[Adobe Digital Marketing Summit] Compte-rendu jour 1

Me voici donc à Londres pour assister à la première édition européenne du Adobe Digital Marketing Summit, le RDV des marketeurs digitaux. Le trajet en Eurostar depuis Paris me permet de retrouver de vielles connaissances comme Cédric Drouot de Scene7 (qui m’a fournit bon nombre d’exemples pour RichCommerce.fr), mais c’est en arrivant à la gare de St Pancras que je retrouve la délégation nordique des experts du commerce en ligne et des web analytics avec des têtes connues comme Nicolas Malo ou Laurent Evain ou des blogueurs que je n’avais pas eu l’occasion de rencontrer comme Édouard Austin,  Florian Guidicelli ou Carole Da Silva.

La conférence va avoir lieu au centre d’exposition de Battersea Park, dans le quartier de la fameuse usine de Battersea Power Station. D’ailleurs la vue depuis ma chambre d’hôtel est très impressionnante :

Battlesea
La Battersea Power Station depuis ma chambre d'hôtel

Dès le premier jour, la météo anglaise ne nous déçoit pas avec un froid glacial et une pluie polaire (ou peut-être l’inverse). Une fois nos saucisses avalées, nous sautons dans un des cabs décorés aux couleurs de l’évènement pour rejoindre le community pavillon.

Cab
Un taxi londonien aux couleurs d'Adobe

Comme pour chaque évènement Adobe, la déco est particulièrement soignée avec une ambiance très feutrée et de beaux stands colorés.

Le hall principal avec les stands

À peine le temps de s’installer que les portes de la salle principale s’ouvrent pour nous faire découvrir l’impressionnante installation permettant d’accueillir les presque 1.700 participants de l’évènement pour la première session plénière.

Keynote Room
La grande salle de conférence

Keynote : The Power of the Digital Self

Brad Rencher (Senior VP Digital Marketing) ouvre cette session plénière avec un discours centré sur l’évolution des pratiques de marketing à l’ère du digital :

  • Les disciplines du marketing ont connu de nombreux bouleversements ces dernières années avec l’avènement des médias sociaux et de la mobilité ;
  • Les marketeurs ont maintenant accès à une masse considérable de données, loin des promesses des big data, l’enjeu pour les marques et organisations est de collecter et traiter les données générées par les 1,5 milliard d’internautes et les interpréter en autant de signaux ;
  • Là où il y a seulement quelques années, le comportement des internautes se limitait à des clics, les signaux envoyés sont maintenant beaucoup plus complexes (status update, like, tweet, checkins, photos…) ;
  • Les nombreuses plateformes sociales utilisées par des dizaines / centaines de millions de personnes nous fournissent des informations très précieuses sur notre vie et nos humeurs (Facebook, Twitter, LinkedIn, Spotify, Instagram…) ;

    Keynote data
    Illustration de notre identité numérique avec les médias sociaux
  • La confidentialité n’est pas seulement une préoccupation des Européens, les internautes du monde entier sont concernés par ce que les marques et organisations peuvent faire avec les données personnelles ;
  • Si la masse des données personnelles disponibles a considérablement augmenté, elles demandent néanmoins un effort considérable pour les collecter et les interpréter correctement. Heureusement, les dernières avancées technologiques nous aident dans cette tâche (cloud computing, APIs…) ;
  • Les trois piliers d’une expérience réussie sont les contenus, les données et l’optimisation. Plus précisément des contenus optimisés pour chaque utilisateur grâce aux données ;

    Keynote pillars
    Données et contenus sont deux ingrédients indispensables d'une bonne expérience
  • Les pratiques de marketing se sont déplacées d’un focus sur la marque à un focus sur les données qui sont la matière première des marketeurs modernes et ouvrent de nombreuses nouvelles opportunités et de nouvelles pratiques (predictive marketing, web experience management, progressive profiling…).

Pour illustrer ces nouvelles opportunités et disciplines, une première démonstration de Discover, un outil permettant de faire du path analysis et de la segmentation avancée avec de très belles représentations visuelles.

Discover
L'interface de Adobe Discover

Autre démonstration avec le tout nouveau Adobe CQ, une solution de web experience management qui combine de la gestion de contenu avec de l’analytics et des outils d’optimisation :

CQ5
L'interface de Adobe CQ

La solution permet aussi de contrôler plus facilement le rendu d’un site sur les terminaux mobiles. Cette solution peut s’apparenter à un CMS (coutil de gestion de contenu), mais elle propose bien plus, car elle permet de personnaliser et d’enrichir l’expérience des internautes à partir de leur « contexte client » (leur provenance, leur profil…).

Retour sur scène de Brad Rencher pour nous parler de publicité et de ROAS (Return On Ad Spends)  :

  • La solution Adobe Insight  offre de très beaux tableaux de bord et outils de visualisation pour étudier la performance des différents leviers (display, paid search, email, social…) sur les canaux en et hors ligne ;

    Insight
    L'interface d'Adobe Insight
  •  La solution de predictive marketingpermet de faire de projections précises pour anticiper la répartition de vos dépenses publicitaires en fonction de vos objectifs et des segments ciblés ;

    Marketing Suite Segments
    L'interface de l'outil de predictive marketing

La session se poursuit avec une présentation des solutions de publishing :

  • La solution de Path Analysis permet de tracker la diffusion de contenus vidéo sur différents supports (web, tablettes, TV connectées…) ;
  • En fonction des données fournies par Audience Manager, il est possible de définir des scénarios de personnalisation reposant sur des segments que l’on peut combiner entre eux.

Les démonstrations se poursuivent avec un focus sur le social marketing :

  • La création de bannières ou de publications se fait au travers d’une interface très intuitive ;

    Status update
    L'interface de création de social ads dans Facebook
  • Une interface drag&drop permet également de créer des applications sociales entièrement à la souris pour les publier sur votre page Facebook (ou ailleurs).

    Social app
    L'interface de création d'une application sociale pour Facebook

La keynote se termine en beauté avec la visite de Kevin Lynch pour nous parler de la vision d’Adobe sur l’évolution du marché et de leur offre :

  • Les solutions ne sont pertinentes que si elles prennent en compte les terminaux mobiles et s’intègrent avec leur offre de cloud computing (Creative Cloud), il fait référence notamment à la disponibilité de tableaux de bord adaptés aux tablettes (ici une vue des conversations sur Twitter pour un iPad) ;

    Cloud dashboard
    Surveillez vos citations sur Twitter depuis votre iPad
  • Le cloud est particulièrement performant pour la gestion des fichiers sources (assets) et le laborieux processus d’approbation.

    Creative cloud
    L'interface de collaboration du Creative Cloud

Nous terminons donc sur cette vision d’intégration entre les données, le contenu, les outils d’optimisation et les services dans les nuages pour augmenter la réactivité et faciliter la prise de décision.

MàJ : D’autres comptes-rendus ont été publiés : E-commerce et personnalisationDécouverte de la plateforme dédiée aux médias sociaux d’Adobe et Jour 1 (suite et fin).

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En route pour Londres et le Adobe Digital Marketing Summit

Demain je prendrais l’Eurostar pour me rendre au Adobe Digital Marketing Summit, l’évènement dédié au marketing digital organisé par Adobe. Un événement similaire a déjà eu lieu en Mars aux États-Unis, mais il est plutôt passé inaperçu. Quel dommage, car ces deux jours de conférences seront intégralement consacrés à parler de marketing digital : Publicité, multicanal, personnalisation, conversion, expérience client, médias sociaux, mobilité, analytics

Comme pour chacun de mes déplacements, je serais sur le pont pour vous faire des retranscriptions des keynotes et des différentes sessions. Par contre, je pense que je répartirais les comptes-rendus sur mes différents blogs en fonction de la thématique : les sessions qui parlent de social marketing sur MediasSociaux.fr, celles qui parlent de mobilité sur TerminauxAlternatifs.fr, celles qui parlent de commerce en ligne sur RichCommerce.fr

Sinon vous pourrez également suivre mes tweets sur mon compte (@fredcavazza) ou à l’aide du tag officiel (#AdobeSummit).

Mes 3 sites coup de coeur pour Avril 2012

Comme chaque mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont tapé dans l’oeil, et ce mois-ci, il y a du lourd, du TRÈS lourd.

Commençons très fort avec Asana, une solution de gestion de tâches collaborative très bien pensée (De l’intérêt de mettre les tâches au coeur de la collaboration) :

La page d'accueil de Asana

C’est le formidable travail d’épuration qui frappe dès l’affichage de cette page d’accueil : Une promesse forte, des bénéfices parfaitement mis en scène (capture d’écran + argumentaires en dessous) et beaucoup d’espace pour concentrer l’attention. La typo choisie est d’une lisibilité exemplaire, les couleurs sont bien contrastées et les options possibles sont réduites au minimum (Create an Account, Sign Up et Log in). La partie de la page est également un modèle du genre avec une mise en page minimaliste, mais terriblement efficace des explications détaillées. Du grand art !

Poursuivons avec GiftDish, un service de suggestion et de gestion des cadeaux :

La page d'accueil de GiftDish

Là encore, un gros travail d’épuration a été réalisé pour n’afficher que le strict minimum : Titre, promesse, identification et bénéfices (vous apprécierez au passage l’effort de réassurance pour l’utilisation de Facebook Connect). Mais ce qui plait par-dessus tout sur cette page, ce sont les textures : le fond de page, les rubans et autres effets d’embossages. Je regrette par contre l’utilisation du rouge pour les titres des quatre bénéfices (le rouge est une couleur très complexe à manier), de même que le « Have an account? » qui passe inaperçu en haut de page. Ne ratez pas le bas de la page qui propose une explication à la fois détaillée et limpide du service.

Terminons avec le Project Noah, une encyclopédie collaborative de la vie animale :

La page d'accueil du Project Noah

Là encore, je suis séduit par l’impressionnant travail réalisé sur les textures, on a vraiment envie de toucher l’écran pour les sentir sous ses doigts (vivement les tablettes à écran haptiques !). Cette page d’accueil est à la fois colorée et parfaitement bien rythmée avec ce découpage en strates horizontales. Les textes sont courts et percutants, les photos donnent envie et les pictos sont parfait séduire les enfants (une des cibles prioritaires du service). Le carrousel en coeur de page fonctionne plutôt bien, mais le picto sélectionné aurait mérité une mise en surbrillance plus visible. De même, les intitulés de navigation du haut de page sont un peu petits, dommage, car il y a pourtant plein de place.

Ce n’est pas tous les mois que je fais une aussi belle récolte, j’espère que vous apprécierez !

Les articles publiés sur mes autres blogs en avril 2012

Comme chaque mois, je vous propose une synthèse des articles publiés sur mes autres blogs (petit mois en raison des vacances et d’une grippe).

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

La suite le mois prochain.

Comment le cloud s’installe dans notre quotidien

Il y a quelques années, le cloud computing était un domaine réservé aux informaticiens, un sujet obscur que l’on évoquait entre initiés. La situation a bien changé puisque l’informatique distante est maintenant présente dans notre quotidien sans que nous nous en rendions compte : vos emails, vos photos, votre musique… toutes ces informations et données sont maintenant stockées sur des serveurs distants. Est-ce une bonne chose ? Bien sûr, car vous êtes maintenant libéré des contraintes de stockage et de pérennisation. Avons-nous atteint l’apogée de ce que le cloud computing peut nous proposer ? Certainement pas ! D’ailleurs le cloud computing est est des trois piliers de transformation que j’ai identifiés pour 2012 (Du SoLoMo au ToDaClo).

Le cloud dans votre environnement professionnel

En début de semaine Adobe a présenté en grandes pompes sa toute nouvelle offre Creative Cloud. Pour résumer une longue histoire, cette offre vous donne accès pour 59€/mois à l’ensemble des logiciels de la gamme ainsi qu’un certain nombre de services dans les nuages (Everything you need to know about today’s Adobe event, CS6 and Creative Cloud).

Détails de l'offre Creative Cloud d'Adobe

Ça n’a l’air de rien comme ça, mais Adobe mise gros sur cette offre, TRÈS gros : ce n’est ni plus ni moins que la reformulation de son modèle économique pour lutter contre le piratage et préparer l’avenir. Car c’est bien de l’avenir de l’industrie du logiciel dont il est ici question. Cette offre est selon moi une transformation culturelle et économique gigantesque pour un éditeur, et elle préfigure un modèle qui va impacter tous les professionnels du secteur : les logiciels vont devenir des produits d’appel (des commodités), vous pourrez les télécharger et les utiliser librement, mais il faudra payer pour accéder aux fichiers qui seront créés avec. Cette traduction n’engage que moi, mais elle reflète bien l’évolution de nos habitudes de travail : nous ne produisons plus de façon autonome et individuelle, notre production est à un moment donné forcément collective et partagée, d’où l’idée de déporter la valeur depuis les logiciels vers ce qu’ils permettent de produire, et de déployer des services à valeur ajoutée autour de cette production.

Je ne m’attarderais pas sur l’impact de cloud computing, Louis Naugès le fait mieux que moi. D’authentiques empires ont été bâtis grâce au cloud computing, Amazon, Microsoft ou encore SalesForce misent leur avenir sur le cloud computing, qui touche à la fois la sphère privée et publique (Salesforce.Com Unveils the Government Cloud). Google est également un des principaux promoteurs et architectes du cloud computing avec des services historiques comme Gmail ou Docs et son tout nouveau Drive.

L’ambition de Google pour cette offre est de proposer un espace de stockage en ligne universel, aussi bien pour vos fichiers de travail (se positionnant en concurrence frontale avec les offres de collaboration intermédiaire : Google Drive vs. Dropbox, SkyDrive, SugarSync, and others: a cloud sync storage face-off), que pour vos fichiers personnels (photos ou musique : Google Had Big Expectations For Its Music Service).

Mais outre le fait de simplifier le stockage et la diffusion, le cloud computing permet également de proposer des services jusque-là impossibles, comme par exemple l’impression distante et notamment l’offre Cloud Print : Google Cloud Print now lets you print to any FedEx Office location in the US.

Imprimez vos documents dans le magasin le plus proche avec Google Cloud Print

Le cloud dans votre quotidien personnel

Comme précisé en début d’article, le cloud est un levier de transformation très puissant pour notre environnement professionnel, mais il est également omniprésent dans votre vie quotidienne :

Vos contenus disponibles sur tous vos appareils Apple avec iCloud

Si ces services connaissent un succès grandissant (Apple iCloud Has 125 Million Users), c’est parce que nous passons de plus en plus de temps en ligne et que nos fichiers personnels sont éparpillés sur différentes machines, là où ils ne sont que partiellement accessibles et pas forcément en sécurité (les disques durs n’étant pas fiables). Les services dans les nuages sont alors là pour nous proposer une solution viable pour le stockage, la diffusion et la synchronisation.

Evernote est d’ailleurs à ce sujet un acteur de référence dans ce domaine en proposant toute une série d’applications pour vous aider à ne rien oublier organiser vos trouvailles quotidiennes (notes, articles, captures d’écran, rencontres, recettes de cuisine, cours…).

Evernote se charge d'organiser vos souvenirs au quotidien

Démarrer comme un service de partage de notes, Evernote se définit maintenant comme une plateforme (notamment avec son offre Trunk) et ambitionne de vous aider à ne plus rien oublier (tout comme Google ambitionne de vous aider à tout trouver). De ce point de vue là, l’informatique dans les nuages n’est plus vraiment une lubie d’informaticiens, mais la première étape vers l’humanité augmentée, où notre quotidien est rendu plus riche grâce aux NTIC et où les machines nous aident à repousser nos limites (ici, la mémoire).

Notre vie dans les nuages

Puisque nos fichiers personnels, contacts, loisirs, souvenirs… sont maintenant dans les nuages, quelle va être la prochaine étape ? Peut-être de reprendre le contrôle de cette nouvelle forme de dispersion : d’une façon paradoxale, pour pouvoir lutter contre l’éparpillement de nos fichiers personnels sur différentes machines, nous les plaçons dans les nuages et les éparpillons à nouveau entre différents fournisseurs. Se pose alors la question de ce que ces fichiers vont devenir : vos playlists, vos photos, mais également tout ce que vous pouvez faire sur les réseaux sociaux. Car si tout le monde s’offusque des conditions générales d’utilisation de Google Drive, l’opinion publique semble avoir oublié que Facebook ou Twitter reposent des CGUs pas vraiment rassurantes sur les conditions d’exploitation et de pérennisation de nos photos / messages. Pour vous en convaincre, il vous suffit d’essayer de supprimer une photo dans Facebook ou de rechercher un tweet de plus de 2 ans…

Ceci étant dit, il faudrait être d’extrême mauvaise foi pour s’en plaindre alors que nous sommes connectés tous les jours à ces services sans nous soucier de savoir comment ils gagnent de l’argent (Nous faudra-t-il payer pour préserver notre vie privée ?).

Bref, tout ça pour dire que la prolifération des offres ouvre la voie à une nouvelle catégorie d’acteurs offrant la possibilité de gérer de façon centralisée vos différents comptes ainsi que l’accès aux contenus. Jolicloud propose ainsi une offre intéressante de meta-cloud qui vous donne une vision exhaustive de ce que vous avez publié et vous permet de l’archiver en connectant vos différents comptes : Jolicloud Me, Making Your Own Personal Cloud … From All the Other Clouds.

Vos archives personnelles dans les nuages avec Jolicloud

Dans l’absolu, tous ces éditeurs ne vous forcent à rien. Mais bon… nous payons pour assurer notre santé, nos voitures et nos maisons, pourquoi ne pas payer pour protéger nos souvenirs ? Après tout vous passez plus de temps sur les médias sociaux que dans votre voiture, non ?

Je ne vois pas nécessairement l’avènement de cloud computing comme une mauvaise chose, plutôt l’évolution logique d’un outil informatique dont on ne peut définitivement plus se passer dans notre quotidien : ordinateurs, smartphones, services bancaires et financiers… Le cloud est partout, littéralement, n’essayez pas de vous y soustraire, mais plutôt d’en profiter, car il peut vraiment améliorer votre quotidien.

Mes 3 sites coup de coeur (avril 2012)

J’ai zappé les poissons d’avril, mais je suis toujours au rendez-vous pour ma sélection mensuelle de sites agréables à l’oeil.

Commençons avec Human Touch, un fabricant de fauteuils de massage (je me laisserais bien tenter) :

La page d'accueil du site Human Touch

Une fois n’est pas coutume, j’ai choisi une page d’accueil plutôt chargée, avec une forte densité d’informations, mais avec des unités de lecture bien délimitées. Certes il y a beaucoup de textes sur cette page, mais la hiérarchisation des titres et liens permet de bien isoler les différents blocs et de s’y retrouver facilement, surtout avec les petits visuels. Il y a deux très bonnes idées dans cette page : le découpage horizontal avec un dégradé de gris (pour rythmer la lecture) et le témoignage qui déborde sur la photo centrale pour équilibrer le carrousel. Au final, nous avons une page qui fonctionne très bien malgré des tonnes de titres, textes, liens… un bon contre-exemple en fait !

Poursuivons avec Bagigia, un fabricant de sacs à dos confectionnés à partir de bouillottes (je me laisserais bien tenter aussi) :

La page d'accueil du site de Bagigia

Ce site propose une construction verticale avec des écrans qui s’enchainent dans la hauteur de page. Le procédé est plutôt (très) irritant, mais comme il est possible de naviguer entre les pages à l’aide de la souris, du clavier, des puces à droite et de la glissière en bas de l’écran, on arrive à basculer d’un contenu à l’autre sans trop de mal. En revanche, la grande force du site est de proposer une mise en page ultra minimaliste avec un header replié et quasiment aucun texte. L’essentiel de l’écran est donc consacré au produit en lui même et l’effet est plutôt spectaculaire. L’épuration extrême de la page contraste fortement avec les textures du produit (ou du header) qui donne presque envie de toucher l’écran. Bref, un site qui fait envie pour un produit parfaitement mis en valeur.

Terminons avec MyOwnBike, un fabricant de vélos (là par contre ça ne me tente pas) :

La page d'accueil du site MyOwnBike

Encore un très bon travail de minimalisme pour limiter au maximum les textes dans le coeur de page ou au niveau du bandeau de navigation. Comme dans le site précédent, le fond gris permet d’éviter la désagréable impression de vide. Les boutons ressortent parfaitement et les onglets du bas de page proposent une très bonne lisibilité. Un conseil : faites un tour du côté du konfigurator pour concevoir votre propre vélo.

La suite la semaine prochaine.

Salesforce intègre le club des dix acteurs incontournables de l’internet

Voilà près de 15 ans que je travaille dans l’industrie de l’internet. Énormément de choses se sont passées en 15 ans (Bilan de 10 ans d’interactivité), et des géants se sont installés durablement. Je ne suis pas un fan des classements et des listes, mais je vous propose néanmoins une réflexion autour de la liste des dix acteurs incontournables de l’internet en 2012. Ceci n’est pas un classement rationnel, uniquement mon ressenti en tant qu’observateur privilégié (je passe quand même 12h par jour devant mon écran depuis près de 15 ans).

Nous retrouvons ainsi dans cette liste des acteurs historiques :

  • Microsoft, l’architecte de Windows et d’Internet Explorer, mais également le repreneur de Skype et l’éditeur de nouveaux services comme Bing ou la plateforme Azure. Bref, un acteur encore actif.
  • Yahoo!, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, entrainant dans sa chute des perles comme Flickr ou Pipes et a dû se délester de pépites comme Delicious ou encore Zimbra. Même si, après 17 années d’existence, le portail bénéficie encore d’une audience colossale (que l’on a tendance à minimiser), je vois mal comment ils pourraient ralentir le déclin (pourtant il y a des expérimentations intéressantes : Yahoo C.O.R.E. Aims To Personalize The Reader Experience In Pandora Fashion).
  • AOL, l’autre portail de référence qui essaye de se refaire une jeunesse en rachetant des blogs à prix d’or (Huffington Post, Techcrunch) ou des services mobiles à la mode (Hipster). Là encore, l’audience est colossale, mais qui s’y intéresse ?

Nous retrouvons également dans cette liste des acteurs périphériques :

  • Apple, qui est indéniablement LA star de la sphère high-tech mondiale, mais qui n’a un impact que limité sur le web dans la mesure où la firme californienne ne produit « que » du hardware et n’édite pas de sites (je mets volontairement de côté iTunes, car c’est un environnement fermé).
  • Adobe, certainement l’éditeur qui a le plus contribué à faire du web ce qu’il est aujourd’hui, mais qui ne propose « que » des logiciels (Photoshop, Dreamweaver, Omniture…). Il y a bien des offres hébergées (Acrobat, Omniture, Business Catalyst…), mais leur impact est encore négligeable. Toujours est-il qu’ils sont en pleine remise en question (Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels), ce qui est plutôt une bonne chose.

Il y a enfin les actuels géants du web :

Voilà, ça nous fait une belle liste de neuf acteurs majeurs de l’internet. Cela nous laisse donc la place pour une société plus récente, mais qui a eu une croissance fulgurante et un rôle prépondérant dans le développement du cloud computing : Salesforce.

Historiquement positionner sur le créneau des outils de gestion de forces de vente, Salesforce s’est fortement diversifié et propose une panoplie très impressionnante de services. Il existe d’autres acteurs  sur le créneau des Software as a Service (notamment Zoho), mais peu ont une telle couverture fonctionnelle dans leur offre tout en restant en cohérence avec leur coeur de métier (l’hébergement et l’exploitation d’applications métiers). Mais ce qui différencie selon moi Salesforce de ses concurrents est la vision qu’ils ont sû imposer de la Social Enterprise.

La vision schématique de la social enterprise de SalesForce

Salesforce propose ainsi des offres verticales en mode SaaS :

  • Sales Cloud, pour gérer les forces de vente ;
  • Service Cloud, pour gérer la relation-client ;
  • Chatter, pour les conversations et la collaboration interne ;
  • Radian6, une plateforme de monitoring et d’engagement sur les médias sociaux ;
  • App Exchange, une place de marché d’applications tiers.

On trouve également des offres plus techniques de PaaS (Platform as a Service) :

  • Force.com, une plateforme d’hébergement d’applications internes ;
  • Heroku, l’équivalent, mais pour les applications externes ;
  • Database.com, une plateforme d’hébergement de données ;
  • Data.com, une place de marché de données.
L'offre de PaaS de Salesforce

On retrouve enfin des offres de plus haut niveau prêtes à l’emploi :

L'interface de Site.com
Les deux derniers n’ont été lancés que très récemment, mais ils témoignent de l’ambition de l’éditeur. Je trouve ainsi que Site.com propose une approche tout à fait révolutionnaire avec une solution sachant parfaitement exploiter les autres (notamment en intégrant Sales Cloud,  Desk.com…). L’argument massue de Salesforce, celui qui a fait son succès, est toujours le même : « vous n’avez pas le temps d’attendre que vos équipes informatiques vous livrent ce dont vous avez besoin, nous pouvons le faire pour vous en un temps record« . Il faut croire que c’est un argument qui plait, car des milliers de clients ont ainsi adopté les offres de Salesforce. J’apprécie particulièrement leur discours pour Site.com qui s’articule non pas autour du TCO (« Total Cost of Ownership« ), mais du TCC (« Total Cost of Change« ).

Comme vous pouvez le constater avec cette liste des solutions proposées, Salesforce est donc une splendide réussite, un empire bâti en moins de 10 ans et qui a eu l’effet d’un véritable électrochoc pour les éditeurs traditionnels. Les prochaines étapes logiques du développement de leur offre seront de compléter les solutions verticales en s’attaquant à des acteurs de niches comme PracticeFusion.

Maintenant que je vous ai présenté ma liste, je vous propose d’ouvrir la discussion sur les trois questions suivantes :

  • Qui a été sorti du club des dix par Salesforce ?
  • Qui sera le prochain à sortir ?
  • Quel sera le premier acteur asiatique à l’intégrer (Baidu, Tencent, Rakuten…) ?

Le web est un éternel recommencement

Je ne sais plus qui a dit que la mode est un éternel recommencement, mais cette maxime pourrait tout aussi bien s’appliquer au web. Force est de constater que les « observateurs avertis » s’enflamment assez régulièrement pour tel ou tel nouveau service qui est une authentique révolution et qui est censé faire basculer le web dans une nouvelle ère (ex : Connaissez-vous Pinterest, le dernier épiphénomène d’une longue série).

Je me suis déjà exprimé sur la façon dont l’internet à évolué (Bilan de 10 ans d’interactivité) ou évoluera (Les leviers d’innovation du web pour les 5 prochaines années), mais je souhaiterais aborder à nouveau ce sujet et mettre l’accent sur les similitudes entre les services qui font référence aujourd’hui et ont on retrouve les origines au siècle dernier. Loin de moi l’idée de jouer les paléontologues numériques, mais j’estime qu’il est important de rappeler que si les interfaces et technologies évoluent, les usages fondamentaux sont les mêmes. Certes, le web de 2012 n’a plus grand-chose en commun avec le web du XXème siècle (notamment grâce aux médias sociaux, terminaux mobiles ou au cloud computing), mais ce sont surtout les moyens d’accès et modalités qui ont évolué :

  • Twitter est aujourd’hui l’outil de communication en temps réel de référence, mais à l’époque nous avions ICQ ;
  • Facebook est le roi des réseaux sociaux, mais j’avais déjà un profil et des amis sur SixDegress en 1999 ;
  • Je suis un très gros utilisateur de WordPress, mais n’oublions pas que Multimania ou Geocities permettaient de publier des pages perso ;
  • Des portails comme Heavy.com ou Break.com diffusaient de la vidéo bien avant YouTube ;
  • Shockwave.com était la destination ultime des jeux en ligne avant le triomphe de Zynga ;
  • Je partageais mes playlists sur Winamp (plutôt que Spotify) ;
  • J’organisais mes journées sur mon Psion, un modèle de simplicité d’usage, et j’installais tout un tas d’applications inutiles sur mon Palm avant que l’on ne décrète qu’Apple a inventé les app stores pour son iPhone ;
  • Ma page d’infos personnalisées était délivrée par Mon Yahoo! (plutôt que Flipboard) et je consultais des contenus mobiles hors ligne avec AvantGo (plutôt que Instapaper) ;
  • Les photos étaient partagées en ligne sur des services comme Snapfish des années avant que Flickr ne soit un projet de jeu en ligne (véridique !) ;
  • Une infinité de produits et services étaient notés et commentés sur Ciao (maintenant sur des plateformes comme Crowdstorm) ;
  • Je créais des espaces collaboratifs sur eRoom, bien avant des acteurs spécialisés comme SocialText

Comme vous pouvez le constater, la liste est longue, et l’on pourrait la continuer avec d’autres services (ne vous gênez pas, les commentaires sont là pour ça). Certes, avec les services récents tous ces usages sont grandement facilités, car ils sont plus pratiques et plus rapides, mais où est l’innovation ? En faisant un gros travail d’introspection, je me rends compte que la seule réelle innovation d’envergure de ces dix dernières années est Google Wave. Vous avez le droit de vous moquer et de penser que je débloque, car Wave a été un échec retentissant, pourtant c’est selon moi la seule proposition d’innovation d’usage en rupture avec les outils existants.

La grande question que l’on peut se poser est : mais pourquoi ne faire le coup de la révolution à chaque nouveau service qui sort ? C’est, selon moi, pour une raison toute simple : le marché a besoin de croire aux nouveaux services « révolutions » pour avancer. En d’autres termes : les opportunités de croissance sont le moteur du web, c’est ce qui tire les usages et draine les investissements. Celles et ceux qui suivent de près l’actualité se souviennent certainement de Color, une application mobile de partage de photos jugées comme « révolutionnaire » et pour laquelle les fondateurs avaient levé 50 M de $. Une histoire ridicule, mais qui n’a pas empêché la blogosphère de spéculer sur Highlight, la dernière application mobile à la mode au SXSW.

Entendons-nous bien : le but de cet article n’est pas de critiquer, mais de rappeler des faits historiques et de vous inciter à faire preuve de discernement face à la frénésie des « nouveaux Facebook » et à ce phénomène d’amnésie cyclique qui frappe la blogosphère.

Est-ce bien moi qui viens d’écrire cette phrase ? Ça alors, je n’en reviens pas, c’est à mon tour de jouer le vieux sceptique ! Ça doit très certainement être un des premiers symptômes du cap des 40 ans…

Tout savoir sur le web, la prévention et les blogs avec la fête de l’internet 2012

Je m’y prends un peu tard pour vous prévenir, mais je tenais à vous signaler que je vais donner deux conférences gratuites ce week-end dans ma ville pour la Fête de l’Internet : Rencontre avec le blogueur Fred Cavazza. Ces conférences vont se dérouler à Vincennes (terminus de la ligne 1 du métro) dans la journée du Samedi 17 mars :

  • La première conférence portera sur l’Internet en général et s’adresse aux enfants comme aux parents (de 10h30 à 12h30). J’essayerais d’y expliquer en des termes simples ce qu’est l’internet et ce que l’on peut faire avec (cette explication s’accompagnera sur de pédagogie autour des contenus numériques, des réseaux et de la mobilité). J’aborderais également les risques liés à l’identité  et aux contenus inappropriés, ainsi qu’aux moyens de s’en protéger. Cette conférence va durer deux heures et j’ai mis un point d’honneur à confectionner un support particulièrement adapté aux plus jeunes (je l’ai testé sur mes propres petits garçons et les explications fonctionnent), n’hésitez donc pas à venir accompagner de vos enfants.
  • La seconde conférence s’intitule « Un blog pour quoi faire ? » et va traiter des usages des blogs (de 15h à 17h). Au cours de cette conférence j’expliquerais ce que sont les blogs, ce que l’on peut faire avec et comment ça se manipule. Je passerais également un bon moment à livrer un retour d’expérience sur mes neuf années de blog (mes débuts, mon organisation, mes conseils…). Cette conférence est ouverte à tous, mais elle s’adresse avant tout aux adultes et plus précisément à ceux qui souhaitent faire un usage professionnel du blog (en tant qu’individu, salarié ou commerçant).

Je ne saurais que trop vous conseiller de profiter de cette occasion, car ces deux conférences sont gratuites et que Vincennes est une ville agréable et simple d’accès (du moins en métro). Pour plus d’infos, ça se passe sur le site de la médiathèque : Rencontre avec le blogueur Fred Cavazza autour de deux conférences.

Social Media Landscape 2012

(La version française de cet article est ici : Panorama des médias sociaux 2012)

A few years ago, Charlene Lee from Forrester said social networks will be like air. We are now in 2012 and social media had never been this important. I regularly talk to people referring to social media as the web, the whole web. Indeed, the web as became social, and it is hard to find non-social websites. This being said, how can you explain social, when anything is social? It’s simple: you draw a chart with the most emblematic social platforms.

As I have been doing it for the last four years (2008, 2009 and 2011), let me introduce you to my latest social media landscape to help you understand the big picture of who is doing what.

My Social Media Landscape through the years

Following a blurry 2010 in which I was unable to draw a consistent chart, the latest version was divided into seven major use and a central position for Facebook and Google. In the 2012 version of my landscape, the split is quite similar, but with new players, a generalization of conversations and the addition of device types.

The latest version of the Social Media Landscape

A very dense ecosystem

In this new version, You can find a set of online services allowing conversations and social interactions, on computers, but also on mobile and alternate devices (smartphones, tablets, connected TVs, smartframes…). Although this graph is divided into pies and layers to make it easier to read, social media is a very dense ecosystem where different players lives in symbioses: if they tend to overlap sometimes, they easily lives together, and we are not in a winner-takes-all market configuration (I assume you guess which service I am referring to).

Thus, three major players can be found in the central circle, because they are providing users with a very large set of functionalities (FacebookTwitter and Google+). If it is possible for a user to publish / share/ play / network / buy / localize on only one of these platforms, they are widely used as containers or relays for what internet users are doing on other platforms. Regarding competition between these three, I don’t believe one can eat the two others, since each one have a distinct orientation: Twitter for content discovery, Google+ to manage your online identity and Facebook to interact with your friends.

As for the usages, I have spread the various services over families:

The main goal of this chart is to make it easier for you to comprehend social media in all its complexity, not to set an exhaustive list of available services. Thus, some major generic platforms or players are not listed here, like bulletin boards, instant messaging services (Skype) or youth virtual worlds (did you know there where more than 250 M accounts created on Habbo?). Furthermore, this graph only reflects western countries social platforms, it does not take in account eastern markets like Russia or asian markets like China or Japan, but a simple google search can bring you countless equivalent graphs for asia.

How to take advantage of social media’s diversity?

Now that we have an overview of social media, it is time to stress THE question: which platform should your brand choose? I think I am not wrong saying there is only one good answer to this question: The important is not to choose the right platform, it is to build a consistent social architecture. Installing your brand on social media is not about choosing one or several social platforms and opening profiles, it is about defining objectives and allocating resources. The platform choice is only the tactical declination of your strategy. Knowing the social media ecosystem is not stabilized, and I doubt it will ever be, choosing one or several platforms is not a long term strategy, it is a short term tactic. The only truly viable social platforms on the long run are the ones you host and manage.

This being said, at one point, you will have to choose one or several platforms! There is no perfect choice since each brand has a different context, but I can provide you with some generic advices:

  • Do not put all your eggs in the same basket. Even if Facebook is by far the most popular social platform, it is the one where competition is the most intensive. As insane as it can sound, choosing Facebook is not the safest bet, it is the most risked one: Competition is so strong that you will waste all your time / money / energy for limited results. Furthermore, keep in mind that what happens on Facebook, belongs to Facebook (just check the terms and conditions).
  • Focus on more targeted tactics. Knowing that competition is more intense on Facebook, is it still viable to have pages? Yes, it is still an almost necessary, albeit not sufficient, step. Necessary in most of the case (forget about it if you are in BtoB), and not sufficient because profile-based targeting mechanism are inefficient (Facebook members’ primary goal is to shine among their friends, not to describe their real daily lives). Content-based social platform relying on interest graph offers some much more precise target engines. Furthermore, trendy or high level brands might focus on more quality-oriented social platforms (Vimeo, Tumblr) to avoid being in competition with shampoo, beer and diaper brands.
  • Aim for the long term. Nearly all major  / local brands and institution are already active on social media, thus, you cannot bet on instant or short-term success. To be more accurate: You can achieve basic tactical goals (like winning 10.000 fans in three weeks), but is it relevant? Rolling-out a successful conversation-based engagement platform is a much more ambitious project, which will require more time and energy (2 to 3 years). Yes, it’s a long time-frame, but you will need it in order to achieve a deep evolution of internal process, habits and mentality.
  • Be opportunist. As I have just said, it requires years to build a viable social media architecture, but this does not necessarily means you cannot try some short term visibility campaigns. Since the last two weeks, the blogosphere is all about Pinterest, what about taking your chances? You can go for a try, but do not expect more than what these kind of campaign can provide you with (a temporary traffic boost).

What to expect in 2012?

The chart published in this article gives you an overview of the social media landscape. Its main purpose is to illustrate the diversity of usages and the complexity of this ecosystem. Since the Facebook / iPhone revolution has already happened, 2012 will be the year to strengthen your existing presence or mobile app, but also the year to experiment, because their are numerous opportunities at your disposal.

Let’s make things perfectly clear: When I am suggesting to strengthen and experiment, I am advising you to do it internally, not to outsource it. Because if you let a contractor do it for you, you won’t learn anything and will not be able to gain experience. I strongly believe a small-scale internal social presence is much more profitable than a large-scale outsourced one. Social media ROI is about experience and insights, it is not about fans number.