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Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?

Voilà plus d’un an que j’ai commencé à vous parler de Twitter, une année riche pour ce service qui intrigue autant qu’il passionne et qui reste une valeur sûr dans cette profusion de nouveaux médias sociaux. Pour celles et ceux qui ont raté le coche, il est encore largement temps de prendre le train en marche : Twitter in Plain English.

Pourquoi un tel engouement ? Peut-être parce que ce service à priori simpliste se révèle être une authentique pépite : un catalyseur de pratiques sociales de nouvelle génération. De nouvelle génération ? Oui tout à fait, des pratiques plus spontanées, plus informelles, avec d’avantage de proximité mais paradoxalement moins d’intrusion et de pollution. Nouvelle génération ensuite car il se passe des choses merveilleuses sur Twitter (à l’image de cette demande en mariage : Did We Just Witness a Twitter Marriage Proposal?) et que personne n’est encore tout à fait d’accord sur les raisons du succès (The secret to Twitter, The secret to Twitter, part II et A Twitter Primer), la preuve que le concept n’a pas encore dévoilé tout son potentiel.

Nouvelle génération enfin car il faut bien reconnaitre que les réseaux sociaux tels que nous les connaissons commencent sérieusement à s’essouffler (Twitter is The New Facebook). Dernière preuve en date : le rachat de Bebo par AOL (AOL + Bebo = Still No Market Differentiation), un flagrant constat d’échec de la part d’un portail à bout de souffle qui jette son dévolue sur une proie facile. Reconnaissez-le : si les réseaux sociaux n’intéressent pas les fonds d’investissement c’est qu’il y a un réel problème de modèle économique, seuls les portails y trouvent leur compte en achetant de l’audience au prix fort.

En fait c’est une longue discussion avec Dan Berte qui m’a fait ouvrir les yeux et redécouvrir ce service sous un nouvel angle. Twitter est en quelque sorte la CB du web : un pseudo-réseau social informel qui se développe et évolue au hasard des rencontres. Les messages y sont brefs et sincères, on s’échange des tuyaux, on demande des conseils, on raconte son quotidien à qui veut bien vous suivre, le tout en tâche de fond. N’y voyez pas une quelconque évolution de l’email ou de la messagerie instantanée, c’est simplement une nouvelle forme d’expression et d’interaction sociale (la CB remplace-t-elle le téléphone ?).

La force de Twitter réside dans sa capacité à n’intéresser à priori personne mais au final beaucoup de monde. C’est très certainement le format extrêmement court des messages (moins de 140 caractères) qui assure le succès de ce service : il force les utilisateurs à être concis dans leurs messages qui du coup ne perturbent pas trop l’attention des lecteurs.

Idéal pour faire la couverture d’évènements en live (cf. Twitter crowd goes bananas at SXSW), les twitteurs sont comme des témoins quasi-anonymes qui trouvent également leur place dans un contexte marchand (Shopalize) ou d’entreprise (cf. The Beauty, Secrets and Utility of Twitter for Business et How companies connect using Twitter). Il existe ainsi des sur-couches applicatives permettant d’étendre les capacités de Twitter comme ce service d’aggrégation et de création de groupes : TweetPeek.

L’activité sociale des réseaux de twitteurs est bien plus développées que vous ne l’imaginez : il se passe réellement quelque chose durant ces échanges éphémères où votre prochain n’est jamais très loin. Il vous suffit alors de solliciter vos followers pour obtenir une réponse quasi-instantanée (voir à ce sujet Shouldi, un service à mi-chemin entre Twitter et Yahoo! Answers).

Les deux exemples de déclinaisons précédemment cités illustrent le grand paradoxe de Twitter : un outil incroyablement minimaliste qui est pourtant capable d’orchestrer des relations sociales bien plus complexes que ne le font les réseaux sociaux traditionnels (oui c’est bien de Facebook dont je parle).

Au final on en vient à se demander pourquoi il n’existe que si peu de concurrents à Twitter, et surtout pourquoi Google ne parvient pas à faire quelque chose d’intéressant après le rachat de DodgeBall et Jaiku (deux services proches).

Je me lancerais bien dans une petite prédiction : le rachat de Twitter par Yahoo!. Cela pourrait faire du sens : compléter une gamme de services « 2.0″ très large (MyBlogLog, FlickR, del.icio.us, Buzz) et faire le pont avec des services encore plus avant-gardistes (Yahoo! Live). Alors, vous y croyez ?

Toujours plus de spams dans les médias sociaux

Les spammeurs sont comme les pigeons : des parasites dont il est quasiment impossible de se débarrasser. Après s’être attaqué aux blogs (La moitié des blogs serait du spam déguisé ?) et aux réseaux sociaux (Après le spam, le splog, voici le spambook ?), voici que les spammeurs s’attaquent maintenant aux calendriers en ligne et aux outils de micro-blogging :

Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me déprime…

L’avenir des réseaux sociaux selon Forrester

Le mois de Mars 2008 a été très riche en conférences (surtout aux États-Unis). Il y a d’abord eu le SXSW (South by SouthWest) (compte-rendu en français ici : SXSW la conférence atypique que les Européens n’ont pas encore découvert) et le très attendu Graphing Social Patterns, la grande messe des médias sociaux organisée par la maison O’Reilly.

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C’est au cours de cette conférence que Charlene Li de Forrester Research a fait une présentation particulièrement inspirée sur l’avenir des réseaux sociaux : The future of social networks: Social networks will be like air :

Au-delà de ce diaporama, je vous propose un résumé des points-clés (qui s’appuie également sur ce billet : The Future of Social Networks at Graphing Social Patterns) :

  • Les réseaux sociaux vont connaitre un essor spectaculaire et devenir omniprésents ;
  • La gestion de l’authentification ainsi que des profils multiples va devenir une problématique récurrente (et des technologies comme OpenID ne résolvent qu’une petite partie du problème) ;
  • Il va devenir urgent de définir un cadre rigoureux de protection et/ou d’exploitation des données personnelles (c’est là où le Bill of Rights for users of the Social Web prend toute son importance) ;
  • La notion de social graph est encore largement usurpée dans la mesure où nos relations sociales réelles sont bien plus riches que ce que nous dévoilons sur nos profils (et cela ne risque pas de changer dans les prochaines années) ;
  • La constitution d’un réseau d’amis et de relation se fera de façon beaucoup plus fluide et permettra d’importer des contacts de différents services ou terminaux (téléphones portables…) ;
  • Nous n’en sommes qu’au tout début de l’exploitation des plateformes d’hébergement d’applications ou de services (tout reste à faire / trouver / expérimenter) ;
  • Les acteurs majeurs du web (Google, Yahoo!, Microsoft, AOL…) ne vont pas tarder à entrer sérieusement dans la danse ;
  • Le modèle économique des réseaux sociaux (et de leur écosystème) reste encore à trouver, il sera visiblement fondé sur l’influence des membres et sur les transactions dont ils seront à l’origine (peut-être cela se traduira-t-il par une « valeur sociale » ou « personal CPM« ) ;
  • Il existe déjà de nombreuses start-ups qui cogitent sur ce dernier point pour trouver le juste équilibre qui conviendra aux membres, aux annonceurs et aux réseaux.

Tout ceci me conforte dans ma prédiction d’indicateurs spécifiques aux médias sociaux.

Deviendrons-nous tous des médias potentiels ?

Je constate depuis un certain temps une montée en puissance des services d’agrégation du type SocialThing, Ziki, mEgo ou encore LiFE2Front. Dernier en date, FriendFeed qui est semble-t-il la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : FriendFeed Gets $5M, Launches to the Public.

Il faut dire qu’avec cette ribambelle de services « 2.0″ tout est prétexte à publication et partage : vos billets (via flux RSS), vos favoris (del.icio.us), vos photos (FlickR), vos diaporamas (Slideshare), vos achats (Shopalize), vos films loués (Netflix), vos chansons écoutées (Last.fm), vos humeurs (Facebook Feed & Status), vos moindres faits et gestes (Twitter)…

N’importe qui peut se prêter à ce petit jeu, mais il est tout de même préférable d’avoir un peu d’audience pour que ça devienne intéressant. Exemple : Loic Lemeur, l’homme public que l’on peut suivre au quotidien à l’aide de son blog, de son flux Twitter ou des ses podcast. Imaginez un peu ce que cela pourrait donner avec une version mobile de Seesmic

Petit à petit nous nous rapprochons de la notion de sousveillance pour laquelle il existe déjà des services comme Justin.tv, BlogTV ou encore le tout récent Yahoo! Live. Nouvelle forme d’expression ? Très certainement, car contrairement aux blogs où il faut publier pour exister, dans le cas de ces services de Lifecast l’exposition est passive et quasi-pervasive, du moins pour la partie publique de la vie des auteurs. D’ailleurs, produisent-ils réellement du contenu ? Vaste question…

Comment cette tendance va-t-elle évoluer ? Difficile à dire, d’autant plus avec Google qui a récemment racheté Jaiku. Essayez donc d’imaginer ce qu’ils pourraient faire en appuyant ce service sur leurs data-centers : une indexation en quasi-temps réel de notre quotidien, une sorte de back-up permanent de notre vie de tous les jours.

Finalement le concept de lifestream n’a jamais été autant d’actualité (lire à ce sujet ce blog : Lifestream Blog). Je m’étonne que les éditeurs de services en ligne n’ont pas encore étendu ce principe en proposant des variantes :

  • des lifestreams familliaux (regroupant les activités quotidiennes des différents membres de la famille) ;
  • des lifestreams locaux (regroupant le quotidien des habitants d’un même quartier) ;
  • des lifestreams verticaux (pour des groupes homogènes de passionnés ou de professionnels d’un même métier)…

Vous êtes libre de compléter cette liste dans les commentaires.