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MIX 2010 – Jour 2 (suite)

Suite de la deuxième journée de conférence au MIX 2010. Les vidéos et diaporamas des sessions sont déjà disponibles ici : Live.VisitMix.com/videos.

Total Experience: A design Methodology for Agencies

Salle comble pour cette session présentée par Organic sur les méthodologies créatives en agence :

  • Il y a 10 ans, les web designers subissaient de terribles contraintes (256 couleurs, 4 typographies, des pages de moins de 60 Ko…), ils sont maintenant beaucoup plus libres dans les possibilités créatives et les expériences qu’il est possible de faire vivre au travers d’un site web ou d’une création digitale ;
  • Si les clients / prospects sont connectés 24H/24 sur différents terminaux (ou presque), les marques doivent suivre ;
  • Le prototype est une composante essentielle du processus créatif car il permet de matérialiser une stratégie et éviter de prendre du temps lors de la réalisation ;
  • Les hollandais ont inventé le Total Football, un tactique au foot où les joueurs peuvent changer de poste en fonction des phases de jeu, les agences devraient s’en inspirer pour éviter la sur-spécialisation des profils (créatifs ou non) ;
  • L’intérêt de la Total Experience est d’occuper le terrain entre deux campagnes et ainsi de ne pas s’éloigner des clients / prospects ;
  • Ils ont 4 principes fondateurs pour les expériences de marque = Connect, Context, Interact, Syndicate ;
  • Les prototypes sont de formidables outils pour vendre des idées aux clients (à combiner avec du story-telling) ;
  • Exemples de campagnes = Morris pour Bank of America (pop-up website), Off RoadR pour Jeep (communauté en ligne), Pur pour P&G (Facebook App), U by Kotex pour Kimberly Clark.

Le mot de la fin : Il insiste sur l’importance de faire du travail de terrain pour bien comprendre les habitudes / motivations / contraintes des clients et prospects (plutôt que d’acheter des études aux instituts spécialisés) et pour itérer sur un concept créatif, une campagne ou un site (notion de beta perpétuelle, même pour une action de com’).

Modern Web Form Design

Impossible pour moi de rater la session de Luke Wroblewski, mon maitre à penser, sur la conception de formulaires :

  • Les formulaires en ligne sont la base de quasiment toutes les interactions sur le web (commerce en ligne, recherche, médias sociaux…) ;
  • Apple a fait un travail très intéressant de reformulation de son processus de commande avec un formulaire vertical (cf. The Apple Store’s Checkout Form Redesign) :

    Le nouveau formulaire de l'Apple Store US

    Le nouveau formulaire de l'Apple Store US

  • Il faut être très vigilant sur le nombre de champs d’un formulaire (lesquels sont réellement absolument nécessaires) ;
  • La quasi-totalité des formulaires de saisie d’adresse demande le code postal ET le nom de la ville (pourquoi ne pas déduire le deuxième du premier ?) ;
  • Les onglets optionnels sont dangereux car ils impliquent un choix exclusif (ex : comment combiner plusieurs moyens de paiement ?) :

    Exemple d'onglets verticaux pour du choix exclusif

    Exemple d'onglets verticaux pour du choix exclusif

  • Les contrôles de surface sont essentiels pour aider les utilisateurs à localiser les champs où ont été fait les erreurs comme chez Yahoo! :

    La validation en ligne chez Yahoo!

    La validation en ligne chez Yahoo!

  • Les contrôles de surface sont à réaliser en sorite de champ pour éviter de perturber la saisie (sauf pour le choix d’un nom d’utilisateur) ;
  • Exemple intéressant de formulaire prédictif chez Kayak (affichage du meilleur prix dans un calendrier avant de choisir une date) :

    Kayak et son formulaire prédictif

    Kayak et son formulaire prédictif

  • Saisir un mot de passe peut être compliqué car les caractères sont masqués (idéalement il ne faudrait cacher que les caractères déjà saisis).

Les formulaires en ligne sont de mieux en mieux maitrisés mais tout est à inventer sur terminaux mobiles (cf. Better Mobile Form Design) :

  • L’iPhone propose un zoom sur le champ en cours de saisie (attention à bien vérifier que les intitulés et aides restent visibles => il est préférable de placer les intitulés au dessus des champs) :

    Le zoom lors de la saisie d'un champ sur iPhone

    Le zoom lors de la saisie d'un champ sur iPhone

  • HTML 5 introduit de nouveaux types de champs de saisie pour simplifier et limiter les erreurs (date, slider…) ;
  • Exemple intéressant chez Kayak de formulaire avec mise en page originale et exploitant les fonctions natives de l’iPhone :

    Formulaire de recherche en situation de mobilité chez Kayak

    Formulaire de recherche en situation de mobilité chez Kayak

  • Il est important de prendre en compte la contrainte d’orientation dans la mise en page :

    L'orientation des formulaires sur smartphone

    L'orientation des formulaires sur smartphone

  • Le Nexus One propose la saisie vocale (touche ‘Micro’ sur le clavier) et visuelle via l’appareil photo (reconnaissance de caractères).

Génial, même si je connais quasiment l’intégralité du travail de Luke W, je garde une excellente impression de cette session. Du coup je vais surement acheter son dernier livre : Web Form Design: Filling in the Blanks.

À suivre…

MIX 2010 – Jour 2

Deuxième jour de conférence à Las Vegas avec une seconde Keynote normalement consacrée à Internet Explorer 9 (entre autre).

Keynote 2

C’est Dean Hachamovitch qui va représenter l’équipe IE 9 :

  • Les applications en ligne consomment beaucoup de ressources processeur ;
  • Les applications en ligne réalisées avec HTML 5 proposeront une expérience très proche des applications desktop ;
  • IE 9 représente la troisième version majeure depuis IE 6 (ils affirment avoir franchi un cap qualitatif) ;
  • IE 9 va exploiter l’accélération matérielle pour améliorer les performances des applications en ligne ;
  • IE 9 inclura un nouveau moteur Javascript qui va compiler le code javascript de façon transparente et exploiter de façon plus efficace les processeurs multi-coeur et/ou la puce graphique ;
  • Pour bien comparer les performances des navigateurs il faut s’intéresser à l’ensemble des tâches (et pas qu’au moteur javascript) ;
  • IE 9 sera parfaitement compatible avec les spécifications HTML 5 et CSS 3 (border-radius, opacity, animations…) ;
  • Microsoft va devenir un contributeur majeur pour les spécifications HMLT 5, CSS 3, DOM et SVG.

Nous passons à une explication détaillée sur l’accélération matérielle dans IE 9. Ici une démonstration d’animation circulaire de pictos dans IE 9, Firefox et Chrome :

Démonstration de contenus SVG 1.1 :

Utilisation de SVG dans IE 9

Utilisation de SVG dans IE 9

Démonstration d’un moteur physique exploitant DirectX :

Démonstration de la balise <video> de HTML5 sur un netbook :

Une dernière démonstration technique avec un carrousel de vidéos et des effets de transparence :

La IE9 Platform Preview est disponible immédiatement auprès de la communauté de développeurs (d’autres expérimentations sur IETestDrive.com). Tout ça me semble aller dans la bonne direction…

Scott Hanselman monte ensuite sur scène pour présenter la Web Plateform. S’en suit une laborieuse revue de code avec ASP.net 4 et une longue visite guidée des possibilités de Visual Studio 2010.

Puis John Resig vient nous présenter les derniers travaux sur jQuery :

  • Près de 30% des sites web utilisent la librairie jQuery ;
  • Microsoft est maintenant un contributeur actif au projet jQuery.

Vient ensuite un longue présentation de Open Data Protocol qui permet de simplifier la création d’APIs, leur déploiement sur Azure et leur monétisation sur une marketplace baptisée provisoirement Project “Dallas”. Je vous passe les détails techniques car ce n’est pas ma spécialité.

Après cette séance très technique, Bill Buxton monte sur scène pour nous parler d’usages et d’expérience utilisateur :

  • Depuis le lancement des outils de développement d’applications pour Windows Phone quelqu’un a déjà développé un client Twitter en morse (illustration d’un phénomène d’innovation empirique) :

    Une application Twitter pour Windows Phone qui utilise le morse

    Une application Twitter pour Windows Phone qui utilise le morse

  • Les interfaces graphiques naturelles (”Natural UI“) vont devenir de plus en plus à la mode car ils réduisent grandement la courbe d’apprentissage ;
  • Les ordinateurs n’utilisent qu’une partie des sens des utilisateurs (vision, audition) et de leurs capacités (saisie au clavier, interaction avec la souris) ;
  • Le projet Natal introduit une nouvelle forme d’interaction en captant les mouvements de votre corps ;
  • Démonstration d’une application de peinture utilisant une interface tactile et un moteur physique pour reproduire de façon réaliste le comportement de la peinture ou d’une gomme (cf. Project Gustav) :

    L'application de simulation de peinture GustavPaint

    L'application de simulation de peinture Gustav

  • Des applications comme SketchFlow pourraient tirer parti de cette innovation pour libérer la créativité des concepteurs / designers.
  • L’important n’est pas d’innover pour le chalenge technologique mais plutôt d’améliorer / de simplifier le processus créatif.

Wow, quelle claque ! Autant je ne voyais pas trop où il voulais en venir (il est très brouillon dans ces explications) autant de faire le rapprochement entre ces nouveaux outils / techno de “libération créative” et la conception d’interfaces / expériences web est très intéressante. Je m’imagine déjà en train de concevoir une interface sur une table Surface au travers d’une interface naturelle…

À suivre…

MIX 2010 – Jour 1 (suite)

Suite de la première journée du MIX avec des sessions dans l’après-midi et de belles rencontres.

Seesmic Platform et l’application Seesmic pour Windows Phone

Suite à sa présentation lors de la Keynote nous retrouvons Loic Lemeur à la terrasse d’un restaurant pour qu’il nous en dise un peu plus sur son nouveau produit. Bonne surprise il dispose d’un prototype de Windows Phone (très rare) :

Loic Lemeur et son prototype de Windows Phone

Loic Lemeur et son prototype de Windows Phone

Nous en profitons donc pour squatter une salle et improviser une interview “exclusive” avec Eric :

Eric, Loic et Mathieu autour du Windows Phone

Eric, Loic et Mathieu autour du Windows Phone

Ils nous ont donc gentiment proposé une visite guidée de l’application Seesmic, ou du moins d’une pré-version :

Designing Windows Phone 7

Restons sur le même thème (Windows Phone) avec une session sur la genèse du projet Windows Phone par Albert Shum au travers de la présentation de Metro (son interface graphique) :

  • Metro est un projet entièrement nouveau qui a été créé de toutes pièces pour renouveler l’interface utilisateur de Windows Mobile :

    L'interface de Windows Mobile

    L'interface obsolète de Windows Mobile

  • Les codes graphiques des métros du monde entier ont été la source d’inspiration principale car ils permettent d’orienter les usagers et s’adressent à un public très large ;
  • Les interfaces de la Xbox et du Zune ont également été clé dans l’approche générale et les choix ;
  • L’interface tactile a été l’élément déclencheur d’une réflexion de fond ;
  • L’interface métro repose sur plusieurs principes : Rapidité, simplicité, minimalisme (”content is the interface“) ;
  • Un gros travail a été réalisé sur les choix typographiques (tout comme pour les chartes graphiques des métros) ;
  • Les animations et transitions sont clés dans l’expérience d’utilisation du Windows Phone (un héritage de Zune ?) ;
  • L’interface du Windows Phone n’a pas essayé de copier celle de l’iPhone mais de créer une expérience authentique ;
  • L’interface a nécessité de très nombreuses itérations :

    Itérations pour l'interface du Windows Phone

    Itérations pour l'interface du Windows Phone

  • L’interface n’est pas figée et est amenée à évoluer en fonction des feed-back des utilisateurs / développeurs / éditeurs ;
  • L’écran de démarrage est le point de départ de l’expérience avec un principe de tuiles (”tiles”) qui orientent l’utilisateur vers les contenus récents ;
  • L’idée derrière la “panoramic view” est de donner plus d’espace aux contenus et de créer des hubs autour de fonctions sociales ; illustration sur les écrans Pictures et People :

    La typographie utilisée dans l'interface de Windows Phone

    La typographie utilisée dans l'interface de Windows Phone

  • Ils se sont inspirés de personas modernes pour accompagner le travail de conception (qu’ils appellent des “life maximizers“) ;
  • L’interface peut être décrite par 3 adjectifs : Personal, Relevant, Connected :

    L'interface de Windows Phone résumée en 3 adjectifs

    L'interface de Windows Phone résumée en 3 adjectifs

  • Le minimalisme est omniprésent dans les écrans et permet de différencier l’expérience du Windows Phone par rapport à ses concurrents :

    Minimalisme dans l'interface du Windows Phone

    Minimalisme dans l'interface du Windows Phone

  • Couper les titres et les items de navigation est un moyen très efficace pour inciter les utilisateurs à faire défiler les écrans de façon horizontale ;
  • Les animations sont omniprésente mais restent discrètes pour ne pas saturer et/ou ralentir l’interface ;
  • De nombreux gestes sont disponibles pour déclencher différents types d’action :

    Les gestes supportés par l'interface du Windows Phone

    Les gestes supportés par l'interface du Windows Phone

  • Il y a des guidelines très précises sur les minima à respecter :

    Les guidelines de l'interface du Windows Phone

    Les guidelines de l'interface du Windows Phone

  • De nombreux contrôles sont disponibles nativement pour assurer un maximum de cohérence :

    Les contrôles natifs disponible pour Windows Phone

    Les contrôles natifs disponibles pour Windows Phone

  • Le principe de Hub peut être appliqué à n’importe qu’elle application pour améliorer l’immersion et proposer une alternative aux applications avec plusieurs écrans :

    Illustration du Hub applicatif sous Windows Phone

    Illustration du Hub applicatif sous Windows Phone

Force est de constater qu’il y a eu un très gros travail de remise en question des équipes Microsoft pour proposer une expérience en rupture par rapport aux concurrents. Ils ont édité un livre qui résume la philosophie et les inspirations de l’interface Metro : A look at “Metro” – the book.

Plus d’infos sur le blog de Christian Schormann : ElectricBeach.org.

À suivre…

MIX 2010 – Jour 1

C’est aujourd’hui l’ouverture “officielle” du MIX 2010 avec sa traditionnelle Keynote. Je retrouve dans les couloirs de la conférence Eric Dupin qui est arrivé la veille et nous allons nous installer dans la grande salle.

Keynote 1

Bonne chose, nous sommes particulièrement bien placés dans la salle au quatrième rang avec un bureau et un câble réseau (le privilège du badge presse) :

L'espace Press lors de la Keynote du MIX 2010

L'espace Press lors de la Keynote du MIX 2010

Surprise : Loic Le Meur vient nous saluer, il nous révèle qu’il va intervenir en fin de Keynote pour présenter une nouvelle version de Seesmic :

Eric et Loic avant la Keynote du MIX 2010

Eric et Loic avant la Keynote du MIX 2010

En attendant le début nous avons droit à une impressionante démonstration de yo-yo par un prodige de 17 ans :

 

Comme à chaque fois c’est Scott Guthrie qui ouvre le bal avec une session dédiée à Silverlight :
- Disponibilité immédiate d’une nouvelle version de Silverlight 4 (pour une version définitive d’ici le mois prochain) ;
- Retour sur les grands succès de Silverlight (retransmission d’événements sportifs, nombreuses applications BtoB), taux de pénétration = 60 % du parc de navigateur ;
- Explications sur la retransmission des J.O. d’hiver avec smooth streaming HD, deep zoom sur la galerie de photos, incrustation de publicités contextuelles, analytics détaillé en temps réel ;
- Le code source du video player va être publié en open source ;
- Nouvelles fonctionnalités = Affichage d’un flux vidéo HD sur plusieurs écrans, livraison de nombreux composants d’interfaces, support amélioré de Chrome ;
- Manipulation de jeux de photos grandement améliorée grâce à l’outil Pivot :

Manipulation des photos avec Silverlight 4 dans Pivot

Manipulation des photos avec Silverlight 4 dans Pivot

- Lancement de Expression Blend 4 en beta (avec une nouvelle version de sketchflow).

Premier cas client avec Ebay présenté par Raji Arasu :
- Un beau pied de nez fait à Adobe et l’application AIR ;

L'application Ebay en Silverlight

L'application Ebay en Silverlight

- Possibilité de scanner le code barre de votre produit avec votre webcam pour faciliter le processus de publication ;
- Dave Wolf de Cynergy nous confirme la bonne santé de l’écosystème autour de Silverlight (prestataires et clients) ;
- Explications sur le processus créatif (en passant par Sketchflow) :

Le prototype de l'application Ebay avec Sketchflow

Le prototype de l'application Ebay avec Sketchflow

- Amélioration du Sketchflow Player pour faciliter la collaboration (l’application a été conçue et développée en 8 semaines).

Une partie sur le tout nouveau Windows Phone 7 par Joe Belfiore :
- Lancement très prochain de la marketplace d’applications sur Windows Phone ;
- Présentation de l’interface d’accueil avec ses panneaux (”live tiles“) et ses trois fonctions essentielles (Start, Search, Back) ;
- Utilisation d’une “app bar” dans toutes les applications pour les fonctions contextuelles :

L'app bar dans l'interface du Windows Phone

L'app bar dans l'interface du Windows Phone

Présentation de l’application calendrier avec la fonction magique “I’ll be late” qui envoie une notification de retard à tous les participants :

La fonction magique I'll be late du calendrier Windows Phone

La fonction magique I'll be late du calendrier Windows Phone

- Explications sur la notion de “panoramic experience” avec un indice visuel sur le bord de l’écran pour vous faire comprendre que l’interface est bien plus grande que ce qui est affiché :

- Possibilité d’installer sur l’écran d’accueil un panneau avec vos contacts favoris (pour avoir de la notification pus sur leur activité).

Démonstration d’applications tiers réalisées avec Silverlight (cf. Silverlight for Windows Phone) :
- Ici l’application d’Associated Press :

L'interface panoramique de Windows Phone

L'interface panoramique de Windows Phone

- Possibilité d’intégrer des publicités contextuelles ;
- Parfaite intégration avec l’interface de Windows Phone 7 et de la notion de “panoramic experience” ;
- Démonstration d’une application de journal intime (Hush Hush) :

L'application Hush-Hush sur Windows Phone

L'application Hush Hush sur Windows Phone

- Utilisation des applications natives par les applications tiers (ex : application de retouche photo pour la galerie) ;
- Démonstration d’un jeu 3D avec intégration des mécaniques sociales de Xbox Live :

- SL pour Windows Phone 7 utilise rigoureusement le même code que pour une application SL sur un ordinateur ;
- Démonstration de l’environnement de production dans Visual Studio 2010 intégrant un émulateur (ici un client Twitter) :

Création d'un client Twitter pour Windows Phone

Création d'un client Twitter pour Windows Phone

- Démonstration de l’outil de création d’interface dans Expression Blend avec des imports de Photoshop et Illustrator :

Visual Studio 2010 pour Windows Phone

Visual Studio 2010 pour Windows Phone

Démonstration de l’application Graphic.ly pour Windows Phone :
- L’interface respecte toujours l’expérience panoramique :

L'application Graphic.ly pour Windows Phone

L'application Graphic.ly pour Windows Phone

- Utilisation de Deep Zoom pour observer de près les détails des cases :

Utilisation de deep zoom pour l'application Graphic.ly pour Windows Phone

Utilisation de deep zoom pour l'application Graphic.ly

Démonstration de l’utilisation de données de localisation avec l’application Foursquare et Bing Maps :

Foursquare et Bing Maps pour Windows Phone

Foursquare et Bing Maps pour Windows Phone

Démonstration de Shazam et de son intégration à la marketplace Zune :

L'application Shazaam pour Windows Phone

L'application Shazam pour Windows Phone

Démonstration de la fonction de notification Push avec l’application de la Major League Soccer :

L'application MLB pour Windows Phone

L'application MLB pour Windows Phone

Démonstration de l’utilisation de l’accéléromètre avec l’application marionnette :

Notre Loïc national entre sur scène avec l’application Seesmic :

Loic Lemeur sur la scène du MIX 2010

Loic Le Meur sur la scène du MIX 2010

- Démonstration de la nouvelle Seesmic Platforme avec la notion de plugins ;
- Annonce de Seesmic Desktop sur Mac :

Seesmic Desktop pour Mac

Seesmic Desktop pour Mac

- Présentation du client Seesmic pour Windows Phone :

L'application Seesmic pour Windows Phone

L'application Seesmic pour Windows Phone

- Il insiste sur le fait qu’une très grande partie du code source de cette application a été récupérée de la version Desktop.

Nous passons maintenant à des démonstrations autour des jeux :
- Une expérience intéressante avec une application pour piloter un robot équipé d’un canon hydraulique :

Un robot piloter par un Windows Phone

Un robot piloter par un Windows Phone

- Démonstration d’un jeu sur Windows Phone :

- Explications sur les possibilités offertes par XNA Game Studio pour simplifier le déploiement et la distribution de jeux (illustration avec Battle Punk, un social game disponible sur Facebook) :

Le jeu Battle Punks sur Windows Phone

Le jeu Battle Punks sur Windows Phone

- Illustration de la portabilité des jeux avec The Harvest (le jeu que nous avons vu plus haut) qui a été très facilement porté sur PC ou xBox :

Le jeu multi-plateforme The Harvest

Le jeu multi-plateforme The Harvest

Nous terminons avec des détails sur la marketplace d’applications :

La marketplace d'applications pour Windows Phone

La marketplace d'applications pour Windows Phone

Le mot de la fin : Disponibilité immédiate des Windows Phone Developer Tools sur developer.windowsphone.com.

À suivre…

MIX 2010 – Jour 0

Et c’est parti pour 3 jours de conférence à Las Vegas à l’occasion du MIX, la grande messe annuelle de Microsoft. La conférence ne commence officiellement que demain mais nous avons droit à une première journée de pre-sessions en ce dimanche ensoleillé.

Une fois passé l’étape de récupération du badge et des goodies (les habituelles gourdes et stylos) nous nous retrouvons dans un centre de conférence bien agréable, surtout la partie lounge avec vue sur la plage artificielle du Mandalay Bay (le type sur la photo voudrais bien y aller mais sortir à l’air libre semble lui faire un peu peur…).

L'espace lounge de la conférence avec vue sur le dehors

L'espace lounge de la conférence avec vue sur le dehors

Pas le temps de se détendre car les premières sessions démarrent déjà.

HTML 5 Now !

La grande attraction de la journée est le workshop géant de Molly Holzschlag, la grande prêtresse du HTML et des standards web qui travaille chez Opera.

Molly sur la scène du MIX 2010

Molly Holzschlag pieds nus !

La matinée est consacrée à une question existentielle : Pourquoi HTML 5 ? (ou du moins comment en sommes-nous arrivé là) :

  • Le web repose sur la notion d’interopérabilité mais comme le HTML a stagné trop longtemps (10 ans depuis HTML 4.01), cette interopérabilité est menacée par les nombreuses initiatives des navigateurs ;
  • Les spécifications du W3C ne sont “que” des recommandations qui sont interprétées et plus ou moins implantées par les éditeurs de navigateur ;
  • Parfois des innovations isolées sont spécifiées ultérieurement par le W3C (ex. : XMLhttpRequest lancé par IE, Border-radius lancé par Firefox – il me semble) ;
  • Les spécifications d’HTML 5 sont plus longues à rédiger car beaucoup plus précises que pour les autres technologies du W3C afin d’éviter toute interprétation par les éditeurs (et notamment la gestion des erreurs) ;
  • HTML 5 est déjà (partiellement) supporté par l’ensemble des navigateurs ;
  • La majeure partie des sites (et des pages web) se font imposer la version d’HTML par l’outil de gestion de contenu qui définit de façon arbitraire le Doctype ;
  • XHTML 2 était trop rigoureux et ne voulait pas gérer les erreurs ni la rétro-compatibilité, les travaux de spécifications ont donc été stoppés car les standards sont supposés reposer sur la notion de compatibilité (même rétro) ;
  • Petite précision : Rétro-compatibilité = Vous avez le contenu sans le design, Dégradation élégante = Vous avez le contenu et la majeure partie du design ;
  • Tous les grands acteurs du web contribuent au groupe de travail sur HTML 5 (rappelons qu’il y a 2 jeux de spécifications : Celles qui sont en cours de rédaction par le WHAT-WG et celles approuvées par le W3C ;
  • Internet Explorer évolue beaucoup plus lentement que les autres navigateurs car ils doivent gérer un héritage très contraignant ;
  • IE est problématique même dans sa dernière version car si le Doctype n’est pas spécifié explicitement c’est le moteur de rendu de IE 5.5 qui est utilisé (gloups !) ;
  • HTML 5 a pour objectif de proposer la meilleure expérience d’utilisation possible pour le web, cette version est tournée vers l’avenir mais doit se plier à une contrainte de rétro-compatibilité (”evolution not revolution“) ;
  • HTML 5 est une réponse à l’enrichissement du web et aux besoins croissants relatifs aux applications en ligne ;
  • Elle insiste sur le fait que HTML 5 priorise avant tout les besoins des utilisateurs et des auteurs par rapport à ceux des éditeurs de navigateur ;
  • HTML 5 introduit une séparation stricte du contenu, de la structure et de la sémantique, cette version prépare ainsi la transition vers le web multi-plateforme (et les terminaux mobiles) ;
  • L’accessibilité est un sujet toujours d’actualité, surtout au travers des problématiques de référencement naturel.

Une intervention surprenante car plus tournée autour des enjeux “politiques” de HTML 5 que d’une explication des balises. Molly a terminé sur un point de vue surprenant : HTML 5 est plus une philosophie qu’un langage et représente une avancée majeure dans le mode de fonctionnement du W3C et ses rapports avec le marché et les éditeurs.

Vegas Baby !

L’après-midi a été consacrée à des activités beaucoup plus triviale avec un virée sur le strip et notamment le City Center, un tout nouveau complexe hôtelier à près de 11 milliards de $ qui est tellement nouveau que quasiment rien n’est terminé ! Du coup nous nous sommes rabattu sur le Bellagio et sa flamboyante galerie marchande de luxe.

Le Bellagio et sa reproduction du lac de Côme

Le Bellagio et sa reproduction du lac de Côme

La soirée a été tout aussi agréable avec une sortie groupée pour les journalistes / blogueur dans un resto japonais avec table chauffante et crevettes qui volent dans tous les sens :

Le cuisto-cascadeur du restaurant japonais

Le cuisto-cascadeur du restaurant japonais

C’est demain que les choses sérieuses vont commencer avec la keynote d’ouverture. À suivre…

En route pour Las Vegas

Comme chaque année à cette période, je m’envole pour Las Vegas afin d’assister à la grande messe annuelle du web design : Le MIX 2010. Cette année la conférence géante de Microsoft déménage à l’autre bout du strip pour se tenir au Mandalay Bay, un hôtel très prestigieux avec une plage artificielle, son récif de coraux et ses bâtiments en forme de lingots d’or (serait-ce un message subliminal envoyé aux joueurs ?).

L'hotel où va se dérouler la conférence de Microsoft

L'hotel où va se dérouler la conférence de Microsoft

Ce n’est pas tant pour le plaisir de tester les tous nouveaux scanners corporels que pour en savoir plus sur ce que nous prépare Microsoft dans les prochains mois :

  • Au niveau des RIAs avec Silverlight 4 (peut-être une annonce sur l’accélération matérielle comme sur le dernier Flash Player) ;
  • Au niveau de la mobilité je vais pouvoir approcher de près le Windows Phone et en savoir un peu plus sur le mystérieux project pink ;
  • Au niveau des logiciels avec des infos sur IE 9 (suport de HTML 5 et CSS 3 ?), Office 10 en mode SaaS, une hypothétique Azure Marketplace et peut-être une nouvelle version de sketchflow dans Expression Blend ;
  • Au niveau des touchbooks avec le Slate et peut-être plus d’infos sur le Courier ;
  • Au niveau des jeux avec le Project Natal (en réponse au PlayStation Move de Sony) et les jeux cross-plateforme

Bref, ça ne va pas chômer. J’aurais également la chance d’écouter de très grands noms du web design comme Bill Buxton, Molly Holzschlag, Luke Wroblewski.

À très bientôt pour les premiers comptes-rendus (et aussi sur Twitter : #Mix2010 et @Mix10French).

À la recherche de nouveaux formats hybrides pour les touchbooks

Alors que la date de sortie officielle de l’iPad a été annoncée au 3 avril prochain et que de sérieux concurrents commencent à pointer le bout de leur nez (HP Slate, Dell Streak…), nous sommes toujours dans l’expectative pour savoir quel type de contenu va faire mouche sur les touchbooks. Après avoir tourné le problème dans ma tête de nombreuses fois, j’en viens à la conclusion que les contenus réellement adaptés aux touchbooks ne sont pas encore là, mais que nous n’en sommes pas très loin. Plusieurs expérimentations me laissent en effet penser que la solution se trouve dans un format hybride à mi-chemin entre web-documentaire, livre / BD enrichis et jeux narratifs. Encore faudra-t-il résoudre le casse-tête du format et de la distribution, mais nous reviendrons là-dessus plus tard.

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des web-documentaires, ces documentaires morcelés en chapitres librement accessibles mélangeant du texte, des photos, de la vidéo… Après en avoir consulter plus d’un, force est de constater que l’on n’est pas très bien installé sr une chaise en face de son écran. Par contre, visionné sur un touchbook dans votre canapé favori, l’expérience est autrement plus intéressante. Imaginez ainsi ce que pourrait donner un contenu comme Afrique : 50 ans d’indépendance

Le web-documentaire d'Arte sur l'indépendance de l'Afrique

Le web-documentaire d'Arte sur l'Afrique

Le niveau d’interactivité est parfaitement adapté à ce que l’on peut faire sans trop d’effort sur un écran tactile : Choisir un chapitre, cliquer pour lire un texte complémentaire, laisser un commentaire…

Il y a ensuite le cas des bandes dessinées qui pourraient tout à fait être adaptées sur les touchbooks. Nous avons déjà des start-up qui se positionnent sur le créneau comme Graphic.ly ou Panelfly mais je ne suis pas certain qu’ils prennent la bonne direction. Je suis ainsi bine plus conquis par ce que propose les Humanoïdes associés avec le portage sur Megalex sur iPhone.

La BD Megalex sur votre iPhone

La BD Megalex sur votre iPhone

Au final nous nous retrouvons avec une vidéo, mais l’expérience est tout à fait convaincante : Le fait de remplacer les bulles par des bruitages et voix d’acteurs ainsi que les effet de traveling sur les cases procurent un sentiment d’immersion tout à fait saisissant.

C’est d’ailleurs rigoureusement le même procédé qui est utilisé pour N, la BD vidéo de Stephen King :

N, la BD en vidéo de Stephen King

N, la BD en vidéo de Stephen King

C’est bien une vidéo “toute bête” qui est utilisée, mais avec un peu d’imagination on se dit que ça ne devrait pas être très compliqué de faire ça en Flash qui à la base est fiat pour ça (de l’animation vectorielle). Du Flash sur l’iPad ? Mais oui bien sûr puisqu’il existe maintenant la possibilité de compiler un contenu Flash pour en faire une application iPhone, le recours à Flash ne semble plus être un problème.

Nous pourrions même envisager des choses encore plus poussées avec la possibilité d’interagir avec le contenu comme nous le présente l’éditeur Penguin sur cette vidéo (cf. How Penguin Will Reinvent Books With iPad) :

L’idée est de transformer le lecteur en… lecteur actif ? Acteur ? Gribouilleur ? Je ne sais pas trop quel terme utilisé mais nous sommes bien dans un cas de figure unique où les enfants peuvent interagir directement sur le contenu (c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce type d’ouvrage) :

Le livre de coloriage de Penguin

Le livre de coloriage de Penguin

Nous quittons ici le domaine de l’édition pour rentrer sur le territoire des jeux. Et ça tombe bien car l’actualité nous fournit un très bon exemple avec Heavy Rain, un jeu vidéo narratif développé par un studio français (cocorico !) :

Le jeu video narratif Heavy Rain et son gameplay particulier

Le jeu vidéo narratif Heavy Rain et son gameplay particulier

Ici il n’est pas tant question d’action ou de dextérité à la manette mais plutôt de suivre une histoire conditionnée par vos choix (qui jalonnent la narration) et agrémenter parfois de Quick Time Events pour maintenir votre attention. Pour le moment ce titre n’est disponible que pour la PS3, un monstre de puissance, mais n’oublions pas que l’iPad (out comme l’iPhone) a des composants techniques suffisamment puissant pour faire tourner de la 3D dans de très bonnes conditions sans avoir besoin de sortir un rendu Full-HD.

J’imagine tout à fait ce type de titre envahir les touchbooks car parfaitement adaptés au contrat d’interaction que proposent les tablettes tactiles : Visionnage en plein écran et quelques clics de temps à autre. Il en va de même pour les jeux de stratégie ou de plateau qui font fureur sur l’iPhone (de type Tower Defense) qui pourraient trouver dans l’iPad un second souffle pour des projets plus ambitieux : Ngmoco hopes to rule with new mobile games.

Tout ceci est très encourageant et la solution semble donc bien se trouver dans de nouveaux formats hybrides. Mais il reste à régler deux problèmes : Tout d’abord le circuit de distribution qui est plutôt rigide chez Apple (euphémisme) et qui ne favorise pas forcément les petits éditeurs (cf. Is Content King? Then Distribution Is Crown Prince). Ensuite le format car s’il semble y avoir consensus pour les ebooks avec le format ePub (cf. Web Standards for E-books), pour les touchbooks ça va être beaucoup plus compliqué car les contenus sont loin d’être figés. Et c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ces machines : Pouvoir proposer un éventail beaucoup plus riche de possibilités en mélangeant des images, du son, de la vidéo, du texte, des animations…

Flash a su s’imposer comme standard de facto pour les contenus rich media du web, en sera-t-il de même pour les contenus des touchbooks ? Difficile à dire pour le moment dans la mesure où le marché a toutes les chances d’être très largement dominé par l’iPad et que les rapports sont très tendus entre Adobe et Apple. Je ne vois pas bien comment la situation pourrait se débloquer dans les prochaines semaines… si ce n’est avec le rachat d’Adobe par Apple. L’idée vous semble farfelue ? Réfléchissez-y à deux fois, et pour vous aider, je vous propose cette lecture : 7 Reasons For Apple To Acquire Adobe et Why Apple Should Buy Adobe.

Je suis persuadé que l’arrivée effective de l’iPad sur le marché va faire se précipiter les choses. Plus que quelques jours à attendre…

Mes 3 sites coup de coeur (mars 2010)

Ce mois-ci j’ai encore une belle moisson de jolis sites, je me demande même si je ne vais pas passer à 5 sites coup de coeur…

Commençons avec le très mignon Cubicl, une application de collaboration en ligne pro/perso :

La page d'accueil de Cubicl

La page d'accueil de Cubicl

Une palette de couleur très harmonieuse, une approche graphique tout en rondeur, des intitulés accrocheurs et des textes courts et percutants. Rien à redire, cette page véhicule du sérieux et de la maitrise.

Restons dans le minimalisme avec Tapbots, un éditeur d’applications pour iPhone :

La page d'accueil de Tapbots

La page d'accueil de Tapbots

L’approche graphique est ici similaire au précédent site avec un style très cartoon mais il y a une volonté afficher d’en dire le moins possible, et ça marche ! Les descriptions des applications sont minimalistes (même pas de captures d’écran) mais cette page d’accueil donne sacrément envie de cliquer. La grille de lecture permet à l’oeil de bien circuler entre les blocs, les contrastes sont excellents et les illustrations rythment bien la page dans sa verticalité (ha mince, je me met à parler comme un sémioticien, c’est grâce docteur ?).

Terminons avec un troisième site en rupture complète, le portfolio de Simon Collison :

Le portfolio de Simon Collison

Le portfolio de Simon Collison

La page d’accueil de ce site est un véritable électrochoc avec une touche graphique rétro dans la plus pure tradition des manuels de taxinomie. Chaque bloc correspond à une rubrique. Je ne peux qu’applaudir l’engagement de ce design et le travail réalisé pour respecter les codes graphiques de la taxonomie (fond de page, typographie, illustrations…). Facile de se démarquer avec un site comme celui-là !

La suite le mois prochain…

L’actualité de mes autres blogs (février 2010)

Après une semaine de vacances dans les Alpes, je vous propose un résumé des billets publiés sur mes autres blogs.

L’actualité des interfaces riches appliquées au e-commerce sur RichCommerce.fr :

L’actualité des réseaux sociaux et plateformes communautaires sur MediasSociaux.com :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur VirtualWorldsNews.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 sur Entreprise20.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

La suite le mois prochain.

Qualcomm à l’assaut des smartbooks et de la convergence mobile

J’ai eu ce matin une discussion très intéressante avec Jean Viraldi et Fabien Darrigues de chez Qualcomm (merci à Cédric pour avoir organisé la rencontre). Pour vous la faire courte, Qualcomm est spécialisée dans la conception et la fabrication de solutions de télécommunication mobile (ils sont entre autre inventeur de la norme CDMA et représente 1/3 des parts de marché des puces qui équipent les terminaux mobiles). Ils sont donc tout à fait légitime pour imaginer et concevoir les outils de communication de demain, et ça tombe car ce sujet me passionne en ce moment (cf. 2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?).

La fin de l’ère x86 et le basculement vers l’informatique nomade / mobile

Intel a régné sans partage sur le monde des ordinateurs ces 30 dernières années grâce à l’architecture x86 (sur laquelle repose les familles de processeurs Intel mais aussi Cyrix, AMD, VIA…). Aujourd’hui les conditions de marché sont différentes dans la mesure où il y a bien plus de terminaux mobiles que d’ordinateurs. Les smartphones se sont ainsi imposés comme les ordinateurs de poche de notre quotidien, il s’en vend bien plus que d’ordinateurs (plus d’1,2 milliards de téléphones vendus en 2009). De même, les netbooks ont montrés les limites de l’architecture x86 en terme d’autonomie et de performances. Entendons-nous bien : Nous ne parlons pas de performance pure (un indicateur du siècle dernier) mais du ratio entre puissance et consommation. Et à ce petit jeu là, les architectures ARM sont imbattables car elles ont été conçues dans cette optique.

L’année 2010 (et dans une certaine mesure l’année 2009) sera donc la charnière entre l’ère des PC (Personnal Computer = architecture x86) et l’ère des terminaux mobiles (architecture ARM). Nous ne parlons pas ici d’un remplacement mais plutôt de l’inversement de l’échelle des valeurs : Les plus gros enjeux et les plus belles opportunités sont à chercher du côté des terminaux mobiles plutôt que du côté des ordinateurs où les marges sont plus faibles et où les modèles économiques s’épuisent.

À partir de là, la bataille ne va pas se dérouler autour des smartphones (car l’offre arrive à saturation) mais plutôt autour de nouveaux formats de terminaux dont vont découler de nouveaux services et usages : Smartbooks, touchbooks, webbooks, Personal Mobile Television, Personal Internet Viewer… les possibilités sont innombrables et nous n’en sommes qu’au début de l’informatique mobile, nomade et résidentielle.

xbook

Smartphone + Netbook = Smartbook

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des smartbooks, cette nouvelle génération de terminaux mobiles qui vont venir s’intercaler entre les smartphones et les netbooks. Après en avoir discuté avec différents interlocuteurs, j’ai maintenant la conviction qu’ils appartiennent définitivement à la grande famille des terminaux mobiles et qu’ils vont ainsi bénéficier de l’héritage culturel des téléphones (par opposition à l’héritage culturel des ordinateurs et leur fascination pour la puissance “brute”). Les premiers concepts de smartbooks faisaient apparaitre des terminaux hybrides dont on ne savait pas trop à quelle famille ils étaient rattachés :

qualcomm-smartbooks

Maintenant que nous avons un premier terminal “viable” qui va être très prochainement lancé sur la marché (le AirLife de HP-Compaq), les contours de ce segment semblent encore plus ambigus avec un aspect très proche des netbooks mais des détails rappelant fortement les smartphones (système d’exploitation Android, écran tactile, boutons “Home” et “Menu” sous le pavé tactile…) :

compaq-airlife

Toujours est-il que même si la différence avec les netbooks est subtile, elle est pourtant bien réelle : Les netbooks sont des terminaux nomades alors que les smartbooks sont des terminaux mobiles. Il y a ainsi deux différences majeures dans les usages :

  • Les terminaux nomades sont connectés de façon ponctuelle (on les allument pour s’en servir) alors que les terminaux mobiles sont allumés toute la journée et même la nuit (ils restent en veille et on les recharge une fois par jour) ;
  • Les terminaux nomades utilisent des technologies de communication pull (WiFi) alors que les terminaux mobiles utilisent des technologies de communication push (SMS, alertes…).

Ces deux différences font que l’on peut classer les terminaux dans une catégorie ou l’autre. Les smartbooks sont donc de gros smartphones et non des netbooks connectés. Qualcomm a monté une business unit dédiée à l’évangélisation des smartbooks et je compte bien suivre ça de très près car ils préfigurent l’avenir de l’internet mobile et certains analystes sont déjà très optimistes : 163 Million Smartbooks Expected to Ship in 2015.

Vers la 4G et après ?

Comment parler de terminaux mobiles sans aborder les normes ? Le Mobile World Congress de Barcelone a été l’occasion de dévoiler au grand public la roadmap vers la téléphonie mobile de quatrième génération, celle qui va autoriser des débits supérieurs à 50 Mbits/s. La norme LTE (Long Term Evolution) semble donc être bien partie pour assurer la transition entre L’HSDPA et… une version plus aboutie baptisée provisoirement LTE Advanced.

Vous seriez en droit de me dire que la course au haut débit en situation de mobilité n’est pas une finalité (après tout l’important c’est la ratio entre débit et consommation) mais la proposition de valeur de la norme LTE est de proposée une consommation inférieure pour des débits équivalents à la 3G ou la 3,5G. Une aubaine pour les smartbooks et autres terminaux mobiles cherchant à maximiser leur autonomie.

Outre les usages data où le débit n’est jamais assez élevé (LTE sera la norme de référence pour les modems-clés USB en 2011), la vidéo semble être un bon prétexte pour cette course à la bande passante. Que neni, car les réseaux de télécommunication ne supporteront jamais une montée en charge à grande échelle. Pour de la vidéo en situation de mobilité dans des conditions viables, il faudra plutôt chercher du côté de normes broadcast comme DVB-H plutôt que de rêver à une hypothétique solution viable d’unicast. Pour le moment le déploiement semble au point mort en France, mais les États-Unis semblent avoir prit une longueur d’avance avec des services déjà opérationnels comme le Flo-TV de Qualcomm.

flo_tv

Attendez-vous à voir débarquer des smartphones compatibles dès l’année 2010…

Deux autres gros segments à adresser : Feature phones et eBooks

En plus des smartphones, smartbooks et Personal Mobile Television, Qualcomm s’intéresse également à deux autres segments très porteurs : Les feature phones et les ebooks. Pour votre information (j’ai découvert ça la semaine dernière),feature phone” est le nouveau terme à la mode pour désigner les smartphones low-cost (moins de 100 $). On n’en parle pas beaucoup dans les médias, mais les feature phones représentent les 3/4 des parts de marché. Un segment moins sexy que celui des smartphones mais avec une intensité concurrentielle bien inférieure car l’écosystème est encore atomisé.

Pour bien comprendre les conditions de marché, il faut s’intéresser aux systèmes d’exploitation : Là om l’on compte pas moins de 6 acteurs pour les smartphones (Google / Android, Apple et iPhone, RIM / BlackBerry, Nokia / Symbian, Palm, Microsoft / Windows Mobile,  Samsung / Bada) et il s’en créé encore (à l’image de MeeGo). Pour les feature phones la situation est différente puisque les OS varient d’un combiné à l’autre et qu’il n’y a pas réellement d’offre uniformisée. Qualcomm s’est donc lancé sur ce créneau avec Brew Mobile Platform, l’évolution de son système d’exploitation “maison”. Une solution particulièrement compétitive car adaptée aux “faibles” capacités hardware des feature phones qui ne peuvent s’offrir des composants trop onéreux.

Faible coût ne rime pas forcément avec compromis sur la qualité de l’interface puisque la Brew MP est capable de faire tourner Flash Lite mais également Adobe Mobile Client pour les Rich Mobile Applications. Le tout récent HTC Smart est ainsi propulsé par Brew mais propose une interface très proche d’Android, on s’y tromperait !

HTC_Smart

La prochaine étape logique pour la Brew MP devrait être une application store centralisée.

Autre segment en pleine ébullition : les eBooks. Alors que la blogosphère n’en finit plus de prédire le déclin du Kindle (équipé d’un écran à encre électronique) face à l’iPad (équipé d’un écran à LED), Qualcomm s’apprête à rentrer dans la danse avec une technologie d’affichage intermédiaire baptisée Mirasol. Cette technologie repose sur des membranes réflectives combinée à un système de rétro-éclairage à basse consommation qui autorise un excellent contraste en plein soleil, une grande autonomie, un affichage en couleur avec un taux de rafraichissement suffisant pour faire de la vidéo.

qualcomm-mirasol

Pourquoi la vidéo est-elle importante dans le contexte des ebooks ? Tout simplement parce que vidéo = belles pubs = revenus suffisant pour financer des contenus de qualité. Là où  le Kindle sera enfermé dans sa niche de livres / journaux payants, les terminaux équipés d’écran à technologie Mirasol seront plus versatiles (magazines et BD digitalisés) et plus confortables que l’iPad. Lancement prévu en fin d’année.

2010, l’année de la convergence mobile ?

Smartphones, smartbooks, personal mobile television, feature phones, ebooks… Qualcomm est petit à petit en train de se positionner sur tous les segments à fort potentiel pour s’imposer comme l’outsider de référence par rapport à des acteurs sur-médiatisés (Google, Apple, Microsoft). En proposant une plateforme intégrée (la fameuse puce SnapDragon) Qualcomm se positionne à la croisée de nombreux usages :

  • Informatique (au travers de nombreuses applications disponibles sur des systèmes d’exploitation compatibles comme Android) ;
  • Internet (avec la connectivité permanente) ;
  • Multimédia (avec des composants dédié au codage / décodage audio et vidéo) ;
  • TV (avec le réseau MediaFlo) ;
  • Jeux (les capacités 3D des composants graphiques sont largement suffisantes pour ça) ;
  • Édition (grâce à sa technologie d’affichage)…

Tout ceci est très encourageant, et il ne manque plus qu’un domaine d’activité pour compléter ce tableau : La santé. Avec le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie, ce sont des centaines des milliards de papy-boomers qui seront concernés par la nouvelle génération de terminaux à usage pseudo-médical :

  • Des téléphones simplifiés (avec de grosses touches) équipés d’une puce GPS et d’un bouton d’appel pour pouvoir facilement localisé et aider des personnes âgées en difficulté (subissant un malaise ou s’étant perdues car victime de la maladie d’Alzheimer) ;
  • Des visiophones simplifiés capables de faire du diagnostique à distance (comme le Health d’Intel) ou de retransmettre les constantes vitales de capteurs portées en permanence.

Outre les applications évidente pour les personnes du troisième âge, ce types de terminaux peut intéresser les pouvoirs publics qui y trouverait un avantage économique (cela coûte beaucoup moins cher de surveiller un patient à son domicile plutôt que dans une chambre d’hôpital). Ces terminaux seraient donc potentiellement subventionnés par la sécurité sociale dans le cadre de la médecine ambulatoire.

Plus que jamais je suis intimement convaincu que nous sommes à l’aube de gros changements dans notre façon d’appréhender les outils informatiques et de penser / concevoir les services qui accompagneront ces nouveaux usages.