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Google Latitude, pas réellement un réseau social mobile

Et c’est encore une fois Google qui remporte la palme du buzz de la semaine avec son tout nouveau service (Google Latitude) : See where your friends are with Google Latitude et Locate your friends in real time with Google Latitude. Pour faire simple, il s’agit d’un service permettant de localiser vos amis. Pour cela il suffit d’installer une application sur votre téléphone mobile (la dernière version de Google Maps Mobile) qui se chargera de vous localiser (grâce à la puce GPS ou par triangulation) :

Vos amis sur Google Maps grâce à Google Latitude

Vos amis sur Google Maps grâce à Google Latitude

Vous pouvez bien évidement profiter de ce service sur votre ordinateur en insérant un widget Google Latitude sur votre page iGoogle et gérer ainsi votre liste d’amis :

Google Latitude sur iGoogle

Google Latitude sur iGoogle

Une fois le dispositif en route, vous aurez la possibilité de :

  • Mettre à jour votre statut et votre photo ;
  • Voir qui sont les amis à proximité ;
  • Trouver un itinéraire pour rejoindre un ami ;
  • Cherchez une adresse (restaurant, bar…) près de votre ami…

Pour en savoir plus sur les fonctionnaltiés, c’est ici : Google Latitude: Share Your Location with Friends. Bon inutile de tourner autour du pot : ce Google Latitude n’est pas une révolution, loin de là. D’une part car ce type de service existe depuis longtemps, notamment des start-up comme Loopt et Whrrl ou de beaucoup plus gros acteurs comme Nokia et son Friend View ou Yahoo! et Fire Eagle. D’autre part car les fonctionnalités proposées sont encore très limitées (bien loin de ce que proposait DodgeBall par exemple).

En fait il faut plus considérer ce service comme une surcouche sociale de Google Maps que comme un réseau social mobile. Ce sont donc les concurrents directs précités qui sont en danger (cf. Google Threatens Loopt, Pelago With Latitude Service) plutôt que des véritables réseaux sociaux mobiles comme MocoSpace ou ItsMy (lire à ce sujet : L’avenir de l’internet mobile sera social).

Toujours est-il que d’autres réseaux sociaux locaux ont déjà pris une longueur d’avance par rapport à ce tout nouveau service. À commencer par Dopplr qui s’adresse plus aux voyageurs fréquents qui souhaitent garder le contact et faire des rencontres “locales”. Ce service propose ainsi de fédérer des communautés locales comme ici avec la ville de Londres :

Dopplr et la communauté de Londres

Dopplr et la communauté de Londres

Encore plus intéressant, Brightkite rajoute aux fonctionnalités précédentes un moteur de recherche (lieux, gens, billets) ainsi qu’un friendstream qui agrège l’activité de vos amis :

Votre réseaus ocial local avec Brightkite

Votre réseau social local avec Brightkite

Cerise sur le gâteau, Brightkite propose également une remarquable fonction de placestream qui agrège l’activité sociale d’un quartier (lire à ce sujet : Après le lifestream, le placestream ?). Illustration ici avec la ville de New-York :

Le placestream de New-York

Le placestream de New-York

Bref, en un mot comme en cent : peut mieux faire.

Deux articles intéressants pour pousuivre la réflexion :

Google lance son offre concurrente à Facebook Connect

Créer un compte est une opération douloureuse pour tous les internautes de la planète. Une étape largement supportable quand il est question de se créer sa première adresse email, cette procédure devient un véritable cauchemar avec la multiplication des services et plateformes sociales. Pour un utilisateur lambda des médias sociaux (blog, microblog, partage photos / vidéos, réseaux sociaux…) ce sont des dizaines d’identifiants et mots de passe qu’il faut mémoriser. Sauf si vous êtes bien organisé et saisissez toujours les mêmes infos et choisissez toujours la même adresse email pour vous créer un compte, cette dernière est alors très rapidement submergée de spams sociaux.

La solution a ces embrouilles existe depuis longtemps : la délégation d’authentification. L’idée est alors de se créer un identifiant unique qui repose sur OpenID (un système d’authentification décentralisée) et qui va gérer pour vous l’identification aux différents services sur lesquels vous vous êtes inscrits. Ça c’est la théorie, la réalité est tout autre : il existe une multitude de services de gestion de l’authentification (ClaimID, MyOpenID…) qui ne sont pas supportés partout. Nous avons vu récément des avancées significatives dans l’adoption d’OpenID (notamment par Orange ou Yahoo!) ainsi qu’une interface plus ergonomique (cf. La création de compte simplifiée avec OpenID) mais ce système reste tout de même très obscur pour l’internaute de base (soit 99% de la population connectée). Rajoutez à cela des technologies concurrentes comme OAuth ou MicroID et vous avez un concept très prometteur mais qui fait peur.

Et c’est là où Facebook rentre en scène en proposant son propre système baptisé Facebook Connect. Le mode de fonctionnement est ultra-simple : soit vous créez un compte, soit vous cliquez sur le bouton “Facebook Connect” et deux clics plus tard c’est réglé. Là où cette solution peut paraître comme révolutionnaire c’est qu’elle donne également accès à votre profil (informations, liste d’amis…). Donc en clair : clic-clic-clic et basta. Cette solution s’est illustrée très récemment avec le partenariat entre CNN Live et Facebook.

Le fonctionnement de Facebook Connect

Le fonctionnement de Facebook Connect

Face à une telle révolution (quel confort pour l’utilisateur), la réponse de Google ne s’est pas fait attendre. Et fidèle à sa réputation, Google nous propose une solution à la pointe du raffinement technologique avec un protocole hybride qui repose à la fois sur OpenID et sur OAuth (respectivement pour l’authentification côté utilisateur ou pour l’authentification sécurisée côté API) : Google Combines OpenID and OAuth in new Hybrid Protocol.

Le principe de fonctionnement est ainsi le même : soit vous créez un compte, soit vous utilisez votre identité Google. Illustration avec cette démo :

Google et son système hybride

Google et son système hybride

Pour faire un peu de buzz, Google est en train de tester ce nouveau système chez Plaxo (cf. Introducing Two-Click Signup, an initiative to improve the user experience of OpenID; first test now live with Google) mais ça ne fonctionne pas pour tout le monde :

La gestion de lauthentification avec Google Account

La gestion de l'authentification chez Plaxo avec Google Account

Pour avoir testé le mécanisme, je peux vous assurez que ces systèmes de délégation de l’authentification sont une authentique révolution (ça fonctionne très bien). D’ailleurs les observateurs avertis sont très optimistes à ce sujet et estiment que les deux systèmes (Facebook Connect et Google Account) peuvent tout à fait cohabiter : Google and Plaxo Combine OpenID and OAuth for Improved Usability.

Précision importante : authentification et profil sont deux choses distinctes : déléguer l’authentification à un opérateur tiers revient à esquiver la corvée de stocker et gérer des identifiants / mots de passe (avec tout ce que cela implique au niveau de la perte ou des changements). Pour résumé disons que tout le monde y gagne : inscription plus simple pour les utilisateurs, moins de complications pour les éditeurs de services compatibles (tout en conservant la gestion du profil), plus de fidélisation pour les fournisseurs du système (Facebook et Google).

Je vous invite donc vivement à tester ce système et surtout à mettre à jour vos profils Facebook et Google.

Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?

Pour simplifier une explication longue et laborieuse, et pour éviter tout dérapage dans la discussion, nous partirons du principe que le web 3.0 marque une rupture dans nos usages du web (après l’introduction d’une nouvelle dimension sociale par le web 2.0) en apportant des évolutions majeures comme la connexion pervasive, le cloud computing, le nomadisme et la disparition de la frontière entre logiciels et sites web au profit de modèles plus agiles comme les applications en ligne et les clients riches (Rich Descktop Application).

Il y a netbook et netbook

Avant de continuer je souhaiterais (re)définir ce que j’entends par “netbook“. Il y a deux caractéristiques essentielles à prendre en compte : la taille et le prix de la machine. Ces caractéristiques nous permettent de bien délimiter le concept de netbook et d’éviter de brouiller l’argumentation qui va suivre avec des cas particuliers.

La taille est donc le premier critère : entre 7 et 9 pouces. Moins de 7 pouces et vous vous rapprochez de la taille des gros smartphones, plus de 9 pouces et vous vous rapprochez des ultra-portables. Je fais donc le choix d’exclure les machines de format 10 pouces qui s’éloignent à mon sens de la “philosophie” des netbooks pour essayer de concurrencer (avec beaucoup de mal) les ultra-portables. De même, les prochaines générations de machines au format 11 pouces sont à mon avis une hérésie qui risque de dangereusement cannibaliser les ordinateurs à bas prix et tirer la qualité vers le bas.

Un emcombrement beaucoup plus faible que les laptops

Le prix est également une seconde caractéristique structurante car les netbooks ne s’utilisent pas seuls, ils viennent en complément d’un autre ordinateur. Nous pouvons ainsi exclure les machines qui dépassent les 500 € car elles sont alors affichées au même prix que les ordinateurs d’entrée de gamme. Ne parlons même pas du futur Vaio P qui sera vendu à partir de 999 €, avec des versions au prix d’un Macbook Air (un comble !).

Nous pouvons argumenter des heures sur cette définition du netbook (moins de 9 pouces et moins de 500 €) mais elle est cependant nécessaire à l’argumentation du reste de l’article.

Les netbooks sont plus de gros smartphones que des petits ordinateurs

L’arrivée sur le marché du EeePC en début d’année dernière a marqué un tournant dans le marché des ordinateurs. Non pas parce que les technologies mises en oeuvre dans ces petits machines sont révolutionnaires mais plutôt parce qu’ils ont créé une nouvelle niche de marché qui va non seulement rapidement s’imposer comme un segment majeur mais également initier un nouveau mode de consommation de l’outil informatique et de l’internet.

Je m’explique : avant nous avions les téléphones mobiles et les ordinateurs. Puis les PDA sont venus s’interposer entre ces deux segments, rapidement remplacés par les smartphones. Ces derniers proposent un compromis intéressant entre les fonctions de téléphonie classiques (appels, SMS, répertoire…) et les fonctions d’informatique d’appoint (mail, web et consultation de documents). Je précise qu’il s’agit bien là d’un usage d’appoint car même si les Blackberry nous rendent de gros services, ils excellent surtout dans la rédaction de courts emails (réponses urgentes).

Puis est apparu l’iPhone qui a complètement retourné le marché en proposant une expérience utilisateur unique reposant sur les widgets mobiles (à mi-chemin entre applications et sites web). Rapidement copié par ses concurrents, l’iPhone semble avoir défini un modèle viable de ce qu’est un smartphone, de ce qu’il sait bien faire et de ce qu’il ne sait pas faire (principalement pour des contraintes d’affichage et de saisie).

Enfin, sont apparus les netbooks qui vont venir compléter ce tableau avec une proposition de valeur intermédiaire : idéal pour le mail et le surf en situation de mobilité, parfait pour la prise de note sur le terrain (dans les transports en commun ou lors de réunions / conférences), bien pour de la consultation / manipulation de documents bureautiques. Les documents bureautiques sont un cas d’usage important car ils illustrent bien les différences entre les 3 segments précités : vous créez un document bureautique sur votre ordinateur, vous le complétez sur votre netbook et vous le consultez sur votre smartphone. Bien évidemment vous pourriez argumenter qu’il est tout à fait possible de créer un document bureautique sur un netbook mais avouez que ce n’est pas l’idéal : vous imagineriez-vous rédiger le diaporama du rapport annuel de votre société sur un EeePC ? Bon de toute façon la définition de Wikipedia est formelle : “frappe ou rectification de texte épisodique, vérification et modification de tableaux de chiffres, graphiques ou présentations animées“.

Netbook + 3G = une condition nécessaire

Pour le moment la plupart des netbooks sont vendus “nus” ou au mieux avec une clé de connexion 3G. Tout comme cela a été le cas pour l’iPhone, la valeur ajoutée des netbooks sera d’autant plus grande s’ils sont connectés en permanence et de préférence sans limite de débit. À partir du moment où seront généralisées les packs netbooks + abonnement, les usages commenceront à évoluer pour s’adapter aux caractéristiques de ces machines (très faible encombrement, bonne autonomie…).

Le collaborateur nomade (ou l’utilisateur lambda) trouvera alors dans les netbooks un outils formidable pour garantir l’intégrité de sa vie numérique et donc par rebond de sa vie numérique sociale. Et c’est très certainement cette dernière qui risque de pousser l’adoption. Imaginez un petit appareil qui tient dans votre sacoche (pas la peine de se trimballer ces immondes sacs noirs en nylon renforcé) ou votre sac à main et qui vous permet d’être connecté en permanence à vos messageries (emails ou instantanée), à Facebook, Skype, Deezer, FlickR, YouTube, Netvibes, Twitter… que vous pourriez emmener en week-end, en vacances…

Suis-je en train d’affabuler ? De décrire un comportement d’hyper-geek parisien ? Pas si sûr : souvenez-vous au tout début de la téléphonie mobile ou des Blackberry, nous étions loin de nous douter des bouleversements et de l’addiction qu’ils allaient engendrer. Je suis plus que convaincu qu’il en sera de même pour les netbooks, nous les retrouverons partout car ils vont bénéficier de deux phénomènes : l’informatique low cost (initiée il y a quelques années avec le PC à 100$) et les plateformes sociales mobiles / locales (prolongement naturel des réseaux sociaux).

Votre sésame pour le SaaS et le cloud computing

Même si elles gagnent petit à petit en popularité, les applications en ligne sont encore largement minoritaires par rapport aux applications traditionnelles (installées sur votre disque dur). Par contre, à partir du moment où les netbooks vont commencer à être massivement déployés (en entreprise comme chez les particuliers), les rapports de force ne sont plus les même car ces machines donnent aux applications en ligne un formidable appel d’air (la connexion permanente résolvant le problème de disponibilité) et pénalisent les applications plus lourdes (qui réclament plus de puissance). Il y a donc fort à parier que la croissance du marché des SaaS sera liée à celle des netbooks.

Et ceci est encore plus vrai avec le cloud computing : à partir du moment où vous devez jongler entre plusieurs ordinateurs / périphériques, la meilleure façon de gérer la synchronisation des données est encore de ne pas les stocker sur vos disques durs. C’est là où les services et applications reposant sur le principe du data on the cloud prennent toute leur importance. Peut-être pas pour vos photos de vacances, mais pour vos emails ou vos documents de travail (à travers des espaces de travail collaboratifs).

En poussant ce raisonnement un peu plus loin, on se dit que les netbooks pourraient également être les meilleurs ambassadeurs de l’Entreprise 2.0 et sa myriade d’outils décentralisés (blogs internes, wikis…). Autant il est très compliqué de “nomadiser” l’ensemble des collaborateurs d’une équipe ou d’une structure (tout le monde ne peut pas travailler sur un ordinateur portable), autant il serait bien plus simple d’équiper ceux qui le demandent / requièrent avec un netbook. Surtout les machines propulsées par Linux : un OS économique, léger, facile à paramétrer / gérer (pour les administrateurs) et à l’abri des virus et autres cochonneries qui traînent sur la toile.

À la recherche de l’OS parfait

Nous en venons maintenant à parler du grand inconnu de ce tableau : le système d’exploitation. Autant il est hasardeux de vouloir faire tourner Windows (ou Mac OS) sur ces machines pour les raisons évoquées plus haut (puissance…), autant les premières versions des distributions Linux livrées avec les machines ne sont pas très convaincantes. Même si les choses évoluent et que l’on commence à voir arriver des distributions spécialement adaptées aux netbooks (comme la Ubuntu Netbook Remix), les choses n’avancent pas aussi vite qu’elles le devraient compte-tenu des enjeux.

L'écran

L'écran d'accueil d'Ubuntu Netbook Remix

Car avec des millions de machines déjà en circulation et toutes celles qui seront vendues dans les prochaines années, ce sont des dizaines de millions d’utilisateurs qui pourraient être autant d’abonnés à des services à valeur ajoutée : stockage et synchronisation, alertes… Regardez ce que fait Apple avec son MobileMe et vous pourrez en déduire les innombrables possibilités de services associables à ces netbooks connectés en permanence.

L’idée serait de proposer un ensemble de services directement au niveau du système d’exploitation. Des services qui seraient personnalisables en fonction des besoins de chacun. Quelque chose à mi-chemin entre les systèmes de widgets actuels et Netvibes. Vous le voyez venir ? Tant mieux, ça veut dire qu’il y en a qui suivent ;-) Cette idée n’est pas neuve car il y a déjà du monde sur le créneau : Jolicloud, dont Tariq Krim est à l’origine (le fondateur de Netvibes).

Imaginez un système d’exploitation beaucoup plus convivial et simple d’utilisation. Un bureau personnalisable où vous auriez un accès direct à un ensemble d’informations et de services (emails, flux RSS, Tweets, alertes Facebook…), des raccourcis vers vos documents et fichiers partagés. Ce bureau présenterait une forte valeur pour les éditeurs de services et intermédiaires marchands qui pourraient subventionner une partie du prix de la machine pour avoir l’opportunité d’être présents par défaut (comme les fournisseurs d’accès à internet il y a quelques années).

Un scénario réaliste car la bataille se gagnera bien au niveau du système d’exploitation maintenant que les utilisateurs disposent de plusieurs browsers alternatifs. La finalité ne serait pas de proposer le plus de fonctionnalités gratuites possibles mais plutôt de mettre en avant un ensemble de services à valeur ajoutée qui seraient facturés sous forme d’abonnement. Partant du principe que les constructeurs ne se risqueraient pas en dehors de leur métier d’origine (hardware et un peu de software), il y a donc de la place pour un éditeur d’OS dédiés aux netbooks.

L’idéal pour cet éditeur serait de pouvoir se réserver un canal de communication direct avec les utilisateurs, un mécanisme de push qui pourrait être monétisé avec des éditeurs de contenus ou des services locaux. Mais ce modèle n’est pas tout à fait nouveau, il existe déjà pour la téléphonie mobile sous la forme des portails officiels (du type i-mode & cie). Nous pourrions même envisager un système de micro-paiement associé à l’abonnement. Oui les possibilités sont nombreuses et tout reste à inventer / recycler.

Une configuration idéale pour les enfants

Pour vous convaincre de la viabilité de ce dispositif, imaginez ce que cela pourrait donner avec le “marché” des enfants. Normalement vous êtes comme moi : hyper stressé à l’idée que votre progéniture brutalise votre outil de travail sous prétexte que Lapin Malin a du mal à comprendre ce qu’il/elle essaye de lui faire faire. Comment faire alors pour faire découvrir l’informatique aux plus jeunes ? Les netbooks bien sûr : pas trop chers, pas trop encombrants, avec un clavier adapté à leurs petites mains et une puissance largement suffisante pour faire tourner quelques logiciels ludo-éducatifs.

Et c’est là où ça devient intéressant, plutôt que de continuer à vendre des DVD au travers de canaux de distribution toujours plus gourmands, les éditeurs de ces logiciels pourraient envisager différentes options :

  • Continuer à vendre du logiciel, mais avec un format adapté : les cartes mémoires (dignes successeurs des cartouches de jeux) qui pourraient être expédiées gratuitement par la poste (car très faible encombrement).
  • Basculer sur un mode abonnement où l’enfant recevrait régulièrement des mises à jour en fonction de ses progrès ou des saisons. Ces mises à jour pourraient être téléchargées sur le web par les parents ou bien se faire de façon silencieuse dans un environnement sécurisé comme celles proposées par Kidzui.
  • Subventionner une machine « habillée » aux couleurs des mascottes de la marque (Adibou, Lapin Malin…) et la commercialiser avec un abonnement.

Comme vous pouvez le constater il existe de nombreux scénarios tout à fait viables et surtout bien mieux adaptés aux problématiques actuellement rencontrées par les éditeurs (piratage, vampirisation des marges par les distributeurs…).

Google, l’acteur de l’ombre qui pourrait bien s’imposer

Et Google dans tout ça ? Depuis le début de l’article je n’ai pas abordé le sujet mais Google pourrait jouer un rôle très important dans l’écosystème des netbooks :

Bref, Google pourrait bien être l’acteur de l’ombre qui pour le moment se fait très discret avant de passer à une phase beaucoup plus offensive. Meilleur scénario : une offre intégrée comprenant une machine propulsée par un Google OS associée à une offre d’abonnement double Wifi + 3G sur le réseau Google (encore à monter / racheter).

Bien sûr il y a d’autres acteurs en course (Microsoft, Yahoo!…) mais Google me semble être celui qui pourrait le plus rapidement s’imposer sur ce créneau.

Conclusion

Je pourrais parler de ce sujet pendant des heures tellement le potentiel est gigantesque. Encore une fois, la vraie valeur ajoutée des netbooks repose plus sur les nouveaux usages que sur la transposition d’usages existants (bureautique traditionnelle en situation de mobilité). Tout reste à faire dans ce marché encore embryonnaire où les efforts sont pour le moment essentiellement concentrés sur le hardware (terrible course à l’innovation sur les processeurs, les disques SSD, l’autonomie…) lorsque les plus belles marges pourraient être réalisées sur du service.

Native Client, la technologie RIA de Google qui risque de faire long feu

La sortie de Native Client, une technologie encore expérimentale du Google Labs, est passée complètement inaperçue à quelques rares billets près. Le problème n’est pas que les blogueurs soient peu inspirés par cette nouvelle, mais plutôt que ce produit a tellement été mal présenté au public que personne ne sait trop à quoi ça va servir. Pour information il m’a fallu près de deux semaines de cogitation avant d’attaquer la rédaction de ce billet.

Pas réellement un concurrent de Flash ou de AIR

Force est de constater que ce nouveau produit est plutôt obscur, que les explications sont rares et que même les équipes à l’origine de ce projet sont incapables de fournir une explication claire (cf. Native Client: An OS in Your Browser). Pour faire simple, Native Client est une extension que vous installez sur votre ordinateur pour pouvoir exécuter au travers de votre navigateur des applications en ligne écrites en code natif (C ou C++). Si vous avez le courage vous pouvez toujours lire l’annonce officielle mais vous n’y apprendrez pas grand chose de plus : Native Client, A Technology for Running Native Code on the Web.

Ne vous y trompez pas, même s’il est beaucoup question de RIA, NaCl n’est ni un plugin à la Flash ou Silverlight, ni un runtime à la AIR. Ce n’est pas non plus une technologie qui exploite une machine virtuelle à la JavaFX et pour finir c’est encore moins un mini-système d’exploitation. En fait c’est un peu tout ça à la fois (bien que pas tout à fait). Lire à ce sujet : Why Google Native Client is not a Flash competitor.

En tout cas le moins que l’on puisse dire c’est que Native Client laisse un certain nombre d’observateurs avertis très sceptiques : Google Native Client: A Game Changer or an Also-Ran? et Google Native Client: web deluxe, or ActiveX redux?.

Avec Native Client ne gaspillez plus la ressource de votre processeur

Pour bien comprendre tout l’intérêt de Native Client (NaCl pour les intimes), il faut se pencher sur l’architecture des ordinateurs et surtout sur le fonctionnement des plug-in. Pour faire simple un ordinateur est composé de couches matérielles (la carte mère, le processeur, la carte graphique…) et de couches logiciels (le système d’exploitation, les applications…). Quand vous consultez une interface riche en Flash, celle-ci repose sur du code qui est interprété par le plug-in, par le navigateur, par le système d’exploitation et finalement par le processeur. Ce dernier traite l’instruction et remonte un résultat dans l’autre sens. Toutes ces couches sont autant d’intermédiaires qui traduisent, interprêtent et ne font que vous gaspiller de la ressource (mémoire et puissance de calcul). Voilà pourquoi les animations 3D exécutées dans Flash vous paraissent minables comparé à ce que votre carte graphique est capable de faire.

Avec Native Client, la promesse est de ne plus gaspiller cette ressource en évitant les intermédiaires (les différentes couches logicielles) et de faire en sorte que les applications en ligne exécutées dans votre navigateur ne soient que 1% moins lentes que celles qui sont installées sur le système d’exploitation. Lire à ce sujet l’excellent mais très technique article de Samy : Avec Native Client, Google invente l’OS dans le navigateur.

Si la promesse est belle (des performances sans commune mesure) et l’exploit technologie réel, il y a une contre-partie : les applications en ligne doivent être développées en C ou C++. Et c’est là où ça coince : le C et le C++ sont des langages de programmation contraignants qui ne sont pas réellement adaptés aux interfaces riches. Il existe maintenant de nouveaux langages beaucoup plus sophistiqués qui se sont imposés sur ce créneau avec des environnement de développement dédiés beaucoup plus productifs (à l’image d’Eclipse ou de Flex Builder). Donc concrètement pour bénéficier des performances de NaCl il faut revenir 20 ans en arrière et se réapproprier des langages qui font dramatiquement chuter la productivité. En clair il va vous falloir beaucoup plus de temps pour développer la même application. Tout ça pour quoi ? Pour de  meilleures performances, mais est-ce que la performance est réellement un problème ?

PS : Ceci est une tentative naïve de l’auteur d’expliquer de façon simple le fonctionnement des ordinateurs pour pouvoir mieux comprendre la prise de position sur NaCl. Les premières versions de cette explication étaient approximatives et ont engendrés des commentaires très aggréssifs qui ont polués la discussion avec un débat de forme (”le C n’est pas mort et il est plus performant que Java”) au détriment d’une discussion de fond (NaCl est une belle avancée technologique mais qui ne trouvera pas forcément son public dans la mesure où les usages de l’outil informatique sont amenés à beaucoup changés dans les prochaine années, notamment avec les approches centrées sur la collaboration de l’Entreprise 2.0).

Le faux débat de la performance

Oui, la performance est importante, car il en faut pour faire tourner dans votre navigateur des applications équivalentes à ce que vous avez sur votre disque dur. Mais d’un autre côté est-ce que c’est un but légitime ? Traduction : Quel est l’intérêt de faire tourner Word 2007 dans votre navigateur quand un wiki peut vous apporter un bien meilleur service ? Quel est l’intérêt de faire tourner un mastodonte comme Photoshop dans votre navigateur alors que dans 90% des cas vous pouvez vous suffir de Photoshop Express ou de Picnick ?

Nous entrons ici dans la partie délicate de la discussion autour de NaCl, la partie où l’on va se rendre compte que cette technologie est surtout révolutionnaire pour les éditeurs de logiciels, pas pour les concepteurs d’interfaces riches. L’industrie du logiciel est en effet en train de se scinder en deux clans : d’un côté les applications lourdes (Photoshop, 3DSMax…) qui sont avant tout destinées à un petit nombre de professionnels spécialisés dans un domaine et nécessitant beaucoup de ressources (mémoire, puissance de calcul, capacité de stockage…), de l’autre des applications plus légères (SalesForce, Basecamp…) qui sont avant tout orientées collaboration et qui consomment très peu de ressources. Le modèle SaaS est donc parfaitement adapté à la seconde catégorie avec des technologies parfaitement maîtrisées (HTML + Javascript, Flash…) qui ne posent pas de problème de performance.

Vous pourriez me dire que le débat sur la performance est revenu sur le devant de la scène avec la mode des ordinateurs low cost (les EeePC et autres netbooks) qui ne disposent pas du tout de la même puissance de calcul. Pour ce segment bien particulier il serait intéressant de voir s’il est rentable d’adapter des applications desktop existantes pour les reformater aux contraintes de ces ordinateurs (petit écran…). Mais encore une fois la solution se trouve plutôt dans une nouvelle approche de l’outil informatique (avec les intranets wikifiés et les mashups d’entreprise) plutôt que dans l’exploit technique de faire tourner Office 2007 et Vista sur un EeePC.

Ceci est d’autant plus vrai que les dernières versions de navigateurs comme Firefox, Opera ou Chrome ont fait un bond spectaculaire et ont réussi à décupler les performances d’exécution de code Javascript. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, les plug-in progressent aussi à pas de géant puisque Flash 11 et Silverlight 3 devront également marquer une nette rupture de performance avec une prise en charge beaucoup plus poussée de l’accélération matériel, donc un recours plus intensif aux composants hardware (notamment la carte graphique) et moins de gaspillage de mémoire. Ca ne vous rappelle rien ? Bref, toutes ces améliorations à venir nous font relativiser le gain de performance annoncé par NaCl. Mais bon… l’idée n’est pas neuve car Microsoft avait tenté d’introduire une technologie équivalente avec les fameux ActvieX (cf. Google Native Client : Un ActiveX-Like ?) et n’oublions pas non plus que le javascript a ses limites (cf. L’invasion des machines virtuelles).

Donc au final NaCl doit être avant tout considéré comme un environnement d’exécution et de déploiement révolutionnaire car il permet aux éditeurs de ne développer qu’une seule version de leurs applications et de les distribuer via le web (en évitant les circuits de distribution classique avec boîtes et DVD). Vous noterez au passage que cette solution n’a été rendu viable que depuis l’adoption d’une architecture commune (x86) par les constructeurs et éditeurs de système d’exploitation (Microsoft / Windows, Apple / Mac OSX, Linux). Pour en savoir plus sur le potentiel de NaCl dans ce domaine je vous recommande cet article de Louis Naugès : Web 2.0, Lla marginalisation, définitive, de Windows sur les PC.

C’est quoi déjà une interface riche ?

Mais revenons à nos moutons : les interfaces riches. Dans la vision de Google, les interfaces riches sont avant tout destinées à être exploitées dans le cadre d’applications en ligne. Mais cette vision est très réductrice car que fait-on des innombrables interfaces riches qui reposent sur de la vidéo, des animations, du son, des transitions et autres effets spéciaux ?

Même si Native Client intègre un moteur de rendu vectoriel, Flash (et dans une certaine mesure Silverlight) reste la technologie la plus appropriée et de très loin pour faire ce type d’interface. Est-ce que vous vous imaginez faire un carrousel, un configurateur ou un assistant au choix en C ou C++ ? Non bien évidement car ce n’est pas pour cela que ces langages ont été conçus. L’avantage de Flash est d’autant plus net qu’il est couplé avec un environnement de production parfaitement adapté à ce type d’interface ainsi qu’une infinité de bibliothèques prêtes à l’emploi pour gagner du temps. Vous noterez que l’approche de Google centrée sur les applications en ligne se vérifie également avec d’autres produits comme GWT, un framework Ajax qui est exclusivement tourné vers une logique applicative.

Bref, ce n’est pas demain que nous allons voir des studios de production comme 2advanced, Blitz, Megalos ou Soleil Noir abandonner Flash pour faire du C. Ces studios sont capables de faire des prouesses que le C n’autorise pas.

Conclusion

Si nous résumons :

  • NaCl n’est pas un plug-in, c’est un projet encore expérimental qui n’est même pas en phase alpha ;
  • NaCl n’est pas un mini-système d’exploitation, c’est un complément qui permet de court-circuiter des intermédiaires pour profiter des pleines performances du matériel ;
  • NaCl n’est pas concurrent de Flash ou Silverlight qui sont bien plus performants pour faire de belles interfaces riches ;
  • NaCl dépend de langages de programmation (C et C++) qui sont plus plus performant mais plus contraignant ;
  • NaCl propose une approche tout à fait intéressante de la distribution de logiciels, mais les gros éditeurs disposent de leviers très puissants (accords cadres, partenariats, lobbying…) pour défendre leur modèle de distribution (et je ne parle pas que de Microsoft).

Voilà pourquoi NaCl va très certainement chambouler la longue traîne de l’industrie logiciel bien que cette technologie ne soit en l’état pas viable pour survivre sur le marché des RIA. Marché déjà bien encombré avec FlashSilverlightJavaFX ou des acteurs de niche comme Curl ou Unity3D (respectivement pour des applications en ligne d’entreprise et pour des jeux en 3D comme Cmune).

Reste donc deux possibilités : Soit Google fait fortement évoluer son produit pour le rendre réellement attractif (en expliquant clairement ce à quoi il sert et ce qu’il n’est pas), soit NaCl restera une expérimentation intéressante mais qui sera confinée à un usage interne chez Google.

Mes 9 prédictions pour 2009

Suite à un précédent billet qui faisait le point sur mes prédictions 2008, je me lance une nouvelle fois dans le périlleux exercice des prédictions.

1/ Montée en puissance des plateformes sociales BtoB

Ça a commencé avec la consécration de Yammer au Techcrunch50, ça se poursuit avec le lancement de Bluehouse par IBM, ça se confirme avec la nouvelle version de blueKiwi : le salarié est un animal social et il a besoin d’outils adaptés pour assouvir ses besoins (de sociabilisation). Au delà des outils qu’il est possible de mettre à disposition des collaborateurs (au sein d’une entreprise ou d’un groupe), c’est dans les liens sociaux inter-entreprises que le gros du potentiel réside. Un Facebook pour les entreprises ? Non, soyons sérieux, plutôt quelque chose à mi-chemin entre LinkedIn et AppExchange avec une bonne dose d’open source (ou du moins pas entre les mains d’un seul acteur) et une couche de micro-partage. Imaginez ainsi le potentiel que représenterait la rencontre entre médias sociaux et entreprise 2.0.

2/ Explosion des réseaux sociaux locaux

2008 aura été témoin de l’explosion de deux lames de fond : la domination des réseaux sociaux et le retour en force des services mobiles. Croisez les deux et vous obtenez des réseaux sociaux locaux comme DodgeBallBrightKiteLoopt Moximity et des services français comme DisMoiOù et Webcity. Plus de proximité, plus de facilité pour faire du ciblage comportemental (géographique ?), plus de points de contact avec les utilisateurs… les arguments sont nombreux pour s’intéresser de près à cette alternative aux réseaux traditionnels. Et les services connexes comme Peuplade ou Ma résidence en bénéficieraient grandement (ou inversement).

3/ Démocratisation des applications sociales

Vous connaissiez déjà Kidzui et Pikluk pour les enfants (cf. Les applications sociales à l’assaut des enfants et des parents) ? Vous utilisiez déjà Twhirl et AlertThingy ?  Alors vous passerez bientôt à SocialU car vous ne supportez pas l’idée de ne pouvoir maîtriser votre social stream, le flux de vos activités sociales. Et oui, parce que ça commence à faire beaucoup de services à alimenter / surveiller. Bref, autant le dire franchement : la fenêtre de votre navigateur est trop petite pour pouvoir gérer cette multitudes de réseaux sociaux, systèmes de publication / partage… Il vous faut quelque chose de plus robuste, quelque chose de plus sécurisé, quelque chose de plus… industriel. Et c’est là où les applications sociales entrent en scène et vont venir s’incruster durablement sur votre desktop.

4/ Retour en force des experts

Avec la montée en puissance du social shopping (des recommandations par millions) et la croissance soutenue du e-commerce (des boutiques en ligne par milliers), l’offre n’a jamais été aussi riche… et le choix aussi complexe. Ceci s’en ressent surtout dans les produits technologiques où faire un achat réfléchi requiert un investissement à temps plein (identification des offres, études des alternatives, comparaison, pondération…). Heureusement les experts sont là : blogueurs plus vraiment amateurs, vendeurs passionnés ou acheteurs débordant d’empathie, les experts sont partout (si l’on se donne la peine de les chercher). Ici il n’est plus question du consensus des internautes anonymes mais plutôt de l’avis d’un individu socialement impliqué. Leurs conseils valent de l’or car ils ont une connaissance encyclopédique et l’expérience du terrain (en fouinant dans les magasins ou en s’appuyant sur un réseau d’informateurs). Jetez donc un œil à un blog de niche comme Blogeee pour vous rendre compte du niveau.

Les experts seraient-ils l’incarnation de l’influenceur ? Probablement, car ici ce n’est pas l’audience qui compte mais l’implication (le nombre d’heures passées à compiler des news, des données brutes et à débattre dans les forums). Bref, les marques ont bien compris leur intérêt et elles les chouchoutent même dans des séances de speed testing. Mais entendons-nous bien : il s’agit là d’experts qui avancent à visage découverts et entendent vivre pleinement de leur passion. Ne vous offusquez donc pas de voir de la publicité ou des liens sponsorisés, c’est le revers de la médaille. Mais qui s’en plaindra si le conseil est bon ? Certainement pas moi (ni vous) car un achat réalisé en toute sérénité ça n’a pas de prix (sans mauvais jeux de mots).

5/ Invasion des casual games

Plus aucun doute : après la musique, les vidéos et les widgets, les casual games sont le prochain levier d’audience. Des géants du web comme Amazon (qui investi dans Kongregate et Reflexive) ou Google (qui vient de lancer son offre d’In-Game Advertising) en passant par des régies comme Hi Media (GameOnly) ou des acteurs plus traditionnels comme Ubisoft (MissDécouverte) ou Sega (PlaySega), les casual games sont au centre de nombreuses attentions. Pourquoi le jeu ? Parce que tout le monde aime jouer, parce que ça sociabilise et parce que c’est facilement monétisable. Surveillez de très près également les social games qui envahissent les réseaux sociaux et même les mobiles (cf. Zynga Launches the Ultimate Time Waster: Live Poker for the iPhone).

6/ Multiplication des MMOs franchisés

Si les casual games sont là pour divertir les foules, les MMOs (jeux en ligne massivement multi-joueurs) sont là pour combler les exigences des hardcore gamers. Ça a commencé il y a presque 10 ans avec Ultima Online, ça c’est confirmé avec Wolrd of Warcraft, l’avenir du jeu vidéo est en ligne. Fort de ce constat de nombreuses licences prestigieuses sont en train de rattraper leur retard et de débarquer en force sur le créneau : Warhammer, Conan, Lord of the Rings, Star Wars, Star Trek, Stargate, DC Universe… tous seront au rendez-vous en 2009, et peut-être même Harry Potter. Il ne reste plus à ces éditeurs qu’à mieux comprendre le potentiel du free-to-play et l’explosion sera encore plus puissante.

7/ Montée en puissance des objets trans-réels

Pour le moment seuls les industriels du jouet se sont lancés dans une exploitation à grande échelle des objets trans-réels (objets physiques qui possèdent également un double virtuel à l’image des Funkeys). Lancée par Webkinz, la mode des univers virtuels faisant usage d’objets trans-réels semble être contagieuse car des géants comme Mattel (avec Barbie Girls), Hasbro (avec Littlest Pet Shop) ou Disney (avec Pixie Hollow et bientôt World of Cars) semblent vouloir s’imposer en force. Si ça fonctionne pour les jouets, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas pour les objets de la vie courante comme les fringues (vos t-shirt personnalisés avec un mobile tag) ?

8/ Émergence d’applications mobiles 2.0

J’ai déjà abordé le cas des réseaux sociaux locaux, mais les applications mobiles sociales de seconde génération (post SMS et version mobile des réseaux sociaux issus du web) sont déjà là : micro-messenging géolocalisé comme les très ambitieux Friend View de Nokia ou oneConnect de Yahoo!, MMTRG comme Wifi Army ou Parallel Kingdom (qui vient de lancer sa version iPhone), P2P-Leveraged Mobile Live Streaming… les domaines d’application du mobile 2.0 sont nombreux, d’autant plus que les smartphones représentent maintenant près de 20% du marché.

9/ Retour sur le devant de la scène de Microsoft

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Microsoft ne parvient pas à passionner la blogsophère comme savent le faire Google ou Facebook. Il faut dire que sa posture de suiveur réactif l’a poussé à sortir des services sans grande valeur ajoutée comme Live Search Maps ou Expo Live. Oui mais voilà, Microsoft carbure au diesel : long à démarrer mais terriblement endurant. Les équipes de Redmond ont mis du temps à sauter dans le train des médias sociaux mais elles rattrapent petit à petit leur retard avec des services comme Live Home ou Live Photos. Mieux, elles arrivent à surprendre avec des initiatives particulièrement inspirées comme Photosynth ou WorldWide Telescope.

Pour de nombreuses personnes, Microsoft est un géant endormi. Rien que l’évocation du nom “Microsoft” fait ressurgir de douloureux souvenirs liés aux nombreuses frustrations engendrées par 20 années de suprématie de Windows et Office. Mais pour d’autres, Microsoft c’est aussi la Xbox et sa nouvelle “Experience“, Guitar Hero, les nuits passées sur Xbox Live, le Zune (qui n’a jamais traversé l’atlantique)… Microsoft c’est également des projets très ambitieux comme le tout nouveau Microsoft Store, Windows Azure ou Live Mesh. Microsoft c’est enfin des innovations technologiques tout à fait convaincantes comme Surface, Sphere ou encore TouchWall.

Bref, le nouveau Microsoft est bientôt là, il ne se contentera plus d’être un fast follower et il a toujours 50 milliards de $ en caisse. Rendez-vous compte : 50 milliards de $ c’est assez pour racheter Yahoo!, Facebook ET General Motors (cherchez l’intrus) !

 

Voilà, ça fait 9 prédictions pour l’année 2009. N’hésitez pas à rajouter les vôtres dans les commentaires.

En tout cas 2009 sera une année passionnante, j’en suis certain. J’espère que vous partagerez avec moi cet enthousiasme et que j’aurai la motivation pour continuer à bloguer toutes ces transformations qui sont en cours.

Lively deviendra-t-il une plateforme de jeux ?

Voilà maintenant 3 mois que Google a sorti son univers virtuel (Lively). 3 mois pendant lesquels leurs équipes ont travaillé à l’enrichissement de cette plateforme (cf. Lively, un potentiel encore insoupçonné ?). Alors que les spéculations allaient bon train, Kevin Hanna (le directeur de création) a récemment fait une déclaration surprenante : Une API sera prochainement déployée pour pouvoir intégrer des gadgets interactifs (cf. Hanna Talks Google Lively’s Game API Extensions).

“Gadgets interactifs” ? Oui tout à fait, des gadgets interactifs qui permettraient à des développeurs indépendants de publier des jeux au sein de l’univers. Pettie précision, ces “gadgets interactifs“ sont une version évoluée des “gadgets” déjà supportés qui permettent d’encapsuler de la vidéo. De là à interpréter cela comme une Game API, il n’y a qu’un pas : Lively, a Future Platform for Online Games.

Une vidéo encapsulée dans Lively

Bientôt une 3D Game API ?

Plus intéressant, ce même Kevin aurait donné plus de détails lors d’une interview accordée à Games Industry :

  • Cette API permettra d’intégrer des jeux en 2D mais devrait rapidement évoluer pour pouvoir encapsuler des jeux en 3D ;
  • Ils ne prévoient pas pour le moment de monnaie virtuelle mais un système de micro-transactions en mode P2P (une extension de Google Checkout ?) qui permettrait aux utilisateurs de… payer pour les jeux (cf. Google to Open Up Lively to Developers) ;
  • Les utilisateurs pourraient choisir entre plusieurs avatars en fonction de l’endroit où ils se rendent et de ce qu’ils vont y faire (cf. Will Lively Be a Game Platform?) ;
  • La plateforme Lively serait également exploitée pour un usage plus sérieux (cf. Google Looking at Lively for Enterprise?).

Lively dans un usage 'serious game'

Rich Internet Game ou Gaming Platform as a Service ?

Exploiter le plug-in de Lively comme un moteur graphique de jeu en ligne ? N’est-ce pas ce que l’on pourrait appeler un Rich Internet Game (par analogie aux Rich Internet Applications) ? Il faut dire que cette solution est plus qu’alléchante : pas de moteur physique à développer ou de plug-in complexe à faire installer, pas de système de paiement à implémenter, une très forte audience…

Bref, Lively pourrait potentiellement être considéré comme une plateforme de distribution, une sorte de Gaming Platform as a Service qui viendrait compléter  le App Engine réservé aux applications plus traditionnelles.

Bien évidement ne vous imaginez pas des jeux aussi sophistiqués que Far Cry II, mais plutôt des jeux à forte dimension sociale, des sortes de Social Games en 3D. Lively serait donc plus un concurrent pour Kongregate ou Shockwave et se différencierait ainsi des autres univers virtuels “légers” (cf. Un retour dans le browser pour les univers virtuels ?).

On se croirait presque dans un MMO !

Reste encore à Google d’assurer une bonne compatibilité de son plug-in (notamment avec Mac / Linux) et à développer une version plus robuste pour Chrome (car de nombreux problèmes de montée en charge subsistent encore). Et tant que l’on y est, pourquoi ne pas envisager une version mobile sur Android ?

Vers des comportements de recherche extrêmes ?

En à peine 10 ans Google est passé du statut de start-up dans un garage à celui d’ultra-leader incontesté de la recherche (il récolte tout de même près de 90% des parts de marché en France).

Nous ne discuterons pas ici des raisons de cette adoption massive et sans précédent mais plutôt des dérives comportementales que cela entraine. A commencer par une modification profonde des habitudes de recherche : les internautes font de plus en plus confiance à Google et à la pertinence légendaire de son moteur.

Illustration avec les résultats plutôt inquiétant de cette étude menée par Think Eyetracking : Has Google gotten better? (via GrokDotCom). Elle démontre un changement notable dans la façon dont les internautes cherchent et surtout parcourent la page de résultats :

Hé oui, l’attention est maintenant fortement concentrée sur les trois premiers résultats (et non plus les 5 comme c’était le cas d’une précédente étude menée en 2005).

Que pouvons-nous en déduire ? Que les internautes apprennent à mieux se servir d’un moteur de recherche et qu’ils préfèrent affiner leur équation de recherche plutôt que de devoir fouiller dans la liste. Gloups ! Un changement plutôt inquiétant en si peu de temps (3 ans). Comment vont-ils se comporter en 2011 ? Ils ne regarderont pus que le premier résultat de la liste ?

Déjà que la compétition sur les mots-clés était rude, avec ce type d’étude les enchères risquent d’être encore plus acharnées !

En tout cas je me réjouis de cette étude car me permet de faire le lien avec une théorie que j’avais publié il y a plus de 2 ans sur les comportements de recherche extrêmes : Vers la règle du clic unique ?.

Y aura-t-il un avant et un après Google Chrome ?

Google a lancé hier son navigateur web (Google Chrome), cette information a déjà été largement commentée sur quasiment l’ensemble des blogs de la planète. Une vague sans précédent d’analyses et d’affabulations qu’il serait grand temps de rectifier : Google Chrome n’est ni un Web OS ni un Windows Killer. A la limite ce n’est qu’une étape (logique) de plus dans un processus de transformation initié il y a quelques années.

Dans tous les cas de figure, il faut plus que jamais savoir lire entre les lignes et anticiper les bonnes transformations.

Avions-nous besoin d’un nouveau navigateur ?

Avant toute chose je tiens à préciser que j’ai été grandement impressionné par ce tout nouveau Chrome (qui n’est qu’une version beta d’un produit qui sera officiellement lancé dans quelques mois) : rapide et très simple d’usage, c’est une authentique réussite.

Mais en creusant la question, je me rends compte que Firefox ou Opera sont des navigateurs ayant eux aussi fortement impressionné la communauté à leurs débuts. La toute dernière version de Firefox est ainsi tout à fait stable, rapide et sécurisée. Il est en plus possible de le coupler avec Google Gears (ou Prism) pour qu’il puisse prendre en charge le mode offline des applications en ligne.

Certes il y a cette gestion de la mémoire qui peut poser des soucis pour les navigateurs actuels, mais à qui ? Soyons honnête : qui avait réellement ressenti une gène parce que Firefox monopolise parfois plus de 200 Mo de mémoire vive ? Qu’est-ce que 200 Mo pour des ordinateurs qui en embarquent au moins 1 Go ? Bien évidement si cette gestion de la mémoire peut être améliorée c’est une très bonne chose, mais à part une poignée de développeurs chevronnés, qui s’en était réellement plaint avant ?

Idem pour l’interface : j’adore ces onglets qui sont positionnés au-dessus de la barre d’adresse, de même que la page de démarrage avec la mosaïque de sites web mais Opera propose ça depuis longtemps. Avez-vous pour autant abandonner votre navigateur habituel ?

Donc au final, tout s’améliore, mais le marché n’était pas réellement en attente d’un nouveau navigateur. Peut-être d’une nouvelle version de Firefox, mais pas d’un nouvel entrant.

Qui sont les gagnants, les perdants et les autres ?

Contrairement à ce que vous avez pu lire sur de nombreux blogs qui étaient visiblement pressés de tirer des conclusions hâtives, le lancement de Chrome ne va pas beaucoup menacé Firefox et IE. Du moins pas dans cette configuration de marché.

D’une part parce que Firefox est un navigateur issu de la communauté, c’est le bébé des internautes avertis. A une époque où les power users commencent à être de plus en plus inquiets de l’omniprésence de Google, pourquoi iraient-ils se jeter dans la gueule du loup en adoptant ce nouveau navigateur ? De plus, Google Chrome est jusqu’à preuve du contraire encore très largement limité en termes d’évolutivité et de fonctionnalités du fait de l’absence de prise en charge de plugins. Quand je vois ce qu’est capable de faire Firefox avec des extensions comme Greasemonkey ou Ubiquity, je me dis que Chrome est encore largement à la traine (mais où est la gestion des flux RSS ? Ou est l’équivalent de AdBlock ?). Bref, pas d’inquiétude pour le moment du côté de Mozila (cf. le billet du CEO : Thoughts on Chrome & More). Google a peut-être embauché les meilleurs ingénieurs de la planète, mais Mozilla de son côté a sû mobiliser une communauté conséquente qui sait faire preuve de réactivité. La preuve : une V3.1 est déjà programmée pour la fin de l’année et elle intègrera une machine virtuelle Javascript encore plus rapide que celle de Chrome : Firefox, Chrome already fighting over who’s faster.

D’autre part, parce que Internet Explorer est encore et toujours le navigateur web par défaut de l’ensemble des PC qui sortent sur le marché (et Safari pour les Mac). Firefox a réussi le tour de force de capter près de 25% de parts de marché, mais cela représentait les 25% des parts les plus faciles à capter. Á partir du moment où les utilisateurs lambda peuvent se connecter dans de bonnes conditions (et ils peuvent le faire avec IE 7), pourquoi changeraient-ils ? Je suis persuadé que s’ils n’ont pas installés Firefox ils ne seront pas forcément plus motivés pour installer Chrome. En fait, seul une réelle offre différenciante de la part de Google pourrait provoquer un report massif des utilisateurs. En attendant, ce n’est pas une version beta qui montre déjà des faiblesses (cf. A bug in Google Chrome et Bad News: Google Chrome Crashes Completely) qui va convaincre les utilisateurs les plus frileux. Et la situation en entreprise est encore pire : on y voit encore des version 6 d’IE.

Maintenant que ces deux acteurs là sont traités, intéressons-nous aux perdants :

  • Opera qui se retrouve maintenant encore plus isolé. De qui Opera est-il réellement l’alternative ? Quelle proposition de valeur est susceptible de faire la différence ? Difficile à dire. Même s’il reste encore à Opera des spécificités (gestion des widgets…), je suis très sceptique quant à leur capacité à séduire les utilisateurs. Par contre ils disposent de versions mobiles tout à fait convaincantes qui peuvent leur permettre de financer la R&D du desktop.
  • Adobe qui aimerait bien imposer Flash et AIR comme standards de création d’applications en ligne. La nouvelle machine virtuelle Javascript de Google Chrome couplée au framework GWT et à Gears représente ainsi une alternative tout à fait crédible avec des applications en ligne (voir plus loin). Mais il reste tout de même un marché des RIA largement assez grand pour que les comptes d’Adobe reste dans le vert.

Donc au final rien de très déstabilisant pour l’écosystème du web. De même, ce lancement va bénéficier à d’autres acteurs :

  • Apple et son Safari qui va indirectement revenir sur le devant de la scène et être enfin pris en compte par la communauté des développeurs (vu qu’il exploite le même coeur - Webkit - que Chrome).
  • Les partenaires de Google (comme Sales Force) et autres applications en mode Software as a Service qui ont optés pour une approche sans plugin voir pour les technologies Google comme GWT (à l’image de Contact Office). Ces acteurs vont forcément être ravi de l’arrivé de Google comme promoteur d’un navigateur léger, stable et rapide.
  • Amazon qui était le grand invité de la fête de lancement (longue démonstration du Smart search engine detection largement reprise par les médias). De toute façon Amazon est compatible avec tous les navigateurs…

Voilà, au final les perdants ne seront pas forcément ceux auxquels on pense en premier lieu. À moins que Google ne change de stratégie et ne sorte un Chrome V.1 sur-vitaminé avec une tonne de nouvelles fonctionnalités (et surtout des droits pour accéder aux couches basses de l’OS).

Chrome est une aubaine pour les applications en ligne

Au vue des premières secondes d’utilisation avec les applications en ligne made in Google (Gmail, Reader…) force est de constater que Chrome est taillé pour les applications en ligne : elles se comportent comme des applications traditionnelles (fenêtre autonome, lancement depuis le menu “Démarrer”, gestion isolé des ressources et de la mémoire…). Lire à ce sujet le billet suivant : Google Chrome: A browser for RIAs and a Firefox Killer.

Bon par contre cela ne règle pas le problème d’accès au hardware ou au disque dur (cf. Thinking about Google Chrome from a Flash/AIR Perspective) qui restent un des argument fort de AIR ou d’autres technologies de Rich Desktop Applications.

Chrome n’est pas un Web OS

Autant le dire tout de suite, la comparaison avec un éventuel Google OS relève plus du phantasme que d’autre chose. La preuve : Chrome se comporte comme une application (représentation fenêtrée et redimensionnement).

Des services comme Jooce ou Cloudo proposent une expérience bien plus proche de ce que doit proposer un Web OS et pourtant ce ne sont “que” des sites web ! Pour prétendre au titre de Web OS (ou de Google OS), il faut être en mesure de fournir les fonctions adéquats comme par exemple de la synchronisation de préférences (comme Mozilla Weave) ou de données personnelles (comme MobileMe).

La stratégie de Google est plus de rapatrier progressivement dans les navigateur des fonctionnalités qui sont historiquement prises en charge par le desktop (applications = mail, bureautique, calendrier… OS = stockage…). Mais c’est une stratégie de longue haleine qui a été initiée il y a de nombreuses années. Donc de ce point de vue là il n’y aura pas d’avant et d’après Chrome, il y plutôt un avant et un après Google.

Quels sont les scénarios d’évolution probables ?

Une fois que toutes ces précisions ont été apportées, passons maintenant aux scénarios d’évolution :

  • Couplage natif de Chrome avec les applications (Picasa, Earth, Lively, Desktop…) et services (Gmail, Reader, Notebook, Calendar, Maps…) pour en améliorer les performances et “forcer” l’adoption ;
  • Inclusion de Chrome dans les offres aux entreprises (toujours en prenant le prétexte des performances ou de la sécurité) ;
  • Développement ou rachat d’un OS basé sur Linux… et sur Chrome (notamment pour équiper le segment à très forte croissance des netbooks comme le Eee-pc).

Si vous voyez d’autres scénarios, n’hésitez pas à les développer dans les commentaires.

Google Chrome, le futur navigateur web de Google

Ça y est, la blogosphère vient de faire sa rentrée avec une annonce fracassante : Google va très prochainement sortir un navigateur web (Google Chrome). Voilà enfin la confirmation de ce projet secret dont on entend régulièrement parler à droite et à gauche.

Le scoop nous vient du très respectable blog Google Operating System dont le rédacteur a trouvé une étrange bande dessinée dans sa boite email : Google Chrome Comic Book.

Une version beta sera visiblement disponible dans la journée : A fresh take on the browser.

En quelques mots

Voici en quelques points-clés ce qu’il faut retenir de ce navigateur Made in Google :

  • Google Chrome est un navigateur basé sur Webkit (le moteur qui propulse Safari) ;
  • Ce navigateur est annoncé comme plus rapide grâce à une toute nouvelle machine virtuelle Javascript (le truc qui gère le comportement des pages) ;
  • Il est également annoncé comme plus performant grâce à une meilleure gestion de la mémoire et des processus (meilleure que qui déjà ?) ;
  • Ce browser est bien évidement open source (pour que la communauté puisse se l’approprier ;
  • Un soin particulier sera apporté à la sécurité et à la confidentialité.

Pour plus d’infos c’est ici :

Si vous savez lire entre les lignes : ils se sont mariés avec Apple et non avec Mozilla (qui reste tout de même un partenaire privilégié : Mozilla Extends Lucrative Deal With Google For 3 Years).

Le ton est donné dès la première page de la présentation (”nous démarrons de zéro“) :

Quelques améliorations apportées à l’interface et à l’expérience utilisateur

Outre ces détails techniques, ce sont les nombreuses améliorations apportées à l’interface qui sont intéressantes (mais que l’on a néanmoins vu sur Opera pour la plupart). À commencer par l’emplacement des onglets (au-dessus de la barre d’adresse) :

Il y a aussi une nouvelle page de démarrage (avec les favoris et l’historique) :

Il y a également la possibilité de complètement modifier l’interface (dans le cadre d’une application en ligne) :

Vous noterez également l’utilisation encore plus poussée de la fonction d’auto-complétion dans la barre d’adresse (qui tient compte de l’historique) :

Les premières captures d’écrans sont déjà là :

Premières pistes de réflexion

Google Chrome n’est pas encore disponible (encore quelques heures  à patienter) que les premières réflexions commencent à germer, notamment sur l’impact de ce nouvel entrant :

  • Il va maintenant falloir assurer une pleine compatibilité sur 3 navigateurs (Firefox, IE et Chrome/Safari qui était un peu délaissé) ;
  • Que va devenir Opera ? Peut-être un recentrage sur les versions mobiles ?
  • Que va devenir Safari ? Sera-t-il remplacé ?
  • Que va devenir IE8 ? Ce lancement va-t-il fortement contrarier la migration depuis IE7 ?
  • Jusqu’à quel point Google va-t-il intégrer ces services dans ce navigateur (Gmail, Docs, Knol, YouTube…) ? Et ces services annexes (Analytics, Trends, Checkout…) ? Et ceux de ses partenaires (Apple…) ?
  • Ce navigateur n’est-il pas un cheval de Troie qui va tranquillement nous mener vers un Web OS de Google (cf. This Is Web OS, Make No Mistake) ?
  • Mais pourquoi n’y a-t-il pas de boîte de recherche (cf. Google Chrome Search: anti-competitive lock-in or inspired thinking?) ?
  • (liste à compléter)

J’ai pour le moment un peu de mal à y voir clair dans les implications réelles de cette annonce (il faut dire qu’il est tard). Laissons-nous quelques jours pour y réfléchir plus profondément et surtout pour voir comment le marché va accueillir cette annonce.

Wikipedia - Wiki + AdSense = Knol = Squidoo = Mahalo

Gros débat en ce moment dans la blogosphère autour du lancement de Knol (et de Cuil dans une certaine mesure). Pour faire simple, disons que Knol est un outil de publication participatif (et non collaboratif). C’est en quelque sorte un Wikipedia sans le wiki.

Donc concrètement : N’importe qui peut éditer un article qui est soumit aux commentaires de la communauté (les visiteurs font donc des demandes de modification mais ne peuvent pas modifier eux-mêmes). Les pages créées peuvent générer des revenus aux rédacteurs s’ils souscrivent au programme AdSense. Les rédacteurs ne sont pas anonymes et doivent utiliser un compte Google authentifié. Nous somme donc en présence d’une alternative à des services comme Squidoo ou Mahalo plutôt que de Wikipedia. En fait la comparaison s’arrête là, Wikipedia et Knol sont deux services différents en termes d’objectif et de service rendu. Plus d’infos ici : Google Knol Launches, More Like Squioo than Wikipedia.

En lisant entre les lignes, vous pourrez vous rendre compte que Google poursuit sa transformation en éditeur passif : il fournit à la communauté des outils pour publier du contenu (Blogger, YouTube, Google Page Creator, Google Sites et maintenant Knol) qu’il se charge de monétiser. Certains y voient même la preuve que Google se transforme en un opérateur intégré capable de fournir les solutions d’édition (Knol, Blogger), de monétisation (AdSense) et de distribution (Search). Plus d’infos sur ce sujet ici : Knol for Google, It Is Not Evil, It Is Business.

Avec cette plateforme, Google cherche donc à prendre sa revanche sur Wikipedia dont il est de loin le plus grand artisan de la réussite : les articles de Wikipedia sortent très souvent en première position des listes de résultats (c’est un peu normal quand on a un Page Rank de 10). Le marché va donc être extrêmement vigilant sur la manière dont les articles de Knol seront indexés et affichés dans les listes de résultats. la logique (et l’éthique) voudrait que Google ne privilégie pas “ses” articles par rapport à ceux de Wikipedia (ce qui d’ailleurs n’est pas le cas avec YouTube et Blogger vis à vis de Dailymotion et Typepad).

En fait nous pouvons nous rassurer sur ce point en faisant confiance à la pertinence de l’algorithme de Google qui va naturellement filtrer les contenus inintéressants ou manquant de subtilité. Mais bon, dans la mesure où un usjet peut être traité par plusieurs auteurs, on se demande comment risque d’évoluer (cf. Google’s Knol: Evil and Doomed).

Et bien évidément, les premières critiques sont déjà là : Google Knol starting to smell spammy. Mais il faut dire que les spammeurs ne manquent pas de réactivité et Wikipedia est pas victime de publicités déguisées et autres dérives mercantiles (cf. cet article que j’ai rédigé il y a plus de 3 ans : Wikipedia, l’avenir de l’information ?).

Bref, inutile de poursuivre la comparaison car Knol pourrait bien officialiser la création d’une nouvelle catégorie d’outils de publication qui apportent une informations différentes des blogs et wikis : un résumé ou plutôt une aggrégation / synthèse réalisée par un auteur identifié. Résumons cela en disant que Knol va être un acteur de plus dans la longue chaîne de l’info-business.