Quels usages pour les lunettes Google Glass

Tout à commencé il y a quelques mois quand les équipes de Google ont publié une mystérieuse vidéo sur un produit dénommé Google Glass qui nous projetait dans la réalité augmentée et l’informatique ambiante :

Si cette première vidéo en a fait sourire plus d’un (j’ai toujours rêvé d’être un Terminator), les choses ont pris une autre tournure quand Sergey Brin, le fondateur et patron de Google, a commencé à systématiquement porter ces lunettes lors de ses sorties publiques.

Sergey Brin avec ses lunettes à réalité augmentée

La tension est encore montée d’un cran avec l’ouverture d’un compte officiel Google Glass sur Google+ ainsi que la publication de photos provenant d’un prototype fonctionnel. Les photos en elles-mêmes n’ont rien de spectaculaire (la résolution est plutôt moyenne), simplement elles préfigurent un certain nombre d’usages auxquels ces fameuses lunettes sont destinées.

Exemple de photo uniquement possible avec les Google Glass

Un truc de sportifs de l’extrême ?

Il n’aura finalement pas fallu attendre trop longtemps pour avoir une confirmation officielle du lancement de ce produit : Google étend sa gamme Nexus pour capitaliser sur Play et nous projette dans l’avenir avec ses objets intelligents. C’est donc au cours de la conférence Google I/O 2012 que les équipes ont pu faire une démonstration flamboyante du type de service que sont capables de rendre ces lunettes. Elles seront donc disponibles en début d’année prochaine aux développeurs et la première version coûtera dans les 1.500$.

Outre le côté spectaculaire de cette démonstration, ces lunettes illustrent selon le basculement entre l’informatique traditionnelle,celle qui nécessite un ordinateur, et l’informatique ambiante qui exploite les objets de tous les jours (ici, des lunettes). Les smartphones ont ainsi été le support idéal de transition entre ces deux approches de l’outil informatique.

Vous pourriez me répondre que ces lunettes ne vous seront d’aucune utilité dans la mesure où vous n’êtes pas très sportif ou que vous n’avez pas spécialement envie de faire tourner votre enfant au bout de vos bras… mais ça serait faire l’impasse sur les immenses possibilités ouvertes par ces lunettes.

Exemple d’images capturées avec les Google Glass

D’innombrables usages au quotidien

Le principal avantage de ces lunettes est donc de pouvoir apporter différents services (photo, vidéo, réalité augmentée, géolocalisation…) sans monopoliser vos yeux ou vos mains, puisque tout se fait dans votre vision périphérique. Certes, porter ces lunettes sur votre nez vous donne un drôle d’air, mais d’ici quelques années, plus personne ne les remarquera, au même titre que les oreillettes Bluetooth que certains portent en permanence à leur oreille.

Bref, tout ça pour dire qu’une fois les lunettes chaussées et paramétrées, un monde nouveau s’offre à vous. Nous pouvons ainsi d’hors et déjà anticiper un certain nombre de cas d’usage :

  • Pour les sportifs (enregistrement de vos exploits, affichage de statistiques sur vos équipiers / adversaires…) ou pour les fans de sport (revivre un évènement sportif du point de vue des joueurs / compétiteurs) ;
  • Pour les touristes en leur permettant de se repérer dans la rue (en affichant les directions en surimpression) ou de mieux apprécier la visite d’un quartier (en affichant les points d’intérêt ou en traduisant les panneaux comme avec l’application World Lens) ;
  • Pour les musées en apportant des informations contextuelles aux visiteurs (explications sur les oeuvres, indication du sens de la visite…) ;
  • Pour les randonneurs (informations sur la faune / flore, indications topométriques…) ;
  • Pour les élèves (informations sur le fonctionnement d’un mécanisme) ;
  • Pour les malvoyants (assistance à la lecture ou au repérage d’obstacle) ;
  • Pour les acheteurs avertis (lecture du code à barres pour prix / composition / provenance…) ;
  • Pour les musiciens (affichage des accords ou de la partition) ;
  • Pour les livreurs (liste des prochaines destinations, affichage de la route et des alertes…) ;
  • Pour les clients (affichage des instructions de branchement / mise en route pour un gadget électronique, ou de montage pour un meuble) ;
  • Pour les commerciaux et hôtesses d’accueil (affichage des coordonnées et historique des clients identifiés grâce à la reconnaissance faciale) ;
  • Pour les médecins (affichage des constantes vitales du patient) ;
  • Pour les soldats et policiers (affichage de données tactiques sans quitter des yeux les suspects) ;
  • Pour les techniciens (affichage des pièces à changer ou de la procédure de maintenance à suivre…).
Réparez votre BMW en suivant la procédure

Comme vous pouvez le constater, la liste pourrait se prolonger à l’infinie. C’est très certainement le domaine de la maintenance qui pourrait bénéficier le plus rapidement de ces lunettes, car les prototypes et expérimentations existent depuis de nombreuses années. Un produit fabriqué à grande échelle ferait le bonheur des industriels qui pourraient ainsi diviser par deux leurs coûts de formation continue. Dans ce domaine, des industriels comme Metaio ou BMW sont très actifs.

Une autre niche d’usage à laquelle tout le monde pense sans oser le dire, c’est l’industrie du porno qui s’en donnerait à coeur joie (inutile d’argumenter sur ce sujet).

De même, ces lunettes pourraient vous permettre d’archiver vos souvenirs en redonnant de l’humanité et de l’intimité au principe de sousveillance.

Mais outre la réalité augmentée et la capture de photos / vidéos, il y a potentiellement d’autres usages personnels qui pourraient exploiter ces lunettes de façon plus intensive, par exemple un logiciel pour aider les joueurs de cartes qui fournirait des statistiques, des taux de réussite ou de prise de risque, qui pourrait même analyser le langage corporel des autres joueurs (à bannir en compétition bien sûr).

Toutes les pièces du puzzle sont déjà en place

Encore une fois, ne pensez pas que je suis en train de me livrer à un exercice de futurologie, car ces scénarios pourraient tout à fait se réaliser dès l’année prochaine. Si l’on y réfléchit bien, de quoi Google a-t-il besoin pour faire le lancement commercial de ces lunettes :

  • Un fabricant (avec Motorola Mobile, ils bénéficient d’une bonne capacité de production) ;
  • Un circuit de distribution (ils sont se sont déjà rodés avec les smartphones et se perfectionnent avec leur tablette) ;
  • Des logiciels pré-installés (ils ont déjà Google Googles et Voice Search) et des applications complémentaires (tout est déjà prêt avec Google Play) ;
  • Un écosystème de développeurs et partenaires (déjà en plus avec Android) ;
  • Des offres commerciales pour les marchands locaux (déjà proposées par Google Places).

Comme vous pouvez le constater, Google bénéficie d’une longueur d’avance considérable sur des projets similaires. De plus, ce produit couplé à un smartphone pourrait en faire un objet indispensable dans votre quotidien, un quotidien très proche. Reste encore à régler le problème du prix (mais les économies d’échelle et la loi de Moore sont là pour ça) et de l’apparence. Sur ce dernier point, ils sont visiblement déjà en pourparler avec de nombreux fabricants de lunettes pour intégrer leur technologie (imaginez le carton que pourrait faire un modèle de chez Oakley).

Les fabricants de lunettes traditionnelles sont déjà sur le coup

Je ne suis pas devin, mais je pense que ce projet marque un tournant décisif dans l’histoire de Google : non seulement il apporte un nouveau souffle créatif (dont ils ont besoin pour attirer / conserver les talents), mais il propulse Google dans l’ère des objets connectés et de l’informatique ambiante (How Google is becoming an extension of your mind).

Je me refuse à estampiller ces lunettes une technologie “3.0″, mais je ne cache pas mon enthousiasme quant aux innombrables possibilités qu’elles ouvrent. Autant d’opportunités qu’ils seront les premiers à saisir à l’échelle industrielle. Car il n’est pas ici question de lancer une innovation de pointe pour ravir leurs chercheurs, mais de lancer sur le marché (quasi) grand public un produit fortement disruptif qui va entrainer dans son sillage d’autres innovations d’usages et surtout d’augmenter le C.A. par client ou par utilisateur des services Google.

J’ai hâte de découvrir ce que nous réservent les autres programmes de recherche et notamment le mystérieux Google X

Les articles publiés sur mes autres blogs en juin 2012

Bientôt les vacances, pas le moment de flancher, alors je vous propose un résumé des articles publiés sur mes autres blogs.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

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Mes 3 sites coup de coeur pour juin 2012

Comme chaque mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont tapé dans l’oeil. Ce mois-ci, nous avons une superbe moisson de site grand public avec des approches graphiques assez similaires.

Commençons avec Paypal qui vient tout juste d’annoncer la nouvelle version de son site US : PayPal.com Gets a Makeover.

La nouvelle page d’accueil de Paypal

Une superbe construction en strates horizontales avec un double dégradé de couleurs pour concentrer l’attention sur le coeur de page. J’apprécie particulièrement le choix minimaliste des intitulés et textes, l’harmonie des couleurs et le côté feutré des illustrations sous la photo. Le détail qui tue : les boutons “Forgot?” dans les champs d’identification.

Continuons avec le site Android Developers qui vient également d’être lancé en marge de leur grande conférence annuelle : Google redesigns its Android Developers site as part of ramp up to I/O.

La page d’accueil du site Android pour développeurs

Là encore, il y a eu un gros travail d’épuration ET d’embellissement (ce qui n’est pas commun chez Google) pour proposer une très belle ambiance zen, mais rigoureuse. Vous apprécierez les intitulés de navigation très concis en haut et en bas de page ainsi que les larges zones de respiration. Le détail qui tue : les animations des différents items du header.

Terminons avec Songza, un service de streaming musical uniquement disponible aux États-Unis : Could Songza Kill Pandora and Even Spotify?.

La page d’accueil de Songza

Nous retrouvons sur cette page d’accueil la même construction en strates horizontales que pour les deux autres sites. Les recettes de cette page d’accueil sont les mêmes : quasiment pas de texte, des intitulés courts et précis, des illustrations sobres pour attirer le regard sans monopoliser l’attention…

La suite le mois prochain.

Il n’y aura pas de révolution mobile, car elle a déjà eu lieu

Si vous vous intéressez un minimum à l’internet et à la mobilité, vous avez très certainement dû lire l’article de Eric Jackson sur le déclin probable de Google et Facebook dans les prochaines années : Here’s Why Google and Facebook Might Completely Disappear in the Next 5 Years. La principale raison invoquée par l’auteur est que les deux mastodontes actuels de l’internet (et par analogie les autres acteurs de l’internet) n’ayant pas anticipé les transformations induites par les terminaux mobiles, ils vont progressivement disparaitre et seront remplacés par des acteurs nés de la révolution mobile.

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve l’argumentation de l’auteur très légère. D’une part je ne vois pas comment une start-up comme Instagram qui ne réalise même pas un seul cents de C.A. peut détrôner l’empire de Google qui génère pas loin de 38 MM$. D’autre part, l’auteur semble visiblement aveuglé par ce que j’appelle le “syndrome de la Silicone Valley“. Étant moi-même rédacteur sur Forbes.com (bien que pas très actif ces dernières semaines), je constate que la plupart des éditorialistes s’exprimant sur le web et la mobilité ont la très désagréable manie de penser que le monde tourne autour de San Francisco. Certes, les plus gros acteurs du web occidental sont issus de la Silicon Valley (ou du moins des États Unis), mais en ce qui concerne l’internet mobile, les pays d’Asie ou de Scandinavie n’ont pas attendu qu’Apple sorte son iPhone pour faire leur révolution mobile.

Évolution du nombre d'abonnés i-Mode au Japon

Ceci étant dit, force est de constater que le paysage de l’internet a été complètement transformé en à peine 5 ans suite à la montée en puissance des smartphones et des tablettes. Mais cette fulgurante transformation n’aurait pas été possible sans les innovations initiées au Japon, en Corée du Sud ou en Suède au siècle dernier. En d’autres termes, l’auteur de l’article a soit la mémoire courte, soit un champ de vision trop restreint (certainement les deux).

Je suis ainsi persuadé qu’il n’y aura pas de révolution mobile, car elle a déjà eu lieue. Le point de bascule de cette révolution ne se situe pas en effet lorsque la moitié des utilisateurs du web préfèreront leur smartphone à leur ordinateur, mais plutôt quand les entrepreneurs, investisseurs et annonceurs prennent conscience que le marché est en train de se déplacer (les américains disent “crossing the chasm“). Et ce déplacement a déjà eu lieu, quand le premier 1/3 des utilisateurs ont été convertis aux joies de la mobilité avec les premiers smartphones et tablettes.

Courbe d’adoption des technologies

Précisons de plus, que contrairement à l’Inde, où il y aura très prochainement plus de mobinautes que d’internautes, les utilisateurs des pays occidentaux n’abandonneront pas complètement leur ordinateur au profit d’un smartphone ou d’une tablette, ils continueront d’utiliser l’un ou l’autre de ces terminaux en fonction du contexte. Nous sommes plutôt dans une phase de commoditisation (avec des terminaux mobiles low-cost) que d’adoption.

La situation de marché décrite par l’auteur de l’article me semble donc être une aberration, un titre bien racoleur pour attirer les lecteurs avides d’articles à sensation. Et pourquoi pas une attaque de zombie à Miami ou un tronçonneur fou à Paris (Ha mince…).

Pour illustrer mes propos, laissez-moi vous rappeler quelques faits historiques :

  • Les premiers smartphones connectés au web ont été lancés au Japon en 1999 par NTT-DoCoMo (le service s’appelait i-mode, et il a fait grand bruit comme en témoigne cet article datant de 1999 : In search of smart phones) ;
  • Outre les contenus, de nombreux services de partage de photos ou de géolocalisation étaient disponibles au siècle dernier au Japon ou en Corée du Sud (ils permettaient de retrouver vos amis dans un lieu donné, comme Foursquare 10 ans après) ;
  • Le premier terminal WAP commercialisé en Europe était le 7170 de Nokia ;

    Le 7110, le smartphone des bonhommes !
  • Les premières offres WAP en France ont été lancées au début des années 2000 chez Itineris (de mémoire, donc à confirmer), les premiers terminaux mobiles GPRS à écran couleur sont sortis à la fin de l’année 2001, notamment le T68i qui me valait l’admiration de mes collègues ;-).

Croyez-le ou non, mais la révolution mobile a eu lieue au siècle dernier. Le problème est qu’elle a fait long-feu. Je ne reviendrais pas sur les raisons de ce faux départ, mais il y avait tout de même de belles réussites technologiques et surtout de réelles innovations de rupture. Je ne vois pas bien où est la rupture quand il est question de partager des photos avec un smartphone en 2012… Si certaines start-up ont effectivement tout misé sur la mobilité (Instagram n’a même pas de site web), je ne vois pas pourquoi les acteurs dominants du web disparaitraient sous prétexte qu’ils n’ont pas “anticipés la révolution mobile”. En fait cette affirmation est affreusement fausse, car elle ne tient visiblement pas compte des efforts historiques réalisés par ces fameux acteurs :

  • Google tout d’abord, qui propose depuis de nombreuses années des versions mobiles de l’ensemble de ses services. Ils ont également investi lourdement pour racheter une régie publicitaire mobile (Admob) et créer leur propre système d’exploitation mobile (Android). Ils mettent enfin les bouchées doubles ces derniers mois pour évangéliser le marché et s’imposer comme le leader naturel (cf. Google en passe de s’approprier l’internet mobile ?).
  • Amazon n’est ensuite pas en reste, car il propose également depuis de nombreuses années une série d’applications mobiles marchandes. Ils ont également lancé l’année dernière une nouvelle version majeure de leur site web, la troisième, pour simplifier l’affichage sur les tablettes (Amazon is testing a slick new site design, built with tablets in mind).
  • Microsoft est également un acteur historique de la mobilité, notamment sur les PDA (l’ancêtre des smartphones). Même si la firme de Redmond a été clairement distancée par Apple, elle reste néanmoins encore très bien ancrée dans le monde de l’entreprise et a opéré un virement spectaculaire pour le futur Windows 8 dont l’interface reposera majoritairement sur HTLM5.

Bref, tout ça pour dire que les leaders actuels de l’internet ne sont pas autant largués sur leur offre mobile que certains le laissent à penser. Souvenez-vous que par exemple que plus de la moitié des connexions à Facebook se font au travers d’un terminal mobile.

Ce qui nous amène logiquement vers LA grande question du moment : quelle va être la prochaine révolution de l’internet. Si l’on met de côté le social et la mobilité (que je considère comme déjà acquis), pour moi la véritable révolution sera multi-écran. Nous assistons en effet aujourd’hui à un phénomène de fragmentation de l’audience sur différents types d’écrans : TV, ordinateur, smartphone, tablette… Les prochains avantages concurrentiels ne concerneront pas la capacité d’un fournisseur de contenus ou services à s’approprier les terminaux mobiles, mais à assurer une continuité de service et une expérience homogène quelque soit le médium : ordinateur, smartphone et tablette (iOS, Android, Kindle…), TV connectée, smartframe, voiture et objets connectés…

La clé de la réussite reposera sur trois facteurs-clés :

  • Le cloud computing, maitriser la composante cloud est un ingrédient essentiel pour une distribution optimale des contenus et surtout pour une synchronisation entre les supports ;
  • La simplicité d’usage, un critère de réussite indispensable pour faciliter la compréhension d’une expérience distribuée sur plusieurs terminaux (et donc pour l’adoption) ;
  • La monétisation, indispensable pour pouvoir rembourser les investissements et assurer la pérennité des opérations.

En cumulant ces trois facteurs-clés, ainsi qu’une proposition de valeur solide, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour acquérir de façon durable des parts de marché. Certes, il est possible de duper certains analystes du dimanche en séduisant rapidement quelques millions d’utilisateurs avec un service entièrement gratuit (oui, c’est d’Instagram dont je parle), mais ça serait oublier la dure leçon apprise lors de l’effondrement de la bulle spéculative des années 2000.

Moralité : la révolution mobile a commencé il y a bien longtemps et il ne reste plus beaucoup de place à prendre. Si vous cherchez l’inspiration pour un modèle gagnant, cherchez du côté d’Evernote ou de Hipmunk. Si vous souhaitez vous lancer, passez directement à l’étape suivante et pensez votre offre selon un contexte multi-écran (et pas seulement mobile).

Les articles publiés sur mes autres blogs en mai 2012

Comme chaque mois, je vous propose une synthèse des articles publiés sur mes autres blogs. Le mois dernier était particulier car j’ai eu la chance d’aller à Londres pour assister au Digital Marketing Summit organisé par Adobe, les comptes-rendus sont ici :

Sinon vous trouverez après la liste des autres articles.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

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La recherche passe à l’ère sémantique (et sociale) (et pas visuelle)

La semaine dernière, la frénésie autour de l’IPO de Facebook était a son apogée et qui a fait passé presque inaperçu un changement majeur pour le web : l’évolution du fonctionnement de la recherche de Google (Introducing the Knowledge Graph: things, not strings).

Google à l’assaut du web sémantique avec son Knowledge Graph

Le panneau de recherche sémantique de Google

La raison majeure de cette évolution est la prise en compte de données sémantiques dans les résultats de recherche. Le principe est le suivant : plutôt que se fier à des chaînes de caractères, Google va maintenant travailler à partir de données structurées (“Things, not strings“). Ces données structurées sont  la résultante des travaux de sémantisation des contenus initiés par les équipes de Google il y a de nombreuses années qui avaient déjà permis de faire des premières expérimentations (notamment la roue magique qui depuis a été mise hors ligne : Google Knowledge Graph, un pas vers la recherche sémantique).

Le Knowledge Graph est donc l’arme ultime de Google pour faire progresser la recherche. Une évolution qui s’est fait attendre, car le marché a beaucoup évolué ces derniers temps surtout avec les big data (Du contenu roi aux données reines). Ce graphe des connaissances repose sur la notion d’entités sémantiques qui représentent des personnes, des objets, des lieux, des ouvrages… Les informations et données sont alors associées à ces entités pour créer des bulles de connaissances qui sont affichées sur la droite de la page.

Des résultats de recherche structurés grâce aux entités sémantiques

L’air de rien, cette colonne de droite est la plus grosse évolution de l’interface de Google depuis plus d’une décennie ! Non seulement elle va permettre d’enrichir la liste de résultats avec des données et informations structurées, mais elle va aussi permettre de dissocier les sujets de recherche qui ont le même nom.

Un repérage pus évident des sujets de recherche similaires

De plus, la structuration des connaissances va permettre d’afficher des listes de résultats plus courtes, mais plus riches, ce qui est parfait pour les terminaux mobiles : The Knowledge Graph for mobile and tablet search.

Des listes de résultats mieux conçues pour les terminaux mobiles

Présenté de cette façon, ça à l’air très bien. Et pour cause, cette approche structurée de la connaissance est utilisée depuis de nombreuses années par Wikipedia, et notamment le projet DBpedia dont vous pouvez bénéficier au travers des infobox.

Les infobox de Wikipedia

Encore une fois, il était grand temps que Google fasse évoluer le coeur de son moteur de recherche, car ils étaient en train d’accumuler du retard. Au cours de la décennie passée, nous avons ainsi été les témoins de quatre grandes étapes d’évolution :

  1. Le web centré sur les pages et les documents (le Page rank de Google a permis de les classer par score de pertinence) ;
  2. Le web centré sur les vidéos (YouTube et les autres plateformes de partage de vidéos ont bouleversé les usages, la réponse de Google a été d’introduire les images et les vidéos dans les listes de résultats de son universal search) ;
  3. Le web centré sur les utilisateurs (Facebook est aujourd’hui l’acteur central du web avec son social graph, et Google est clairement à la traine) ;
  4. Le web centré sur des données structurées (Wikipedia et Google ont beaucoup investi dans ce domaine pour ne pas rater le coche).

En sortant sont knowledge graph, Google jette-t-il implicitement l’éponge vis-à-vis du web social ? Oui et non. Oui, car la dimension sociale n’a qu’un intérêt limité pour améliorer la pertinence des résultats de recherche (Mythes et réalités de la social search). De plus, voilà des années que l’on nous annonce la mort de Google avec l’avènement de la recherche sociale chez Facebook (par opposition à la recherche algorithmique), mais nous n’en avons toujours pas vu la couleur (ceci est principalement dû à la qualité des contenus sur Facebook). Non ensuite, car avec Google+, ils se sont lancés dans un immense chantier de sociabilisation du web.

Donc si l’on résume, les résultats de recherche de Google vont donc (très prochainement) être classés selon :

  • L’algorithme d’indexation reposant sur le page rank (qui a toujours son utilité) ;
  • Les entités sémantiques reposant sur Freebase ;
  • Les interactions sociales (conversations et interactions) associées à des auteurs référencés dans Google+.

Ils sont donc potentiellement positionnés sur les trois fronts de la recherche : algorithmique, social et sémantique.

Microsoft à l’assaut du web social avec Bing

De son côté, Microsoft vient également d’annoncer une nouvelle version de Bing exploitant la dimension socialeIntroducing the New Bing: Spend Less Time Searching. Si le nouveau Bing va appuyer ses résultats sur de nombreuses plateformes sociales (Facebook, Quora, Foursquare…), la dimension sémantique n’est pas en reste, car les équipes de recherche travaillent depuis de nombreuses années sur un moteur d’entités sémantiques baptisé Satori et dont on peut voir la partie visible de l’iceberg dans les snapshots, un panneau de détails des données structurées associés à un terme de recherche :

La nouvelle interface de recherche de Bing avec les snapshots et vos amis

Mais c’est la dimension sociale qui est la plus mise en avant dans cette refonte avec une colonne de droite qui lui est entièrement dédiée.

Cette nouvelle version de Bing se situe donc logiquement dans la continuité de son positionnement d’outil d’aide à la décision (Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?).

Yahoo! tente un ultime retour avec sa recherche visuelle

Visiblement ils se sont passé le mot, car Yahoo! aussi tente d’innover avec Axis, une extension pour navigateurs permettant de faire de la recherche visuelleYahoo! launches Axis, a combined search and browsing product.

Le nouvelle interface de recherche visuelle de Yahoo!

Je ne sais pas trop quoi penser de cette nouveauté. Il y a certes de l’ambition dans ce lancement (ils envisagent d’en faire une plateforme et même un navigateur dans le navigateur : Yahoo Axis, un nouveau navigateur web sur iOS), mais je reste sceptique sur le principe de recherche visuelle, car le filon a déjà été exploité par d’autres, et notamment Spezify, oSkope ou encore Cooliris.

J’ai toujours été un ardent défenseur de Yahoo! qui a joué un rôle prépondérant dans l’évolution du web que nous connaissons aujourd’hui… mais qui n’en finit pas de sombrer : The incredible shrinking Yahoo!. La meilleure chose qu’ils pourraient faire serait de revendre les parts qu’ils possèdent dans Alibaba et de racheter Twitter (Alibaba Buys Back 20% Stake From Yahoo for $7.1 Billion).

Plus que quelques leviers d’amélioration

Puisque l’on en parle (de Twitter), il est intéressant de constater qu’avec les changements que vont opérer Google et Microsoft, le marché se rétrécie et il ne va plus rester grand monde pour contrer l’hégémonie de ces mastodontes hormis les initiatives étranges comme DuckDuckGo.

Plus sérieusement, il ne reste selon moi, que trois acteurs pouvant réellement faire bouger les choses, et qui sont donc logiquement des rachats potentiels :

  • Twitter, le roi incontesté du web en temps réel, posez une question à vos followers, et les réponses arrivent au bout de quelques secondes. En théorie, car en pratique, celles et ceux qui n’ont que quelques dizaines de followers n’obtiennent pas grand-chose. Toujours est-il qu’avec une bonne technologie d’analyse sémantique, les tweets sont une authentique mine d’or dans le cadre de la recherche d’informations ou de données. Reste encore à signer un gros chèque et surtout à bien appréhender la dimension culturelle de la tweetosphère.
  • Quora, avec sa plateforme d’entreaide centrée sur les questions/réponses collaboratives. Là encore, Quora est une proie facile, mais sa richesse ne repose que sur la dynamique volontariste de sa communauté. Un rachat par Microsoft, Google ou Facebook pourrait tout ruiner…
  • Wolfram Alpha, le moteur de recherche le plus sophistiqué avec ses innombrables possibilités de requêtes structurées (une visite du blog vous en donnerait un aperçu). Assurément l’interface de recherche la plus aboutie… pour les chercheurs ! Je doute que le grand public y trouve son compte, éventuellement les enseignants, mais seulement les plus motivés. Par contre, dans le monde de l’entreprise, il y aurait beaucoup de choses à faire.

Vous remarquerez que je n’ai volontairement pas citer de moteur de recherche marchand. Ceci s’explique par le fait que les principaux moteurs se sont déjà organisés pour couvrir se domaine de façon autonome et proposer une structuration des informations sur les produits (Rich Snippets for Ecommerce: Schema.org and GoodRelations).

Tout va changer, mais rien ne va changer

Au final, même si les changements annoncés ces dernières semaines vont irrémédiablement modifier la façon de travailler des moteurs de recherche, les habitudes et parts de marché ne risquent pas de beaucoup évoluer. Toujours est-il qu’avec ces nouveautés, le web vient d’entamer sa transition vers l’ère sémantique. Mais nous aurons laaaaaaaaaaaaargement l’occasion d’en reparler…

[Adobe Digital Marketing Summit] Jour 2

Le deuxième jour du Digital Marketing Summit commence avec la traditionnelle Keynote.

Keynote 2 : The Future of Digital Media

John Mellow sur scène lors du Digital Marketing Summit 2012

C’est John Mellow (VP Strategy Digital Marketing) qui ouvre cette session avec un discours sur l’évolution du marketing social :

  • Les individus ont des ombres conversationnelles / sociales, de même que les marques, les institutions (ex : la Reine d’Angleterre) ou les évènements (ex : les J.O.) ;
  • Facebook reflète la mémoire des individus (avec la Timeline), Twitter reflète les sentiments des individus (avec les tweets d’humeur) ;
  • L’enjeu pour les marques est d’essayer de maitriser leur ombre conversationnelle et d’exister au sein des ombres sociales des clients ;
  • Les 5 dernières années ont vu l’apparition de plateformes sociales globales (ex : Facebook, YouTube, Twitter…), les 5 prochaines années vont voir l’émergence de sous-plateformes sociales qui vont venir se greffer aux plateformes globales (ex : Instagram, Path, Spotify…) ;
  • Au cours des prochaines années, l’ordre établi par les plateformes sociales globales ne va pas beaucoup changer, par contre, les sous-plateforme sociales vont rendre l’écosystème encore plus instable pour les annonceurs ; d’où la nécessité d’anticiper les évolutions (grâce aux données) et de faire preuve de souplesse / réactivité.
Gilles Warner sur la scène du Digital Marketing Summit 2012

Gilles Warner de Deloitte Consulting avec une réflexion sur l’évolution de l’écosystème digital :

  • Ils publient régulièrement des prédictions (ndr : comme moi !) et viennent de lancer Deloitte Digital pour capitaliser sur l’écosystème digital ;
  • D’ici à la fin de l’année 2012, il y aura 500 M d’utilisateurs de smartphones low-cost ;
  • D’ici la fin de l’année, il y aura plus de 2 M d’applications disponibles au téléchargement, mais les développeurs devront composer avec 5 OS, 3 familles de processeurs et de multiples tailles d’écran ;
  • 95% des contenus TV seront regardés en live ou dans les 24h avec la TV de rattrapage, ce qui laisse 5% d’un très gros marché à travailler selon une toute nouvelle approche ;
  • Pour la première fois dans l’histoire de la consommation, l’impact des recommandations en ligne sur les prospects est plus fort que la publicité ;
  • Une activité de commerce en ligne repose sur trois capacités-clés
Les trois capacités-clés du commerce en ligne

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Rob Giglio sur la scène du Digital Marketing Summit 2012

Rob Giglio d’Adobe (VP E-commerce et Retail) qui vient partager son expérience sur l’évolution du site d’Adobe et de leur stratégie de vente en ligne :

  • Avec Adobe.com, ils souffrent des mêmes problèmes que n’importe quelle entreprise (ambitions divergentes des dirigeants, héritage d’anciennes versions, taux de conversion très bas…) ;
  • Ils sont passés de 275M$ de C.A. en ligne en 2009 à 400M$ en 2011, le tout grâce à leurs propres produits (Web Experience Management, Analytics…) ;
  • Les outils qu’ils ont le plus utilisés pour améliorer la performance de leur site ont été Site Catalyst (mesure d’audience), CQ (gestion de contenu et personnalisation), Test&Target (optimisation) et Recommendations (cross et up sell) ;
  • Un très gros travail a été réalisé pour concevoir des gabarits de page robustes, mais souples (un authentique casse-tête) ;
  • En optimisant le versionning, ils ont réduit de 40% le nombre de pages ;
  • Ils ont conduit une étude en ligne pendant plusieurs semaines qui leur a permis de savoir que 3% des visiteurs venaient sur le site avec l’intention d’acheter un produit, alors que le taux de transformation était de 2,2% (ce qui fait 0,8% de ventes gâchées) ;
  • Ils ont aujourd’hui un taux de transformation à 5,5% et ambitionnent de dépasser le milliard de $ de C.A. en ligne ;
  • 100$ investis dans du test et de l’optimisation génère 300$ de C.A. supplémentaires ;
  • Ils sont dans un processus d’optimisation permanente, car 80% des premières versions des pages sont abandonnées au profit de leur évolution (ils font beaucoup de tests multivariables)
Les différentes versions d
  •  Leurs prochains chantiers seront d’améliorer la localisation du site, la personnalisation pour chaque utilisateur et la fidélisation (gros travail sur les “prospects froids”).

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Nous terminons cette keynote avec Nills Müller (TrendOne), un futurologiste venu nous parler d’innovation :

  • Différents concepts sont présentés (nano-ordinateurs, information et services ambiants, lentilles optiques à réalité augmentée, reconnaissance faciale) qui font écho au projet de Google Glasses;
La reconnaissance faciale en action
  • Sur les 20.000 MM€ dépensés dans les médias, seuls 15% sont affectés au digital (“Fuck analog!“) ;
  • Nous sommes passés des médias 1.0 centrés sur l’attention, aux médias 2.0 centrés sur la participation (ex : conversations, gamification…), aux médias 3.0 centrés sur l’immersion (ex : réalité augmentée, 3D…), aux médias 4.0 exploitant les objets connectés (ex : NFC et l’étonnant concept de BrandTable), aux médias 5.0 qui exploiteront la pensée et les implants (ex : les appels téléphoniques silencieux de The Audeo ou les jeux de Emotiv).
Exemple d'interface émotionnelle

Une conférence tout à fait rafraichissante pour nous rappeler que le futur n’est pas si loin.

Predictive Marketing

Une session très attendue sur les outils de projection et d’extrapolation de données appliquées au marketing, présentée par Katrine Kieldsen (Adobe) John Bates (Predictiv Analyst) et Bill Gassman (Gartner) :

  • Le marketing prédictif vous incite de passer d’une logique réactive à une logique proactive ;
  • Les projections statistiques trouvent de nombreux domaines d’application (distribution, finance, logistique…) dont le football (notamment le club du Milan AC) ;
  • Le data mining appliqué au marketing permet surtout de comprendre ce qui s’est passé, mais pas d’anticiper ce qui va arriver de façon précise, notamment en matière de transformation et de rétention ;

    Les différents domaines du marketing prédictif
  • Les équipes d’Adobe travaillent dur pour finaliser des produits prêts à l’emploi pour les marketeurs (anticipation des anomalies, des taux de participation, de l’engagement…) afin de les aider dans leur travail quotidien de segmentation et de budgétisation ;

    Les bénéfices du marketing prédictif
  • Des enseignes de distribution comme Target sont capables de deviner si une cliente est enceinte en fonction de l’évolution de ses habitudes de consommation (achat de crèmes hydratantes anti-vergétures ou de compléments alimentaires au calcium) ;
  • Les outils prédictifs sont particulièrement efficaces pour augmenter le taux de rétention (permets d’avoir une longueur d’avance sur les concurrents et préparer le futur achat en amont) ;
  • Les projections statistiques sont généralement basées sur des cycles d’activité (la moitié de nos achats sont contrôlés par nos habitudes) et s’appliquent particulièrement bien au trafic des sites web ;

    Analyse de la fiabilité des projections
  • Si les projections fondées sur les évènements passés étaient systématiquement corrects, les historiens seraient les personnes les plus riches sur terre” (celle-là est de Warren Buffett) ;
  • L’enjeu du predictive marketing n’est pas d’augmenter le nombre de clients, mais de concentrer les efforts sur les clients qui ont la plus grande valeur potentielle ;
  • À chaque type de produit correspond un modèle prédictif, car les comportements d’achat (habitudes, stimuli…) sont spécifiques à chaque produit ;
  • Les predictive analysts ont à leur disposition bien plus de matière première qu’avant : Données comportementales (les pages visités et liens cliqués), les données CRM (achats précédents), les données en provenance des médias sociaux (profil, amis…), données issues des terminaux mobiles…
  • Parfois il suffit de bien étudier le contexte pour anticiper une tendance, l’idéal est de prendre en compte le contexte dans les prédictions ;
  • L’analyse prédictive (ce que va se passer) est la suite logique de l’analyse descriptive (ce qui s’est passé), et doit logiquement être suivie par une analyse prescriptive (ce que vous devez faire).

    Les trois stades de maturité du marketing prédictif

Une session intéressante qui a eu le mérite de bien planter le décor… mais pas forcément de montrer des choses concrètes (des produits).

Pour la suite des comptes-rendus, ça se passe ici : Le point sur les pratiques de mobile analytics.

Un compte-rendu officiel avec les annonces a également été publié ici : Adobe Digital Marketing Summit EMEA 2012 – It’s a wrap!.

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Voilà déjà venue la fin de l’après-midi. Nous aurions dû normalement assister à une présentation des dernières innovations en matière de predictive marketing, mais il y avait du retard dans le planning et nous avons dû partir pour prendre notre train. À peine le temps de s’avaler un Whooper pour le gouter et nous sommes déjà dans l’Eurostar qui nous ramène à Paris.

Ce font donc deux journées très denses où j’ai eu l’occasion de rencontrer de nouvelles têtes et surtout de constater les nouvelles ambitions d’Adobe en matière de marketing digital. Force est de constater qu’ils ne font pas les choses à moitié et que l’Adobe que nous connaissions il y a 10 ans (Photoshop, Acrobat…) n’a plus rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui. Les rachats successifs de Macromedia et d’Omniture ont en effet profondément modifié l’offre (qui se structure aujourd’hui autour de la création et du marketing) et la culture (pour passer d’un modèle de licences à un modèle par abonnement et SaaS).

[Adobe Digital Marketing Summit] Jour 1 (suite et fin)

Suite de mon séjour à Londres pour le Digital Marketing Summit où les sessions s’enchainent (cf. E-commerce et personnalisation et Découverte de la plateforme dédiée aux médias sociaux d’Adobe). J’ai un peu l’impression d’avoir couru dans tous les sens au cours de cette journée, heureusement que la Press Room était un havre de paix et de bien-être avec une belle déco toute blanche.

La salle réservée à la Presse

La journée se termine avec deux conférenciers de choix. Ils nous annoncent au passage le lancement de la version européenne de CMO.com, le portail des responsables marketing.

The New School of Marketing

Scott Olrich sur la scène du Digital Marketing Summit

Scott Olrich vient nous parler de la nouvelle génération de marketeurs et de nouvelles pratiques de marketing :

  • La nouvelle génération de marketeurs s’efforce de modifier les cultures et organisations pour proposer aux clients des expériences plus riches et de nouveaux modes d’engagement ;
  • L’adage “Location, location, location” est toujours d’actualité, mais l’emplacement a changé et s’est déplacé vers les médias sociaux et les terminaux mobiles ;
  • La méthode traditionnelle (Acquisition > Relation) ne fonctionne plus sur les médias sociaux, il faut penser à l’envers (Relation > Acquisition) ;
  • Les habitudes et attentes des clients et prospects ont changé, il faut adapter en conséquence l’expérience des points de vente (ex:  Apple Store) mais également fournir le contexte pour générer des conversations ou des interactions sociales entre les clients (ex : New Look) ;
  • Comme précisé plus haut, les internautes passant de plus en plus de temps sur les terminaux mobiles et les médias sociaux, il convient d’arbitrer les investissements publicitaires en conséquence ;
  • Avec la compétition pour l’attention sur les médias sociaux, nous entrons dans l’ère de la re-permission où il faut constamment entretenir la relation avec les clients / prospects.

Un discours plutôt générique, mais qui remet au goût du jour la notion de permission marketing.

New Media

Arianna Huffington sur la scène du Digital Marketing Summit

Arianna Huffington monte sur scène pour parler de la façon dont le digital a changé l’industrie de la publication :

  • Le Huffington Post est né il y a sept ans sur la notion d’engagement (au travers des commentaires) ;
  • La section Divorce est la plus populaire au sein de leur galaxie de 66 sites (“On peut mettre fin à un mariage, mais pas à un divorce !“) ;
  • L’ubiquité est la nouvelle exclusivité”, l’important est de délivrer l’information sur le plus grand nombre de supports ;
  • Ils ont toujours porté une attention particulière aux commentaires (plus de 150M publiés à ce jour) avec un système de modération très avancé pour élever le débat et engendrer des conversations “civiques” ;
  • Leur ADN est de publier les histoires que les autres médias ne peuvent / veulent pas raconter ;
  • Un autre enseignement : “Skate where the punks are going, not where the punks are” ;
  • La multiplication des sources d’information nous rend plus intelligent, mais pas forcément plus sage, il est important de bien répartir le temps que l’on passe connecté avec les autres et celui où l’on peut être connecté à sois-même (elle fait référence à la méditation, une pratique choyée par Steve Jobs) ;
  • La créativité est directement liée à la paix intérieure et à une hygiène de vie saine (sans stress et sans retard de sommeil), il vont à ce sujet lancer un site dédié (GPS for the Soul) ;
  • Le meilleur moyen de terminer un projet est de l’abandonner (pour se concentrer sur les choses essentielles) ;
  • Ils essayent d’avoir une approche non-intrusive de la monétisation de leurs contenus en lançant de sections sponsorisées par de gros annonceurs supportant la même cause ;
  • Self-expression is the new entertainment“, voilà pourquoi il y a tant de blogueurs et contributeurs à Wikipedia ;
  • Nous sommes dans un nouvel âge d’or de la publication grâce aux médias sociaux et aux terminaux mobiles.

Un discours très surprenant (je ne m’attendais pas à ça), et surtout très enrichissant. Du coup, je suis motivé pour pratiquer la méditation quotidienne et les siestes !

Le compte-rendu de la seconde journée est ici : [Adobe Digital Marketing Summit] Jour 2.

[Adobe Digital Marketing Summit] Compte-rendu jour 1

Me voici donc à Londres pour assister à la première édition européenne du Adobe Digital Marketing Summit, le RDV des marketeurs digitaux. Le trajet en Eurostar depuis Paris me permet de retrouver de vielles connaissances comme Cédric Drouot de Scene7 (qui m’a fournit bon nombre d’exemples pour RichCommerce.fr), mais c’est en arrivant à la gare de St Pancras que je retrouve la délégation nordique des experts du commerce en ligne et des web analytics avec des têtes connues comme Nicolas Malo ou Laurent Evain ou des blogueurs que je n’avais pas eu l’occasion de rencontrer comme Édouard Austin,  Florian Guidicelli ou Carole Da Silva.

La conférence va avoir lieu au centre d’exposition de Battersea Park, dans le quartier de la fameuse usine de Battersea Power Station. D’ailleurs la vue depuis ma chambre d’hôtel est très impressionnante :

Battlesea
La Battersea Power Station depuis ma chambre d'hôtel

Dès le premier jour, la météo anglaise ne nous déçoit pas avec un froid glacial et une pluie polaire (ou peut-être l’inverse). Une fois nos saucisses avalées, nous sautons dans un des cabs décorés aux couleurs de l’évènement pour rejoindre le community pavillon.

Cab
Un taxi londonien aux couleurs d'Adobe

Comme pour chaque évènement Adobe, la déco est particulièrement soignée avec une ambiance très feutrée et de beaux stands colorés.

Le hall principal avec les stands

À peine le temps de s’installer que les portes de la salle principale s’ouvrent pour nous faire découvrir l’impressionnante installation permettant d’accueillir les presque 1.700 participants de l’évènement pour la première session plénière.

Keynote Room
La grande salle de conférence

Keynote : The Power of the Digital Self

Brad Rencher (Senior VP Digital Marketing) ouvre cette session plénière avec un discours centré sur l’évolution des pratiques de marketing à l’ère du digital :

  • Les disciplines du marketing ont connu de nombreux bouleversements ces dernières années avec l’avènement des médias sociaux et de la mobilité ;
  • Les marketeurs ont maintenant accès à une masse considérable de données, loin des promesses des big data, l’enjeu pour les marques et organisations est de collecter et traiter les données générées par les 1,5 milliard d’internautes et les interpréter en autant de signaux ;
  • Là où il y a seulement quelques années, le comportement des internautes se limitait à des clics, les signaux envoyés sont maintenant beaucoup plus complexes (status update, like, tweet, checkins, photos…) ;
  • Les nombreuses plateformes sociales utilisées par des dizaines / centaines de millions de personnes nous fournissent des informations très précieuses sur notre vie et nos humeurs (Facebook, Twitter, LinkedIn, Spotify, Instagram…) ;

    Keynote data
    Illustration de notre identité numérique avec les médias sociaux
  • La confidentialité n’est pas seulement une préoccupation des Européens, les internautes du monde entier sont concernés par ce que les marques et organisations peuvent faire avec les données personnelles ;
  • Si la masse des données personnelles disponibles a considérablement augmenté, elles demandent néanmoins un effort considérable pour les collecter et les interpréter correctement. Heureusement, les dernières avancées technologiques nous aident dans cette tâche (cloud computing, APIs…) ;
  • Les trois piliers d’une expérience réussie sont les contenus, les données et l’optimisation. Plus précisément des contenus optimisés pour chaque utilisateur grâce aux données ;

    Keynote pillars
    Données et contenus sont deux ingrédients indispensables d'une bonne expérience
  • Les pratiques de marketing se sont déplacées d’un focus sur la marque à un focus sur les données qui sont la matière première des marketeurs modernes et ouvrent de nombreuses nouvelles opportunités et de nouvelles pratiques (predictive marketing, web experience management, progressive profiling…).

Pour illustrer ces nouvelles opportunités et disciplines, une première démonstration de Discover, un outil permettant de faire du path analysis et de la segmentation avancée avec de très belles représentations visuelles.

Discover
L'interface de Adobe Discover

Autre démonstration avec le tout nouveau Adobe CQ, une solution de web experience management qui combine de la gestion de contenu avec de l’analytics et des outils d’optimisation :

CQ5
L'interface de Adobe CQ

La solution permet aussi de contrôler plus facilement le rendu d’un site sur les terminaux mobiles. Cette solution peut s’apparenter à un CMS (coutil de gestion de contenu), mais elle propose bien plus, car elle permet de personnaliser et d’enrichir l’expérience des internautes à partir de leur “contexte client” (leur provenance, leur profil…).

Retour sur scène de Brad Rencher pour nous parler de publicité et de ROAS (Return On Ad Spends)  :

  • La solution Adobe Insight  offre de très beaux tableaux de bord et outils de visualisation pour étudier la performance des différents leviers (display, paid search, email, social…) sur les canaux en et hors ligne ;

    Insight
    L'interface d'Adobe Insight
  •  La solution de predictive marketingpermet de faire de projections précises pour anticiper la répartition de vos dépenses publicitaires en fonction de vos objectifs et des segments ciblés ;

    Marketing Suite Segments
    L'interface de l'outil de predictive marketing

La session se poursuit avec une présentation des solutions de publishing :

  • La solution de Path Analysis permet de tracker la diffusion de contenus vidéo sur différents supports (web, tablettes, TV connectées…) ;
  • En fonction des données fournies par Audience Manager, il est possible de définir des scénarios de personnalisation reposant sur des segments que l’on peut combiner entre eux.

Les démonstrations se poursuivent avec un focus sur le social marketing :

  • La création de bannières ou de publications se fait au travers d’une interface très intuitive ;

    Status update
    L'interface de création de social ads dans Facebook
  • Une interface drag&drop permet également de créer des applications sociales entièrement à la souris pour les publier sur votre page Facebook (ou ailleurs).

    Social app
    L'interface de création d'une application sociale pour Facebook

La keynote se termine en beauté avec la visite de Kevin Lynch pour nous parler de la vision d’Adobe sur l’évolution du marché et de leur offre :

  • Les solutions ne sont pertinentes que si elles prennent en compte les terminaux mobiles et s’intègrent avec leur offre de cloud computing (Creative Cloud), il fait référence notamment à la disponibilité de tableaux de bord adaptés aux tablettes (ici une vue des conversations sur Twitter pour un iPad) ;

    Cloud dashboard
    Surveillez vos citations sur Twitter depuis votre iPad
  • Le cloud est particulièrement performant pour la gestion des fichiers sources (assets) et le laborieux processus d’approbation.

    Creative cloud
    L'interface de collaboration du Creative Cloud

Nous terminons donc sur cette vision d’intégration entre les données, le contenu, les outils d’optimisation et les services dans les nuages pour augmenter la réactivité et faciliter la prise de décision.

MàJ : D’autres comptes-rendus ont été publiés : E-commerce et personnalisationDécouverte de la plateforme dédiée aux médias sociaux d’Adobe et Jour 1 (suite et fin).

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En route pour Londres et le Adobe Digital Marketing Summit

Demain je prendrais l’Eurostar pour me rendre au Adobe Digital Marketing Summit, l’évènement dédié au marketing digital organisé par Adobe. Un événement similaire a déjà eu lieu en Mars aux États-Unis, mais il est plutôt passé inaperçu. Quel dommage, car ces deux jours de conférences seront intégralement consacrés à parler de marketing digital : Publicité, multicanal, personnalisation, conversion, expérience client, médias sociaux, mobilité, analytics

Comme pour chacun de mes déplacements, je serais sur le pont pour vous faire des retranscriptions des keynotes et des différentes sessions. Par contre, je pense que je répartirais les comptes-rendus sur mes différents blogs en fonction de la thématique : les sessions qui parlent de social marketing sur MediasSociaux.fr, celles qui parlent de mobilité sur TerminauxAlternatifs.fr, celles qui parlent de commerce en ligne sur RichCommerce.fr

Sinon vous pourrez également suivre mes tweets sur mon compte (@fredcavazza) ou à l’aide du tag officiel (#AdobeSummit).