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Boostore : à mi-chemin entre Boo et WStore

Carrefour vient de lancer son tout nouveau magasin en ligne dédié aux produits électroménagers et informatiques. Et à la photo. Et aux spectacles. Et aux fleurs. Et aux mobiles. Et aux MP3… bref, au gros bazar dont on ne sait pas trop quoi faire : Boostore.com.

La page d'accueil de Boostore

Concrètement : ça clignote, c’est fouillis, on ne sait pas trop où il faut cliquer, la mise en page déborde, les titres sont tous en images qui bavent… L’expérience d’achat (ou même de visite) est plus que pauvre. Nous sommes ici à la limite de l’anachronisme.

J’ai beaucoup de mal à comprendre l’intérêt pour Carrefour de se lancer dans une bataille frontale avec d’autres acteurs déjà bien implantés (CDiscount, Pixmania, Rue du Commerce…) qui se disputent un territoire somme toute assez étroit.

Visiblement le seul critère de différentiation de Boostore serait les prix bas. Mais honnêtement, qui va y gagner dans l’histoire ? Pas les clients, parce que gagner 0,50 Euros sur un produit qui en vaut 300 c’est loin d’être une révolution. Certainement pas les autres marchands car leurs marges (déjà toutes petites) vont subir encore plus de pression, et ça va se traduire par des salaires plus bas voir des embauches gelées. Bref, ça sent l’opportuniste à court terme et la stratégie bâclée.

Nous sommes bien loin d’un Yahoo! Tech ou d’un Amazon US.

Et pour ceux qui se demandent pourquoi je fais référence à Boo et à WStore dans le titre du billet, et bien… je ne sais plus, ça m’est sorti de la tête !

Les blogs d’auteurs sont enfin lancés chez Amazon

Je vous parlais le mois dernier dans un précédent billet d’une expérimentation en cours chez Amazon pour lancer des blogs d’auteur. Depuis cette nuit ces fameux blogs d’auteurs sont enfin lancés (ils appellent ça des Plogs) :

Les blogs d'auteurs d'Amazon

Le principe est le suivant : vous retrouvez sur votre page d’accueil personnalisée un bloc avec des billets publiés par les auteurs de livres que vous avez acheté. Bien entendu vous pouvez également souscrire aux billets d’autres auteurs.

Redoutable commercialement, ce principe est surtout très ingénieux puisque l’on ne vous demande pas de passer par un processus fastidieux de choix de flux RSS et tout le bazar. Ici, tout est transparent, pas de jargon technique, que du confort.

Un très bel exemple de remise au goût du jour des techniques de marketing one to one (relations individualisées) et surtout la possibilité pour les auteurs de toucher leurs cibles de façon beaucoup plus efficace. Quoi que… où se trouve le flux RSS de mon Plog ?

On en parle également sur le blog d’Henri Kaufman.

Blogs d’auteur et nouveau filtrage collaboratif chez Amazon

Le fossé qui se creuse entre la version US d’Amazon et la version française est chaque jour plus grand (voir à ce sujet mon précédent billet : Amazon.com et le marketing collaboratif). Deniers exemples en date : les blogs d’auteur et le nouveau système de filtrage collaboratif.

Avec les Plogs, les auteurs ont leur blog chez Amazon

C’est en surfant sur la fiche du livre First, Break All the Rules que j’ai découvert le principe des Plogs :

Amazon Connect

Les plogs sont des blogs d’auteurs hébergés chez Amazon. Concrètement, si vous vendez un livre chez eux, alors vous pouvez avoir votre blog. Les plogs font partie d’une initiative plus large qui vise à rapprocher auteurs et lecteurs : Amazon Connect.

Une nouvelle version du filtrage collaboratif

Dans le même ordre d’idée, j’ai remarqué une nouvelle version du système de filtrage collaboratif. Là où la version française d’Amzon nous propose un Les internautes ayant acheté xxx ont également acheté yyy, la version US est nettement plus incitative :

Le nouveau filtrage collaboratif d'Amazon

On retrouve dans cette version les statistiques d’achat, les évaluations ainsi que la possibilité de comparer avec d’autres articles.

Trop fort ! A quand une mise à jour de notre amazon.fr ?

Tunnel de conversion 2.0

Le petit monde de l’analyse d’audience (web analytic en anglais) est en ébullition depuis la publication la semaine dernière d’un article visionnaire : Conversion Funnel 2.0.

Le point de vue de l’auteur est en effet très polémique puisqu’il nous explique que le principe du tunnel de conversion est obsolète car trop linéaire :

Page d’accueil > Page catégorie > Page produit > Panier

A l’ère du web 2.0 et du marketing collaboratif il est ainsi réducteur de considérer qu’une visite n’est bénéfique que si elle se termine par une transaction.

Selon l’auteur, le processus de conversion n’est pas linéaire etla page produit joue le rôle de pivot autour de laquelle s’organise une panoplie de points d’entrée et de points de sortie.

il existe ainsi une multitude de points d’entrée autres que la page d’accueil ou la page catégorie :

  • via un moteur de recherche
  • via un lien sponsorisé
  • via une recherche interne
  • via un email / un flux RSS
  • via une page d’entrée
  • via un site affilié…

De même qu’une multitude de points de sortie autres que le panier :

  • vers du contenu additionnel (En savoir plus)
  • vers un essai (comme pour les mannequins virtuels ou les demandes d’essai des sites automobiles)
  • vers un configurateur (pour les produits high-tech, les voyages…)
  • vers les avis des internautes
  • vers un formulaire de demande de renseignements complémentaires
  • vers un formulaire de dépôt d’avis
  • vers une demande de recommandation
  • vers du contenu multimédia (animation Flash, vidéo…)…

Bref vous l’aurez compris, depuis 10 ans que le web et le commerce en ligne existent, le comportement des internautes a évolué : leurs façons de se documenter sur un produit / service, de faire leur choix, de réagir… D’où cette non-linéarité du processus de conversion.

Et vous, vous en pensez quoi ? Vous êtes du genre linéaire ou non-linéaire ?

La longue traîne bientôt disponible en livre

Alors que certaines personnalités très respectables en sont encore à faire l’amalgame entre web 2.0 et AJAX, d’autre vont jusqu’au bout de leurs idées et c’est un peu bonheur.

Je fais ici référence à Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine Wired qui vient d’achever l’écriture d’un manuscrit sur sa théorie de la longue traîne (The Long Tail en anglais). Pour mémoire, la théorie de la longue traîne a été exposée pour la première fois en 2004 dans cet article : The Long Tail.

En substance, la théorie est la suivante : la règle des 20/80 est obsolète, 20% des produits ne représentent plus 80% du C.A. Du moins pour certains qui sont plus malins que d’autres, à l’image d’Amazon ou de Rhapsody qui réalisent plus de la moitié de leur C.A. sur des produits qui sont au fond de leur catalogue. En quoi est-ce intéressant ? Et bien c’est intéressant car ces ventes sont un avantage anti-concurrentiel pour ceux qui savent les exploiter. Anti-concurrentiel car les boutiques en ligne ne sont pas soumises aux même contraintes de stockage que les distributeurs physiques et donc qu’elles peuvent proposer un choix beaucoup plus vaste. Là où les distributeurs physiques vont se contenter de proposer les articles sur lesquels ils sont susceptibles de rentabiliser leurs frais de stockage / distribution (les meilleures ventes), les boutiques en ligne vont exploiter un fond de catalogue qu’elles sont les seules à pouvoir proposer. Elles vont donc s’octroyer des parts de marché que les autres distributeurs ne pourront JAMAIS récupérer. D’où l’avantage anti-concurrentiel.

Et là vous me direz : quel rapport avec le web 2.0 ? Et je vous répondrais : le filtrage collaboratif et les systèmes de recommandations bien sûr. Car c’est là où réside toute l’intelligence du procédé : permettre aux utilisateurs de noter et de recommander des produits similaires (le fameux fond de catalogue) aux autres utilisateurs. Les américains ont une devise pour illustrer ça : Let users do your marketing for you.

Bref, tout ça pour dire que j’attends avec impatience le livre de Chris Anderson.

Portabilité et Rich Internet Objects

Luke Wroblewski (encore lui) vient de publier un très bon article sur le potentiel du web 2.0 : A New Kind of Media. Même si le terme web 2.0 n’apparaît pas, c’est bien de ça dont il est question, et plus particulièrement de la valeur ajoutée que représentent la portabilité des différentes contributions des utilisateurs.

Selon l’auteur, des sites comme Amazon et ses fonctions collaboratives (voir à ce sujet mon précédent billet) permettent de créer du contenu à valeur ajoutée (notes, commentaires, tags…) qui sont appelés des Rich Internet Objetcs. Cette valeur ajoutée n’est cependant pleinement exploitée que si elle peut être partagée par d’autres services. Ainsi les tags Technorati n’auraient pas connu un tel succès s’ils ne pouvaient pas être exploités par d’autres applications en ligne. La valeur de ces Rich Internet Objetcs est ainsi conditionnée par leur portabilité et la mise à disposition d’une API (voir à ce sujet une définition) pour pouvoir ouvrir ces données à l’extérieur.

Moralité, la contribution des utilisateurs à un service en ligne a d’autant plus de potentiel que si elle dépasse le cadre de ce service. Et vous, elle sort quand votre API ?

Amazon.com et le marketing collaboratif

Avez-vous remarqué ce qu’il est en train de se passer sur le site Amazon.com ? Une révolution, ni plus ni moins. Le nombre de nouvelles fonctionnalités récemment misent en ligne est tout simplement stupéfiant. D’autant plus quand on le compare à sa déclinaison française qui n’a pas beaucoup évoluée depuis son lancement.

La stratégie d’Amazon est d’impliquer beaucoup plus fortement ses clients pour enrichir la description des produits proposés à la vente et accompagner de façon toujours plus différenciante les utilisateurs dans leur choix.

J’avais déjà rédigé sur ce thème un billet sur mon blog ZDNet (Connaissez-vous le marketing citoyen ?) mais les récentes améliorations me pousse à vous faire une présentation plus détaillée.

Ce que vous connaissez

Amazon nous avait déjà habitué aux fonctionnalités suivantes :

  • Les commentaires ;
  • Les notes sur les commentaires ;
  • Le filtrage collaboratif (les internautes ont aussi visités tels articles…) ;
  • Les listes thématiques (Lismania).

Les fonctionnalités récentes

Si vous vous rendez maintenant sur une fiche-produit vous allez pouvoir observer la façon dont Amazon pousse de façon plus prononcée les clients à s’exprimer :

Les fonctionnalités collaboratives d'Amazon.com

Et oui, les fonctionnalités collaboratives (Help us help others, Share your thoughts…) occupent maintenant une place de choix et la liste des fonctionnalités est longue :

  • Upload de photos, de vidéos ainsi que de documents relatifs au produit par les utilisateurs (manuels d’utilisation… comme sur cette fiche : iPod Mini) ;
  • Notation du produit directement dans la page (merci AJAX) ;
  • Ajout à une liste de souhaits ou création d’une nouvelle liste directement dans la page (re-merci AJAX) ;
  • Appréciations d’utilisateurs experts (Spotlight Reviews) ;
  • Revue de presse ;
  • Guides d’achat rédigés par les utilisateurs (So you’d like to…).

Les fonctionnaltiés en test

Plus fort encore, Amazon est en train de tester des fonctions encore plus avant-gardistes.

1/ La possibilité d’éditer la description d’un produit à l’aide du ProductWiki :

Le ProductWiki d'Amazon.com

2/ La possibilité d’échanger son point de vue avec d’autres utilisateurs grâce aux Customer Discussions :

Les Customer Discussions d'Amazon.com

Wow ! La page produit ne ressemble plus du tout à ce qu’elle était il y a quelques années mais les utilisateurs en ont pour leur compte. Petit à petit Amazon est en train de se transformer en une véritable machine de guerre où la somme des petites participations de ses clients forment un arsenal redoutable pour évincer la concurrence. Cependant toutes ces améliorations se sont faites au fil du temps et je suis persuadé que les utilisateurs réguliers ne sont pas perdus dans cette profusion de contenu et fonctionnalités. On appelle ça l’amélioration progressive (progressive enhancement en anglais).

A quand l’implémentation de ces fonctionnalités sur notre version nationale d’Amazon ?