Adobe Max 2009 – Jour 2

Second jour de mon voyage à L.A. pour la grande messe annuelle d’Adobe.

Keynote 2

Cette seconde keynote est visiblement dédiée à du témoignage clients. Nous avons donc un premier témoignage de la Major League Basball à propos de MLB TV :

  • Streaming HD, possibilité de faire des ralentis, intégration avec Twitter ;
  • Nouveau player avec vue en mosaïque (offre payante pour les play-off).
Le player vidéo de MLB
Le player vidéo de MLB

Les domaines d’innovation de Flash dans la vidéo sont les suivants : HTTP Streaming pour plus de souplesse dans l’intégration, protection du contenu avec Flash Access 2.0, Open Source Media Framework qui permet de créer votre propre lecteur vidéo, intégration de metrics Omniture.

Second témoignage avec les RIA en entreprise de Fedex et un exemple d’une application de localisation des camions de livraison :

Géolocalisation des camions de livraison de Fedex
Géolocalisation des camions de livraison de Fedex
Rayon d'actin d'un camion Fedex pour gérer les changements d'itinéraires
Visualisation du rayon d'action d'un camion Fedex pour gérer les changements d'itinéraires

Troisième témoignage avec Electronic Arts et leur portail de casual gaming Pogo.com :

  • Ils utilisent un outil de prototype rapide pour concevoir les jeux ;
    Prototypage rapide pour les casual games de Pogo.com
    Prototype d'un futur casual games de Pogo.com

    La version finale du jeu
    La version finale du jeu
  • Premier social game en Flash dans Facebook avec Pogo Puppies.

Illustration des Flash Platform Services avec le Distribution Manager qui permet de faciliter la distribution d’un “social widget“, de le monétiser (en gérant le try & buy) et de le surveiller (avec un tableau de bord et des indicateurs d’engagement).

Tableau de bord avec les indicateurs d'engagement de social widgets
Tableau de bord avec les indicateurs d'engagement de social widgets

Kevin Lynch est de nouveau sur scène pour parler de réalité augmentée :

Une keynote tout à fait intéressante qui nous a permis de voir des beaux exemples (et surtout pas de code !).

New Experimental Work from Joshua Davis

Première session de la journée avec un authentique artiste, le célèbre Joshua Davis (qui se présente comme skateur de profession).

Joshua Davis en chair et en tatouages
Joshua Davis en chair et en tatouages

L’objectif de cette présentation est de nous faire découvrir les dernières réalisations expérimentales de l’artiste intitulées “Space” :

  • Le choix du thème de l’espace n’est pas anodin car les premières observations spatiales datent de 400 ans avec Galileo ;
  • La gestion de l’espace (des espacements) et du positionnement (sur une grille ou pas, avec superposition ou pas, rotation ou pas) donne des résultats très différents en fonction du pattern utilisé (carrés, ronds, fleurs…) ;

    Créatino artistique à l'aide de patterns distribués de façon aléatoires
    Création artistique à l'aide de patterns distribués de façon aléatoires
  • La proximité peut être exploiter dans des représentations visuelles dynamiques (à l’aide des mouvements de la souris) ;

    Un tableau numérique hypnotique
    Un tableau numérique hypnotique
  • Les ordinateurs autorisent une forme de créativité impossible à explorer avec du papier et des crayons ;

    Une créatino artistique numérique impossible à réaliser avec du papier
    Une création artistique numérique impossible à réaliser avec du papier
  • La gestion de forces d’attraction et de répulsion permet de générer des tableaux semi-aléatoires de façon industrielle ;
  • Exemple de créations artistiques appliquées à du travail pour ses clients (Beans.jp) ;

    Exemple de travail réalisé pour un de ses client
    Exemple de travail réalisé pour un de ses clients
  • Une composition peut être généré automatiquement (ici avec un effet kaleïdoskoque) et retouchée dans Illustrator ;

    Un "tableau" du maitre
    Un "tableau" du maitre
  • Il a même commencé à expérimenter des créations sur l’iPhone avec l’application Reflect ;

    L'applicatino Reflect pour iPhone
    L'applicatino Reflect pour iPhone
  • Dans une expérimentation récente il utilise les courbes de Bezier et un moteur physique de gestion des particules (plus un peu de retouche toujours dans Illustrator) pour générer des scènes surréalistes ;
  • Autre exemple de réalisation interactive exposée au Portugal (une caméra infrarouge capture les mouvements des visiteurs et fait tourner les cubes en fonction) ;
  • La plupart de ses clients lui demande de répliquer des créations déjà réalisées plutôt que d’innover et d’expérimenter ;
  • Quelques exemples de réalisations exposées dans différentes galerie ou expo :
    Exemple de réalisation retouchée dans Illustrator
    Exemple de réalisation retouchée dans Illustrator
    Autre exemple de création basée sur de l'impression aléatoire
    Autre exemple de création basée sur de l'impression aléatoire

    Travail de recherche sur des films transparents
    Travail de recherche sur des films transparents
  • Quelques exemples de sources d’inspiration comme par exemple les décorations d’avions de la seconde guère mondiale (sic !).

    Ses sources d'inspiration sont parfaois surprenantes
    Ses sources d'inspiration sont parfois surprenantes

Génial ! Ce type a une force créative et une énergie incroyable. Cerise sur le gâteau : il fait preuve de beaucoup d’enthousiasme et ses explications sont clairs.

Adobe Max 2009 – Jour 1 (suite)

Future of the Flash Platform

L'équipe en charge de l'évolution de la Flash Platform
L'équipe en charge de l'évolution de la Flash Platform

Un beau panel réservé à la presse avec l’équipe de Flash Platform :

  • Open Screen Project représente un très gros challenge pour Adobe et pour les producteurs de contenus / annonceurs ;
  • Il y a maintenant 3 métiers représentés dans la Flash Platform (les développeurs avec Flex, les créatifs avec Photoshop & cie et les concepteurs avec Catalyst) ;
  • Des nouveautés très intéressantes autour des Flash Platform Services avec des services de paiement et de distribution sur les médias sociaux (ndr : un rapport avec Adobe Wave ?) ;
  • Adobe travail sur la compatibilité de ses produits avec près d’une centaine de standards ;
  • Dans la mesure où Acrobat Reader peut lire du Flash, ils se posent la question de savoir si le Flash Player devrait pouvoir lire des fichiers PDF (et remplacer à terme l’Acrobat Reader) ;
  • Malgré de nombreuses demandes pour pouvoir implémenter Flash sur l’iPhone (grâce à un plug-in) ils ont dû se débrouiller avec le SDK disponible publiquement pour réaliser le compilateur Flash > Objective C. Le processus d’adoption sur l’App Store a été par contre très rapide (signe de bonne volonté d’Apple) ;
  • Flash Catalyst n’a pas été conçu pour être un outil de prototypage “ouvert”, il sert avant tout d’outil de prototypage de RIAs et son format de sortie est et restera du MXML (au moins pour les prochaines années), sinon il y a toujours Photoshop ou Illustrator pour faire du wireframing (ndr : heu… et Fireworks ?).

Je suis triste de constater qu’encore une fois le concepteur d’interface est toujours laissé de côté et qu’il n’existe pas d’outils répondant à ses besoins. Quel dommage, surtout dans la mesure où il ne manque que très peu de chose pour faire du couple Fireworks / Dreamwaver un très bon outil de prototypage rapide capable de générer un format de sortie plus ouvert comme (au hasard) de l’HTML.

The Future of Design

Evolution des outils de conception
Evolution des outils de création et de distribution

Un autre très beau panel avec Will Eisley (en charge du développement produits de la suite CS) sur la vision d’Adobe du design et des changements à anticiper :

  • L’iPhone a réussi l’exploit de rendre viable la consommation de contenus textuels sur un terminal mobile ;
  • Nous passons d’une ère où le contenu était roi à une ère où la communauté est reine (elle décide de la nature et du format des contenus qu’elle veut consommer) ;
  • Internet est la colonne vertébrale de l’information, même dans le print car les articles et mises en pages sont échangées / revues / discutées sur le web ;
  • Le cloud compting est la clé pour libérer les contenus de la contrainte du support et les rendre accessibles n’importe où ;
  • Impacts pour les designers : conception pluri-médias (avec différentes capacités et contraintes d’affichage), distribution facilitée au travers de players universels (Acrobat Reader, Flash et l’Open Screen Project), meilleures efficacité (grâce aux outils d’optimisation) ;
  • Faciliter la collaboration entre les membres d’une équipe est essentiel pour améliorer la qualité (itérations rapides) ;
  • Ils ont publié un document résumant les bonnes pratiques de conception de contenus pour les terminaux à ancre électronique (Kindle…) ;
  • Les netbooks sont des terminaux problématiques car ils sont à mi-chemin entre ordinateurs et terminaux mobiles, ils subissent des contraintes trop souvent ignorées (mémoire et puissance limitée, claviers étriqués…), les tablets (touchbooks ?) vont faire avancer les choses (et participer à la reconnaissance / prise en compte de ce format intermédiaire).

Prise de parole intéressante mais qui ne tranche pas réellement avec ce que l’on peut entendre ailleurs (qui va remettre ne cause l’impact des smartphones et des médias sociaux ?).

La suite demain…

Adobe Max 2009 – Jour 1

C’est aujourd’hui que débute la grande messe annuelle d’Adobe sous le ciel parfaitement bleu de Los Angeles. Ouverture des portes à 7 H 30 au L.A. Convention Center (juste en face du Staple Center où avait eu lieu l’hommage à Michael Jackson).

Media Brief

La journée débute réellement à 8 H 30 avec la présentation à la presse des annonces majeures des 3 prochains jours :

  • Sortie prochaine de Flash Player 10.1 et de AIR 2.0 ;
  • Disponibilité des beta des futures versions de Flash Builder CS5 et Catalyst ;
  • Annonce des Flash Collaboration Services (pour améliorer la collaboration entre les équipes) ;
  • Sortie prochaine de LiveCycle Enterprise 2 et ColdFusion 9.

Mouais… pas de quoi exciter un blogueur. Par contre des communiqués de presse tout chauds sont disponibles en salle de presse et donnent des détails nettement plus intéressants :

  • Le Flash Player 10.1 sera conforme aux spécifications de l’Open Screen Project, la nouveauté étant de proposer un environnement d’exécution de contenus Flash qui garanti un comportement homogène sur différents types de terminaux : ordinateurs traditionnels, netbooks, smartphones (Windows Mobile,  PalmOS, Symbian et Android pour début 2010) et téléphones mobiles.
  • Deux nouveaux membres prestigieux ont rejoint le consortium (RIM et Google).
  • Les nouveautés sont : l’accélération matérielle, le streaming en HTTP et l’accès aux possibilités natives des terminaux (multi-touch, accéléromètre…).
  • Les équipes d’Adobe ont travaillé en étroite collaboration avec de nombreux industriels : Qualcomm pour de l’accélération matériel sur les puces SnapDragon, Nvidia pour les cartes GeForce et les puces Ion / Tegra (qui équipes certains netbooks d’HP, Lenovo, Sasung, Acer et Asus), Nokia pour une série d’applications et pour l’extension WRT (Nokia Web Runtime) de Dreamweaver CS4.

Keynote 1

Autre ambiance pour cette keynote d’ouverture dans la gigantesque salle du Nokia Theatre où près de 4.000 personnes s’entassent. Nous avons droit à une introduction très originale d’une troupe de danseurs qui représentent le partenariat entre  la Peapod Foundation des Black-Eyed Pea et le programme Adobe Youth Voice dont est issu le projet PlantAndInspire.org.

Une intro en musique et en danse
Une intro en musique et en danse

C’est Shantanu Narayen (le CEO) qui ouvre le bal avec quelques “généralités” :

  • L’internet doit faire face à 3 changements radicaux (les contenus riches, la multiplication des terminaux, les médias sociaux) ;
  • La frontière entre application et contenu est de plus en plus fine ;
  • Adobe passe d’une logique de création à une logique de création et d’optimisation (avec le rachat d’Omniture).

Et puisque l’on parle du loup, Josh James (le CEO d’Omniture) vient nous dire quelques mots sur le rachat :

Le CEO d'Omniture
Le CEO d'Omniture

Nous avons ensuite Kevin Lynch qui nous gratifie d’un passage en revue des nouveautés de la Flash Platform :

Cartographie de la Flash Platform
Cartographie de la Flash Platform

Puis il nous fait l’historique du Flash Player et de ses innovations :

La timeline du Falsh Player
La timeline du Flash Player

Nous avons ensuite une longue session sur le future Flash Player 10.1 :

  • Disponibilité au premier trimestre 2010 pour tous les OS de smartphone (sauf l’iPhone) :

    Le Flash Player en action sur un terminal Nokia
    Le Flash Player en action sur un terminal Nokia
  • Gros travail d’optimisation de l’utilisation de la mémoire et de la consommation d’énergie ;
  • Très impressionnante démo d’Acrobat Connect sur Android :

    Acrobat Connect sur Android
    Acrobat Connect sur Android
  • Support du multi-touch :

    Le multi-touch avec Flash
    Le multi-touch avec Flash
  • Possibilités d’interfaces riches et de widgets sur les set-top-boxes ;
  • Accélération matériel sur différents netbooks pour de la vidéo plus fluide.

Viennent ensuite des détails sur la v 2.0 de AIR :

  • Amélioration des performances ;
  • Meilleur prise en charge du hardware (détection de supports de stockage USB, utilisation du micro…) ;
  • Support du multi-touch (pour les terminaux compatibles).

Il y avait ensuite une session avec Rob Tarkof sur les différents usages de Flash en entreprise :

  • Lancement prochain de ColdFusion 9 et de LiveCycle Enterprise 2 ;
  • Démonstration de différentes applications métier :

    Des applications métier avec Flash
    Des applications métier avec Flash

Jon Liacono prend la suite :

  • Démonstration des capacités de Photoshop CS 5 (outil brosse plus réaliste, algorithme de mélange des couleurs basé sur la dynamique des fluides) :

    La nouvelle brosse de Photoshop CS 5
    La nouvelle brosse de Photoshop CS 5
  • Démonstrations des capacités du futur Flash Pro CS 5 (moteur physique plus réaliste, intégration de code snipsets) :

    Flash Pro CS 5 en action avec Super Shantanu
    Flash Pro CS 5 en action avec Super Shantanu
  • Démonstration de Flash Catalyst beta 2 (nouveaux effets visuels, import de médias et de fichiers SWF).

Vient enfin une session très attendu où il est question de l’iPhone et du refus catégorique d’Apple d’intégrer Flash dans Safari. Une solution semble avoir été trouvée avec la possibilité compiler des applications Flash en Objective C, le langage utilisé par les applications iPhone. Il existe déjà 7 applications disponibles sur l’App Store :

  • Un casual game ave des puzzle triangulaires (payant) :

    Un casual game en Flash sur iPhone
    Un casual game en Flash sur iPhone
  • Un générateur d’avatar façon South Park (payant aussi) :

    L'application South Park sur iPhone
    L'application South Park sur iPhone

C’est donc une grosse surprise mais en demi-teinte car ils ne “règlent” pas réellement le problème. Question : y avait-il un problème ? Le bras de fer entre Adobe et Apple vient de prendre un nouveau tournant car c’est une grande avancée qui ouvre de nombreuses possibilités (il me semble qu’Acrobat Connect est disponible pour l’iPhone) mais qui sont tout de même limitée à l’expérience d’utilisation de l’iPhone (qui repose sur les applications et iTunes).

Après cette annonce retentissante (il faut bien le reconnaitre), la keynote c’est achevée avec l’intervention magistrale de Jon Landau, le producteur du film Avatar, qui est venu nous parlé de l’intérêt des produits d’Adobe pour les étape de pré-production et de production du film. Cerise sur le gâteau, ils nous ont projeté six scènes exclusives du film sur un gigantesque écran avec des lunettes 3D (impossibilité formelle de filmer ou de prendre des photos).

Avatar, le prochain film de James Cameron
Avatar, le prochain film de James Cameron

Autant j’avais été très déçu par la bande annonce, autant les séquences qui nous ont été montré sur grand écran et en 3D annoncent un film réellement exceptionnel qui va faire date dans l’histoire de la SF.

À suivre…

Réflexions à froid sur le salon E-commerce 2009

Maintenant que l’édition 2009 du salon E-commerce est terminée, il est temps de faire un petit bilan et surtout de vous livrer mes réflexions à froid sur l’état du marché et sur le commerce en ligne en général.

Note : Ceci sont des réflexions fondées sur mon ressenti, mes observations et les discussions que j’ai pu avoir avec différents interlocuteurs du secteur. Pour une analyse plus rigoureuse avec des chiffres dedans je vous recommande plutôt les cabinets spécialisés.

Le commerce en ligne se porte bien

Sur ce coup là je ne vous apprend rien et les personnes avec qui j’ai eu l’occasion d’en discuter sont toutes unanimes : le commerce en ligne se porte bien (en témoignent les chiffres de la Fevad). Au-delà de ces chiffres, il y a également plusieurs signes qui ne trompent pas :

  • De grosses acquisitions (Zapos par Amazon, Omniture par Adobe…) qui montrent que certains acteurs sont près à payer le prix fort pour gagner du temps et grossir plus vite. S’il y a une course, c’est que les enjeux sont important, et pour certains ils se chiffrent en milliards de dollars.
  • Des modèles économiques toujours plus inventifs (possessions partagées, crowdsourcing, leasing, location d’objets virtuels…). Il existe d’innombrables possibilités et elles sont loin d’avoir été toutes exploitées.
  • De l’innovation avec un foisonnement de nouveaux acteurs (notamment dans le mobile sous l’impulsion du marché des Smartphones).

Attention ne vous méprenez pas sur mes paroles : ce n’est pas parce que le commerce en ligne se porte bien qu’il y a à manger pour tout le monde. La compétition est plus que jamais acharnée et il faut avoir une sacrée gniaque pour réussir.

Toujours la même obsession pour le trafic

Il suffit de regarder la typologie des acteurs présent sur le salon pour se rendre compte de la disproportion entre les solutions et prestataires d’acquisition de trafic (référenceurs, régies d’affiliation, comparateurs, opérateurs de campagnes à la performance…) et ceux de l’optimisation du taux de transformation (experts en utilisabilité, solution de récupération des paniers abandonnés…).

Sans être devin je pense que cette disproportion est due à plusieurs choses :

  • L’analogie avec le commerce traditionnel (pas de commerce sans trafic) ;
  • La facilité de mesurer l’efficacité et donc de convaincre un décisionnaire (DG, actionnaires…) sans trop prendre de risque (“c’est de la faute de la campagne qui a sous-performée“) ;
  • La méconnaissance des techniques et pratiques d’optimisation et de conception orientée utilisateurs.

Est-ce réellement dommageable ? Non pas dans la mesure où vous y trouvé votre compte. Mais dans l’histoire se sont surtout les intermédiaires qui s’enrichissent. Je suis en tout cas persuadé d’une chose : Si votre modèle de vente repose sur un trafic important et un référencement de pointe alors vous faite fausse route, le seul qui va s’enrichir dans l’histoire c’est Google.

Bien évidement tout le monde ne s’appelle pas Amazon ou Vente-Privée mais je me refuse à croire que le marché est verrouillé. Cela me fait une bonne transition vers le point suivant.

De l’importance du storytelling

Seth Godin avait tout compris dans son livre All marketers are liars : Une belle histoire est un levier de transformation très puissant. Quand je regarde le travail effectué sur des boutiques comme Saddleback Leather (et notamment sur le blog du patron) je me dis que cela peut être une alternative viable aux mots-clés, du moins sur le moyen et le long terme.

Nous commençons ainsi à voir fleurir des théories intéressantes sur le marketing narratif (puisqu’il y a maintenant un terme francisé) et ses domaines d’application dans le commerce, les médias ou même la politique.

L’avènement des solutions open source

Tout comme sur le créneau des outils de gestion de contenu, les solutions de E-commerce open source arrivent à un niveau de maturité largement suffisant pour pouvoir être prises au sérieux. Il y en a ainsi pour tout les goûts : du plus sophistiqué (Magento, OFBiz) au plus modulaire (UberCart, ZenCart) au plus simple à mettre en œuvre (Prestashop). Pour faire simple : il y a pléthore de solutions et de prestataires pour les implémenter.

Par contre je déplore le fait que ces solutions sont avant tout faites pour gérer des catalogues et des opérations commerciales. Il faut ainsi avoir recours à des modules complémentaires ou des développement spécifiques pour gérer de façon plus fine le contenu ou la communauté. Certaines solutions récentes se vantent de pouvoir tout prendre en charge (inutile de citer le nom) mais après examen se révèle plutôt limitées dans ces deux derniers points.

Toujours plus d’opérateurs de boutique en ligne

Ceux qui sont dans le milieu vous le diront tous : opérer une boutique en ligne est une besogne laborieuse nécessitant de l’organisation, de gros moyens techniques / logistiques et une chaine de traitement sans faille. Pour résumer : Le commerce en ligne, c’est un métier et cela requiert une équipe complète. À partir de ce constat, est-il vraiment viable de vouloir à tout prix gérer soi-même sa boutique ? C’est là où rentrent en scène les opérateurs de boutique en ligne qui propose une solution clé en main avec un minimum de frais fixes.

Quand on y réfléchit bien et au vue de ce que j’ai dit plus haut sur le storytelling, n’est-il pas plus rusé de se concentrer sur l’image de marque, la relation-client et les produits plutôt que sur des sujets plus techniques / logistiques ?

Ceci est valable aussi bien pour un entrepreneur de petite taille (qui peut faire du très bon travail avec des solutions intégrées comme 42Stores, PowerBoutique, Wizishop, Oxadis…) ou une marque plus sélective (qui peut se tourner vers des opérateurs spécialisés comme Inspirational Stores ou MixCommerce).

L’important est de toujours garder en tête que l’essentiel n’est pas dans le nombre de fonctionnalités que vous proposez mais plutôt dans l’histoire que vous racontez.

Voilà les quelques réflexions que je peux vous livrer, n’hésitez pas à les compléter ou à les critiquer dans les commentaires.

Compte-rendu du salon E-commerce Paris 2009

En ce moment se déroule la grande messe du commerce en ligne : le salon E-commerce Paris 2009 à la Porte de Versailles. 450 exposants et 250 conférences ça fait du monde, beaucoup de monde, beaucoup beaucoup de monde, il faut croire que la grippe n’effraie pas les visiteurs.

Premières impressions

Dans les faits, ça ressemble à un immense village de stands où une foule compacte se bouscule aux carrefours, il y fait une chaleur terrifiante et le brouhaha des conversations dans les allées se mêlent aux grondements des orateurs des salles de conférences réparties en périphérie du hall.

Les allées du salon E-commerce
Les allées du salon E-commerce

Donc au final ça se bouscule et ça casse les oreilles, deux signes qui me font dire que le commerce en ligne se porte bien, très bien même au vu de l’affluence sur cet évènement. Qui s’en plaindrait ? (peut-être ceux qui ont fait 1/2 H de queue pour acheter un sandwich hors de prix)

Impossible pour moi d’assister aux conférences car j’avais trop à faire dans les allées et les stands où l’on trouve de tout : du petit stand partagé par plusieurs start-ups au giga-stand avec hôtesses aux longues jambes et gros dirigeable pour être vu de plus loin (je précise que les gros dirigeables font référence aux… gros dirigeables gonflables comme on peut le voir sur la photo au dessus).

Les hôtesses à l'entrée du salon
Les hôtesses à l'entrée du salon

Un très large spectre d’éditeurs et prestataires sont représentés : solutions technologiques, référenceurs, plateformes d’affiliation, comparateurs de prix, spécialistes en marketing de la performance, logisticiens, solutions de paiement… il y en a pour tous les gouts et l’organisation avait eu la bonne idée de proposer des “parcours” thématiques.

Les Packshot Creators qui permettent de faire des photos à 360° d'un produit
Les Packshot Creators qui permettent de faire des photos à 360° d'un produit

Des comptes-rendus sont déjà disponibles sur d’autres blogs : Salon e-commerce 2009 Paris : Suivez l’évènement en direct et Une chasseuse de têtes en promenade sur le salon e-commerce.

Rencontres et interviews vidéo

Lors de mes déambulations dans le salon j’ai eu l’occasion de discuter avec différents acteurs et même d’entamer une série d’interviews vidéo. Autant vous prévenir tout de suite : le choix des personnes et sociétés interviewées est purement arbitraire, il correspond à mes centres d’intérêt du moment (rich comemrce, social marketing, mobilité et open source).

Pour le moment je n’ai pu mettre en ligne que deux interviews vidéo mais la suite viendra demain. La qualité sonore laisse à désirer mais il faudra vous en contenter car il est hors de question que je me trimballe tout un attirail :

Cocktail de blogueurs

Durant le salon les organisateurs ont eu la gentillesse de mettre à notre disposition un coin du salon VIP pour pouvoir réunir quelques blogueurs autour d’un buffet :

Cocktail de blogueurs au Salon E-commerce 2009
Cocktail de blogueurs au Salon E-commerce 2009

L’occasion pour nous (les blogueurs) de discuter de l’actualité du commerce en ligne, d’échanger nos impressions sur le salon et surtout d’entamer la rédaction d’un petit ouvrage collectif sous la forme d’un recueil d’avis. Nous avons déjà collecté une vingtaine d’avis (avec le Capitaine Commerce) et nous en attendons d’autres pour pouvoir finaliser ce document qui sera bientôt diffusé (normalement la semaine prochaine).

Déambulations dans les allées

Le deuxième jour a été l’occasion pour moi de rencontrer d’autres personnes et d’approfondir les discussions entamées la veille.

Les allées du salon le deuxième jour
Les allées du salon le deuxième jour

Les quelques personnes avec lesquelles j’ai pu partager mes impressions ont toutes été d’accord pour dire que les offres et prestataires d’acquisition de trafic sont sur-représentés par rapport à ceux qui travaillent la partie aval du parcours client. Cela reflète très certainement une réalité du marché où les dépenses sont beaucoup plus importantes pour créer / acheter du trafic et beaucoup moins pour optimiser / transformer (analyse de la performance, amélioration du potentiel de transformation, relance sur paniers abandonnés).

Autre forte impression : le foisonnement autour du mobile, aussi bien les prestataires de développement de sites mobiles et autres applications pour smartphones que les solutions de tags mobiles :

Un Flashcode géant sur le stand de MobileTag
Un Flashcode géant sur le stand de MobileTag

Mais j’aurais l’occasion de détailler mes propos lors d’un prochain billet qui parlera de mes impressions post-salon.

E-commerce Awards 2009

En fin de journée nous avons eu droit à la remise des prix des E-commerce Awards dont je faisais parti du jury.

Salle comble pour les E-commerce Awards
Salle comble pour les E-commerce Awards

Sans plus attendre, les résultats :

  • Catégorie “Technologies” = Squid Solution (dataming de données client sur des très grosses bases) ;
  • Catégorie “Confiance en ligne” = Absolu Telecom (solution de paiement via mobile) ;
  • Catégorie “Digital Marketing” = Beez’Up (solution pour gérer la présence de vos produits sur les comparateurs, régies…) ;
  • Catégorie “Innovations” = WorkIT (plug-in de comparaison de prix pour votre navigateur) ;
  • Catégorie “Logistique” = Top Chrono (livraison dans la journée) ,
  • Catégorie “International” = Twenga (comparateur de prix dans toute l’Europe et même plus) ;
  • Catégorie “Mobile” = GS1 (lecteur de code à barres sur mobile) ;
  • Catégorie “Relation Client” = FeedBack 2.0 (suggestions d’évolution collaboratives et dialogue clients / marque) ;
  • Catégorie “Nouveaux Services E-marchands” = Proxi Business (Banque alimentaire adaptée au commerce en ligne).

Signalons que le grand prix a été décerné à FeedBack 2.0 pour le caractère innovant de la solution (communautaire, participatif) et pour les belles références. Ici la photo de l’équipe avec Paul de 2xmoinscher.com qui utilise la solution (à droite sur la photo) :

Le grand prix pour FeedBack 2.0
Le grand prix pour FeedBack 2.0

Un grand bravo à tout ceux qui ont soumis leur dossier.

La suite de la soirée s’est ensuite déroulée dans un bar branché (du moins je crois) de la capitale. Ambiance cosy et musique à fond pour des discussions moins formelles et surtout beaucoup de monde dehors en train de fumer :

Le coin fumeurs de la soirée E-commerce Awards
Le coin fumeurs de la soirée E-commerce Awards

Ouf, je n’ai pas le courage d’y retourner pour une troisième journée mais je garde un souvenir intense de ce salon. La suite de ce compte-rendu dans quelques jours avec une analyse à froid des tendances 2009 du commerce en ligne.

Mes 3 sites marchands coup de coeur (Septembre 2009)

Comme le commerce en ligne est à l’honneur cette semaine avec le Salon de E-commerce et la rencontre Blog2Blog, je vous propose une petite sélection de boutiques en ligne qui m’ont tapé dans l’œil.

Commençons avec BambinoDirect, une boutique d’articles pour bébés tout en couleurs pastel :

La page d'accueil de BambinoDirect
La page d'accueil de BambinoDirect

La grille de lecture bien marquée et les blocs multicolores procurent beaucoup de dynamisme à cette page d’accueil. Les coins arrondis permettent… d’arrondir les angles de cette grille et de ne pas provoquer de sensation d’enfermement. Quoi que… la page d’accueil est tout de même très dense mais fonctionne bien. Le N° de téléphone et le panier sont très bien intégrés, l’entrée dans la base des produits est facilitée par les cartouches de la colonne de gauche.

Dans le même registre il y a Boots, une enseigne de parapharmacies en Angleterre :

La page d'accueil de Boots
La page d'accueil de Boots

Les recettes sont à peut prêt les mêmes que dans l’exemple précédent : grille de lecture marquée, couleurs pastel, coins arrondis… J’apprécie le header un peu plus structuré, le bandeau de navigation avec un plus fort contraste et la carrousel géant qui occupe les 3/4 de la page. On retrouve de plus quelques éléments graphiques d’incitation qui sont le bienvenus comme les pictos (>).

Je garde le meilleur pour la fin avec Saddleback Leather, une incroyable boutique de sacs de voyage en cuir :

La page d'accueil de Saddleback Leather
La page d'accueil de Saddleback Leather

La texture “imitation cuir” du fond de page, du logo et des onglets procurent une incroyable sensation tactile : on a envie de toucher le grain du cuir ! Je passe sur la très bonne lisibilité et sur la grille déstructurée car le plus intéressant se trouve à l’intérieur avec le blog du patron, un authentique globetrotteur passé maitre dans l’art du storytelling et qui n’a pas hésité à faire passer à ses sacs des tests “grandeur nature” (écrasé par un éléphant, mordu par un crocodile…). Il est tellement sûr de la qualité de ses produits qu’il se paye même le luxe d’afficher la liste des ses concurrents (WTF?!?).

Vous apprécierez au passage le contenu illustratif du Messenger Bag : un porte document, un ordinateur portable et… deux pipes, dès fois qu’il y en ai une qui se bouche lors de votre déplacement (catastrophe !). J’adore, pas vous ?

Réalité augmentée, la revanche de l’Europe sur le Mobile 2.0

Il y a 10 ans j’avais rédigé un livret blanc sur l’internet mobile qui se voulait très optimiste, à l’époque les foyers d’innovation se situaient en Asie et en Scandinavie. Je pense qu’il n’est pas faux de dire que dans les années qui ont suivies, la “révolution” de l’internet mobile a fait long feu en Europe continentale. Puis il y a eu le BlackBerry et l’iPhone et là le rapport de force s’est inversé : l’Amérique du Nord est devenu moteur pour ce que l’on peut appeler la révolution des smartphones.

Sur les deux dernières années, Apple s’est ainsi imposé comme figure de proue d’une nouvelle génération de terminaux et d’usages mobiles. Entre temps, des géants comme Nokia et Ericsson ont très largement perdu leur avance (du moins sur le terrain de l’innovation) et les industriels asiatiques sont pour le moment plus préoccupés par le lancement de la 4G et la montée en puissance de la Chine “mobile” que par l’innovation adaptée aux marchés européens.

Bref, ces dernières années l’Europe avait très clairement perdu le leadership sur le mobile. Et voilà qu’en quelques mois tous les yeux se braquent à nouveau vers le vieux continent et plus précisément vers une poignée de start-ups européennes qui sont en train de révolutionner les usages mobiles à l’aide d’applications de réalité augmentée.

Les start-ups européennes leaders sur le créneau de la réalité augmentée en situation de mobilité

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter il y a deux mois différentes applications de réalité augmentée comme le nouvel eldorado des smartphones. Cette tendance se confirme avec une accélération très nette de l’innovation et un certain nombre de produits et services qui arrivent à maturité. Et notamment les navigateurs de réalité augmentée (“Augmented Reality Browser“) qui permettent de consulter les contenus “augmentés” qui sont superposés à ce que vous voyez au travers de l’objectif de votre smartphone.

Il y a tout d’abord les hollandais de SPRXmobile qui proposent de nombreuses innovations à leur Layar Reality Browser :

Réalité augmentée en 3D chez Layar
Réalité augmentée en 3D chez Layar

Il y a ensuite les autrichiens de Mobilizy qui poussent l’interopérabilité :

La réalité augmentée standardisée avec ARML
La réalité augmentée standardisée avec ARML

Mais il faut également compter avec les anglais d’Acrossair qui proposent également un produit similaire (Acrossair Browser)

:

Le navigateur AR d'Acrossair
Le navigateur AR d'Acrossair

Et pour finir n’oublions pas de citer les français de Presselite qui ont été les premiers à distribuer à grande échelle une application de réalité augmentée sur l’iPhone avec Métro Paris et qui sont en train de décliner leur technologie sur toutes les plus grandes capitales. Ils viennent de plus de sortir une application plus généraliste (moins dépendante du métro) baptisée Bionic Eye.

Application de réalité augmentée sur iPhone
Application de réalité augmentée sur iPhone

Bien évidemment ils ne sont pas les seuls sur le marché car il y a également d’autres acteurs comme les japonais de Tonchidot et leur Sekai Camera (ils sont membres de l’AR Consortium) et les américains de RobotVision.

Je sais bien que je pêche parfois par euro-optimisme, mais je pense que nous pouvons être très fiers de nos start-up européennes pour les progrès et l’avance qu’elles ont pris dans ce domaine (et je ne vous parle même pas de Total Immersion, les pionniers dans ce domaine).

La réalité augmentée sur les smartphones a-t-elle de l’avenir ?

Mais oui enfin elle a de l’avenir, ne serait-ce que par le nombre de possibilités offertes : 17 fields of Augmented Reality Applications et 16 Top Augmented Reality Business Models.

Vous pourriez également me dire que cela ne concerne que les possesseurs de smartphones et que c’est un petit marché. Détrompez-vous car les smartphones représentent près de 25% du marché des mobiles. Selon la société Admob, il y aurait en effet plus de 1,8 million d’iPhone en circulation en France et les mobiles tournant sous le système d’exploitation Android totaliseraient près de 5% de parts de marché. En additionnant le tout, nous obtenons un marché cible de 3 millions de personnes (hors terminaux BlackBerry).

3 millions de personnes c’est moins de 5% de la population française, mais c’est le haut du panier des utilisateurs mobiles : ceux qui ont les plus hauts revenus (pour se payer le combiné et l’abonnement qui va avec), le plus haut niveau d’éducation (pour s’y retrouver dans l’installation et la gestion des widgets) et surtout l’ARPU le plus élevé (“Average Revenu per User“).

Bref, le smartphone est LE terminal qui va tirer vers le haut les applications mobiles (géolocalisation, m-commerce…) et la réalité augmentée est LE support qui attire le plus l’attention des médias et de la blogosphère (donc des annonceurs). Et sur ce créneau, pas de doute les européens sont revenus dans la course.

Restent encore quelques “complications” à surmonter :

Petit conseil à l’attention des annonceurs : Vous avez déjà une application Facebook et vous hésitez à ouvrir un compte sur sur Twitter ? Passez directement à l’étape suivante et lancez-vous dans la réalité augmentée.

Hypothèses sur le rachat d’Omniture par Adobe

La nouvelle est tombée la semaine dernière et a surpris tout le monde : Adobe met la main sur Omniture pour un montant de 1,8 milliard de dollars (Adobe to Acquire Omniture). Officiellement il est question de synergies (bla-bla-bla) mais les avis de spécialistes sont unanimes pour dire qu’il y a d’autres raisons à ce rachat et surtout au montant de ce rachat.

Pour mémoire rappelons qu’Omniture est (était) un des deux géants de l’analyse d’audience avec Webtrends et qu’ils se sont illustrés ces dernières années par une politique d’acquisitions agressives : Omniture rachète Visual Science (qui avait fusionné avec WebSideStory). En quelques années nous sommes ainsi passé d’un marché atomisé à une configuration de marché tout à fait particulière suite à un phénomène de concentration (entre éditeurs) et au mercato auquel se sont adonnés les grands de ce monde (Google avec Urchin pour donner naissance à Google Analytics, Yahoo! avec IndexTools qui devient Yahoo! Web Analytics). Outre Webtrends, il reste maintenant nettement moins de solutions “indépendantes” comme par exemple CoreMetrics, Unica ou encore Nedstat.

Mais revenons à nos moutons avec cette histoire d’acquisition et la grande question : Pourquoi payer un tel montant ? Après tout Microsoft a bien développé son propre outil (AdCenter Analytics), Adobe aurait pu faire de même (Adobiture – Brave and measured or foolish?). La réponse semble toute bête : Adobe était pressé, ils avaient du cash en banque et Omniture était en situation difficile (More color on Adobe + Omniture). La belle affaire !

Développer des synergies entre les métiers de la création et ceux du marketing

Plus sérieusement, la raison invoquée est de pouvoir intégrer de façon plus efficace la mesure d’audience dans l’ensemble du processus avec un outil de pilotage faisant le lien entre les différents métiers (créatifs, producteurs, régies, agences, annonceurs…). Il est donc ici question d’étendre la gamme avec des solutions à chacune des étapes : Creative Suite pour la création, Flash Platform pour la distribution, Site Catalyst pour l’optimisation.

L’intégration d’Omniture permettrait à Adobe de faire plus que de l’analyse quantitative sur les contenus rich media, de faire de l’analyse qualitative pour mieux séduire les annonceurs (cf. What Adobe’s Weird Omniture Acquisition Means for Advertising). L’intégration au sein d’Adobe permettrait aux équipes d’Omniture d’acquérir de l’expérience sur les contenus vidéo ainsi que les interfaces riches et mobiles (cf. Omniture and Adobe – a first take).

Ceci étant dit, on se repose la question de savoir s’il n’aurait pas été plus simple de développer des marqueurs génériques ou de monter une solution “maison”. Encore une fois peut-être est-ce purement opportuniste de la part d’Adobe qui ne voulait pas se faire prendre de vitesse par les autres poids lourds (Google, Microsoft…).

Changement de mentalité, changement de métier

Venons-en maintenant à des raisons plus profondes et notamment les mentalités chez Adobe, ou plutôt les modèles économiques. Pendant des décennies Adobe a “pratiqué” la vente de licences et les équipes doivent maintenant adopter de nouvelles méthodes (et mentalités) pour vendre du service. Le fameux Software-as-a-Service qui permet de mieux fidéliser les clients et de lisser les revenus sur l’année. Cette acquisition se place donc dans la continuité d’acquisitions de fournisseurs de solutions SaaS (Scene7, GoodBarry) et devrait permettre à Adobe de récupérer des clients grands comptes facturés en mode SaaS (cf. Adobe Flexes Its Online Muscle and Acquires Omniture).

Par projection nous pourrions donc logiquement nous dire que la prochaine acquisition d’Adobe concernera la pièce manquante de son puzzle : une solution de gestion de contenu d’envergure. Au choix : Interwoven ou pourquoi pas OpenText qui a récemment avalé Vignette.

Attendons et observons…

Mes 3 sites coup de coeur en noir et blanc du moment (septembre 2009)

Je ne sais pas si c’est la saison mais en ce moment je croise de nombreux sites qui me font craquer, à tel point que je suis obligé de faire des catégories pour pouvoir tous vous les présenter. J’ouvre donc une série “coups de cœur minimalistes” ou “coups de cœur en noir et blanc”.

Commençons avec le site d’Alastaire Allday, un rédacteur pas peu fier de sa cigarette :

Le site d'Alastaire Allday
Le site d'Alastaire Allday

J’apprécie particulièrement le large visuel de même que le choix de la typographie. Beaucoup d’espaces blanc, un très bon contraste sur le bouton “Next Page” et un bandeau de navigation très sobre qui remonte en pages intérieures. Aucune faute de gout sur ce site, par contre le gilet et la coupe de cheveux sont à revoir !

Continuons avec le site de l’agence Rikcat Industries :

La page d'accueil de Rikcat
La page d'accueil de Rikcat

Une grille de lecture beaucoup plus formelle pour cette page d’accueil qui présente tout de même des très belles proportions. Comme toujours sur les sites minimalistes il y a un très beau travail sur la typographie. Vous apprécierez au passage des détails très élégants comme le contour des illustrations, les pictos retravaillés en bas de page (carrés et en N&B) ainsi que le rouge au survol des liens et du logo. Assurément un sans faute.

Terminons avec un autre site d’agence, celui de Chama Inc :

Le site de l'agence CHama Inc.
Le site de l'agence Chama Inc.

Un site très épuré et très simple (une seule page qui s’étire en hauteur). Une typographie très stylisée pour la baseline et de larges gouttières pour centrer l’attention sur le texte. Quel dommage que la bas de page soit si coloré !

Mauvais design = Facteur de propagation rapide ?

En ce début de semaine j’ai vraiment l’impression que c’est l’ébullition autour de la nouvelle version du site de Ségolène Royal (DesirsDavenir.org). Comme je me sens concerné par le design des sites web en général et que je trouve cette affaire très louche, je vous propose une analyse façon théorie du complot.

Récapitulatif des faits

La semaine dernière était annoncée la sortie d’un livre très critique envers le Parti Socialiste et Martine Aubry puisqu’y sont décrits les (soi-disant) fraudes lors des dernières élections au PS. Polémique à laquelle Ségolène R. se devait de répondre et dans les plus brefs délais.

Elle décide donc de se servir de son site DesirsDavenir.org comme relais de sa contre-attaque. Oui mais voilà, le timing n’est pas le bon car la blogosphère tout comme la Twittosphère sont saturées par les nombreux buzz du moment (décès de Patrick Swayze et Filip, dérapage de Kanye West aux MTV Video Awards…).

C’est donc un gros problème pour Ségolène R. qui doit s’assurer d’une couverture médiatique la plus large possible pour pouvoir regagner de la crédibilité et faire passer ses messages. Elle lance alors une nouvelle version de son site DesirsDavenir.org. Et là c’est la stupéfaction générale car ce site est un des plus moches que le web français ait connu depuis ces dix dernières années :

La première version de la nouvelle charte du site de Ségolène R.
La première version de la nouvelle charte du site de Ségolène R.

Je pense sincèrement qu’il n’est pas faux de dire que même au siècle dernier (à la grande époque de Multimania) ce site aurait été ridicule. En quelques heures cette infamie est repérée et la news se propage à une vitesse hallucinante sur Twitter où les commentaires les plus cinglants fusent (“C’est la nouvelle Cindy Sanders du web“, “36 15 DesirsDavenir“…). L’info est également relayée par des médias plus sérieux comme L’Express ou Libération qui nous révèlent que cette refonte aurait coûté 45.000 €. Résumé des publications disponible ici : Désirs d’avenir… donne des idées.

Buzz² pour Kanye West et Ségolène
Buzz² pour Kanye West et Ségolène R.

Mais ce n’est pas tout, car le jour de ses explications officielles Ségolène R. persiste et signe avec une nouvelle page d’accueil tout aussi moche et annonce en plus la volonté de laisser les utilisateurs choisir le fond d’écran de la semaine :

La nouvelle nouvelle charte du site de Ségolène R.
La nouvelle nouvelle charte du site de Ségolène R.

Nous avons même eu droit à des explications “officielles” (à vérifier) sur son blog : Réponses aux inquiétudes soulevées par le nouveau site internet, par Ségolène Royal.

Pourquoi je n’y crois pas

Suite à cette frénésie, un affreux doute a commencé à germer dans mon esprit : Et si tout avait été soigneusement orchestré pour maximiser le potentiel de viralité de son message ? En d’autres termes : Et si tout ce cirque était une honteuse mise en scène pour provoquer le plus gros buzz possible ?

Plusieurs éléments dans cette histoire étayent ma théorie du complot (médiatique) :

  • Pour arriver à ce niveau dans la pyramide politique Ségolène R. a depuis longtemps mis de côté toutes considérations morales ou éthiques (la fin justifie les moyens) ;
  • Les hommes (et femmes) politiques sont loin d’être des imbéciles, ils savent de plus s’entourer des meilleurs pour tout ce qui touche à leur look ou à leur communication ;
  • Elle a lancée récemment une plateforme collaborative tout à fait intéressante et surtout bien réalisée ;
  • Trouver une agence ou un indépendant pour faire correctement ce genre de travail n’est pas très compliqué (même un week-end) ;
  • Elle a dans son entourage de nombreux fans et supporters qui à défaut d’être des professionnels de la conception web sont largement capables de lui dire que cette nouvelle version de son site est grotesque ;
  • Elle était dos au mur et ne pouvait pas échouer dans ce sauvetage médiatique.

Voilà pourquoi je suis persuadé que, dans cette campagne, rien n’a été laissé au hasard et que ce design pourri a été choisi spécifiquement pour faire un maximum de buzz.

Est-ce une bonne opération ?

Bien évidemment que c’est une bonne opération car son site a bénéficié d’un buzz très dense sur les dernières 48 H. Encore une fois je ne suis pas en train d’affabuler car le ridicule a toujours été un puissant levier de buzz, en témoignent les tenues ridicules de Lady Gaga ou des incidents montés de toute pièce comme l’acrobatie de Brüno qui tombe sur la tête d’Eminem lors des derniers MTV Music Awards.

Dans la mesure où l’intérêt de Ségolène R. est d’être perçue comme une candidate crédible au niveau politique et non pour de la conception de site web, les moqueries dont son site est l’objet ne rentrent pas en contradiction avec l’objectif de cette campagne (faire le pus de bruit possible).

À partir de là, se pose la question de savoir si une telle tactique peut être utilisée dans un autre cas de figure. Ma réponse : Non, il ne faut surtout pas en abuser. Ça a bien fonctionné une fois, il n’y a que très peu de chances pour que la sauce prenne une nouvelle fois dans un autre contexte. D’une part car la blogosphère se lasse très vite des phénomènes à répétition (qui s’intéresse encore aux lipdubs ?) d’autre part car je ne vois pas comment il est techniquement possible de faire un site encore plus moche.

Conclusion

Difficile pour le moment de dire si ce coup de poker va réussir, toujours est-il que la buzzosphère (incluant des supports comme les blogs, Twitter, Facebook et les sites de news en ligne) nous démontre une nouvelle fois à quel point la règle d’or du buzz sur internet est la suivante : il n’y a pas de règle.

Mon conseil à Ségolène R. : Vous avez réussi votre coup médiatique, pas la peine d’en rajouter (il est largement le temps de choisir une charte graphique un peu plus professionnelle).