Articles étant taggés ‘interfaces-riches’

Sun lance enfin JavaFX pour concurrencer Microsoft et Adobe sur le marché des interfaces riches

Après plus d’un an d’attente (cf. mon premier billet sur le sujet : Sun relance Java dans la compétition des interfaces riches), Sun se décide enfin à sortir une preview de JavaFX : Sun Announces JavaFX Preview. Pour faire simple, disons qu’il s’agit de la nouvelle offre pour faire des interfaces riches et concurrencer ainsi Microsoft et Adobe (et Curl).

En fait il s’agit d’un framework qui comprend des environnements d’exécution (des plug-ins pour faire tourner les applications), un langage de développement (JavaFX Script) et différents outils (environnement de développement…). Pour en savoir plus, je vous recommande le blog officiel : JavaFX Blog.

Pourquoi JavaFX ?

Pour mémoire, Sun est le créateur et un des plus gros sponsors du langage Java, maintenant largement répandu dans la communauté des développeurs, et principalement en entreprise et dans le milieu universitaire. Ce langage a la particularité d’être très rigoureux (chose que les informaticiens apprécient) et surtout qu’il est multiplateforme : un seul code pour n’importe qu’elle machine. L’astuce est de mettre à disposition une machine virtuelle qui puisse faire tourner ce code unique. Ce principe est particulièrement intéressant car les applications écrites en Java peuvent être exploitée dans le browser, grâce aux fameuses Applets. En ce sens, Java était précurseur puisqu’il permettait de faire des RIA et des RDA bien avant les autres. Oui mais voilà, Java est un langage sophistiqué (donc complexe) et les possibilités d’interfaces sont limitées. Java c’est donc très rapidement vu voler la vedette par Flash pour ce qui concerne les interfaces riches. Avec JavaFX, Sun espère redorer le blason de Java et pouvoir réussir à regagner la confiance de sa communauté (au détriment de Flash / Flex).

Je précise au passage pour qu’il n’y ai pas ambigüité que Javascript n’a pas grand chose à voir avec Java, en fait rien à voir.

Le principal avantage de JavaFX est de ne pas (trop) réinventer la roue et de pouvoir récupérer une application existante en Java pour mettre par dessus une nouvelle interface plus sexy. Sun choisit donc de capitaliser sur son immense communauté de développeurs comme Microsoft l’a fait avec Silverlight. Plus d’infos ici : What is JavaFX Preview SDK.

La seconde promesse forte est de pouvoir développer des interfaces « portables » sur différents terminaux cibles : web, desktop, mobile, TV et même disques Blue-Ray ! Sun élargit donc le spectre des possibles afin de surenchérir sur des offres d’interfaces universelles comme celle d’Adobe (cf. Adobe sort son arme secrète avec Open Screen).

La contre partie est que pour pouvoir profiter de tout cela, il va vous falloir installer pas mal de chose, dont le Java Runtime Environment (qui pèse plus de 15 Mo), le JavaFX plug-in for browser et le JavaFX Plugin for desktop. Et oui, ça fait beaucoup… Plus d’infos ici : Sun releases preview of JavaFX SDK.

Qu’est capable de faire JavaFX ?

Dans sa première mouture (pré-mouture ?), JavaFX est capable de prendre en charge les animations 2D, différents formats de médias (photo, vidéo…), mais il va falloir attendre quelques mois avant d’avoir la possibilité de faire de la 3D ou du streaming. De même, les versions mobiles et TV du plug-in JavaFX ne seront lancées qu’en 2009 (dates non communiquées).

Au final, nous avons donc une offre très ambitieuse (RIA + RDA + RMA) qui va s’appuyer sur une communauté importante et surtout volontaire (c’est un sérieux atout). Le fait que Sun fournisse dans ce preview un outil pour importer des objets depuis Illustrator ou Photoshop prouve que la communauté des designeurs n’est pas délaissée.

Impossible pour moi de tester le plug-in JavaFX dans le mesure où je suis censé être en vacance à l’heure où je rédige ces lignes, mais les premières impressions sont plutôt bonnes… quoique réservées (cf. Hands on with JavaFX, First Impressions et JavaFX – just for Java guys?). Ce sont visiblement le poids des applications ainsi que la structure du langage qui laissent sceptique. Pas de conclusion hâtive, c’est une preview et surtout c’est une technologie toute neuve, donc ce n’est pas étonnant si elle déstabilise au premier abord (personne n’aime perdre ses repères).

Et alors ?

Bon… force est de constater que JavaFX ne va pas révolutionner le marché du jour au lendemain :

  • L’offre est pour le moment parcellaire et fragmentée (attendons que toutes les briques soient disponibles et finalisées) ;
  • Les possibilités en terme d’animations vectorielles (les trucs qui sont beau et qui bougent dans l’écran) sont pour le moment loin d’approcher ce qu’il est possible de faire avec Flash ;
  • Les possibilités de maniement de contenus audio / vidéo restent à prouver (tout en sachant que Flash est une technologie tout à fait robuste et que Silverlight apporte des innovations tout à fait convaincantes.

Bref, Sun a du retard sur ses concurrents et ils vont devoir travailler très très dur pur le rattraper. Reste un énorme potentiel du côté des RIA d’entreprise, mais Microsoft et Adobe travaillent dur pour évangéliser leur solution respective dans ce domaine.

Adobe collabore avec Google et Yahoo! pour améliorer l’indexation de Flash

Aujourd’hui est un grand jour pour les professionnels du référencement, les flasheurs et toute la communauté web en générale. Adobe vient en effet d’annoncer une collaboration active avec les équipes de Google et de Yahoo! pour améliorer l’indexation des fichiers Flash : Finally, Flash Becomes Truly Searchable.

Petite explication préliminaire : Pour indexer le web Google utilise des robots (les googlebots) qui parcourent les pages d’un site une à une, en analysent le contenu et l’associent à des mots-clés au sein d’un gigantesque répertoire (la fameux index). Problème : Ces robots ne savent lire que le HTML. Ce qui veut dire que les contenus « riches » (vidéos, sons, animations Flash…) ne sont pas indexés. Rien de très grave puisque les référenceurs avaient trouvés des parades pour indexer correctement non pas les fichiers Flash mais les pages qui les contiennent. Hé oui, car une animation Flash ne se ballade jamais toute seule dans la toile, elle est forcément encapsulée dans une page HTML.

La grosse nouveauté du jour est que Adobe vient d’annoncer une collaboration officielle avec les équipes de Google et Yahoo! pour faciliter ce travail d’indexation. Concrètement, ils ont fourni à Google et Yahoo! un robot qui est capable d’analyser les fichiers Flash. Ou du moins qui est capable d’analyser certains contenus d’un fichier Flash : les textes et les liens (c’est déjà un très bon début).

Là où ça devient intéressant, c’est que le robot d’Adobe est également capable d’interagir avec votre ficher Flash. En d’autres termes, il peut cliquer sur les boutons et faire tout un tas d’opérations de base qui lui permette « d’explorer » l’application comme un utilisateur pourrait le faire.

C’est donc une excellente nouvelle puisque vous n’aurez pas à acheter la nouvelle version de telle ou telle logiciel ou à modifier tout un tas de paramètres. Traduction : ne faites rien, Google et Yahoo se chargent d’indexer vos fichiers Flash pour vous. (cf. How to Get Flash Site at the Top of Google). C’est sûr que cette annonce jette un sacré pavé dans la marre des référenceurs : Remember All Those SEO Tips You Read? They Are Wrong.

Même s’il manque encore beaucoup de travail pour pouvoir indexer de façon réellement efficace l’intégralité du contenu des fichiers Flash (images, vidéos…), cette nouvelle est très encourageante pour les concepteurs d’applications.

Pour les concepteurs d’applications ? Oui, pour les concepteurs d’interfaces en Flash qui ne font pas d’usage intensif d’image ou de vidéos. Ha mince, c’est un peu dommage, vous ne trouvez pas ?

Force est de constater qu’avec cette annonce ils passent visiblement à côté du gros du marché : Flash n’a d’intérêt que si l’on exploite ses capacités à gérer des animations vectorielles ou la vidéo (sinon il faut faire de l’HTML ou de l’Ajax). Dans la mesure où le fameux robot fournit par Adobe n’est pas en mesure d’indexer autre chose que du texte et des liens (cf. Improving Flash Indexing) il va donc passer à côté de toute la diversité et la richesse des contenus Flash (qui repose majoritairement sur les images, animations vectorielles et vidéos).

Alors bien évidement c’est une très bonne nouvelle pour les concepteurs d’applications en Flash / Flex (qui ne font pas un usage intensif des animations et vidéos en full HD), mais depuis quand une application a-t-elle besoin d’être indéxée ? Je parle de l’application en elle-même, pas du site qui l’héberge. Il n’y a pas réellement d’intérêt à référencer une interface applicative dans la mesure où elle est forcément associée à un site compagnon (qui lui s’indexe très bien).

Bref, même si nous somme en présence d’une annonce historique, je ne peux pas partager l’enthousiasme de tout ce beau monde dans la mesure où cette première étape ne va pas révolutionner le web et encore moins le marché du SEO : Flash May Now Bring More Search Traffic, Does it Matter?. C’est une étape nécessaire qui va très certainement déboucher sur des procédés et outils d’indexation plus sophistiqués, mais dans un premier temps c’est très limité.

Il reste de plus une grande question en suspend : quid de MSN et Live Search ? J’imagine difficilement Adobe livrer un tel outil à Microsoft qui est son concurrent le plus dangereux (au travers de technologies comme Silverlight ou WPF). Irons-nous donc vers une indexation limitée aux seuls partenaires d’Adobe ? Cette forme de discrimination ne fait pas l’unanimité (cf. Adobe Gets the Press But Does Search No Favors) et même au sein des équipes d’Adobe (cf. Search-ability in Flash).

Encore une fois tout ceci n’est pas si simple et le jeux des intérêts croisés fait que le chantier d’indexation des contenus riches est encore loin d’être bouclé.

Mon coup de cœur de la semaine : TravelMuse

Cela fait plus de 11 ans que je travaille dans le web et j’ai régulièrement des coups de cœur pour des sites que je découvre et qui m’émerveillent (lire à ce sujet : Mes 3 sites ‘coup de cœur’).

Dernier coup de cœur en date : TravelMuse, un portail de voyage découvert chez Mashable.

TravelMuse_Home.jpg

Dès la page d’accueil le ton est donné avec une superbe photo en plein largeur d’écran sur laquelle viennent reposer le bandeau de navigation et des têtes de gondoles. L’effet est d’autant plus saisissant que les photos sont superbement choisi (c’est la moindre des choses pour un portail de voyage). Vous noterez également au passage la grille de lecture un peu déstructurée qui donne du rythme à la page sans nuire au repérage des différents éléments.

Mais ce n’est pas tout, il y a sur ce site un travail de structuration éditorial tout à fait intéressant : tout d’abord un fleuve éditorial qui joue à merveille sur ambigüité magazine / blog (on peut le lire sur le site ou via le flux RSS). Il y a ensuite une catégorisation des contenus par thèmes ou destinations (deux clés d’entrée alternatives) :

TravelMuse_Themes.jpg

Ils font également un très bon usage des interfaces riches avec le moteur d’inspiration (un modèle du genre) :

TravelMuse_InspirationFinder.jpg

Vous avez aussi la possibilité de préparer vos prochaines vacances à l’aide du Trip Planner (une sorte de wish list améliorée) dans lequel vous pouvez ajouter des destinations mais également des articles. Le tout pouvant bien évidement se partager avec vos proche.

Au-delà des photos et des couleurs chatoyantes, il y a dans ce site un truc en plus : de l’énergie, de la cohérence et surtout une impression opulence et de diversité des contenus : on navigue de clic en clic sans avoir envie de quitter ce site tellement dépaysant.Bref, du très beau boulot. Vous aimez ?

Un nouvel âge d’or pour les widgets

J’ai comme l’impression que le créneau des widgets est en pleine ébullition en ce moment :

Bref, les widgtes ont le vent en poupe, et ça Google l’a bien compris. Google ? Mais oui enfin : Google. Celui-là même qui propose un portail web (iGoogle) et une application  (Google Desktop) pour faire tourner tout un tas de widgets. Celui-là même qui est en train de finaliser une plateforme mobile compatible avec les widgets pour concurrencer l’iPhone (cf. Google’s Android: How Will it Compare to iPhone?). Et celui-là même qui a lancé une initiative terriblement maline : les widgets sociales (Google Friend Connect).

Car quand vous y réfléchissez bien, qu’est qu’un widget ? C’est l’opportunité de déporter votre contenu / service là où il y a du trafic. Traduction : plutôt que d’acheter des mots-clé pour faire venir du trafic sur votre site, vous déportez vos contenus sur des sites où il y a déjà du trafic (blogs, pages Myspace, profil Facebook…). C’est donc un moyen beaucoup plus rentable de toucher une large population avec un investissement limité et en plus un levier de viralité.

Conclusion : les widgets sont là pour durer, ils sont la matérialisation des nouvelles habitudes de consommation des internautes (micro-contenus pour micro-attention) et des annonceurs. Que se soit pour exporter des contenus / services (cf. Sprout Builder, un éditeur de widget en ligne et Sprout + Zlio = Craftly), pour aggréger et re-publier votre activité sociale (cf. LiFE2Front + Sprout = mEgo), pour viraliser autour d’une marque (cf. A Smart Social Media Play From… Coca-Cola? et Coke Rolls Out First Ad Widget on Joost) ou dans un contexte de mobilité (cf. L’avenir du mobile sera-t-il aux widgets ?).

La widgetisation du web est-elle en route ?

Utilisabilité des applications en ligne à l’Université du SI

Sortez vos agendas car le mois prochain va se tenir un évènement prestigieux : L’Université du SI.

UnivSI.png

Il s’agit d’un séminaire organisé sur 2 jours (les 2 et 3 Juillet) sur le thème des nouveaux leviers de productivité et de l’évolution durable des usages de l’informatique. Rassurez-vous, cette conférence s’adresse à deux cibles privilégiées (les geeks et les boss) mais les interventions vont être variées et surtout très riches avec des intervenants prestigieux : Neil Armstrong, Michel Serres, Eliyahu M. Goldratt, Guillaume Laforge

J’animerai pour ma part une session sur l’utilisabilité des applications en ligne. Je parlerai de SaaS, d’interfaces riches appliquées aux applications métiers et aux tableaux de bord,des contraintes spécifiques de l’utilisabilité dans un contexte de productivité…

Mon nouveau blog dédié aux interfaces riches

C’est avec beaucoup d’émotion que je vous annonce le lancement de mon nouveau blog : InterfacesRiches.fr.

InterfacesRiches.jpg

Comme son nom l’indique, ce blog sera dédié aux interfaces riches, aussi bien les aspects fonctionnels et business que les aspects ergonomiques. Rassurez-vous la ligne éditoriale sera essentiellement consacrée à de la revue d’exemples et de meilleures pratiques, rien de trop technique donc.

Il est bien sûr évident que je n’envisage pas d’assurer la rédaction de ce nouveau blog à moi tout seul, je suis donc à la recherche de co-rédacteurs motivés et surtout pertinents (pas sérieux s’abstenir). Je suis d’ores et déjà en discussion avec d’autres rédacteurs potentiels mais comme on dit chez nous : plus on est de fous, plus on publie !

Je vous invite donc à vous connecter régulièrement sur InterfacesRiches.fr ou à consulter le flux RSS.

PS : Ce nouveau blog est encore en rodage, attendez-vous à quelques optimisations dans les jours qui viennent.

PS2 : Attendez-vous à d’autres surprises de ce type dans les prochains jours…