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Microsoft sort son alternative à Flash

Nous venons de rentrer dans une nouvelle ère de prospérité pour les interfaces riches. Microsoft vient en effet de sortir une première version d’évaluation de sa technologie qui vient directement concurrencer Flash : WPF/E (Windows Presentation Foundation Everywhere). Cette version d’évaluation est disponible en téléchargement ici : WPF/E Community Technology Preview for Windows.

Deux choses sont à noter :

  • le plug-in est plutôt léger (à peine plus d’1 Mo)
  • ce plug-in est indépendant du navigateur puisqu’il fonctionne en théorie sur IE et Firefox (d’où le E comme Everywhere)

Des démonstrations sont déjà disponibles :

Démonstration de WPF/E

Mes premières impressions :

  • ça ne fonctionne pas sous Firefox ;
  • les démos sont très loin d’être impressionnantes ;
  • ces démos souffrent de gros problèmes ergonomiques comme l’absence d’un indicateur de téléchargement ou le curseur de la souris qui n’est plus modifié lorsqu’il survol un élément cliquable.

Vous l’aurez compris, cette technologie souffre de problèmes de jeunesse. C’est un peu normal dans la mesure où elle n’a que quelques heures ! Il serait en effet illusoire de pouvoir penser rattraper dès sa sortie les 10 ans d’expérience accumulés par le Flash Player comme le fait très justement remarqué Guillaume Plouin.

En tout cas ce qui est certain, c’est que nous allons assister à une très belle bataille entre Microsoft et Adobe autour des technologies d’interfaces riches. S’il veut rester dans la course, Adobe ferait bien de blinder ses partenariats pour ne pas se faire écraser par le rouleau compresseur de Microsoft comme bien d’autres avant lui (Netscape et cie). Et pourquoi pas se faire racheter par Google comme le suggère cet article publié sur Read/Write ?

Vers un flash player en open source pour la fondation Mozilla ?

La nouvelle vient de tomber , et elle a de quoi surprendre : Adobe vient de livrer à la fondation Mozilla le code source de sa machine virtuelle ActionScript (voir le communiqué de presse ici : Adobe and Mozilla Foundation to Open Source Flash Player Scripting Engine).

Quand on y regarde de plus près, et surtout entre les lignes, on se demande si Adobe ne serait pas en train d’abandonner la maintenance de son Flash Player au profit d’une dynamique open source.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette décision :

  • La stratégie d’Adobe n’est pas le même que celle de feu Macromedia, comprenez par là que la gamme de produits d’Adobe est bien plus large et que ses centres de revenus (les vaches à laits) ne sont pas forcément liés à Flash ;
  • Les équipes d’Adobe ont bien du mal à assurer la maintenance du Flash Player (rappelons qu’il n’existe toujours pas d’adaptation de la version 9 pour linux) ;
  • Le marché des interfaces riches est en pleine croissance et l’offre d’Adobe (Flash / Flex) doit faire face à la concurrence d’autres approches technologiques comme Ajax, OpenLaszlo, Java Web Start, .Net , XUL… ;
  • Adobe concentre sa R&D sur Apollo, son logiciel hybride capable de lire du Flash, du PDF et du HTML.

Toujours est-il qu’Adobe vient probablement de montrer le premier signe d’une stratégie de retrait. La suite logique serait de livrer le code source du Flash Player, tout comme l’a déjà fait Netscape à l’époque avec son navigateur.

Si l’on rapproche cette stratégie de celle faite par IBM (de baser son environnement de développement Java sur Eclipse), la question que je me pose est la suivante : Quelle va être la capacité de la communauté des développeurs à absorber cette charge de travail ? Car il faut bien appeler un chat un chat : Adobe n’est pas une organisation philanthropique et son seul souhait est de faire supporter une partie des frais de R&D et de maintenance à la communauté du libre.

Quand on y réfléchi, ça commence à faire beaucoup de boulot tout ça : Firefox, Thundberbird, PHP, MySQL, Java, Eclipse… J’en oublie certainement une grande partie, mais il ne faut pas oublier que les bénévoles ne sont pas non plus de pigeons. Pour vivre, une communauté à besoin d’une dynamique, de leaders, d’animateurs… et tout le monde n’a pas un Tristan Nitot dans sa manche !

Bref tout ça pour dire que je suis très content pour la fondation Mozilla. C’est un très bon choix de la part de MacromediaAdobe que de « confier » son bébé à une organisation qui a fait ses preuves et qui dispose déjà de l’infrastructure nécessaire.

Dans cette histoire, le seul perdant pourrait être le format SVG soutenu par le W3C. Cependant, au vu des dernières évolutions du format Flash (qui en est à sa 9ème itération), on est en droit de se demander si l’animation vectorielle est encore au cœur de ce dernier… C’est sûr que comparé à Flash 9, SVG c’est comme un playmobil dans Prison Break (hé hé hé, elle n’était pas facile à placer celle là !).

Et vous, feriez-vous confiance à la fondation Mozilla pour reprendre le travail sur le Flash Player ?

MAJ (08/11/2006) : Les explications complètes sur le blog de Tristan Nitot : Adobe et Mozilla s’allient pour lancer le projet Tamarin. Heu… pourquoi avoir choisi ce nom de Tamarin ?

Walmart adopte flash grâce à… OpenLazlo

Walmart (l’équivalent de notre Carrefour national mais en… 10 fois plus gros) vient de sortir une nouvelle version de son site qui exploite les interfaces riches : un bloc dynamique en page d’accueil et des panneaux flottants de découverte des produits dans les pages d’orientation (qui n’est pas sans rappeler ce que fait GAP sur ses différents sites).

Là où ça devient intéressant, c’est que Walmart utilise non pas la plateforme Flex d’Adobe, mais plutôt un équivalent open source : OpenLaszlo.

Ceux qui lisent mon blog régulièrement savent tout le bien que je pense de ce framework et je suis très content qu’un aussi gros annonceur (je crois bien que c’est le plus gros employeur du monde avec plus d’1 million d’employés) mise sur cette technologie.

En tout cas, cette annonce tombe à pic, juste quand l’inventeur du web (Tim Berners-Lee) est en train de nous expliquer qu’il faur ré-inventer le HTML : Reinventing HTML. (via OpenLaszlo Project Blog)

Après les RIA, voici les RDA

Si vous suivez ce blog régulièrement, alors les RIA (Rich Internet Application) n’ont plus de secrets pour vous. Par contre, connaissez-vous les RDA (Rich Desktop Application) ?

Les RDA sont les applications riches du poste de travail. Comprenez par là que ce sont des applications, au même titre que votre traitement de texte ou votre logiciel de messagerie, sauf que ces applications riches sont déployées à la volée et exécutées sur une machine virtuelle. Gloups ! Et oui, ça calme comme définition, non ? Pour vous aider à bien faire la différence, je vous propose de revenir sur ce que sont les RIA puis de vous donner des exemples concrets de RDA.

RIA = Writely (heu… Google Docs)

Une RIA est une application qui se lance depuis votre navigateur et qui est exécutée à l’intérieur de ce dernier. WritelyGoogle Docs est ainsi un traitement de texte en ligne qui n’est pas installé sur votre poste de travail mais que ressemble à une application traditionnelle.

Les technologies de références pour faire des RIA sont :

  • AJAX ;
  • Flash / Flex ;
  • OpenLaszlo.

RDA = AjaxWrite

Prenons maintenant un autre exemple dans le même domaine : AjaxWrite est également une application en ligne mais qui s’exécute en dehors de votre navigateur. Oui je sais, vous allez me dire : mais… il s’exécute dans la fenêtre de votre navigateur, mais je vous répondrais : pas tout à fait.

C’est là où les choses se compliquent et où j’ai besoin de votre attention. En fait, AjaxWrite n’est pas exécuté par Firefox lui même mais par XulRunner, une sorte de machine virtuelle sur laquelle on peut faire tourner des applications en XUL. C’est un peu complexe à comprendre dans la mesure où Firefox utilise ce fameux XulRunner comme moteur d’affichage.

Donc pour faire simple : il est impossible d’exécuter Google Docs sans Firefox, par contre il est tout à fait possible de faire tourner AjaxWrite sans Firefox (du moment que vous avez installé XulRunner). Vous remarquerez que ce principe de machine virtuelle n’est pas neuf : le langage Java exploite déjà cette architecture depuis son lancement.

Le meilleur des deux mondes

Le principal intérêt des RDA est de pouvoir allier la praticité des RIA (légèreté, pas besoin d’installer l’application pour s’en servir) et la robustesse des applications traditionnelles (temps de réaction, stabilité…). Car il faut bien avouer que Google Docs est une belle prouesse technologique, mais qu’à utiliser au quotidien, c’est un peu pénible (lenteur, plantages).

Il est ainsi tout à fait possible de se connecter à un site, de lancer une application riche de type RDA (qui va se télécharger et s’exécuter à la volée en quelque secondes comme AjaxWrite) et de pouvoir l’utiliser par la suite en mode déconnecté avec une grande souplesse (l’application vérifiant s’il n’y a pas de nouvelle mise à jour à chaque nouvelle utilisation).

Pour rentrer dans des considérations plus techniques, il existe différentes technologies pour faire des RDA :

  • en Java à l’aide de Java Web Start, Eclipse RCP ou encore NetBeans RCP ;
  • en XUL (le langage de description d’interfaces de Mozilla) avec XulRunner ;
  • en XAML (le langage de description d’interfaces de Microsoft) avec la machine virtuelle de Microsoft (SmartClient.Net) ;
  • il faut également parler d’Apollo, le futur player universel d’Adobe (PDF, Flash, HTML) qui va également permettre de faire des choses très itnéressantes.

D’autres exemples ?

Il existe de nombreux exemples de RDA mais celui qui me plait le plus est le Mozilla Amazon Browser (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet il y a plus de deux ans) : une application riche pour parcourir le catalogue d’Amazon que l’on peut installer sur son ordinateur ou exécuter directement en ligne.

Et là vous me direz : et iTunes dans tout ça ?, et je vous répondrais : Ha non, iTunes est une application connectée. Nous sommes donc dans une configuration différente puisqu’il faut installer iTunes et le mettre à jour manuellement. De même pour Google Earth, c’est également une application traditionnelle mais qui se connecte à internet pour récupérer les données cartographiques.

Quelques réserves…

Je suis certain que mes explications feraient hurler des puristes comme Didier, Daniel ou Guillaume, mais voilà… il faut bien que je prenne des raccourcis pour vulgariser une notion complexe à expliquer.

Pourquoi est-ce que je cherche à vulgariser les RDA ? Tout simplement parce que leur potentiel est immense et qu’elles sont peut-être LA solution qui pourrait réconcilier deux mondes qui se font la guerre : les géants des services en ligne (Google, Yahoo!, SalesForce…) et les géants du logiciels (Microsoft, Oracle, MacromediaAdobe…).

La rentrée des RIA est riche en annonces

C’est la rentrée donc tout le monde y va de sa grande résolution et de son effet d’annonce. Le monde des interfaces riches (RIA en anglais) n’échappe pas à cette règle avec deux annonces importantes :

Il est difficile pour l’instant de prédire l’impact des ces nouveaux frameworks. Toujours est-il que les éditeurs travaillent dur pour crédibiliser leur offre d’interface riche et surtout pour la rendre compatible avec les environnements informatiques déjà bien ancrés dans l’entreprise. A suivre…

Compte-rendu du Adobe Live 2006

La Cité des sciences de La Vilette accueille depuis hier la grande messe annuelle de la création organisée par Adobe / Macromedia : Adobe Live 2006.

Une bonne occasion pour découvrir les nouveautés de l’éditeur (produits et solutions) :

  • une plus grande interopérabilité entre les produits des gammes Adobe et Macromedia ;
  • de nouvelles solutions orientées données et entreprise (Flex Data Center 2.0 ou un truc dans le genre) ;
  • des démos très sympas de solutions nomades et multi-plateformes.

Pour un complément d’informations, je vous recommande l’analyse du TrendWatch Blog : Adobe’s revolution is still mostly for designers.

En tout cas, l’annonce qui a retenu mon attention concerne un logiciel (nom de code = Apollo) à mi-chemin entre navigateur web et lecteur universel Flash / PDF. Hum… voici donc l’évolution ultime du Adobe Reader et de Macromedia Central… Pas trop de précisions ni de date de livraison, mais un peu plus d’infos ici : Adobe Apollo, un client Acrobat Reader / Flash.

Beaucoup de monde à la conférence que j’ai eu l’occasion de donner sur le thème des interfaces riches et du web 2.0.

La salle de conférence du Adobe Live 2006

Pour celles et ceux qui étaient présents ce matin (et pour tous les autres), voici le support de mon intervention : Web 2.0 et RIA (format PDF, 9,8 Mo).

Ne dites pas à ma femme que je participe au Adobe Live, elle pense que je vais à la Macromedia Expo

Je vais avoir la chance d’intervenir mercredi prochain à la grande messe de la création : Adobe Live 2006. Cet événement est dédié aux professionnels de la création travaillant sur tout type de supports (impression, web, vidéo, photo…), un rendez-vous annuel qui sera présent dans 7 grandes capitales européennes (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Hollande, Italie, Espagne et Suède).

Affiche de l'événement Adobe Live 2006 Un événement majeur qui va permettre à Adobe (prononcez adobi) de nous dévoiler un peu plus sa stratégie d’ensemble. Il sera intéressant de voir comment vont être remaniés les produits des gammes Adobe et Macromedia, et surtout comment le nouveau géant de la création va réussir à concilier un public aussi large.

Pour information je dois intervenir le mercredi 31 à 10 H 45 sur le thème du Web 2.0 et des RIA dans un contexte d’entreprise. Pour plus d’infos, un programme est disponible sur le mini-site de l’événement.

Etrange destin tout de même pour ces deux sociétés qui se sont mariées. Quand on y réfléchit un peu, vous ne trouvez pas que la nouvelle entité Adobe serait une cible idéale pour Yahoo! ? Non pas à cause de ses produits, mais plutôt pour ses contenus : les jeux en ligne du Shockwave.com qui viendraient étoffer les Yahoo! Games, et les courts métrages d’Atom Films qui viendraient alimenter Yahoo! Video ou le Yahoo! Entertainment.

Ajax : Après Yahoo! et Microsoft, c’est au tour d’Adobe et de Google

Décidément nous n’avons pas encore fini d’entendre parler d’Ajax. La preuve, après la publication par Yahoo! et Microsoft de leurs frameworks Ajax, c’est au tour d’Adobe et de Google :

A qui le tour ? (merci à Jean-Sébastien pour l’info)

Et si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous recommande l’article suivant : Les briques du web 2.0 par la pratique.

Et si vous en redemandez, alors je vous conseille cet article : Comet: Low Latency Data for the Browser.

Et si vraiment VRAIMENT vous en redemandez encore, alors jettez-vous sur ce Tetris réalisé avec le framework Ajax de Yahoo! : YUI Tetris.