Compte-rendu et bilan LeWeb11

Déjà le troisième de la conférence LeWeb’11 à Paris (cf. mes comptes-rendus des jour 1 et jour 2). Ce dernier jour commence très TRÈS fort avec la remarquable intervention de Yossi Vardi, un personnage complètement loufoque qui a pris un malin plaisir à démystifier le monde des startups et des VCs (visiblement le public a beaucoup apprécié).

Stratups et mastodontes se succèdent dans la salle de conférence

Je n’ai pas vraiment le courage de vous faire un compte-rendu détaillé des conférences, aussi je vous propose un résumé très court et un lien vers ceux qui ont eu plus de courage :

Comme toujours, j’ai vraiment été impressionné par l’envergure des intervenants à cette conférence, même si je regrette que tous n’ont pas forcément joué le jeu de la transparence (gros carton rouge à Google, dont je parle dans la suite de l’article). La plupart des interventions sont disponibles sur la chaine YouTube de LeWeb.

Résultats du concours de startups

LeWeb est un gros rassemblement d’entrepreneurs, mais c’est également la très prisée Startup Competition dont voici les lauréats :

  • Beintoo, une plateforme de gamification qui permet de découvrir de nouvelles applications mobiles et de convertir vos points en coupons de réduction ;
  • HeyCrowd, un service de sondages à la sauce sociale ;
  • Babelverse, une plateforme de mise en relation de traducteurs et de clients (organisateurs de conférence…) ;
  • Echoer, une application mobile de partage de pensées de proximité qui a remporté le prix du public.

Pour retrouver les pitchs des startups ayant participé à cette compétition, sachez qu’il existe une chaine YouTube.

Bilan des trois jours

Voilà, c’est déjà la fin de cet évènement, et l’heure pour moi de dresser un petit bilan de ce que j’ai retenu :

  • Où est le Lo de SoLoMo ? Ce sont incontestablement les volets mobiles et sociales de SoLoMo qui ont dominé ces trois jours, beaucoup plus que le volet local qui reste encore minoritaire. Ceci étant dit, l’écosystème de l’internet et des startups est loin de se résumer à ces trous aspects. J’ai ainsi eu l’occasion de partager avec celles et ceux que j’ai rencontrés sur place mon concept de ToDaClo (Touch + Data + Cloud) qui me semble plus en phase avec les forces disruptives de l’année 2012.
  • Pourquoi ce silence de Google ? Je sais bien qu’il n’est jamais évident de synchroniser des annonces avec un gros évènement public comme LeWeb, mais la plupart se sont prêtées à cette exercice… sauf Google qui a eu droit à deux interventions de représentants prestigieux qui ont complètement occulté les annonces faites en cette fin de semaine (nouvelles fonctionnalités pour Google+ et intégration plus poussée dans Gmail, lancement de Currents). Je ne sais pas trop comment interpréter ces non-annonces, si ce n’est que Google est maintenant une grosse société où l’information et les pouvoirs sont éparpillés.
  • Il y a une vie (sociale) en dehors de Facebook. Les différentes startups qui se sont succédé sur scène sont là pour nous prouver que les médias sociaux ne se résument pas à Facebook et qu’il existe de nombreuses autres plateformes d’envergure (Twitter, Badoo, LinkedIn) ou plus sélectives (Foursquare, Instagram…).
  • La gratuité n’est pas un pré-requis. Contrairement à beaucoup de startups qui se lancent sans modèle économique (et espèrent en trouver / imposer un par la suite), les exemples de Path ou Evernote nous prouvent qu’il est tout à fait possible de proposer une offre payante dès le 1er jour et commencer à dégager des revenus (souvenez-vous de Flickr également).
  • De l’importance d’avoir une vision. De nombreux intervenants ont insisté sur la notion de vision, de vision à long terme. Tous mettent ainsi en garde les entrepreneurs souhaitant faire un coup rapide en copiant / important un modèle ou en faisant grossir une plateforme sociale la plus vite possible dans l’espoir de la revendre. Avoir une vision précise vous permet d’expliquer beaucoup plus facilement l’intérêt et le potentiel de votre projet, cela vous donne également une direction qui vous évitera de vous perdre en route.

Je précise que ces enseignements sont le reflet de mon ressenti sur ces trois jours, mais qu’il y a autant d’interprétations que de participants. Dans tous les cas de figure, je n’ai définitivement pas perdu ces trois jours passés en immersion dans le monde des startups et de la Silicon Valley. Vivement l’édition 2012 !

Compte-rendu LeWeb11 – Jour 2

Second jour de la conférence LeWeb’11 à Paris avec une nouvelle série de speakers internationaux (bon OK, surtout américains) sur la scène.

AirBnB

Brian Chesky, le fondateur de Airbnb, un service de location de propriétés en mode P2P :

  • Un service qui a pratiquement commencé avec du couch surfing et qui propose maintenant à la location des villas de luxe, des châteaux et même des îles privées ;
  • Ils ne font pas de publicité et se repose uniquement sur le bouche-à-oreille ;
  • Un service très populaire aux USA et en Europe (8.500 propriétés à louer à NY pour un revenu moyen de 5.400$ / an) ;
  • Depuis l’année dernière, le service a été étendu à d’autres types de propriétés (parkings, bateaux…) ;
  • Ils ont un retour très positif des commerçants et restaurateurs qui sont dans les zones où beaucoup d’appartements sont à louer (c’est la partie « Local » de SoLoMo) ;
  • Ils ont déployé de nouvelles règles pour sécuriser les locations et éviter qu’un incident comme celui survenu cet été se reproduise (une utilisatrice s’était fait saccager son appartement par un hôte peu scrupuleux) ;
  • Pendant la première année d’existence du service, le fondateur n’avait pas d’appartement où dormir, il a donc utilisé son service pendant un an et bouger d’un appartement à l’autre (« Quand vous achetez un iPhone, Steve Jobs ne vient pas vérifier personnellement si vous êtes satisfait« ) ;
  • Ils ont monté un réseau de 2.000 photographes pour valoriser les biens (accessoirement des clients du service) ;
  • pour 2012 ils vont travailler sur un mécanisme de recommandation, sur une intégration plus poussée avec les médias sociaux et sur l’internationalisation (67% des transactions sont fait en dehors des US).
Le fondateur de AirBnB à LeWeb11

Evernote

Phil Libin de Evernote, le service de partage de notes :

  • Nouveau partenariat avec Orange : les clients vont bénéficier d’un accès premium pendant un an (à partir de mi-2012) ;
  • Leur ambition est de pouvoir sauvegarder la mémoire des utilisateurs et d’être considérer comme l’outil ultime des modern workers, pour cela ils ont besoin de gagner la confiance des membres ;
  • Croissance très rapide avec 20 M d’utilisateurs (pour 750.000 utilisateurs clients) par croissance organique (pas de publicité) ;
  • Un service très addictif : le taux d’abonnement à la version premium augmente de façon exponentielle avec l’ancienneté des utilisateurs ;
  • Ils ont lancé des applications dédiées sur l’art culinaire (Food) ou les rencontres (Hello), les documents (Peek)…
  • L’application Evernote Hello se positionne comme un complément aux réseaux sociaux.
Le fondateur de Evernote à LeWeb11

Microsoft

Chris Capossela, du Consumer Channels & Central Marketing Group de Microsoft à propos de Windows Phone et de la XBox :

  • Beaucoup d’innovation cette année des développeurs avec le SDK Kinect (cf. Kinect Effect) ;
  • Ils ont écoulé 57 M de consoles capables de connecter autant de TV à l’internet ;
  • Très grosse communauté de 35 M de joueurs avec un compte XBox Live (ils viennent de lancer une application compagnon pour Windows Phone et iOS) ;
  • Ils ont fait de la XBox autre chose qu’une console de jeux avec de nombreuses applications de divertissement (ex : Netflix…) ;
  • Ils viennent d’annoncer le Windows Store pour Windows 8 et d’en donner de nombreux détails (cf. Win 8 app store revealed: more money for devs, beta in late February) ;
  • L’interface Metro assure une cohérence sur les différents terminaux (smartphone, tablettes, ordinateurs et XBox) ;
  • Leur stratégie sociale s’articule autour de Skype et du partenariat Facebook / Bing (ndr : MSN est le troisième média social le plus populaire en France).
Le responsable des produits grand public de Microsoft à LeWeb11

7 principes d’innovation

Carmine Gallo, l’auteur de “Innovation Secrets of Steve Jobs” :

  1. Faites ce que vous aimez. « Ça ne m’intéresse pas d’être le plus riche du cimetière« , « Vous ne pouvez pas inspirer les autres si vous n’êtes pas inspiré, passionné » ;
  2. Ayez une vision précise (qui est différent d’avoir une mission). « Les meilleures visions sont simples, mais vastes » ;
  3. Redémarrez votre cerveau. « La créativité consiste à connecter des choses entre elles » ;
  4. Apprenez à dire non (pour ne pas se perdre en route et rester concentrer sur l’essentiel). « L’intuitivité découle de la simplicité« , « Less is more » ;
  5. Créez des expériences exceptionnelles les Apple Stores ont été inspiré par les hôtels Four Seasons : on y trouve un bar et un concierge) ;
  6. Maitrisez le message. « Votre idée ou vision ne compte pas si vous n’êtes pas capable de la transmettre« , « Le cerveau ne s’intéresse pas aux sujets ennuyeux » ;
  7. Vendez du rêve, pas le produit (fonctionne aussi avec « Vendez les bénéfices, pas les fonctionnalités« ).

Le mot de la fin « Dream BIGGER« .

Mr Gallo sur la scène de LeWeb11

Google

Marissa Mayer de Google à propos de leur stratégie SoLoMo :

  • Son nouveau poste l’amène à travailler sur tous les produits locaux (Maps, Local, Latitude, Places, Deals…) ;
  • Ils vont lancer la semaine prochaine des coupons de réduction liés aux checkins dans Google+ ;
  • L’application de cartographie est réellement centrale dans les usages des produits Google (sur mobile ou ordinateurs fixes) ;
  • ils ont appris des erreurs faites avec Wave et Buzz (sur-promettre et respect de la confidentialité) ;
  • L’écoute est essentielle pour bien comprendre les attentes et contraintes des utilisateurs (et des équipes internes) ;
  • Avec leur algorithme d’optimisation d’itinéraire dans Google Maps, ils font économiser deux ans à leur utilisateurs tous les jours.
Marissa Meyer de Google à LeWeb11

Forrester

George Colony de Forrester Research à propos des trois « tempêtes sociales » :

  1. La mort du web, avec la comoditisation de la puissance, de la capacité de stockage, de la bande passante… avec la montée en puissance des terminaux connectés et du cloud computing  ;
  2. La saturation sociale, avec le plafonnement de l’attention (le temps disponible des utilisateurs) et du nombre d’utilisateurs (ils ont quasiment tous été convertis) qui va mener vers l’éclatement de la « bulle sociale » et nous conduire à une ère « post-sociale »
  3. L’appropriation par les entreprises, en tant que marques (social marketing, social crm) et/ou qu’employeurs (social software).
Le patron de Forrester à LeWeb11

Impossible d’assister au reste des conférences car j’avais des personnes à rencontrer.

L’après-midi était réservé à des conférenciers d’horizons plus diversifiés pour inspirer l’audience. Des contraintes d’agenda m’interdisent également d’y assister. Par contre je serais ce soir à la soirée officielle où j’aurais l’occasion d’écouter pour la première fois un DJ de renom…

La suite demain…

Compte-rendu LeWeb11 – 1er jour

Comme chaque année durant la première de décembre, Paris accueille la crème de la Silicon Valley et du monde de l’internet à la conférence LeWeb. Comme chaque année, l’évènement est toujours plus important avec près de 3.500 participants et plus de 60 nationalités représentées (cf. LeWeb en quelques chiffres).

Quelques chiffres sur la conférence LeWeb

La conférence se déroule sur 3 jours, et la première journée s’annonce très riche en annonces et en vision. La thème de cette année est l’internet SoLoMo (Social + Mobil + Local), je dois bien avouer avoir été taquin sur cette thématique : L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo.

Arrivé le premier jour à 8h, je m’installe donc tout naturellement dès l’ouverture aux tables de la salle de conférence (la délégation québécoise était déjà là).

Les québécois se lèvent tôt !

Conférence d’ouverture – Karl Lagarfeld

LeWeb11 public
Salle comble pour la conférence d'ouverture

Les plus grandes personnalités de la Silicon vont se succéder sur scène ce matin, les participants sont donc venus en masse dans la grande salle de conférence.

LeWeb11 Lagarfeld
Karl Lagarfeld interviewé par Loic Lemeur et Manuel Diaz

La journée démarre doucement avec un invité de marque (Karl Lagarfeld) venu amuser la galerie et insuffler de la créativité dans ce monde de 0 et de 1 :

  • Il est venu avec ses 4 iphones et une partie de sa collection d’iPod (il en possèderait une trentaine) ;
  • Il nous montre des photos sur son iPad et une vidéo qu’il a réalisée pour Channel ;
  • L’interview avec Loic Lemeur est un peu décousu du fait de la personnalité de Karl Lagarfeld, il nous gratifie tout de même d’un auto-portrait ;
  • Nathalie Massenet de Net-a-Porter monte sur scène pour annoncer le lancement d’une mini-boutique Karl sur le site ;
  • Il ne tolère pas la banalité et est persuadé qu’une chemise blanche avec une veste noire est à la portée de tous (merci pour le conseil).

Uber, Soundtracking, Path, Flipboard et TaskRabbit

Les conférenciers se succèdent dans le reste de la matinée avec plusieurs start-up venues présenter leur projet :

  • Travis Kalanick de Uber, une application mobile et un service de chauffeur personnel. Cette application est en concurrence avec les services de « limo » (les taxis premium) depuis l’année dernière aux USA, ils ont lancé le service à Paris cette semaine et devraient continuer leur expansion européenne (comptez 120€ pour un trajet Paris / CDG).
  • Steve Jang de SoundTracking, une application mobile sociale qui mélange partage de photos, de lieux  et de playlists. L’application est en fait une sorte de mashup d’autres services (iTunes, Twitter, Foursquare…) et rajoute régulièrement d’autres services (Spotify, Rdio, Google Music…). Il considère la musique comme un véhicule universel de sociabilisation, nous n’avons donc pas fini d’en entendre parler.
  • Dave Morin de Path qui a fait un retour fracassant la semaine dernière avec la V.2 de son application mobile de lifelog qui permet de partager son quotidien avec un nombre limité de contacts. Il définit son application comme un service personnel et non social, du fait de la limitation à 150 personnes. Il ont travaillé plus de six mois concevoir une interface réellement différenciante. Il confirme que le développement sur iOS est plus simple que sur Android (à confirmer), mais que l’iTunes Store est plus contraignante (pas la peine de confirmer). Facebook et sa plateforme ont grandement facilité le développement d’application sociales nécessitant le nom, la photo ou la localisation des utilisateurs.
  • Mike McCue de Flipboard, une application mobile de consultation d’informations. Ils ambitionnent de faire de leur produit le remplaçant du magazine en proposant une expérience de lecture plus confortable et plus sociale pour l’iPad. Ils viennent juste de lancer la version iPhone et vont maintenant s’intéresser à Android.
  • Kevin Rose, le créateur de Digg, venu présenté Milk, une sorte de mini-incubateur pour des applications mobiles innovantes.

Déambulation aléatoire et m-commerce chez Voyages-SNCF

La pause-déjeuner à été l’occasion de saluer un certain nombre de connaissances et de rencontrer de nouvelles personnes. J’ai été enchanté de croiser J.M Billaut par l’intermédiaire d’un robot Jazz de chez Gostai (cf. Les robots sont-ils l’avenir de la téléprésence ?). Quel dommage par contre qu’il ne soit pas à la taille des adultes (le robot, pas JM).

JM Billaut à LeWeb par l'intermédiaire d'un robot de téléprésence

Les équipes de Voyages-SNCF avaient réservé une salle pour Yves Tyrode, le DG, venu présenter leur stratégie SoLoMo et partager un certain nombre de chiffres sur leur plateforme de m-commerce :

  • Pour mémoire, VSC réalise un C.A. annuel de 3 MM € avec 55 millions de billets de train vendus dont 1/3 de billets dématerialisés ;
  • Leur approche du m-commerce est holistique avec 6 applications mobiles (iOS, Android, Blackberry, Windows Phone, Symbian, Badda) ET une web app en HTML5 (comme ça tout le monde est servi, même les feature phones) ;
  • 73% du C.A. se fait sur iPhone, Android à la traîne avec 12% (équilibrage prévu en 2012-2013) ;
  • 51% des achats la veille du départ se font sur mobile ;
  • 15% des ventes mobiles se font sur iPad (ceci apporte de l’eau à mon moulin à propos du couch commerce).
Yves Tyrode présente la stratégie SoLoMo de Voyages-SNCF

L’infographie utilisée pour cette conférence est disponible ici : Voyages-SCNF – SoLoMo.

À peine la présentation est-elle terminée que les conférences reprennent en salle principale.

Google

Eric Schmidt de Google sur la scène de LeWeb'11

Erich Schmidt de Google est sur scène avec Loic Lemeur pour faire la démonstration de nouveaux services sur Android 4.0 :

  • Widgets et écran d’accueil personnalisable, effets spéciaux sur le chat vidéo ;
  • Prise de photo en mode panoramique (réalisée sur une tablette propulsée par la dernière version d’Android) ;
  • Partage de fichiers, de contenus et d’applications de proximité avec NFC (Android Beam), nombreuses possibilités avec les jeux.

À propos de l’innovation et des changements sociétaux :

  • Les médias sociaux ont participé de façon active à la chute de dictateurs, contribuant ainsi à un monde meilleur ;
  • Le monde réel et numérique se complètent parfaitement avec ce que les humains font bien (intuition, créativité) et ce que font les ordinateurs font mieux (calculs, automatisation, mémorisation) ;
  • Il est plus facile de démarrer une révolution que de la compléter ;
  • Il est crucial pour la Silicon Valley d’être en concurrence avec d’autres pôles de compétitivité / créativité pour progresser (d’où leur investissement dans un centre de R&D à Paris, entre autre) ;
  • L’accès à internet en haut débit (fixe et mobile) est essentiel à la créativité, ça sera la principale source de croissance en Europe.

Badoo

Andrey Andreev de Badoo sur la scène de LeWeb'11

Andrey Andreev de Badoo, un réseau social trop faiblement médiatisé par rapport à son nombre d’utilisateurs (plus de 130 millions) :

  • Un réseau social très rentable avec des revenus annuels supérieurs à 150M$ ;
  • Le réseau s’appuie sur son application mobile et la notion d’interactions de proximité (principalement orienté vers de la rencontre) ;
  • Le gros des revenus provient du placement (payant) de votre profil en haut de la liste de résultat (l’équivalent des AdWords, mais pour de la drague) ;
  • Pour le moment, ils sont concentrés sur leur stratégie de croissance, notamment en Amérique du Sud et en Europe.

Facebook

Joanna Shields de Facebook sur la scène de LeWeb'11

Joanna Shields de Facebook Europe :

  • Ils viennent d’organiser un Facebook Garage à Paris qui a été un grand succès ;
  • Elle annonce le lancement du bouton « Subscribe » à installer sur votre site pour s’abonner aux publications d’un membre ;
  • Gros succès pour les applications de social news comme celle du Guardian (4 M d’installations) ;
  • Aucune indication particulière sur les nouveautés attendues (Timeline, nouvelles pages pour les marques, project Spartan… ou l’IPO) ;
  • la dimension locale est essentielle pour eux, car de nombreuses interactions sociales sont encrées dans le voisinage (amis, relations ou commerçants).

Deezer

xx sur la scène de LeWeb'11

Axel Dauchez de Deezer à propos du partenariat avec Orange et Facebook :

  • Un service de streaming musical asse jeune (seulement 4 ans d’existence), mais qui parvient à tirer son épingle du jeu puisqu’ils sont rentables et en croissance (50 M$ de revenus en 2011) ;
  • Ils ont décidés de ne pas se lancer sur la marché US car la concurrence est trop féroce et préfèrent se concentrer sur les smartphones (lancement en Europe et en Russie d’ici la fin de l’année) ;
  • Entre les smartphones et Facebook, il pense avoir une solution au piratage – l’important n’est pas la possession (des fichiers MP3), mais l’accès ;
  • Ils n’ont pas l’ambition de changer le monde, mais d’être là où le monde va changer.

Foursquare et Instagram

Dennis Crowley de Foursquare à propos de son service de géolocalisation :

  • Bonne progression du service : 15M d’utilisateurs, 4M de checkins par jour pour 30M de lieux, 50% des usages se font en dehors des US, 600.000 services exploitent les APIs ;
  • Ils sont en train de se transformer en un guide touristique social (se rapprochant ainsi des city guides) ;
  • Lancement la semaine dernière du bouton « Save to Foursquare » pour lier le monde physique du monde digital (à ne pas confondre avec le monde virtuel) ;
  • Leur prochain défi : les recommandations personnalisées.

Kevin Systrom d’Instagram à propos de son service de partage de photos sur smartphone :

  • Une croissance impressionnante en un peu plus d’un an d’existence (14 M d’utilisateur, 60 photos partagées par seconde, 10 employés) ;
  • Deux personnes travaillent à plein temps sur la version Android de l’application ;
  • Le site web « officiel » devrait également bientôt voir le jour (il n’existe que des sites officieux comme Webstagram) ;
  • Pour le moment, ils se concentrent sur la croissance de la base d’utilisateurs, la publicité sous forme de bannières n’est pas envisagée, mais de nombreux annonceurs sont déjà présents (comme Audi ou Burberry).

Interview de Jeremiah Owyang pour finir la journée

Michelle Blanc, Jeremiah Owyang et votre serviteur

Dans la fin de l’après-midi j’ai eu la chance de pouvoir faire une courte interview vidéo de Jeremiah Owyang (le pape des médias sociaux) avec Michelle Blanc :

  • Au sujet de la légitimité des départements marketing pour prendre en charge les médias sociaux : « Quels départements sont les plus légitimes pour s’occuper de l’email au sein d’une organisation ? » C’est une responsabilité qui est majoritairement attribuée au marketing, à la communication, mais également au RH ou au service client, avec une participation récemment d’autres départements comme la distribution (ex: Renault avec son réseau de concessionnaires) ;
  • Les services de social scoring comme Klout sont intéressants, mais ils mesurent principalement l’activité (le bruit que vous générez) et pas forcément les aspects positifs ou négatifs, donc ils ne peuvent être utilisés seuls ;
  • Les entreprises s’équipent en priorité de solutions de monitoring, mais ne sont pas encore bien au fait de ce qu’il est possible de faire en matière de social CRM et du potentiel derrière l’intégration de données en provenance des médias sociaux dans la base CRM ;
  • À propos du ROI des médias sociaux : « Quel est le ROI du téléphone ou de l’email ? » ;
  • Les KPIs d’engagement sont intéressantes, mais l’important ce sont les KPIs en rapport direct avec l’activité (ayant généré une vente ou un contact), et pour cela il faut nécessairement demander aux clients quel rôle ont joué les MS dans leur expérience d’achat ou de service.

La vidéo est disponible ici : Jeremiah Owyang interviewé par Michelle Blanc et Fred Cavazza.

La suite demain…

L’actualité de mes autres blogs (novembre 2011)

Comme à chaque début de mois, je vous propose un récapitulatif des articles qui ont été publiés sur mes différents blogs le mois précédent.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité IT et business en anglais sur mon blog Forbes :

Et tant que j’y suis, je vous recommande également la lecture des articles de mes associés Cédric et Romain :

La suite le mois prochain.

Les géants de l’internet s’affrontent pour imposer leur commerce OS

Celles et ceux qui suivent de près l’actualité du commerce en ligne n’ont pas pu ignorer les récentes annonces des géants de l’internet : rachats, nouveaux produits, améliorations… En à peine deux ans, le paysage de l’internet, et plus particulièrement du commerce en ligne, a radicalement changé. L’enjeu de ces manoeuvres pour les géants de l’internet est de s’imposer comme l’acteur leader en matière de commerce en ligne, ou plutôt en matière de solutions et services en rapport avec le commerce en ligne. Avec cet article, je vous propose de faire le point sur les acteurs à la lutte.

Amazon, Ebay, Adobe et Google à la lutte, IBM et Microsoft à la traîne

Même si l’écosystème du commerce en ligne est composé d’une infinité d’acteurs, je me contenterais de faire un récapitulatif de la situation pour les quatre principaux. Si ces listes ne sont pas exhaustives, merci de me le signaler dans les commentaires.

Commençons avec Amazon, le leader historique du commerce en ligne qui propose les services suivants :

  • Des APIs pour pouvoir exploiter se base de données de produits ;
  • Une série de boutiques thématiques sur les produits de puériculture (Diapers), de soin (Soap), les chaussures (Javari),  les jouets (Yoyo), les produits pour animaux (Wag)…

    Le site de produits d'hygiène d'Amazon
  • Une marketplace pour les « petits » vendeurs et commerçants qui ne veulent pas ouvrir leur propre boutique en ligne, de même que l’offre logistique qui va avec ;
  • Amazon Checkout, une solution de paiement déportée pour les marchants, mais aussi pour les clients (Amazon Payments) ;

    La solution de paiement d'Amazon
  • EC2, une offre de cloud computing très robuste pour acheter de la ressource informatique à prix très compétitif ;
  • La gamme Kindle de e-readers et tablette pour distribuer (commercialiser) des contenus numériques.

Poursuivons avec Ebay, autre acteur historique qui propose lui aussi une large offre de services au travers de sa plateforme x.commerce :

  • Une gigantesque marketplace ouverte aux particuliers et aux pros (ainsi que des APIs pour l’exploiter), des portails comme Shopping et des sites verticaux comme Automobile.fr ou Half ;

    Le portail de vente d'automobiles d'occasion de Ebay
  • Paypal, la solution de paiement ainsi que son offre Paypal Express Checkout pour les e-commerçants ;
  • GSI et Magento, deux fournisseurs de solutions de création de boutique en ligne et de délégation ;

    La solution de commerce en ligne Magento
  • Hunch, un moteur de recommandations reposant sur le principe de graphe d’intérêt, de même que d’autres startups rachetées ces derniers mois comme RedLaser (application mobile pour scanner les codes barre) ou Milo et Where (shopping local).

    Le moteur de recommandations Hunch

Changeons d’univers avec Adobe qui propose également un certain nombre de choses :

  • Scene7, des briques technologiques pour valoriser et personnaliser vos produits ;
  • Omniture, un fournisseur de nombreuses solutions allant de l’analyse d’audience au ciblage comportemental ;

    L'offre Omniture d'Adobe
  • Business Catalyst, la solution de création et d’hébergement de boutiques en ligne.

    La solution de commerce en ligne Business Catalyst

Terminons avec Google et ses très nombreux services :

Face à cette pléthore de services, des éditeurs comme IBM, Microsoft, Vignette ou ATG font pâle figure (euphémisme). Certes, il existe toujours une infinité d’acteurs encore indépendants (dont Prestashop, notre fierté nationale), mais la comparaison est tout de même difficilement soutenable face à quatre acteurs leaders cités plus haut.

Un enjeu d’intégration

Les e-commerçants ont à leur disposition un ensemble de services et de briques fonctionnelles / techniques pour faire tourner leur boutique et gérer le quotidien. Je pense ne pas me tromper en disant que l’important n’est pas de choisir les briques les plus performantes, mais de disposer d’une plateforme cohérente qui puisse faciliter le quotidien des e-commerçants plutôt que leur compliquer.

Mon raisonnement repose sur le postulat suivant : mettre en place et exploiter une boutique en ligne implique la prise en charge d’un grand nombre de tâches de base (sourcing, gestion de la gamme, animation commerciale, logistique, relation client…). Plus vous passer du temps sur les interfaces de gestion des briques technologiques, et moins il vous en reste pour assurer ces fameuses tâches de base. D’où l’intérêt d’opter pour des solutions intégrées qui proposent une interface unique, ou du moins qui limite le nombre d’interfaces. Il existe des offres d’hébergement de boutique en ligne comme Oxalis, 42Stores… qui vous promettent l’interface unique, mais pour moi l’intégration la plus poussée était atteinte avec l’offre de GoodBarry (qui a depuis été fondue dans Business Catalyst).

L’enjeu pour les géants de l’internet va donc être d’intégrer le plus grand nombre de briques et services possibles sur leur plateforme pour « verrouiller » les e-commerçants et de leur proposer un maximum de prestations payantes. Je ne me risquerais pas à commenter la pertinence de telle ou telle offre, je constate simplement que les pièces sont en train d’être mises en place sur les échiquiers de chacun pour imposer sa plateforme comme le commerce OS de référence.

Le marché est déjà ultracompétitif sur le web, nul doute que les places les plus intéressantes sont à prendre sur les canaux alternatifs (médias sociaux, mobiles…). Et à ce petit jeu là, l’acteur le mieux placé est… heu… c’est qui déjà ?

Mes 3 sites coup de coeur (novembre 2011)

Ce mois-ci, le commerce en ligne est à l’honneur avec non pas une mais deux boutiques découvertes sur le Rhooo de Patrice Cassard (qui vient d’ailleurs de lancer son nouveau projet : Neeed.com).

Commençons avec Tinkering Monkey, une boutique en ligne d’objets en bois :

La page d'accueil de Tinkering Monkey

La page d’accueil de cette boutique propose une mise ne page très sobre, très aérée avec un excellent travail sur les couleurs (fond de page, titres, liens…) pour donner cette sublime sensation de chaleur et de bien-être. Notez également au passage le choix des typos ainsi que la sophistication du panier en haut à droite.

Poursuivons avec Cometshop, une boutique française (oui môsieur) :

La page d'accueil de Cometshop

Là encore, nous avons une mise en page minimaliste avec un maximum d’espace blanc pour faire ressortir les produits. J’apprécie particulièrement le soin apporté au panier et au bandeau de navigation. Le logo est également très intéressant avec son fort contraste et la sophistication de sa typo.

Terminons avec The Verge, un site de test de gadgets :

Une page de contenu de The Verge

Autant la page d’accueil n’a que très peu d’intérêt, autant je suis littéralement stupéfait par la sophistication apportée à la mise en page des articles (ex : Kindle Fire Review ou Galaxy Nexus Review). C’est bien simple, je n’ai pas souvenir d’avoir croisé un site à gros volume de contenu avec une mise en page aussi agréable : parfaite lisibilité des paragraphes, belle combinaison de typos pour les titres et inter-titres, très bonne intégration des photos, beaucoup d’ingéniosité dans l’utilisation du menu latéral statique ou de la barre de haut de page. Bref, je suis réellement impressionné par le travail de maquettage réalisé, un modèle du genre (et les pages de comparaison ne sont pas en reste : Smartphone Comparison).

La suite le mois prochain…

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Quel va être l’impact de la fin de l’ordinateur individuel ?

Le week-end dernier, j’ai essayé d’expliquer à mes petits garçons ce qu’est l’internet. Un exercice de style à priori pas si complexe, mais qui nécessite d’expliquer également ce que sont les ordinateurs et les contenus numériques. Je ne vais pas vous raconter ma vie privée, mais pour faire court, disons que je les ai perdus en route (pourtant j’avais fait des schémas et tout). Plus j’y repense, et plus je me rends compte que je n’aurais jamais dû m’enliser sur ce terrain glissant et me concentrer sur ce qui les intéresse réellement : les contenus. Ils se moquent bien de comprendre comment fonctionne un ordinateur ou même le WiFi, tout ce qui les intéresse, c’est le contenu (de préférence en rapport avec les Pokemons).

Ce qui me mène au sujet du présent article : Après 30 ans de domination des constructeurs d’ordinateurs et éditeurs de logiciels (Microsoft, HP, Dell, IBM…), l’hégémonie des acteurs traditionnels de l’industrie informatique est aujourd’hui remise en cause par de nouveaux entrants (Google, Amazon, SalesForce…). Pourquoi ? Car les ordinateurs sont devenus une commodité, un moyen d’accès aux services et contenus proposés sur le web. Bien évidemment nous avons toujours besoin de processeurs, de cartes mères, d’écrans, de claviers… mais la comoditisation de l’équipement informatique est un phénomène inaltérable. Pire : Malgré la baisse régulière des prix pour les rendre toujours attractifs, les ordinateurs sont perçus comme des outils de plus en plus ringards, et dispensables (La fin de l’ordinateur individuel est programmée).

En à peine quelques années, les smartphones et tablettes se sont imposés comme des alternatives tout à fait crédibles aux ordinateurs traditionnels : plus mobiles (en raison de leur encombrement et autonomie), plus rapides (allumage en quelques secondes), plus versatiles (grâce à l’interface tactile, à la connexion 3G, au GPS…) :

  • Les ventes des smartphones et tablettes ont dépassé celles des ordinateurs en 2010 ;
  • Windows vient de passer sous la barre des 50% des parts de marché des terminaux connectés ;
  • Les smartphones et tablettes représentent déjà 5% de trafic en Europe…

Bref, vous l’aurez compris, le marché est en train de basculer en faveur des alternatives aux ordinateurs, et cette tendance va s’accélérer pour le grand public tout comme pour le marché de l’entreprise avec la montée en puissance des smartphones low-cost, la disponibilité de contenus et services offrant des expériences novatrices (Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicaleVers de nouvelles expériences d’achat et de consultation) et les offres de cloud. Je suis persuadé de ne rien vous apprendre en disant que les usages des smartphones s’intensifient au détriment de celui des ordinateurs, je tiens néanmoins à insister sur le fait que les smartphones et tablettes ne sont qu’une première étape de déportation des usages vers un ensemble de terminaux alternatifs (tablettes, cloudbooks, TV connectées…).

Les grands gagnants de cette nouvelle configuration de marché sont Google, Amazon ou SalesForce. Bien évidemment les acteurs historiques ne sont pas encore condamnés, mais ils doivent fournir des efforts considérables pour ne pas se laisser distancer, à l’image de Microsoft et Apple qui investissent lourdement pour trouver un second souffle et préparer l’avenir (avec respectivement l’interface gestuelle de Kinect et l’interface vocale de Siri).

Vous avez du mal à vendre ? Louez !

Il y a encore quelques années, quand vous achetiez un ordinateur, les constructeurs essayaient de vous refourguer par tous les moyens un accès à internet, source de revenus récurrents. Aujourd’hui, la bataille de l’accès ne compte plus, le prochain défi sera de vous vendre un abonnement pour que vous puissiez accéder à vos contenus depuis n’importe quelle terminal. Microsoft, Google, Apple ou Amazon s’efforcent ainsi de s’imposer comme le fournisseur le plus légitime en matière de cloud personnel. De même, dans le monde de l’entreprise, on ne vend plus des licences, mais des accès à des services en ligne. Il y a quelque mois, Marc Andressen faisait sensation en publiant un article intitulé « Why Software Is Eating The World« , je pense que sa vision et la mienne se rejoignent : La valeur ajoutée ne se situe plus dans le matériel, mais dans les services et contenus. Oui, il est toujours possible de dégager de grosses marges avec du hardware, mais tout le monde ne s’appelle pas Apple. Il est ainsi moins risqué et plus rentable de miser sur la monétisation des contenus et services, plutôt que sur les moyens d’y accéder (et cette approche se vérifie aussi dans d’autres secteurs : Airbnb CEO: The future is about access, not ownership).

À la question « Est-ce la fin de l’ordinateur individuel ?« , je réponds un grand « oui« . Encore faut-il que l’on s’entende sur ce qu’est un ordinateur individuel : Nous parlons bien des ordinateurs traditionnels. Je fais ainsi le distinguo entre un ordinateur portable et le Chromebook de Google. D’un côté nous avons une machine avec un disque dur pour stocker des contenus et des logiciels, de l’autre, nous avons une interface entre des utilisateurs et des contenus et services en ligne. Certes, les ordinateurs traditionnels assurent pleinement cette fonction d’interfaçage, mais les chromebooks sont définitivement moins complexes à prendre en main, initialiser et maintenir. À l’image des tablettes comme l’iPad : on les allume et on profite.

Une vision hédoniste de l’outil informatique

« Profitez« , je pense que c’est bien là le maitre-mot : après des décennies d’humiliation, la patiente des utilisateurs est à bout, ils ne veulent plus s’embêter à installer les bons drivers, mettre à jour et paramétrer les logiciels, s’assurer que les protections anti-virus  sont opérationnelles… Les utilisateurs veulent devenir de simples consommateurs de contenus et services, et pour cela, ils sont prêts à faire des concessions : troquer de l’évolutivité et de la souplesse contre de la simplicité et de la tranquillité, même si cela implique de se rendre dépend de Apple ou Google. Qu’importe, après tout ce sont des marques cool, non ?

Pour résumer une longue explication, j’écrirais ceci : nous quittons l’ère où nous capitalisions sur l’outil informatique (avoir une machine robuste et évolutive pour qu’elle puisse durer plus longtemps) pour rentrer dans celui des contenus et services pervasifs (qu’importe le terminal d’accès, l’important est que je puisse accéder à mes fonctions sociales, ma musique, mes jeux… et ceux depuis n’importe où).

Quel impact pour les marques ?

La grande question que vous devez maintenant vous poser est la suivante : votre offre s’inscrit-elle dans cette tendance ? Pour pouvoir sereinement anticiper l’avenir proche, vous devrez ainsi vous assurer que :

  • Vos produits sont consultables et achetables dans n’importe quel contexte (principalement en mobilité), de même que votre service client ;
  • Vos contenus sont accessibles au travers de différents types de terminaux (pas que l’iPhone ou l’iPad) et ils offrent une valeur ajoutée propre à chacun des formats (intuitivité de l’interface tactile, largeur de l’écran d’une TV, localisation d’un smartphone…) ;
  • Vous proposez une expérience sans couture à vos clients qui consulter vos contenus et exploiter vos services à différents moments de la journée et sur différents supports.

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous convaincre de démultiplier les points d’accès, mais l’étude récente de Brand Online Commerce devrait vous aider à sauter le pas : Les smartphones et tablettes représentent 10% des visites des sites web de mode et produits de beauté ainsi que 7 % des ventes en ligne. Encore plus intéressant : le taux de transformation des ventes réalisées à partir d’un iPad est supérieur de 42% à celui des boutiques en ligne. Ces chiffres ne me surprennent pas, car ils illustrent une réalité du marché : Acheter en ligne est devenu un acte banal (froid et sans émotion), alors que les terminaux alternatifs proposent des expériences plus enrichissantes pour les clients et prospects, d’autant plus s’il y a du contenu à valeur ajouté (Upcoming Zappos iPad App Mimics a Fashion Magazine et L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo). Et quand bien même vous n’avez ni les moyens, ni l’organisation pour produire du contenu, les smartphones et tablettes offrent d’innombrables opportunités pour réenchanter votre expérience de marque, à l’image de ce qu’à fait Audi au Brésil :

Au final, même si la transition entre les ordinateurs personnels et les nombreuses alternatives (Chromebooks, tablettes…) va prendre un certain temps, de nombreux annonceurs se sont déjà approprié ces nouveaux supports et parviennent à générer de nouvelles opportunités d’affaires grâce à des scénarios d’engagement novateurs.

Même si aujourd’hui l’essentiel des interactions en situation de mobilité est issu des terminaux Apple (iPhone et iPad), les alternatives low-cost (Android, Kindle) et les nouveaux formats (tablettes 7″, TV connectées…) vont venir bouleverser l’ordre établi. En d’autres termes : Ne pensez pas être à l’abri avec vos applications iPhone et iPad, car vous n’avez parcouru qu’une toute petite portion du chemin menant au nirvana du monde numérique – des contenus et services pervasifs pour des clients connectés en permanence et en recherche de nouvelles expériences.

Réservez votre début du mois de décembre pour LeWeb et pour un Yulbiz à Paris

Comme chaque année au mois de décembre, le gratin du web mondial (et surtout de la Silicon Valley) se retrouve à Paris pour la grande conférence LeWeb, orchestrée de main de maitre par les époux Lemeur. L’édition 2011 va donc se dérouler du 7 au 9 décembre à Paris avec comme thème central le SoLoMo (Social + Local + Mobile, dont j’avais déjà parlé ici : L’avenir de l’internet est aux contenus, pas au SoLoMo).

Pour celles et ceux qui viennent de sortir de la capsule Mars500 de l’ESA, LeWeb est l’évènement majeur du monde de l’internet à ne rater sous aucun prétexte, car non seulement vous pourrez y entendre les plus grands CEO (LeWeb’11 Speakers), mais également y croiser une faune incroyablement dense de startupeurs et autres acteurs du web francophone et européen. Si vous avez besoin de vous convaincre de la qualité des participants, je vous engage à lire mon compte-rendu de l’édition 2010 et à regarder les interventions de l’année dernière sur la chaîne YouTube.

LeWeb c’est également une compétition de startups avec des projets du monde entier (Meet the 32 finalists for LeWeb’s Start-up competition) dont vous pouvez apprécier les présentations sur la chaine YouTube : LeWeb’11 Startup Competition.

Comme chaque année, une petite délégation de blogueurs officiels sera là pour couvrir l’évènement : Les habitués comme Frédéric De VillalmilFrédéric Pereira, Christophe Ramel, Richard Malterre… Les québécois en folie (Claude Malaison, Michelle Blanc, Philippe MartinBenoit DescaryDamien Guinet…), et même mes associés Cédric et Romain. Vous pourrez retrouver les blogueurs officiels dans cette liste Twitter : Official Bloggers LeWeb’11.

Et comme chaque année également, nous organisons une rencontre informelle la veille de l’évènement (donc le mardi 6 décembre) dans un bar du centre de la capitale : Yulbiz Paris. L’inscription est gratuite et l’ambiance y est chaleureuse, donc n’hésitez pas à venir discuter avec nous.

À très bientôt.

L’actualité de mes autres blogs (octobre 2011)

Comme à chaque début de mois, je vous propose un récapitulatif des articles qui ont été publiés sur mes différents blogs le mois précédent.

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité IT et business en anglais sur mon blog Forbes :

Et tant que j’y suis, je vous recommande également la lecture des articles de mes associésCédric et Romain :

La suite le mois prochain.

Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

En moins de deux semaines, nous avons eu droit à une avalanche de nouveautés sur le créneau des smartphones : iPhone 4S, Droid Razr et Galaxy Nexus. Tous plus beaux les uns que les autres, les constructeurs semblent s’être lancés dans une course à l’armement : écran AMOLED, processeur bi-coeur, NFC, communication 4G, objectif de 8 M de pixels…

Les smartphones de dernière génération : iPhone, Droid Razr, Galaxy Nexus

Si cette débauche de technologie de pointe est très impressionnante sur le papier, elle pose néanmoins la question de la limite de la sophistication des smartphones. J’ai ainsi récemment acquis le dernier iPhone 4S, une petite merveille technologique qui est particulièrement performante pour les jeux. OK, mais à 850 Euros, c’est quand même le prix d’une Xbox 360, d’une PS3 ET d’une Wii !

Bref, tout ça pour dire que je pense que les smartphones sont en fin de cycle d’évolution : les constructeurs améliorent les caractéristiques techniques, mais ne proposent pas de réelles innovations d’usage. Quand vous regardez ce à quoi ressemblaient les smartphones il y a 10 ans (Infographie sur l’évolution des smartphones), vous vous rendez facilement compte que les smartphones ont déjà connu leur révolution, et je ne pense pas qu’ils en connaitront une autre. Un signe qui ne trompe pas : les deux principaux leviers de différenciation des constructeurs (4G et NFC) tentent de résoudre des problèmes qui n’existent pas réellement.

Depuis quand est-il compliqué de payer avec une carte bancaire ?

En matière de smartphone et de téléphonie mobile, le gros sujet du moment est le paiement mobile avec NFC. Les constructeurs et industriels font en ce moment d’énormes efforts pour nous faire comprendre que NFC et le smartphone sont la solution à notre problème de paiement. Heu… personnellement je n’ai pas de problème de paiement : je réalise mes achats avec ma carte bancaire (ça me prend 30 secondes pour payer) ou avec de l’argent liquide (il y a toujours un distributeur de billets pas très loin).

Je veux bien croire que depuis l’arrêt de Moneo il faut préparer l’arrivée d’une autre solution, mais force est de constater que les utilisateurs ne sont pas forcément demandeurs d’une solution intégrée aux smartphones. Visa, Mastercard, American Express, Google… unissent leurs forces pour évangéliser NFC en tant que moyen de paiement, mais c’est selon moi faire une fausse promesse car :

  1. NFC n’est qu’une norme de communication, il faut bien plus qu’une puce NFC dans un smartphone pour réaliser une transaction (Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?) ;
  2. Il existe de nombreuses alternatives, notamment d’autres normes de communication comme Bluetooth (The Mobile Payments Race Heats Up: Low Energy Bluetooth vs. NFC), les codes 2D (comme le proposent LevelUp ou Kuapay) ou NFC 2.0.

Vous pourriez me dire qu’ils existent quantité d’autres usages innovants que pourrait apporter NFC, et je serais bien d’accord avec vous : il existe quantité de domaines d’application potentiels dans les jeux (Nokia Launches New NFC-Enabled Games), le commerce local (BrandTable, NFC concept that will alter your food court experience) et tout un tas d’autres domaines (Near Field Communication: A Quick Guide to the Future of Mobile).

Illustration de l'usage de NFC

Le problème n’est pas de trouver des domaines d’application pour NFC, car il y en a des tonnes, mais de susciter l’adhésion du grand public. Loin de moi l’idée de jouer les vieux de la vieille, mais tous les scénarios d’usage décrits ont une proposition de valeur pas très éloignée de ce que proposait Ericsson au siècle dernier avec Bluetooth. Donc pour résumer : ce n’est pas parce que c’est techniquement possible que les utilisateurs l’adopteront. L’histoire regorge de technologies de pointe qui n’ont pas su trouver leur public.

Y a-t-il vraiment un problème avec la 3G ?

Autre grande bataille dans laquelle se sont lancés les opérateurs du monde entier : la course de vitesse pour déployer la 4G. Là encore, les industriels rivalisent d’ingéniosité pour nous vendre des scénarios d’usages plus proches du fantasme que de la réalité.  J’aime bien le foot, mais je ne vois pas l’intérêt de regarder un match entier en Full HD 3D sur un écran de 10 cm de large. Vous pouvez dire que je force le trait en jouant les rabats-joie, mais force est de constater qu’à part les travailleurs nomades (un marché de niche), la demande pour la 4G est plutôt faible.

Le problème n’est pas tant de savoir si l’on a besoin d’un débit important en situation de mobilité, que d’exploiter la 3G à son plein potentiel. Il existe déjà des offres très compétitives pour de la 3G+ (norme HSDPA) qui suffisent largement. D’autant plus qu’en matière de mobilité, l’important n’est pas le débit, mais le ratio entre débit et consommation d’énergie. De ce fait, les normes comme WiMAX sont à proscrire au profit de la norme communément admise (LTE) qui n’est pas réellement de la 4G, mais de la 3,9G. Rendez-vous compte : les opérateurs peinent à trouver des scénarios d’usage crédibles, et en plus ils ont la lourde tâche de nous vendre de la fausse 4G !

Il existe bien des usages comme la visio-conférence ou la vidéo HD, mais ils représentent une proposition de valeur trop faible pour justifier le prix du forfait. À mon sens, les deux seuls usages réellement intéressants sont la VoIP et les services liés au cloud computing. Autant je ne suis pas convaincu par Spotify ou Skype avec mon forfait actuel, autant ça pourrait m’intéresser avec un réseau 4G. Mais encore une fois, tout le problème est de faire se rencontrer la demande (les usages et services) avec la bonne offre (le prix des forfaits).

Vers une reconfiguration du marché

Comme nous venons donc de le voir, les innovations que les industriels veulent nous vendre (NFC, 4G…) ne correspondent pas à un réel besoin des utilisateurs, ni une réalité du marché. Si les smartphones sont en fin de cycle d’innovation, ils vont donc basculer dans la case « vache à lait » et devenir des produits de commodité, d’où l’intérêt de surveiller de près les smartphones low-cost.

Une autre solution serait de ne pas miser sur le matériel, mais sur le service. C’est ce que tente de faire Apple avec son nouvel assistant personnel Siri.

Siri, l'assistant personnel de l'iPhone

L’astuce n’est pas de rendre le téléphone plus intelligent, mais de lier le matériel à un service en ligne (l’iPhone ne fait qu’interpréter votre voix et envoyer une requête dans l’attente d’une réponse). À partir de là, libre à Apple d’enrichir Siri avec des applications et services tiers pour vous proposer une interface vocale réellement viable. Pour le moment ce fameux Siri est en mode beta et n’est (en théorie) pas connecté à d’autres services, même s’il est possible de contourner cette limitation : Remember the Milk and Siri on an iPhone 4S Work Together for Reminders.

Outre ce Siri qui fait déjà des émules (Iris Is Sort Of Siri For Android), les constructeurs de smartphones sont donc dans l’impasse. La solution sur laquelle ils semblent tous travailler est d’amener les clients sur les tablettes qui offrent de véritables innovations de rupture : Pourquoi les interfaces tactiles peuvent révolutionner l’industrie musicale. Sur le papier, la manoeuvre est mutuellement profitable : les clients retrouvent leurs marques et leurs contenus tout en bénéficiant d’une expérience enrichie, les industriels et opérateurs factures deux machines + deux forfaits + chaque application en double. Le problème est qu’il y a un fort taux de déperdition en route, la promesse des constructeurs est donc de vous proposer une expérience sans couture avec un système d’exploitation et un écosystème de contenus / applications unifié : iOS pour Apple, Android pour Google, BBX pour BlackBerry. Pour le moment Microsoft est encore en train de finaliser le lancement de Windows Phone, mais la convergence avec Windows 8 se précise petit à petit.

Selon ce schéma, Apple se taille la part du lion avec une part de marché écrasante en faveur de son iPad. Tout comme pour les smartphones, Apple défriche et Google récupère le gros du marché en propulsant les machines d’entrée de gamme. Une stratégie intéressante, car elle permet de toucher une population bien plus large (Quel sera l’impact des touchbooks low-cost ?). Mais sur ce coup là, ils devront composer avec Amazon qui vient jouer les trouble fête : Amazon à l’assaut du segment low-cost avec les nouveaux Kindle. Une solution serait de racheter Kobo (qui se positionne en concurrent direct avec son tout nouveau Kobo Vox), mais la marque appartient au groupe Indigo / Chapters, ce qui risque de poser un problème d’abus de position dominante.

Bref, la situation est loin d’être simple : les relais de croissance du segment des smartphones sont à la fois compliqués à mettre en oeuvre et coûteux à acquérir.

 Conclusion

Revenons à nos moutons et à la question que j’essayais de traiter en début d’article : les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ? Oui, j’en suis persuadé. Nous allons donc entrer dans une phase de rationalisation du marché et de comoditisation de l’offre. Autant vous dire que les marques qui sont encore en train de se poser la question de la pertinence d’une application iPhone ont intérêt à rapidement se décider, car le marché et les usages vont très rapidement évoluer.

Pour ceux qui ont déjà expérimenté une application pour smartphone, l’heure est maintenant à l’industrialisation de leur présence sur les terminaux mobiles. La prochaine étape consistera à s’intéresser de près aux tablettes et aux autres terminaux alternatifs, dont les TV connectées (entre autres).