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2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?

Après presque 30 années de domination sans partage, j’ai comme l’impression que l’outil informatique traditionnel (écran + clavier + souris) est en train de sérieusement se ringardiser. Le couple Windows – Intel semble en effet avoir atteint son apogée et l’on se dirige tout droit vers un nouveau cycle d’innovation pour faire émerger de nouvelles catégories de terminaux et de nouveaux usages.

De l’internet mobile à l’internet nomade

Je pense ne pas me tromper en disant que la révolution mobile a fait long-feu en France et dans les pays occidentaux en général. Autant l’Asie a connu un formidable essor des services mobiles dans les années 2000 (principalement en Corée du Sud et au Japon), autant le WAP évoque un demi-échec (lire à ce sujet Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité). Mais ne parlons plus du passé et tournons-nous vers l’avenir car l’avènement de l’iPhone et des netbooks a permit au marché de comprendre qu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un écran de 19″ et un processeur à quadruple-coeur pour profiter de services en ligne dans de très bonnes conditions. L’idée étant de compenser du débit et de la puissance par de l’autonomie et de la praticité (il faut 30 secondes pour allumer son iPhone et relever ses mails).

De plus, je note une forte volonté des industriels de sortir de l’impasse du web gratuit où les producteurs et distributeurs de musique, films, séries TV, news… s’arrachent les cheveux pour trouver des modèles économiques viables sur un média où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit. Les conditions de marché semblent donc réunies pour initier la révolution de l’outil informatique et sortir de la domination du PC (dans le sens “Personnal Computer“).

Bien évidement il existera toujours et nous continuerons à utiliser des ordinateurs (fixes ou portables), mais ils devront partager leur part d’audience avec d’autres types de terminaux qui nous permettrons de consommer des contenus, d’exploiter des services et de prolonger nos interactions sociales dans d’autres contextes. Ces terminaux nous les connaissons déjà (smartphones, netbooks, touchbooks, terminaux grand public ambiants…) mais leur prolifération et la part d’usage que nous leur réservons va petit à petit augmenter et inverser la tendance.

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Eric Schmidt, PDG de Google, a ainsi déclaré que l’avenir de l’internet était au mobile. Ce n’est pas également un hasard si Steve Jobs a annoncé en ouverture de sa dernière keynote qu’Apple était une société de terminaux mobiles. Non pas que ces patrons ne croient plus en l’informatique “traditionnelle”, mais plutôt que les meilleures opportunités sont à chercher en dehors du cadre des ordinateurs tels que nous les connaissons (avec écran, clavier et souris). L’approche de services morcelés en widgets (ou applications chez Apple) semble en effet beaucoup plus facile à contrôler (d’un point de vue modèle économique).

Nous ne parlons pas seulement des terminaux qui tiennent dans la poche et que nous trimbalons partout avec nous, mais plutôt des terminaux à encombrement réduit et à grande autonomie qui peuvent servir partout mais dont l’essentiel des usages se fait en intérieur dans votre salon ou chambre (à l’image des consoles de jeux portables comme la Nintendo DS). L’avantage de ces terminaux est de supprimer toute dépendance aux fils (alimentation, réseau), nous parlons plus ainsi d’internet nomade plutôt que d’internet mobile.

Une course à la taille critique pour les systèmes d’exploitation

Il en va de même pour l’iPhone, terminal mobile de référence qui est également capable de rendre de très bon services d’appoint pour vous éviter d’avoir à démarrer votre ordinateur (regarder la météo ou le programme TV, vérifier ses emails ou Twitter, jouer 5 minutes…). L’iPhone et son modèle de distribution fermé fait ainsi beaucoup d’envieux. Nombreux sont ceux qui aimeraient bien réitérer cet exploit à l’image de Palm, Blackberry ou encore de cette alliance entre 24 opérateurs pour lancer une plateforme ouverte d’applications sur mobiles. Le but de la manoeuvre est de créer un marché-cible suffisamment grand pour créer un écosystèmes de développeurs et d’éditeurs d’applications.

OK très bien, mais il va falloir faire preuve de plus d’ambition pour convaincre le marché. D’autant plus que cette alliance ne prend en compte qu’une partie de l’équation (les terminaux mobiles). Je suis ainsi beaucoup plus attentif au tout récent partenariat entre Nokia et Intel pour fusionner leurs systèmes d’exploitation respectifs (Maemo et Moblin) en une plateforme unifiée du nom de MeeGo.

MeeGo

MeeGo, le système d'exploitation multi-terminaux

L’idée est de construire sur un noyau Linux une architecture logicielle suffisamment souple pour s’adapter à différents types de terminaux connectés :

MeeGo-Architecture

L'architecture logicielle de MeeGo

En proposant une plateforme logicielle unique pour un grand nombre de terminaux (smartphones, netbooks, TV et véhicules connectés…), Nokia/Intel s’assurent ainsi un soutien de nombreux développeurs et éditeurs souhaitant toucher un maximum de cibles et décliner leurs applications sur un maximum de terminaux en un minimum de temps. Nous allons donc très probablement assister à une course à la taille critique. Je ne pense pas qu’un système va écraser les autres mais plutôt une configuration où le marché est réparti entre 4 à 5 OS.

Des terminaux polymorphes pour contenter le plus grand nombre

À partir du moment où le “problème” du système d’exploitation (et du nombre d’applications disponibles) est résolu, rien n’empêche les industriels de segmenter le marché à l’infini et de proposer différents formats de terminaux pour cibler de façon plus fine les différentes niches de clients.

Des touchbooks pour petits et grands

Des touchbooks pour petits et grands

Le but de la manoeuvre est de proposer des machines parfaitement adaptées aux clients-cibles. Ça fonctionne donc pour les petits avec le iXL de Play Fish mais ça pourrait aussi fonctionner pour les séniors ou n’importe quelle autre niche.

Et puisque l’on parle de segmentation, impossible de ne pas évoquer le tout récent Windows Phone de Microsoft. Conscient du retard accumulé avec Windows mobile, les équipes de Microsoft ont pris la décision radicale de faire table rase du passée et de proposer un tout nouveau concept avec cette téléphone grand public propulsé par le système d’exploitation du Zune.

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Sage décision car le marché des smartphones sur-puissants à vocation BtoB commence à être sacrément bouché (Symbian, Android, BlackBerry, Palm). C’est donc un coup de maître de la part de Microsoft qui rompt définitivement l’héritage culturel de Windows et Office pour se montrer sur un nouvel angle (Xbox, Zune, Facebook). Ce nouveau positionnement grand public et plus abordable en terme de sophistication et de prix va permettre à Microsoft de réduire considérablement la pression concurrentielle en s’attaquant au middle-market (situé entre les téléphone basics et les smartphones).

Nouveaux usages = nouveaux revenus (ou pas)

Je n’ai pas eu la chance de participer au grand raout annuel de la mobilité à Barcelone (le Mobile World Congress), mais les comptes-rendus que je peux lire à droite et à gauche (cf. Mobile World Congress: some thoughts on day 1) me laissent penser qu’une nouvelle vague d’innovation est en train de déferler avec beaucoup d’investissements dans le software, une segmentation plus fine et une réflexion de fond sur les usages. Et même si les terminaux sont globalement plus intelligents, la sur-enchère technologique semble être compensée par des approches marché plus pertinente : Moins de puissance mais plus d’autonomie, de confort, d’adéquation…

L’innovation s’accélère, et les géants du monde informatique (Google, Apple, Microsoft) ne compte pas se laisser distancer. Pourquoi ? Tout simplement car cette vague de terminaux alternatifs va avoir une conséquence directe sur les revenus générés par la vache à lait du web : la recherche. Autant les ordinateurs sont parfaitement équipés pour faire une recherche dans de bonnes conditions (clavier complet pour saisir les mots-clés, large écran pour afficher les résultats, souris pour naviguer dans les résultats), autant sur un touchbbok ou un smartphone c’est complètement différent car les périphériques de saisie / d’affichage rendent la recherche plus délicate.

Nous sommes ainsi dans une dynamique de découverte plutôt que de recherche. Les géants comme Google, Apple et Microsoft investissent massivement pour ne pas perdre le contrôle de l’interface et se réserver des espaces de valorisation et de mise en avant du contenu. Les bannières et autres mots-clés sponsorisés vont donc être remplacés par des têtes de gondoles. Qui s’en plaindra ?

Un nouveau paradigme de l’outil informatique

Les 10 dernières années ont été consacrées au perfectionnement des services et contenus web consommés au travers d’un ordinateur. Les 10 prochaines années seront consacrées à la découverte de nouveaux services / contenus et à l’appropriation de nouveaux types de terminaux aux contraintes et spécificités très variées. Tout ceci vous semble peut-être un peu lointain, mais je vous donnes rendez-vous en 2020 pour faire le point sur ces usages nomades et surtout sur l’impact qu’ils vont avoir sur notre façon de concevoir, distribuer et consommer de nouveaux services et contenus. Peut-être engendreront-ils de nouvelles formes de dépendance ou de cyber-criminalité…

Je suis en tout cas fermement convaincu que nous entrons dans une nouvelle ère, celle de l’informatique nomade, tactile et sociale. Il va donc nous falloir complètement ré-inventer les expériences utilisateur (interfaces et contenus) pour mieux coller à ce paradigme du marché.

Hypothèses d’usages et opportunités de revenus pour l’iPad

Suite à une annonce ayant généré beaucoup trop d’excitation et d’attentes pour contenter les plus exigeants (dont je fais partie : Avec l’iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks) et après quelques jours de réflexion, je souhaite partager avec vous quelques hypothèses sur les usages et opportunités de revenus autour de l’iPad.

L’iPad n’est pas fait pour les livres électroniques

J’ai déjà abordé ce sujet dans des précédents billets mais la lecture des diverses réactions suite à la présentation publique de l’iPad me conforte dans l’idée que touchbooks et ebooks boxent dans deux catégories bien distinctes (cf. Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?). Je pense donc ne pas me tromper en affirmant que la vente de livres et journaux électroniques sur l’iPad sera un flop, à moins qu’ils apportent des évolutions technologiques majeures comme l’encre électronique (comme le fait la machine de PixelQi).

La compétition iPad / Kindle s’arrête là dans la mesure où Amazon a prit une sérieuse longueur d’avance sur un marché encore embryonnaire avec plus de 2 millions d’unités vendus (Amazon CEO: “Millions” of Kindles Sold) et une dynamique commerciale très incisive (Amazon Unveils New Kindle Royalty Option; Incentive To Keep E-Book Prices Down et Amazon Now Sells 6 Kindle Books for Every 10 Physical Books When Both Editions Are Available).

Des magazines digitaux financés par de la publicité ultra-ciblée

Intéressons-nous maintenant à ce pour quoi l’iPad a été conçu : du contenu rich media. Nous savons ainsi que plusieurs groupes de presse travaillent sur un nouveau format de magazine digital mélangeant texte, photos et vidéos dans une interface spécifiquement adaptée aux touchbooks (cf. Sports Illustrated Tablet Demo et Condé Nast Will Have Apple iPad Apps Ready For Shipping Day).

Concept de magazine digital sur un touchbook

Concept de magazine digital sur un touchbook

L’intérêt de ces magazines serait de proposer une nouvelle expérience de lecture (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?). Ils pourraient être lus en ligne ou hors ligne (sous forme d’applications) et seraient achetés à l’unité (0,99$) ou sous forme d’abonnement pour pouvoir accéder à des services complémentaires comme des bases de données sportives, financières, historiques…

Accès aux statistiques de joueurs sur un touchbook

Accès aux statistiques de joueurs sur un touchbook

Ou alors… ces magazines pourraient être financés par de la publicité, mais pas n’importe laquelle : celle d’Apple. Souvenez-vous ainsi qu’Apple a très récemment racheté une société spécialisée dans la publicité mobile (Quattro Wireless). Vu sous cet angle, on comprend mieux pourquoi Apple ne veut pas du lecteur Flash sur l’iPhone et l’iPad : pour pouvoir bloquer toutes les régies publicitaires et imposer la sienne. Avec ce rachat, Apple est maintenant le seul maître d’un écosystème où il maitrise la chaine de distribution, de monétisation et d’encaissement (cf. The iPad Will Make Apple’s Acquisition Of Quattro Wireless Look Even Smarter).

iTunes est ainsi la pierre angulaire pour une technologie de recommandations personnalisées et de ciblage publicitaire en fonction du profil des utilisateurs (selon leurs goûts musicaux ou ludiques), l’historique des achats, la localisation (puce GPS ou triangulation). La fonction Genius se transformerait ainsi en une sorte d’assistant d’achat.

Des catalogues VPC numériques financés par l’affiliation

En poussant cette logique d’expérience de lecture enrichie, nous pourrions également l’appliquée aux VPCistes qui existent déjà sous forme de catalogues et de sites web. La version touchbook serait une application à mi-chemin entre catalogue en ligne et publi-reportages verticalisés : fashion pour les fringues, lifestyle pour les objets du quotidien, bricolages pour le petit outillage, voyages, cuisine…

Tout l’intérêt d’un tel dispositif serait de proposer une expérience intégrée avec de l’achat en un clic. Certes, Amazon le propose depuis longtemps, mais son catalogue est limité et le contenu inspirationnel fait cruellement défaut. J’imagine tout à fait Apple réclamer un “pas de porte virtuel” aux VPCistes pour installer leur application par défaut et leur donner accès à sa base d’utilisateurs (en plus prélever une commission sur les transactions). Hé oui, car l’iPad s’insère dans un dispositif bien rôdé où Apple a déjà collecté 150 millions de N° de cartes bancaires.

Vous pourriez me dire que tout le monde est libre d’installer n’importe quelle application, certes, à condition qu’elle soit référencée dans l’App Store. Avec un écran de 1024*768 ce type d’applications marchandes pourrait faire des merveilles : Apple’s iPad Raises Stakes on Rich Advertising and Branded Apps.

Pour les annonceurs et distributeurs, ce micro-canal de distribution présenterait l’énorme avantage d‘immerger le prospect / client dans un environnement maitrisé où la concurrence n’est plus réellement à un clic. Exemple avec l’application Rugby de Ralph Lauren pour l’iPhone / iPad :

Application marchande de Ralph Lauren pour iPhone / iPad

Application marchande de Ralph Lauren

Une télécommande “riche” pour des contenus additionnels et piloter vos contenus multimédia

Regarder un film ou écouter un album sur l’iPad ne semble pas présenter un grand intérêt. Par contre si vous couplez l’iPad avec un autre terminal (iMac ou TV), vous ouvrez la porte à de nombreuses possibilités. L’iPad serait ainsi une sorte d’écran complémentaire vous permettant de bénéficier de contenus additionnels (résumés d’épisodes précédents pour une série TV, statistiques ou autres angles de vue pour un évènement sportif…).

Nous pourrions même envisager un usage inédit : Piloter un media center au travers d’une expérience bien plus riche (coverflow…). L’idée serait ici de pouvoir visionner / consommer des contenus multimédias stockés sur un serveur (une sorte de time capsule en version XL) sans avoir à allumer votre ordinateur. Ceci fonctionne aussi avec l’AppleTV (peut-être mieux !).

Il est également possible d’imaginer de nombreuses applications à valeur ajoutée en ce qui concerne la domotique.

Une nouvelle approche du jeu tactile

L’iPhone s’est rapidement imposé comme la nouvelle coqueluche des casual games, mais les caractéristiques avantageuses de l’iPad laissent présager une nouvelle génération de jeux tirant parti du large écran tactile, de l’accéléromètre, du GPS et de la puissance de la machine (prolongeant ainsi le gameplay tactile de la DS de Nintendo).

Autre domaine où l’iPad pourrait proposer une nouvelle approche : le jeux sociaux. Le magazine Fast Company avance ainsi une hypothèse très crédible de mécanique de jeux où l’iPad servirait de serveur pour cordonner plusieurs joueurs sur iPhone en mode P2P local : Here’s the Vision of iPad Gaming Greatness Apple Overlooked.

Concept de jeu de poker en mode P2P

Concept de jeu de poker en mode P2P local

Certains ’hésites pas à dire que l’iPad pourrait être l’évolution ultime du jeu de plateau : iPad board games: Apple has created a ‘Jumanji platform’.

Bientôt un Monopoly tactile sur l'iPad ?

Bientôt un Monopoly tactile sur l'iPad ?

Ce principe ne s’applique pas à tous les jeux, mais pourrait générer des revenus non-négligeables sur certains types de jeux très rentables.

Autre exemple avec les MMORPG : l’iPad pourrait servir d’écran supplémentaire pour pouvoir gérer vos armes et armures, pour afficher la carte du niveau ou encore pour communiquer avec les autres joueurs : What could Apple’s new iPad mean for MMOs?. Encore une fois, ceci ne concerne pas des dizaines de millions de joueurs, mais peut représenter des revenus complémentaires intéressants pour les éditeurs.

Reste enfin la niche des MMTRG qui seraient bien plus intéressants à jouer avec un écran plus large et un processeur plus puissant.

De nombreux nouveaux usages à inventer et un gros concurrent à surveiller

Ces quelques hypothèses ne sont qu’une petite partie du potentiel de ce terminal qui doit encore trouver sa place. Souvenez qu’à la sortie de l’iPhone nous étions loin de nous douter que ce petit appareil allait révolutionner le monde des télécoms. Au fil des mises à jour, l’iPhone s’est même transformé en un combiné multi-fonctions à très forte valeur ajoutée : téléphone, agenda, baladeur numérique, console de jeux, GPS, modem… L’iPhone est selon moi l’invention la plus révolutionnaire de ces 10 dernières années, attendons de voir ce que pourra donner l’iPad dans sa troisième ou quatrième itération.

Malgré de nombreux pseudo-concurrents déjà sur les starting blocks (9 Upcoming Tablet Alternatives to the Apple iPad), Apple semble tout de même avoir pris une sacré longueur d’avance grâce à un écosystème déjà très dense et un parc de dizaines de millions d’utilisateurs. Et n’oublions pas qu’en plus de maitriser le software, Apple est en train d’élever de très sérieuses barrières à l’entrée au niveau du hardware avec une tout nouveau processeur fabriqué par une société rachetée en 2008 (cf. The Real iPad Revolution Is The A4 Chip That’s Running It) ainsi qu’une technologie révolutionnaire de batteries longue durée (10 H d’autonomie) déjà éprouvée sur les nouveaux MacBook.

Aujourd’hui le seul acteur qui pourrait inquiéter Apple est Google : Non seulement car ils ont une alternative très crédible déjà en phase de commercialisation (MSI to Release Its Own Tablet, Does Multitasking) et qu’il s’apprêtent à frapper fort avec Chrome OS (Google Building Touch into Chrome OS? et The iPad And Chrome OS Netbooks Are On A Collision Course).

Plutôt que de faire des prédictions hasardeuses sur l’issue de la bataille Apple contre le-reste-du-monde, j’invite plutôt les annonceurs à réfléchir dès maintenant à la façon dont ils pourraient repenser leur présence en ligne au travers d’applications / widgets compatibles avec les touchbooks.

De là à dire que nous allons probablement voir apparaitre un nouveau type d’agences (les agences “touch-web“) il n’y a qu’un pas. À votre avis, quels acteurs seraient les plus légitimes : les agences web ou les agences spécialisés en applications mobiles ?

Avec l’iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks

Après une interminable attente Apple vient enfin d’annoncer son touchbook : l’iPad. Pour faire simple disons qu’Apple s’est contenté du strict minimum en proposant un gros iPhone (ou un gros iPod Touch si l’on considère la version sans connexion).

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L'écran d'accueil de l'iPad

Rien de très révolutionnaire au niveau des usages (surf sur internet, photos, vidéos, jeux…) ni des technologies mises en oeuvre (écran tactile LED multi touch, connexion WiFi et 3G, 10 heures d’autonomie…). Pour résumer, Apple nous propose avec cet iPad un terminal intermédiaire entre l’iPhone et les MacBooks correspondant à un usage mix intérieur / extérieur.

La future vache à lait de la gamme

Même s’il faut reconnaître l’indéniable qualité de fabrication propre aux produits Apple, force est de constater que cette machine est loin d’être révolutionnaire : pas d’encre électronique, pas de webcam, pas de ports USB ou SD Card, pas de senseurs arrières… Précisons que l’iPad sera propulsé par une version adaptée du système d’exploitation de l’iPhone afin d’assurer une compatibilité avec l’écosystème des applications déjà disponibles. Un choix logique au vu de la richesse de cet écosystème mais qui me laisse sur ma faim : l’iPad est très clairement positionné pour être la vache à lait de la gamme et non développer de nouveaux usages.

La présentation de cet iPad est d’ailleurs entièrement tournée autour des produits “traditionnels” d’Apple : musiques, films, jeux… l’iPad est ainsi le terminal alternatif pour consommer tout ce qui se trouve dans iTunes.

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Les jeux iPhone compatibles avec l'iPad

Les observateurs avertis auront noté la grande ressemblance entre l’iPad et le Litl qui se positionne également sur des usages très “casual” de l’outil informatique domestique :

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L'iPad fait quand même beaucoup pensé au Litl, non ?

Toujours pas de Flash dans Safari

L’iPad semble être également un terminal particulièrement bien adapté pour surfer confortablement sur votre canapé. Et pour cause : très léger, il tient bien dans la main et permet d’afficher un site web en pleine largeur grâce à une résolution de 1024*768.

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Enfin un iPhone capable d'afficher correctement une page web

Seul problème, il n’y a visiblement toujours pas de Flash sur l’iPhone OS :

Pas de flash sur l'iPad

Pas de flash sur l'iPad (et merde !)

Ce manquement est à mon sens une grave erreur car même si cela permet de sécuriser les revenus d’iTunes, cela positionne l’iPad en situation d’infériorité par rapport aux nombreux touchbooks déjà présents sur le marché et surtout les nouvelles générations de machines comme la Slate d’HP.

Un beau gadget pour du travail d’appoint

Steve Jobs a fait sensation lors de la présentation en dévoilant les versions spécifiques d’iWork pour l’iPad : tout a été conçu pour tirer parti des spécificités de la machine.

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iWork sur l'iPad

J’imagine qu’utiliser un iPad pour projeter un diaporama doit faire sensation auprès des aficionados, mais je doute que le clavier virtuel soit suffisamment confortable pour rédiger dans de bonnes conditions.

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Le clavier virtuel de l'iPad

Comme ils pensent à tout chez Apple vous pouvez bien sur acheter le clavier qui va avec, mais vous perdez ainsi le bénéfice de la transportabilité.

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Le clavier qui va avec l'iPad

Donc si nous résumons : l’iPad n’est donc résolument pas tourné vers les usages professionnels. D’autant moins qu’il n’intègre pas de webcam, oubliez donc toutes les possibilités d’en faire le terminal ultime pour faire de la visio-conférence. Vous pouvez éventuellement faire de la VoIP avec l’application Skype ou encore le tout récent Google Voice.

Un terminal pas réellement adapté aux livres et journaux électroniques

Venons-en maintenant au sujet qui fâche : les livres et journaux électroniques. Le NY Times a bien prévu une application adaptée à l’iPad, mais elle me semble guère convaincante pour un usage prolongé car lire sur un écran fatigue les yeux. L’iPad ne va donc pas apporter grand chose au Times Reader, à moins de proposer une mise en page et des services spécifiques (cf. Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?). Mais tout ceci coûtera forcément de l’argent et pourra être rentabilisé par les abonnements mais ne remboursera pas la création du contenu en lui-même.

Je suis plus que sceptique quand au potentiel de l’iPad en tant que lecteur de journaux électronique : le confort de lecture ne sera pas suffisant et l’autonomie est trop faible pour en faire un terminal passe-partout. Je place de bien plus grands espoirs dans le Skiff Reader qui s’annonce réellement révolutionnaire.

Le Skiff Reader qui sera disponible dans le courant de l'année 2010

Le Skiff Reader qui sera disponible dans le courant de l'année 2010

Concernant les livres électroniques, le constat est le même : l’écran de l’iPad n’est tout simplement pas adapté à une lecture prolongée. Même s’ils essayent de bien faire les choses avec une interface où l’on voit les pages tourner, une belle bibliothèque en bois et un très beau iBook Store (comptez 15$ par livre), nous sommes bien loin de l’expérience de lecture proposée par les terminaux à encre électronique (oui c’est bien du Kindle dont je parle).

Les livres électronique sur l'iPad

Les livres électroniques sur l'iPad

Nous en revenons donc à la grande question des contenus (cf. Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?) et je reste persuadé que touchbooks et ebooks ne sont pas réellement concurrents.

Un terminal grand public qui ne va pas révolutionner le marché

Au final nous avons donc une belle machine qui se contente de reproduire l’expérience (concluante) de l’iPhone en prolongeant les usages existants (web, musique, jeux, vidéos…) sans chercher à réellement bouleverser le marché. Comprenez par là qu’avec l’iPad, Apple cherche avant tout à générer du cash au travers de l’écosystème iTunes, mais il en faudra plus pour révolutionner l’outil informatique.

Car même si l’iPad est proposé à 499$, la version complète s’approche des 1.000$ (avec 64 Go de stockage, connexion 3G, station d’accueil, câbles et étui). Et 1.000$ c’est beaucoup plus qu’un touchbook équipé d’Android. Et oui, vous vous doutiez bien que j’allais parler de Google à un moment !

Soyons lucide, ils annoncent trois mois de délai pour la version 3G, trois mois c’est plus qu’il n’en faut à Asus ou HTC pour finaliser un touchbook compatible avec le système d’exploitation mobile de Google qui propose un bien plus grande liberté et un navigateur web avec Flash (cf. Flash Player bientôt disponible sur les smartphones Android). Même si la machine sera moins bien fignolée, elle sera moins chère et surtout plus “ouverte”.

Pour finir je dirais que l’absence de clavier physique sur l’iPad risque d’en rebuter plus d’un. J’invite ceux qui prétendent le contraire à poser la question aux possesseurs de terminaux Blackberry (ils ne sont pas prêt à abandonner leur petit clavier au profit d’une dalle tactile). Ceci laisse donc une autoroute aux netbooks de nouvelle génération qui répondront aux mêmes usages mais avec un clavier en plus. Je pense que le smartbook de Qualcomm associé à Chrome OS sera bien plus disruptif (cf. Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur).

Le smartbook selon Qualcomm

Le smartbook selon Qualcomm

Quel impact sur le marché ?

Au vu de ce qui vient d’être annoncé, j’anticipe un alignement du marché pour préparer l’arrivée de ce terminal :

  • Ajustement des caractéristiques techniques et des interfaces des touchbooks des autres constructeurs ;
  • Généralisation des widgets sur les netbooks (une bonne nouvelle pour Jolicloud) ;
  • Baisse du prix du Kindle et accélération du déploiement d’applications pour ebooks ;
  • Lancement en catastrophe sur le marché de terminaux hybrides propulsés par Android (en attendant Chrome OS).

Rien de révolutionnaire dans tout ça, et pour cause car l’iPad ne possède pas les caractéristiques nécessaires à l’initiation d’une nouvelle révolution des usages. Pour cela il faudra attendre les smartbooks (ou le Kindle 3) (ou le Nexus Two).

Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?

Alors que la blogosphère n’en finit plus de spéculer sur le probable lancement du touchbook d’Apple la semaine prochaine, je m’interroge aujourd’hui sur les nouveaux usages qui vont se développer autour de ces nouveaux terminaux (puisqu’ils finiront par sortir, chez Apple ou un autre). Et tant que j’y suis, je souhaiterai également partager avec vous ma réflexion sur la dichotomie entre les contenus destinés aux touchbooks et ceux destinés aux ebooks.

Surf d’appoint, contenus numérisés et additionnels pour les touchbooks

Les dernières rumeurs concernant le touchbook d’Apple parlent d’un terminal versatile utilisé par toute la famille. Une rumeur parfaitement fondée car j’imagine tout à fait ce terminal de petit format trainer dans le salon afin de pouvoir faire des consultations rapides sur tel ou tel site.

Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple

Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple (image de Fotoboer)

Pour une session de surf plus longue, les ordinateurs traditionnels (et même les netbooks) sont bien évidemment plus confortables, mais ils sont plus longs à démarrer et ne sont pas forcément rangés dans le salon. Outre cet usage premier, j’anticipe toute une série d’usages et de contenus spécifiquement adaptés aux caractéristiques de la machine (petite taille, très bonne autonomie, démarrage en quelques secondes…).

Concernant les contenus, différents scénarios sont à envisager :

Il y a également un ensemble de contenus additionnels couplés à des programmes TV ou autre :

  • Des encyclopédies de séries TV (résumés des épisodes, fiches sur les personnages…) qui seraient consultables avant / pendant ou après le visionnage d’un épisode (pourquoi pas sous forme d’abonnement ou sponsorisées) ;
  • Une retransmission enrichie d’évènements sportifs comme par exemple les J.O; d’hiver ou la coupe du monde, où il serait possible d’avoir les résultats et statistiques en temps réel sur votre touchbook pendant que vous regardez à la TV le direct, de même que des fiches très détaillées sur une équipe de foot ou un joueur (disponibles également sur abonnement ou sponsorisées par une marque) ;
  • Des flux d’informations ultra-fraîches centrées sur un évènement particulier, par exemple la catastrophe en Haïti qui serait couverte sous tous les angles ;
  • Des publications hybrides (texte + énigmes + visuels + vidéos) comme le propose Level 26 (cf. Le Diginovel Level 26 à l’épreuve du clic)…

Les possibilités sont nombreuses (cf. 5 Industries an Apple Tablet Could Revolutionize) mais je suis persuadé qu’il est tout à fait possible de développer un écosystème viable d’applications et de contenus autour des touchbooks pour parfaitement exploiter leurs caractéristiques.

Jeux low-fi, livres interactifs et apprentissage sur les ebooks

Intéressons-nous maintenant aux ebooks. et plus particulièrement au Kindle d’Amazon qui combine la technologie révolutionnaire d’encre numérique (excellent contraste, autonomie de plusieurs semaines) et des capacités de communication via le réseau 3G Wispernet.

Mais avant toute chose, juste une précision pour ne pas polluer votre réflexion : Non les livres électroniques ne remplaceront pas les livres papier, ils sont aux livres traditionnels ce que les fichiers MP3 sont au CD. Comprenez par là que l’expérience de lecture / écoute est certes inférieure, mais vous compensez cela par une praticité inégalée (n’importe quel chanson / livre accessible en quelques clics) et surtout du volume (des milliers de chansons / livres dans votre poche).

Le livre électronique d'Amazon

Le livre électronique d'Amazon

La grosse annonce de cette semaine a été la disponibilité prochaine d’un kit pour pouvoir développer des applications pour le Kindle : Amazon to Launch App Store for Kindle. Ce kit ouvre ainsi de nombreuses possibilités :

  • Des jeux low-fidelity qui pourraient être joués en local (casse-tête et casual games : EA Readying ‘Popular and Fun’ Kindle Games) ou joués en ligne (des parties d’échec ou de dames qui seraient jouées en asynchrone contre un adversaire humain ou contre un agent intelligent) ;
  • Des livres-jeu comme il en existait avant (cf. la série des Livres dont vous êtes le héros) qui pourraient facilement être remis au goût du jour pour cibler leur public d’origine ;
  • Des cours de langue ou autre contenus pédagogiques (sous forme de leçons + exercices) ;
  • Des applications de personnal coaching (toujours sous forme de leçons + exercices / méditations) qui seraient une version simplifiée des programmes d’entrainement cérébraux mais sur des thématiques plus larges…

Là encore tout reste à inventer et je suis persuadé que le Kindle (ou d’autres) peut s’aménager une niche très rentable s’il parvient à trouver sa cible (générations x et au-delà) et à lui fournir des contenus et applications adaptées (après tout Nintendo a bien réussi à convertir les seniors…).

2010 sera une année cruciale pour la structuration du marché

Je précise une chose importante : Touchbooks et ebooks ne sont pas à considérer comme des produits réellement grand public mais plutôt comme des offres de niche. Cela ne veut en aucune façon dire que ces niches ne seront pas rentables, bien au contraire ! Face à un internet où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit, ces deux types de terminaux pourraient bien représenter de véritables bouffées d’oxygène pour certains secteurs à l’agonie.

Pour le moment l’offre est tellement embryonnaire et le marché instable qu’il faut impérativement des acteurs sur-puissants pour “ouvrir la voie” et orchestrer de façon viable la rencontre entre ces machines, les contenus d’éditeurs tiers et le public qui ne sait pas encore trop à quoi cela va lui servir. Heureusement nous avons Amazon et Apple qui vont dominer le marché (au moins dans un premier temps) et éviter l’erreur de faire trop de compromis comme les constructeurs de netbooks ont pu le faire (et tuer ainsi un concept très prometteur).

2010 sera donc une année cruciale pour bien poser les règles et conditions de marché pour qu’un écosystème durable se crée. Inutile de vous dire que je suis plus qu’impatient de voir comment cela va se dérouler…

Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?

Comme annoncé dans mes prédictions (et par 99% des experts et éditorialistes), 2010 sera résolument l’année des terminaux à format disruptif : ebooks et touchbooks. Cette disruption ne concerne pas que la taille de l’écran mais également les technologies employées (encre électronique pour les premiers, large écran tactile pour les seconds) et les usages.

On annonce ainsi une authentique révolution pour la presse et l’édition qui verraient dans ces nouvelles machines l’opportunité de monétiser correctement leurs contenus. Le Kindle d’Amazon propose ainsi une expérience de lecture quasi-similaire à du papier pour des contenus de type news consommés sous forme d’abonnements. Les futurs touchbooks des grands constructeurs (Apple, HP, Dell…) proposeront également une expérience de lecture beaucoup plus riche pour des contenus de type magazine (cf. la démonstration de Time inc.).

Concept de magazine digitalisé sur un touchbook

Concept de magazine digitalisé sur un touchbook

Pour le moment les scénarios d’usage sont assez limpides et ne semblent pas poser de problème.

Ebooks et touchbooks en concurrence sur les bases de données

Sauf que si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces deux familles de terminaux,qui ne répondent en théorie pas réellement aux mêmes usages, pourraient bien entrer en concurrence directe sur un point bien précis : les bases de données. Tout l’intérêt des journaux électroniques comme ceux diffusés via le Kindle est de pouvoir facilement chercher et accéder à de l’information complémentaire (en passant ainsi d’un article à un dossier thématique à un autre article…).

Exemple de documentation technique sur un Kindle

Exemple d'article sur le Kindle

De même, tout l’intérêt des magazines numériques est de pouvoir consommer de l’information façon rich media (texte avec belle mise en page, photos, vidéos…) dans un contexte agréable et non limitatif (article sur le dernier match de foot > tableau des scores du championnat > statistiques d’une équipe > meilleurs buts…). Dans les deux cas de figure, plus la base de données est riche et facile à parcourir et plus l’offre est alléchante. L’offre ? Quelle offre ? L’abonnement premium enfin ! Car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un principe d’abonnement qui donne droit aux infos les plus fraîches et aux données les plus complètes. Auparavant ce type de produit était vendu sur CD / DVD mais la possibilité de s’affranchir du support physique est bénéfique à la fois pour l’éditeur (meilleure marge) et pour l’utilisateur (plus de confort).

Les éditeurs de presse traditionnelle proposaient déjà des formules payantes pour accéder à leurs archives, mais il est tout à fait possible d’étendre ce modèle (actus + base de données) à d’autres secteurs : le sport, la cuisine, les voyages, la documentation professionnelle (ex. Vidal, Dalloz, LefebvreLexisNexis et cie)… L’intérêt pour un éditeur sera donc de pouvoir proposer ce type d’abonnement sur le plus grand nombre de machines possibles (afin d’augmenter le nombre de clients potentiels). Problème : Les tailles / formats / technologies d’affichage varient d’une machine à l’autre. Le plus simple serait donc de pouvoir publier du contenu dans un format suffisamment souple pour pouvoir s’adapter aux contraintes / spécificités de ces différentes machines. Un format qui serait ensuite retravaillé au niveau de la machine par un… navigateur. Hé oui, car c’est bien de cela dont il s’agit : une nouvelle génération de navigateurs conçus pour manier un type bien particulier de contenu (actus + photos/vidéos + recherche dans une base de données) sur un type bien particulier de machines (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?).

Une nouvelle génération de navigateurs

Outre la manipulation du contenu (lecture, recherche…) et des différents supports (livres, journaux…), ces fameux navigateurs de nouvelle génération pourraient également servir à deux fonctions bien précises :

  • Parcourir la marketplace de contenus (recommandations et achats de nouveaux contenus) ;
  • Gérer les transactions (vous ne donnez pas à chaque fois votre numéro de CB).
Le Kindle Store d'Amazon

Le Kindle Store d'Amazon

Lire et gérer ces contenus, parcourir les rayons et acheter de nouveaux contenus, gérer les transactions… tout ceci ne vous rappelle rien ? iTunes peut-être ? Hé oui, car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un logiciel à mi-chemin entre Safari et iTunes. Et puisque l’on parle d’ iTunes, comment ne pas aborder le cas des applications. Prenons l’exemple du Cooq : il embarque des recettes, des fiches ingrédient mais également des applications de gestion de listes de course ou de planification des menus. Il pourrait en être de même pour les secteurs cités précédemment.

Et puisque l’on parle d’iTunes, pourquoi ne pas aborder le cas des jeux ? Il y a bien évidemment l’exemple des jeux “papier” facilement transposables comme les grilles de sudoku ou les mots croisés / fléchés, mais il serait tout à fait envisageable d’avoir des jeux d’échec ou de dames sur un ebook : la machine ne gère que l’affichage du damier, les calculs sont effectués sur le serveur (c’est donc une forme de cloud-gaming).

Alors bien sûr vous pourriez me dire que les tablets PC actuels embarquent Windows et disposent de toute l’artillerie nécessaire pour faire cela, mais je me permettrait de vous rappeler que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. La toute récente HP Slate présentée au CES 2010 est propulsée par Windows 7, mais ne répond pas du tout aux critères d’autonomie ou de confort de lecture que je me fait des touchbooks : il s’agit plus d’un ordinateur diminué (sans clavier ni souris) que d’un support de lecture viable (en tout cas ce n’est pas elle qui va sauver les métiers de la presse et de l’édition).

La slate de HP, un contre-exemple de touchbook

La slate de HP, un touchbook "obèse" gavé à Windows 7

Sans rentrer dans le débat je suis persuadé que la surenchère technologique est vaine et je rejoins tout à fait l’avis de Paul Carr : Hey! Look behind you! It’s the tablet of the future!. Bref, il va bien falloir un socle technologique pour afficher du contenu dans de bonnes conditions (livre ou magazine électronique), gérer les abonnements et les transactions, faire tourner les applications… et gérer la publicité également. Hé oui, car c’est là un autre critère très important à prendre en compte : qui contrôle le navigateur contrôle également les publicités affichées dedans ? Ce n’est ainsi pas un hasard si Apple vient de mettre la main sur Quattro Wireless (une régie publicitaire mobile), c’est pour augmenter les revenus sur iPhone mais également pour préparer ceux de sa future iSlate : Apple to Acquire Mobile Ad Platform Quattro Wireless.

Le Skiff Reader en ation

Exemple de publicité sur le Skiff Reader

J’anticipe déjà des contenus distribués gratuitement via iTunes car financés par de la publicité (mais disponibles également sans pub en version payante). Ceci est valable à la fois pour les journaux, les magazines et revues pro, les livres…

Dans ce scénario peut-être que le mieux placé finalement ça sera Google. Google qui dispose du software (Android et Google Chrome OS), du hardware (il existe déjà un Nexus One, pourquoi pas un Nexus Two ?) et des contenus au travers de Google News, Goole Fast Flip et Google Books. Quand on y réfléchit bien Google sera peut-être le dernier à tirer mais semble cependant le mieux placé (cf. Say Hello to the Google Tablet et Google and HTC Working On a Chrome OS Tablet.

MàJ (08/10/2010) : Nintendo pourrait être l’invité de dernière minute : Nintendo 1er sur le livre électronique en France en 2010 ?

Amazon, Apple et Google… qui pouvait rêver de meilleurs compétiteurs pour un marché où celui qui proposera l’expérience d’utilisation la plus fluide remportera la mise. Et aussi les choix technologiques les plus pertinents. Et le modèle économique le plus viable. Et le navigateur le plus polyvalent (d’où le titre de l’article).

Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés

J’ai comme l’impression  qu’en ce moment entre le Peek et le WikiReader c’est la mode des terminaux portables dédiés. Les quoi ? Mais si enfin, les terminaux dédiés, ces petites machines portables (connectées ou non) qui sont entièrement dédiées à un service, par opposition aux assistants personnels qui sont capables de faire de nombreuses choses.

Même si le concept de terminal dédié présente des avantages (conception adaptée) il semblerait que cette approche soit en train de subir une concurrence fatale de la part des smartphones.

Navigateurs GPS vs. smartphones

Historiquement se sont les systèmes de navigation personnels qui ont ouvert la voix :

Exemple de navigateur GPS

Exemple de navigateur GPS

Le problème est que les routes évoluent (changement de noms) et que les données contextuelles (travaux, état du trafic…) sont très précieuses. De ce fait, ces systèmes embarquent maintenant des systèmes de synchronisation “over the air” qui peuvent faire doublon avec votre abonnement de téléphonie.

Illustration avec l’application iPhone proposé par TomTom :

La version iPhone de TomTom

La version iPhone de TomTom

C’est grosso-modo la même chose (écran tactile, GPS, compas…) mais vous ne payez que le soft et les données en temps réel. Je n’ai pas testé donc merci de ne pas troller sur le prix de l’application.

Là où ça se corse, c’est quand Google décide de sortir son propre service (Google Maps Navigation) qui exploite à la fois les données cartographiques de Google Maps, les photos de Google Street View :

Captures d'écran de Google Maps Navigation

Captures d'écran de Google Maps Navigation

Non seulement l’interface est un modèle d’intuitivité mais en plus l’application bénéficie de la base de données de Google Local. Cerise sur le gâteau : cette application est gratuite pour les terminaux propulsés par Android. Inutile de vous dire que cela doit donner des sueurs froides aux fabricants.

Baladeurs MP3 vs. smartphones

Autre exemple “historique”, les baladeurs MP3 (dont l’iPod) qui doivent maintenant subir la concurrence des smartphones comme l’iPhone ou Android :

iTunes sur l'iPhone

iTunes sur l'iPhone

Autant la gestion de la musique sur Android mérite encore quelques améliorations, autant l’iPhone est parfaitement au point et bénéficie en plus de l’intégration d’iTunes pour télécharger directement de la musique sans passer par l’ordinateur.

Là où ça devient intéressant, c’est quand des services en ligne musicaux par abonnement commencent à voir le jour (Spotify, Lala…). Idem pour des services de recommandation comme Pandora qui présentent un avantage compétitif sans précédent par rapport à un simple baladeur MP3.

Consoles de jeux portables vs. smartphones

Oui je sais bien que Nintendo a réussi à vendre près de 120 millions de Game Boy et 115 millions de DS, mais le marché surveille tout de même de très près l’iPhone qui représente plus de 10% des parts de marché des jeux mobiles. Bien évidement il y a encore beaucoup moins d’iPhone en circulation que de consoles portables (un peu plus de 300 millions d’unités il me semble) mais c’est parce que les autres ont beaucoup d’avance. Dans tous les cas de figure, ce ne sont pas les caractéristiques techniques qui sont en défaveur de l’iPhone (si je ne dis pas de bêtise il est plus puissant qu’une DS ou une PSP) qui arrive en plus à conquérir un public différent grâce à son écran mulit touch :

FIFA 10 sur l'iPhone

FIFA 10 sur l'iPhone

La situation est d’autant plus critique pour les fabriquant historiques de consoles portables qui viennent à peine de revoir leur modèle de distribution (qui reposait jusqu’à présent sur les cartouches) avec le lancement de jeux à télécharger. D’ailleurs la toute récente PSP Go ne propose que des jeux à télécharger.

Encyclopédie et outils de communication dédiés vs. smartphones

Derniers nés de cette catégorie “terminaux dédiés portables”, le très intéressant WikiReader qui vous donne accès à la gigantesque base de données de Wikipedia :

Wikipedia dans votre poche avec le WikiReader

Wikipedia dans votre poche avec le WikiReader

Ce petit appareil a d’indéniables qualité (prix réduit, ergonomie adaptée, autonomie…) mais subit de fait une concurrence frontale avec la version mobile de Wikipedia (ou l’application) qui évite de devoir faire des mises à jour (facturée 29$).

Dernier exemple avec le Peek, un terminal dédié à la communication qui permet d’envoyer/recevoir des emails et messages à volonté (pour 15$/mois) :

Emails à volonté avec le Peek

Emails à volonté avec le Peek

Une offre intéressante car les forfaits “data” des opérateurs réservent parfois des surprises et car ce terminal est parfaitement adpaté à cette tâche. OK… mais les BlackBerry sont aussi positionnés sur ce créneau et remplissent parfaitement leur rôle.

Qu’à cela ne tienne, ils s’apprêtent à commercialiser une version spécifique pour Twitter (tweets illimités pour un prix de vente à 199$) : TwitterPeek. Là encore une offre qui fait réfléchir, mais qui va sûrement avoir du mal à trouver sa place face aux nombreuses applications de tweeting disponibles sur les smartphones : Would You Pay $199 for a Mobile Twitter Device With “Lifetime” Service?.

Conclusion

Comme nous venons de la voir, les smartphones sont capables de rivaliser avec chacun de ces terminaux de façon tout à fait convaincante. Pour le moment c’est l’iPhone qui tient le haut du panier avec une machine et un écosystème redoutablement bien intégré (et rentable pour Apple) mais qui sait ce que les autres acteurs nous préparent (Google / Android, Nokia…) ?

De mon point de vue il n’y a pas photo : je possédais un téléphone, un PDA, un baladeur numérique et une Game Boy. Maintenant tout ce dont j’ai besoin c’est de mon iPhone (et en prime il peut même faire modem 3G pour mon ordinateur). Peut-être les nouvelles générations de netbooks ou de touchbooks apporteront-elles du neuf dans cette compétition. À moins que la future tablet d’Apple nous replonge dans une situation de quasi-monopole…

Résumé de l’actualité estivale 2009

Voilà, c’est la rentrée. Le moment est donc venu de faire le point sur les les événements marquants du mois d’août.

Facebook rachète FriendFeed (et autres annonces)

C’est LA grosse annonce des vacances : après plusieurs années de négociations, FriendFeed accepte l’offre de rachat par Facebook (cf. FriendFeed accepts Facebook friend request). On parle d’un montant de 50 millions de $ pour récupérer les activités de FriendFeed ainsi que les 12 employés. Je ne p ense pas que ceci puisse être interprété comme la volonté de contenir la montée en puissance de Twitter car ces deux services sont en fait assez différents. FriendFeed n’a jmais été un réel concurrent pour Twitter, plutôt un concurent pour le Friends Update. Par contre Facebook Lite est une attaque on ne peut plus directe à l’égémonie de Twitter.

Quelle sera la suite ? Difficile à dire pour le moment si ce n’est quelques rumeurs notamment autour de Bebo dont AOL voudrait bien se débarrasser et qui permettrait à Facebook de rajeunir son audience. Il y a également des rumeurs concernant Spotify, LE service de streaming musical dont tout le monde parle en ce moment et qui pemettrait à Facebook de se remettre à niveau sur ce créneau là. D’autant plus que…

MySpace rachète iLike

Autre grosse nouvelle de l’été, le géant MySpace qui se reveille et prend le contrôle de iLike pour 20 millions de $. Un petit montant pour une très belle opération permettant à MySpace d’injecter du sang neuf dans sa base d’utilisateurs et de renforcer sa position sur la social music. Pour le moment on ne sait pas trop comment va se passer la cohabitation avec MySpace Music mais espérons que l’intégration se fera en douceur.

Prochaine étape : pourquoi pas un partenariat indistriel avec Apple/iTunes ou un autre rachat (au hasard Pandora).

Une nouvelle version de Google ?

Beaucoup de question autour d’une possible nouvelle version de Google dont le nom de code est Caffeine. Visiblement un nouvel algorithme de recherche serait à l’étude, de même qu’une nouvelle architecture technique pour plus de rapidité (cf. Google Caffeine: A Detailed Test of the New Google).

Plusieures hypothèses sont possible : un nouveau système de rating (évolution du page rank), de la recherche en temps réel… Je laisse les spécialistes s’exprimer.

Les services mobiles “next-gen” sont à la mode

Alors que Twitter et Facebook/FriendFeed se tranquilement en train de conquérir les masses (et donc de se ringardiser vis à vis des adopteurs précoces), des applications mobiles de dernière génération sont en passe de devenir les nouveles coqueluches de la blogosphère. Il y a ainsi FourSquare (un réseau social localisé) qui n’est pour le moment pas disponible en France. Il y a aussi Layar (un browser mobile à la sauce réalité augmentée) qui vient de sortir sa V.2 (cf. Layar Augmented Reality Browser Now World Wide on Android, iPhone is Next) et la toute récente Métro Paris que j’ai testé avec succès.

Pour le moment ce marché est encore assez confidentiel du fait de la taille réduite d’utilisateurs-cible (les possesseurs de smartphone) mais il y a potentiellement de gros revenus à tirer de cette niche à forte valeur ajoutée.

Nouvelles versions de Mac OS et Windows

C’est demain que sort Snow Leopard, la nouvelle version épurée de Mac OS qui va mettre l’accent sur les performances. Windows 7 ne devrait pas tarder à suivre avec une promesse similaire de refonte “en profondeur”. Je pense qu’il faudra attendre quelques mois avant de voir les réels améliorations côté services et notamment une intégration plus fine avec les infrastructures on-the-cloud.

Nokia sort un netbook

Alors que l’on spécule de plus en plus sur une Mac Tablet (15 ans après le Newton), c’est finalement Nokia qui a fait sensation en présentant son Booklet 3G : Nokia Booklet 3G mini laptop unveiled. Une superbe machine qui intègre enfin la 3G de façon native mais qui n’a toujours pas communiqué sur le prix. Mon intuition me dit que ce n’est pas un hasard si ce produit ne s’appelle pas “netbook” : c’est parce qu’il va dépasser la barre symbolique des 500 $ et ne plus trop correspondre ainsi à la “norme” des netbooks. L’idée de génie est d’avoir prévu un emplacement pour pouvoir glisser “à chaud” une carte SIM. Attendons de voir si cette machine tient ses promesses (cf. Why It’s Too Early To Be Excited About Nokia’s Late Netbook) et surtout de voir si l’on peut utiliser un autre système d’exploitation que le Windows annoncé (lequel déjà ?).

Voilà, ça fait beaucoup pour un mois d’août. J’ai oublié des choses ?

Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google

Cela fait à peine 24 H que l’annonce de Chrome OS a été faite et pourtant les avis convergent en ce qui concerne les intentions de Google : réinventer l’outil informatique et les usages des services en ligne. En fait cela avait déjà commencé avec l’annonce de Wave, mais cette entreprise ne se fera pas en un jour (ni en un an).

Chrome OS ?

Reprenons depuis le début avec ce que nous savons sur Chrome OS :

  • Ce n’est pas un nouveau système d’exploitation mais une nouvelle interface graphique reposant sur un noyau Linux ;
  • Il sera gratuit (normal car les équipes de Google comptent s’appuyer sur la communauté pour le finaliser) ;
  • Il pourra tourner sur un netbook et plus si affinités (grâce au support des processeurs ARM en plus des architecture x86 d’Intel) ;
  • Il reposera essentiellement sur le navigateur Chrome qui servira d’environnement d’exécution pour des applications en ligne “standards” (HTML ou Flash) ou spécifiquement conçues pour Chrome (sous-entendu reposant sur les technologies Google comme NaCl ou avec le futur HTML 5) ;
  • Il devrait sortir pour mi-2010.

Nous ne savons donc pas encore grand chose sur Chrome OS, toujours est-il qu’il serait illusoire de croire que Google a la capacité de nous sortir un système d’exploitation en à peine un an car c’est un chantier titanesque qui demande des années et une armée de développeurs.

Pourquoi cibler les netbooks ?

Au-delà des taux de croissance très impressionnants annoncés par l’industrie, le marché des netbooks ressemble plus à une niche qu’à autre chose : 11 millions d’unités vendues en 2008 pour une prévision de 39 millions de machines en 2013 (Let’s all take a deep breath and get some perspective). C’est peu, à peine 1/10ème du marché des ordinateurs, mais c’est suffisamment gros pour s’y intéresser. D’autant plus que les netbooks n’ont pas encore trouvés leur place : les “observateurs” du marché s’acharnent à les faire passer pour des ordinateurs low cost alors que leur potentiel réside dans de nouveaux usages et surtout dans une nouvelle approche de l’outil informatique.

C’est également un marché très instable apparamment dominé par Microsoft avec un produit en complet décalage avec le potentiel des machines. Pour résumer : les 97% de parts de marché de Microsot ne sont qu’un leurre, le grand public réclame Windows car c’est le seul OS qu’il connaisse mais donnez-leur un iPhone et il leur pousse des ailes. Tout ce qu’il manque aux netbooks c’est un acteur qui daigne investir de l’argent pour éduquer et convaincre les clients.

C’est enfin un marché sur lequel Google peut compter sur des partenaires de taille : Des constructeurs (Acer, Asus, HP, Lenovo), des fabricants de puces (Qualcomm, Texas Instrument) et même un éditeur (Adobe).

Quelques difficultés à prévoir

Mais tout ne va pas être simple pour Google car le géant de la Silicon Valey devra faire face à de nombreuses difficultés, à commencer par les ressources : les équipes de Google ne peuvent pas être sur tous les fronts à la fois et la communauté risque de se lasser d’être sans cesse sollicitée (notamment comme cela a été le cas pour Android).

Il y a ensuite le douloureux problème de la compatibilité des périphériques : Sera-t-il possible de faire fonctionner votre webcam, votre imprimante ou de brancher votre appareil photo numérique ? Difficile à imaginer, il faudrait alors que les constructeurs fournissent un effort considérable pour livrer les bons drivers.

Il y a enfin le problème des marges très réduites sur le créneau des netbooks. Concrètement, avec un système d’exploitation gratuit Google cible le bas du marché. OK, mais comment vont-ils gagner de l’argent ? Autant iTunes est gratuit mais Apple gagne beaucoup d’argent avec (il faut payer d’un côté pour le hardware et de l’autre pour les musiques ou applications) autant si Chrome OS est gratuit, comment Google va-t-il dégager des revenus ? Certainement pas avec le matériel, ni avec les services puisque l’offre de Google est majoritairement gratuite.

Pas réellement un concurrent pour Windows

Malgré les apparences, Chrome OS n’est pas un concurrent de Windows mais plutôt de Linux. Au risque de me répéter : Faire tourner Windows sur un netbook est une aberration car cela limite fortement l’usage que l’on peut en faire (Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Les netbooks n’ont pas besoin de Windows, mais Windows a besoin des netbooks pour maintenir les ventes. Et à ce petit jeu Microsoft est passé champion dans l’art de verrouiller un marché et d’étouffer la concurrence. Sauront-ils étouffer Google ? J’en doute, certainement pas avec Windows 7 qui ne prend pas en compte les spécificités des netbooks (contrairement à Moblin).

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Mais ne vous en faites pas pour Microsoft, ils ont d’autres tours dans leur sac (Five Reasons Why Microsoft Does Not Need To Worry About Google Chrome OS), à commencer par une grosse annonce à venir sur la prochaine version d’Office (qui sera très certainement disponible en mode SaaS : Why Chrome OS Now? Because Microsoft Office In The Cloud Comes Monday). Il y a de plus ce projet de navigateur chez Microsoft Research (nom de code Gazelle) qui se veut être le premier “browser-based OS (Introducing Microsoft’s Gazelle, A Web Browser as a Multi-Principal OS) ça ne vous rappelle rien ?

Pas du tout un concurrent pour Apple

Vient ensuite logiquement la question de savoir si cette annonce ne va pas faire de l’ombre à Apple qui a toujours craché sur le segment des netbooks mais qui compte (d’après les rumeurs) sortir sa propre machine d’ici l’année prochaine. Rassurez-vous, cela ne va pas le moins du monde affecter Apple qui a toujours su se créer sa propre niche (Why Google’s Chrome OS Bomb Has Minimal Fallout On Apple). Traduction : Apple ne sortira pas de netbook mais un produit légèrement différent qu’il sera le seul à maitriser.

D’un autre côté, le grand public est très friand des services simples et efficaces de Google, réussiront-ils à lancer une alternative crédible (la qualité d’Apple sans en payer le prix) ? Pas sûr dans la mesure où les consommateurs ne sont pas dupes : le Gphone est un très bel appareil, mais ce n’est pas un iPhone. Bref, tout ça pour dire que Google sait très bien faire du Google mais qu’ils ne rivaliseront jamais avec Apple.

Le jeu sera-t-il le premier domaine d’application crédible pour les netbooks ?

J’avais déjà exprimé en début d’année la possibilité d’une approche verticale pour les netbooks avec le marché des enfants. Je crois toujours fortement à cette hypothèse, tout comme celle d’une machine sponsorisée par des éditeurs de jeux. Le principe est simple :  proposer une offre à moins de 100€ pour un netbook avec des jeux pré-installés dessus. Disney le fait déjà, pourquoi pas Adibou ou Prizee ? (cf. Hands On With Disney’s Netbook for Kids)

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Le netbook pour les enfants de Disney

Les netbooks ne sont pas des machines très puissantes, mais pour faire du casual games ils sont largement suffisants : How Will Google Chrome OS Change Gaming?. Rappelons de plus que Google compte intégrer O3D dans la prochaine version de Chrome, de quoi en faire un parfait candidat pour du Rich Internet Games.

Une nouvelle génération de système d’exploitation pour une nouvelle génération d’ordinateurs

Au risque de me répéter (bis) : les netbooks ne sont pas de petits ordinateurs (ni même de gros smartphones), ils piochent le meilleur de ces deux mondes pour proposer une nouvelle approche et surtout correspondent à de nouveaux usages. Inutile de se poser la question de savoir s’il sera possible de faire tourner Photoshop sur Chrome OS puisque de toute façon il ne tourne pas sur un netbook avec Windows XP, là n’est pas l’objectif des netbooks.

Aujourd’hui c’est Intel avec son Moblin qui nous montre le vrai potentiel des netbooks : un usage intensif (exclusif ?) de services en ligne, une mobilité sans compromis et des applications à réinventer. Il y a aussi Jolicloud sur le créneau, mais leur approche n’est pas aussi poussée que celle d’Intel.

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L'interface révoltutionnaire de Moblin

Il reste bien évidemment d’autres questions en suspens comme par exemple la possibilité de faire tourner des applications en ligne en mode déconnecté ou la gestion de la synchronisation, mais les travaux autour de HTML 5 avancent à grand pas et le futur des applications next-gen est en marche. Quand Gmail est sorti il y a 5 ans, je ne me doutais pas qu’il allait me faire complètement oublier les logiciels de messagerie, et pourtant… jamais plus je ne reviendrais à un système de messagerie classique.

C’est donc un pari sur l’avenir que Google fait en misant sur le tout en ligne (ou plutôt sur les applications légères) mais de toute façon leur Chrome Os est encore loin d’être prêt donc ils ont tout le temps pour continuer à préparer le marché.

Conclusion

S’il y a bien une chose dont je suis certain, c’est qu’à sa sortie Chrome Os ne va pas révolutionner le monde de l’informatique ou de l’internet. Ce chantier se gagnera sur le moyen terme (5 ans), tout comme c’est le cas pour Wave, un produit révolutionnaire mais qui mettra du temps avant de réveler son potentiel.

J’ai également une autre certitude : Chrome OS va être la pierre angulaire de la stratégie de Google, le lien entre les différents services et le digne successeur de Google Desktop qui n’a pas réussi à s’imposer (mais qui aurait pu jouer ce rôle). En poussant la réflexion, on peut également se dire que Chrome est la pièce centrale d’un puzzle que Google élabore depuis de nombreuses années.

Et si ce Chrome OS n’était qu’un galop d’essai ? Un échauffement pour une ambition encore plus vaste : Après les netbooks, les ordinateurs ? Pourquoi pas… d’ici là ils devront d’abord résoudre le problème de la compatibilité des périphérique et au moins lancer un site web, ça serait la moindre des choses !

Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer au sujet des netbooks et du rôle qu’ils vont jouer dans l’émergence de nouveaux usages (cf. Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Voilà maintenant plus d’un an qu’Asus a révolutionné le monde de l’informatique en lançant le premier netbook (le EeePC 700). Depuis nous assistons à une course de vitesse entre les constructeurs (Asus, Acer, HP, Samsung…) pour grignoter un maximum de parts de marché sur un segment à très forte croissance (cf. Croissance fulgurante pour le netbook en 2008).

Et pourtant, aussi forte que soient les ventes des netbooks, ce segment n’en reste pas moins très instable du fait du positionnement de ces machines : les constructeurs s’acharnent en effet à nous vendre les netbooks comme de petits ordinateurs. Erreur fatale car si cette stratégie a permis de doper les ventes en phagocytant les achats de renouvellement des ordinateurs traditionnels, elle a surtout générée beaucoup de déception auprès de clients qui ont répondu aux sirènes de l’informatique low cost. Résultat des courses : Une tendance qui s’inverse et des ventes qui s’effondrent faute de trouver un second souffle (cf. Is The Netbook Phenomenon Over? In a Way, Yes).

Les netbooks en pleine crise d’adolescence ?

Il faut bien avouer que vendus en tant que petits ordinateurs, les netbooks ont de quoi décevoir : écrans étriqués (impossible d’afficher du 1024*768), processeurs poussifs (des performances bien inférieures aux Dual Core) et systèmes d’exloitation qui sentent le recyclage à plein nez. Vous avez en effet le choix entre Windows XP qui va bientôt fêter ses 8 ans (n’oubliez pas de mettre à jour les bases anti-virus, anti-spyware, anti-malware…) et différentes distributions de Linux qui laissent perplexes (il faut passer par la console texte pour installer de nouveaux programmes).

Les constructeurs ont bien essayé de rattraper le coup en se lançant dans une course à l’armement (fréquence plus élevée du processeur, plus de capacités de stockage…) mais rien n’y fait : Le concept de netbook s’est perdu en chemin et les constructeurs doivent maintenant jongler avec des gammes à la logique sur-réaliste. Pour vous en convaincre, essayez donc de trouver une définition des netbooks qui fasse l’unanimité (je cherche encore).

Nouveaux usages = Nouvelle interface

Pour résumer un long débat je réitère ma définition de départ : les netbooks sont plus de gros smartphones que de petits ordinateurs. Ils ne présentent un réel intérêt qu’équipés d’une connexion permanente et autorisent alors des usages novateurs qui se situent à mi-chemin entre l’informatique traditionnelle, l’internet en situation de mobilité et les médias sociaux. Médias sociaux ? Oui tout à fait, car face à la déferlante des plateformes sociales et à la généralisation des usages “sociaux”, les éditeurs de logiciels commencent à intégrer de façon native différentes fonctions sociales (par exemple dans le futur Firefox), et les éditeurs de systèmes d’exploitation ne seront pas les derniers.

Bref, qui dit nouveaux usages dit nouvelle interface. Le défi des constructeurs de netbook est donc de trouver un système d’exploitation correspondant le mieux à ces nouvelles contraintes :

  • Un tableau de bord plutôt qu’un bureau (façon smartphone) ;
  • Des widgets plutôt que des applications (pour accéder aux fonctionnalités critiques des services en ligne) ;
  • De l’autonomie plutôt que de la puissance (les meilleurs netbooks dépassent les 10 H d’autonomie).

Dans cette recherche de l’interface parfaite, deux acteurs peuvent faire la différence : Moblin et Jolicloud.

Moblin est une initiative lancée en 2007 par Intel (maintenant portée par la Linux Fondation) dont l’objectif est de développer une nouvelle génération de système d’exploitation à destination des netbooks et autres nettops.

La première version de Moblin (à oublier)

La première version de Moblin (à oublier)

Après une première version perfectible, ils viennent juste de sortir une seconde version beaucoup plus convaincante :

La seconde version de Moblin

La seconde version de Moblin

Vous apprécierez sur cette nouvelle interface l’ajout d’éléments caractéristiques du monde de la mobilité (indicateur de charge et de réception en haut à droite, liste des RDV à gauche), l’accès à l’ensemble des outils et fonctionnalités par un système d’onglets (pour éviter le menu “Start“), l’optimisation du format de l’écran (1024*600) ainsi que les raccourcis en page de démarrage  (baptisée m_zone) :

La page de démarrage de Moblin

La page de démarrage de Moblin

Cette interface permet également d’avoir accès à un certain nombre de fonctionnalités sociales comme le People Panel (façon Skype) ou le Status Panel qui n’est pas sans rappeler Twitter :

La liste d'amis dans Moblin

La liste d'amis dans Moblin

La microblogging façon Moblin

La microblogging façon Moblin

Bref, un effort considérable a été fait au niveau de l’interface et de la prise en main, et c’est une très bonne chose (cf. Linux on a Netbook? Intel thinks its all about the User Interface). Bien évidemment la démarche d’Intel n’est pas tout à fait altruiste, ils cherchent avant tout à vérouiller les constructeurs avec leur OS pour ne pas subir la concurrence d’autres fournisseurs de processeurs (cf. Intel v. ARM: The Battle to Run Your Smartphone and Netbook).

Autre acteur de choix sur ce créneau : Jolicloud, la nouvelle start-up de Tariq Krim (fondateur de Netvibes).

Toujours sur un noyau Linux, Jolicloud marche sur les platebandes d’Ubuntu Netbook Remix en proposant une interface spécifique aux netbooks :

L'interface d'Ubuntu Netbook Remix

L'interface d'Ubuntu Netbook Remix

L'interface de Jolicloud

L'interface de Jolicloud

Vous remarquerez que l’interface de Jolicloud est adaptée aux écrans des netbooks (format 104*600 px) et propose un accès simplifié à un ensemble d’applications. C’est à mon sens à ce niveau là que se situe la grande nouveautés des netbooks : ils n’y a plus de distinguo entre applications et services en ligne.

Ils sont encore en phase intensive de développement et les travaux semblent aller dans la bonne direction. Bien évidemment les équipes de Jolicloud ne disposent pas des moyens d’Intel mais ils présentent l’avantage d’être indépendants donc peuvent potentiellement bénéficier du support des industriels.

La dernière version de Jolicloud

La dernière version de Jolicloud

Deux outsiders : Google et Apple

Comme rien n’est simple dans le monde de l’informatique, attendez-vous à voir prochainement débarquer deux poids lourds qui risquent de changer la donne.

Google tout d’abord avec son système d’exploitation mobile Android qui aimerait bien faire d’une pierre deux coups en proposant une version adaptée aux netbooks : Une équipe d’Asus travaille sur un netbook sous Android.

Un netbook sous Android

Une diversification intéressante surtout lorsque l’on prend en compte l’ensemble des services Google liés à la mobilité. Pour poursuivre cette réflexion : Android Isn’t a Phone OS Because in the Future There Will Be No Phones.

Il y a ensuite Apple qui pourrait bien jouer les trouble-fête avec sa propre machine : Apple Netbook Rumors Gain Momentum Once Again.

Un hypothétique netbook de chez Apple

Un hypothétique netbook de chez Apple

D’après les spécialistes, Apple serait ainsi en train de finaliser une sorte de tablet-PC communicante à mi-chemin entre un gros iPhone et un Kindle. De toute façon Apple ne fait jamais rien comme les autres…

Et Microsoft dans tout ça ?

Je ne pouvais pas achever cet article sans parler de Microsoft. Le géant de Redmond détenant près de 96% du marché, vous vous doutez bien qu’ils ne vont pas rester les bras croisés. Ils prévoient ainsi une version netbooks de leur prochain système d’exploitation : Windows 7 Netbook Edition Confirmed.

Impossible de savoir pour le moment si cette nouvelle mouture de Windows va savoir tenir compte des contraintes spécifiques aux netbooks, mais toujours est-il que Microsoft va jouer un rôle central dans l’évolution des netbooks. Espérons que le rouleau compresseur ne va pas tirer le marché vers le bas…

Social Games, une mine d’or pour les plateformes sociales

Cette fois c’est sûr, la crise ne touche pas les jeux en ligne et encore moins les social games. J’avais déjà abordé le sujet l’année dernière (cf. Social Networks + Casual Games = Social Games) mais la donne a semble-t-il changé avec un embrasement du marché.

Il faut dire que l’industrie est en pleine mutation ces derniers temps avec une remise à plat du modèle économique (achat > free-to-play) et du modèle de distribution (DVD vendus en magasins > téléchargement ou jeu en ligne).

Casual Games ?

Mais commençons par le commencement avec une première définition de ce que sont les casual games (je pars du principe que vous savez ce que sont les réseaux sociaux). Pour faire simple, disons que les casual games sont des jeux à prise en main immédiate avec des parties très courtes (de quelques secondes à plusieurs minutes). Le meilleur exemple que je puisse vous donner est celui de La Brute, un jeu à la con qui avait déferlé en Juillet dernier :

La Brute, un casual game très populaire l'année dernière

La Brute, un casual game très populaire l'année dernière

La principale caractéristique des casual games est qu’ils peuvent être très rapidement développés et ainsi coller à l’actualité. Dernier exemple en date avec le Hadopi Game :

Encore un jeu à la con avec le Hadopi Game

Encore un jeu à la con avec le Hadopi Game

Je ne rentrerais pas dans une polémique mais il me semble que les casual games tirent leurs origines des premières consoles de jeu portables avec écran à cristaux liquide (Game & Watch) :

game__watch_octopus

Bref, les casual games sont à l’opposé des jeux vidéo traditionnels qui sont vendus en boutique et demande un certain investissement du joueur (apprentissage des règles et du maniement, acquisition d’expérience…).

En cette période de crise les casual games sont la réponse idéale à la perte du pouvoir d’achat des utilisateurs : s’ils ne peuvent plus se payer un jeu à 60 €, ils se rabattront sur des jeux plus abordables (dans les 5 $) et qui sont distribués librement (le principe du Try-and-Buy dont les champions sont des acteurs comme PopCap ou Big Fish ainsi que tout ce que l’on trouve sur l’iPhone).

Pour approfondir le sujet c’est ici : Définition : Casual Games.

MàJ (15/05/2009) : Je préfère ne pas aborder le cas des jeux en ligne alternatifs car cela nous mènerait à une explication laborieuse et à une querelle d’experts qui n’apporterait aps grand chose à cet article qui parle avant tout des social games.

Social Games ?

Abordons maintenant le cas des social games qui se situent à mi-chemin entre les casual games et les réseaux sociaux. Je m’appuierai pour cela sur ces articles : The Social Network Game Boom et What Exactly are Social Games?. Pour résumer, les social games sont des jeux en ligne multi-joueurs dont le gameplay repose sur le graphe social. Vous y jouez donc avec vos amis en leur laçant des défis / challenges (ex. Parking Wars, Who Has The Biggest Brain…) :

Un exemple de social game avec Parking War

Un exemple de social game avec Parking War

Là où ça devient intéressant c’est que ces jeux bénéficient d’une forte viralité (plus le social graphe du joueur est étendu et plus le jeu a un gros potentiel viral) ainsi que d’une audience considérable (le nombre total de joueurs à World of Warcraft est inférieur au nombre d’inscriptions mensuelles sur Facebook).

Précisons que le gameplay des social games est relativement simple (simpliste ?) puisque la plupart de ces jeux sont sur un mode asynchrone : vous jouez une partie / un tour et attendez la réponse de vos adversaires / amis. Des jeux comme Mob Wars proposent ainsi un gameplay rudimentaire qui est duplicable à l’infini. C’est d’ailleurs le fond de commerce d’un acteur comme The Royal East India Trading Company qui édite de nombreux titres (lire à ce sujet : La Brute + MMO + Facebook = Elven Blood). Le côté asynchrone du mode de jeu est un facteur essentiel car il ouvre beaucoup plus de possibilités que les jeux multi-joueurs en temps réel comme ceux que l’on peut trouver sur OMGPOP (vous ne pouvez pas jouer si vous ne trouvez pas d’adversaires).

Sur ce créneau les leaders s’appellent Zynga, SGN ou PlayFish et ils gagnent beaucoup d’argent (un jeu comme Warbook pouvait générer plus de 100.000 $ de revenus mensuels).

Quels modèles économiques pour les social games ?

Le fait que ces jeux soient gratuits n’empêche pas leurs éditeurs de brasser des sommes considérables par le biais de micro-transactions (achat de crédits ou d’objets virtuels). Les spécialistes estiment ainsi qu’une société comme Zynga aurait gagné près de 100 millions de $ en 2008 (cf. Zynga Pushing Nin Figures In Revenues Thanks To Micro-Transactions).

Les micro-transactions représentent près de 80% des revenus mais ne sont pas la seule source : les éditeurs gagnent également de l’argent avec la publicité (bannières), le sponsoring ou les abonnements. Force est de constater que la mécanique est diablement efficace, notamment sur des logiques de jeu qui ont fait leur preuve (Texas Hold’em Poker). Facebook serait ainsi une destination de choix pour un ecosystème très rentable : Facebook Platform Payment Providers Report Strong Growth in Q1.

LE jeu de poker sur Facebook

LE jeu de poker sur Facebook

Ces micro-transactions sont donc une authentique mine d’or et il existe déjà un poids lourd pour cette catégorie : PlaySpan qui a récemment racheté son principal concurrent (cf. PlaySpan Acquires SpareChange Micropayment Service). Pourquoi passer par un opérateur de paiement ? Tout simplement parce que la gestion des transactions de petits montants est un enfer (nous parlons de quelques centimes) mais également car la gestion d’une monnaie virtuelle est un métier à part entière.

Les social games sont donc un marché très juteux avec une mécanique bien rodée. Ce n’est donc pas un hasard si une plateforme sociale comme Hi5 s’est réorientée autour des jeux (hi5 Restructures Around Games Portal Model), les réseaux sociaux ont tout à gagner en internalisant leurs propres jeux. Exemples : Facebook et son Gift Shop ou Skyblog et son onglet Poker.

Le nouveau visage de hi5

Le nouveau visage de hi5

Inutile d’en rajouter, les micro-transactions et les items virtuels sont donc un gros enjeux et certains acteurs sont déjà en train de préparer le passage à une phase industrielle : Twofish lance une plateforme de datamining pour les éditeurs d’univers virtuels.

Apple et Facebook pourraient changer la donne

Ce marché en ébulition n’en est pas moins fragilisé par la dépendance à deux acteurs-clé :

  • Facebook qui concentre le gros de l’audience et qui héberge la grande majorité de social games ;
  • Apple qui a révolutionné le monde du mobile gaming avec son iPhone et stimule le très prometteur marché des social games mobiles.

Vous imaginez qu’ils ne vont pas rester les bras croisés en regardant les autres s’enrichir. Facebook serait ainsi en train de travailler sur une monnaie virtuelle (cf. Facebook Unlikely to Launch Universal Virtual Currency Anytime Soon) et sur son propre système de micro-paiement. Mauvaise nouvelle pour les opérateurs de micro-transactions et très bonne nouvelle pour les éditeurs de jeux qui y vériaent un moyen de se simplifier la tâche.

MàJ (15/05/2009) : Visiblement le lancement de ce système pourait se faire plutôt que prévu (Facebook Begins Testing Payments System), d’autant plus que la concurrence est déjà là : RockYou Pets Becomes First hi5 App to Launch with Virtual Currency Integration.

Autre gros bouleversement annoncé : l’iPhone OS 3.0 qui autorisera les transactions au sein même des applications. Il sera donc possible d’acheter des crédits (jetons de poker) ou des niveaux supplémentaires en étant débité sur votre compte iTunes.

Et les acteurs français dans tout ça ?

Et bien figurez-vous que les acteurs français ne sont pas en reste (presque). Nous avons ainsi des authentiques champions du casual game “made in France” (Cafe, Prizee, Motion Twin) mais qui n’ont pas encore fait le saut vers le social gaming. Peut-être que les 30 M€ du volet numérique du plan de relance destinés au secteur du jeu vidéo les aidera… Ha non, on me souffle dans mon oreilette que ces millions sont là pour développer le serious gaming. Et pourquoi pas le serious social gaming ?