Mes 3 sites coup de coeur (avril 2014)

Je vous propose régulièrement une sélection de sites dont le design m’a particulièrement plu. Les trois sites que je vous présente cette semaine sont assez semblables dans leur construction et reflètent plutôt bien les tendances du moment : simplicité, clarté et modularité.

Commençons avec TrailerAddict, le célèbre site de référence pour les bandes-annonces :

La page d'accueil de TrailerAddict
La page d’accueil de TrailerAddict

Cette nouvelle version propose une charte graphique très sobre avec vert sombre qui n’est pas sans rappeler le nouveau Slashdot. Parfaitement épurée, cette page d’accueil est construite selon une grille de lecture impeccablement découpée en quatre colonnes. Vous apprécierez le choix typographique et le très bon contraste des titres. Tout est mis en oeuvre sur cette page pour faire ressortir les visuels des films, rien à redire, c’est du beau travail.

Poursuivons avec la nouvelle version du site de DC Comics :

La page d'accueil du site de DC Comics
La page d’accueil du site de DC Comics

Là encore, la sobriété est de rigueur, aussi bien au niveau des couleurs que des typographies. J’apprécie particulièrement les événements qui animent cette page : l’animation du carrousel ainsi que les bulles et pastilles qui apparaissent quand on fait défiler la page vers le bas. L’alternance entre bandeaux à fond blanc et bandeaux avec trames de fond donne un rythme dynamique à la page et incite le visiteur à regarder plus bas. Je vous invite à aller visiter les profils des différents superhéros, très proches de ce que l’on trouve sur Facebook ou Twitter (j’imagine que c’est un clin d’oeil assumé). Amusez-vous également à redimensionner la fenêtre de votre navigateur pour voir comment la mise en page peut s’adapter aux terminaux mobiles.

Terminons avec le site d’Electronic Arts :

La page d'accueil du site d'Electronic Arts
La page d’accueil du site d’Electronic Arts

Les recettes graphiques de ce site sont les mêmes que pour les deux précédents exemples : sobriété, fort contraste des titres et intitulés de navigation. L’engagement visuel sur cette page est un peu plus prononcé grâce à l’image de fond qui donne le ton. Les pages intérieures sont du même acabit avec une grille de lecture bien marquée et des unités d’information représentées sous forme de blocs (ou de cartes) qui flottent sur une trame de fond. Je ne peux qu’encourager cette construction de page, car elle laisse un minimum de liberté aux designers tout en offrant une parfaite lisibilité pour les visiteurs.

Avec ces trois sites, vous avez maintenant une bonne idée de LA tendance graphique du moment : sobriété, éléments visuels rectangulaires et larges à plat de couleurs unis. Une réappropriation très réussie du flat design.

Les articles publiés sur mes autres blogs en mars 2014

Comme à chaque début de mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la collaboration et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

La suite le mois prochain.

Bitcoin : la première étape d’une révolution monétaire et économique

Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt“, ce proverbe chinois illustre parfaitement le débat en cours sur les bitcoins. La presse généraliste et la blogosphère n’en finissent plus de sortir des gros titres racoleurs au sujet de la célèbre monnaie numérique. Au-delà de la cacophonie ambiante, je vous propose de faire le point sur ce sujet délicat et de vous ouvrir les yeux sur le réel potentiel disruptif que les monnaies décentralisées représentent.

Qu’est-ce que Bitcoin et les crypto-monnaies ?

Selon Wikipedia, une crypto-monnaie est “une monnaie électronique pair à pair et décentralisée dont l’implémentation se base sur les principes de la cryptographie pour valider les transactions et la génération de la monnaie elle-même“. En d’autres termes : c’est une monnaie numérique que n’importe qui peut créer (dans une certaine limite) et utiliser pour faire des transactions (qui sont validées par un système de cryptage), mais qui n’est pas règlementée par une banque centrale. Cette décentralisation fait à la fois la force et la faiblesse de Bitcoin et de toutes les monnaies numériques qui en sont dérivées.

Lancé en 2009, Bitcoin désigne “un système de paiement à travers le réseau Internet et une unité de compte utilisée par ce système de paiement” (source : Wikipedia). Bitcoin est donc à la fois une monnaie numérique décentralisée, ainsi que tous les mécanismes d’authentification, d’échange et de transaction qui gravitent autour (cf. Bitcoin As Protocol). Pour des explications plus détaillées, je vous invite à consulter les articles suivants : Avec Bitcoin, payer et vendre sans les banques et Le point sur Bitcoin en dix questions et réponses.

Infographie sur Bitcoin
Infographie sur Bitcoin

Certains qualifient les crypto-monnaies de monnaies virtuelles, mais elles ne sont pas moins virtuelles que les euros ou les dollars, qui ne sont que des bouts de papier ou des lignes dans une base de données. Les promoteurs de Bitcoin se donnent beaucoup de mal pour expliquer son fonctionnement (cf. WeUseCoins), mais j’ai l’impression que seuls les geeks s’y intéressent réellement. J’ai personnellement un coup de coeur pour cette vidéo explicative avec cet inimitable et adorable accent québécois :

Le gros problème de Bitcoin est que tout le monde en parle et donne son avis, mais sans réellement maîtriser le sujet (cf. 50 Insane Facts About Bitcoin You Didn’t Know). Je pense ne pas me tromper en disant que le grand public réserve le même traitement aux monnaies numériques qu’aux livres numériques : on critique et on rejette sans avoir essayé et sans réellement reconnaitre les faiblesses du modèle de référence. J’imagine que vous avez dû voir de nombreux articles décrivant les adeptes de Bitcoin comme des anarchistes révolutionnaires et/ou des terroristes en puissance. Ce qui m’amuse beaucoup, car jusqu’à preuve du contraire, le dollar est la monnaie de référence utilisée par tous les trafiquants d’armes et de drogue !

Ce n’est pas parce que Bitcoin est une monnaie numérique que l’on peut la comparer à d’autres systèmes de paiement électronique comme Moneo ou Paypal. Il est possible de faire tout un tas de choses avec Bitcoin, mais nous n’en sommes qu’au tout début et nous sommes très loin de pouvoir l’utiliser comme système de paiement au quotidien. Il existe bien des distributeurs automatiques, mais dans les faits, les bitcoins sont plus utilisés comme une valeur d’investissement, au même titre que l’or : on en achète, mais on ne les conserve pas avec soit, ils sont stockés quelque part à l’abri. Dans le cas de l’or, les lingots sont généralement stockés dans un coffre à la banque. Dans le cas de Bitcoin, ils sont consignés dans un registre électronique partagé par l’ensemble des utilisateurs (en mode peer to peer).

Exemples de distributeurs automatiques de bitcoin
Exemples de distributeurs automatiques de bitcoin

Grandeur et décadence de Bitcoin

Je ne vais pas refaire l’histoire, mais disons que Bitcoin a eu une année… mouvementée. Les 6 derniers mois ont ainsi été marqués par quatre événements :

  • Une incroyable frénésie spéculative en fin d’année dernière qui a fait passer son cours de 200$ à 1.200$ (il est aujourd’hui stabilisé autour des 600$) ;
  • Le démantèlement de Silk Road, une place de marché underground où l’on pouvait trouver de la drogue et engager des tueurs à gages, qui utilisait les bitcoins pour faire des transactions anonymes ;
  • La fermeture de Mt. Gox, une place de marché japonaise qui opérait près de 70% des échanges en bitcoin, suite à l’attaque par des hackers et le vol de près de 750.000 bitcoins ;
  •  La très forte exposition médiatique de Dorian Nakamoto, un californien injustement “dénoncé” comme étant le créateur de Bitcoin (le journaliste à l’origine de l’article s’est d’ailleurs fait démonter : The Newsweek Credibility Matrix).

Tous ces évènements ont participé à la forte volatilité du cours des bitcoins.

Évolution du cours bitcoin / dollar au cours des 6 derniers mois
Évolution du cours bitcoin / dollar au cours des 6 derniers mois

Malgré tout ça, il y a toujours autant d’engouement pour les bitcoins, malgré un environnement très instable. Pour citer Pierre-Olivier Carles : “Si on ramène l’échelle de temps du bitcoin à celle du dollar, c’est comme si elle avait été créée aux alentours du XVIe siècle.  Pourquoi fais-je ce parallèle temporel stupide ? Tout simplement pour essayer de mettre en perspective ce qu’il s’est passé. Imaginez le fonctionnement des banques à cette époque, on était dans le bricolage, le rudimentaire.” (cf. L’avenir du Bitcoin après la crise MtGox).

Face à un tel engouement, de nombreuses autres monnaies électroniques décentralisées ont été lancées ces derniers mois : Better Than Bitcoin? 3 Crypto-Currencies That Aren’t Just Copycats et 6 Alternative Cryptocurrencies Compared Against Bitcoin. Même si nous ne savons toujours pas qui est l’inventeur de Bitcoin, le système de crypto-monnaie a été validé à grande échelle, c’est ce que vous devez retenir.

Les domaines d’application des crypto-monnaies

Là, nous entrons dans la partie la plus délicate de l’explication, car il faut faire preuve d’une grande ouverture d’esprit. Les bitcoins peuvent être utilisés pour tout et n’importe quoi : acheter de la drogue et des armes (c’est dit, n’en parlons plus), tout comme des produits du quotidien (Overstock.com Exceeds $1M In Bitcoin Transactions In Two Months).

Payez vos achats sur Oerstock en bitcoins
Payez vos achats sur Oerstock en bitcoins

Comme précisé plus haut, le jeune âge de Bitcoin en fait un piètre moyen de paiement au quotidien. De même, c’est un produit d’investissement très risqué, et plutôt compliqué d’accès (vous ne pouvez pas en acheter auprès de votre banque, il faut passer par des intermédiaires spécialisés). Le principal intérêt des monnaies numériques décentralisées est de fournir une alternative aux systèmes de paiement traditionnels, contrôlés par des banques qui imposent leurs règles, et plus généralement aux systèmes monétaires fortement influencés par les gouvernements.

Les bitcoins, et les autres monnaies numériques décentralisées, peuvent ainsi être une alternative pour lutter contre la fraude aux cartes bancaires (un authentique problème pour tous les e-commerçants) ou pour contourner le système de commissionnement des banques. Les taux de commission imposés par les banques et organismes de cartes bancaires compliquent fortement les micro-paiements, mais avec une monnaie électronique décentralisée, vous pouvez tout à fait envisager des nano-transactions de l’ordre de 0,0001 $.

De même, les habitants d’un pays à la situation très instable, ou avec gouvernement très malhonnête, peuvent mettre à l’abri leurs avoirs en les convertissant en bitcoins, neutralisant ainsi le risque de saisie ou de dévaluation, comme cela s’est déjà produit à de nombreuses reprises par le passé. À partir du moment où vous vous extrayez du cadre de pensée habituel, il existe une infinité de domaines d’application (Why Bitcoin Matters), et ça ne plait pas du tout aux acteurs traditionnels qui militent activement pour éviter que l’on déstabilise l’oligopole qu’ils ont mis des décennies à construire : Pourquoi les banques entrent en guerre contre le Bitcoin.

Deux exemples intéressants me viennent à l’esprit :

Souvenez-vous que Bitcoin n’est pas qu’une monnaie, c’est un ensemble de protocoles et un écosystème (Bitcoin: It’s the platform, not the currency, stupid!). Ne vous arrêtez pas à l’analogie de la monnaie électronique, la valeur d’usage de Bitcoin et de ses dérivés est encore largement sous-évaluée, car tout reste à faire.

Bitcoin est bien plus qu'une monnaie numérique
Bitcoin est bien plus qu’une monnaie numérique

En fait Bitcoin se retrouve dans la même situation que le MP3 il y a 15 ans : une technologie compliquée dont on ne voyait pas l’utilité (“pourquoi changer quelque chose qui fonctionne ?“) et que l’on associe à des rebelles / pirates / truands. Mais la situation est en train de changer…

L’initiative du gouvernement canadien avec MintChip

Donc, Bitcoin est une monnaie virtuelle de drogués, terroristes et pédophiles, personne n’y croit. Et pourtant… une jurisprudence est en train de se développer : Norway rejects Bitcoin as a legitimate currency, will treat savings as taxable assets et “Bitcoin is money” — judge says SEC can target alleged Ponzi schemer. La volonté du gouvernement US de légiférer et du gouvernement norvégien de taxer prouvent que les usages autour des bitcoins sont à prendre au sérieux.

S’il y en a bien un qui peut se vanter d’y avoir cru bien avant les autres, c’est bien le gouvernement canadien qui, dès 2012, a lancé un concours pour développer les usages autour de MintChip, sa propre monnaie numérique : Royal Canadian Mint readies its version of Bitcoin: MintChip.

Le MintChip Callenge lancé par le gouvernement canadien
Le MintChip Callenge lancé par le gouvernement canadien

Pendant que les gouvernements se creusent la tête pour savoir comment limiter et/ou taxer les usages de Bitcoin, le gouvernement canadien a créé sa propre monnaie numérique décentralisée et lancé un concours pour stimuler l’innovation et amorcer un écosystème de développeurs. La grande différence avec Bitcoin est que MintChip est un système qui exige une authentification forte pour valider les transactions (avec une carte SD). La contrepartie est que le cours des MintChips est adossé à celui des dollars canadiens. Non vous ne rêvez pas : une monnaie numérique décentralisée cautionnée par le gouvernement d’un pays du G8.

Les cartes SD et clés USB servant à sécuriser les transactions avec les MintChip
Les cartes SD et clés USB servant à sécuriser les transactions avec les MintChip

Après plus d’un an et demi de concours, les MintChips sont quasiment prêts à être introduits sur le marché. J’imagine que l’on devrait en entendre parler très prochainement.

La révolution est en marche

Si les Canadiens ont la chance d’avoir un gouvernement novateur en la matière, d’autres pays ont décidé de rejoindre ce mouvement avec des initiatives privées ou solidaires :

Vous remarquerez que dans ces trois cas, il y a une forte volonté de ne plus subir les limitations du système monétaire. À l’image de Galléco, la monnaie locale lancée par le conseil général d’Ille-et-Vilaine, ne pourrions-nous pas envisager une monnaie numérique décentralisée solidaire à l’échelle nationale (Le galléco, première monnaie solidaire de France) ? Loin de moi l’idée de jouer les entrepreneurs sociaux, mais je me dis que ces deux notions sont parfaitement complémentaires. Nous pourrions même envisager un système de dépréciation programmé pour que cette monnaie numérique disparaisse d’elle-même au bout de 10 ou 15 ans (quand la situation économique sera meilleure). Après ça, tout est question de volonté de s’extraire d’un système que l’on pense, à tort, immuable.

Conclusion : Bitcoin n’est pas une technologie, c’est un concept, une philosophie, un moyen d’expression… Peu importe qui est le créateur de Bitcoin ou l’usage que peuvent en faire les trafiquants, l’important est d’avoir réussi à démontrer la viabilité d’un système monétaire alternatif. La boîte de Pandore est maintenant ouverte, il ne reste plus qu’à calmer les esprits (What bitcoin needs next: education and an ecosystem) et à stimuler l’innovation pour développer les usages.

Quel avenir pour la télévision à l’heure du P2P et du SoLoMo ?

Il y a 5 ans, je m’interrogeais sur les synergies naissantes entre le secteur télévisuel et le web : La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie. Dans cet article, je m’étonnais du fait que la télévision n’avait pratiquement pas évolué en plusieurs décennies. Nous sommes maintenant en 2014 et la TV n’a toujours pas évolué : toujours le même principe d’écran de consultation passif. Certes, les écrans sont plus fins, il y a plus de pixels (les premiers écrans UltraHD sont à peine en vente que l’on nous parle déjà de la 8K), éventuellement de la 3D, mais pour la grande majorité des foyers français, usages et technologies n’ont quasiment pas évolué depuis l’arrivée de la TNT qui n’a fait “que” rajouter quelques chaînes.

J’ai été très récemment interviewé par les équipes de France TV sur ce sujet : Frédéric Cavazza s’exprime sur l’évolution de la télévision. Cette interview a été l’occasion pour moi de réfléchir à l’évolution du marché et surtout de constater l’avancée inexorable des acteurs de l’internet et la situation plutôt inconfortable dans laquelle les chaînes se retrouvent.

Disclaimer : Je ne suis pas un professionnel du secteur, bien au contraire. Cet article n’a pas pour but de critiquer, mais de présenter ma vision des choses depuis mon point de vue d’observateur averti.

Où sont les innovations ?

Comme annoncé dans l’introduction, je constate que la télévision en tant que terminal ou en tant que média n’a quasiment pas évolué depuis plusieurs décennies, et pourtant, elle reste le support de prédilection des annonceurs : TV remains the 10,000 pound gorilla in the advertising market. Comme précisé également plus haut, il y a effectivement eu de nombreuses petites améliorations techniques (notamment sur l’affichage), mais le rythme d’innovation est sans commune mesure avec d’autres types de terminaux comme les smartphones ou les ordinateurs portables. La seule technologie réellement novatrice que j’ai pu observer est le HbbTV, mais malheureusement uniquement disponible sur les TV compatibles (une infime minorité) : La TV augmentée enfin libérée de toutes contraintes avec le standard HbbTV.

La majeure partie des nouveaux usages et services vient des box des fournisseurs d’accès (Replay, PiP, applications, cloud gaming…). Depuis la sortie de la Freebox Revolution, c’est à une véritable course à la surenchère que se sont livrés les fournisseurs : Comparatif box internet. Si vous cherchez à savoir si le marché de la TV connectée est une réalité, ne cherchez plus : Médiamétrie estimait l’année dernière que plus de 25 M de français regardaient la TV via l’ADSL. La TV connectée est donc un marché d’envergure, reste encore à motiver les téléspectateurs à sortir de la passivité et à être plus actifs dans leurs usages.

Aux États-Unis la situation est différente, car les set-top-boxes ont été introduites bien plus tôt. Roku avait pris une longueur d’avance sur ce créneau, mais ils sont en train de se faire rattraper par Google qui a marqué un grand coup avec son Chromecast et sa plateforme d’applications : Get ready for tons of new Chromecast apps: Google releases Cast SDK.

L'adaptateur Chromecast de Google
L’adaptateur Chromecast de Google

Comme quoi, les solutions les plus simples sont celles qui ont la préférence du grand public. Du coup, les autres fabricants se ruent dans la brèche : Roku tackles Chromecast with a new Streaming Stick, will let you stream content from your PC in futureNetgear announces NeoMediacast to compete with Chromecast et Baidu’s Chromecast clone goes on sale in China for $32. Décidément, les équipes de Google se montrent particulièrement motivées pour partir à l’assaut du petit écran, que ce soit avec Chrome ou Android, malgré un faux départ avec la Google TV  (Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV). Et cette tendance n’est pas près de se tarir : Les micro-consoles vont-elles devancer les TV connectées ?.

Comme vous pouvez le constater, les fabricants de boitiers et de “dongle” se plient en quatre pour proposer des innovations technologiques. Le problème est que toutes ces nouvelles fonctionnalités se heurtent encore au problème de la télécommande : comment parvenir à proposer une expérience simple et intuitive ? Certains comme Roku tentent de simplifier au maximum la télécommande et l’interface, mais la recherche reste très compliquée. D’autres sont plus pragmatiques à l’image de UCWeb qui s’appuie tout simplement sur le smartphone des téléspectateurs : China’s UCWeb launches UC Browser for TV, moving beyond smartphones to target multiple screens.

L'interface de Roku
L’interface de Roku

Outre les problèmes d’ergonomie, ces nouvelles technologies apportent les mêmes interrogations en matière de confidentialité que les smartphones : les téléspectateurs sont-ils conscients de l’utilisation des données collectées ? Car ne nous leurrons pas : l’analyse comportementale des téléspectateurs est un marché gigantesque (cf. Quand les TV connectées espionnent leurs utilisateurs). Encore un sujet épineux à ne pas négliger…

Quand le téléchargement bouleverse la grille des programmes

Pour vous résumer une longue histoire, le modèle économique des chaines de télévision est de financer ou d’acheter des contenus en gros (à des sociétés de production) et de les diffuser à l’unité en y insérant des espaces publicitaires. Les chaînes assument donc plusieurs fonctions :

  • La fabrication de contenus récurrents (journaux, émissions…) ;
  • La rediffusion d’évènements sportifs (J.O., championnat de foot et rugby…) ;
  • Le financement de fictions de façon directe (téléfilms) ou indirecte (achat de films ou de séries TV) ;
  • La conception d’une grille de programme.

Ce dernier point est particulièrement important, car tout l’art d’une bonne chaine de TV est d’orchestrer de façon judicieuse la rencontre entre des programmes et des téléspectateurs et de créer des habitudes, donc de l’attente. Jusqu’à présent, tout se passait pour le mieux avec un nombre limité de chaines et de programmes. Mais avec l’arrivée de la TNT puis la généralisation des boitiers ADSL, l’attention des téléspectateurs a commencé à se disperser, et leur intérêt a décru à mesure qu’ils découvraient l’existence de programmes de meilleure qualité ailleurs (principalement des séries TV : Barely Keeping Up in TV’s New Golden Age).

Je pense ne rien vous apprendre en vous écrivant que la France est un des marchés où l’on télécharge le plus de façon illégale. Les gouvernements successifs ont bien essayé de trouver des solutions, notamment la riposte graduée, mais rien n’y fait : une fois que la boîte de Pandore a été ouverte, il y quasiment impossible d’arriver à faire revenir les téléspectateurs dans le droit chemin. Traduction : une fois que vous avez “goûté” à Games of Throne, Arrested Development ou True Detective, il est dur que de se contenter de Joséphine ange gardien. Je ne pense pas me tromper en disant qu’il ne peut y avoir des millions de gens malhonnêtes en France, simplement ils aspirent à des contenus de meilleure qualité… qui se trouvent être disponibles en quelques clics. Loin de moi l’idée de vouloir relancer le débat sur le P2P, mais force est de constater que les offres de téléchargement légales ne donnent pas le change (comment je fais pour voir la deuxième saison de King of the Nerds ?).

Le plus gênant dans cette histoire de téléchargement est la disparition de la grille de programme : une fois téléchargés, les contenus (films, séries, émissions…) peuvent être regardés n’importe quand, sans aucune contrainte, ni pub. Ce n’est pas tant la volonté de nuire qui je pense motive les adeptes du téléchargement, mais plutôt leur rejet de la logique de grille de programme et tout ce qui va avec (choix limité, coupures pub…). Ceci est d’autant plus vrai avec la généralisation des terminaux mobiles qui permettent de visionner ces contenus n’importe où (tablettes, smartphones…).

À partir du moment où l’internet permet de contourner les grilles de programme et d’assurer la diffusion des contenus (de façon asynchrone avec du téléchargement P2P ou de façon synchrone avec de l’adaptative streaming), que reste-t-il aux chaines ? C’est justement là où les terminaux mobiles et les médias sociaux peuvent aider.

Le SoLoMo pour augmenter l’audience des contenus alternatifs

Non, je ne vais pas vous annoncer la disparition de la télévision. Jusqu’à preuve du contraire, c’est un média qui fonctionne encore très bien. Ceci étant dit, je constate qu’il existe des alternatives très crédibles à ce que peut nous offrir le paysage audiovisuel :

  • Les portails d’informations proposent un contenu bien plus riche et “frais” que les journaux de 13h et 20h ;
  • Les podcasts disponibles sur Youtube ou Dailymotion offrent un choix bien plus large de sujets (où sont les émissions TV pour les hardcore gamers ou sur le longskate ?) et de nombreux animateurs “vedette” (ex : Norman, Cyprien…) ;
  • Les web series proposent également plus de diversité (ex : Man vs. Dead) ;
  • Les web documentaires proposent une expérience bien plus enrichissante que les reportages ;
  • Les lifecast et autres pratiques de sur-publication sur les médias sociaux pourraient remplacer les émissions de TV réalité…
La chaîne YouTube de Man vs. Dead
La chaîne YouTube de Man vs. Dead

Comme vous l’aurez compris, tout est question de quantité vs. qualité, si l’intérêt des téléspectateurs diminue, c’est que les contenus proposés sont de plus en plus conformistes, ils préfèrent se tourner vers le web où ils trouvent des contenus plus “frais” et surtout plus proches (nous parlons ici de proximité géographique, mais aussi thématique, émotionnelle…). Certes, pour le moment les contenus publiés sur le web au travers de YouTube ou Dailymotion souffrent de budgets très limités, mais quand on voit les revenus des chaines les plus populaires, on se dit que cela pourrait changer : We Ranked YouTube’s Biggest Stars By How Much Money They Make.

Entendons-nous bien : le but de cet article n’est pas de vous convaincre que la télévision est morte, mais de vous démontrer qu’il existe des contenus alternatifs tout à fait viables qui peuvent potentiellement détourner l’attention de nombreux téléspectateurs. À choisir, je préfère largement Spi0n ou Magic of Rahat à Video Gags ou la Caméra Cachée. Heureusement, les grandes chaînes de télévision ont anticipé cette tendance et investi de grosses sommes pour développer le contenu et l’audience de portails thématiques : MyTF1News, Plurielles ou TFou pour TF1 ; FranceTVSport, Géopolis, CultureBox ou MonLudo pour FTV. Ces derniers ont même un site dédié aux web documentaires : Nouvelles écritures. Je doute que tous ces sites soient rentables, mais l’important pour ces chaînes est de commencer à capitaliser sur un savoir-faire et acquérir de l’expérience.

Le portail Géopolis de FranceTV
Le portail Géopolis de FranceTV

Créer des contenus réguliers pour du prime time est un exercice résolument très différent de créer des contenus de niche ou de l’information en temps réel. C’est justement là où le SoLoMo entre en scène, car ces trois dimensions permettent à un média très classique comme la télévision de basculer dans le XXIème siècle, dans l’ère numérique : Les médias sociaux servent à la fois à amplifier la visibilité et la décharge émotionnelle de programmes de grande écoute (cf. Etat des lieux de la SocialTV : entre ralentissement et opportunités), mais également à développer l’audience de contenus de proximité (géographique, thématique ou émotionnel), faisant ainsi la transition avec le local. Dernier point, et pas des moindres, les terminaux mobiles qui permettent à la fois d’interagir avec les émissions en temps réel et de consulter les contenus en toute liberté (BBC Rolls Out New iPlayer ‘Rebuilt For The Multiscreen World’, Plans Online Only Channel For BBC3). Bref, Social, Local et Mobile ne peuvent être abordés de façon individuelle, ils forment un tout qui ouvre d’immenses opportunités. L’important étant d’avoir la capacité à produire des contenus pertinents.

Au final, on se dit que le meilleur moyen pour les chaînes de télévision d’aborder la transformation des usages en matière de divertissement et d’information est de se transformer en des meta-producteurs de contenus dont l’objectif serait de financer la création de différentes formes de contenu (textuels, visuels, interactifs…) qui seraient ensuite distribués sur une multitude de canaux (TNT, web, applications mobiles…). Sous cet angle, je comprends un peu mieux pourquoi le gouvernement a bloqué la vente de Dailymotion à Yahoo : pour pouvoir sécuriser un canal de diffusion alternatif (ou alors il y a d’autres raisons que je ne maitrise pas). Selon ce scénario d’évolution, les chaînes de TV ont du soucis à se faire en ce qui concerne leurs nouveaux concurrents, notamment Netflix qui dispose de son propre réseau de distribution (en streaming) et de très bons succès (la série House of Cards a triomphé lors des derniers Emmy Awards).

La conclusion de cet article est quasiment la même qu’il y a 5 ans : l’internet est l’avenir de la télévision, et inversement. Sauf que… en ce qui concerne le temps passé devant le grand écran du salon, l’attention des utilisateurs ne se répartit pas qu’ente les contenus télévisuels “classiques” et les contenus alternatifs, il faut aussi compter avec les jeux vidéo. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur la place que les jeux vidéo ont dans notre culture et notre société (Le XXIème siècle sera vidéo-ludique), aussi je suis persuadé que pour aborder de façon sereine la transition entre l’analogique et le numérique, les jeux vidéo sont une composante essentielle des contenus alternatifs. La courbe d’apprentissage en ce domaine étant très importante, il est primordial de s’y mettre au plus vite.

Voici donc comment j’envisage l’avenir de la télévision : portails thématiques, podcats, web séries / documentaires et jeux vidéo. Et vous ?

Les articles publiés sur mes autres blogs en février 2014

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La suite le mois prochain.

La sortie de mon premier livre est imminente

Voilà plus de 10 ans que je rédige mes blogs, près de 3.300 articles. Depuis tout ce temps, de nombreuses personnes m’ont demandé pourquoi je n’avais jamais publié de livre. Ma réponse était toujours la même : le papier m’impressionne. Quand on est habitué au confort d’utilisation des outils de publication numériques, l’idée d’imprimer des mots sur un support qui ne peut être modifié à de quoi mettre mal à l’aise.

Il m’a donc fallu un certain nombre d’années pour trouver le bon thème et me décider à relever le défi. Autant vous dire que ça n’a pas été simple, car la rédaction de ce premier livre a débuté il y a plus de deux ans (il faut croire que je ne suis pas très doué). Mais ce chantier touche enfin à sa fin, car la sortie de mon premier livre est imminente : il devrait être disponible à la vente en fin de semaine chez Amazon, le temps que le centre logistique réceptionne le carton au  et que la fiche soit validée.

En théorie, la rédaction d’un livre professionnel n’est pas censée prendre autant de temps, notamment parce que les éditeurs connaissent leur boulot et qu’ils savent faire aboutir un projet de publication dans des délais assez courts. Mon problème est que je n’ai pas réussi à m’entendre avec les différents éditeurs que j’ai pu rencontrer, j’ai donc dû être mon propre éditeur. Ce n’est pas tant ma méconnaissance du monde de l’édition qui a posé problème, que le long processus de rédaction pour aboutir à un manuscrit cohérent. Autant un éditeur peut vous convaincre que votre manuscrit est suffisamment bon pour pouvoir le publier rapidement, autant j’ai eu beaucoup de mal à stabiliser une première version et à me dire que ce coup-ci, c’était la bonne. J’ai donc profité de l’accalmie des fêtes de fin d’année pour boucler le manuscrit, le faire relire et l’envoyer à l’imprimeur.

Les premiers paquets de mon premier livre, enfin !
Les premiers paquets de mon premier livre, enfin !

Publier un livre n’est pas une mince affaire, j’ai également dû me familiariser avec tous les aspects administratifs : demander un N° ISBN et faire un dépôt légal, créer un compte vendeur chez Amazon et créer une offre (l’interface est plutôt… intimidante), prendre RDV entre le transporteur et les équipes logistiques d’Amazon dans le Loiret (on ne peut pas simplement se pointer avec un camion, il faut demander l’autorisation)…

L'interface d'Amazon pour les vendeurs
L’interface d’Amazon pour les vendeurs

Mais heureusement j’en suis venu à bout, et le fruit de mes efforts est enfin à portée de clics, si tout se passe bien. Toute cette histoire peut paraître triviale aux yeux de celles et ceux qui ont déjà publié plusieurs livres, mais le fait de signer un bon à tirer procure quand même une grosse émotion, surtout quand on a tout fait sois-même.

Par contre, si je suis extrêmement fier d’avoir pu rédiger et éditer ce livre tout seul comme un grand, il y a encore des petites choses à améliorer, notamment sur la mise en page (débuter les sections sur des pages impairs, mettre des légendes aux images, augmenter la taille de la police de la quatrième de couverture…). Une infinité de petits détails qui seront corrigés pour la prochaine version. Eh oui, le livre n’est pas encore en vente que je réfléchis déjà à la prochaine édition, ce qui est normal, car le secteur évolue rapidement, il faut donc au minimum une édition par an pour que le contenu ne se périme pas trop.

Mais bon, chaque chose en son temps, car je m’attaque dès maintenant à la rédaction d’un second livre sur l’internet mobile. J’espère mettre moins de deux ans à le publier…

MàJ : Bon la fiche du livre apparait sur Amazon, mais il n’est pas possible le mettre au panier, et il n’est pas correctement référencé…

Les articles publiés sur mes autres blogs en janvier 2014

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L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

La suite le mois prochain.

Mes trois sites coup de coeur (janvier 2014)

Voilà bien longtemps que je ne vous avais pas proposé de sélection de sites. Pour cette nouvelle année, je vous propose trois créations radicalement différentes les unes des autres.

Commençons avec Eagle Adventure Tours, une agence de voyages spécialisée dans les vacances en Harley ou en muscle cars :

EAGLE

La page d’accueil se contente de dérouler une vidéo noir & blanc en fond de page avec des accroches stylisées pour présenter les différents produits. C’est sobre, mais terriblement efficace, car on est littéralement captivé par toutes ces belles images. Le haut de la page est parfaitement contrasté et ils ont même prévu un retour visuel, le petit carré orange sous les items de navigation, pour faciliter le repérage. Les pages intérieures sont du même acabit : simple et efficace.

Continuons avec le nouveau site de Google Venture, à la fois minimaliste et sophistiqué :

GV

Vous apprécierez le choix de la typo et des illustrations, ainsi que le menu latéral qui se déplie au survol de la souris. La charte graphique est a priori plutôt minimaliste, mais les formes géométriques cliquables en fond de page et les effets des transitions de la barre de gauche apportent une touche de modernité et de sophistication. Cette charte graphique à plusieurs niveaux de lecture est assurément du très bon travail.

Finissons avec le CV interactif de Robby Leonardi :

Robby

Le site déroule de gauche à droite façon Mario Bros. Les différents panneaux sont entièrement animés (compétences…) et le tout est parfaitement intégré avec, cerise sur le gâteau, une mise en page fluide. Si l’ont peut douter de l’originalité des choix graphiques, qui restent néanmoins très fidèles à l’original, je suis par contre admiratif du travail d’intégration, car la mise en page n’est jamais prise à défaut.

La suite très prochainement.

L’avenir du commerce en ligne est au commerce, et inversement

Là je n’ai plus le produit en stock, mais je vais être livré samedi matin“. J’imagine que vous avez déjà dû entendre cette phrase des dizaines de fois dans divers magasins. Je ne sais pas pour vous, mais à chaque fois je me retiens de dire “Mais bien sûr… vous me prenez pour un pigeon ?“. La dure réalité du commerce de distribution est que ce modèle ne fonctionne plus. Du moins il ne fonctionne beaucoup moins bien au XXIe siècle. Certes, il y aura toujours des inconditionnels du commerce de proximité, mais force est de constater qu’il y a une fracture entre des clients et produits qui sont passés à l’ère numérique et des boutiques et vendeurs qui sont encore coincés à l’ère analogique :

  • D’un côté nous avons des consommateurs qui sont équipés de smartphones, comparent les prix et achètent en ligne depuis des années ; des produits qui sont distribués par tous les grands sites de vente en ligne grâce aux marketplaces, dont les caractéristiques sont parfaitement détaillées, avec des tonnes de photos et avis…
  • De l’autre nous avons des boutiques avec un stock très limité, des cabines d’essayage pas forcément pratiques, ou à défaut des conditions de manipulation du produit quasi inexistantes (souvent derrière une vitrine) et des vendeurs sous-payés et débordés, donc pas forcément motivés, compétents ou disponibles.

Il en résulte des tensions dans le processus d’achat et des producteurs / distributeurs qui s’efforcent de trouver le bon modèle. Et si nous faisions fausse route depuis toutes ces années ? Je pense qu’il est urgent de remettre en cause ce que nous tenions pour acquis (cf. The Case for Continuous Commerce).

Il n’y a plus de e / mobile / social commerce, simplement du commerce

Pendant des années, on nous a expliqué que le commerce en ligne était un modèle plus performant que le commerce traditionnel. On nous a ensuite dit que le social commerce était mieux. Puis finalement que le mobile commerce était vraiment mieux. J’entends les arguments des uns et des autres, mais qui a raison dans cette histoire ? N’est-il pas plus simple de se dire que toutes ces pratiques appartiennent à la grande famille du commerce et que le reste n’est qu’une question de compromis ?

Personne e peut aujourd’hui affirmer qu’il détient la formule magique. Ce dont nous sommes certains, c’est que les habitudes et attentes des clients ont changé : Enjeux et opportunités du web-to-store, Les cyberacheteurs veulent du web-to-store à Noël. ROPO, showrooming… sont des termes complexes qui servent à décrire l’évolution du comportement des acheteurs. Si le commerce en ligne connaît une croissance spectaculaire sur les dix dernières années, je doute que ce modèle de distribution soit LA solution universelle. L’acte d’achat est un processus psychologique qui ne peut se résumer à la mise au manier d’une image et la saisie d’un N° de carte bancaire.

Nous sommes maintenant dans une configuration de marché bien plus complexe qu’aux débuts de l’internet :

Que ce soit dans les prédictions (What’s Next in Commerce, Five Global Retail Trends That Will Shape 2014) ou dans les statistiques (70% des visiteurs du site de Boulanger se rendent en magasin), tout le monde s’accorde à dire que le cross-canal n’est plus un levier compétitif, mais un prérequis : Le Cross canal, une évidence pour les marques.

Il est donc grand temps de mettre à jour notre discours et de gommer le “e” de “e-commerce“. Et tant qu’on y est, autant gommer également le “m” et le “social“. Après tout, il n’y a pas de “TV-commerce” et pourtant personne ne remet en question les émissions de TV achat.

Bref, tout ça pour dire que le marché évolue (clients, prospects…) et qu’il faut maintenant envisager une activité commerciale comme ou tout : une boutique en ligne avec livraison gratuite, une boutique physique avec des vendeurs compétents, une présence diversifiée sur les médias sociaux et les terminaux mobiles… Dans cette optique, je suis particulièrement séduit par des projets comme iShoes.

iShoes

Le renouveau du point de vente

Il n’aura fallu qu’une pomme pour que Newton échafaude la théorie de la gravité. De même, il aura fallu que la célèbre marque à la pomme triomphe avec ses Apple Stores pour que l’on s’intéresse à nouveau aux points de vente. Au final, la recette était connue de tous (bon emplacement, belle boutique, beaux produits, vendeurs agréables…), mais elle s’était perdue en route.

Boardriders

Le point de vente peur donc être à la fois rentable et générateur de valeur pour une marque ou un distributeur. Soit, mais toutes les enseignes ne peuvent implanter des showrooms de la même qualité que ceux d’Apple, Nespresso ou Quiksilver (je suis fan de leur nouvelle boutique Boardriders à Bercy Village). Certains ont donc tenté d’expérimenter de nouveaux concepts : Tesco transforme la grande surface en centre-villeHarry’s Is Opening A Barbershop, Or, A Bridge For Online And Offline Customer Behavior.

Sans aller dans ces exemples particulièrement ambitieux, je constate ces derniers mois une tendance très forte autour du magasin connecté et du concept de commerce “phygital (physique + digital). Nous avons tous en tête l’exemple de ce supermarché “virtuel” dans le métro de Séoul, une belle arnaque, car c’était une opération éphémère uniquement destinée à rafler des Lions d’Or au festival de la publicité de Cannes. Il existe cependant des exemples beaucoup plus proches de magasins mariant parfaitement commerce physique et commerce en ligne (à l’image de Woodbrass ou Hawaii Surf) sans en faire des tonnes sur la “révolution” du commerce de distribution.

En fait tout est question de bon sens :

  • Être présent là où sont les prospects (sur les médias sociaux, sur les terminaux mobiles) ;
  • Proposer des scénarios de vente en fonction de l’humeur des clients (pas le temps + pas cher = commerce en ligne, découverte + manipulation des produits = magasin) ;
  • Assurer le même niveau de service, quel que soit le canal (magasin, site web, téléphone…).

Comme précisé en début d’article, je suis convaincu qu’il y aura toujours un noyau dur de techno-réfractaires, mais je suis persuadé que nous entrons maintenant dans l’ère du “client savant” : celui qui compare les prix (sur son ordinateur et son smartphone), celui qui s’informe sur les produits et services avant d’acheter (caractéristiques, comparaisons et avis), celui qui sollicite et contribue à la communauté (questions / réponses, conseils…), celui qui ne se satisfait plus des réponses laconiques de vendeurs rendus amorphes par des conditions de travail dégradées. J’ai bien conscience de jouer les démagogues, mais pourquoi s’acharner à ouvrir et maintenir des points de vente si cela se fait dans de mauvaises conditions ?

Le triptyque du commerce du XXIe siècle

Nous sommes dans une situation économique tendue. L’heure n’est plus aux économies, mais aux paradigmes : il est grand temps de passer à autre chose et refermer la page de modèles de distribution qui montrent leurs limites, aussi hors qu’en ligne. Pour être déjà intervenu auprès de grands acteurs de la distribution, j’ai élaboré en toute modestie un modèle de distribution moderne qui repose sur trois piliers : le magasin connecté, le vendeur augmenté et l’expérience d’achat enrichie.

J’ai déjà évoqué la tendance du magasin connecté. Il existe quantité d’exemples que vous pouvez trouver sur des blogs comme Connected-Stores. Sachez néanmoins que les technologies permettant de numériser un point de vente ne sons pas neuves et évoluent à très grande vitesse :

  • Vitrines et bornes interactives (ex : King Jouet) ;
  • Tables tactiles (ex : Empreinte) ;
  • Murs interactifs (ex : Carrefour) ;
  • Cabines sensorielles (ex : Gomus) ;
  • Cintres et mobiliers intelligents (ex : C&A et Kiabi)
  • Réalité augmentée (ex : IBM) ;
  • Capteurs de micro-géolocalisation (ex : Macy’s) ;
  • Vitrines à écran transparent (ex : Sublimeeze)…

Le deuxième élément crucial de ce triptyque est le vendeur. Véritables interfaces entre les clients et les produits, les vendeurs peuvent faciliter ou ruiner une vente. Voilà pourquoi je suis intimement convaincu que le personnel visible en point de vente (ceux que l’on peut solliciter dans les rayons) doit être équipé d’outil leur permettant de sublimer leur fonction, de les transformer en vendeurs augmentés qui seraient omniscients et omnipotents : qu’ils puissent être en mesure de répondre à toutes les questions (sur les produits, la disponibilité…) et de pouvoir satisfaire tous les besoins des clients (personnaliser un produit, résoudre un problème…). Là encore il existe de nombreux exemples de magasins mettant à disposition des bornes ou des tablettes pour faciliter le travail des vendeurs (ex : Milonga ou Mango) ou de véritables outils de configuration comme c’est le cas chez Biretco avec les Bike Specialists.

BIK5908I01

Le dernier pilier de mon triptyque concerne l’expérience d’achat. Certes, les enseignes de distribution ont accès maintenant à d’innombrables gadgets technologiques pour créer de l’animation en point de vente (et attirer les curieux), mais je pense que la principale évolution doit se faire au niveau de la relation entre le client et le vendeur : ne pas se contenter d’aider le client à trouver un produit en rayon et à l’encaisser, mais l’impliquer dans une relation différente et proposer une expérience d’achat enrichie. C’est notamment ce que proposent des enseignes comme Apple avec les Genius Bar ou Jc Penney avec les Mini-Stores : le personnel n’est pas là pour vous refourguer le maximum de produits, mais pour vous conseiller et optimiser votre expérience avec la marque.

genius-bar

Dernier exemple tout à fait représentatif de cette nouvelle façon d’aborder la relation client-vendeur : l’enseigne de produits cosmétiques Kiehl’s où il n’y a pas de vendeurs, mais des customer representatives qui travaillent POUR le client.

Les clients ont changé, les pratiques commerciales doivent évoluer

J’espère vous avoir convaincu que les habitudes, attentes et pratiques autour de l’acte commercial ont beaucoup évolué ces dernières années. Si vous en êtes encore à hésiter pour savoir si vous devez lancer une boutique en ligne, alors les prochaines années vont être très douloureuses…

Pour les autres, ceux qui ont déjà mené des premières expérimentations de magasin connecté, sachez néanmoins que l’évolution des pratiques de commerce de distribution ne repose pas toujours sur les nouvelles technologies. Il est ainsi possible d’identifier un certain nombre de tendances et expériences non-technophiles :

Bref, tout n’est pas aussi simple que d’installer une vitrine interactive. Comme je l’ai déjà mentionné, l’acte d’achat est complexe : le parcours client se densifie, les prospects sont exigeants et se lassent très vite. Il faut donc redoubler d’efforts pour rester compétitifs. Et ne vous y trompez pas : baisser vos prix pour attirer du monde n’a jamais été une tactique rentable. Pour pouvoir durablement augmenter vos résultats et vos marges, il va falloir innover sur plusieurs fronts et ne pas se laisser enfermer dans des dogmes du XXe siècle.

Les articles publiés sur mes autres blogs en décembre 2013

La nouvelle année a enfin commencé, mais rassurez-vous, je ne vous ferais pas le coup de la rétrospective, simplement une liste des articles publiés sur mes autres blogs.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

L’actualité des univers virtuels et des jeux sociaux sur MarketingVirtuel.fr :

Comme vous pourrez le constater, très peu d’articles publiés au mois dernier, mais c’est pour une bonne cause, car  j’ai profité de la période calme de la fin d’année pour finaliser un projet qui traîne depuis bien trop longtemps. Plus d’infos d’ici la fin de semaine.