retrouvez sur le parking. Cependant cette impression ne devrait pas durer, car avec le recul et l’expérience d’utilisation d’autres tablettes (iPad et Nexus), j’imagine sans peine que les utilisateurs vont s’organiser pour espacer les “retours” à l’interface Windows, à mesure que de nouvelles applications seront disponibles et qu’ils vont prendre leurs habitudes avec les tuiles actives.

En un mot comme en cent : les machines hybrides tournant sous Windows 8 sont une très belle réussite, mais elles souffrent encore de défauts de jeunesse pour convaincre le grand public, au même titre que les Chromebooks ou que l’iPhone à sa sortie (aviez oublié qu’il n’y avait pas d’App Store à l’époque ?). Comme j’ai pû le lire à droite et à gauche, la sortie d’accessoires ou d’autres machines alternatives moins chères devrait permettre de viabiliser le concept (There’s really only one reason to consider Windows RT over Windows 8).

La prochaine version sera la bonne

Il reste de nombreuses questions en suspend sur Windows 8 et sur ces machines hybrides : pourquoi une version RT et une version Pro ? Pourquoi des machines si lourdes et si chères ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’accessoires ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi… c’est parce que l’on est séduit mais pas pleinement convaincu que tant de questions viennent à l’esprit : plus de la curiosité et de l’appétence que de l’incompréhension et de l’agacement. Quand Microsoft et ses partenaires se seront mis d’accord, ils proposeront un standard de machine moins chères et plus légères (peut-être grâce à un processeur Atom), ainsi que des accessoires permettant d’étendre leurs capacités. Car c’est vraiment là que réside la valeur de Windows 8 : non pas dans sa Surface, mais dans l’écosystème qu’il propose autour.

La tablette hybride Surface de Microsoft
La tablette hybride Surface de Microsoft

Avec Windows 8, Microsoft a amorcé avec brio le basculement de l’informatique du XXème siècle à celle du XXIème siècle : une informatique polymorphe et déportée, une informatique qui tourne autour des services et des contenus, pas autour de la vente de logiciels à installer. D’une certaine façon, si Microsoft n’a toujours pas tourné la page de Windows comme Apple a pu le faire avec Mac OS X, l’ambition de la firme de Redmond va plus loin que celle de Cupertino (Mac OS et iOS sont des environnements parfaitement distincts et iTunes est le boulet qui les empêchent d’avancer, malgré iCloud).

Il parait que lors de l’édition 2013 de sa grande conférence Build en juin prochain, Microsoft va lever le voile sur Windows Blue, une sorte de version 8.5 : As Windows Phone 8 fulfilled the Windows Phone promise, so will Blue complete Windows 8. J’ai le sentiment que ce Windows Blue va combler une bonne partie des erreurs de jeunesse de Windows 8, mais ne fera pas non plus de miracles. Il faudra du temps à Microsoft pour réussir son pari et propulser l’écosystème Windows dans le XXIème siècle. Mais je suis confiant, car ils n’ont pas d’autre choix. La grande question n’est maintenant pas de savoir ce que va faire Apple, mais plutôt de ce que va faire Google, car entre Android et Chrome OS, c’est de loin le concurrent le plus sérieux de Microsoft.

Microsoft et Google rattrapent leur retard sur Apple

En à peine 5 ans, le paysage de l’internet a été complètement transformé. Ça, vous le saviez déjà. Si l’internet mobile est un sujet qui a commencé à émerger au siècle dernier, c’est bel et bien le lancement de l’iPhone en 2007 qui a été le point de départ d’une authentique révolution industrielle, culturelle et commerciale. Du fait de la prime au premier entrant, la domination d’Apple sur cette période est incontestable et écrasante : la qualité de fabrication, la simplicité d’usage et la maturité de l’écosystème iTunes ont littéralement anesthésié les géants de la mobilité (Nokia, Blackberry, Sony…) qui ne s’en sont toujours pas remis.

Nous sommes maintenant presque en 2013, et force est de constater que la machine à innover d’Apple est à bout de souffleiPad mini, la fin du miracle ? Incroyablement inspiré et terriblement efficace, le rouleau compresseur de Cupertino s’est maintenant enlisé dans des cycles d’itérations technologiques insipides et dans une recherche de la rentabilité ne souffrant d’aucune pudeur. La complexification de la gamme iPhone / iPad et les nouveaux lightning connectors (qui rendent les derniers modèles incompatibles avec les accessoires précédents) sont les preuves les plus flagrantes de la nouvelle politique de “conception orientée rentabilité” adoptée par Apple.

La nouvelle gamme iOS d’Apple

Loin de moi l’idée de remettre en cause la réussite de ce hold’up industriel, car il a été magistralement exécuté. Mais si vous regardez en détail ce qui a été annoncé lors de la dernière keynote (et même des précédentes), il n’y a plus vraiment d’innovation, simplement une course à l’armement pour des processeurs toujours plus puissants et des écrans à la résolution toujours plus fine. Si cette stratégie commerciale a bien fonctionné jusqu’à présent, elle ne fait plus de miracle et de nombreuses critiques fort bien argumentées commencent à se faire entendre : 5 Reasons You Shouldn’t Buy An iPad Mini et Dear Apple: I’m Leaving You.

Le problème ne vient pas de la qualité des produits, car elle reste globalement supérieure à la concurrence, mais au prix. Un iPhone 5 coûte jusqu’à 850 €, tandis qu’il faudra compter plus de 400 € pour iPad Mini, là où la tablette concurrente de Google est affichée à 200 €. Formulé autrement : l’écart de prix entre les produits mobiles Apple et la concurrence n’est plus justifié, car si l’iPhone et l’iPad sont encore deux fois meilleurs, ils sont 3 à 4 fois plus chers. Plus inquiétant encore : s’il aura fallu 5 ans à Google et Microsoft pour mettre au point des offres alternatives à peu près crédibles, ils sont en train de s’implanter durablement sur des créneaux où Apple ne peut / veut pas lutter.

À l’échelle de temps de l’internet, 5 ans représentent une éternité. C’est pourtant ce qu’il aura fallu à Google et Microsoft pour reprendre le leadership sur la partie matériel, un domaine qu’ils avaient délaissé au profit de constructeurs dont les cycles produits n’étaient plus du tout en phase avec le niveau d’exigences du marché (revu à la hausse grâce ou à cause des produits Apple).

Une nouvelle tablette Surface et un Windows 8 unifié pour Microsoft

J’imagine que vous avez dû entendre et lire tout un tas de choses sur la décennie perdue par Microsoft. Pourtant, la firme de Redmond n’a pas ménagé sa peine pour se remettre en course et tourner la page de ses succès passés avec les ordinateurs individuels : Microsoft prépare l’après-PC avec sa tablette Surface. La tablette hybride Surface est donc la partie visible du nouveau Microsoft, une firme high-tech qui envisage maintenant l’outil informatique dans toute sa diversité : ordinateurs fixes, tablettes, smartphones, objets connectés…

La nouvelle tablette Surface de Microsoft

Au coeur de cette révolution, il y a bien évidemment la toute dernière version de Windows, sortie il y a quelques semaines. Les changements y sont nombreux, notamment au niveau de l’interface, faisant ainsi grogner les utilisateurs n’aimant pas trop être bousculés dans leurs habitudes. S’il est encore tôt pour dire que cette huitième version de Windows est une réussite ou non, l’essentiel du travail semble avoir été fait en arrière-plan pour mettre au point un écosystème cohérent et partagé entre différents terminaux. Windows 8 s’accompagne ainsi de la sortie de Windows Phone 8, qui partage le même noyau (kernel en anglais). Je ne suis pas un spécialiste, mais les observateurs avertis s’accordent à dire que c’est un authentique tour de force, car ces deux OS proviennent de branches complètement différentes.

Si la Surface est le nouveau vaisseau amiral de la marque, avec un positionnement à mi-chemin entre tablette et ultrabook, la ligne de smartphones n’est pas en reste grâce à un partenariat très fort avec Nokia et d’autres constructeurs comme HTC pour proposer des machines très abouties.

Les nouveaux smartphones Nokia et HTC

Si aujourd’hui Microsoft ne bénéficie pas de la même aura qu’Apple quand il est question de smartphones ou de tablettes, la firme de Redmond s’est donné les moyens de repartir sur des bases saines pour préparer une riposte d’envergure. Et c’est bien là où la domination d’Apple est en train de s’effriter : la marque à la pomme a investi tellement d’énergie dans le maintien de l’intégrité de son écosystème  pour verrouiller les bénéfices, qu’ils se retrouvent avec deux systèmes d’exploitation incompatibles (iOS et Mac OS) là où Microsoft semble avoir réunifié les siens (Windows et Windows Phone). Est-ce un problème dans l’immédiat pour Apple ? Non pas du tout. Est-ce un problème à horizon de 10 ans ? Oui tout à fait, car le processus de transformation du marché (usages et attentes) n’en est qu’à ses débuts.

Android, Now et gamme Nexus élargie pour Google

Concernant Google, une énergie considérable a été investie pour faire évoluer rapidement Android et pour sortir une gamme d’appareils mobiles performants : Nexus: The best of Google, now in three sizes. Si la prise de parts de marché des smartphones tournant sous Android a été pour le moins chaotique, les équipes de Google sont bien décidées à ne pas reproduire les erreurs du passé et se sont associés avec les plus grands constructeurs pour proposer trois produits de référence : les Nexus 4, 7 et 10 pouces. L’approche de Google n’est pas de proposer les produits aux caractéristiques techniques les plus avant-gardistes, mais de sortir des terminaux au rapport qualité imbattable. De ce point de vue là, la Nexus 7 proposée à 200 € est une réussite flamboyante.

Les trois terminaux mobiles Google

Outre la maîtrise du hardware et du software, Google semble mettre les bouchées doubles pour séduire les développeurs et faire de Google Play l’écosystème de référence pour les contenus numériques (applications, jeux, films, musique…).

Les ambitions de Google en matière de mobilité ne datent pas d’hier (Eric Schmidt les avaient déjà dévoilées en 2005), mais il leur a fallu un peu de temps pour recruter les bonnes personnes et synchroniser les équipes : Inside Android’s next wave: Building the Nexus 4, Nexus 10, and Android 4.2. Android est maintenant un rouleau compresseur lancé à pleine vitesse dont la maturité impressionne. Mais les efforts de Google ne s’arrêtent pas là, car leur plan d’ensemble ne s’arrête pas qu’aux terminaux. L’ambition de Google est de reprendre le leadership sur le hardware (la gamme Nexus), le software (Android), la place de marché (Play) et de lier le tout à l’écosystème Google (Google Now: behind the predictive future of search).

Tout l’écosystème de Google concentrer sur les terminaux mobiles

Google Now est donc au coeur de la révolution de Google, celle qui va faire basculer Google dans le XXIème siècle, la révolution du web sémantique (Knowledge Graph), des médias sociaux (Google+), des contenus numériques (YouTube, Music…), du cloud grand public (Drive, Chromebook) et de l’informatique d’entreprise (Apps).

Là encore, il a fallu un peu de temps aux différentes équipes de Google pour s’organiser et se synchroniser, mais les différentes pièces du puzzle s’assemblent beaucoup mieux maintenant. Et pendant ce temps-là, que fait Apple ? Il facture 30 € l’adaptateur de son nouveau système de câble (lighting connector). Une “stratégie” très rentable à court terme, mais qui ne les aidera pas à basculer dans le prochain paradigme des outils informatiques et de communication.

Lightning connectors et un iTunes vieillissant pour Apple

Comme précisé plus haut, Apple n’est pas vraiment en danger pour le moment, surtout au regard de ses parts de marché. Par contre, la marque à la pomme se retrouve maintenant dans une situation délicate avec deux OS parfaitement incompatibles et un écosystème qui repose sur une aberration anachronique : iTunes. L’empire d’Apple et ses revenus sont en effet issus d’un écosystème régi par un logiciel vieillissant. Lourd, fermé, extrêmement contraignant… iTunes est le boulet dont Apple va avoir le plus grand mal à se débarrasser. De nombreuses lacunes liées à iTunes n’ont toujours pas été résolues, notamment son incompatibilité avec le monde de l’entreprise ou la gestion catastrophique des utilisateurs multiples. Les efforts faits par Google et Microsoft pour livrer leur OS respectif avec un mode “enfant” sont ainsi un bel exemple des problèmes qu’Apple devra résoudre pour ne pas accélérer la perte de parts de marché.

Si je ne peux que reconnaitre l’excellence de la fabrication des produits Apple (iPhone 5, Macbook…), sont-ils réellement compatibles à grande échelle avec une économie en crise ? La concurrence occidentale (Google, Microsoft, Amazon…) et asiatique (Samsung, Asus, HTC, ZTE…) finira nécessairement par mettre à mal une société qui s’apprête à relever un nouveau défi (l’Apple TV).

Ceci étant dit, à quel risque Apple s’expose-t-il : une forte perte de parts de marché ? Soit, mais Apple a toujours été une marque de niche. Je considère ainsi le succès auprès du grand public de l’iPhone ou de l’iPad plus comme des accidents industriels qu’autre chose. La concurrence s’est maintenant remise en ordre de bataille pour reprendre les parts de marché qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Une fois cette bataille livrée, il ne restera à Apple “que” 20 à 25% de parts de marché, soit sa zone de confort.

Nous sommes donc en train d’assister à la fin de la période de domination d’Apple. Une période qui leur aura permis d’engranger des dizaines de milliards de dollars de bénéfices. Une manne dont ils auront bien besoin pour opérer leur révolution et rattraper un retard en train de se former sur des chantiers de fond que Microsoft et Google sont en train de résoudre : fusion des OS, basculement des services dans les nuages, mise en place d’offres cohérentes pour les entreprises…

Les prochains mois vont être décisifs pour savoir si ce nouvel élan initié par Google et Microsoft leur permettra de développer des leviers concurrentiels suffisamment puissants pour convaincre les marchés grand public et d’entreprise. En attendant, je vais être particulièrement attentif à la nouvelle version majeure d’iTunes attendue pour les prochaines semaines…

La fin de l’ordinateur individuel est programmée

Nous sommes en 2011, cela fait donc 30 ans que l’ordinateur individuel a été mis sur le marché (source : Wikipedia). 30 ans que nous utilisons la combinaison unité centrale / écran / clavier / souris. 30 ans de croissance quasi ininterrompu pour les constructeurs et éditeurs de logiciels qui ont bénéficié du phénomène de comoditisation de l’offre (une baisse des prix obtenue par économie d’échelle en vendant des produits quasiment identiques aux entreprises et particuliers).

Le premier ordinateur individuel à grande production lancé par IBM en 1981

Plusieurs signaux du marché sont néanmoins en train de participer au déclin de l’ordinateur individuel tel que nous l’avons connu : l’arrivée à maturité de l’internet et des offres de cloud computing, la montée en puissance des terminaux mobiles et des usages en mobilité.

Avec les annonces de ces dernières semaines, il semble clair que Microsoft, Google et Apple sont en ordre de bataille pour faire basculer l’informatique dans le 21ème siècle. Certes, tout ne s’est pas fait en quelques semaines : Les offres d’Application Service Providers et les smartphones en Asie sont une réalité depuis le siècle dernier (donc bien avant l’apparition du cloud computing ou de l’iPhone / iPad), mais nous y voyons maintenant beaucoup plus clair dans le jeu des grands acteurs de l’informatique et de l’internet.

Les ordinateurs individuels supplantés par les terminaux nomades

Même si de gros progrès ont été réalisés, les ordinateurs ne font plus rêver personne : trop encombrants, trop chers, trop laborieux à maintenir (failles de sécurité, anti-virus, anti-malware…). La solution des industriels a été de créer un nouveau segment pour relancer l’intérêt : les netbooks (cf. Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Mais tout ne s’est passé comme prévu, les netbooks ont fait long-feu car ils étaient incapables de tenir la promesse faite aux consommateurs (l’informatique low-cost). Après 3 années d’égarement, Google parvient néanmoins à proposer aux industriels une offre viable : Avec Chrome OS, Google parie sur le CloudBook.

Les chromebooks représentent donc l’évolution ultime du concept avec un hardware et un software allégé au maximum au service de la simplicité et de la portabilité. Parviendrons-ils à réussir leur pari et convaincre le grand public ? Oui j’en suis persuadé, car l’offre est bien pensée (système de location mensuelle) et que la transition va se faire en douceur auprès des publics les plus réceptifs (étudiants…).-

Le Chromebook de Google, évolution ultime des netbooks

De même, les tablettes tactiles existent depuis près de 20 ans, mais souffraient de gros problèmes ergonomiques. Elles aussi ne parvenaient pas à tenir la promesse d’une informatique nomade et tactile. Il a fallu attendre la sortie de l’iPad pour viabiliser le concept de touchbook. La touche de génie d’Apple a été de simplifier l’interface et surtout de repenser l’outil informatique (cf. Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez).

L'iPad d'Apple

Ainsi ce n’est pas tant le hardware qui a évolué que le software. Apple et Microsoft ont bien compris que le modèle traditionnel du logiciel ne va pas perdurer longtemps, surtout face à la menace de nouveaux entrants comme Google, SalesForce… Il était donc urgent de refondre ce modèle et de tenter autre chose : Software as a Service, mini-applications, services en ligne freemium… (cf. Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels).

Une nouvelle approche de l’informatique personnelle

Entendons-nous bien : il est bien ici question d’informatique pour le grand public, pas pour les contrôleurs de gestion, développeurs… Là encore les nouvelles configurations de marché rendent obsolète l’ordinateur traditionnel. Les usages d’aujourd’hui tournent ainsi essentiellement autour du web et de tout ce qu’il propose : contenus, plateformes sociales, jeux… Or, les offres récemment créées par Apple, Netflix ou encore OnLive nous prouvent que les utilisateurs peuvent se passer des ordinateurs pour consommer des contenus et services.

Tous les jeux dont vous rêvez sont accessibles sans PC avec OnLive

Avec l’avènement de l’internet, l’ordinateur s’est banalisé et n’est plus qu’un moyen d’accès à des contenus et services en ligne. Les utilisateurs valorisent maintenant beaucoup plus l’autonomie et la portabilité que la puissance. L’architecture x86 des processeurs Intel est maintenant supplantée par l’architecture ARM des smartphones et terminaux nomades (cf. 2011, l’année du point de bascule).

Dans cette nouvelle approche de l’outil informatique (plus ludique, plus sociale), Intel a pourtant été précurseur avec le lancement de Meego, un système d’exploitation de “nouvelle génération” qui était destiné à propulser les netbooks (Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks). Un concept qui a été remanié depuis, mais dont nous voyons une autre illustration avec le futur Windows : Microsoft dévoile l’interface tactile de Windows 8.

L'écran d'accueil de l'interface tactile de Windows 8

Cette nouvelle approche de l’outil informatique semble donc parfaitement adaptée aux nouveaux usages des internautes. Mais elle pourrait également fonctionner avec les collaborateurs équipés de terminaux nomades leur permettant d’accéder à leur intranet et les applications qui vont avec. Ont-ils réellement besoin de plus ? Nous ne savons encore pas grand-chose de l’offre pro de Google (baptisée Chromebox) mais elle pourrait bien nous faire envisager à nouveau le modèle client/serveur. Ceci étant dit, c’est un autre débat que je ne souhaite pas entamer dans cet article.

L’avènement du cloud personnel

Nous avions déjà Amazon Cloud Drive, Google Music, et maintenant c’est Apple qui annonce iCloud, son offre de stockage de données en ligne. Le cloud computing n’est maintenant plus réservé aux entreprises, les offres se structurent pour en faire bénéficier les particuliers afin de leur offrir toujours plus de liberté dans leurs modes de consommation.

iCloud, l'offre de personal cloud d'Apple

L’idée maitresse derrière ses offres est la suivante : puisque le piratage rend toujours plus compliquée la vente des licences (musiques, films ou logiciels), les distributeurs et éditeurs se tournent plutôt vers la location (SaaS), l’hébergement (cloud) et la monétisation de l’accès aux contenus (streaming). Le futur Mac OS X Lion ne sera ainsi proposé qu’en téléchargement via le Mac App Store. Non seulement ce modèle permet de verrouiller la chaine de distribution, mais il assure également à l’opérateur de ces services des revenus récurrents (en plus de collecter les N° de carte bancaire de l’ensemble des utilisateurs de Mac).

Après avoir conquis le marché de l’entreprise, le cloud computing s’attaque donc maintenant au grand public et les perspectives sont plus que juteuses : The Personal Cloud Will Be A $12 Billion Industry in 2016.

Les perspectives de croissance du marché du Personal Cloud par Forrester

Avec la banalisation de la bande passante et les premières offres de très haut début, cette tendance ne peut que s’accélérer.

Vers une expérience unifiée pour les clients

Donc si l’on résumé : itunes + App Store + iCloud = des contenus, services et applications disponibles sur tous vos terminaux. La promesse d’Apple n’est plus de vous assurer la meilleure expérience sur smartphone ou sur touchbook, mais sur l’ensemble de vos terminaux. La vision d’Apple rejoint ainsi celle de Google (avec ChromeOS et Android) et celle de Microsoft (avec Windows 8 et Windows Phone). Nous sommes donc bel et bien entrés dans l’ère de l’informatique nomade et polymorphe où les contenus et services sont achetés une fois et consommés en différents endroits.

À ce petit jeu là, celui qui remportera la mise sera celui qui proposera la compatibilité la plus large, donc l’écosystème le plus étendu. Pas étonnant que Google distribue gratuitement ces systèmes d’exploitation, car ce sont autant de points de consommation pour eux : L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon.

Je suis intimement persuadé que nous sommes en train de vivre une transformation dont nous ne mesurons pas encore l’impact. Comme je l’avais senti l’année dernière, le prochain terrain de bataille sera la télévision. Google est déjà très bien positionné (Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV), mais nous pourrions avoir des surprises avec les consoles de jeux, notamment la Xbox de Microsoft avec Live TV ou encore la future Wii U qui propose un étonnant couplage entre une console multifonctions et une manette aux airs de touchbook.

La future Wii U de Nintendo

Tout ceci me fait donc dire que les jours de l’ordinateur individuel sont comptés. La suite à lire ici : Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?.

L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon

Cette semaine se tenait l’édition 2011 de Google I/O, la grand-messe annuelle du géant californien. Beaucoup de nouveautés ont été présentées lors de cette édition, des nouveautés qui confirment l’ambition de Google ainsi que l’architecture de leur stratégie de diversification. Les revenus colossaux de Google sont en effet très majoritairement générés par le moteur de recherche, mais cette vache à lait ne durera pas éternellement. Voilà pourquoi ils sont en train de préparer l’avenir en fignolant les briques d’un écosystème numérique qui mélange services et données dans les nuages, terminaux alternatifs et réintermédiation. Les équipes de Google travaillent-elles dans la bonne direction ? Certainement, car cet écosystème est également le modèle choisit par d’autres géants comme Apple, Microsoft ou Amazon.

Chrome et Android préparent l’après-Windows

Voilà près de 20 ans que Microsoft domine l’informatique personnelle avec sons système d’exploitation Windows. Une domination incontestée qui a fait la fortune de la firme de Redmond, mais qui arrive à la fin de son cycle de vie. Ce n’est pas tant la concurrence de Mac OS ou de Linux qui menace Windows, mais plutôt la fin de vie de l’ordinateur individuel tel que nous l’avons connu. Les récents progrès réalisés sur les smartphones et l’émergence de nouveaux formats comme les netbooks et les touchbooks ont fait prendre conscience aux utilisateurs qu’ils n’avaient pas forcément besoin d’un ordinateur traditionnel (écran + clavier + souris + Windows) pour consommer des contenus et services en ligne. Les terminaux alternatifs sont en effet en train de grignoter des parts de marché aux ordinateurs traditionnels (49% of Indians only access web through mobile) et de prendre une place toujours plus importante (cf. 2011, l’année du point de bascule et De la place des smartphones dans notre quotidien).

L’ambition de Google est donc de préparer l’après-PC en proposant à la fois une alternative aux systèmes d’exploitation traditionnels, mais également aux logiciels (Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels). Son plan repose sur Chrome OS et Android, des systèmes d’exploitations de nouvelle génération censés remplacer “les systèmes d’exploitation conçus à une époque où le web n’existait pas encore” (et vlan !). Plus que des systèmes d’exploitation, Chrome et Android sont des interfaces entre les services de Google et ses clients. Avec les Chromebooks et la game Nexus, Google essaye de maitriser le dernier maillon de la chaine.

Les premiers Chromebooks seront commercialisés en juin 2011

Ne pensez pas que Google est seul en course, car Apple travaille également d’arrache-pied à la réalisation de cette vision : L’évolution de l’informatique traditionnelle (cf. Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez). L’idée n’est pas de proposer des smartphones ou des touchbooks plus puissants ou performants que les ordinateurs traditionnels, mais plutôt de faire comprendre au grand public qu’ils peuvent consommer des contenus et services en ligne sans avoir besoin d’acheter un ordinateur. Pour cela, la stratégie d’Apple repose sur ses trois produits phares: iPhone, iPad et  Apple TV.

Google procède avec une approche similaire, mais plus ambitieuse. Il y a d’abord les Chromebooks qui seront commercialisés le mois prochain et qui transforment la vision des cloudbooks en réalité commerciale : Des ordinateurs allégés, versatiles, sans logiciels ni anti-virus… (cf. Google announces Chromebooks from Samsung and Acer, Available on June 15th). Mais pas seulement, car avec Chrome (le navigateur), Google est en train d’infiltrer les ordinateurs traditionnels pour y évangéliser la vision d’une informatique de nouvelle génération avec des contenus et services entièrement disponibles dans votre navigateur. Une fois les utilisateurs convaincus que leur navigateur peut devenir leur système d’exploitation et ils peuvent alors se libérer de la contrainte de Windows (ou de Mac OS).

De même, Android nous était présenté comme un système d’exploitation pour smartphones, mais la posture de Google pour le promouvoir a évolué, car il prêche maintenant une utilisation sur d’autres types de terminaux  comme les tablettes, TV connectées… Après des débuts chaotiques, les équipes derrière Android sont maintenant en ordre de marche pour en faire un OS universelIce Cream Sandwich Merges Phone and Tablet Versions of AndroidA First Look at the New Google TV et Android And Chrome: Anywhere And Everywhere.

La nouvelle version de Google TV propulsée par Android

Mais l’ambition de Google ne s’arrête pas là, car ils veulent aussi faire d’Android une plateforme pour les objets connectés : Android@Home, Google Gets Serious About the Smart Home. Android servirait de passerelle pour pouvoir piloter les appareils électriques de notre quotidien (lampes, radio-réveil, grille-pain…) en exploitant un nouveau protocole de communication sans fil : Android@Home, la domotique nouvelle génération. La vision de Google est donc de se positionner sur l’ensemble des appareils utilisant de l’électricité (ordinateur, tablettes, téléphones, TV, appareils ménagers…).

Google dans votre foyer avec Android@Home

Dans le même esprit, ils proposent déjà une couche logicielle pour les compteurs électriques intelligents (Google PowerMeter), il ne manque plus que les véhicules pour compléter le tableau ! (visiblement un chantier sur lequel ils travaillent également : Google Lobbies Nevada to Allow Self-Driving Cars).

iTunes fait des envieux chez Google et Amazon

Apple nous a démontré la viabilité de l’écosystème iTunes et l’intérêt de maitriser la chaine de distribution. Avec ce qui nous a été présenté cette semaine, l’objectif (à moitié) annoncé de Google est de mettre en place son propre écosystème (cf. Google Chrome OS = iOS + iTunes), un modèle moins fermé et reposant sur la communauté.

Le modèle économique de l’hypothétique écosystème de Google reposerait sur trois sources de revenus :

  • L’intermédiation, qui consiste à distribuer des contenus et services en captant une marge (Android Market et Chrome Web Store pour les applications, YouTube pour la VoD…) ;
  • L’exploitation de données (Maps, Local, Freebase, Think Insights… cf. Du contenu roi aux données reines) ;
  • L’hébergement de données (avec Google Drive et le tout récent Google Music).

L’approche de Google sur ce dernier point est remarquablement subtile : plutôt que de se bagarrer avec les labels pour commercialiser des morceaux musicaux, Google se propose plutôt d’héberger vos fichiers. Une astuce très maline, car plutôt que de dépenser des efforts considérables pour capter une toute petite marge lors de la transaction, Google préfère faire payer les utilisateurs à vie pour héberger et distribuer ces fichiers (qu’elle qu’en soit l’origine). Une très bonne façon de rentabiliser ses data centers avec en prime la possibilité de mutualiser les morceaux musicaux (en procédant par dédoublonage).

Vous remarquerez qu’Amazon est en train de fignoler un modèle similaire avec une chaine de distribution intégrée (Amazon > Kindle), de l’intermédiation à très grande échelle (Marketplace), des données (IMDB, SoundUnwound…) et de l’hébergement (AWS, Amazon Cloud Drive).

L’enjeu de cette course est de s’imposer sur le créneau du personnal cloud, l’informatique dans les nuages pour le grand public. Pour le moment les grands acteurs du web ne sont pas encore rentrés dans une phase de conquête agressive, mais l’arrivée prochaine de l’offre de music on the cloud d’Apple devrait accélérer les choses : Apple Could Win the Cloud Music Game Thanks to Google and Amazon.

Microsoft et Facebook sont à la traine

Dans cette course à la transformation, deux acteurs sont très nettement en retard : Microsoft et Facebook. Tout d’abord Microsoft car du fait de leur héritage à gérer (des centaines de millions de clients Windows et Office), ils ne peuvent pas avancer au même rythme d’innovation que les autres. Initiée par Ray Ozzie, la transformation de Microsoft est un processus extrêmement long, mais qui suit son cours. Largué sur le grand public, L’offre de cloud computing de Microsoft pour les entreprises a fait des progrès considérables. Je pense ne pas me tromper en disant qu’ils ont quasiment rattrapé leur retard et qu’il leur reste de gros atouts à sortir de leur jeu. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, Microsoft est un diesel : Long au démarrage, mais terriblement endurant. Vous pouvez critiquez Windows Phone 7, mais ne vous avisez surtout pas de sous-estimer une société capable de sortir 8,5 milliards de $ en cash dans une période post-crise. S’ils sont capables de racheter Skype pour un tel montant, qu’est-ce qui les empêche de prendre le contrôle de SalesForce ? (un exemple au hasard) (quoi que…) (moi je dis ça, je dis rien…)

Qu’en est-il de Facebook, l’étoile du web ? Facebook est une coquille vide, j’ai déjà eu de nombreuses occasions de m’exprimer sur le sujet (cf. Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook), là n’est pas le sujet de l’article. Je ne vois pas bien quelle va être la place de Facebook dans les écosystèmes que j’ai décrits plus haut. Ou du moins, je ne vois pas bien dans quelle mesure Facebook va avoir son mot à dire face aux géants de l’internet qui vont encore accentuer leur poids. Le problème de Facebook est que cette plateforme sociale s’est créé un écosystème où tout est gratuit pour les utilisateurs. Avec une telle posture, comment vont-ils faire pour dégager des revenus importants là où les autres acteurs ont su “éduquer” leurs clients (et collecter leur N° de carte de crédit) ? N’oublions pas que plus la base d’utilisateurs de Facebook grossit, et plus les charges d’exploitation sont importantes (650 millions d’utilisateurs = des dizaines de milliards de photos et vidéos à héberger et distribuer). Pour le moment nous ne connaissons pas avec précision les revenus de Facebook (ni ses charges d’exploitation), mais son modèle me semble bien instable dans la mesure où tout repose sur les profils des membres (or nous savons que la mécanique de ciblage comportementale est polluée par le phénomène de travestissement des profils).

De plus, en optant pour un modèle économique qui repose principalement sur l’exploitation des profils, donc des données personnelles de ses utilisateurs, Facebook sera toujours critiqué pour sa gestion de la confidentialité. Et les choses ne risquent pas de s’arranger, car ils préfèrent visiblement dénigrer la concurrence plutôt que de clarifier leur position : Facebook Loses Much Face In Secret Smear On Google et Facebook-Google Privacy PR Smear Is A Campaign In An Epic, Escalating War.

Le futur se construit dans le secret

Google, Apple et Amazon sont donc en train de façonner les modèles économiques grand public de demain. Mais contrairement à Facebook qui partage sa R&D (notamment avec le Open compute Project), ils sont très discrets (euphémisme).

La raison de cette discrétion est toute simple : Ces futurs modèles économiques reposent sur des contenus et services payants qui sont plus proches de notre Minitel que du web tout gratuit. La fascination actuelle du marché pour Facebook est ainsi la distraction dont Google, Apple et Amazon ont besoin pour cimenter les écosystèmes qu’ils sont en train de mettre en place. Certes, ces écosystèmes reposent sur de la facturation récurrente et des micro-transactions, mais est-ce un mal ? Après tout n’est-il pas légitime que tous les acteurs d’une chaine de valeur puissent gagner leur vie ?

En conclusion je dirais ceci : le web n’est pas mort, loin de là, par contre les contenus et services gratuits sont condamnés à moyen terme. En tout cas ils le sont avec les écosystèmes numériques que sont en train de finaliser ces différents acteurs (Google, Apple, Amazon et Microsoft dans une certaine mesure).

Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels

Voilà plus de 5 ans que l’on parle du Web 2.0 et de ses concepts disruptifs tel que le Software as a Service. Jusque-là tout allait bien et les industriels du logiciel préparaient tranquillement la migration de leur offre. Oui mais voilà, sous la pression d’Apple (avec son App Store) et d’une infinité de petits éditeurs, les grands de ce monde sont obligés de revoir leur copie et de proposer de nouveaux leviers de différentiation pour maintenir leurs parts de marché dans cet univers redevenu hyperconcurrentiel.

Je vous propose ainsi de faire le point sur ce que nous réservent les grands éditeurs dans leur quête du nouveau nouveau modèle de logiciel.

App Store et Personal Cloud Computing pour Apple

Dans le monde de la distribution de contenus numériques, il y a un avant et un après iTunes. Pierre angulaire de la transformation de la marque à la pomme, l’App Store est certainement l’ingrédient-clé de la réussite de l’iPhone. Autant Apple compte se la jouer très rustique en maintenant sa gamme iLife et iWork (des logiciels à installer, distribués dans des boites sur les étagères des magasins), autant ils préparent un gros coup avec le Mac App Store.

Le futur Mac App Store d'Apple

Avec cette déclinaison de l’App Store sur Mac OS, Apple souhaite ainsi donner un second souffle à son modèle de distribution de micro-applications. Des quoi ? Des micro-applications : des petites applications qui se concentrent généralement sur une tâche (ou une série de tâches) et sont vendues à petit prix. L’efficacité du modèle n’est plus à prouver, mais sauront-ils motiver suffisamment d’éditeurs pour atteindre la taille critique ? C’est la question que se posent certains : Might The Mac App Store Lead To A New Class Of Micro-Apps?.

Il va également falloir compter sur Mobile Me, l’offre de Personal Cloud Computing qui permet de partager des contenus (photos, vidéos…) entre vos différents appareils, de profiter d’applications en ligne comme l’email ou le calendrier et peut-être dans un futur proche de consommer de la musique sous forme d’abonnement (qui sait ce qu’Apple va faire de Lala.com ?). Bref, une offre assez vaste qui ne demande qu’à s’agrandir (avec des options payantes à la clé).

Mobile Me, l'offre de Personal Cloud Computing d'Apple

L’approche d’Apple semble donc être parfaitement diversifiée : Logiciels traditionnels (iLife…), App Store, outils en ligne (Mail, Calendar…) et Personal Cloud Computing (MobileMe).

Software + Service pour Microsoft

Du côté de Microsoft, l’offre de cloud computing a été entièrement repensée avec l’annonce récente d’Office 365, le nouveau vaisseau amiral (dans les nuages) de la firme de Redmond qui regroupe Office, Exchange, SharePoint… Le credo de Microsoft pour cette offre est de proposer du cloud computing comme les autres, mais avec les avantages et garanties de Microsoft (stabilité, sécurité, compatibilité…). Rien de très surprenant dans la mesure où Microsoft ne pouvait pas se laisser distancer par Google (Microsoft Rolls Up Cloud Services Into Office 365, Takes Aim At Google Apps). La grille de tarifs reste encore assez complexe (de 2$ / mois / utilisateur à 27$ pour l’offre complète) mais c’est tout de même un très grand pas pour le secteur : Office 365, le Cloud Computing a définitivement gagné la partie.

Excel dans votre navigateur avec les Office Web Apps

Mais ce n’est pas tout, car on murmure également une Windows Marketplace parfaitement intégrée au futur Windows 8 (qui devrait sortir en 2013) et un Games for Windows Marketplace en avance de phase pour faire barrage au très alléchant Steam (Microsoft Games for Windows Marketplace relaunches in your browser on November 15) et bénéficier du levier communautaire au travers de XBox Live et Windows Live.

Le futur Games for Windows Marketplace

Au final, nous avons donc un mélange de Software and Services pour les entreprises et un App Store pour les particuliers. Pas mal pour le poids lourd du secteur qui a su réagir en très peu de temps.

Apps, Marketplace, Mashup et Web Store pour Google

En ce qui concerne Google, ils ne chôment pas depuis le lancement des Google Apps car la concurrence est rude (notamment des suites comme Zoho ou Zimbra) :

L'App Store de Google pour les entreprises

Mais il y a surtout le Chrome Web Store qui devrait être lancé normalement le mois prochain en même temps que Chrome OS (Google Chrome OS = iOS + iTunes). On ne sait pas grand-chose encore sur cet App Store façon Google, juste qu’il fonctionnera à peu près comme l’App Store d’Apple (ou de Mozilla).

Le futur Chrome Web Store de Google

Donc pour Google l’avenir du logiciel est résolument en ligne : Tout dans les nuages, rien sur le disque dur. Une posture intéressante, surtout avec la montée en puissance des terminaux alternatifs et nomades.

Le grand chelem pour Adobe avec Rome

Terminons ce tour d’horizon avec Adobe qui a été précurseur dans son approche de Rich Desktop Application avec AIR et qui veut donner un coup de pouce à la communauté des développeurs avec InMarket, une plateforme de distribution permettant de gérer la commercialisation d’applications sur plusieurs marketplace en même temps (Introducing Adobe InMarket: Reach milions, generate revenue).

L'App Store d'Intel pour les netbooks

Mais la grosse nouveauté d’Adobe est le lancement en beta de Project Rome, une application de nouvelle génération qui permet de créer et publier des contenus de tous types. La particularité de cette application, c’est que ça n’en est pas réellement une :

  • Vous pouvez lancer le logiciel dans votre navigateur (avec Flash) ou l’installer sur votre bureau (avec AIR) ;
  • Une place de marché de templates est disponible directement dans le menu ;
  • Vos créations peuvent être sauvegardées sur le disque dur ou publiées dans Acrobat.com pour inviter d’autres personnes à collaborer dessus ;
  • Il n’y a pas de licence à payer mais un abonnement mensuel.
Project Rome, le futur du logiciel par Adobe ?

Non seulement Adobe réussit le tour de force de mélanger SaaS, RDA, cloud computing, marketplace, mais le logiciel en lui-même adopte un positionnement intéressant : moins puissant que les gros logiciels traditionnels de la Creative Suite mais plus riche que les micro-logiciels déjà disponibles comme Picnik (propriété de Google).

Au final, Adobe me semble être l’éditeur le plus innovant dans les modèles proposés : SaaS (Omniture), cloud computing (Acrobat.com), RDA, RMA (Photoshop Express)…

Une transformation obligatoire où tout change, mais rien ne change réellement

L’industrie du logiciel est donc en pleine mutation face à différents facteurs externes :

  • L’ascension fulgurante d’éditeurs indépendants comme SalesForce ou 37Signals ;
  • Le hold-up d’Apple dans les jeux mobiles ;
  • Les nouvelles pratiques de collaboration en ligne ;
  • L’arrivée prochaine en entreprise de terminaux alternatifs (touchbooks, smartbooks…).

Tout ceci pousse donc les éditeurs à chercher de nouveaux modèles et surtout à se réapproprier la chaine de valeur avec de la ré-intermédiation : Les logiciels sont plus distribués à la Fnac mais dans des App Stores propriétaires (avec les mêmes contraintes de référencement dans le catalogue, de têtes de gondoles…). Donc au final on prend les mêmes et on recommence… À ce sujet je précise que je n’ai pas mentionné IBM car je ne connais pas bien leur offre.

Et vous dans tout ça ?

Nous en venons maintenant à LA grande question : En quoi tout ceci peut vous être bénéfique ? Et bien tout dépend :

  • Si vous êtes un internaute, il n’a jamais été aussi simple de choisir et exploiter des logiciels et micro-logiciels (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes une PME, il n’a jamais été aussi simple d’exploiter des outils simples qui s’insèrent de façon transparente dans votre organisation naissante (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes un grand compte, il n’a jamais été aussi simple de s’affranchir des contraintes de déploiement et d’injecter une dimension collaborative dans votre système d’information (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes éditeur, il n’y a jamais au autant d’opportunités (donc n’hésitez pas) ;
  • Si vous êtes une marque, il n’y a jamais eu autant de possibilité de points de contacts et d’interactions au travers d’applications sponsorisées ou d’applications de marque (donc n’hésitez pas).

Comme vous pouvez le constater, tout le monde gagne. C’est comme à l’école de fans mais avec des milliards de $ en jeu. Dans tous les cas de figure, il est pour le moment difficile de prédire quel sera le bon modèle (ou paradigme), mais il est par contre très simple de comprendre que les logiciels à l’ancienne sont définitivement condamnés (et relayés à des niches). Bon débarras !

MàJ (01/12/2010) : Adobe vient d’annoncer officiellement l’abandon du projet Rome. Autant vous dire que c’est la consternation et surtout l’incompréhension dans la blogosphère car le projet était réellement novateur et n’avait été lancé que depuis quelques semaines. Je pense qu’il n’y a qu’une explication rationelle à cette décision : une forte pression de la part des investisseurs qui souhaiteraient un peu plus de discrétion quand aux nouveaux modèles d’adobe (distribution, facturation…). C’est en tout cas très fâcheux…

Les interfaces naturelles d’aujourd’hui et de demain

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de l’évolution de l’outil informatique vers des terminaux polymorphes et nomades. Cette évolution du hardware se fera de concert avec le software et notamment les systèmes d’exploitation et les logiciels. D’ailleurs nous sommes en plein dedans avec la vague des widgets (sorte de mini-applications) qui font la fortune d’Apple sur l’iPhone et le prochain Chrome OS de Google qui sera un hybride entre navigateur et système d’exploitation.

Les interfaces naturelles bientôt dans notre quotidien

Depuis que j’ai assisté au speech très inspiré de Bill Buxton sur les interfaces naturelles, je m’interroge sur la pertinence du modèle écran / clavier / souris. Regardez de près le Project Gustav pour vous rendre compte du potentiel que pourrait représenter des interfaces faisant une utilisation optimale des écrans tactiles et des périphériques naturels (ici un simili-pinceau pour cette simulation de peinture) :

L'interface du Gustav Project
L'interface du Gustav Project

La prise en main est immédiate et l’utilisateur s’exprime d’autant mieux qu’il utilise les gestes et outils de son quotidien. Démonstration vidéo ici :

Ce type d’interface a d’ailleurs été vu sur les stands de Fiat et de Renault au récent Salon de Genève pour épater les visiteurs : Les configurateurs interactifs de Fiat et Renault au Salon de l’Auto de Genève.

Le configurateur ludique de Fiat au Salon de Genève
Le configurateur ludique de Fiat au Salon de Genève

La dimension ludique est ici évidente et l’on se met à rêver des nombreuses possibilités offertes par des terminaux comme Surface… ou comme la Sphere, un autre projet de Microsoft qui combine un affichage sphérique et une surface tactile :

Le projet Sphere de Microsoft
Le projet Sphere de Microsoft

Mais pas la peine de sortir la grosse artillerie pour proposer une expérience différenciante. Exemple avec le Gesture Cube, un concept à mi-chemin entre touchbook et cadre numérique qui pousse encore plus loin la logique de terminal domestique connecté popularisée par le Chumby : Gesture Cube, Une interface 3D interactive.

Le concept de Gesture Cube
Le concept de Gesture Cube

Là encore, ce cube domestique aux formes et dimensions très proches d’un radio-reveil, exploite parfaitement les gestes naturels et surtout la contextualisation des informations / applications en fonction de la pièce dans laquelle vous vous trouvez :

Et dans la série “je fais du neuf avec du vieux“, je me permets également d’évoquer le concept Waveface Ultra proposé par Asus, un écran tactile souple que vous enroulez autour de votre poignet :

Le concept Waveface d'Asus
Le concept Waveface d'Asus

L’idée ici n’est pas de miniaturiser un smartphone mais plutôt de faire monter en compétence votre montre pour qu’elle puisse vous envoyer des notifications et qu’elle interagisse avec ce qui vous entoure :

Là encore vous remarquerez que le terminal et les gestes utilisés pour le manipuler sont les plus naturels possibles (l’interface est ici presque transparente).

Dernier exemple et pas des moindres avec SixthSens le concept d’interface gestuelle portable présentée par Pranav Mistry lors du dernier TED : An interview with Pranav Mistry, the genius behind Sixth Sense.

SithSens, l'interface gestuelle portable
SithSens, l'interface gestuelle portable

Imaginez-vous avec un terminal en forme de médaillon qui serait équipé d’un mini-projecteur (pour afficher des informations) et d’une caméra pour capter le mouvement de vos doigts. Lorsque vous allumez le terminal, vous choisissez une application et celui-ci projette alors une interface adaptée au contexte d’utilisation (ici, la lecture d’une vidéo en complément d’un article) :

L'interface gestuelle SixthSens en action
L'interface gestuelle SixthSens en action

Pour le moment le terminal en lui-même est rudimentaire mais l’on décèle un potentiel énorme dans la vidéo suivante :

Et comme dans les précédents exemples, c’est un objet du quotidien (un médaillon) qui est mis en scène dans notre quotidien (prendre une photo, lire un journal) et dont l’interface se manipule de façon tout à fait naturelle (avec les doigts).

Interfaces naturelles et jeu vidéo, une réalité

Bon nous sommes tous d’accord pour dire que ce n’est pas demain la veille où nous sortirons avec notre médaillon augmenté, il n’empêche que les interfaces naturelles sont une réalité pour un grand nombre de personnes (vous avez déjà essayé la Wii ?) et qu’il n’y a aucune raison pour que l’industrie du jeu vidéo n’aille pas plus loin (d’ailleurs elle a toujours été très précurseur).

La Wiimote pour reproduire les gestes naturels
La Wiimote pour reproduire les gestes naturels

Passé relativement inaperçu l’année dernière, le jeu EndWar est ainsi un bel exemple d’interface naturelle avec son principe de commandes vocales plutôt abouti :

L'interface à commandes vocales du jeu EndWar
L'interface à commandes vocales du jeu EndWar

Commandes gestuelles, commandes vocales, c’est la sortie en juin prochain de la déclinaison grand public du Project Natal de Microsoft qui devrait normalement rehausser la barre d’un cran avec des concepts de jeu tout à fait renversants. Exemple avec ce concept malheureusement abandonné de beat them all qui se joue avec les doigts : Indie studio reveals cancelled, finger-powered Natal game.

Un projet de jeu de combat avec les doigts
Un projet de jeu de combat avec les doigts

Quel dommage que ce concept n’ai pas été retenu car je me voyais tout à fait jouer avec mes doigts sur la table basse :

Illustration du jeu 2 Finger Heroes
Illustration du jeu 2 Finger Heroes

Bref, j’ai comme l’impression que les souris et claviers vont prendre une grosse claque avec la généralisation des écrans tactiles et des interfaces naturelles. Quoique…

Pas d’interfaces naturelles dans le milieu professionnel ?

Outre les métiers graphiques, j’ai du mal à anticiper une percée des interfaces naturelles dans le monde professionnel. Autant je suis convaincu du potentiel ludique et intuitif de ce type d’interfaces, autant je ne pense pas que l’on puisse améliorer la productivité d’un utilisateur de clavier / souris dans un contexte pro.

C’est donc malheureusement l’argument économique qui va pérenniser l’outil informatique tel que nous le connaissons sur le poste de travail. Rien de dramatique dans la mesure où nous pourrons toujours exploiter des interface naturelles dans nos moments de détente ou à la maison. La rupture entre le monde pro et perso sera ainsi d’autant plus nette et agréable.

Et le web dans tout ça ?

Reste une grande inconnue pour les interfaces naturelles : Comment les exploiter dans le cadre d’un navigateur web ? Et c’est là où nous nous heurtons au casse tête des interfaces web qui se manipulent à la fois avec la souris pour le clic ou le drag & drop (donc potentiellement la main ou le doigt), mais également avec le clavier pour saisir une URL ou remplir un formulaire.

Donc très clairement sur ce cas d’usage particulier je suis incapable de prendre position. Comme je fais un usage intensif du web, je penche tout de même en faveur du traditionnel couple clavier / souris. Mais tout ceci pourrait bien changer avec la “widgetisation” des sites web et services en ligne sur l’iPhone et encore plus sur l’iPad.

Affaire à suivre, nous aurons l’occasion d’en reparler.

Mes réflexions sur le MIX 2010

Je suis maintenant de retour en France et je prends le temps d’analyser tout ce qui nous a été montré lors de l’édition 2010 du MIX par Microsoft.

Retour en force de Microsoft sur de nombreux fronts

Alors que ces dernières années Apple, Google ou Facebook innovaient dans tous les sens, Microsoft avait accumulé un retard notable sur un certain nombre de sujet : Navigateur, smartphone et cloud computing. Depuis le début de l’année il semblerait bien que la firme de Redmond ait la très ferme intention de revenir dans la course et même de retrouver son leadership avec de nouveaux produits comme Windows Phone et IE 9. Nous commençons également à y voir un peu plus clair dans les plans de Microsoft en ce qui concerne Azure et les nombreux services qui vont petit à petit venir s’y greffer. De toute façon, nous n’en attendions pas moins de Ray Ozzie sur ce dernier point. Maintenant que le voile a été levé, reste à Microsoft d’assurer LE test ultime : celui du marché.

Des changements culturels profonds

Saviez-vous que la moitié des employés de Microsoft ont moins de 8 ans de maison ? Non pas que le turn over soit élevé, mais que le renouvellement des équipes est visiblement une priorité dans la politique RH. Résultat : Une nouvelle vague de collaborateurs issus de la génération Xbox / Zune qui accouche de produits étonnamment disruptifs et en rupture complète par rapport au marché (à l’image du Windows Phone ou du projet Natal). Il y a donc une réelle volonté de la part de Microsoft de tourner la page sur les années Windows / Office et se tourner vers les marchés d’avenir (nomadisme, divertissement…). Autre conséquence de cette nouvelle image : Un rapprochement évident avec les communautés open source (par opposition à Apple qui s’affirme comme le champion des standards fermés).

Silverlight comme le garant d’une expérience riche et multi-plateforme

Plus nous avançons dans les versions de Silverlight et plus il est évident que cette technologie est bien plus qu’un plug-in RIA. En plaçant Silverlight au coeur de produits comme la Xbox ou Windows Phone, Microsoft cherche à en faire le vaisseau amiral d’une nouvelle expérience utilisateur multi-plateforme. À ce petit jeu là, Microsoft risque bien de prendre de vitesse Adobe et son Open Screen Project qui se heurte à Apple.

J’ai également eu la très nette impression que Microsoft cherche à séduire les développeurs de casual et social games en mettant en avant la maturité de l’environnement Visual Studio et les capacités de Silverlight dans ce domaine. Rappelons à ce sujet que Microsoft est actionnaire de Facebook, que Facebook est LA plateforme sociale de référence pour les social games, social games qui tournent à 99,99% sous Flash. On pourrait ainsi supposer que Microsoft a la ferme intention de se positionner sur le marché des social games avec une offre verticale comme peut le proposer Unity. Il faut dire qu’entre XNA et Bungie, Microsoft possède de sérieux atouts.

En attendant le prochain Windows…

Nous ne savons pas grand chose de Windows 8, juste que Microsoft nous prépare quelque chose de gros… Impossible de savoir s’il s’agit de bluff, mais entre le discours de Bill Buxton sur les interfaces naturelles, les incroyables possibilités du project Natal et la maturité de la réflexion sur l’interface du Windows Phone, je me dis qu’ils pourraient bien nous surprendre. D’autant plus s’ils décident de s’intéresser aussi aux périphériques pour proposer une offre hardware + OS + logiciels entièrement nouvelle.

Je peux me tromper, mais j’ai la conviction qu’ils ont à la fois la volonté et les ressources financières / humaines pour complètement ré-inventer leur approche de l’outil informatique. Plus que jamais les prochaines années vont être passionnantes…

MIX 2010 – Jour 3

Troisième et dernier jour pour mon séjour à Las Vegas à l’occasion de la conférence MIX.

Building Multiplayer Games in Silverlight 4

Une session allégée qui devait présenter une étude de cas concrète de développement de jeux multijoueurs avec Silverlight mais qui doit se contenter de dire des généralités sur le développement de jeux avec Silverlight pour des raisons de confidentialité car le jeu en question n’est pas encore lancé :

  • Silverlight 4 cible 3 platefomes (PC, Xbox, Windows Phone) et peut s’appuyer sur différentes architectures (Xbox Live, Windows Azure) ;
  • Près de 70% des joueurs de social gaming sont en dehors des USA (principalement en Corée du Sud) ;
  • Le marché des causal games grossit de 20% par an en moyenne ;
  • Farmville, LA star des social games avec 60 millions de joueurs, a été développé en 5 semaines, l’éditeur (Zynga) vient de lancer un nouveau jeu de Social Poker (Poker Blitz) qui a l’ambition de faire encore mieux ;
  • Emergence d’une nouvelle catégorie d’éditeurs de causal / social games qui incubent des développeurs indépendants et se rémunèrent en pourcentage des revenus ;
  • Le marché est toujours en attente des Facebook Credits pour simplifier la monétisation ;
  • La performance est une préoccupation clé dans le développement de jeux en ligne, d’autant plus quand ils sont multijoueurs car le lag détruit le gameplay ;
  • Plusieurs outils seront disponibles dans Visual Studio 2010 pour faciliter / accélérer le développement de jeux ;
  • L’accélération matérielle dans Silverlight va permettre d’améliorer grandement la sophistication graphique des jeux ;
  • Visual Studio n’est pas spécialement conçu pour faire des micro-tests / ajustements (“spiking“) mais il est possible de biaiser pour en faire quand même ;
  • Les hackers sont très actifs sur les social games (packet sniffing & injection…) car il y a de l’argent en jeu (au travers des objets virtuels et boosters) ;
  • Silversprite permet d’exploiter les librairies de XNA dans Silverlight 4 ;
  • Le mode out of browser de Silverlight est très intéressant pour valoriser les jeux en ligne (et les faire passer pour des jeux desktop).

J’ai comme l’impression que le speaker nous aurait bien présenter des choses surprenantes s’il en avait eu le droit. Mon intuition me dit que Microsoft va bientôt se positionner en force sur les environnements de développement de jeux (avec le couple Visual Studio / SL). Plus d’infos sur gskinner.com/blog.

HTML5: Cross-Browser Best Practices

J’ai commencé par un workshop sur HTML5 et je termine par un session sur HTML5 avec Tony Ross (le chef de projet IE9) à propos de la gestion de la compatibilité entre les navigateurs :

  • Il commence avec l’exemple de border-radius qui est implémenté différemment sur Firefox et Chrome (et préfèrent leur sémantique : -moz-border-radius et -webkit-border-radius) ;
  • Nous sommes passé d’un code orienté navigateur (avec une gestion conditionnelle pour les navigateurs à la traine) d’un code orienté fonctionnalités (avec une gestion conditionnelle pour le support ou non d’une balise / propriété) ;
  • Il recommande également la détection de comportement (“behavior detection“) qui permet de tester la capacité du navigateur et de proposer une solution de contournement au cas où ;
  • L’intérêt de ces détections est de ne pas avoir à modifier le code lorsqu’une nouvelle version du navigateur est disponible et corrige des bugs ou des faiblesses d’implémentations (de type “if IE” qui force la prise en compte d’une feuille de style IE6 alors qu’IE9 a fait de très gros progrès);
  • Utiliser les techniques de détection (fonctionnalités et comportements) permet de réduire le coût de maintenance du code HTML ;
  • Très nombreuses références à jQuery qui semble être le nouveau couteau Suisse d’IE (rappelons que Microsoft est maintenant un des contributeurs majeurs à jQuery).

Les conseils de cette sessions étaient plein de bons sens, mais je pense que les équipes derrière Internet Explorer marchent tout de même sur des oeufs quand il est question de compatibilité avec les standards et de coût de maintenance du code HTML (IE 6 est la hantise des intégrateurs HTML). Bref, qu’ils reconnaissent leurs erreurs est une bonne chose mais il ne faudrait pas qu’ils se mettent à donner des leçons aux autres éditeurs de navigateur sous prétexte qu’IE9 est (soi-disant) le seul à correctement supporter la propriété border-radius.

À suivre…

MIX 2010 – Jour 2 (suite)

Suite de la deuxième journée de conférence au MIX 2010. Les vidéos et diaporamas des sessions sont déjà disponibles ici : Live.VisitMix.com/videos.

Total Experience: A design Methodology for Agencies

Salle comble pour cette session présentée par Organic sur les méthodologies créatives en agence :

  • Il y a 10 ans, les web designers subissaient de terribles contraintes (256 couleurs, 4 typographies, des pages de moins de 60 Ko…), ils sont maintenant beaucoup plus libres dans les possibilités créatives et les expériences qu’il est possible de faire vivre au travers d’un site web ou d’une création digitale ;
  • Si les clients / prospects sont connectés 24H/24 sur différents terminaux (ou presque), les marques doivent suivre ;
  • Le prototype est une composante essentielle du processus créatif car il permet de matérialiser une stratégie et éviter de prendre du temps lors de la réalisation ;
  • Les hollandais ont inventé le Total Football, un tactique au foot où les joueurs peuvent changer de poste en fonction des phases de jeu, les agences devraient s’en inspirer pour éviter la sur-spécialisation des profils (créatifs ou non) ;
  • L’intérêt de la Total Experience est d’occuper le terrain entre deux campagnes et ainsi de ne pas s’éloigner des clients / prospects ;
  • Ils ont 4 principes fondateurs pour les expériences de marque = Connect, Context, Interact, Syndicate ;
  • Les prototypes sont de formidables outils pour vendre des idées aux clients (à combiner avec du story-telling) ;
  • Exemples de campagnes = Morris pour Bank of America (pop-up website), Off RoadR pour Jeep (communauté en ligne), Pur pour P&G (Facebook App), U by Kotex pour Kimberly Clark.

Le mot de la fin : Il insiste sur l’importance de faire du travail de terrain pour bien comprendre les habitudes / motivations / contraintes des clients et prospects (plutôt que d’acheter des études aux instituts spécialisés) et pour itérer sur un concept créatif, une campagne ou un site (notion de beta perpétuelle, même pour une action de com’).

Modern Web Form Design

Impossible pour moi de rater la session de Luke Wroblewski, mon maitre à penser, sur la conception de formulaires :

  • Les formulaires en ligne sont la base de quasiment toutes les interactions sur le web (commerce en ligne, recherche, médias sociaux…) ;
  • Apple a fait un travail très intéressant de reformulation de son processus de commande avec un formulaire vertical (cf. The Apple Store’s Checkout Form Redesign) :

    Le nouveau formulaire de l'Apple Store US
    Le nouveau formulaire de l'Apple Store US
  • Il faut être très vigilant sur le nombre de champs d’un formulaire (lesquels sont réellement absolument nécessaires) ;
  • La quasi-totalité des formulaires de saisie d’adresse demande le code postal ET le nom de la ville (pourquoi ne pas déduire le deuxième du premier ?) ;
  • Les onglets optionnels sont dangereux car ils impliquent un choix exclusif (ex : comment combiner plusieurs moyens de paiement ?) :

    Exemple d'onglets verticaux pour du choix exclusif
    Exemple d'onglets verticaux pour du choix exclusif
  • Les contrôles de surface sont essentiels pour aider les utilisateurs à localiser les champs où ont été fait les erreurs comme chez Yahoo! :

    La validation en ligne chez Yahoo!
    La validation en ligne chez Yahoo!
  • Les contrôles de surface sont à réaliser en sorite de champ pour éviter de perturber la saisie (sauf pour le choix d’un nom d’utilisateur) ;
  • Exemple intéressant de formulaire prédictif chez Kayak (affichage du meilleur prix dans un calendrier avant de choisir une date) :

    Kayak et son formulaire prédictif
    Kayak et son formulaire prédictif
  • Saisir un mot de passe peut être compliqué car les caractères sont masqués (idéalement il ne faudrait cacher que les caractères déjà saisis).

Les formulaires en ligne sont de mieux en mieux maitrisés mais tout est à inventer sur terminaux mobiles (cf. Better Mobile Form Design) :

  • L’iPhone propose un zoom sur le champ en cours de saisie (attention à bien vérifier que les intitulés et aides restent visibles => il est préférable de placer les intitulés au dessus des champs) :

    Le zoom lors de la saisie d'un champ sur iPhone
    Le zoom lors de la saisie d'un champ sur iPhone
  • HTML 5 introduit de nouveaux types de champs de saisie pour simplifier et limiter les erreurs (date, slider…) ;
  • Exemple intéressant chez Kayak de formulaire avec mise en page originale et exploitant les fonctions natives de l’iPhone :

    Formulaire de recherche en situation de mobilité chez Kayak
    Formulaire de recherche en situation de mobilité chez Kayak
  • Il est important de prendre en compte la contrainte d’orientation dans la mise en page :

    L'orientation des formulaires sur smartphone
    L'orientation des formulaires sur smartphone
  • Le Nexus One propose la saisie vocale (touche ‘Micro’ sur le clavier) et visuelle via l’appareil photo (reconnaissance de caractères).

Génial, même si je connais quasiment l’intégralité du travail de Luke W, je garde une excellente impression de cette session. Du coup je vais surement acheter son dernier livre : Web Form Design: Filling in the Blanks.

À suivre…

MIX 2010 – Jour 2

Deuxième jour de conférence à Las Vegas avec une seconde Keynote normalement consacrée à Internet Explorer 9 (entre autre).

Keynote 2

C’est Dean Hachamovitch qui va représenter l’équipe IE 9 :

  • Les applications en ligne consomment beaucoup de ressources processeur ;
  • Les applications en ligne réalisées avec HTML 5 proposeront une expérience très proche des applications desktop ;
  • IE 9 représente la troisième version majeure depuis IE 6 (ils affirment avoir franchi un cap qualitatif) ;
  • IE 9 va exploiter l’accélération matérielle pour améliorer les performances des applications en ligne ;
  • IE 9 inclura un nouveau moteur Javascript qui va compiler le code javascript de façon transparente et exploiter de façon plus efficace les processeurs multi-coeur et/ou la puce graphique ;
  • Pour bien comparer les performances des navigateurs il faut s’intéresser à l’ensemble des tâches (et pas qu’au moteur javascript) ;
  • IE 9 sera parfaitement compatible avec les spécifications HTML 5 et CSS 3 (border-radius, opacity, animations…) ;
  • Microsoft va devenir un contributeur majeur pour les spécifications HMLT 5, CSS 3, DOM et SVG.

Nous passons à une explication détaillée sur l’accélération matérielle dans IE 9. Ici une démonstration d’animation circulaire de pictos dans IE 9, Firefox et Chrome :

Démonstration de contenus SVG 1.1 :

Utilisation de SVG dans IE 9
Utilisation de SVG dans IE 9

Démonstration d’un moteur physique exploitant DirectX :

Démonstration de la balise <video> de HTML5 sur un netbook :

Une dernière démonstration technique avec un carrousel de vidéos et des effets de transparence :

La IE9 Platform Preview est disponible immédiatement auprès de la communauté de développeurs (d’autres expérimentations sur IETestDrive.com). Tout ça me semble aller dans la bonne direction…

Scott Hanselman monte ensuite sur scène pour présenter la Web Plateform. S’en suit une laborieuse revue de code avec ASP.net 4 et une longue visite guidée des possibilités de Visual Studio 2010.

Puis John Resig vient nous présenter les derniers travaux sur jQuery :

  • Près de 30% des sites web utilisent la librairie jQuery ;
  • Microsoft est maintenant un contributeur actif au projet jQuery.

Vient ensuite un longue présentation de Open Data Protocol qui permet de simplifier la création d’APIs, leur déploiement sur Azure et leur monétisation sur une marketplace baptisée provisoirement Project “Dallas”. Je vous passe les détails techniques car ce n’est pas ma spécialité.

Après cette séance très technique, Bill Buxton monte sur scène pour nous parler d’usages et d’expérience utilisateur :

  • Depuis le lancement des outils de développement d’applications pour Windows Phone quelqu’un a déjà développé un client Twitter en morse (illustration d’un phénomène d’innovation empirique) :

    Une application Twitter pour Windows Phone qui utilise le morse
    Une application Twitter pour Windows Phone qui utilise le morse
  • Les interfaces graphiques naturelles (“Natural UI“) vont devenir de plus en plus à la mode car ils réduisent grandement la courbe d’apprentissage ;
  • Les ordinateurs n’utilisent qu’une partie des sens des utilisateurs (vision, audition) et de leurs capacités (saisie au clavier, interaction avec la souris) ;
  • Le projet Natal introduit une nouvelle forme d’interaction en captant les mouvements de votre corps ;
  • Démonstration d’une application de peinture utilisant une interface tactile et un moteur physique pour reproduire de façon réaliste le comportement de la peinture ou d’une gomme (cf. Project Gustav) :

    L'application de simulation de peinture GustavPaint
    L'application de simulation de peinture Gustav
  • Des applications comme SketchFlow pourraient tirer parti de cette innovation pour libérer la créativité des concepteurs / designers.
  • L’important n’est pas d’innover pour le chalenge technologique mais plutôt d’améliorer / de simplifier le processus créatif.

Wow, quelle claque ! Autant je ne voyais pas trop où il voulais en venir (il est très brouillon dans ces explications) autant de faire le rapprochement entre ces nouveaux outils / techno de “libération créative” et la conception d’interfaces / expériences web est très intéressante. Je m’imagine déjà en train de concevoir une interface sur une table Surface au travers d’une interface naturelle…

À suivre…