Vers de nouvelles expériences d’achat et de consultation

Voilà près de 15 ans que le web est disponible auprès du grand public. En 15 ans il s’est passé beaucoup de choses, mais pas tant que ça finalement. Regardez par exemple des sites comme Amazon ou Ebay, sont-ils véritablement différents de ce qu’ils étaient il y a 15 ans ? Certes, il y a bien eu des refontes (cf. Amazon et Ebay changent ENFIN de sites web), mais la logique de navigation et la présentation des offres est quasiment la même. La mise en page de ces deux sites est en effet directement héritée de ce qu’était le web à ses débuts : un média essentiellement textuel. Il y avait bien évidemment des images et des tableaux, mais la façon dont sont structurés l’information et les contenus n’a pas eu à évoluer, tout simplement, car ça fonctionnait bien et que les internautes s’y sont habitués. La priorité des éditeurs de contenus, fournisseurs de service et marchands en ligne a depuis le début été d’enrichir le contenu : Toujours plus d’articles, de fonctionnalités et de produits.

Nous sommes maintenant en 2011 (bientôt 2012), et le point de saturation est atteint depuis longtemps, aussi bien en terme de volume de contenus que de nombre de fonctionnalités. Bizarrement, les utilisateurs avertis n’en veulent pas plus, mais moins, car moins de contenus = plus de facilité à trouver l’information et moins de fonctionnalité = plus de facilité d’utilisation. En d’autres termes : Lassés par une course à la quantité, une partie des internautes sont maintenant à la recherche de qualité, et ils sont prêts à changer de crèmerie pour cela.

C’est sur ce postulat de départ que j’ai pu observer la montée en puissance d’une nouvelle catégorie de startups qui misent avant tout sur l’expérience utilisateur pour se différencier et prendre des parts de marché à des mastodontes que l’on croyait inattaquables. Nous ne parlons pas ici de remplacer Google ou Amazon, mais de parvenir à séduire une infime portion des utilisateurs (0,1 %) qui suffiraient à rembourser les investissements et assurer la viabilité de l’opération. Là où les acteurs historiques se sont fait les champions de l’exhaustivité et de l’efficacité, ces nouveaux acteurs prônent avant tout la simplicité d’utilisation, la scénarisation des contenus et le plaisir d’usage.

Pour moi tout à commencé avec cet article publié sur le Smashing Magazine où m’auteur dénonçait le manque d’originalité dans la mise en page dans blogs : The Death of the Boring Blog Post. Puis nous avons vu arriver Cooliris, une technologies d’enrichissement d’affichage : Le web dans un écrin avec Cooliris. Perçu comme un gadget, voire comme une aberration ergonomique à son lancement, ce plugin a néanmoins su imposer sa vision : Cooliris, A Web Browsing For The 22nd Century.

Plus récemment, j’ai pu observer une vague de nouveaux services proposant une expérience beaucoup plus qualitative que les acteurs traditionnels, et ceux quel que soit l’activité :

  • Qwiki, qui propose une interface de recherche révolutionnaire qui met une sacrée claque à Google (Qwiki inaugure l’avenir de la recherche sur terminaux alternatifs) ;

    Qwiki
    L'interface de recherche de Qwiki
  • Flipboard, une application iPad qui reformate les articles des autres et vous fait vite oublier votre Yahoo! News ;

    Flipboard
    Votre magazine personnel sur votre iPad avec Flipboard
  • Discover, une autre application iPad qui donne un coup de jeune aux articles de Wikipedia ;

    Cooliris discover
    Wikipedia dans votre iPad avec Discover
  • Hipmunk, un moteur de recherche de billets d’avion à l’esthétique ultra-séduisante qui ringardise les Opodo et autres eBookers (Hipmunk, la nouvelle référence de la recherche de vol) ;

    Hipmunk
    L'interface de recherche de Hipmunk
  • Think Quarterly, la revue mensuelle de Google UK qui ridiculise les newsletters ;

    ThinkQuarterly
    La superbe ergonomie éditoriale de Think Quarterly
  • Yoyo, la toute nouvelle boutique en ligne d’Amazon qui apporte un grand bol d’air très frais au commerce en ligne ;

    YoYo
    La nouvelle boutique en ligne de jouets d'Amazon
  • BankSimple, un nouveau concept d’intermédiaire bancaire qui vous redonne envie de consulter vos comptes en ligne.

    Banksimple
    La nouvelle interface bancaire de BankSimple

Recherche, information, tourisme, commerce en ligne, banque… tous les secteurs d’activité sont potentiellement concernés par cette « remise à niveau qualitative ». Certains des exemples cités précédemment sont des expérimentations lancés par les acteurs historiques eux-mêmes, mais d’autres sont des nouveaux entrants, voire de simples intermédiaires. Et c’est très certainement ça qui m’interpelle : Outre Amazon qui mène des expérimentations intéressantes, comment se fait-il que des acteurs aussi puissants que des banques ou des moteurs de recherche de billets d’avion soient incapables de se remettre en question et de proposer une expérience en ligne plus enrichissante ? Et je ne parle pas que d’Axa Banque dont l’interface de consultation de comptes n’a pas évolué depuis plus de 10 ans. 10 ANS !

En fait il n’est pas tant question de tout casser et de faire la révolution, mais plutôt de miser sur les deux tableaux en capitalisant d’une part sur une interface sobre et efficace qui génère 99,9% du business, et une ou plusieurs interfaces alternatives pour séduire les utilisateurs les plus exigeants ou les plus blasés. C’est notamment ce que cherche à faire des acteurs comme CNN qui a racheté Zite (un concurrent de Flipboard), ou encore Engadget qui propose Distro!, une application iPad de compilation et lecture de ses meilleurs articles.

Capitaliser sur l’existant pour augmenter les barrières à l’entrée et expérimenter une expérience plus qualitative, c’est exactement ce qu’essaye de faire Google avec son tout nouveau Product Search.

GoogleProductSearch
La nouvelle interface de recherche de produits de Google

Si Amazon et Google sont passés à l’action, il est largement le temps que vous vous y mettiez également avant que des petits malins ne viennent grignoter vos parts de marché. La période est d’autant plus propice que la technologie évolue dans le bon sens (HTML5, 3D, tablettes…), à vous de saisir cette opportunité et de repenser l’expérience de vos contenus et services. Faites-vous plaisir, faites également plaisir à vos utilisateurs / lecteurs !

Mes trois sites coups de coeur (septembre 2011)

Comme tous les mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont tapé dans l’oeil. Je ne serais pas vous expliquer pourquoi, mais la sélection de ce moi-ci a été draconienne tellement il y avait de candidats.

Commençons avec Square, le fameux service de paiement par smartphone :

Square
La page d'accueil de Square

Un bel exemple de site minimaliste puisqu’il n’a qu’une seule page, ou plutôt un seul gabarit avec des contenus adaptés en fonction des cibles. La mise en page est très simple, mais terriblement efficace : une illustration à droite, la promesse, le formulaire et les éléments de réassurance à gauche. La hiérarchisation de l’information au sein du cadre est particulièrement soignée avec des titres et accroches qui ressortent bien, une densité de l’information facilitant la lecture et la concentration de l’attention. Bref, c’est tout bon.

Poursuivons avec Teechan+lax, une agence web US :

TeehanLax
La page d'accueil de Teechan+lax

Le découpage en 3 blocs permet de bien cloisonner les unités d’information (navigation, promesse et publications) et le choix des couleurs facilite le repérage et la lisibilité. J’apprécie particulièrement la vidéo floutée et sont effet hypnotisant qui permet d’attirer le regard sur la promesse. Même si la vidéo est en fait une boucle d’à peine 10 secondes, j’ai vraiment cru qu’ils avaient branché une webcam dans les bureaux !

Terminons avec Pancake, un service en ligne de gestion commerciale et facturation :

Pancake
La page d'accueil de Pancake

Là encore, le découpage en trois zones permet de dissocier la navigation, la promesse et explications, et le détail des fonctionnalités. Vous noterez au passage l’association judicieuse du visuel et des typos pour attirer l’attention sur la promesse au centre de l’écran (les espaces vides autour participent également) de même que la mise en scène du bouton d’action et du prix. Rien de très révolutionnaire dans cette page, mais une belle exécution et une grande cohérence dans les traitements graphiques.

Comme j’avais beaucoup de « candidats », je vous donne également les autres URLs que j’avais mises de côté et que je laisse à votre libre appréciation : Seamless, Fork CMS, 89Bytes et Skinnyo.

La suite le mois prochain…

L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo

Ces derniers temps le nouveau buzz word à la mode semble être « SoLoMo » (Social + Local + Mobile). On ne parle plus que des services intégrant les composantes sociales, mobiles et locales. OK très bien… mais si l’avenir de l’internet est au SoLoMo, pouvez-vous m’expliquer pourquoi Facebook abandonne ses fonctions Places et Local Deals, et pourquoi Groupon retarde son introduction en bourse ? La vérité est qu’encore une fois le marché s’emballe pour une notion « tarte à la crème » qui mérite quelques clarifications.

Si je ne remets pas en cause le potentiel disruptif de la mobilité ou des médias sociaux (au contraire puisque j’édite deux blogs sur ces sujets : MediasSociaux.fr et TerminauxAlternatifs.fr), je vous propose néanmoins de décortiquer ce qui se cache derrière le SoLoMo pour mieux en appréhender les enjeux et les limites.

Comment faire du social quand tout est social ?

Voilà maintenant plus de 4 ans que l’on parle des médias sociaux. En à peine 5 ans, des services comme Facebook, YouTube ou Twitter se sont imposés comme les nouveaux rois de l’audience. La déferlante sociale a été tellement puissante qu’elle a profondément modifié les habitudes des internautes (consultation et consommation). OK très bien… une fois que nous avons dit cela, il nous reste à apprivoiser l’éléphant dans la pièce : Facebook. J’ai déjà écrit beaucoup de choses sur Facebook (cf. Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook) qui reste de loin la plateforme sociale la plus visible du marché. En conséquence de quoi, tous les annonceurs veulent ouvrir une page et amasser des fans. Problème : Lorsque que vous souhaitez développer une présence sur Facebook, vous rentrez dans en compétition pour l’attention de vos cibles avec leurs proches (famille, amis…), des marques mythiques (Nike, Starbucks…) et des stars planétaires (Justin Bieber, Lady Gaga…). Comment exister face à cette concurrence déloyale ? Même si dans la majeure partie des cas une présence sur Facebook est une étape obligatoire, la dure réalité est que l’intensité concurrentielle est y tellement forte que ce support en devient difficilement exploitable, à moins de distribuer des bons de réduction ou des cadeaux toutes les semaines, mais nous savons tous que cela biaise fortement la relation prospects / marques.

Vous pourriez alors être tenté de déporter la bataille de l’attention et d’exploiter les mécanismes de délégation d’authentification (Facebook Connect & cie) pour profiter du graph social de vos visiteurs sur votre site, mais là encore, vous êtes loin d’être les seuls : La majorité des gros sites exploitent déjà les social widgets de Facebook. Idem pour d’autres plateformes comme Twitter ou YouTube qui ont déjà été prises d’assaut par les plus grandes marques.

Au final, le levier social ne fonctionne plus réellement en tant qu’avantage concurrentiel, car toutes les grandes marques l’exploitent déjà (avec plus ou moins de succès). Si vous souhaitez réellement tirer un bénéfice notable des médias sociaux, il faudra envisager un dispositif bien plus ambitieux qu’une campagne virale ou une opération de recrutement de fans. Entendons-nous bien : Le problème n’est pas tant la portée des campagnes sur les médias sociaux que leur intérêt dans une approche plus industrielle de l’installation de votre marque sur les médias sociaux.

Pour pouvoir vous démarquer de la concurrence et tirer un bénéfice durable des médias sociaux, il va nécessairement falloir décloisonner l’initiative de la présence de votre marque de son département d’origine (marketing, communication…) et mobiliser un plus grand nombre d’acteurs internes (CRM, Support clients, Qualité, RH, DSI…) pour faire des médias sociaux un chantier transverse auquel tout le monde va contribuer et dont tout le monde va pouvoir bénéficier. Appelez ça comme vous voulez (Social CRM, Social Business…), moi j’emploierais plus volontiers le terme « passer la seconde« . Maintenant que les plus grandes marques, médias et institutions ont passé le pied à l’étrier, il va falloir aller plus loin pour se démarquer. Certes, c’est un chantier de longue haleine, mais il finira par payer. Un bon commencement serait de rapprocher votre dispositif d’écoute (social monitoring) des indicateurs de suivi d’audience (web analytics) et de votre programme de fidélité (CRM).

La mobilité ne concerne pas que les smartphones

Idem pour la dimension mobile : Ne pensez pas être tiré d’affaire avec votre application pour iPhone. Même si les taux de croissance sont très encourageants, les possesseurs d’iPhone ne représentent qu’une petite part des mobinautes. Il faut ainsi compter avec les utilisateurs de feature phones et de smartphones alternatifs tournant sous Android, Blackberry ou Symbian. Ceci est d’autant plus vrai que les parts de marché de l’iPhone s’érodent petit à petit face aux smartphones low-cost.

Autre point d’attention : Les smartphones ne sont qu’une première étape vers d’autres terminaux alternatifs. Les tablettes et autres TV connectées vont également monter en puissance et vous forcer à revoir entièrement votre copie (Et on reparle de la conception multi-écran). Faut-il dès maintenant bazarder votre site web et lancer un grand chantier de refonte ciblant l’ensemble des terminaux alternatifs du marché ? Non, pas pour le moment. D’une part, car le marché est extrêmement instable (il va se passer beaucoup de choses d’ici à la fin de l’année) et d’autre part, car cela vous forcerait à tout sous-traiter. Or, si vous sous-traitez, vous perdez la compétence et la compréhension.

Le meilleur moyen de vous préparer à cette transition est donc de progressivement sensibiliser vos équipes internes aux enjeux et contraintes des terminaux alternatifs afin de repenser à la fois l’offre et le modèle économique pour pouvoir profiter pleinement des opportunités offertes. Encore une fois j’insiste sur le fait que lancer une application iPhone n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. Tout comme les médias sociaux induisent de profonds changements dans la relation client, la gestion de l’image de marque et la collaboration interne (cf. Social Business Design = Web 2.0 + Médias sociaux + Entreprise 2.0), la montée en puissance de la mobilité et des terminaux alternatifs va vous forcer à revoir à la fois votre stratégie de communication, votre modèle économique et votre processus interne (nous pourrions ainsi théoriser sur du Mobile Business Design).

Business local : La poule aux oeufs d’or qui perd ses plumes

Troisième volet du SoLoMo : La dimension locale. Véritable passerelle entre le monde numérique en ligne et le mode réel, la dimension locale est censée démultiplier les points de contact, les opportunités d’affaires et fidéliser les clients à vie. En à peine 3 ans, des sociétés comme Groupon ont connu une croissance fulgurante avec un modèle économique reposant sur les coupons de réduction géolocalisés. Véritable eldorado de l’année 2010, les sites de local deals font aujourd’hui triste mine, car la concurrence est trop forte et la promesse trop faible. En un mot comme en cent, la sauce ne prend plus.

La déconfiture boursière de Groupon et ses ambitions boursières gâchées (Is Groupon killing its IPO, or is it dying of natural causes?) ne doivent néanmoins pas vous faire sous-estimer le potentiel de la dimension locale. Il y a effectivement de très nombreuses opportunités à saisir au travers d’un ancrage local, mais pas pour tout le monde (The Truth About Groupon: Yes, It Can Make Money – No, It Won’t Be Easy). Les réseaux sociaux de proximité sont ainsi d’incroyables catalyseurs d’interactions sociales localisées et d’opportunités d’affaires, mais leur implantation effective demande beaucoup plus d’efforts qu’une simple viralisation des coupons via Facebook. J’accompagne depuis maintenant près de 3 ans la société Ma-Residence.fr, et je peux vous assurer que l’ancrage durable du service dans une ville demande des moyens et des efforts considérables (une équipe de plusieurs dizaines de personnes pour une seule ville).

Alors oui, je sais qu’il existe de très beaux exemples de camions vendeurs de sandwichs qui font une utilisation maline de Twitter, de même qu’il existe de belles histoires de bars fidélisant leurs clients les plus assidus sur Foursquare, mais la mise en oeuvre d’une dimension locale de vos campagnes ou offres au travers des médias sociaux n’aura qu’une portée très limitée si elle n’est pas intégrée dans une stratégie plus large. Là encore, l’idée n’est pas de choisir le meilleur support (Foursquare ou Gowalla ?), mais de repenser votre relation client, vos offres et vos processus en fonction d’un ancrage local.

Les contenus sont la pierre angulaire d’une présence durable et d’activités viables

Nous en venons donc à LA question : Sur quoi faut-il miser ? Selon moi la réponse est très simple : des contenus de qualité. Internet est en effet un média dont l’utilité repose sur la richesse et la diversité des contenus. Investir dans des contenus, c’est miser sur ce qui a fait et continuera à faire le succès de l’internet.

Avec du contenu de qualité, vous pouvez :

  • Raconter de belles histoires pour donner de la consistance à votre marque (brand content) ;
  • Valoriser vos produits (images et vidéos de qualité, descriptifs complets) ;
  • Fidéliser vos clients (consumer magazines) ;
  • Améliorer votre référencement, donc votre efficacité marchande ;
  • Initier des interactions sociales (relais d’exposition et discussions) ;
  • Prolonger le temps d’exposition et multiplier les points de contact (notamment au travers de consultations via des terminaux mobiles) ;
  • Développer de nouveaux services ou diversifier vos revenus…

Bref, sur internet les contenus sont à la base de tout, pas de contenu => pas de business. Et ce n’est très certainement pas une application iPhone, une page Facebook ou des coupons de réduction localisés qui vont compenser cette carence. Quand on y réfléchit bien, les contenus sont l’ingrédient principal d’une relation durable avec vos clients, une relation profitable qui ne repose pas sur la recherche du prix le plus bas.

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur l’importance du contenu, et la récente (et fortement intéressante) étude Wave 5 Trends de GlobalWebIndex me conforte dans cette idée avec la mise en évidence des tendances suivantes : The Rise of the Lean-Back Web, Facebook Fatigue et A Renaissance for Professional Media. Vous noterez que cette étude mentionne également d’autres tendances qui confortent mes opinions exprimées plus haut : The Packaged Internet et The Social Brand.

Pour conclure, je préciserais une nouvelle fois que je ne remets pas en cause le potentiel disruptif de la mobilité ou des médias sociaux, je vous mets simplement en garde contre des arbitrages malheureux pouvant découler d’une mauvaise interprétation du SoLoMo. Selon moi, votre priorité doit être de capitaliser sur du contenu de qualité. Une fois cette première étape validée, vous aurez tout le loisir de l’exploiter / le valoriser sur le web et au travers de différentes dimensions sociales, locales et mobiles.

Récapitulatif des infos estivales 2011

Comme chaque année je vous propose un petit récapitulatif des annonces, évènements et nouveautés que vous avez pu rater durant le mois d’août 2011. Et comme chaque année, les grands de ce monde se mettent tous d’accord pour nous pourrir nos vacances, comprenez par là qu’ils prennent un malin plaisir à annoncer tout un tas de choses pendant la pause estivale !

Toujours plus de fonctionnalités sur les plateformes sociales

Avec tout ce qui s’est passé au cours du mois d’août, je me demande ce qu’ils vont nous sortir d’ici à la fin de l’année. La prochaine grosse annonce va être l’introduction des profils de marques sur Google+, ceci devrait faire augmenter la pression concurrentielle d’un nouveau cran.

Duel au sommet entre Google et Apple pour dominer la mobilité (et un peu Microsoft aussi)

  • LA grosse annonce du mois d’août est le rachat de la branche mobile de Motorola par Google pour plus de 12 milliards de $. Il y a eu quantité de choses écrites sur le sujet aussi je me contente de vous proposer deux liens : Google rachète Motorola Mobile, qu’est-ce que cela change ? et 3 Ways Google-Motorola Doesn’t Make Sense And 5 Ways it Does. Pour bien comprendre les raisons de cette acquisition controversée, imaginez-vous le marché des smartphones comme un échiquier où les industriels tentent de positionner leurs pions (les brevets) pour paralyser l’adversaire (Google, Apple, Microsoft, RIM, Samsung…). Les brevets sont ainsi devenus en quelques années un actif stratégique permettant de bloquer les concurrents comme par exemple Apple qui a successivement bloqué les ventes de la Galaxy Tab en Australie puis en Europe. En mettant la main sur Motorola Mobile, Google récupère près de 17.000 brevets qui vont lui permettre de protéger Android contre les attaques juridiques des concurrents (cf. Mobile Patent Suits Graph). Accessoirement, le rachat de Motorola Mobile offre également à Google la possibilité de maitriser de bout en bout le matériel (tout comme Apple). Attendez-vous donc à voir fusionner la gamme Droid et Nexus. De même, Motorola est un gros constructeur de touchbook et de set-top box, ça tombe bien, Google a de grandes ambitions pour ces deux marchés.
  • Suite à des chiffres de vente décevants, HP abandonne WebOS, le système d’exploitation mobile récupéré avec le rachat de Palm, annonce son intention de se séparer de sa division PC et rachète Autonomy/Interwoven pour 10MM$ (HP To Halt All WebOS Device Development, Confirms Talks To Shed PC Group). Le moins que l’on puisse dire est que ça fait beaucoup de décisions stratégiques en peu de temps, visiblement ils naviguent un peu à vue (Leo Apotheker Has Totally Lost Control Of HP).
  • Microsoft serait sur le point de sortir une nouvelle version de son système d’exploitation mobile Windows Phone (Windows Phone Mango Is Done, Manufacturers Just Need To Release It), mais abandonne ses ambitions concernant les ebooks (Microsoft Reader E-Book System Comes To Its Conclusion).
  • Sinon il y a toujours autant de rumeurs sur le lancement très prochain de l’iPhone 5 et de l’iPad 3 (pour assurer ces pics de commandes, le constructeur chinois Foxconn envisage d’embaucher un million de robots : Foxconn to rely more on robots; could use 1 million in 3 years).

Il semblerait donc que nous soyons rentrés dans une guerre froide pour la domination du marché des smartphones. L’équilibre de la terreur qui vient d’être instauré par Google (« ne m’attaquez pas avec vos brevets et je ne vous attaquerais pas avec les miens« ) réduit le nombre de concurrents à 3 : Google Apple et Microsoft. Les autres industriels semblent en effet bien fragiles face à cette course à l’armement juridique (RIM avec Blackberry, Nokia avec Meego, Samsung avec Bada…).

Google accentue sa domination sur le commerce en ligne

Référencement, comparaison, mobilité, tablettes, proximité… Google est présent sur tous les fronts du commerce en ligne et intensifie encore sa domination. C’est au regard de ces différentes annonces que l’on comprend mieux l’intérêt stratégique de Google Maps.

Annonces diverses des grands de ce monde numérique

Plus que jamais, les grands acteurs du web US (Google, Apple, Amazon, Facebook…) accroissent leur domination et tire l’innovation vers le haut. Si l’industrie américaine s’effondre (automobile, aérospatiale…), le secteur IT devrait compenser avec des investissements et des ambitions démesurés. Pour en comprendre les implications, je ne saurais que trop vous recommander cet article de Mac Andressen : Why Software Is Eating The World.

Fin des vacances pour moi, la publication des articles sur mes blogs devrait progressivement reprendre d’ici à la fin de la semaine. De même, le lancement du livre sur les médias sociaux que j’écris avec Cédric est toujours programmé pour la fin du mois de septembre.

Toutes les disciplines du web forment un grand ensemble

Voilà plus de 12 ans que je travaille dans le monde du web. Au cours de ces douze dernières années, j’ai été amené à travailler sur de nombreuses disciplines à différents postes (conception, rédaction, gestion de projet, conseil…). J’ai ainsi pu observer l’évolution de ces disciplines et la façon dont elles se recoupent et se complètent. C’est un article publié par Dion Hinchcliff sur le croisement des stratégies digitales, mobiles et sociales qui me donne l’occasion d’apporter ma pierre à cet édifice.

Grâce à mes années d’expérience accumulées sur de nombreux projets et sujets, j’ai pu constater que la création d’un site web nécessite différentes compétences. Certaines compétences sont très spécifiques et liées au web (SEO), d’autres plutôt génériques et s’appliquent à différents supports (utilisabilité). De mon point de vue (fonctionnel et non technique), certaines disciplines sont liées et se recoupent sur de nombreux sujets :

  • Le commerce en ligne se décline sur les médias sociaux (social shopping), les terminaux mobiles (m-commerce) et les plateformes virtuelles (v-business) et bénéficie des apports de l’utilisabilité (pour améliorer le taux de transformation) et des interfaces riches (rich commerce) ;
  • Les médias sociaux concernent également les communautés internes (social business), les pratiques de jeux (serious games) et de commerce en ligne (social shopping), ils se déclinent également sur les terminaux mobiles (social location) ;
  • Les interfaces riches permettent de valoriser les produits d’une boutique, de porter sur le navigateur des logiciels (SaaS) et des univers virtuels (3D)…
Schéma d'ensemble qui relie les disciplines du web entre-elles

Ne maitriser qu’une de ces disciplines correspond à une vision trop parcellaire du web d’aujourd’hui et de celui qui est en train de se dessiner demain (cf. Les leviers d’innovation du web pour les 5 prochaines années et La fin de l’ordinateur individuel est programmée). C’est un peu comme si vous vous disiez expert en géopolitique en ne maitrisant que l’histoire et le contexte d’un seul pays !

Cette vision d’ensemble me tient beaucoup à coeur et je m’efforce au travers de mes 7 autres blogs d’aborder ces différentes disciplines et de proposer une vision d’ensemble cohérente : MediasSociaux.fr, Entreprise20.fr, RichCommerce.fr, InterfacesRiches.fr, MarketingVirtuel.fr, SimpleWeb.fr et TerminauxAlternatifs.fr.

Et vous, quelle est votre vision d’ensemble : Rajouteriez-vous d’autres disciplines ? Avez-vous constaté d’autres zones de recoupement ?