Oui je sais, publier un article sur les meilleurs articles de l’année passée n’est pas très original, mais je n’ai pas la prétention d’être plus malin que les autres. De plus, je rencontre encore beaucoup trop de personnes qui ne connaissent pas mes autres blogs. Je vous propose donc de (re)découvrir une sélection des meilleurs articles de l’année 2011 :
Je précise que cette sélection est purement arbitraire, parmi les 250 articles publiés en 2011, ce sont ceux dont je suis le plus fier. J’espère être autant inspiré pour l’année 2012…
Nous sommes maintenant officiellement en 2012, je vous présente donc tous mes voeux pour cette nouvelle année. Pour le moment pas de bonnes résolutions, commençons déjà par récapituler les articles publiés le mois dernier.
L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :
Pour la septième année consécutive, comme je l’avais déjà fait en 2006, 2007, 2008, 2009, 2010et 2011, je vais me prêter au jeu des prédictions. Comme chaque année, je précise que c’est un exercice délicat et que si la démarche vous semble trompeuse / ridicule / pompeuse, vous êtes libre de… ne pas les lire.
Avant de me lancer dans ma liste, passons d’abord en revue ce dont je ne vais pas parler :
Pas de prédiction sur les technologies. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur HTML5, sur la 3D, sur NFC… donc je vous épargnerais tout pronostic sur telle ou telle techno.
Pas de prédiction sur les services. Là encore, je ne me risquerais pas à prédire la mort ou l’avènement de tel ou tel service. Je me suis fait avoir sur YouTube (mes plus fidèles lecteurs / détracteurs s’en souviennent encore), donc je ne m’y risquerais pas. D’autant plus que j’ai récemment donné mon avis sur Facebook et Google+.
Pas d’enfonçage de portes ouvertes. Rassurez-vous, je ne vais pas vous annoncer l’avènement des pratiques mobiles ou sociales, bien au contraire, j’essaye de prendre du recul (cf. L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo).
Pas de prophéties apocalyptiques. Je me suis déjà illustré par le passé avec mes articles du type « Pourquoi je ne crois plus en…« , j’ai depuis fait le choix de ne plus m’exprimer publiquement sur la disparition de tel ou tel service. Je vais donc m’efforcer de ne parler que des opportunités pour l’année à venir, pas des risques.
Ceci étant dit, nous pouvons maintenant passer aux choses sérieuses.
1/ L’avènement de la mobilité low-cost
Après plusieurs années de domination sans partage sur les segments des smartphones et des tablettes, Apple ne pourra pas conserver sa position dominante en 2012, surtout au vu du prix de vente des ses engins. Le succès d’Android n’est aujourd’hui plus à prouver, surtout avec la toute nouvelle quatrième version (plus stable, plus rapide, plus riche, et surtout toujours gratuite). Le système d’exploitation de Google est peut-être moins sexy que celui d’Apple, mais l’offre d’entrée de gamme de smartphones est bien plus compétitive (on parle de 700.000 activations de nouveaux combinés par jour), grâce à des industriels puissants comme Samsung, HTC, Motorola ou le chinois ZTE (Ne négligez pas les smartphones low cost). Concernant les tablettes, la concurrence commence enfin à se structurer avec des machines quatre fois moins chères que l’iPad (Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle).
Certes, pour le moment les possesseurs de machines Apple dépensent plus que les autres, mais quand les machines propulsées par Android seront 5 fois plus nombreuses que celles tournant sous iOS, le marché va nécessairement se reconfigurer. Par contre ne nous voilons pas la face, cette banalisation des smartphones et tablettes low cost va se faire au détriment de l’uniformité des formats. De ce fait, la fragmentation des écrans et OS va compliquer la tâche des développeurs d’applications, mais elle ravira les annonceurs qui verront se multiplier les opportunités de contact / vente en situation de mobilité.
Fragmentation des formats due à l'arrivée des tablettes low cost
Vos résolutions pour 2012 : Intéressez-vous de très près aux différents formats publicitaires sur terminaux mobiles (dont les bannières interactives tactiles) et anticipez la fragmentation du marché pour rendre disponibles vos contenus / services / offres sur le plus grand nombre de terminaux mobiles.
2/ Le retour de la revanche de la TV connectée
Oui je sais, ça fait trois années de suite que je vous annonce l’avènement de la TV connectée… mais je suis persuadé que 2012 va être la bonne année, non pas grâce à Google TV ou à la future probable Apple TV, mais aux solutions alternatives : les box et les applications mobiles dual screen. Comprenez par là que s’il va falloir de nombreuses années pour remplacer le parc de TV, les opérateurs ne vont certainement pas laisser Free raffler les parts de marché avec sa Freebox Revolution, et proposer à leur tour des box plus intelligentes capables de se connecter au web, d’héberger des applications, voir d’interagir avec des programmes.
Et si ce n’est pas votre box qui va relier les programmes TV au web, alors ce sera votre smartphone / tablette. Le principe du dual screen est ainsi proposé par la chaine US VH1 (la série Grey’s Anatomy dispose même de sa propre appli), de même que par Disney avec ses DVD intégrant le Second Screen.
Profitez encore plus de vos DVD Disney avec les bonus sur votre iPad
Vos résolutions pour 2012 : Étudiez les opportunités offertes par la télévision comme canal de distribution de contenus numériques ou aux applications mobiles pour ajouter une dimension sociale aux contenus (émissions ou publicités).
3/ La montée en puissance des objets connectés
Ça a commencé avec vos chaussures de sport (Nike+), puis avec votre cadre à photo (Pulse), ça va continuer avec votre montre (I’m Watch), votre voiture (Renaut R-Link)… Bientôt, tous les objets de notre quotidien seront connectés, ou connectables (encore une fois au travers de votre smartphone). Ceci ouvre d’innombrables opportunités, mais restreint tout de même la cible aux utilisateurs les plus fortunés, ou à des usages de niche comme le Quantified Self.
Vous avez tout à fait le droit de penser que ces nouveaux objets connectés sont des gadgets, mais bon… il vous suffit d’étudier la proposition de valeur d’objets comme la Little Printer pour vous rendre compte du potentiel disruptif :
Vos résolutions pour 2012 : Voyez dans quelle mesure les objets du quotidien pourraient vous aider à toucher différemment vos clients / prospects.
4/ L’émergence d’offres de cloud pour le grand public
Vote musique est dans les nuages avec Spotify ? Vos photos sont dans les nuages avec Picassa ? Vos notes sont dans les nuages avec Evernote ? Normal, car vous êtes habitué au concept de cloud computing dans votre environnement professionnel. Par contre ce n’est pas encore le cas de vos amis ou de vos parents… Mais ça va changer avec l’arrivée des offres d’ Amazon, Apple ou Google. Ces acteurs sauront trouver les arguments pour séduire le grand public et leur vendre de la portabilité et de l’accès universel aux contenus.
Et nous n’en sommes qu’au tout début de ce que l’informatique dans les nuages peut nous proposer avec notamment les offres de cloud gaming (OnLive) ou d’accomplissements personnels (Do.com, lancé par SalesForce) qui ne tarderont pas à arriver en France.
Vos jeux partout avec vous grâce au cloud gaming
Vos résolutions pour 2012 : Il reste encore de nombreuses places à prendre, ne tardez pas trop ! (heu… vous utilisez déjà des offres cloud dans votre quotidien professionnel, n’est-ce pas ?)
5/ La révolution des ebooks
Si les e-readers se sont largement répandus dans les pays développés (Le marché des ereaders se porte à merveille), le rythme d’adoption en France a été beaucoup plus lent du faite d’un blocus par les grandes maisons d’édition. Mais elles ne décident heureusement pas de tout et le marché s’est ouvert en quelques semaines avec la disponibilité récente de liseuses de très bonne facture (le Kindle chez Amazon, le Kobo à la Fnac, le Cybook de chez Booken pour les librairies indépendantes…). Certes, les ebooks sont encore beaucoup trop chers (le double d’un livre de poche), mais la pression du marché devrait certainement amener le législateur à faire évoluer les lois encadrant le prix des livres.
Dans tous les cas de figure, nous commençons à voir apparaitre des solutions de monétisation alternatives tout à fait intéressantes comme la sponsorisation des liseuses, la location, le free-to-read… Nous sommes encore très loin d’avoir exploré toutes les pistes de monétisation (quid du placement de produits dans les boutiques intégrées ? Quid du brand content ?), et il reste encore à trouver une solution de distribution numérique pour les journaux.
Le Cybook Opus existe en de nombreuses couleurs
Vos résolutions pour 2012 : Achetez-vous une liseuse de dernière génération pour vous rendre compte des progrès réalisés sur l’encre électronique et renseignez-vous sur les formats publicitaires disponibles.
6/ Le consécration des contenus applicatifs tactiles
J’ai dès le départ été séduit par Our Choice et le principe de mélanger du contenu textuel, des photos / vidéos, des animations et des données au sein d’une belle interface tactile. De nombreux éditeurs se sont engouffrés dans la brèche et proposent des produits toujours plus spectaculaires avec l’intégration de dimensions communautaire et pédagogique : Des applications éditoriales toujours plus sophistiquées sur tablettes.
Si jusqu’à présent l’offre se limitait à de beaux ouvrages, ce format hybride offre d’innombrables opportunités pour le secteur pédagogique (auto-apprentissage, formation à distance…) ou plus généralement pour le secteur professionnel (Quels usages pour les touchbooks en entreprise ?). Pour vous en convaincre, il suffit de regarder les dernières publications comme Master Your DSLR Camera.
Vos résolutions pour 2012 : Faites-vous offrir une tablette et expérimentez par vous-mêmes les applications éditiorialisées pour mieux en appréhender le potentiel, notamment pour des webdocumentaires, des bandes dessinées ou du brand content.
Vos résolutions pour 2012 : Passez un peu de temps sur des boutiques atypiques comme CoucouShop pour stimuler votre imagination.
8/ De nouvelles opportunités grâce à Big Data
Pour vous épargner une longue et laborieuse explication, Big Data désigne des ensembles de données tellement gros qu’ils ne peuvent être exploités par les bases de données traditionnelles. Le principe est donc de collecter un très grand nombre de données disparates (de multiples sources et types) afin de trouver des corrélations et d’identifier des tendances et opportunités indécelables avec des bases de données relationnelles classiques. Ce principe s’applique aussi bien dans le commerce en ligne (How Etsy handcrafted a big data strategy), que dans l’immobilier (Trulia Crime Maps Bring Big Data to the Masses), le sport (How Big Data Have Fundamentally Changed Baseball) ou les médias sociaux (Des social graph aux interest graph).
Choisissez votre future maison en fonction des données du voisinage
Vos résolutions pour 2012 : Plutôt que de vous enliser dans le débat technologique (Hadoop ou pas Hadoop ?), intéressez-vous plutôt aux solutions de smart datamining et aux agrégateurs de données comme l’Azure Data Market de Microsoft.
9/ L’unification des pratiques sociales internes et externes
Les pratiques de social marketing et d’Entreprise2.0 ont beaucoup évolué ces derniers temps : plus de maturité, plus de sophistication… Mais cette progression a été menée en parallèle et l’adoption de ces pratiques se fait au travers de services différents au sein des organisations (marketing / communication d’un côté, DSI / métiers de l’autre). La prochaine étape va être de fusionner les pratiques conversationnelles internes et externes grâce au décloisonnement des initiatives et de l’implication d’autres services (Une dilution des pratiques sociales dans l’organisation grâce à la social business unit).
Avec le social business, tous les services sont impliqués : Demystifying Social Business
Certains éditeurs comme SalesForce ou Jive ont déjà commencé l’intégration avec des suites applicatives destinées aussi bien à la collaboration interne qu’au social CRM. Il existe plusieurs termes pour décrire cette réunification des pratiques (Social Business, Social Enterprise…), mais tous parlent bien de la même chose : exploiter la dimension sociale à tous les niveaux de l’entreprise pour en démultiplier l’impact.
Vos résolutions pour 2012 : Lisez le livre sur le social business que je fini de rédiger avec mon collègue Cédric (à paraitre en février 2012)
10/ Le triomphe des marques-médias grâce aux médias sociaux
Utiliser le web comme canal de diffusion du brand content n’a rien de neuf, BMW le faisait déjà il y a 10 ans avec sa série The Hire. Mais ça, c’était avant la naissance de YouTube et Facebook. Aujourd’hui des marques comme Burberry ou RedBull ont abandonné les médias traditionnels pour se concentrer uniquement sur les médias sociaux (Why Burberry Is Much a Media Company then a Fashion Company). Les médias sociaux ont ainsi atteint une taille suffisamment critique pour soutenir une stratégie de marque-média, d’autant plus que ces dernières n’ont maintenant plus besoin d’acheter de la visibilité sur les médias traditionnels, elles peuvent se concentrer sur la production de leurs contenus. Pour vous en convaincre, regardez le niveau des productions de RedBull.tv (dont certaines sont diffusées sur NBC, CQFD) :
Le portail média de RedBull
Vos résolutions pou 2012 : Même si peu de marques peuvent assumer des productions comme Sexual Snowboarding, il n’est pas trop tard pour commencer à produire votre brand content.
11/ La revanche des environnements virtuels
Il ne se passe pas une semaine sans que j’entende des moqueries sur Second Life. Pourtant je n’ai de cesse de répéter que Second Life est encore ouvert et plus dynamique que jamais (Quel est l’héritage de Second Life ?). Si aujourd’hui l’attention des médias et des annonceurs est braquée sur Facebook, des univers virtuels comme Habbo, Club Penguin, Stardoll ou Moshi Monsters rassemblent des centaines de millions de joueurs (Presque un milliard et demi d’utilisateurs des univers virtuels). Ces jeunes finiront bien par grandir, et ils ne se contenteront pas des plateformes sociales actuelles.
Au-delà de ces univers virtuels « classiques », des environnements virtuels récents comme Minecraft, Glitch ou le français Mamba Nation nous prouvent que le secteur innove toujours et que des services comme Turntable ont un réel potentiel disruptif (Why Turntable.fm is the most exciting social service of the year et Why Turntable is the Future of Music). Mais selon moi les choses sérieuses vont commencer avec la sortie de Pottermore, la plateforme virtuelle et sociale autour de l’univers de Harry Potter, qui risque de populariser le concept auprès du grand public (les lecteurs de la saga).
Avec Turntable, vos playlists sont sociales et virtuelles
Vos résolutions pou 2012 : Passez un peu plus de temps sur MarketingVirtuel.fr pour mieux appréhender les opportunités des environnements virtuels.
12/ La chasse aux hipsters avec les applications mobiles de partage de photos
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la compétition entre les applications de partage de photo n’a jamais été aussi forte : Instagram, Path, Color, Hipstamatic, Dotti… Pourquoi une telle compétition ? Pour séduire les hipsters, ces fameux utilisateurs précoces en quête de nouveauté et de différenciation. Même si la population-cible est beaucoup plus restreinte que sur les grandes plateformes sociales, le caractère élitiste de ces services assure aux marques qui l’exploitent une exposition médiatique bien supérieure à l’audience captive. Des marques comme Gucci, Burberry Adidas, RedBull, Starbucks ou encore GE exploitent Instagram pour raconter de belles histoires au travers de photos.
Les marques à l'assaut d'Instagram
Vos résolutions pour 2012 : Installez ces applications sur votre smartphone pour surveiller ce que font les marques et pour admirer les magnifiques paysages de Hervé Bois.
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Voilà, ceci clôture mes 12 prédictions pour l’année 2012. Je vous donne donc rendez-vous dans 12 mois pour faire le point. Dans l’immédiat, j’invite mes confrères blogueurs à publier leurs propres prédictions (sans trop copier s’il vous plait).
Comme je l’avais fait en 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, voici la rétrospective de mes prédictions pour l’année 2011. Un exercice hautement périlleux, qui m’a valu de nombreuses railleries, mais qui m’amuse toujours autant. Bref, je vous propose de voir dans quelle mesure mes prédictions pour cette année étaient pertinentes ou non.
1/ Éclatement de la bulle des médias sociaux
2011 aura été une année très faste pour les médias sociaux : beaucoup de croissance, beaucoup d’investissements, beaucoup d’attentes… Force est de constater que nous atteignons un quasi-point de saturation, comme l’a fait remarqué le CEO de Forrester (Social Network Reaching Saturation, Start of a Bubble for Social Starups). Par « nous », j’entends à la fois les utilisateurs, les annonceurs, mais également les prestataires. Très concrètement, nous sommes en plein dans la phase du pic des attentes exagérées. Cela ne veut pas dire que les médias sociaux vont disparaitre ou qu’il va y avoir une explosion de la bulle, mais que le marché va mécaniquement se contracter. Pire : ces attentes exagérées sont également en train de polluer le monde de la mobilité. J’avais à nouveau soulevé ce point en début d’année (2011, l’année de la désillusion ?), et l’évolution du marché m’a donné raison.
Pertinence : Bonne.
Action(s) à prévoir : Évitez de sur-promettre à votre hiérarchie et de ne pas concentrer vos investissements / budgets dans une présence Facebook et une application iPhone.
2/ Des applications mobiles aux sites mobiles
Avec la montée en puissance d’Android, la domination du marché des smartphones par Apple est plus que remise en question (il se vend quatre fois plus de terminaux Android que d’iPhone). La fragmentation du marché a donc contraint les éditeurs de contenus et services mobiles à revoir leur approche et opter pour des développements en HTML5 plutôt qu’en langage natif. La réalité est plus complexe et l’environnement évolue très vite, car si en milieu d’année j’étais persuadé que HTML5 s’imposait comme LA référence pour les applications mobiles, aujourd’hui je ne suis plus sûr de rien, car le choix se complique entre application mobile et application HTML5. Certes, les frameworks de développement multi-plateformes comme PhoneGap ou Sencha progressent de jour en jour… mais les éditeurs redoublent d’efforts pour concevoir des applications de plus en plus agréables à utiliser.
Pertinence : Moyenne.
Action(s) à prévoir : Misez sur les deux tableaux en exploitant à la fois des applications natives pour les plateformes mobiles à forte valeur ajoutée et un site mobile pour le reste du marché.
3/ Une réécriture des sites web
Après presque une décennie de stagnation, le HTML a enfin repris sa juste place grâce aux dernières spécifications HTML5 et CSS3. Ceci étant dit, la réécriture des sites web en cette période de crise n’est clairement pas la priorité des marques. Même si nous commençons à voir de plus en plus de mini-sites exploitant HTML5 plutôt que Flash, les techniques de responsive design et autre scénarisation éditoriale ne passionnent que les experts. Il va donc falloir encore attendre avant le démarrage du Grand Chantier de Refonte du Web (je me demande même s’il aura lieu).
Pertinence : Faible.
Action(s) à prévoir : Étudiez quand même de près les possibilités offertes par HTML5 et surtout CSS3 pour améliorer l’expérience de lecture de votre site.
4/ Forte croissance des touchbooks et terminaux alternatifs
Action(s) à prévoir : L’iPhone (et dans une certaine mesure l’iPad) est l’arbre qui cache la forêt, essayez dès maintenant de miser sur l’avenir et de vous intéressez de près aux autres types de terminaux (tablettes low-cost, feature phone, TV / cadres à photo / montres / voitures connectées).
5/ L’internet s’invite dans le salon
Voilà deux années que j’annonce l’avènement de la TV connectée. Si Google TV n’est clairement pas encore présent sur le marché français, il faut néanmoins surveiller ce que proposent les box, et plus particulièrement la Freebox Revolution qui permet d’accéder à Twitter et Facebook (entre autres). Mais ça reste tout de même relativement anecdotique.
Pertinence : Faible.
Action(s) à prévoir : Allez faire un tour dans l’application store de votre Freebox.
6/ Premières expériences de rich commerce mobile
Les smartphones sont incontestablement un levier d’innovation et de transformation très puissant. Si leur intérêt n’est plus à prouver dans un contexte marchand, les interfaces riches pour les boutiques mobiles sont loin d’être une réalité (euphémisme). Il existe des applications marchandes très intéressantes pour les touchbooks (Le rich commerce à l’assaut de l’iPad et Du renouveau des bannières interactives sur les supports tactiles), mais pas grand-chose pour les smartphones.
Pertinence : Faible.
Action(s) à prévoir : Surveillez de très près les applications marchandes tactiles éditorialisées comme celle de Zappos.
7/ Le point de bascule pour le cloud computing
J’ai tellement entendu parler du cloud computing cette année que je ne suis pas certain que le grand public comprenne vraiment de quoi il s’agit (Définition et usages du cloud computing). Je pense ne pas me tromper en disant que les mentalités autour du cloud computing ont beaucoup changées dans le monde de l’entreprise et que les IT managers sont maintenant conscients des opportunités que ces solutions offrent. Pour le grand public, les premières offres commencent à voir le jour chez Google, Amazon, Apple… mais le déploiement en Europe est plus lent que prévu.
Pertinence : Moyenne.
Action(s) à prévoir : Essayez de voir dans quelle mesure votre marque peut être adossée à une offre cloud.
Action(s) à prévoir : Étudiez dès maintenant les solutions de valorisation de vos produits (vue 360°, configurateur 3D, réalité augmentée…) et réfléchissez à la meilleure façon d’introduire une troisième dimension dans votre univers de marque.
9/ Une identité numérique pour tous
L’identité numérique n’est pas un sujet qui passionne les foules. Il n’y a guère que Jean-Marc Manach pour se soucier des problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée. Quel dommage, car le sujet est extrêmement sensible, beaucoup trop sensible pour laisser une startup d’à peine 3000 personnes (financée par des capitaux russes) gérer votre identité numérique à votre place.
Pertinence : Faible.
Action(s) à prévoir : Évaluez de façon précise quelle est votre dépendance à Facebook, et trouvez des solutions pour la réduire.
10/ Tous des hackers
J’avoue avoir péché par optimisme de penser que le grand public pouvait se trouver une passion dans la bidouillabilité (visiblement les consommateurs préfèrent manger au menu plutôt qu’à la carte). Pourtant le mouvement Open Data à l’air de bien prendre en France… Qu’à cela ne tienne, je reste persuadé qu’il est primordial d’enseigner à nos enfants que l’on peut toujours remettre en question l’ordre établi (12 Year Old Iphone App Developer Gives TED Talk et Teach Your Kids How To Code, Not How To Speak Chinese).
Pertinence : Faible.
Action(s) à prévoir : Voyez dans quelle mesure vos services en ligne pourraient être exploités au travers d’APIs, ou comment vous pourriez exploiter les APIs des autres.
Noël approche, mais je ne change rien à mes habitudes (quoi que pas tout à fait). Voici donc ma sélection de sites mensuelle.
Commençons avec H.J. Mews, une boutique d’accessoires pour chats :
La page d'accueil de H.J. Mews
J’ai tout de suite été séduit par les couleurs en rupture avec celles qui sont habituellement utilisées sur le web. J’apprécie également les petits raffinements graphiques omniprésents sur cette page comme les bordures des photos ou du panier dans le header, le logo qui déborde sur le bandeau supérieur ou le séparateur de pied de page. Vous noterez également l’utilisation d’une police spéciale pour faire ressortir l’accroche en haut de page ainsi que certains titres. J’adore enfin le soin apporté aux descriptions courtes des produits : elles sont riches, variées et bien formulées. Bref, une boutique qui sort de l’ordinaire pour des produits pas ordinaires.
Poursuivons avec Sweet Hat Club, le club des porteurs de chapeaux :
La page d'accueil du Sweet Hat Club
Une page à la grille de lecture parfaitement marquée avec des unités d’information bien découpées. Certes, ça fait beaucoup de boites,mais comment se lasser de ces cadres façon Polaroïd ? J’aime également la position centrale du logo (une figure de style largement sous-estimée), le contraste intéressant entre le fond de page et les têtières, le rendu sépia des photos ainsi que l’utilisation d’une police de caractère spéciale. Vous noterez que la construction même de la page oeuvre fortement pour concentrer l’attention sur le logo en position centrale avec les deux flèches qui l’encadrent et le choix d’une mise en page à deux colonnes qui coupent la page en deux et fait immanquablement remonter l’oeil vers le logo. Au final, nous avons un site sans prétention, mais qui fonctionne parfaitement bien.
Terminons avec Rice Bowl, une organisation caritative :
La page d'accueil de Rice Bowl
Une page à très fort contraste pour faire ressortir le carrousel central, mais qui véhicule également une ambiance rassurante (jaune + brun = stabilité, confort, sécurité). La texture du bandeau qui porte le logo tranche avec le traitement très sobre du reste de la page, les illustrations sont également très simples, mais parfaitement lisibles. Bon par contre, je reste sceptique quand à la prolifération des styles de typo : gras/maigre, majuscules/minuscules, droit/italique… tout ça est un peu trop chaotique à mon goût et mériterait une harmonisation. Ceci étant dit, le résultat final n’en reste pas moins très réussi et véhicule parfaitement le message.
Puisque c’est bientôt Noël, je vous propose exceptionnellement une quatrième sélection qui me laisse perplexe. Il s’agit de la toute nouvelle page d’accueil du magazine Inc., réputé pour la sobriété de son site web et qui a encore accentué le trait.
La page d'accueil du magazine Inc.
J’ai toujours été un grand fan des mises en page allégées et du minimalisme, mais là… je trouve qu’ils y sont allés un peu fort. Certes, ce site propose une lisibilité maximale avec une très grande cohérence dans les traitements graphiques, mais quand même… toute cette sobriété ne nuit-elle pas au site ? Avouez que vous aussi vous avez envie de vous pendre, non ? Le site du NYTimes propose également une charte ultra sobre, mais avec un minimum de couleurs, alors que là… Bref, n’hésitez pas à me donner votre avis.
Déjà le troisième de la conférence LeWeb’11 à Paris (cf. mes comptes-rendus des jour 1 et jour 2). Ce dernier jour commence très TRÈS fort avec la remarquable intervention de Yossi Vardi, un personnage complètement loufoque qui a pris un malin plaisir à démystifier le monde des startups et des VCs (visiblement le public a beaucoup apprécié).
Stratups et mastodontes se succèdent dans la salle de conférence
Je n’ai pas vraiment le courage de vous faire un compte-rendu détaillé des conférences, aussi je vous propose un résumé très court et un lien vers ceux qui ont eu plus de courage :
Comme toujours, j’ai vraiment été impressionné par l’envergure des intervenants à cette conférence, même si je regrette que tous n’ont pas forcément joué le jeu de la transparence (gros carton rouge à Google, dont je parle dans la suite de l’article). La plupart des interventions sont disponibles sur la chaine YouTube de LeWeb.
Résultats du concours de startups
LeWeb est un gros rassemblement d’entrepreneurs, mais c’est également la très prisée Startup Competition dont voici les lauréats :
Beintoo, une plateforme de gamification qui permet de découvrir de nouvelles applications mobiles et de convertir vos points en coupons de réduction ;
HeyCrowd, un service de sondages à la sauce sociale ;
Babelverse, une plateforme de mise en relation de traducteurs et de clients (organisateurs de conférence…) ;
Echoer, une application mobile de partage de pensées de proximité qui a remporté le prix du public.
Pour retrouver les pitchs des startups ayant participé à cette compétition, sachez qu’il existe une chaine YouTube.
Bilan des trois jours
Voilà, c’est déjà la fin de cet évènement, et l’heure pour moi de dresser un petit bilan de ce que j’ai retenu :
Où est le Lo de SoLoMo ? Ce sont incontestablement les volets mobiles et sociales de SoLoMo qui ont dominé ces trois jours, beaucoup plus que le volet local qui reste encore minoritaire. Ceci étant dit, l’écosystème de l’internet et des startups est loin de se résumer à ces trous aspects. J’ai ainsi eu l’occasion de partager avec celles et ceux que j’ai rencontrés sur place mon concept de ToDaClo (Touch + Data + Cloud) qui me semble plus en phase avec les forces disruptives de l’année 2012.
Pourquoi ce silence de Google ? Je sais bien qu’il n’est jamais évident de synchroniser des annonces avec un gros évènement public comme LeWeb, mais la plupart se sont prêtées à cette exercice… sauf Google qui a eu droit à deux interventions de représentants prestigieux qui ont complètement occulté les annonces faites en cette fin de semaine (nouvelles fonctionnalités pour Google+ et intégration plus poussée dans Gmail, lancement de Currents). Je ne sais pas trop comment interpréter ces non-annonces, si ce n’est que Google est maintenant une grosse société où l’information et les pouvoirs sont éparpillés.
Il y a une vie (sociale) en dehors de Facebook. Les différentes startups qui se sont succédé sur scène sont là pour nous prouver que les médias sociaux ne se résument pas à Facebook et qu’il existe de nombreuses autres plateformes d’envergure (Twitter, Badoo, LinkedIn) ou plus sélectives (Foursquare, Instagram…).
La gratuité n’est pas un pré-requis. Contrairement à beaucoup de startups qui se lancent sans modèle économique (et espèrent en trouver / imposer un par la suite), les exemples de Path ou Evernote nous prouvent qu’il est tout à fait possible de proposer une offre payante dès le 1er jour et commencer à dégager des revenus (souvenez-vous de Flickr également).
De l’importance d’avoir une vision. De nombreux intervenants ont insisté sur la notion de vision, de vision à long terme. Tous mettent ainsi en garde les entrepreneurs souhaitant faire un coup rapide en copiant / important un modèle ou en faisant grossir une plateforme sociale la plus vite possible dans l’espoir de la revendre. Avoir une vision précise vous permet d’expliquer beaucoup plus facilement l’intérêt et le potentiel de votre projet, cela vous donne également une direction qui vous évitera de vous perdre en route.
Je précise que ces enseignements sont le reflet de mon ressenti sur ces trois jours, mais qu’il y a autant d’interprétations que de participants. Dans tous les cas de figure, je n’ai définitivement pas perdu ces trois jours passés en immersion dans le monde des startups et de la Silicon Valley. Vivement l’édition 2012 !
Second jour de la conférence LeWeb’11 à Paris avec une nouvelle série de speakers internationaux (bon OK, surtout américains) sur la scène.
AirBnB
Brian Chesky, le fondateur de Airbnb, un service de location de propriétés en mode P2P :
Un service qui a pratiquement commencé avec du couch surfing et qui propose maintenant à la location des villas de luxe, des châteaux et même des îles privées ;
Ils ne font pas de publicité et se repose uniquement sur le bouche-à-oreille ;
Un service très populaire aux USA et en Europe (8.500 propriétés à louer à NY pour un revenu moyen de 5.400$ / an) ;
Depuis l’année dernière, le service a été étendu à d’autres types de propriétés (parkings, bateaux…) ;
Ils ont un retour très positif des commerçants et restaurateurs qui sont dans les zones où beaucoup d’appartements sont à louer (c’est la partie « Local » de SoLoMo) ;
Ils ont déployé de nouvelles règles pour sécuriser les locations et éviter qu’un incident comme celui survenu cet été se reproduise (une utilisatrice s’était fait saccager son appartement par un hôte peu scrupuleux) ;
Pendant la première année d’existence du service, le fondateur n’avait pas d’appartement où dormir, il a donc utilisé son service pendant un an et bouger d’un appartement à l’autre (« Quand vous achetez un iPhone, Steve Jobs ne vient pas vérifier personnellement si vous êtes satisfait« ) ;
Ils ont monté un réseau de 2.000 photographes pour valoriser les biens (accessoirement des clients du service) ;
pour 2012 ils vont travailler sur un mécanisme de recommandation, sur une intégration plus poussée avec les médias sociaux et sur l’internationalisation (67% des transactions sont fait en dehors des US).
Le fondateur de AirBnB à LeWeb11
Evernote
Phil Libin de Evernote, le service de partage de notes :
Nouveau partenariat avec Orange : les clients vont bénéficier d’un accès premium pendant un an (à partir de mi-2012) ;
Leur ambition est de pouvoir sauvegarder la mémoire des utilisateurs et d’être considérer comme l’outil ultime des modern workers, pour cela ils ont besoin de gagner la confiance des membres ;
Croissance très rapide avec 20 M d’utilisateurs (pour 750.000 utilisateurs clients) par croissance organique (pas de publicité) ;
Un service très addictif : le taux d’abonnement à la version premium augmente de façon exponentielle avec l’ancienneté des utilisateurs ;
Ils ont lancé des applications dédiées sur l’art culinaire (Food) ou les rencontres (Hello), les documents (Peek)…
L’application Evernote Hello se positionne comme un complément aux réseaux sociaux.
Le fondateur de Evernote à LeWeb11
Microsoft
Chris Capossela, du Consumer Channels & Central Marketing Group de Microsoft à propos de Windows Phone et de la XBox :
Beaucoup d’innovation cette année des développeurs avec le SDK Kinect (cf. Kinect Effect) ;
Ils ont écoulé 57 M de consoles capables de connecter autant de TV à l’internet ;
Très grosse communauté de 35 M de joueurs avec un compte XBox Live (ils viennent de lancer une application compagnon pour Windows Phone et iOS) ;
Ils ont fait de la XBox autre chose qu’une console de jeux avec de nombreuses applications de divertissement (ex : Netflix…) ;
L’interface Metro assure une cohérence sur les différents terminaux (smartphone, tablettes, ordinateurs et XBox) ;
Leur stratégie sociale s’articule autour de Skype et du partenariat Facebook / Bing (ndr : MSN est le troisième média social le plus populaire en France).
Le responsable des produits grand public de Microsoft à LeWeb11
7 principes d’innovation
Carmine Gallo, l’auteur de “Innovation Secrets of Steve Jobs” :
Faites ce que vous aimez. « Ça ne m’intéresse pas d’être le plus riche du cimetière« , « Vous ne pouvez pas inspirer les autres si vous n’êtes pas inspiré, passionné » ;
Ayez une vision précise (qui est différent d’avoir une mission). « Les meilleures visions sont simples, mais vastes » ;
Redémarrez votre cerveau. « La créativité consiste à connecter des choses entre elles » ;
Apprenez à dire non (pour ne pas se perdre en route et rester concentrer sur l’essentiel). « L’intuitivité découle de la simplicité« , « Less is more » ;
Créez des expériences exceptionnelles les Apple Stores ont été inspiré par les hôtels Four Seasons : on y trouve un bar et un concierge) ;
Maitrisez le message. « Votre idée ou vision ne compte pas si vous n’êtes pas capable de la transmettre« , « Le cerveau ne s’intéresse pas aux sujets ennuyeux » ;
Vendez du rêve, pas le produit (fonctionne aussi avec « Vendez les bénéfices, pas les fonctionnalités« ).
Le mot de la fin « Dream BIGGER« .
Mr Gallo sur la scène de LeWeb11
Google
Marissa Mayer de Google à propos de leur stratégie SoLoMo :
Son nouveau poste l’amène à travailler sur tous les produits locaux (Maps, Local, Latitude, Places, Deals…) ;
Ils vont lancer la semaine prochaine des coupons de réduction liés aux checkins dans Google+ ;
L’application de cartographie est réellement centrale dans les usages des produits Google (sur mobile ou ordinateurs fixes) ;
ils ont appris des erreurs faites avec Wave et Buzz (sur-promettre et respect de la confidentialité) ;
L’écoute est essentielle pour bien comprendre les attentes et contraintes des utilisateurs (et des équipes internes) ;
Avec leur algorithme d’optimisation d’itinéraire dans Google Maps, ils font économiser deux ans à leur utilisateurs tous les jours.
Marissa Meyer de Google à LeWeb11
Forrester
George Colony de Forrester Research à propos des trois « tempêtes sociales » :
La mort du web, avec la comoditisation de la puissance, de la capacité de stockage, de la bande passante… avec la montée en puissance des terminaux connectés et du cloud computing ;
La saturation sociale, avec le plafonnement de l’attention (le temps disponible des utilisateurs) et du nombre d’utilisateurs (ils ont quasiment tous été convertis) qui va mener vers l’éclatement de la « bulle sociale » et nous conduire à une ère « post-sociale »
L’appropriation par les entreprises, en tant que marques (social marketing, social crm) et/ou qu’employeurs (social software).
Le patron de Forrester à LeWeb11
Impossible d’assister au reste des conférences car j’avais des personnes à rencontrer.
L’après-midi était réservé à des conférenciers d’horizons plus diversifiés pour inspirer l’audience. Des contraintes d’agenda m’interdisent également d’y assister. Par contre je serais ce soir à la soirée officielle où j’aurais l’occasion d’écouter pour la première fois un DJ de renom…
Comme chaque année durant la première de décembre, Paris accueille la crème de la Silicon Valley et du monde de l’internet à la conférence LeWeb. Comme chaque année, l’évènement est toujours plus important avec près de 3.500 participants et plus de 60 nationalités représentées (cf. LeWeb en quelques chiffres).
Quelques chiffres sur la conférence LeWeb
La conférence se déroule sur 3 jours, et la première journée s’annonce très riche en annonces et en vision. La thème de cette année est l’internet SoLoMo (Social + Mobil + Local), je dois bien avouer avoir été taquin sur cette thématique : L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo.
Arrivé le premier jour à 8h, je m’installe donc tout naturellement dès l’ouverture aux tables de la salle de conférence (la délégation québécoise était déjà là).
Les québécois se lèvent tôt !
Conférence d’ouverture – Karl Lagarfeld
Salle comble pour la conférence d'ouverture
Les plus grandes personnalités de la Silicon vont se succéder sur scène ce matin, les participants sont donc venus en masse dans la grande salle de conférence.
Karl Lagarfeld interviewé par Loic Lemeur et Manuel Diaz
La journée démarre doucement avec un invité de marque (Karl Lagarfeld) venu amuser la galerie et insuffler de la créativité dans ce monde de 0 et de 1 :
Il est venu avec ses 4 iphones et une partie de sa collection d’iPod (il en possèderait une trentaine) ;
Il nous montre des photos sur son iPad et une vidéo qu’il a réalisée pour Channel ;
L’interview avec Loic Lemeur est un peu décousu du fait de la personnalité de Karl Lagarfeld, il nous gratifie tout de même d’un auto-portrait ;
Nathalie Massenet de Net-a-Porter monte sur scène pour annoncer le lancement d’une mini-boutique Karl sur le site ;
Il ne tolère pas la banalité et est persuadé qu’une chemise blanche avec une veste noire est à la portée de tous (merci pour le conseil).
Uber, Soundtracking, Path, Flipboard et TaskRabbit
Les conférenciers se succèdent dans le reste de la matinée avec plusieurs start-up venues présenter leur projet :
Travis Kalanick de Uber, une application mobile et un service de chauffeur personnel. Cette application est en concurrence avec les services de « limo » (les taxis premium) depuis l’année dernière aux USA, ils ont lancé le service à Paris cette semaine et devraient continuer leur expansion européenne (comptez 120€ pour un trajet Paris / CDG).
Steve Jang de SoundTracking, une application mobile sociale qui mélange partage de photos, de lieux et de playlists. L’application est en fait une sorte de mashup d’autres services (iTunes, Twitter, Foursquare…) et rajoute régulièrement d’autres services (Spotify, Rdio, Google Music…). Il considère la musique comme un véhicule universel de sociabilisation, nous n’avons donc pas fini d’en entendre parler.
Dave Morin de Path qui a fait un retour fracassant la semaine dernière avec la V.2 de son application mobile de lifelog qui permet de partager son quotidien avec un nombre limité de contacts. Il définit son application comme un service personnel et non social, du fait de la limitation à 150 personnes. Il ont travaillé plus de six mois concevoir une interface réellement différenciante. Il confirme que le développement sur iOS est plus simple que sur Android (à confirmer), mais que l’iTunes Store est plus contraignante (pas la peine de confirmer). Facebook et sa plateforme ont grandement facilité le développement d’application sociales nécessitant le nom, la photo ou la localisation des utilisateurs.
Mike McCue de Flipboard, une application mobile de consultation d’informations. Ils ambitionnent de faire de leur produit le remplaçant du magazine en proposant une expérience de lecture plus confortable et plus sociale pour l’iPad. Ils viennent juste de lancer la version iPhone et vont maintenant s’intéresser à Android.
Kevin Rose, le créateur de Digg, venu présenté Milk, une sorte de mini-incubateur pour des applications mobiles innovantes.
Déambulation aléatoire et m-commerce chez Voyages-SNCF
La pause-déjeuner à été l’occasion de saluer un certain nombre de connaissances et de rencontrer de nouvelles personnes. J’ai été enchanté de croiser J.M Billaut par l’intermédiaire d’un robot Jazz de chez Gostai (cf. Les robots sont-ils l’avenir de la téléprésence ?). Quel dommage par contre qu’il ne soit pas à la taille des adultes (le robot, pas JM).
JM Billaut à LeWeb par l'intermédiaire d'un robot de téléprésence
Les équipes de Voyages-SNCF avaient réservé une salle pour Yves Tyrode, le DG, venu présenter leur stratégie SoLoMo et partager un certain nombre de chiffres sur leur plateforme de m-commerce :
Pour mémoire, VSC réalise un C.A. annuel de 3 MM € avec 55 millions de billets de train vendus dont 1/3 de billets dématerialisés ;
Leur approche du m-commerce est holistique avec 6 applications mobiles (iOS, Android, Blackberry, Windows Phone, Symbian, Badda) ET une web app en HTML5 (comme ça tout le monde est servi, même les feature phones) ;
73% du C.A. se fait sur iPhone, Android à la traîne avec 12% (équilibrage prévu en 2012-2013) ;
51% des achats la veille du départ se font sur mobile ;
15% des ventes mobiles se font sur iPad (ceci apporte de l’eau à mon moulin à propos du couch commerce).
Yves Tyrode présente la stratégie SoLoMo de Voyages-SNCF
L’infographie utilisée pour cette conférence est disponible ici : Voyages-SCNF – SoLoMo.
À peine la présentation est-elle terminée que les conférences reprennent en salle principale.
Google
Eric Schmidt de Google sur la scène de LeWeb'11
Erich Schmidt de Google est sur scène avec Loic Lemeur pour faire la démonstration de nouveaux services sur Android 4.0 :
Widgets et écran d’accueil personnalisable, effets spéciaux sur le chat vidéo ;
Prise de photo en mode panoramique (réalisée sur une tablette propulsée par la dernière version d’Android) ;
Partage de fichiers, de contenus et d’applications de proximité avec NFC (Android Beam), nombreuses possibilités avec les jeux.
À propos de l’innovation et des changements sociétaux :
Les médias sociaux ont participé de façon active à la chute de dictateurs, contribuant ainsi à un monde meilleur ;
Le monde réel et numérique se complètent parfaitement avec ce que les humains font bien (intuition, créativité) et ce que font les ordinateurs font mieux (calculs, automatisation, mémorisation) ;
Il est plus facile de démarrer une révolution que de la compléter ;
Il est crucial pour la Silicon Valley d’être en concurrence avec d’autres pôles de compétitivité / créativité pour progresser (d’où leur investissement dans un centre de R&D à Paris, entre autre) ;
L’accès à internet en haut débit (fixe et mobile) est essentiel à la créativité, ça sera la principale source de croissance en Europe.
Badoo
Andrey Andreev de Badoo sur la scène de LeWeb'11
Andrey Andreev de Badoo, un réseau social trop faiblement médiatisé par rapport à son nombre d’utilisateurs (plus de 130 millions) :
Un réseau social très rentable avec des revenus annuels supérieurs à 150M$ ;
Le réseau s’appuie sur son application mobile et la notion d’interactions de proximité (principalement orienté vers de la rencontre) ;
Le gros des revenus provient du placement (payant) de votre profil en haut de la liste de résultat (l’équivalent des AdWords, mais pour de la drague) ;
Pour le moment, ils sont concentrés sur leur stratégie de croissance, notamment en Amérique du Sud et en Europe.
Facebook
Joanna Shields de Facebook sur la scène de LeWeb'11
Ils viennent d’organiser un Facebook Garage à Paris qui a été un grand succès ;
Elle annonce le lancement du bouton « Subscribe » à installer sur votre site pour s’abonner aux publications d’un membre ;
Gros succès pour les applications de social news comme celle du Guardian (4 M d’installations) ;
Aucune indication particulière sur les nouveautés attendues (Timeline, nouvelles pages pour les marques, project Spartan… ou l’IPO) ;
la dimension locale est essentielle pour eux, car de nombreuses interactions sociales sont encrées dans le voisinage (amis, relations ou commerçants).
Deezer
xx sur la scène de LeWeb'11
Axel Dauchez de Deezer à propos du partenariat avec Orange et Facebook :
Un service de streaming musical asse jeune (seulement 4 ans d’existence), mais qui parvient à tirer son épingle du jeu puisqu’ils sont rentables et en croissance (50 M$ de revenus en 2011) ;
Ils ont décidés de ne pas se lancer sur la marché US car la concurrence est trop féroce et préfèrent se concentrer sur les smartphones (lancement en Europe et en Russie d’ici la fin de l’année) ;
Entre les smartphones et Facebook, il pense avoir une solution au piratage – l’important n’est pas la possession (des fichiers MP3), mais l’accès ;
Ils n’ont pas l’ambition de changer le monde, mais d’être là où le monde va changer.
Foursquare et Instagram
Dennis Crowley de Foursquare à propos de son service de géolocalisation :
Bonne progression du service : 15M d’utilisateurs, 4M de checkins par jour pour 30M de lieux, 50% des usages se font en dehors des US, 600.000 services exploitent les APIs ;
Ils sont en train de se transformer en un guide touristique social (se rapprochant ainsi des city guides) ;
Lancement la semaine dernière du bouton « Save to Foursquare » pour lier le monde physique du monde digital (à ne pas confondre avec le monde virtuel) ;
Leur prochain défi : les recommandations personnalisées.
Kevin Systrom d’Instagram à propos de son service de partage de photos sur smartphone :
Une croissance impressionnante en un peu plus d’un an d’existence (14 M d’utilisateur, 60 photos partagées par seconde, 10 employés) ;
Deux personnes travaillent à plein temps sur la version Android de l’application ;
Le site web « officiel » devrait également bientôt voir le jour (il n’existe que des sites officieux comme Webstagram) ;
Pour le moment, ils se concentrent sur la croissance de la base d’utilisateurs, la publicité sous forme de bannières n’est pas envisagée, mais de nombreux annonceurs sont déjà présents (comme Audi ou Burberry).
Interview de Jeremiah Owyang pour finir la journée
Michelle Blanc, Jeremiah Owyang et votre serviteur
Dans la fin de l’après-midi j’ai eu la chance de pouvoir faire une courte interview vidéo de Jeremiah Owyang (le pape des médias sociaux) avec Michelle Blanc :
Au sujet de la légitimité des départements marketing pour prendre en charge les médias sociaux : « Quels départements sont les plus légitimes pour s’occuper de l’email au sein d’une organisation ? » C’est une responsabilité qui est majoritairement attribuée au marketing, à la communication, mais également au RH ou au service client, avec une participation récemment d’autres départements comme la distribution (ex: Renault avec son réseau de concessionnaires) ;
Les services de social scoring comme Klout sont intéressants, mais ils mesurent principalement l’activité (le bruit que vous générez) et pas forcément les aspects positifs ou négatifs, donc ils ne peuvent être utilisés seuls ;
Les entreprises s’équipent en priorité de solutions de monitoring, mais ne sont pas encore bien au fait de ce qu’il est possible de faire en matière de social CRM et du potentiel derrière l’intégration de données en provenance des médias sociaux dans la base CRM ;
À propos du ROI des médias sociaux : « Quel est le ROI du téléphone ou de l’email ? » ;
Les KPIs d’engagement sont intéressantes, mais l’important ce sont les KPIs en rapport direct avec l’activité (ayant généré une vente ou un contact), et pour cela il faut nécessairement demander aux clients quel rôle ont joué les MS dans leur expérience d’achat ou de service.
Celles et ceux qui suivent de près l’actualité du commerce en ligne n’ont pas pu ignorer les récentes annonces des géants de l’internet : rachats, nouveaux produits, améliorations… En à peine deux ans, le paysage de l’internet, et plus particulièrement du commerce en ligne, a radicalement changé. L’enjeu de ces manoeuvres pour les géants de l’internet est de s’imposer comme l’acteur leader en matière de commerce en ligne, ou plutôt en matière de solutions et services en rapport avec le commerce en ligne. Avec cet article, je vous propose de faire le point sur les acteurs à la lutte.
Amazon, Ebay, Adobe et Google à la lutte, IBM et Microsoft à la traîne
Même si l’écosystème du commerce en ligne est composé d’une infinité d’acteurs, je me contenterais de faire un récapitulatif de la situation pour les quatre principaux. Si ces listes ne sont pas exhaustives, merci de me le signaler dans les commentaires.
Commençons avec Amazon, le leader historique du commerce en ligne qui propose les services suivants :
Des APIs pour pouvoir exploiter se base de données de produits ;
Une série de boutiques thématiques sur les produits de puériculture (Diapers), de soin (Soap), les chaussures (Javari), les jouets (Yoyo), les produits pour animaux (Wag)…
Le site de produits d'hygiène d'Amazon
Une marketplace pour les « petits » vendeurs et commerçants qui ne veulent pas ouvrir leur propre boutique en ligne, de même que l’offre logistique qui va avec ;
EC2, une offre de cloud computing très robuste pour acheter de la ressource informatique à prix très compétitif ;
La gamme Kindle de e-readers et tablette pour distribuer (commercialiser) des contenus numériques.
Poursuivons avec Ebay, autre acteur historique qui propose lui aussi une large offre de services au travers de sa plateforme x.commerce :
Une gigantesque marketplace ouverte aux particuliers et aux pros (ainsi que des APIs pour l’exploiter), des portails comme Shopping et des sites verticaux comme Automobile.fr ou Half ;
Le portail de vente d'automobiles d'occasion de Ebay
GSI et Magento, deux fournisseurs de solutions de création de boutique en ligne et de délégation ;
La solution de commerce en ligne Magento
Hunch, un moteur de recommandations reposant sur le principe de graphe d’intérêt, de même que d’autres startups rachetées ces derniers mois comme RedLaser (application mobile pour scanner les codes barre) ou Milo et Where (shopping local).
Le moteur de recommandations Hunch
Changeons d’univers avec Adobe qui propose également un certain nombre de choses :
Scene7, des briques technologiques pour valoriser et personnaliser vos produits ;
Omniture, un fournisseur de nombreuses solutions allant de l’analyse d’audience au ciblage comportemental ;
L'offre Omniture d'Adobe
Business Catalyst, la solution de création et d’hébergement de boutiques en ligne.
La solution de commerce en ligne Business Catalyst
Terminons avec Google et ses très nombreux services :
Face à cette pléthore de services, des éditeurs comme IBM, Microsoft, Vignette ou ATG font pâle figure (euphémisme). Certes, il existe toujours une infinité d’acteurs encore indépendants (dont Prestashop, notre fierté nationale), mais la comparaison est tout de même difficilement soutenable face à quatre acteurs leaders cités plus haut.
Un enjeu d’intégration
Les e-commerçants ont à leur disposition un ensemble de services et de briques fonctionnelles / techniques pour faire tourner leur boutique et gérer le quotidien. Je pense ne pas me tromper en disant que l’important n’est pas de choisir les briques les plus performantes, mais de disposer d’une plateforme cohérente qui puisse faciliter le quotidien des e-commerçants plutôt que leur compliquer.
Mon raisonnement repose sur le postulat suivant : mettre en place et exploiter une boutique en ligne implique la prise en charge d’un grand nombre de tâches de base (sourcing, gestion de la gamme, animation commerciale, logistique, relation client…). Plus vous passer du temps sur les interfaces de gestion des briques technologiques, et moins il vous en reste pour assurer ces fameuses tâches de base. D’où l’intérêt d’opter pour des solutions intégrées qui proposent une interface unique, ou du moins qui limite le nombre d’interfaces. Il existe des offres d’hébergement de boutique en ligne comme Oxalis, 42Stores… qui vous promettent l’interface unique, mais pour moi l’intégration la plus poussée était atteinte avec l’offre de GoodBarry (qui a depuis été fondue dans Business Catalyst).
L’enjeu pour les géants de l’internet va donc être d’intégrer le plus grand nombre de briques et services possibles sur leur plateforme pour « verrouiller » les e-commerçants et de leur proposer un maximum de prestations payantes. Je ne me risquerais pas à commenter la pertinence de telle ou telle offre, je constate simplement que les pièces sont en train d’être mises en place sur les échiquiers de chacun pour imposer sa plateforme comme le commerce OS de référence.
Le marché est déjà ultracompétitif sur le web, nul doute que les places les plus intéressantes sont à prendre sur les canaux alternatifs (médias sociaux, mobiles…). Et à ce petit jeu là, l’acteur le mieux placé est… heu… c’est qui déjà ?