Les big data sont le meilleur et le pire ennemi de votre marque

Je ne sais pas pour vous, mais en ce moment je fais une overdose de big data. Il semble qu’il n’y ai en ce moment aucun superlatif assez fort pour louer les mérites des big data : elles vont nous sortir de la crise, elles ont remporté Rolland-Garros et vont gagner le Tour de France, elles vont nous démontrer que les enfants qui chaussent du 38 en CM2 ont plus de chance de préférer un milk shake à la banane qu’un deck Magic « Faucheur de mort« . Génial, j’en parlerais à mon pote Krenko le caïd…

Ça fait un petit bout de temps que je cherche un angle d’attaque pour parler des big data. L’approche du point de saturation me semble être un bon timing, d’autant plus que nous avons très certainement besoin d’un débat animé pour nous sortir de cette langueur estivale. Je vous propose donc de prendre un peu de recul par rapport au sujet le plus chaud du moment.

Mais commençons par le commencement avec une petite définition. Il existe quantité de définitions pour les big data, mais j’apprécie grandement celle d’IBM : « Un large volume de données que l’on ne peut plus travailler avec les outils traditionnels« . Il n’est donc pas ici question de découvrir l’intérêt d’exploiter des données, les métiers du décisionnel s’y emploient depuis des années, mais plutôt de le faire différemment et à plus grande échelle. Plusieurs critères sont ainsi à prendre en compte :

  • le volume, nous parlons de téraoctets de données à analyser quotidiennement ;
  • la vélocité, ces analyses doivent se faire en un minimum de temps pour représenter un levier compétitif ;
  • la variété, car les données se présentent sous de nombreuses formes ;
  • la véracité, car des données compromises peuvent biaiser une interprétation.

Je ne prétends pas détenir LA définition ultime, mais celle-ci me convient bien, car elle n’est pas trop complexe. Si l’envie vous prend, vous pouvez rajouter d’autres V (The Missing V’s in Big Data: Viability and Value).

Big data = Web 3.0 + Marketing 1to1

Aviez-vous remarqué que l’on nous sort un terme magique tous les 4 à 5 ans : Marketing 1to1, Web 2.0 et maintenant Big data. Certes, il y a de véritables évolutions et/ou ruptures derrière ces termes, mais le déficit de pédagogie entraîne des tensions de marché réellement palpables. À force d’avoir été trituré dans tous les sens, Big data est devenu une notion fourre-tout pour l’on nous ressort à toutes les sauces pour nous vendre tout et n’importe quoi.

Comme à chaque fois, je pense ne pas me tromper en disant que les éditeurs sont les principaux fautifs de cette dérive. Ces derniers pratiquent en effet la technique du tapis de bombe pour essayer d’écraser la concurrence et d’attirer l’attention à eux. Je ne suis pas opposé à l’idée d’assurer sa promotion, mais pas quand ça se fait au détriment de l’ensemble des acteurs. Traduction : ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Loin de moi l’idée de vouloir jouer les démagogues, mais il est temps de mettre fin à ce flou artistique et de calmer les esprits. Il y a effectivement beaucoup (trop) d’attentes et de fantasmes autour des big data et je redoute un phénomène de retour de flammes succédant à une première phase d’euphorie. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain et essayons de poser le débat de façon méthodique. Eh oui, car il y a un débat, mais j’y viendrais plus tard dans l’article.

Big data et retargeting ne vont pas remplacer le marketing

Comme c’est malheureusement trop souvent le cas, on essaye de substituer les anciennes pratiques aux nouvelles. Sur la même lancée que « green is the new black« , j’entends à droite et à gauche des aberrations du type : « les big data, sont l’évolution naturelle du marketing« . Ha bon ? Dois-je vous rappeler que les métiers du marketing sont ceux qui se sont historiquement intéressés aux données du marché et des consommateurs. Il y a une vingtaine d’années, quand le web grand public n’existait pas encore, mes profs de marketing s’époumonaient à nous inculquer les notions de DN/DV, de taux de rotation et de ratio de saisonnalité. Déjà à l’époque, les marketeurs avaient la tête dans les chiffres et justifiaient toutes les décisions par une utilisation méthodique des données.

Comme toujours, le problème est que l’on confond marketing et display advertising. De ce point de vue là, effectivement, les big data sont en train de révolutionner l’achat d’espace (Le RTB représentera 25% des investissements publicitaires dans le Display en 2016 en France). Mais je vous rappelle que le but du marketing est d’améliorer la connaissance client et l’optimisation de l’expérience (Du recentrage nécessaire du marketing sur la connaissance client et la compréhension du marché).

Ceci étant dit, puisque l’on aborde le sujet, il y a également beaucoup d’abus au sujet du retargeting. Enfant terrible des big data, le retargeting consiste à optimiser l’achat de bannières en ciblant de façon individuelle les internautes en fonction de leur parcours d’achat. Certains prophétisent déjà la mort du planning stratégique au profit d’algorithmes de ciblage chirurgical. Si je ne peux que reconnaître l’efficacité des technologies déployées (ça fonctionne très bien), je me pose des questions sur l’intérêt de harceler un internaute et de le suivre partout sous prétexte qu’il a eu le malheur de consulter une fiche produit. Comme le résume superbement bien Christophe Lauer : « Le retargeting, c’est cette espèce d’horrible chewing-gum collé à votre semelle et qui vous fait couiner à chacun de nos pas« . Et visiblement je ne suis pas le seul à ressentir la même chose, comme en témoigne la dernière tribune de Geneviève Petit.

Donc non, les big data ne vont pas remplacer le marketing, au contraire, elles en seront la principale composante. De même, les techniques de retargeting ne vont pas supplanter les planneurs stratégiques, car le pilotage d’une marque ne se résume pas à l’achat de bannières, aussi ciblées qu’elles puissent l’être. Si les performances sont effectivement là (Des résultats spectaculaires pour le retargeting sur Facebook), cette technique pose quand même de sacrées interrogations sur son impact sur la relation marque / cible.

De la causalité aux corrélations à la compréhension

Un autre grand adage des big data est de dire que les algorithmes ne sont pas sectaires : ils livrent des corrélations brutes, sans inhibitions. Subitement, celles et ceux qui cherchent à analyser et comprendre le comportement des consommateurs sont des irresponsables qui ne font que gaspiller la marge de l’entreprise. Et les spécialistes du domaine de nous expliquer que les marketeurs sont des ringards qui vous font perdre du temps et de l’argent : les algorithmes travaillent 24/7/365 sans se plaindre ni faire la grève, ils ne sont pas perturbés par un référentiel culturel ou par ces affreuses convictions (beurk). En un tour de baguette magique, la causalité est donc devenue une notion du XXe siècle, il faut maintenant passer aux corrélations : ces enseignements que l’on ne comprend pas forcément, mais qu’il faut impérativement exploiter parce que la machine l’a dit.

Nous touchons là au coeur du débat : sous prétexte de vouloir mieux connaître les cibles, on délègue le travail d’analyse et d’interprétation à des machines qui vont nous dire où et quand placer les bannières. Avant, on ne savait pas ce que l’on achetait, mais maintenant c’est mieux, parce que la machine le sait. Cool, mais la promesse n’est pas transformée pour autant. Il y a en effet beaucoup d’opacité dans les mécaniques d’insertion des ad exchange (cf. Météo France jette un pavé dans la mare des Adex) et la recherche de la performance immédiate nous fait perdre de vue l’objectif premier : mieux comprendre les besoins, contraintes, motivations et freins des consommateurs.

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de faire le procès des corrélations, je suis simplement en train de vous mettre en garde contre la tentation d’en abuser, au risque de vous rendre dépendant de solutions technologiques que vous ne maîtrisez pas. C’est un peu comme si vous confiiez l’animation de votre page Facebook à des stagiaires d’un prestataire ! (ha… on me fait signe au micro que… enfin bref, ce n’est pas l’endroit pour aborder cet autre débat).

Il est donc essentiel de ne pas se laisser aveugler par les données qui peuvent potentiellement vous embarquer sur la mauvaise voie si elles sont mal exploitées. Les enquêtes de terrain et les études qualitatives sont des outils d’aide à la décision qu’il ne faut surtout pas négliger, même si leur ROI est plus complexe à calculer.

Depuis quand les segments posent-ils problème ?

Dernier argument massue en faveur des big data : la mort des segments. Comme expliqué plus haut, les moyens informatiques aujourd’hui disponibles à tout un chacun permettent de cibler des consommateurs de façon individuelle. Soit et alors ? Devons-nous pour autant oublier les segments et ne plus faire que du nano-marketing ? Pour mémoire, les segments sont des sous-groupes homogènes et contrastés d’une population cible. Ils servent à adapter une stratégie ou des tactiques en fonction des segments à privilégier ou à délaisser. Une bonne maîtrise des segments est indispensable pour positionner l’offre, cela vous permet de donner du caractère à votre marque. Non, vous ne pouvez pas plaire à tous les consommateurs et adresser de façon optimale l’ensemble des segments. Une bonne marque est une marque clivante, celle que certains adorent et d’autres détestent. Vous pourriez citer LA marque universelle par excellence (Coca-cola), et je vous répondrais qu’elle est justement en train de subir les assauts de marques plus puissantes comme Red Bull qui ont choisis de se concentrer sur certains segments.

Je ne comprends pas bien en quoi l’abandon des segments est une libération… La dernière grosse marque à avoir voulu faire du marketing unitaire est Dell : un client = un ordinateur. Regardez où ils en sont aujourd’hui par rapport à Apple, LA marque qui n’écoute pas ses clients et leur impose une gamme très restreinte de produits. Pour moi l’équation est très simple : si vous essayez de parler à tout le monde, vous ne vous adressez à personne en particulier. C’est tout le problème des marques « moyennes » qui tombent dans le fossé de la commodité : les consommateurs finissent toujours par acheter la moins chère.

Votre marque a besoin de plus

Nous en arrivons donc à la conclusion de cet article : Oui, les big data sont une révolution, car les technologies qui y sont associées permettent de faire des choses que l’on ne pouvait pas faire avant. Mais il convient de ne pas se brûler les ailes, car les données peuvent vous rendre feignant : leur impartialité vous évite à prendre des décisions et à assumer vos convictions. On nous explique que les CMO sont les nouveaux CIO, que dans quelques années leur boulot va principalement consister à choisir les solutions technologiques les plus performantes. Soit, admettons qu’une part toujours plus importante du budget va être alloué à l’acquisition de solutions big data, je reste convaincu qu’elles ne doivent être qu’une partie de la solution. Je suis ainsi un fervent adepte des customer journey, ces modélisations du parcours d’achat et des différentes interactions entre un client et une marque (La conception d’expérience utilisateur est une discipline, pas une notion). Idéalement, les big data viennent nourrir une customer journey, elles ne la remplacent pas (cf. corrélation vs. causalité).

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous expliquer l’intérêt pour une marque d’investir dans du contenu à valeur ajoutée (Le retour de la revanche du contenu). Plus que jamais, en cette période de flottement où les pratiques et métiers du marketing sont en train de se reconfigurer, il me semble essentiel pour une marque de se doter d’une identité forte, de la légitimer avec une histoire cohérente et d’en démultiplier la portée avec une utilisation conjointe et synchronisée des médias traditionnels et des médias sociaux. Ceci est d’autant plus vrai avec l’avènement des native ads qui vont prendre une place toujours plus importante dans l’inventaire des éditeurs, car ils en ont la totale maîtrise et, car elles perturbent moins l’expérience des internautes.

Et comme toujours depuis que j’ai ouvert ce blog, je vous livre une conclusion digne d’un normand du Cap de l’Écamet : les Big data ne sont qu’un outil, elles peuvent grandement améliorer la performance de vos campagnes si utilisées à bon escient, mais risquent de le faire au détriment de votre marque si vous ne prenez pas les bonnes précautions pédagogiques. Peut-être qu’un Chief Data Officer pourrait se révéler très utile dans ce rôle de garde-fou.

10 ans de blog

10 ans… voilà maintenant 10 ans que je rédige ce blog. En fait, ce blog a été ouvert le 10 juin 2003, mais le premier article publié date du 24 juin 2003. Cela fait donc 10 ans tout rond que je m’astreins à une discipline rigoureuse de publication quotidienne. Initialement démarré par pure curiosité (je voulais comprendre comment ça marche), ce blog est petit à petit devenu mon activité principale et a donné un sens à ma vie professionnelle. Non en fait ce blog EST ma vie professionnelle, puisque toutes mes activités tournent autour de ce blog (les conférences, formations ou ce que je peux faire chez Ogilvy).

Il s’en est passé des choses en 10 ans, rendez-vous compte : Facebook, YouTube ou l’iPhone n’existaient pas encore et de nombreux foyers utilisaient encore un modem RTC. J’ai bien conscience de vous la jouer « à mon époque…« , mais j’estime que c’est important de le préciser, surtout si vous vous amusez à fouiller les archives pour exhumer de vieux articles (à l’époque on appelait ça des billets).

Une activité et une motivation stable

Comme je le précise à chaque anniversaire, l’activité sur mes blogs s’est stabilisée au cours de ces dernières années et j’ai des chiffres plutôt constants :

  • 3.200 articles publiés sur 8 blogs ;
  • Une moyenne mensuelle de 62.000 visiteurs uniques cumulés ;
  • Un peu plus de 35.000 abonnés cumulés aux flux RSS.

Là encore j’ai conscience que ces chiffres ne signifient plus grand-chose à une époque où l’on ne parle plus que de nombre de followers ou de taux d’engagement. Je m’amuse à préciser le nombre d’abonnés à mes flux RSS, car nous sommes à moins d’une semaine de la fermeture définitive de Google Reader. Une page se tourne comme dirait l’autre…

Mais peu importe ces chiffres et indicateurs de performance, car je ne m’aligne pas sur la logique des éditeurs, sinon vous auriez droit à des articles de liste (« Les 10 meilleurs…« ) ou à des diaporamas. Non en fait ce qui m’a motivé et ce qui me motive toujours est la dynamique d’échange : plus je partage de choses sur mes blogs et plus la communauté me le rend. Aussi peu intuitif que cela puisse paraître, cette dynamique ne m’a jamais fait défaut, même en cette période trouble où l’on ne jure plus que par les visuels (ces fameuses images rigolotes ou mignonnes qui sont plus faciles à liker). Je tire également une grande fierté de mes thèmes graphiques, disons que c’est mon petit plaisir personnel.

Bilan d’une décennie de blog

Difficile pour moi de vous résumer 10 années de blog tant cette aventure a été intense. Si je ne devais mentionner que trois choses, ça serait les suivantes :

  • Un authentique challenge intellectuel au quotidien. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais avoir des lecteurs fidèles implique de ne jamais se laisser aller à la facilité. Les idées, opinions et analyses que je partage sur mes blogs sont ainsi confrontées avec celles de la communauté, et il ne faut pas se rater. Cette discipline intellectuelle est néanmoins très stimulante et je n’envisagerais pas les choses autrement, sinon j’aurais certainement moins d’entrain à me lever tous les matins.
  • Beaucoup de voyages et d’incroyables rencontres. Mes blogs m’ont apporté suffisamment de visibilité pour pouvoir être invité à m’exprimer dans des recoins du monde où je ne serais jamais allé. Outre les déplacements en Europe ou en Amérique du Nord, j’ai ainsi eu l’occasion de voyager au Chili, en Afrique ou en Roumanie. Des voyages très enrichissants qui m’ont donné l’occasion de découvrir d’autres cultures, d’autres marchés et de rencontrer des personnes formidables, je pense (entre autres) à Michelle, Serge ou Dan, merci pour votre accueil chaleureux !
  • Beaucoup de railleries et d’insultes. On dit que le respect de l’anonymat est un des fondements de l’internet. Mouais… quand on voit ce que certains en font… Mais le plus surprenant, est que si la plupart des détracteurs se cachent derrière leur pseudo, d’autres n’hésitent pas à critiquer ou à insulter publiquement. Mais où est passé votre savoir-vivre bordel de merde ?!?

Mais rassurez-vous, le bilan de cette décennie de blog est tout de même largement positif. Je pense très honnêtement avoir progressé en orthographe, ce qui n’est pas une mince affaire, car je pars de loin. Ou alors peut-être est-ce mon correcteur orthographique qui est plus performant… Ce que j’ai par contre beaucoup de mal à évaluer l’impact de ces dix années de blog sur mon ego. Si je m’efforce de garder la tête froide, je me refuse de croire que cette exposition publique n’a pas influencé mon comportement et ma façon de sociabiliser avec les autres. Pire : malgré les innombrables fois où je me suis posé la question, je suis toujours incapable de savoir si je pourrais m’arrêter un jour, ou du moins d’appréhender ma dépendance. Peut-être existe-t-il des études à ce sujet, mais je n’en ai pas connaissance.

En terme de ligne éditorial, il y a eu pas mal de changements, ce qui est normal au vu du rythme d’innovation du marché. Je vous propose de faire le point sur mes différents blogs :

  • FredCavazza.net : Au fil des années, ce blog était devenu un authentique fourre-tout, voilà pourquoi j’ai commencé à segmenter mon audience et à ouvrir des blogs thématiques. Aujourd’hui, j’essaye de traiter de sujets moins pointus que sur mes blogs verticaux et je m’intéresse plus à l’innovation et aux usages numériques.
  • MediasSociaux.fr : Ce sujet est plus que jamais d’actualité. Par contre, les nombreux mouvements de concentration font que j’ai l’impression de parler toujours des mêmes acteurs (Facebook et Twitter). Mais quand je vois encore aujourd’hui le nombre de « professionnels » qui confondent encore réseaux sociaux et médias sociaux, je me dis que le marché a encore besoin d’être évangélisé.
  • InterfacesRiches.fr : Initialement consacré à Flash et autres technologies propriétaires, je parle maintenant beaucoup plus de HTML5 et d’interfaces mobiles. Les interfaces 3D y sont également souvent abordées, pour mon plus grand plaisir.
  • RichCommerce.fr : Là encore, ce blog s’intéressait à l’ouverture aux interfaces riches marchandes. Entre temps, la ligne éditoriale à changé et je parle maintenant du commerce en ligne de façon plus générale, avec des réflexions de fond sur le métier. Je précise que ce blog n’a pas encore bénéficié d’un « toilettage graphique », mais c’est en cours…
  • MarketingVirtuel.fr : Lancé à l’occasion d’une conférence que j’ai organisée en 2007, ce blog parle maintenant beaucoup plus de jeux sociaux que d’univers virtuels. Il faut y voir un signe du temps.
  • Entreprise20.fr : Si la ligne éditoriale de ce blog tourne encore largement autour de la collaboration et des pratiques 2.0 en entreprise, j’y parle également régulièrement de cloud computing, un sujet extrêmement vaste que l’on aborde souvent à tort par son aspect technique.
  • SimpleWeb.fr : Pas trop de changement pour ce blog qui traite encore et toujours d’utilisabilité. Certes, j’y aborde très régulièrement les problématiques liées aux terminaux mobiles, mais il est toujours question de simplicité d’usage et d’expérience utilisateur.
  • TerminauxAlternatifs.fr : Le petit dernier de la famille que je ne voulais absolument pas restreindre aux smartphones ou tablettes. Les usages tournant autour d’autres terminaux alternatifs sont donc abordés (smartTV, objets connectés…).

Je rédigeais encore en fin d’année dernière sur Forbes, mais il y a eu un changement d’équipe et ils sont plus à la recherche de rédacteurs « réguliers ». Comme je me refusais à me plier à leur logique éditoriale (des articles plus courts avec des titres plus percutants), ils m’ont supprimé mes accès. Le pragmatisme américain dans toute sa splendeur (« Fly or die« ).

Une prochaine décennie sous le signe de la qualité

Comme précisé plus haut, je tire un bilan très positif de ces dix dernières années. Je m’engage donc logiquement dans une seconde décennie de publications. Mes résolutions pour ces prochaines années sont les suivantes :

  • Plus de régularité. Je m’astreins pour le moment à un article publié par jour ouvrable, ce qui fait une moyenne de deux articles par mois et par blog. Un rythme de croisière qui me convient tout à fait, car ça m’évite d’assécher mes sujets de prédilection.
  • Plus d’articles en anglais. Le monde est vaste et il faut savoir élargir son audience, en plus ça compensera l’arrêt de mes publications en anglais sur Forbes.
  • Plus d’analyses. Le marché est aujourd’hui dominé par des gros éditeurs qui saturent la bande passante de breaking news et autres live events blogging. Certes, l’actualité est chaude, mais je me refuse à abattre de la news. C’est une activité qui est indispensable à l’écosystème, mais je laisse le soin aux autres de le faire pour me concentrer sur des défis éditoriaux plus élevés. Est-ce à dire que j’adopte le manifeste du slow blogging ? Non quand même pas, mais je ne sacrifierais jamais la qualité au profit de la quantité.

J’espère sincèrement trouver la motivation pour maintenir le cap et pour continuer à partager avec vous. Merci encore pour votre fidélité et pour votre tolérance vis-à-vis de mes écarts orthographiques.

Mes 3 sites coup de coeur (juin 2013)

Voilà plusieurs mois que je n’ai pas publié ma série de sites coup de coeur, tout simplement parce que je n’ai pas eu de coups de coeur. Heureusement ma liste se remplit à nouveau, je vous propose donc une toute nouvelle série de trois sites.

Commençons avec Mobile Gear, une boutique en ligne de produits et fournitures de bureau :

La page d'accueil de Mobile Gear
La page d’accueil de Mobile Gear

D’habitude, les boutiques de ce type sont extrêmement rébarbatives et ne sont là que pour enregistrer plus rapidement des commandes de produits de nécessité. J’ai donc été très agréablement surpris par cette boutique qui propose un choix restreint (uniquement les meilleurs produits) et surtout des pages de catégorie où les produits sont disposés de façon symétrique et photographié de haut. Le rendu visuel de ces photos est tout simplement génial. Vous noterez de plus que les grands à plat de couleur gris, les formes carrées et les boutons plats s’inscrivent tout à fait dans la mouvance du « flat design » (comme le nouvel iOS 7). Certes, les pages intérieur sont moins spectaculaires, mais je tenais à saluer l’effort réalisé avec ce travail photographique.

Continuons avec Juliana, un fabriquant de VTT pour femmes :

La page d'accueil du site de Juliana
La page d’accueil du site de Juliana

Nous sommes là dans une approche radicalement différente avec l’utilisation de superbes photos en plein écran et d’un système de navigation minimaliste. L’esprit du site est conservé jusque dans les pages intérieures et notamment les fiches produit qui sont une merveille d’épuration avec des photos tout autant généreuses. C’est sûr que ça donne carrément envie, même si je ne suis pas dans la cible !

Terminons avec SiteLeaf, une plateforme de gestion de contenu ultra-simple :

La page d'accueil de SiteLeaf
La page d’accueil de SiteLeaf

Ce qui est frappant avec ce site est qu’il est aussi simple que l’outil semble l’être. Et pour cause : ils se sont arrangés pour appliquer les mêmes codes graphiques et ergonomiques que sur la plateforme de gestion de contenu en elle-même. Nous obtenons donc énormément d’espace blanc, des grands à plat de couleur façon flat design (maintenant vous connaissez, non ?) et des textes minimalistes. L’impression de clarté et saisissante et on a immédiatement envie d’en savoir plus sur cette plateforme tant elle a l’air simple d’utilisation. Sur ce créneau ils font la compétition avec Squarespace qui vient de lancer une nouvelle version de site. Je ne sais pas à quoi va ressembler la future nouvelle version de WordPress, qui est censée être grandement simplifiée, mais je me doute qu’il va y avoir des ressemblances…

Google ambitionne-t-il de devenir notre système d’exploitation personnel ?

Voici un extrait d’un article publié en 2005 par le Time Magazine (On the Frontier of Search) : « Vous atterrissez tard dans la soirée dans une ville où vous ne connaissez personne. Vous n’avez pas eu le temps de réserver un hôtel, votre bagage ne s’est pas présenté dans le carrousel et l’air conditionné de l’avion vous a donné un petit mal de gorge. Que faire ? Avec votre téléphone mobile, vous Googlez votre valise – elle est équipée d’une petite puce qui vous permet de la localiser – pour constater qu’elle a été déposée 200 mètres plus loin, au terminal suivant. En allant la chercher, vous en profitez pour chercher une chambre d’hôtel. L’écran de votre téléphone vous montre des images de plusieurs hôtels dans votre gamme de prix, avec des vues depuis la fenêtre de votre chambre. Votre moteur de recherche vous donne la liste des pharmacies qui sont encore ouvertes à cette heure et vous annonce que votre groupe de blues favori jouera au festival de la ville durant le week-end. Le moteur, qui peut chercher sur votre ordinateur resté à domicile, vous rappelle qu’un ami de collège vous a envoyé un mail il y a un an pour vous dire que lui et sa femme avaient déménagé dans cette ville (ce que vous aviez oublié). Vous décidez de les inviter au festival. » (traduction extraite d’Internet Actu : L’avenir de la recherche).

À l’époque, cet article m’avait paru complètement surréaliste, et les différents commentaires tournaient essentiellement autour de la confidentialité et de l’utilisation abusive des données personnelles. Huit ans plus tard, la situation a bien changé, car Facebook a réussi à nous faire admettre que la confidentialité est un truc de ringard (« We live in an open world« ) et car Google a déjà livré la plupart des services décrits dans cet article (Google Now, le nouveau Google Maps, Google+…). En prenant un minimum de recul, on se rend compte que le pas franchit par Google en moins de dix ans est gigantesque, et qu’au cours des dix prochaines années ils vont nous livrer des services encore plus incroyables sur la base du Knowledge Graph ou des Glass (cf. Quels usages pour les lunettes Google Glass).

Google Now sur votre smartphone
Google Now sur votre smartphone

Si le Siri d’Apple avait fait beaucoup (trop ?) de bruit à sa sortie, je pense que nous ne mesurons pas bien le potentiel derrière Google Now. Le plus impressionnant avec cet assistant est sa capacité à anticiper vos besoins. Par exemple, il regarde dans votre agenda l’heure et le lieu de votre prochain RDV, calcul le temps de trajet en fonction des données en temps réel de la circulation ou de l’état des transports en commun, vous signale quand il est temps de partir et vous propose de notifier vos interlocuteurs par SMS de votre retard éventuel. Tout ceci est rendu possible grâce à la stratégie de diversification de Google dont les services concernent maintenant quasiment l’ensemble de nos activités quotidiennes :

Tous ces services étant bien évidemment liés par le biais d’Android et/ou Chrome. Le dernier domaine sur lequel Google n’a que peut d’emprise est la télévision, mais les choses pourraient changer avec les micro-consoles. Donc oui, effectivement, Google sait énormément de choses sur vous et votre quotidien : toutes vos données personnelles sont stockées, analysées, recoupées… dans le but de vous proposer des services à valeur ajoutée comme Google Now ou les très impressionnants Gmail Action Buttons : Take action right from the inbox.

Initiez des actions directement depuis vos emails
Initiez des actions directement depuis vos emails

Loin de moi l’idée de relancer le débat sur la confidentialité et les dérives potentielles de l’exploitation des données personnelles. Je pense ne pas me tromper en disant que notre économie et la société dans laquelle nous vivons reposent sur des systèmes d’information qui exploitent les données personnelles à très grande échelle, et ce depuis des décennies. Mais si vous ne voulez pas être fiché, débarrassez-vous de votre téléphone, de votre carte de crédit, de votre carte de transport, votre passeport… et adoptez le mode de vie d’après-guerre (la seconde guerre mondiale, pas la guerre du Golf).

Bref, le débat ne porte pas sur la confidentialité, mais plutôt sur notre dépendance à  l’internet et à Google en particulier puisqu’il occupe une place centrale sur la toile. Signalons que les premiers écrits sur ce sujet remontent à 2008 (Is Google Making Us Stupid?) et que l’on nous ressort la question régulièrement (Does the Internet Make You Dumber?Does the Internet Make You Smarter?) et à toutes les sauces (Les objets intelligents nous rendent-ils bêtes ?). Je ne me risquerais pas à vous livrer une analyse sur ce thème, simplement je pense que nous sommes autant dépendant de notre smartphone, que d’une calculatrice : nous pourrions nous débrouiller sans, mais c’est quand même nettement plus pratique avec. Ceci étant dit, je constate qu’il y a vingt ans je connaissais le N° de téléphone de mes amis par coeur, alors que je n’en connais plus aucun maintenant. Suis-je devenu plus stupide entre-temps ? Non pas pas réellement, car l’intelligence ne se mesure pas à la capacité de mémorisation ou à la rapidité de calcul (les ordinateurs seront toujours bien plus performants que nous dans ce domaine).

Donc non, notre dépendance à Google (ou par extension à l’internet) n’est pas forcément à craindre. D’une part, car nous sommes également dépendants au quotidien d’une infinité de choses que nous sommes incapables de produire nous-mêmes (pétrole, plastique, Nutella…). D’autre part, car l’intelligence de l’homme, celle qui en a fait l’espèce dominante de la planète, est plus liée à sa sensibilité (ses émotions), ses intuitions (déductions empiriques), sa capacité de discernement (sa conscience), sa créativité… Oui j’ai entendu parler de ce projet de drone qui peut prendre la décision de tirer tout seul sur ses cibles, mais ça relève plus de la science-fiction que de la réalité opérationnelle (je vous rappelle qu’un de nos soldats s’est fait récemment sanctionner pour avoir porté un foulard « non réglementaire »).

Nous en revenons donc à Google et à la place centrale qu’il occupe maintenant dans notre quotidien. J’ai eu l’occasion de lire ces derniers jours un certain nombre d’articles plus ou moins alarmistes (Welcome to Google IslandIt’s Google’s world, and we’re just living in itGoogle Glass in 10 years: The view from dystopia…), mais je reste confiant sur la capacité d’une société quôtée en bourse de se fixer ses propres limites. Certes, je ne vois pas de limite à l’ambition de Google, mais en tant qu’utilisateur j’aurais toujours la possibilité de me déconnecter, même si c’est une expérience… compliquée (I’m still here: back online after a year without the internet).

Oui j’ai volontairement confié une masse considérable de données personnelles à Google, dont les équipes les exploitent à des fins statistiques et comportementales. En contrepartie, ils me fournissent des services gratuits qui facilitent grandement mon quotidien. Cet arrangement tacite fonctionne plutôt bien et je n’ai pas l’intention de le dénoncer, car les bénéfices sont supérieurs aux désagréments. De plus, j’estime que les services et innovations que me propose Google (et par extension d’autres acteurs de l’internet) s’inscrivent dans une dynamique d’évolution sociétale : la société évolue et j’évolue avec elle grâce (en partie) aux nouvelles technologies. Ma vie serait-elle meilleure sans Google, Twitter, Amazon, mon smartphone, ma tablette… ? Difficile de répondre objectivement à cette question. Par contre, je serais très nettement en décalage avec mon entourage. J’imagine que Google n’occupe qu’une place très mineure dans le quotidien de moines tibétains, mais dans mon quotidien, c’est un incontournable.

Google_Copernic
Il y a un message caché dans cette illustration…

Pour conclure, je vais répondre à la question posée dans le titre : oui, je pense que Google ambitionne de devenir notre système d’exploitation personnel, au même titre que Microsoft a dû l’ambitionner à sa grande époque ou qu’Alibaba ou Rakuten ambitionnent de le devenir sur leur marché. Tout est une question d’ambition, de moyens et de temps. Ils finiront par y arriver, j’en ai la certitude. Après ça, la grande question est de savoir qui fixe le rythme d’innovation / d’adoption : les entreprises privées ? Les institutions ? Les gouvernements ? Début de réponse chez Erwann Gaucher : Ces fétichistes du papier qui sont au pouvoir.

Social Media Landscape 2013

/ Si vous cherchez la version française de cet article, elle est là : Panorama des médias sociaux 2013 /

Every year for the last 5 years, I publish a social media landscape (see past editions from 2008, 2009, 2011 and 2012). I assume I won’t teach you anything by saying social media are now part of every day life of individuals, brands, organizations and media (journalists, celebrities, politicians…). Once considered with disdain, social platform like Wikipedia or Twitter have completely changed or way to consume and interact with information. Services like YouTube or Facebook also transformed the way we entertain ourselves. If you regularly read about social media, you should know how serious social media have changed the web. To make a long story short: the web is social media, and social media is the web.

This being said, this shortcut does not translate the countless evolution of these platforms and the usage they generate. If the big players are still the same, social media are an expression and interaction playground in constant evolution. If 2012 was the concentration year marked by the buy-out of Posterous and Instagram, 2013 will be the year of diversification with the emergence of new comers, especially on mobile devices. But first things first, we shall begin with an analysis of trends.

What are 2013 trends?

As I have just stated it, social media is an ever-changing complex ecosystem: new services are created, other disappear, most evolve. The following diagram, from last year’s landscape, illustrate this evolution:

Social media landscape from 2008 to 2012
Social media landscape from 2008 to 2012

Last year’s losers where the followings:

The 2013 edition of my landscape is therefore reduced from categories like « Playing« , « Buying » and « Localization« . Some players have been removed, but others have been kept as they try to reinvent themselves, like MySpace or Digg.

Last year’s winners are the followings:

Even if Asian internet users are outnumbering occidental one’s, mobile devices supremacy is the key success factors. I am deeply convinced that social media and mobility are two faces of the same coin: one’s success is benefic to the other. As it is a non-sense to envision social media appart from the web, mobility is one of its key component (There is no Mobile Internet).

Otherwise, you will notice that there is still three major absents (Amazon, Microsoft and Apple), which only observe from long distance and try some shy initiatives (So.cl from Microsoft, Ping from Apple). Therefore, we still have the same top three:

Enough with trends, lets now discover the new landscape.

Social Media Landscape 2013

The latest version of the landscape has been simplified with four categories (Sharing, Discussing, Networking, Publishing) and enriched with foreign players (mainly from Asia).

Social-Media-Landscape-2013

Facebook, Twitter and Google are at the center of the social media ecosystem, but many contenders can be found in each category:

As you can notice it, there has been a lot of change in the Discussing area, especially with mobile-first new comers.

What Brands Need To Know

The aim of this diagram is not to simply list social platforms, but to provide you with the keys to understanding. Several main facts are important to notice for brands:

  • Social media’s force comes from its diversity. Facebook act as a catalyst for this complex ecosystem, but it should have never been this successful without other platforms’ content and conversations. Therefore, social media have to be addressed globally, and not only Facebook which tends to mute « small » brands (smaller than Red Bull or Nike, i.e. 99% of brands).
  • Teen’s attention is very hard to capture and to retain. If opening a Facebook profile is the first thing they do when entering high school, teens are quickly moving to mobile apps which does not leave trails of their interactions and where they can hang out together (without their parents or teachers).
  • Facebook shareholders’ appetite for profits is limitless and they are slowly forcing Mark Z. to raise revenue without thinking of the consequences (Facebook Seeks 7-Figure Price Tag for Summer Debut of Video Ads). Being depend to Facebook for your social presence is a real problem, as the bill will undoubtedly increase. The sooner you will achieve a diversified presence on social media, the better.
  • If the social media landscape appears to be stable, do not forget yesterday’s giant has fallen in a couple of years (MySpace, Friendster…). Therefore, everything is still possible, one just have to be creative.

I won’t risk myself to provide you with a to-do list, as the subject is so complex. The best advice I can give you is to spend a minimum amount of your time following the social media field and trying new services, to better understand usage evolutions and to be able to identify trends and opportunities. I wish we’ll meet again next year for the 2014 update.

Retour d’expérience sur Windows 8 et les tablettes hybrides de Microsoft

Dire que Microsoft est en perte de vitesse sur le créneau de l’informatique grand public est un euphémisme. L’incroyable regain de popularité d’Apple, et le lent mais méthodique processus d’affinage de systèmes d’exploitation alternatifs comme Chrome OS ou Ubuntu ont planté les derniers clous du cercueil dans lequel s’installait progressivement Windows. Certes, le système d’exploitation de Microsoft équipe encore une très large majorité des ordinateurs de la planète, mais son horizon était bouchée. Le Personal Computer est-il donc un concept dépassé qui ne survivra pas au XXIème siècle ? Oui et non, car si l’inexorable montée en puissance des tablettes pèse lourdement sur les ventes, Microsoft est en train de manoeuvrer avec Windows 8 et Surface une refonte en profondeur du concept d’informatique domestique.

Annoncé en grande pompe en milieu d’année dernière (Microsoft prépare l’après-PC avec sa tablette Surface), je brûlais d’impatience de pouvoir tester ces fameuses machines hybrides. J’ai ainsi eu l’occasion de manipuler quotidiennement une tablette propulsée par Windows 8 RT gentiment prêtée par les équipes web de Darty (une Vivo Tab de chez Asus). Pourquoi Darty ? Parcequ’ils croient en cette huitième version de Windows et ont décidé d’investir des moyens, mais nous auront l’occasion d’y revenir par la suite. J’ai également eu le loisir de manipuler une tablette Surface, histoire d’avoir un point de vue complet et pouvoir vous livrer un retour d’expérience avisé. Il y a déjà eu quantité d’articles et de points de vue sur Windows 8 (ex : Microsoft Surface Pro review), je n’ai pas la prétention de faire mieux, simplement de vous livrer mes impressions sur cette machine et de remettre ça en contexte.

La vivotab de chez Asus
La Vivotab de chez Asus

Windows 8 = la révolution du PC

Avant toute chose, je vous propose d’évacuer tout de suite la question qui fâche : Est-ce qu’une tablette Surface est mieux qu’un iPad ? Non, car se sont deux approches très différentes de l’outil informatique. l’iPad est une très belle machine, mais il ne remplace en rien un PC. Je déplore que l’amalgame soit fait entre les deux, car il est source de nombreuses confusions.

Tant que j’y suis, j’en profite pour vous livrer les conclusions dès maintenant et pouvoir argumenter plus sereinement :

  • Est-ce que j’abandonnerais mon Mac pour revenir à un PC ? Non aucune chance, j’ai trop souffert avec Windows.
  • Est-ce que je vais indéfiniment utiliser un Mac ? Non je ne pense pas, car malgré d’indéniables qualités (stabilité, cohérence, ergonomie…), Mac OS est un système d’exploitation conçu au siècle dernier qui est ancré dans une logique maintenant dépassée (installer des logiciels sur un disque dur pour exploiter des données stockées localement).
  • Est-ce que je remplacerais mon Mac par un iPad ? Non pas du tout, les tablettes sont des terminaux grand public conçu pour le loisir, ce ne sont pas des outils professionnels et ça n’en sera jamais (idem pour une tablette tournant sous Android).
  • Est-ce que je remplacerais mon Mac par un Chromebook ? Non pas encore, car le système d’exploitation de Google est encore trop limitatif.
  • Est-ce que la Surface (ou équivalent) est le meilleur compromis entre toutes ces solutions ? Oui certainement, mais je ne suis pas à la recherche d’un compromis.

Comme vous l’aurez compris, avec Windows 8, Microsoft essaye de changer de paradigme et de ré-inventer le concept d’ordinateur personnel. Difficile de mesurer à quel point le changement est grand tant qu’on ne l’a pas manipulé un certain temps. Après de nombreuses semaines de réflexions sur comment vous décrire au mieux ce que j’ai ressenti, disons que l’approche hybride tablette / PC proposée par Microsoft laisse une impression de manque : on se retrouve d’un côté avec l’ancien bureau que l’on connait déjà, et de l’autre avec l’interface Metro qui nous pousse à nous demander « Et après ? Qu’est-ce que je peux faire d’autre ?« , non pas que l’interface n’est pas achevée, mais qu’au contraire elle est tellement aboutie que l’on a plus envie de la quitter et que l’on aimerait bien ne plus avoir à retourner sur le bureau. Sauf que c’est pour le moment impossible.

L'interface Metro de Windows 8
L’interface Metro de Windows 8

L’autre facteur qui provoque cette sensation de manque est que le format choisit par Microsoft (un écran 16/9e de 12 pouces avec un clavier détachable) ne permet pas de pleinement apprécier sa musique, ou ses films, ou ses jeux. Ça tombe bien, car c’est selon moi l’objectif poursuivit par Microsoft : donner envie d’apprécier sa musique sur un système acoustique digne de ce nom, de regarder ses films sur un vrai grand écran et de jouer à des jeux dans de bonnes conditions, le tout sans souffrance. Dans ce contexte, les tablettes hybrides comme la Surface et ses consoeurs ne sont qu’un pièce du puzzle que Microsoft est en train de mettre en place : déplacer le centre de gravité du PC vers le media center et faire graviter autour des terminaux de consultation (Windows Phone, Surface, XBox…). Les contenus (musique, photos, films, jeux…) seraient donc placés au coeur d’un écosystème de terminaux qui seraient tous liés entre eux par Windows 8. En ce sens, l’approche de Microsoft est moins extrême que Google qui ne jure que par le cloud (Avec NaCl, Google complète sa vision de l’informatique du futur).

Mais revenons à nos moutons et à la machine en elle-même…

Travail et détente dans une même coque

Avec Windows 8, Microsoft essaye de populariser le concept d’hybridation entre un PC et une tablette (It’s a Tablet. No, It’s a PC. Surface Pro Is Both). Au sein d’une même machine, se côtoient donc deux environnements distincts : L’interface Metro avec ces tuiles actives et ses manipulations tactiles (un  modèle de réussite et de cohérence), et le bureau traditionnel avec la souris, le menu « Démarrer » et tout ce que l’on connait de Windows. Sur le papier, vous avez donc accès au meilleur des deux modes : d’un côté l’interface Windows que tout le monde connait (et ses 25 ans de logithèque) ; de l’autre, l’interface Metro qui tranche complètement et propose un usage bien plus moderne et appréciable.

Il y a donc virtuellement deux machines en une, ce qui est le point fort mais également la faiblesse du concept : une seule machine, mais le poids et le prix de deux. Si je n’ai pas grand chose à redire de la qualité de fabrication de la machine et de son splendide écran, force est de constater qu’elle est sacrément plus volumineuse et lourde qu’une tablette ou qu’un ultrabook.

Comme précisé plus haut, je n’ai pas accroché à ce format car je ne suis pas à la recherche de compromis. Par contre, je reconnais volontiers que le basculement d’un environnement à l’autre se fait sans problème : vous travaillez sur un fichier bureautique avec votre clavier et votre souris à votre bureau, puis vous détachez l’écran pour aller consulter les news dans votre canapé, et là, c’est la détente. Par contre, si vous êtes dans une optique de pure productivité, passez votre chemin : des usages professionnels requièrent des outils professionnels (même un Macbook Air ne ferait pas l’affaire).

L’accueil du marché par rapport à ce concept hybride a été plutôt mitigé. Le problème étant que les versions Pro et RT sont encore trop proches. Le jour où Microsoft décidera de distinguer les deux de façon plus nette, nous nous retrouverons avec une machine d’entrée de gamme qui sera beaucoup plus convaincante (A Surface Mini Could Wake Up Windows Phone 8). D’ailleurs la décision a peut-être déjà été prise : There’s More Evidence That Microsoft Is Working On A Smaller Tablet To Compete With The iPad Mini).

L’interface Metro est un modèle de cohérence

Je ne me suis pas trop attardé dans l’interface Windows, car je le connaissait déjà. J’ai par contre passé plus de temps avec l’interface Metro qui m’a grandement impressionné. Force est de constater que les équipes de Microsoft ont conçu un environnement simple, intuitif et parfaitement cohérent (Designing In and Around the Windows 8 Ecosystem). Le système de tuiles actives permet d’avoir une vue d’ensemble très appréciable sur la météo, ses notifications… Les applications prises isoléments sont très agréables à utiliser, à l’image de l’application Darty qui vous donne accès au catalogue, à votre espace client et à la communauté 36solutions, le tout dans un cadre graphique et ergonomique tout à fait conforme aux normes définies par Microsoft (cf. Infinite Square, retour sur l’application Windows 8 Darty).

L'application Darty dans Windows 8
L’application Darty dans Windows 8

Concernant le Windows Store, le choix est pour le moment plutôt limité, mais les applications les plus populaires sont là. Vous pouvez néanmoins compter sur Microsoft pour stimuler la communauté et faire grossir le nombre d’applications disponibles. Pour le moment, le nombre de machines hybrides en circulation comme la Surface ou la Vivo Tab reste confidentiel, mais n’oubliez pas que Windows 8 est une plateforme et qu’un nombre beaucoup plus important de terminaux l’exploitent (smartphones, Xbox…).

Page d'accueil du Windows Store
Page d’accueil du Windows Store

Le seul reproche que je puisse faire à l’interface Metro est de donner envie de plus… alors qu’elle ne propose pas beaucoup plus. Ce très bel environnement graphique est en rupture complète avec ce que l’on connait, et ça fait du bien. Du coup, chaque fois que l’on se retrouve dans l’interface Windows, c’est la douche froide, un peu comme quand vous quittez l’univers féérique de Disneyland et que vous vous retrouvez sur le parking. Cependant cette impression ne devrait pas durer, car avec le recul et l’expérience d’utilisation d’autres tablettes (iPad et Nexus), j’imagine sans peine que les utilisateurs vont s’organiser pour espacer les « retours » à l’interface Windows, à mesure que de nouvelles applications seront disponibles et qu’ils vont prendre leurs habitudes avec les tuiles actives.

En un mot comme en cent : les machines hybrides tournant sous Windows 8 sont une très belle réussite, mais elles souffrent encore de défauts de jeunesse pour convaincre le grand public, au même titre que les Chromebooks ou que l’iPhone à sa sortie (aviez oublié qu’il n’y avait pas d’App Store à l’époque ?). Comme j’ai pû le lire à droite et à gauche, la sortie d’accessoires ou d’autres machines alternatives moins chères devrait permettre de viabiliser le concept (There’s really only one reason to consider Windows RT over Windows 8).

La prochaine version sera la bonne

Il reste de nombreuses questions en suspend sur Windows 8 et sur ces machines hybrides : pourquoi une version RT et une version Pro ? Pourquoi des machines si lourdes et si chères ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’accessoires ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi… c’est parce que l’on est séduit mais pas pleinement convaincu que tant de questions viennent à l’esprit : plus de la curiosité et de l’appétence que de l’incompréhension et de l’agacement. Quand Microsoft et ses partenaires se seront mis d’accord, ils proposeront un standard de machine moins chères et plus légères (peut-être grâce à un processeur Atom), ainsi que des accessoires permettant d’étendre leurs capacités. Car c’est vraiment là que réside la valeur de Windows 8 : non pas dans sa Surface, mais dans l’écosystème qu’il propose autour.

La tablette hybride Surface de Microsoft
La tablette hybride Surface de Microsoft

Avec Windows 8, Microsoft a amorcé avec brio le basculement de l’informatique du XXème siècle à celle du XXIème siècle : une informatique polymorphe et déportée, une informatique qui tourne autour des services et des contenus, pas autour de la vente de logiciels à installer. D’une certaine façon, si Microsoft n’a toujours pas tourné la page de Windows comme Apple a pu le faire avec Mac OS X, l’ambition de la firme de Redmond va plus loin que celle de Cupertino (Mac OS et iOS sont des environnements parfaitement distincts et iTunes est le boulet qui les empêchent d’avancer, malgré iCloud).

Il parait que lors de l’édition 2013 de sa grande conférence Build en juin prochain, Microsoft va lever le voile sur Windows Blue, une sorte de version 8.5 : As Windows Phone 8 fulfilled the Windows Phone promise, so will Blue complete Windows 8. J’ai le sentiment que ce Windows Blue va combler une bonne partie des erreurs de jeunesse de Windows 8, mais ne fera pas non plus de miracles. Il faudra du temps à Microsoft pour réussir son pari et propulser l’écosystème Windows dans le XXIème siècle. Mais je suis confiant, car ils n’ont pas d’autre choix. La grande question n’est maintenant pas de savoir ce que va faire Apple, mais plutôt de ce que va faire Google, car entre Android et Chrome OS, c’est de loin le concurrent le plus sérieux de Microsoft.

RSS n’est pas un produit grand public, c’est un outil pour les professionnels

L’annonce de la fermeture prochaine de Google Reader a provoqué une véritable onde de choc : Powering Down Google Reader. Lancé en 2005, le lecteur de flux RSS de Google occupe une place largement dominante et a su évincer ses concurrents (Bloglines étant le plus notoire). Mais après de nombreuses années de bons et loyaux services, Google décidé d’arrêter Reader le 1er juillet prochain pour concentrer les efforts sur d’autres services (A second spring of cleaning). Visiblement Reader a toujours évolué plus ou moins sous le radar et n’a jamais été dans la liste des priorités de Google malgré ses dizaines de millions d’utilisateurs journaliers (Google Reader lived on borrowed time).

La fin d'une époque...
La fin d’une époque…

Étant moi-même un utilisateur de la première heure, je suis attristé par cette nouvelle. Mais plus que la tristesse, c’est l’énervement qui me gagne ce matin, notamment contre les nombreux articles que j’ai pu lire sur le constat d’échec des flux RSS (et par analogie des autres technologies de syndication) et la grande victoire de la curation. Je serais bien incapable de vous expliquer pourquoi tant de personnes se sont donné autant de mal ces dernières années à vouloir condamner les flux RSS, aussi je vais m’efforcer de rétablir l’équilibre dans ce débat.

Non, les flux RSS ne sont pas morts, bien au contraire

RSS est donc un format de fichier permettant à deux systèmes d’information de s’échanger des flux d’information structurée. En ce sens, RSS est une technologie, pas un service. Google Reader, Netvibes, Flipboard sont des services… qui reposent sur les flux RSS. En fait de très nombreux services exploitent les flux de données structurées et RSS en particulier. La raison est que c’est une technologie mature, robuste et parfaitement maitrisée. Condamner RSS, c’est un peu comme de condamner le diesel. Encore une fois, je ne vois pas trop l’intérêt de décréter la mort d’une technologie adoptée par l’ensemble de l’industrie (cf. Why RSS still matters).

L’argument principal des détracteurs est de dire que c’est une technologie complexe et que le grand public n’y comprend rien. Effectivement, il n’est pas simple de lire un fichier RSS, mais heureusement, aucun être humain n’est censé les lire, les services comme Google Reader sont justement là pour le faire à notre place. Il y a certes le petit picto qui peut paraître obscur aux non-initiés, mais la plupart du temps il suffit de saisir l’URL d’un site pour qu’un service découvre par lui-même l’URL du flux et vous abonne automatiquement.

Bref, il n’est pas plus compliqué de s’abonner via un flux RSS que de suivre un membre sur Facebook ou Twitter. En mentionnant Twitter, je fais une transition vers le second argument des détracteurs.

La curation est l’avenir de l’information pour les touristes, c’est une aberration pour les professionnels

Le coeur du débat ne se situe pas dans la remise en question de la technologie RSS en elle-même, mais plutôt dans les usages de consommation de l’information. Au fil des années, le volume d’information et de message a considérablement augmenté avec l’avènement des médias sociaux. En conséquence de quoi, l’internaute moyen se retrouve littéralement noyé sous les articles, messages, photos, vidéos… Il est donc tout naturel qu’il ai cherché des solutions pour se simplifier la vie et éviter de subir l’infobésité. Cette solution a un nom : la curation. Elle consiste à ne sélectionner que les informations les plus pertinentes. Et c’est là où une distinction très nette doit se faire entre les internautes lambda et les professionnels de l’information. Google Reader, et les lecteurs de flux en général, sont des outils de veille qui permettent de consommer et gérer de nombreux flux d’information. Il n’est pas ici question de collecter de l’information de surface quand on a 5 minutes à perdre, mais d’effectuer un suivi systématique. Je passe ainsi plus de 2 heures par jour à lire l’intégralité des articles des flux auxquels je me suis abonné, mais c’est un choix. La veille fait partie intégrante de mon travail, plus cette fonction de veille est intense et plus je suis en mesure de générer de la valeur pour mes clients (et mes lecteurs).

Le « débat » autour de l’échec des flux RSS est donc né d’un amalgame entre une activité de veille dans un contexte professionnel et une activité d’écoute passive des tendances dans un contexte récréatif. Twitter ou Feedly ne remplaceront jamais Google Reader, car ils ne remplissent pas le même service et ne correspondent pas au même contexte d’usage. En tant que professionnel de l’information, je veux lire l’intégralité des 850 flux auxquels je suis abonné, pas simplement une sélection des plus populaires. Mais c’est mon choix, car j’ai décidé d’y investir du temps et de l’énergie dans un contexte professionnel. Libre à vous de déléguer le filtrage des informations que vous souhaitez lire à un algorithme ou à une autre personne, mais ne venez pas nous dire que les flux RSS sont un échec et que l’avenir est au service de social news. J’aime bien Flipboard ou Google Currents, mais ce ne sont pas des outils de veille.

Bref, tout ça pour dire que ceux qui proclament la mort du RSS sont grosso-modo les mêmes qui proclament la mort des blogs, des chasseurs de clics. N’y accordons pas plus d’intérêt.

Le bon outil pour le bon usage

Il me reste à traiter la question de la solution de remplacement. Il existe déjà de nombreux articles à ce sujet, aussi je vais être bref :

  • Si vous envisagez la veille comme une activité journalière et systématique, alors optez pour une solution professionnelle comme TheOldReader, NewsBlur ou Feedbin ;
  • Si vous cherchez une solution simple et élégante pour suivre l’actualité de nombreuses sources sans trop vous prendre la tête, optez plutôt pour des services grand public comme Feedly ou des services plus visuels comme Pulse ou Zite ;
  • Si vous n’arrivez pas à vous décider, attendez de voir ce que vont nous proposer prochainement Digg ou Bloglines (en quête de rédemption).

En ce qui me concerne, ma préférence va pour le moment à The Old Reader, mais je me laisse encore le temps de tester ces différents services. Idéalement je cherche une solution de veille qui pourrait remplacer Google Reader, Delicious et Evernote. Si vous connaissez un produit tout-en-un, même payant, ça m’intéresse.

Mes 3 sites coup de coeur (mars 2013)

Comme chaque mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont particulièrement marqué. Je comptais vous faire une sélection de sites ultra-minimalistes, comme ceux de Google Glass ou Calm, mais je n’aurais pas eu grand-chose à raconter. Je vous propose donc une sélection plus traditionnelle, mais néanmoins toujours aussi plaisante à regarder.

Commençons avec Skinny Ties, une boutique de cravates :

La page d'accueil de Skinny Ties
La page d’accueil de Skinny Ties

La première chose que l’on a envie de « toucher » sur cette page sont les cravates qui pendent sous le header, ça tombe bien, elles s’animent au survol de la souris. Non seulement ces invit visuelles sont ludiques, elles permettent de réchauffer la page (plutôt austère) et d’expliquer visuellement à quoi correspondent les catégories. Vous apprécierez également l’originalité de la typo et les intitulés très brefs. Bon par contre, je ne cautionne pas le positionnement du moteur de recherche, j’aurais inversé l’ordre et placé le panier à droite, mais ça doit être mon côté psychorigide…

Continuons avec The Little Book Club, un service de vente de livres pour enfants :

La page d'accueil de The Little Book Club
La page d’accueil de The Little Book Club

Comme toujours, j’apprécie énormément ces larges zones de respiration qui donnent une impression de plénitude à la page. L’arrondi du bouton et de la typo, de même que le petit smiley sur la barre de séparation complète le côté kawaii. Il y a très peu d’éléments sur cette page, mais un soin particulier a été apporté aux détails comme la bordure du logo ou l’encadrement des photos. Je regrette par contre le manque de contraste des items de navigation en haut de page.

Terminons avec The Great Discontent, un webzine d’interviews de personnalités créatives :

La page d'accueil de The Great Discontent
La page d’accueil de The Great Discontent

J’ai toujours eu une obsession pour le contenu, il est donc tout à fait logique que je vous présente ce webzine qui a faît disparaitre son interface au profit des interviews. Vous noterez ainsi qu’à part le discret logo et les deux intitulés de navigation en haut à droite, la page n’est composée que du texte et des photos. Tout est mis en oeuvre pour vous donner envie de lire à l’écran : de larges photos, une grille de lecture bien marquée pour isoler les blocs éditoriaux et une typo agréable à l’oeil. Rien à redire, je suis admiratif devant les choix radicaux faits par les éditeurs.

La suite le mois prochain.

Avec NaCl, Google complète sa vision de l’informatique du futur

J’ai déjà eu plusieurs occasions de vous parler de l’évolution de l’outil informatique (La fin de l’ordinateur individuel est programmée et Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?). Il y a de fortes chances pour que vous ne soyez pas particulièrement sensible à ces réflexions vu que l’ordinateur que vous avez en face de vous est grosso modo le même que celui que vous utilisez depuis plusieurs décennies : un écran, une souris, un clavier, un disque dur… c’est simplement sa puissance qui augmente régulièrement, de même que la taille de l’écran. Certes, avec la généralisation de l’internet au bureau et dans les foyers, les ordinateurs ont connu un second souffle, mais ils sont très clairement en fin de vie. L’avènement des tablettes est d’ailleurs un très bon indicateur du changement que nous sommes en train de vivre (13% des foyers sont équipés à fin 2012, un chiffre qui devrait quadrupler d’ici 2016).

Office = le boulet qui nous verrouille sur des outils informatiques du XXème siècle

Vous pourriez me dire que malgré les qualités indéniables des tablettes en tant que terminaux de consommation de contenus digitaux, elles ne remplacent pas un ordinateur, et vous auriez bien raison. Inutile donc de fantasmer sur le tout dernier iPad, car ce n’est résolument pas le digne remplaçant des ordinateurs traditionnels, surtout à près de 1.000 € ! Par contre, les Chromebooks de Google semblent être des candidats bien plus sérieux, d’autant plus qu’avec des prix ultra-compétitifs ils ont su séduire de nombreux nouveaux clients (Google announces that 2,000 schools now use Chromebooks, up 100% in three months). Là encore, vous pourriez me dire que ces machines ne concernent qu’une petite tranche de la population (les étudiants), et vous auriez également raison. J’ai effectivement lu d’innombrables avis sur ces fameux Chromebooks, qui sont présentés comme des alternatives terriblement efficaces aux ordinateurs traditionnels… mais qui ne peuvent pas les remplacer, car ils sont incapables de faire tourner le Pack Office.

Samsung-Chromebook

Somme-nous donc dans une impasse avec une population qui se segmentent en deux : d’un côté les jeunes qui vivent dans le cloud, et de l’autre les vieux dont le quotidien informatique est irrémédiablement ancré dans le siècle passé à cause de la suite bureautique de Microsoft ? Oui, et je n’ai pas peur de le dire : Microsoft s’est arrangé pour verrouiller le marché et empêcher les utilisateurs d’évoluer vers une nouvelle génération d’outils informatiques. Peut-on leur en vouloir ? Pas réellement, car ce type de verrouillage est le fond de commerce des acteurs de l’informatique (IBM, Adobe, Apple…). Donc is l’on récapitule : nous sommes bloqués avec des machines conçues au siècle dernier à cause de foutus fichiers bureautiques. Pour s’extraire de ce dictat, il faut beaucoup de volonté et de rigueur. Or, les Chromebooks ne donnent pas vraiment envie de faire ces efforts. Mais la situation vient de changer…

Pixel + QuickOffice = votre ticket de sortie vers l’outil informatique du XXIème siècle

En deux ans, le système d’exploitation de Google a beaucoup progressé (Avec Chrome OS, Google parie sur le CloudBook), mais il lui reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Considérés par beaucoup comme l’offre low cost de Google, les Chromebooks sont en passe d’acquérir leur première lettre de noblesse avec le tout nouveau Pixel, véritable vitrine technologique de la gamme : The Chromebook Pixel, for what’s next.

Si la machine est incontestablement une réussite en terme de design et de qualité de fabrication, elle pose néanmoins de grosses questions quant à son prix : pourquoi payer aussi cher pour un ordinateur qui ne peut pas faire tourner Excel ou Powerpoint ? Là encore, les avis sont homogènes : The Chromebook Pixel: A Beautiful Premium Laptop For Those Who Live In The Cloud (But Not For Anyone Else) et The Chromebook Pixel Is The Most Brilliant Laptop You’ll Never Buy. Traduction pour celles et ceux qui n’ont pas le temps de lire ces avis : ce tout nouveau Chromebook Pixel est une splendide réussite technologique, mais sommes-nous réellement prêts pour une machine qui repose exclusivement sur l’informatique dans les nuages ? (cf. Définition et usages du cloud computing).

Pixel

Nous en revenons donc encore et toujours à l’épineux problème des usages professionnels qui sont dominés par les fichiers bureautiques. Si les Chromebooks n’ont pas réussi à convaincre le monde de l’entreprise, c’est parce qu’il est impossible d’éditer un fichier bureautique dessus. Correction : « il ÉTAIT impossible« , car conscientes de ce problème, les équipes de Google avaient un plan. C’est donc là qu’intervient une annonce passée quasi inaperçue cette semaine : Google Ports Quickoffice To Chrome Using Native Client, Will Get Full Editing Features In About 3 Months. Il y a quelque mois, Google rachetait QuickOffice, une application d’édition de documents Office pour terminaux mobiles, application qui va être adaptée sous Native Client. Google est donc en train de finaliser une nouvelle version de QuickOffice qui va vous permettre de consulter et éditer des documents Office dans votre navigateur (traduction : le pack Office sur votre Chromebook).

QuickOffice
Éditez vos fichiers Office sur vos smartphones et tablettes

Le plus intéressant dans cette histoire, c’est que le portage de QuickOffice sous Chrome va se faire avec Native Client. Pour mémoire, il s’agit de la technologie de Google permettant de faire tourner des applications en code natif dans le navigateur, donc des performances en théories bien supérieures à ce que peuvent proposer les Office Web Apps, même sur des machines à moins de 300 € propulsées par des processeurs de famille ARM (cf. L’adoption de NativeClient passera par les jeux… et la bureautique).

Native Client = le pont entre deux paradigmes de l’outil informatique

Pour résumer ce qui a été expliqué plus haut, nous avons deux approches très différentes de l’outil informatique :

  • le paradigme du XXème siècle, avec des ordinateurs puissants mais coûteux sur lesquels sont stockées les applications et données ;
  • le paradigme du XXIème siècle, avec des ordinateurs aux ressources limitées et à bas prix, mais qui exploitent des capacités infinies de stockage et de calcul dans les nuages.

La promesse de Google est donc de vous faire profiter de ces deux paradigmes : des ordinateurs « légers » qui exploitent les infrastructures distribuées (donc toute la puissance de l’informatique dans les nuages) et qui vous permettent de travailler sur des formats de fichier du siècle dernier, le tout avec une interface tactile et une machine aussi belle qu’un MacBook. C’est donc un coup de maître de la part de Google qui, avec Native Client, parvient à réunir tous les ingrédients nécessaires à la complétion de sa vision de l’informatique du futur :

  • Des terminaux maîtrisés au niveau hardware et software (les gammes Nexus et Chromebook) ;
  • Une architecture technique distribuée pour déployer ses offres BtoC et BtoB (Google Drive, Google Apps, Google App Engine…) ;
  • Un circuit de distribution intégré (Google Apps Marketplace, Google Play Apps Store) ;
  • Une interface et des applications de consultation / édition / création (Chrome, Chrome OS, QuickOffice).

La chaine est donc maintenant quasi-complète, QuickOffice et Native Client étant les derniers maillons de la chaîne. Je suis persuadé que la prochaine grand-messe annuelle de Google en mai prochain sera l’occasion pour eux de dévoiler leur plan d’ensemble. N’allez pas penser que je suis partisan, je suis simplement enthousiaste à l’idée de voir enfin évoluer cet outil informatique d’entreprise que nous subissons depuis des décennies. Cette nouvelle approche de l’outil informatique proposé, entre autres, par Google me semble tout à fait correspondre aux attentes des utilisateurs en terme de praticité, pérennité, mobilité, collaboration… Reste maintenant à convaincre les DSI, qui seront aux premières loges de ce changement de paradigme.

Une nouvelle aventure professionnelle avec OgilvyOne

Voilà bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de mon quotidien, aussi je profite de ce billet pour vous mettre au courant des derniers changements dans ma situation professionnelle. J’ai accepté en fin d’année dernière un poste de planneur stratégique chez Ogilvy alors que je m’étais juré de ne plus retourner en agence. Cela mérite donc quelques explications.

En plus de 15 ans d’expérience professionnelle, je pense avoir testé toutes les configurations possibles :

  • salarié chez l’annonceur ;
  • salarié dans une SSII et dans une agence Web ;
  • associé (j’ai tenté un rapprochement avec l’équipe des Persuaders en 2011, mais ça n’a pas fonctionné)
  • indépendant.

Toutes ces configurations m’ont procuré de la satisfaction professionnelle et de beaux challenges, mais je n’y trouve plus mon compte. Jusqu’à récemment je me sentais à l’aise dans mon statut d’indépendant, mais c’est une position qui se révèle limitée au bout d’un certain temps, surtout quand on a travaillé pour la plupart des grands comptes en France. J’ai donc accepté un poste à mi-temps qui me permet de concilier une activité professionnelle enrichissante et des projets plus personnels.

Un poste à mi-temps signifie que je vais pouvoir continuer à :

  • rédiger mes 9 blogs en toute indépendance (c’est moi qui paye tout, donc je suis le seul maître à bord) ;
  • donner des conférences et participer à des séminaires internes en mon nom (c’est important, toujours dans ce souci d’indépendance) ;
  • finaliser mon livre, ainsi que ceux qui doivent suivre.

Le reste de mon activité professionnelle, les prestations de conseil, va donc se faire dans le cadre d’OgilvyOne. La raison principale est que j’avais envie d’être impliqué de façon plus « intensive » dans mes différentes missions. Le problème d’être indépendant est que l’on est souvent victime de sa faible bande passante. Comprenez par là qu’en tant qu’individu isolé, vous devez fournir des efforts considérables pour faire accepter vos idées, bien plus importants que si vous étiez accolé à une grosse structure (agence ou cabinet de conseil). Au fil des années, cet isolement commençait réellement à me peser, mais je ne voulais pas me restreindre à des missions « à taille humaine » (traduction : avec des enjeux moindres).

Ce poste au sein d’OgilvyOne va me donner l’opportunité de retravailler avec Reza, une vieille connaissance avec qui je travaillais au siècle dernier (mon salaire était versé en francs, rendez-vous compte !). Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne sais pas trop ce que couvre la fonction de planneur stratégique (chacun a sa propre définition), mais j’imagine que ça consiste principalement à mettre à disposition mes compétences et partager mes expériences avec les différentes équipes.

Plus sérieusement, j’ai vraiment été séduit par le projet professionnel que l’on m’a présenté, et je suis enthousiaste à l’idée de partager ma culture essentiellement digitale avec celle de l’agence, initialement tournée vers les métiers de la communication, du CRM, des données et des expériences client hors ligne. Ce prisme élargi de compétences et métiers correspond tout à fait selon moi aux nouvelles exigences d’un marché en pleine restructuration. L’avènement des médias sociaux, de la mobilité et l’omniprésence de l’internet dans le quotidien des consommateurs forcent les marques à repenser la façon dont elles vont les séduire et les fidéliser. L’engagement client n’est plus une question de maîtrise du ou des supports, mais plutôt de compréhension des facteurs de transformation et d’une mise en oeuvre cohérente et holistique. Loin de moi l’idée de vous faire l’article sur la fin des agences web, mais je suis persuadé que les conditions de marché sont maintenant réunies pour voir émerger une nouvelle catégorie d’agence (OgilvyOne named a Leader in Customer Engagement Agencies Evaluation by Independent Research Firm).

Au final, tout ceci ne changera pas grand-chose pour vous, mes lecteurs, puisque je continue la rédaction de mes blogs sur le même rythme et le même ton qu’auparavant. Si vous souhaitez avoir recours à mes services dans le cadre d’une conférence ou d’un séminaire interne, vous pouvez me joindre aux mêmes N° et email.

Cerise sur le gâteau : j’ai même le droit de trainer dans le bureau de David Ogilvy :

Le bureau d’origine de David Ogilvy dans les locaux de l’agence à Paris

;-)