Après 1 an 1/2 de bons et loyaux services, l’ancien thème graphique de ce blog a été remplacé par un nouveau thème plus clair et plus minimaliste :
Le dixième thème graphique de FredCavazza.net
J’ai voulu ce nouveau thème plus aéré et moins chargé que le précédent. La réalisation a été confiée à Francis qui a fait du très bon travail pour interpréter et traduire mes indications (“j’veux du blanc“). La maquette graphique parle pour elle, mais je vous livre quand même les explications de l’artiste : “J’ai voulu faire du minimalisme jusqu’au bout : 95% de typographie, un layout simple, et un travail sur différentes tonalités d’une même couleur. Une police Slab pour asseoir une certaine légitimité, expertise, et qui se marrie très bien avec les tons bruns et gris, le tout en respectant les règles ergonomiques imposées par Fred“.
Il reste encore un peu de travail d’optimisation sur la mise en page et le réglage des contrastes mais le thème est quasi-finalisé. Concernant la technique, le gabarit a été réalisé en HTML5 (avec les balises article, section…) et en CSS3 avec des typographies exotiques. Comme ce thème n’est pas très sophistiqué, les expérimentations en matière de CSS3 ne sont pas aussi poussées que sur MarketingVirtuel.fr (également réalisé par Francis) où je pense avoir utilisé tout ce que la version 3 des feuilles de style peut proposer (coins arrondis, transparence, transition…) :
Le thème graphique de MarketingVirtuel.fr
Si vous consultez ces blogs avec Internet Explorer, vous aurez très certainement des problèmes de rendu, c’est tout à fait normal, car ces nouveaux thèmes graphiques ne sont volontairement pas optimisés pour IE6, 7 ou 8. C’est une décision dont je suis entièrement à l’initiative et qui est motivée par plusieurs choses :
Le désir d’expérimenter les dernières nouveautés d’HTML et de CSS ;
La volonté de ne pas alourdir inutilement le code source avec des astuces à la noix pour faire plaisir à un navigateur lancé il y a presque 10 ans (je fais référence à IE6) ;
L’envie de motiver les visiteurs à mettre à jour régulièrement leur navigateur (si vous ne voulez pas utiliser Firefox ou Chrome, je vous rappelle qu’IE 9 est disponible en beta).
Suite à ces deux nouvelles versions, les autres blogs devraient également bénéficier très prochainement d’un ravalement pour accompagner un changement majeur dans ma vie professionnelle. Mais j’aurais l’occasion de vous en reparler en fin de semaine…
Toujours dans la série “coups de cœur”, je vous propose ce soir une sélection de blogs que j’apprécie particulièrement d’un point de vue esthétique (pour le contenu c’est à vous de juger).
Commençons avec The Pixel Blog et son ambiance surréaliste :
Le blog The Pixel
Vous apprécierez le travail d’illustration réalisé sur le header ainsi que l’effet 3D sur le moulin. Je n’aime pas particulièrement les cadres des photos des rédacteurs mais je trouve très originales les séparations entre les billets ou les blocs de la colonne de droite. Et n’oubliez pas de jeter un œil au footer (donc en bas de page).
Il y a ensuite le blog du néo-zélandais Mark Forrester :
Le blog de Mark Forrester
Ne vous laissez pas leurrer par l’aspect enfantin des dessins, il y a un gros travail de réflexion sur l’harmonie des couleurs, sur le traitement graphique des titres (avec un effet de pliure sur le rebord du cadre), sur les blocs en pointillés de la colonne de droite… Bref, plein de petits détails à apprécier (idem, ne ratez pas le footer).
Ambiance polar et lunettes noires avec un traitement graphique anguleux mais inimitable (jusqu’au fond de page pixelisé). Détails sympathiques : l’effet de profondeur du header (au survol de la souris) de même que le QR code dans le footer.
Depuis l’apparition des blogs au début des années 2000 et leur très forte émancipation (notamment grâce à des acteurs comme Skyblog en France), il a fallu grosso-modo 5 ans à la blogosphère pour se structurer (faisant apparaître 3 sous-ensembles : high-tech, politique et life style) et se professionnaliser (cf. Changement d’époque pour les blogs ?). C’est un résumé grossier mais là n’est pas le propos de cet article.
Tout se passait bien jusqu’à l’explosion des médias sociaux (avec sa myriade de services) et la forte montée en puissance du micro-blogging (Twitter a-t-il atteint le point de bascule ?). Alors que l’on pensait la blogosphère toute puissante, voilà que deux services sont venus bouleverser la donne : Twitter et FriendFeed. Le premier sert à publier des messages ultra-courts (même en situation de mobilité), le deuxième sert à agréger sa production sur les médias sociaux. Vous pourriez me dire (à juste titre) que c’est une tempête dans un verre d’eau, il n’empêche qu’au fil du temps j’ai constaté une modification radicale dans les pratiques de blog, et notamment chez les acteurs “historiques” de la blogosphère :
Bref, les choses ont irrémédiablement changé suite à la maturation d’outils et plateformes sociales complémentaires (cf. Blogging Vs Microblogging + Lifestreaming + Social Networking). Comment expliquer ce changement : Lassitude des lecteurs ? Saturation de la blogosphère ? Envie de tester d’autres supports ? C’est un peu tout cela à la fois, mais surtout la mutliplication des supports : Is Blogging Evolving Into Life Streams?.
Aujourd’hui la configuration que je croise le plus souvent est la suivante :
L’activité de veille / filtre quotidienne sur Twitter (ou FriendFeed) ;
Des billets plus longs sur les blogs.
Il y a une logique derrière cette évolution : le blog n’est plus le support de prédilection pour de l’information chaude, il a été supplanté par le microblog. Illustration la semaine dernière avec l’annonce du lancement de Chrome OS : Je me suis dépêché de rédiger un billet sur le sujet à peine quelques heures après l’annonce, résultat : rien (très peu de commentaires et quasiment aucun lien). J’ai quelques jours plus tard pris le temps de rédiger un article plus complet avec une réflexion mieux argumentée et le résultat est bien plus satisfaisant (des commentaires plus riches, plein de liens entrants). L’enseignement que je peux en tirer est le suivant : j’arrête définitivement de faire la course à l’info chaude, moins de billets mais des articles plus réfléchis (que je pourrais qualifier “d’info tiède”). Finalement c’est Jakob Nielsen qui avait raison avant l’heure en préconisant de rédiger des articles et non des billets (Write Articles, Not Blog Postings).
Bien évidemment ceci ne s’applique pas à tous les blogs, les billets d’humeur sont toujours très largement appréciés, mais par ceux qui ont envie de les lire !
Reste maintenant à savoir comment les blogs vont évoluer. Sur cette question scénarios sont envisageables (What is the Future of Blogging?) :
Une transformation des blogs en lifestream (notez que lifestream et blogs peuvent tout à fait cohabiter (c’est ce que je fais avec ma barre latérale) ;
Une transformation des blogs en plateformes sociales (par l’intermédiaire de social bar comme Google Friend Connect ou Stribe) ;
Une transformation des blogs en web TV (peu probable car il faut tout de même de l’équipement, mais peut-être que les plateformes de livecast peuvent nous y aider) ;
Une redéfinition des blogs (un site comme un autre ?) ;
Un nouveau modèle encore à définir (Google Wave est un bon point de départ).
Comme vous pouvez le constater, les options sont encore nombreuses. En tous cas je reste persuadé que l’on ne peut plus se permettre de ne miser que sur un seul format : la prise de parole sur le web doit s’envisager comme un ensemble de publications sur différents formats (billets, articles, tweets, vidéos, diaporamas…).
Pour le moment je reste fidèle à mon support d’origine (mes 7 blogs) mais je commence à voir des choses tout à fait intéressantes avec des plateforms hybrides comme Tumblr ou Posterous qui permettent de publier avec différents formats, depuis différentes sources.
Finalement peut-être que le bon choix est celui de Steve Rubel : un lifestream modulaire pour sa production quotidienne et de temps en temps des articles de fond publiés sur des médias à forte audience (Mashable…).
…
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Quoique, ça manque peut-être un peu d’interactivité tout ça… peut-être une petite touche de Facebook / LinkedIn par dessus et ça commencera à être bien.
Dans le doute je vous pose la question : préférez-vous plus de billets (1 par jour) ou des analyses plus poussées (quitte à tomber à 1 ou 2 articles par semaine) ?
Contenu, communauté, commerce… l’équation magique des 3 ‘C’ qui fait rêver pus d’un marketeux. Il faut dire que les arguments ne manquent pas pour plébisciter ce triptyque : les contenus améliorent le référencement naturel, la communauté génère des visites récurrentes et les produits sont recommandés par les membres. Trois bonnes raisons de déployer un dispositif reposant sur ces 3 piliers.
Quand on y réfléchi bien, les 3 ‘C’ sont l’ancêtre du social shopping, bien avant que l’on nous vante les mérite de Facebook et de ses conversations qui sont autant de marchés. Dans ce domaine là certains étaient précurseurs, je pense notamment à Cdiscount qui a su capitaliser sur sa fourmilière ou encore aux enseignes de bricolage (Castoram, BHV, Leroy Merlin) qui ont parfaitement fédérés tout une communauté de fans de bricolage au travers de forums. Oui mais voilà, les forums sont une impasse (Les FAQ collaboratives comme alternatives aux forums ?) et il est largement temps de passer la vitesse supérieure et d’envisager un dispositif plus sophistiqué.
C’est là où les acteurs américains (encore eux !) nous montrent la voie avec des contenus bien mieux structurés et une communauté plus lisible. L’enjeu est double :
Favoriser un référencement naturel durable (dans les 5 premiers résultats) qui puisse rivaliser avec du référencement payant ;
Mobiliser une communauté solide pour enrichir la base de contenus et nourrir une dynamique social pérenne.
Le premier exemple qui vient à l’esprit est celui d’Amazon qui a bien compris que ses belles fiches produit (et leurs avis) ne suffiraient pas à maintenir la distance avec la concurrence. Ils ont donc très rapidement investi dans des gigantesques bases de données de contenus verticaux : IMDb pour les films, SoundUnwound pour la musique, Shelfari pour les livres et Amapedia pour les reste. L’objectif poursuivit est de positionner ces plateformes comme des sources de contenus faisant référence afin de bénéficier d’une très bonne exposition sur les moteurs de recherche et de vérrouiller la chaîne de l’affiliation.
L'encyclopédie musicale d'Amazon
Pour le moment ces quatre bases sont indépendantes mais j’anticipe un futur proche où il sera possible d’y contribuer à l’aide de son compte client Amazon. Imaginez alors l’avantage concurrentiel que pourrais avoir Amazon en ayant un accès direct sur la biblio / disco / filmothèque de ses clients (et l’impact que cela pourrait avoir sur son moteur de recommandation).
Ici l’objectif est également clair : construire la plus grosse base de données de gadgets technologiques pour en faire une référence et court-circuiter ainsi l’offre de référencement payant de Google. Car c’est bien de ça dont il est question : positionner cette plateforme dans le Top 3 des résultats et monétiser ainsi cette visibilité. L’objectif secondaire est également de concurrencer d’autres sources déjà établies comme Cnet ou encore Yahoo! Tech (cf. Engadget Founders Launch “The World’s Greatest Gadget Database”).
Comment comptent-ils s’y prendre pour rattraper leur retard sur les deux sites précédemment cités ? Tout simplement en s’appuyant sur les deux blogs Gizmodo et Engadget qui sont d’authentiques machines de guerre en terme de contenus (entre 5 et 10 billets par jours) et d’audience (visiteurs, abonnés aux flux RSS, commentateurs…). Encore une fois, l’idée est la même : lier du contenu ultra-chaud (venant des blogs) à du contenu froid (les fiches produit) et à une communauté d’internautes qui vont non seulement contribuer mais également afficher leur profil où l’on retrouve les gadgets qu’ils ont eu, qu’ils possèdent et qu’ils envisagent d’acheter :
Le profil d'un membre dans GDGT
Ces profils sont donc une authentique mine d’or pour les marques et distributeurs qui ont ainsi à leur disposition un outil d’analyse très puissant (ceux qui possèdent X et Y seront intéressés par Z) et un support de communication / vente en prise directe avec la communauté. Exemple ici avec la page des produits Asus :
Je rebondis sur le billet récemment publié par Eric sur les blogs pro : Pourquoi une PME doit avoir un blog : 10 raisons concrètes. Ce billet traite avec justesse de l’intérêt pour une PME d’avoir une blog, surtout lorsque celle-ci ne dispose pas d’un budget marketing pharaonique. Les raisons listées sont valables (com’ externe, image, dialogue, référencement, motivation interne, veille, autorité de compétence…) mais ne traite pas de la dure réalité des blogueurs d’affaires : l’audience.
Celles et ceux qui se sont risqués récemment à rédiger un blog BtoB savent à quel point il peut être frustrant d’investir du temps et de l’énergie (de la passion ?) dans un blog qui génère un trafic somme toute très faible. Et c’est là où le bas blesse : parler de son métier limite fortement le lectorat d’un blog.
Autant quand le thème de votre blog est orienté lifestyle, gadgets ou séries TV, vous pouvez très rapidement acquérir une audience qui va vous stimuler dans votre travail d’écriture au quotidien, autant lorsque vous parlez de logistique ou de techniques de vente c’est tout de suite plus délicat et votre audience risque d’avoir une courbe de progression beaucoup plus plate. Non pas que le sujet soit moins intéressant, mais plutôt que la rencontre entre un sujet et son lectorat est beaucoup plus laborieuse.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène :
La population cible n’est pas forcément bien équipée ;
Les professionnels visés n’ont pas forcément le réflexe de faire de la veille ;
Votre prise de parole est noyée par des acteurs déjà implantés (de type revues pro) ;
Votre audience s’auto-restreint (dans les abonnements ou les commentaires) face à la pression du groupe (“si tu fais de la veille, c’est que tu es mauvais ou que tu as du temps à perdre“).
Bref, il faut beaucoup de motivation pour se lancer dans l’aventure. Je ne reviendrais pas sur les bénéfices à en retirer car Eric l’a très bien fait, mais je souhaiterais citer deux exemples qui illustrent mon propos.
Blog BtoB : Il suffit de quelques lecteurs pour assurer un bon ROI
Premier exemple : Le Grand Blog de la Vente, un blog 100% pro édité par une société de formation spécialisée dans les métiers de la vente, dont les auteurs aimeraient bien que l’audience grimpe plus rapidement.
Le Grand Blog de la Vente
Avoir une grosse audience est un objectif louable, mais pas réellement pertinent dans le cadre d’une activité BtoB. D’une part car tout le monde ne peut pas rivaliser avec les gros portails d’infos (dont la forte audience n’est d’ailleurs pas synonyme de rentabilité) et d’autre part car l’important n’est pas la taille mais la qualité de l’audience. L’idée est de pouvoir toucher les bonnes personnes avec le bon message. Cette rencontre entre un billet qui fait mouche et un décideur (celui qui va commander une prestation) peut en plus survenir des mois après la rédaction du billet.
Voilà pourquoi bloguer dans ce contexte d’affaire est un travail long et fastidieux dont le ROI est difficilement mesurable. Pour faire simple, disons que ce type de blog ne permet pas de générer directement du C.A. mais plutôt de raccourcir le cycle de vente. Les prospects qui ont transités par le blog (soit via Google, soit par recommandation des auteurs) sont ainsi beaucoup plus à même d’apprécier l’expertise du ou des auteurs. La contrepartie est que ce type de blog peut tout à fait vivoter avec à peine une centaine de visites par semaine dans les premiers temps (et aucun commentaire). Difficile dans ces conditions de justifier cette activité auprès d’un patron à moins que l’initiative ne vienne de lui.
À titre d’exemple, ce blog n’était lu la première année de son existence que par une cinquantaine de personnes par semaine (pas de quoi se réjouir).
Blog marchand : Rien ne remplace le travail de terrain
Deuxième exemple avec la Boutique de Chris, un blog marchand tout mimi. Christiane est ce que l’on peut appeler une commerçante : elle doit se battre tous les jours pour survivre. Pour cela elle ne dispose que de sa volonté pour y arriver. J’ai récemment commandé un livre sur la marketplace d’Amazon et Christiane m’a très gentiment glissé un petit mot dans le paquet pour me souhaiter bonne réception :
Le message de Christiane
Non seulement ce petit mot m’a fait très plaisir mais en plus elle en profite pour me donner l’URL de son blog marchand :
Le blog marchand de Christiane
Un remarquable travail de terrain pour une personne qui ne peut pas se permettre d’acheter des mots-clés. C’est fou comme un petit bout de papier peut tout de suite se transformer en un redoutable outil de fidélisation.
Fidélisation ? Oui car c’est bien de cela dont il est question. Là où les mots-clés peuvent servir à générer des ventes immédiates (du type promo), ce petit papier est avant tout là pour signaler l’existence de ce blog sans prétentions. Il n’y a quasiment aucune chance pour que cela génère une vente dès la première visite mais cela peut aider à créer de la récurrence dans les visites, puis de l’attachement, puis éventuellement une vente “coup de coeur”. Cette petite touche d’attention peut faire mouche là où d’autres acteurs passés en phase “industrielle” peuvent énerver avec des newsletter manquant de proximité.
Proximité, voilà le maître mot pour une pratique de blog bien particulière dont le calcul du ROI ne répond pas aux règles en vigueur sur d’autres médias.
Bref, se lancer dans l’aventure du blog professionnel n’est pas une mince affaire, d’autant plus que la profession fait encore difficilement la différence entre blog perso, blog pro, portail d’infos déguisé en blog… En tout cas je n’aurais qu’un seul message à faire passer : la communauté vous rendra toujours ce que vous lui avez donné. Comprenez par là qu’une démarche sérieuse, sincère et transparente finira toujours pas porter ses fruits. Toute la question est de savoir quels sont les fruits que vous attendez d’elle.
Vous en avez assez de la guerre “blogueurs contre journalistes” ? Alors je vous propose une lueur d’espoir dans ce conflit sans fin avec cette très bonne initiative de l’Express qui a invité une quarantaine de blogueurs au sein de sa rédaction pour les mettre à contribution : L’Express 3001.
L'édition spéciale 3001 de L'Express
Dans la pratique, les blogueurs invités sont installés dans la salle de rédaction avec le reste de l’équipe et ils rédigent des articles qui sont intégrés au circuit de publication. Ils participent également aux conférences de rédaction :
Des blogueurs invités en conférence de rédaction
En regardant bien sur le site vous pouvez ainsi voir apparaitre une petite cartouche “3001″ avant le titre des articles publiés par les blogueurs.
Exemple d'article d'un bloggueur publié en page d'accueil de L'Express.fr
Voici donc une très belle opération orchestrée par la rédaction de L’Express et l’agence Ogilvy PR dont vous pouvez suivre le quotidien sur le blog dédié à l’opération : 3001, l’odysée de l’info. Un grand bravo à Eric (le rédac-chef) dont vous pouvez lire les réflexions sur mutation de son métier sur son blog : L’Express nouvelle formule.
Loin de moi l’idée de faire du teasing, mais je peux vous assurer que nous n’en sommes qu’au début et que je travaille en ce moment sur un projet pour L’Express qui poussera beaucoup plus loin cette logique de production conjointe. Mais j’aurais sans doute l’occasion de vous en reparler.
Il faut croire que l’arrivée de l’hiver a un effet négatif sur le moral car Eric du légendaire Presse-Citron a décidé de prendre le large… pour quelques jours : Fermé pour cause d’inventaire. Raison de cette interruption de service : un gros ras-le-bol lié à la mauvaise ambiance générale dans les commentaires.
Il faut dire que son statut de premier blogueur de France l’expose à une audience très disparate et surtout très agitée. Il en résulte d’innombrables moqueries, insultes et commentaires (très) déplacés. Pour vous en convaincre, il vous suffit d’aller lire les très nombreux commentaires sur son dernier billet, c’est lamentable. Pourquoi tant de haine ?
Loin de moi l’idée de me comparer à Eric, mais celles et ceux qui n’ont pas un blog à “gros tirage” ne peuvent pas comprendre les sentiments très violents que l’on peut ressentir à la lecture de commentaires irrespectueux lâchement publiés par des trolleurs à pseudonymes. Oui ça fait mal, car derrière le blogueur il y a un rédacteur qui n’a pas forcément reçu la formation d’un professionnel et qui a beaucoup de mal à prendre du recul, surtout après avoir investi autant d’énergie et de passion. Passion ? Oui car il en faut de la passion et de l’assiduité pour tenir un blog comme celui-là.
Je compatis d’autant plus avec Eric car j’ai eu mon lot de commentaires à la con. Par contre j’ai noté une très nette amélioration dans mes commentaires sur ces derniers mois avec pratiquement plus un seul troll, très peu de hors-sujets et une véritable recherche du dialogue. Je ne saurais comment expliquer ce phénomène, peut-être ai-je fini par “trouver” mon audience ? Peut-être se sont-ils reportés sur le blog d’Eric…
Souhaitons donc du courage à Eric pour qu’il persévère et finisse par lui-aussi “trouver” son audience et nous revenir en pleine forme.
Plusieurs indicateurs dans ce rapport nous mènent à penser que le phénomène des blogs est en train de se “tasser” et de rentrer dans le quotidien des internautes. Comprenez par là que les bloggeurs ne sont plus vus comme des extraterrestres / pionniers / égocentriques (rayez la mention inutile) mais comme des individus lambda qui pratiquent une activité sociale sur le web.
Les chiffres montrent un ralentissement
Parlons des chiffres tout d’abord : 133 millions de blogs indexés depuis 2002.
Nombre de blogs indexés par Technorati
Un bien beau chiffre, mais qu’il faut relativiser car sur ces 133 millions de blogs, seuls 1,1% ont publié au moins un billet sur les 7 derniers jours. Il n’y aurait donc que 1,5 millions de blogs réellement actifs. En fait nous serions passés de 1,5 millions de billets publiés en 2007 à 900.000 en 2008 : State of the Blogosphere 2008: Technorati Numbers Indicate Blogging Is Niche and Slowing.
Comment expliquer ce phénomène ? Tout simplement avec la montée en puissance de nombreux médias sociaux alternatifs (microblog, réseaux sociaux…) qui fragmentent les usages et surtout permet de combler un besoin latent mais pas suffisant pour se lancer dans l’aventure. Autre conséquence, l’attention des lecteurs de blogs est diluée / éparpillée sur d’autres supports “sociaux” (c’est l’arroseur arrosé). Et il en va de même pour l’influence : Are The Influencers Less Influential Now That The Masses Have Arrived?. Serait-ce la fin du mythe du bloggeur influent ?
Blogguer est une activité rentable… pour les américains !
Autres chiffres très surprenants : le revenu moyen annuel est de 6.000$ et dépasse même les 75.000$ pour les blogs avec plus de 100.000 visiteurs uniques par mois. 75.000$ par an ? Soit je suis le dernier des cons (et je devrais arrêter mon activité de conseil / formation), soit les conditions de marché sont complètement différentes en France ! Visiblement je ne suis pas le seul à être surpris : State Of The Blogosphere: Get To 100K Uniques, Make $75K/year.
Bon… inutile de nous emballer, ces chiffres sont surtout valables pour ceux qui blogguent en anglais dans un pays où le marché (annonceurs, régies publicitaires, intermédiaires…) est beaucoup plus mature.
Bon ceci étant dit, le rapport explique également que les pratiques de blog sont largement rentrées dans les moeurs et qu’elles sont très utiles pour construire sa marque personnelle (cf. How To Grow Your Personal Brand).
Une répartition démographique qui diverge selon les continents
Continuons notre analyse avec ces chiffres équivoques sur la répartition homme/femme en fonction du continent :
Critères démographiques des bloggueurs en fonction de leur continent
Hé oui, en Europe tout comme en Asie les bloggueurs sont sur-représentés par rapport aux bloggueuses. Pourquoi ? Je ne sais pas, et je ne me risquerais pas à commenter ce chiffre
Et puisque l’on parle de continents, voici la répartition du volume :
Répartition des bloggueurs par continent
Près de la moitié des blogs sont américains ? Difficile à avaler. Reformulons ça en : “plus de la moitié des sites assimilés à des blogs qui sont indexés par Technorati sont américains“. Voilà qui me semble mieux pour nuancer cette donnée.
Le bloggueur européen existe-t-il ?
Terminons enfin par ce portrait-robot du bloggueur européen :
Mouais… pas très convainquant tout ça… Est-ce vraiment intéressant de niveler les pratiques et les influences culturelles au sein d’un continent comme l’Europe ? Non pas réellement.
Mais ne crachons pas non plus dans la soupe, ce rapport est tout de même une aubaine pour l’industrie car il permet d’avoir une photographie précise de la blogosphère US (qui pilote une partie du marché) et qui illustre également la diversité des profiles : Who Are the Bloggers?.
Seule une partie du rapport a été publié, j’attends avec impatience la suite…
Au détour de mes pérégrinations sur la toile je suis tombé sur cet étrange plugin pour WordPress : Live Twit. Ce plugin sert à afficher les titres d’un flux RSS en surimpression (overlay en anglais) dans un bandeau de bas de page : Nouvelle version de Live Twit avec plusieurs options supplémentaires.
Observez bien cette bande sombre en bas de l’écran, y sont affichés la source, le titre et deux boutons d’action. Pour l’instant ne défilent sur ce bandeau que des news (en provenance de Wikio sur cet exemple) mais l’on pourrait tout à fait imaginer y faire défiler des messages publicitaires (soit un Google Adsens trafiqué, soit un flux de publicités textuelles comme les Feed Ads de Splush).
Partant du principe que les bannières de haut de page ne transforment quasiment plus (principalement dû au phénomène de banner blindness), est-ce que ce principe de flux publicitaire affiché en surimpression ne serait pas une alternative élégante ?
Quand vous y réfléchissez bien, cette solution est :
très simple à installer (un bout de code javascript qui affiche le bandeau en surimpression, donc même pas la peine de toucher au code source) ;
très simple à opérer (les messages publicitaires sont distribués via un flux RSS) ;
élégante (ce bandeau ne défigure pas la mise en page) ;
avec une bonne visibilité (très bon contraste et affichage permanent même si l’on fait défiler la page).
Bref, je suis persuadé que ce bandeau flottant pourrait potentiellement remplacer les bannières de haut de page (qui de toute façon sont condamnées). Peut-être est-ce de la pure affabulation de ma part car cette solution existe déjà mais j’y vois un très fort potentiel, pas vous ?
Ce matin Nicolas a décidé d’arrêter la publication de Versac : Fin de ce blog. Passé l’effet de surprise de cette annonce, j’ai comme l’impression que nous sommes en train de vivre un changement d’époque pour les blogs : le passage de l’âge de pierre à l’âge de fer.
Force est de constater que la professionnalisation des pratiques de blog est en train de profondément modifier le paysage de la blogosphère. J’interprète ainsi l’annonce d’Éric de son passage à un statut de blogueur professionnel (Révélation de la semaine : j’ai trouvé un travail) comme l’élément déclencheur d’un mouvement de fond : tensions, railleries, jalousies… qui conduisent aujourd’hui à la disparition d’une figure emblématique du blog français (rassurez-vous Nicolas n’est pas mort, il va juste blogueur ailleurs).
Je ne saurais trop expliquer pourquoi mais j’ai comme l’impression que la blogosphère va progressivement perdre son innocence et rentrer dans une phase plus… industrielle. Celle où l’on brasse de l’argent, celle où l’on s’insulte par billets interposés (même dans un cadre professionnel), celle où les égos débordent des claviers.
Ce changement d’époque va donc se faire dans la douleur, une douleur supportée par une minorité d’individus :
Nicolas (encore lui) qui se fait chahuter de plus en plus fort dans les commentaires de son blog ou par des journalistes bien-pensants ;
Bref, la situation s‘envenime et même si nous n’en sommes pas encore à envisager la peine de mort comme pour les blogueurs iraniens (Iran Parliament to Debate Death Penalty for Bloggers), je me désole de constater que les plus grands se voient contraints de plier sous la pression des masses anonymes. Finalement c’est Vinvin qui avait vu juste avec sa farandole des abrutis. Puisse le dieu internet me donner le courage de ne jamais céder à mon tour. Car après tout, tout le monde ne peut pas avoir la force de caractère du Capitaine, bien que lui aussi doit connaitre des moments de solitude.
Nous voici donc en présence de la première victime du mythe du “blogueur influent”. Vaste fumisterie dont nous n’arriverons décidément pas à nous débarrasser. Si j’avais le courage, je rédigerais un article pour définitivement enterrer ce mythe à la con mais je suis fatigué. Fatigué de répéter inlassablement que nous sommes tous influent à notre échelle. Fatigué de répéter que le blog est un outil, pas une caractéristique. Les blogueurs n’ont en commun que la plateforme technique, leurs motivations et leur approche sont toutes différentes (il y a autant de façon de bloguer que de blogueurs).
Mais je m’égare, revenons à nos moutons : Je suis maintenant convaincu de la nécessité d’instaurer une forme de contrat de lecture entre le blogueur et son audience, un peu comme des Conditions Générales d’Utilisations. Ce contrat tacite permet de définir un cadre sain dans lequel le blogueur pourra s’épanouir et entrer dans une relation mutuellement enrichissante avec son lectorat (évitant ainsi les plaies du blogueur). Est-on en train de parler d’une charte des blogs ? Peut-être, je n’ai pas encore trouvé la solution.
Il pourrait potentiellement y avoir autant de chartes que de blogueurs mais je trouverais intéressant de pouvoir initier une réflexion collective sur des modèles de chartes génériques. Un peu comme les licences Creative Commons (il y en a forcément une qui vous convient).
Bref, tout ça pour dire que nous vivons un changement d’époque plutôt déstabilisant. J’espère que ce phénomène de maturation des blogueurs se fera de concert avec une maturation des lecteurs / commentateurs, des agences, des annonceurs et des journalistes.