Mes 3 sites coup de coeur (mars 2013)

Comme chaque mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont particulièrement marqué. Je comptais vous faire une sélection de sites ultra-minimalistes, comme ceux de Google Glass ou Calm, mais je n’aurais pas eu grand-chose à raconter. Je vous propose donc une sélection plus traditionnelle, mais néanmoins toujours aussi plaisante à regarder.

Commençons avec Skinny Ties, une boutique de cravates :

La page d'accueil de Skinny Ties
La page d’accueil de Skinny Ties

La première chose que l’on a envie de “toucher” sur cette page sont les cravates qui pendent sous le header, ça tombe bien, elles s’animent au survol de la souris. Non seulement ces invit visuelles sont ludiques, elles permettent de réchauffer la page (plutôt austère) et d’expliquer visuellement à quoi correspondent les catégories. Vous apprécierez également l’originalité de la typo et les intitulés très brefs. Bon par contre, je ne cautionne pas le positionnement du moteur de recherche, j’aurais inversé l’ordre et placé le panier à droite, mais ça doit être mon côté psychorigide…

Continuons avec The Little Book Club, un service de vente de livres pour enfants :

La page d'accueil de The Little Book Club
La page d’accueil de The Little Book Club

Comme toujours, j’apprécie énormément ces larges zones de respiration qui donnent une impression de plénitude à la page. L’arrondi du bouton et de la typo, de même que le petit smiley sur la barre de séparation complète le côté kawaii. Il y a très peu d’éléments sur cette page, mais un soin particulier a été apporté aux détails comme la bordure du logo ou l’encadrement des photos. Je regrette par contre le manque de contraste des items de navigation en haut de page.

Terminons avec The Great Discontent, un webzine d’interviews de personnalités créatives :

La page d'accueil de The Great Discontent
La page d’accueil de The Great Discontent

J’ai toujours eu une obsession pour le contenu, il est donc tout à fait logique que je vous présente ce webzine qui a faît disparaitre son interface au profit des interviews. Vous noterez ainsi qu’à part le discret logo et les deux intitulés de navigation en haut à droite, la page n’est composée que du texte et des photos. Tout est mis en oeuvre pour vous donner envie de lire à l’écran : de larges photos, une grille de lecture bien marquée pour isoler les blocs éditoriaux et une typo agréable à l’oeil. Rien à redire, je suis admiratif devant les choix radicaux faits par les éditeurs.

La suite le mois prochain.

Les articles publiés sur mes blogs en février 2013

Voici donc un récapitulatif des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier :

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

Avec NaCl, Google complète sa vision de l’informatique du futur

J’ai déjà eu plusieurs occasions de vous parler de l’évolution de l’outil informatique (La fin de l’ordinateur individuel est programmée et Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?). Il y a de fortes chances pour que vous ne soyez pas particulièrement sensible à ces réflexions vu que l’ordinateur que vous avez en face de vous est grosso modo le même que celui que vous utilisez depuis plusieurs décennies : un écran, une souris, un clavier, un disque dur… c’est simplement sa puissance qui augmente régulièrement, de même que la taille de l’écran. Certes, avec la généralisation de l’internet au bureau et dans les foyers, les ordinateurs ont connu un second souffle, mais ils sont très clairement en fin de vie. L’avènement des tablettes est d’ailleurs un très bon indicateur du changement que nous sommes en train de vivre (13% des foyers sont équipés à fin 2012, un chiffre qui devrait quadrupler d’ici 2016).

Office = le boulet qui nous verrouille sur des outils informatiques du XXème siècle

Vous pourriez me dire que malgré les qualités indéniables des tablettes en tant que terminaux de consommation de contenus digitaux, elles ne remplacent pas un ordinateur, et vous auriez bien raison. Inutile donc de fantasmer sur le tout dernier iPad, car ce n’est résolument pas le digne remplaçant des ordinateurs traditionnels, surtout à près de 1.000 € ! Par contre, les Chromebooks de Google semblent être des candidats bien plus sérieux, d’autant plus qu’avec des prix ultra-compétitifs ils ont su séduire de nombreux nouveaux clients (Google announces that 2,000 schools now use Chromebooks, up 100% in three months). Là encore, vous pourriez me dire que ces machines ne concernent qu’une petite tranche de la population (les étudiants), et vous auriez également raison. J’ai effectivement lu d’innombrables avis sur ces fameux Chromebooks, qui sont présentés comme des alternatives terriblement efficaces aux ordinateurs traditionnels… mais qui ne peuvent pas les remplacer, car ils sont incapables de faire tourner le Pack Office.

Samsung-Chromebook

Somme-nous donc dans une impasse avec une population qui se segmentent en deux : d’un côté les jeunes qui vivent dans le cloud, et de l’autre les vieux dont le quotidien informatique est irrémédiablement ancré dans le siècle passé à cause de la suite bureautique de Microsoft ? Oui, et je n’ai pas peur de le dire : Microsoft s’est arrangé pour verrouiller le marché et empêcher les utilisateurs d’évoluer vers une nouvelle génération d’outils informatiques. Peut-on leur en vouloir ? Pas réellement, car ce type de verrouillage est le fond de commerce des acteurs de l’informatique (IBM, Adobe, Apple…). Donc is l’on récapitule : nous sommes bloqués avec des machines conçues au siècle dernier à cause de foutus fichiers bureautiques. Pour s’extraire de ce dictat, il faut beaucoup de volonté et de rigueur. Or, les Chromebooks ne donnent pas vraiment envie de faire ces efforts. Mais la situation vient de changer…

Pixel + QuickOffice = votre ticket de sortie vers l’outil informatique du XXIème siècle

En deux ans, le système d’exploitation de Google a beaucoup progressé (Avec Chrome OS, Google parie sur le CloudBook), mais il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Considérés par beaucoup comme l’offre low cost de Google, les Chromebooks sont en passe d’acquérir leur première lettre de noblesse avec le tout nouveau Pixel, véritable vitrine technologique de la gamme : The Chromebook Pixel, for what’s next.

Si la machine est incontestablement une réussite en terme de design et de qualité de fabrication, elle pose néanmoins de grosses questions quant à son prix : pourquoi payer aussi cher pour un ordinateur qui ne peut pas faire tourner Excel ou Powerpoint ? Là encore, les avis sont homogènes : The Chromebook Pixel: A Beautiful Premium Laptop For Those Who Live In The Cloud (But Not For Anyone Else) et The Chromebook Pixel Is The Most Brilliant Laptop You’ll Never Buy. Traduction pour celles et ceux qui n’ont pas le temps de lire ces avis : ce tout nouveau Chromebook Pixel est une splendide réussite technologique, mais sommes-nous réellement prêts pour une machine qui repose exclusivement sur l’informatique dans les nuages ? (cf. Définition et usages du cloud computing).

Pixel

Nous en revenons donc encore et toujours à l’épineux problème des usages professionnels qui sont dominés par les fichiers bureautiques. Si les Chromebooks n’ont pas réussi à convaincre le monde de l’entreprise, c’est parce qu’il est impossible d’éditer un fichier bureautique dessus. Correction : “il ÉTAIT impossible“, car conscientes de ce problème, les équipes de Google avaient un plan. C’est donc là qu’intervient une annonce passée quasi inaperçue cette semaine : Google Ports Quickoffice To Chrome Using Native Client, Will Get Full Editing Features In About 3 Months. Il y a quelque mois, Google rachetait QuickOffice, une application d’édition de documents Office pour terminaux mobiles, application qui va être adaptée sous Native Client. Google est donc en train de finaliser une nouvelle version de QuickOffice qui va vous permettre de consulter et éditer des documents Office dans votre navigateur (traduction : le pack Office sur votre Chromebook).

QuickOffice
Éditez vos fichiers Office sur vos smartphones et tablettes

Le plus intéressant dans cette histoire, c’est que le portage de QuickOffice sous Chrome va se faire avec Native Client. Pour mémoire, il s’agit de la technologie de Google permettant de faire tourner des applications en code natif dans le navigateur, donc des performances en théories bien supérieures à ce que peuvent proposer les Office Web Apps, même sur des machines à moins de 300 € propulsées par des processeurs de famille ARM (cf. L’adoption de NativeClient passera par les jeux… et la bureautique).

Native Client = le pont entre deux paradigmes de l’outil informatique

Pour résumer ce qui a été expliqué plus haut, nous avons deux approches très différentes de l’outil informatique :

  • le paradigme du XXème siècle, avec des ordinateurs puissants mais coûteux sur lesquels sont stockées les applications et données ;
  • le paradigme du XXIème siècle, avec des ordinateurs aux ressources limitées et à bas prix, mais qui exploitent des capacités infinies de stockage et de calcul dans les nuages.

La promesse de Google est donc de vous faire profiter de ces deux paradigmes : des ordinateurs “légers” qui exploitent les infrastructures distribuées (donc toute la puissance de l’informatique dans les nuages) et qui vous permettent de travailler sur des formats de fichier du siècle dernier, le tout avec une interface tactile et une machine aussi belle qu’un MacBook. C’est donc un coup de maître de la part de Google qui, avec Native Client, parvient à réunir tous les ingrédients nécessaires à la complétion de sa vision de l’informatique du futur :

  • Des terminaux maîtrisés au niveau hardware et software (les gammes Nexus et Chromebook) ;
  • Une architecture technique distribuée pour déployer ses offres BtoC et BtoB (Google Drive, Google Apps, Google App Engine…) ;
  • Un circuit de distribution intégré (Google Apps Marketplace, Google Play Apps Store) ;
  • Une interface et des applications de consultation / édition / création (Chrome, Chrome OS, QuickOffice).

La chaine est donc maintenant quasi-complète, QuickOffice et Native Client étant les derniers maillons de la chaîne. Je suis persuadé que la prochaine grand-messe annuelle de Google en mai prochain sera l’occasion pour eux de dévoiler leur plan d’ensemble. N’allez pas penser que je suis partisan, je suis simplement enthousiaste à l’idée de voir enfin évoluer cet outil informatique d’entreprise que nous subissons depuis des décennies. Cette nouvelle approche de l’outil informatique proposé, entre autres, par Google me semble tout à fait correspondre aux attentes des utilisateurs en terme de praticité, pérennité, mobilité, collaboration… Reste maintenant à convaincre les DSI, qui seront aux premières loges de ce changement de paradigme.

Une nouvelle aventure professionnelle avec OgilvyOne

Voilà bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de mon quotidien, aussi je profite de ce billet pour vous mettre au courant des derniers changements dans ma situation professionnelle. J’ai accepté en fin d’année dernière un poste de planneur stratégique chez Ogilvy alors que je m’étais juré de ne plus retourner en agence. Cela mérite donc quelques explications.

En plus de 15 ans d’expérience professionnelle, je pense avoir testé toutes les configurations possibles :

  • salarié chez l’annonceur ;
  • salarié dans une SSII et dans une agence Web ;
  • associé (j’ai tenté un rapprochement avec l’équipe des Persuaders en 2011, mais ça n’a pas fonctionné)
  • indépendant.

Toutes ces configurations m’ont procuré de la satisfaction professionnelle et de beaux challenges, mais je n’y trouve plus mon compte. Jusqu’à récemment je me sentais à l’aise dans mon statut d’indépendant, mais c’est une position qui se révèle limitée au bout d’un certain temps, surtout quand on a travaillé pour la plupart des grands comptes en France. J’ai donc accepté un poste à mi-temps qui me permet de concilier une activité professionnelle enrichissante et des projets plus personnels.

Un poste à mi-temps signifie que je vais pouvoir continuer à :

  • rédiger mes 9 blogs en toute indépendance (c’est moi qui paye tout, donc je suis le seul maître à bord) ;
  • donner des conférences et participer à des séminaires internes en mon nom (c’est important, toujours dans ce souci d’indépendance) ;
  • finaliser mon livre, ainsi que ceux qui doivent suivre.

Le reste de mon activité professionnelle, les prestations de conseil, va donc se faire dans le cadre d’OgilvyOne. La raison principale est que j’avais envie d’être impliqué de façon plus “intensive” dans mes différentes missions. Le problème d’être indépendant est que l’on est souvent victime de sa faible bande passante. Comprenez par là qu’en tant qu’individu isolé, vous devez fournir des efforts considérables pour faire accepter vos idées, bien plus importants que si vous étiez accolé à une grosse structure (agence ou cabinet de conseil). Au fil des années, cet isolement commençait réellement à me peser, mais je ne voulais pas me restreindre à des missions “à taille humaine” (traduction : avec des enjeux moindres).

Ce poste au sein d’OgilvyOne va me donner l’opportunité de retravailler avec Reza, une vieille connaissance avec qui je travaillais au siècle dernier (mon salaire était versé en francs, rendez-vous compte !). Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne sais pas trop ce que couvre la fonction de planneur stratégique (chacun a sa propre définition), mais j’imagine que ça consiste principalement à mettre à disposition mes compétences et partager mes expériences avec les différentes équipes.

Plus sérieusement, j’ai vraiment été séduit par le projet professionnel que l’on m’a présenté, et je suis enthousiaste à l’idée de partager ma culture essentiellement digitale avec celle de l’agence, initialement tournée vers les métiers de la communication, du CRM, des données et des expériences client hors ligne. Ce prisme élargi de compétences et métiers correspond tout à fait selon moi aux nouvelles exigences d’un marché en pleine restructuration. L’avènement des médias sociaux, de la mobilité et l’omniprésence de l’internet dans le quotidien des consommateurs forcent les marques à repenser la façon dont elles vont les séduire et les fidéliser. L’engagement client n’est plus une question de maîtrise du ou des supports, mais plutôt de compréhension des facteurs de transformation et d’une mise en oeuvre cohérente et holistique. Loin de moi l’idée de vous faire l’article sur la fin des agences web, mais je suis persuadé que les conditions de marché sont maintenant réunies pour voir émerger une nouvelle catégorie d’agence (OgilvyOne named a Leader in Customer Engagement Agencies Evaluation by Independent Research Firm).

Au final, tout ceci ne changera pas grand-chose pour vous, mes lecteurs, puisque je continue la rédaction de mes blogs sur le même rythme et le même ton qu’auparavant. Si vous souhaitez avoir recours à mes services dans le cadre d’une conférence ou d’un séminaire interne, vous pouvez me joindre aux mêmes N° et email.

Cerise sur le gâteau : j’ai même le droit de trainer dans le bureau de David Ogilvy :

Le bureau d’origine de David Ogilvy dans les locaux de l’agence à Paris

;-)

Les articles publiés sur mes autres blogs en janvier 2013

Je ne suis décidément pas du tout régulier dans mes publications. Voici donc un récapitulatif des articles publiés sur mes autres blogs ces deux derniers mois :

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

Mes 3 sites coup de coeur (janvier 2013)

Décidément je ne suis pas très régulier dans mes publications pour cette rubrique, car j’ai encore sauté un mois en fin d’année dernière. Ce n’est pas grave, car je vais ai déniché trois superbes sites pour cette sélection de la nouvelle année.

Commençons avec Tripbirds, un moteur de recherche d’hôtels à la sauce sociale :

La page d’accueil de Tripbirds

Dès que l’on arrive sur cette page, c’est le souci du détail qui saute aux yeux : le fond de page, les typographies, la bordure supérieure… participent à donner une ambiance très chaleureuse à ce site, par opposition aux moteurs de recherche traditionnels comme le glacial Google Hotel Finder. J’apprécie également les deux tons utilisés pour scinder en deux la page, ainsi que les intitulés placés dans les champs de recherche eux-mêmes. L’argumentation et les illustrations de la seconde moitié de page sont parfaitement claires et explicites. Élégant et sophistiqué, j’adore !

Poursuivons avec These Are Things, une boutique en ligne de cartes et d’illustrations :

La page d’accueil de This Are Things

J’espère que vous apprécierez à sa juste valeur le très bon travail d’illustration et d’iconographie réalisé sur cette page haute en couleurs qui se découvre en faisant défiler vers le bas. Les icônes sont très mignonnes et homogènes, l’effet de parallax scrolling est parfaitement exécuté et donne envie de faire des A/R tant les tableaux sont rigolos. L’intérieur du site est dans la même ligné, mais beaucoup moins chargé, notamment la boutique, que je vous conseille de visiter.

Terminons avec Circle 21 Candles, un fabricant de bougies :

La page d’accueil de Circle 21 Candles

Que dire de ce site si ce n’est que c’est une merveille de minimalisme et d’élégance : les couleurs douces, les typos très fines, les larges espaces blancs… tout est mis en oeuvre pour véhiculer du calme et de la sérénité. Assurément un modèle du genre.

La suite le mois prochain (j’espère !).

Facebook lance son moteur de recherche mais manque d’inspiration

Cette nuit Facebook a annoncé le lancement prochain de son moteur de recherche, Facebook Graph Search, une nouvelle qui a fait le tour de la blogosphère tant l’évènement avait suscité la curiosité des journalistes. Grand rival de Google, Facebook était logiquement attendu pour le lancement de son moteur, pour lequel les équipes ont choisi une approche différente de la recherche, car elle repose sur les amis.

Le moteur de recherche de Facebook propose donc de remplacer l’index de Google par votre liste d’amis et son algorithme par leurs publications. Vous aussi vous avez l’impression qu’il y a tromperie sur la marchandise ? Effectivement cette annonce déçoit, mais elle cache surtout une vérité bien plus cruelle pour Facebook.

Rechercher le web grâce à vos amis (oups !)

Facebook Graph Search est donc un moteur de recherche interne qui permet d’explorer plus facilement votre graphe social à l’aide d’équation de recherche en langage naturel. Cette nouvelle fonction prendra la forme d’une barre de recherche dans le haut de page où vous pourrez rechercher auprès de vos amis, leurs publications, leurs centres d’intérêt, les endroits qu’ils ont visités et les choses qu’ils ont aimées.

Les éléments qui peuvent être cherchés sur Facebook

Le fonctionnement est assez intuitif et nous pouvons faire confiance aux équipes de Facebook pour livrer un produit qui fonctionne correctement. Comme toujours, Facebook nous propose une belle vidéo pour illustrer le tout avec plein de jeunes gens cools qui respirent le bonheur :

Ils ont également annoncé un partenariat avec Bing pour les recherches plus classiques, celles qui concernent des contenus hébergés en dehors de Facebook : Evolving Search on Facebook. L’argument principal de Mark Zuckerberg est de dire que les moteurs de recherche actuels (donc Google) se contentent de fournir une liste de liens où vous pourrez peut-être trouver une réponse, alors que son moteur apporte directement des réponses concrètes issues de vos proches. Mouais… je ne savais pas que Google ne fonctionnait pas bien et qu’il fallait une solution de remplacement. Cette assomption est d’autant plus déplacée que Microsoft nous avait déjà fait le coup il y a plus de 3 ans en positionnant son moteur comme un outil d’aide à la décision : Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?

Outre le fait que le Graph Search de Facebook nécessite d’avoir beaucoup d’amis très actifs pour avoir des réponses pertinentes, il y a l’éternelle question de la confidentialité. Heureusement cette question a déjà été traitée :

Je sais bien qu’au fil des années j’ai toujours été très critique sur Facebook, mais vous conviendrez que le moteur de Facebook repose sur une base plus étroite : sur les 200 millions de sites web actifs, Facebook vous propose de restreindre la recherche aux citations ou intérêts de vos amis, soit quelque centaines de personnes au mieux. C’est un peu court, non ? Certes, ce moteur va grandement améliorer la navigation au sein de Facebook et de votre liste d’amis, mais j’ai comme l’impression que l’éléphant a accouché d’une souris.

Pour avoir de détails précis sur le fonctionnement du moteur et sa genèse, je vous propose les deux articles suivants : First Look at the New Facebook Search et Facebook’s Bold, Compelling and Scary Engine of Discovery: The Inside Story of Graph Search.

Une nouveauté qui ne séduit pas grand monde

Entendons-nous bien : je ne suis nullement en train de critiquer vos amis ou leurs centres d’intérêt, simplement je trouve que le grah search tel que nous le présente Facebook est une vision très étriquée de la connaissance. Il a fallu 15 ans et des dizaines de milliards de dollars pour construire la plus grande base de connaissance de l’humanité (le web) et Mark Z. nous explique que les likes et photos de vos amis vont vous apporter des réponses plus pertinentes. De qui se moque-t-on ?

Pourtant il ne manque pas d’ambition au sujet de ce moteur qui a été présenté comme le troisième pilier de l’expérience Facebook (avec le News feed et les timelines). Force est de constater que je ne suis pas le seul à être sceptiqueFacebook Takes On Google, But Private, Personalized, Social Search Has No Clear Winner YetFacebook’s New Search Doesn’t Change Anything, Except On Facebook et Why Facebook’s New Graph Search Is No Google.

L’avis le plus pertinent sur la question est celui des spécialistes de la recherche, notamment de John Battelle qui nous explique qu’avec le social search, chacun aura une page de résultats différente, donc autant de possibilité de monétisation : Facebook Is No Longer Flat.

Outre le fait que ce moteur se réduit à filtrer les like et publications des membres avec votre liste d’amis, je m’interroge sur la valeur d’une recherche dans une base de données privée avec des contenus non qualifiés. Les robots de Google nourrissent son index avec l’intégralité de ce qui est disponible sur le web, alors que le graph search se contente de ce qui a été publié sur Facebook, soit un corpus à la taille limitée. Idem, si l’algorithme de Google a fait ses preuves en matière d’évaluation de la pertinence des contenus, qui va vérifier la véracité des publications de vos amis ? Je ne suis pas en train de qualifier vos amis de menteurs, mais ce ne sont pas non plus des professionnels de l’information et de la connaissance.

En définitive, c’est ce côté “amateur” du graph search qui me dérange, et les exemples présentés lors de la conférence sont assez révélateurs de la naïveté du dispositif :

  • La rencontre, où il vous suffit de chercher les hommes / femmes célibataires dans votre ville avec les mêmes coûts et centres d’intérêt que vous pour trouver l’âme soeur. OK, mais tous les membres célibataires de Facebook sont-ils en recherche ? Cette approche de la rencontre fait-elle le poids face à des plateformes sociales qui ont été conçues pour cela (Badoo, Meetic…) ?
  • Le recrutement, où il vous suffit de chercher dans votre liste d’amis des candidats potentiels qui n’ont pas d’employeur. OK, mais que fait-on de ceux qui en ont un ? Là encore, ce n’est pas parce que je suis inscrit sur Facebook que je suis en recherche d’un nouvel emploi, d’autant plus que les profils n’ont pas du tout été conçus pour valoriser l’expérience professionnelle, contrairement à des plateformes comme LinkedIn.
  • Les lieux, où il vous suffit de dire ce que vous cherchez pour que l’on vous propose une liste de restaurants, bars, hôtels… D’une part je pensais que Facebook Places avait été abandonné, d’autre part, restreindre les résultats à vos amis ne va pas vous remonter grand-chose. Vous avez ainsi bien plus de chances de trouver des résultats pertinents sur Yelp, TripAdvisor ou Google Local.
  • Les photos. Je sais bien qu’il y a des milliards de photos publiées par les membres, mais combien de doublons ? L’important n’est pas le nombre de photos, mais la qualité des métadonnées qui y sont associées. J’aime beaucoup Instagram, mais les contenus publiés par ses 20 millions de membres actifs ne tiennent pas la comparaison face au couple Google Maps et Street View.
Les résultats de recherche dans Facebook

Comme c’est souvent le cas chez Facebook, j’ai l’impression que Mark Zuckerberg affiche une confiance inébranlable dans la capacité des membres à fournir des contenus de qualité qui peuvent concurrencer des sociétés dont c’est le coeur de métier et qui existaient déjà au siècle dernier. Et ce n’est pas en recrutant 500 millions de nouveaux membres qu’ils vont réussir à améliorer la qualité des contenus.

Un moteur de recherche souffrant d’inacceptables limitations

Je sais bien que le service est encore en beta, mais en lisant entre les lignes il est possible d’en voir dès aujourd’hui les limites :

  • Un service uniquement disponible en anglais, certainement car la sémantique de cette langue est beaucoup plus simple que celle des langues latines (français, italien…), nordiques, germaniques ou cyrilliques ;
  • Pas de version mobile ou tablette ;
  • Pas d’intégration à l’open graph et pas d’APIs

Encore une fois, j’ai conscience que nous sommes dans un monde de beta perpétuelle et que cette fonctionnalité n’est pas encore officiellement disponible, mais il faut bien reconnaitre qu’ils ont des années de retard sur la concurrence.

Concernant la concurrence de Google, Mark Z. ne s’est pas gêné pour critiquer ouvertement Google en tant que moteur de liens, mais il a peut-être oublié que le roi des moteurs avait déjà entamé sa révolution l’année dernière avec des grosses avancées en matière de sémantique avec son Knowledge Graph (La recherche passe à l’ère sémantique), sociale avec Search plus your World (Quel sera l’impact de l’intégration de Google+ dans les résultats de recherche), et mobile avec Google Now (Un assistant personnel dans votre smartphone avec Siri, Now et Gimbal).

La vérité est que Facebook a accumulé un retard qu’ils ne pourront jamais combler. Ceci étant dit, ils ont été suffisamment malins pour éviter une concurrence frontale avec Google.

À qui profite ce moteur ?

Je ne voudrais pas jouer les rabat-joies, mais je constate qu’encore une fois, Mark Z. compte sur le volontarisme des membres pour enrichir l’expérience, mais qui s’enrichit réellement ? Je suis peut-être paranoïaque, mais j’ai comme l’impression que ce graph search est un nouveau levier pour pousser les membres à enrichir leur profil (centres d’intérêts) et à augmenter les Likes (Facebook’s Graph Search Is Really A Plan To Rescue The Like). Tout ceci m’a tout l’air d’être une manoeuvre parfaitement orchestrée pour améliorer le ciblage publicitaire.

De même, nous n’avons pour le moment aucune information sur l’impact du graph search sur le trafic vers les pages des annonceurs. Tout ce que Facebook dit est que les annonceurs doivent mettre à jour leurs pages et améliorer leurs tactiques d’engagement pour être sûrs de remonter dans les résultats de recherche : Introducing Graph Search, Help People Discover your Business.

Affichage des marques dans les résultats de recherche

Je ne doute pas qu’il y aura à terme une offre payante pour donner une place aux annonceurs dans les résultats de recherche, mais pour le moment ils ne fournissent aucune solution pour les marques non-aspirationnelles, à savoir 99,99% des marques. Le problème est que depuis le lancement des timelines pour les annonceurs, seules les marques les plus puissantes s’en sortent (Avec les nouvelles pages et formats publicitaires, Facebook privilégie les marques fortes), et ce moteur de recherche va rendre la compétition pour l’attention encore plus intense. Attendez-vous à une recrudescence de la chasse aux Likes.

Je peux me tromper, mais j’ai l’intime conviction que ce moteur de recherche ne va faire qu’intensifier les astuces permettant d’améliorer le taux d’engagement. Pour vous la faire courte, les annonceurs auront le choix entre se faire saucissonner (payer pour apparaitre dans les listes de résultats) ou tricher (utiliser des moyens détournés pour doper le taux d’engagement). Tout ceci me semble bien éloigner de la vision idéologique du fondateur.

Un énorme risque de pollution

Tout le problème de ce graph search est qu’il risque de stimuler les dérives que l’on constate déjà :

  • pousser les membres à s’inventer une vie trépidante afin “d’exister” dans les résultats de recherche (ils ne sont pas malveillants, mais cherchent simplement à être valorisé socialement) ;
  • inciter les utilisateurs à devenir amis avec les membres les plus cools, ceux qui voyagent et sortent (donc pervertir la notion d’amitié) ;
  • forcer les community managers des marques à se démener pour récolter des likes, donc adopter les interactions courantes des membres (blagues, photos rigolotes, commentaires sur l’actualité…).

D’autres sont plus optimistes que moi (How Facebook Thinks Its New Graph Search Will Help AdvertisersHow marketers can use Facebook’s Graph Search to understand consumers), mais ce n’est pas la première fois que je pointe du doigt les changements qui stimulent la schizophrénie des membres (Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateursL’impact des changements de Facebook pour les utilisateurs, les annonceurs et les fournisseurs de contenu), et je pense qu’il est légitime de penser qu’en soufflant sur les braises, Facebook va devenir sa propre caricature.

Mais le plus gros risque selon moi est que ce moteur de recherche favorise l’émergence d’un marché noir des profils fictifs spécialement créés pour faire remonter les marques dans les résultats. L’astuce consisterait à créer des profils avec un quotidien rempli de voyages, sorties et achats dont l’unique but est de devenir l’ami du plus grand nombre de membres et de revendre sous le manteau les publications aux marques.

Nous sommes d’accord sur le fait que ça ferait courir de gros risques aux annonceurs, mais nous savons tous que les techniques de black hat SEO sont couramment utilisées, j’anticipe donc une montée en puissance du black hat SMO (social media optimization).

Facebook en mal d’inspiration

En conclusion je dirais que Facebook fait fausse route avec ce moteur de recherche, car il ne tiendra jamais la comparaison avec les services déjà existants. Les entités sémantiques du Knowledge Graph et les communautés Google+ sont ainsi beaucoup plus pertinentes que les publications de vos amis.

À moins que nous fassions tous fausse route et que l’ambition de ce moteur est simplement d’améliorer la recherche au sein de vos amis, ni plus ni moins. Cela confirmerait alors le terrible manque d’inspiration dont Facebook souffre actuellement : le rachat à prix d’or d’Instagram et la copie à l’identique qu’ils ont livré de Snapchat sont autant de preuve de l’incapacité de Facebook à innover (Facebook’s Poke app as a Snapchat clone is a bad sign). Ce moteur de recherche ne fait que confirmer la tendance à la facilité de Facebook qui se contente de livrer grosso modo ce qu’on attend de lui, pourtant il y aurait de nombreuses choses à améliorer (What Facebook Should Be Building).

Au final, le plus alarmant avec la sortie de ce graph search est qu’il apparait comme évident que Facebook n’a plus la capacité à faire émerger de nouveaux business comme Zynga à l’époque. Pour résumer : depuis l’introduction en bourse, tous les changements de Facebook ne sont motivés que par l’augmentation des bénéfices ou de la valeur de l’action. Mais ça vous vous en doutiez déjà non ?

Je ne suis pas en train de faire le procès des sociétés cotées en bourse, car la recherche de profit est un but légitime dans notre économie capitaliste (il faut appeler un chat un chat). Ce qui me dérange, c’est l’écart entre les intentions annoncées de Facebook et la réalité : les membres et les annonceurs vont encore une fois faire les frais de l’avidité des actionnaires.

Encore une fois je ne cherche pas à faire le procès du capitalisme, mais plus nous avançons dans le temps et plus je constate que le modèle économique de Facebook ne repose pas sur des bases très saines. Pour augmenter la rentabilité, ils sont ainsi obligés d’intensifier la collecte et l’exploitation des données personnelles des membres. Certes, en écrivant cela je remets en cause la gratuité du web, et de Facebook en particulier, mais j’ai un mauvais pressentiment sur l’évolution de ces pratiques.

Pour résumer cela, je me permets de citer cette célèbre phrase : Si vous ne payez pas, vous n’êtes pas client, c’est vous le produit qui est vendu. Si vous avez des indications sur l’auteur, je suis preneur…

Best-of 2012

J’ai beaucoup hésité avant de publier cet article, il faut dire qu’en ce moment, les listes et récapitulatifs annuels sont de rigueur… Mais je me donne tellement de mal à rédiger mes 9 blogs que je peux bien céder à cette tentation. De plus, lorsque je consulte mes statistiques, je me rends compte que de nombreux articles qui me tiennent à coeur n’ont pas bénéficié de l’audience que j’aurais souhaité.

Voici donc ma sélection des 20 meilleurs articles de l’année 2012, classés par ordre antichronologique :

Voilà, en espérant que vous aussi avez apprécié ces articles et que je trouverais l’inspiration pour en rédiger d’autres, encore plus pertinents en 2013.

Mes 13 prédictions pour 2013

C’est déjà la huitième année que je me prête au jeu des prédictions (cf. 200620072008200920102011 et 2012). Comme le temps passe vite, et comme certaines prédictions reviennent de façon chronique ! Comme à chaque fois, je précise que ceci est avant tout un exercice de style, prenez-le comme tel. Je me lance donc dans une nouvelle liste de tendances dont je pense qu’elles vont se concrétiser l’année prochaine.

1/ Des coups sous la ceinture pour dominer le web

Après plusieurs rounds d’observation, l’heure n’est plus aux amabilités entre les géants du web (Google, Apple, Facebook, Microsoft…). Il y a beaucoup d’argent en jeu, alors il faut frapper vite et de préférence sous la ceinture pour diminuer l’adversaire et lui prendre des parts de marché. Tout ceci a commencé l’année dernière avec la guerre des brevets dans la mobilité, les hostilités se prolongent avec, dernièrement, le blocage par Twitter des photos Instagram (Twitter riposte à Instagram et lance sa propre appli photo) et l’arrêt du support du protocole ActiveSync par Gmail (Google drops a Gmail-shaped bomb on Windows Phone). Ces petites manoeuvres sont-elles mesquines ? Oui tout à fait, mais vous avez intérêt à vous y habituer, car ce n’est que le début. Depuis le temps que l’on vous dit que le web est petit à petit en train de se replier derrière des espaces privatifs (walled gardens) et que les utilisateurs vont en souffrir…

Action à prévoir : Prévoyez un plan B pour tous les services que vous exploitez ou toutes les plateformes sociales sur lesquelles votre marque est présente.

2/ Un retour gagnant pour Microsoft

Il y a eu le rachat de Skype et de Yammer, le succès d’Azure, le lancement de la Surface et de Windows 8. L’année prochaine, Microsoft va continuer sur sa lancée avec une nouvelle Xbox, son propre smartphone, la nouvelle version d’Office… Bref, après plusieurs années de sur-place, la firme de Redmond sort de sa léthargie et repasse à l’offensive. Certes, Microsoft ne bénéficie pas de l’aura d’Apple (qui, je vous le rappelle, nous a refait le coup de changer la forme de TOUS les câbles pour être sûr que l’on ne puisse pas réutiliser nos accessoires en passant à l’iPhone5), mais cette société bénéficie encore de nombreux atouts. Bref, 2013 sera l’année où l’on va se souvenir que l’internet et l’outil informatique que nous connaissons ont été, en grande partie, modelés par Microsoft.

Action à prévoir : Passez un peu de temps sur la Surface et intéressez-vous de près aux derniers smartphone tournant sous Windows Phone (Mark Cuban Says Nokia’s Lumia 920 Crushes The iPhone 5).

3/ Un retour gagnant pour Yahoo

L’arrivée de Marissa Mayer à la tête de Yahoo a surpris beaucoup de monde dans la communauté high-tech (Quel avenir pour Yahoo avec Marissa Mayer ?). Nouvelle page d’accueil, nouvelle application mobile FlickR, nouvelles acquisitions en prévision… Le moins que l’on puisse dire est que Marissa assure le spectacle et qu’elle affiche de fortes ambitions pour le roi des portails. Yahoo a-t-il les moyens de repasser devant Google et Facebook ? Non, aucune chance. Par contre, ils peuvent tout à fait dépoussiérer la marque et les services et nous faire retrouver nos habitudes du siècle dernier (News, Sport…). La grande question est de savoir s’ils vont réussir à trouver une offre publicitaire alignée sur les nouvelles habitudes des internautes et des annonceurs.

Action à prévoir : Retrouvez vos identifiant / mot de passe et allez donc voir à quoi ressemble le portail qui était votre page d’accueil il n’y a pas si longtemps que ça.

4/ Grosse pression asiatique

Rakuten, Alibaba, Baidu, Tencent, Weibo, ZTE, Haier, Huawei… Tous ces noms vous semblent vaguement familiers,et pour cause, ils font maintenant partie de notre quotidien. Les capitaux asiatiques affluent dans toute l’Europe continentale et les acteurs des contrées lointaines semblent mués par une ambition sans limites (Amazon + Ebay + Google = Alibaba ?). Je ne vois honnêtement pas ce qui pourrait les arrêter…

Action à prévoir : Vous parlez le mandarin ou avez dans vos équipes quelqu’un qui le parle, n’est-ce pas ?

5/ Le PC devient un produit de niche

J’imagine que vous avez déjà entendu d’innombrables fois l’assertion “les terminaux mobiles vont remplacer les PC“. Je ne sais pas trop d’où ça sort, mais je propose à tous ceux qui propagent ce dogme de… rendre leur ordinateur et de ne plus travailler qu’avec leur smartphone ou leur tablette ! Plus sérieusement, la valeur d’usage de l’outil informatique tel que nous l’avons connu (écran + unité centrale + souris + clavier) a fortement baissé avec l’arrivée des tablettes et autres cloudbooks. Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne servent plus à rien, simplement que l’on a beaucoup moins envie / besoin d’en acheter un pour la maison. La conséquence immédiate de cette évolution de marché est que l’internaute ne va pas devenir mobile (pourquoi vouloir absolument raisonner de façon binaire ?), mais qu’il va chercher / consommer / acheter de façon indifférenciée sur plusieurs types de terminaux à la fois, et dans la même journée.

Action à prévoir : Arrêtez immédiatement de sous-traiter vos développements d’applications ou de sites mobiles à des prestataires dont vous allez être terriblement dépendant dans les prochaines années et faite monter en compétence vos équipes internes.

6/ Android devient le standard de la mobilité

Smartphones, tablettes, appareil photo, voitures, TV connectées… le système d’exploitation de Google a réussi à s’imposer malgré une concurrence très féroce (Apple et Google n’ont pas encore gagné la bataille du mobile). Si aujourd’hui il semble évident que Apple s’est replié sur les segments supérieurs  (L’iPhone est maintenant un produit de niche, l’iPad sera le prochain), le principal danger pour Android ne viendra pas de l’extérieur, mais de l’intérieur avec toujours le même problème de fragmentation et les nombreuses versions alternatives de l’OS (Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul).

Action à prévoir : Équipez vos équipes internes de terminaux Android.

7/ Le web mobile supplante les applications mobiles

Rassurez-vous, je ne vais pas vous refaire l’article sur les avantages et inconvénients des applications mobiles vs. les sites mobiles. Mais avec le retournement du marché en faveur d’Android, la sortie de nouvelles versions majeures d’OS alternatifs (Windows Phone, BB OS…), la multiplication des app stores et l’amélioration des frameworks de développement (The Making of Fastbook: An HTML5 Love Story), les conditions de commercialisation d’une application se dégradent de mois en mois. Pour résumer une longue explication : les applications mobiles natives coûtent de plus en plus cher, ce qui augmente mécaniquement la viabilité des applications hybrides et sites mobiles.

Action à prévoir : Lancez immédiatement une étude de viabilité et un prototype d’application hybride pour faire rapidement monter en compétence vos équipes.

8/ Les premiers pas d’agents intelligents

Andy, Skyvi, Evi, Grokr… Nombreux sont les assistants personnels qui essayent de se faire un place aux côtés de Siri. Le problème est que les places sont rares et que Google a déjà pris une belle longueur d’avance (Un assistant personnel dans votre smartphone avec Siri, Now et Gimbal). Qu’à cela ne tienne, nous n’en sommes qu’aux balbutiements de ce que ces assistants personnels peuvent nous apporter au quotidien, il reste d’innombrables modalités d’interaction à trouver.

Action à prévoir : Étudiez dans quelle mesure vos contenus ou services peuvent être exploités par ces assistants.

9/ Arrivée sur le marché d’une nouvelle génération de terminaux connectés

Nous nous étions à peine remis de la déferlante des smartphones et tablettes que Google nous présentait son Project Glass (Quels usages pour les lunettes Google Glass). Là-dessus, Microsoft vient nous embrouiller avec son SmartGlass. Montres et bracelets connectés, thermostats et verrous connectés, portes et sapins de Noël pilotables à distance… les objets de notre quotidien sont maintenant tous connectables avec des produits que l’on trouve dans le commerce (cf. LeWeb12, compte rendu de la première journée). Là encore, il y a de nombreux cas d’usage à trouver et les premiers arrivés seront les premiers servis.

Action à prévoir : Ressortez donc votre Nabaztag et accordez-lui l’attention qu’il mérite (c’est un animal sensible).

10/ Le rôle central de l’expérience utilisateur

Avec l’avènement des médias sociaux et des terminaux mobiles, ainsi que toutes les nouvelles modalités d’interaction qui sont encore à définir, les points de contact entre une marque et ses clients ont beaucoup évolué et vont être complètement transformés dans les prochaines années. Il me semble donc essentiel de profiter de ce nouveau paradigme de marché pour faire le point sur ce qu’est censé être une journée type pour un client lambda. C’est là où les customer journey map prennent leur importance et permettent de formaliser une vision d’ensemble des interactions avec les clients (La conception d’expérience utilisateur est une discipline, pas une notion). Plus que le prix ou l’esthétisme, les clients sont avant tout à la recherche d’expériences plaisantes et socialement valorisantes, à vous d’en imaginer les contours.

Action à prévoir : Organisez une session de réflexion interne pour formaliser votre customer journey map.

11/ De nouveaux leviers de monétisation de la musique

Entre les succès de Spotify / Deezer et le retour de MySpace, il semblerait que l’industrie musicale a trouvé un second souffle. Il aura ainsi fallu près de 10 ans à cette industrie pour se restructurer autour de nouveaux acteurs (iTunes, LiveNation…) et viabiliser à nouveau les morceaux musicaux. Bien sûr tout n’est pas encore parfaitement au point, car le téléchargement illégal est encore une pratique très répandue, mais de nouvelles sources de revenus sont sécurisées et l’écosystème est en passe d’être stabilisé. L’air de rien, ce rétablissement est un très bon signal envoyé aux autres industries qui souffrent de leur passage à l’ère numérique (cinéma, jeux vidéo, TV, presse…).

Action à prévoir : Même si vous ne vous intéressez pas à la musique, étudiez en détail les nouveaux modèles économiques pour nourrir vos réflexions.

12/ Le scandale du taux d’engagement

J’ai déjà eu de nombreuses occasions d’aborder la difficulté de pérenniser la présence d’une marque sur Facebook (Facebook est comme un restaurant). Le problème est que plus on avance dans le temps et moins les marques se posent de questions, elles cherchent simplement à accumuler toujours plus de fans. OK, mais qu’est-ce qu’un fan : un membre engagé ? D’accord… mais que signifie “engager un membre ou un fan” ? C’est une question qui fait mal, à laquelle les agences spécialisées ne veulent pas répondre, car elles se retrouveraient dans une situation très délicate vis-à-vis de leurs clients. Pourtant le problème demeure toujours le même : comment exister sur Facebook face à des marques surpuissantes et fidéliser des membres dans un contexte où règne la superficialité ? Je ne remets pas en cause la capacité des community managers à sortir des vannes rigolotes ou des photos sympas, mais est-ce réellement ce dont votre marque a besoin ? (cf. Facebook is Waste of Time for Advertisers). Je sais bien qu’on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre, mais pendant combien de temps allons-nous continuer à nous mentir avec ces histoires de taux d’engagement ? La vérité que personne ne veut entendre est qu’une “communauté” sur Facebook est comme une statue de glace : le nombre d’internautes que vous allez effectivement pouvoir toucher peut s’effondrer en moins d’une semaine, et les quelques membres qui vont être exposé à votre message n’ont que peu de chance de le remarquer ou d’y réagir tant le contexte ne s’y prête pas. 2013 va être une année très douloureuse, car la prise de conscience de la fragilité du modèle d’engagement sur Facebook va en faire grincer des dents plus d’un. Mais ce n’est pas faute de vous avoir prévenu…

Action à prévoir : Définissez une architecture communautaire et sociale viable pour vous extraire de la dépendance à Facebook.

13/ La donnée devient la matière première des marketeurs

Il y a quelques années, le rôle des marketeurs se restreignait à l’acquisition de trafic et à la collecte d’adresses email. Puis ils se sont intéressés aux fans et aux conversations. Aujourd’hui, les préoccupations des marketeurs semblent s’être déplacées vers des domaines plus rationnels (Du recentrage nécessaire du marketing sur la connaissance client et la compréhension du marché), une très bonne chose, car cet éparpillement ne présageait rien de bon. Avec la masse colossale de données disponibles, les marketeurs vont avoir fort à faire pour les collecter, les structurer et en extraire des enseignements pertinents. Je suis ainsi persuadé que les marketeurs vont devoir s’équiper très vite en Data Management Systems pour pouvoir gérer (par analogie avec les Content Management Systems).

Action à prévoir : Cartographiez les sources et flux de données des différents métiers en rapport avec les données (DSI, CRM, ventes…) et définissez de façon claire et précise les responsabilités et domaines de compétence de chacun.

-

Voilà, ceci clôture mes prédictions pour 2013, je vous donne donc rendez-vous en fin d’année prochaine pour faire le point sur celles qui se sont réalisées ou non.

Rétrospective sur mes prédictions 2012

C’est la fin de l’année, période des bêtisiers et des prédictions. Comme je le fais depuis maintenant plus de 5 ans (20062007200820092010 et 2011), je vous propose une rétrospective sur mes prédictions 2012.

1/ L’avènement de la mobilité low-cost

Plus que jamais, la croissance du segment des smartphones est soutenue par les appareils low-cost. Apple, Samsung ou LG dominent en terme de qualité de produit, mais le volume est assurée par des terminaux plus discrets et surtout beaucoup moins chers. Fabriqués en Chine par des constructeurs inconnus du grand public il y a encore quelques mois (ZTE, Haier, Huawei…), c’est pour le moment Google qui en profite le plus avec sons système d’exploitation Android, mais il devra disputer sa place de leader avec des acteurs asiatiques très ambitieux (La domination d’Android menacée par les cloudphones et Aliyun ?) et une concurrence très féroce (Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul).

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Élargissez systématiquement vos tests d’applications et sites mobiles à cette catégorie de terminaux qui proposent des caractéristiques techniques et des capacités divergentes.

2/ Le retour de la revanche de la TV connectée

La TV connectée a visiblement bien du mal à s’imposer dans les foyers. Certes, le marché est pour le moment en attente de la sortie de l’Apple TV, mais force est de constater que la proposition est pour le moment très faible. Nous comprenons donc pourquoi les utilisateurs ne ressentent pas le besoin de s’équiper et préfèrent investir dans des tablettes.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Pas grand-chose, intéressez-vous plutôt aux tablettes low-cost et aux usages en second screen.

3/ La montée en puissance des objets connectés

La dernière édition de LeWeb leur était consacrée, les objets connectés ont décidément la côte. Montres, portes, chaussures, stations météo, ampoules… tout se connecte à tout. Si les usages sont encore très embryonnaires, voire anecdotiques, la technologie est au point et l’innovation tourne à plein régime.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Surveillez de près les grands acteurs du créneau pour ne pas vous laisser distancer.

4/ L’émergence d’offres de cloud pour le grand public

Je pense ne pas me tromper en disant que le cloud computing est maintenant partout, à tel point que le simple fait de stocker un fichier ou une photo en ligne est maintenant qualifié de “solution cloud“. Très pratiques pour se libérer des contraintes de stockage et de synchronisation, les offres grand public ne sont néanmoins pas légion, surtout dès que l’on s’éloigne des acteurs historiques (Google, Apple, Amazon, Spotify…). J’ai comme l’impression que le marché est paralysé par les progressions spectaculaires de Dropbox et Evernote. Par contre, je reste encore abasourdi par l’échec de OnLive (OnLive Filing for a Form of Bankruptcy, New Company to Take Its Place). La révolution n’a donc pas vraiment eu lieue.

Pertinence : Moyenne.

Action à prévoir : Offrez des abonnements premium chez Dropbox et Evernote à vos employés pour limiter l’éparpillement de vos données et fichiers.

5/ La révolution des ebooks

Si les ebooks ont définitivement envahi les marchés anglo-saxons, les liseuses peinent encore à trouver leur place sur le marché français, malgré les efforts d’Amazon, de la Fnac ou d’acteurs locaux comme Booken. Je ne reviendrais pas sur les raisons de ce faux départ qui s’éternise en longueur (catalogue limité, prix élevés, réticence des distributeurs…), toujours est-il que la confusion s’installe petit à petit dans la tête des clients potentiels (“pourquoi acheter une liseuse alors que j’ai déjà une tablette ?“) et que le législateur botte en touche.

Pertinence : Faible.

Action(s) à prévoir : Essayez au moins de lire une page sur une liseuse pour bien vous rendre compte du confort de lecture incomparable.

6/ Le consécration des contenus applicatifs tactiles

J’avais été très impressionné par les premières applications éditoriales disponibles sur tablettes. Depuis, les exemples se font plus rares et les éditeurs semblent avoir abandonné devant les coûts de production très élevés et le contexte de commercialisation difficile (ça ne gène personne personne de payer 20€ pour un ebook, mais il y a un palier quasi-infranchissable à 5€ pour les applications dans iTunes). Visiblement la situation ne se débloquera pas tant que les outils de publication ne permettront pas d’abaisser les coûts.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Allez donc parcourir le catalogue de BetterBook pour vous rendre compte du potentiel des applications éditoriales.

7/ De nouvelles expériences de vente en ligne

Visiblement 2012 n’était pas l’année pour tenter de nouvelles expériences en matière de commerce en ligne, tout ça reste très traditionnel. Il faut croire que la rentabilité va rester LA priorité des commerçants. Dommage, car de nombreuses boutiques auraient besoin d’un petit quelque chose en plus pour sortir du sempiternel triptyque accueil / catégorie / produit.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Intéressez-vous de près à ce que vos concurrents font en matière de contenu, LE levier de différentiation par excellence.

8/ De nouvelles opportunités grâce à Big Data

Oui je sais, ça fait carrément enfonçage de porte ouverte de dire que les Big Data sont un créneau à la pointe et qu’il vous faut impérativement  vous y mettre. Il n’empêche que j’avais déjà commencé à en parler en 2010 : Du contenu roi aux données reines. Bref, cette année vous n’avez plus d’excuse.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Commence déjà par utiliser de façon plus intensive les données que cous avez déjà (web analytics…).

9/ L’unification des pratiques sociales internes et externes

Le social business est l’autre marronnier du moment. Mais tout comme les big data, si tout le monde est d’accord sur le principe, on ne sait pas trop par où ni quoi commencer, ni où tout ça va nous mener. Il en résulte beaucoup de confusion et des éditeurs qui en profitent pour vendre leur sauce. 2012 aura été une année très plate en matière de social business, il n’y a pas de raison pour que cela change en 2013 tant d’autres chantiers semblent prioritaires.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Lisez un ou deux livres sur le sujet pour pouvoir être à l’aise.

10/ Le triomphe des marques-médias grâce aux médias sociaux

Les exploits de Felix Baumgartner nous ont prouvé à quel point la publicité traditionnelle semble anachronique face aux initiatives de brand content. Le problème est que toutes les marques ne sont pas éligibles, seules celles qui ont toujours refusé les compromis s’en sortiront le mieux.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Méditez sur cette phrase entendue lors du Digital Maketing Symposium : “À l’avenir les marques se répartiront en deux groupes, celles qui pourront vendre leur contenu et celles qui devront en acheter“.

11/ La revanche des environnements virtuels

Les univers et environnements virtuels ont décidément beaucoup de mal à exister face aux grandes plateformes sociales, Habbo en a fait les frais. Seul Minecraft tire son épingle du jeu.

Pertinence : Faible.

Action à prévoir : Regardez le documentaire The Story Of Mojang pour comprendre le phénomène Minecraft.

12/ La chasse aux hipsters avec les applications mobiles de partage de photos

Je pense ne pas me tromper en disant que nous atteignons le point de saturation des applications de partage de photo. Tout ce que vous avez à retenir est qu’avec Instagram, Facebook a tiré le gros lot. De là à dire que ça va révolutionner le web… je préconise une certaine forme de réserve quant à la pérennité de ces pratiques.

Pertinence : Bonne.

Action à prévoir : Installez la dernière version de FlickR pour éviter la congestion sur Instagram.

-

Voilà, cette rétrospective s’achève donc sur un bilan mitigé. J’espère faire mieux l’année prochaine.