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Ne peut pas être Apple ou Google qui veut…

… la preuve en image :

Apple_Google_You.jpg

(via Stuff That Happens et Bits & Pieces)

Google en manque d’inspiration ?

J’ai toujours été un grand fan des services de Google, d’ailleurs j’ai très souvent relayé sur ce blog les dernières news et sorties. Mais comme dit le proverbe : “qui aime bien châtie bien“. Voici donc mon coup de gueule contre cette publicité russe pour Gmail :

Vous ne trouvez pas qu’il y a un petit air de déjà vu avec cette très bonne vidéo réalisée par l’agence DoubleYou en début d’année 2007 :

Et oui, nous sommes face à une pâle copie : la vitesse de défilement, le décor, la flèche de souris au bout d’un bâton… . Bon, à décharge de Google, les fautifs pour la publicité pour Google sont les créateurs : l’agence Saatchi & Saatchi Moscow. Don’t be Evil ?

(via Google Operating System)

Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign adoptent OpenID

Je réagis un peu tardivement à une nouvelle qui n’a bizarrement pas fait beaucoup de bruit dans la blogosphère française : Des représentant de Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign viennent de rejoindre la board de la Fondation OpenID ( Evolving the OpenID Foundation Board).

Cette nouvelle marque un tournant décisif dans… dans quoi déjà ? Je pense que le moment est bien choisi pour quelques lignes d’explications (adaptées de la définition officielle et de celle de Wikipedia) :

  • OpenID est un système d’authentification décentralisé qui permet l’authentification unique ;
  • Authentification unique = 1 seul identifiant que l’on peut utiliser auprès de plusieurs sites et services en ligne (qui sont “compatibles” OpenID) ;
  • Cet identifiant unique est obtenu auprès de fournisseurs d’identité (OpenID providers) ;
  • Lorsque vous vous inscrivez à un service compatible, vous esquivez le long formulaire d’inscription en saisissant votre identifiant OpenID (le service demande alors à votre fournisseur d’identité de vous authentifier, ce dernier vous répercute la demande) ;
  • OpenID ne gère QUE l’authentification, pas l’identité (donc vous devrez quand même renseigner votre profil).

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous recommande ce blog : Spread OpenID, ainsi que cet article qui commente l’annonce de Yahoo! qui est devenu fournisseur d’identité : Yahoo! to Provide OpenID - Will It Take the Next Step?.

Jusqu’à présent les problématiques d’authentification n’avaient pas passionnées grand monde car jusqu’à présent les utilisateurs compensaient en faisant un effort de mémorisation des login / mots de passe, mais combien de temps cela allait-il durer ? Hé bien maintenant la question ne se pose plus dans la mesure où potentiellement les poids lourds du web (Google, Yahoo, Microsoft) vont devenir des fournisseurs d’identité.

Concrètement vous pourrez bientôt vous inscrire à un service lambda en vous servant de votre identifiant Yahoo!, Google ou Microsoft. “Pourrez” car ce n’est pas encore effectif, seul Yahoo! propose ce service : openid.yahoo.com.

Très intéressant, surtout lorsque l’on sait que ces trois poids lourds comptent leurs utilisateurs par centaines de millions. Ceci devrait donc grandement faciliter l’adoption de nouveaux services par les internautes qui seraient ainsi exempts de “corvée de mot de passe“.

Mais avec un peu de recul, on se rend également compte que ceci permettrait également d’évaluer l’appétence des internautes vis à vis d’un nouveau service en surveillant les demandes d’authentification. Et oui ! Puisque c’est Yahoo! / Google / Microsoft qui gèreront vos inscriptions aux différents services, il sera alors beaucoup plus simple pour eux d’identifier le ou les services qui fidéliseront le mieux leurs utilisateurs. Ils ne leur resteront plus qu’à faire leur marché en négociant les prix à la baisse (”c’est grâce à moi que vous avez pu recruter une partie de vos utilisateurs“).

Redoutable ? Oui tout à fait !

Mais rassurez-vous, il n’y a pas que du mauvais dans cette annonce puisque deux autres acteurs de choix ont rejoint l’aventure :

  • VeriSign, leader du marché de la sécurité par authentification forte (des mécanismes plus sophistiqués qu’OpenID) mais qui était déjà utilisateur via son Personal Identity Provider ;
  • IBM, très gros acteur de l’entreprise 2.0 et des formats ouverts.

Difficile pour le moment d’évaluer l’impact de cette nouvelle sur le rythme d’adoption d’OpenID par le grand public. Toujours est-il que je vous engage à créer dès maintenant votre identifiant unique en utilisant par exemple MyOpenID, un acteur indépendant qui propose des services sympas comme la création d’une page publique (ex. http://fredcavazza.myopenid.com/) ou le support de MicroID.

Pourquoi Yahoo! et Microsoft ont tout intérêt à fusionner

La nouvelle est tombée vendredi après-midi et c’est une véritable bombe : Microsoft fait une offre de 44,6 milliards de $ pour racheter Yahoo! Voici l’annonce officielle : Microsoft Proposes Acquisition of Yahoo! for $31 per Share et la lettre envoyée aux employés de Microsoft : Ballmer’s Internal E-Mail to The Troops Explaining the Yahoo Acquisition.

miahoo.jpg

(je précise que je ne cautionne absolument pas ce montage réalisé par Bertrand, mais ça m’a bien fait rire…).

Deux éléphants courent-ils plus vite ensemble ?

C’est bien la question à laquelle ont tenté de répondre de nombreux blogueurs et analystes. Car il faut bien avouer que ces deux géants se trouvent dans des situations “délicates. Yahoo! dont la machine à innover et le programme publicitaire ne fonctionnaient pas ; et Microsoft qui s’enlisait dans différents chantiers ( Live, Windows Live, Office Live…) sans réellement convaincre. Il y a bien entendu eu tous ces rachats pour sauver les apparences, mais malgré leurs efforts respectifs, ces deux marques ne pesaient pas lourd face aux Google, SalesForce et autres Facebook. Pour résumer la situation : ces deux là ne sont plus “dans le coup”.

Et pourtant… quand on y réfléchit bien, Yahoo! et Microsoft possèdent une audience considérable et surtout des services bien plus populaires que tous ces réseaux sociaux dont on parle. Hotmail et Yahoo! Mail approchent ainsi chacun les 300 millions d’utilisateurs. Rajoutez à cela les nombreux services satellites comme FlickR, del.icio.us, MSN… et vous avez LE poids lourd incontestable de l’audience (cf. Microhoo! What Does it Mean for Users?).

Poids lourd incontesté de l’audience mais pas du marché très lucratif de la recherche, car Google représente toujours 77% de parts de marché contre 19% pour cette nouvelle alliance (cf. Microsoft veut acheter Yahoo. Ah bon ?). Certes, l’audience est cruciale mais à quel prix ? Car les visiteurs de Yahoo! et de Microsoft sont bien souvent les mêmes. Cette fusion permettrait donc d’augmenter la part d’audience, mais pas le nombre de visiteurs (cf. Microsoft values Yahoo Visitors at $1,200 Each).

D’autant plus que va se poser la douloureuse question de l’arbitrage entre les services concurrents, à l’image de Yahoo! Photos qui a fermé ses portes au profit de FlickR. Pour les premiers pronostics c’est ici : What Would a Combined Microsoft-Yahoo Look Like?

Mais bon, les futurs mariés ne forment pas non plus un couple dépareillé, bien au contraire. Les synergies sont ainsi nombreuses entre les différents services : ceux qui vont être consolidés ( Yahoo! Widgets et Sidebar, Yahoo! Messenger et MSN Messenger, Yahoo! Maps et Live Maps, Yahoo! Pipes et Popfly…) et ceux qui sont encore largement sous-exploités ( JumpCut, KickStart, Yahoo! Avatars, Yahoo! Games…). Plus de précisions ici : What Microsoft gets for its $44 billion purchase of Yahoo!.

Et à ceux qui pensent que Microsoft et Yahoo! sont dans l’impasse au niveau de la recherche algorithmique, je vous rappelle qu’il faut maintenant compter sur la technologie de Fast rachetée récemment.

Yahoo! ID, la clé de voute de l’édifice ?

Avec toute cette profusion de services mis en commun dans la corbeille des mariés, comment s’en sortir ? Grâce à l’authentification unique bien évidement ! L’authentification unique est le sésame qui ouvre la porte à une collection vertigineuse de services, c’est également le moyen de fidéliser une audience colossale et de développer les usages au sein de cette galaxie de services.

L’authentification unique, c’est également le vieux rêve de Microsoft (Passport ça vous rappelle quelque chose) qu’ils essayent de relancer avec Live ID.

C’est là où Yahoo! ID rentre en scène, ou plutôt devrais-je dire Yahoo! OpenID. En fondant son service d’authentification sur un standard ouvert comme OpenID Yahoo! décuple l’intérêt d’avoir un compte (et une adresse email).

Ceci est d’autant plus intéressant qu’OpenID est une des solutions d’authentification à l’étude au sein du consortium DataPortability. Consortium au sein duquel on retrouve (entre autre) Google et Facebook.

Facebook pourrait être la première cible…

Affaiblir la position dominante de Google est un objectif évident de cette fusion, à long terme. Mais à plus court terme, Yahoo! et Microsoft doivent d’abord évincer les nouveaux entrants qui dérangent : MySpace, Facebook et cie… Au sujet de MySpace, considérons que le problème se règlera de lui-même dans la mesure où malgré une audience encore considérable, ce service est en perte de vitesse faute d’avoir trouvé un second souffle.

Reste le “cas” Facebook à régler. Facebook est-il si dangereux que ça ? Non pas réellement, et ceci pour plusieurs raisons :

  1. Microsoft a déjà mis un pied dans la maison. Rappelons que Microsoft a une réputation de fossoyeur : ils avaient la fâcheuse habitude de racheter des services concurrents pour pouvoir les saborder. Certains analysent déjà ce rachat comme une bourde (cf. Est-ce que l’achat de Facebook par Microsoft a eu un impact sur le membership?).
  2. Facebook ne gagne pas d’argent. Pire : ils anticipent un déficit de 150 millions de $ en 2008 (cf. Facebook Finances Leaked). Ce qui est plus que fâcheux en cette période d’instabilité économique et boursière.
  3. Facebook est un colosse aux pieds d’argile. Toute la valorisation de Facebook repose sur sa base d’utilisateurs. Or, nous savons maintenant que l’équipe ne maîtrise absolument rien, en témoignent les nombreuses fois où ils ont dû faire marche arrière face à la pression des membres (pour la première version du News Feed, pour le Project Beacon, pour la radiation de Scoble). Moralité : le social graph de Facebook ne va pas être si facile que ça à monétiser (cf. Social Networking Inventory Not Monetizing As Well As Expected).
  4. Facebook et sa platform reposent sur une technologie propriétaire. Propriétaire ? Voilà un mot qui appartient au passé, surtout avec des initiatives comme OpenSocial ou la Social Graph API que Google vient de sortir (cf. Google starts linking social networks).

Bref, plus que jamais je réitère mon scepticisme vis à vis de Facebook (cf. Pourquoi je ne crois plus en Facebook) et suis persuadé que les efforts communs de Yahoo! et Microsoft accoucheront d’une offre “sociale” majeure tout à fait crédible.

… et Android la seconde

Il y a un sujet que nous n’avons pas encore abordé, c’est celui de la mobilité. Et il faut bien reconnaitre que dans ce domaine, un rapprochement entre Yahoo! et Microsoft serait intéressant car leurs offres de mobilité sont complémentaires : Yahoo! Go pour les téléphones et Windows Mobile pour les smartphones.

Et il faudra au moins ça pour rattraper le retard sur Symbian (qui possède près de 75% de parts de marché) ou pour contrer l’arrivée d’ Android.

Au final ce sont les utilisateurs qui vont gagner

Je suis très optimiste via à vis de cette fusion, c’est ce qui peut arriver de mieux à Yahoo! (qui allait s’effondrer sous son propre poids) et à Microsoft. Je fais ainsi entièrement confiance à Ray Ozzie pour l’intégration de Zimbra et pour redonner un second élan à ces deux géants.

Et puis de toute façon, les utilisateurs y trouveront forcément leur compte : au mieux, les services auxquels ils sont abonnés s’améliorent ; au pire ça stimulera la concurrence.

Reste maintenant au board de Yahoo! d’accepter cette offre…

Pourquoi Chuck Norris est-il l’idole des geeks ?

En voilà une question intéressante. J’avais déjà remarqué un nombre impressionnant de billets et autres mini-applications qui mettaient Chuck Norris en scène.

Puis il y a eu le “spécial” Chuck Norris de Will It Blend?

Et maintenant ça (saisissez “find chuck norris” dans le champ de recherche et cliquez sur le bouton “I’m Feeling Lucky“) :

Google_Norris.jpg

Bon rassurez-vous, cette page est bidon, elle reprend le look des pages de résultat de Google mais ce n’en est pas une.

Même si Invasion USA est sans aucun doute le meilleur film des années 80, je ne comprends pas bien comment Chuck est devenu une des figures emblématiques de la culture geek

(via Battlle Media)

Un premier pas vers l’interopérabilité entre les réseaux sociaux avec DataPortabilty

La nouvelle vient de tomber, et elle est énorme : Google et Facebook (de même que Plaxo) viennent de rejoindre un groupe de travail visant à assurer une interopérabilité entre les réseaux sociaux . Ce groupe de travail s’appelle DataPortability et il vient enfin de donner un peu d’espoir aux centaines de millions d’utilisateurs pris en otage par leur réseau social (qui jusqu’alors conservais jalousement leurs données).

DataPortability.JPG

L’objectif de se groupe de travail est de définir une cadre de travail pour mieux exploiter différentes technologies existantes (APML, Microformats, OpenID, OAuth, OPML…) pour assurer une portabilité des données personnelles d’un réseau social à un autre. Concrètement ça va se traduire par la publication de livrets blancs, de guides techniques et autres études de cas. Les autres réseaux ne devraient pas mettre longtemps à rejoindre ce groupe de travail.

C’est donc une initiative parfaitement complémentaire d’ OpenSocial (qui vise à assurer l’interopérabilité des applications) et une excellente nouvelle pour l’écosystème des réseaux sociaux.

D’après les premiers commentaires, l’affaire du “ Scoblegate” aurais servit de catalyseur…

Vive les listes de résultats instructives

J’adore les pages de résultats qui fournissent directement la réponse dans la liste sans avoir besoin de cliquer. Démonstration avec Allociné :

  1. Vous choisissez un film
  2. Vous saisissez un code postal
  3. La liste de résultat affiche les différents cinémas avec les horaires des séances
  4. Lorsque que vous sélectionnez un autre jour, c’est tous les horaires qui sont rafraichis

RechercheAllocine.jpg

Vous noterez que Google propose quelque chose d’équivalent (uniquement aux US et sans pouvoir changer le jour de la semaine) :

GoogleCinema.jpg

Dans le même style, Google propose également des informations très précieuses sur les vols d’avion (horaires de départ e d’arrivé, retard…) :

GoogFlightDelay.jpg

Connaissez-vous d’autres exemples ?

Pourquoi je ne crois plus en Facebook

En ce moment Facebook a la côte : on en parle à la radio, à la TV et les journalistes des grands médias n’en finissent plus de s’interroger sur les raisons de ce nouveau phénomène social. Et pourtant la réalité est tout autre.

Souvenez-vous, il y a quelques mois la coqueluche de l’époque s’appelait Second Life. Nous sommes donc en train d’assister à un phénomène classique de résonance : on en parle parce que les autres en parlent.

Facebook est-il révolutionnaire à ce point ? Ce service mérite-t-il une telle attention ? Oui, en partie. Mais sans vouloir lui retirer son indéniable succès et certaines qualités, il y a fort à parier que les annonceurs n’y trouveront qu’un intérêt très relatif.

L’explication est toute simple et peut-être résumée ainsi :

  • La croissance et l’audience de Facebook sont largement sur-évaluées ;
  • L’écosystème mis en place autour de la Facebook Platform ne tiendra pas ces promesses ;
  • Les modèles publicitaires présentés récemment sont bancals ;
  • La concurrence avec d’autres plateformes sociales va être très rude.

Donc en un mot comme en cent, malgré l’enthousiasme de son jeune CEO, Facebook ne révolutionne rien du tout.

Les chiffres en question

Commençons tout d’abord par nous intéresser aux fameux chiffres mirobolants de Facebook :

Vous l’aurez compris, les chiffres présentés par Facebook sont surtout impressionnants pour ceux qui veulent croire à leur jolie histoire. La Facebook Platform est certes un très bon facteur de croissance mais force est de constater que les meilleures places sont déjà prises.

Une plateforme à peine entre-ouverte

Et puisqu’on en parle, intéressons-nous à cette fameuse Platform. Quand on y regarde de plus près, on se rend rapidement compte qu’elle n’est pas si ouverte :

  • les applications utilisent un langage spécifique (le FBML pour Facebook Markup Language) ;
  • Les applications sont hébergées au sein du Application Directory (régit par Facebook) ;
  • les fournisseurs d’applications doivent se conformer à une charte (définie par Facebook).

Nous sommes ici bien loin de la souplesse des API et de la rigueur des Web Services. Si le succès du web 2.0 repose en partie sur les fameux mashup et sur l’innovation par l’assemblage, l’innovation est ici fortement limitée par ce langage spécifique et par la taille de la base d’utilisateurs (55 millions, ce qui n’est pas énorme).

Le fait que des agences se soient spécialisées dans le développement d’applications Facebook (RockYou, Slide…) est un signe que ces choix techniques sont un frein au développement.

Le Social Graph en question (il y a amis et amis)

Pour faire simple, le Social Graph est une représentation de nos relations et des interactions qui en découlent. La promesse de Facebook est donc de proposer aux annonceurs de pouvoir modéliser de façon très fine ce fameux Social Graph. Oui mais voilà, sur quoi repose-t-il ? Ou plus exactement, vos friends sur Facebook sont-ils réellement vos amis ? J’en doute fort. J’ai plus de 600 contacts associés à mon profil, dont à peine une dizaine que j’ai réellement rencontrés.

Les amis de Facebook sont pour la plupart des relations améliorées, et c’est bien là où se fait la différence. Dans la culture anglo-saxonne la notion d’amitié est très différente de la notre (les latins) : ils savent parfaitement mélanger relations professionnelles, amis d’un soir et amis d’amis.

Conséquence : je me vois mal faire confiance à un membre de mon réseau dans la mesure où :

  1. je ne sais pas réellement qui il est (la majeure partie des profils n’est pas réellement renseignée) ;
  2. je ne sais pas ce qu’il me veut (les intentions ne sont pas clairement exprimées) ;
  3. j’apprécie moyennement le fait qu’il me balance des moutons à la tête ou qu’il me donne de grande tapes dans le dos (Super Poke).

Pour vous convaincre de la superficialité de votre réseau posez-vous la question suivante : à combien de vos friends prêteriez-vous votre voiture ou votre appartement ?

Un gros problème de prise en main

La mise en page de Facebook est nettement meilleure que celle des pages MySpace ou que des Skyblogs, c’est indéniable. En revanche ce service est-il suffisamment simple et convivial pour séduire le plus grand nombre ? J’en doute. Il existe des millions d’utilisateurs de Netvibes car le bénéfice de ce service est immédiatement perceptible (on bouge des boîtes, on ajoute des widgets…). Mais vous devez bien avouer que l’expérience d’utilisation de Facebook est plus que troublante : trop d’applications, trop de termes jargonneux, trop de complexité.

En fait il y a un réel problème de guidage et de prise en main. Pour faire simple : les novices sont complètement perdus. Pour vous en convaincre, je vous invite à lire les commentaires d’un vieux billet que j’avais rédigé sur Facebook mais qui est très bien positionné dans Google :

  • Pouvez svp m’expliquer à quoi sert facebook et comment s’inscrire. Merci de me répondre car je ne suis pas une pro de l’informatique
  • J’aimerais qu’on m’explique svp quelle réelle différence il existe entre facebook et myspace
  • Que veut dire “site”?

Je veux bien croire qu’ Aziz et sa bande de potes s’éclatent sur Facebook, mais ce service n’est aujourd’hui pas configuré pour séduire plusieurs millions de personnes : trop complexe, trop riche et surtout pas de traduction prévue pour l’interface.

Des programmes publicitaires très douteux

Nous en venons maintenant au plus gros problème de Facebook : sa plateforme publicitaire. Pourquoi est-ce un gros problème ? Parce que le modèle économique de Facebook repose sur des fondamentaux instables.

Il existe ainsi plusieurs programmes (détaillés ici : Facebook Advertising - 3 New Ways To Play) :

  • Les Business Pages qui sont un équivalent des pages sponsorisées par des marques comme sur MySpace (avec mise en avant de produits et liens vers des partenaires). Gros problème : il n’est pas possible d’inviter des fans à partir d’une business page. Conséquence : le seul moyen d’avoir une business page avec un noyau dur de fans est de transformer une page perso en une business page. Si vous savez lire entre les lignes alors vous pouvez vous faire une bonne idée des détournements possibles : fausses pages perso à vocation business, revente à des marques de pages persos populaires…
  • Les Social Ads qui sont affichées sur la page d’un membre ou dans son mini-feed. Idem, on peut tout à fait anticiper un véritable trafic d’audience basé sur la popularité d’un profil (ça me rappelle une sombre histoire de blogueurs vendus) ;
  • Le Project Beacon qui se sert de données comportementales collectées sur différents sites partenaires (cf. Facebook ads definitely creepy, possibly illegal et Is Facebook Beacon a Privacy Nightmare?) pour mieux cibler votre profil et celui de vos potes. Autant vous dire que cela pose de très sérieux problèmes éthiques.

C’est sur ce dernier point que le jeune CEO de Facebook ne parvient pas à rassurer l’industrie publicitaire et les annonceurs : Partant du principe que les membres sont le vecteur de la marque, sans redistribution de revenus, cette affiliation stérile ne bénéficiera qu’aux marques les plus fortes (Apple, BMW…), donc celles qui n’ont pas réellement besoin de ce programme (cf. I’ll spam my friends, but I want a piece of the action).

Au-delà de ces problèmes de respect de vie privée et de confidentialité, ce réseau de sites mouchards (qui dénoncent les actions des membres de Facebook) peut avoir une influence très néfaste sur le comportement des internautes et sur une éventuelle prise de décision d’achat : Facebook’s Beacon and Boundary States. A partir du moment où toutes vos actions et achats sont visibles sur votre profil (dans votre mini-feed), est-ce que vous n’y réfléchirez pas à deux fois avant de cliquer ? Ne vous direz-vous pas “comment va réagir mon audience à cet action / achat” ?

Sont-ils en train de réinventer la roue ?

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai réellement l’impression que l’offre de Facebook ne révolutionne rien du tout (pages business, publicités ciblées…), voire qu’ils sont en train de refaire les erreurs du passé (ciblage comportemental basé sur les actions des internautes, à l’époque on appelait ça du marketing 1 to 1).

Quand on y réfléchit bien, que propose Facebook ? Des business pages (vous possédez déjà un site web, non ?), des statistiques détaillées sur le nombre de visiteurs sur ces pages (une belle régression par rapport aux outils d’analyse de la performance actuels) et des programmes publicitaires basés sur le CPM et CPC (même pas de CPA à la Amazon ?). Bref, ils nous font le coup du web dans le web, une sorte de couche d’abstraction au web “grand public” réservé à une bande de jeunes qui se balancent des moutons à la tronche. Désolé mais ce n’est pas ce que j’appelle une révolution, d’autant plus quand les questions de confidentialité et d’amitié sont très ambigües.

Une IPO est-elle la solution ?

Avec l’argent récolté auprès de Microsoft, on est en droit de se dire que Facebook va tranquillement préparer son introduction en bourse pour lever des fonds et accélérer sa croissance. Le problème c’est qu’une introduction en bourse n’a rien de tranquille : il ne suffit pas de louer des bureaux à New-York et de débaucher un CFO pour y parvenir.

Les financiers ne sont pas des imbéciles et je doute fortement qu’ils se laissent séduire par cette belle histoire de jeunes prodiges en tongs Adidas qui s’éclatent à faire des overnight coding sessions.

Rajoutez à cela un problème de valorisation, car Facebook n’a jamais été valorisé à 15 milliards de $ : Even Microsoft doesn’t value Facebook at $15 billion.

Que se passera-t-il quand Facebook n’aura plus la faveur des médias et du grand public ?

En voilà une bonne question, d’autant plus que ça a déjà commencé :

En résumé : avec cette nouvelle plateforme publicitaire Facebook risque de perdre la confiance de ses membres. Même si la croissance est toujours forte, il ne s’agit que d’un phénomène d’inertie.

Faut-il oublier Facebook ?

Non bien évidemment, chacun est libre de s’en servir pour construire son réseau et pour retrouver de vieilles connaissances. Par contre les annonceurs devront être très prudents quant à l’exploitation de ce réseau. Oui l’application iLike est un authentique succès, est-ce que pour autant Renault ou Naf-Naf peuvent en profiter ? J’en doute.

Facebook va donc progressivement venir se ranger aux côtés des MySpace, Skyblogs, Friendster… Comprenez par là qu’il va perdre son avantage concurrentiel vis à vis d’initiatives réellement plus ambitieuses comme OpenSocial ou mieux structurées comme ces nouvelles plateformes sociales.

Oui, j’ai crû au modèle de Facebook. Oui, j’ai bien crû qu’ils pouvaient révolutionner le web social et proposer une approche unifiée. Non, je n’y crois plus car ils vont avoir visiblement beaucoup de problèmes à transformer leurs rêves d’étudiants et réalité économiquement viable.

Android : la plateforme mobile de Google

La blogosphère était en ébullition cette nuit après l’annonce de Google du lancement de sa plateforme mobile : Where’s my Gphone?. Gphone ? Non pas tout à fait. En fait il s’agit d’une plateforme mobile du nom d’ Android qui sera exploitée dans le cadre d’une alliance ( Open Handset Alliance) qui compte déjà de nombreux partenaires dont des constructeurs (Qualcomm, HTC, Samsung, Motorola, LG…), des opérateurs (Sprint, NTT DoCoMo, T-Mobile, Telecom Italia, Telefonica…) mais aussi des fournisseurs de composants (Intel, Nvidia…) et de logiciels / services (dont Ebay).

Android_Logo2.jpg

C’est quoi Android ?

C’est une plateforme logicielle qui intègre différents composants :

  • un système d’exploitation (basé sur Linux)
  • un middleware (pour gérer les interactions entre le matériel, le système d’exploitation et les logiciels)
  • une interface graphique
  • des applications (mail, agenda…)

Pour celles et ceux qui se posent la question : non, Android n’est pas un concurrent de Windows Mobile car il se situe à un niveau d’abstraction plus élevé. Pour faire simple : Android est une plateforme de développement pour les téléphones mobiles publiée sous licence libre (lire à ce sujet les explications de Tristan Nitot : A propos du Google Phone). Ce qui veut dire que Google va s’appuyer sur de nombreux partenaires industriels et même sur la communauté pour finaliser et faire évoluer la plateforme, contrairement à Microsoft qui se démène tout seul.

Je résume : en laçant une plateforme complète presque un an avant la commercialisation grand public (prévu pour le second semestre 2008) Google veut s’assurer que les partenaires vont avoir le temps de s’approprier sa plateforme et de proposer une expérience enrichissante pour les utilisateurs. Plus d’info sur le blog d’Affordance : Google est le webOS. Le WebOS est Google.

Notez que ce n’est pas la première tentative de ce genre puisqu’Apple a adopté la même approche avec son iPhone. Iphone qui est potentiellement un concurrent mais pas tout à fait dans la mesure où Google et Apple son très proches. Nous pouvons donc parier sur une forte compatibilité entre iPhone et Adroid.

Microsoft et Symbian ont-ils perdus la bataille ?

Non je ne pense pas dans le mesure où il existe une très grande quantité de téléphones portables et smartphones équipés des OS de Microsoft et Symbian. Certes, Symbian conserve une longueur d’avance avec ces centaines de millions de téléphones déjà équipés (lire à ce sujet le billet suivant : LiMo (Linux for Mobiles) is Ready to Go Prime Time), mais que peut faire cet éditeur contre le mastodonte qu’est devenu Google (d’autant plus depuis que son action a franchi le cap des 730 $, Google est une des plus grosses capitalisations boursière US).

Nous dirons donc que Symbian a perdu un avantage concurrentiel, mais il reste tout de même un éditeur avec de très gros partenaires (dont Nokia et Vodaphone qui ne sont bien évidemment pas présents dans l’Open Handset Alliance). En fait ce sont les utilisateurs qui vont y gagner, et c’est une très bonne nouvelle. Certains n’hésitent pas à dire que Google ambitionne de libérer le monde de la téléphonie mobile comme il vient de le faire avec les réseaux sociaux ( Google en libérateur des téléphones après la “libération” des réseaux sociaux).

Inévitables grincements de dents

A peine Android est-il lancé que les premières (inévitables) critiques fusent déjà :

Je pense que nous n’en sommes qu’au début d’une très longue série de questionnements et d’interrogations sur l’impact de cette plateforme mobile sur le secteur des télécommunications.

Mais que fait Orange ?

Pendant ce temps-là, Orange brille par son absence dans cette alliance. Peut-être étaient-ils trop occupés avec cette rocambolesque histoire d’iPhone…

Et maintenant quoi ?

Difficile pour le moment de se prononcer sur l’avenir de cette plateforme. Certes, elle a un avenir mais lequel ? Google parviendra-t-il à monter des partenariats solides où tout le monde y trouvera son compte ? Les équipes de Google sauront-elles exploiter les dernières tendances en matière d’interfaces graphiques (Rich Mobile Application, interfaces tactiles…) ? Les téléphones équipés d’Android seront-ils proposer une expérience différanciante (d’autant plus depuis que l’iPhone a très largement relevé le niveau d’exigence) ?

OpenSocial : le meta-réseau social de Google

La blogosphère était en ébullition en ce week-end de la toussaint après l’annonce de Google du lancement du nouveau service : OpenSocial, The web is better when it’s social. Nouveau service ? Non pas tout à fait. En fait il s’agit d’un ensemble de connecteurs (API) qui servent à lier ensemble différents réseaux sociaux professionnels ( LinkedIn, Xing, Viadeo, Plaxo…) et personnels ( Friendster, MySpace, Hi5, SixAppart… et bien évidemment Orkut), mais aussi différentes applications en ligne ( SalesForce, Oracle…).

GoogleOpenSocial.jpg

C’est quoi OpenSocial ?

Ces connecteurs servent à accéder à différents types de données personnelles :

  • votre profil (user data)
  • vos amis (social graph)
  • votre activité (news feed)

Pour celles et ceux qui se posent la question : non, OpenSocial n’est pas un service concurrent de Facebook car il se situe à un niveau d’abstraction plus élevé. Pour faire simple : malgré sa Platform, Facebook reste un réseau social propriétaire alors qu’OpenSocial est une sorte de meta-réseau social distribué. La plateforme de facebook permet d’encapsuler des applications sur son réseau alors que les API d’OpenSocial permettent d’encapsuler les applications et données de n’importe quel réseau social dans n’importe quel autre réseau social (containers).

Donc je résume : en laçant sa Platform Facebook avait pris une longueur d’avance sur ces concurrents, mais avec OpenSocial, Google permet à ses partenaires de rattraper leur retard. Là où l’on peut dire que cette initiative est magistrale, c’est quand on se rend compte que Google compte parmi ses partenaires les principaux réseaux sociaux. Ceci va donc grandement simplifier la tâche des annonceurs souhaitant exploiter ces différents réseau sociaux ( What’s Google’s OpenSocial Project Mean for Marketers?).Plus d’infos sur le blog Affordance : Rentrée sociale et ouverture du code et Conflits sociaux : A vaincre sans péril triomphe-t-on sans gloire ?).

Notez que ce n’est pas la première tentative de ce genre, des initiatives comme FOAF ou XFN avaient déjà l’ambition d’assurer une interopérabilité entre les profils.

Facebook a-t-il perdu la bataille ?

Non je ne pense pas dans le mesure où Facebook ne peut pas faire autrement que de rejoindre les partenaires d’OpenSocial. Car il faut se rendre à l’évidence : il se retrouve complètement isolé avec sa technologie propriétaire. Certes, Facebook conserve une longueur d’avance avec ces 5.000 applications déjà développées, mais que peut faire une petite structure de quelques centaines de personnes contre le mastodonte qu’est devenu Google (d’autant plus depuis que son action a franchi le cap des 700 $ Google est une des plus grosse capitalisation boursière US).

Nous dirons donc que Facebook a perdu un avantage concurrentiel, mais il reste tout de même un réseau social à très forte croissance. En fait ce sont les utilisateurs qui vont y gagner, et c’est une très bonne nouvelle ( Google OpenSocial will make social apps more relevant). Certains n’hésitent pas à dire que Google prend de vitesse le W3C et impose un standard pour le web social ( Google: “All your network are belong to us”).

Inévitables grincements de dents

A peine OpenSocial est-il lancé que les premières (inévitables) critiques fusent déjà :

Je pense que nous n’en sommes qu’au début d’une très longue série de questionnements et d’interrogations sur l’impact de ces API.

Mais que fait Facebook ?

Pendant ce temps-là, Facebook poursuit son développement :

Vous l’aurez compris, Facebook étant parti le premier il conserve tout de même l’avantage, mais pour encore combien de temps ?

Et maintenant quoi ?

Difficile pour le moment de se prononcer sur l’évolution sur l’avenir immédiat de ces réseaux. Je vous propose néanmoins deux articles de fond :

Bon en tout cas je constate que cette annonce a totalement eclipsé deux autres événement majeurs :

Et pour couronner le tout, on parle de l’annonce du Google Phone pour cette nuit…