LeWeb12, compte-rendu de la première journée – suite

Suite de mon compte-rendu sur les keynotes de cette huitième édition de LeWeb. Pour celles et ceux qui ont raté le premier épisode : LeWeb12, compte-rendu de la première journée.

Les conférences de cette seconde partie de journée parlent un peu moins de l’internet des objets, et font la part belle aux entrepreneurs à succès de la Silicon Valley et d’ailleurs.

Misha Lyalin de Zeptolab

Misha Lyalin dans son costume

J’imagine que, comme moi, vous ne connaissez pas Zeptolab, un studio russe de développement de jeux, mais vous connaissez sûrement leur principale réalisation (Cut the Rope). Son fondateur, Misha Lyalin, a revêtu pour l’occasion son plus beau costume (en référence au costume Angry Birds porté par Loic Lemeur il y a deux ans) :

  • La configuration de marché est très différente dans les pays du BRIC qu’en Occident, les smartphones Android y sont majoritaires ;
  • L’audience des jeux sur smartphones est bien plus large que celle des jeux hardcore, ils essayent de développer des gameplays pour toute la famille ;
  • La vente de jeux est une source de revenus intéressante, mais ils les choses commencent à devenir intéressantes avec le merchandising (ex : les peluches Angry Birds et le petit monstre de Cut the Rope) ;
  • Ils lancent un nouveau jeu (Pudding Monsters) avec l’ambition de proposer un gameplay universel, compréhensible immédiatement par n’importe qui (un travail créatif bien plus complexe qu’il n’y parait : simple to understand, hard to master) ;
  • Le merchandising est indispensable pour trouver des clients en dehors des app stores où la compétition est très (trop ?) intense ;
  • Les  applications natives ne vont pas disparaitre, car elles proposent de loin la meilleure expérience, par contre, elles impliquent un coût de développement qui augmente de façon exponentielle avec le nombre de plateformes visées, donc un ROI beaucoup plus complexe. HTML5 est donc un remède à ce problème de rentabilité, car les web app permettent de cibler tous les smartphones et tablettes, idéalement il faut les deux.

Phil Libin de Evernote

Phil Libin de Evernote

Phil Libin est là pour nous parler du succès de Evernote et de sa stratégie de diversification :

  • Ils ont 45 M d’utilisateurs pour moins d’une cinquantaine d’employés ;
  • Ils ont plus d’1 M d’utilisateurs dans une dizaine de pays, 800K en France ;
  • 90% des utilisateurs s’en servent comme pense-bête, 15% d’utilisateurs sont des comptes pro (Evernote Business) ;
  • Ils ont beaucoup travaillé sur la contextualisation des notes qui sont affichées dans vos résultats de recherche Google ou dans le mode de lecture hors-ligne ;
  • Leur ambition est d’aider les utilisateurs à gagner en efficacité (organiser leurs notes et la collaboration avec des collègues) et donc en productivité ;
  • De nouvelles versions majeurs de Skitch, Food et Hello arrivent dans les prochaines semaines ;
  • L’avis de la communauté d’utilisateurs est très important pour identifier vos points faibles (ex : la dernière version de Skitch), mais pas pour trouver des solutions ou pour vous donner des pistes d’innovation ;
  • Eux aussi travaillent le merchandising avec les carnets Moleskine et même les chaussettes officielles (véridique !).

Ben Gomes de Google

Ben Gomes de Google

Ben Gomes travaille dans l’équipe de recherche du moteur :

  • Ils sont très bons dans le traitement des chaines de caractères (strings), mais souhaiteraient apporter une couche d’intelligence à l’index (things), d’où le knowledge graph qui est en train d’être déployé en France ;
  • La première consiste à isoler des entités sémantiques (des sujets), puis de les relier de façon pertinente et contextuelle ;
  • Les spécificités linguistiques sont particulièrement complexes à gérer (le terme football a une signification différente en Angleterre, aux USA et en Australie) ;
  • Les données sémantiques sont principalement collectées de bases de connaissances (semi)-structurées comme Wikipedia ou Freebase ;
  • Leur index gère plus de 30 milliards d’URL, il devient donc urgent de structurer cette base avec une approche sémantique beaucoup plus rigoureuse ;
  • Leur autre challenge du moment est de maitriser la recherche vocale, pour préparer le terrain à de nouveaux types de terminaux (ex : les Google Glass) ;
  • Avec Google Now, ils prennent une direction très différente, car il n’est pas ici question de recherche lancée à partir d’une équation, mais d’anticiper les besoins des utilisateurs (saviez-vous que votre smartphone fait maintenant office de podomètre ?).

Katie Stanton de Twitter

Katie Stanton de Twitter

Katie Stanton est la VP du développement international chez Twitter :

  •  Ils ont déjà 6 bureaux ouverts en dehors des US (Japon, Allemagne, Brésil…), la France sera le prochain marché qui bénéficiera de sont bureau ;
  • Elle reconnait que la France est un marché complexe, surtout avec des entités média très puissantes (chaînes TV, journaux…) ;
  • Ils ont préféré concentrer leurs efforts en Russie plutôt qu’en Chine (où Sina Weibo affiche plusieurs centaines millions de comptes) ;
  • L’actualité est particulièrement riche avec la nouvelle de la grossesse de la princesse Kate et de l’arrivée du Pape sur Twitter ;
  • Ils fournissent à leurs partenaires des analytics très détaillés, mais ne projettent pas de le faire pour les particuliers ;
  • Il y a un ratio de 60/40 entre les producteurs et lecteurs de tweets.

Peter Deng de Facebook

Peter Deng de Facebook

Peter Deng est le directeur des produits de Facebook (les applications nativement proposées sur la plateforme) :

  • Toutes les fonctionnalités ont dû être revues pour être intégrées à l’application mobile ;
  • Le basculement vers le mobile est le plus gros projet de la société depuis le lancement de la plateforme d’applications ;
  • Ils sont en train de finaliser des applications spécifiquement dédiées pour le mobile (ex : Facebook Messenger que l’on peut utiliser simplement avec son N° de téléphone, sans avoir à créer de profil Facebook) ;
  • Ils viennent d’annoncer une nouvelle version majeure pour Android de Facebook Messaging ;
  • Il veut rassurer le marché sur le fait que l’application Messaging n’exploite pas les données personnelles des utilisateurs à des fins de profiling (position géographique, carnet d’adresses…) ;
  • Ils passent beaucoup de leur temps à adapter et améliorer le service pour les téléphones d’entrée de gamme (feature phones).

Dalton Caldwell de App.net

Dalton Caldwell de App.net

Dalton Caldwell est le créateur de App.net, une plateforme permettant de créer des applications sociales à partir de flux d’informations et de données :

  • Avec l’avènement de l’internet des objets, nous allons être littéralement noyés sous une masse d’informations et de données qu’il va falloir traiter, isoler le signal du bruit va être le challenge de ces prochaines années pour les travailleurs du savoir ;
  • Il va devenir de plus en plus complexe de gérer les notifications générées automatiquement par les utilisateurs de services tiers (faut-il blacklister le service ou ces utilisateurs ?) ;
  • Les entreprises peuvent investir dans de puissants mécanismes de filtrage collaboratif ou sémantique, mais comment vont s’en sortir les utilisateurs individuels ?
  • La solution réside dans les services de traitement de flux (ex : Yahoo! Pipes, IFTTT…), Flipboard est également un bel exemple grand public de traitement de flux ;
  • La véritable valeur ajoutée d’un service est de transformer un flux de données.

Adam Wilson de Orbotix

Adam Wilson de Orbotix

Adam Wilson est le fondateur de Orbotix, la société de commercialise la Sphero :

  • Sphero est avant tout une plateforme de jeu plutôt qu’une balle motorisée, ils fournissent à la fois les APIs pour contrôler la balle, mais également la plateforme pour déployer les applications ;
  • Ils ambitionnent de combler le trou entre les jeux exploitant l’environnement réel et ceux reposant sur des environnements virtuels (Découvrez des interfaces tangibles ludiques avec Sphero et Sifteo) ;
  • Ils sont conscients de ne pas avoir les ressources et la force créative pour concevoir une nouvelle génération de jeux, ils se reposent donc largement sur la communauté pour inventer de nouveaux gameplays.

Autant vous dire que je suis très déçu par cette présentation qui ne reflétait vraiment pas le potentiel de ces petites balles.

Carly Gloge de Ubooly

Carly Gloge de Ubooly

Carly Gloge est la fondatrice de Ubooly, une peluche intelligente propulsée par votre smartphone :

  • Les uboolys sont les premiers produits d’une longue série, leur ambition est de servir de support pédagogique et ludique (smart toy) qui s’améliore en s’adaptant au comportement de l’enfant (les tamagochis du XXIe siècle) ;
  • La peluche se sert du micro et de l’accéléromètre pour appréhender son environnement, les interactions reposent sur une intelligence artificielle comparable à Siri.

Là encore je suis très déçu, car il y a tant à dire de cette nouvelle génération de jouets interactifs, auto-apprenant, connectés… mais la démo a été vraiment trop courte (cf. La sophistication des interfaces de tablettes passe-t-elle forcément par des accessoires ?).

Fred Potter de Netatmo

Fred Potter de Netatmo

La dernière présentation de la journée avec Netatmo, une station météo de nouvelle génération, par Frédéric Potter qui est également le fondateur de Withings :

  • De nombreux paramètres sont capturés par leurs stations (températures, taux d’humidité, pression atmosphérique, qualité de l’air, pollution sonore…) et stockés dans les nuages ;
  • La multiplication des sources d’information leur permet d’avoir des données plus précises (mais de façon empirique) que Météo France ;
  • Leur objectif est de constituer un réseau de capteurs permettant d’intensifier la collecte et le partage de données locales ;
  • Ils s’intéressent à toutes les données relatives à la qualité de vie, notamment la pollution sonore (particulièrement dans les grandes villes), et la pollution intérieure (CO2…) ;
  • Les données sont l’ingrédient essentiel à toute amélioration, d’où l’importance de commercer à les collecter.

Phil Busoa de LIFX

Phil Busoa de LIFX

LIFX est un autre projet issu de KickStarter qui commercialise des ampoules intelligentes :

  • 1,3 M de $ ont été levés en 6 jours, la preuve que les ampoules intelligentes intéressent du monde ;
  • Les ampoules n’ont pas beaucoup évolué sur ces cent dernières années, aussi bien sur la technologie d’éclairage que les possibilités d’interaction ;
  • Leur ambition est de proposer des cas d’usage proches de la chromathérapie (améliorer le quotidien et l’humeur des gens grâce à une utilisation plus astucieuse de l’éclairage) ;
  • En plus des applications ludiques (modification de l’ambiance), les ampoules LIFX peuvent également interagir avec des applications tiers (notification en fonction de paramètres prédéfinis comme l’ouverture d’une porte) ;
  • Nous pouvons imaginer d’innombrables possibilités en combinant ces ampoules avec d’autres solutions comme SmartThings vu ce matin ;
  • Ils sont encore en train de peaufiner leur produit avant de passer à la production à grande échelle ;
-

Ceci conclut donc une journée très riche en présentations et en retours d’expérience, dont vous pouvez voir les rediffusions ici : Watch all the talks from LeWeb12 Day 1. Je n’aurais pas la possibilité d’assister à la seconde journée, mais je serais là pour la troisième (ce jeudi). La journée n’est néanmoins pas terminée, car il va y avoir de nombreuses soirées et apéros dans Paris.

À ce sujet, je vous signale que nous organisons avec Claude Malaison un Yulbiz de clôture de LeWeb ce jeudi 6 au Bon Pêcheur en fin de journée (9 rue des Prêcheurs à Paris, au métro Châtelet Les Halles). Les détails ne sont pas encore tout à fait fixés, mais vous pouvez d’hors et déjà noté ce RDV dans votre agenda.

La suite est ici : Jour 3.

LeWeb12, compte rendu de la première journée

Comme chaque année depuis 8 ans, la Silicon Valley et les entrepreneurs du monde entier se donnent rendez-vous à Paris pour la conférence LeWeb. Le thème de cette année est l’internet des objets. Un thème particulièrement avant-gardiste, quoique pas tout à fait, car les startups françaises ont leur mot à dire : L’internet des objets est en train de se construire avec Sigfox.

Beaucoup de mode dans le hall principal

Comme c’est la tradition, il pleut, il fait froid et il y a des travaux dans tous les sens. Qu’importe, cela n’entamera pas mon enthousiasme, surtout que la programmation de cette année est particulièrement riche. Les conférences vont être réparties sur trois scènes, mais comme je ne peux pas me dédoubler, je me contenterais de vous relater ce qui se passe sur la scène principale.

Tony Fadell de Nest et Xavier Niel de Free

Tony Fadell de Nest

Première intervention de la journée avec Tony Fadell, qui était entre autres dans l’équipe de conception de l’iPod nous parle du Nest,  son thermostat connecté :

  • Il y a plus de 250M de thermostats aux US, plus que de consoles de jeux, c’est un marché gigantesque, mais personne n’a jamais essayé de les améliorer ;
  • Les produits Apple ont été une grande source d’inspiration pour le Nest (simplicité d’usage, esthétisme, packaging…) ;
  • Il a fallu 15 ans pour connecter les utilisateurs entre eux grâce au web, il faudra aussi de nombreuses années pour que les machines se connectent entre elles à grande échelle, ce n’est qu’une première étape ;
  • Les données collectées par le thermostat permettent d’optimiser la consommation d’énergie en adaptant la température au comportement de ses utilisateurs (notamment l’alternance des jours de semaine et des WE) ;
  • C’est le premier produit intelligent distribué à grande échelle, même dans les chaines de bricolage ;
  • Le produit est présent dans 63 pays alors qu’il n’est officiellement commercialisé que dans 3 pays, ils travaillent donc dur pour accélérer le déploiement international et notamment en Europe ;
  • Philips avait travaillé sur un concept similaire dans les années 90 tournant sous Windows CE, mais le projet a été abandonné ;
  • Mettre sur le marché un terminal truffé d’électronique est beaucoup plus compliqué que ça en a l’air (dans “hardware“, il y a “hard“), ceci explique le retard constaté ou les échecs de nombreux projets sur KickStarter (NdR : effectivement, je suis toujours en attente de ma montre Pebble) ;
  • Conseils : soyez méthodique et concentré; ne sous-estimez pas les différences de marché entre les US et l’Europe; si c’est trop facile, c’est que vous avez sous-estimé un problème.

Ariel Garten de Interaxon

Ariel Garten de Interaxon

Ariel Garten, la patronne canadienne de Interaxon vient nous présenter son bandeau permettant de contrôler par la pensée des ordinateurs :

  • Pourquoi se donner tant de mal à connecter des machines et ne pas essayer de connecter des hommes ?
  • Ils essayent de replacer les humains au centre de leurs préoccupations, pas la technologie ;
  • Cette année ils lancent Muse, leur premier produit grand public  à199$, livré avec un certain nombre d’APIs pour donner la possibilité à la communauté de développeurs de concevoir de nombreuses applications ;
  • Il y a un temps d’adaptation, puis le bandeau va vous permettre de contrôler certains paramètres ou de rajouter un contexte émotionnel à votre usage des TIC (ex : adapter la typos d’un email à l’état émotionnel du rédacteur) ;

    Le cerveau de Loic Lemeur en marche…
  • La démonstration était… surréaliste, mais pas forcément plus que les premiers tests d’email ou de SMS, le produit est livré avec une première série de jeux et d’applications  (waaaaaaaant !) ;
  • Ils travaillent avec les membres de l’équipe olympique canadienne pour améliorer leur concertation lors des épreuves.

Benjamin Cichy de la Nasa

Benjamin Cichy de la NASA

Benjamin Cichy est le Software Chief Architect du programme d’exploration de la NASA :

  •  La seule méthode viable pour explorer une planète et son écosystème… est d’y aller, le programme d’exploration de Mars est ains riche en surprise (ex : les traces de chlore trouvé dans la poussière martienne cette semaine) ;
  • Envoyer le robot pathfinder sur Mars en 1997 a été une énorme avancée, car c’est la première planète que les hommes explorent (la lune ne compte pas, car c’est une… lune) ;
  • La NASA a subi deux terribles échecs avant de réussir la “livraison” de Spirit et Opportunity en 2004 ;
  • Les missions d’exploration ont prouvé que les deux ingrédients essentiels à la vie sont présents sur Mars (de l’eau et de l’énergie grâce au soleil) ;
  • La nouvelle itération du rover (Curiosity) est bien plus ambitieuses car une dizaine de nations participent à ce programme, ils ont dû entièrement revoir la conception de la capsule d’entrée et du protocole d’atterrissage car ce rover est bien plus gros (2 mètre par 3) ;

    Le robot Curiosity envoyé sur Mars
  • Le logiciel pilotant la séquence d’atterrissage contient 5 millions de lignes de code ;
  • La mission Curiosity est un succès, mais leur taux de réussite n’est que de 33% (bravo pour leur humilité) ;
  • Les enseignements et technologies développées pour ces missions trouveront prochainement des domaines d’application dans nos vies quotidienne et plus particulièrement l’internet des objets.

Jeff Hagins de SmartThings

SmartThings est un projet financé via KickStrater qui commercialise des capteurs et modules intelligents pour la maison :

  • Leur ambition est de construire le physical graph, par analogie avec le social graph et interest graph, afin de faciliter la programmation d’interactions avec les objets du quotidien ;
  •  L’internet des objets repose sur trois piliers : la simplicité d’utilisation (pour les développeurs et les utilisateurs), l’ouverture (utilisation de standards technologiques) et l’intelligence (rendre service au quotidien et non chercher l’exploit technologique) ;
  • Ils commercialisent un ensemble de capteurs et de prises qui communiquent avec des applications disponibles sur leur app store ;

    Démonstration d’une application SmartThings
  • Ils sont pour le moment concentrés sur le perfectionnement de l’environnement de développement et sur le développement de la communauté.

-

Pour les autres conférences de la journée, ça se passe ici : Suite.

Les articles publiés sur mes autres blogs en novembre 2012

Récapitulatif des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

Panorama de la e-Santé

Avec internet, nous sommes en train de vivre une troisième révolution industrielle. Cette révolution touche tous les secteurs de l’économie (Personne n’est à l’abri) et engendre de profondes mutations dans les usages et les attentes des internautes. J’ai déjà eu de nombreuses occasions de décrire ces transformations, mais pas forcément dans le domaine de la santé. Je profite d’une intervention récente donnée auprès d’un grand groupe pharmaceutique pour vous livrer un décryptage de l’impact de l’internet sur le secteur de la santé.

De la médecine 1.0 à la médecine 3.0

Quand on parle de santé, on fait forcément référence à la médecine. Vous pourriez me dire qu’il y a plusieurs types de médecine (douce, préventive, alternative…), mais pour des raisons de simplification, je préfère entamer cet article avec une analogie sur la médecine.

Tout comme le web évolue par paliers (1.0 = documents, 2.0 = relations, 3.0 = agents intelligents), il est également possible d’identifier des paliers d’évolution pour la médecine (tel que le fait ZeBlogSanté) :

  • La médecine 1.0 est celle des savoirs médicaux détenus par les professionnels de santé
  • La médecine 2.0 désigne celle des savoirs médicaux partagés au sein de communautés (praticiens, patients…)
  • La médecine 3.0 est celle des savoirs médicaux enrichis des données fournies par des capteurs et objets communicants.

Ces trois stades d’évolution sont très schématiques, mais ils ont le mérite de simplifier la compréhension des enjeux et des bouleversements à chaque changement de palier. Pour vous la faire courte, nous sommes en train de passer du deuxième au troisième. Le patient d’aujourd’hui dispose en effet d’une masse considérable d’informations sur les pathologies et les traitements, il a également accès à de vastes communautés en ligne où il peut partager son expérience et demander du soutien, il peut enfin s’équiper avec de nombreux appareils et terminaux qui vont l’aider à collecter et partager des données personnelles (Quantified Self).

Au-delà de l’éventail très large de sources d’informations et d’outils disponibles, il est cependant illusoire de penser que le patient peut s’épanouir de façon autonome au sein de cet écosystème de contenus et services. C’est ce que souligne fort justement le Dr Loic Etienne dans son manifeste de la médecine 3.0 : “La relation patient-médecin doit rester au centre de la médecine, ce couple est le protecteur autant de l’un que de l’autre. Il y aurait un péril à ce que le patient se retrouve seul au centre d’un échiquier, cerné par les médecins, les pouvoirs publics et les assureurs“.

Un avis partagé par Pascal Lardier qui s’occupe du salon Health 2.0 (Les outils 2.0 sont cruciaux mais ne remplaceront jamais le médecin). Ceci étant dit, cette vision du couple patient-médecin est un luxe que notre système de protection sociale nous offre. J’imagine que la vision des professionnels de la santé aux US est très différente…

Quels usages pour la e-Santé ?

Il existe d’innombrables domaines d’application de la e-Santé ou de la Médecine 2.0 / 3.0, ou de tout autre terme s’en rapprochant. J’ai beaucoup appris sur ce sujet en parcourant le blog Buzz-eSante de Rémy Teston qui regorge d’exemples.

Nous pouvons ainsi répartir les différents domaines d’application en quatre grandes catégories :

  • La prévention, avec des portails d’information et communautés centrées sur le bien-être, la qualité de vie, l’activité physique et toutes les thématiques liées à la prévention de la maladie.
  • L’auto-diagnostique, avec des sites, services et applications mobiles permettant aux internautes de s’informer plus précisément sur une pathologie et d’en détecter les premiers symptômes. Il y aurait énormément de choses à dire sur la responsabilisation des patients et les bien-faits de l’auto-vigilance, mais ce sujet est malheureusement pollué par le débat de la sur-information des patients qui n’ont pas forcément le recul ou la formation pour correctement interpréter toutes ces données.
  • La télé-consultation, avec des services et applications mobiles permettant aux patients de recueillir un premier niveau de diagnostic sur un symptôme ou une pathologie. Il est bien ici question de pré-consulation, qui ne se substitut en rien à une consultation physique débouchant sur un avis médical. L’idée est plus de désengorger les services en évitant les consultations inutiles.
  • La télé-surveillance, avec des outils permettant d’industrialiser ou d’automatiser le suivi d’un traitement et d’optimiser ainsi le temps des praticiens.

Comme vous pouvez le constater, il est beaucoup question d’améliorer le rendement de la médecine à l’aide des NTIC. Si cette finalité peut faire grincer des dents (un médecin a-t-il des obligations de productivité ?), la réalité des déserts médicaux en France nous pousse à revoir la façon dont un patient lambda peut accéder aux soins ou aux prestations de santé. Le sujet n’est pas tabou, bien au contraire !

À ces quatre domaines d’application, il est possible d’associer un certain nombre de sites, services, applications et outils. La liste qui suit n’est pas exhaustive, mais elle vous donnera une bonne idée des différents acteurs présents sur le créneau :

Vous noterez que cette dernière catégorie est en nette perte de vitesse du fait d’un faible taux d’appropriation par les internautes et les professionnels. Plus généralement, même si les exemples cités plus haut sont d’authentiques mines d’or, la santé est un sujet tellement sensible que l’internaute n’est pas tout à fait autonome dans son appropriation de ces sources et services. La caution du médecin ou de l’assureur est ainsi essentielle pour garantir le succès de l’une ou l’autre de ces initiatives.

Ceci étant dit, qui est le plus légitime pour s’exprimer et apporter des contenus et services : les associations de praticiens ? L’Assurance Maladie ? Les mutuelles ? Vaste débat auquel je n’ai pas la prétention d’apporter une réponse. Ayant travaillé à la Caisse Nationale D’assurance Maladie, je suis convaincu que la  solution ultime n’est pas détenue par une seule entité / source / fournisseur. Il est ainsi essentiel de laisser l’innovation s’exprimer auprès du plus grand nombre d’acteurs. Ceci me fait une parfaite transition avec le point suivant.

Le rôle-clé des terminaux mobiles

Comme de nombreux autres secteurs d’activité, la santé n’est pas épargnée par la révolution mobile. Smartphones, tablettes et autres objets communicants sont en train de bouleverser les usages grâce à la versatilité de ces terminaux et à l’informatique dans les nuages. Il existe même une infographie à ce sujet : Mobile Healthcare Faces The Future.

Un certain nombre d’applications mobiles grand public  sont d’hors et déjà disponibles :

  • Bases de connaissance en ligne comme WebMD ;
  • Outils d’auto-diagnostique comme DocNow;

    L’application mobile DocNow
  • Outils de télé-surveillance comme SkinVision ou IBGStar

    L’application mobile SkinVision

Outre ces différentes applications, c’est bien la possibilité de capturer des données médicales et les stocker dans les nuages qui fait la valeur de ces dispositifs mobiles : Le patient s’empare de son dossier médical sur son mobile.

Les professionnels ne sont pas en reste (Redefining Medicine With Apps and iPads), car il existe également de nombreuses applications mobiles BtoB :

Comme vous pouvez le constater, les choses bougent très vite dans ce secteur, il existe même des blogs sur le sujet dont iMedicalApp.

Données personnelles et big data

Ce qui est valable pour la mobilité l’est également pour les données avec des acteurs qui se positionnent sur l’utilisation des big data dans le domaine médicale : IBM place l’analyse de données au cœur de son logiciel pour soins préventifs. Microsoft, Qualcomm, IBM… sont ainsi en embuscade pour proposer des solutions intégrées à des gouvernements en mal de rationalisation de leur budget (Health 2.0: Here Come The BigCos!).

Il existe des exemples tout à fait intéressants d’utilisation des données à grande échelle comme Asthmapolis qui utilise des puces GPS placés dans les inhalateurs pour cartographier les zones allergènes et prévenir les asthmatiques sur leur smartphones afin qu’ils les évitent.

L’interface d’Asthmapolis

Un programme qui illustre parfaitement l’intérêt d’utiliser les NTIC pour améliorer la vie des utilisateurs. Mais ceci ne s’applique pas qu’aux diabétiques, ce principe de collecte des données personnelles pourrait être appliqué dans la vie courante avec des terminaux dédiés comme ce très mignon Autom qui est présenté comme un coach : Meet Autom, The Quantified Self Robot That Is Your Next Diet Coach.

Votre nouveau coach personnel

Si ce robot peut vous sembler être un gadget pour hypocondriaques, nous pourrions tout à fait envisager son utilisation pour la télé-surveillance de personnes âgées (contrôler qu’elles s’alimentent 3 fois par jour ou qu’elles prennent leurs comprimés) ou à des fins de constitution de bases statistiques. En fait, ce sont surtout les compagnies d’assurance qui auraient le plus à y gagner, peut-être qu’un jour elles financeront le déploiement de coachs personnels robotisés dans les foyers, à mi-chemin entre Karotz et Nao.

La journée-type d’un patient 2.0

J’insiste sur le fait que tout ce qui a été présenté plus haut ne relève pas forcément de la science fiction. Gardez ainsi bien en tête que l’accès au soin quasi-gratuit est une spécificité que le monde entier nous envie (et que nous payons très cher d’ailleurs). Dans les autres pays, la situation est très différente et nous pouvons tout à fait envisager ces différentes innovations comme des leviers de compétitivité proposés par des compagnies d’assurance à leurs clients :

  • Des programmes de coaching bien-être à distance pour améliorer votre alimentation ou votre forme physique ;
  • Des minutes de pré-consultation à distance pour vous éviter de vous déplacer chez le médecin ;
  • Des solutions mobiles pour faciliter la circulation d’informations médicales ainsi que leur archivage ;
  • Des offres de télé-surveillance pour les personnes âgées (les enfants financent l’installation de capteurs pour avoir un oeil sur leurs parents) ;
  • Des services d’accompagnement pour trouver un médecin spécialiste ou faciliter vos démarches (à l’image de CarePlanners, sur le même modèle que les Wedding Planers)….

La e-Santé est un vaste sujet et je n’ai fait qu’en décrire la partie la plus visible. Pour avoir un autre regard, je vous recommande également la présentation donnée par JM Billaut, qui pose une question intéressante : qui seront les Google, Facebook et Amazon de la Santé ? Il y a de très belles places à prendre, et surtout d’énormes enjeux et défis à relever.

Mes 3 sites coup de coeur (novembre 2012)

En rédigeant cet article, je me rends compte que j’ai raté le coche le mois dernier… Une fois n’est pas coutume, je vous propose de retrouver ma sélection de sites qui m’ont marqué.

Commençons avec Benefit Cosmetics, une boutique en ligne de produits cosmétiques branchés :

Benefit

Si le header ou la barre de navigation de cette boutique n’apportent aucune originalité, les illustrations, motifs et typographies utilisés véhiculent une image rétro tout à fait rafraichissante (en tout cas, c’est comme ça que je le ressens). J’apprécie particulièrement la page catégorie avec toutes ces illustrations vintages.

Poursuivons avec Farmigo, un service de livraison de produits de la ferme à domicile :

Farmigo

La première chose qui séduit sur cette page d’accueil est l’impression de clarté et d’espace : le nombre très limité de texte à l’écran offre de très larges espaces de respiration qui donne envie de se remplir les poumons. Les chiffres fournis sous le carrousel sont percutants, les illustrations sympathiques, les accroches des vidéos sont très simples à comprendre. Bref, tout est mis en oeuvre pour rassurer et faire passer des messages simples.

Terminons avec Weduary, un service de préparation et de partage de mariage :

Weduary

Oui je sais, il y a beaucoup de rose. Force est de constater qu’ils n’ont pas cherché à s’extraire du cliché chromatique. Si l’on fait néanmoins abstraction de ces à-plats roses, il reste une structure de page tout à fait intéressante avec une construction en strates. Les bénéfices du service sont expliqués en trois étapes et les différentes fonctionnalités sont bien illustrées. Une page d’accueil très visuelle qui donne envie de s’attarder pour découvrir le service en détail. Je regrette par contre qu’ils ne fournissent pas un compte de démonstration.

La suite le mois prochain.

Mes prochaines conférences et évènements pour la fin d’année

La fin d’année à toujours été faste en ce qui concerne les conférences et autres manifestations professionnelles. 2012 ne fait pas exception, aussi je participerais aux événements suivants :

  • Webcom à Montréal le 13 novembre. Dès la semaine prochaine je serais au Québec pour animer une session sur le caractère toxique des réunions et leurs alternatives, ainsi qu’un panel sur les pratiques de blog en entreprise ;
  • Web in Lorient le 20 novembre. Comme l’année dernière, je serais en Bretagne pour cette journée consacrée au web et j’animerais une session sur le commerce en ligne et la mobilité  ;
  • E-MK à Rouen le 27 novembre. La semaine suivante je serais en Haute-Normandie pour participer à un panel sur les enjeux de la fidélisation client aux côtés de François Ziserman, Ludovic Passamonti et Olivier Martineau. À ce sujet, je vous invite à poser vos questions sur Twitter la veille à l’aide du tag #EMK2012.
  • LeWeb Paris du 4 au 6 décembre. Comme chaque année également je participe au grand raout de l’économie numérique qui va cette année s’intéresser à l’internet des objets (voir à ce sujet la liste des startups finalistes).

J’ai également d’autres interventions potentielles qui sont en cours de finalisation / négociation, bref qui sont à confirmer. Ces manifestations sont l’occasion de me sortir la tête de mon clavier, j’espère donc y rencontrer un maximum d’entre-vous, alors n’hésitez pas à m’interpeler !

Les articles publiés sur mes autres blogs en octobre 2012

Voici un récapitulatif des articles publiés sur mes autres blogs le mois dernier.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

Microsoft et Google rattrapent leur retard sur Apple

En à peine 5 ans, le paysage de l’internet a été complètement transformé. Ça, vous le saviez déjà. Si l’internet mobile est un sujet qui a commencé à émerger au siècle dernier, c’est bel et bien le lancement de l’iPhone en 2007 qui a été le point de départ d’une authentique révolution industrielle, culturelle et commerciale. Du fait de la prime au premier entrant, la domination d’Apple sur cette période est incontestable et écrasante : la qualité de fabrication, la simplicité d’usage et la maturité de l’écosystème iTunes ont littéralement anesthésié les géants de la mobilité (Nokia, Blackberry, Sony…) qui ne s’en sont toujours pas remis.

Nous sommes maintenant presque en 2013, et force est de constater que la machine à innover d’Apple est à bout de souffleiPad mini, la fin du miracle ? Incroyablement inspiré et terriblement efficace, le rouleau compresseur de Cupertino s’est maintenant enlisé dans des cycles d’itérations technologiques insipides et dans une recherche de la rentabilité ne souffrant d’aucune pudeur. La complexification de la gamme iPhone / iPad et les nouveaux lightning connectors (qui rendent les derniers modèles incompatibles avec les accessoires précédents) sont les preuves les plus flagrantes de la nouvelle politique de “conception orientée rentabilité” adoptée par Apple.

La nouvelle gamme iOS d’Apple

Loin de moi l’idée de remettre en cause la réussite de ce hold’up industriel, car il a été magistralement exécuté. Mais si vous regardez en détail ce qui a été annoncé lors de la dernière keynote (et même des précédentes), il n’y a plus vraiment d’innovation, simplement une course à l’armement pour des processeurs toujours plus puissants et des écrans à la résolution toujours plus fine. Si cette stratégie commerciale a bien fonctionné jusqu’à présent, elle ne fait plus de miracle et de nombreuses critiques fort bien argumentées commencent à se faire entendre : 5 Reasons You Shouldn’t Buy An iPad Mini et Dear Apple: I’m Leaving You.

Le problème ne vient pas de la qualité des produits, car elle reste globalement supérieure à la concurrence, mais au prix. Un iPhone 5 coûte jusqu’à 850 €, tandis qu’il faudra compter plus de 400 € pour iPad Mini, là où la tablette concurrente de Google est affichée à 200 €. Formulé autrement : l’écart de prix entre les produits mobiles Apple et la concurrence n’est plus justifié, car si l’iPhone et l’iPad sont encore deux fois meilleurs, ils sont 3 à 4 fois plus chers. Plus inquiétant encore : s’il aura fallu 5 ans à Google et Microsoft pour mettre au point des offres alternatives à peu près crédibles, ils sont en train de s’implanter durablement sur des créneaux où Apple ne peut / veut pas lutter.

À l’échelle de temps de l’internet, 5 ans représentent une éternité. C’est pourtant ce qu’il aura fallu à Google et Microsoft pour reprendre le leadership sur la partie matériel, un domaine qu’ils avaient délaissé au profit de constructeurs dont les cycles produits n’étaient plus du tout en phase avec le niveau d’exigences du marché (revu à la hausse grâce ou à cause des produits Apple).

Une nouvelle tablette Surface et un Windows 8 unifié pour Microsoft

J’imagine que vous avez dû entendre et lire tout un tas de choses sur la décennie perdue par Microsoft. Pourtant, la firme de Redmond n’a pas ménagé sa peine pour se remettre en course et tourner la page de ses succès passés avec les ordinateurs individuels : Microsoft prépare l’après-PC avec sa tablette Surface. La tablette hybride Surface est donc la partie visible du nouveau Microsoft, une firme high-tech qui envisage maintenant l’outil informatique dans toute sa diversité : ordinateurs fixes, tablettes, smartphones, objets connectés…

La nouvelle tablette Surface de Microsoft

Au coeur de cette révolution, il y a bien évidemment la toute dernière version de Windows, sortie il y a quelques semaines. Les changements y sont nombreux, notamment au niveau de l’interface, faisant ainsi grogner les utilisateurs n’aimant pas trop être bousculés dans leurs habitudes. S’il est encore tôt pour dire que cette huitième version de Windows est une réussite ou non, l’essentiel du travail semble avoir été fait en arrière-plan pour mettre au point un écosystème cohérent et partagé entre différents terminaux. Windows 8 s’accompagne ainsi de la sortie de Windows Phone 8, qui partage le même noyau (kernel en anglais). Je ne suis pas un spécialiste, mais les observateurs avertis s’accordent à dire que c’est un authentique tour de force, car ces deux OS proviennent de branches complètement différentes.

Si la Surface est le nouveau vaisseau amiral de la marque, avec un positionnement à mi-chemin entre tablette et ultrabook, la ligne de smartphones n’est pas en reste grâce à un partenariat très fort avec Nokia et d’autres constructeurs comme HTC pour proposer des machines très abouties.

Les nouveaux smartphones Nokia et HTC

Si aujourd’hui Microsoft ne bénéficie pas de la même aura qu’Apple quand il est question de smartphones ou de tablettes, la firme de Redmond s’est donné les moyens de repartir sur des bases saines pour préparer une riposte d’envergure. Et c’est bien là où la domination d’Apple est en train de s’effriter : la marque à la pomme a investi tellement d’énergie dans le maintien de l’intégrité de son écosystème  pour verrouiller les bénéfices, qu’ils se retrouvent avec deux systèmes d’exploitation incompatibles (iOS et Mac OS) là où Microsoft semble avoir réunifié les siens (Windows et Windows Phone). Est-ce un problème dans l’immédiat pour Apple ? Non pas du tout. Est-ce un problème à horizon de 10 ans ? Oui tout à fait, car le processus de transformation du marché (usages et attentes) n’en est qu’à ses débuts.

Android, Now et gamme Nexus élargie pour Google

Concernant Google, une énergie considérable a été investie pour faire évoluer rapidement Android et pour sortir une gamme d’appareils mobiles performants : Nexus: The best of Google, now in three sizes. Si la prise de parts de marché des smartphones tournant sous Android a été pour le moins chaotique, les équipes de Google sont bien décidées à ne pas reproduire les erreurs du passé et se sont associés avec les plus grands constructeurs pour proposer trois produits de référence : les Nexus 4, 7 et 10 pouces. L’approche de Google n’est pas de proposer les produits aux caractéristiques techniques les plus avant-gardistes, mais de sortir des terminaux au rapport qualité imbattable. De ce point de vue là, la Nexus 7 proposée à 200 € est une réussite flamboyante.

Les trois terminaux mobiles Google

Outre la maîtrise du hardware et du software, Google semble mettre les bouchées doubles pour séduire les développeurs et faire de Google Play l’écosystème de référence pour les contenus numériques (applications, jeux, films, musique…).

Les ambitions de Google en matière de mobilité ne datent pas d’hier (Eric Schmidt les avaient déjà dévoilées en 2005), mais il leur a fallu un peu de temps pour recruter les bonnes personnes et synchroniser les équipes : Inside Android’s next wave: Building the Nexus 4, Nexus 10, and Android 4.2. Android est maintenant un rouleau compresseur lancé à pleine vitesse dont la maturité impressionne. Mais les efforts de Google ne s’arrêtent pas là, car leur plan d’ensemble ne s’arrête pas qu’aux terminaux. L’ambition de Google est de reprendre le leadership sur le hardware (la gamme Nexus), le software (Android), la place de marché (Play) et de lier le tout à l’écosystème Google (Google Now: behind the predictive future of search).

Tout l’écosystème de Google concentrer sur les terminaux mobiles

Google Now est donc au coeur de la révolution de Google, celle qui va faire basculer Google dans le XXIème siècle, la révolution du web sémantique (Knowledge Graph), des médias sociaux (Google+), des contenus numériques (YouTube, Music…), du cloud grand public (Drive, Chromebook) et de l’informatique d’entreprise (Apps).

Là encore, il a fallu un peu de temps aux différentes équipes de Google pour s’organiser et se synchroniser, mais les différentes pièces du puzzle s’assemblent beaucoup mieux maintenant. Et pendant ce temps-là, que fait Apple ? Il facture 30 € l’adaptateur de son nouveau système de câble (lighting connector). Une “stratégie” très rentable à court terme, mais qui ne les aidera pas à basculer dans le prochain paradigme des outils informatiques et de communication.

Lightning connectors et un iTunes vieillissant pour Apple

Comme précisé plus haut, Apple n’est pas vraiment en danger pour le moment, surtout au regard de ses parts de marché. Par contre, la marque à la pomme se retrouve maintenant dans une situation délicate avec deux OS parfaitement incompatibles et un écosystème qui repose sur une aberration anachronique : iTunes. L’empire d’Apple et ses revenus sont en effet issus d’un écosystème régi par un logiciel vieillissant. Lourd, fermé, extrêmement contraignant… iTunes est le boulet dont Apple va avoir le plus grand mal à se débarrasser. De nombreuses lacunes liées à iTunes n’ont toujours pas été résolues, notamment son incompatibilité avec le monde de l’entreprise ou la gestion catastrophique des utilisateurs multiples. Les efforts faits par Google et Microsoft pour livrer leur OS respectif avec un mode “enfant” sont ainsi un bel exemple des problèmes qu’Apple devra résoudre pour ne pas accélérer la perte de parts de marché.

Si je ne peux que reconnaitre l’excellence de la fabrication des produits Apple (iPhone 5, Macbook…), sont-ils réellement compatibles à grande échelle avec une économie en crise ? La concurrence occidentale (Google, Microsoft, Amazon…) et asiatique (Samsung, Asus, HTC, ZTE…) finira nécessairement par mettre à mal une société qui s’apprête à relever un nouveau défi (l’Apple TV).

Ceci étant dit, à quel risque Apple s’expose-t-il : une forte perte de parts de marché ? Soit, mais Apple a toujours été une marque de niche. Je considère ainsi le succès auprès du grand public de l’iPhone ou de l’iPad plus comme des accidents industriels qu’autre chose. La concurrence s’est maintenant remise en ordre de bataille pour reprendre les parts de marché qu’elle n’aurait jamais dû perdre. Une fois cette bataille livrée, il ne restera à Apple “que” 20 à 25% de parts de marché, soit sa zone de confort.

Nous sommes donc en train d’assister à la fin de la période de domination d’Apple. Une période qui leur aura permis d’engranger des dizaines de milliards de dollars de bénéfices. Une manne dont ils auront bien besoin pour opérer leur révolution et rattraper un retard en train de se former sur des chantiers de fond que Microsoft et Google sont en train de résoudre : fusion des OS, basculement des services dans les nuages, mise en place d’offres cohérentes pour les entreprises…

Les prochains mois vont être décisifs pour savoir si ce nouvel élan initié par Google et Microsoft leur permettra de développer des leviers concurrentiels suffisamment puissants pour convaincre les marchés grand public et d’entreprise. En attendant, je vais être particulièrement attentif à la nouvelle version majeure d’iTunes attendue pour les prochaines semaines…

Personne n’est à l’abri

Voilà maintenant plus de dix ans que le web a été adopté de façon significative par le grand public. Si l’impact de l’internet sur nos habitudes de consommation et nos attentes n’est plus à prouver, l’avènement du SoLoMo continue d’influer sur nos réflexes d’achat. Certes, cette influence n’est pas visible pour l’ensemble des consommateurs (tout le monde n’a pas les moyens de se payer un iPhone à 850 €), mais le processus de transformation est toujours en cours. Comprenez par là que des secteurs d’activité qui ont subi une reconfiguration de leur chaine de distribution dans les années 2000, et qui se croyaient à l’abri, ne le sont plus. Les acteurs du tourisme, de la distribution et même des services bancaires sont ainsi à nouveau menacés par des nouveaux entrants qu’ils n’ont pas vus venir.

Désintermédiation et expérience d’achat valorisante pour le tourisme

Le premier secteur qui illustre cette nouvelle concurrence est le tourisme. Alors que nous pensions le marché stabilisé avec d’un côté les pure players et de l’autre les acteurs traditionnels ayant investis dans des services de réservation en ligne, de nouveaux entrants viennent prendre des parts de marché là où personne ne les attendait :

Comme vous pouvez le constater sur ces trois exemples, tout est légal. Ces nouveaux entrants ont simplement su profiter de niches qu’ils ont exploitées avec brio pour pouvoir grignoter des parts de marché.

DIY, abonnement et Try&Buy pour la distribution

Le secteur de la distribution n’est pas en reste avec des startups particulièrement audacieuses qui viennent bouleverser l’ordre établi :

  • Chronodrive, qui a été pionnier dans la distribution alimentaire avec un service de commande en ligne et de récupération gratuite en voiture ou à pied ;

    Commandez vos courses en ligne et récupérez-les en voiture
  • Dollar Shave Club, un service d’abonnement qui vous expédie des lames de rasoir par courrier tous les mois, avec une authentique ambition sociale (production locale, embauche de travailleurs sociaux…) ;

    Vos lames de rasoir par courrier avec Dollar Shave Club
  • Trunk Club, un service qui livre chez vous une sélection de fringues selon vos critères / goûts et les récupère gratuitement (vous ne payez que ce que vous gardez).

    Votre sélection d’habits livrée chez vous tous les mois

Là encore, certains réseaux de distribution se croyaient à l’abri (“Je n’ai pas peur du commerce en ligne, car le client a besoin de toucher les produits“), mais ils doivent maintenant faire face à cette nouvelle forme de distribution qui amène les produits directement chez les clients. Un modèle notamment perfectionné par les beauty box ou équivalents.

Simplicité et désintermédiation pour les services bancaires

Même tarif pour les banques qui se croyaient sauvées avec la gestion d’opérations en ligne, elles doivent maintenant faire face à des concurrents aux dents longues :

  • Simple, un frontal bancaire qui ne s’occupe que de la qualité de ces outils relationnels (site web, call centers…) et qui s’appuie sur une banque traditionnelle sans réseau d’agences pour assurer les fonctions à faible valeur ajoutée (middle et back-office), sur le modèle du Bank-as-a-Platform ;

    La banque de nouvelle génération ave Simple
  • Square, un service d’encaissement via terminaux mobiles (qui a fait des émules en Europe avec, entre autres, iZettle) ;

    Une solution simple d’encaissement avec votre smartphone
  • TradeShift, un service d’édition et de gestion de factures en ligne qui propose également un très astucieux système de compensation pour être réglé beaucoup plus rapidement et se passer des intermédiaires financiers traditionnels imposés aux entreprises (TradeShift launches to disrupt an entire financial system).

    Vos factures en toute simplicité avec TradeShift

Ces deux derniers exemples sont particulièrement intéressants, car nous avons des acteurs de niche qui petit à petit s’installent sur des créneaux à forte valeur ajoutée où personne ne les attendait : un petit gadget d’encaissement à mettre sur votre smartphone pour Square qui a conquis des milliers de commerçants et s’attaque maintenant aux programmes de fidélité, une application en ligne de gestion de factures qui s’est transformée en solution d’affacturage pour TradeShift.

La leçon à retenir de ces différentes startups est de se convaincre que les transformations induites par les médias sociaux, la mobilité… peuvent impacter n’importe quels secteurs, et qu’elles vont engendrer de nouvelles formes de concurrence. À vous d’être à l’écoute du marché et de faire preuve d’ouverture d’esprit pour ne pas vous croire à l’abri sous prétexte que vous avez un réseau de distribution “en dur”. À terme, ça sera plus un handicap qu’un avantage.

Le retour de la revanche du contenu

Cela fait 15 ans que je travaille dans le domaine du web, et la seule vérité absolue que je connaisse est la suivante : le contenu est roi. Vous pourriez me dire que je fais une fixation sur les contenus, car j’ai déjà abordé ce sujet dans d’autres articles, soit, mais je reste absolument persuadé que les contenus sont la matière première du web (avec les données). Ces derniers temps, avec l’avènement des médias sociaux, certains ont essayé de nous faire croire qu’en faite les communautés sont reines. Mais l’un ne remplace pas l’autre, n’est-ce pas ? Qui se souvient de l’époque de “les auditeurs ont la parole” ? Pendant une période, certaines radios ne diffusaient même plus de la musique et se contentaient d’enchainer les émissions de discussion avec les auditeurs. Heureusement cette période est vite passée et les contenus (musiques et intervenants professionnels) ont repris leurs droits.

Si le but de cet article n’est pas de dénoncer cette posture (communauté vs. contenu), je pense qu’il est tout de même très utile de préciser que la majeure partie des plateformes sociales que nous connaissons n’ont aucunement la capacité de générer leurs propres contenus. À l’exception des blogs et des forums (qui fonctionnent un peu en vase clos), sur des plateformes comme Facebook, Twitter, TumblR, Pinterest… les publications / conversations / réactions sont nécessairement initiées par des contenus. Ces contenus peuvent être de différentes natures (articles, messages, photos, vidéos, diaporamas, événements…), et ils sont à la base des discussions et réactions. Pas de contenus, pas de conversations. Dans ce contexte, les forums et les blogs peuvent être considérés comme de véritables réservoirs à contenus qui alimentent les autres plateformes sociales. Principalement les blogs, car les forums sont plus complexes à exploiter.

Bla bla bla bla

Certes, vous pourriez me dire que certaines marques ou stars particulièrement visibles ont la capacité de générer des tonnes de conversations de façon organique, comme Apple ou Lady Gaga, mais ne vous y trompez pas, ils sont également des producteurs de contenus (vidéo clips pour Lady Gaga, keynotes et vidéos de produits pour Apple). Bref, tout ça pour dire que si vous n’êtes pas en mesure de produire votre propre contenu (en tant qu’individu, marque ou organisation), vous n’avez aucune chance d’exister. La bonne nouvelle est qu’avec les NTIC, les contenus n’ont jamais été aussi simples et peu couteux à concevoir, produire et diffuser. Il y a donc de grosses opportunités à saisir, surtout face à des contenus télévisuels qui s’épuisent. Je vous rappelle à ce sujet qu’il existe des émissions qui parlent des émissions de télé-réalités auxquelles participent des anciens de la télé-réalité (entre une rediffusion des Anges de la téléréalité et RedBull.tv, vous préférez quoi ?).

Ceci étant dit, ce n’est pas parce qu’il est simple de produire du contenu que tout le monde peut en profiter. Si l’internet permet de réduire de façon drastique les coûts de distribution et d’élargir le public potentiel, seuls les contenus les plus pertinents et qualitatifs trouveront une audience. Suite à quelques années d’égarement avec la mode du crowdsourcing, il semblerait que les marques ont maintenant compris l’intérêt de rééquilibrer leurs dépenses et d’investir dans la production et non dans la diffusion. Burberry est ainsi un très bel exemple d’une marque devenue média.

Le brand content pour augmenter la valeur d’usage

Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un cours magistral sur le brand content, mais vous donner deux exemples historiques qui démontrent l’intérêt du contenu savamment exploité dans un dispositif de marque. Je précise que ces exemples ne sont pas de moi, mais issus d’une discussion avec mon ancien patron (Reza) avec qui j’ai eu l’occasion d’aborder ces exemples notoires de brand content :

  • Guiness, la marque de bière, qui édite depuis 1955 le Guinness Book of Records. Pourquoi un livre de records ? Pour fournir des sujets de conversations aux clients des pubs, qui en discutant plus longtemps passent plus de temps dans le pub finissent nécessairement par consommer plus.
  • Michelin, qui édite le célèbre Guide Vert depuis 1926. Pourquoi un guide touristique ? Pour donner des raisons aux touristes de découvrir toujours plus de sites touristiques, restaurants… donc de rouler plus, donc d’accélérer l’obsolescence et nécessairement le renouvellement de pneumatiques.

Ces deux initiatives sont maintenant devenues des produits éditoriaux à part entière, mais l’idée de départ était diabolique : créer des contenus pour stimuler la consommation. Nous ne parlons pas ici d’une belle mise en scène pour donner envie d’acheter les produits (ce que font très bien des marques de prestige comme Dior avec Lady Dior avec ou BMW avec The Hire), mais de produire des contenus originaux qui vont augmenter la valeur d’usage des produits.

La série de courts-métrages de BMW

Mais le brand content ne se limite pas qu’aux produits de consommation courante. Dans le domaine BtoB, Google fournit des contenus remarquables sur son Think with Google ou Think Quarterly (articles, vidéos, études de cas, études, statistiques…). Le but de la manoeuvre est ici de prouver la compréhension des équipes de Google sur des problématiques pointues et d’augmenter la légitimité et donc la valeur perçue des solutions commercialisées.

Le magazine d’inspiration de Google

Nouveaux outils et nouveaux supports

Qui dit contenus de qualité, dit nécessairement outils de production et de gestion de contenu de qualité. Comment arriver à surprendre les internautes avec des outils qui n’ont pas été rénovés depuis le siècle dernier. Je ne suis pas en train de parler de rénovation technique (les CMS évoluent très régulièrement), mais de rénovation dans l’approche éditoriale. Le problème est que les outils utilisés quotidiennement sont trop cloisonnés : ils servent à gérer du contenu, ou des produits, ou des communautés, mais rarement les trois à la fois.

Pourtant certains innovent à l’image de Vox Media, la société qui a lancé des sites comme The Verge ou SB Nation et qui édite un outil particulièrement en avance sur son temps : A Closer Look At Chorus, The Next-Generation Publishing Platform That Runs Vox Media. Leur ambition est de concevoir la plateforme de publication ultime permettant de gérer des contenus multiples, sur différents supports et de gérer les aspects communautaires, le référentiel produit, les campagnes…

Les interfaces de Chorus

Assez peu d’informations ont filtré sur cette plateforme, mais elle semble très prometteuse (Chorus is the best content management system I have ever heard of).

Et puisque l’on aborde les autres supports, comment ne pas parler des smartphones et tablettes ? Au-delà des contraintes liées au format, c’est avant tout le contexte d’usage qui change avec les tablettes : les utilisateurs veulent se détendre et sont en attente de contenus de qualité dans un environnement de lecture privilégié. Exit les bannières et autres menus de navigation trop complexes, des startups comme Flipboard ont ainsi réussi à s’imposer grâce à une expérience de lecture particulièrement enrichissante, mais qui n’empêche pas d’associer des marques aux contenus (Flipboard launches its first in-magazine store, in partnership with Levis).

Est-ce là un axe majeur de développement : produire des contenus spécifiquement dédiés aux tablettes, car elles permettent de toucher les consommateurs à un moment où ils sont plus réceptifs ? Peut-être. En tout cas le créneau semble porteur, car de nombreux éditeurs sont déjà sur le coup et proposent leur solution de publication / distribution, à l’image de Mag+ ou de Adobe.

Les applications mobiles de Net à Porter

De nouvelles modalités de consommation

Puisque nous sommes dans le registre des tablettes, ne quittons pas ce sujet et intéressons-nous à un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur : la consommation simultanée de contenus au travers de deux écrans. Si l’être humain est l’espèce dominante sur la planète, c’est grâce à sa faculté d’adaptation. L’humain évolue vite, et le consommateur se lasse encore plus vite. Pour capter et conserver son attention, il faut lui proposer des expériences toujours plus enrichissantes et divertissantes. Certains ont ainsi compris qu’il ne se suffisait plus de diffuser de bons programmes TV  : les séries peuvent être téléchargées gratuitement et il existe toujours un flux gratuit pour la diffusion d’un événement sportif payant.

La chaine AMC propose ainsi une application pour smartphone et tablettes permettant d’interagir en quasi temps réel avec sa communauté : Breaking Bad Story Sync. Plutôt que de laisser les téléspectateurs interagir entre eux, ils les incitent à le faire dans un environnement qu’ils contrôlent.

L’application mobile StorySync de AMC

Idem pour Yahoo! avec IntoNow, une application permettant d’accéder à des données et conversations en temps réel sur un programme (match de foot ou programme musical) et d’enrichir ainsi l’expérience de visionnage : Yahoo’s IntoNow Updates Its iPad App With Music Syncing, TV Screen Captures, And Group Chat.

L’application mobile IntoNow de Yahoo

Dans ce dernier exemple, c’est la combinaison de contenus, de données et d’interactions sociales dans un environnement cohérent qui créé de la valeur pour les utilisateurs.

Le SoLoMo est un levier, pas une finalité

Est-ce donc ça la recette du succès : des contenus sympas, distribués sur des terminaux mobiles avec des fonctions communautaires ? Non, pas réellement. Car si je suis séduit par le concept d’Into Now, il ne fonctionne réellement bien que dans le cas de diffusion en direct de sports collectifs. Et il n’est pas réellement applicable à toutes les marques. Plus généralement, il ne faut surtout pas considérer les médias sociaux et terminaux mobiles comme le nouvel eldorado du branding (“lançons une page Facebook et une application iPhone“), mais comme des leviers pour augmenter la portée et l’efficacité des contenus. Traduction : une application iPhone ou une page Facebook ne compenseront jamais un déficit de contenu. Les contenus doivent être la source, et les applications mobiles et médias sociaux les relaient et non l’inverse. Je croise encore beaucoup trop de responsables de marque qui lancent une application mobile pour faire le buzz ou exploitent une page Facebook pour générer des conversations qu’ils veulent réinjecter sur leur site web. Ils font très clairement les choses à l’envers. Le World Book of Records n’existerait pas si les équipes de Guiness s’étaient contentées de poser des micros dans les pubs et de faire une compilation des conversations dans un livre.

Le contenu est donc la matière première d’une politique de marque, il doit être au service de cette dernière pour l’aider à façonner son histoire, à développer sa culture et à enrichir son ADN. Les contenus sont à la base de la personnalité d’une marque, pas les conversations à son sujet. Les conversations ne sont que le reflet de l’interprétation de cette personnalité. Au final, l’important se sont les contenus, pas les conversations.

Moralité : si vous n’êtes pas en capacité de produire votre propre contenu, vous vous placez dans une situation extrêmement défavorable, surtout face à une concurrence qui finira toujours par proposer des prix plus bas pour une qualité suffisante. Les contenus sont un investissement qui permet d’augmenter la valeur perçue de votre offre, donc de sécuriser vos marges.

Les contenus d’aujourd’hui sont vos bénéfices de demain, faites les bons choix. Il sera toujours temps pour vous d’expérimenter et choisir les meilleurs leviers mobiles / communautaires pour en augmenter l’impact.