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Mes 10 prédictions pour l’année 2008

4 janvier 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par “extras“, je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être “porté” sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation “sociale” (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils “maison” (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de “posséder” leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que “seconde chance” est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

—–

Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

E-book + iPod Touch = Amazon Kindle

20 novembre 2007

Grosse surprise hier lors de l’annonce par le patron d’Amazon du lancement d’un nouveau terminal dédié à la lecture de livres électroniques : Amazon Kindle.

Kindle.jpg

Au-delà de son look quelconque, ce petit terminal propose une expérience utilisateur tout à fait intéressante :

  • C’est un terminal autonome (pas besoin d’ordinateur) et extrêmement petit (une demi page A4) ;
  • Il utilise un affichage révolutionnaire d’encre électronique (décuplant ainsi la durée de vie des batteries) ;
  • Il se connecte automatiquement à la boutique Amazon (les livres que vous y achetez sont téléchargés en moins d’une minute grâce au réseau de téléphonie mobile) ;
  • Vous pouvez vous abonner à des grands journaux ou à des blogs pour pouvoir les lire tout les matins sans avoir à allumer votre ordinateur.

Kindle2.jpg

Et c’est bien là où ce produit est révolutionnaire : il élimine deux sources de problèmes (l’ordinateur et les opérateurs de téléphonie). Comprenez par là que dès lors où vous devez relier un terminal à votre ordinateur, tout se complique : problème de synchronisation, logiciels à installer et paramétrer, conflits… De même, dès que vous commencez à vouloir exploiter le réseau de téléphonie mobile, les opérateurs vous tombent dessus avec leurs histoires d’abonnements, de paiement à la minute…

Amazon a donc opté pour une expérience radicalement différente en rendant transparente la connexion de son terminal à l’internet. Tout ce fait par l’intermédiaire de Wispernet, la technologie d’Amazon qui repose sur le réseau haut-débit de Sprint. Vous noterez au passage qu’Amazon devient donc un MVNO verticalisé.

Cette approche transparente de l’utilisation du réseau de téléphonie mobile (pas de forfait, tout est inclus dans le prix du livre) est une petite révolution. Elle ouvre la voie a une expérience d’usage complètement différente. Ça ne vous rappelle rien ? Mais si enfin : l’iPod Touch et sa connexion Wifi grâce à laquelle vous pouvez acheter des morceaux sur iTunes sans passer par votre ordinateur.

Pour plus d’informations je vous recommande cette série de liens :

Vivement que ce produit soit disponible en France !

Des algorithmes de retouche d’image toujours plus performants

27 août 2007

Alors que les grands médias sont encore en train de débattre de cette ridicule histoire de bourrelets supprimé, d’autres se creusent la tête pour trouver de nouveaux domaines d’application au logiciels de retouche d’images. Nous avions déjà le très impressionnant Photosynth de Microsoft, mais connaissez-vous Seam Carving ?

Cette algorithme, issu du travail du Dr Ariel Shamir permet de retailler le format d’une image en supprimant (ou en ajoutant) des “couches” horizontales et / ou verticales qui ne modifient pas le contexte de la photo :

Le résultat est tout simplement stupéfiant, particulièrement avec les exemples en fin de vidéo. A quand cette fonction implémentée dans Picasa ou iPhoto pour supprimer des touristes en arrière-plan de vos photos de vacances ? (via TechCrunch)

Vers des supports de publicité éco-citoyens

15 février 2007

Sans vouloir faire de la démagogie, la protection de notre environnement est une priorité… tout comme l’identification de supports de publicité différenciant. Bon OK, le dernier point est surtout une priorité pour les marketeurs mais bon… quand je découvre une bonne idée, j’en parle.

Et justement je viens de découvrir ces cintres fabriqués en carton recyclé et financés par de la publicité : EcoHangers.

Les cintres éco-citoyens

Ces cintres seront dans un premier temps distribués par une grande chaîne de pressings aux États-Unis. C’est utile, écologique, bon pour l’environnement et pour le business aussi. Alors que demande le peuple de plus ? (via Springwise)

Et vous pensiez tout savoir sur la personnalisation ?

30 janvier 2007

Si vous pensiez tout savoir sur le marketing 1to1 et l’individualisation de la relation alors regardez donc ce panneau d’affichage pour la Mini Cooper :

Panneau publicitaire pour la Mini Cooper

En fait le panneau est équipé d’un récepteur qui capte le signal radio des puces embarquées dans les clés des propriétaires de mini. Comme chaque puce est unique, le numéro d’identifiant sert à extraire de la base de données des clients le prénom (Kate) et le modèle de la mini (ici un cabriolet) pour un accueil personnalisé.

Déjà que ça fait tout drôle de voir les panneaux de prévention qui affichent votre vitesse ainsi que le numéro de votre plaque d’immatriculation, mais alors là je suis scotché par ce dispositif ! (via SwissMiss)

2 ou 3 petites choses sur l’iPhone

11 janvier 2007

Oui je sais que vous avez déjà dû lire à peut près 300 billets parlant de l’iPhone, cependant laissez-moi vous faire une petite liste de ceux qui ont retenus mon attention :

Bon en tout cas, je ne crois pas avoir la patience d’attendre la fin de l’année pour me procurer un iPhone, mon choix se portera donc sur un autre smartphone. Et vous, saurez-vous être patient ?

Mes 10 prédictions pour 2007

3 janvier 2007

Maintenant que nous sommes rentrés dans l’année 2007, je vais me livrer à l’exercice très périlleux des prédictions. Je précise qu’il s’agit d’un exercice de style et que ces prédictions n’engagent que ma responsabilité (donc vous ne serez pas remboursé si elles ne se réalisent pas !).

1/ Rationalisation dans la vidéo en ligne

Avouez-le : il commence a y avoir beaucoup trop de services de partage de vidéos en ligne. Je sais bien que 1% de 1,65 milliard ça représente beaucoup de dollars (même 0,5%). Malheureusement tout le monde ne peut pas vivre sur ce créneau, surtout avec des frais d’hébergement et de bande passante exorbitants. J’anticipe donc un certain nombre de disparitions et quelques fusions dans tous ces services.

Il en va également de même chez Google où trois services sont maintenant en concurrence : Google Video, YouTube et Picasa. Si Google persiste dans sa stratégie de marque ombrelle (et il aurait tort de ne pas le faire), ces services devraient tous être fusionnés dans Google Video.

2/ Montée en puissance des RDA et renouveau des RIA

2007 sera l’année de naissance des Rich Desktop Applications. Deux facteurs vont influer sur ce phénomène : d’une part la maturation d’offres traditionnelles (notamment .Net de Microsoft, Eclipse RCP en Java), d’autres part l’attractivité d’offres alternatives (comme XUL Runner de Mozilla ou le très prometteur Apollo de chez Adobe). De plus, nous allons probablement voir arriver sur ce segment de nouveaux acteurs que l’on n’attendait pas forcément comme Google et son Google Desktop ou comme Apple avec QuickTime qui reste largement sous-exploité (cette dernière prédiction a été emprunté au blog The Universal Desktop).

Si 2006 aura été l’année des RIA, 2007 ne sera pas en reste puisque la famille des technologies interfaces riches va s’agrandir avec l’arrivée de nouveaux entrants comme la version 4 d’OpenLaszlo et le fameux WPF/E de Microsoft.

Bref, tout ce que nous croyons savoir sur les applications et les interfaces risque d’être fortement bousculé par toutes ces RIA et RDA.

3/ Transformation des métiers et outils liés à l’analyse d’audience

Nous allons entrer dans une ère d’ultra-compétitivité où le modèle du PPC va progressivement laisser la place au PPA, à savoir un modèle de rémunération fondé sur la transformation et non sur l’exposition ou le clic. D’où une forte nécessité de maitriser la performance des sites / campagnes et de mieux appréhender le comportement des visiteurs.

Tout ceci nous mène bien évidemment aux outils de mesure d’audience. Et c’est là où la transformation va se faire : nous allons passer d’une logique d’outils à une logique de services. Les éditeurs de solutions vont donc redoubler d’efforts pour passer d’un modèle de vente de licences à un modèle de vente de services (du software à la demande et le conseil qui va avec). Voilà pourquoi les géants du secteur comme Webtrends et Omniture ont entamé une démarche de repositionnement de leur offre en abandonnant le système de nommage par numéro au profit de noms un peu plus évocateurs comme WebTrends Marketing Lab ou Omniture Genesis.

En tout cas je souhaite vivement que les métiers liés à l’analyse d’audience prennent enfin la place qu’ils méritent.

4/ Adoption progressive de solutions d’Entreprise 2.0

Quand je parle d‘Entreprise 2.0, il faut en fait comprendre Web 2.0 en entreprise, car le problème c’est que le web 2.0 a très mauvaise réputation dans le monde de l’entreprise où l’on fait des choses sérieuses (comme par exemple maintenir des applications écrites en Cobol il y a 20 ans… mais c’est un autre débat).

Toujours est-il que les offres d’Entreprise 2.0 se multiplient et que les offres existantes s’améliorent de jour en jour (à l’image de SocialText, SalesForce ou SuiteTwo). De plus, le lancement très probable du pack Google Apps for Your Enterprise (incluant Jotspot, Writely, Spreadsheets, Gmail, Calendar… et même ThinkFree d’après les dernières rumeurs) devrait accélérer la manœuvre.

Je précise que ces solutions bénéficieront dans un premier temps aux collaborateurs au travers d’intranet next gen et d’applications en ligne. Plus d’infos ici : Web 2.0 in the Enterprise.

5/ Mouvements de concentration dans les réseaux sociaux professionnels

Ne trouvez-vous pas étonnant que des poids lourds comme Monster ne se soient pas encore aventurés dans la mouvance 2.0 ? C’est d’autant plus étrange que des sites comme LinkedIn représentent une (relative) faible valorisation (on parle de 150 millions de $).

Je verrais bien en 2007 une vague de rachats pour former des chaines de services complémentaires comme par exemple une fusion entre FaceBook (pour les années universitaires), Monster (pour la phase de recherche d’emploi) et LinkedIn (pour les évolutions de carrière). En France ça donnerait quelque chose comme Copains d’avant + CooptIn + Viadeo.

6/ Grandeur et décadence de Second Life

Ça n’est un secret pour personne : le succès foudroyant de Second Life va également participer à son échec, probablement en 2007. Tout comme MySpace dont la croissance a été tellement forte qu’elle a entrainé des dérives (comme cette campagne ratée pour Campari) et participe maintenant à la dépréciation de ce méta-réseau social.

J’anticipe donc un désintérêt progressif pour Second Life qui va progressivement être envahi de spammeurs, pirates, cyber-terroristes et autres marchands de sexe. Les adopteurs précoces migreront progressivement vers des univers virtuels open source comme le Metaverse Project (encore en gestation) ou vers des communautés hybrides (hors ligne / en ligne) comme Tribe Wanted.

Pour celles et ceux qui veulent se dégouter de Second Life, c’est ici : Let the backlash begin. Pour les autres, c’est ici : Second Life ”Business Communicators” Wiki.

7/ Prise de conscience de l’importance de la gestion de l’identité numérique

Que celles et ceux qui ne savent toujours pas ce qu’est la gestion de l’identité numérique se reporte immédiatement à ce précédent billet : Qu’est-ce que l’identité numérique. Pour les autres, rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire tout le topo.

Je suis fortement convaincu que les problématiques liées à la gestion d’identités multiples ou à l’usurpation d’identité vont devenir de plus en plus pressantes et que les fournisseurs de service d’identité numérique ou de gestion de la réputation vont connaitre une très forte croissance. Petit conseil : réservez dès à présent votre pseudo sur des serveurs comme MyOpenID.

8/ Une seconde chance pour les services mobiles

Voilà plus de 5 ans que chaque année doit être l’année de l’explosion des services mobiles. En fait on en parle depuis le siècle dernier (soit l’année 2000). Il n’empêche que plusieurs facteurs vont favoriser un début d’amorçage de prémisse de décollage de ces fameux services mobiles qui vont doubler l’ARPU des mobinautes : l’arrivée sur le marché de smartphone et autres musiphone qui vont accélérer le taux de renouvèlement, la multiplication des applications en ligne dont le portage peut se faire à moindre coût, la maturation de technologies autorisant les widgets mobiles et les RMA (Rich Mobile Application).

9/ L’affrontement du siècle entre Yahoo!/AOL/Microsoft et Google/Apple

Vous le savez sans doute Yahoo! est à vendre. Ou alors c’est peut-être AOL… je ne sais plus trop… Bref, toujours est-il que pour contrer la stratégie de domination de l’univers de Google, Microsoft aurait bien besoin de casser sa tirelire (qui avoisine les 50 milliards de $) pour s’acheter des alliés comme Yahoo! et AOL (qui sont tous les deux dans des situations inconfortables) afin de rivaliser avec Google.

De son côté Google s’est trouvé avec Apple un partenaire de choix qui a sût conquérir le cœur de millions de fans avec des produits à la pointe de la branchitude. L’année 2007 nous réservera sans doute de très belles surprises avec pourquoi pas les offres suivantes :

  • un Google iPhone qui intégrerait un player iTunes et la suite de services Google Apps
  • un Mac OS Leopard compatible avec Google Desktop et les Google Apps

10/ Google Desktop se transforme en Google OS

2007 sera l’année où la chenille (Google Desktop) va se transformer en papillon (Google OS). Et oui… parce que c’est bien là où les têtes pensantes de Google voulaient en venir : un OS virtuel qui viendrait s’insérer entre l’utilisateur et son système d’exploitation (Windows, Linux, Apple). J’anticipe donc une nouvelle version de Google Desktop qui permettra d’accéder aux services Google (Gmail, Calendar, Writely, JotSpot…) en mode déconnecté.

J’ai une entière confiance dans les équipes de Google pour résoudre tous les problèmes de synchronisation et les conflits potentiels résultant de ces modes synchrones / asynchrones. De toute façon, SocialText Unplugged nous a prouvé que c’était possible et viable, donc ce n’est une question de temps. Pour en savoir plus c’est ici : Google Desktop Could Bring Google Data Offline.

Voilà, ça fait dix prédictions. A vous de trouver les autres dans vos commentaires.

Best of 2006

1 janvier 2007

Voici ma sélection des billets les plus marquants de l’année 2006, soit parce qu’ils ont entrainés de fortes réactions, soit parce qu’ils me tiennent à coeur.

Interfaces innovantes

Toujours plus de performance et d’incitation

Innovations en tout genre

Coups de gueule

Remises en question

Il y a des jours où j’étais vachement inspiré

Les temps forts de l’année

Voilà de quoi vous occuper pour la journée (du moins pour celles et ceux qui ont découvert récemment ce site). Dès demain je vous ferais une rétrospective sur mes précédentes prédictions.

YouTube et MySpace sur votre mobile

18 décembre 2006

Si l’année 2006 a été l’année de la vidéo en ligne, l’année 2007 sera l’année du mobile. Du moins l’année du renouveau des services mobiles, car avouons-le : on ne peut pas dire que les services mobiles mobilisent les foules (du moins pas autant que les services liés au web 2.0).

Alors attention pas de polémiques, je ne suis pas en train de vous dire que le marché des services mobiles stagne, mais plutôt de prédire une accélération dans la croissance. Et ceci pour plusieurs raisons :

  1. Malgré le succès mitigé de la 3G (sur laquelle je me suis déjà exprimé ici : Visiophonie et 3G, ça marche et après ?), l’amélioration de la bande passante (nous en sommes maintenant à la 3,5 G) et des terminaux nomades (Smartphone, PSP, DS…) va progressivement faire migrer une partie de notre utilisation des services en ligne vers une utilisation en situation de mobilité (à ce sujet je vous recommande ce précédent billet : Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité) ;
  2. De grosses évolutions sont à prévoir au niveau de la couche software des terminaux mobiles avec l’apparition d’interfaces riches mobiles ainsi que de widgets mobiles (voir à ce sujet ce précédent billet : Les leçons à retenir de Mobile 2.0) ;
  3. Les grands acteurs s’apprêtent à envahir les terminaux mobiles comme YouTube et MySpace ;
  4. Les poids lourds de l’internet semblent également prêt à rentrer dans la danse avec notamment un smartphone Google / Orange ainsi que l’iPhone.

Bref, l’année 2007 va être très intéressante pour ce qui touche à la mobilité. On peut dire que cette révolution mobile probable s’est faite attendre. Je me souviens avoir rédigé en Août 2000 un livret blanc sur l’internet mobile dont les prévisions étaient… très optimistes (certains d’entre vous l’ont peut-être lu ;-)).

Toujours est-il que j’attends avec impatience de voir comment les usages mobiles vont évoluer et surtout s’intensifier : Quels types d’applications ? Auprès de quelle audience ? Quelles stratégies pour les opérateurs et constructeurs ? Quelle place pour les contenus générés par les utilisateurs ? Quid de la VoIP (VoWi-Fi) ? Quelles complémentarités avec les services en ligne traditionnels ? Quels impacts sur les campagnes de communication ? Comment vont réagir les autres acteurs (Yahoo!, Ebay, Amazon…) ?

Compte-rendu de LE WEB 3

12 décembre 2006

Non rassurez-vous, je n’ai pas de problème particulier avec la grammaire (enfin si mais pas à ce point), mais c’est un peu compliqué de former des phrases avec un nom de conférence comme LE WEB 3. Bref, tout ça pour dire que c’était une journée sacrément intense hier.

Intense parce que ça fait toujours plaisir de croiser tout plein de beau monde (maintenant on appelle ça la blogeoisie) et parce que je retiens trois bonnes choses de cette conférence.

1/ Une intervention stupéfiante de Hans Rosling. J’avoue avoir été extrêmement surpris et profondément marqué par ce professeur suédois qui était venu parler non pas de web 2.0 mais plutôt du reste du monde (The real world and why it matters). Par reste du monde, comprenez les autres (pays non-développés). Il s’est ainsi livré à un exercice de style remarquable pour nous faire prendre conscience de l’évolution socio-démographique des pays émergents. Une démonstration brillante et très instructive conclue par l’annonce du lancement de GapMinder (un service de partage et de comparaison de statistiques ) ainsi que par ses propositions : libéraliser l’accès à l’information et à la connaissance au travers d’outils collaboratifs comme Wikipedia ou Youtube. Cette intervention a été récompensée d’une standing ovation largement méritée.

2/ Plein de goodies récupérés sur place : une carte de crédit valable dans Taatu (un univers virtuel à mi-chemin entre Habbo Hotel et CityPixel) ainsi qu’un magnifique badge Firefox. Rendez-vous compte… un badge… c’est encore plus vintage qu’un pin’s ! Bon ceci étant dit, il y a de fortes chances pour que les badges reviennent à la mode, notamment avec des ambassadeurs comme Nitendo et ses DSButtons.

Les goodies de LE WEB 3

3/ Un certain nombre de services innovants que j’ai découvert :

  • ArmchairGM, un wiki collaboratif sur le monde sportif ;
  • OpenServing, une plateforme de publication et d’hébergement entièrement gratuite (mais comment font-ils ?) ;
  • WAYN, un réseau social dans le monde du voyage lancé par le patron de Last Minute ;
  • SocialText Unplugged, la version hors-ligne et asynchrone de ce wiki d’entreprise (très intéressant comme principe).

Voilà, une journée qui finalement se révèle positive, malgré quelques déceptions :

  • une approche relativement dilettante de la part de nombreux orateurs qui n’avaient pas réellement préparé leur intervention ;
  • tous ces américains qui ne font aucun effort pour articuler dans le micro (se sont-ils seulement rendu compte qu’ils étaient dans un autre pays ?) ;
  • des changements de programme de dernière minute avec les interventions ce matin de Shimon Peres, François Bayrou et Nicolas Sarkozy (quel rapport avec le web 2.0 ?).

Et vous, vous y étiez ?

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