Voilà plus de 10 ans que l’on nous parle de l’internet mobile. Même si le web en mobilité a fait long-feu en Europe et aux Etats-Unis comparativement aux marchés asiatiques (principalement Corée du sud et Japon), les mobinautes se sont bien rattrapés depuis avec l’avènement de l’iPhone (De la place des smartphones dans notre quotidien). Je pense ne pas me tromper en disant que l’adoption de smartphones a été dopée par les usages ludiques (musique, jeux) et sociaux (accès permanent à vos contacts). Même si aujourd’hui il vous semble tout à fait naturel de publier des commentaires, messages et photos depuis votre smartphone, il n’en a pas toujours été ainsi, car les plateformes sociales de première génération (Friendster, MySpace, Skyblog) ne proposaient pas d’accès mobile.
Nous sommes maintenant en 2011 et les choses ont beaucoup changé : Les réseaux sociaux (Facebook), plateformes de blog (WordPress, Tumblr) et autres sites de partage (YouTube) proposent tous un accès en mobilité. Car l’important n’est plus d’agréger la plus grosse audience sur son site, mais sur sa plateforme. Les plateformes sociales de dernière génération se consomment ainsi indifféremment au travers d’un navigateur, d’une application, de services tiers… Des services comme Twitter et Google+ ont d’ailleurs été conçus dans ce contexte multi-accès avec une version web et une version mobile dès le premier jour.
Nous assistons maintenant à une course à l’armement entre les plateformes sociales pour proposer le plus grand nombre d’accès. Twitter a été à une époque le service avec des accès les plus diversifiés, mais c’est maintenant Facebook qui propose le plus large choix. Non seulement Facebook est disponible pour de nombreux smartphones, mais nous pouvons constater que la course à l’universalité des accès va bien au-delà des terminaux mobiles.
Pour illustrer ceci, je vous propose de faire la liste des accès à Facebook :
- Sur les ordinateurs avec la version web (www.facebook.com) et les nombreuses applications de social desktop (Seesmic, Tweetdeck…)
Accédez à Facebook avec des applications comme Seesmic - Sur les smartphones avec les applications natives (notamment pour iPhone) et la version mobile (m.facebook.com)
Accédez à Facebook avec votre smartphone - Sur des smartphones qui intègrent directement Facebook dans leur OS (en l’occurrence le HTC Cha-cha)
Un smartphone dédié à Facebook - Sur des téléphones mobiles normaux (des « Feature phones« ) avec des applications java (disponible sur Facebook.com/mobile cf. Facebook for Every Phone)
Accédez à Facebook depuis votre téléphone et une application Java - Sur des téléphones d’entrée de gamme ou sur les marchés en voie de développement comme l’Afrique (Fast and Free Facebook Mobile Access with 0.facebook.com)
La version minimaliste de Facebook pour les téléphones d'entrée de gamme - Sur votre touchbook avec des applications de social magazine comme Flipboard ou Zite
Facebook sur votre iPad avec Flipboard - Sur votre télé avec des applications dédiées comme les Samsung Apps for SmartTV
Facebook sur votre télé avec les Samsung Apps - Sur d’autres types de terminaux comme les smartframes (et notamment le Pulse de Kodak)
Facebook sur votre cadre photo connecté avec Pulse
Comme vous pouvez le constater, les modes d’accès à Facebook sot très diversifiés en terme d’interfaces ou de terminaux supportés. Et la liste ne s’arrête potentiellement pas là, car les APIs proposées par Facebook permettent à n’importe qu’elle application de se connecter à la plateforme. Avec ces APIs, les constructeurs trouvent un argument massue pour ajouter une dimension sociale (et donc de la valeur) à leurs terminaux.
Je ne connais pas les chiffres, mais je serais curieux de connaitre la proportion d’accès à Facebook au travers d’applications plutôt qu’au travers de navigateurs. Tout ceci me fait donc dire que nous allons petit à petit quitter l’ère du web social (des réseaux sociaux accessibles depuis votre navigateur) pour rentrer dans celle de l’internet social (des plateformes sociales accessibles depuis une infinité d’applications et de terminaux).
Le plus important pour vous n’est donc pas de savoir si le mieux est de lancer une application iPhone ou un site en HTML5, mais plutôt de sortir un jeu d’APIs suffisamment souples pour donner ouvrir l’accès au plus grand nombre d’applications et terminaux tout en se conformant à votre modèle économique (notamment pour les boutiques en ligne).
Dans tous les cas de figure, je suis persuadé que l’internet mobile est une notion obsolète, les terminaux mobiles ne sont qu’une étape dans la diversification de l’accès aux contenus et services en ligne, car de nombreux terminaux alternatifs vont venir diversifier les modes d’accès.