Mes 3 sites coup de coeur (novembre 2011)

Ce mois-ci, le commerce en ligne est à l’honneur avec non pas une mais deux boutiques découvertes sur le Rhooo de Patrice Cassard (qui vient d’ailleurs de lancer son nouveau projet : Neeed.com).

Commençons avec Tinkering Monkey, une boutique en ligne d’objets en bois :

La page d'accueil de Tinkering Monkey

La page d’accueil de cette boutique propose une mise ne page très sobre, très aérée avec un excellent travail sur les couleurs (fond de page, titres, liens…) pour donner cette sublime sensation de chaleur et de bien-être. Notez également au passage le choix des typos ainsi que la sophistication du panier en haut à droite.

Poursuivons avec Cometshop, une boutique française (oui môsieur) :

La page d'accueil de Cometshop

Là encore, nous avons une mise en page minimaliste avec un maximum d’espace blanc pour faire ressortir les produits. J’apprécie particulièrement le soin apporté au panier et au bandeau de navigation. Le logo est également très intéressant avec son fort contraste et la sophistication de sa typo.

Terminons avec The Verge, un site de test de gadgets :

Une page de contenu de The Verge

Autant la page d’accueil n’a que très peu d’intérêt, autant je suis littéralement stupéfait par la sophistication apportée à la mise en page des articles (ex : Kindle Fire Review ou Galaxy Nexus Review). C’est bien simple, je n’ai pas souvenir d’avoir croisé un site à gros volume de contenu avec une mise en page aussi agréable : parfaite lisibilité des paragraphes, belle combinaison de typos pour les titres et inter-titres, très bonne intégration des photos, beaucoup d’ingéniosité dans l’utilisation du menu latéral statique ou de la barre de haut de page. Bref, je suis réellement impressionné par le travail de maquettage réalisé, un modèle du genre (et les pages de comparaison ne sont pas en reste : Smartphone Comparison).

La suite le mois prochain…

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Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?

Le week-end dernier, j’ai essayé d’expliquer à mes petits garçons ce qu’est l’internet. Un exercice de style à priori pas si complexe, mais qui nécessite d’expliquer également ce que sont les ordinateurs et les contenus numériques. Je ne vais pas vous raconter ma vie privée, mais pour faire court, disons que je les ai perdus en route (pourtant j’avais fait des schémas et tout). Plus j’y repense, et plus je me rends compte que je n’aurais jamais dû m’enliser sur ce terrain glissant et me concentrer sur ce qui les intéresse réellement : les contenus. Ils se moquent bien de comprendre comment fonctionne un ordinateur ou même le WiFi, tout ce qui les intéresse, c’est le contenu (de préférence en rapport avec les Pokemons).

Ce qui me mène au sujet du présent article : Après 30 ans de domination des constructeurs d’ordinateurs et éditeurs de logiciels (Microsoft, HP, Dell, IBM…), l’hégémonie des acteurs traditionnels de l’industrie informatique est aujourd’hui remise en cause par de nouveaux entrants (Google, Amazon, SalesForce…). Pourquoi ? Car les ordinateurs sont devenus une commodité, un moyen d’accès aux services et contenus proposés sur le web. Bien évidemment nous avons toujours besoin de processeurs, de cartes mères, d’écrans, de claviers… mais la comoditisation de l’équipement informatique est un phénomène inaltérable. Pire : Malgré la baisse régulière des prix pour les rendre toujours attractifs, les ordinateurs sont perçus comme des outils de plus en plus ringards, et dispensables (La fin de l’ordinateur individuel est programmée).

En à peine quelques années, les smartphones et tablettes se sont imposés comme des alternatives tout à fait crédibles aux ordinateurs traditionnels : plus mobiles (en raison de leur encombrement et autonomie), plus rapides (allumage en quelques secondes), plus versatiles (grâce à l’interface tactile, à la connexion 3G, au GPS…) :

  • Les ventes des smartphones et tablettes ont dépassé celles des ordinateurs en 2010 ;
  • Windows vient de passer sous la barre des 50% des parts de marché des terminaux connectés ;
  • Les smartphones et tablettes représentent déjà 5% de trafic en Europe…

Bref, vous l’aurez compris, le marché est en train de basculer en faveur des alternatives aux ordinateurs, et cette tendance va s’accélérer pour le grand public tout comme pour le marché de l’entreprise avec la montée en puissance des smartphones low-cost, la disponibilité de contenus et services offrant des expériences novatrices (Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicaleVers de nouvelles expériences d’achat et de consultation) et les offres de cloud. Je suis persuadé de ne rien vous apprendre en disant que les usages des smartphones s’intensifient au détriment de celui des ordinateurs, je tiens néanmoins à insister sur le fait que les smartphones et tablettes ne sont qu’une première étape de déportation des usages vers un ensemble de terminaux alternatifs (tablettes, cloudbooks, TV connectées…).

Les grands gagnants de cette nouvelle configuration de marché sont Google, Amazon ou SalesForce. Bien évidemment les acteurs historiques ne sont pas encore condamnés, mais ils doivent fournir des efforts considérables pour ne pas se laisser distancer, à l’image de Microsoft et Apple qui investissent lourdement pour trouver un second souffle et préparer l’avenir (avec respectivement l’interface gestuelle de Kinect et l’interface vocale de Siri).

Vous avez du mal à vendre ? Louez !

Il y a encore quelques années, quand vous achetiez un ordinateur, les constructeurs essayaient de vous refourguer par tous les moyens un accès à internet, source de revenus récurrents. Aujourd’hui, la bataille de l’accès ne compte plus, le prochain défi sera de vous vendre un abonnement pour que vous puissiez accéder à vos contenus depuis n’importe quelle terminal. Microsoft, Google, Apple ou Amazon s’efforcent ainsi de s’imposer comme le fournisseur le plus légitime en matière de cloud personnel. De même, dans le monde de l’entreprise, on ne vend plus des licences, mais des accès à des services en ligne. Il y a quelque mois, Marc Andressen faisait sensation en publiant un article intitulé « Why Software Is Eating The World« , je pense que sa vision et la mienne se rejoignent : La valeur ajoutée ne se situe plus dans le matériel, mais dans les services et contenus. Oui, il est toujours possible de dégager de grosses marges avec du hardware, mais tout le monde ne s’appelle pas Apple. Il est ainsi moins risqué et plus rentable de miser sur la monétisation des contenus et services, plutôt que sur les moyens d’y accéder (et cette approche se vérifie aussi dans d’autres secteurs : Airbnb CEO: The future is about access, not ownership).

À la question « Est-ce la fin de l’ordinateur individuel ?« , je réponds un grand « oui« . Encore faut-il que l’on s’entende sur ce qu’est un ordinateur individuel : Nous parlons bien des ordinateurs traditionnels. Je fais ainsi le distinguo entre un ordinateur portable et le Chromebook de Google. D’un côté nous avons une machine avec un disque dur pour stocker des contenus et des logiciels, de l’autre, nous avons une interface entre des utilisateurs et des contenus et services en ligne. Certes, les ordinateurs traditionnels assurent pleinement cette fonction d’interfaçage, mais les chromebooks sont définitivement moins complexes à prendre en main, initialiser et maintenir. À l’image des tablettes comme l’iPad : on les allume et on profite.

Une vision hédoniste de l’outil informatique

« Profitez« , je pense que c’est bien là le maitre-mot : après des décennies d’humiliation, la patiente des utilisateurs est à bout, ils ne veulent plus s’embêter à installer les bons drivers, mettre à jour et paramétrer les logiciels, s’assurer que les protections anti-virus  sont opérationnelles… Les utilisateurs veulent devenir de simples consommateurs de contenus et services, et pour cela, ils sont prêts à faire des concessions : troquer de l’évolutivité et de la souplesse contre de la simplicité et de la tranquillité, même si cela implique de se rendre dépend de Apple ou Google. Qu’importe, après tout ce sont des marques cool, non ?

Pour résumer une longue explication, j’écrirais ceci : nous quittons l’ère où nous capitalisions sur l’outil informatique (avoir une machine robuste et évolutive pour qu’elle puisse durer plus longtemps) pour rentrer dans celui des contenus et services pervasifs (qu’importe le terminal d’accès, l’important est que je puisse accéder à mes fonctions sociales, ma musique, mes jeux… et ceux depuis n’importe où).

Quel impact pour les marques ?

La grande question que vous devez maintenant vous poser est la suivante : votre offre s’inscrit-elle dans cette tendance ? Pour pouvoir sereinement anticiper l’avenir proche, vous devrez ainsi vous assurer que :

  • Vos produits sont consultables et achetables dans n’importe quel contexte (principalement en mobilité), de même que votre service client ;
  • Vos contenus sont accessibles au travers de différents types de terminaux (pas que l’iPhone ou l’iPad) et ils offrent une valeur ajoutée propre à chacun des formats (intuitivité de l’interface tactile, largeur de l’écran d’une TV, localisation d’un smartphone…) ;
  • Vous proposez une expérience sans couture à vos clients qui consulter vos contenus et exploiter vos services à différents moments de la journée et sur différents supports.

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous convaincre de démultiplier les points d’accès, mais l’étude récente de Brand Online Commerce devrait vous aider à sauter le pas : Les smartphones et tablettes représentent 10% des visites des sites web de mode et produits de beauté ainsi que 7 % des ventes en ligne. Encore plus intéressant : le taux de transformation des ventes réalisées à partir d’un iPad est supérieur de 42% à celui des boutiques en ligne. Ces chiffres ne me surprennent pas, car ils illustrent une réalité du marché : Acheter en ligne est devenu un acte banal (froid et sans émotion), alors que les terminaux alternatifs proposent des expériences plus enrichissantes pour les clients et prospects, d’autant plus s’il y a du contenu à valeur ajouté (Upcoming Zappos iPad App Mimics a Fashion Magazine et L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo). Et quand bien même vous n’avez ni les moyens, ni l’organisation pour produire du contenu, les smartphones et tablettes offrent d’innombrables opportunités pour réenchanter votre expérience de marque, à l’image de ce qu’à fait Audi au Brésil :

Au final, même si la transition entre les ordinateurs personnels et les nombreuses alternatives (Chromebooks, tablettes…) va prendre un certain temps, de nombreux annonceurs se sont déjà approprié ces nouveaux supports et parviennent à générer de nouvelles opportunités d’affaires grâce à des scénarios d’engagement novateurs.

Même si aujourd’hui l’essentiel des interactions en situation de mobilité est issu des terminaux Apple (iPhone et iPad), les alternatives low-cost (Android, Kindle) et les nouveaux formats (tablettes 7″, TV connectées…) vont venir bouleverser l’ordre établi. En d’autres termes : Ne pensez pas être à l’abri avec vos applications iPhone et iPad, car vous n’avez parcouru qu’une toute petite portion du chemin menant au nirvana du monde numérique – des contenus et services pervasifs pour des clients connectés en permanence et en recherche de nouvelles expériences.

Réservez votre début du mois de décembre pour LeWeb et pour un Yulbiz à Paris

Comme chaque année au mois de décembre, le gratin du web mondial (et surtout de la Silicon Valley) se retrouve à Paris pour la grande conférence LeWeb, orchestrée de main de maitre par les époux Lemeur. L’édition 2011 va donc se dérouler du 7 au 9 décembre à Paris avec comme thème central le SoLoMo (Social + Local + Mobile, dont j’avais déjà parlé ici : L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo).

Pour celles et ceux qui viennent de sortir de la capsule Mars500 de l’ESA, LeWeb est l’évènement majeur du monde de l’internet à ne rater sous aucun prétexte, car non seulement vous pourrez y entendre les plus grands CEO (LeWeb’11 Speakers), mais également y croiser une faune incroyablement dense de startupeurs et autres acteurs du web francophone et européen. Si vous avez besoin de vous convaincre de la qualité des participants, je vous engage à lire mon compte-rendu de l’édition 2010 et à regarder les interventions de l’année dernière sur la chaîne YouTube.

LeWeb c’est également une compétition de startups avec des projets du monde entier (Meet the 32 finalists for LeWeb’s Start-up competition) dont vous pouvez apprécier les présentations sur la chaine YouTube : LeWeb’11 Startup Competition.

Comme chaque année, une petite délégation de blogueurs officiels sera là pour couvrir l’évènement : Les habitués comme Frédéric De VillalmilFrédéric Pereira, Christophe Ramel, Richard Malterre… Les québécois en folie (Claude Malaison, Michelle Blanc, Philippe MartinBenoit DescaryDamien Guinet…), et même mes associés Cédric et Romain. Vous pourrez retrouver les blogueurs officiels dans cette liste Twitter : Official Bloggers LeWeb’11.

Et comme chaque année également, nous organisons une rencontre informelle la veille de l’évènement (donc le mardi 6 décembre) dans un bar du centre de la capitale : Yulbiz Paris. L’inscription est gratuite et l’ambiance y est chaleureuse, donc n’hésitez pas à venir discuter avec nous.

À très bientôt.

L’actualité de mes autres blogs (octobre 2011)

Comme à chaque début de mois, je vous propose un récapitulatif des articles qui ont été publiés sur mes différents blogs le mois précédent.

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité IT et business en anglais sur mon blog Forbes :

Et tant que j’y suis, je vous recommande également la lecture des articles de mes associésCédric et Romain :

La suite le mois prochain.

Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

En moins de deux semaines, nous avons eu droit à une avalanche de nouveautés sur le créneau des smartphones : iPhone 4S, Droid Razr et Galaxy Nexus. Tous plus beaux les uns que les autres, les constructeurs semblent s’être lancés dans une course à l’armement : écran AMOLED, processeur bi-coeur, NFC, communication 4G, objectif de 8 M de pixels…

Les smartphones de dernière génération : iPhone, Droid Razr, Galaxy Nexus

Si cette débauche de technologie de pointe est très impressionnante sur le papier, elle pose néanmoins la question de la limite de la sophistication des smartphones. J’ai ainsi récemment acquis le dernier iPhone 4S, une petite merveille technologique qui est particulièrement performante pour les jeux. OK, mais à 850 Euros, c’est quand même le prix d’une Xbox 360, d’une PS3 ET d’une Wii !

Bref, tout ça pour dire que je pense que les smartphones sont en fin de cycle d’évolution : les constructeurs améliorent les caractéristiques techniques, mais ne proposent pas de réelles innovations d’usage. Quand vous regardez ce à quoi ressemblaient les smartphones il y a 10 ans (Infographie sur l’évolution des smartphones), vous vous rendez facilement compte que les smartphones ont déjà connu leur révolution, et je ne pense pas qu’ils en connaitront une autre. Un signe qui ne trompe pas : les deux principaux leviers de différenciation des constructeurs (4G et NFC) tentent de résoudre des problèmes qui n’existent pas réellement.

Depuis quand est-il compliqué de payer avec une carte bancaire ?

En matière de smartphone et de téléphonie mobile, le gros sujet du moment est le paiement mobile avec NFC. Les constructeurs et industriels font en ce moment d’énormes efforts pour nous faire comprendre que NFC et le smartphone sont la solution à notre problème de paiement. Heu… personnellement je n’ai pas de problème de paiement : je réalise mes achats avec ma carte bancaire (ça me prend 30 secondes pour payer) ou avec de l’argent liquide (il y a toujours un distributeur de billets pas très loin).

Je veux bien croire que depuis l’arrêt de Moneo il faut préparer l’arrivée d’une autre solution, mais force est de constater que les utilisateurs ne sont pas forcément demandeurs d’une solution intégrée aux smartphones. Visa, Mastercard, American Express, Google… unissent leurs forces pour évangéliser NFC en tant que moyen de paiement, mais c’est selon moi faire une fausse promesse car :

  1. NFC n’est qu’une norme de communication, il faut bien plus qu’une puce NFC dans un smartphone pour réaliser une transaction (Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?) ;
  2. Il existe de nombreuses alternatives, notamment d’autres normes de communication comme Bluetooth (The Mobile Payments Race Heats Up: Low Energy Bluetooth vs. NFC), les codes 2D (comme le proposent LevelUp ou Kuapay) ou NFC 2.0.

Vous pourriez me dire qu’ils existent quantité d’autres usages innovants que pourrait apporter NFC, et je serais bien d’accord avec vous : il existe quantité de domaines d’application potentiels dans les jeux (Nokia Launches New NFC-Enabled Games), le commerce local (BrandTable, NFC concept that will alter your food court experience) et tout un tas d’autres domaines (Near Field Communication: A Quick Guide to the Future of Mobile).

Illustration de l'usage de NFC

Le problème n’est pas de trouver des domaines d’application pour NFC, car il y en a des tonnes, mais de susciter l’adhésion du grand public. Loin de moi l’idée de jouer les vieux de la vieille, mais tous les scénarios d’usage décrits ont une proposition de valeur pas très éloignée de ce que proposait Ericsson au siècle dernier avec Bluetooth. Donc pour résumer : ce n’est pas parce que c’est techniquement possible que les utilisateurs l’adopteront. L’histoire regorge de technologies de pointe qui n’ont pas su trouver leur public.

Y a-t-il vraiment un problème avec la 3G ?

Autre grande bataille dans laquelle se sont lancés les opérateurs du monde entier : la course de vitesse pour déployer la 4G. Là encore, les industriels rivalisent d’ingéniosité pour nous vendre des scénarios d’usages plus proches du fantasme que de la réalité.  J’aime bien le foot, mais je ne vois pas l’intérêt de regarder un match entier en Full HD 3D sur un écran de 10 cm de large. Vous pouvez dire que je force le trait en jouant les rabats-joie, mais force est de constater qu’à part les travailleurs nomades (un marché de niche), la demande pour la 4G est plutôt faible.

Le problème n’est pas tant de savoir si l’on a besoin d’un débit important en situation de mobilité, que d’exploiter la 3G à son plein potentiel. Il existe déjà des offres très compétitives pour de la 3G+ (norme HSDPA) qui suffisent largement. D’autant plus qu’en matière de mobilité, l’important n’est pas le débit, mais le ratio entre débit et consommation d’énergie. De ce fait, les normes comme WiMAX sont à proscrire au profit de la norme communément admise (LTE) qui n’est pas réellement de la 4G, mais de la 3,9G. Rendez-vous compte : les opérateurs peinent à trouver des scénarios d’usage crédibles, et en plus ils ont la lourde tâche de nous vendre de la fausse 4G !

Il existe bien des usages comme la visio-conférence ou la vidéo HD, mais ils représentent une proposition de valeur trop faible pour justifier le prix du forfait. À mon sens, les deux seuls usages réellement intéressants sont la VoIP et les services liés au cloud computing. Autant je ne suis pas convaincu par Spotify ou Skype avec mon forfait actuel, autant ça pourrait m’intéresser avec un réseau 4G. Mais encore une fois, tout le problème est de faire se rencontrer la demande (les usages et services) avec la bonne offre (le prix des forfaits).

Vers une reconfiguration du marché

Comme nous venons donc de le voir, les innovations que les industriels veulent nous vendre (NFC, 4G…) ne correspondent pas à un réel besoin des utilisateurs, ni une réalité du marché. Si les smartphones sont en fin de cycle d’innovation, ils vont donc basculer dans la case « vache à lait » et devenir des produits de commodité, d’où l’intérêt de surveiller de près les smartphones low-cost.

Une autre solution serait de ne pas miser sur le matériel, mais sur le service. C’est ce que tente de faire Apple avec son nouvel assistant personnel Siri.

Siri, l'assistant personnel de l'iPhone

L’astuce n’est pas de rendre le téléphone plus intelligent, mais de lier le matériel à un service en ligne (l’iPhone ne fait qu’interpréter votre voix et envoyer une requête dans l’attente d’une réponse). À partir de là, libre à Apple d’enrichir Siri avec des applications et services tiers pour vous proposer une interface vocale réellement viable. Pour le moment ce fameux Siri est en mode beta et n’est (en théorie) pas connecté à d’autres services, même s’il est possible de contourner cette limitation : Remember the Milk and Siri on an iPhone 4S Work Together for Reminders.

Outre ce Siri qui fait déjà des émules (Iris Is Sort Of Siri For Android), les constructeurs de smartphones sont donc dans l’impasse. La solution sur laquelle ils semblent tous travailler est d’amener les clients sur les tablettes qui offrent de véritables innovations de rupture : Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicale. Sur le papier, la manoeuvre est mutuellement profitable : les clients retrouvent leurs marques et leurs contenus tout en bénéficiant d’une expérience enrichie, les industriels et opérateurs factures deux machines + deux forfaits + chaque application en double. Le problème est qu’il y a un fort taux de déperdition en route, la promesse des constructeurs est donc de vous proposer une expérience sans couture avec un système d’exploitation et un écosystème de contenus / applications unifié : iOS pour Apple, Android pour Google, BBX pour BlackBerry. Pour le moment Microsoft est encore en train de finaliser le lancement de Windows Phone, mais la convergence avec Windows 8 se précise petit à petit.

Selon ce schéma, Apple se taille la part du lion avec une part de marché écrasante en faveur de son iPad. Tout comme pour les smartphones, Apple défriche et Google récupère le gros du marché en propulsant les machines d’entrée de gamme. Une stratégie intéressante, car elle permet de toucher une population bien plus large (Quel sera l’impact des touchbooks low-cost ?). Mais sur ce coup là, ils devront composer avec Amazon qui vient jouer les trouble fête : Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle. Une solution serait de racheter Kobo (qui se positionne en concurrent direct avec son tout nouveau Kobo Vox), mais la marque appartient au groupe Indigo / Chapters, ce qui risque de poser un problème d’abus de position dominante.

Bref, la situation est loin d’être simple : les relais de croissance du segment des smartphones sont à la fois compliqués à mettre en oeuvre et coûteux à acquérir.

 Conclusion

Revenons à nos moutons et à la question que j’essayais de traiter en début d’article : les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ? Oui, j’en suis persuadé. Nous allons donc entrer dans une phase de rationalisation du marché et de comoditisation de l’offre. Autant vous dire que les marques qui sont encore en train de se poser la question de la pertinence d’une application iPhone ont intérêt à rapidement se décider, car le marché et les usages vont très rapidement évoluer.

Pour ceux qui ont déjà expérimenté une application pour smartphone, l’heure est maintenant à l’industrialisation de leur présence sur les terminaux mobiles. La prochaine étape consistera à s’intéresser de près aux tablettes et aux autres terminaux alternatifs, dont les TV connectées (entre autres).

Mes 3 sites coup de coeur (octobre 2011)

Comme chaque mois, je vous propose une sélection de trois sites qui m’ont tapé dans l’oeil. Ce mois-ci, la sélection est à majorité germanique, mais je ne saurais vous expliquer pourquoi…

Commençons avec Flaek, une marque de chaussure allemande :

La page d'accueil de Flaek

Beaucoup de sobriété sur cette page d’accueil qui privilégie avant tout la mise en avant des produits grâce à une photographie en pleine largeur. Sur cette photo en particulier il y a un petit problème de lisibilité, car le texte ne ressort pas forcément bien sur un fond noir, mais dans les pages intérieures c’est beaucoup mieux. Je vous engage d’ailleurs à cliquer sur les liens à droite de l’écran pour parcourir les différentes pages : la transition se fait avec un scrolling vertical du plus bel effet. Et tant que vous y êtes, faites donc un passage par leur blog.

Restons en Allemagne avec Amonda, une boutique de chapeaux et couvre-chefs en tous genres :

La page d'accueil d'Amonda

Là encore, la sobriété est de mise (euphémisme), mais vous noterez néanmoins des effets stylistiques discrets, mais de très bons goûts comme le relief de la barre de navigation ou son ombre portée. La grille de lecture est d’une parfaite rigueur, chaque élément bien aligné sur celui du dessus (à l’Allemande). La page est blanche, très blanche, mais les fonds de couleur du carrousel et des trois produits mis en valeur apportent juste ce qu’il faut de chaleur. Les produits, photos et logos en bas de page sont en prime très bien détourés. Bref, c’est propre et carré, tout ce que j’aime, jawohl !

Terminons avec Quarterly, un service assez déroutant. Le principe est de vous proposer une liste de personnalités (des gens travaillant dans la mode ou le design), à laquelle vous vous abonnez pour recevoir de leur part un objet tous les trimestres. Oui je sais, le principe est un peu déroutant, mais l’expérience doit être intéressante, à mi-chemin entre Think Geek et une AMAP.

La page d'accueil de Quarterly

Cette page d’accueil impressionne avant tout par la très bonne combinaison de couleurs (beige, marron clair et bleu), de même que le logo positionné au centre. Le service n’est pas évident à comprendre, mais le large bandeau apporte des explications claires et visuelles (vous pouvez le refermer en cliquant sur « Oh, I got it« . Les mini-portraits affichés directement sous les explications sont également porteurs d’une image sobre et sophistiquée, comme en témoignent la photo et le choix typographique. Vous apprécierez également la construction en trois colonnes que l’on devine avec l’alignement du lien « Contributors« , du second séparateur et de l’extrait du blog. Le fond de page à motif participe également à réchauffer le tout et donne un côté artisanal (ça ne vous rappele rien ?).

La suite le mois prochain.

L’actualité de mes autres blogs (septembre 2011)

Récapitulatif des articles qui ont été publiés sur mes différents blogs le mois précédent. Une actualité fortement dominée par le nouveau Facebook et plus récemment par l’arrivée d’une tablette chez Amazon.

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité IT et business en anglais sur mon blog Forbes :

Et tant que j’y suis, je vous recommande également la lecture des articles de mes associés Cédric et Romain :

La suite le mois prochain.

Vers de nouvelles expériences d’achat et de consultation

Voilà près de 15 ans que le web est disponible auprès du grand public. En 15 ans il s’est passé beaucoup de choses, mais pas tant que ça finalement. Regardez par exemple des sites comme Amazon ou Ebay, sont-ils véritablement différents de ce qu’ils étaient il y a 15 ans ? Certes, il y a bien eu des refontes (cf. Amazon et Ebay changent ENFIN de sites web), mais la logique de navigation et la présentation des offres est quasiment la même. La mise en page de ces deux sites est en effet directement héritée de ce qu’était le web à ses débuts : un média essentiellement textuel. Il y avait bien évidemment des images et des tableaux, mais la façon dont sont structurés l’information et les contenus n’a pas eu à évoluer, tout simplement, car ça fonctionnait bien et que les internautes s’y sont habitués. La priorité des éditeurs de contenus, fournisseurs de service et marchands en ligne a depuis le début été d’enrichir le contenu : Toujours plus d’articles, de fonctionnalités et de produits.

Nous sommes maintenant en 2011 (bientôt 2012), et le point de saturation est atteint depuis longtemps, aussi bien en terme de volume de contenus que de nombre de fonctionnalités. Bizarrement, les utilisateurs avertis n’en veulent pas plus, mais moins, car moins de contenus = plus de facilité à trouver l’information et moins de fonctionnalité = plus de facilité d’utilisation. En d’autres termes : Lassés par une course à la quantité, une partie des internautes sont maintenant à la recherche de qualité, et ils sont prêts à changer de crèmerie pour cela.

C’est sur ce postulat de départ que j’ai pu observer la montée en puissance d’une nouvelle catégorie de startups qui misent avant tout sur l’expérience utilisateur pour se différencier et prendre des parts de marché à des mastodontes que l’on croyait inattaquables. Nous ne parlons pas ici de remplacer Google ou Amazon, mais de parvenir à séduire une infime portion des utilisateurs (0,1 %) qui suffiraient à rembourser les investissements et assurer la viabilité de l’opération. Là où les acteurs historiques se sont fait les champions de l’exhaustivité et de l’efficacité, ces nouveaux acteurs prônent avant tout la simplicité d’utilisation, la scénarisation des contenus et le plaisir d’usage.

Pour moi tout à commencé avec cet article publié sur le Smashing Magazine où m’auteur dénonçait le manque d’originalité dans la mise en page dans blogs : The Death of the Boring Blog Post. Puis nous avons vu arriver Cooliris, une technologies d’enrichissement d’affichage : Le web dans un écrin avec Cooliris. Perçu comme un gadget, voire comme une aberration ergonomique à son lancement, ce plugin a néanmoins su imposer sa vision : Cooliris, A Web Browsing For The 22nd Century.

Plus récemment, j’ai pu observer une vague de nouveaux services proposant une expérience beaucoup plus qualitative que les acteurs traditionnels, et ceux quel que soit l’activité :

  • Qwiki, qui propose une interface de recherche révolutionnaire qui met une sacrée claque à Google (Qwiki inaugure l’avenir de la recherche sur terminaux alternatifs) ;

    Qwiki
    L'interface de recherche de Qwiki
  • Flipboard, une application iPad qui reformate les articles des autres et vous fait vite oublier votre Yahoo! News ;

    Flipboard
    Votre magazine personnel sur votre iPad avec Flipboard
  • Discover, une autre application iPad qui donne un coup de jeune aux articles de Wikipedia ;

    Cooliris discover
    Wikipedia dans votre iPad avec Discover
  • Hipmunk, un moteur de recherche de billets d’avion à l’esthétique ultra-séduisante qui ringardise les Opodo et autres eBookers (Hipmunk, la nouvelle référence de la recherche de vol) ;

    Hipmunk
    L'interface de recherche de Hipmunk
  • Think Quarterly, la revue mensuelle de Google UK qui ridiculise les newsletters ;

    ThinkQuarterly
    La superbe ergonomie éditoriale de Think Quarterly
  • Yoyo, la toute nouvelle boutique en ligne d’Amazon qui apporte un grand bol d’air très frais au commerce en ligne ;

    YoYo
    La nouvelle boutique en ligne de jouets d'Amazon
  • BankSimple, un nouveau concept d’intermédiaire bancaire qui vous redonne envie de consulter vos comptes en ligne.

    Banksimple
    La nouvelle interface bancaire de BankSimple

Recherche, information, tourisme, commerce en ligne, banque… tous les secteurs d’activité sont potentiellement concernés par cette « remise à niveau qualitative ». Certains des exemples cités précédemment sont des expérimentations lancés par les acteurs historiques eux-mêmes, mais d’autres sont des nouveaux entrants, voire de simples intermédiaires. Et c’est très certainement ça qui m’interpelle : Outre Amazon qui mène des expérimentations intéressantes, comment se fait-il que des acteurs aussi puissants que des banques ou des moteurs de recherche de billets d’avion soient incapables de se remettre en question et de proposer une expérience en ligne plus enrichissante ? Et je ne parle pas que d’Axa Banque dont l’interface de consultation de comptes n’a pas évolué depuis plus de 10 ans. 10 ANS !

En fait il n’est pas tant question de tout casser et de faire la révolution, mais plutôt de miser sur les deux tableaux en capitalisant d’une part sur une interface sobre et efficace qui génère 99,9% du business, et une ou plusieurs interfaces alternatives pour séduire les utilisateurs les plus exigeants ou les plus blasés. C’est notamment ce que cherche à faire des acteurs comme CNN qui a racheté Zite (un concurrent de Flipboard), ou encore Engadget qui propose Distro!, une application iPad de compilation et lecture de ses meilleurs articles.

Capitaliser sur l’existant pour augmenter les barrières à l’entrée et expérimenter une expérience plus qualitative, c’est exactement ce qu’essaye de faire Google avec son tout nouveau Product Search.

GoogleProductSearch
La nouvelle interface de recherche de produits de Google

Si Amazon et Google sont passés à l’action, il est largement le temps que vous vous y mettiez également avant que des petits malins ne viennent grignoter vos parts de marché. La période est d’autant plus propice que la technologie évolue dans le bon sens (HTML5, 3D, tablettes…), à vous de saisir cette opportunité et de repenser l’expérience de vos contenus et services. Faites-vous plaisir, faites également plaisir à vos utilisateurs / lecteurs !

Mes trois sites coups de coeur (septembre 2011)

Comme tous les mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont tapé dans l’oeil. Je ne serais pas vous expliquer pourquoi, mais la sélection de ce moi-ci a été draconienne tellement il y avait de candidats.

Commençons avec Square, le fameux service de paiement par smartphone :

Square
La page d'accueil de Square

Un bel exemple de site minimaliste puisqu’il n’a qu’une seule page, ou plutôt un seul gabarit avec des contenus adaptés en fonction des cibles. La mise en page est très simple, mais terriblement efficace : une illustration à droite, la promesse, le formulaire et les éléments de réassurance à gauche. La hiérarchisation de l’information au sein du cadre est particulièrement soignée avec des titres et accroches qui ressortent bien, une densité de l’information facilitant la lecture et la concentration de l’attention. Bref, c’est tout bon.

Poursuivons avec Teechan+lax, une agence web US :

TeehanLax
La page d'accueil de Teechan+lax

Le découpage en 3 blocs permet de bien cloisonner les unités d’information (navigation, promesse et publications) et le choix des couleurs facilite le repérage et la lisibilité. J’apprécie particulièrement la vidéo floutée et sont effet hypnotisant qui permet d’attirer le regard sur la promesse. Même si la vidéo est en fait une boucle d’à peine 10 secondes, j’ai vraiment cru qu’ils avaient branché une webcam dans les bureaux !

Terminons avec Pancake, un service en ligne de gestion commerciale et facturation :

Pancake
La page d'accueil de Pancake

Là encore, le découpage en trois zones permet de dissocier la navigation, la promesse et explications, et le détail des fonctionnalités. Vous noterez au passage l’association judicieuse du visuel et des typos pour attirer l’attention sur la promesse au centre de l’écran (les espaces vides autour participent également) de même que la mise en scène du bouton d’action et du prix. Rien de très révolutionnaire dans cette page, mais une belle exécution et une grande cohérence dans les traitements graphiques.

Comme j’avais beaucoup de « candidats », je vous donne également les autres URLs que j’avais mises de côté et que je laisse à votre libre appréciation : Seamless, Fork CMS, 89Bytes et Skinnyo.

La suite le mois prochain…

L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo

Ces derniers temps le nouveau buzz word à la mode semble être « SoLoMo » (Social + Local + Mobile). On ne parle plus que des services intégrant les composantes sociales, mobiles et locales. OK très bien… mais si l’avenir de l’internet est au SoLoMo, pouvez-vous m’expliquer pourquoi Facebook abandonne ses fonctions Places et Local Deals, et pourquoi Groupon retarde son introduction en bourse ? La vérité est qu’encore une fois le marché s’emballe pour une notion « tarte à la crème » qui mérite quelques clarifications.

Si je ne remets pas en cause le potentiel disruptif de la mobilité ou des médias sociaux (au contraire puisque j’édite deux blogs sur ces sujets : MediasSociaux.fr et TerminauxAlternatifs.fr), je vous propose néanmoins de décortiquer ce qui se cache derrière le SoLoMo pour mieux en appréhender les enjeux et les limites.

Comment faire du social quand tout est social ?

Voilà maintenant plus de 4 ans que l’on parle des médias sociaux. En à peine 5 ans, des services comme Facebook, YouTube ou Twitter se sont imposés comme les nouveaux rois de l’audience. La déferlante sociale a été tellement puissante qu’elle a profondément modifié les habitudes des internautes (consultation et consommation). OK très bien… une fois que nous avons dit cela, il nous reste à apprivoiser l’éléphant dans la pièce : Facebook. J’ai déjà écrit beaucoup de choses sur Facebook (cf. Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook) qui reste de loin la plateforme sociale la plus visible du marché. En conséquence de quoi, tous les annonceurs veulent ouvrir une page et amasser des fans. Problème : Lorsque que vous souhaitez développer une présence sur Facebook, vous rentrez dans en compétition pour l’attention de vos cibles avec leurs proches (famille, amis…), des marques mythiques (Nike, Starbucks…) et des stars planétaires (Justin Bieber, Lady Gaga…). Comment exister face à cette concurrence déloyale ? Même si dans la majeure partie des cas une présence sur Facebook est une étape obligatoire, la dure réalité est que l’intensité concurrentielle est y tellement forte que ce support en devient difficilement exploitable, à moins de distribuer des bons de réduction ou des cadeaux toutes les semaines, mais nous savons tous que cela biaise fortement la relation prospects / marques.

Vous pourriez alors être tenté de déporter la bataille de l’attention et d’exploiter les mécanismes de délégation d’authentification (Facebook Connect & cie) pour profiter du graph social de vos visiteurs sur votre site, mais là encore, vous êtes loin d’être les seuls : La majorité des gros sites exploitent déjà les social widgets de Facebook. Idem pour d’autres plateformes comme Twitter ou YouTube qui ont déjà été prises d’assaut par les plus grandes marques.

Au final, le levier social ne fonctionne plus réellement en tant qu’avantage concurrentiel, car toutes les grandes marques l’exploitent déjà (avec plus ou moins de succès). Si vous souhaitez réellement tirer un bénéfice notable des médias sociaux, il faudra envisager un dispositif bien plus ambitieux qu’une campagne virale ou une opération de recrutement de fans. Entendons-nous bien : Le problème n’est pas tant la portée des campagnes sur les médias sociaux que leur intérêt dans une approche plus industrielle de l’installation de votre marque sur les médias sociaux.

Pour pouvoir vous démarquer de la concurrence et tirer un bénéfice durable des médias sociaux, il va nécessairement falloir décloisonner l’initiative de la présence de votre marque de son département d’origine (marketing, communication…) et mobiliser un plus grand nombre d’acteurs internes (CRM, Support clients, Qualité, RH, DSI…) pour faire des médias sociaux un chantier transverse auquel tout le monde va contribuer et dont tout le monde va pouvoir bénéficier. Appelez ça comme vous voulez (Social CRM, Social Business…), moi j’emploierais plus volontiers le terme « passer la seconde« . Maintenant que les plus grandes marques, médias et institutions ont passé le pied à l’étrier, il va falloir aller plus loin pour se démarquer. Certes, c’est un chantier de longue haleine, mais il finira par payer. Un bon commencement serait de rapprocher votre dispositif d’écoute (social monitoring) des indicateurs de suivi d’audience (web analytics) et de votre programme de fidélité (CRM).

La mobilité ne concerne pas que les smartphones

Idem pour la dimension mobile : Ne pensez pas être tiré d’affaire avec votre application pour iPhone. Même si les taux de croissance sont très encourageants, les possesseurs d’iPhone ne représentent qu’une petite part des mobinautes. Il faut ainsi compter avec les utilisateurs de feature phones et de smartphones alternatifs tournant sous Android, Blackberry ou Symbian. Ceci est d’autant plus vrai que les parts de marché de l’iPhone s’érodent petit à petit face aux smartphones low-cost.

Autre point d’attention : Les smartphones ne sont qu’une première étape vers d’autres terminaux alternatifs. Les tablettes et autres TV connectées vont également monter en puissance et vous forcer à revoir entièrement votre copie (Et on reparle de la conception multi-écran). Faut-il dès maintenant bazarder votre site web et lancer un grand chantier de refonte ciblant l’ensemble des terminaux alternatifs du marché ? Non, pas pour le moment. D’une part, car le marché est extrêmement instable (il va se passer beaucoup de choses d’ici à la fin de l’année) et d’autre part, car cela vous forcerait à tout sous-traiter. Or, si vous sous-traitez, vous perdez la compétence et la compréhension.

Le meilleur moyen de vous préparer à cette transition est donc de progressivement sensibiliser vos équipes internes aux enjeux et contraintes des terminaux alternatifs afin de repenser à la fois l’offre et le modèle économique pour pouvoir profiter pleinement des opportunités offertes. Encore une fois j’insiste sur le fait que lancer une application iPhone n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. Tout comme les médias sociaux induisent de profonds changements dans la relation client, la gestion de l’image de marque et la collaboration interne (cf. Social Business Design = Web 2.0 + Médias sociaux + Entreprise 2.0), la montée en puissance de la mobilité et des terminaux alternatifs va vous forcer à revoir à la fois votre stratégie de communication, votre modèle économique et votre processus interne (nous pourrions ainsi théoriser sur du Mobile Business Design).

Business local : La poule aux oeufs d’or qui perd ses plumes

Troisième volet du SoLoMo : La dimension locale. Véritable passerelle entre le monde numérique en ligne et le mode réel, la dimension locale est censée démultiplier les points de contact, les opportunités d’affaires et fidéliser les clients à vie. En à peine 3 ans, des sociétés comme Groupon ont connu une croissance fulgurante avec un modèle économique reposant sur les coupons de réduction géolocalisés. Véritable eldorado de l’année 2010, les sites de local deals font aujourd’hui triste mine, car la concurrence est trop forte et la promesse trop faible. En un mot comme en cent, la sauce ne prend plus.

La déconfiture boursière de Groupon et ses ambitions boursières gâchées (Is Groupon killing its IPO, or is it dying of natural causes?) ne doivent néanmoins pas vous faire sous-estimer le potentiel de la dimension locale. Il y a effectivement de très nombreuses opportunités à saisir au travers d’un ancrage local, mais pas pour tout le monde (The Truth About Groupon: Yes, It Can Make Money – No, It Won’t Be Easy). Les réseaux sociaux de proximité sont ainsi d’incroyables catalyseurs d’interactions sociales localisées et d’opportunités d’affaires, mais leur implantation effective demande beaucoup plus d’efforts qu’une simple viralisation des coupons via Facebook. J’accompagne depuis maintenant près de 3 ans la société Ma-Residence.fr, et je peux vous assurer que l’ancrage durable du service dans une ville demande des moyens et des efforts considérables (une équipe de plusieurs dizaines de personnes pour une seule ville).

Alors oui, je sais qu’il existe de très beaux exemples de camions vendeurs de sandwichs qui font une utilisation maline de Twitter, de même qu’il existe de belles histoires de bars fidélisant leurs clients les plus assidus sur Foursquare, mais la mise en oeuvre d’une dimension locale de vos campagnes ou offres au travers des médias sociaux n’aura qu’une portée très limitée si elle n’est pas intégrée dans une stratégie plus large. Là encore, l’idée n’est pas de choisir le meilleur support (Foursquare ou Gowalla ?), mais de repenser votre relation client, vos offres et vos processus en fonction d’un ancrage local.

Les contenus sont la pierre angulaire d’une présence durable et d’activités viables

Nous en venons donc à LA question : Sur quoi faut-il miser ? Selon moi la réponse est très simple : des contenus de qualité. Internet est en effet un média dont l’utilité repose sur la richesse et la diversité des contenus. Investir dans des contenus, c’est miser sur ce qui a fait et continuera à faire le succès de l’internet.

Avec du contenu de qualité, vous pouvez :

  • Raconter de belles histoires pour donner de la consistance à votre marque (brand content) ;
  • Valoriser vos produits (images et vidéos de qualité, descriptifs complets) ;
  • Fidéliser vos clients (consumer magazines) ;
  • Améliorer votre référencement, donc votre efficacité marchande ;
  • Initier des interactions sociales (relais d’exposition et discussions) ;
  • Prolonger le temps d’exposition et multiplier les points de contact (notamment au travers de consultations via des terminaux mobiles) ;
  • Développer de nouveaux services ou diversifier vos revenus…

Bref, sur internet les contenus sont à la base de tout, pas de contenu => pas de business. Et ce n’est très certainement pas une application iPhone, une page Facebook ou des coupons de réduction localisés qui vont compenser cette carence. Quand on y réfléchit bien, les contenus sont l’ingrédient principal d’une relation durable avec vos clients, une relation profitable qui ne repose pas sur la recherche du prix le plus bas.

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur l’importance du contenu, et la récente (et fortement intéressante) étude Wave 5 Trends de GlobalWebIndex me conforte dans cette idée avec la mise en évidence des tendances suivantes : The Rise of the Lean-Back Web, Facebook Fatigue et A Renaissance for Professional Media. Vous noterez que cette étude mentionne également d’autres tendances qui confortent mes opinions exprimées plus haut : The Packaged Internet et The Social Brand.

Pour conclure, je préciserais une nouvelle fois que je ne remets pas en cause le potentiel disruptif de la mobilité ou des médias sociaux, je vous mets simplement en garde contre des arbitrages malheureux pouvant découler d’une mauvaise interprétation du SoLoMo. Selon moi, votre priorité doit être de capitaliser sur du contenu de qualité. Une fois cette première étape validée, vous aurez tout le loisir de l’exploiter / le valoriser sur le web et au travers de différentes dimensions sociales, locales et mobiles.