GraphComment veut dépoussiérer les commentaires

Voilà près de 15 ans que les premiers blogs sont apparus. Durant ces 15 dernières années, les blogs ont connu leur heure de gloire, mais ce sont fait déborder par des plateformes sociales plus simples d’accès, pour partager (Facebook), publier (Tumblr) ou réagir (Twitter). J’ai déjà eu l’occasion de m’insurger contre la disparition progressive des conversations au bénéfice d’interactions sociales de surface qui n’élèvent pas réellement le débat (loin de là : Est-ce la fin des conversations sur les médias sociaux ?). Étant le rédacteur de huit blogs, j”ai été aux premières loges pour constater l’évolution des usages : avec l’avènement des médias sociaux, les internautes sont redevenus des téléspectateurs, ils consomment des contenus “légers” en grande quantité (photos, vidéos, brèves, listicles…) et se contentent de réagir de temps en temps avec un like ou un RT.

Je suis nostalgique de l’époque où les internautes prenaient le temps de répondre, de débattre, voire de troller. Car il faut bien admettre que la passivité est devenue la norme, c’est un constat, pas une accusation. Certes, les forums ont encore la côte, même si leur fonctionnement n’a quasiment pas évolué en une décennie (sauf si l’on prend en compte des initiatives comme Rooms de Facebook). Un immobilisme que l’on constate également sur les systèmes de commentaires, qui n’ont pas non plus évolué depuis leur évolution il y a une quinzaine d’années. Pourtant de nombreux éditeurs ont essayé de faire bouger les choses : Les commentaires au centre de votre graph social ?, Vers des commentaires distribués pour les blogs ?, Gravatar se transforme en un réseau social distribué et Des commentaires aux communautés verticales. Tous ces éditeurs ont proposé des solutions pour structurer les commentaires, mais cet apport de sophistication n’a visiblement pas plus au grand public…

C’est dans ce contexte qu’un éditeur français tente à son tour de relever le défi avec une approche pragmatique : GraphComment se présente sous la forme d’un module de gestion des commentaires qui permet de suivre plusieurs discussions sans perdre le fil et de donner la possibilité au rédacteur d’éditorialiser les échanges. Concrètement il s’agit d’un plugin pour les blogs et sites médias qui permet d’afficher des fils de discussion dynamiques baptisés BubbleFlow . Les commentaires sont affichés les uns au-dessus des autres, rien de neuf, mais les réponses sont encapsulées dans les messages sous la forme de bulles avec les avatars des internautes :

Le fil de discussion avec GraphComment
Le fil de discussion avec GraphComment

En cliquant sur un commentaire, vous accédez aux réponses, et en cliquant sur les bulles (les avatars), vous basculez d’une branche de la discussion à une autre. Avec ce principe, les échanges générés par un article ne sont plus “aplatis” dans un fil qui se déroule en hauteur, ils sont structurés au sein d’une arborescence :

Le principe de BubbleFlow de GraphComment
Le principe de BubbleFlow de GraphComment

Normalement, au moment où ce message sera en ligne, vous devriez avoir accès à une démonstration en bas d’article.

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Les robots peuvent-ils ré-enchanter l’expérience d’achat en magasin ?

Les vendeurs, et plus généralement le personnel en magasin, ont toujours occupé un rôle essentiel dans l’accueil des visiteurs, le conseil et la relation-client. Le problème est que les “opérateurs humains” sont inconstants (après tout, l’erreur est humaine) et qu’ils coûtent cher à former / motiver. Du coup, on en vient à se demander s’il ne serait pas possible de “compenser” avec des robots. C’est très certainement dans cette optique que la chaine hôtelière Aloft a présenté récemment les Botlrs, des robots en charge du service de chambre pour un de leur hôtel en Californie : Starwood Introduces Robotic Butlers At Aloft Hotel In Cupertino.

Puis ça a été au tour de Lowe, une enseigne de distribution américaine, de présenter son concept d’assistant d’achat robotisé : Shopping? The robot will help you now. Conçus par la société Fellow Robots, les OSHbots sont chargés de l’accueil et de l’orientation des visiteurs, ils sont équipés d’une caméra et d’un large écran pour pouvoir interagir avec les clients.

Les assistants d'achat robotisés de Lowe's
Les assistants d’achat robotisés de Lowe’s

Les concepteurs de ces robots envisagent d’hors et déjà d’équiper les prochaines versions avec une imprimante 3D pour pouvoir dépanner un client qui cherche à remplacer une petite pièce.

Puis la semaine dernière c’était au tour de Nestlé d’annoncer le déploiement de robots dans 1.000 boutiques au Japon : Nestlé to use humanoid robot to sell Nescafé in Japan.

Les futurs assistants d'achat dans les boutiques Nescafé au Japon
Les futurs assistants d’achat dans les boutiques Nescafé au Japon

Chose importante, les robots en questions, baptisés Pepper, ont été conçus en France par la société Alderbaran, déjà à l’origine de Nao, qui a été rachetée récemment par Softbank. L’objectif de ces robots est de vivre aux côtés des humains, voilà pourquoi ils ont un aspect humanoïde, et de pouvoir adapter leurs réponses en fonction des émotions détectées chez leurs interlocuteurs.

J’imagine que ces nouvelles vous laissent dubitatifs (cf. I met an emotional robot and felt nothing), car ces robots sont encore loin de pouvoir remplacer un vendeur. Certes, mais le problème est que le vendeur qualifié et motivé est une espèce en voie de disparition : la plupart du temps, le personnel en boutique utilise des tactiques très sophistiquées pour éviter tout contact avec la clientèle (ils circulent au pas de charge dans les rayons ou prennent un air très très occupé), est incapable de vous renseigner sur quoi que ce soit (“je pense qu’on va en recevoir prochainement…“), voir, affiche ostensiblement leur désintérêt (“de toute façon maintenant tout passe par internet“). Je suis bien d’accord avec vous que toutes les expérimentations citées plus haut sont à la limite du risible, en revanche, la qualité de l’accueil et du service généralement proposé en magasin est déplorable. Au final, on se dit que l’idée de déployer des robots n’est pas si loufoque, car les robots n’ont pas de saute d’humer, ils ne se vexent pas et sont faciles à mettre à jour. À toutes celles et ceux qui me disent que les robots vont détruire des emplois, je répond invariablement la même chose : ce sont les humains qui détruisent leurs propres emplois.

Mais ne nous égarons pas dans un débat stérile, car je pense ne pas me tromper en disant que tout le monde est d’accord sur le fait que les robots humanoïdes ne sont pas une solution viable dans un contexte de commerce omni-canal, du moins pas pour le moment. En revanche, nous avons à notre disposition des “robots logiques” (des applications mobiles et intelligences artificielles) qui sont parfaitement adaptés aux nouveaux parcours client des acheteurs connectés : Beyond Siri, Google Now and Cortana: What is the future of virtual assistants? et Galeries Lafayette creates in-store trip planner to ease shopping. Les assistants virtuels et applications mobiles sont des solutions à la fois pragmatiques et novatrices pour ré-enchanter l’expérience d’achat. Plutôt que de verser dans la futurologie, je vous recommande fortement de réorienter vos recherches dans cette direction.

HP réinvente l’ordinateur tactile et 3D

Saviez-vous que la souris que vous avez dans la main existe depuis plus de 40 ans ? Je trouve incroyable le fait que cet objet n’est quasiment pas évolué sur une aussi longue période, cela remet en cause toutes les théories sur les cycles de vie des produits (si l’on considère que la souris est un produit en elle-même). Certes, nous avons régulièrement vu de nouveaux concepts comme les pavés tactiles géants (10/GUI réinvente le pavé tactile pour remplacer la souris) ou les claviers avec des touches programmables (Optimus Tactus keyboard). Tous ces concepts ont malheureusement pris un gros coup de vieux avec la généralisation des tablettes.

Ceci étant dit, nous savons maintenant que les tablettes ne remplaceront jamais les ordinateurs et qu’elles sont plus utilisées comme des terminaux de consultation que comme des outils de productivité (sauf cas particulier : The future of Adobe creative applications on Microsoft devices). Bref, il n’y a guère que le Leap Motion pour proposer des modalités d’interaction novatrice au grand public (cf. V2 Software Now Available for Everyone).

C’est dans ce contexte que HP a surpris tout le monde en présentant Sprout, un ordinateur hybride qui intègre un écran et un pavé tactile, ainsi qu’un projecteur et un scanner 3D.

L'ordinateur hybride Sprout de HP
L’ordinateur hybride Sprout de HP

Ce combiné se présente sous la forme d’une “station de créativité” avec un écran 23″ monté sur un pied qui intègre un projecteur / scanner 3D et un gigantesque tapis capacitif. Il ne lui manque plus que l’imprimante 3D (en fait elle est vendue en option : HP dives into 3D printing with Multi Jet Fusion). Vendu 1.990$, cet ordinateur hybride ambitionne de révolutionner l’informatique grand public et de rendre obsolètes les claviers et souris : Hands on with Sprout, HP’s keyboard-and-mouse killer.

Force est de constater que ce concept intrigue et que l’on a immédiatement envie de jouer avec cette combinaison de projecteur / tapis tactile.

Le tapis tactile du Sprout en action
Le tapis tactile du Sprout en action

De même, l’idée d’intégrer un scanner 3D ouvre d’innombrables possibilités, surtout cet ordinateur hybride est couplé avec une imprimante 3D (par exemple dans une salle de classe).

Le scanner 3D du Sprout en action
Le scanner 3D du Sprout en action

Tout ceci est donc très prometteur, mais nécessite de se confronter à la réalité du marché : un taux d’équipement des foyers en tablettes qui plafonne et des ordinateurs low-cost à moins de 400€ qui deviennent la norme. Même si le Sprout est une indéniable réussite technologique (HP reveals Sprout: A ‘blended reality’ Windows 8 PC with 3D scanning and a projected second screen), cet ordinateur hybride va-t-il trouver sa place dans des entreprises ou des foyers où les premières solutions concrètes multi-écran voient le jour, à l’image de Continuity chez Apple (How to use Apple’s Continuity, iCloud Drive and AirDrop to share files with yourself) ou Nextbit pour Android (Nextbit Unveils A Dead-Simple Way To Sync, Store Data Across Multiple Mobile Apps, Devices).

Plus on avance dans le temps, et plus je me dis que la souris est réellement l’idée du siècle, un coup de maître qui peut même se décliner en 3D avec des produits comme le SpaceNavigator. Et vous ?

HTML5 est enfin officialisé, l’avenir du web ouvert n’est pas assuré pour autant

Saviez-vous que le web avait fêté ses 25 ans en août dernier ? C’est en effet le 19 août 1989 que Tim Berners-Lee a publié le code source du World Wide Web (cf. Web @ 25). Durant cette période le web a connu de nombreuses évolutions, notamment au niveau des technologies utilisées pour afficher des contenus et services (20 ans d’évolution des IHM web), la dernière en date étant la publication des recommandations officielles de la dernière version du langage HTML : Open Web Platform Milestone Achieved with HTML5 Recommendation.

Concrètement, cela veut dire que l’organisme de standardisation du web recommande aux éditeurs de navigateurs, de contenus et services en ligne, et plus généralement aux développeurs du monde entier d’utiliser les spécifications de HTML5. Ça peut vous sembler insignifiant, mais cette certification est la résultante d’un accouchement douloureux (HTML5: Don’t Believe the Hype Cycle) et d’une lutte épique entre les grands acteurs du web (W3C and WHATWG finalize split on HTML5 spec). L’enjeu de cette lutte est de s’assurer que le web repose sur des standards ouverts et que des éditeurs privés n’imposent pas de technologies propriétaires. Vous souvenez-vous des icônes “Site optimisé pour Internet Explorer 6” ? C’est pour éviter que cette situation se reproduise que les grands acteurs du web s’affrontent, notamment autour des smartphones et terminaux mobiles.

Non-standardisation de l’internet mobile : Apple est à la fois le problème et la solution

Autant le dire tout de suite : la situation est critique, car la majeure partie de nos usages mobiles se font à travers des applications mobiles reposant sur des technologies propriétaires. La faute à Apple qui au lancement de son iPhone avait diabolisé Flash, mais ne s’est pas gêné pour imposer ses technologies propriétaires afin de verrouiller ses revenus. Tout ceci partait d’une bonne intention (uniformiser l’expérience utilisateur et s’assurer que tout le monde touche ce qu’il est censé toucher), sauf que le “modèle iPhone” a été mal interprété et que nous nous retrouvons dans une situation insensée où les éditeurs utilisent des technologies propriétaires pour afficher du contenu web sur un smarpthone.

L’objectif de HTML5 était de faire évoluer les spécifications des langages HTML, CSS et javascript pour mieux correspondre aux contraintes des éditeurs de contenus et services (structure plus rigoureuse des pages, adaptabilité aux terminaux mobiles…). Il en résulte, entre autres, un certain nombre de nouvelles balises sémantiques (HEADER, NAV, ARTICLE, SECTION, ASIDE, FOOTER) et des balises permettant de mieux intégrer des éléments multimédias (VIDEO, AUDIO, CANVAS…). Pour mieux comprendre ces évolutions, je vous recommande les sites Dive Into HTML5, HTML5 CSS3 pense bête ou encore l’article HTML5, CSS3, les principales nouveautés.

Les balises sémantiques de HTML5
Les balises sémantiques de HTML5

Les nouvelles versions de HTML et CSS ont ouvert de nombreuses possibilités d’affichage et d’animation, rendant ainsi obsolète des technologies propriétaires comme Flash. De ce point de vue là, Apple a remporté sa bataille. En revanche, si HTML5 apporte des solutions concrètes pour faciliter le travaille des développeurs de contenus multi-plateformes (How a new HTML element will make the Web faster), ou pour la gestion de contenus 3D ou d’interactions en temps réel (avec WebGL et Web-RTC), cela ne règle pas le problème des applications mobiles natives. De ce point de vue là, Apple est largement fautif, et je mets au défis quiconque de prouver le contraire.

Tout le monde milite pour les standards, surtout les leurs !

Je pense ne pas me tromper en disant que HTML5 est maintenant reconnu comme LE standard pour créer des contenus riches en ligne (HTML5 donne de la profondeur à la narration). Si les contenus sont standardisés, qu’en est-il des applications en ligne et des conversations ? Le problème est qu’avec l’avènement des smartphones et des usages communautaires / sociaux, le web est petit à petit en train de se morceler. Nous assistons ainsi à la prolifération de plateformes fermées (ex : Facebook, WhatsApp, Snapchat…) qui remettent en question l’universalité du web.

Pour lutter contre ce phénomène de balkanisation du web, le W3C milite pour une Open Web Platform où les technologies standardisées et ouvertes offriraient une alternative crédible aux technologies propriétaires. Le problème est que la standardisation est un processus très long, trop long pour le marché qui ne voit pas forcément le danger d’utiliser des technologies propriétaires de temps en temps (HTML5 is done, but two groups still wrestle over Web’s future).

Officiellement, tous les grands acteurs du web supportent à 100% les standards du web : Apple Shows Love for HTML5 with iOS 8Google’s HTML5 Web Designer Gets Animation Tools, Deeper AdWords And DoubleClick IntegrationsPlay a Microsoft-made HTML5 version of Settlers of Catan in your browser right nowMozilla Launches Built-In HTML5 App Development Environment For Firefox… Le souci est que chacun a sa propre interprétation de la limite entre avoir recours à des technologies propriétaires et adapter les standards aux impératifs de performance du marché. Les nombreuses solutions de développement mobile hybrides en sont un bon exemple (cf. Hybrid Mobile Apps: Providing A Native Experience With Web Technologies). Autre illustration flagrante de l’ambiguïté des grands acteurs du web, les dernières innovations proposées par Google : Google veut accélérer le développement des Chrome Apps et Comment les composants web ambitionnent de révolutionner les applications en ligne.

C’est pour éviter que ces solutions s’imposent comme des standards de fait que le W3C a lancé une série de grands chantiers d’amélioration des technologies standards pour créer des applications en ligne : Application Foundations for the Open Platform.

Les prochains chantiers du W3C
Les grands chantiers du W3C pour les prochaines années

Vous aurez donc compris que la principale mission du W3C est de s’assurer que le web reste une plateforme ouverte et universelle, que des éditeurs privés utilisant des technologies propriétaires ne prennent pas trop d’importance (cf. Le Dark Social complique la tâche des annonceurs). Au final, le plus grand danger ne vient pas forcément d’éditeurs comme Google, mais de la négligence des utilisateurs qui se laissent enfermer dans des environnements fermés comme iTunes, WeChat ou Salesforce. L’avenir du web ne repose pas que sur le W3C, il en va de la responsabilité de chaque utilisateur de ne pas accepter aveuglément des CGU qui les verrouillent dans un écosystème propriétaire. Toute la difficulté est que la frontière entre “ouvert” et “priopriétaire” est poreuse, et que ces subtilités importent peu au grand public.

Twitter se transforme en plateforme pour sortir de sa niche

Je pense ne pas me tromper en disant que Twitter est la plateforme sociale la plus contrastée : tout le monde la connait, mais peu de monde l’utilise réellement. En terme de notoriété spontanée, Twitter est dans le trio de tête avec Facebook et YouTube, un exploit pour une plateforme sociale qui compte moins de 7 M de membres en France (source : Médiamétrie) et 2,3 M d’utilisateurs actifs. Cette anomalie statistique est dû au fait que les utilisateurs de Twitter en France sont concentrés dans les métiers de la communication, du journalisme et de la politique. Du coup, on en parle tous les jours dans les grands médias, même si son taux de pénétration est plutôt faible.

Cette situation n’est pas nouvelle, elle se renforce même au fil des années : la majeure partie des utilisateurs se contentent de lire les tweets des autres, l’essentielle de la production étant assurée par une minorité très active. En d’autres termes : Twitter est une plateforme sociale de niche en France, principalement utilisée comme un moyen de communication de masse. Ce qui peut représenter un gros problème pour les annonceurs souhaitant toucher une large audience.

Fidèle à son modèle depuis le début (140 caractères et une interface épurée), les équipes de Twitter semblent visiblement vouloir sortir de cette niche et proposer de nouvelles fonctionnalités pour inciter les utilisateurs à s’impliquer davantage. Ces dernières semaines, nous avons ainsi pu découvrir de nombreuses nouveautés autour de la musique, des applications mobiles ou encore du paiement.

Concernant la musique, après l’échec de se première tentative (Twitter Music : pourquoi Twitter lance-t-il son service d’écoute et de partage de musique ?), Twitter relance une offensive avec des audio cards intégrée en partenariat avec SoundCloud et Apple : Introducing a new audio experience on Twitter et Audio Card Now with @iTunesMusic.

La musique intégrée dans un tweet
La musique intégrée dans un tweet

LA grosse annonce a été faite la semaine dernière lors de la conférence annuelle des développeurs : le lancement de Fabric, une plateforme permettant de simplifier le développement d’applications mobiles : Introducing Fabric. Ces derniers mois, Twitter a ainsi racheté un certain nombre de sociétés (dont MoPub et Crashlytics), Fabric est une première étape d’intégration de ces services au coeur de Twitter et un moyen pour les développeurs d’applications mobiles de surveiller la stabilité de leurs applications (avec Crashlytics Kit), de faciliter l’exploitation de tweets (avec les Native Tweet embeds et Tweet composer), et d’en simplifier la monétisation (avec des publicités).

L'interface de Crashlytics
L’interface de Crashlytics

Avec Fabric, les équipes de Twitter affichent de grosses ambitions pour séduire les développeurs applications mobiles. Le but de la manoeuvre étant de diffuser les tweets dans nos usages quotidiens. La toute récente possibilité de payer avec des tweets de S-Money est un bon exemple d’utilisation de Twitter dans notre quotidien : Ready to pay by tweet? Here’s how new Twitter-powered payment service works in France.

L'interface mobile de S-Money
L’interface mobile de S-Money

Dans les faits, S-Money est un service d’échange d’argent entre particuliers (comme le proposent Kwixo ou LemonWay), mais les tweets sont proposés en plus des SMS ou emails.

Autre grosse annonce, le lancement de Digits, un service d’authentification grâce à votre téléphone : A better way to sign in with Digits. L’idée est assez proche de 3D secure : plutôt que de demander un identifiant et un mot de passe compliqués à saisir sur un petit clavier, il suffit de saisir un N° de téléphone pour recevoir un code de vérification (Inside Twitter’s ambitious plan to kill the password).

Le système d'authentification mobile de Twitter
Le système d’authentification mobile de Twitter

Avec ce système, Twitter ambitionne de séduire les développeurs de services en ligne et d’applications mobiles des pays émergents (Chine, Indonésie, Inde…), là où l’essentiel de la population est connectée à travers un téléphone.

Sinon nous avons enfin assisté au dénouement de “l’affaire Twipic” qui se solde par une acquisition : Twitter to Acquire Twitpic. Au final, Twitter met les bouchées doubles pour enrichir sa plateforme et la rendre plus attrayante aux yeux des annonceurs et éditeurs de contenus et applications. Un moyen efficace pour luter contre l’écrasante domination de Facebook et éviter ainsi de se faire siphonner ses revenus publicitaires.