Interviews lors de la Digital Marketing Journey 2013

Pour compléter mon compte-rendu de la Digital Marketing Journey 2013, je vous propose cette série d’interviews réalisées de mains de maître par Olivier. Comme pour la précédente édition, l’exercice consistait à poser trois questions aux différents intervenants de cette manifestation :

  • Lubomira Rochet, directrice générale de Valtech
  • Thierry Happe, fondateur de NetExplo
  • Matthieu Tanguy, directeur marketing de Sosh
  • Ilan Benhaim, directeur de la stratégie et de l’innovation de Vente Privée
  • Pierre Casanova, DG d’Adobe France
  • Odile Szabo, directrice marketing opérationnel chez PriceMinister
  • Loic Lemeur, entrepreneur expatrié
  • John Watton, director digital marketing chez Adobe

Première question, et pas des moindres : “Comment définir le marketing digital ?“.

Deuxième question : “Quels sont les enjeux de la transformation du digital pour les entreprises ?“.

Troisième question : “Quelles grandes tendances pour 2014 ?“.

Comme vous pouvez le constater, il n’y a pas deux réponses pareilles. Ceci est pour moi la meilleure illustration des transformations que les pratiques et métiers du marketing sont en train de traverser (cf. Quels enjeux et évolutions pour le marketing digital ?).

Un grand merci aux personnes interviewées qui ont donné de leur temps, et un grand bravo à Olivier qui a porté le matos ;-)

Compte rendu de la Digital Marketing Journey 2013

Tout le gratin du marketing digital s’était donné rendez-vous au Pavillon Royal pour la deuxième édition de la Digital Marketing Journey organisé par Adobe. Comme chaque année, une journée consacrée au marketing digital et à la maturation des pratiques. Et comme chaque année, la tâche est ardue, car la transformation des métiers liés au marketing et digital s’accélère, et, car les pratiques se diversifient (cf. Quels enjeux et évolutions pour le marketing digital ?).

Grosse affluence à la Digital Marketing Journey d'Adobe
Grosse affluence à la Digital Marketing Journey d’Adobe

Les transformations du marketing digital

Pierre
Pierre Casanova à la Digital Marketing Journey

Introduction par Pierre Casanova sur les tendances actuelles du marketing digital :

  • Une étude récente montre que moins de la moitié des marketeurs sont confiants dans leurs compétences à bien appréhender ses transformations (Digital Distress: What Keeps Marketers Up at Night?) ;
  • Les problèmes usuels des entreprises (rigidité, organisation en silos…) pèsent de plus en plus sur la relation client ;
  • La nouvelle mission d’Adobe est d’aider les marques à optimiser les dernières millisecondes d’un client / prospect en ligne ;
  • La multiplication des canaux et des terminaux implique nécessairement une explosion des contenus (ou des instances de contenus), donc une plus grande complexité dans la gestion de leur cohérence ;
  • Avec la diversification des points de contact, le client n’est plus à un clic de la concurrence, la situation est beaucoup plus complexe à appréhender ;
  • Les prochains enjeux sont la gestion de la cohérence de l’expérience de marque et la mesure de la performance dans un contexte multi-terminaux / canaux.

Les dernières tendances de la Silicon Valley

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Loïc Lemeur à la Digital Marketing Journey

Loic Lemeur nous a fait l’honneur de sa présence pour nous parler des nouvelles tendances digitales :

  • Déconnexion et méditation pour lutter contre l’infobésité et les sursollicitations liées aux médias sociaux (ex : séminaires Digital Detox) ;
  • Création de communautés hors-ligne (ex : Le créateur de Zappos qui réaménage le centre-ville de Las Vegas ou le Summit Eden dans l’Utah) ;
  • Réduction des frictions du quotidien (ex : des applications / services mobiles comme Uber ou Hotel Tonight) ;
  • Éducation en ligne avec l’explosion des MOOC (Coursera, Khan Academy) et des plateformes d’apprentissage comme Codecademy ;
  • Le mouvement des Makers avec les fab labs, les imprimantes 3D et le retour sur le devant de la scène de l’artisanat ;
  • Les objets connectés (cf. Les objets connectés à l’assaut des maisons) ;
  • La révolution des transports (ex : Tesla ou Hyperloop, véhicules autonomes…) ;
  • Le quantified self et les vêtements connectés (Loïc nous a d’ailleurs fait une démonstration en direct de ses Google Glass, qu’il considère comme son troisième écran) ;
  • Les assistants personnels (ex : Siri, Google Now) ;
  • Les contenus courts (ex : Vine, SnapChat, Voxer…) ;
  • L’économie du partage (un terme que je préfère à « économie collaborative » qui peut porter à confusion) ;
  • De nouveaux intermédiaires financiers (ex : Paypal, Square, Bitcoin…) ;
  • L’engagement citoyen des marques (ex : un produit donné aux nécessiteux pour un produit acheté) ;
  • De nouvelles façons de manger ou de faire les courses (ex : Munchery) ;
  • Prépondérance du design et de l’expérience utilisateur.

Le diaporama est disponible sur Slideshare : Silicon Valley Trends. Tout ceci est très intéressant, même si le contexte de la Silicon Valley est… décalé pa rapport aux réalités du marché français (euphémisme).

La nouvelle vie du digital marketeur

Julien Nahon
Julien Nahon à la Digital Marketing Journey

Julien Nahon sur les nouveaux outils / besoins des marqueteurs :

  • Le cloisonnement des solutions est un gros problème, car les enseignements et mesures de la performance ne sont pas synchronisés ;
  • Les tableaux de bord jouent un rôle crucial pour agréger l’information et donner accès aux outils (cela accélère la prise de décision et réduit les erreurs d’interprétation) ;
  • Démonstration de la fonction d’analyse d’anomalies en fonction des prédictions de trafic / ventes / activité (cf. 5 Questions on the next version of Adobe Analytics) ;

    Anomaly-detection
    L’interface d’analyse d’anomalies
  • Les phénomènes viraux générés par les médias sociaux (good ou bad buzz) imposent aux marques de réagir au plus vite pour en profiter ou limiter l’impact (théorie du agile marketing) ;
  • Démonstration des capacités prédictives des outils Adobe Social / Media Optimizer et des recommandations qui vont avec (cf. Adobe Updates Its Social Marketing Tools To Predict The Popularity Of Your Facebook Post).

    AdobeDMJ-5
    Interface de Media Optimizer

Tout ceci me conforte dans l’idée que le marketing digital s’oriente vers une gestion beaucoup plus “technique” des campagnes et que l’on va laisser de moins en moins de place à l’intuition et à l’improvisation.

Comment le digital a transformé le marketing de BNP Paribas Personal Finance

Témoignage sur les transformations des métiers de la banque
Témoignage sur les transformations des métiers de la banque

Thierry Happe de l’Observatoire Netexplo et Agnès Gerbaud-Seuret, en charge du digital chez BNP Personal Finance, à propos de la transformation des métiers et pratiques du marketing avec le digital :

  • Les pratiques bancaires au quotidien sont fortement impactées par les leviers de transformation de ces dernières années (médias sociaux, terminaux mobiles…) et par les suivants (objets et TV connectés, agrégateurs de services financiers…) ;
  • Les enjeux de la transformation digital dans la banque : multi-canaux, terminaux alternatifs, dématérialisation des documents / signatures, délégation de l’authentification…
  • Très gros travail de simplification des formulaires et simulateurs en ligne pour la filiale allemande (avec un impact très positif sur le taux de transformation : +40%) ;

    Les modifications apportées aux formulaires de la BNP en Allemagne
    Les modifications apportées aux formulaires de la BNP en Allemagne
  • Le digital touche tous les métiers du marketing, créé de nouvelles fonctions et impose la création de nouvelles offres et modèles de distribution ;
  • Autre gros changement avec le rapprochement imposé du marketing et de la technologie pour pouvoir itérer et progresser plus rapidement.

Effectivement, j’imagine que les métiers et pratiques marketing de la banque ont besoin d’un gros dépoussiérage.

Innovation digitale : Socle de la qualité et du développement

Ilan au Digital Marketing Journey
Ilan Benhaim au Digital Marketing Journey

Intervention d’Ilan Benhaim de Vente-Privee sur l’état de la distribution en ligne :

  • Le digital a permis de créer un modèle gagnant / gagnant pour les marques et les discounters (seule une minorité de commerçants en ligne est rentable) ;
  • Pour vendre en ligne, les photos doivent être d’une qualité irréprochable, car on ne peut pas toucher les produits (“sur internet on n’achète pas des produits, on achète des photos“) ;
  • Transformation en cours chez Vente-Privee = triplement du CA en 5 ans, 19 M de membres et explosion des transactions sur terminaux mobiles (42% des ventes sont réalisées au travers de l’application mobile) ;
  • Impossible d’avoir une boutique physique avec autant de trafic que Vente-Privée (2,5 M de visiteurs par jour = 30 Stades de France) ;
  • 100.000 ventes par jour = 2,4 M d’internautes qui n’achètent pas !
  • La marge est directement liée à la capacité de croissance et d’innovation sur le catalogue produit” ;
  • Une des clés de la rentabilité est de ne pas posséder de stock => compenser des délais de livraison par des prix plus bas ;
  • 600 personnes sont impliquées dans la production de contenu, c’est la prix à payer pour maximiser la qualité et ne pas avoir à faire de compromis ;
  • La satisfaction est la clé de la rentabilité (fidélisation = ne pas avoir à payer à nouveau pour acquérir un client) ;
  • Comment être rentable alors que 20% du C.A. est utilisé pour de la création de trafic, que la logistique est sous-traitée et que le taux de conversion dépasse rarement le 1% ?
  • Le commerce en ligne ne représente que 5% du montant total de la distribution, ceci n’illustre pas l’échec des distributeurs en ligne, mais le potentiel de croissance du secteur (les distributeurs classiques ne s’y sont pas encore réellement mis) ;
  • L’avantage des distributeurs est qu’ils n’ont pas à payer pour exister dans le quotidien des clients, ils ont la capacité à générer leur propre trafic ;
  • La compétition ne se fait pas entre gros et petits acteurs, mais entre rapides et lents ;
  • Citation du CEO de Mark & Spencer : “Le consommateur n’est plus le roi, c’est le maître de l’univers” ;
  • Le secteur-clé de l’innovation dans la distribution : la transformation au travers de la recherche (surtout sur terminaux mobiles), de la scénarisation des produits et de la confiance.

Une intervention pleine de bon sens qui démontre bien le savoir-faire de Vente Privée en matière de commerce en ligne.

Mettre en place une stratégie web to store efficace

Intervention de xx à la Digital Marketing Journey
Intervention de Thibault Gosse à la Digital Marketing Journey

Atelier avec Thibault Gosse de SFR :

  • La marque SFR doit gérer 5 points de contact (boutiques, site web, application mobile, call center et techniciens) ;
  • 9 achats sur 10 en point de vente ont été préparés sur le web (la plus grosse partie des interactions ont lieu avant l’entrée du client en magasin) ;
  • Selon une étude BVA, 63% des acheteurs effectuent une recherche d’information sur le web avant d’acheter ;
  • Le web to store n’est pas une stratégie ou une tactique marketing, c’est un état de fait (une réalité) ;
  • Il n’existe pas une, mais plusieurs approches (store / product locator, shopping assistant, click & collect, coupons, geo-discount…) ;
  • Exemples de solutions dans le cas du store locator : prise de RDV en ligne, indication des heures creuses pour éviter l’attente, lister les pièces nécessaires à l’ouverture d’une ligne…) ;
  • Exemples de services à valeur ajoutée pour le product locator : disponibilité et prévisions de disponibilité (réapprovisionnement) ;
  • Le click & collect est une option de livraison pratiquée depuis longtemps, la prochaine étape est le crowd collect ou le crowd delivery (réception et livraison de produits par les clients eux-mêmes, modèle que Wallmart est en train de tester) ;
  • Plus personne ne prédit la mort des magasins physiques, nous sommes plus dans une logique de ré-évaluation de la valeur des différents canaux (en fonction de leur contribution à la vente) ;
  • Les leviers pour faciliter l’achat d’impulsion = mémorisation du panier, paiement rapide, avis clients, click & collect…
  • La digitalisation des coupons permet de pousser la personnalisation à l’extrême (et de faire de la mesure individuelle de performance) ;
  • Idem pour le géo-discount qui permet de générer des offres locales et éphémères en fonction du score du client (prochaine étape =, car to store) ;
  • Deux gros enjeux de l’implémentation multi-canal = tracking en / hors ligne des prospects / clients (l’accès au wifi gratuit en point de vente peut y contribuer), et transformation (ré-orchestrer les parcours et les dialogues de vente en cassant les silos) ;
  • Prochain défi de la mesure = un modèle d’attribution qui va calculer la contribution de chaque canal pour une vente, et en démontrer l’intérêt.

Une intervention particulièrement intéressante, car elle nous donne des exemples concrets de pratiques par un grand réseau de distribution.

Réinventer l’expérience digitale en exploitant les contenus numériques

Intervention
Intervention de la Fondation Louis Vuitton à la Digital Marketing Journey

Retour d’expérience de la Fondation Louis Vuitton pour la mise en oeuvre d’un système d’information d’un nouveau genre :

  • Un projet très ambitieux de création d’un musée d’art contemporain à Paris (dans le Bois de Boulogne), avec la création conjointe d’un système d’information “contemporain” ;
  • De très gros enjeux autour du patrimoine numérique (oeuvres nativement numériques, sauvegardes numériques d’oeuvres physiques, patrimoine média) ;
  • Les NTIC ouvrent d’innombrables possibilités dans l’’art contemporain, mais complexifient le rôle d’un musée, notamment en ce qui concerne l’évolution d’une oeuvre, sa conservation et ses reproductions ;
  • Le volume de données avec la vidéo HD et bientôt la 4K va poser de gros problèmes de stockage et surtout de distribution multi-canal ;
  • Une cartographie applicative très complexe qui va de la billetterie dématérialisée à la diffusion des oeuvres ;

    Cartographie
    Cartographie applicative du S.I. de la Fondation Louis Vuitton
  • Le coeur du S.I. est le DMAM (Digital Media Asset Manager) autour duquel gravitent la plateforme d’échange, le moteur d’indexation et l’outil de gestion de contenu (Experience Manager, anciennement CQ) qui va distribuer les contenus sur les différents canaux ;
  • Ils n’ont pas pu exploiter le Creative Cloud d’Adobe, car cette offre n’existait pas au démarrage du projet, mais ils en mesurent maintenant l’importance et surtout l’intérêt d’avoir une gestion centralisée des sources à la fois robuste et flexible (ils utilisent Oodrive) ;
  • Ils ont 5 niveaux d’espace de stockage (plus ou moins rapide) pour optimiser les coûts ;
  • Les prochains chantiers : signalétique dynamique, assistants de visite numérique pilotés par le DMAM et dispositifs pédagogiques (serious games…).

Tout ceci me rappelle un projet de musée numérique lancé par Adobe il y a quelques années, mais qui a été fermé depuis (le Adobe Museum of Digital Media, cf. Flash au musée avec Monet et Adobe).

Encore une journée très dense, avec des points de vue variés et des témoignages enrichissants. Il va me falloir quelques jours pour digérer tout ça, mais plus que jamais, je constate une très forte disparité dans l’appréhension de ce qu’est la fonction marketing et les responsabilités des marketeurs. Cette disparité ressort d’ailleurs de façon évidente dans les différentes interviews que j’ai pu faire, et qui seront en ligne ce WE.

À suivre…

Quels enjeux et évolutions pour le marketing digital ?

Suite à une première édition très réussie, je réitère cette année ma participation à la Digital Marketing Journey d’Adobe qui se tiendra le 14 novembre prochain à Paris. Cet évènement est l’occasion de faire le point sur les pratiques du marketing digital et plus généralement de s’intéresser aux dernières évolutions en matière de branding, performance ou fidélisation.

L’édition précédente avait été l’occasion pour moi de mener un petit travail d’introspection sur la définition même du marketing. Une réflexion qui m’avait permis de conclure que la fonction marketing au sein d’une entreprise avait fortement évolué au cours des années et que l’on devait recentrer la mission d’un département marketing sur l’amélioration de la compréhension du marché  et de la connaissance client. La genèse de cette conclusion est assez simple : « faire du marketing » est un terme qui ne signifie plus rien tant il est devenu fourre-tout, surtout à l’air du digital. D’où la nécessité d’extraire la composante digitale pour la répartir dans tous les départements / business units, et répartir les responsabilités de façon plus logique : le taux de transformation au département commercial, la satisfaction / fidélisation au département CRM, la gestion de l’image de marque au département communication…

En préambule de la seconde édition des Digital Marketing Journey, j’ai eu l’occasion de discuter avec deux hauts responsables d’Adobe qui m’ont tous les deux donné des visions très intéressantes de l’état actuel du marché et de son évolution. Je vous propose donc de partager avec vous un compte-rendu de ces entretiens pour lancer le débat.

Marketing is the best partner to sales and business

La première personne avec laquelle j’ai pu discuter est Ann Lewnes, la Chief Marketing Officer d’Adobe. Elle est logiquement aux premières loges pour observer l’évolution des pratiques et du métier :

  • Nous sommes actuellement dans une période réellement intéressante, car les marques et organisations sont en pleine transition vers une économie digitale.
  • Le marketing peut se définir comme une discipline qui vise à connecter une marque avec ses clients, mesurer et analyser l’impact des échanges, et améliorer l’efficacité des actions commerciales ou de communication. Cette définition fonctionne aussi pour le marketing digital, qui au lieu de brider permet d’être beaucoup plus créatif.
  • Il y a eu des changements plus importants au cours des deux dernières années qu’en 50 ans. Les principaux facteurs d’évolution sont le fait d’avoir une relation directe et transparente avec les clients au travers des médias sociaux, de pouvoir mesurer de façon beaucoup plus efficace et précise l’impact des actions et de modéliser le parcours des clients sur différents canaux (avec une réconciliation sur un tableau de bord unique pour pouvoir faire des arbitrages en quasi-temps réel), et la possibilité de personnaliser l’offre et la relation.
  • Les responsables marketing ont une vision bien plus précise des clients, du marché et de l’activité de l’entreprise, plus encore que le DAF (CFO en anglais). Son importance est renforcée par le fait qu’il apporte une réelle valeur ajoutée au business (contribution directe à la performance). Enfin, il a les outils pour prouver que telles ou telles actions / campagnes fonctionnent bien.
  • Les enseignements et données collectées sur le web permettent de valider des intuitions ou des idées. La fonction marketing contribue de façon directe à la marque (avec les citations), à l’offre (avec les retours clients) et à l’activité (avec les chiffres sont la concurrence, les intentions d’achat…).
  • Le site web d’une marque ou organisation reste le canal digital de référence, celui qui permet de sécuriser de l’information. À condition de le rendre accessible aux smartphones et tablettes. Par contre, la TV hyper-segmentée sera un canal très intéressant à travailler, surtout si ça se fait en parallèle d’actions de communication plus traditionnelles sur les grandes chaînes.
  • Avec l’acquisition récente de Neolane, Adobe complète la boucle initiée par les rachats de Macromedia et d’Omniture (Création > Mesure > Déploiement).

L’entretien a été court, mais je reste très agréablement surpris par la pertinence de la vision de Ann Lewnes. Le mot de la fin : “Marketing brings science to creativity“.

Context is king

Deuxième interview avec Bryan Lamkin, le Senior VP Technology & Corporate Development d’Adobe, qui possède une vision plus globale du marché et des outils à disposition des marques :

  • Le web peut se définir comme une plateforme d’interaction et d’engagement, le réel challenge est de pouvoir fournir une expérience satisfaisante pour les clients et prospects en toutes occasions. Il existe plusieurs web, en fonction du contexte d’usage et des besoins immédiats (le web à la maison, le web au travail, le web en vacances ou en déplacement…).
  • Les pays occidentaux sont passés par différents stades d’évolution de l’information et des divertissements numériques (analogique, numérique, mobile), les pays émergents ont la capacité à progresser plus vite, car ils ont sauté des étapes et n’ont pas d’héritage à gérer (par exemple un réseau de téléphonie mobile vieillissant à amortir). Le véritable défi pour les entreprises souhaitant conquérir ses marchés est de concevoir des offres simples et souples pour pouvoir s’adapter facilement à des besoins beaucoup plus immédiats, donc des outils de conception et de développement modulaires et performants.
  • Les trois facteurs d’évolution de ses dernières années sont la généralisation de la connexion haut-débit, l’avènement des terminaux alternatifs (smartphones, tablettes, phablettes…) et le déploiement de services beaucoup plus personnalisés avec une valeur d’usage liée au contexte.
  • Concernant l’offre d’Adobe, ils mobilisent en ce moment beaucoup de ressources pour améliorer les solutions d’analyse prédictive et d’intelligence sémantique (notamment pour tout ce qui touche au sentiment analysis). Ils s’efforcent également d’améliorer l’offre créative, articulée autour d’un processus de création multi-plateformes.
  • Au sujet des rachats récents, il explique que l’acquisition de Neolane complète une longue série initiée avec Omniture pour pouvoir proposer aux annonceurs une offre complète allant de l’idée, à la création, à la mesure et à la livraison. Pour la partie créative, ils ont investi beaucoup d’énergie pour migrer les solutions vers le cloud pour aligner les outils de conception / développement sur les usages des internautes (mobilité, médias sociaux…). Concernant la partie “commerce“, il confirme qu’il n’y a pas d’acquisition en vue et que l’important pour eux est de faire la jonction entre les points de vente hors ligne et les différents canaux digitaux.

Voici une vision beaucoup plus centrée sur les produits, ce qui est normal, puisque c’est son domaine de responsabilité.

C’est deux visions complémentaires nous fournissent donc une excellente base pour réfléchir à ce qu’est l’internet, à la place qu’il occupe dans le comportement d’achat des clients, et à la façon dont les annonceurs doivent l’intégrer à leur offre et leur organisation interne. J’espère que la conférence de la semaine prochaine nous donnera des éléments de réponse intéressants.

Les articles publiés sur mes autres blogs en octobre 2013

Comme à chaque début de mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs. Si vous ne devez lire qu’un seul article, ça sera la nouvelle édition de mon panorama des terminaux alternatifs.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

La suite le mois prochain.

3 événements à ne pas rater en novembre

Comme chaque année, le mois de novembre est particulièrement riche en conférences et événements publics, c’est en quelque sorte la dernière ligne droite de l’année. Cette année, j’ai la chance de participer activement à trois événements particulièrement intéressants que je vous recommande chaudement, et ce pour plusieurs raisons.

Web in Lorient le 13 novembre 2013

Il y a tout d’abord la conférence Web in Lorient qui revient pour une sixième édition le 13 novembre à Lorient. Cette manifestation regroupe une série de conférences, un espace démos et un concours de start-ups avec une dotation de 5.000€. J’ai déjà eu l’occasion de participer aux deux dernières éditions et je peux vous assurer que l’ambiance y est très chaleureuse et le niveau plutôt élevé. D’ailleurs, vous pouvez voir mes dernières interventions ici : Web in Lorient 2012 – Fred Cavazza et Le conseil de Fred Cavazza : développer son business via les médias sociaux.

Pour cette édition 2013, nous allons avoir des intervenants de grande qualité comme Geoffroy Dorne de Graphism pour nous parler des tendances du web design, ou Patrice Hillaire de La Poste au sujet des médias sociaux ; de même que des témoignages particulièrement enrichissants sur le commerce en ligne, l’économie collaborative ou l’impression 3D avec les fondateurs de iShoes, Kiss Kiss Bank Bank, Ouishare, Unilend ou Dood. Je vous invite à consulter le programme complet des conférences pour plus de détails.

Il y a déjà plus de 200 inscrits, donc ne perdez pas de temps et réservez votre journée du 13 novembre : Inscription.

Adobe Digital Marketing Journey le 14 novembre

Autre événement auquel j’avais participé l’année dernière (cf. le compte-rendu et les interviews), la Digital Marketing Journey qu’Adobe organise le 14 novembre à Paris. L’objectif de cette journée est d’apporter une réflexion constructive sur les nouvelles pratiques et outils du marketing en ligne. Si l’année dernière, l’accent avait été mis sur l’impact de la transformation digitale, l’édition du mois prochain s’interessera au “comment ?”. Croyez-le ou non, mais Loic Lemeur sera là pour nous parler des dernières tendances de la Silicon Valley. Nous aurons également la chance d’avoir des témoignages de nombreux annonceurs prestigieux : Vente Privée, Orange, M6 Web, Meetic, Price Minister, SFR, LaFourchette…

Adobe

De nombreux thèmes seront abordés au cours de cette journée : cycle de vie des clients, fidélisation, mesure de la performance, parcours clients, personnalisation, fidélisation… La description complète est ici : Agenda. Un événement incontournable pour tous les responsables marketing (digitaux ou non), alors dépêchez-vous : Inscription gratuite.

Championnat de France du Développement Mobile les 23 et 24 novembre

Dernier événement dans lequel je suis impliqué, le Championnat de France du Développement Mobile qui se déroulera les 23 et 24 novembre prochains dans toute la France. Organisée par l’AFPDM, le but de cette manifestation est de mettre en valeur les talents de différents horizons (développeurs, designeurs…) et de les récompenser au travers de cinq catégories (Android, iOS, Windows Phone, Design et prix spécial du jury).

CFDM

J’ai déjà publié un article pour donner tous les détails de cet événement : Participez au premier championnat de France du développement mobile les 23 et 24 novembre 2013. L’inscription est payante car il y a une logistique importante, mais en tant que membre du jury, je dispose de quelques invitations pour les plus rapides (il suffit de laisser votre email dans les commentaires de l’article précité). Entre la dotation importante (plus de 25.000 € de lots) et les nombreuses festivités prévues, ce WE risque d’être particulièrement mouvementé.

J’espère vous avoir convaincu de participer à ces événements dont je ne manquerais pas de vous faire des comptes-rendus.

Mes 3 sites coup de coeur

Comme chaque mois (ou presque), je vous propose une petite sélection de sites qui m’ont tapé dans l’oeil.

Commençons avec un mini-site produit lancé par B&O pour son casque H6 :

Le mini de B&O
Le mini de B&O

Nous commençons à voir de plus en plus de sites mono-page construits sur ce modèle avec une organisation verticale et un séquençage par panneaux, mais celui-ci est particulièrement sobre et chaleureux. L’alternance des couleurs permet de bien délimiter les panneaux entre eux. Un soin particulier a été apporté aux transitions qui permettent d’animer la page et de renforcer le contraste entre l’épuration des panneaux et la richesse des contenus (surtout de larges visuels). Vous noterez au passage la petite télécommande à gauche de l’écran avec les différentes étapes et des pictos différents pour l’achat et le partage.

Le deuxième site est aux antipodes du premier avec le portfolio tout en couleurs du studio ala :

La page d'accueil de ala
La page d’accueil de ala

Là encore, nous avons un site mono-page avec un empilement vertical de panneaux, mais à la différence du premier site qui jouait sur la sobriété, celui-ci tente de déstabiliser les internautes avec une profusion de couleurs, textures et mouvements sur la page. Un petit lapin sur la droite de la page vous incite ainsi à scroller vers le bas, mais chaque panneau est animé au survol de la souris ET défile horizontalement au fur et à mesure de la décente de la page. Il en résulte un foutoir visuel monstrueux, mais parfaitement captivant : ça défile, ça bouge, ça clignote, ça fait mal aux yeux, mais on en redemande ! Cerise sur le gâteau : les illustrateurs de ce studio sont particulièrement doués en Pixel Art, ce qui accentue encore plus le contraste entre leurs réalisations modernes et les panneaux informatifs qu’ils entrecroisent.

Dernière sélection du mois avec la toute nouvelle version du portail Gamespot :

La page d'accueil de Gamespot
La page d’accueil de Gamespot

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, Gamespot est un monument de l’actualité des jeux vidéo, je ne me rappelle pas d’une époque où ce site n’existait pas… Toujours est-il que malgré son ancienneté et sa légitimité, l’éditeur a dû fournir des efforts colossaux pour rationaliser le gigantesque contenu du site et surtout pour dépoussiérer l’image du portail. Ils se sont donc inspirés des standards du genre (Polygon et Quatrz) pour proposer une mise en page moderne et beaucoup plus accessible. Le résultat est très plaisant à regarder et parcourir. La police de caractère choisie et les deux thèmes proposés (foncé et clair) offrent une très bonne lisibilité. Les pages d’article (ex : Beyond: Two Souls Review) sont un vrai régal à lire à l’écran, même sur votre tablette puisque la mise en page est responsive. Le détail qui tue : la mini-jeu d’exploration proposé sur la page d’erreur 404, à tester impérativement !

La suite le mois prochain.

Les articles publiés sur mes autres blogs en septembre 2013

Comme tous les mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

La suite le mois prochain.

Quel avenir pour la publication (en ligne) à l’heure du web SoMoDa ?

Tout autant que la musique, le cinéma ou les jeux vidéo, l’industrie de la presse a été fortement bousculée par le web (euphémisme). Un lent processus de transformation qui a amené les titres les plus réputés à proposer du tout gratuit (The evolution of newspapers and the internet through the years). Je n’ai pas la prétention de dire aux patrons de presse ce qu’ils doivent faire, car je n’ai malheureusement pas la formule magique. Par contre, je me place dans la position de l’observateur averti, et je me propose de partager avec vous quelques réflexions et trouvailles pour essayer d’y voir plus clair dans le paysage de l’industrie de l’information et surtout d’essayer de comprendre l’impact des médias sociaux, de la mobilité et des données sur les métiers de l’édition.

Un panorama écartelé entre agrégation, LOLcats et long form journalism

Social + Mobile + Data (SoMoDa), semble donc être la formule qui permet à une nouvelle génération d’éditeurs d’émerger et de capter une part d’audience toujours plus importante. Cette formule est-elle le reflet des usages de la génération Y ? Je ne suis pas certain, ça serait prendre un raccourci grossier. Je pense qu’il s’agit plus d’une évolution globale des comportements et des attentes en matière d’information et de divertissement. Hé oui, car si tout va plus vite, tout va plus mal également. D’où ce besoin de micro-consommation de “contenus légers” pour se détendre à toute heure de la journée. Je ne serais dire si les LOLcats sont un remède efficace à la crise, mais je constate que les médias d’information qui fonctionnent le mieux sont celles qui parviennent à faire un savant mélange d’informations sérieuses et de contenus divertissants plus ou moins recyclés.

Ces dernières années, nous avons ainsi pu constater l’avènement de sites d’information très sérieux comme le Huffington Post qui a décroché le Saint Graal l’année dernière (Huffington Post Awarded Pulitzer Prize) ou Mediapart qui a remis au goût du jour le journalisme d’investigation. Certes, les publications historiques comme Le Monde ou le New York Times sont encore des titres qui font référence, mais ils n’ont plus le monopole du long form journalism. Et ce n’est qu’un début, car de nouveaux entrants débordant d’ambitions comme Quartz grignotent des parts de marché.

La page d'accueil de Quatrz
La page d’accueil de Quatrz

Dans un autre style, je suis un grand fan de Vox Media, l’éditeur des digital natives comme ils aiment à se présenter. Toujours est-il que les trois sites qu’ils éditent (The Verge, Polygon et SB Nation) sont des modèles en matière de qualité éditoriale et de mise en page.

À l’autre bout du spectre éditorial, nous avons toute une série de sites à la ligne éditoriale beaucoup moins légère qui se sont fait une spécialité des LOLcats et autre vidéos de fail, dont Cheezburger Network est très certainement le plus digne représentant. Si vous aimez les GIFs animés, les chutes, les gens mal habillés, les bricolos du dimanche et autres phénomènes viraux, vous trouverez forcément votre bonheur là-bas. Vous pourriez me dire que ce sont plus des sites de partage de photos et vidéos, mais bon… ils drainent une audience colossale et ont même fait l’objet d’une émission de télé-réalité (LOLWork dont la saison 2 a été annulée).

La page d'accueil du Cheesburger Network
La page d’accueil du Fail blog

Dans un style pas très éloigné, nous avons également les nouveaux champions des gossips et autres articles racoleurs : Gawker, TMZ, PerezHilton ou encore Dlisted. Je n’ai pas grand-chose à dire sur ces sites, si ce n’est qu’ils ont une incroyable faculté à générer du contenu à partir de pas grand-chose.

La page d'accueil de TMZ
La page d’accueil de TMZ

Le seul point commun de ces nouveaux entrants est qu’ils cassent les codes et ne respectent aucune règle. Visiblement cette recette fait succès, car ils ont tous enregistré des croissances d’audience spectaculaire.

Et nous avons enfin les rois de l’agrégation, Yahoo! News et Google News, dont on ne sait plus trop s’ils génèrent ou s’ils captent le trafic des sites dont ils indexent les contenus…

Des modèles hybrides qui combinent le meilleur des deux approches éditoriales

Nous avons donc d’un côté les publications sérieuses qui soignent leurs articles et leur mise en page, et de l’autre les mercenaires du ragot qui privilégie la quantité à la qualité. Et entre les deux, on trouve des modèles hybrides tout à fait intéressants.

Le premier exemple que je citerais est Business Insider, une publication initialement tournée autour de l’économie numérique, mais qui depuis s’est diversifiée sur des thèmes liés à la finance, à la politique, à la vie quotidienne… Une stratégie de diversification et surtout une très grande liberté éditoriale qui leur ont permis de se constituer une très belle audience. Visiblement il n’y a pas réellement de secret de fabrication, simplement la volonté de réussir et surtout de bouleverser les codes éditoriaux : Business Insider Secrets Revealed: An Inside Look At Our Readership And Financial Performance.

La page d'accueil de Business Insider
La page d’accueil de Business Insider

Lecteur de longue date de BI, je ne serais pas trop vous dire si j’apprécie encore ce site. Le fait est que ce site ne vous “nourrit” pas réellement : on y lit beaucoup de chose, sans rien retenir de spécial. C’est un peu comme de manger un menu maxi bigMac, mais de ressortir en ayant encore faim. Ceci étant dit, je ne suis pas là pour juger leur stratégie éditoriale. De plus, ils semblent parfaitement assumer les astuces qu’ils mettent en oeuvre pour augmenter artificiellement le nombre de pages vues, comme les diaporamas. Mais encore une fois, je ne suis pas là pour critiquer et je dois bien avouer être un fan inconditionnel des visites de maison des stars et patrons de la Silicon Valley (House of the Day).

Autre modèle hybride très intéressant, celui de Upworthy, un site de curation qui donne la part belle au partage sur les médias sociaux. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ça fonctionne puisque l’on partage plus la page qui contient la vidéo que la vidéo en elle-même : 6 leçons à tirer d’Upworthy, le média phénomène que tout journaliste devrait connaître.

La page d'accueil de Upworthy
La page d’accueil de Upworthy

Là encore, je ne sais pas trop quoi penser d’un site comme celui-ci : Gé,ère-t-il plus de trafic qu’il n’en détruit ? Difficile à évaluer…

Dernier exemple avec BuzzFeed, LE site d’information hybride par excellence qui parvient à faire un incroyable grand écart éditorial entre des articles très racoleurs (Rihanna Spilled Popcorn At The VMAs And Blamed It On Someone Else) et des authentiques perles journalistiques (Exclusive: How Ukraine Wooed Conservative Websites).

La page d'accueil de BuzzFeed
La page d’accueil de BuzzFeed

Le cas de BuzzFeed est unique, car ils ont su développer une stratégie publicitaire très rentable qui repose sur les formats natifs (du publi-rédactionnel). Le résultat est bluffant, car on ne distingue pas les “vrais” articles des “faux” et, car il n’y a pas de bannière sur ce site. Le résultat est plaisant pour les lecteurs et très lucratif : BuzzFeed is the media industry’s worst nightmare : profitable, growing and investing in news. Rien ne semble pouvoir arrêter la progression de la nouvelle coqueluche des médias digitaux, d’autant plus que le fondateur affiche une ambition débordante : Memo To The BuzzFeed Team.

Comme précisé au début de l’article, il est difficile d’extraire de ces sites une formule magique. Nous savons par contre avec certitude qu’ils ont en commun une exploitation maline des médias sociaux (pour augmenter la portée de publications), des terminaux mobiles (pour fidéliser les lecteurs nomades) et des données (pour optimiser la ligne éditoriale). Vous noterez à ce sujet que ces ingrédients sont également à l’origine du succès de Melty, grande réussite nationale dont j’avais déjà parlé en 2010 : Melty capitalise sur le contenu pour fidéliser sa communauté.

Au final, ces nouveaux acteurs de la publication en ligne vont-ils remplacer les dinosaures de la publication ? La réponse n’est pas évidente tant la situation est complexe en France (la presse française est fortement subventionnée par l’État français et les compagnies aériennes). Toujours est-il que ces nouveaux entrants sont la preuve éclatante que les lecteurs ont évolué dans leurs attentes et leurs usages.

La presse traditionnelle succombera-t-elle à la génération MP3 ? Je ne pense pas. Par contre, j’ai la certitude que les grands médias d’hier deviendront les médias de niche de demain. Non, le journal papier ne va pas disparaître, mais il sera destiné à une minorité d’irréductibles qui devront payer le prix fort pour ne pas changer d’habitudes. Je serais bien incapable de prédire la date de basculement où il y aura plus de lecteurs digitaux que de lecteurs papier, mais quand je regarde la chute des revenus publicitaires des titres publiés sur le papier, je me dis qu’ils ont intérêt à accélérer leur transformation !

Récapitulatif des annonces estivales 2013

Il pleut, c’est la rentrée, donc le moment est propice à un récapitulatif des annonces estivales. Trois évènements majeurs ont ponctué ce mois d’août 2013, ainsi qu’un certain nombre d’annonces et nouveautés qui seront listées en fin d’article.

Amazon est le nouveau roi du web

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai vraiment l’impression que les 5 dernières années ont été complètement dominées par Apple, Facebook et Google. Ces trois sociétés ont monopolisé toute l’attention des médias. Pourtant, d’autres poids lourds du web oeuvrent dans l’ombre et sont bien contents de ne pas trop attiré la lumière sur leurs manoeuvres. Amazon et son emblématique patron Jeff Bezos ont ainsi évolué de nombreuses années sous le radar. Mais discrétion ne rime pas avec manque d’ambition, bien au contraire. En une petite décennie, Amazon s’est imposé comme le leader incontesté du commerce en ligne et des infrastructures dans les nuages. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg, car l’énigmatique Jeff Bezos est aussi un investisseur compulsif : From healthcare to virtual worlds, the companies that Jeff Bezos invests in.

L’annonce du rachat du Washington Post par Jeff Bezos a été logiquement accueillie avec le plus grand scepticisme :

Outre la viabilité économique du journal, c’est la logique de ce rachat qui surprend : pourquoi l’homme qui a digitalisé de force l’industrie de l’édition vole-t-il au secours d’un journal ? Pour paraphraser une célèbre réplique des Dents de la Mer : “Ou il est con comme ses pieds, ou c’est un sacré petit malin, mais je n’y comprends plus rien“. En tout cas, tout le monde s’accorde à dire qu’il y a forcément une explication (While We’re Trying To Follow His Game Of Checkers, Jeff Bezos Is Playing Chess).

Jeff Bezos, fondateur et CEO de Amazon
Jeff Bezos, fondateur et CEO de Amazon

Trois hypothèses sont avancées pour ce rachat :

  1. C’est une question d’ego, il veut jouer dans la court des grands (A new Babylon and the rise of the tech tycoon, The real reason Jeff Bezos bought the Washington Post) ;
  2. Il se cherche des alliés politiques à Washington (Culture War: Bezos and The Washington Post) ;
  3. Il s’essaye à la livraison personnalisée (Jeff Bezos Bought The Washington Post For One Thing: Distribution).

Du coup, tout le monde y va de son petit conseil : Yes, Jeff Bezos should shut down the Washington Post’s printing presses, and here’s why. Et pendant ce temps-là, en France, on essaye de réinventer la roue : France’s latest social network reveals just how much trouble print media is in today.

Quoi qu’il en soit, cette annonce ne doit pas vous faire oublier que la pieuvre Amazon étend ses tentacules toujours plus loin avec des activités toujours plus diversifiées comme l’édition de comics, la livraison de produits frais, la vente d’objets d’art, la vente de biens culturels dématérialisés et la curation. J’ai maintenant la certitude que plus rien n’arrêtera Amazon.

Microsoft va se séparer de son CEO

Autre figure emblématique du web, le patron de Microsoft, qui vient d’annoncer sa démission prochaine : Steve Ballmer To Retire As Microsoft CEO Within 12 Months. C’est donc tout une page de l’histoire de l’industrie informatique qui se tourne avec le départ annoncé de l’ancien bras droit de Bill Gates : Here’s The Letter Steve Ballmer Wrote To Microsoft Employees Explaining Why He’s About To Retire.

Steve Balmer, CEO de Microsoft en sursis
Steve Balmer, CEO de Microsoft en sursis

Comme toujours, cette annonce a provoqué une vive émotion, et de nombreuses railleries : Steve Ballmer’s Retirement News Comes Just Over A Month After A Disastrous Microsoft Earnings Report. Le monde des affaires est décidément impitoyable et sans aucune retenue : By Retiring, Steve Ballmer Just Made Himself Nearly $1 Billion Richer. Personnellement, cette annonce m’attriste, car je trouve que Steve Balmer est de loin le patron le plus combatif et charismatique de ces dernières années (j’ai eu la chance de l’approcher deux fois de très près, et il est incroyable). Du coup, les paris vont bon train (Microsoft’s next CEO, Who’s on the short list?) et les conseils fusent (As Ballmer prepares to retire, here’s what Microsoft should do next).

Changement de règles pour Facebook

Comme c’est souvent le cas pour Facebook, ils choisissent la torpeur du mois d’août pour faire de gros changements. Première grosse annonce, l’officialisation des modifications apportées à l’algorithme : Seven years later, here’s how Facebook is changing your News Feed so you’ll read more stories.

Pour résumer : Les utilisateurs de Facebook ont en moyenne entre 120 et 150 amis, ce qui représente environ 800 publications par jour. Pourtant, seule une petite partie de ces 800 publications sont affichées dans le fil d’actus des utilisateurs. Le EdgeRank est l’algorithme qui permet de trier ces publications et de n’afficher que les plus pertinentes pour chaque utilisateur. Cette pertinence était initialement calculée en fonction de trois critères : l’affinité avec celui qui publie, les actions passées et la fraicheur du message. Mais ça, c’était avant : Stop Calling the Facebook News Feed Algorithm EdgeRank. Les équipes de Facbeook ont donc organisé une grande conférence de presse pour nous expliquer le fonctionnement du nouvel algorithme (Facebook’s News Feed Algorithm Now Has Close To 100K Weight Factors) ainsi que ces principales caractéristiques, dont le story bumping (EdgeRank is Dead, Long Live Facebook’s EdgeRank Algorithm!).

Illustration du nouvel algorithme de Facebook
Illustration du nouvel algorithme de Facebook

Officiellement, le but de la manoeuvre est d’améliorer l’expérience des utilisateurs… tout en tenant compte des exigences des annonceurs, vous apprécierez toute la finesse de ce paradoxe. Je ne suis pas devin, mais je pressens que les “petits” annonceurs, ceux qui n’ont pas beaucoup de contenus à valeur ajoutée, vont devoir débourser encore plus d’argent pour exister : New algorythm punishes Facebook pages for low quality posts.

Outre une faille de sécurité spectaculaire (Researcher: Facebook Ignored The Bug I Found Until I Used It To Hack Zuckerberg), Facebook a également annoncé le changement des règles d’engagement pour les jeux-concours : It’s now Easier to Administer Promotions on Facebook. Il est maintenant autorisé d’utiliser le mur pour engager les membres : commentaires et likes seront officiellement reconnus comme valides pour pouvoir participer à une opération promotionnelle. Je suis extrêmement surpris que cette annonce n’ai pas fait plus de bruit tant elle va complètement bouleverser l’activité des pages : Facebook change les règles liées à la création de jeux-concours. Déjà que l’essentiel de l’effort d’animation des pages des annonceurs consistait à faire la chasse aux likes, avec ce changement, ça va être encore pire !

De grosses évolutions à prévoir dans la publicité en ligne

Vous n’êtes pas censé ignorer la fusion entre les groupes Publicis et Omnicom. Cette fusion historique va permettre à la nouvelle entité de prendre la tête du classement des plus gros groupes de publicité, devant WPP. Ce n’est pas tant les montants de cette fusion qui impressionnent, mais plutôt la survalorisation des activités digitales par rapport aux activités de publicité traditionnelle.

Attendez-vous néanmoins à du remue-ménage :

Pour le moment il y a beaucoup de spéculations, mais les choses risquent de s’accélérer avec l’attribution des budgets 2014.

Toujours  autant de ferveur autour de l’impression 3D

Je ne suis pas un spécialiste du domaine, mais je ne peux que constater l’incroyable engouement de la presse US et de la blogosphère IT pour tout ce qui touche à l’impression 3D :

Le rachat de Makerbot par Stratasys était résolument une bonne affaire : Stratasys and MakerBot Complete Merger.

Le plein de gadgets pour la rentrée

Cet été a également été très riche en spéculations autour de nombreux gadgets à sortir dans les prochaines semaines :

  • Nouvelle montre intelligente et connectée pour Samsung ;
  • Nouveaux iPhone et iPad pour Apple ;
  • Nouvelles tablettes Nexus pour Google…

Je ne m’attarde pas là-dessus, car d’autres blogs le font bien mieux que moi.

Autres évènements de l’été

Dans le reste de l’actualité estivale, voici les évènements que je retiens :

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Voilà pour ce récapitulatif des annonces estivales, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne rentrée !

Les articles publiés sur mes autres blogs en juillet 2013

Comme tous les mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier. La cadence a été un peu plus soutenu en juillet, mais elle va nécessairement s’effondrer en août, alors profitez-en !

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

La suite le mois prochain.