La révolution des interfaces est en cours

Voilà près de 30 ans que l’outil informatique est disponible auprès du grand public, et nous utilisons toujours les mêmes interfaces : écran avec fenêtres et icônes, clavier, souris. Comment se fait-il qu’en 30 ans les industriels n’ont pas cherché à améliorer ce triptyque ? Peut-être est-ce parce qu’il a toujours apporté de la satisfaction aux utilisateurs et parce que la souris et le clavier nous permettent d’être très productifs. Oui, mais voilà de nombreuses années que l’outil informatique sort du cadre de la productivité pour prendre une place toujours plus importante dans nos loisirs.

L’avènement des interfaces tactiles avec l’iPhone et la mode des interfaces fictionnelles font naître des besoins et poussent les entrepreneurs à explorer de nouvelles voies. Non seulement les utilisateurs sont en quête de nouvelles expériences, mais les dernières avancées technologiques permettent de sortir rapidement des produits tout à fait viables. En résumé : le marché est prêt pour révolutionner les interfaces.

 

Quand la réalité rattrape la fiction
Quand la réalité rattrape la fiction

Les interfaces gestuelles popularisées grâce à Leap Motion

Même si elles existaient avant les interfaces graphiques, les interfaces gestuelles commencent à faire parler d’elles. D’autant plus avec la sortie officielle cette semaine du Leap Motion, le boîtier de reconnaissance gestuelle.

Contrôlez vos applications avec des gestes grâce à Leap Motion
Contrôlez vos applications avec des gestes grâce à Leap Motion

Même si la prise en main n’est pas évidente (je confirme), les premiers tests sont unanimes sur le caractère très disruptif de cette technologie : Leap Motion, un avant-goût du futur. Ce petit boîtier n’est sorti que depuis une semaine, et l’on voit déjà apparaître des applications dans tous les sens : The New York Times Will Release A Gesture-Controlled News App For Leap Motion. Et avec l’ouverture d’une app store dédiée, nous n’en sommes qu’au début de la phase d’apprentissage des possibilités : Leap Motion expands its beta for developers, plans to open its dev portal to the public.

Outre les jeux, nous commençons déjà à voir arriver des applications plus complexes comme le redoutable clavier gestuel de Dextype : DexType’s Virtual Keyboard Software Lets Leap Motion Owners Type In Mid Air.

Vous noterez d’ailleurs que Leap Motion n’a pas le monopole du domaine, puisque Microsoft était déjà positionné sur ce créneau avec le Kinect. De nombreuses expérimentations existent, mais je suis particulièrement impressionné par celle-ci : Chinese Researchers Team Up With Microsoft to Teach Kinect How to Understand Sign Language.

Plus intéressants, les premiers ordinateurs équipés de capteurs gestuels et de pavé tactile 3D devraient sortir prochainement : Tobii and Synaptics Unveil Concept Laptop That Integrates Eye Tracking and Touchpad User Interface Controls. Ces laptops ne différeraient pas beaucoup de ceux que l’on connaît, si ce n’est l’intégration des technologies Tobii Gaze et ForcePad. Certes, ces ordinateurs conserveraient le clavier et le pavé tactile, mais proposeraient néanmoins des modalités d’interaction tout à fait novatrices.

Les interfaces en réalité augmentée viabilisées par Google Glass et Oculus Rift

L’autre gros domaine d’expérimentation est bien évidemment celui des interfaces en réalité augmentée avec des produits comme les Google Glass. Là encore, il existe d’innombrables possibilités et de nombreuses expérimentations en cours, mais celle de High Fidelity me semble particulièrement intéressante : Using Google Glass to Move Avatar Head.

Bon en fait ce n’est pas tant de la réalité augmentée que de la virtualité diminuée, mais ça reste tout de même très impressionnant. Est-ce là l’avenir des interfaces : un avatar contrôlé par des lunettes intelligentes ? Non, bien sûr que non. Par contre, toutes ces expérimentations vont permettre de trouver de nouvelles formes d’interactions, celles auxquelles le constructeur n’avait pas forcément pensé.

Le second grand promoteur de ces nouvelles interfaces est Oculus Rift, le fabricant du fameux masque de réalité virtuelle.

Le masque de réalité augmentée d'Oculus Rift
Le masque de réalité virtuelle d’Oculus Rift

Là encore, ils proposent le matériel, mais également un kit de développement complet pour laisser la communauté des développeurs s’approprier le produit : Everything You Want To Know About The Oculus Rift Dev-Kit. Et les premiers projets sont particulièrement encourageants : 5 Oculus Rift Demos That Will Blow Your Mind et Using Oculus Rift To Control A Drone.

Ce masque de réalité virtuelle est un très beau produit, mais le fait de rester assis à un bureau est très limitatif. Voilà pourquoi d’autres comme la société Omni proposent de le coupler avec un tapis spécialement conçu pour vous libérer dans vos mouvements : This Virtual Reality Treadmill Could Be The Holy Grail Of Video Game Controllers. Le Virtuix est une sorte de tapis concave qui détecte les mouvements de l’utilisateur. Utilisés de façon synchronisée, le masque Oculus et le tapis Vitruix permettent de plonger l’utilisateur dans un environnement virtuel ultra-réaliste.

Utilisation d'un masque à réalité augmentée avec un jeu
Utilisation d’un masque de réalité virtuelle et d’un tapis tactile avec un jeu FPS

Encore une fois, si ces expérimentations autour de jeux peuvent vous paraître triviales, elles ouvrent la voie à d’innombrables innovations. Je vous rappelle pour mémoire que le secteur des jeux vidéo a joué un rôle primordial dans le développement et l’évolution des NTIC. La première étape dans le processus d’innovation est donc de mettre en place une ou plusieurs démonstrations techniques pour prouver la faisabilité. Puis, vous passez ensuite à des applications plus concrètes et surtout plus éloignées des jeux vidéo. Mais bon… ça donne quand même envie, surtout cette démonstration de Minecraft :

Et comme si ça ne suffisait pas, les premiers prototypes de combinaison multisensorielle commencent à voir le jour : Multisensory Bodysuit Brings Video Game Action To Life. Cette combinaison, développée par ARAIG (As Real As It Gets), propose ainsi un son spatialisé et des senseurs thermiques et haptiques sur le torse, le dos et les bras. Ultraréalisme garanti !

Le costume multi-sensoriel de ARAIG
La combinaison multisensorielle de ARAIG

Toutes ces innovations donnent le vertige, et surtout l’impression qu’elles ne sont destinées qu’à des grands gamins très friqués en quête de nouveautés. Mais comme précisé plus haut, les différentes innovations liées aux jeux vidéo trouvent également des applications dans d’autres secteurs. Les technologies d’écrans 3D et de surfaces haptiques sont ainsi mises en oeuvre dans ce très beau projet : Microsoft develops 3D touchscreen with tactile feedback.

Exemple d'écran 3D à retours tactiles chez Microsoft
Exemple d’écran 3D à retours tactiles chez Microsoft

Et après ? Vaste question… Il faudra encore 1 ou 2 ans avant de voir les offres de produits intégrant des interfaces gestuelles et de la réalité augmentée  se diversifier (condition indispensable pour une adoption massive). Puis nous passerons à l’étape suivante avec les interfaces tangibles : Les interfaces tangibles de demain seront-elles des feuilles vivantes et interactives ?. Et là encore, si le concept vous semble intéressant, mais complètement farfelu, c’est du côté des jeux vidéo qu’il faut chercher pour trouver des applications grand public : Découvrez des interfaces tangibles ludiques avec Sphero et Sifteo.

Conclusion : les interfaces de demain (gestuelles, à réalité augmentée / virtuelle, tangibles…) sont déjà là, mais vous ne vous en étiez pas rendu compte. J’ai la certitude qu’il ne faudra pas longtemps aux marques les plus novatrices pour les exploiter dans leurs boutiques et showrooms afin de proposer des expériences différenciantes à leurs clients. Peut-être est-ce là l’avenir de ces nouvelles interfaces : les applications marchandes servant à influencer les comportements d’achat. À quoi d’autre pouviez-vous vous attendre ?

Les big data sont le meilleur et le pire ennemi de votre marque

Je ne sais pas pour vous, mais en ce moment je fais une overdose de big data. Il semble qu’il n’y ai en ce moment aucun superlatif assez fort pour louer les mérites des big data : elles vont nous sortir de la crise, elles ont remporté Rolland-Garros et vont gagner le Tour de France, elles vont nous démontrer que les enfants qui chaussent du 38 en CM2 ont plus de chance de préférer un milk shake à la banane qu’un deck Magic “Faucheur de mort“. Génial, j’en parlerais à mon pote Krenko le caïd…

Ça fait un petit bout de temps que je cherche un angle d’attaque pour parler des big data. L’approche du point de saturation me semble être un bon timing, d’autant plus que nous avons très certainement besoin d’un débat animé pour nous sortir de cette langueur estivale. Je vous propose donc de prendre un peu de recul par rapport au sujet le plus chaud du moment.

Mais commençons par le commencement avec une petite définition. Il existe quantité de définitions pour les big data, mais j’apprécie grandement celle d’IBM : “Un large volume de données que l’on ne peut plus travailler avec les outils traditionnels“. Il n’est donc pas ici question de découvrir l’intérêt d’exploiter des données, les métiers du décisionnel s’y emploient depuis des années, mais plutôt de le faire différemment et à plus grande échelle. Plusieurs critères sont ainsi à prendre en compte :

  • le volume, nous parlons de téraoctets de données à analyser quotidiennement ;
  • la vélocité, ces analyses doivent se faire en un minimum de temps pour représenter un levier compétitif ;
  • la variété, car les données se présentent sous de nombreuses formes ;
  • la véracité, car des données compromises peuvent biaiser une interprétation.

Je ne prétends pas détenir LA définition ultime, mais celle-ci me convient bien, car elle n’est pas trop complexe. Si l’envie vous prend, vous pouvez rajouter d’autres V (The Missing V’s in Big Data: Viability and Value).

Big data = Web 3.0 + Marketing 1to1

Aviez-vous remarqué que l’on nous sort un terme magique tous les 4 à 5 ans : Marketing 1to1, Web 2.0 et maintenant Big data. Certes, il y a de véritables évolutions et/ou ruptures derrière ces termes, mais le déficit de pédagogie entraîne des tensions de marché réellement palpables. À force d’avoir été trituré dans tous les sens, Big data est devenu une notion fourre-tout pour l’on nous ressort à toutes les sauces pour nous vendre tout et n’importe quoi.

Comme à chaque fois, je pense ne pas me tromper en disant que les éditeurs sont les principaux fautifs de cette dérive. Ces derniers pratiquent en effet la technique du tapis de bombe pour essayer d’écraser la concurrence et d’attirer l’attention à eux. Je ne suis pas opposé à l’idée d’assurer sa promotion, mais pas quand ça se fait au détriment de l’ensemble des acteurs. Traduction : ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

Loin de moi l’idée de vouloir jouer les démagogues, mais il est temps de mettre fin à ce flou artistique et de calmer les esprits. Il y a effectivement beaucoup (trop) d’attentes et de fantasmes autour des big data et je redoute un phénomène de retour de flammes succédant à une première phase d’euphorie. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain et essayons de poser le débat de façon méthodique. Eh oui, car il y a un débat, mais j’y viendrais plus tard dans l’article.

Big data et retargeting ne vont pas remplacer le marketing

Comme c’est malheureusement trop souvent le cas, on essaye de substituer les anciennes pratiques aux nouvelles. Sur la même lancée que “green is the new black“, j’entends à droite et à gauche des aberrations du type : “les big data, sont l’évolution naturelle du marketing“. Ha bon ? Dois-je vous rappeler que les métiers du marketing sont ceux qui se sont historiquement intéressés aux données du marché et des consommateurs. Il y a une vingtaine d’années, quand le web grand public n’existait pas encore, mes profs de marketing s’époumonaient à nous inculquer les notions de DN/DV, de taux de rotation et de ratio de saisonnalité. Déjà à l’époque, les marketeurs avaient la tête dans les chiffres et justifiaient toutes les décisions par une utilisation méthodique des données.

Comme toujours, le problème est que l’on confond marketing et display advertising. De ce point de vue là, effectivement, les big data sont en train de révolutionner l’achat d’espace (Le RTB représentera 25% des investissements publicitaires dans le Display en 2016 en France). Mais je vous rappelle que le but du marketing est d’améliorer la connaissance client et l’optimisation de l’expérience (Du recentrage nécessaire du marketing sur la connaissance client et la compréhension du marché).

Ceci étant dit, puisque l’on aborde le sujet, il y a également beaucoup d’abus au sujet du retargeting. Enfant terrible des big data, le retargeting consiste à optimiser l’achat de bannières en ciblant de façon individuelle les internautes en fonction de leur parcours d’achat. Certains prophétisent déjà la mort du planning stratégique au profit d’algorithmes de ciblage chirurgical. Si je ne peux que reconnaître l’efficacité des technologies déployées (ça fonctionne très bien), je me pose des questions sur l’intérêt de harceler un internaute et de le suivre partout sous prétexte qu’il a eu le malheur de consulter une fiche produit. Comme le résume superbement bien Christophe Lauer : “Le retargeting, c’est cette espèce d’horrible chewing-gum collé à votre semelle et qui vous fait couiner à chacun de nos pas“. Et visiblement je ne suis pas le seul à ressentir la même chose, comme en témoigne la dernière tribune de Geneviève Petit.

Donc non, les big data ne vont pas remplacer le marketing, au contraire, elles en seront la principale composante. De même, les techniques de retargeting ne vont pas supplanter les planneurs stratégiques, car le pilotage d’une marque ne se résume pas à l’achat de bannières, aussi ciblées qu’elles puissent l’être. Si les performances sont effectivement là (Des résultats spectaculaires pour le retargeting sur Facebook), cette technique pose quand même de sacrées interrogations sur son impact sur la relation marque / cible.

De la causalité aux corrélations à la compréhension

Un autre grand adage des big data est de dire que les algorithmes ne sont pas sectaires : ils livrent des corrélations brutes, sans inhibitions. Subitement, celles et ceux qui cherchent à analyser et comprendre le comportement des consommateurs sont des irresponsables qui ne font que gaspiller la marge de l’entreprise. Et les spécialistes du domaine de nous expliquer que les marketeurs sont des ringards qui vous font perdre du temps et de l’argent : les algorithmes travaillent 24/7/365 sans se plaindre ni faire la grève, ils ne sont pas perturbés par un référentiel culturel ou par ces affreuses convictions (beurk). En un tour de baguette magique, la causalité est donc devenue une notion du XXe siècle, il faut maintenant passer aux corrélations : ces enseignements que l’on ne comprend pas forcément, mais qu’il faut impérativement exploiter parce que la machine l’a dit.

Nous touchons là au coeur du débat : sous prétexte de vouloir mieux connaître les cibles, on délègue le travail d’analyse et d’interprétation à des machines qui vont nous dire où et quand placer les bannières. Avant, on ne savait pas ce que l’on achetait, mais maintenant c’est mieux, parce que la machine le sait. Cool, mais la promesse n’est pas transformée pour autant. Il y a en effet beaucoup d’opacité dans les mécaniques d’insertion des ad exchange (cf. Météo France jette un pavé dans la mare des Adex) et la recherche de la performance immédiate nous fait perdre de vue l’objectif premier : mieux comprendre les besoins, contraintes, motivations et freins des consommateurs.

Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de faire le procès des corrélations, je suis simplement en train de vous mettre en garde contre la tentation d’en abuser, au risque de vous rendre dépendant de solutions technologiques que vous ne maîtrisez pas. C’est un peu comme si vous confiiez l’animation de votre page Facebook à des stagiaires d’un prestataire ! (ha… on me fait signe au micro que… enfin bref, ce n’est pas l’endroit pour aborder cet autre débat).

Il est donc essentiel de ne pas se laisser aveugler par les données qui peuvent potentiellement vous embarquer sur la mauvaise voie si elles sont mal exploitées. Les enquêtes de terrain et les études qualitatives sont des outils d’aide à la décision qu’il ne faut surtout pas négliger, même si leur ROI est plus complexe à calculer.

Depuis quand les segments posent-ils problème ?

Dernier argument massue en faveur des big data : la mort des segments. Comme expliqué plus haut, les moyens informatiques aujourd’hui disponibles à tout un chacun permettent de cibler des consommateurs de façon individuelle. Soit et alors ? Devons-nous pour autant oublier les segments et ne plus faire que du nano-marketing ? Pour mémoire, les segments sont des sous-groupes homogènes et contrastés d’une population cible. Ils servent à adapter une stratégie ou des tactiques en fonction des segments à privilégier ou à délaisser. Une bonne maîtrise des segments est indispensable pour positionner l’offre, cela vous permet de donner du caractère à votre marque. Non, vous ne pouvez pas plaire à tous les consommateurs et adresser de façon optimale l’ensemble des segments. Une bonne marque est une marque clivante, celle que certains adorent et d’autres détestent. Vous pourriez citer LA marque universelle par excellence (Coca-cola), et je vous répondrais qu’elle est justement en train de subir les assauts de marques plus puissantes comme Red Bull qui ont choisis de se concentrer sur certains segments.

Je ne comprends pas bien en quoi l’abandon des segments est une libération… La dernière grosse marque à avoir voulu faire du marketing unitaire est Dell : un client = un ordinateur. Regardez où ils en sont aujourd’hui par rapport à Apple, LA marque qui n’écoute pas ses clients et leur impose une gamme très restreinte de produits. Pour moi l’équation est très simple : si vous essayez de parler à tout le monde, vous ne vous adressez à personne en particulier. C’est tout le problème des marques “moyennes” qui tombent dans le fossé de la commodité : les consommateurs finissent toujours par acheter la moins chère.

Votre marque a besoin de plus

Nous en arrivons donc à la conclusion de cet article : Oui, les big data sont une révolution, car les technologies qui y sont associées permettent de faire des choses que l’on ne pouvait pas faire avant. Mais il convient de ne pas se brûler les ailes, car les données peuvent vous rendre feignant : leur impartialité vous évite à prendre des décisions et à assumer vos convictions. On nous explique que les CMO sont les nouveaux CIO, que dans quelques années leur boulot va principalement consister à choisir les solutions technologiques les plus performantes. Soit, admettons qu’une part toujours plus importante du budget va être alloué à l’acquisition de solutions big data, je reste convaincu qu’elles ne doivent être qu’une partie de la solution. Je suis ainsi un fervent adepte des customer journey, ces modélisations du parcours d’achat et des différentes interactions entre un client et une marque (La conception d’expérience utilisateur est une discipline, pas une notion). Idéalement, les big data viennent nourrir une customer journey, elles ne la remplacent pas (cf. corrélation vs. causalité).

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous expliquer l’intérêt pour une marque d’investir dans du contenu à valeur ajoutée (Le retour de la revanche du contenu). Plus que jamais, en cette période de flottement où les pratiques et métiers du marketing sont en train de se reconfigurer, il me semble essentiel pour une marque de se doter d’une identité forte, de la légitimer avec une histoire cohérente et d’en démultiplier la portée avec une utilisation conjointe et synchronisée des médias traditionnels et des médias sociaux. Ceci est d’autant plus vrai avec l’avènement des native ads qui vont prendre une place toujours plus importante dans l’inventaire des éditeurs, car ils en ont la totale maîtrise et, car elles perturbent moins l’expérience des internautes.

Et comme toujours depuis que j’ai ouvert ce blog, je vous livre une conclusion digne d’un normand du Cap de l’Écamet : les Big data ne sont qu’un outil, elles peuvent grandement améliorer la performance de vos campagnes si utilisées à bon escient, mais risquent de le faire au détriment de votre marque si vous ne prenez pas les bonnes précautions pédagogiques. Peut-être qu’un Chief Data Officer pourrait se révéler très utile dans ce rôle de garde-fou.

Les articles publiés sur mes autres blogs en juin 2013

Comme tous les mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier. Pas beaucoup de publications ce mois dernier, car l’activité a été particulièrement intense. C’est promis, je me rattraperais ce mois-ci.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

La suite le mois prochain.

10 ans de blog

10 ans… voilà maintenant 10 ans que je rédige ce blog. En fait, ce blog a été ouvert le 10 juin 2003, mais le premier article publié date du 24 juin 2003. Cela fait donc 10 ans tout rond que je m’astreins à une discipline rigoureuse de publication quotidienne. Initialement démarré par pure curiosité (je voulais comprendre comment ça marche), ce blog est petit à petit devenu mon activité principale et a donné un sens à ma vie professionnelle. Non en fait ce blog EST ma vie professionnelle, puisque toutes mes activités tournent autour de ce blog (les conférences, formations ou ce que je peux faire chez Ogilvy).

Il s’en est passé des choses en 10 ans, rendez-vous compte : Facebook, YouTube ou l’iPhone n’existaient pas encore et de nombreux foyers utilisaient encore un modem RTC. J’ai bien conscience de vous la jouer “à mon époque…“, mais j’estime que c’est important de le préciser, surtout si vous vous amusez à fouiller les archives pour exhumer de vieux articles (à l’époque on appelait ça des billets).

Une activité et une motivation stable

Comme je le précise à chaque anniversaire, l’activité sur mes blogs s’est stabilisée au cours de ces dernières années et j’ai des chiffres plutôt constants :

  • 3.200 articles publiés sur 8 blogs ;
  • Une moyenne mensuelle de 62.000 visiteurs uniques cumulés ;
  • Un peu plus de 35.000 abonnés cumulés aux flux RSS.

Là encore j’ai conscience que ces chiffres ne signifient plus grand-chose à une époque où l’on ne parle plus que de nombre de followers ou de taux d’engagement. Je m’amuse à préciser le nombre d’abonnés à mes flux RSS, car nous sommes à moins d’une semaine de la fermeture définitive de Google Reader. Une page se tourne comme dirait l’autre…

Mais peu importe ces chiffres et indicateurs de performance, car je ne m’aligne pas sur la logique des éditeurs, sinon vous auriez droit à des articles de liste (“Les 10 meilleurs…“) ou à des diaporamas. Non en fait ce qui m’a motivé et ce qui me motive toujours est la dynamique d’échange : plus je partage de choses sur mes blogs et plus la communauté me le rend. Aussi peu intuitif que cela puisse paraître, cette dynamique ne m’a jamais fait défaut, même en cette période trouble où l’on ne jure plus que par les visuels (ces fameuses images rigolotes ou mignonnes qui sont plus faciles à liker). Je tire également une grande fierté de mes thèmes graphiques, disons que c’est mon petit plaisir personnel.

Bilan d’une décennie de blog

Difficile pour moi de vous résumer 10 années de blog tant cette aventure a été intense. Si je ne devais mentionner que trois choses, ça serait les suivantes :

  • Un authentique challenge intellectuel au quotidien. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais avoir des lecteurs fidèles implique de ne jamais se laisser aller à la facilité. Les idées, opinions et analyses que je partage sur mes blogs sont ainsi confrontées avec celles de la communauté, et il ne faut pas se rater. Cette discipline intellectuelle est néanmoins très stimulante et je n’envisagerais pas les choses autrement, sinon j’aurais certainement moins d’entrain à me lever tous les matins.
  • Beaucoup de voyages et d’incroyables rencontres. Mes blogs m’ont apporté suffisamment de visibilité pour pouvoir être invité à m’exprimer dans des recoins du monde où je ne serais jamais allé. Outre les déplacements en Europe ou en Amérique du Nord, j’ai ainsi eu l’occasion de voyager au Chili, en Afrique ou en Roumanie. Des voyages très enrichissants qui m’ont donné l’occasion de découvrir d’autres cultures, d’autres marchés et de rencontrer des personnes formidables, je pense (entre autres) à Michelle, Serge ou Dan, merci pour votre accueil chaleureux !
  • Beaucoup de railleries et d’insultes. On dit que le respect de l’anonymat est un des fondements de l’internet. Mouais… quand on voit ce que certains en font… Mais le plus surprenant, est que si la plupart des détracteurs se cachent derrière leur pseudo, d’autres n’hésitent pas à critiquer ou à insulter publiquement. Mais où est passé votre savoir-vivre bordel de merde ?!?

Mais rassurez-vous, le bilan de cette décennie de blog est tout de même largement positif. Je pense très honnêtement avoir progressé en orthographe, ce qui n’est pas une mince affaire, car je pars de loin. Ou alors peut-être est-ce mon correcteur orthographique qui est plus performant… Ce que j’ai par contre beaucoup de mal à évaluer l’impact de ces dix années de blog sur mon ego. Si je m’efforce de garder la tête froide, je me refuse de croire que cette exposition publique n’a pas influencé mon comportement et ma façon de sociabiliser avec les autres. Pire : malgré les innombrables fois où je me suis posé la question, je suis toujours incapable de savoir si je pourrais m’arrêter un jour, ou du moins d’appréhender ma dépendance. Peut-être existe-t-il des études à ce sujet, mais je n’en ai pas connaissance.

En terme de ligne éditorial, il y a eu pas mal de changements, ce qui est normal au vu du rythme d’innovation du marché. Je vous propose de faire le point sur mes différents blogs :

  • FredCavazza.net : Au fil des années, ce blog était devenu un authentique fourre-tout, voilà pourquoi j’ai commencé à segmenter mon audience et à ouvrir des blogs thématiques. Aujourd’hui, j’essaye de traiter de sujets moins pointus que sur mes blogs verticaux et je m’intéresse plus à l’innovation et aux usages numériques.
  • MediasSociaux.fr : Ce sujet est plus que jamais d’actualité. Par contre, les nombreux mouvements de concentration font que j’ai l’impression de parler toujours des mêmes acteurs (Facebook et Twitter). Mais quand je vois encore aujourd’hui le nombre de “professionnels” qui confondent encore réseaux sociaux et médias sociaux, je me dis que le marché a encore besoin d’être évangélisé.
  • InterfacesRiches.fr : Initialement consacré à Flash et autres technologies propriétaires, je parle maintenant beaucoup plus de HTML5 et d’interfaces mobiles. Les interfaces 3D y sont également souvent abordées, pour mon plus grand plaisir.
  • RichCommerce.fr : Là encore, ce blog s’intéressait à l’ouverture aux interfaces riches marchandes. Entre temps, la ligne éditoriale à changé et je parle maintenant du commerce en ligne de façon plus générale, avec des réflexions de fond sur le métier. Je précise que ce blog n’a pas encore bénéficié d’un “toilettage graphique”, mais c’est en cours…
  • MarketingVirtuel.fr : Lancé à l’occasion d’une conférence que j’ai organisée en 2007, ce blog parle maintenant beaucoup plus de jeux sociaux que d’univers virtuels. Il faut y voir un signe du temps.
  • Entreprise20.fr : Si la ligne éditoriale de ce blog tourne encore largement autour de la collaboration et des pratiques 2.0 en entreprise, j’y parle également régulièrement de cloud computing, un sujet extrêmement vaste que l’on aborde souvent à tort par son aspect technique.
  • SimpleWeb.fr : Pas trop de changement pour ce blog qui traite encore et toujours d’utilisabilité. Certes, j’y aborde très régulièrement les problématiques liées aux terminaux mobiles, mais il est toujours question de simplicité d’usage et d’expérience utilisateur.
  • TerminauxAlternatifs.fr : Le petit dernier de la famille que je ne voulais absolument pas restreindre aux smartphones ou tablettes. Les usages tournant autour d’autres terminaux alternatifs sont donc abordés (smartTV, objets connectés…).

Je rédigeais encore en fin d’année dernière sur Forbes, mais il y a eu un changement d’équipe et ils sont plus à la recherche de rédacteurs “réguliers”. Comme je me refusais à me plier à leur logique éditoriale (des articles plus courts avec des titres plus percutants), ils m’ont supprimé mes accès. Le pragmatisme américain dans toute sa splendeur (“Fly or die“).

Une prochaine décennie sous le signe de la qualité

Comme précisé plus haut, je tire un bilan très positif de ces dix dernières années. Je m’engage donc logiquement dans une seconde décennie de publications. Mes résolutions pour ces prochaines années sont les suivantes :

  • Plus de régularité. Je m’astreins pour le moment à un article publié par jour ouvrable, ce qui fait une moyenne de deux articles par mois et par blog. Un rythme de croisière qui me convient tout à fait, car ça m’évite d’assécher mes sujets de prédilection.
  • Plus d’articles en anglais. Le monde est vaste et il faut savoir élargir son audience, en plus ça compensera l’arrêt de mes publications en anglais sur Forbes.
  • Plus d’analyses. Le marché est aujourd’hui dominé par des gros éditeurs qui saturent la bande passante de breaking news et autres live events blogging. Certes, l’actualité est chaude, mais je me refuse à abattre de la news. C’est une activité qui est indispensable à l’écosystème, mais je laisse le soin aux autres de le faire pour me concentrer sur des défis éditoriaux plus élevés. Est-ce à dire que j’adopte le manifeste du slow blogging ? Non quand même pas, mais je ne sacrifierais jamais la qualité au profit de la quantité.

J’espère sincèrement trouver la motivation pour maintenir le cap et pour continuer à partager avec vous. Merci encore pour votre fidélité et pour votre tolérance vis-à-vis de mes écarts orthographiques.

Mes 3 sites coup de coeur (juin 2013)

Voilà plusieurs mois que je n’ai pas publié ma série de sites coup de coeur, tout simplement parce que je n’ai pas eu de coups de coeur. Heureusement ma liste se remplit à nouveau, je vous propose donc une toute nouvelle série de trois sites.

Commençons avec Mobile Gear, une boutique en ligne de produits et fournitures de bureau :

La page d'accueil de Mobile Gear
La page d’accueil de Mobile Gear

D’habitude, les boutiques de ce type sont extrêmement rébarbatives et ne sont là que pour enregistrer plus rapidement des commandes de produits de nécessité. J’ai donc été très agréablement surpris par cette boutique qui propose un choix restreint (uniquement les meilleurs produits) et surtout des pages de catégorie où les produits sont disposés de façon symétrique et photographié de haut. Le rendu visuel de ces photos est tout simplement génial. Vous noterez de plus que les grands à plat de couleur gris, les formes carrées et les boutons plats s’inscrivent tout à fait dans la mouvance du “flat design” (comme le nouvel iOS 7). Certes, les pages intérieur sont moins spectaculaires, mais je tenais à saluer l’effort réalisé avec ce travail photographique.

Continuons avec Juliana, un fabriquant de VTT pour femmes :

La page d'accueil du site de Juliana
La page d’accueil du site de Juliana

Nous sommes là dans une approche radicalement différente avec l’utilisation de superbes photos en plein écran et d’un système de navigation minimaliste. L’esprit du site est conservé jusque dans les pages intérieures et notamment les fiches produit qui sont une merveille d’épuration avec des photos tout autant généreuses. C’est sûr que ça donne carrément envie, même si je ne suis pas dans la cible !

Terminons avec SiteLeaf, une plateforme de gestion de contenu ultra-simple :

La page d'accueil de SiteLeaf
La page d’accueil de SiteLeaf

Ce qui est frappant avec ce site est qu’il est aussi simple que l’outil semble l’être. Et pour cause : ils se sont arrangés pour appliquer les mêmes codes graphiques et ergonomiques que sur la plateforme de gestion de contenu en elle-même. Nous obtenons donc énormément d’espace blanc, des grands à plat de couleur façon flat design (maintenant vous connaissez, non ?) et des textes minimalistes. L’impression de clarté et saisissante et on a immédiatement envie d’en savoir plus sur cette plateforme tant elle a l’air simple d’utilisation. Sur ce créneau ils font la compétition avec Squarespace qui vient de lancer une nouvelle version de site. Je ne sais pas à quoi va ressembler la future nouvelle version de WordPress, qui est censée être grandement simplifiée, mais je me doute qu’il va y avoir des ressemblances…

Les articles publiés sur mes autres blogs en mai 2013

Comme tous les mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

La suite le mois prochain.

Google ambitionne-t-il de devenir notre système d’exploitation personnel ?

Voici un extrait d’un article publié en 2005 par le Time Magazine (On the Frontier of Search) : “Vous atterrissez tard dans la soirée dans une ville où vous ne connaissez personne. Vous n’avez pas eu le temps de réserver un hôtel, votre bagage ne s’est pas présenté dans le carrousel et l’air conditionné de l’avion vous a donné un petit mal de gorge. Que faire ? Avec votre téléphone mobile, vous Googlez votre valise – elle est équipée d’une petite puce qui vous permet de la localiser – pour constater qu’elle a été déposée 200 mètres plus loin, au terminal suivant. En allant la chercher, vous en profitez pour chercher une chambre d’hôtel. L’écran de votre téléphone vous montre des images de plusieurs hôtels dans votre gamme de prix, avec des vues depuis la fenêtre de votre chambre. Votre moteur de recherche vous donne la liste des pharmacies qui sont encore ouvertes à cette heure et vous annonce que votre groupe de blues favori jouera au festival de la ville durant le week-end. Le moteur, qui peut chercher sur votre ordinateur resté à domicile, vous rappelle qu’un ami de collège vous a envoyé un mail il y a un an pour vous dire que lui et sa femme avaient déménagé dans cette ville (ce que vous aviez oublié). Vous décidez de les inviter au festival.” (traduction extraite d’Internet Actu : L’avenir de la recherche).

À l’époque, cet article m’avait paru complètement surréaliste, et les différents commentaires tournaient essentiellement autour de la confidentialité et de l’utilisation abusive des données personnelles. Huit ans plus tard, la situation a bien changé, car Facebook a réussi à nous faire admettre que la confidentialité est un truc de ringard (“We live in an open world“) et car Google a déjà livré la plupart des services décrits dans cet article (Google Now, le nouveau Google Maps, Google+…). En prenant un minimum de recul, on se rend compte que le pas franchit par Google en moins de dix ans est gigantesque, et qu’au cours des dix prochaines années ils vont nous livrer des services encore plus incroyables sur la base du Knowledge Graph ou des Glass (cf. Quels usages pour les lunettes Google Glass).

Google Now sur votre smartphone
Google Now sur votre smartphone

Si le Siri d’Apple avait fait beaucoup (trop ?) de bruit à sa sortie, je pense que nous ne mesurons pas bien le potentiel derrière Google Now. Le plus impressionnant avec cet assistant est sa capacité à anticiper vos besoins. Par exemple, il regarde dans votre agenda l’heure et le lieu de votre prochain RDV, calcul le temps de trajet en fonction des données en temps réel de la circulation ou de l’état des transports en commun, vous signale quand il est temps de partir et vous propose de notifier vos interlocuteurs par SMS de votre retard éventuel. Tout ceci est rendu possible grâce à la stratégie de diversification de Google dont les services concernent maintenant quasiment l’ensemble de nos activités quotidiennes :

Tous ces services étant bien évidemment liés par le biais d’Android et/ou Chrome. Le dernier domaine sur lequel Google n’a que peut d’emprise est la télévision, mais les choses pourraient changer avec les micro-consoles. Donc oui, effectivement, Google sait énormément de choses sur vous et votre quotidien : toutes vos données personnelles sont stockées, analysées, recoupées… dans le but de vous proposer des services à valeur ajoutée comme Google Now ou les très impressionnants Gmail Action Buttons : Take action right from the inbox.

Initiez des actions directement depuis vos emails
Initiez des actions directement depuis vos emails

Loin de moi l’idée de relancer le débat sur la confidentialité et les dérives potentielles de l’exploitation des données personnelles. Je pense ne pas me tromper en disant que notre économie et la société dans laquelle nous vivons reposent sur des systèmes d’information qui exploitent les données personnelles à très grande échelle, et ce depuis des décennies. Mais si vous ne voulez pas être fiché, débarrassez-vous de votre téléphone, de votre carte de crédit, de votre carte de transport, votre passeport… et adoptez le mode de vie d’après-guerre (la seconde guerre mondiale, pas la guerre du Golf).

Bref, le débat ne porte pas sur la confidentialité, mais plutôt sur notre dépendance à  l’internet et à Google en particulier puisqu’il occupe une place centrale sur la toile. Signalons que les premiers écrits sur ce sujet remontent à 2008 (Is Google Making Us Stupid?) et que l’on nous ressort la question régulièrement (Does the Internet Make You Dumber?Does the Internet Make You Smarter?) et à toutes les sauces (Les objets intelligents nous rendent-ils bêtes ?). Je ne me risquerais pas à vous livrer une analyse sur ce thème, simplement je pense que nous sommes autant dépendant de notre smartphone, que d’une calculatrice : nous pourrions nous débrouiller sans, mais c’est quand même nettement plus pratique avec. Ceci étant dit, je constate qu’il y a vingt ans je connaissais le N° de téléphone de mes amis par coeur, alors que je n’en connais plus aucun maintenant. Suis-je devenu plus stupide entre-temps ? Non pas pas réellement, car l’intelligence ne se mesure pas à la capacité de mémorisation ou à la rapidité de calcul (les ordinateurs seront toujours bien plus performants que nous dans ce domaine).

Donc non, notre dépendance à Google (ou par extension à l’internet) n’est pas forcément à craindre. D’une part, car nous sommes également dépendants au quotidien d’une infinité de choses que nous sommes incapables de produire nous-mêmes (pétrole, plastique, Nutella…). D’autre part, car l’intelligence de l’homme, celle qui en a fait l’espèce dominante de la planète, est plus liée à sa sensibilité (ses émotions), ses intuitions (déductions empiriques), sa capacité de discernement (sa conscience), sa créativité… Oui j’ai entendu parler de ce projet de drone qui peut prendre la décision de tirer tout seul sur ses cibles, mais ça relève plus de la science-fiction que de la réalité opérationnelle (je vous rappelle qu’un de nos soldats s’est fait récemment sanctionner pour avoir porté un foulard “non réglementaire”).

Nous en revenons donc à Google et à la place centrale qu’il occupe maintenant dans notre quotidien. J’ai eu l’occasion de lire ces derniers jours un certain nombre d’articles plus ou moins alarmistes (Welcome to Google IslandIt’s Google’s world, and we’re just living in itGoogle Glass in 10 years: The view from dystopia…), mais je reste confiant sur la capacité d’une société quôtée en bourse de se fixer ses propres limites. Certes, je ne vois pas de limite à l’ambition de Google, mais en tant qu’utilisateur j’aurais toujours la possibilité de me déconnecter, même si c’est une expérience… compliquée (I’m still here: back online after a year without the internet).

Oui j’ai volontairement confié une masse considérable de données personnelles à Google, dont les équipes les exploitent à des fins statistiques et comportementales. En contrepartie, ils me fournissent des services gratuits qui facilitent grandement mon quotidien. Cet arrangement tacite fonctionne plutôt bien et je n’ai pas l’intention de le dénoncer, car les bénéfices sont supérieurs aux désagréments. De plus, j’estime que les services et innovations que me propose Google (et par extension d’autres acteurs de l’internet) s’inscrivent dans une dynamique d’évolution sociétale : la société évolue et j’évolue avec elle grâce (en partie) aux nouvelles technologies. Ma vie serait-elle meilleure sans Google, Twitter, Amazon, mon smartphone, ma tablette… ? Difficile de répondre objectivement à cette question. Par contre, je serais très nettement en décalage avec mon entourage. J’imagine que Google n’occupe qu’une place très mineure dans le quotidien de moines tibétains, mais dans mon quotidien, c’est un incontournable.

Google_Copernic
Il y a un message caché dans cette illustration…

Pour conclure, je vais répondre à la question posée dans le titre : oui, je pense que Google ambitionne de devenir notre système d’exploitation personnel, au même titre que Microsoft a dû l’ambitionner à sa grande époque ou qu’Alibaba ou Rakuten ambitionnent de le devenir sur leur marché. Tout est une question d’ambition, de moyens et de temps. Ils finiront par y arriver, j’en ai la certitude. Après ça, la grande question est de savoir qui fixe le rythme d’innovation / d’adoption : les entreprises privées ? Les institutions ? Les gouvernements ? Début de réponse chez Erwann Gaucher : Ces fétichistes du papier qui sont au pouvoir.

Les articles publiés sur mes autres blogs en avril 2013

Comme tous les mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

Social Media Landscape 2013

/ Si vous cherchez la version française de cet article, elle est là : Panorama des médias sociaux 2013 /

Every year for the last 5 years, I publish a social media landscape (see past editions from 2008, 2009, 2011 and 2012). I assume I won’t teach you anything by saying social media are now part of every day life of individuals, brands, organizations and media (journalists, celebrities, politicians…). Once considered with disdain, social platform like Wikipedia or Twitter have completely changed or way to consume and interact with information. Services like YouTube or Facebook also transformed the way we entertain ourselves. If you regularly read about social media, you should know how serious social media have changed the web. To make a long story short: the web is social media, and social media is the web.

This being said, this shortcut does not translate the countless evolution of these platforms and the usage they generate. If the big players are still the same, social media are an expression and interaction playground in constant evolution. If 2012 was the concentration year marked by the buy-out of Posterous and Instagram, 2013 will be the year of diversification with the emergence of new comers, especially on mobile devices. But first things first, we shall begin with an analysis of trends.

What are 2013 trends?

As I have just stated it, social media is an ever-changing complex ecosystem: new services are created, other disappear, most evolve. The following diagram, from last year’s landscape, illustrate this evolution:

Social media landscape from 2008 to 2012
Social media landscape from 2008 to 2012

Last year’s losers where the followings:

The 2013 edition of my landscape is therefore reduced from categories like “Playing“, “Buying” and “Localization“. Some players have been removed, but others have been kept as they try to reinvent themselves, like MySpace or Digg.

Last year’s winners are the followings:

Even if Asian internet users are outnumbering occidental one’s, mobile devices supremacy is the key success factors. I am deeply convinced that social media and mobility are two faces of the same coin: one’s success is benefic to the other. As it is a non-sense to envision social media appart from the web, mobility is one of its key component (There is no Mobile Internet).

Otherwise, you will notice that there is still three major absents (Amazon, Microsoft and Apple), which only observe from long distance and try some shy initiatives (So.cl from Microsoft, Ping from Apple). Therefore, we still have the same top three:

Enough with trends, lets now discover the new landscape.

Social Media Landscape 2013

The latest version of the landscape has been simplified with four categories (Sharing, Discussing, Networking, Publishing) and enriched with foreign players (mainly from Asia).

Social-Media-Landscape-2013

Facebook, Twitter and Google are at the center of the social media ecosystem, but many contenders can be found in each category:

As you can notice it, there has been a lot of change in the Discussing area, especially with mobile-first new comers.

What Brands Need To Know

The aim of this diagram is not to simply list social platforms, but to provide you with the keys to understanding. Several main facts are important to notice for brands:

  • Social media’s force comes from its diversity. Facebook act as a catalyst for this complex ecosystem, but it should have never been this successful without other platforms’ content and conversations. Therefore, social media have to be addressed globally, and not only Facebook which tends to mute “small” brands (smaller than Red Bull or Nike, i.e. 99% of brands).
  • Teen’s attention is very hard to capture and to retain. If opening a Facebook profile is the first thing they do when entering high school, teens are quickly moving to mobile apps which does not leave trails of their interactions and where they can hang out together (without their parents or teachers).
  • Facebook shareholders’ appetite for profits is limitless and they are slowly forcing Mark Z. to raise revenue without thinking of the consequences (Facebook Seeks 7-Figure Price Tag for Summer Debut of Video Ads). Being depend to Facebook for your social presence is a real problem, as the bill will undoubtedly increase. The sooner you will achieve a diversified presence on social media, the better.
  • If the social media landscape appears to be stable, do not forget yesterday’s giant has fallen in a couple of years (MySpace, Friendster…). Therefore, everything is still possible, one just have to be creative.

I won’t risk myself to provide you with a to-do list, as the subject is so complex. The best advice I can give you is to spend a minimum amount of your time following the social media field and trying new services, to better understand usage evolutions and to be able to identify trends and opportunities. I wish we’ll meet again next year for the 2014 update.

Les articles publiés sur mes autres blogs en mars 2013

Comme à chaque début de mois, je vous propose un récapitulatif des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.