L’impact du numérique sur les médias traditionnels

La semaine dernière, j’étais invité par la Radio-Télévision Suisse à m’exprimer sur l’avenir des médias. Ce n’est pas la première fois que je prends la parole sur ce thème (Frederic Cavazza s’exprime sur l’évolution de la Télévision sur Plateautele), même si je ne me considère pas comme un expert. Il ne vous aura pas échappé que le sujet est chaud, car le rapport de force s’inverse petit à petit entre les médias traditionnels et les “nouveaux médias” : German publisher caves to Google News after massive traffic drop et How Facebook and Google Now Dominate Media Distribution. Rajoutez à cela l’annonce du dépôt de bilan de l’éditeur de l’Encyclopédie Universalis, et vous avez des annonceurs qui se posent des questions sur les arbitrages nécessaires de leur budget publicitaire.

À ce sujet, la manifestation de la semaine dernière à été l’occasion pour la RTS de présenter également les conclusions du rapport publié par Publisuisse : Médias du futur 2020. Les enseignements notables de ce rapport sont les suivants :

  • La vidéo est un format omniprésent qui plait toujours autant aux téléspectateurs comme aux internautes ;
  • La TV reste un média qui captive, les chaînes de TV dans leur rôle de producteurs de contenus vidéo bénéficient d’un savoir-faire indéniable (même si le web a la capacité de créer des stars : Why 32 Million People Are Obsessed With PewDiePie, The Biggest Star On YouTube et We Went To A YouTube Convention, And It Was Insane) ;
  • La radio reste le son du quotidien, notamment à travers les rubriques et commentateurs (mais pour la découverte musicale, rien de tel que Spotify ou Pandora) ;
  • Internet s’impose comme un média d’information et de détente (voir les deux en même temps…).

Je suis un fervent partisan de l’internet et du numérique, mais il faut bien reconnaitre que les médias traditionnels ne sont pas encore enterrés, loin de là. L’astuce pour bien comprendre le contexte du marché est de ne surtout pas chercher à comparer les deux. Certes, il y a des différences notables (Hard Comparison: Legacy Media vs. Digital Native), mais les spectateurs / internautes / mobinautes ne le voient pas comme ça : ils se contentent de consommer indifféremment l’un ou l’autre, ou les trois en même temps, en fonction de leurs envies ou habitudes. Le multi-écran est une tendance de fond qui va durablement s’installer, il n’y a guère que les jeux et films exploitant la réalité virtuelle qui vont pouvoir lutter contre. Certes, la télévision linéaire telle que nous l’avons connue est en perte de vitesse, mais elle trouve un second souffle à travers les offres de rattrapage ou de VoD.

Même si aujourd’hui, nous constatons que les médias traditionnels sont massivement présents sur les supports numériques (portails, applications mobiles…), ils se heurtent à des usages de niche (Le Dark Social complique la tâche des annonceurs), à une radicalisation des formats (Comment les terminaux mobiles favorisent la conception gigogne des contenus et services) et des contenus. Ce dernier point est primordial, car les nouveaux entrants ne se gênent pas pour exploiter des lignes éditoriales inenvisageables par les médias traditionnels, à l’image de Vice ou de BuzzFeed (Don’t look now, but VICE is about to get even bigger). Le premier c’est en effet fait une spécialité des articles racoleurs comme “J’ai été le correspondant de 50 meurtriers et tueurs en série“, “Les tyrannosaures sont les nouveaux rois du porno” ou encore “Comment cuisiner des animaux écrasés“. Le second n’est plus à présenter, tant son ascension a été fulgurante. BuzzFeed agace autant qu’il fascine, en tout cas il est impossible de ne pas reconnaitre l’efficacité du modèle, comme en témoignent les statistiques publiées récemment : How Technology Is Changing Media.

Comparaison de l'audience des chaines TV et de BuzzFeed
Comparaison de l’audience des chaines TV et de BuzzFeed

La situation est donc complexe à comprendre pour les annonceurs qui doivent appréhender plusieurs facteurs de transformation dans la consommation des médias :

Dans ce contexte de transition vers un quotidien numérique, les annonceurs son confrontés à plusieurs défis s’ils veulent rester dans la course : apprendre à maitriser la donnée et les usages qui en découlent (pas uniquement de l’optimisation d’achat d’espaces publicitaires), ainsi que les adtechs et les pratiques qui vont avec (personnalisation à la volée, utilisation intensive des algorithmes…). Sans une montée en compétence rapide, les annonceurs n’ont aucune de s’y retrouver et de faire les bons arbitrages.

Puisque l’on parle de faire des choix, j’insiste sur le fait qu’en aucun cas les médias traditionnels, numériques ou mobiles sont en concurrence directe. Chacun de ces médias (ou familles de médias) répond à des logiques, contraintes et caractéristiques différentes.

Comparaison des caractérisitques des différents médias
Comparaison des caractéristiques des différents médias

Pour vous la faire courte : il n’y a pas de bons ou mauvais médias, simplement des médias que l’on exploite en fonction d’objectifs différents. C’est réellement dans la complémentarité de ces médias, et des campagnes qui les exploiteront, que les annonceurs peuvent trouver des gains de performance. Encore faut-il réussir à trouver une solution à l’épineux problème de l’attribution… mais c’est un autre débat.

Le support de mon intervention est ici, sentez-vous libre de le commenter :

2015 va réellement être une année passionnante, car l’industrie publicitaire va poursuivre sa mue. Les transformations qui ont été rendues possibles grâce aux technologies numériques (retargeting, RTB…) vont petit à petit être adoptées par les chaines de télévision à l’image de l’offre AdSmart lancée par Sky : What impact will Sky AdSmart have on advertising?.

Réforme de la formation professionnelle et transformation digitale

2014 a été une année charnière pour la formation professionnelle. La loi sur la réforme publiée le 5 mars dernier pose ainsi les bases de ce que sera une authentique révolution dans le parcours professionnel des salariés. Jusqu’à présent, le dispositif en place était le DIF (Droit Individuel à la Formation). Un dispositif complexe et rigide qui était utilisé à moins de 5% (moins de 5 salariés sur 100 avaient accès à la formation). À compter du 1er janvier 2015, le DIF va être remplacé par le CPF (Compte Personnel de Formation) afin de faciliter l’accès à la formation et d’en faire un outil de compétitivité : Le compte personnel de formation ou comment devenir l’acteur principal de son parcours professionnel.

L’élément fondateur de cette réforme est de placer l’individu au coeur du dispositif. Les grands principes sont les suivants :

  • Le CPF sera rattaché à la personne et non plus au contrat de travail, les parcours initiés et heures accumulées ne seront plus perdus en cas de changement de situation (changement d’employeur, licenciement ou démission) ;
  • Le CPF ne sera plus plafonné à 120h, l’objectif est de cumuler 150h sur 6 ans et de pouvoir les cumuler avec d’autres dispositifs de formation.

Celles et ceux qui ont déjà été confrontés aux méandres administratifs et aux limites des formations conventionnées apprécieront à sa juste valeur cette réforme : proposer aux salariés un dispositif plus ambitieux lui permettant de planifier sur plusieurs années et de sécuriser un parcours de formation. D’ailleurs les promoteurs de cette réforme évoquent un “droit à la formation et à l’évolution professionnelle“.

À votre avis, quelles compétences susceptibles de bouleverser l’économie et les habitudes de travail nécessitent un apprentissage sur la durée ?

Vous ne voyez pas ?

Vraiment rien ?

Le numérique bien sûr ! Si la transformation digitale est un sujet qui préoccupe à ce point les entreprises, c’est parce qu’il n’est pas simple à traiter, du moins à traiter avec les outils de formation traditionnels : une journée de formation par an est en effet très loin d’être suffisant pour aider les salariés à comprendre les impacts et enjeux du numérique et à faire évoluer leur cadre et habitudes de travail (De l’Entreprise 2.0 à la transformation digitale).

La bonne nouvelle est que le CPF vise à donner les moyens aux professionnels d’acquérir “des compétences attestées en lien avec les besoins de l’économie“. Le législateur reconnait ainsi qu’il existe des compétences “en tension” qui sont prioritaires : les langues et l’informatique. Le CPF est donc une opportunité unique pour les professionnels de se faire accompagner dans leur (ré)appropriation du numérique. Le problème est que jusqu’à présent, ils devaient faire une demande auprès de leur employeur pour que celui-ci les laisse choisir une formation dans une liste plus ou moins complète, avec des supports pédagogiques plus ou moins à jour. Un célèbre organisme de formation propose ainsi un cursus intitulé “Les fondamentaux du Web 2.0 et des réseaux sociaux” où l’on enseigne notamment les caractéristiques des sites 2.0 comme Netvibes ainsi que l’essor du web mobile à travers les PDA (véridique !).

Le plus gros défi à relever pour les entreprises est de trouver un dispositif pédagogique pertinent pour leurs salariés. L’idée n’est pas de transformer les collaborateurs en développeurs ou community managers, mais plutôt de leur permettre d’acquérir une vision exhaustive de l’internet et de tous les sujets qui lui sont associés (médias sociaux, mobilité, contenus, commerce en ligne, publicité, référencement, relation-client…). Les sujets sont tellement nombreux que cette montée en compétence ne peut se faire que dans la durée : sur plusieurs mois ou trimestre, et non dans une version condensée sur un ou deux jours. D’autant plus que l’important est de leur transmettre une culture numérique : de nouveaux référentiels et supports, de nouveaux réflexes et habitudes de travail… Cette transmission de la culture numérique ne peut se faire que dans la durée pour pouvoir aborder l’ensemble des sujets liés au numérique et leur permettre de bien appréhender leurs impacts sur les différents métiers (marketing, communication, distribution, fidélisation, RH…).

Je suis en train de monter une digital academy interne pour une grande société qui va mettre en application ce principe de slow learning où les collaborateurs seront exposés au quotidien à des contenus pédagogiques de formats variés pour ne pas les perturber dans leurs journées de travail, et leur dispenser un enseignement exhaustif sans leur presser le citron.

La transformation digitale est un chantier de longue haleine, en témoigne l’imposant rapport de Philippe Lemoine (La transformation numérique de l’économie française). Avec cette réforme de la formation professionnelle, les salariés comme les entreprises disposent enfin d’un outil pertinent pour réussir cette transformation. Espérons que les uns et les autres vont savoir profiter de cette opportunité pour ne pas rater le coche.

Évolution, tendances et enjeux de la publicité en ligne

Saviez-vous que la première bannière publicitaire avait été affichée il y presque 20 ans ? C’est en effet le 27 octobre 1994 que la publicité en ligne a commencé à être utilisée sur le portail Wired.

La première bannière publicitaire affichée en 1994
La première bannière publicitaire affichée en 1994

Avec cette première bannière, le magazine Wired ne se doutait pas qu’il allait poser les bases du principal levier de monétisation des contenus en ligne. Aujourd’hui les bannières publicitaires sont omniprésentes. Elles agacent, mais elles restent le modèle économique de référence. Autant les autres médias bénéficient d’un peu plus de diversité, notamment avec les chaînes TV payantes ou les journaux par abonnement, autant les bannières sont quasi-incontournables pour ceux qui souhaitent monétiser leur audience et leurs contenus.

L’article qui suit a pour ambition de vous expliquer les dernières évolutions et les enjeux du display, il m’a été inspiré par une conversation très enrichissante que j’ai eu avec Patrick et Andrès, les fondateurs de Viuz.

Un contexte économique difficile

Les bannières publicitaires ont permis au web de devenir ce qu’il est aujourd’hui : une source inépuisable de contenus. Je pense ne pas me tromper en disant que les bannières (et plus généralement les revenus publicitaires) sont le poumon des contenus, car ce sont elles qui ont poussé les éditeurs à investir massivement. Ceci étant dit, ce système, qui bien fonctionné ces deux dernières décennies, commence à montrer ses limites :

  • Les taux de clic sont de plus en plus bas (problème de transformation) ;
  • Les bloqueurs de bannières se généralisent (La guerre aux logiciels bloqueurs de publicité sur Internet est déclarée) de même que les terminaux mobiles (problème de portée) ;
  • L’audience s’éparpillent et s’agrège sur des supports où il n’y a pas de bannières (notamment les grandes plateformes sociales et applications mobiles).

Rajoutez à cela une concurrence acharnée et vous aurez un marché très tendu avec des éditeurs qui ont du mal à valoriser leur inventaire et de annonceurs qui ont désespérément besoin d’améliorer le ROI de leurs campagnes display (baisser les coûts et augmenter la performance). C’est là où les publicités natives et le programmatic buying rentrent en scène.

La bannière est morte, ou pas, vive la publicité native, ou pas !

Le publi-rédactionnel existe depuis de nombreuses années dans les publications papier et même à la télévision à travers les formats ultra-courts sponsorisés. Mais ce n’est qu’avec l’avènement de plateformes sociales comme Facebook ou Twitter que les annonceurs ont compris l’intérêt d’utiliser des formats publicitaires moins perturbants reposant sur une logique d’intégration (à l’opposer des bannières qui sont conçues pour attirer le regard). La publicité native est donc la nouvelle coqueluche du web, elle se décline en différentes versions : publications sponsorisées (Facebook, Twitter, Pinterest, Instagram…), articles sponsorisés (Buzzfeed, Forbes)… pour le moment nous n’avons vu que la partie visible de l’iceberg, car il reste d’innombrables déclinaisons à trouver (Bazaarvoice Brings Native Advertising to eCommerce).

Sur la papier, les publicités natives ont tout pour plaire : une intégration élégante qui ne perturbe pas la lecture (The Mystique of Native Advertising), une parfaite adaptation aux terminaux mobiles et à leurs contraintes d’affichage et de morcellement de l’attention à travers d’innombrables applications (Appsfire’s native ad network seduces app publishers worldwide), de nombreuses possibilités de formats premium (Native advertising: the Guardian Labs way)…

Exemple de publicité native pour IBM sur Forbes
Exemple de publicité native pour IBM sur Forbes

Tout ceci est parfait, sauf que la publicité native présente trois principaux désavantages :

  • L’impossibilité de faire des campagnes automatisées, car il faut traiter chacun des supports de façon distincte en fonction des contraintes de format ;
  • Le coût de production élevé qui empêche les petits annonceurs d’en profiter ;
  • L’absence de garantie du nombre d’impressions (un élément important pour les annonceurs qui ont besoin d’une très forte exposition sur une courte période).

Tout ceci fait que les publicités natives sont une excellente alternative, mais dans une logique artisanale plutôt qu’industrielle. Je n’ai personnellement pas grand-chose à reprocher aux publicités natives, mais elles ne couvrent qu’une partie des besoins des annonceurs. L’IAB est donc en train de travailler à l’élaboration de nouveaux formats de bannières censés relancer l’intérêt tout en diminuant les nuisances (Bye, Bye Banner: Emerging Display Formats & What Marketers Need To Know). En parallèle, les différents acteurs de la chaine de valeur publicitaire ont travaillé de concert pour révolutionner les méthodes d’achat et traiter la partie “industrielle”.

Moins de pollution, plus de pertinence

Le meilleur moyen d’améliorer la rentabilité des campagnes est de diminuer le coût d’achat et d’augmenter la performance. C’est pour tenir cette promesse que l’industrie publicitaire s’est petit à petit transformée en incluant une composante technologique toujours plus grande. Les adtech (“advertising technologies“) s’imposent logiquement comme LA solution pour réduire le gaspillage (bombarder les grands sites avec des millions de bannières) et améliorer le ciblage. Pour ce faire, les impressions publicitaires sont traitées de façon individuelle grâce à des algorithmes, c’est ce que l’on appelle le programmatic buying. Tout comme le monde de la finance a été bouleversé par le recours aux algorithmes et aux micro-transactions, le monde publicitaire a connu une authentique révolution ces deux dernières années avec la maturation des technologies d’achat programmatique (The Future is Programmatic et Programmatic now accounts for 28% of UK display ads and could exceed 65% in 2017). Les machines remplacent donc les opérateurs humains pour acheter des emplacements et afficher des bannières selon deux technologies : les enchères en temps réel et le retargeting.

Jusqu’à présent, les emplacements publicitaires étaient négociés et achetés à la pelle : si vous souhaitiez toucher une audience féminine, vous achetiez des centaines de milliers d’impressions sur un portail avec une audience largement féminine. Le problème est que vous n’aviez pas l’assurance de réellement toucher des femmes, et que vous payiez un prix relativement élevé pour des conditions d’affichage qui n’étaient pas nécessairement optimale. Avec les enchères en temps réel (“Real-Time Bidding” en anglais, ou RTB), chaque impression est négociée et délivrée de façon unitaire en quelques fractions de secondes. Ceci est rendu possible grâce à des systèmes informatiques ultra-performant capables de traiter d’immense volume de données et d’effectuer des enchères en temps réel (5 Ways Real-Time Bidding Differs From Direct Buys). Au final, comme chaque bannière est achetée dans des conditions optimisées, le coût moyen d’achat est inférieur. On parle dans ce cas de eCPM ou de DCPM (“Dynamic Cost Per Mille“).

Différence entre publicité traditionnelle et RTB
Différence entre publicité traditionnelle et RTB

Les robots chargés de faire ces achats individuels exploitent des critères centrés sur l’utilisateur en fonction de son profil (genre, âge, pays…), mais également sur son comportement. Le retargeting désigne ainsi les mécanismes permettant de cibler un internaute en fonction des sites qu’il a visités, des recherches qu’il a effectuées ou des actions qu’il a menées (Retargeting secrets: the 7 types of effective retargeting). Grâce au retargeting, vous pouvez cibler un internaute ayant transité par votre site pour consulter telle ou telle page.

Les 7 leviers du retargeting
Les 7 leviers du retargeting

Comme vous pouvez l’imaginer, le RTB et le retargeting sont des bouleversements majeurs dans les méthodes d’achat des espaces publicitaires. Le problème est que ces méthodes induisent des systèmes informatiques très sophistiqués et des processus d’achat incroyablement complexes.

Modélisation du processus d'affichage d'une bannière en mode programmatique
Modélisation du processus d’affichage d’une bannière en mode programmatique

Cette complexité peut représenter un frein pour les annonceurs qui n’y voient plus très clair dans cet écosystème très opaque. Vous seriez ainsi extrêmement surpris du nombre d’intermédiaires entre un annonceur et un éditeur. Pour illustrer cette complexité, je vous propose le schéma suivant :

Typologies des acteurs de l'achat programmatique
Typologies des acteurs de l’achat programmatique

Sur ce schéma, on retrouve la plupart des acteurs qui composent la chaine de valeur de la (nouvelle) publicité en ligne :

  • Les éditeurs de contenus, qui exploitent des SSP (“Supply-Side Platform“) pour gérer leur inventaire et se connecter aux plateformes d’échange (“Ad exchanges“) qui sont elles-mêmes reliées à des réseaux publicitaires (“Ad networks“) ;
  • Les annonceurs qui passent par des agences et leurs comptoirs (“trading desk“) pour gérer leurs campagnes de façon centralisée au sein de DSP (“Demand-Side Platform“).
  • Éditeurs, agences et annonceurs ont généralement recours à des DMP (“Data Management Platform“) pour centraliser, gérer et exploiter leurs données ou celles de sources tierces, ainsi qu’à des plateformes de vérification pour s’assurer qu’il n’y a pas de déperdition et garantir la véracité des factures ;
  • Annonceurs et agences peuvent également exploiter des DCOP (“Dynamic Creative Optimization Platform“) pour personnaliser de façon dynamique les bannières affichées ;
  • Éditeurs, agences et annonceurs peuvent enfin nouer des partenariats directs pour bénéficier de conditions plus avantageuses (remises sur volume) ou accéder à des inventaires de meilleure qualité (ce sont les fameuses offres premium).

Comme vous pouvez le constater, l’écosystème des ad tech est extrêmement complexe (cf .Get With The Programmatic: A Primer On Programmatic Advertising et The beginner’s glossary of programmatic advertising). Nous assistons à un authentique choc des cultures entre les populations créatives, les mad men, et les ingénieurs / marketers, les math men (For Today’s Mad Men, It’s Nerds Who Rule, Not Drapers). Ce choc des cultures ainsi que la complexification croissante des technologies et pratiques publicitaires créés des tensions qui au final nous font relativiser leur intérêt.

Dans la ruée vers l’or, seuls les vendeurs de pioches se sont enrichis

Certes, la complexification du millefeuille publicitaire peut en rebuter plus d’un, mais l’attrait des mécaniques de ciblage toujours plus pointues font saliver les plus réticents (Facebook’s ad platform will know who you are, what you buy, even offline). Au final, un peu de pédagogie et de transparence pourrait grandement bénéficier au secteur (Real-Time Myth-Busting: 5 RTB Mysteries, Solved!). Il n’empêche que les gains de performance annoncés sont bien trop souvent vampirisés par de nombreux intermédiaires.

Avec tous ces éléments en tête, on comprend mieux pourquoi le programmatic buying, annoncé comme LA grande révolution, ne va néanmoins pas remplacer les méthodes d’achat traditionnelles (18 quotes on programmatic advertising). Nous pouvons ainsi lister plusieurs enjeux :

  • Des technologies toujours plus sophistiquées qui demandent des talents de très haut niveau, pas forcément faciles à recruter / motiver ;
  • L’impossibilité de garantir une exposition minimum, car plus on ajoute de critères de ciblage et plus on réduit le nombre de cibles potentielles ;
  • La compréhension des besoins et comportements réels des consommateurs, car à trop faire confiance aux algorithmes, ont fini par perdre de vue le client (la pression publicitaire générée par les techniques de retargeting nous fait parfois regretter d’avoir visité tel ou tel site) ;
  • L’attribution des gains de performance qui est quasi-impossible avec une chaine de prestataires aussi complexe.

Au final, ce qui peut le plus inquiéter les annonceurs, est que toutes ces technologies fassent passer au second plan la recherche de créativité ou d’émotion dans une campagne. Avec une telle force de frappe technologique, il est tentant de penser que la clé du succès d’une campagne repose sur la finesse du ciblage. Certes, il existe des technologies de personnalisation à la volée (les DCOP), mais leur coût de mise en oeuvre augmente de façon exponentielle avec la largeur de la population-cible et le nombre de données individuelles disponibles.

En résumé : moins de bannières, des publicités mieux intégrées, des messages plus ciblés, des inventaires revalorisés… Sur le papier, tout le monde y gagne, car le but de l’opération est de minimiser le recours à la force brute (des bannières par millions). Dans la pratique, les ad tech ont engendré un monstre que l’on essaye tant bien que mal de contrôler.

Cartographie de la publicité en ligne
Cartographie de la publicité en ligne (source : Improve Digital)

Espérons que cette course à l’armement ne détruise pas plus de valeur qu’elle est censée en créer… J’arrête là cet article, et je laisse la parole à Patrick et ses acolytes pour une prise de parole plus pointue : Où va la pub ? 5 réflexions sur la grande hybridation.

La quatrième révolution industrielle n’est pas encore là

J’ai participé hier à une nouvelle édition des Social Drinkup, des rencontres régulières pour partager les expériences des uns et des autres sur le marketing numérique et les évolutions dans ce secteur. Le thème de la soirée portait sur l’innovation et la façon de la stimuler et mettre en oeuvre. Dans ce cadre, j’ai pu faire une rapide intervention sur le panorama des innovations. L’objectif de cette présentation était de faire le point sur tout ce dont on entend parler ces derniers mois, il y en a beaucoup, comme le prouve le Hype Cycle for Emerging Technologies du Gartner. Je ne vous cache pas mon agacement quant aux discours très optimistes des uns et des autres qui nous annoncent tous l’avènement de la quatrième révolution industrielle grâce aux objets connectés, à NFC, à l’impression 3D, à la réalité augmentée, aux agents intelligents… Bref, cette cacophonie ambiante m’exaspère, aussi j’ai essayé de tout rationaliser.

Cartographie des innovations technologiques
Cartographie des innovations technologiques

Le schéma ci-dessus répertorie les différentes innovations et les classe dans cinq grands domaines : interfaces 3D, IHM innovantes, intelligences artificielles, interactions locales et Internet des objets. Certaines innovations sont liées, à l’image des balises de proximité qui exploitent la norme Bluetooth 4.0. Toutes ces innovations ne sont par contre pas forcément pertinentes pour vous. Il est ainsi possible de filtrer ce panorama en fonction de vos objectifs (augmenter les ventes, améliorer la connaissance client, fidéliser, rendre service…).

De même, toutes ces nouvelles technologies n’en sont pas au même stade de développement. J’ai donc dévoilé hier soir une grille d’analyse permettant de comparer le potentiel disruptif de ces innovations en fonction de quatre critères : l’appétence du marché, l’intérêt pour les marques, la facilité d’apprentissage et la facilité de mise en oeuvre. Le système de notes est purement empirique, il a été fait à partir de mes observations, lectures et de conversations que j’ai pu avoir avec différents spécialistes.

Comparatif empririque des innovations technologiques
Comparatif empirique des innovations technologiques

Enfin, je me suis interrogé sur la viabilité de ces innovations en fonction de trois critères : la maturité des technologies employées, l’existence de standards et la présence ou non d’acteurs industriels pour soutenir telle ou telle innovation.

Évaluation de la viabilité des innovations technologiques
Évaluation de la viabilité des innovations technologiques

Avec ces deux grilles d’analyse, vous avez des premiers éléments de réponse pour y voir plus clair et faire le tri dans ces innovations. Car l’important est de prendre du recul et d’évaluer l’impact que ces nouvelles technologies peuvent avoir sur le parcours client (en quoi est-ce qu’elles le modifient ? Comment les exploiter pour multiplier les points de contact) et sur l’expérience utilisateur (lors des phases d’achat, de possession ou de renouvellement).

Donc au final, le mot d’ordre est de ne pas se précipiter pour tester telle ou telle nouvelle technologie, car elles ne sont pas encore stables, et car cela ne présente pas forcément un intérêt pour votre marque. Entendons-nous bien : je ne minimise en rien ces innovations, j’essaye simplement de vous expliquer que nous ne sommes vraisemblablement pas à la veille de la quatrième révolution  industrielle : tout ce qui est cité plus haut est lié à un usage plus intensif de l’outil informatique. Nous sommes donc encore en train de vivre la troisième révolution industrielle. Je ne suis pas futurologue, mais j’estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour annoncer un réel paradigme de l’industrie. Pour cela, attendons de voir comment progresse la science sur des matériaux révolutionnaires comme le graphène, ou des sujets de pointe comme l’informatique quantique ou l’informatique moléculaire.

L’apprentissage du code comme levier pédagogique pour une transition numérique réussie

La semaine dernière, j’ai pris un café avec Frédéric Bardeau, le co-fondateur de Simplon, pour discuter de son dernier livre (Lire, écrire, compter, coder). Nous sommes tombés d’accord (enfin je pense) sur le fait que nous n’assistons pas réellement à une transformation digitale, c’est le terme à la mode, mais plutôt à une longue évolution de nos habitudes et réflexes quotidiens où le numérique occupe une part toujours plus importante (De l’Entreprise 2.0 à la transformation digitale). En ce sens, je préfère utiliser le terme “transition numérique” plutôt que “transformation digitale”.

Bref, tout ça pour dire que nous sommes bientôt en 2015, et que notre économie souffre toujours d’un terrible déficit de main d’oeuvre pour tout ce qui touche à l’internet et aux services en ligne. Cette constatation avait fait grand bruit l’année dernière (Combien d’informaticiens professionnels, demain ? Anticiper 2021 dès aujourd’hui et sa suite). Certains y voyaient même un levier pour créer des emplois (Le plombier du digital ou les petites mains du numérique), même si cela soulève quelques interrogations (Les faux-semblants de l’emploi dans le numérique et Le numérique peut-il sauver la France ?).

Vous ne trouvez pas que cette illustration est ridicule ?
Vous ne trouvez pas que cette illustration est ridicule ?

Aujourd’hui, l’opinion publique s’est déplacée, car on se préoccupe plus de transformer les entreprises pour leur faire passer un “cap numérique”, sans trop se soucier de l’humain. Une bien étrange vision des choses, car les collaborateurs sont la solution de ce casse-tête, mais ils font aussi partie du problème !

Faire sauter les verrous psychologiques

Nous sommes donc en 2014, bientôt en 2015, et tout le monde est d’accord pour dire que le numérique est l’avenir et qu’il faut impérativement adopter ce changement. Sauf que ce fameux “tout le monde” pense que ce sont surtout les autres qui doivent changer rapidement, mais qu’eux n’ont pas nécessairement besoin de réapprendre un métier, vu que tout c’est toujours à peu près bien passé. Mais comme le dit le proverbe : “l’important ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage”. Opérer une transition numérique au sein de l’entreprise, c’est avant tout faire comprendre aux collaborateurs qu’ils sont tous concernés et que personne ne peut être laissé sur le bord de la route. D’une part, car le fait de recruter des “jeunes” ne va pas compenser des processus vieillissants ou inadaptés ; d’autre part, car on ne peut pas indéfiniment faire cohabiter des habitudes et outils de travail analogiques et numériques.

Il convient donc d’aider les collaborateurs les plus récalcitrants à passer d’une posture défensive (“Pourquoi changer ? J’ai toujours bien fait mon travail !“) à une dynamique de ré-appropriation du numérique, c’est à dire à envisager l’internet comme un outil de travail et non comme une potentielle source d’information gratuite.

C’est là où l’apprentissage du code peut être intéressant : pour faire sauter les verrous psychologiques (“Je n’y comprends rien, c’est le boulot des informaticiens“). Bien évidemment l’objectif n’est pas de transformer les collaborateurs en développeurs chevronnés, mais de leur donner un déclic numérique. Je pense que l’analogie avec le saut à l’élastique est intéressante : l’objectif n’est pas de transformer les collaborateurs en cascadeurs, mais de les inciter à vaincre leur peur. Dans le cas du numérique, il n’est pas question de vaincre le vertige, mais plutôt de lutter contre la peur l’inconnu, la peur de ne pas savoir faire, la peur d’être jugé moins performant, la peur de perdre son emploi… Initier les collaborateurs au code, c’est leur montrer par l’exemple que les sites web ou les applications ne relèvent pas de la magie noire, mais d’un jeu d’instructions (les lignes de code) que l’on peut facilement dompter.

Programmer ou être programmé

En 2010, l’essayiste Douglas Rushkoff avait fait sensation avec son discours “Program, or be programmed” dont InternetActu avait fait une synthèse : “Quand je regarde le monde, l’économie, la religion, la politique ou les entreprises, j’ai le sentiment que nous tentons de faire fonctionner notre société sur des codes obsolètes, sur des logiciels (…) que nous avons hérité de systèmes dont nous n’avons plus aucun souvenir“. L’idée maitresse développée est que les logiciels que nous utilisons façonnent notre quotidien et formatent nos usages de l’outil informatique, mais également notre comportement en tant que consommateur ou citoyen. J’adhère tout à fait à cette vision des choses, d’autant plus avec les smartphones qui nous infantilisent : à une époque pas si lointaine, nous étions capables de comprendre comment fonctionne un ordinateur et d’en garder le contrôle (leur faire faire à peu près ce que l’on souhaite). Avec les smartphones, les choses ont changé, car nous sommes traités comme des pigeons qui sont juste bons à payer pour des applications à télécharger dans une app store qui nous est imposée. En d’autres termes : notre vigilance a été abaissée pour nous rendre plus dociles, plus facilement monétisables.

Sans vouloir rentrer dans des clichés (“chaque logiciel que l’on utilise est une liberté qui nous est enlevée“), les possesseurs d’un iPhone savent à quel point les CGU d’Apple sont contraignantes : iTunes n’est qu’un logiciel, pourtant il nous dicte la façon dont nous devons découvrir, acheter et consommer de la musique, des films… Loin de moi l’idée de faire l’apologie du piratage (je respecte la propriété intellectuelle), mais en tant que client, j’apprécie moyennement que l’on restreigne volontairement et de façon drastique les possibilités d’une machine à près de 1.000 €. C’est la principale raison qui m’a fait basculer sur Android, mais c’est un autre débat…

Là encore, l’idée n’est pas de former les utilisateurs pour qu’ils puissent coder leur propre OS mobile, mais de les inciter à retrouver un regard critique sur les outils numériques de leur quotidien : ce n’est pas parce qu’Apple a décidé que l’on devait utiliser Apple Maps sur un iPhone que l’on est obligé de se perdre ! Apprendre le code, ou du moins en maitriser les bases, c’est retrouver de la souveraineté numérique,  c’est-à-dire reprendre la main sur les outils qui font maintenant partie de notre quotidien. Cela veut aussi dire ne pas s’enfermer dans une logique d’utilisateur, surtout quand on nous explique qu’il va falloir débourser 1.000€ pour la dernière révolution “designed in California“, celle qui est “Bigger than bigger” (si vous voyez ce que je veux dire…).

Ceci n’est qu’une première étape vers une réflexion plus profonde sur les transformations sociétales qu’engendrent les NTIC. Douglas Rushkoff conclut ainsi son intervention : “Nous vivons un moment extraordinaire où il est possible de programmer l’argent, de programmer la société. Mais pour faire cela, nous devons comprendre à la fois les programmes que nous utilisons et les codes et symboles avec lesquels nous travaillons, et nous devons comprendre ensuite comment tout cela se lie. Si nous ne construisons pas une société qui sait au moins qu’il y a quelque chose qui s’appelle la programmation, nous finirons par ne pas être les programmeurs, mais les utilisateurs, ou pire, les utilisés“.

Les entreprises ont besoin de référents numériques, pas d’architectes Java

Comment tout ceci se traduit-il dans le monde de l’entreprise ? C’est très simple : en accompagnant l’ensemble des collaborateurs au quotidien et en les incitants à “penser numérique”, c’est à dire à développer des réflexes autour du numérique plutôt que de se raccrocher aux outils (analogiques) du passé. Pour se faire, il faut leur accorder un minimum de temps et d’attention, donc intégrer un certain nombre de “référents numériques”. Le rôle de ces référents numériques sera d’aider les collaborateurs à s’y retrouver dans ce nouvel environnement numérique : créer un compte, gérer un profil, changer un mot de passe, partager un fichier, déposer un commentaire…

Mon propos n’est pas de dévaloriser les architectes Java, mais d’insister sur le fait qu’il n’est pas nécessaire d’avoir fait cinq années d’études supérieures dans une grande école d’ingénieur pour endosser ce rôle. C’est là où les programmes de reconversion numérique trouvent leur intérêt : relancer sur le marché du travail les “décrocheurs” (cinquantenaires, ados en échec scolaire, jeunes des quartiers…) et stimuler l’activité économique dans des zones rurales (Création de nouvelles écoles numériques à la campagne – Appel à projets national).

Partant du constat que la demande est toujours très forte, mais que les circuits de formation traditionnels ne sont pas adaptés, ces initiatives sont une solution concrète pour former des référents numériques, sorte de moutons digitaux à cinq pattes, qui iraient peupler les rangs de “services généraux numériques”. Tout comme il y a des personnes pour vous aider à changer une ampoule ou à débloquer une imprimante, il devrait y avoir des personnes pour vous aider à retrouver votre mot de passe ou à créer une communauté interne en ligne. Non seulement cela faciliterait grandement la transition numérique des entreprises, mais cela permettrait également de donner une seconde jeunesse professionnelle à nombre de salariés ou demandeurs d’emploi qui se seraient laissé couler.

Comme vous l’aurez compris, je milite activement pour faire sauter les verrous psychologiques qui ralentissent la transformation digitale des entreprises. L’apprentissage du code est potentiellement un levier très efficace, même s’il faut un minimum d’investissement personnel et une volonté de fer. J’ai appris à coder tout seul il y a une quinzaine d’années et j’aurais bien aimé à l’époque pouvoir m’appuyer sur des initiatives comme Codecademy ou avoir accès à des formations à distance comme celle que Simplon va démarrer : Simplon.co lance sa formation en ligne ouverte à distance pour que tous ceux qui voudraient apprendre la programmation web et mobile. Heureusement pour vous, et pour tous les salariés en transition numérique, ces outils sont à disposition et ne demandent qu’à être enrichis.

Conclusion : la transition numérique est un phénomène de société auquel vous ne pourrez échapper. Plus tôt vous aurez adopté de bonnes dispositions psychologiques (émotionnelles ?), plus rapide sera votre réappropriation de l’internet et des services en ligne.

De l’Entreprise 2.0 à la transformation digitale

Il y a 15 ans, la célèbre marque Levi’s s’est lancée dans l’aventure du commerce en ligne. Malheureusement, ils ont rapidement été obligés de fermer leur boutique en ligne face à la pression des distributeurs qui y voyait une forme de concurrence déloyale. Le problème n’était pas économique, technique ou logistique, il était purement émotionnel : les distributeurs ont eu peur. Depuis, la situation a bien changé, car Levi’s est une marque très novatrice, ils ont notamment été les premiers à faire du social commerce en ajoutant des boutons Like sur les pages de leurs produits. La marque est maintenant parfaitement bien représentée sur les médias sociaux et les terminaux mobiles, malgré un lourd héritage à porter et des produits qui ne se renouvellent pas beaucoup (le jean). C’est un très bel exemple de transformation digitale à grande échelle, le genre d’exemple que l’on cite pour motiver les troupes. La question que vous devez vous poser est la suivante : pourquoi les troupes ont-elles besoin d’être motivées ? Tout simplement parce que la transformation digitale est un chantier nécessaire, mais douloureux dont on ne perçoit pas les bénéfices.

La transformation digitale est un sujet à la mode, tout le monde en parle comme si c’était la dernière marotte des directions générales. Mais ne vous y trompez pas, c’est un sujet de première importance qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère et qui représente un authentique cap pour les entreprises : celui du passage au XXIe siècle.

Il n’est pas trop tard pour changer de siècle

La transformation digitale est un sujet bien pratique, car on y met ce que l’on veut. Éditeurs de logiciels, cabinets de conseil, instituts de formation… tout le monde y va de son article pour décrire la nouvelle poule aux oeufs d’or. Pourtant ce n’est pas un sujet récent : ce n’est ni plus ni moins que la prise de conscience du basculement vers un quotidien où le numérique a pris le dessus sur l’analogique.

Nuage
Nous vivons dans un quotidien numérique

Rassurez-vous, je ne vous ferais pas l’apologie du consommateur numérique 2.0 qui passe ses journées sur sa phablette et collectionne les objets connectés. Le basculement que je mentionne est lié à une proportion toujours plus importante de supports, contenus, services, offres et habitudes qui sont liés au numérique dans notre vie courante, nos loisirs, notre travail… Cette prise de conscience n’est pas évidente, car nous parlons d’une transition lente qui s’est effectuée sur plusieurs années et qui nous a amené dans le quotidien numérique que nous connaissons : que vous le vouliez ou non, le web et les services en ligne sont omniprésents, il n’y a pas moyen d’y échapper, sauf en fournissant des efforts importants et venir rejoindre la secte des techno-réfractaires.

Si vous lisez mes blogs régulièrement, j’espère vous avoir convaincu qu’il n’y a plus de frontière entre les activités en ligne et hors ligne : les Français exploitent indifféremment des médias en et hors ligne, ils consomment en et hors ligne en fonction du contexte et se soucient peu de savoir dans quelle catégorie ethno-comportementale ils sont rangés. Tout comme l’informatique est petit à petit devenue omniprésente dans le monde professionnel, la santé, l’éducation… le numérique s’est petit à petit imposé dans les habitudes et réflexes des consommateurs. À partir de ce constat, est-il bien sage de continuer à faire tourner des entreprises avec une culture et des outils analogiques ? Vous pourriez me dire que le numérique ne touche pas tous les secteurs d’activité et que de nombreux métiers “analogiques” vont perdurer, et je vous répondrais que le numérique n’impacte pas forcément la fonction principale, mais les fonctions périphériques. Un coiffeur continuera à manier ses ciseaux, mais la visibilité de son salon, ses prises de RDV, son approvisionnement, sa comptabilité, la musique qu’il diffuse… tout repose maintenant sur le numérique. Ceci est vrai pour les TPE, et ça l’est encore plus pour les grandes entreprises. Sauf que la résistance au changement est forte et que de nombreux collaborateurs restent ancrés dans leur carcan culturel : “ce n’est pas à moi de changer, c’est le problème des autres“, “j’ai toujours bien fait mon boulot, il n’y a pas de raison pour que ça change“, “nous avons déjà un site web, une page Facebook et une application mobile“…

La somme de toutes les peurs

Le véritable défi de la transformation numérique est de faire comprendre que la transformation n’est pas externe, mais interne : elle concerne avant tout les processus et les mentalités. De ce point de vue là, ce chantier de transformation concentre toutes les peurs latentes liées au changement : “vais-je perdre mon emploi“, “va-t-on me remplacer“, “suis-je trop vieux“… pourtant on imagine mal une entreprise renouveler intégralement ses collaborateurs pour en trouver des plus jeunes, en quoi cela règlera-t-il le problème s’ils ne savent pas faire tourner la maison ?

La créature du lagon !
La créature du lagon en 2D (clin d’oeil que les membres de la génération Y ne peuvent pas comprendre)

Le facteur le plus important à prendre en compte est le côté émotionnel : rassurer les collaborateurs quant à leur avenir et surtout leur expliquer qu’ils vont être les principaux acteurs de cette transformation. L’idée n’est pas de procéder à une refonte complète du fonctionnement de l’entreprise, mais d’adapter les processus, habitudes et outils de travail aux nouveaux réflexes et besoins des consommateurs. Sous cet angle, nous parlons plus de transition numérique que de transformation digitale.

Le but de la manoeuvre va être d’étudier l’évolution des usages et des besoins des clients, notamment avec la montée en puissance du commerce en ligne, des médias sociaux ou de la mobilité, afin d’adapter en conséquence les missions, méthodes de travail et objectifs des différents services (communication, marketing, ventes, CRM, RH…). L’accompagnement des collaborateurs dans les phases d’audit et de formalisation est essentiel pour ne pas laisser s’installer la peur et la résistance au changement. La responsabilisation des collaborateurs est également très importante pour ne pas générer de tensions et susciter l’adhésion (“vous êtes les architectes de vos propres changements“).

Au final, initier un chantier de transformation digitale revient à prendre en compte tous les facteurs de transformation de ces dernières années (commerce en ligne, médias sociaux, mobilité, big data…) pour faire une grosse itération, plutôt que de procéder à des ajustements dès qu’une nouvelle tendance perturbe trop les ventes.

Dans cette démarche, il me semble judicieux de bien faire comprendre aux collaborateurs l’intérêt de cette transition numérique (créer de la valeur, explorer de nouvelles pistes de travail) et les risques du non-changement.

Un projet d’entreprise transverse

Bien évidemment, vous vous doutez qu’il n’est pas question de laisser les collaborateurs se débrouiller seuls. Il convient dans un premier temps de leur ré-expliquer les différents aspects du numérique afin de leur fournir un tableau d’ensemble. Cette phase d’acculturation est essentielle pour éviter que chacun se rejette la faute : “c’est à cause de la DSI qui bloque tout“, “c’est le problème du marketing, pas le mien“…

Le cabinet Altimeter a publié dernièrement une étude très intéressante sur le niveau de maturité des entreprises par rapport à la transition numérique : The 2014 State of Digital Transformation. Ce rapport met notamment en évidence l’importance perçue de différentes initiatives : améliorer les processus, refondre le site web, intégrer les médias sociaux et terminaux mobiles, mettre à jour les systèmes CRM…

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Hiérarchisation des besoins de transformation

Les résultats de cette étude sont plutôt rassurants dans la mesure où les items les plus importants sont placés en tête de liste, à l’exception de la mise à niveau du service client.  Comme précisé plus haut, la transformation digitale est un projet d’entreprise, qui concerne donc tous les services : intégrer des experts du web au sein de l’équipe marketing ne comblera pas des lacunes dans le service client. Encore une fois, pour que la transformation soit réellement perceptible de l’extérieure, elle doit être effective à l’intérieur. Comprenez par là qu’un dispositif numérique piloté par un prestataire, aussi innovant soit-il, ne favorisera pas la transformation digitale, au contraire : cela rendra les collaborateurs encore plus dépendants d’une expertise externe.

Nous parlons bien d’une transformation culturelle en profondeur, dans la continuité de ce qui a pu être initié à travers des initiative de collaboration 2.0. J’aime beaucoup l’idée émise par Bertrand Duperrin que la transformation digitale est une version plus ambitieuse du Social Business qui prend en compte tous les aspects du numérique, et pas que les médias sociaux. Par analogie avec le Mobile First, nous pourrions dire que la transformation digitale consiste à repenser l’entreprise (la marque, son offre, ses processus…) dans une optique Digital First.

En vous documentant sur le sujet, vous remarquerez qu’il y a un sujet récurrent : la nécessité de changer la culture de l’entreprise. Les grandes entreprises du XXe siècle se sont ainsi formées sur des fondamentaux qui montrent leurs limites aujourd’hui (productivité individuelle, pyramide décisionnelle, verrouillage du marché par des brevets, sur-spécialisation des profils). Avec des acteurs fortement disruptifs comme Uber, Square ou Salesforce, il convient d’adopter des pratiques et crédo plus agiles (que vous avez le loisir de découvrir dans des ouvrages comme Wirearchy ou The Lean Startup).

Les enjeux de la transformation digitale

Vous vous doutez que pour assurer cette fameuse transition numérique il ne suffit pas de lire des bouquins, quoique je vous recommande humblement les deux miens ;-) Le livret blanc cité plus haut nous apporte des données précieuses sur les principaux challenges rencontrés :

Hiérarchie des challenges de la transformation digitale
Hiérarchie des challenges de la transformation digitale

La culture interne se retrouve naturellement en tête de liste, mais l’on trouve des choses très intéressantes comme la nécessité d’aller au-delà des aspects tactiques (lancer une nouvelle campagne) pour réfléchir / agir à un niveau stratégique, comprendre l’évolution du comportement des clients, s’assurer du soutien de la direction…

Au-delà des différents challenges identifiés dans ce livret blanc, je pourrais vous en citer trois autres :

  • Embarquer tous les services dans une dynamique de transformation, pour éviter que certaines fonctions se déresponsabilise au profit d’autres (le marketing est ainsi souvent attendu comme moteur de la transformation, alors qu’elle concerne tous les métiers).
  • Éviter de centrer le débat sur les nouvelles technologies. “Se mettre au numérique” ne veut pas forcément dire “Passer au zéro papier”, c’est avant tout une démarche visant à faire évoluer le modèle économique, les méthodes de travail et les mentalités, pas à mettre à jour des logiciels.
  • Ne pas tomber dans les clichés. On nous explique bien trop souvent qu’il faut “penser comme un entrepreneur du web” et “adopter la start-up attitude”, mais je n’ai jamais trop compris ce que cela voulait dire. De même, je ne vois pas trop l’intérêt d’envoyer les équipes internes en stage pour leur apprendre à coder en Ruby ou à hacker des drones. Ces clichés sur la culture de l’innovation ou le growth hacking font à mon avis plus de tort qu’autre chose.

Je pense ne pas me tromper en disant que le meilleur moyen de faire comprendre aux collaborateurs l’intérêt d’une transformation digitale est de partir des usages de leur entourage direct : inutile de faire des voyages d’étude dans la Silicon Valley, alors qu’il suffit de regarder autour de soit pour constater l’importance qu’à prit le numérique dans notre quotidien, notamment avec les médias sociaux et les smartphones (cf. Nous vivons maintenant dans un monde mobile).

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Je n’ai pas la prétention de couvrir le vaste sujet de la transformation digitale en un seul article. En revanche, j’espère que ces quelques paragraphes vous auront éclairés sur le fond du problème et les véritables enjeux de cette transition numérique. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler…

Récapitulatif des annonces de l’été 2014

Nous sommes lundi, il pleut, c’est donc forcément la rentrée ! Quoi que, j’ai l’impression qu’il a plu tout l’été…. Enfin bref, ne commençons pas à nous égarer : le mois de septembre approche, il est donc temps de faire le point sur tout ce qui s’est passé dans le monde numérique durant le mois d’août. Pas de grosses annonces fracassantes, mais de nombreux signaux qui indiquent que l’activité est toujours aussi forte.

Mondialisation du commerce en ligne

Cet été a été marqué par l’entrée en bourse de Rocket Internet : IPO-Bound E-Commerce Giant Rocket Internet Consolidates, Holtzbrink Takes 2.5% Stake. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c’est une société allemande passée maître dans l’art de copier les boutiques en ligne des autres sur d’autres continents : 15 US Companies That German ‘Clone Factory’ Rocket Internet Copied. Ceci étant dit, force est de constater que leur petit business fonctionne très bien : Ahead of Rocket Internet IPO, here are the numbers on its Southeast Asian ecommerce storesHow Rocket Internet’s Dafiti is helping to shape the future of e-commerce in Latin America.

Le commerce en linge en Inde décolleWith $1B funding, Flipkart fires salvo at Amazon: We’re going to be the Alibaba of India. Du coup, Amazon monte au créneau : Why Amazon Is Pouring $2 Billion into India, in Three Charts.

Puisque l’on parle du loup, Amazon se lance sur le créneau de l’encaissement : Amazon’s credit card reader is Here, and it’s dramatically cheaper than Square. Et pendant ce temps-là, Paypal fait du paiement mobile en un clic : PayPal announces “One-Touch Mobile Payments”.

Toujours autant de frénésie autour des applications mobiles

Rien ne semble arrêter l’inexorable montée en puissance des applications mobiles : Snapchat and WhatsApp are taking over photo sharing. Du coup, c’est à celui qui annoncera le plus d’utilisateurs : WhatsApp reaches 600 million active usersWeChat reaches 438 million monthly active users as growth slowsSnapchat Is Now The #3 Social App Among MillennialsRakuten: Viber has 608 million registered accounts, is the future of our company. Toute cette agitation autour des applications mobiles engendre une réflexion plus profonde sur l’impact des smarpthones sur notre vie quotidienne (I Moved To San Francisco, And Now I Have Apps Doing Everything For Me) et en inquiètent plus d’un (China reportedly blocked chat apps Line and Kakao Talk over terrorism concerns). Ceci étant dit, l’engouement pour les applications mobiles semble être concentré sur les applications de communication : Most smartphone users download zero apps per month et Are We Approaching Peak App Overload?.

Et pendant ce temps-là, l’inexplicable succès de l’application Yo ne faiblit pas : App Raises $1M In Funding For Simply Sending The Message ‘Yo’ Back And Forth, How Yo became one of the most viral apps of all time. ils pensent d’ailleurs à se diversifier : Yo App Updates With a ‘Whole New World of Possibilities et Yo goes beyond ‘yo’ and adds hashtags, links.

Omniprésence de Facebook sur les médias sociaux

Nous avons maintenant la preuve (empirique) que Facebook est de moins en moins un réseau social et de plus en plus un portail :  I Liked Everything I Saw on Facebook for Two Days. Here’s What It Did to Me. Soit, de toute façon il semblerait que les réseaux sociaux soit un concept dépassé : Secret Users Have Started Hosting Secret Dinner Parties, and They Are Brutal (précisons que pour utiliser Secret il faut un compte Facebook).

Sinon Instagram, qui est la propriété de Facebook, vient enfin de fournir des outils pour les annonceurs : Instagram announces three new business tools for brands: Account insights, Ad insights, and Ad staging.

Attendez-vous à d’autres annonces de la part de Facebook dans les prochaines semaines.

La publicité native en question

Gros buzz également cet été autour de la valorisation record de BuzzFeed, le portail de news qui s’est fait une spécialité des listes et GIF animés  : BuzzFeed reportedly worth $850M after $50M investment from Andreessen Horowitz, BuzzFeed valued at more than three times the Washington Post. Le succès de ce portail, et des techniques rédactionnelles très douteuses qu’il a su mettre en oeuvre, engendre des questionnements sur l’évolution des portails de news : Content Distributed.

Au-delà des titres racoleurs et du contenu très pauvre, c’est le modèle économique de BuzzFeed (reposant sur la publicité native) qui agace et divise la profession : Native advertising remains an awkward but very necessary mess et Native-Ad Experts Critique John Oliver’s Harsh Critique of Native Advertising.

Divers

Nous avons retrouvé l’inventeur des pop-up publicitaires, il s’excuse et nous apprend que tout partait d’une bonne intention : Apologies From The Creator Of The Pop-Up Ad.

Au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte, les robots sont partout : Meet The Robot That Made Me Want More Robots, Honda’s new, smarter ASIMO brings robots closer to the mainstream, Robotics Pioneer Launches the First Personal Robot You Might Actually Buy, This drone can find lost or stranded people by picking up their mobile phone signals, South Korean Shipyard Workers Wear Robo-Suits For Super-Strength et Starwood Introduces Robotic Butlers At Aloft Hotel In Cupertino.

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Voilà, c’est ce que j’ai retenu des événements numériques de ce mois d’août. Sinon la rentrée devrait être très très chaude avec de multiples annonces des constructeurs de terminaux mobiles et notamment la sortie imminente de l’iPhone 6 et de l’iWatch. Au boulot !

11 ans de blog et de nouveaux horizons

Comme tous les ans, je vous propose un point sur mon activité pour l’anniversaire de ce blog. Là j’ai un peu de retard pour mon billet anniversaire, mais c’est parce que je voulais le faire coïncider avec la nouvelle charte graphique, pour laquelle il y a eu deux-trois  semaines de décalage.

Une nouvelle charte graphique unifiée

Comme vous pouvez le constater, il y a donc une nouvelle charte graphique “mobile first“. L’objectif est d’adopter une mise en page et des traitements graphiques beaucoup plus sobres pour privilégier les terminaux mobiles et plus particulièrement les smartphones. Certes, les terminaux mobiles ne représentent pour le moment que 10 à 15 % des visites, mais j’anticipe un basculement progressif des habitudes. En ce sens, je suis la tendance initiée par d’autres et j’adopte pour mes blogs une mise en page allégée et surtout modulaire : trois colonnes pour les ordinateurs, deux colonnes pour les tablettes et une seule colonne pour les smartphones.

Une colonne c’est un peu court, mais les derniers articles, liens et fonctionnalités sont accessibles à partir du titre et du picto en haut à droite. Amusez-vous à redimensionner la fenêtre de votre navigateur pour voir la différence. Je précise que ce principe de mise en page modulaire est en production depuis près de trois ans sur mon blog SimpleWeb.fr (Nouveau thème graphique en HTML5 et responsive design).

Un grand bravo à ceux qui ont travaillé sur cette refonte : Francis de Fran6art pour la maquette graphique et Alex et Olivier de Mahi-Mahi pour l’intégration. Tout n’est pas encore parfaitement calé, il me reste encore à ajuster les marges, mais le résultat est tout à fait satisfaisant, notamment en terme de confort de lecture.

L’idée également derrière cette refonte était d’unifier graphiquement mes blogs. Cette envie vient d’un constat assez simple : je dois impérativement arrêter de me disperser, car je ne suis pas un éditeur. Ceci est d’ailleurs directement lié à mes aspirations professionnelles.

Deux livres et de nouveaux challenges professionnels à trouver

Les dernières années ont été riches en expériences, j’ai notamment collaboré l’année dernière avec l’agence Ogilvy. Une expérience très enrichissante, mais qui n’a pas été prolongée, car le choc des cultures était sans doute trop important. L’arrêt de ma collaboration avec Ogilvy m’a permis de libérer du temps pour concrétiser un projet d’écriture qui me travaillait depuis de nombreuses années. J’ai maintenant complété la rédaction et publié deux livres dont je suis très fier. J’ai beaucoup de mal à décrire l’apaisement que la publication de ces bouquins me procure, certains appellent ça le “feu de l’écriture”, une envie qui vous ronge et vous obsède. Le feu est maintenant éteint (c’est une métaphore) et je me prépare à aborder la suite sereinement.

Je poursuis mon travail quotidien de consultant / formateur / conférencier, toujours en indépendant, mais je me pose des questions sur l’avenir de mes blogs. Voilà plus de 11 ans que je rédige, sur 8 blogs différents, et je pense avoir atteint les limites de cet exercice. Les sujets que je traite et l’écriture me passionnent toujours autant, mais je dois bien me rendre à l’évidence que je ne suis pas de taille à lutter contre ceux qui en font une activité à temps plein. J’en suis arrivé à la conclusion que je devrais soit arrêter, soit m’y consacrer pleinement, mais je ne peux plus continuer à publier mes 8 blogs en parallèle de mes autres missions.

J’ai conscience de publier un article extrêmement égocentrique, mais à la base c’est à ça que servent les blogs. D’autant plus que je n’ai toujours pas trouvé les réponses à mes interrogations. Dans l’immédiat je vais réduire mon rythme de publication et adopter une approche de “slow blogging” pour me concentrer sur les sujets les plus porteurs (en ce moment, c’est le sujet de la mobilité qui m’inspire le plus).

Pour clarifier les choses : non, je ne suis pas à la recherche de co-rédacteurs, mais plutôt de nouveaux challenges professionnels. J’étudie en ce moment différentes possibilités, mais je reste bien évidemment disponible pour des missions de conseil ou pour intervenir dans des conférences ou séminaires internes.

Dans l’immédiat je suis un train de finaliser un projet de refonte de portail d’information et je vais m’atteler à la publication d’une nouvelle édition de mon premier livre (Social Business, publié en février de cette année), normalement pour le quatrième trimestre.

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Voilà où j’en suis dans mes projets et réflexions, merci encore pour votre fidélité et à très bientôt.

Mon livre sur l’internet mobile est (presque) disponible à la vente

Cinq mois après la sortie de mon premier livre, c’est avec la plus grande joie que je vous annonce la disponibilité de mon deuxième livre : Internet mobile, la révolution des terminaux alternatifs. Cela faisait longtemps que je voulais écrire un livre sur le sujet, mais le marché était encore instable. J’ai néanmoins pu constater une avancée notable dans les technologies et pratiques ces derniers mois, j’ai donc décidé de me lancer et d’enchaîner la rédaction d’un second livre deux mois après le précédent. Précision importante : je ne suis pas tout à fait novice sur ce domaine, car j’ai eu de nombreuses occasions de vous en parler au fil des années (Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilitéArrivée à maturité des smartphones grand publicLes smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?Il n’y aura pas de révolution mobile, car elle a déjà eu lieu…), et que je rédige accessoirement un blog sur le sujet (TerminauxAlternatifs.fr). Pour la petite histoire, j’avais même rédigé un livret blanc sur l’internet mobile au siècle dernier (en septembre 2000 pour être précis) ! Celles ou ceux qui ont eu la chance de le lire doivent se souvenir d’un discours très… optimiste (c’était il y a presque 15 ans).

Bref, tout ça pour dire que mon livre est maintenant disponible à la vente, et que je galère toujours autant dans ce fichu monde l’édition…

Le mobile est l’avenir du web, et inversement

Si les médias sociaux ont irrémédiablement transformé nos habitudes de consommation de l’information, d’achat ou de sociabilisation, les terminaux mobiles vont définitivement vous faire tourner la page de l’internet de bureau, celui que l’on consulte à partir d’un ordinateur. J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer que nous vivons maintenant dans un monde mobile : les smartphones sont omniprésents, et ils ont à nouveau bouleversé nos habitudes, nos réflexes et nos attentes.

La grande nouveauté, est qu’auparavant, pour aller sur le web, il fallait s’installer à son bureau, démarrer son ordinateur, lancer un navigateur et saisir une URL. Maintenant, nos smartphones sont allumés en permanence et nous sollicitent de façon pro-active grâce aux notifications. La plage d’exposition aux contenus et services en ligne est donc bien plus grande : du lever au coucher. Du moment où nous sortons de notre lit, jusqu’à ce que nous y retournons, nous sommes dans un environnement entièrement numérique : communication, information, divertissement, achats, éducation, travail… et les smartphones sont les télécommandes de ce quotidien 100% numérique. Le pire dans cette histoire, c’est que les smartphones ne sont que la première étape : tablettes, Smart TV et autres objets connectés  vont petit à petit se généraliser dans les foyers.

Avec ce livre, j’ai voulu aborder la mobilité dans son ensemble et présenter une vision exhaustive du sujet : les usages, les terminaux, les technologies, les grands acteurs, les secteurs d’activité les plus impactés… Je me suis efforcé de me mettre dans la peau d’une personne qui ait envie ou qui doit se mettre à jour rapidement sur le sujet. L’objectif du livre n’est pas de faire des lecteurs des développeurs d’applications mobiles, mais de leur donner toutes les clés de compréhension pour faire les bons choix.

Des beaux livres neufs qui sortent de l'imprimeur
Des beaux livres neufs qui sortent de l’imprimeur

Je ne vous fais pas l’article du livre, car vous trouverez toutes les informations nécessaires sur la page qui lui ai consacré : Internet mobile, la révolution des terminaux alternatifs. Je préfère plutôt vous parler du long chemin de croix pour aboutir à sa commercialisation.

Les affres de l’auto-publication

Comme pour mon précédent ouvrage, j’ai décidé de ne pas passer par un éditeur. D’une part, car je voulais avoir l’entière maîtrise du manuscrit ainsi que de sa mise sur le marché ; d’autre part, car j’estime que la rémunération proposée par les éditeurs est grotesque (7% du prix de vente dans le meilleur des cas). J’ai donc persisté dans ma décision de me la jouer solo, et je rencontre toujours autant de difficultés.

Autant j’ai eu beaucoup moins de mal à m’organiser dans la rédaction et à faire une mise en page un peu plus soignée, autant la commercialisation sur Amazon est toujours aussi problématique. Pour mon premier livre, je me suis précipité la tête baissée sur l’offre réservée aux vendeurs, la Marketplace. Particulièrement intéressante pour les “petits” distributeurs ou les commerçants qui souhaitent vendre en ligne, cette offre n’est pas forcément adaptée à celles et ceux qui veulent faire uniquement de la vente en ligne, notamment car la fiche produit n’est pas la même que pour la majorité des biens vendus sur Amazon. Même si les livres sont stockés dans les entrepôts d’Amazon et qu’ils se chargent intégralement de la logistique, je n’ai pas droit au bouton “Ajouter au panier“, je dois me contenter d’un “Voir toutes les offres“, alors que je suis le seul vendeur. Il existe visiblement une procédure pour demander à ce que les équipes d’Amazon étudient la situation et daigne éventuellement mettre le bon bouton, mais elle est payante, pas fous les gars !

Du coup, pour mon second livre j’ai essayé de faire les choses correctement et de m’inscrire au programme Advantage pour être fournisseur. Le problème de cette offre est que le processus de création d’une offre est beaucoup plus long (3 semaines) et qu’Amazon décide du risque qu’il souhaite prendre sur le produit. En tant que vendeur, vous avez à votre charge les frais de stockage, donc vous pouvez décider de stocker 100, 500 ou 10.000 livres (en espérant qu’ils vont se vendre rapidement), mais en tant que fournisseur, vous devez attendre qu’Amazon vous passe commande. Du coup, le premier bon de commande est de 3 unités, 3 LIVRES !!!!!!!!!! Si ça se passe bien, ils vous en recommandent 5 dans les semaines qui suivent. Autant dire que votre livre est systématiquement en rupture de stock. Pour pallier à ce problème, je propose mon livre dans les deux programmes : fournisseur et vendeur. Amazon commercialise donc le bouquin sous ses conditions (avec une remise exceptionnelle, mais à seulement 3 exemplaires), et dans la place de marché (au tarif normal de 25 €, mais avec des quantités suffisantes).

Je vous passe les détails sur le fait que les fournisseurs et vendeurs doivent envoyer leur marchandise dans deux entrepôts différents, avec des plages horaires de livraison extrêmement précises (si le livreur a un peu de retard, ils ne le laissent pas rentrer et vous récupérer votre marchandise). Non seulement les procédures sont complexes, mais les interfaces de gestion sont très perfectibles et l’aide en ligne n’est pas d’une grande utilité (ils n’utilisent pas les mêmes termes). Enfin bref, rien n’est simple et je perds beaucoup de temps dans des broutilles administrativo-logistiques. J’en viens à me demander s’il ne serait pas plus simple pour moi de stocker tous mes livres chez Amazon et de livrer l’entrepôt des fournisseurs à partir de l’entrepôt des vendeurs. Ça fait beaucoup de frais logistiques, mais au moins je ne me retrouve pas avec des cartons de livres chez moi dont je ne sais pas trop quoi faire…

Je précise qu’après avoir lu 2 ou 3 témoignages, j’ai abandonné tout espoir de vendre mes livres en librairies, car visiblement c’est encore plus compliqué et chronophage. Mais si vous avez des bons plans ou des conseils, je suis preneur…

Édition électronique : bienvenu au moyen âge

Vous avez été nombreux et nombreuses à me demander une version électronique de mon premier livre. Comme le second parle des terminaux alternatifs et plus précisément des liseuses, je ne pouvais pas faire l’impasse. Mais j’étais loin de me douter de ce que ça impliquait…

Pour vous la faire simple : il faut 30 secondes pour créer un fichier EPUB, et deux mois pour avoir le droit de le vendre ! Le problème vient du fait que les entités d’Amazon et d’Apple qui se chargent de la vente de biens électroniques sont domiciliées aux États-Unis et que l’administration américaine se sert à la source pour éviter l’évasion fiscale. Du coup, si vous voulez éviter de verser de la TVA en double (aux États-Unis et en France), il vous faut un N° fiscal US (l’EIN ou Employer Identification Number). Et pour cela remplir un formulaire à la main et l’envoyer par fax, PAR FAX !!!!!!!! Ça fait 3 semaines que j’ai envoyé mon formulaire et je n’ai toujours pas reçu de réponse, c’est complètement anachronique…

Là encore, si vous avez des conseils à me donner, je suis preneur, car j’enchaîne les erreurs de débutant (ex : remplir le formulaire PDF à l’écran pour que ce soit plus lisible, l’imprime et le faxer. Ils m’ont répondu que je devais le remplir à la main avec des lettres majuscules).

Un webinar le 10 juillet sur l’internet mobile

J’arrête là ma longue complainte, car après tout, c’est moi qui ai fait le choix de me la jouer “loup solitaire”.

Si le sujet de l’internet mobile vous intéresse, vous avez toutes les raisons de vous sentir concerné, j’organise une conférence en ligne ce jeudi 10 juillet à 13h sur la plateforme de Webikeo : Internet mobile, Usages, technologies et enjeux de la mobilité. L’inscription est gratuite, mais obligatoire, sinon vous ne pourrez pas vous connecter à la salle. Cette conférence ne durera que 45 minutes, mais elle vous donnera un bon aperçu du sujet et de l’orientation que j’ai donné à mon livre. Pensez à vous préparer un sandwich !

Les articles publiés sur mes autres blogs en juin 2014

Comme à chaque début de mois, je vous propose une liste des articles publiés sur mes autres blogs.

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets connectés sur TerminauxAlternatifs.fr :

Les articles publiés sur mes autres blogs :

La suite le mois prochain.

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