[Adobe Digital Marketing Summit] Jour 2

Le deuxième jour du Digital Marketing Summit commence avec la traditionnelle Keynote.

Keynote 2 : The Future of Digital Media

John Mellow sur scène lors du Digital Marketing Summit 2012

C’est John Mellow (VP Strategy Digital Marketing) qui ouvre cette session avec un discours sur l’évolution du marketing social :

  • Les individus ont des ombres conversationnelles / sociales, de même que les marques, les institutions (ex : la Reine d’Angleterre) ou les évènements (ex : les J.O.) ;
  • Facebook reflète la mémoire des individus (avec la Timeline), Twitter reflète les sentiments des individus (avec les tweets d’humeur) ;
  • L’enjeu pour les marques est d’essayer de maitriser leur ombre conversationnelle et d’exister au sein des ombres sociales des clients ;
  • Les 5 dernières années ont vu l’apparition de plateformes sociales globales (ex : Facebook, YouTube, Twitter…), les 5 prochaines années vont voir l’émergence de sous-plateformes sociales qui vont venir se greffer aux plateformes globales (ex : Instagram, Path, Spotify…) ;
  • Au cours des prochaines années, l’ordre établi par les plateformes sociales globales ne va pas beaucoup changer, par contre, les sous-plateforme sociales vont rendre l’écosystème encore plus instable pour les annonceurs ; d’où la nécessité d’anticiper les évolutions (grâce aux données) et de faire preuve de souplesse / réactivité.
Gilles Warner sur la scène du Digital Marketing Summit 2012

Gilles Warner de Deloitte Consulting avec une réflexion sur l’évolution de l’écosystème digital :

  • Ils publient régulièrement des prédictions (ndr : comme moi !) et viennent de lancer Deloitte Digital pour capitaliser sur l’écosystème digital ;
  • D’ici à la fin de l’année 2012, il y aura 500 M d’utilisateurs de smartphones low-cost ;
  • D’ici la fin de l’année, il y aura plus de 2 M d’applications disponibles au téléchargement, mais les développeurs devront composer avec 5 OS, 3 familles de processeurs et de multiples tailles d’écran ;
  • 95% des contenus TV seront regardés en live ou dans les 24h avec la TV de rattrapage, ce qui laisse 5% d’un très gros marché à travailler selon une toute nouvelle approche ;
  • Pour la première fois dans l’histoire de la consommation, l’impact des recommandations en ligne sur les prospects est plus fort que la publicité ;
  • Une activité de commerce en ligne repose sur trois capacités-clés
Les trois capacités-clés du commerce en ligne

Rob Giglio sur la scène du Digital Marketing Summit 2012

Rob Giglio d’Adobe (VP E-commerce et Retail) qui vient partager son expérience sur l’évolution du site d’Adobe et de leur stratégie de vente en ligne :

  • Avec Adobe.com, ils souffrent des mêmes problèmes que n’importe quelle entreprise (ambitions divergentes des dirigeants, héritage d’anciennes versions, taux de conversion très bas…) ;
  • Ils sont passés de 275M$ de C.A. en ligne en 2009 à 400M$ en 2011, le tout grâce à leurs propres produits (Web Experience Management, Analytics…) ;
  • Les outils qu’ils ont le plus utilisés pour améliorer la performance de leur site ont été Site Catalyst (mesure d’audience), CQ (gestion de contenu et personnalisation), Test&Target (optimisation) et Recommendations (cross et up sell) ;
  • Un très gros travail a été réalisé pour concevoir des gabarits de page robustes, mais souples (un authentique casse-tête) ;
  • En optimisant le versionning, ils ont réduit de 40% le nombre de pages ;
  • Ils ont conduit une étude en ligne pendant plusieurs semaines qui leur a permis de savoir que 3% des visiteurs venaient sur le site avec l’intention d’acheter un produit, alors que le taux de transformation était de 2,2% (ce qui fait 0,8% de ventes gâchées) ;
  • Ils ont aujourd’hui un taux de transformation à 5,5% et ambitionnent de dépasser le milliard de $ de C.A. en ligne ;
  • 100$ investis dans du test et de l’optimisation génère 300$ de C.A. supplémentaires ;
  • Ils sont dans un processus d’optimisation permanente, car 80% des premières versions des pages sont abandonnées au profit de leur évolution (ils font beaucoup de tests multivariables)
Les différentes versions d
  •  Leurs prochains chantiers seront d’améliorer la localisation du site, la personnalisation pour chaque utilisateur et la fidélisation (gros travail sur les « prospects froids »).

Nous terminons cette keynote avec Nills Müller (TrendOne), un futurologiste venu nous parler d’innovation :

  • Différents concepts sont présentés (nano-ordinateurs, information et services ambiants, lentilles optiques à réalité augmentée, reconnaissance faciale) qui font écho au projet de Google Glasses;
La reconnaissance faciale en action
  • Sur les 20.000 MM€ dépensés dans les médias, seuls 15% sont affectés au digital (« Fuck analog!« ) ;
  • Nous sommes passés des médias 1.0 centrés sur l’attention, aux médias 2.0 centrés sur la participation (ex : conversations, gamification…), aux médias 3.0 centrés sur l’immersion (ex : réalité augmentée, 3D…), aux médias 4.0 exploitant les objets connectés (ex : NFC et l’étonnant concept de BrandTable), aux médias 5.0 qui exploiteront la pensée et les implants (ex : les appels téléphoniques silencieux de The Audeo ou les jeux de Emotiv).
Exemple d'interface émotionnelle

Une conférence tout à fait rafraichissante pour nous rappeler que le futur n’est pas si loin.

Predictive Marketing

Une session très attendue sur les outils de projection et d’extrapolation de données appliquées au marketing, présentée par Katrine Kieldsen (Adobe) John Bates (Predictiv Analyst) et Bill Gassman (Gartner) :

  • Le marketing prédictif vous incite de passer d’une logique réactive à une logique proactive ;
  • Les projections statistiques trouvent de nombreux domaines d’application (distribution, finance, logistique…) dont le football (notamment le club du Milan AC) ;
  • Le data mining appliqué au marketing permet surtout de comprendre ce qui s’est passé, mais pas d’anticiper ce qui va arriver de façon précise, notamment en matière de transformation et de rétention ;

    Les différents domaines du marketing prédictif
  • Les équipes d’Adobe travaillent dur pour finaliser des produits prêts à l’emploi pour les marketeurs (anticipation des anomalies, des taux de participation, de l’engagement…) afin de les aider dans leur travail quotidien de segmentation et de budgétisation ;

    Les bénéfices du marketing prédictif
  • Des enseignes de distribution comme Target sont capables de deviner si une cliente est enceinte en fonction de l’évolution de ses habitudes de consommation (achat de crèmes hydratantes anti-vergétures ou de compléments alimentaires au calcium) ;
  • Les outils prédictifs sont particulièrement efficaces pour augmenter le taux de rétention (permets d’avoir une longueur d’avance sur les concurrents et préparer le futur achat en amont) ;
  • Les projections statistiques sont généralement basées sur des cycles d’activité (la moitié de nos achats sont contrôlés par nos habitudes) et s’appliquent particulièrement bien au trafic des sites web ;

    Analyse de la fiabilité des projections
  • « Si les projections fondées sur les évènements passés étaient systématiquement corrects, les historiens seraient les personnes les plus riches sur terre » (celle-là est de Warren Buffett) ;
  • L’enjeu du predictive marketing n’est pas d’augmenter le nombre de clients, mais de concentrer les efforts sur les clients qui ont la plus grande valeur potentielle ;
  • À chaque type de produit correspond un modèle prédictif, car les comportements d’achat (habitudes, stimuli…) sont spécifiques à chaque produit ;
  • Les predictive analysts ont à leur disposition bien plus de matière première qu’avant : Données comportementales (les pages visités et liens cliqués), les données CRM (achats précédents), les données en provenance des médias sociaux (profil, amis…), données issues des terminaux mobiles…
  • Parfois il suffit de bien étudier le contexte pour anticiper une tendance, l’idéal est de prendre en compte le contexte dans les prédictions ;
  • L’analyse prédictive (ce que va se passer) est la suite logique de l’analyse descriptive (ce qui s’est passé), et doit logiquement être suivie par une analyse prescriptive (ce que vous devez faire).

    Les trois stades de maturité du marketing prédictif

Une session intéressante qui a eu le mérite de bien planter le décor… mais pas forcément de montrer des choses concrètes (des produits).

Pour la suite des comptes-rendus, ça se passe ici : Le point sur les pratiques de mobile analytics.

Un compte-rendu officiel avec les annonces a également été publié ici : Adobe Digital Marketing Summit EMEA 2012 – It’s a wrap!.

Voilà déjà venue la fin de l’après-midi. Nous aurions dû normalement assister à une présentation des dernières innovations en matière de predictive marketing, mais il y avait du retard dans le planning et nous avons dû partir pour prendre notre train. À peine le temps de s’avaler un Whooper pour le gouter et nous sommes déjà dans l’Eurostar qui nous ramène à Paris.

Ce font donc deux journées très denses où j’ai eu l’occasion de rencontrer de nouvelles têtes et surtout de constater les nouvelles ambitions d’Adobe en matière de marketing digital. Force est de constater qu’ils ne font pas les choses à moitié et que l’Adobe que nous connaissions il y a 10 ans (Photoshop, Acrobat…) n’a plus rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui. Les rachats successifs de Macromedia et d’Omniture ont en effet profondément modifié l’offre (qui se structure aujourd’hui autour de la création et du marketing) et la culture (pour passer d’un modèle de licences à un modèle par abonnement et SaaS).

[Adobe Digital Marketing Summit] Jour 1 (suite et fin)

Suite de mon séjour à Londres pour le Digital Marketing Summit où les sessions s’enchainent (cf. E-commerce et personnalisation et Découverte de la plateforme dédiée aux médias sociaux d’Adobe). J’ai un peu l’impression d’avoir couru dans tous les sens au cours de cette journée, heureusement que la Press Room était un havre de paix et de bien-être avec une belle déco toute blanche.

La salle réservée à la Presse

La journée se termine avec deux conférenciers de choix. Ils nous annoncent au passage le lancement de la version européenne de CMO.com, le portail des responsables marketing.

The New School of Marketing

Scott Olrich sur la scène du Digital Marketing Summit

Scott Olrich vient nous parler de la nouvelle génération de marketeurs et de nouvelles pratiques de marketing :

  • La nouvelle génération de marketeurs s’efforce de modifier les cultures et organisations pour proposer aux clients des expériences plus riches et de nouveaux modes d’engagement ;
  • L’adage « Location, location, location » est toujours d’actualité, mais l’emplacement a changé et s’est déplacé vers les médias sociaux et les terminaux mobiles ;
  • La méthode traditionnelle (Acquisition > Relation) ne fonctionne plus sur les médias sociaux, il faut penser à l’envers (Relation > Acquisition) ;
  • Les habitudes et attentes des clients et prospects ont changé, il faut adapter en conséquence l’expérience des points de vente (ex:  Apple Store) mais également fournir le contexte pour générer des conversations ou des interactions sociales entre les clients (ex : New Look) ;
  • Comme précisé plus haut, les internautes passant de plus en plus de temps sur les terminaux mobiles et les médias sociaux, il convient d’arbitrer les investissements publicitaires en conséquence ;
  • Avec la compétition pour l’attention sur les médias sociaux, nous entrons dans l’ère de la re-permission où il faut constamment entretenir la relation avec les clients / prospects.

Un discours plutôt générique, mais qui remet au goût du jour la notion de permission marketing.

New Media

Arianna Huffington sur la scène du Digital Marketing Summit

Arianna Huffington monte sur scène pour parler de la façon dont le digital a changé l’industrie de la publication :

  • Le Huffington Post est né il y a sept ans sur la notion d’engagement (au travers des commentaires) ;
  • La section Divorce est la plus populaire au sein de leur galaxie de 66 sites (« On peut mettre fin à un mariage, mais pas à un divorce !« ) ;
  • « L’ubiquité est la nouvelle exclusivité », l’important est de délivrer l’information sur le plus grand nombre de supports ;
  • Ils ont toujours porté une attention particulière aux commentaires (plus de 150M publiés à ce jour) avec un système de modération très avancé pour élever le débat et engendrer des conversations « civiques » ;
  • Leur ADN est de publier les histoires que les autres médias ne peuvent / veulent pas raconter ;
  • Un autre enseignement : « Skate where the punks are going, not where the punks are » ;
  • La multiplication des sources d’information nous rend plus intelligent, mais pas forcément plus sage, il est important de bien répartir le temps que l’on passe connecté avec les autres et celui où l’on peut être connecté à sois-même (elle fait référence à la méditation, une pratique choyée par Steve Jobs) ;
  • La créativité est directement liée à la paix intérieure et à une hygiène de vie saine (sans stress et sans retard de sommeil), il vont à ce sujet lancer un site dédié (GPS for the Soul) ;
  • Le meilleur moyen de terminer un projet est de l’abandonner (pour se concentrer sur les choses essentielles) ;
  • Ils essayent d’avoir une approche non-intrusive de la monétisation de leurs contenus en lançant de sections sponsorisées par de gros annonceurs supportant la même cause ;
  • « Self-expression is the new entertainment« , voilà pourquoi il y a tant de blogueurs et contributeurs à Wikipedia ;
  • Nous sommes dans un nouvel âge d’or de la publication grâce aux médias sociaux et aux terminaux mobiles.

Un discours très surprenant (je ne m’attendais pas à ça), et surtout très enrichissant. Du coup, je suis motivé pour pratiquer la méditation quotidienne et les siestes !

Le compte-rendu de la seconde journée est ici : [Adobe Digital Marketing Summit] Jour 2.

[Adobe Digital Marketing Summit] Compte-rendu jour 1

Me voici donc à Londres pour assister à la première édition européenne du Adobe Digital Marketing Summit, le RDV des marketeurs digitaux. Le trajet en Eurostar depuis Paris me permet de retrouver de vielles connaissances comme Cédric Drouot de Scene7 (qui m’a fournit bon nombre d’exemples pour RichCommerce.fr), mais c’est en arrivant à la gare de St Pancras que je retrouve la délégation nordique des experts du commerce en ligne et des web analytics avec des têtes connues comme Nicolas Malo ou Laurent Evain ou des blogueurs que je n’avais pas eu l’occasion de rencontrer comme Édouard Austin,  Florian Guidicelli ou Carole Da Silva.

La conférence va avoir lieu au centre d’exposition de Battersea Park, dans le quartier de la fameuse usine de Battersea Power Station. D’ailleurs la vue depuis ma chambre d’hôtel est très impressionnante :

Battlesea
La Battersea Power Station depuis ma chambre d'hôtel

Dès le premier jour, la météo anglaise ne nous déçoit pas avec un froid glacial et une pluie polaire (ou peut-être l’inverse). Une fois nos saucisses avalées, nous sautons dans un des cabs décorés aux couleurs de l’évènement pour rejoindre le community pavillon.

Cab
Un taxi londonien aux couleurs d'Adobe

Comme pour chaque évènement Adobe, la déco est particulièrement soignée avec une ambiance très feutrée et de beaux stands colorés.

Le hall principal avec les stands

À peine le temps de s’installer que les portes de la salle principale s’ouvrent pour nous faire découvrir l’impressionnante installation permettant d’accueillir les presque 1.700 participants de l’évènement pour la première session plénière.

Keynote Room
La grande salle de conférence

Keynote : The Power of the Digital Self

Brad Rencher (Senior VP Digital Marketing) ouvre cette session plénière avec un discours centré sur l’évolution des pratiques de marketing à l’ère du digital :

  • Les disciplines du marketing ont connu de nombreux bouleversements ces dernières années avec l’avènement des médias sociaux et de la mobilité ;
  • Les marketeurs ont maintenant accès à une masse considérable de données, loin des promesses des big data, l’enjeu pour les marques et organisations est de collecter et traiter les données générées par les 1,5 milliard d’internautes et les interpréter en autant de signaux ;
  • Là où il y a seulement quelques années, le comportement des internautes se limitait à des clics, les signaux envoyés sont maintenant beaucoup plus complexes (status update, like, tweet, checkins, photos…) ;
  • Les nombreuses plateformes sociales utilisées par des dizaines / centaines de millions de personnes nous fournissent des informations très précieuses sur notre vie et nos humeurs (Facebook, Twitter, LinkedIn, Spotify, Instagram…) ;

    Keynote data
    Illustration de notre identité numérique avec les médias sociaux
  • La confidentialité n’est pas seulement une préoccupation des Européens, les internautes du monde entier sont concernés par ce que les marques et organisations peuvent faire avec les données personnelles ;
  • Si la masse des données personnelles disponibles a considérablement augmenté, elles demandent néanmoins un effort considérable pour les collecter et les interpréter correctement. Heureusement, les dernières avancées technologiques nous aident dans cette tâche (cloud computing, APIs…) ;
  • Les trois piliers d’une expérience réussie sont les contenus, les données et l’optimisation. Plus précisément des contenus optimisés pour chaque utilisateur grâce aux données ;

    Keynote pillars
    Données et contenus sont deux ingrédients indispensables d'une bonne expérience
  • Les pratiques de marketing se sont déplacées d’un focus sur la marque à un focus sur les données qui sont la matière première des marketeurs modernes et ouvrent de nombreuses nouvelles opportunités et de nouvelles pratiques (predictive marketing, web experience management, progressive profiling…).

Pour illustrer ces nouvelles opportunités et disciplines, une première démonstration de Discover, un outil permettant de faire du path analysis et de la segmentation avancée avec de très belles représentations visuelles.

Discover
L'interface de Adobe Discover

Autre démonstration avec le tout nouveau Adobe CQ, une solution de web experience management qui combine de la gestion de contenu avec de l’analytics et des outils d’optimisation :

CQ5
L'interface de Adobe CQ

La solution permet aussi de contrôler plus facilement le rendu d’un site sur les terminaux mobiles. Cette solution peut s’apparenter à un CMS (coutil de gestion de contenu), mais elle propose bien plus, car elle permet de personnaliser et d’enrichir l’expérience des internautes à partir de leur « contexte client » (leur provenance, leur profil…).

Retour sur scène de Brad Rencher pour nous parler de publicité et de ROAS (Return On Ad Spends)  :

  • La solution Adobe Insight  offre de très beaux tableaux de bord et outils de visualisation pour étudier la performance des différents leviers (display, paid search, email, social…) sur les canaux en et hors ligne ;

    Insight
    L'interface d'Adobe Insight
  •  La solution de predictive marketingpermet de faire de projections précises pour anticiper la répartition de vos dépenses publicitaires en fonction de vos objectifs et des segments ciblés ;

    Marketing Suite Segments
    L'interface de l'outil de predictive marketing

La session se poursuit avec une présentation des solutions de publishing :

  • La solution de Path Analysis permet de tracker la diffusion de contenus vidéo sur différents supports (web, tablettes, TV connectées…) ;
  • En fonction des données fournies par Audience Manager, il est possible de définir des scénarios de personnalisation reposant sur des segments que l’on peut combiner entre eux.

Les démonstrations se poursuivent avec un focus sur le social marketing :

  • La création de bannières ou de publications se fait au travers d’une interface très intuitive ;

    Status update
    L'interface de création de social ads dans Facebook
  • Une interface drag&drop permet également de créer des applications sociales entièrement à la souris pour les publier sur votre page Facebook (ou ailleurs).

    Social app
    L'interface de création d'une application sociale pour Facebook

La keynote se termine en beauté avec la visite de Kevin Lynch pour nous parler de la vision d’Adobe sur l’évolution du marché et de leur offre :

  • Les solutions ne sont pertinentes que si elles prennent en compte les terminaux mobiles et s’intègrent avec leur offre de cloud computing (Creative Cloud), il fait référence notamment à la disponibilité de tableaux de bord adaptés aux tablettes (ici une vue des conversations sur Twitter pour un iPad) ;

    Cloud dashboard
    Surveillez vos citations sur Twitter depuis votre iPad
  • Le cloud est particulièrement performant pour la gestion des fichiers sources (assets) et le laborieux processus d’approbation.

    Creative cloud
    L'interface de collaboration du Creative Cloud

Nous terminons donc sur cette vision d’intégration entre les données, le contenu, les outils d’optimisation et les services dans les nuages pour augmenter la réactivité et faciliter la prise de décision.

MàJ : D’autres comptes-rendus ont été publiés : E-commerce et personnalisationDécouverte de la plateforme dédiée aux médias sociaux d’Adobe et Jour 1 (suite et fin).

Les commentaires sont fermés

En route pour Londres et le Adobe Digital Marketing Summit

Demain je prendrais l’Eurostar pour me rendre au Adobe Digital Marketing Summit, l’évènement dédié au marketing digital organisé par Adobe. Un événement similaire a déjà eu lieu en Mars aux États-Unis, mais il est plutôt passé inaperçu. Quel dommage, car ces deux jours de conférences seront intégralement consacrés à parler de marketing digital : Publicité, multicanal, personnalisation, conversion, expérience client, médias sociaux, mobilité, analytics

Comme pour chacun de mes déplacements, je serais sur le pont pour vous faire des retranscriptions des keynotes et des différentes sessions. Par contre, je pense que je répartirais les comptes-rendus sur mes différents blogs en fonction de la thématique : les sessions qui parlent de social marketing sur MediasSociaux.fr, celles qui parlent de mobilité sur TerminauxAlternatifs.fr, celles qui parlent de commerce en ligne sur RichCommerce.fr

Sinon vous pourrez également suivre mes tweets sur mon compte (@fredcavazza) ou à l’aide du tag officiel (#AdobeSummit).

Mes 3 sites coup de coeur pour Avril 2012

Comme chaque mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont tapé dans l’oeil, et ce mois-ci, il y a du lourd, du TRÈS lourd.

Commençons très fort avec Asana, une solution de gestion de tâches collaborative très bien pensée (De l’intérêt de mettre les tâches au coeur de la collaboration) :

La page d'accueil de Asana

C’est le formidable travail d’épuration qui frappe dès l’affichage de cette page d’accueil : Une promesse forte, des bénéfices parfaitement mis en scène (capture d’écran + argumentaires en dessous) et beaucoup d’espace pour concentrer l’attention. La typo choisie est d’une lisibilité exemplaire, les couleurs sont bien contrastées et les options possibles sont réduites au minimum (Create an Account, Sign Up et Log in). La partie de la page est également un modèle du genre avec une mise en page minimaliste, mais terriblement efficace des explications détaillées. Du grand art !

Poursuivons avec GiftDish, un service de suggestion et de gestion des cadeaux :

La page d'accueil de GiftDish

Là encore, un gros travail d’épuration a été réalisé pour n’afficher que le strict minimum : Titre, promesse, identification et bénéfices (vous apprécierez au passage l’effort de réassurance pour l’utilisation de Facebook Connect). Mais ce qui plait par-dessus tout sur cette page, ce sont les textures : le fond de page, les rubans et autres effets d’embossages. Je regrette par contre l’utilisation du rouge pour les titres des quatre bénéfices (le rouge est une couleur très complexe à manier), de même que le « Have an account? » qui passe inaperçu en haut de page. Ne ratez pas le bas de la page qui propose une explication à la fois détaillée et limpide du service.

Terminons avec le Project Noah, une encyclopédie collaborative de la vie animale :

La page d'accueil du Project Noah

Là encore, je suis séduit par l’impressionnant travail réalisé sur les textures, on a vraiment envie de toucher l’écran pour les sentir sous ses doigts (vivement les tablettes à écran haptiques !). Cette page d’accueil est à la fois colorée et parfaitement bien rythmée avec ce découpage en strates horizontales. Les textes sont courts et percutants, les photos donnent envie et les pictos sont parfait séduire les enfants (une des cibles prioritaires du service). Le carrousel en coeur de page fonctionne plutôt bien, mais le picto sélectionné aurait mérité une mise en surbrillance plus visible. De même, les intitulés de navigation du haut de page sont un peu petits, dommage, car il y a pourtant plein de place.

Ce n’est pas tous les mois que je fais une aussi belle récolte, j’espère que vous apprécierez !

Les articles publiés sur mes autres blogs en avril 2012

Comme chaque mois, je vous propose une synthèse des articles publiés sur mes autres blogs (petit mois en raison des vacances et d’une grippe).

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

Comment le cloud s’installe dans notre quotidien

Il y a quelques années, le cloud computing était un domaine réservé aux informaticiens, un sujet obscur que l’on évoquait entre initiés. La situation a bien changé puisque l’informatique distante est maintenant présente dans notre quotidien sans que nous nous en rendions compte : vos emails, vos photos, votre musique… toutes ces informations et données sont maintenant stockées sur des serveurs distants. Est-ce une bonne chose ? Bien sûr, car vous êtes maintenant libéré des contraintes de stockage et de pérennisation. Avons-nous atteint l’apogée de ce que le cloud computing peut nous proposer ? Certainement pas ! D’ailleurs le cloud computing est est des trois piliers de transformation que j’ai identifiés pour 2012 (Du SoLoMo au ToDaClo).

Le cloud dans votre environnement professionnel

En début de semaine Adobe a présenté en grandes pompes sa toute nouvelle offre Creative Cloud. Pour résumer une longue histoire, cette offre vous donne accès pour 59€/mois à l’ensemble des logiciels de la gamme ainsi qu’un certain nombre de services dans les nuages (Everything you need to know about today’s Adobe event, CS6 and Creative Cloud).

Détails de l'offre Creative Cloud d'Adobe

Ça n’a l’air de rien comme ça, mais Adobe mise gros sur cette offre, TRÈS gros : ce n’est ni plus ni moins que la reformulation de son modèle économique pour lutter contre le piratage et préparer l’avenir. Car c’est bien de l’avenir de l’industrie du logiciel dont il est ici question. Cette offre est selon moi une transformation culturelle et économique gigantesque pour un éditeur, et elle préfigure un modèle qui va impacter tous les professionnels du secteur : les logiciels vont devenir des produits d’appel (des commodités), vous pourrez les télécharger et les utiliser librement, mais il faudra payer pour accéder aux fichiers qui seront créés avec. Cette traduction n’engage que moi, mais elle reflète bien l’évolution de nos habitudes de travail : nous ne produisons plus de façon autonome et individuelle, notre production est à un moment donné forcément collective et partagée, d’où l’idée de déporter la valeur depuis les logiciels vers ce qu’ils permettent de produire, et de déployer des services à valeur ajoutée autour de cette production.

Je ne m’attarderais pas sur l’impact de cloud computing, Louis Naugès le fait mieux que moi. D’authentiques empires ont été bâtis grâce au cloud computing, Amazon, Microsoft ou encore SalesForce misent leur avenir sur le cloud computing, qui touche à la fois la sphère privée et publique (Salesforce.Com Unveils the Government Cloud). Google est également un des principaux promoteurs et architectes du cloud computing avec des services historiques comme Gmail ou Docs et son tout nouveau Drive.

L’ambition de Google pour cette offre est de proposer un espace de stockage en ligne universel, aussi bien pour vos fichiers de travail (se positionnant en concurrence frontale avec les offres de collaboration intermédiaire : Google Drive vs. Dropbox, SkyDrive, SugarSync, and others: a cloud sync storage face-off), que pour vos fichiers personnels (photos ou musique : Google Had Big Expectations For Its Music Service).

Mais outre le fait de simplifier le stockage et la diffusion, le cloud computing permet également de proposer des services jusque-là impossibles, comme par exemple l’impression distante et notamment l’offre Cloud Print : Google Cloud Print now lets you print to any FedEx Office location in the US.

Imprimez vos documents dans le magasin le plus proche avec Google Cloud Print

Le cloud dans votre quotidien personnel

Comme précisé en début d’article, le cloud est un levier de transformation très puissant pour notre environnement professionnel, mais il est également omniprésent dans votre vie quotidienne :

Vos contenus disponibles sur tous vos appareils Apple avec iCloud

Si ces services connaissent un succès grandissant (Apple iCloud Has 125 Million Users), c’est parce que nous passons de plus en plus de temps en ligne et que nos fichiers personnels sont éparpillés sur différentes machines, là où ils ne sont que partiellement accessibles et pas forcément en sécurité (les disques durs n’étant pas fiables). Les services dans les nuages sont alors là pour nous proposer une solution viable pour le stockage, la diffusion et la synchronisation.

Evernote est d’ailleurs à ce sujet un acteur de référence dans ce domaine en proposant toute une série d’applications pour vous aider à ne rien oublier organiser vos trouvailles quotidiennes (notes, articles, captures d’écran, rencontres, recettes de cuisine, cours…).

Evernote se charge d'organiser vos souvenirs au quotidien

Démarrer comme un service de partage de notes, Evernote se définit maintenant comme une plateforme (notamment avec son offre Trunk) et ambitionne de vous aider à ne plus rien oublier (tout comme Google ambitionne de vous aider à tout trouver). De ce point de vue là, l’informatique dans les nuages n’est plus vraiment une lubie d’informaticiens, mais la première étape vers l’humanité augmentée, où notre quotidien est rendu plus riche grâce aux NTIC et où les machines nous aident à repousser nos limites (ici, la mémoire).

Notre vie dans les nuages

Puisque nos fichiers personnels, contacts, loisirs, souvenirs… sont maintenant dans les nuages, quelle va être la prochaine étape ? Peut-être de reprendre le contrôle de cette nouvelle forme de dispersion : d’une façon paradoxale, pour pouvoir lutter contre l’éparpillement de nos fichiers personnels sur différentes machines, nous les plaçons dans les nuages et les éparpillons à nouveau entre différents fournisseurs. Se pose alors la question de ce que ces fichiers vont devenir : vos playlists, vos photos, mais également tout ce que vous pouvez faire sur les réseaux sociaux. Car si tout le monde s’offusque des conditions générales d’utilisation de Google Drive, l’opinion publique semble avoir oublié que Facebook ou Twitter reposent des CGUs pas vraiment rassurantes sur les conditions d’exploitation et de pérennisation de nos photos / messages. Pour vous en convaincre, il vous suffit d’essayer de supprimer une photo dans Facebook ou de rechercher un tweet de plus de 2 ans…

Ceci étant dit, il faudrait être d’extrême mauvaise foi pour s’en plaindre alors que nous sommes connectés tous les jours à ces services sans nous soucier de savoir comment ils gagnent de l’argent (Nous faudra-t-il payer pour préserver notre vie privée ?).

Bref, tout ça pour dire que la prolifération des offres ouvre la voie à une nouvelle catégorie d’acteurs offrant la possibilité de gérer de façon centralisée vos différents comptes ainsi que l’accès aux contenus. Jolicloud propose ainsi une offre intéressante de meta-cloud qui vous donne une vision exhaustive de ce que vous avez publié et vous permet de l’archiver en connectant vos différents comptes : Jolicloud Me, Making Your Own Personal Cloud … From All the Other Clouds.

Vos archives personnelles dans les nuages avec Jolicloud

Dans l’absolu, tous ces éditeurs ne vous forcent à rien. Mais bon… nous payons pour assurer notre santé, nos voitures et nos maisons, pourquoi ne pas payer pour protéger nos souvenirs ? Après tout vous passez plus de temps sur les médias sociaux que dans votre voiture, non ?

Je ne vois pas nécessairement l’avènement de cloud computing comme une mauvaise chose, plutôt l’évolution logique d’un outil informatique dont on ne peut définitivement plus se passer dans notre quotidien : ordinateurs, smartphones, services bancaires et financiers… Le cloud est partout, littéralement, n’essayez pas de vous y soustraire, mais plutôt d’en profiter, car il peut vraiment améliorer votre quotidien.

Mes 3 sites coup de coeur (avril 2012)

J’ai zappé les poissons d’avril, mais je suis toujours au rendez-vous pour ma sélection mensuelle de sites agréables à l’oeil.

Commençons avec Human Touch, un fabricant de fauteuils de massage (je me laisserais bien tenter) :

La page d'accueil du site Human Touch

Une fois n’est pas coutume, j’ai choisi une page d’accueil plutôt chargée, avec une forte densité d’informations, mais avec des unités de lecture bien délimitées. Certes il y a beaucoup de textes sur cette page, mais la hiérarchisation des titres et liens permet de bien isoler les différents blocs et de s’y retrouver facilement, surtout avec les petits visuels. Il y a deux très bonnes idées dans cette page : le découpage horizontal avec un dégradé de gris (pour rythmer la lecture) et le témoignage qui déborde sur la photo centrale pour équilibrer le carrousel. Au final, nous avons une page qui fonctionne très bien malgré des tonnes de titres, textes, liens… un bon contre-exemple en fait !

Poursuivons avec Bagigia, un fabricant de sacs à dos confectionnés à partir de bouillottes (je me laisserais bien tenter aussi) :

La page d'accueil du site de Bagigia

Ce site propose une construction verticale avec des écrans qui s’enchainent dans la hauteur de page. Le procédé est plutôt (très) irritant, mais comme il est possible de naviguer entre les pages à l’aide de la souris, du clavier, des puces à droite et de la glissière en bas de l’écran, on arrive à basculer d’un contenu à l’autre sans trop de mal. En revanche, la grande force du site est de proposer une mise en page ultra minimaliste avec un header replié et quasiment aucun texte. L’essentiel de l’écran est donc consacré au produit en lui même et l’effet est plutôt spectaculaire. L’épuration extrême de la page contraste fortement avec les textures du produit (ou du header) qui donne presque envie de toucher l’écran. Bref, un site qui fait envie pour un produit parfaitement mis en valeur.

Terminons avec MyOwnBike, un fabricant de vélos (là par contre ça ne me tente pas) :

La page d'accueil du site MyOwnBike

Encore un très bon travail de minimalisme pour limiter au maximum les textes dans le coeur de page ou au niveau du bandeau de navigation. Comme dans le site précédent, le fond gris permet d’éviter la désagréable impression de vide. Les boutons ressortent parfaitement et les onglets du bas de page proposent une très bonne lisibilité. Un conseil : faites un tour du côté du konfigurator pour concevoir votre propre vélo.

La suite la semaine prochaine.

Salesforce intègre le club des dix acteurs incontournables de l’internet

Voilà près de 15 ans que je travaille dans l’industrie de l’internet. Énormément de choses se sont passées en 15 ans (Bilan de 10 ans d’interactivité), et des géants se sont installés durablement. Je ne suis pas un fan des classements et des listes, mais je vous propose néanmoins une réflexion autour de la liste des dix acteurs incontournables de l’internet en 2012. Ceci n’est pas un classement rationnel, uniquement mon ressenti en tant qu’observateur privilégié (je passe quand même 12h par jour devant mon écran depuis près de 15 ans).

Nous retrouvons ainsi dans cette liste des acteurs historiques :

  • Microsoft, l’architecte de Windows et d’Internet Explorer, mais également le repreneur de Skype et l’éditeur de nouveaux services comme Bing ou la plateforme Azure. Bref, un acteur encore actif.
  • Yahoo!, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, entrainant dans sa chute des perles comme Flickr ou Pipes et a dû se délester de pépites comme Delicious ou encore Zimbra. Même si, après 17 années d’existence, le portail bénéficie encore d’une audience colossale (que l’on a tendance à minimiser), je vois mal comment ils pourraient ralentir le déclin (pourtant il y a des expérimentations intéressantes : Yahoo C.O.R.E. Aims To Personalize The Reader Experience In Pandora Fashion).
  • AOL, l’autre portail de référence qui essaye de se refaire une jeunesse en rachetant des blogs à prix d’or (Huffington Post, Techcrunch) ou des services mobiles à la mode (Hipster). Là encore, l’audience est colossale, mais qui s’y intéresse ?

Nous retrouvons également dans cette liste des acteurs périphériques :

  • Apple, qui est indéniablement LA star de la sphère high-tech mondiale, mais qui n’a un impact que limité sur le web dans la mesure où la firme californienne ne produit « que » du hardware et n’édite pas de sites (je mets volontairement de côté iTunes, car c’est un environnement fermé).
  • Adobe, certainement l’éditeur qui a le plus contribué à faire du web ce qu’il est aujourd’hui, mais qui ne propose « que » des logiciels (Photoshop, Dreamweaver, Omniture…). Il y a bien des offres hébergées (Acrobat, Omniture, Business Catalyst…), mais leur impact est encore négligeable. Toujours est-il qu’ils sont en pleine remise en question (Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels), ce qui est plutôt une bonne chose.

Il y a enfin les actuels géants du web :

Voilà, ça nous fait une belle liste de neuf acteurs majeurs de l’internet. Cela nous laisse donc la place pour une société plus récente, mais qui a eu une croissance fulgurante et un rôle prépondérant dans le développement du cloud computing : Salesforce.

Historiquement positionner sur le créneau des outils de gestion de forces de vente, Salesforce s’est fortement diversifié et propose une panoplie très impressionnante de services. Il existe d’autres acteurs  sur le créneau des Software as a Service (notamment Zoho), mais peu ont une telle couverture fonctionnelle dans leur offre tout en restant en cohérence avec leur coeur de métier (l’hébergement et l’exploitation d’applications métiers). Mais ce qui différencie selon moi Salesforce de ses concurrents est la vision qu’ils ont sû imposer de la Social Enterprise.

La vision schématique de la social enterprise de SalesForce

Salesforce propose ainsi des offres verticales en mode SaaS :

  • Sales Cloud, pour gérer les forces de vente ;
  • Service Cloud, pour gérer la relation-client ;
  • Chatter, pour les conversations et la collaboration interne ;
  • Radian6, une plateforme de monitoring et d’engagement sur les médias sociaux ;
  • App Exchange, une place de marché d’applications tiers.

On trouve également des offres plus techniques de PaaS (Platform as a Service) :

  • Force.com, une plateforme d’hébergement d’applications internes ;
  • Heroku, l’équivalent, mais pour les applications externes ;
  • Database.com, une plateforme d’hébergement de données ;
  • Data.com, une place de marché de données.
L'offre de PaaS de Salesforce

On retrouve enfin des offres de plus haut niveau prêtes à l’emploi :

L'interface de Site.com
Les deux derniers n’ont été lancés que très récemment, mais ils témoignent de l’ambition de l’éditeur. Je trouve ainsi que Site.com propose une approche tout à fait révolutionnaire avec une solution sachant parfaitement exploiter les autres (notamment en intégrant Sales Cloud,  Desk.com…). L’argument massue de Salesforce, celui qui a fait son succès, est toujours le même : « vous n’avez pas le temps d’attendre que vos équipes informatiques vous livrent ce dont vous avez besoin, nous pouvons le faire pour vous en un temps record« . Il faut croire que c’est un argument qui plait, car des milliers de clients ont ainsi adopté les offres de Salesforce. J’apprécie particulièrement leur discours pour Site.com qui s’articule non pas autour du TCO (« Total Cost of Ownership« ), mais du TCC (« Total Cost of Change« ).

Comme vous pouvez le constater avec cette liste des solutions proposées, Salesforce est donc une splendide réussite, un empire bâti en moins de 10 ans et qui a eu l’effet d’un véritable électrochoc pour les éditeurs traditionnels. Les prochaines étapes logiques du développement de leur offre seront de compléter les solutions verticales en s’attaquant à des acteurs de niches comme PracticeFusion.

Maintenant que je vous ai présenté ma liste, je vous propose d’ouvrir la discussion sur les trois questions suivantes :

  • Qui a été sorti du club des dix par Salesforce ?
  • Qui sera le prochain à sortir ?
  • Quel sera le premier acteur asiatique à l’intégrer (Baidu, Tencent, Rakuten…) ?

Le web est un éternel recommencement

Je ne sais plus qui a dit que la mode est un éternel recommencement, mais cette maxime pourrait tout aussi bien s’appliquer au web. Force est de constater que les « observateurs avertis » s’enflamment assez régulièrement pour tel ou tel nouveau service qui est une authentique révolution et qui est censé faire basculer le web dans une nouvelle ère (ex : Connaissez-vous Pinterest, le dernier épiphénomène d’une longue série).

Je me suis déjà exprimé sur la façon dont l’internet à évolué (Bilan de 10 ans d’interactivité) ou évoluera (Les leviers d’innovation du web pour les 5 prochaines années), mais je souhaiterais aborder à nouveau ce sujet et mettre l’accent sur les similitudes entre les services qui font référence aujourd’hui et ont on retrouve les origines au siècle dernier. Loin de moi l’idée de jouer les paléontologues numériques, mais j’estime qu’il est important de rappeler que si les interfaces et technologies évoluent, les usages fondamentaux sont les mêmes. Certes, le web de 2012 n’a plus grand-chose en commun avec le web du XXème siècle (notamment grâce aux médias sociaux, terminaux mobiles ou au cloud computing), mais ce sont surtout les moyens d’accès et modalités qui ont évolué :

  • Twitter est aujourd’hui l’outil de communication en temps réel de référence, mais à l’époque nous avions ICQ ;
  • Facebook est le roi des réseaux sociaux, mais j’avais déjà un profil et des amis sur SixDegress en 1999 ;
  • Je suis un très gros utilisateur de WordPress, mais n’oublions pas que Multimania ou Geocities permettaient de publier des pages perso ;
  • Des portails comme Heavy.com ou Break.com diffusaient de la vidéo bien avant YouTube ;
  • Shockwave.com était la destination ultime des jeux en ligne avant le triomphe de Zynga ;
  • Je partageais mes playlists sur Winamp (plutôt que Spotify) ;
  • J’organisais mes journées sur mon Psion, un modèle de simplicité d’usage, et j’installais tout un tas d’applications inutiles sur mon Palm avant que l’on ne décrète qu’Apple a inventé les app stores pour son iPhone ;
  • Ma page d’infos personnalisées était délivrée par Mon Yahoo! (plutôt que Flipboard) et je consultais des contenus mobiles hors ligne avec AvantGo (plutôt que Instapaper) ;
  • Les photos étaient partagées en ligne sur des services comme Snapfish des années avant que Flickr ne soit un projet de jeu en ligne (véridique !) ;
  • Une infinité de produits et services étaient notés et commentés sur Ciao (maintenant sur des plateformes comme Crowdstorm) ;
  • Je créais des espaces collaboratifs sur eRoom, bien avant des acteurs spécialisés comme SocialText

Comme vous pouvez le constater, la liste est longue, et l’on pourrait la continuer avec d’autres services (ne vous gênez pas, les commentaires sont là pour ça). Certes, avec les services récents tous ces usages sont grandement facilités, car ils sont plus pratiques et plus rapides, mais où est l’innovation ? En faisant un gros travail d’introspection, je me rends compte que la seule réelle innovation d’envergure de ces dix dernières années est Google Wave. Vous avez le droit de vous moquer et de penser que je débloque, car Wave a été un échec retentissant, pourtant c’est selon moi la seule proposition d’innovation d’usage en rupture avec les outils existants.

La grande question que l’on peut se poser est : mais pourquoi ne faire le coup de la révolution à chaque nouveau service qui sort ? C’est, selon moi, pour une raison toute simple : le marché a besoin de croire aux nouveaux services « révolutions » pour avancer. En d’autres termes : les opportunités de croissance sont le moteur du web, c’est ce qui tire les usages et draine les investissements. Celles et ceux qui suivent de près l’actualité se souviennent certainement de Color, une application mobile de partage de photos jugées comme « révolutionnaire » et pour laquelle les fondateurs avaient levé 50 M de $. Une histoire ridicule, mais qui n’a pas empêché la blogosphère de spéculer sur Highlight, la dernière application mobile à la mode au SXSW.

Entendons-nous bien : le but de cet article n’est pas de critiquer, mais de rappeler des faits historiques et de vous inciter à faire preuve de discernement face à la frénésie des « nouveaux Facebook » et à ce phénomène d’amnésie cyclique qui frappe la blogosphère.

Est-ce bien moi qui viens d’écrire cette phrase ? Ça alors, je n’en reviens pas, c’est à mon tour de jouer le vieux sceptique ! Ça doit très certainement être un des premiers symptômes du cap des 40 ans…