FredCavazza.net

Mes 10 prédictions pour l’année 2008

4 janvier 2008

Le début d’année est traditionnellement la période propice aux prédictions. Donc sans plus attendre, je me lance dans ce périlleux exercice.

1/ Interopérabilité forcée entre les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de la Facebook Platform, pas une semaine ne passe sans qu’un réseau social annonce le lancement de sa propre plateforme d’hébergement d’applications et services tiers (MySpace, LinkedIn, Hi5, Bebo, Friendster). Tout ceci est-il bien sérieux ? Surtout depuis le lancement d’OpenSocial (le framework de Google qui permet d’uniformiser les applications reposant sur des réseaux sociaux).

Alors que les premières expérimentations d’applications multi-plateformes semblent concluantes (voir à ce sujet ILike connects across OpenSocial, Facebook, iTunes), on en vient à se demander si cette bataille de formats n’est pas anachronique. Car au final les éditeurs de services de même que les utilisateurs se moquent bien de savoir quelle est la meilleure plateforme. Si les différents réseaux ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, c’est le marché qui va trouver la solution à leur place.

J’anticipe donc une interopérabilité au forceps entre ces différents réseaux qui reposera sur des astuces et autres failles de sécurité (lire à ce sujet l’affaire du ScobleGate). Est-ce une mauvaise chose ? Bien sur que non, ça permettra de gagner du temps. Rappelez-vous que Google Maps à l’origine n’était pas du tout ouvert (bien au contraire), ce n’est que lorsque des services comme Housing Maps ont vu le jour que les équipes de Google ont compris l’intérêt d’ouvrir leur plateforme.

2/ Des jeux disponibles sur iTunes

Avouez que c’est quand même un peu dommage de ne pas pouvoir installer de jeux sur son iPhone (ou son iPod Touch). Il y a bien un répertoire de jeux en ligne (Web Apps Games) mais c’est un peu triste, d’autant plus que Safari Mobile ne sait pas lire le Flash.

Rajoutez à cela la pauvreté de l’offre de sonneries et vous comprendrez pourquoi les jeux seront le prochain gisement de marge sur iTunes. Nous parlons bien ici de casual games pour lesquels plusieurs modèles économiques sont envisageables : les jeux achetés auxquels vous pourrez jouer indéfiniment, les jeux loués pour une période donnée (ou ceux qui seront mis en test), les jeux auxquels vous jouerez à l’unité (en payant quelques centimes la partie). Il serait même possible d’imaginer l’intégration de jeux ou de nombre de parties dans le forfait des opérateurs (au même titre que le nombre de minutes ou de SMS).

Quand on y réfléchi bien, si les utilisateurs et les éditeurs y sont favorables, pourquoi Apple se priverait-il d’ouvrir une marketplace de jeux dans iTunes ? Et pourquoi pas des partenariats avec les géants des jeux pour téléphones mobiles ?

3/ Hybridation des univers virtuels et des réseaux sociaux pour les jeunes

Pas la peine d’en rajouter car je me suis déjà exprimé sur ce sujet ici : L’invasion des nouvelles plateformes sociales. Il n’empêche que cette prédiction reste largement valable pour 2008.

4/ Hybridation entre jeux vidéos et réseaux sociaux

L’industrie du jeu vidéo est une industrie mature… très mature… tellement mature qu’elle est déjà en train de préparer sa mue. Nous ne parlons pas ici d’une révolution qui va tout balayer en 2008 mais plutôt d’un nouveau modèle qui nous vient d’Asie et qui risque de mettre à mal les grands éditeurs.

Le principe est simple : le jeu est gratuit et librement téléchargeable, par contre les extras sont payants. Par “extras“, je parle de costumes ou d’accessoires supplémentaires, non pas de niveaux additionnels. Rajoutez à cela une dimension jeux en ligne à la sauce réseau social et vous obtenez des jeux comme Kart Rider, Maple Story, Drift City ou encore Gunz. Le modèle économique est donc fondé non pas sur de la vente de licence mais sur du micro-commerce.

Bien évidement la réalisation n’est pas aussi soignée qu’un Bioshock ou qu’un Crysis, par contre ils compensent la sophistication technique et graphique par un gameplay sans faille. Ces jeux sont en plus régulièrement enrichis et mis à jour, l’addiction est totale.

Comme ils sont très bien organisés, le marché est dominé par quelques acteurs de taille (Nexon, Ijji…) qui proposent de nombreux jeux pour toutes les audiences et qui vont jusqu’à commercialiser des cartes prépayées échangeables contre de la monnaie virtuelle (ex. la Nexon Game Card). C’est plus pratique quand on a pas encore son argent de poche.

Autant prévenir tout de suite : inutile de rêver, vous ne pouvez pas lutter, ils sont tout simplement trop bien organisés et structurés. Encore une fois, je ne suis pas en train d’annoncer la mort de l’industrie du jeu vidéo mais plutôt une nouvelle itération qui saura exploiter ce qui se fait de mieux en termes de technologie (à quand les Rich Internet Games et les Rich Desktop Games ?) et pratiques sociales (un seul avatar qui pourra être “porté” sur différents réseaux sociaux / jeux en ligne avec même des déclinaisons mobiles).

Vous n’êtes pas convaincu ? Allez donc jeter un œil à ce que proposent des briques technologiques comme Unity 3D.

5/ Bientôt les UGG (User Generated Games)

Souvenez-vous : la musique et son exploitation “sociale” (partage, recommandation…) a été le levier de différenciation de MySpace (et le moteur de son succès). La vidéo en a été de même pour YouTube, idem pour les applications de Facebook. Les jeux seront le nouveau levier de croissance pour les réseaux sociaux. Mais pas n’importe quel jeux, ceux qui parviendront à exploiter l’effet réseau et à tirer partie des utilisateurs : soit en leur permettant de créer des jeux (éditeur de niveaux…) soit en les impliquant dans la personnalisation et la prolifération.

Je vous recommande donc de surveiller de près des portails comme Pogo, Cafe ou Miniclip, de même que des plateformes de création comme Kongregate ou YoyoGames (il y en a aussi ici : 20+ Tools For Creating Your Own Games). Peut-être un premier pas vers le Game 3.0 ?

6/ Le P2P trouve d’autres domaines d’application

Après le partage de fichier (Napster, BitTorrent…) et le partage de vidéo (Joost), les protocoles P2P seraient-ils en passe de supplanter le HTTP ? Non, ça serait faire une conclusion hâtive. Toujours est-il que la bande passante disponible ne croit pas aussi vite que les besoins des utilisateurs, il va donc falloir trouver d’autres modes de propagation de l’information et surtout d’exploitation des tuyaux.

Et c’est là où le P2P entre en scène, ou plutôt sors de l’ombre et est adopté comme solution alternative par les éditeurs et constructeurs. Car il faut bien avouer que la technologie est au point, mais qu’elle restait pour le moment largement marginalisée (utilisation illégale ou universitaire).

Outre les solutions de M2M, j’anticipe un usage étendu du P2P à des domaines comme les univers virtuels : Outback Online était un bon terrain d’expérimentation mais ce projet a capoté (y a-t-il un repreneur dans la salle ?) ; ou encore les agendas partagés comme MySharedProfil (un système communautaire de gestion de contacts en mode P2P, de carte SIM à carte SIM) dont vous pouvez voir une démo ici : MySharedProfil, Rich Contact Management.

Il existe très certainement de nombreux autres domaines d’application dont je n’ai pas connaissance aussi n’hésitez pas à les mentionner dans un commentaire.

7/ Apparition d’indicateurs spécifiques aux réseaux sociaux et univers virtuels

Avec des investissements publicitaires toujours en hausse dans les réseaux sociaux et univers virtuels, les annonceurs, régies et agences vont réclamer des outils de mesure et d’aide à la décision plus précis et surtout plus pertinents (surtout au regard des montants investis). Hors il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable de l’influence exercée par la présence d’une marque ou de l’engagement d’un utilisateur ciblé au sein d’un réseau social ou d’un univers virtuel. Pour être exacte : si, il existe une multitude d’indicateurs et d’outils “maison” (à l’image de VTracker) mais il ne sont pas partagés par les différents acteurs de la chaîne de valeur.

J’anticipe donc la définition au niveau de la profession d’indicateurs (metrics) servant à mesurer et évaluer :

  • L’activité d’un membre au sein d’un réseau social ou d’un avatar dans un univers virtuel (provenance, destination, actions menées / abandonnées…) ;
  • L’engagement d’un membre / avatar vis-à-vis d’une campagne (exposition, transformation, récurrence…) ;
  • La pertinence du choix d’un réseau social / univers virtuel (segments représentés, niveaux et type d’activités…) ;
  • Le potentiel d’un leader d’opinion au sein des réseaux sociaux (popularité, influence, légitimité…).

Cette série d’indicateurs permettront aux annonceurs / régies / agences def guider leurs choix et de construire leur community / virtual planning (attribution de lignes de budget sur différents réseaux sociaux et univers virtuels). C’est en quelque sorte une étape obligatoire pour la maturation de ces nouveaux micro-médias, car lorsque qu’un service dépasse les 50 millions de membres, ça devient sérieux. A quand un groupe de travail officiel au sein de l’IAB ?

8/ Des territoires d’expression sur-mesure pour les plus grandes marques

Aviez-vous remarqué que les marques les plus puissantes pouvaient se permettre de “posséder” leur propre réseau social ou univers virtuel ? Exemples de réseaux sociaux dédiés : Hybrid Synergy Drive de Toyota ou Mosh de Nokia. Exemples d’univers virtuels dédiés : MTV qui exploite plusieurs plateformes sur Virtual MTV, Coca-Cola avec MyCoke, Disney avec Virtual Magic Kingdom,TF1 avec sa Star’ac World, Le futur Lego Universe… Comme vous pouvez le constater, les exemples ne manquent pas.

Sans aller dans ces extrêmes (car il faut un budget confortable pour se payer ça), nous allons assister en 2008 à la mise à disposition des annonceurs de plateformes en marque grise permettant de faire des choses similaires dans des ordres de coûts tout à fait raisonnables. Sur ce créneau des acteurs comme Ning, There ou encore MetaPlace semblent bien placés.

9/ Accélération de l’innovation dans le e-Commerce

Rich Commerce, social shopping, mashup marchands, v-commerce, boutiques éphémères, crowdshopping… les nouveaux concepts de commerce en ligne ne manquent pas. Et pourtant… nous ne faisons que découvrir le potentiel de ces nouvelles pratiques.

Je ne vous prédis rien de complètement nouveau pour l’année prochaine mais plutôt une évolution de ces pratiques, et pourquoi pas un mélange de tout ça en même temps : interfaces riches et/ou 3D, agrégation de catalogues externes, exploitation sociale (recommandation et approvisionnement), co-création… se sera en quelque sorte de l’innovation par l’assemblage (un des principes fondateurs du web 2.0 et donc du e-commerce 2.0).

Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, normalement la semaine prochaine…

10/ Une seconde chance pour le web sémantique

Je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce sujet. 2008 sera-t-il l’année du web sémantique ? Non pas réellement dans la mesure où la sémantique a toujours fait partie du web (plus ou moins). Par contre 2008 verra sans doute l’arrivée à maturation de langages sémantiques qui trouveront des domaines d’application bien précis comme APML pour les réseaux sociaux (cf. Should Facebook Implement APML?), XBRL pour les documents de reporting financier (cf. Microsoft Advances XBRL Data Standard in the US) ou encore hListing pour le commerce en ligne (cf. Kelkoo and the hListing microformat).

Est-ce que “seconde chance” est le bon terme ? Je ne sais pas, en tout cas j’espère sincèrement que la sémantisation du web va s’accélérer car la tâche est énorme. Je m’autorise donc ce petit excès d’optimisme.

—–

Et voilà, dix prédictions qui font dix. Beaucoup de thèmes récurrents (interfaces riches, réseaux sociaux) mais de nouveaux centres d’intérêts (univers virtuels, jeux vidéo) qu’il va falloir surveiller de près durant cette année.

Rendez-vous début 2009 pour faire le point.

Une nouvelle version pour SplitGames

6 mars 2007

*** Attention : Auto-promotion ***

Et voilà, elle est enfin en ligne. Quoi ? Mais la seconde version de SplitGames bien sûr ! Il faut dire que les grands travaux ont commencé voilà près de 5 mois et j’ai vraiment été ravi de pouvoir travailler sur ce chantier.

Logo de SplitGames

Ce projet me tient particulièrement à coeur parce que j’y ai mis beaucoup de mon savoir-faire : ergonomie incitative, interfaces riches, communauté 2.0… C’est toujours très stimulant de pouvoir travailler sur un site qui accepte d’innover et de se démarquer. Le site dans sa première version avait remporté 2 Clics d’Or, c’est dire si la barre était déjà placée haute ! En tout cas j’espère bien que cette seconde version récoltera d’autres prix car elle le mérite.

Pour ceux qui ne connaissent pas, SplitGames est une communauté d’échange de jeux vidéo. Le principe est simple : vous vous inscrivez, vous donnez la liste des jeux que vous possédez ainsi que ceux que vous souhaiteriez bien avoir et la plateforme se charge d’organiser les échanges. Quand on voit le prix des consoles de dernière génération et les prix des jeux, ce système est redoutable. La communauté regroupe aujourd’hui près de 65.000 membres et 16.000 jeux différents.

Pour bien apprécier le travail réalisé, je vous conseille les écrans suivants :

  • la page d’accueil avec ces infos-bulles géantes qui apparaissent au survol de la souris sur la jaquette d’un jeu ;
  • le formulaire d’inscription où un gros travail de lisibilité et de guidage a été fait ;
  • la page de description des offres avec un traitement très sympa des formes et des couleurs ;
  • le tableau de bord où sont listés tous les échanges (un véritable casse-tête pour tout faire rentrer !) ;
  • la fiche jeux où la guidage est très important.

Un grand bravo à toute l’équipe qui a travaillé sur ce projet… qui travaille encore puisque ce qui est en ligne à l’heure actuelle ne représente qu’une première phase. La suite devrait arriver dans les prochaines semaines…

Sachant que la cible visée est plutôt jeune et avec une bonne connaissance de l’outil informatique et une grande aisance sur le web, qu’en pensez-vous ?

*** Fin de l’auto-promotion ***

Mes 10 prédictions pour 2007

3 janvier 2007

Maintenant que nous sommes rentrés dans l’année 2007, je vais me livrer à l’exercice très périlleux des prédictions. Je précise qu’il s’agit d’un exercice de style et que ces prédictions n’engagent que ma responsabilité (donc vous ne serez pas remboursé si elles ne se réalisent pas !).

1/ Rationalisation dans la vidéo en ligne

Avouez-le : il commence a y avoir beaucoup trop de services de partage de vidéos en ligne. Je sais bien que 1% de 1,65 milliard ça représente beaucoup de dollars (même 0,5%). Malheureusement tout le monde ne peut pas vivre sur ce créneau, surtout avec des frais d’hébergement et de bande passante exorbitants. J’anticipe donc un certain nombre de disparitions et quelques fusions dans tous ces services.

Il en va également de même chez Google où trois services sont maintenant en concurrence : Google Video, YouTube et Picasa. Si Google persiste dans sa stratégie de marque ombrelle (et il aurait tort de ne pas le faire), ces services devraient tous être fusionnés dans Google Video.

2/ Montée en puissance des RDA et renouveau des RIA

2007 sera l’année de naissance des Rich Desktop Applications. Deux facteurs vont influer sur ce phénomène : d’une part la maturation d’offres traditionnelles (notamment .Net de Microsoft, Eclipse RCP en Java), d’autres part l’attractivité d’offres alternatives (comme XUL Runner de Mozilla ou le très prometteur Apollo de chez Adobe). De plus, nous allons probablement voir arriver sur ce segment de nouveaux acteurs que l’on n’attendait pas forcément comme Google et son Google Desktop ou comme Apple avec QuickTime qui reste largement sous-exploité (cette dernière prédiction a été emprunté au blog The Universal Desktop).

Si 2006 aura été l’année des RIA, 2007 ne sera pas en reste puisque la famille des technologies interfaces riches va s’agrandir avec l’arrivée de nouveaux entrants comme la version 4 d’OpenLaszlo et le fameux WPF/E de Microsoft.

Bref, tout ce que nous croyons savoir sur les applications et les interfaces risque d’être fortement bousculé par toutes ces RIA et RDA.

3/ Transformation des métiers et outils liés à l’analyse d’audience

Nous allons entrer dans une ère d’ultra-compétitivité où le modèle du PPC va progressivement laisser la place au PPA, à savoir un modèle de rémunération fondé sur la transformation et non sur l’exposition ou le clic. D’où une forte nécessité de maitriser la performance des sites / campagnes et de mieux appréhender le comportement des visiteurs.

Tout ceci nous mène bien évidemment aux outils de mesure d’audience. Et c’est là où la transformation va se faire : nous allons passer d’une logique d’outils à une logique de services. Les éditeurs de solutions vont donc redoubler d’efforts pour passer d’un modèle de vente de licences à un modèle de vente de services (du software à la demande et le conseil qui va avec). Voilà pourquoi les géants du secteur comme Webtrends et Omniture ont entamé une démarche de repositionnement de leur offre en abandonnant le système de nommage par numéro au profit de noms un peu plus évocateurs comme WebTrends Marketing Lab ou Omniture Genesis.

En tout cas je souhaite vivement que les métiers liés à l’analyse d’audience prennent enfin la place qu’ils méritent.

4/ Adoption progressive de solutions d’Entreprise 2.0

Quand je parle d‘Entreprise 2.0, il faut en fait comprendre Web 2.0 en entreprise, car le problème c’est que le web 2.0 a très mauvaise réputation dans le monde de l’entreprise où l’on fait des choses sérieuses (comme par exemple maintenir des applications écrites en Cobol il y a 20 ans… mais c’est un autre débat).

Toujours est-il que les offres d’Entreprise 2.0 se multiplient et que les offres existantes s’améliorent de jour en jour (à l’image de SocialText, SalesForce ou SuiteTwo). De plus, le lancement très probable du pack Google Apps for Your Enterprise (incluant Jotspot, Writely, Spreadsheets, Gmail, Calendar… et même ThinkFree d’après les dernières rumeurs) devrait accélérer la manœuvre.

Je précise que ces solutions bénéficieront dans un premier temps aux collaborateurs au travers d’intranet next gen et d’applications en ligne. Plus d’infos ici : Web 2.0 in the Enterprise.

5/ Mouvements de concentration dans les réseaux sociaux professionnels

Ne trouvez-vous pas étonnant que des poids lourds comme Monster ne se soient pas encore aventurés dans la mouvance 2.0 ? C’est d’autant plus étrange que des sites comme LinkedIn représentent une (relative) faible valorisation (on parle de 150 millions de $).

Je verrais bien en 2007 une vague de rachats pour former des chaines de services complémentaires comme par exemple une fusion entre FaceBook (pour les années universitaires), Monster (pour la phase de recherche d’emploi) et LinkedIn (pour les évolutions de carrière). En France ça donnerait quelque chose comme Copains d’avant + CooptIn + Viadeo.

6/ Grandeur et décadence de Second Life

Ça n’est un secret pour personne : le succès foudroyant de Second Life va également participer à son échec, probablement en 2007. Tout comme MySpace dont la croissance a été tellement forte qu’elle a entrainé des dérives (comme cette campagne ratée pour Campari) et participe maintenant à la dépréciation de ce méta-réseau social.

J’anticipe donc un désintérêt progressif pour Second Life qui va progressivement être envahi de spammeurs, pirates, cyber-terroristes et autres marchands de sexe. Les adopteurs précoces migreront progressivement vers des univers virtuels open source comme le Metaverse Project (encore en gestation) ou vers des communautés hybrides (hors ligne / en ligne) comme Tribe Wanted.

Pour celles et ceux qui veulent se dégouter de Second Life, c’est ici : Let the backlash begin. Pour les autres, c’est ici : Second Life ”Business Communicators” Wiki.

7/ Prise de conscience de l’importance de la gestion de l’identité numérique

Que celles et ceux qui ne savent toujours pas ce qu’est la gestion de l’identité numérique se reporte immédiatement à ce précédent billet : Qu’est-ce que l’identité numérique. Pour les autres, rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire tout le topo.

Je suis fortement convaincu que les problématiques liées à la gestion d’identités multiples ou à l’usurpation d’identité vont devenir de plus en plus pressantes et que les fournisseurs de service d’identité numérique ou de gestion de la réputation vont connaitre une très forte croissance. Petit conseil : réservez dès à présent votre pseudo sur des serveurs comme MyOpenID.

8/ Une seconde chance pour les services mobiles

Voilà plus de 5 ans que chaque année doit être l’année de l’explosion des services mobiles. En fait on en parle depuis le siècle dernier (soit l’année 2000). Il n’empêche que plusieurs facteurs vont favoriser un début d’amorçage de prémisse de décollage de ces fameux services mobiles qui vont doubler l’ARPU des mobinautes : l’arrivée sur le marché de smartphone et autres musiphone qui vont accélérer le taux de renouvèlement, la multiplication des applications en ligne dont le portage peut se faire à moindre coût, la maturation de technologies autorisant les widgets mobiles et les RMA (Rich Mobile Application).

9/ L’affrontement du siècle entre Yahoo!/AOL/Microsoft et Google/Apple

Vous le savez sans doute Yahoo! est à vendre. Ou alors c’est peut-être AOL… je ne sais plus trop… Bref, toujours est-il que pour contrer la stratégie de domination de l’univers de Google, Microsoft aurait bien besoin de casser sa tirelire (qui avoisine les 50 milliards de $) pour s’acheter des alliés comme Yahoo! et AOL (qui sont tous les deux dans des situations inconfortables) afin de rivaliser avec Google.

De son côté Google s’est trouvé avec Apple un partenaire de choix qui a sût conquérir le cœur de millions de fans avec des produits à la pointe de la branchitude. L’année 2007 nous réservera sans doute de très belles surprises avec pourquoi pas les offres suivantes :

  • un Google iPhone qui intégrerait un player iTunes et la suite de services Google Apps
  • un Mac OS Leopard compatible avec Google Desktop et les Google Apps

10/ Google Desktop se transforme en Google OS

2007 sera l’année où la chenille (Google Desktop) va se transformer en papillon (Google OS). Et oui… parce que c’est bien là où les têtes pensantes de Google voulaient en venir : un OS virtuel qui viendrait s’insérer entre l’utilisateur et son système d’exploitation (Windows, Linux, Apple). J’anticipe donc une nouvelle version de Google Desktop qui permettra d’accéder aux services Google (Gmail, Calendar, Writely, JotSpot…) en mode déconnecté.

J’ai une entière confiance dans les équipes de Google pour résoudre tous les problèmes de synchronisation et les conflits potentiels résultant de ces modes synchrones / asynchrones. De toute façon, SocialText Unplugged nous a prouvé que c’était possible et viable, donc ce n’est une question de temps. Pour en savoir plus c’est ici : Google Desktop Could Bring Google Data Offline.

Voilà, ça fait dix prédictions. A vous de trouver les autres dans vos commentaires.

Rétrospective sur mes prédictions 2006

2 janvier 2007

Avant de me lancer dans des prédictions pour l’année 2007, je souhaitais revenir sur mes prédictions faites pour le second semestre 2006 et voir dans quelle mesure elles avaient été réalisées.

Google propose ses services sous forme de solutions pour les entreprises

Même si l’annonce n’a pas encore été faite, tous les observateurs s’accordent à dire que le Google Apps for Your Domain va très prochainement se transformer en Google Apps for Your Enterprise. D’autant plus avec le rachat de JotSpot qui pourrait fédérer tous les outils déjà existant et se positionner comme une solution alternative très crédibles aux intranet ‘’traditionnels”. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : ça va se faire

Facebook ne se fait racheter par personne

Des discussions sont toujours en cours, les rumeurs parlent d’offres supérieures à 1 milliards de dollars pour Viacom et NewsCorp, mais les fondateurs de Facebook s’obstinent à faire monter les enchères. On se demande bien jusqu’où… Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

Montée en puissance des réseaux sociaux verticaux

Il est aujourd’hui très difficile de lister les multiples initiatives de réseaux sociaux de niche. Toujours est-il qu’avec la croissance mal maîtrisée de MySpace (où l’on retrouve tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi), les réseaux de niche représentent d’autant plus de valeur qu’ils se restreignent à un domaine particulier. En tout cas les exemples sont nombreux et la tendance sera de développer des réseaux qui sont de préférence compatibles entre eux (par le biais de service de gestion de l’identité numérique). Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

MTV tente une contre-offensive dans les sites communautaires pour jeunes

Pas grand chose du côté de Viacom (la maison mère de MTV). Peut-être se rattraperont-ils en 2007 ?
Verdict : Je me suis trompé mais l’avenir peut nous réserver des surprises

OpenAjax s’enlise

L’euphorie autour d’Ajax semble s’être calmée et c’est une très bonne chose. Alors que les framework des grands acteurs continuent de prendre des parts de marché, nous sommes à l’aube d’une bataille sans merci autour des [RDA. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans mes prédictions pour 2007…
Verdict : j’avais vu juste mais c’était prévisible

Arrivée en France de places de marché de l’innovation

Le concept de crowdsourcing est encore balbutiant en France. Alors que Yahoo! Answers s’adjuge une victoire par KO face à Google Answers, les places de marchés BtoB brillent par leur absence en France. Reste la très belle initiative de CrowdSpirit, mais c’est du BtoC…
Verdict : Je me suis trompé mais l’avenir peut nous réserver des surprises

Le web 2.0 sort de la blogosphère et commence à intéresser les grands comptes

Je suis le témoin au quotidien de nombreuses expérimentations autour des flux RSS, des blogs et des wikis dans les grands comptes pour lesquels je travaille, mais je ne peut pas en parler (clause de confidentialité oblige). Est-ce que le web 2.0 en entreprise peut se résumer aux flux RSS, aux blogs et aux wikis ? Non, certainement pas. Force est de constater que les concepts d’interfaces riches ou de mashup font encore très peur aux patrons. Toujours est-il que les offres de wiki d’entreprise comme celles de SocialText et de Confluence séduisent de plus en plus de grands groupes américains. L’année 2007 nous dira si des packages comme SuiteTwo ou l’hypothétique Google Apps for Your Enterprise sauront s’imposer dans les groupes français.
Verdict : ça va se faire

Voilà, un bilan plutôt positif qui me motive pour fignoler mes prédictions 2007 (dès demain si je suis en forme).

Amazon lance un clone de Digg

30 novembre 2006

Une fois n’est pas coutume, le nouveau service de la semaine vient d’être lancé par Amazon : UnSpun.

Logo d'UnSpun

Avouez que ça change, pour une fois que ce n’est ni Google ni Yahoo!… Bon bref, tout ça pour dire que ce nouveau service est à mi-chemin entre Digg et 43Things : les utilisateurs créés des listes où chacun peut ajouter des items et voter pour les plus pertinents.

Rien de bien révolutionnaire, même pas le fait que ce service repose sur le framework RubyOnRails. En fait, il faut plus y voir un signe de la volonté d’Amazon de continuer ces expérimentations sans en faire des tonnes, comme ça… juste pour voir… Plus d’infos ici : Amazon goes Ruby on Rails.

Crowdsourcing + produits électroniques = CrowdSpirit

28 novembre 2006

Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous parlais du phénomène du crowdsourcing (voir mes précédents billets à ce sujet). Ce matin je souhaite vous faire découvrir un nouveau domaine d’application pour le crowdsourcing (les produits électroniques) avec ce nouveau service : CrowdSpirit.

Logo de CrowdSpirit

Le principe est le suivant :

  1. vous publiez des suggestions de produits électroniques répondant à un besoin non-couvert
  2. les utilisateurs commentent et votent pour élire les idées les plus pertinentes
  3. le service se charge de contacter des producteurs pour fabriquer le produit en question
  4. vous touchez des commissions sur les ventes du produit que vous avez suggéré

Le principe est très prometteur et les attentes sont élevées pour Lionel et son équipe qui sont encore en phase de finalisation de la beta. D’autant plus avec un article publié dans Springwise (la référence en matière d’innovation) : Customer-manufactured.

Bientôt des banques P2P en France ?

24 novembre 2006

Le secteur bancaire est un secteur très particulier. On y cultive le secret avec encore plus d’attention que chez les diamantaires. Je suis ainsi très surpris de ne pas avoir lu d’articles ou de billets sur le phénomène en cours dans les pays anglo-saxons : la banque P2P.

Le principe est assez simple : désintermédiation + réintermédiation. Comprenez par là que des services en ligne proposent maintenant à des particuliers de se financer entre eux, ils font ainsi sauter l’intermédiaire jusque là indispensable, à savoir la banque. Mais rassurez-vous, ils prennent quand même une commission au passage (nous parlons bien du web 2.0 où rien n’est réellement gratuit).

Des services comme Prosper aux Etats-Unis ou Zopa en Angleterre sont ainsi les pionniers d’une nouvelle forme de place de marché où prêteurs et emprunteurs se rencontrent au sein d’un écosystème redoutable : les emprunteurs décrivent leur situation financière ainsi que leur besoin de financement, leur solvabilité est alors évaluée par un système expert qui les classe dans une catégorie à laquelle correspond un taux d’intérêt qui est lui-même fonction du risque. Non seulement ce système est ouvert à des emprunteurs qui n’ont plus accès au système bancaire traditionnel (car jugés trop instables financièrement), mais en plus il permet à des prêteurs de prendre un peu plus de risque pour éventuellement gagner plus. Les taux d’intérêt pratiqués sont alors bien plus intéressants que ceux pratiqués par les établissements traditionnels : une différence de 2 à 3 points (gloups !).

Il existe d’autres services similaires à ces deux-là, mais si je vous donne tous les liens d’un coup vous n’aurez plus le plaisir de fouiner dans l’index de Google ;-)

Je tiens à préciser que nous sommes bien dans le cadre d’une banque P2P et non C2C puisqu’ici il n’est pas question de prêt entre deux personnes, mais plutôt entre un emprunteur et une communauté de prêteurs. Ce système est bien pratique car il permet de lisser le risque de non-recouvrement.

Pour en savoir plus sur ces services, je vous recommande les articles et podcast suivants :

Aux banquiers qui pensent être à l’abri de ces services, c’est-à-dire à ceux qui pensent que les utilisateurs de ces places de marché sont le rebut de la société, laissez-moi vous parler de cette étude très intéressante publiée par Deutsche Bank Research en Août 2006 : Financial services 2.0: How social computing and P2P activity are changing financial research and lendingShow Abstract (format PDF, 175 Ko).

L’auteur nous éclaire sur un point qui me semble essentiel : la typologie des utilisateurs. Sur le schéma suivant, est représenté le nombre de prêts réalisés par Prosper en fonction de la catégorie de solvabilité (AA pour très peu risqué et HR pour très risqué) :

Schéma de répartition des prêts en fonction de la solvabilité des emprunteurs

On constate ainsi que la plupart des prêts accordés le sont à des emprunteurs ayant une solvabilité bonne à moyenne. Comprenez par là que les utilisateurs de ces plateformes ne sont pas des mercenaires mais plutôt des gens comme vous et moi qui sont juste à la recherche d’un meilleur taux. D’autres facteurs doivent très certainement rentrer en ligne de compte, notamment l’accueil traditionnellement réservé aux emprunteurs lambda (comme vous et moi), du type : désolé mais nous ne prêtons qu’aux couples de fonctionnaires (ceux qui ont déjà contracté un prêt immobilier savent de quoi je parle).

Conclusion : le modèle économique des banques P2P est viable et surtout il s’adresse à une typologie de clientèle qui est traditionnellement délaissée par les établissements bancaires. La question à laquelle il va falloir maintenant répondre n’est pas : est-ce que ces modèles vont venir s’installer en France, mais plutôt : dans combien de temps vont-ils s’installer en France. Et encore une fois, l’avantage ira à celui qui dégainera le premier, parce que le besoin est là et parce qu’un marché ne reste jamais très longtemps vierge, surtout à l’heure du web 2.0.

Vers un web 3.0 ?

18 novembre 2006

A peine le web 2.0 et ses concepts disruptifs commence-t-il à révéler son réel potentiel que l’on commence déjà à parler de la prochaine itération : le web 3.0.

Ce mystérieux web 3.0 est-il une réalité aujourd’hui ? Non, pas du tout. Est-il opportun d’en parler dès maintenant ? Oui, car les fondements d’une ère nouvelle pour les services en ligne sont en train d’être façonnés.

Pour mieux comprendre et appréhender les enjeux de cet (hypothétique) web 3.0, il me semble important de revenir sur les anciens modèles, de les comparer avec les modèles actuels et de se projeter dans un avenir proche.

Web 1.0 : une expérience intégrée

La première version moderne du web, celle que nous avons connu à la fin des années 90 (je fais abstraction des débuts laborieux de l’internet), correspond schématiquement à une expérience intégrée de bout en bout par de gros acteurs.

Vue schématique du web 1.0

Si nous prenons comme exemple le choix et l’achat d’un produit culturel (livre ou CD), une des expériences les plus complexe en ligne, nous constatons que des acteurs comme Amazon étaient présents sur l’ensemble de la chaîne de valeur :

  • La découverte dans les têtes de rubriques et sous-rubriques ;
  • La validation avec les notes et avis des autres utilisateurs ;
  • L’achat avec la liste de souhaits ou le panier ;
  • Le paiement qui est intégré au site.

Web 2.0 : une expérience collaborative et déstructurée

Si l’on se place maintenant dans la peau d’un internaute averti (les fameux power user), il dispose d’une palette bien plus large de sources d‘informations et de services marchands. Ces derniers sont autant de nouveaux maillons de la chaîne de valeur qui viennent se substituer aux précédents.

Vue schématique du web 2.0

L’expérience de l’utilisateur tout au long de son achat sera complètement déstructurée :

  • La découverte d’un produit peut se faire sur des blogs ou des réseaux sociaux affilié, sur des moteurs de recommandations comme Pandora ou au sein de communautés d’achat comme ShopWiki ;
  • La validation d’un choix peur se faire sur des portails de social shopping comme Crowdstorm ou sur des sites spécialisés comme LibraryThing (pou les livres) ou Yahoo! Tech (pour les gadgets technologiques) ;
  • L’achat peut se faire sur des boutiques en marques blanches comme celles que propose Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) ou encore Zlio ;
  • Le paiement peut enfin être déporté sur des systèmes d’encaissement comme ceux de PayPal ou de Google Checkout.

Web 3.0 : une expérience immersive et étendue

En anticipant une montée en puissance de services innovants qui commencent à voir le jour, il est possible d’identifier encore de nouveaux maillons pour une chaîne de valeur qui ne se limitera plus au web.

Vue schématique du web 3.0

L’expérience d’achat de l’internaute sera d’une part plus immersive mais surtout plus étendue à d’autres domaines que le web :

  • La découverte de produits pourra se faire dans des univers virtuels (comme ceux d’Habbo Hotel ou de Second Life), dans des jeux en ligne (comme dans World of Warcraft ou le Xbox Live) ou à l’aide de widgets (comme ceux proposés par le Dashboard d’Apple ou Yahoo! Widget) ;
  • La validation des produits serait fondée sur des services indépendants qui s’appuieraient sur des systèmes de gestion universelle de la réputation des prescripteurs (comme ceux de BazaarVoice, iKarma ou Rapleaf) ;
  • L’achat pourrait se faire à l’aide d’un mashup marchand comme celui de Cooqy ou à l’aide d’applications marchandes connectées comme le Mozilla Amazon Browser) ;
  • Le paiement pourrait enfin se faire directement au sein du système d’exploitation (en exploitant le futur CardSpace de Vista), sur d’autres terminaux (comme les mobiles à l’aide de PayPal Mobile) ou à l’aide de moyens de paiement qui sont utilisés dans les univers virtuels (en Linden Dollars par exemple puisque des banques vont prochainement proposer des services bancaires dans Second Life).

Et le web sémantique ?

A la base de ces réflexions sur le web 3.0, il y a un article publié sur le NY Times : Entrepreneurs See a Web Guided by Common Sense. Cet article nous décrit le web 3.0 comme un web sémantisé. Vision intéressante mais faussé : il est important de rappeler que les principes (et technologies) du web sémantique n’ont pas attendu le web 3.0 pour se développer et se perfectionner. Voilà de nombreuses années que le RDF est exploité comme meta-langage et que de nombreuses autres initiatives permettent de structurer l’information : pour la syndication, les formulaires, le reporting financier, l’identité numérique ou encore les microformats.

Sémantiser le web est une entreprise titanesque et il faudra de nombreuses années (décennies ?) pour y arriver, d’autant plus qu’avec les progrès réalisés par les moteurs de recherche ou les bases de données, il est tout à fait possible d’apporter les mêmes bénéfices que ceux cités dans l’article.

Pour finir, rappelons que la couche sémantique de l’information présente surtout un gros potentiel pour les systèmes informatiques, comprenez par là que les utilisateurs (ceux qui sont à l’origine de la révolution du web 2.0) n’y trouvent pas forcément d’intérêt.

C’est pour quand le Web 3.0 ?

Pour l’instant il est encore beaucoup trop tôt pour pouvoir faire une prévision fiable, d’autant plus que ma comparaison ne prend en compte que la facette marchande du web (ce qui est loin de refléter sa richesse). Vous trouverez une version plus grande de ce schéma ici : Web 3.0.

Ce qui est certain par contre, c’est que nous allons progressivement déporter une partie des services que nous utilisons sur le web vers notre poste de travail (à l’aide de widgets ou de RDA) ou vers nos terminaux mobiles. De même, la gestion de notre identité numérique va prendre une place bien plus importante.

Notre mode de consommation de l’information ou des services en ligne va donc s’éloigner du web (et ses pages HTML) au profit de l’internet (et ses applications connectées). Il serait donc plus juste de parler d’internet 3.0 plutôt que de web 3.0.

Je vous donne donc rendez-vous dans un an ou deux pour vérifier si cette prédiction se réalise ou si nous évolueront vers des services encore plus sophistiqués.

Web 2.0 en vrac

15 novembre 2006

Décidément il se passe beaucoup de choses en ce moment, pas une journée sans que de nouveaux services sortent : *FindMeOn est un service de gestion universel de l’identité (sur vos différents réseaux sociaux, blogs…) ;

  • ChipIn est un service de collecte de fonds en ligne (que des bonnes causes de préférence) ;
  • Dad Daily est un réseaux social de papas (sur le même modèle que MothersClick) ;
  • SnowboardGang est un réseaux social pour les fans de snowboard ;
  • Kevo est un portail collaboratif dédié à la vie des people (peut-on encore parler d’intelligence collective ?)

Heu… je suis en train de me demander si ces simples énumérations de nouveaux services représentent pour vous un intérêt… En fait ma question est : préférez-vous l’exhaustivité (des listes régulièrement publiées) ou l’approfondissement (un seul service présenté mais en détails) ?

Vers des communautés 3.0 ?

6 novembre 2006

Oui je sais le titre est un peu racoleur, car il est un peu abusif de parler de communauté 3.0 dans la mesure où nous n’en sommes pas à la troisième itération des modèles communautaires. De plus, certains ancêtres des communautés en ligne sont encore en activité.

En effet depuis 10 ans que le web existe, les communautés en ligne ont revêtu de multiples formes :

  • les newsgroup avec Usenet ;
  • les canaux IRC ;
  • les forums, qui marchent encore très fort sur certaines niches ;
  • les blogs, qui sont encore loin d’avoir atteint leur apogée (je vous recommande à ce sujet mon précédent billet sur le blog-commerce) ;
  • les wikis, qui se cherchent encore des débouchés commerciaux voir marchands (à l’image de ShopWiki) ;
  • les réseaux sociaux, qu’ils soient généralistes (comme MySpace) ou verticaux (comme Dogster ou Boompa)…

Il est possible de discerner deux constantes derrière tous ces exemples :

  1. la soif de partager des membres, car plus les possibilités sont nombreuses (à l’image de MySpace où il est possible de publier un blog, de la musique, des vidéos…) et plus ils échangent ;
  2. l’absence des poids lourds comme MSN, Yahoo! ou encore Google (Ebay est un cas à part car ils se définissent comme une communauté d’acheteurs et de vendeurs).

A partir de là, je m’interroge sur l’évolution de ces modèles communautaires et surtout sur les prochaines itérations probables :

  • des blogs communautaires qui privilégieraient l’écriture et la publication collective, car jusqu’à preuve du contraire, les blogs sont essentiellement égocentriques et il n’existe pas de plateforme de blog qui autorisent un regroupement intuitif (à moins de se lancer dans un développement spécifique) ;
  • des bases de connaissance sémantisées, à mi-chemin entre forum et wiki qui permettraient de structurer la masse de contenu et d’en faciliter l’indexation et la recherche ;
  • des plateformes d’échange universelles où seraient pris en charge tous types de format (texte, liens, photos, podcast, vidéos…) et où les auteurs disposeraient d’un espace d’expression un peu moins brouillon que MySpace (pour ne citer que lui) ;
  • des plateformes de collaboration à la frontière des espaces collaboratifs, extranet et groupware, une sorte d’extension d’outils en ligne comme SocialText ou CollectiveX ;
  • une nouvelle génération d’outils qui sauront exploiter le potentiel des dernières avancées technologiques en matière de VoIP, P2P, Web OS

Cette liste est loin d’être complète mais il est d’ors et déjà possible de discerner des tendances et surtout de voir où les acteurs majeurs se sont positionnés :

  • Typepad avec sa plateforme Vox qui expérimente les blogs familiaux et la publication multi-support ;
  • Yahoo! et sa galaxie de services d’échanges (del.icio.us, FlickR, JumpCut…) ;
  • Google et sa galaxie d’outils collaboratifs (Writely, JotSpot, Notebook…).

Quel sera le modèle gagnant ? Voilà une bonne question à laquelle je n’ai pas encore de réponse.

Qui a pris une longueur d’avance ? Yahoo!, Ebay et Google. Qui a pris du retard ? Microsoft.

A moins que… une petite start-up plus visionnaire que les autres… vous en voyez une ?

Page 1 sur 41234»