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Du SoLoMo au ToDaClo, quelles tendances pour 2012 ?

Si l’on devait résumer l’année 2011, je pense que l’acronyme SoLoMo serait le plus populaire. Même s’il est indéniable que les médias sociaux et les terminaux mobiles ont complètement modifié les habitudes, l’internet d’aujourd’hui ne peut se résumer à ces trois notions. D’une part, car toutes les disciplines du web forment un grand ensemble et parce que l’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo.

Toujours est-il que le web de 2012 est très différent de celui que l’on connaissait il y a à peine 5 ans (cf. À quoi ressemble l’internet en 2012). Pour vous en convaincre, je vous propose ce petit graphique qui illustre bien la montée en puissance des terminaux mobiles et la perte de suprématie du PC (cf. La fin de l’ordinateur individuel est programmée) :

Évolution des ventes d'appareils informatiques sur les 35 dernières années

Nous sommes en 2012 et les pratiques sociales et mobiles sont définitivement ancrées dans le quotidien des internautes. Des réflexes et habitudes qui vont être consolidés en 2012 au vu de la progression des ventes de terminaux mobiles (France : désormais autant de smartphones que de mobiles classiques, 1,55 million de tablettes vendues en France en 2011) et des plateformes sociales (Facebook to Hit a Billion Users in the Summer, 500 Millions d’utilisateurs de Twitter en mars ?Google+ Service May Have 400 Million Users by End of 2012YouTube hits 4 billion daily video viewsTumblr now serving 120m people…).

Vous ne surprendrez plus personne avec le SoLoMo

Le SoLoMo est un acronyme bien pratique, mais si vous limitez votre champ d’innovation à Facebook, Groupon et l’iPhone, vous avez très clairement déjà un train de retard. Pour être plus précis : Vous n’avez que très peu de chance de vous différencier si vous ne misez que sur les médias sociaux et les smartphones, au mieux, vous faites aussi bien que les autres, TOUS les autres. Il va de soi que les marques et éditeurs qui ne se sont pas encore lancés sur ces deux créneaux sont condamnés à moyen terme.

Le web de 2012 est plus complexe et sophistiqué que jamais. Le maintien ou la prise de part de marché est directement lié à votre capacité à comprendre les facteurs de transformation, à appréhender leur impact sur votre écosystème et à anticiper l’évolution des besoins et envies des utilisateurs. Ceci étant dit, intéressons-nous maintenant aux facteurs de différenciations encore sous exploités. Je me suis déjà exprimé sur les leviers d’innovation du web pour les cinq prochaines années et sur mes prédictions pour 2012. Je vous propose donc de recentrer le débat sur les trois créneaux d’innovation les plus porteurs pour les prochains trimestres.

ToDaClo = Touch + Data + Cloud

Loin de moi l’idée de jouer les vieux briscards, mais à mon époque, l’internet c’était pas pareil. Il faut bien reconnaitre que les internautes de 2012 ont une sacrée chance, car ils ont à leur disposition des sources illimitées de contenus, des espaces de discussion gigantesque, des terminaux ultra-perfectionnés qui tiennent dans la poche et même des lapins électroniques qui bougent les oreilles quand on leur envoie un email. Bref, l’internaute d’aujourd’hui est un internaute sacrément comblé, donc particulièrement dur à impressionner, émouvoir, interpeller… Il faut ainsi dépenser une énergie considérable ou avoir un sacré talent pour l’enchanter, comme dit Guy Kawasaki.

En matière d’innovation web, trois leviers me semblent particulièrement intéressants à exploiter (les interfaces tactiles, les données et le cloud computing) que je résume en ToDaClo (Touch / Data / Cloud). Pourquoi maintenant ? Parce que d’énormes progrès ont été faits récemment dans ces trois domaines. Ils offrent maintenant d’innombrables opportunités qui peuvent être saisies avec un minimum d’efforts et d’investissement.

Je ne sais pas quelle légende donner à cette image...

Les interfaces tactiles pour réenchanter vos prospects et clients

Déjà très populaires l’année dernière, je suis fermement convaincu que 2012 sera l’année des tablettes. D’une part, car l’efficacité des interfaces tactiles n’est plus à prouver, d’autre part, car nous allons commencer à voir débarquer des tablettes subventionnées qui vont passer sous la barre des 200 €. Ne pensez pas avoir tout vu avec les tablettes, car elles sont très loin d’avoir délivré tout leur potentiel :

Tous ces exemples concernent les tablettes, mais vous avez également de nombreuses choses à faire avec les surfaces tactiles, notamment en point de vente avec des dispositifs complets de boutiques connectées comme cette Connected Retail Experience Platform :

Les données au service de la performance et de l’anticipation

Autre domaine à exploiter : les données. Entre les données générées par les internautes et celles mises à disposition par les collectivités (Open Data), il existe une masse colossale de données non-exploitées. Il y a potentiellement d’énormes gains de compétitivité pour ceux qui sauront collecter et exploiter toutes ces données.

Quantification des données disponibles

Mettre en oeuvre le Big Data n’est pas une mince affaire, j’en conviens. Il y a ainsi plusieurs étapes à franchir pour acquérir de la maturité sur le sujet, identifier  /collecter des données à valeur ajourée et en tirer des enseignements :

  • Dans un premier temps de s’intéresser de près au comportement des internautes sur les médias sociaux, notamment au travers des interest graphs;
    Les graphes d'intérêts décrits par Hunch
  • De rapprocher ces données « marché » avec les données dont vous disposez en interne (How social media and big data will unleash what we know) ;

    Quand les médias sociaux croisent les pratiques de Data Intelligence
  • De compléter ces jeux de données en ayant recours à des places de marché de données comme Socrata ou la Windows Azure Data Marketplace.

    L'apport des data marketplace pour enrichir votre jeu de données

En matière de Data Intelligence, il n’y a qu’une seule règle : More Data. Plus vous aurez de données à votre disposition et mieux vous pourrez comprendre les besoins et contraintes de vos prospects / clients, développer des leviers de compétitivité vis-à-vis de vos concurrents et anticiper les évolutions du marché.

Le cloud pour vous libérer des contraintes

Je pense ne pas me tromper en disant que le cloud computing est maintenant une discipline mûre qui a définitivement conquis les DSI, mais quand est-il des autres ? C’est là où la maturité des offres de cloud prennent tout leur sens, car elles s’adressent maintenant à de nouveaux interlocuteurs : les directions marketing, les équipes de la relation-client, les collectivités, les individuels… Il existe ainsi des services de plus en plus sophistiqués et omniprésents dans notre environnement personnel et professionnel : Cloud Computing Taxonomy Map.

Les différents domaines d'application du cloud computing

Au-delà de nous libérer des contraintes de stockage, d’archivage et de disponibilité, les nouvelles offres reposant sur le cloud ouvrent de nouvelles possibilités :

  • Pour de nouveaux modèles de collaboration intermédiaires et des plateformes de collaboration plus occasionnelle comme le nouveau Do.com de SalesForce ;

    La plateforme de collaboration personnelle Do.com
  • Pour le stockage et la diffusion de fichiers personnels sur de multiples terminaux comme le proposent Amazon, Google ou Apple ;

    L'offre de cloud personnel de Amazon
  • Pour la consommation de jeux à la demande ou sur le principe d’abonnement comme chez Onlive ou sur la nouvelle BBox (Bouygues Telecom se lance dans le cloud gaming) ;

    Les jeux à la demande chez Onlive et bientôt dans votre box
  • Pour le stockage et la diffusion de musique (Spotify, Google Music…)

J’imagine que vous connaissiez déjà ces services. L’important n’est pas de proposer votre propre offre de cloud, mais de concevoir les offres qui vont exploiter ces services. À ce titre, la plateforme d’applications de Spotify me semble être une authentique mine d’or pour cibler les internautes en fonction de leurs playlists ou de leur humeur.

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SoLoMo et ToDaClo sont donc des moyens mnémotechniques bien pratiques pour expliquer simplement les facteurs de transformation de l’internet d’aujourd’hui et de demain. Ce sont des leviers d’innovation puissants, dont la portée et la valeur augmentent en les combinant. Mais ces leviers ne se suffisent pas à eux-mêmes, leur mise en oeuvre doit s’accompagner de démarches d’accompagnement au changement et de mesure / ajustement (veillez bien à définir les bons objectifs et les KPIs qui vont avec).

Entendons-nous bien : nous parlons bien ici de vulgariser l’innovation web, car il existe de nombreux autres leviers qu’il était trop laborieux de lister ici. Je vous invite néanmoins à citer ceux qui vous semblent les plus pertinents dans les commentaires.

Toujours plus de maturité dans les applications pour tables interactives

Lancée en 2007, le concept de table interactive de Microsoft n’en finit de m’épater. Mieux, les premières applications réellement convaincantes commencent à faire surface (hé hé hé, j’suis trop content de ma blague).

Aujourd’hui je ne vous propose pas 1 mais 4 exemples d’applications possibles, et ça commence avec deux très beaux prototypes réalisés par l’agence Razorfish. Le premier concerne une simulation de ville destinée aux garagistes : From the Razorfish Living Lab: Carville.

L'application Carville pour Surface
L'application Carville pour Surface

D’après ce que j’ai compris cette application servirait à faire patienter les clients qui attendent de récupérer leur voiture. Le but de la manoeuvre étant de transformer une corvée (personne n’aime perdre une heure chez le garagiste) en une expérience ludique pour pouvoir les fidéliser et leur proposer des services à plus forte valeur ajoutée (entretien annuel…).

Dans cette simulation des voitures circulent librement dans une petite ville, les utilisateurs peuvent prendre le contrôle d’une voiture (pour visiter les différents bâtiments et y obtenir des infos) ou interagir avec l’environnement (en provoquant des embouteillages…). Démonstration vidéo :

Deuxième prototype avec un jeu très ludique qui repose sur la physique de formes : New Razorfish DaVinci Surface Application Video.

Le prototype DaVinci pour Surface
Le prototype DaVinci pour Surface

Il ne s’agit pas réellement d’une application commerciale mais plutôt d’un prototype destiné à exploiter au mieux les possibilités de la table Surface. Démonstration :

Troisième exemple avec ce restaurant de Londres équipés de tables interactives : Des tables interactives au restaurant grâce à flash.

Les tables interactive du restaurant de Londres
Les tables interactives du restaurant de Londres

Ces tables permettent de parcourir le menu, de jeter un oeil en cuisine (via une webcam) ou encore de jouer en attendant d’être servi. Pour la petite histoire il ne s’agit pas de tables Surface mais d’une réalisation « maison » qui exploite Flash.

Et puisque l’on parle d’alternatives à Surface, je vous propose également de découvrir ce prototype de Touchmap bricolé par le MIT Mobile Experience Lab : Une table multitouch en AIR en 4 jours.

Le prototype de Touchmap réalisé par le MIT Mobile Experience Lab
Le prototype de Touchmap réalisé par le MIT Mobile Experience Lab

Bon, inutile de s’emballer car il faut bien admettre que ce prototype est encore très loin d’offrir la même expérience que la table de Microsoft.

Et pour finir j’aimerais également vous proposer cette article de Fast Company qui parle de la future version de Surface qui devrait sortir d’ici 2011 : Microsoft’s Surface 2.0-aka SecondLight-Due in Two Years.

Surface 2.0
Surface 2.0

Au programme des améliorations : un capteur de mouvements qui détecte les gestes des utilisateurs (pour leur éviter de salir la vitre avec leurs gros doigts) et une technologie de reconnaissance de formes qui permet d’apporter un niveau supplémentaire de détail en projetant des informations secondaires (comme ici la vue « fil de fer » de la voiture).

Tout ceci est réellement encourageant, j’anticipe un nombre infinie de possibles applications dans différents domaines : agences bancaires, immobilières, magasins…

Découvrez le nouveau décodeur Canal+ (Le Cube)

Pour fêter ses 24 ans (pourquoi pas 25), la chaîne cryptée a décidé de marquer l’évènement en offrant un lifting à cet objet culte : le décodeur. Ils ont donc fait appel à Yves Behars (qui a travaillé sur le projet OLPC) pour repenser le boîtier et voilà le résultat :

Le nouveau décodeur Canal+

Outre les nouveaux technologiques (HD, disque dur intégré…), c’est surtout l’incroyable design cubique) et les couleurs contrastées qui font sensation (quoi que le noir et le blanc ne sont pas des couleurs). Vous noterez au passage l’écran LCD  qui permet d’afficher de l’information sans même allumer sa TV ainsi que la très belle télécommande :

La télécommande du décodeur

Du très beau travail qui devrait logiquement impacter les interfaces. Par contre impossible de trouver des captures d’écrans… qui a une idée ?

(via MoCoLoco et Fubiz pour les photos)

Les machines deviendront-elles l’égale de l’homme ?

Je viens de terminer la première saison de Terminator – The Sarah Connor Chronicles, une très bonne série qui relate le combat d’une poignée de résistants contre la rebelion menée par les machines.

Science-fiction ? Pas tant que ça, surtout quand on voit ce que les machines sont capables de faire de nos jours. Ne ratez surtout pas la séquence (35 s. à partir de début) où la bestiole se fait méchamment bousculer mais parvient à rester sur ses pattes :

Autant je suis sidéré par les progrès réalisés en matière de robotique, autant cette vidéo me met mal à l’aise. Cela doit surement venir de l’aspect à la fois fragile et terriblement menaçant de ce robot (à mi-chemin entre biche et mouche géante).

Bref, les questions qui me travaillent en ce moment sont les suivantes : Jusqu’où irons-nous ? A quoi ressembleront les robots dans 10-20-30 ans ? Quels progrès auront été réalisés en intelligence artificielle ? A quoi vont bien pouvoir nous servir ces robots de plus en plus perfectionnés ? Le jeune John Connor aura-t-il une relation avec Cameron dans la saison 2 ?

Inutile donc indispensable N°5 : La salière à lévitation magnétique

Non vous ne rêvez pas, cette salière et cette poivrière sont bien en état de lévitation :

Salt_Paper_Levitation.jpg

C’est en fait un champ magnétique qui maintient en lévitation les socles sur lesquels reposent la salière et la poivrière : Shakers « Alien Style ».

Vous trouvez cette idée un peu folle ? Alors que pensez-vous de ce lit à lévitation magnétique :

FloatingBed.jpg

Plus d’infos ici : Floating Magnetically Levitating Bed Invented.

(via Swismiss)

Simple et efficace N°9 : les bancs publics rotatifs

Rien de plus agaçant que de ne pas pouvoir s’assoir sur un banc public parce qu’il a été mouillé par la pluie.

Une équipe de designeurs coréens propose pourtant un concept formidable : le banc public rotatif.

rollingbench.jpg

rolling_bench2_1_1.jpg

Il suffit de tourner la manivelle pour faire « défiler » l’assise du banc et exposer ainsi une surface sèche. C’est simple et efficace.

(via Reaction)

Inutile donc indispensable N°4 : Le radio-réveil avec virement bancaire automatisé

La technologie est formidable. Si si je vous assure ! La preuve avec ce tout nouveau radio-réveil qui propose une méthode tout à fait convaincante pour vous faire sortir du lit : SnüzNLüz.

snuznluz.jpg

Le principe est redoutable : à chaque fois que vous appuyez sur le gros bouton pour avoir 5 minutes de sommeil supplémentaire, celui-ci envoie un signal qui déclenche un virement de votre compte bancaire vers une organisation de votre choix (de préférence un parti politique aux idées inverses à vos convictions). C’est sûr que ça motive…

Au risque de me répéter, moi je dis que la technologie elle fait progresser l’homme.(via History of the Button)

Mes 10 prédictions pour l’année 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par « extras« , je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être « porté » sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation « sociale » (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils « maison » (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de « posséder » leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que « seconde chance » est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

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Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.