Snapchat sera-t-il le MTV du XXIe siècle ?

Les médias sociaux sont un écosystème décidément extrêmement riche et surtout incroyablement volatile. Il y a quelques années, MySpace régnait en maître sur le web, puis vient le tour de Facebook, et nous commençons maintenant à assister à l’irrésistible ascension de Snapchat. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, Snapchat est une application mobile qui permet de publier et d’envoyer des messages / photos / vidéos de façon éphémères (ils appellent ça un “Temporary Social Media“). Autant Facebook se fait une mission de “protéger vos souvenirs” en mémorisant scrupuleusement le poindre de vos publications et likes, autant le succès de snapchat repose sur ce côté éphémère : les contenus publiés ne sont disponibles que 24h et sont supprimés une fois visionnés. Il existe d’autres applications mobiles proposant ce type de fonctionnalité, mais c’est sur ce principe de publications éphémères que Snapchat a bâti son succès auprès des jeunes, car ces derniers y voient un moyen très efficace de se lâcher sans avoir besoin d’en assumer les conséquences.

Capture d'écran de Snapchat
Captures d’écran de Snapchat

Si vous trouvez que cette application est difficile à prendre en main, le créateur propose une explication spartiate, mais limpide :

Le fait que les adultes ne comprennent pas le fonctionnement de cette application, et surtout n’y voient aucun intérêt, a beaucoup participé à son succès (même leur site web est limite incompréhensible). Si l’ouverture d’un compte Facebook est aujourd’hui considéré comme un rite de passage à l’adolescence, les jeunes s’en désintéressent très rapidement car ils y croisent leurs profs, parents et mêmes grands parents ! Du coup, les ados et pré-ados se tournent vers des plateformes sociales moins “grand public” pour pouvoir y faire des trucs de jeunes. Nous en serions resté là si cette application n’avait pas rencontré un succès phénoménal :

Taux de pénétration de Snapchat par pays
Taux de pénétration de Snapchat par pays

Comme vous pouvez le constater, Snapchat est assurément l’étoile montante des médias sociaux, celle dont tout le monde parle en ce moment. Ce qui fascine le plus chez Snapchat est sa popularité auprès d’un segment de population réputé très volatile. Cette application mobile affiche ainsi une insolente domination sur le segment des moins de 25 ans.

Répartition des âges des utilisateurs de plateformes sociales
Répartition des âges des utilisateurs de plateformes sociales

Fort de son audience très homogène, les équipes de Snapchat ont petit à petit procédés à une stratégie de diversification avec le déploiement de nombreux services et fonctionnalités : conversation vidéo, publications ouvertes, publications géolocalisées, échange d’argent, intégration de contenus tiers… Le fait que Snapchat soit la seule plateforme sociale a avoir fait plier des éditeurs de contenus de renommée mondiale comme CNN, cosmopolitan ou le National Geographics n’est as anodin, c’est une authentique démonstration de force. Ils se payent même le luxe d’intégrer les contenus de MTV, comme quoi, la roue tourne !

La question de la monétisation n’a jamais été réellement abordée, si ce n’est à travers des snaps sponsorisés hors de prix (le ticket d’entrée est à 750.000$) : Snapchat’s Newest Money Maker Is A Sponsored Our Story For Samsung And The AMAs. Ils ont ensuite trouvé d’autres leviers de monétisation plutôt malins comme les évènements live sponsorisés (Snapchat Is Making Some Pretty Serious Money From Live Stories) et les filtres locaux sponsorisés (Snapchat turns geofilter digital stickers into revenue source).

Le filtres locaux dans Snapchat
Le filtres locaux dans Snapchat

Les choses se sont accélérées dernièrement avec un road show parfaitement orchestré du fondateur pour promouvoir les solutions publicitaires natives auprès des marques : How Snapchat’s CEO Plans to Conquer the Advertising World. Cette tournée promotionnelle a atteint son apogée cette semaine avec les annonces faites au Festival de la publicité à Cannes : Snapchat’s Evan Spiegel Goes to France, Asks for Ad Money and Makes a Video.

Les “Vertical Video Views” sont donc le nouveau format publicitaire de référence sur Snapchat avec une belle mécanique de ciblage dont on ne sait pas encore grand chose.

Les publicités vidéos verticales de Snapchat
Les publicités vidéos verticales de Snapchat

Et comme si ce n’était pas assez, ils poursuivent leur diversification avec la création d’une société de production de contenus : Snapchat, WPP and DailyMail Launch Content Marketing Agency.

C’est donc un quasi-sans faute pour cette startup californienne à laquelle tout réussi et dont personne n’arrive à endiguer la croissance, notamment Facebook qui a lancé plusieurs applications mobiles directement concurrentes sans succès. Snapchat est-il le futur Facebook ? Non, aucune chance. D’une part, car Facebook est 15 fois plus gros (leur audience approche les 1,5 MM d’utilisateurs), d’autres part, car ils n’ont pas le même positionnement : Facebook veut connecter tous les êtres humains entre-eux (c’est donc une sorte d’hypermarché des médias sociaux), alors que Snapchat s’adresse aux jeunes avec une proposition de valeur plutôt faible (faire des grimasse devant une caméra). Dans tous les cas de figure, n’oubliez pas que Facebook possèdent accessoirement Instagram, l’autre application mobile de référence auprès des jeunes.

Au final, comparer Snapchat à Facebook n’est pas réellement pertinent. Facebook est et restera une plateforme sociale, c’est dans ses gènes, tandis que Snapchat essaye de se transformer en média. Pour le moment, ce positionnement se passe plutôt bien, mais dans la mesure où ils n’ont qu’une expérience très limitée en matière de production de contenu, ils devront d’abord faire leurs preuves face à des mastodontes comme BuzzFeed ou Vice.

La guerre des boutons

Le social commerce est un sujet complexe. J’ai déjà eu l’occasion de publier de nombreux articles sur cette pratique, qui jusqu’à preuve du contraire, n’avait pas réellement fait ses preuves (Tout reste à faire en social commerce). La situation vient cependant de changer d’un coup avec les annonces successives de Instagram et Pinterest d’inclure des boutons d’achat , des annonces qui font écho à celles précédemment faites par Facebook et Twitter. Facebook s’est notoirement illustré pour avoir essayé différentes approches du social commerce, avec le succès qu’on leur connait. Je ne reviendrais pas sur ces échecs, car la situation a bel et bien changé : les habitudes sont maintenant prises et les usages autour des smartphones se sont largement développées. En résumé : le timing est le bon.

Maintenant que (quasiment) tout le monde s’est lancé dans la course, il convient de prendre un peu de recul et de se poser les bonnes questions : Why ‘Buy’ Buttons Will Pose Big Challenges for Google, Facebook, Pinterest and Twitter. Insérer un bouton d’achat dans une publication n’est effectivement pas très compliqué. Le problème vient de la logistique que l’on va devoir mettre en oeuvre avant l’affichage des boutons et après le clic : vérifier la disponibilité du produit, proposer les différentes variantes (couleur, taille…), valider un paiement, déclencher une commande, orchestrer une livraison… le tout à travers un smartphone !

Certes, le potentiel est gigantesque, mais il y a de nombreux défis techniques et logistiques à relever, et tous les participants à cette course à l’armement n’en sont pas au même niveau. Instagram semble être le plus loin, car ils ne proposent pas de tunnel de commande intégré : Instagram Beefs Up Ads With App Install And Buy Buttons, Interest Targeting, API.

Les boutons d'action sur Instagram
Les boutons d’action sur Instagram

Tumblr a opté pour une approche similaire avec des boutons qui se déclinent en différentes actions : Tumblr Now Has ‘Buy,’ ‘Pledge,’ And ‘Get Involved’ Buttons From Etsy, Kickstarter, Artsy + Do Something.

Le bouton d'achat de Tumblr
Le bouton d’achat de Tumblr

En ce qui concerne Pinterest, l’expérience d’achat proposée est bien plus fluide avec un parcours de recherche / sélection / commande parfaitement intégré : Coming soon: Buyable Pins!. En revanche, Pinterest s’est associé avec des prestataires techniques (Demandware et Shopify), ce qui limite les possibilités et les rend dépendants…

Le parcours d'achat intégré de Pinterest
Le parcours d’achat intégré de Pinterest

De son côté, Twitter a annoncé un partenariat avec Stripe pour l’encaissement, ce qui les place dans une situation intermédiaire : Twitter Is Working With Payments Startup Stripe on Its Commerce Initiative.

Le processus d'achat intégré de Twitter
Le processus d’achat intégré de Twitter

Nous sommes toujours dans l’expectative de ce que va proposer Facebook, puisque son annonce remonte à l’année dernière : Testing a New Way for People to Discover and Buy Products on Facebook. La logique voudrait que les équipes de Facebook développent tout de A à Z, après tout ils avaient déjà de l’avance avec “Gifts”, mais le moins que l’on puisse dire est qu’ils se font très discrets. Une annonce a été faite la semaine dernière, mais pas directement par Facebook : Shopify and Facebook Announce Expanded Beta Test For “Buy” Call-To-Action Button.

Exemple de boutons d'achat dans Facebook
Exemple de boutons d’achat dans Facebook

Tous ces compromis réalisés par les uns et les autres nous prouvent à quel point la vente en ligne est un métier complexe. Au final, ce sont les spécialistes du commerce en ligne qui sont à priori les mieux placés, à l’image d’Amazon qui dispose déjà d’une logistique ultra-performante et de la confiance de centaines de millions de clients. Sauf que… les internautes vont acheter sur Amazon quand ils ont une idée en tête, mais n’ont pas le réflexe de s’y rendre pour flâner et y trouver l’inspiration. Certes, le géant de Seattle fiat des efforts (Say hello to Amazon Stream, a Pinterest-like endless shopping experience), mais la sauce ne prend pas.

Dans cette grande course, il nous reste encore à aborder le cas de Google qui n’a pas manqué de faire parler de lui avec des rumeurs de l’intégration d’un bouton d’achat à ses annonces : Can Google Outsell Amazon and eBay?. Certains d’entre vous pourraient me dire que Google est complètement largué sur le sujet du social commerce, et je serais bien d’accord avec vous. En revanche, Google dispose d’atouts qui font trembler toute la profession :

  • un moteur de recherche et de comparaison de produits (Google Shopping) ;
  • plusieurs systèmes de paiement (Google Wallet, Android Pay) ;
  • un mécanisme de vérification de l’inventaire des boutiques en ligne (Trusted Stores) et locales (Inventory Ad).

Au final, Google n’est peut-être pas très bien positionné en amont du parcours d’achat (la phase d’inspiration et de découverte), mais ils sont parfaitement outillés pour tout le reste du cycle de sélection et de passage de commande. Si l’on assemble toutes les pièces du puzzle, Google peut potentiellement ouvrir une marketplace. Cette éventualité ne serait pas si effrayante s’il n’y avait pas des rumeurs d’un partenariat d’envergure avec Macy’s : Google “Buy Buttons” Could Start Showing On Mobile Shopping Ads In A Matter Of Weeks.

Le bouton d'achat de Google
Le bouton d’achat de Google

La situation est-elle préoccupante ? Pas réellement dans la mesure où les clients pourraient apprécier le fait d’avoir accès à un mécanisme de paiement mobile performant, et où les marchants pourraient également en bénéficier. Après tout, pourquoi proposer soit même un moyen défaillant alors que l’on peut s’appuyer sur celui d’un prestataire qui accessoirement à un accès direct à 2 milliards de smartphones ?

Vous noterez au passage que tout ceci s’inscrit dans la tendance actuelle de balkanisation du web, c’est à dire son morcèlement au sein d’applications mobiles propriétaires comme WeChat, Facebook ou Snapchat. Les prochaines semaines vont donc être décisives pour savoir si les géants du web vont accroitre encore plus leur domination ou si… heu… ha bah non en fait, il n’y a pas d’alternatives. Autant être attentif pour savoir à quelle sauce vous allez être mangés !

Google dévoile ses ambitions sur l’internet des objets

L’internet des objets est un domaine qui fait beaucoup fantasmer en ce moment (cf. Mythes et réalités de l’internet des objets), un emballement généralisé que l’on n’avait pas vu depuis de nombreuses années. Si ma mémoire est bonne, le dernier élan d’enthousiasme à grande échelle de ce type remonte aux années 2000 avec l’euphorie autour du CRM. Bref, tout ça pour dire que l’internet des objets est en feu, dans le bon sens du terme. Et comme tout domaine à croissance ultrarapide, un acteur emblématique finit toujours par naturellement sortir du lot pour occuper le devant de la scène (à l’époque du CRM, c’était Siebel). Sauf que… ça fait plusieurs années que la pression monte autour de l’IoT (“Internet of Things“), mais qu’aucun leader ne se profile à l’horizon (cf. cet article publié en 2013 : La bataille des standards nuit-elle à l’adoption de l’internet des objets).

Microsoft étant tombé dans un état léthargique depuis de nombreuses années (décennies ?), le seul acteur d’envergure capable de relever ce défi est logiquement Google. Mais les choses ne sont pas si simples, car ils ont déjà fait plusieurs tentatives, comme le projet Android@Home lancé en 2011 : Google announces Android@Home framework for home automation. Nous en étions restés là jusqu’à ce que les choses prennent une autre tournure avec le rachat surprise de Nest en 2014 : Google se lance dans la course à l’Internet des objets avec le rachat de Nest. Puis il y a eu le lancement d’Android Wear quelques mois plus tard : Google à l’assaut des objets connectés avec Android WearNous sommes maintenant au milieu de l’année 2015 et Android est maintenant une plateforme, à l’instar de Windows, qui se décompose en plusieurs versions : Android, Android Wear, Android TV et Android Auto.

Les différentes déclinaisons d'Android
Les différentes déclinaisons d’Android

Tout ceci est très intéressant, mais les terminaux alternatifs correspondent à d’autres usages que les objets connectés, et doivent faire face à d’autres contraintes. En d’autres termes : la famille s’agrandit, mais elle ne résout toujours pas le problème d’absence d’acteur dominant dans le domaine de l’internet des objets. C’est là où les annonces faites la semaine dernière à Google I/O rentrent en scène et nous permettent d’apercevoir les contours du plan d’ensemble : Avec Weave et Brillo, Google veut être au centre de l’internet des objetsLes grosses nouveautés présentées lors de cette conférence annuelle relancent Google dans la course à la domination de l’internet des objets :

  • Brillo, est donc une version épurée au maximum d’Android, soit un système d’exploitation dédié aux objets connectés, au même titre que AllJoyn de Qualcomm, mBed du consortium ARM ou les projets open source comme Contiki, TinyOS ou ROIT ;
  • Weave est un protocole de communication permettant aux objets de communiquer entre eux et d’exécuter un certain nombre de tâches.

Mais ce n’est pas tout, car d’autres annonces viennent compléter le tableau :

À partir de ce qui a été annoncé et des produits et services déjà existants, on se rend compte que Google maitrise maintenant la chaîne de bout à bout : la partie matérielle avec Nest et le Project Jacquard, la partie logicielle avec Android et Brillo, la sécurisation avec Project Vault, la communication avec Weave, le traitement des données avec Google Cloud Platform et la restitution avec des applications grand public comme Fit. Au final, ça nous fiat une très belle chaine :

Les différents produits et services de Google liés à l'internet des objets
Les différents produits et services de Google liés à l’internet des objets

À ma connaissance, il n’existe pas d’autre acteur industriel proposant une palette aussi large de produits et services. Certes, les géants de l’informatique comme IBM, Oracle ou Amazon sont très bien implantés sur le créneau des plateformes de traitement de données (“IoT PaaS” comme disent les spécialistes), mais ils sont absents des deux extrémités de la chaine. Idem pour Apple qui s’illustre avec HomeKit, mais brille par son absence sur les autres créneaux.

En quelques années, et après de nombreuses acquisitions, Google est donc parvenu à effectuer une intégration horizontale, au même titre qu’Apple avec les smartphones. Le but de la manoeuvre étant de capter un maximum de valeur à chacun des maillons de la chaine, et d’élever des barrières à l’entrée en faisant jouer la complémentarité de ces différents produits et services.

Il est encore trop tôt pour dire si Google mérite bien son titre de nouveau roi de l’internet des objets, mais les choses semblent bien parties, car Google a su avancer dans l’ombre et petit à petit placer ses pions aux endroits stratégiques de l’échiquier. La dernière pierre à cet édifice serait de mettre en ligne un site qui expliquerait au grand public cette vision d’ensemble.

Social Media Landscape 2015

Si vous cherchez la version française de cet article, elle est ici : Panorama des médias sociaux 2015.

Seven years ago, I created a small diagram to illustrate the variety of existing social platforms, the Social Media Landscape was born! From the moment I published it, I began to witness connections from across the globe and started receiving messages from an incredibly broad crowd (journalists, authors, teachers…). Since then I published a new version of this landscape (nearly) every year: 2009, 2011, 2012, 2013 and 2014.

We are now in the middle of 2015, and it is time to unveil the latest version of this diagram. Does this landscape deserve a new version every year? Absolutely! The average internet user won’t probably notice it, but online social media is an ever evolving field, with tons of evolutions, new features, ins and outs. This is what this landscape is about: providing you with the most accurate vision on a yearly basis.

Out: Google+

Google’s social platform has been in the center of my diagram for several years, but despite tremendous efforts, Google+ never really caught-up. There are numerous reasons for this failure, one of the most obvious one is that they launched their social platform years after Facebook, Twitter… As everyone will tell you: “why changing when it is not broken?“. Google made the announcement three months ago (Google+ officially splits into Photos and Streams) and we begin to see the result with the launch of Google Photos and the disappearance of profile links.

In: Periscope, Imgur and Slack

Live video streaming services made a lot of noise during the SXSW festival, Meerkat was the first one, but Twitter decided to bet on Periscope. In order not to drown into a sterile debate, I added booth.

Unless you’ve decided to follow a digital detox program, you probably have noticed how GIF has became a huge part of the social web. There are countless GIF hosting services, but Imgur is probably, by far, the most popular one.

Another category which gain enormous traction is professional communication / collaboration social platform. Microsoft, IBM, SalesForce… all tried to prevail this category, but Slack seems to be THE ultimate enterprise social tool. So it is, I also added the aforementioned one because they are legitimate contenders.

1 large ecosystem and 4 major usages

Last year’s landscape was semi-circular, but I decided to use a circular diagram anew in order to fit more logos. Here is the resulting 2015 Social Media Landscape:

Social-media-landscape-2015

As you can see, social media is a vast ecosystem of online services structured around four main usages: publishing, sharing, discussing and networking. These four usages are not exclusive, since services like Tumblr allow members to fulfill various objectives (publish, share, discuss…).

At the center of this ecosystem, we find Facebook and Twitter. Not that this two social platforms are better than the others, but they managed to sit at the far end of the chain and gather all social interactions occurring inside this ecosystem. To be more accurate, Facebook and Twitter allow users to fulfill each of the four main social usages, but they also stand as relay.

At the center of the diagram, we will also find mobile applications. Applications like WeChat, Line, Messenger, Hangouts, WhatsApp, Viber, TangoKik, Kakao Talk and Snapchat where “simple” communication tools when they started, but they have evolved into much more sophisticated social objects adding more and more functionalities. Today, they stand for one-stopping-shopping apps, trying to be the digital Swiss knife in your pocket, allowing users to do various tasks from ordering a taxi, to playing games, to reading entire articles, to exchanging money with friends, to shopping online goods (Facebook’s Messenger Platform Must Go Beyond Apps And Embrace The Web).

We then find a vast array of online services and mobile apps split into four main usages :

I acknowledge this is a complicated diagram with a lot of logos, but it illustrate the variety and density of the social media ecosystem, and it’s far from being exhaustive! If you are looking for alternative diagrams, I shall recommend the Conversation Prism, the World Map of Social Network, the Guide to the Social Landscape, the Social Media Map or the China Social Media Landscape.

I hope you will find this diagram helpful, feel free to use and share it (by respecting the Creative Commons terms. If you have any remarks, or like to raise the attention on a particular unmentioned social platform, do so in the comments or email me.

Panorama des médias sociaux 2015

If you are looking for the english version of this article, you will find it here: Social Media Landscape 2015.

Comme tous les ans, je vous propose une nouvelle version de mon panorama des médias sociaux, une habitude démarrée en 2008 et qui se prolonge depuis tous les ans : 2009, 2011, 2012, 2013 et 2014. Pour certain(e)s d’entre vous, les médias sociaux sont la pierre angulaire de votre vie professionnelle, pour d’autres, c’est simplement un “terme marketing” pour désigner les réseaux sociaux. J’entends encore énormément de personnes dans mon entourage qui confondent encore ces deux termes. Pour mémoire, j’avais donné une définition en 2009 : “Les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité“. J’avais également listé les différents types de médias sociaux afin de lever l’ambigüité. En synthèse : les réseaux sociaux ne sont qu’un sous-ensemble des médias sociaux (ex : Twitter ou Facebook ne sont pas des réseaux sociaux).

Les différents types de médias sociaux
Les différents types de médias sociaux

Bref, nous sommes en 2015 et les médias sociaux dominent le web de façon incontestable. Je dirais même plus : les médias sociaux sont le web, et le web est les médias sociaux, car il est devenu impossible de les différencier. Si vous avez l’impression que les médias sociaux sont omniprésents, rassurez-vous, vous n’êtes pas tout seul(e) : Facebook, Twitter ou YouTube font maintenant partie de notre quotidien. Mais ils ne sont que la partie visible de l’iceberg. Un iceberg qui évolue, mais qui contrairement à notre calotte glaciaire ne fond pas au fil des ans, bien au contraire ! J’avais adopté pour le panorama de l’année dernière une forme en demi-cercle, mais j’ai dû y renoncer, car j’avais trop de logos et pas assez de place. Du coup, nous retrouvons le schéma en cercle qui était utilisé les années précédentes.

Évolution du panorama au fil des ans
Évolution du panorama au fil des ans

Je ne suis pas le seul à essayer de recenser les différentes plateformes sociales, d’autres schémas sont ainsi disponibles dont le Conversation Prism, la World Map of Social Network, le Guide to the Social Landscape, la Social Media Map ainsi que le China Social Media Landscape. Tous ces schémas offrent des représentations différentes, mais illustrent bien le paradoxe des médias sociaux : une infinité de services, mais une poignée de plateformes dominantes. Voilà pourquoi je reste fidèle à ma représentation en cercle, car cela me permet de placer au centre les plateformes les plus importantes. D’ailleurs à ce sujet…

Les sorties : Google+

J’ai toujours considéré que Google+ était une plateforme sociale de premier ordre, dans l’ombre de Facebook ou Twitter, mais jamais très loin. S’il y a bien une chose que l’on peut reprocher à Google, c’est d’avoir été ambiguë au sujet de sa plateforme sociale. La situation est maintenant clarifiée puisque la plateforme va être démantelée (cf. Google suit la tendance en morcelant Google+), ce qui me permet de retirer Google+ du centre du schéma et de la remplacer par Google Photos (qui vient juste d’être lancé), Google Communities (dont on attend toujours la mue) et Hangouts (une application de messagerie instantanée / vidéo largement sous-considérée).

Les entrées : Periscope, Ghost et Slack

Concernant les nouveautés, le schéma accueille trois nouvelles catégories : les applications de streaming mobile comme Periscope qui appartient à Twitter (cf. La mode des vidéos live relancée par Meerkat et Periscope), les services de blog minimaliste comme Ghost (ou Medium avant lui, mais qui était déjà sur le schéma), et les applications de communication professionnelles comme Slack (cf. Encore un service qui ambitionne de remplacer l’email).

Sinon je n’ai pas noté beaucoup de changements pour les services de publication ou de réseautage. L’essentiel des nouveautés est concentré autour des applications de discussion ou de partage. Je vous livre donc la nouvelle version du panorama :

Social-media-landscape-2015

Un écosystème de services pour quatre usages majeurs

Comme vous pouvez le constater, l’écosystème des médias sociaux s’organise autour de quatre grands usages : la publication, le partage, la discussion et le réseautage. À chacun de ces usages correspondent des services, certains étant dédiés à une fonction bien particulière (ex : Instagram qui ne sert qu’à publier des photos depuis son smartphone), tandis que d’autres sont plus versatiles (Tumblr qui est une plateforme difficile à caser).

Au centre de cet écosystème, nous retrouvons Facebook et Twitter, non pas que ces deux services soient mieux que les autres, ils sont simplement en bout de chaine et concentrent / relayent toutes les interactions sociales qui sont faites sur les autres plateformes. Ces deux-là ne seraient pas aussi puissants sans les contenus publiés et partagés au sein de cet écosystème. Deux plateformes emblématiques des médias sociaux, mais qui ont chacune des spécificités : Facebook est un portail, Twitter est un média.

Au centre, nous allons également trouver toute une série d’applications mobiles qui deviennent de véritables “hub sociaux” à l’image de WeChat, un service de messagerie mobile chinois qui a connu un développement exponentiel en seulement 2 à 3 ans. Un succès qui fait des envieux, car toutes ces applications convergent vers ce modèle d’intégration de services : Messenger, Hangouts, WhatsApp, Viber, Tango, Kik, Kakao Talk et bien sur Snapchat. Des applications mobiles qui s’émancipent et servent maintenant à faire tout un tas de choses : discuter, partager des photos et vidéos, consulter des contenus, s’échanger de l’argent, acheter des produits, commander un taxi… autant d’usages qui ne sont plus faits sur Facebook ou Twitter. Au cas où vous vous poseriez la question : oui, ces applications rentrent donc en concurrence avec Facebook et Twitter et favorise la montée en puissance du dark social.

Revenons à notre schéma : j’attire votre attention sur le fait que les quatre grands usages me servent à trier les services, mais qu’ils sont complémentaires : les utilisateurs publient des contenus, en partagent d’autres, cela génère des conversations qui leur permet de développer leur réseau de contacts. Nous sommes donc dans une expérience continue et non fragmentée. Ceci étant dit, les services sont classés selon les quatre grands usages suivants :

Cette liste n’est pas exhaustive (heureusement !), mais elle vous donne une vision globale de la diversité des médias sociaux, en mettant notamment en évidence les services “locaux”, notamment asiatiques. La seule chose qui manque à ce schéma est les forums, mais ce créneau est trop atomisé pour que je l’intègre de façon élégante.

Une prédominance des applications mobiles et des environnements dangereusement fermés

Le détail qui ne saute pas forcément aux yeux à la première lecture de ce schéma est la prédominance des applications mobiles. En à peine deux ans, les smartphones se sont imposés comme les premiers supports de consultation (et d’exploitation) des médias sociaux. Certaines plateformes sociales de premier ordre ne vivent d’ailleurs que sur les smartphones (Instagram, WeChat et même Twitter qui est consulté à 80% sur terminaux mobiles).

Connectés en permanence, puissants, géolocalisables… les smartphones sont des supports idéaux, aussi bien pour les éditeurs de contenus / services que pour les annonceurs, mais ces applications mobiles natives sont en train de morceler le web et de le transformer en un agrégat d’environnements clos (les fameux “walled garden“). WeChat est un très bel exemple de cloisonnement du web, ce service chinois me fait d’ailleurs beaucoup penser à l’iMode du début des années 2000 : un gigantesque portail propriétaire. C’est la volonté de vouloir conserver les internautes au sein de ces environnements fermés qui poussent d’ailleurs des plateformes comme Facebook et Snapchat à internaliser des contenus (cf. How Facebook is Killing the Open Web).

La situation est-elle grave ? Oui tout à fait. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais nous sommes en train de vivre un véritable tournant dans l’histoire du web : le basculement d’un meta-réseau ouvert reposant sur des technologies et protocoles standardisés à un oligopole où une poignée d’acteurs tentent de s’accaparer les utilisateurs pour pouvoir exercer une pression toujours plus forte sur les producteurs de contenus et les annonceurs. Je constate que la domination de cette poignée d’acteurs augmente tous les ans.

Comme à chaque fois, vous êtes libre d’utiliser ce schéma en respectant les règles de la licence Creative Commons. Si vous repérez des erreurs sur ce schéma, n’hésitez pas également à les mentionner dans les commentaires.