Voilà plusieurs mois que je n’ai pas publié ma série de sites coup de coeur, tout simplement parce que je n’ai pas eu de coups de coeur. Heureusement ma liste se remplit à nouveau, je vous propose donc une toute nouvelle série de trois sites.
Commençons avec Mobile Gear, une boutique en ligne de produits et fournitures de bureau :
La page d’accueil de Mobile Gear
D’habitude, les boutiques de ce type sont extrêmement rébarbatives et ne sont là que pour enregistrer plus rapidement des commandes de produits de nécessité. J’ai donc été très agréablement surpris par cette boutique qui propose un choix restreint (uniquement les meilleurs produits) et surtout des pages de catégorie où les produits sont disposés de façon symétrique et photographié de haut. Le rendu visuel de ces photos est tout simplement génial. Vous noterez de plus que les grands à plat de couleur gris, les formes carrées et les boutons plats s’inscrivent tout à fait dans la mouvance du “flat design” (comme le nouvel iOS 7). Certes, les pages intérieur sont moins spectaculaires, mais je tenais à saluer l’effort réalisé avec ce travail photographique.
Continuons avec Juliana, un fabriquant de VTT pour femmes :
La page d’accueil du site de Juliana
Nous sommes là dans une approche radicalement différente avec l’utilisation de superbes photos en plein écran et d’un système de navigation minimaliste. L’esprit du site est conservé jusque dans les pages intérieures et notamment les fiches produit qui sont une merveille d’épuration avec des photos tout autant généreuses. C’est sûr que ça donne carrément envie, même si je ne suis pas dans la cible !
Terminons avec SiteLeaf, une plateforme de gestion de contenu ultra-simple :
La page d’accueil de SiteLeaf
Ce qui est frappant avec ce site est qu’il est aussi simple que l’outil semble l’être. Et pour cause : ils se sont arrangés pour appliquer les mêmes codes graphiques et ergonomiques que sur la plateforme de gestion de contenu en elle-même. Nous obtenons donc énormément d’espace blanc, des grands à plat de couleur façon flat design (maintenant vous connaissez, non ?) et des textes minimalistes. L’impression de clarté et saisissante et on a immédiatement envie d’en savoir plus sur cette plateforme tant elle a l’air simple d’utilisation. Sur ce créneau ils font la compétition avec Squarespace qui vient de lancer une nouvelle version de site. Je ne sais pas à quoi va ressembler la future nouvelle version de WordPress, qui est censée être grandement simplifiée, mais je me doute qu’il va y avoir des ressemblances…
Voici un extrait d’un article publié en 2005 par le Time Magazine (On the Frontier of Search) : “Vous atterrissez tard dans la soirée dans une ville où vous ne connaissez personne. Vous n’avez pas eu le temps de réserver un hôtel, votre bagage ne s’est pas présenté dans le carrousel et l’air conditionné de l’avion vous a donné un petit mal de gorge. Que faire ? Avec votre téléphone mobile, vous Googlez votre valise – elle est équipée d’une petite puce qui vous permet de la localiser – pour constater qu’elle a été déposée 200 mètres plus loin, au terminal suivant. En allant la chercher, vous en profitez pour chercher une chambre d’hôtel. L’écran de votre téléphone vous montre des images de plusieurs hôtels dans votre gamme de prix, avec des vues depuis la fenêtre de votre chambre. Votre moteur de recherche vous donne la liste des pharmacies qui sont encore ouvertes à cette heure et vous annonce que votre groupe de blues favori jouera au festival de la ville durant le week-end. Le moteur, qui peut chercher sur votre ordinateur resté à domicile, vous rappelle qu’un ami de collège vous a envoyé un mail il y a un an pour vous dire que lui et sa femme avaient déménagé dans cette ville (ce que vous aviez oublié). Vous décidez de les inviter au festival.” (traduction extraite d’Internet Actu : L’avenir de la recherche).
À l’époque, cet article m’avait paru complètement surréaliste, et les différents commentaires tournaient essentiellement autour de la confidentialité et de l’utilisation abusive des données personnelles. Huit ans plus tard, la situation a bien changé, car Facebook a réussi à nous faire admettre que la confidentialité est un truc de ringard (“We live in an open world“) et car Google a déjà livré la plupart des services décrits dans cet article (Google Now, le nouveau Google Maps, Google+…). En prenant un minimum de recul, on se rend compte que le pas franchit par Google en moins de dix ans est gigantesque, et qu’au cours des dix prochaines années ils vont nous livrer des services encore plus incroyables sur la base du Knowledge Graph ou des Glass (cf. Quels usages pour les lunettes Google Glass).
Google Now sur votre smartphone
Si le Siri d’Apple avait fait beaucoup (trop ?) de bruit à sa sortie, je pense que nous ne mesurons pas bien le potentiel derrière Google Now. Le plus impressionnant avec cet assistant est sa capacité à anticiper vos besoins. Par exemple, il regarde dans votre agenda l’heure et le lieu de votre prochain RDV, calcul le temps de trajet en fonction des données en temps réel de la circulation ou de l’état des transports en commun, vous signale quand il est temps de partir et vous propose de notifier vos interlocuteurs par SMS de votre retard éventuel. Tout ceci est rendu possible grâce à la stratégie de diversification de Google dont les services concernent maintenant quasiment l’ensemble de nos activités quotidiennes :
Tous ces services étant bien évidemment liés par le biais d’Android et/ou Chrome. Le dernier domaine sur lequel Google n’a que peut d’emprise est la télévision, mais les choses pourraient changer avec les micro-consoles. Donc oui, effectivement, Google sait énormément de choses sur vous et votre quotidien : toutes vos données personnelles sont stockées, analysées, recoupées… dans le but de vous proposer des services à valeur ajoutée comme Google Now ou les très impressionnants Gmail Action Buttons : Take action right from the inbox.
Initiez des actions directement depuis vos emails
Loin de moi l’idée de relancer le débat sur la confidentialité et les dérives potentielles de l’exploitation des données personnelles. Je pense ne pas me tromper en disant que notre économie et la société dans laquelle nous vivons reposent sur des systèmes d’information qui exploitent les données personnelles à très grande échelle, et ce depuis des décennies. Mais si vous ne voulez pas être fiché, débarrassez-vous de votre téléphone, de votre carte de crédit, de votre carte de transport, votre passeport… et adoptez le mode de vie d’après-guerre (la seconde guerre mondiale, pas la guerre du Golf).
Bref, le débat ne porte pas sur la confidentialité, mais plutôt sur notre dépendance à l’internet et à Google en particulier puisqu’il occupe une place centrale sur la toile. Signalons que les premiers écrits sur ce sujet remontent à 2008 (Is Google Making Us Stupid?) et que l’on nous ressort la question régulièrement (Does the Internet Make You Dumber? / Does the Internet Make You Smarter?) et à toutes les sauces (Les objets intelligents nous rendent-ils bêtes ?). Je ne me risquerais pas à vous livrer une analyse sur ce thème, simplement je pense que nous sommes autant dépendant de notre smartphone, que d’une calculatrice : nous pourrions nous débrouiller sans, mais c’est quand même nettement plus pratique avec. Ceci étant dit, je constate qu’il y a vingt ans je connaissais le N° de téléphone de mes amis par coeur, alors que je n’en connais plus aucun maintenant. Suis-je devenu plus stupide entre-temps ? Non pas pas réellement, car l’intelligence ne se mesure pas à la capacité de mémorisation ou à la rapidité de calcul (les ordinateurs seront toujours bien plus performants que nous dans ce domaine).
Donc non, notre dépendance à Google (ou par extension à l’internet) n’est pas forcément à craindre. D’une part, car nous sommes également dépendants au quotidien d’une infinité de choses que nous sommes incapables de produire nous-mêmes (pétrole, plastique, Nutella…). D’autre part, car l’intelligence de l’homme, celle qui en a fait l’espèce dominante de la planète, est plus liée à sa sensibilité (ses émotions), ses intuitions (déductions empiriques), sa capacité de discernement (sa conscience), sa créativité… Oui j’ai entendu parler de ce projet de drone qui peut prendre la décision de tirer tout seul sur ses cibles, mais ça relève plus de la science-fiction que de la réalité opérationnelle (je vous rappelle qu’un de nos soldats s’est fait récemment sanctionner pour avoir porté un foulard “non réglementaire”).
Oui j’ai volontairement confié une masse considérable de données personnelles à Google, dont les équipes les exploitent à des fins statistiques et comportementales. En contrepartie, ils me fournissent des services gratuits qui facilitent grandement mon quotidien. Cet arrangement tacite fonctionne plutôt bien et je n’ai pas l’intention de le dénoncer, car les bénéfices sont supérieurs aux désagréments. De plus, j’estime que les services et innovations que me propose Google (et par extension d’autres acteurs de l’internet) s’inscrivent dans une dynamique d’évolution sociétale : la société évolue et j’évolue avec elle grâce (en partie) aux nouvelles technologies. Ma vie serait-elle meilleure sans Google, Twitter, Amazon, mon smartphone, ma tablette… ? Difficile de répondre objectivement à cette question. Par contre, je serais très nettement en décalage avec mon entourage. J’imagine que Google n’occupe qu’une place très mineure dans le quotidien de moines tibétains, mais dans mon quotidien, c’est un incontournable.
Il y a un message caché dans cette illustration…
Pour conclure, je vais répondre à la question posée dans le titre : oui, je pense que Google ambitionne de devenir notre système d’exploitation personnel, au même titre que Microsoft a dû l’ambitionner à sa grande époque ou qu’Alibaba ou Rakuten ambitionnent de le devenir sur leur marché. Tout est une question d’ambition, de moyens et de temps. Ils finiront par y arriver, j’en ai la certitude. Après ça, la grande question est de savoir qui fixe le rythme d’innovation / d’adoption : les entreprises privées ? Les institutions ? Les gouvernements ? Début de réponse chez Erwann Gaucher : Ces fétichistes du papier qui sont au pouvoir.
Every year for the last 5 years, I publish a social media landscape (see past editions from 2008, 2009, 2011 and 2012). I assume I won’t teach you anything by saying social media are now part of every day life of individuals, brands, organizations and media (journalists, celebrities, politicians…). Once considered with disdain, social platform like Wikipedia or Twitter have completely changed or way to consume and interact with information. Services like YouTube or Facebook also transformed the way we entertain ourselves. If you regularly read about social media, you should know how serious social media have changed the web. To make a long story short: the web is social media, and social media is the web.
This being said, this shortcut does not translate the countless evolution of these platforms and the usage they generate. If the big players are still the same, social media are an expression and interaction playground in constant evolution. If 2012 was the concentration year marked by the buy-out of Posterous and Instagram, 2013 will be the year of diversification with the emergence of new comers, especially on mobile devices. But first things first, we shall begin with an analysis of trends.
What are 2013 trends?
As I have just stated it, social media is an ever-changing complex ecosystem: new services are created, other disappear, most evolve. The following diagram, from last year’s landscape, illustrate this evolution:
Social media landscape from 2008 to 2012
Last year’s losers where the followings:
Large social platforms like Posterous and Netlog, the first one was purchased and closed by Twitter, the second one did not achieve its pivot and is now nearly abandoned
Social location mobile applications like Foursquare, which is slowly declining
Social commerce solutions providers, which didn’t delivered what they promised
The 2013 edition of my landscape is therefore reduced from categories like “Playing“, “Buying” and “Localization“. Some players have been removed, but others have been kept as they try to reinvent themselves, like MySpace or Digg.
Even if Asian internet users are outnumbering occidental one’s, mobile devices supremacy is the key success factors. I am deeply convinced that social media and mobility are two faces of the same coin: one’s success is benefic to the other. As it is a non-sense to envision social media appart from the web, mobility is one of its key component (There is no Mobile Internet).
Otherwise, you will notice that there is still three major absents (Amazon, Microsoft and Apple), which only observe from long distance and try some shy initiatives (So.cl from Microsoft, Ping from Apple). Therefore, we still have the same top three:
Facebook, which dominant position begins to be problematic: since everybody is on Facebook, it is harder and harder to grab users’ attention. If Mark Z. and his fellows managed to launch some interesting innovations (graph search, new news feed, Home), the new advertising offering and the inability to appeal to younger audience raises many questions (Has Facebook Lost Faith in Social Ads?, Teens Are Bored With Facebook)
Twitter is working hard to be considered as a media with all the second screen initiatives, new cards system, the Vine mobile app and the upcoming Music service which begins to surface.
Enough with trends, lets now discover the new landscape.
Social Media Landscape 2013
The latest version of the landscape has been simplified with four categories (Sharing, Discussing, Networking, Publishing) and enriched with foreign players (mainly from Asia).
The 2013 social media landscape
Facebook, Twitter and Google are at the center of the social media ecosystem, but many contenders can be found in each category:
As you can notice it, there has been a lot of change in the Discussing area, especially with mobile-first new comers.
What Brands Need To Know
The aim of this diagram is not to simply list social platforms, but to provide you with the keys to understanding. Several main facts are important to notice for brands:
Social media’s force comes from its diversity. Facebook act as a catalyst for this complex ecosystem, but it should have never been this successful without other platforms’ content and conversations. Therefore, social media have to be addressed globally, and not only Facebook which tends to mute “small” brands (smaller than Red Bull or Nike, i.e. 99% of brands).
Teen’s attention is very hard to capture and to retain. If opening a Facebook profile is the first thing they do when entering high school, teens are quickly moving to mobile apps which does not leave trails of their interactions and where they can hang out together (without their parents or teachers).
Facebook shareholders’ appetite for profits is limitless and they are slowly forcing Mark Z. to raise revenue without thinking of the consequences (Facebook Seeks 7-Figure Price Tag for Summer Debut of Video Ads). Being depend to Facebook for your social presence is a real problem, as the bill will undoubtedly increase. The sooner you will achieve a diversified presence on social media, the better.
If the social media landscape appears to be stable, do not forget yesterday’s giant has fallen in a couple of years (MySpace, Friendster…). Therefore, everything is still possible, one just have to be creative.
I won’t risk myself to provide you with a to-do list, as the subject is so complex. The best advice I can give you is to spend a minimum amount of your time following the social media field and trying new services, to better understand usage evolutions and to be able to identify trends and opportunities. I wish we’ll meet again next year for the 2014 update.
Dire que Microsoft est en perte de vitesse sur le créneau de l’informatique grand public est un euphémisme. L’incroyable regain de popularité d’Apple, et le lent mais méthodique processus d’affinage de systèmes d’exploitation alternatifs comme Chrome OS ou Ubuntu ont planté les derniers clous du cercueil dans lequel s’installait progressivement Windows. Certes, le système d’exploitation de Microsoft équipe encore une très large majorité des ordinateurs de la planète, mais son horizon était bouchée. Le Personal Computer est-il donc un concept dépassé qui ne survivra pas au XXIème siècle ? Oui et non, car si l’inexorable montée en puissance des tablettes pèse lourdement sur les ventes, Microsoft est en train de manoeuvrer avec Windows 8 et Surface une refonte en profondeur du concept d’informatique domestique.
Annoncé en grande pompe en milieu d’année dernière (Microsoft prépare l’après-PC avec sa tablette Surface), je brûlais d’impatience de pouvoir tester ces fameuses machines hybrides. J’ai ainsi eu l’occasion de manipuler quotidiennement une tablette propulsée par Windows 8 RT gentiment prêtée par les équipes web de Darty (une Vivo Tab de chez Asus). Pourquoi Darty ? Parcequ’ils croient en cette huitième version de Windows et ont décidé d’investir des moyens, mais nous auront l’occasion d’y revenir par la suite. J’ai également eu le loisir de manipuler une tablette Surface, histoire d’avoir un point de vue complet et pouvoir vous livrer un retour d’expérience avisé. Il y a déjà eu quantité d’articles et de points de vue sur Windows 8 (ex : Microsoft Surface Pro review), je n’ai pas la prétention de faire mieux, simplement de vous livrer mes impressions sur cette machine et de remettre ça en contexte.
La Vivotab de chez Asus
Windows 8 = la révolution du PC
Avant toute chose, je vous propose d’évacuer tout de suite la question qui fâche : Est-ce qu’une tablette Surface est mieux qu’un iPad ? Non, car se sont deux approches très différentes de l’outil informatique. l’iPad est une très belle machine, mais il ne remplace en rien un PC. Je déplore que l’amalgame soit fait entre les deux, car il est source de nombreuses confusions.
Tant que j’y suis, j’en profite pour vous livrer les conclusions dès maintenant et pouvoir argumenter plus sereinement :
Est-ce que j’abandonnerais mon Mac pour revenir à un PC ? Non aucune chance, j’ai trop souffert avec Windows.
Est-ce que je vais indéfiniment utiliser un Mac ? Non je ne pense pas, car malgré d’indéniables qualités (stabilité, cohérence, ergonomie…), Mac OS est un système d’exploitation conçu au siècle dernier qui est ancré dans une logique maintenant dépassée (installer des logiciels sur un disque dur pour exploiter des données stockées localement).
Est-ce que je remplacerais mon Mac par un iPad ? Non pas du tout, les tablettes sont des terminaux grand public conçu pour le loisir, ce ne sont pas des outils professionnels et ça n’en sera jamais (idem pour une tablette tournant sous Android).
Est-ce que je remplacerais mon Mac par un Chromebook ? Non pas encore, car le système d’exploitation de Google est encore trop limitatif.
Est-ce que la Surface (ou équivalent) est le meilleur compromis entre toutes ces solutions ? Oui certainement, mais je ne suis pas à la recherche d’un compromis.
Comme vous l’aurez compris, avec Windows 8, Microsoft essaye de changer de paradigme et de ré-inventer le concept d’ordinateur personnel. Difficile de mesurer à quel point le changement est grand tant qu’on ne l’a pas manipulé un certain temps. Après de nombreuses semaines de réflexions sur comment vous décrire au mieux ce que j’ai ressenti, disons que l’approche hybride tablette / PC proposée par Microsoft laisse une impression de manque : on se retrouve d’un côté avec l’ancien bureau que l’on connait déjà, et de l’autre avec l’interface Metro qui nous pousse à nous demander “Et après ? Qu’est-ce que je peux faire d’autre ?“, non pas que l’interface n’est pas achevée, mais qu’au contraire elle est tellement aboutie que l’on a plus envie de la quitter et que l’on aimerait bien ne plus avoir à retourner sur le bureau. Sauf que c’est pour le moment impossible.
L’interface Metro de Windows 8
L’autre facteur qui provoque cette sensation de manque est que le format choisit par Microsoft (un écran 16/9e de 12 pouces avec un clavier détachable) ne permet pas de pleinement apprécier sa musique, ou ses films, ou ses jeux. Ça tombe bien, car c’est selon moi l’objectif poursuivit par Microsoft : donner envie d’apprécier sa musique sur un système acoustique digne de ce nom, de regarder ses films sur un vrai grand écran et de jouer à des jeux dans de bonnes conditions, le tout sans souffrance. Dans ce contexte, les tablettes hybrides comme la Surface et ses consoeurs ne sont qu’un pièce du puzzle que Microsoft est en train de mettre en place : déplacer le centre de gravité du PC vers le media center et faire graviter autour des terminaux de consultation (Windows Phone, Surface, XBox…). Les contenus (musique, photos, films, jeux…) seraient donc placés au coeur d’un écosystème de terminaux qui seraient tous liés entre eux par Windows 8. En ce sens, l’approche de Microsoft est moins extrême que Google qui ne jure que par le cloud (Avec NaCl, Google complète sa vision de l’informatique du futur).
Mais revenons à nos moutons et à la machine en elle-même…
Travail et détente dans une même coque
Avec Windows 8, Microsoft essaye de populariser le concept d’hybridation entre un PC et une tablette (It’s a Tablet. No, It’s a PC. Surface Pro Is Both). Au sein d’une même machine, se côtoient donc deux environnements distincts : L’interface Metro avec ces tuiles actives et ses manipulations tactiles (un modèle de réussite et de cohérence), et le bureau traditionnel avec la souris, le menu “Démarrer” et tout ce que l’on connait de Windows. Sur le papier, vous avez donc accès au meilleur des deux modes : d’un côté l’interface Windows que tout le monde connait (et ses 25 ans de logithèque) ; de l’autre, l’interface Metro qui tranche complètement et propose un usage bien plus moderne et appréciable.
Il y a donc virtuellement deux machines en une, ce qui est le point fort mais également la faiblesse du concept : une seule machine, mais le poids et le prix de deux. Si je n’ai pas grand chose à redire de la qualité de fabrication de la machine et de son splendide écran, force est de constater qu’elle est sacrément plus volumineuse et lourde qu’une tablette ou qu’un ultrabook.
Comme précisé plus haut, je n’ai pas accroché à ce format car je ne suis pas à la recherche de compromis. Par contre, je reconnais volontiers que le basculement d’un environnement à l’autre se fait sans problème : vous travaillez sur un fichier bureautique avec votre clavier et votre souris à votre bureau, puis vous détachez l’écran pour aller consulter les news dans votre canapé, et là, c’est la détente. Par contre, si vous êtes dans une optique de pure productivité, passez votre chemin : des usages professionnels requièrent des outils professionnels (même un Macbook Air ne ferait pas l’affaire).
Je ne me suis pas trop attardé dans l’interface Windows, car je le connaissait déjà. J’ai par contre passé plus de temps avec l’interface Metro qui m’a grandement impressionné. Force est de constater que les équipes de Microsoft ont conçu un environnement simple, intuitif et parfaitement cohérent (Designing In and Around the Windows 8 Ecosystem). Le système de tuiles actives permet d’avoir une vue d’ensemble très appréciable sur la météo, ses notifications… Les applications prises isoléments sont très agréables à utiliser, à l’image de l’application Darty qui vous donne accès au catalogue, à votre espace client et à la communauté 36solutions, le tout dans un cadre graphique et ergonomique tout à fait conforme aux normes définies par Microsoft (cf. Infinite Square, retour sur l’application Windows 8 Darty).
L’application Darty dans Windows 8
Concernant le Windows Store, le choix est pour le moment plutôt limité, mais les applications les plus populaires sont là. Vous pouvez néanmoins compter sur Microsoft pour stimuler la communauté et faire grossir le nombre d’applications disponibles. Pour le moment, le nombre de machines hybrides en circulation comme la Surface ou la Vivo Tab reste confidentiel, mais n’oubliez pas que Windows 8 est une plateforme et qu’un nombre beaucoup plus important de terminaux l’exploitent (smartphones, Xbox…).
Page d’accueil du Windows Store
Le seul reproche que je puisse faire à l’interface Metro est de donner envie de plus… alors qu’elle ne propose pas beaucoup plus. Ce très bel environnement graphique est en rupture complète avec ce que l’on connait, et ça fait du bien. Du coup, chaque fois que l’on se retrouve dans l’interface Windows, c’est la douche froide, un peu comme quand vous quittez l’univers féérique de Disneyland et que vous vous retrouvez sur le parking. Cependant cette impression ne devrait pas durer, car avec le recul et l’expérience d’utilisation d’autres tablettes (iPad et Nexus), j’imagine sans peine que les utilisateurs vont s’organiser pour espacer les “retours” à l’interface Windows, à mesure que de nouvelles applications seront disponibles et qu’ils vont prendre leurs habitudes avec les tuiles actives.
En un mot comme en cent : les machines hybrides tournant sous Windows 8 sont une très belle réussite, mais elles souffrent encore de défauts de jeunesse pour convaincre le grand public, au même titre que les Chromebooks ou que l’iPhone à sa sortie (aviez oublié qu’il n’y avait pas d’App Store à l’époque ?). Comme j’ai pû le lire à droite et à gauche, la sortie d’accessoires ou d’autres machines alternatives moins chères devrait permettre de viabiliser le concept (There’s really only one reason to consider Windows RT over Windows 8).
La prochaine version sera la bonne
Il reste de nombreuses questions en suspend sur Windows 8 et sur ces machines hybrides : pourquoi une version RT et une version Pro ? Pourquoi des machines si lourdes et si chères ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’accessoires ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi… c’est parce que l’on est séduit mais pas pleinement convaincu que tant de questions viennent à l’esprit : plus de la curiosité et de l’appétence que de l’incompréhension et de l’agacement. Quand Microsoft et ses partenaires se seront mis d’accord, ils proposeront un standard de machine moins chères et plus légères (peut-être grâce à un processeur Atom), ainsi que des accessoires permettant d’étendre leurs capacités. Car c’est vraiment là que réside la valeur de Windows 8 : non pas dans sa Surface, mais dans l’écosystème qu’il propose autour.
La tablette hybride Surface de Microsoft
Avec Windows 8, Microsoft a amorcé avec brio le basculement de l’informatique du XXème siècle à celle du XXIème siècle : une informatique polymorphe et déportée, une informatique qui tourne autour des services et des contenus, pas autour de la vente de logiciels à installer. D’une certaine façon, si Microsoft n’a toujours pas tourné la page de Windows comme Apple a pu le faire avec Mac OS X, l’ambition de la firme de Redmond va plus loin que celle de Cupertino (Mac OS et iOS sont des environnements parfaitement distincts et iTunes est le boulet qui les empêchent d’avancer, malgré iCloud).
Il parait que lors de l’édition 2013 de sa grande conférence Build en juin prochain, Microsoft va lever le voile sur Windows Blue, une sorte de version 8.5 : As Windows Phone 8 fulfilled the Windows Phone promise, so will Blue complete Windows 8. J’ai le sentiment que ce Windows Blue va combler une bonne partie des erreurs de jeunesse de Windows 8, mais ne fera pas non plus de miracles. Il faudra du temps à Microsoft pour réussir son pari et propulser l’écosystème Windows dans le XXIème siècle. Mais je suis confiant, car ils n’ont pas d’autre choix. La grande question n’est maintenant pas de savoir ce que va faire Apple, mais plutôt de ce que va faire Google, car entre Android et Chrome OS, c’est de loin le concurrent le plus sérieux de Microsoft.
L’annonce de la fermeture prochaine de Google Reader a provoqué une véritable onde de choc : Powering Down Google Reader. Lancé en 2005, le lecteur de flux RSS de Google occupe une place largement dominante et a su évincer ses concurrents (Bloglines étant le plus notoire). Mais après de nombreuses années de bons et loyaux services, Google décidé d’arrêter Reader le 1er juillet prochain pour concentrer les efforts sur d’autres services (A second spring of cleaning). Visiblement Reader a toujours évolué plus ou moins sous le radar et n’a jamais été dans la liste des priorités de Google malgré ses dizaines de millions d’utilisateurs journaliers (Google Reader lived on borrowed time).
La fin d’une époque…
Étant moi-même un utilisateur de la première heure, je suis attristé par cette nouvelle. Mais plus que la tristesse, c’est l’énervement qui me gagne ce matin, notamment contre les nombreux articles que j’ai pu lire sur le constat d’échec des flux RSS (et par analogie des autres technologies de syndication) et la grande victoire de la curation. Je serais bien incapable de vous expliquer pourquoi tant de personnes se sont donné autant de mal ces dernières années à vouloir condamner les flux RSS, aussi je vais m’efforcer de rétablir l’équilibre dans ce débat.
Non, les flux RSS ne sont pas morts, bien au contraire
RSS est donc un format de fichier permettant à deux systèmes d’information de s’échanger des flux d’information structurée. En ce sens, RSS est une technologie, pas un service. Google Reader, Netvibes, Flipboard sont des services… qui reposent sur les flux RSS. En fait de très nombreux services exploitent les flux de données structurées et RSS en particulier. La raison est que c’est une technologie mature, robuste et parfaitement maitrisée. Condamner RSS, c’est un peu comme de condamner le diesel. Encore une fois, je ne vois pas trop l’intérêt de décréter la mort d’une technologie adoptée par l’ensemble de l’industrie (cf. Why RSS still matters).
L’argument principal des détracteurs est de dire que c’est une technologie complexe et que le grand public n’y comprend rien. Effectivement, il n’est pas simple de lire un fichier RSS, mais heureusement, aucun être humain n’est censé les lire, les services comme Google Reader sont justement là pour le faire à notre place. Il y a certes le petit picto qui peut paraître obscur aux non-initiés, mais la plupart du temps il suffit de saisir l’URL d’un site pour qu’un service découvre par lui-même l’URL du flux et vous abonne automatiquement.
Bref, il n’est pas plus compliqué de s’abonner via un flux RSS que de suivre un membre sur Facebook ou Twitter. En mentionnant Twitter, je fais une transition vers le second argument des détracteurs.
La curation est l’avenir de l’information pour les touristes, c’est une aberration pour les professionnels
Le coeur du débat ne se situe pas dans la remise en question de la technologie RSS en elle-même, mais plutôt dans les usages de consommation de l’information. Au fil des années, le volume d’information et de message a considérablement augmenté avec l’avènement des médias sociaux. En conséquence de quoi, l’internaute moyen se retrouve littéralement noyé sous les articles, messages, photos, vidéos… Il est donc tout naturel qu’il ai cherché des solutions pour se simplifier la vie et éviter de subir l’infobésité. Cette solution a un nom : la curation. Elle consiste à ne sélectionner que les informations les plus pertinentes. Et c’est là où une distinction très nette doit se faire entre les internautes lambda et les professionnels de l’information. Google Reader, et les lecteurs de flux en général, sont des outils de veille qui permettent de consommer et gérer de nombreux flux d’information. Il n’est pas ici question de collecter de l’information de surface quand on a 5 minutes à perdre, mais d’effectuer un suivi systématique. Je passe ainsi plus de 2 heures par jour à lire l’intégralité des articles des flux auxquels je me suis abonné, mais c’est un choix. La veille fait partie intégrante de mon travail, plus cette fonction de veille est intense et plus je suis en mesure de générer de la valeur pour mes clients (et mes lecteurs).
Le “débat” autour de l’échec des flux RSS est donc né d’un amalgame entre une activité de veille dans un contexte professionnel et une activité d’écoute passive des tendances dans un contexte récréatif. Twitter ou Feedly ne remplaceront jamais Google Reader, car ils ne remplissent pas le même service et ne correspondent pas au même contexte d’usage. En tant que professionnel de l’information, je veux lire l’intégralité des 850 flux auxquels je suis abonné, pas simplement une sélection des plus populaires. Mais c’est mon choix, car j’ai décidé d’y investir du temps et de l’énergie dans un contexte professionnel. Libre à vous de déléguer le filtrage des informations que vous souhaitez lire à un algorithme ou à une autre personne, mais ne venez pas nous dire que les flux RSS sont un échec et que l’avenir est au service de social news. J’aime bien Flipboard ou Google Currents, mais ce ne sont pas des outils de veille.
Bref, tout ça pour dire que ceux qui proclament la mort du RSS sont grosso-modo les mêmes qui proclament la mort des blogs, des chasseurs de clics. N’y accordons pas plus d’intérêt.
Le bon outil pour le bon usage
Il me reste à traiter la question de la solution de remplacement. Il existe déjà de nombreux articles à ce sujet, aussi je vais être bref :
Si vous envisagez la veille comme une activité journalière et systématique, alors optez pour une solution professionnelle comme TheOldReader, NewsBlur ou Feedbin ;
Si vous cherchez une solution simple et élégante pour suivre l’actualité de nombreuses sources sans trop vous prendre la tête, optez plutôt pour des services grand public comme Feedly ou des services plus visuels comme Pulse ou Zite ;
Si vous n’arrivez pas à vous décider, attendez de voir ce que vont nous proposer prochainement Digg ou Bloglines (en quête de rédemption).
En ce qui me concerne, ma préférence va pour le moment à The Old Reader, mais je me laisse encore le temps de tester ces différents services. Idéalement je cherche une solution de veille qui pourrait remplacer Google Reader, Delicious et Evernote. Si vous connaissez un produit tout-en-un, même payant, ça m’intéresse.
Comme chaque mois, je vous propose une sélection de sites qui m’ont particulièrement marqué. Je comptais vous faire une sélection de sites ultra-minimalistes, comme ceux de Google Glass ou Calm, mais je n’aurais pas eu grand-chose à raconter. Je vous propose donc une sélection plus traditionnelle, mais néanmoins toujours aussi plaisante à regarder.
Commençons avec Skinny Ties, une boutique de cravates :
La page d’accueil de Skinny Ties
La première chose que l’on a envie de “toucher” sur cette page sont les cravates qui pendent sous le header, ça tombe bien, elles s’animent au survol de la souris. Non seulement ces invit visuelles sont ludiques, elles permettent de réchauffer la page (plutôt austère) et d’expliquer visuellement à quoi correspondent les catégories. Vous apprécierez également l’originalité de la typo et les intitulés très brefs. Bon par contre, je ne cautionne pas le positionnement du moteur de recherche, j’aurais inversé l’ordre et placé le panier à droite, mais ça doit être mon côté psychorigide…
Continuons avec The Little Book Club, un service de vente de livres pour enfants :
La page d’accueil de The Little Book Club
Comme toujours, j’apprécie énormément ces larges zones de respiration qui donnent une impression de plénitude à la page. L’arrondi du bouton et de la typo, de même que le petit smiley sur la barre de séparation complète le côté kawaii. Il y a très peu d’éléments sur cette page, mais un soin particulier a été apporté aux détails comme la bordure du logo ou l’encadrement des photos. Je regrette par contre le manque de contraste des items de navigation en haut de page.
Terminons avec The Great Discontent, un webzine d’interviews de personnalités créatives :
La page d’accueil de The Great Discontent
J’ai toujours eu une obsession pour le contenu, il est donc tout à fait logique que je vous présente ce webzine qui a faît disparaitre son interface au profit des interviews. Vous noterez ainsi qu’à part le discret logo et les deux intitulés de navigation en haut à droite, la page n’est composée que du texte et des photos. Tout est mis en oeuvre pour vous donner envie de lire à l’écran : de larges photos, une grille de lecture bien marquée pour isoler les blocs éditoriaux et une typo agréable à l’oeil. Rien à redire, je suis admiratif devant les choix radicaux faits par les éditeurs.