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L’avènement des jeux low-fi pour iPhone

C’est les (presque) vacances et en prime bientôt la fin de l’année donc je m’autorise un article plus “léger” que les autres avec ma petite sélection perso de jeux pour iPhone. Inutile de vous (re)faire l’article sur la façon dont l’iPhone a révolutionné l’industrie du jeux vidéo avec son modèle de distribution très compétitif (enfin surtout pour Apple : iPilule, chronique d’une application iPhone).

Je ne suis pas un expert en jeux vidéos (juste un amateur assidu) mais j’ai comme l’impression que les jeux low-fi sont les vedettes de l’année 2009. Aux côtés de super-productions comme Rolando 2, Super Monkey Ball 2, N.O.V.A.… on trouve ainsi des jeux d’éditeurs indépendants proposant des graphismes beaucoup plus pauvres mais avec un gameplay incomparable. Et les connaisseurs ne s’y trompent pas : IGN’s iPhone Game of the Year et Gamasutra’s Top 5 iPhone Games 2009.

La recette secrète de ces jeux est donc d’immerger le joueur dans une expérience unique à l’aide de graphisme rudimentaires façon Defender (au mieux) voir Pong (au pire). Je vous propose d’en découvrir les plus dignes représentants.

Il y a tout d’abord geoDefense, un jeu de tower defense avec des graphismes en fil de fer simplissimes mais de magnifiques effets visuels :

geoDefense sur iPhone
geoDefense sur iPhone

Nous avons ensuite Space Invaders Infinity Gene, à mi-chemin entre Space Invaders et Defender mais avec des musiques techno très stimulantes et un mécanisme de progression empirique :

Space Invaders Infinity Gene sur iPhone
Space Invaders Infinity Gene sur iPhone

Impossible de ne pas citer Eliss, une production française (cocorico) de toute beauté avec une bande son remarquable :

Eliss sur iPhone
Eliss sur iPhone

Le plus pauvre graphiquement mais aussi le plus speed, SquareBall :

SquareBall sur iPhone
SquareBall sur iPhone

Terminons enfin avec Unify, un mélange improbable de Pong et de Tetris :

Unify sur iPhone
Unify sur iPhone

Encore une fois ne vous laissez pas rebuter par la (relative) pauvreté du graphisme de ces jeux, ils proposent tous un gameplay remarquable et surtout une expérience vidéo-ludique incroyablement riche (mention spéciale à Space Invaders Infinity Gene).

Sur ce, je vous souhaite de bonnes fêtes et RDV l’année prochaine.

Nouvelles versions pour Zappos, Staples et Castorama

En ce moment je suis en train de benchmarker des boutiques en ligne pour un de mes clients, et j’ai comme l’impression que c’est Noël avant l’heure puisque nous avons droit à plusieurs nouvelles versions de sites de référence.

Il y a tout d’abord un ancêtre du commerce en ligne français (Castorama.fr) qui propose une nouvelle version tout en sobriété :

La nouvelle page d'accueil de Castorama.fr
La nouvelle page d'accueil de Castorama.fr

J’apprécie l’orchestration de la navigation avec des espaces de séparation entre les onglets pour dissocier les parcours d’entrée. Pour la page produit la lisibilité est toujours de rigueur, par contre je ne comprends pas bien pourquoi le bouton d’ajout au panier est sous la limite de visibilité (ils auraient pu faire des tests avec le nouveau Browser Size de Google) :

La fiche produit du nouveau site de Castorama.fr
La fiche produit du nouveau site de Castorama.fr

Autre poids lourd du commerce en ligne, Staples qui propose également une lisibilité exemplaire :

La nouvelle page d'accueil de Staples
La nouvelle page d'accueil de Staples

Vous apprécierez la mise en valeur du panier (et de la recherche) ainsi que la possibilité de déplier les carrousels (“Expand to see all“).

Pour la page produit c’est tout aussi efficace :

Une page produit du nouveau site de Staples
Une page produit du nouveau site de Staples

Certains produits sont richement décrits, les onglets sous la photo aident ainsi à s’y retrouver. Notez également les liens insérés dans le bloc de réassurance ainsi que les questions / réponses.

Intéressons-nous maintenant à la nouvelle version de Zappos, autre légende du e-commerce. Un gros effort a été fait pour condenser le bloc de recherche de même que la navigation qui intègre maintenant un index. Cette densité sur le haut de page est par contre compensée par beaucoup de zones de respiration sur la partie centrale de la page avec beaucoup de blanc et des rayons qui encadrent les recommandations. Bon par contre ils ont centrés le panier en haut de page (WTF ?) :

La nouvelle page d'accueil de Zappos
La nouvelle page d'accueil de Zappos

Au niveau de la page produit, la mise en pages est légèrement fouillis à mon gout, mais ils ont eu la bonne idée de coller le tableau des tailles avec le menu de sélection des tailles. Vous noterez également deux fonctions de social shopping très intéressantes : les URLs courtes (http://zapp.me) et les widgets “Blog about this item” :

La page produit du nouveau site de Zappos
La page produit du nouveau site de Zappos

Le site n’est pas encore tout à fait déployé et certaines pages sont encore sur l’ancien modèle mais cette nouvelle version est tout de même une belle réussite. Espérons que cela donne des idées aux équipes d’Amazon.

En tout cas je suis plus que satisfait de constater que la lisibilité et la sobriété s’imposent dans ces trois nouvelles versions. Assurément des modèles à suivre…

Mes 3 sites coup de coeur du moment (décembre 2009)

Comme chaque mois je vous propose une petite sélection de sites beaux, biens conçus, originaux…

Commençons avec Squared Eye, l’agence web à la baleine (une référence à Twitter ?) :

La page d'accueil du site de Squared Eye
La page d'accueil du site de Squared Eye

Dans cette page j’apprécie le fond de page atypique (trame, couleur…), les titres ultra-simples, le choix des polices de caractère, le carrousel qui permet de faire défiler les visuels. L’ambiance est tout à fait agréable et pourtant il y a un certain nombre de “règles” d’ergonomie ouvertement violées (couleurs de liens…).

Continuons avec une autre agence (By The Pond ou alors c’est Friendly Duck) :

Le site de l'angence By The Pond (ou Friendly Duck)
Le site de l'agence By The Pond (ou Friendly Duck)

La recette est à peu près la même : Un fond de page atypique, une bestiole, un travail sur les typos, beaucoup de sobriété. Là encore certaines “règles” ergonomiques ne sont pas respectées mais cette page est forte agréable à contempler.

Finissons avec WikiHow, un wiki de toute beauté (et particulièrement les pages intérieures comme ici How to Dress Like a Skater) :

Une page intérieure de WikiHow
Une page intérieure de WikiHow

J’adore la sobriété de cette page, le large bandeau de navigation incluant la recherche, l’orchestration du cœur de page avec le titre, les onglets, les larges boutons “Edit” et le petit retour du bandeau “Steps“. Rien à redire, le travail réalisé sur cette page est remarquable.

Deux prédictions supplémentaires pour 2010

A la suite d’une précédente série de 10 prédictions pour 2010, je vous en propose ce soir deux de plus pour pimenter le débat. Vous noterez que sur ces deux nouvelles prédictions la prise de risque est importante, mais c’est à ce prix que l’on génère des discussions intéressantes.

11/ Effondrement du segment des netbooks

J’ai déjà eu de nombreuses occasions de vous parler des netbooks, et d’insister lourdement sur la caractéristique essentielle pour moi de ces machines : ce sont plus de gros smartphones que de petits ordinateurs. Du moins c’est la ligne qu’auraient dû suivre les constructeurs. Au lieu de quoi ils se sont fourvoyés dans un positionnement ambigu dont ils sont le secret (“c’est comme un ordinateur mais en plus petit et en moins cher“). Résultat : des promesses non tenues, des utilisateurs déçus et un marché qui est tiré vers le bas (“pourquoi payer 1.500 Euros pour un ordinateur alors qu’à 500 euros j’ai un netbook dernier cri ? 1.000 c’est suffisant“). Aujourd’hui les ventes de netbooks sont toujours fortes, mais elles se font forcément au détriment d’autres segments qui souffrent (les laptops premier prix) et que les distributeurs sont obligés de solder. Plutôt que de chercher à développer un nouvel usage mobile (et donc un produit complémentaire à un ordinateur “classique”), ils se sont tirer une balle dans le pied en phagocytant leurs propres produits pour pouvoir faire des ventes rapidement. Grosse erreur.

Aujourd’hui je trouve que le segment des netbooks ne ressemble plus à rien avec des machines affichant des écrans de plus de 12 pouces de diagonale et des prix de vente qui dépasse les 1.000 € (pour le dernier Vaio X). Il n’était pourtant pas très compliqué de se différencier en proposant des machines légères et connectées en permanence… mais non, les constructeurs ont préféré pratiquer la surenchère technologique (plus gros disques durs, processeurs et cartes graphiques plus rapides, écrans plus grands…). Et où tout cela nous mène-t-il ? Nulle part. Je suis volontairement très critique car je suis un supporter de la première heure des netbooks (j’en possède plusieurs) et parce que je me désole de voir l’industrie s’enliser petit à petit dans un bourbier duquel elle ne pourra pas se sortir : l’informatique low-cost.

Qu’à cela ne tienne, puisque les netbooks sont maintenant associés dans l’inconscient collectif à de petits ordinateurs décevants, il est tant de trouver un autre nom à ce concept novateur (à mi-chemin entre informatique et mobilité). 2010 sera donc pour moi l’année du déclin pour les netbooks qui se feront voler la vedette par les touchbooks (à mi-chemin entre tabletPC et netbooks). Pour le moment l’offre est encore en phase de maturation (avec des terminaux qui se cherchent une place – cf. la triste fin du CrunchPad – et qui doivent avant tout éduquer le marché) mais le futur touchbook d’Apple devraient mettre tout le monde d’accord, attendez-vous donc à un réalignement du marché dès sa sortie (tout comme les constructeurs de smartphones se sont tous réalignés sur l’iPhone).

Autre facteur de déclin pour les netbooks : l’arrivée des smartbooks. Plutôt que de nouveau marché, je préfère parler de nouvelle niche pour ces machines à mi-chemin entre smartphones et netbooks : Smartbooks, a new class of mobile device.

Le smartbook de Qualcomm
Le smartbook de Qualcomm

Le principal promoteur de ce type de terminaux est Qualcomm, le fabriquant de puces qui équipent ces belles machines combinant “la simplicité et la connectivité des smartphones avec la puissance et l’ergonomie des ordinateurs portables pour vous permettre de surfer, travailler et jouer toute la journée où que vous soyez“. Derrière ce concept, il y a SnapDragon, une famille de processeurs moins gourmands et bien adaptés aux usages mobiles. Cette nouvelle génération de machine devrait ainsi permettre la mise sur le marché des machines moins ambitieuses que les netbooks (qui sont censés faire aussi bien que leur grand frère, sans jamais y parvenir) mais avec une proposition de valeur tout à fait réaliste. Plutôt que d’informatique low-cost, il est plus question d’informatique low-profile. “Low-profile”, c’est justement le positionnement adopté par Google pour son futur Chrome OS (dont vous pouvez lire une analyse fort juste ici : Chrome OS, le PC killer de Google – via JM Billaut – “Google place la barre suffisamment bas pour ne pas créer de frustrations chez les premiers utilisateurs“).

SnapDragon + Chrome OS, le binôme gagnant ? Pas certain car le futur OS de Google n’est pour le moment pas capable de tourner sur cette famille de processeur… pour le moment ! Mais nous en reparlerons en fin d’année prochaine.

12/ Perte de l’aura médiatique et enrayement de la croissance pour Facebook

Même si je suis un utilisateur régulier, j’ai toujours été sceptique quant au modèle de Facebook (souvenez-vous de Pourquoi je ne crois plus en Facebook rédigé en 2007 – ils n’ont fait que repousser l’échéance). Après une croissance fulgurante en un temps record, 2010 sera l’année qui marquera la fin du conte de fée. “Conte” ? Mais oui enfin, car dans quel monde est-il possible de proposer une plateforme entièrement gratuite où l’on peut stocker des milliards photos, des centaines de millions de  vidéos, draguer, déconner et réseauter à tout va ? La course à la croissance n’est malheureusement pas une fin en soi et il faudra bien payer la facture un jour. Facture que des services comme Meetic ou CopainsdAvant sont capables de payer car ils ont modèle freemium, mais qu’en est-il de Facebook ?

Vous pourriez me répondre que maintenant ils ont un cash flow positif… OK et alors, qui va rembourser la dette ? Et surtout qui va fournir les liquidités pour construire et équiper de nouveaux data-centers ? L’équation est très simple : pour absorber la croissance, Facebook a besoin d’un nouveau data-center tous les ans, sachant qu’il y a les autres à faire tourner et à maintenir. Le seul moyen qu’ils ont trouvé pour y arriver est d’ouvrir leur capital à des investisseurs. Mais tout le monde sait que troquer son capital social pour payer des frais de fonctionnement est une aberration (si vous n’en êtes pas convaincu, demandez donc aux survivants des start-ups des années 2000).

Vous pourriez également me dire que Facebook est assis sur une montagne de dollars avec le très juteux marché des social games, mais nous savons maintenant ce qu’il en est : Scamville, ou pourquoi les social games ne sont pas la poule aux oeufs d’or. Pour résumer une longue histoire, disons qu’une bonne partie des revenus mirifiques des éditeurs de social games provenait en fait de réseaux quasi-mafieux et que la nouvelle charte de bonne conduite adoptée à contre-cœur par les réseaux sociaux va faire radicalement baisser le potentiel de revenus de cette niche.

Autre problème, et de taille, pour Facebook : sa communauté. Autant ils sont fiers de crier sur tous les toits qu’ils sont la troisième plus grosse population sur notre planète (plus de 350 millions de membres), autant force est de constater que cette masse d’utilisateurs est difficilement contrôlable : au moindre changement elle exerce une pression tellement forte que Mark Z. est obligé de faire des acrobaties pour plier sans en avoir l’air. Il nous a ainsi démontré sa faiblesse vis à vis d’utilisateurs devenus très exigeants (ne me demandez pas pourquoi, mais il est reconnu que les utilisateurs sont toujours plus exigeants avec un service gratuit). Toujours est-il qu’avec la dernière version des CGU, les équipes de Facebook se prennent non seulement une tôlée de la part des utilisateurs, mais également de la blogsophère (cf. The Facebook Privacy Fiasco Begins, Zuckerberg Changes His Own Privacy Settings, Is Facebook unethical, clueless or unlucky?, Facebook’s Great Betrayal…).

Bref, 2010 sera selon moi l’année du basculement pour Facebook qui va devoir se faire violence pour trouver de nouvelles sources de revenus afin de financer sa croissance. Or, de nouvelles sources de revenus veut dire jouer avec les données confidentielles des membres, donc s’exposer à de fortes critiques, donc perdre de son aura médiatique, donc baisser les revenus publicitaires, donc devoir prendre plus de risques… Un début de descente aux enfers pour Facebook ? Non pas réellement, plutôt un retour sur terre, là où il y a des factures à payer et des concurrents qui ne lui feront aucun cadeau. Et ceci ne risque certainement pas de s’arranger avec la sortie prochaine du film (ils appellent ça un “biopic“) qui risque de réduire encore plus la marge de manœuvre.

La grande question est donc la suivante : Facebook est-il condamné ? Oui bien sûr, mais ça je vous l’avais dit il y a deux ans. Donc je le répète : pour s’en sortir, Facebook devra changer radicalement de stratégie à court terme et monétiser au plus vite sa base d’utilisateurs. Pensez-vous que cela va plaire à la communauté ? Il a fallu un peu moins d’un an aux membres de Friendster pour migrer vers MySpace il y a 5 ans. À votre avis, combien de temps faudra-t-il aux membres de Facebook pour migrer vers une autre plateforme ?

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Voilà, c’en est fini pour mes prédictions 2010, je vous donne donc rendez-vous en fin d’année prochaine pour faire le point.

Mes 10 prédictions pour 2010

L’année 2009 n’est pas tout à fait terminée mais j’attaque dès maintenant ma série de prédictions pour l’année prochaine. Comme vous pourrez le constater, la majeure partie de ces prédictions tourne autour de deux thématiques qui me sont chères : les jeux et les médias sociaux. Il y a également une tendance de fond que je n’aborde pas car j’ai déjà publié un article à ce sujet (la réalité augmentée sur mobile).

1/ Bataille autour des infrastructures et protocoles

Après avoir lancé (et fermé) des dizaines de services, les grands de ce monde semblent maintenant bien décidés à étendre plus encore leur présence en s’attaquant aux infrastructures (investissements massifs dans des data-centers) et également aux protocoles. C’est ainsi que Google a cette année proposé un nouveau protocole pour Wave, mais aussi une variante de HTTP (SPDY) et même son propre DNS (Google Public DNS). Ils ont également racheté Gizmo5 (spécialisé dans la VoIP). Et vous pensez que Microsoft, IBM, Amazon et cie vont rester sans rien faire ? Attendez-vous donc à une série d’acquisitions / innovations dans les infrastructures et les protocoles.

2/ Retour en force de la TV

Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros truc qui traine (ou pas) dans un coin de votre salon. Et bien figurez-vous que ce boitier risque bien de redevenir cool grâce au web et à l’ensemble de services qu’il est possible de porter dessus (cf. La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie). Mieux, de nouveaux modèles sont à inventer pour pouvoir tirer partie des spécificités de ces deux supports (votre ordinateur avec son clavier, sa souris… et votre télévision avec son bel écran HD).

Internet dans votre TV
Internet dans votre TV

C’est ainsi que l’on va commencer à voir des choses très intéressantes du côté des grandes chaines (MyTF1), des fournisseurs d’accès (Orange Box V.2, Freebox V.6…) et même des services en ligne (avec des contenus 3D). Bref, si la France n’a pas eu la chance d’avoir sa TiVo, les téléspectateurs / internautes risquent d’être gâtés en 2010 avec de nouveaux services hybrides très intéressants (web + TV).

3/ Explosion du marché des livres électroniques

Inutile de vous (re)faire l’article sur le Kindle ou sur ces concurrents. Maintenant que la technologie d’encre électronique est au point, reste à trouver les contenus. Car force est de constater qu’il n’y a pas beaucoup de eBooks à télécharger pour le moment (du moins en France), à moins que les choses se débloquent avec l’arrivée de ebooks sponsorisés (donc gratuits), de ebooks open source (voir d’un e-reader en open hardware), de e-readers subventionnés par des marques (au hasard les VPCistes qui en échange y placeraient leur catalogue avec un mécanisme de commande / paiement intégré) ou encore de e-readers compatibles avec Google Books, et tant qu’on y est des marketplaces d’ebooks et mêmes d’applications pour e-readers. Tout reste à faire…

Nook, le grand concurrent du Kindle
Nook, le grand concurrent du Kindle

4/ Grosse bataille autour de l’authentification et de la certification d’identité

Ces derniers temps, l’actualité est très chaude en ce qui concerne les services d’authentification : Facebook, Google, Twitter, Yahoo! et même Mozilla sont en pleine course (cf. Quand la délégation d’authentification devient un enjeu-clé). Ceci ne concerne que l’authentification mais je sens que petit à petit le besoin de certification d’identité va devenir de plus en plus pressant pour les utilisateurs qui veulent s’investir davantage dans une ou plusieurs plateformes sociales (par passion ou pour des raisons pro). À partir de là, qui pourrait être le mieux placé pour fournir un service de certification d’identité ? Les acteurs historiques (Verisign, Certinomis) mais également les solutions de paiement (PayPal, FIA-NET, Google Checkout…). En fait tout est question de confiance : En qui avez-vous le plus confiance pour certifier votre identité ou l’identité de quelqu’un d’autre ? L’astuce sera de fournir un service fiable et facile à mettre en oeuvre (et accessoirement compatible avec les différentes plateformes sociales).

5/ Invasion des terminaux dédiés et objets connectés

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur le danger que représentent les smartphones pour les terminaux nomades (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés), il n’empêche que quand je regarde des terminaux comme le Chumby, le Litl ou encore le Intel Ealth Guide, je me dis que la partie est loin d’être gagnée.

Le Health Guide d'Intel
Le Health Guide d'Intel

En fait il existe une infinité d’usages de niche pour des objets du quotidien qui pourraient être connectés (cf. WakeMate, Withings, Twoddler…). Le seul problème avec ces terminaux, c’est le raccordement au web : le Wi-Fi est trop contraignant, les abonnements 3G coutent trop chers… Idéalement il faudrait une sorte de WhisperNet comme le propose Aamzon mais ouvert à tout type de terminaux. Là encore, tout reste à faire…

6/ Du multitouch à toutes les sauces

Faire des applications avec des interfaces tactiles multitouch n’est aujourd’hui plus un problème dans la mesure où les technologies sont prêtes. Ou du moins : de gros efforts ont été faits par les grands éditeurs (Microsoft, Adobe, Apple…) pour faciliter la mise en œuvre d’interfaces multitouch. Reste encore à trouver les périphériques. Vous connaissez déjà l’iPhone, nous avons également la table Surface, la souris Magic Mouse, les tablets de chez Wacom

Les nouvelles tablettes tactiles de chez Wacom
Les nouvelles tablettes tactiles de chez Wacom

En fait quand on y réfléchit bien, il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine, notamment pour ré-équiper les foyers avec des périphériques hybrides comme le concept de 10/GUI. Bien évidemment ce type de périphérique n’est pas pour 2010 (quoique), mais nous allons doucement y venir et j’anticipe de belles innovations pour l’année à venir (périphériques / terminaux, applications, supports promotionnels / évènementiels…).

7/ Des applications en ligne sur votre bureau et des logiciels sur le web

La frontière était déjà très fine entre applications en ligne et logiciels connectés, mais les éditeurs vont pourtant aller encore plus loin avec des applications en ligne capables de se comporter comme des logiciels (grâce aux Application shortcuts de Google Chrome ou aux Client Apps de Silverlight 4 qui permettent de travailler en mode hors ligne et d’avoir accès au disque dur).

Facebook en dehors de votre navigateur avec SilverFace

Mais ça fonctionne aussi dans l’autre sens avec la montée en puissance des Social Desktop Apps qui sont là pour vous faciliter le quotidien et prendre la relève des Seesmic et Tweetdeck (FishBowl, Sobees, Socialite…). Ces services / applications sont là pour défricher le terrain à une nouvelle génération d’applications / services (ha mince je ne sais déjà plus qui est qui…). Bref, le rapprochement entre ces deux monde sera quasi-consommé l’année prochaine.

8/ Plus de sophistication pour les social games

Inutile de revenir sur le succès des social games. Après cette première année fort bien orchestrée pour faire se rencontrer deux mondes (casual games et réseaux sociaux), j’anticipe pour l’année prochaine une sophistication croissante des jeux proposés sur les réseaux sociaux avec des genres nouveaux : MMORPG (Burning Realms), FPS (Paradise Paintball 3D), Beat-them-All (BattlePunk), Tactical-sport RPG (Kick Off)…

BattlePunk, Un Beat-them-All sur Facebook
BattlePunk, Un Beat-them-All sur Facebook

En fait il n’y a pas réellement de limite à la sophistication des jeux présents sur les réseaux sociaux, du moment qu’ils tournent sur un plug-in supporté par la plateforme (Flash, Unity3D…). Et avec un peu de chance, si le succès est au rendez-vous, les meilleurs jeux peuvent même exister en dehors de ces réseaux (à l’image de Farmville qui est maintenant dispo sur Farmville.com).

9 / Une seconde vie pour les jeux 16 bits

Je ne vous ferai pas l’affront de vous demander si vous connaissez des jeux comme Pac Man, Asteroids, Battlezone, Golden Axe, Dragon’s Lair… Et bien figurez-vous que ces jeux ne sont pas morts, bien au contraire, ils sont en train de connaitre une seconde jeunesse sur le web (Atari Arcade, Sega Mega Drive Classics) et sur iPhone (Dragon’s Lair, PacMan…). Vous pourriez me dire que le plaisir de jeu n’est pas tout à fait intact car c’est tout de même beaucoup moins fun de jouer sur son ordinateur avec son clavier. Mais pas de problème, car figurez-vous qu’ils ont pensé à tout avec notamment la fourniture d’un Joypad pour les abonnés pemium :

La manette USB dont j'ai toujours revée
La manette USB dont j'ai toujours rêvée

Avec près de 20 ans de patrimoine vidéo-ludique, il y a largement de quoi attirer les nostalgique et leur soutirer quelques euros.

10/ Vers des Social Serious Games

Les serious games sont partout : sur Facebook, sur votre mobile, dans votre entreprise… Il faut dire que la proposition de valeur est plutôt intéressante : “Une simulation ludique dans laquelle le joueur / collaborateur va être invité à s’immerger pour résoudre une problématique complexe et / ou liée au monde de l’entreprise“. À partir de là, pourquoi ne pas importer dans l’entreprise les recettes qui fonctionnent chez le grand public : des social games sur votre réseau social interne adaptés aux challenges ou problématiques spécifiques à votre entreprise, des social serious games. L’idée vous parait stupide ? Réfléchissez-y à deux fois car ce type de jeux peut tout à fait remplir deux objectifs : faire passer un message (en fonction de la thématique du jeux et de la situation dans laquelle il place les collaborateurs) et stimuler les connections au réseau social interne (au travers de défis, d’un tableau des scores, de storytelling…).

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Voilà, ça fait 10 prédictions pour 2010. Comme je suis particulièrement inspiré en cette fin d’année, je vous prépare deux prédictions supplémentaires pour la semaine prochaine, mais avec une plus grande prise de risque.

Rétrospectives sur mes prédictions 2009

Comme chaque année, je vous propose de faire le point sur mes prédictions de l’année dernière (Mes 9 prédictions pour 2009 et deux supplémentaires).

1/ Montée en puissance des plateformes sociales BtoB

Même si le marché des outils et services liés à l’Entreprise 2.0 est en voie de maturation, force est de constater que les plateformes sociales inter-entreprise ne sont pas légion (euphémisme). Il y a bien eu le BlueHouse d’IBM mais ce service très prometteur a depuis été refondu dans le très vague LotusLive. Mais je reste tout de même très confiant quand à l’émergence d’une plateforme sociale BtoB à mi-chemin entre place de marché et espace collaboratif inter-entreprise.

Verdict : Ça viendra…

2/ Explosion des réseaux sociaux locaux

2009 à été l’année de la consécration pour les réseaux sociaux locaux (on en dénombre une dizaine). Le modèle est tellement porteur que tout le monde y vient : réseaux sociaux mobiles, city guides… Les plus connus sont Brightkite, FourSquare, Loopt, Aki-Aki… mais avec Nokia qui a fait son marché (Plazes + Dopplr + Plum) et Google qui se lance timidement avec sur le créneau BtoB avec Favorite Places et Googles, on se dit que le marché est encore très instable.

Verdict : Bingo !

3/ Démocratisation des applications sociales

L’année a été longue, très très longue pour les équipes de Tweetdeck et Seesmic Desktop qui se sont livrés à une véritable course conter la montre. Pendant ce temps là, Facebook a lancé sa propre application (Facebook Desktop), de même qu’Adobe avec Wave.

Verdict : Bingo !

4/ Retour en force des experts

Quoi que l’on puisse dire sur la révolution du real-time web et sur le raz-de-marée Twitter, je crois plus que jamais à la viabilité du modèle basé sur l’expertise (échange visibilité donc trafic contre revenu, cf. Un second souffle pour les marketplaces avec les pro-ams). Bref, les experts sont là pour durer.

Verdict : Bingo !

5/ Invasion des casual games

Ce ne sont pas tant les casual games qui ont beaucoup fait parlé d’eux mais plutôt leur déclinaison sociale, les social games (cf. Social Games, une mine d’or pour les plateformes sociales et Les casual games à l’assaut des réseaux sociaux). 2009 aura aussi été l’année de la consécration pour des acteurs comme Playfish (racheté 400 millions de $ par E.A.) ou Zinga (100 millions de VU / mois, 65 millions de joueurs pour Farmville).

Verdict : Bingo !

6/ Multiplication des MMOs franchisés

Bon sur ce coup là, on peut dire que les MMOs franchisés se font désirés. Suite à la grosse vague d’annonce de l’année dernière, aucune nouvelle grosse franchise n’a été annoncée (et Twilight alors ?). Il va encore falloir patienter quelques mois (trimestres ?) avant de pouvoir jouer à Batman, au Jedi ou au Klingon

Verdict : Ça viendra…

7/ Montée en puissance des objets trans-réels

Après une année assez molle, les jouets trans-réels débarquent en force pour Noël : Avatar iTag, NanovorMyScene

Verdict : Bingo !

8/ Émergence d’applications mobiles 2.0

On attendait du neuf pour les applications mobiles mais c’est plutôt du côté des marketplaces que l’effort d’innovation a été porté. L’AppStore d’iTunes doit maintenant compter avec l’Android Market de Google, le Mobile Catalog de Microsoft, OVI de Nokia, l’App Shop d’Orange… Donc point d’applications mobiles “2.0″ pour cette année.

Verdict : C’est raté.

9/ Retour sur le devant de la scène de Microsoft

Grosse année 2009 pour Microsoft avec la sortie de nouvelles versions majeures (Windows 7, Windows Mobile 6.5) ainsi que des annonces (IE9, Office 10 et ses Web Apps, Sharepoint 2010). Il y a également eu le deal avec Yahoo!, les nouveautés de Windows Azure, le nouveau MSN, la suite Security Essentials… Et le plus gros morceau pour la fin : Bing.

Verdict : Bingo !

10/ Arrivée à maturité des offres de cloud computing

Petit à petit, le marché est en train d’accepter l’idée de progressivement abandonner le stockage et les applications sur le poste de travail au profit d’un informatique on-the-cloud. Du côté des applications en ligne, j’ai évoqué Microsoft avec Azure et Office 10, mais 2009 a également été une année riche pour les Google Apps, pour Zoho, pour Aviary, mais également pour tout une série de partenariats (Sugar CRM et Adobe avec SalesForce). Pour les offres de Data-on-the-Cloud, l’année été tout aussi riche : Microsoft Demonstrates Data Interoperability in the Cloud, IBM’s Test Cloud Opens to Public Beta et MySQL gets cloudy with Amazon’s new database service.

Verdict : Bingo !

11/ Beaucoup plus de 3D dans votre navigateur

Même si les seules applications concrètes de la 3D dans votre navigateur sont pour le moment les Rich Internet Games, le futur du web 3D est en train de se structurer avec le le standard WebGL et dans une certaine mesure O3D de Google.

Verdict : Bingo !

Ouf, une sacrée année. Mais vous savez quoi ? J’ai comme l’impression que 2010 sera encore plus riche et passionnante. Bon… il faut maintenant que je m’attaque à la rédaction de mes prédictions…

Les petits e-commerçants ont le blues, mais ils ne devraient pas

J’ai comme l’impression qu’avec la maturation du commerce en ligne en France (dominé par de très gros acteurs), les “petits” e-commerçants ont la vie dure. Illustration avec le message envoyé par Olivier à la FEVAD : Favor’i FEVAD 2010, merci à tous de m’avoir élu “Meilleur Blog-Ecommerce 2010″. À l’origine de ce message, un sentiment de frustration d’un artisan du commerce en ligne face aux mastodontes français qui squattent les pages de résultats de Google, raflent les prix et d’auto-congratulent. Il faut dire que le combat est inégal dans la mesure où il y a certainement plus de référenceurs travaillant chez RueDuCommerce que d’habitants dans l’immeuble d’Olivier.

Autre témoignage très intéressant chez Patrice, celui de Delphine qui s’est battu pour faire exister sa boutique de chemises (Torpille.fr) sans rien y connaitre : Torpille.fr (Retour d’expérience). Elle partage ainsi ses déboires dans une page Facebook où sont détaillées ses mésaventures (pas très glorieux pour les gens de la “profession” qui l’ont si mal accompagné).

Les clients de Torpille.fr
Les clients de Torpille.fr

Le commerce en ligne est un métier complexe, alors déléguez !

Loin de moi l’idée d’enfoncer des portes ouvertes, mais vendre en ligne est une entreprise très complexe qui nécessite de réelles compétences et beaucoup d’énergie. N’espérez pas y arriver seul, vous n’avez aucune chance.

Pour résumer je m’appuierais sur une très bonne série d’articles rédigés par Michel de Guilhermier : Le Combat pour la Domination e-Commerce : Retailers vs Pure Players. Part I : Avantage Sourcing, Handicap Culturel et Organisationnel. La réussite d’une boutique en ligne est conditionnée par la maitrise de trois facteurs : La marge brute sur les produits, les coûts de visibilité et les couts opérationnels. Opérer une boutique en ligne impose donc de maitriser ces trois facteurs donc d’intégrer des compétences dans ces trois domaines (achat pour la marge brute, référencement / trafic pour la visibilité, gestion pour les couts opérationnels).

Impossible de maitriser tout cela à la fois si vous êtes seul, à moins d’avoir un authentique talent ou un “truc” secret. Il convient donc de se concentrer sur un ou deux aspects et de se décharger du reste. Il existe aujourd’hui des offres tout à fait compétitive pour créer / gérer / héberger sa boutique en ligne (Wizishop, 42Stores, PowerBoutique, Oxatis, PrestaBox…) et s’affranchir ainsi des soucis que cela amène. Ce conseil est également valable pour des marques déjà installées qui ont la possibilité de se concentrer sur leur métier d’origine et leur réseau de distribution physique en faisant de la délégation de e-commerce (auprès d’acteurs comme Inspirationel Stores, MixCommerce ou BrandOnlineCommerce).

Déléguer son e-commerce, une idée folle ? Pas du tout, car opérer une boutique en ligne avec un minimum de volume et d’ambitions exige (encore une fois) de réelles compétences qui sont dures à acquérir et surtout un travail de fourmis. De très grandes marques se sont ainsi laissées tenter comme Toys’ R Us qui est propulsé par GSI Commerce (et devrait lancer sa boutique en France, souhaitons bonne chance à Franck).

Cette délégation est une solution idéale pour ceux qui veulent développer leur business sur le web (et reconquérir des parts de marché sur des ventes que d’autres font à leur place) sans trop prendre de risques. Et pour ceux qui ne se sentent pas l’ambition de mettre en ligne une boutique, ils peuvent toujours se faire héberger un “corner” sur des portails marchands comme Madeleine Market. Le coup du grand magasin qui marie distribution sélective et volume n’est pas tout neuf ( la taille critique restera toujours un facteur-clé de succès), mais pour avoir rencontré le fondateur, je peux vous assurer que son offre est tout à fait intéressante avec un gros travail sur l’éditorialisation des fiches produit et sur le contenu comme levier de trafic durable (je préfère ce terme à “référencement naturel“).

Travailler sa marque et sa communauté avec les médias sociaux

Tout ceci fonctionne bien à partir du moment où vous avez déjà une activité et un début de clientèle, mais qui des création de marque ? C’est là où les médias sociaux rentrent en scène et peuvent redonner de l’espoir aux petits e-commerçant : Partant du principe que vous maitrisez à minima le sourcing, que vous pouvez déléguer la technique, le marchandising et la logistique à des prestataires spécialisé, il vous reste encore à perfectionner votre offre et trouver une clientèle.

Je rejoins tout à fait le point de vue de Michel (encore lui) sur la nécessité d’avoir une offre solide : Le Combat pour la Domination e-Commerce : Retailers vs Pure Players. Part II : l’Offre !. Deux leviers peuvent être actionnés afin de se démarquer : soit faire du gros volume pour abaisser le prix d’achat et déclencher des économies d’échelle (idéal pour les biens de commodité), soit proposer une offre pertinente, différente et surtout parfaitement adaptée à une réalité de marché.

Et c’est là où les médias sociaux sont une aubaine pour les petits e-commerçant qui peuvent s’en servir comme média de proximité pour mieux comprendre les besoins / contraintes / motivations / freins des clients et prospects. Cette étape d’écoute active est essentielle pour être en adéquation avec le marché et adapter son offre en conséquence (facile quand on est une toute petite structure, très compliqué quand on est une grosse structure avec une marque déjà établie).

Les médias sociaux et cette forme de marketing de terrain sont donc un avantage anti-concurrentiel (les gros ne peuvent pas lutter) pour se différencier et développer une communauté de clients autour d’une marque et de produits façonnés selon leurs besoins / humeurs… C’est qu’ont parfaitement su faire Patrice avec LaFraise.com ou Dave avec SaddleBack Leather, c’est ce que fait Olivier avec Platine-Center, c’est qu’essaye de faire Delphine avec Torpille.

Le blog du patron de Saddleback Leather
Le blog du patron de Saddleback Leather

Bien évidement tout n’est pas si simple et il faut toujours beaucoup d’énergie et de très grandes qualités pour pouvoir survivre dans cet univers ultra-concurrentiel, mais je reste persuadé qu’il reste une infinité de poches de business à capter pour des petits e-commerçants face à des géants du commerce en ligne dont la marge de manœuvre est réduite (baisse du pouvoir d’achat => promos pour maintenir les ventes => diminution des marges).

Et pour identifier ces poches, rien de tel que les médias sociaux, voilà pourquoi les petits e-commerçants ne devrait pas avoir le blues (d’où le titre de l’article).

Mes 3 sites coup de cœur (décembre 2009)

Je reprends ma série de sites coup de cœur avec 3 réalisations très différentes.

Tout d’abord Common Good Radio, un projet de web radio pour les enfants :

La page d'accueil du site Common Good Radio
La page d'accueil du site Common Good Radio

Cette page d’accueil propose à la fois une belle harmonie dans les couleurs et une grille de lecture bien proportionnée. Vous apprécierez également l’illustration et les formes tout en rondeurs, ainsi que le travail réalisé sur la couleur des textes et des fonds de cartouches. Le tout donne une ambiance chaleureuse et peacefull.

Il y a ensuite le site de Studio 7 Designs :

Le site de Studio 7 Designs
Le site de Studio 7 Designs

Des textes épurés, une typo bien ronde et surtout de larges visuels donne de la hauteur à cette page d’accueil. On retrouve également beaucoup de références à l’univers graphique d’Apple : la typo, la barre de navigation métallisée, le fond d’écran “espace”, les quatre cartouches de bas de page… J’apprécie également le contraste modéré des liens vers les services, le logo et les aurores boréales.

Après cette débauche de couleurs et d’espace, terminons avec le site de Brian Hoff qui est designer (enfin je pense, je ne suis pas trop sûr…) :

Le site de Brian Hoff
Le site de Brian Hoff

Ambiance minimaliste et austérité de rigueur pour cette page carrefour (elle sert à aiguiller les visiteurs sur d’autres destinations). J’aime beaucoup la typo du titre, la navigation à doubles items (“Home” + “is where I work“…), les blocs éditoriaux qui font ressortir les liens (et seconde ainsi la navigation), le bouton “Hire me” décentré par rapport à la grille de lecture pour le faire ressortir sans avoir à utiliser un couleur qui tranche.

Bon par contre je ne sais pas si j’aurais mis un point à la fin du titre “I’m a graphic designer“… il s’agit plus d’un effet de style que d’une règle typographique, non ?

Compte-rendu de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2009 dédiée au e-commerce

Voilà deux semaines que l’édition 2009 de la Journée Mondiale de l’Utilisabilité est passée, il est donc largement temps d’en publier un compte-rendu. Nous avons donc eu la grande joie d’accueillir une soixante de personnes pour cette conférence dédiée aux techniques et outils d’utilisabilité appliqués aux commerce en ligne.

Les intervenants de la Journée Mondiale de l'Utilisabilité 2009

Les diaporamas et vidéos sont donc accessibles sur le site SimpleWeb.fr : Journée Mondiale de l’Utilisabilité 2009. (je ne sais plus qui en est l’auteur mais merci pour la photo)

Encore un grand merci aux intervenants (Olivier, Raphaël, Jérémie, Vincent et Romain) et aux partenaires de cet évènement (Bertrand et Lucas).

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine (la date sera quasiment la même), il me reste à choisir le thème (vos suggestions sont les bienvenues dans les commentaires).

Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur

Depuis l’annonce préliminaire de juillet dernier j’attendais avec impatience la sortie de Chrome OS, le système d’exploitation de Google (cf. Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google). C’est maintenant chose faite avec une présentation publique en fin de semaine dernière dont vous trouverez une retranscription complète ici : Live From Google’s Chrome OS Event.

Chrome = Chrome OS

Pour faire simple disons que ce système d’exploitation n’est ni plus ni moins que le navigateur que nous connaissons déjà (Chrome). Comprenez par là qu’avec Chrome OS vous pourrez faire tout ce que vous avez envie de faire… du moment que ça se passe dans le navigateur (Chrome), en d’autres termes : applications et stockage en ligne obligatoires.

Dans leur façon de présenter les choses, ils ont retiré tout ce qui n’était pas nécessaire pour ne garder que l’essentiel (le navigateur). Donc dans l’absolu, Chrome OS est plus un navigateur augmenté qu’un système d’exploitation diminué. Le principal bénéfice avancé est que Chrome OS sera hyper-rapide à démarrer et ultra-sécurisé (du moins autant que Chrome). Le principal inconvénient est de… ne pas réellement proposer la même chose qu’un autre système d’exploitation.

Comparaison OS / Chrome OS
Comparaison OS / Chrome OS

L’interface de Chrome OS ressemble donc forcément beaucoup à Chrome :

L'interface de Chrome OS
L'interface de Chrome OS

Les seules différences notables viennent des indicateurs de charge en haut à droite et de l’onglet d’applications en haut à gauche :

L'onglet applications de Chrome OS
L'onglet applications de Chrome OS

Vous noterez la possibilité de “figer” des onglets pour vos applications favorites (Gmail, Google Docs…) :

Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS
Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS

Pour en savoir plus, je vous recommande cette vidéo sur la philosophie de l’interface :

Sinon dans les grandes lignes Chrome OS ne pourra pas être téléchargé et installé (il faudra utiliser un matériel spécifique dont nous n’avons pas encore les spécifications si ce n’est que ces machines devront être obligatoirement équipées de disques SSD), la version définitive ne sortira qu’en fin d’année prochaine mais le code source est d’ores et déjà disponible en open source.

Pour une revue plus complète des détails, je vous propose de lire ces articles :

Ce dernier article m’interpelle particulièrement car il est mentionné en fin d’article que tout ce que proposera Chrome OS sera également disponible dans Chrome (donc pour Windows, Mac OS…). Une information non-négligeable mais dont je n’ai trouvé confirmation nulle part ailleurs.

Chrome OS n’est qu’une pièce du puzzle

Si nous résumons bien : Google Chrome repose entièrement sur Chrome donc hérite de ses fonctionnalités, il ne tournera que sur du matériel adapté (visiblement au format netbook et sans disque dur) qui imposera le stockage en ligne (ils disent “data-on-the-cloud” parce que ça fait plus chic) et les applications en ligne (de préférence celles de Google). Chrome OS est donc la pierre angulaire de nombreux produits et services de Google que nous pouvons résumer avec l’équation suivante :

Chrome OS = Chrome + Gears + NaCl + Storage

À cette liste devraient pouvoir s’ajouter les technologies en cours de finalisation (comme le protocole SPDY qui est censé améliorer les performances de HTTP ou encore O3D). En fait la liste est très loin d’être complète… du moment que cela ne rentre pas en concurrence avec Android, l’autre système d’exploitation de Google mais pour les terminaux mobiles. Peut-être est-ce cette proximité dans la gamme de produits de Google que les membres de l’équipes se sont sentis obligés de préciser que les futurs machines “compatibles” Chrome OS seraient au format netbook mais avec un écran légèrement plus grand (au moins 11″).

La répartition du marché selon Google
La répartition du marché selon Google

Donc si l’on décortique le schéma ci-dessus : les géants se battent pour les extrêmes (sur le segment des laptops et téléphones mobiles) alors que Google cible plutôt les offres intermédiaires (netbooks et tablets). Ce schéma prend tout son sens quand on apprend que Sergey Brin aurait évoqué à demi-mot la probable fusion d’Android et de Chrome Os dans un avenir proche : Brin evoque une fusion d’Android et Chrome OS.

Malgré ces précisions les premières réactions sont tout naturellement tournées vers l’impact de ce lancement (prochain) sur le marché des netbooks :

Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives : Chrome OS n’est pas réellement concurrent de Windows mais plutôt de Windows sur netbook.

Pas réellement un concurrent de Windows (ni de Mac OS)

Je rejoins tout à fait l’avis de Ars Technica sur le fait que les équipes de Google ont opté pour un positionnement radicalement différent de Windows (ou de Mac OS) : oubliez votre desktop, l’avenir de l’informatique est dans les nuages. Pour résumer une longue histoire disons qu’après 20 ans de règne sans partage, Microsoft a érigé des barrières à l’entrée tellement hautes autour de son Windows que plus personne ne peut prétendre  l’en déloger. Il y a bien évidemment Apple mais son Mac OS n’a pas réellement cette ambition et se contente bien de son positionnement de niche (pour des raisons trop longues à lister dans cet article). Comprenez par là que Windows est et restera le système d’exploitation de référence pour les ordinateurs de type “desktop” et ce jusqu’à la disparition de ce segment de marché (probablement dans une dizaine d’années).

La disparition des desktops ? Oui tout à fait, les ordinateurs tels que nous les connaissons sont condamnés à disparaitre : trop cher à produire (surtout avec la raréfaction des matières premières à prévoir), trop gourmands en ressources, pas réellement adaptés à la réalité de ce que vont devenir les usages de l’informatique dans les années à venir. Le pari de Google est donc de se positionner en avance de phase et de miser sur la prochaine génération d’outils informatique : les netbooks XL. L’idée étant de ne pas faire supporter au client le cout de composants et logiciels permettant de supporter des tâches “lourdes” mais dont le grand public ne se sert quasiment jamais (Photoshop, montage vidéo, conception 3D…).

Regardez l’effervescence autour des médias sociaux (publication et partage de contenus, sociabilisation…) et des services “on-the-cloud” (données, musique…) et vous aurez une idée de ce à quoi ressemblera l’informatique grand public dans 10 ans. Bien évidemment il y aura toujours des “gros” ordinateurs pour faire tourner les applications professionnelles mais l’essentiel de ce que l’on pourra faire sera calculé sur des serveurs et délivré sur un machine “légère”. Alors vous pourriez bien me dire “peut-être mais moi je ne me séparerais jamais de ma musique que j’ai encodé avec mes petits doigts depuis ma médiathèque de 450 CD“, et je vous répondrais “ha mais moi non plus !“. Par contre ça sera complètement différent pour le commun des mortels (les djeunz de nos jours) qui n’ont jamais possédé de CD (ou encodé eux-mêmes des MP3).

Donc si je récapitule : la configuration de marché actuelle (majorité de desktops, minorité de netbooks) va s’inverser (majorité de netbooks, minorité de desktops). Il reste le cas particulier des jeux vidéos, principal vecteur de prescription des grosses configurations, mais quand on regarde la qualité des jeux auxquels il est possible de jouer en ligne (Dofus, Poptropica… et tout ce que nous réserve les Rich Internet Games), le raz-de-marée des casual / social games, la chute du prix des consoles… on se dit que cette configuration de marché là peut également changer (en évoluant notamment vers le cloud gaming).

Bref, l’avenir de l’informatique grand public est à chercher du côté des netbooks (pas des desktops) et Windows est plutôt mal parti de ce côté là, même avec Seven. Reste encore à Google à trouver l’équilibre entre prix, puissance et autonomie. Le facteur prix est forcément limité car la future tablet d’Apple va rafler le haut du marché (=> moins de 500 $). Le facteur autonomie est impérativement à privilégier pour se démarquer des laptops low-cost (=> plus de 8 h). Reste la puissance qui peut être modulée, et elle le sera à la baisse car il faudra impérativement doter ces machines compatibles Chrome OS d’une connexion permanente (Wi-Fi, 3G…) pour que l’alternative data-on-the-cloud soit à peu près crédible.

En tout cas le moins que l’on puisse dire est que ce positionnement radical divise la communauté :

La concurrence est déjà là

Si les netbooks sont donc l’avenir de l’informatique grand public, et je le pense fortement, la bataille va donc être rude pour Google car plusieurs acteurs sont déjà sur le coup (cf. Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks) :

Bref, il ne sera pas si simple de s’imposer sur ce créneau à fort potentiel. Et ce n’est rien de le dire car nous n’en sommes qu’aux prémices d’un changement radical dans notre façon d’exploiter l’outil informatique et les services en ligne. Changement tellement grand qu’il nécessitera plusieurs galops d’essais, et Google vient juste d’en faire un tout petit. Il reste donc un énorme travail à accomplir, et surtout un marché à faire évoluer.