Toujours plus de maturité dans les applications pour tables interactives

Lancée en 2007, le concept de table interactive de Microsoft n’en finit de m’épater. Mieux, les premières applications réellement convaincantes commencent à faire surface (hé hé hé, j’suis trop content de ma blague).

Aujourd’hui je ne vous propose pas 1 mais 4 exemples d’applications possibles, et ça commence avec deux très beaux prototypes réalisés par l’agence Razorfish. Le premier concerne une simulation de ville destinée aux garagistes : From the Razorfish Living Lab: Carville.

L'application Carville pour Surface
L'application Carville pour Surface

D’après ce que j’ai compris cette application servirait à faire patienter les clients qui attendent de récupérer leur voiture. Le but de la manoeuvre étant de transformer une corvée (personne n’aime perdre une heure chez le garagiste) en une expérience ludique pour pouvoir les fidéliser et leur proposer des services à plus forte valeur ajoutée (entretien annuel…).

Dans cette simulation des voitures circulent librement dans une petite ville, les utilisateurs peuvent prendre le contrôle d’une voiture (pour visiter les différents bâtiments et y obtenir des infos) ou interagir avec l’environnement (en provoquant des embouteillages…). Démonstration vidéo :

Deuxième prototype avec un jeu très ludique qui repose sur la physique de formes : New Razorfish DaVinci Surface Application Video.

Le prototype DaVinci pour Surface
Le prototype DaVinci pour Surface

Il ne s’agit pas réellement d’une application commerciale mais plutôt d’un prototype destiné à exploiter au mieux les possibilités de la table Surface. Démonstration :

Troisième exemple avec ce restaurant de Londres équipés de tables interactives : Des tables interactives au restaurant grâce à flash.

Les tables interactive du restaurant de Londres
Les tables interactives du restaurant de Londres

Ces tables permettent de parcourir le menu, de jeter un oeil en cuisine (via une webcam) ou encore de jouer en attendant d’être servi. Pour la petite histoire il ne s’agit pas de tables Surface mais d’une réalisation « maison » qui exploite Flash.

Et puisque l’on parle d’alternatives à Surface, je vous propose également de découvrir ce prototype de Touchmap bricolé par le MIT Mobile Experience Lab : Une table multitouch en AIR en 4 jours.

Le prototype de Touchmap réalisé par le MIT Mobile Experience Lab
Le prototype de Touchmap réalisé par le MIT Mobile Experience Lab

Bon, inutile de s’emballer car il faut bien admettre que ce prototype est encore très loin d’offrir la même expérience que la table de Microsoft.

Et pour finir j’aimerais également vous proposer cette article de Fast Company qui parle de la future version de Surface qui devrait sortir d’ici 2011 : Microsoft’s Surface 2.0-aka SecondLight-Due in Two Years.

Surface 2.0
Surface 2.0

Au programme des améliorations : un capteur de mouvements qui détecte les gestes des utilisateurs (pour leur éviter de salir la vitre avec leurs gros doigts) et une technologie de reconnaissance de formes qui permet d’apporter un niveau supplémentaire de détail en projetant des informations secondaires (comme ici la vue « fil de fer » de la voiture).

Tout ceci est réellement encourageant, j’anticipe un nombre infinie de possibles applications dans différents domaines : agences bancaires, immobilières, magasins…

Pourquoi je suis contre Hadopi et pour la licence globale

Je suis volontairement resté très discret sur le débat autour du projet de loi « Création et internet » (ou Loi Hadopi) mais je souhaiterais tout de même apporter ma contribution à ce débat. Avant toute chose : Télécharger des oeuvres culturelles protégées c’est mal et répréhensible. Voilà, c’est dit.

Intéressons-nous maintenant au fond du problème : les complications techniques que cette approche de riposte graduée vont entraîner. Pour faire simple disons que la riposte graduée est techniquement trop complexe pour être mise en oeuvre dans de bonnes conditions, c’est à dire qui ne vont pas perturber le bon fonctionnement des fournisseurs d’accès à internet. Ceci est d’autant plus vrai qu’il existe de nombreux protocoles P2P avec des architectures toutes différentes (centralisée, semi-centralisée, décentralisée, via Usenet…).

Peut-être serait-il plus simple que les industriels du plastique (CD, DVD…) admettent qu’ils ont perdu la bataille et qu’ils mobilisent leurs forces pour la mise en place d’une licence globale qui semble être le meilleur compromis dont nous disposons (mes recherches sur le sujet ne sont pas exhaustives donc n’hésitez pas à argumenter mais pas de troll SVP).

Pour vous convaincre du fait que de toute façon la balle est dans le camp des utilisateurs (une communauté motivée arrive toujours à contourner les barrières, cf. le jailbreak de l’iPhone), je vous propose de découvrir cette application mobile qui permet de lancer le téléchargement d’une oeuvre en scannant un code barre avec votre téléphone : Torrent Droid Preview.

Le principe est tout simple :

  1. Lorsque vous êtes dans un magasin, vous prenez en photo le code barre d’une oeuvre (CD, DVD…) ;
  2. Le logiciel se charge de trouver le nom de l’oeuvre ;
  3. Il vous fournit la liste des fichiers disponibles sur les réseaux P2P ;
  4. Vous choisissez le fichier et lancez le téléchargement sur votre ordinateur (en vous servant de la console de contrôle à distance).

Démonstration en images :

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Démonstration vidéo :

Est-ce que vous imaginez la même chose mais avec les mobiles tags sur les affiche de films ?

Il se fait greffer une clé USB dans le doigt

Laissez-moi vous raconter une drôle d’histoire : Jerry est un développeur finlandais qui a récemment perdu un doigt en percutant un cerf avec sa moto (hé oui, c’est ça la Finlande). Il décide alors de se faire implanter une prothèse, et comme son médecin est un peu geek, ils lui demande de lui concocter un doigt artificiel avec une clé USB dedans :

jerry1 jerry2

C’est fou, non ? (via Henri Bergius)

Et puisque l’on parle de clé USB, avez-vous vu les dernières clés USB de chez LaCie qui sont en forme de… clés :

Les clés USB de chez LaCie
Les clés USB de chez LaCie

J’ai toujours été admiratif des produits de chez LaCie qui essayent de « repenser » les produits et de proposer des designs ultra-originaux. (via Etre)

Et puisque l’on parle de LaCie, connaissez-vous également leurs câbles USB plats :

Les câbles USB tout plat de chez LaCie
Les câbles USB tout plat de chez LaCie

C’est incroyable de se dire que depuis que les câbles USB existent, personne n’avait pensé à en changer la forme !

Et tant qu’on y est, avez-vous cette incroyable vidéo de fous furieux chez Samsung qui ont monté 24 disques SSD en RAID :

C’est vraiment des tarés !

Bon OK je sais, c’est assez inhabituel de parler matos sur ce blog, et alors ? Vous préférez peut-être parler du nouveau programme de ciblage comportemental de Google ? Pas moi. Avouez que ça change, non ?

Interopérabilité des plateformes sociales, on y est presque (peut-être)

Ce n’est pas la première fois que je parle de l’interopérabilité des réseaux sociaux (cf. Un premier pas vers l’interopérabilité entre les réseaux sociaux avec DataPortabilty et Ouverture des réseaux sociaux, la route sera longue) mais c’est la première fois que je parle de « plateformes » et surtout c’est la première fois que des solutions (ou à défaut des intentions) concrètes sont là.

Ce débat de l’interopérabilité n’est pas nouveau car avec l’avènement de gros réseaux sociaux comme MySpace ou Facebook (qui dépassent les 150 millions de membres) et la multiplication des services, les utilisateurs sont en manque de solutions simples pour pouvoir facilement exploiter la dimension sociale du web.

Genèse des Walled Garden

Oui mais voilà, les opérateurs de plateformes sociales voyaient dans leur base utilisateur à la fois un trésor de données qu’ils pouvaient monétiser auprès d’annonceurs et un très bon levier de rétention (vous noterez que je n’ai pas employé le terme  » fidélisation »). Pour faire simple : une fois que vous avez renseigné votre profil, partagé vos photos et construit votre liste d’amis, vous n’avez plus trop envie de changer de crèmerie car il faut tout recommencer à zéro. Les plateformes sociales ont donc érigé de grands murs pour être sûre que les utilisateurs ne puissent pas faire sortir leurs données (les fameux « Walled Garden« ). Qui se souvient ainsi de la fameuse affaire du Scoblegate (où Robert Scoble c’était fait bannir de Facebook pour avoir essayé d’exporter sa liste d’amis) ?

Puis les plateformes sociales ont mis au point des socles technologiques pour pouvoir faire rentrer encore plus de données (au travers d’applications et de connecteurs) : « Plutôt que d’exporter vos données vers le web, pourquoi ne pas importer votre web chez moi ?« . C’est Facebook qui a ouvert le bal en 2007 avec sa Facebook Platform, rapidement imité par LinkedIn, MySpace puis Bebo puis quasiment tous les autres.

Aujoud’hui la situation est différente car l’opinion publique est en train de se rendre compte du danger que représente la centralisation de données personnelles / professionnelles sur une plateforme : dépendance, usurpation, monétisation abusive…

Un pour tous, tous pour… pour qui déjà ?

Face au raz-de-marée Facebook, les autres acteurs de la sphère sociale ont naturellement formés des alliances, non pas pour faciliter la vie des internautes mais plutôt pour essayer de jouer sur l’effet de volume. Sont donc nées les initiatives suivantes :

  • OpenSocial, dont l’objectif est de normaliser les applications (ou social widget) greffables sur une plateforme sociale ;
  • DataPortability, qui doit permettre aux utilisateurs de porter leurs données personnelles d’une plateforme à une autre (grâce à des mécanismes d’import / export).

Ces initiatives ont remporté un très vif succès et de nombreux acteurs prestigieux se sont empressés de rejoindre l’une ou l’autre (voir les deux), même Facebook ! Mais dans les faits, la réalité est moins glorieuse : Les discussions sont très laborieuses et les spécifications avancent lentement. Résultat : la platform de Facebook conserve une longueur d’avance en terme de sophistication (car ils sont seul maître à bord).

Bref, l’idée était là mais il fallait qu’ils trouvent leurs marques.

Open Stack et DiSo Project pour un web social décentralisé

Après de nombreux mois de travail et d’expérimentation ces technologies se sont affinées et la communauté a surtout appris à les combiner. C’est donc dans ce contexte que nous avons commencé à entendre parler d’Open Stack : un ensemble de briques technologiques servant à exploiter librement les plateformes sociales (reposant sur des formats et protocoles non propriétaires). Il est ainsi question de Decentralized Social Web, une couche sociale sur laquelle repose différents services compatibles entre eux, dont le DiSo Project serait le catalyseur. L’objectif affiché étant de rendre complètement transparent le basculement d’un service à un autre :

Illustration du
Illustration du Decentralized Social Web

La première étape de ce vaste chantier a été d’isoler des services élémentaires et d’y associer une technologie open source :

  • La fourniture d’une identité numérique (autrement appelé de la délégation d’authentification) avec OpenID ;
  • Les mécanismes d’autorisation et d’accès aux différents services avec OAuth ;
  • La faculté d’un service à être facilement trouvé avec XRDS-Simple ;
  • L’accès aux contacts et donc au social graph avec Portable Contacts ;
  • La diffusion de flux d’activité (les fameux Activity Streams).

Ainsi était né une première vision d’un web social ouvert auquel avait souscrit les plus grands noms :

La première verison d'Open Stack
La première version d'Open Stack

Vous noterez sur ce schéma l’absence de deux acteurs notables : Facebook et Microsoft.

Vers un nouvel Open Stack avec Facebook

Et subitement tout s’accélère en ce début d’année avec l’arrivé de Facebook dans la discussion et notamment celle sur les Activity Streams. Il est alors question d’élargir les travaux et d’inclure Facebook dans ce tableau afin d’en démultiplier le potentiel (cf. A New Open Stack: Greater Than the Sum of its Parts) :

Le "nouveau" Open Stack
Le "nouveau" Open Stack

Suite à cela, Facebook a décidé de petit à petit ouvrir sa plateforme pour pouvoir devenir d’ici l’année prochaine la plateforme sociale la plus ouverte : Facebook in 2010: no longer a walled garden. Une très bonne nouvelle pour les utilisateurs, mais que fait Microsoft pendant ce temps ? Pas grand chose puisque de toute façon le géant de Redmond a complètement raté le virage des réseaux sociaux. Microsoft est indirectement présent dans ce tableau au travers d’OpenID et doit sûrement être en train de préparer quelque chose avec Windows 7 (en intégrant directement des fonctions sociale à l’OS).

Nous sommes donc rentré dans une nouvelle dynamique d’ouverture des plateformes sociales avec des acteurs qui affichent tous une réelle volonté d’ouverture. Mais ne soyons pas naïfs, ce n’est pas l’altruisme qui motive ces acteurs mais plutôt la volonté de ne pas se faire larguer et surtout d’apparaitre comme irréprochable aux yeux de la communauté. Dans ce contexte nous commençons également à voir apparaitre des acteurs indépendants comme Cliqset ou JS-Kit (cf. Cliqset Could Be The Web’s First Read-Write Identity Provider) qui pourraient bien s’affirmer comme les garants de la neutralité, ou pas !

Il est pour le moment très difficile de parier sur cette interopérabilité que les grands acteurs nous promettent, toujours est-il que la course à l’ouverture est maintenant lancée et qu’ils pourront difficilement revenir en arrière. Moralité : l’interopérabilité est inévitable, il faudra juste être patient.

Première prise en main du HTC Magic (Android G2)

C’est aujourd’hui que SFR dévoilait à la presse (et aux blogueurs) son iPhone killer : Le HTC Magic (nom de code : Android G2). RDV donc au showroom de la marque au logo rouge pour une découverte de ce terminal. Le G2 est comme vous l’aurez compris l’évolution du G1, une version avec clavier qui est visiblement perçue comme trop limitée (l’écran tactile offrant plus de possibilités).

La première impression est bonne, c’est indéniablement un bel objet : profil plat, forme très légèrement incurvée (du moins il me semble), beau matériau de la coque. L’écran est également très satisfaisant, dans la norme de ce qui se fait en ce moment :

htcmagic_1.jpg
Le HTC Magic (Android G2)

Vous connaissez sûrement les caractéristiques techniques donc je ne m’attarde pas dessus, de même que les fonctionnalités offertes par Android. J’ai tout particulièrement été impressionné par la gestion du bureau et des widgets : fluide et intuitive. Démonstration vidéo :

J’ai également été scotché par la fonction cartographie avec les principes de molette de zoom et du mode Street view avec un déplacement « spacialisé » (à l’aide du GPS et de l’accéléromètre) :

J’ai aussi beaucoup apprécié le retour de force lorsque l’on tape sur le clavier virtuel (qui fait office de feedback tactile). En règle général la manipulation est intuitive et fluide quoique légèrement plus lente et saccadée que sur un iPhone.

Il reste par contre deux grosses interrogations :

  • Quel logiciel client (installé sur l’ordinateur) sera utilisé pour gérer la bibliothèque multimédia (les playlists musicales, catégories…) et pour acheter des contenus (chansons, vidéos…).
  • À quelle vitesse va se développer l’écosystème autour de la marketplace Android ? Même si l’App Store d’iTunes conserve une sacrée longueur d’avance, la colère gronde au sein des développeurs frustrés par la rigidité du système mis en place par Apple.

Donc en un mot : Est-ce que la sauce va prendre ? Oui très certainement car Google a déjà su démontrer sa capacité à mobiliser la communauté de développeurs et à jouer sur ambiguïté de sa position vis à vis de l’open source (Android est une plateforme ouverte mais très légèrement contrôlée).

Je n’ai pas encore mis la main sur le très prometteur Pre de Palm (cf. A la recherche de la plateforme mobile parfaite avec le nouveau Palm Pre) mais je pense que nous tenons là un concurrent très sérieux pour vous savez qui. La commercialisation de ce HTC Magic est programmée pour Avril 2009.

Vers une overdose de Twitter ?

<prologue>Pour celles et ceux qui souhaitent se remettre à niveau c’est ici : Twitter in Plain English, Twitter… what’s all the fuss about? ou encore How to Twitter (ces 3 article ssont en anglais mais vous avez aussi mon billet de l’année dernière : Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?)</prologue>

Aviez-vous remarqué ces derniers temps la prédominance de Facebook et Twitter dans les discussions de la blogosphère ? Pour Facebook ça se comprend à la vue des courbes de croissance et du volume de trafic, mais pour Twitter… est-ce bien raisonnable ? Ne vous méprenez pas,  je ne vais me lancer dans un « Pourquoi je ne crois plus en Twitter » mais plutôt dans une réflexion que je souhaiterais partager avec vous : Est-ce que toute cette frénésie autour de Twitter ne va pas lui être néfaste ?

Outils de communication rudimentaire à la base, Twitter est devenu en à peine trois ans une plateforme sociale d’une incroyable richesse qui engendre une authentique adulation par les leaders d’opinion de la blogosphère (je n’ose plus dire « blogueurs influents« ). Le phénomène avait déjà été observé il y a deux ans :

history_blog

Pourtant le nombre d’utilisateurs de cette plateforme n’a rien de mirobolant (à peine plus de 10 millions d’utilisateurs dans le monde : Twitter Has A Big Month, Grows To Over 8 Million U.S. Users), mais c’est indéniablement le service hype du moment où il faut impérativement être vu (à l’image des comptes de Google et Mark Zuckerberg ces derniers jours).

Ce qu’il y a de particulièrement intéressant avec Twitter c’est la facilité avec laquelle il est possible de lui trouver de nouveaux domaines d’application :

Dernière folie en date : Kogi, un restaurateur qui mélange cuisine coréenne et tacos dans son camion, qui a eu la très bonne idée de diffuser les emplacements de son camion via son compte Twitter. Résultat : entre 300 et 800 clients à chaque arrêt (cf. cet article du L.A. Times).

500 clients à chaque nouveau tweet pour ce restaurateur mobile
500 clients à chaque nouveau tweet pour ce restaurateur mobile

Sommes-nous devant une authentique révolution (web 2.0 2.0 ?) ou devant un épiphénomène comme seule la blogosphère sait nous en pondre ? Difficile à dire car je manque un peu de recul sur ce sujet (cela fait presque deux ans que je tweete sur twitter.com/FredCavazza). Toujours est-il que je vois d’un mauvais oeil cette sur-médiatisation autour de Twitter qui risque de cristalliser l’antagonisme des sentiments que génère ce service (on aime ou on déteste). J’espère sincèrement que tout ce ramdam ne va pas avoir un effet négatif sur ce service.

(via TheNextWeb)

Nouveau Facebook = Plus d’opportunités pour les annonceurs

Impossible cette semaine de passer à côté de cette annonce majeure : Facebook lancera la semaine prochaine une nouvelle version des profils et pages annonceurs : New Facebook Home Page.

La nouvelle page d'accueil de Facebook (Mars 2009)
La nouvelle page d'accueil de Facebook (Mars 2009)

Je ne vais pas m’étendre sur la nouvelle page profil car d’autres l’on fait avant moi, je souhaites juste corriger le fait qu’avec cette nouvelle version Facebook ne souhaite pas concurrencer Twitter mais plutôt FriendFeed (cf. With Twitter Envy, Facebook Adds (Near) Real-time Web Capabilities). Les services de social streaming sont en effet beaucoup plus proches d’un point de vue fonctionnel : agrégation social, commentaire sur les news, fonction d’appréciation « Like »… (lire à ce sujet : Socialstream, vers une hyperprésence des blogueurs ?).

Mais plutôt que de débatre sur cette nouvelle page profil, intéressons-nous plutôt à la réelle révolution de cette annonce : la refonte de la page annonceur.

Les annonceurs se fondent dans la communauté

Jusqu’à présent les pages réservées aux annonceurs (« Pages« ) proposait un modèle d’interaction plutôt limité : devenir fan, écrire sur le wall… Les annonceurs qui souhaitaient initier des échanges plus riches devaient passer par les applications. Oui mais voilà, depuis la refonte d’Octobre 2008, les applications n’apparraissent plus sur les profils mais dans un onglet (cf. Pour ou contre la nouvelle version de Facebook ?), ce qui est problématique pour les annonceurs car cela diminue d’autant la visibilité de leurs actions.

Mais tout ça va changer avec les nouvelles pages annonceur qui ressemblent beaucoup plus à des pages de membre : New Facebook Pages, A Guide for Social Media Marketers.

Les changements de la page annonceur de Facebook
Les changements de la page annonceur de Facebook

Grosse nouveauté : la possibilité pour une marque de publier des changements de status (qui apparaitront sur le News Feed des fans). C’est donc un  premier pas vers la fusion des profils de membre et des pages annonceurs : Brands to Gain Voice as Facebook Merges Pages and Profiles. Ce changement n’est pas anodin car cela va changer beaucoup de choses dans la façon dont les marques exploitent Facebook (lire à ce sujet le très bon How to Brace for the Facebook Page Redesign).

Plus de pro-activité pour les annonceurs

Concrètement ces nouvelles pages vont considérablement augmenter la visibilité potentielle des marques. Je dis bien « potentielle » car encore faudra-t-il que les marques fassent l’effort de régulièrement mettre à jour leur status et de préférence avec du contenu intelligent (évitez à tout prix les promos car cela risque de vite fatiguer les fans). Ceci va très certainement modifier également le rapport des membres vis à vis des marques qui seront bien plus présente dans leur usage quotidien de la plateforme : How Facebook, Google, and Yahoo Are Making Ads Part of Your Life.

La nouvelle page annonceur de Britney Spears sur Facebook
La nouvelle page annonceur de Britney Spears sur Facebook

Nous ne pouvons donc que nous réjouir de ce changement car cette nouvelle page pour les annonceurs va mettre sur le devant de la scène des logiques de fllux d’activité de marque (cf. Lifestream + Brand = Brandstream). On en vient même à se dire que ces nouvelles pages annonceur vont devoir être intégrée de façon très fine aux différentes campagnes pour pouvoir fluidifier le recrutement de prospects qualifiés (cf. Facebook Pages Will Replace Traditional Landing Pages).

Mais encore une fois la contrepartie pour les annonceurs est de devoir être beaucoup plus entreprenants avec les fans / prospects en leur apportant une proposition de valeur tenant compte des spécificités du contexte « social » : il n’est pas question de relayer le même message que celui utilisé dans la publicité traditionnelle (TV, bannières…) mais d’initier un dialogue et une relation fondée sur l’expérience de marque plutôt que sur le déstockage de produits invendus.

Un premier pas vers les social ads en réseau ?

Outre cette nouvelle page annonceur, il y a également du nouveau pour les Facebook Ads : la possibilité de diffuser des messages ciblés sur des sites partenaires au travers de Facebook Connect (cf. Facebook Connect + Facebook Ads = A Social Ad Network). C’est donc une très grosse nouveauté car un tel dispositif permettrait de considérablement améliorer la portée d’une campagne en étendant la visibilité en dehors de Facebook, directement là où les utilisateurs se trouvent.

Nous nous dirigeons donc petit à petit vers une sorte de réseau de diffusion « sociale » des campagnes, un réseau permettant à un annonceur d’être présent de façon uniformisée sur différentes plateformes sociale. Notons que cette offre existe déjà via des acteurs périphériques comme RockYou ou Cubics : RockYou Adds Cross-Network Targeting to Ad Network.

Voilà donc un signe fort que le marché est en train de se structurer et l’offre à destination des social marketers progresse dans la bonne direction : une prise de parole plus subtile (moins intrusive) et surtout tournée vers l’engagement (jeux, dialogue…) et non plus sur l’interrupion (« Arrêtez de faire ce que vous êtes en train de faire et écoutez mon message« ).

C’est également une très bonne nouvelle pour les gens de la profession qui vont pouvoir travailler sur des mission plus intéressantes de community managment plutôt que sur de la diffusion de publicité déguisée via des applications. Les community managers seront donc les nouveaux architectes de la gestion de la relation client dans un contexte résolument plus participatif au travers des plateformes sociales. Vivement la suite…

L’authentification au centre de nombreuses attentions

Ces derniers mois l’actualité autour des technologies d’authentification est chaude, bouillante même ! Pour faire simple, l’authentification est « la procédure qui consiste à vérifier l’identité d’une entité  (personne, ordinateur…), afin d’autoriser l’accès de cette entité à des ressources (systèmes, réseaux, applications…)« . Jusqu’à très récemment sur le web, le seul moyen d’accéder à un service était de se créer un compte en choisissant un identifiant et un mot de passe. Au siècle dernier cela ne posait pas de problème dans la mesure où un utilisateur lambda n’exploitait que très peu de services en ligne (Yahoo!, Amazon, Ebay…). Donc le nombre de login / mot de passe à retenir était limité.

Mais avec l’avènement des médias sociaux tout se complique car il n’est pas rare de devoir jongler entre des dizaines de services en ligne et donc autant d’identifiants et mots de passe. C’est là où sont apparus des systèmes d’authentification décentralisés comme OpenID. Très prometteuse, cette technologie a rapidement été adoptée par les plus grands acteurs (cf. Google, IBM, Microsoft, Yahoo et VeriSign adoptent OpenID) sans toutefois remporter l’adhésion du grand public.

Une technologie trop complexe pour le grand public

Le problème vient très certainement d’un manque de volontarisme de la part de ces acteurs qui hésitaient à se lancer dans de grandes campagnes d’évangélisation. Sans vouloir jouer les devins je pense que cette frilosité est du à une mécompréhension entre les notions d’identité et de profil. Communiquer sur un mécanisme de délégation d’authentification aurait fait fuir les partenaires potentiels (qui implémenteraient cette technologie) et inquiété les investisseurs.

Bref, tout ça pour dire qu’OpenID n’a pas trouvé sa cible, d’autant plus qu’il existe d’autres solutions qui présentent chacune des avantages / inconvénients. Ce contexte concurrentiel n’a fait que ralentir l’adoption de ces technologies, et ce malgré des travaux d’interopérabilité (cf. Vers un standard d’identité numérique ?).

Plus de simplicité et des usages concrets par faciliter l’adoption

Cela n’a pas découragé les promoteurs d’OpenID qui ont fait progresser leur standard et surtout l’ergonomie du dispositif : La création de compte simplifiée avec OpenID.

Mais celui qui a réellement fait découvrir la délégation d’authentification au grand public c’est… Barack Obama (encore lui ?) ou plutôt Facebook qui a eu la très bonne idée d’associer sa technologie « maison » Facebook Connect à une opération de buzz autour de la cérémonie d’investiture du nouveau président US. Et là subitement, l’intérêt de ces technologies sautent aux yeux (cf. CNN + facebook, premier exemple concret de télévision communautaire et Le partenariat CNN Live et Facebook peut-il faire trembler Twitter ?). La promesse est en effet très belle : pouvoir tester et s’inscrire sur une infinité de sites sans avoir à choisir de nouveaux identifiants en se servant de votre compte Facebook :

Oui mais voilà, cette promesse à une contre-partie : il faut accepter de partager certaines informations concernant votre profil. Cette première application à grande échelle a ainsi réveillée les vieilles craintes liées au respect de la confidentialité et aux dérives potentielles. Quoi que… il faut quand même se méfier (cf. Facebook Connect + Facebook Ads = A Social Ad Network).

Il n’a pas fallu attendre très longtemps pour que Google dévoile à son tour sa propre solution qui repose non pas sur une technologie propriétaire mais sur deux standards (OpenID et OAuth) : Google lance son offre concurrente à Facebook Connect.

Puis nous avons entendu des rumeurs au sujet de Twitter qui lui aussi serait en train de tester son propre mécanisme : Twitter OAuth Spotted in the Wild.

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Le cas de Twitter est particulièrement intéressant car il existe de nombreux services qui reposent sur les APIs de Twitter et qui se servent déjà des comptes des utilisateurs comme identifiants. En implémentant un mécanisme plus robuste comme OAuth, Twitter donne alors la possibilité à ses utilisateurs de gérer de façon plus fine les droits d’accès.

Et finalement cette semaine c’est au tour de Yahoo! d’annoncer sa propre solution : Yahoo! Updates (cf. Yahoo! tente de concurrencer Facebook avec Yahoo! Updates).

Le système d'authentification de Yahoo!
Le système d'authentification de Yahoo!

Vous noterez au passage qu’il ne s’agit pas QUE d’authentification mais également d’agréger les actions réalisés sur les sites partenaires sur votre profil Yahoo!. Vous pouvez voir fonctionner ce système ici : Yahoo! Updates API Demo. D’un point de vue technique, les équipes de Yahoo! ont eu la très bonne idée de monter un partenariat avec JS-Kit, une société qui fournit une brique technologique très intéressante puisqu’elle permet (d’après ce que j’ai compris) de véhiculer des données « sociales » (updates…) entre différent services à l’aide de ces technologies de délégation d’authentification (plus d’infos ici : Yahoo! Launches Major Challenge to Facebook Connect).

Très bien… mais tout ceci ne résout pas le problème de fond du choix de la technologie : les différentes solutions existantes (plus ou moins concurrents) brouillent le débat et divisent la communauté informatique. Et pendant se temps là, l’utilisateur est toujours perdu dans ce débat d’expert (et dans ses mots de passe).

Bon… ceci étant dit et au vue des derniers travaux réalisés il semblerait que l’on commence à se diriger vers des solutions plus « grand public« , c’est à dire proposant un mode d’interaction plus simple pour l’nternaute lambda. Illustration avec le module de commentaires universels de JS-Kit : Comments Service.

Le système de multi-déléguation de JS-Kit
Le système de multi-déléguation de JS-Kit

Comme vous pouvez le constater sur cette capture, il est possible de déposer un commentaire en utilisant l’un des systèmes d’autentification proposé (OpenId, Yahoo! Updates, Facebook Connect…). Disons que c’est un premier pas très encourageant.

La vision du futur de Microsoft

Dans mes prédictions 2009 j’anticipais un retour sur le devant de la scène pour Microsoft, ce retour en grâce passant notamment par un certain nombre de projets innovants comme Photosynth, Surface, Sphere ou encore WorldWide Telescope. À cette liste de projets il faut également ajouter tous les projets expérimentaux menés dans le Microsoft Labs comme cette stupéfiante vidéo : Future Vision Montage.

Cette compilation de concepts regroupe en effet une incroyable série d’interfaces toutes plus belles les unes que les autres qui me font penser au célèbre Vodafone Future :

microsoftfuturevision

Saluons donc le formidable travail de design réalisé pour mettre en scène ces interfaces qui concurrencent sérieusement le concept Aurora de Mozilla (même si dans le fond très peu de ces concepts sont pour le moment réalisables). Dans le même genre il y a aussi le 4G=IP de Cisco. (via R/W Web)

Compte-rendu du dîner avec NKM

Hier soir un certain nombre de blogueurs (une vingtaine pour être précis) étaient invités à un dîner d’échanges de points de vue organisé par le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet. L’occasion pour moi de pouvoir l’approcher d’encore plus près (cf. Compte-rendu du Forum Net Explorateur 2009) et de (re)voir mes collègues blogueurs. De ce point de vue là je n’ai pas été déçu car il y avait beaucoup de têtes connues et parce que ce dîner était placé sous le signe de la proximité avec des discussions très intéressantes.

Un grand merci au cabinet de la Ministre (Adrien et cie) et toutes mes plus plates excuses pour mon retard. En fait j’avais vu trop juste car j’étais persuadé que la Ministre viendrait avec un retard de courtoisie d’au moins 30 minutes comme cela avait été le cas pour le dîner de l’année dernière avec Valérie Pécresse (pas de bol elle était là pile à l’heure). Mais bon j’ai tout de même pu profiter d’un petit speech d’introduction pour nous résumer les points clés du récent déplacement en Asie (cf. Avec NKM en Corée et au Japon) :

Le discours de NKM
Le discours de NKM

Différentes thématiques fortes ont ainsi été étudiées par la déléguation française lors de ce déplacement en Asie : les services à la personnes (en ligne, assistances robotisées), TV sur mobile et objets communicants. L’objectif de ce dîner (et des rencontres qui vont suivre) est de voir comment il est possible d’importer ces modèles en France et de développer de nouveaux axes d’innovation plus spécifiques à notre contexte. Et si en prime cela peut sauver / créer des emplois c’est encore mieux (les fameuses solutions de « sortie de crise« ).

Discussions très intéressantes à table avec notamment Fabrice Mattatia, un conseiller technique, sur les problématiques d’authentification et d’identité numérique. Grand débat également sur les mutations sociétales à venir dans les 10 prochaines années et l’impact de l’arrivée en entreprise de la génération Y avec Anne-Caroline Paucot.

J’ai également eu la chance de partager le fromage et le dessert avec la Ministre qui est venu rejoindre notre table et s’asseoir à côté de moi. Discussion de rigueur sur la loi Hadopi et l’absurdité de cette situation. J’ai par contre été enchanté de pouvoir parler avec NKM d’un sujet qu’elle avait spontanément abordé plus tôt : le télé-travail. Il existe visiblement de nombreuses réflexions sur le sujet et surtout des projets d’aménagement du cadre législatif des télé-travailleurs. Une aubaine pour les indépendants comme moi qui travaillent à domicile. Il est notamment question d’incitations économiques / fiscales pour favoriser cette pratique qui cumule beaucoup d’avantages : plus de productivité, moins de déplacements et de CO2…

Je ne regrette pas ma soirée, les échanges y étaient sincères et le fromage excellent (surtout le camembert au calvados). J’espère sincèrement que d’autres initiatives de ce type seront renouvelées et que des blogueurs d’horizons plus variés pourront participer au débat.