Un livret blanc sur le social learning

Aujourd’hui est un grand jour car c’est le jour de la publication de notre livret blanc sur le social learning : Une Introduction au Social Learning. Je dis bien “notre” car il s’agit d’un ouvrage collectif auquel ont contribué un certain nombre de blogueurs et autres experts (en autre les copains Cédric Deniaud, Bertrand Duperrin…).

SocialLearning

Dans cet ouvrage le social learning est définit ainsi : “Le développement des savoirs, des aptitudes et attitudes, par la connexion aux autres (que ce soient des collègues, des mentors ou des experts)  via les médias électroniques synchrones ou asynchrones“.

Ma (modeste) contribution a cet ouvrage est la suivante :

Le social Learning pourrait se définir comme suit : “Les pratiques et outils de capitalisation, de partage et d’enrichissement des connaissances au travers de la collaboration”.

Cela devrait être composante essentielle de la politique RH d’une entreprise car générateur de valeur ajoutée dans le sens savoir-faire (très complexe à copier ou à sous-traiter) et non capacité de production (un facteur de compétitivité du siècle dernier).

L’objectif du social learning est d’extraire les connaissances des individus et fichiers pour les répertorier, les indexer et les rendre disponibles à l’ensemble des collaborateurs afin qu’ils puissent en bénéficier et les enrichir.

Les pré-requis du social learning sont :

  • une volonté forte de la direction générale relayée auprès du middle management ;
  • une incitation et de la reconnaissance validée par les RH ;
  • des outils permettant de faciliter / stimuler les échanges.

Les outils liés aux pratiques de social learning sont nombreux et correspondent à des objectifs différents :

  • Les blogs, wiki et FAQ collaboratives pour stocker et structurer les connaissances ;
  • Les social bookmarks pour mutualiser les sources externes et faire du filtrage collaboratif ;
  • Les espaces de discussions pour historiser / pérenniser les échanges ;
  • Le réseau social interne pour assurer la traçabilité des contributions.

C’est avant tout un dispositif global qui va directement jouer sur la performance collective des collaborateurs et indirectement améliorer la performance individuelle à plus long terme (à mesure que les mentalités et habitudes de travail évoluent et s’adaptent à une dynamique de collaboration).

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Non seulement ce livret blanc est disponible en français/anglais, mais en plus d’autres ouvrages de ce type devraient suivre. Le début d’une belle aventure (collaborative) !

France5 et CuriosphereTV expérimentent les web-documentaires

Vous connaissez les documentaires à la télé, vous connaissez les livres dont vous êtes le héros, alors vous allez forcément apprécier ce web-documentaire : L’obésité est-elle une fatalité ?

La page de démarrage du web-documentaire sur l'obésité
La page de démarrage du web-documentaire sur l'obésité

Selon les promoteurs (Honkytonk Films et Curiosphere.tv), ce nouveau format place l’internaute au cœur du documentaire et luis permet de choisir son parcours, de conduire ses propres interviews. Autant le dire tout de suite : c’est une véritable réussite car l’immersion est très bien restituée et le minutage est parfait pour maintenir votre attention.

Dans les fait, ce web-documentaire est un mélange de séquences vidéo et d’animations Flash (avec photos en pleine largeur d’écran messages qui défilent et fond sonore). Sur la capture d’écran suivante, il est possible d’avoir plus de détails en cliquant sur le bouton “Plus d’infos” en bas à gauche :

Une séquence du web-documentaire
Une séquence du web-documentaire

Des chiffres-clés sont affichés en sur-impression de temps en temps. À la fin de chaque séquence (qui peuvent être esquivées) on vous propose un choix vers la ou le séquence suivantes (ici en bas à droite) :

Un embranchement dans la naration
Un embranchement dans la narration

Les interviews sont en fait des extraits sonores avec des sous-titres si elles sont en langues étrangères :

Le déroulement d'une interview
Le déroulement d'une interview

Rien à redire, cette nouvelle forme de narration vous plonge de façon spectaculaire au cœur du récit, vous pouvez même décidez de l’ordre des séquences en accédant au menu.

Après “Voyage au bout du charbon“, le réalisateur (Samuel Bollendorff) nous prouve qu’il est tout à fait possible de mélanger ces deux supports (le reportage TV et les contenus interactifs) dans un tout cohérent. Pour le moment ces réalisations sont engagées mais j’attends de voir à quoi pourrait ressembler une fiction interactive à regarder sur son touchbook au coin du feu.

Bien évidement vous pourriez me dire que depuis les CD-Rom il n’y a rien de neuf, et je vous répondrait que si justement il y a du neuf : le problème de la distribution est résolu. De même que celui de l’évolution, il serait ainsi tout à fait possible d’enrichir un documentaire au fur et à mesure : un budget limité pour tester l’appétence de l’audience et des compléments produits au fur et à mesure.

Par contre la question qui reste en suspend est la suivante : Comment insérer dans ce tableau les annonceurs ? Peut-être sous forme d’encarts ou d’interstitiels…

Grosse actualité pour Second Life

Cette semaine c’est un véritable festival de nouvelles fraiches pour Second Life (bonnes ou mauvaises, je vous laisse juger).

Il y a tout d’abord le départ de Philip Linden, le fondateur de Linden Lab : Next Chapter!. Même si l’annonce est historique, cette nouvelle ne surprend pas grand monde dans la mesure où le Philip en question avait prit beaucoup de recul par rapport à Second Life depuis la nomination d’un nouveau CEO pour redresser la barre. On ne sait pas grand chose pour le moment des intentions de Philip Linden, si ce n’est qu’il va rester le président de Linden Lab, qu’il conserve son île (qui va lui servir de plateforme de test) et qu’il travaille sur un projet secret “proche” de SL (un rapport avec SnowGlobe, le viewer alternatif ?). Toujours est-il que les réactions sont nombreuses (désolé, pas le courage de résumer tout ça) : The Green Light: Philip Rosedale’s Second Life et Philip (Linden) Rosedale leaves Linden Lab, forever.

Et puisque l’on parle du nouveau CEO, Mark Kingdom, ce dernier vient de publier une interview intéressante où il parle de la bonne santé financière de sa société et confirme qu’ils travaillent sur une version mobile bridée de SL : Linden Lab CEO describes Second Life’s enterprise growth and plans for mobile. Preuve de la bonne santé de SL, cet article de Brian Solis (le pape des RP 2.0) : The Second Life of Second Life.

Dans un autre registre (que je ne cautionne absolument pas), le très vénérable Robert nous signale la sortie de Emerald, un viewer alternatif qui permet de très facilement “customiser” votre avatar féminin (peut-être une opportunité pour des annonceurs comme Wonder Bra ?) : Breast Enhancement, Open Source SL Viewer Adds Avatar Breast Physics, Attracting Controversy, 50K Downloads.

Les options de personnalisation d'Emerald
Les options de personnalisation d'Emerald

Signalons aussi la grogne face aux nouvelles conditions générales d’utilisation des viewers alternatifs : Our World – You Obey – Our Viewer Only.

Et pour finir, je tiens à mentionner la très bonne initiative de Juracom et Village Numérique JuraTIC qui organise le Salon du Jura, une grande manifestation IRL et dans SL pour promouvoir la région du Jura.

Le Jura dans Second Life
Le Jura dans Second Life

Bravo à eux et bonne chance pour la manifestation qui démarre demain.

Petit compte-rendu de la conférence Buzz The Brand 2009

J’ai fait un (trop court) passage hier à la conférence Buzz The Brand pour venir écouter les spécialistes nationaux du marketing viral et du buzz. Autant le dire tout de suite, le niveau des présentations auxquelles j’ai pu assister était très bon. L’édition 2009 de cette conférence était donc l’occasion pour démystifier certaines légendes urbaines au sujet du buzz et des campagnes virales.

À noter la bonne idée des organisateurs d’avoir placée cette édition sous la thématique cowboys et indiens : de très beau cactus pour la déco et ce magnifique t-shirt arboré par Gregory :

No comment...
No comment...

Mise à nu des mécaniques de buzz

C’est Emmanuel Vivier de Vanksen qui ouvre le bal avec une série de vérités vraies sur le buzz :

  • Les supports utilisés pour le buzz ne sont pas un territoire pour les jeunes (la moyenne d’âge pour Facebook et YouTube est supérieure à 30 ans) ;
  • Les internautes ne discutent pas avec des marques, ils discutent avec d’autres internautes (qui sont des représentants / ambassadeurs de marque) ;
  • Importance de bien planifier sa stratégie de buzz, notamment au travers du modèle utilisé par Forrester (POSTE – Profil, Objectif, Stratégie, Technologie, Evaluation) ;
  • Le buzz fonctionne aussi pour le luxe (cf. les campagnes Chanel ou JP Gautier) ;
  • Le viral fonctionne aussi très bien pour le BtoB (cf. les livrets blancs qui ne datent pas d’hier) ;
  • Il est essentiel de laisser parler les consommateurs (le buzz ne sert pas qu’à parler mais aussi à écouter) ;
  • Pensez à la population interne (les collaborateurs) pour initier / relayer votre campagne.

Des vérités qui sont toujours bonnes à dire.

Cahier de tendances du web social

Venaient ensuite David Réguer de RCA et Benoît Raphaël pour LePost.fr :

  • Ils publient régulièrement le baromètre BigBuzzBlog des blogs qui buzzent le plus ;
  • 2009 est l’année de la transgression (cf. l’exploitation d’Hitler dans différentes vidéos parodiques) ;
  • 2009 est l’année du paranormal (une matière première très facile à travailler) ;
  • 2009 est l’année des détournements (cf. Orange qui n’a pas fini de payer…) ;
  • 2009 est l’année du chat (cf. les innombrables vidéos de chats dans des situations cocasses) ;
  • Un exemple de bad buzz mal géré : MacDo et Pharrell Williams.

Un bon résumé des temps forts de l’année.

Pas de médias sociaux sans une nouvelle approche du ROI

Intervention de Catherine Barbat (Malinea), Ludovic Delaharche (Eyeka) :

  • Nécessité de travailler le support vidéo en lui-même pour pouvoir transformer les vidéos virales en outils d’acquisition avec des liens cliquables en fin de visionnage ;
  • L’annonceur est propriétaire des vidéos publiées par les internautes mais doit rémunérer les créateur en cas d’exploitation ;
  • La vidéo n’est qu’un maillon d’une campagne de buzz, idéalement il faut synchroniser tout le parcours client (de la page d’atterrissage jusqu’au tunnel de vente).

Puis c’est au tour de Paul Choppin (2xmoinscher) de nous faire son témoignage :

  • Ils ont mis en place la solution FeedBack2.0 pour pouvoir mieux dialoguer avec leur communauté de clients (échanges plus constructifs) ;
  • Bel engagement du DG qui organise souvent des déjeunés individuels avec des membres de la communauté (une sorte d’expérience “terrain”).

Deux beaux témoignages dont vous devriez trouver plus de détails sur les blogs respectifs des speakers.

Quelle approche du ROI pour le web social ?

Anthony Hamelle et Guilhem Fouetilloun de Linkfluence sur l’analyse du buzz de la campagne Evian Babies :

  • Le + gros buzz commercial du web= 35 millions de vues (1 internaute sur 23) sur 232 pays  ;
  • 1 vue achetée sur YouTube = 14 vues gratuites (via l’habillage de la page d’accueil) ;
  • Près de 40.000 commentaires publiés sur YouTube (volume trop important pour en faire une analyse sémantique concluante et surtout beaucoup de pollution) ;
  • Gros enjeu = Comment industrialiser le lancement ?
  • Gros travail de seeding sur le mois de juin 2009 avec des vidéos de teasing qui n’ont pas du tout fonctionnées (mais score très honorable après coup avec deux vidéos à plus de 2M de vues) ;
  • Ils attendent un écho de la campagne en fin d’année avec les best-of annuels (projection = 40M de vues sur l’année) ;
  • 13.500 liens directs pour 17 millions de referers (viralisation via email, tchat…) ;
  • L’objectif n’était pas de vendre des bouteilles d’eau mais plutôt de travailler l’attachement à la marque (de ce point de vue là l’annonceur semble satisfait) ;
  • Même si l’audience est concentrée sur une poignée de blogs à fort trafic, le nombre total de referers est très important pour de la viralisation de fond (notamment sur des cibles ou des marchés non programmés) ;
  • Campagne complètement ratée sur les Skyblogs (1.500 citations pour 3.000 vues) et sur Twitter (qui représente un très faible volume par rapport à la blogosphère) ;
  • MySpace a ramené beaucoup plus de visiteurs que Facebook (une audience de fond qui n’est pas très médiatisée mais bien présente) ;
  • Un impact faible sur les communautés famille et beaucoup plus fort sur les communautés marketing & com (la profession se regarde le nombril ?) ;
  • La propagation virale s’active et se travaille (sinon impossible de dépasser les 5 millions de vue) ;
  • Il n’y a pas que le ROI, mais aussi le ROO (retour sur objectifs), le ROE (retour sur attributs) et le ROSW (retour sur présence dans les médias sociaux) ;
  • Le calcul du ROI ne sert à rien sans la possibilité de comparer à d’autres campagnes => nécessité de standardiser.

Wow, un cas d’école hors norme pour une campagne pharaonique : plus de 4 mois de préparation et un budget avoisinant les 300 KE (hors création des vidéos). Ils prévoient de publier un livret blanc sur cette campagne et l’analyse de sa propagation, jetez-vous dessus quand il sortira !

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Voilà, c’est tout pour cette année, je passe la main aux autres blogueurs présents à cette conférence pour qu’ils complètent mon compte-rendu.

Canal+ et France24 choisissent Silverlight pour faire du streaming HD

Après Rolland-Garros et le Tour de France, la technologie de streaming HD de Silverlight a été retenue pour une exploitation annuelle par Canal+ et France24.

Commençons par la chaine cryptée qui vient de lancer la diffusion HD de la ligue 1 et de la Champions League sur son service payant Foot+ : Canal+ goes Silverlight for Foot+.

Le foot en HD avec Silverlight
Le foot en HD avec Silverlight

Non seulement les abonnés ont accès à un flux de streaming en HD sur leur ordinateur, mais ils peuvent de plus regarder ça sur leur TV au travers d’une XBox.

Autre ambiance avec France24 qui propose de la rediffusion 24H/24H avec cette expérimentation : France 24 expérimente le contrôle du direct, le speech to text, les votes et chapitrage automatique dans son player HD.

France24 en HD avec Silverlight
France24 en HD avec Silverlight

À tester ici : France24 HD Live Player.

Visiblement les équipes de Microsoft sont en train de prendre une belle avance sur le streaming HD et surtout de s’installer durablement sur ce créneau en signant des partenariats prestigieux.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai comme l’impression que dans son élan d’intégration verticale Microsoft pourrait bien verrouiller un peu plus le marché en rachetant un gros acteur de Content Delivery (Akamai ?).