Tout le monde veut profiter du boom de la réalité virtuelle

J’ai l’impression que la réalité virtuelle est l’unique sujet que j’ai abordé sur ce blog au cours des 6 derniers mois. Il faut dire que le secteur est en pleine ébullition et qu’il ne se passe pas une semaine sans que l’on annonce de nouveaux projets ou investissements. La dernière grosse annonce en date est l’arrivée prochaine de Samsung sur le créneau : Samsung is making a VR headset for its phones and tablets. Le géant sud-coréen va donc rejoindre Microsoft et Sony dans cette course effrénée pour rattraper leur retard sur Oculus. À ce sujet, je vous recommande vivement le très bon article de Wired qui raconte la genèse de cette société et l’incroyable ténacité de son fondateur : The Inside Story of Oculus Rift and How Virtual Reality Became Reality.

Nous sommes à quelques jours de l’ouverture du salon E3 et la réalité virtuelle est au coeur de toutes les discussions. Et au coeur de ces discussions il y a bien évidemment Oculus qui a su fédérer un écosystème très diversifié de développeurs et éditeurs : Inside The Oculus Business Ecosystem. Quand je dis “très diversifié”, je n’en rajoute pas, puisque l’on trouve des applications très variées du casque de réalité virtuelle :

Le casque Oculus rift exploité dans une simulation d'oiseau
Le casque Oculus rift exploité dans une simulation d’oiseau

Comme vous pouvez le constater, tout le monde y va de son expérience, de l’armée aux naturalistes. Mais les choses sérieuses ne font que commencer, notamment avec Second Life : Using the Oculus Rift with Second Life. La dernière version du viewer du célèbre univers virtuel est maintenant entièrement compatible avec le casque de réalité virtuelle et intègre notamment une vue à la première personne.

Cette évolution de Second Life était attendue de longue date, et les builders vont s’en donner à coeur joie pour exploiter au mieux les capacités du casque. Mais ce n’est pas tout, car Philip Rosedale, le fondateur de Second Life, présentait également son nouvel environnement virtuel à la Silicon Valley Virtual Reality Conference : Inside High Fidelity, the virtual reality successor to Second Life. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, High Fidelity ambitionne d’être le moyen de communication du futur (rien que ça).

Vous vous doutez que les équipes de Facebook ne vont pas rester les bras croisés à attendre que d’autres en profitent, le CEO a donc récemment exposé ses plans : Oculus wants to build a billion-person MMO with Facebook. L’objectif est donc de construire un métavers, un univers virtuel parallèle à Facebook, pour relier des centaines de millions de membres entre eux.

La frénésie des développeurs, éditeurs et investisseurs ne semble donc pas redescendre, et le secteur de la réalité virtuelle est dans une phase d’expansion sans précédent. Ceci n’empêche pas cependant certains observateurs de pointer du doigt les faiblesses des équipements existants : Moving Around in Virtual Reality Is Still a Big Unsolved Problem. Qu’à cela ne tienne, il y a tellement d’attentes et de bonnes volontés en ce domaine que le secteur est train de se structurer pour y remédier : Oculus VR Created A Research Group To Advance Virtual Reality.

Je vous propose de faire le point après les annonces du salon E3.

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25 bonnes pratiques de conception d’un site mobile par Google

Si vous lisez régulièrement ce blog, alors vous savez que j’ai toujours été un grand défenseur des sites web mobiles vis-à-vis des applications mobiles. Pourtant j’ai parfois l’impression d’être à contre-courant face à une profession qui ne jure que par les applications mobiles, iOS de surcroit ! Bref, tout ça pour dire que si vous cherchez des conseils pour concevoir des interfaces mobiles, tout ce que vous risquez de trouver ne concerne que les applications et pas les sites web mobiles (Pour bien démarrer dans la conception d’interfaces mobiles).

Certes, vous pourriez me dire que les grands principes de conception sont les mêmes quelque soit la technologie employée, mais ça reste des grands principes. Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de critiquer, simplement de constater que ces principes de conception s’appliquent plus facilement à des applications qu’à des sites web mobiles (cf. les Android Design Principles). Mais cela n’enlève rien à la valeur des conseils prodigués. Je vous recommande d’ailleurs la très bonne conférence de la Android Design Team donnée l’année dernière lors de Google I/O :

Dernièrement la situation a changé, car le marché commence à mieux appréhender l’importance d’un site mobile. Du coup, il est possible de trouver de plus en plus de ressources sur ce sujet : Meilleures pratiques de conception pour vos sites web mobiles.

Le mois denier Google a publié pour notre plus grand bonheur les résultats d’une vaste analyse sur l’utilisabilité des sites web mobiles réalisée avec le cabinet AnswerLab. Pas moins de 129 H d’observations ont été nécessaires pour identifier les bonnes pratiques qui sont résumées dans ce document : Principles of Mobile Site Design: Delight Users and Drive Conversions.

Ce document, téléchargeable gratuitement, nous livre une série de 25 bonnes pratiques réparties en 5 catégories (Navigation, Recherche, Transformation, Formulaires et Mise en page) :

  • Placez des boutons d’action en haut et au centre de l’écran ;
  • Réduisez la taille des menus ;
  • Facilitez le retour à la page d’accueil ;
  • Ne laissez pas les publicités perturber l’expérience ;
  • Mettez en évidence le moteur de recherche ;
  • Assurez-vous de la pertinence des résultats de recherche ;
  • Fournissez des options de filtre et de tri ;
  • Guidez les utilisateurs vers des résultats simplifiés ;
  • Laissez la possibilité aux utilisateurs de naviguer librement ;
  • Donnez la possibilité de faire des achats en mode invité ;
  • Utilisez les informations dont vous disposez déjà (notamment pour les formulaires) ;
  • Prévoyez une fonction click-to-call pour les tâches complexes (comme solution de repli) ;
  • Facilitez la poursuite d’une tâche sur un autre terminal (ordinateur ou autre) ;
  • Simplifier la saisie en utilisant les bons claviers virtuels (ex : pavé numérique pour la saisie d’un code postal) ;
  • Choisissez le type de champ le mieux adapté (pour cela, il faut tester) ;
  • Privilégiez un calendrier visuel (plutôt que trois menus déroulants) ;
  • Réduisez les risques d’erreur avec de la validation à la volée ;
  • Optimisez la mise en forme de vos formulaires ;
  • Optimisez l’intégralité de votre site pour les smarpthones (pas simplement le coeur de page) ;
  • Ne forcez pas les utilisateurs à zoomer ;
  • Fournissez des images qui peuvent s’agrandir ;
  • Indiquez aux utilisateurs quelle est la meilleure orientation (horizontale ou verticale) ;
  • Assurez-vous que tous les éléments essentiels de votre page s’affichent dans le premier écran ;
  • Évitez les liens du type “Accéder au site complet” (plutôt “Accéder à la version PC“) ;
  • Expliquer pourquoi vous souhaitez utiliser la fonction de géolocalisation.

Comme vous pouvez le constater, tous ces conseils relèvent avant tout du bon sens, mais ça fait toujours plaisir d’avoir une liste pour bien les garder en tête et surtout d’avoir des exemples concrets pour convaincre le reste de l’équipe.

En complément de ce document, je vous recommande également un autre livret blanc de Google publié l’année dernière (Building Websites for the Multi-Screen Consumer), un article équivalent sur les erreurs à éviter (The top 10 mobile design mistakes, and how to avoid them) et cette très bonne liste fournie par Moz : Mobile Site Audit Checklist.

Trois expériences de lecture différentes pour Marseille, Guy Cotten et la BBC

Voilà plusieurs années que j’essaye de vous convaincre d’adopter de nouvelles techniques éditoriales (cf. HTML5 donne de la profondeur à la narration). Après des débuts plutôt timides, nous commençons à voir apparaitre des réalisations de plus en plus abouties pour émerveiller, faire passer des messages ou éduquer. Les dernières versions des navigateurs (Chrome, Firefox, Safari, IE…) étant capables de faire des prouesses en matière d’intégration multimédia, certains éditeurs audacieux sortent du lot et proposent des expériences toujours plus immersives.

C’est notamment le cas de la ville de Marseille qui a exploité le principe de Promenades Sonores avec l’aide de Google.

Le résultat est un mini-site qui utilise l’interface de Google Street View pour vous embarquer dans une découverte de la ville de nuit : Promenade Nocturne à Marseille.

L'interface de Promenade Nocturne à Marseille
L’interface de Promenade Nocturne à Marseille

Les internautes sont invités à suivre un parcours où chaque étape est illustrée d’une photo ou d’une vidéo, avec des commentaires audio qui vous guident tout du long. Une réalisation plutôt sobre qui laisse un maximum de place à la ville et aux contenus.

Dans un autre style, il y a Sortie en mer, un mini-site réalisé par la marque Guy Cotten pour faire de la prévention sur les dangers de la mer.

Ce mini-site vous met dans la peau d’un plaisancier qui tombe à l’eau et tente de survivre : il faut faire tourner la molette de la souris pour garder la tête hors de l’eau.

L'interface de Sortie en Mer
L’interface de Sortie en Mer

Avec une réalisation sans faille et une bande-son très réaliste, ce mini-site fait réellement froid dans le dos tant l’expérience est immersive. Encore une fois, la technique est au service d’un message fort et ça fonctionne parfaitement.

Terminons avec la BBC qui vient de lancer un ambitieux projet pédagogique sur la Première Guerre Mondiale : BBC WW1. Ce site se présente sous la forme d’un ensemble d’articles, images, portraits vidéos et témoignages pour expliquer le quotidien de la guerre. Bien évidemment, ce site est compatible avec les terminaux mobiles : New BBC interactive guides: responsive, dynamic and accessible web design.

Le portail de la BBC sur la Première Guerre Mondiale
Le portail de la BBC sur la Première Guerre Mondiale

Si la page d’accueil est plutôt décevante (elle n’apporte pas de réelle innovation), les guides interactifs sont par contre beaucoup plus intéressants avec une très belle construction verticale et un savant mélange d’images, vidéos et infographies, comme ici avec ce guide sur la guerre dans les tunnels.

Exemple de guide interactif de la BBC
Exemple de guide interactif de la BBC

En creusant un peu, j’ai découvert que ce guide interactif est en fait un nouveau format utilisé à d’autres endroits sur le portail. Baptisée iWonder, cette initiative a pour objectif de valoriser les contenus de la BBC et da délivrer de la connaissance dans un format plus moderne et adapté aux nouveaux modes de consommation de l’information : BBC iWonder, Introducing Interactive Guides.

Les guides interactifs de la BBC
Les guides interactifs de la BBC

En fouillant dans les archives, vous allez ainsi trouver différents guides comme celui-ci sur la médiation des moines bouddhistes : Why do Buddhists meditate?.

Comme vous le voyez, nous avons ici trois dispositifs répondant à des objectifs très différents (séduire, alerter, valoriser) mais qui utilisent des techniques de présentation avancées pour améliorer l’expérience de lecture et maximiser l’impact. Mission réussie, on en redemande !

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Social Media Landscape 2014

Si vous cherchez la version française de cet article, elle est ici : Panorama des médias sociaux 2014.

Like every year for the past 6 years, May is the month I publish the latest edition of my Social Media Landscape, and as it is often the case, most of services listed in this landscape are the same as last year. This year’s changes are not to be found in new comers, but in new usages and the shift of users’ attention to mobile devices.

The Social Media Landscape diagram's evolution
The Social Media Landscape diagram’s evolution

Welcome to the Social Mobile Worldwide Web

When I created this landscape back in 2008, social media was a category, a sub-part of the web. Things are different nowadays since social media are everywhere: nearly all websites are linked to social accounts, and social platforms are filled with content grabbed on traditional websites. Long story short: social media and the web are the two faces of the same coin. This is 2014’s first major change: their is no social media any more, only one global social web.

The second major change is the advent of mobile devices, and the awareness of smartphones’ domination in our daily habits. First introduced in early 2000, internet-enabled mobile phones did not appeal to the public (who can remember the 7110 from Nokia?). Then the iPhone was introduced and everything changed, forever. Do not get me wrong, mobile devices did not replaced computers, they will never, but smartphones takes a lot of space in customers’ daily life: they are always on, connected and ready to provide users with a infinite number of content and online services. Smartphones are now the first device used for communication, whether it’s email or text messages. This can explain the astonishing amount of the WhatsApp buyout by Facebook ($19B).

Social mobile app’s wide popularity also allowed the occidental world to acknowledge the incredibly dynamic asian online market, and Chinese’s online player limitless ambition. In a very surprising way, smartphones are the doorway to the local web (thanks to localisation features) and to the worldwide web, through asian mobile apps like WeChat, Line or KakaoTalk. If you are interested on what is happening in this part of the world, you should check the CIC 2014 China Social Media Landscape, but it will only provide you with a local vision.

The 2014 Social Media Landscape

Enough with words, it is now the time to unveil the latest edition of my diagram. As you will notice, their are two major changes:

  • Usages are not cyclical anymore but linear, since less and less users are interested in publishing, all they are looking for are snackable content to share in order to start quick conversations and social interactions. Yes, you can still publish and grow your network, but it seems to be less of importance, since everything is now public (did you personally meet all your Facebook “friends” or Twitter followers?).
  • Traditional online players investing in social platforms in order to find new growth / reach channels. These big players are coming from media (AOLYahoo!,GlamMediaWebedia), commerce (AmazonAlibabaRakuten) or technology (Google etTencent), and they have a strong appetite and deep pockets.

These changes leaves us with a more complexe diagram, but which better reflects the reality of the market and background stakeholders.

The 2014's edition of the Social Media Landscape
The 2014’s edition of the Social Media Landscape

At the center of the diagram, we have the same three usual suspects: Facebook, the undisputed largest social platforms ; Twitter, the eternal rival with a much smaller audience, but an equivalent reach thanks to media coverage ; Google+, Google’s social layer from which no one can escape (wether you make a search, watch a YouTube video, own an android device…).

These three social platforms are at the center, because they can provide users with a wide range of functionality to publish, share, discuss and network. But they recently begin to share spotlights with a new wave of mobile apps (WhatsApp, SnapChat, Tango, WeChat, Line, KakaoTalk…). In just a couple of years, these mobile apps manage to gather hundred of millions of users and initiated a serie of spectacular investments (WhatsApp / Facebook, Tango / Alibaba, Viber / Rakuten…). Their are numerous mobile apps, but the six displayed at the center of the diagram are the most popular ones.

Besides these three major social platforms and mobile apps, social media is a wide ecosystem of online services and mobile apps, which can be classified according to their usage:

As you can witness it, it is a long list, and I choose to shorten it (see the Conversation Prism for a more exhaustive list). As It as been said earlier in this article, all these services are the visible part of the iceberg, since large organizations has invested in some of them (Japan’s Rakuten invested in Pinterest and Viber, France’s Webedia took on Overblog, and Russia’s DST invested in Facebook, Twitter, Zynga, Groupon, Spotify, AirBnB… It would be too complicated to chart all investments, the only thing you have to remember is their is a very active grey market in which medias, services, commerces and technology are interlaced.

What to do with this diagram?

It would take an much longer article to explain you all the dynamic of social media and the way brands can benefit from it (I wrote a book on this topics, in french!), but I can provide you with a few advices:

  • There is no urge. Social media is a vast a complex territory to master. The worst thing you could do is to mandate an external agency to do it in the name of your brand: Would you outsource your sales team? Take the time to learn and to gain knowledge in order to keep things in control and do things at your scale (unless you are more famous than Red Bull, which I assume is not the case).
  • Set the right objectives. I know how tempting it could be to enter the fans / followers chasing race, but this will swallow all your ressources and energy. We know now that Facebook and Twitter are paid media, so budget are to be spent wisely. Keep in mind that Facebook fans are not your fans, nor their are your clients. Amassing more fans won’t necessarily bring you more money, it will only make things more complicated. In the end, quality / proximity will beat quantity, especially regarding conversations.
  • Focus on good content. The only way to stand out is to tell nice stories. Brands are now embarked in an arm-race to provide fans with the most inspiring stories and media pieces. The best thing you can do is to acknowledge you will never have their budget. so the wiser thing to do is to stick to your brand’s value and not to try to be the next GoPro. Content is the fuel to conversation, it is a valuable investment you cannot avoid.
  • Do not be shy. Recent stats about social media can intimidate lots of CMOs, but keep in mind that the best social interactions are based on proximity (geographic, emotional, topics…). If you know how to talk to your clients, you will be able to handle online conversations on social media, as long as you stay in your confort zone (topics you are relevant on). Even if the market is moving fast, setup a simple action plan and move on, one action at the time.

These are common sens advices, but it is in my duty to remind you that you should not succumb to the sirens’ song, and do thing at your level in order not to loose control. I hope this diagram will help you better understand social media and take the right decisions. Feel free to share this diagram, but please comply to the Creative Commons licence.

Panorama des médias sociaux 2014

If you are looking for the english version of this article, you can find it here: Social Media Landscape 2014.

Comme chaque année, je vous propose une version révisée de mon panorama des médias sociaux. Publié pour la première fois en 2008, vous conviendrez que ce schéma à quand même beaucoup évolué : il a été à la fois simplifié (16 catégories en 2009, 7 en 2011, 6 en 2012 et finalement 4 en 2013 ) et densifié (plus de services par catégorie), preuve de l’évolution du marché vers une configuration plus mûre.

Évolution du panorama des médias sociaux
Évolution du panorama des médias sociaux

La très large majorité des services présents sur ce schéma étaient déjà là l’année dernière. Les changements ne sont pas donc à chercher du côté de nouveaux acteurs, mais plutôt de la taille de ces acteurs et la façon dont les internautes s’en servent.

Bienvenu dans le web social (et mobile) (et mondial)

Quand j’ai créé la première version de ce panorama, les médias sociaux étaient considérés comme une catégorie à part, un sous ensemble du web. Aujourd’hui les choses sont différentes, car les médias sociaux sont omniprésents : quasiment tous les sites web sont maintenant reliés aux grandes plateformes sociales, et les plateformes sociales recyclent les contenus des plus grands sites web. Certes, il y a toujours cette notion de walled garden (environnement fermé), mais les internautes n’y prêtes pas attention : pour eux, il n’y a qu’un seul web et les médias sociaux en sont le moteur.

L’autre grand changement de l’année 2014 est la prise de conscience des terminaux mobiles. L’internet mobile a été introduit auprès du grand public au début des années 2000, avec un succès très mitigé. Depuis, l’iPhone a complètement chamboulé le marché, et nous vivons maintenant dans un monde mobile. Non pas que les terminaux mobiles ont remplacé les ordinateurs (ça ne sera jamais le cas), mais que les smartphones prennent une place toujours plus importante dans le quotidien des consommateurs : ils permettent de “meubler” les moments de la journée où les internautes ne sont pas devant un ordinateur, et donnent accès à une infinité de contenus et services en ligne (Les smartphones sont notre premier écran, adaptez vos budgets et campagnes en conséquence). Les smartphones sont maintenant le premier outil de communication, pas étonnant que Facebook ai déboursé près de 19 MM$ pour racheter WhatsApp.

La formidable popularité des applications mobiles de communication a également fait prendre conscience au monde occidental que le marché asiatique est incroyablement dynamique et que les acteurs du web chinois ou japonais bénéficient de moyens considérables (Les applications mobiles font de l’ombre aux grandes plateformes sociales). De façon assez paradoxale, les smartphones sont la porte d’entrée du web local (à travers la fonction de géolocalisation) et du web mondial, notamment grâce à cette nouvelle génération d’applications de communication. Voilà pourquoi la version 2014 du schéma a cette dimension internationale. Il existe des schémas équivalents pour certaines régions du monde (cf. CIC 2014 China Social Media Landscape), mais cela ne donne qu’une vue parcellaire.

Le panorama des médias sociaux 2014

Dans cette édition 2014, vous remarquerez deux grands changements :

  • Des usages qui ne sont plus cycliques, mais linéaires (les utilisateurs publient ou partagent pour générer des conversations et éventuellement rencontrer de nouvelles personnes, mais ce n’est plus vraiment un cercle vertueux, car les publications ou partage se font maintenant en mode “public”) ;
  • Une prise de recul avec l’intégration d’acteurs plus traditionnels en provenance des médias, du commerce, des services… et qui investissent dans les médias sociaux pour y trouver de nouveaux relais de croissance. Ces grands acteurs proviennent du monde des médias (AOL, Yahoo!, GlamMedia, Webedia), du commerce (Amazon, Alibaba, Rakuten) ou de la technologie (Google et Tencent). La plupart du temps, ils investissent d’ailleurs sur tous ces secteurs (merci à Stéphane et Cédric pour leur avis sur cette question).

Tout ceci nous donne un schéma un peu plus complexe, mais qui reflète mieux la réalité du marché et les acteurs de l’ombre :

La version 2014 du panorama des médias sociaux
La version 2014 du panorama des médias sociaux

Au centre du schéma, nous retrouvons les trois plateformes sociales dominantes :

Ces trois plateformes sont positionnées au centre du schéma, car elles offrent un ensemble de fonctionnalités permettant de couvrir quasiment tous les usages “sociaux”. Dernièrement, elles ont commencé à subir la concurrence d’applications mobiles offrant également des fonctionnalités de publication, partage, conversation… Cette nouvelle vague d’applications mobiles se scinde en deux groupes en fonction de leur provenance géographique : les applications nord-américaines (WhatsApp, SnapChat, Tango) et les asiatiques (WeChat, Line et KakaoTalk). En seulement quelques années, ces applications ont réussi à convertir des centaines de millions d’utilisateurs (plus de 500 M pour WhatsApp, WeChat et Line), un record ! Cette formidable popularité a d’ailleurs attiré les investisseurs et nous avons assisté à une vague de rachats et d’investissements (WhatsApp par Facebook, Tango par Alibaba, Viber par Rakuten…). Il existe un grand nombre d’applications  mobiles de communication, mais les six présentes au centre du schéma sont les plus représentatives.

Outre ces trois plateformes sociales et ces six applications mobiles dominantes, les médias sociaux forment un vaste écosystème de services et applications mobiles que l’on peut classer en fonction de leur usage :

Comme vous pouvez le constater, la liste est longue, et les repositionnements sont nombreux (Bebo vient par exemple de renaitre sous la forme d’une série d’applications mobiles). Comme précisé plus haut, il y a la partie visible de l’iceberg (ces applications et services), et la partie immergée (les grands groupes qui investissent et rachètent). Le japonais Rakuten a ainsi pris des participations dans Pinterest et Kik Messenger, le français Webedia a racheté Overblog, le russe DST (propriétaire de Mail.ru) a investi dans Facebook, Twitter, Zynga, Groupon, Spotify, AirBnB… Il est très compliqué d’arriver à cartographier les différentes prises de participation, mais sachez qu’il y a un marché gris très actif et que les mondes des médias, des technologies et des services en ligne sont liés entre eux.

Comment s’y retrouver ?

Il me faudrait bien plus qu’un article pour vous expliquer en détail le fonctionnement de l’écosystème des médias sociaux, d’ailleurs c’est pour cela que je me suis lancé dans la rédaction d’un livre (Social Business, comment définir une stratégie viable pour votre marque sur les médias sociaux). Il y a néanmoins quelques conseils que je peux vous donner :

  • Ne vous précipitez pas. Les médias sociaux sont vastes et complexes à appréhender. La pire des choses à faire est de chercher à rattraper votre retard et de mandater une agence quelconque pour ouvrir différents comptes et commencer à les alimenter. Comme le dit le proverbe : “On est jamais mieux servi que par sois-même“. C’est valable également pour les médias sociaux : ne faites pas l’erreur de confier votre vitrine la plus visible à des stagiaires d’une agence, prenez le temps d’apprendre et faites-le vous même.
  • Fixez les bons objectifs. Je sais qu’il est tentant de vouloir recruter le plus grand nombre de fans et followers possibles, mais c’est un chantier périlleux qui va vous demander beaucoup de ressources et d’énergie. Tout ça pour quoi ? Pour avoir le droit de payer chaque fois que vous souhaitez partager un message avec vos “fans” ? Facebook est de loin la plateforme sociale la plus populaire, mais si l’on est mal préparé, ça peut être un véritable piège qui va engloutir toutes vos ressources. Il convient donc de ne pas chercher à avoir plus de fans que Lady Gaga (un combat perdu d’avance), mais à privilégier les conversations et interactions sociales de qualité.
  • Privilégiez la qualité du contenu. Pour pouvoir sortir du lot, il faut savoir intéresser les membres et raconter de belles histoires. Ces dernières années, les marques se sont lancées dans une course folle pour accumuler le plus de fans le plus rapidement possibles. Elles ont donc pris des raccourcis dangereux pour y parvenir, chose que je vous déconseille formellement, car la communauté n’est pas dupe, elle sait discerner les faux discours. Le plus simple est de rester fidèle à vos valeurs et d’investir dans des contenus qui vont vous permettre de constituer une audience à votre taille, avec des thèmes sur lesquels vous êtes légitimes. Ne vous y trompez pas, c’est un travail de longue haleine, mais un véritable investissement pour l’avenir de votre marque.
  • Ne soyez pas intimidé. Les récentes statistiques d’usages des médias sociaux ont de quoi impressionner, mais souvenez-vous que ce sont avant tout des médias de proximité (géographique, thématique, émotionnelle…). Si vous savez communiquer avec un client, alors vous saurez vous débrouiller sur les médias sociaux. Même si le rythme d’innovation s’accélère (applications mobiles, réalité virtuelle…), établissez un plan d’action et suivez les étapes dans l’ordre logique sans vous laisser perturber par les gros titres de la presse.

J’arrête là les conseils, car un article ne suffira pas à vous donner toutes les clés. N’hésitez pas à fouiller dans les archives de ce blog, vous y trouverez des articles très intéressants sur des sujets précis. Je vous laisse maintenant le temps de bien étudier ce panorama 2014, et n’oubliez pas de bien respecter les conditions de partage de la licence Creative Commons.