Comme chaque année au mois de Septembre, le gratin du commerce en ligne se retrouve au Salon E-Commerce à la Porte de Versailles. C’est incontestablement l’évènement de l’année par la taille et la fréquentation de ce salon : 550 exposants, 350 conférences… Bien évidement avec autant de stands et de conférences il faut faire un minimum de tri pour trouver ce que l’on cherche (des contacts, des infos, des conseils…) mais en tout cas ça vaut le déplacement dans la mesure où l’entrée est gratuite.
Comme l’année dernière je vous préparerais un petit compte-rendu de ma visite du salon. L’édition 2010 me semble particulièrement intéressante sur deux sujets : La mobilité et le social shopping. J’ai déjà eu l’occasion d’aborder ces deux sujets, ainsi j’espère bien que l’édition 2010 du salon va permettre d’élever le débat et de mettre en évidence des retours d’expérience et des bonnes pratiques (parce que nous savons déjà qu’il faut surveiller de près l’iPhone et Facbeook).
Bref, je vous invite vivement à faire une petite place dans votre agenda pour ce salon. J’adorerais pouvoir profiter de l’occasion pour rencontrer celles et ceux d’entre-vous qui souhaitent “parler boutique” mais il va falloir nous organiser un minimum pour que ça se passe dans de bonnes conditions (impossible d’avoir accès à l’espace VIP). Si vous êtes intéressé nous trouverons bien une solution…
Même si vous êtes partis en congé à l’autre bout de la terre, vous devez normalement être au courant du lancement de Facebook Places, leur service de géolocalisation sociale.
J’imagine que vous avez déjà dû lire tout ce qu’il y a à savoir sur le service aussi je me contenterais d’un bref récapitulatif :
Places vous permet de signaler l’endroit où vous vous trouvez (”check-in” en anglais), vous pouvez aussi publier la liste des amis qui sont avec vous (et qui ont un profil sur Facebook) ;
Toutes les signalisations sont affichées sur la page de l’endroit en question ainsi que sur le news feed de vos amis ;
Le service n’est disponible que sur la version mobile (touch.facebook.com ou sur l’application iPhone) et réservé aux utilisateurs US pour le moment ;
Les endroits conservent l’historique des personnes qui s’y sont signalées (cf. le principe de placestream déjà exploité par d’autres) ;
Les propriétaires d’un endroit (boutique, restaurant, cinéma…) peuvent en revendiquer la propriété et récupérer les droits de gestion de la page ;
Places proposera une série d’API pour exploiter sa base de données (importation de check-in d’autres services comme Foursquare, Gowalla… exportation des check-in vers d’autres services).
Comparaison des services de géolocalisation sociale
Facebook Places met en effet l’accent sur les commerces, ce qui le place en concurrence directe avec des city guides comme Yelp ou Cityvox. Non seulement ces acteurs bénéficient de moyens beaucoup plus importants que des startups comme Foursquare, Gowalla ou Brighkyte, mais ils profitent surtout d’une plus grande ancienneté sur le créneau et d’une base de données de lieux déjà complète. Constituer un annuaire complet des bars, restaurants, commerce… est en effet un travail titanesque qui nécessite de nombreuses années de travail et surtout des équipes importantes. Je suis impliqué depuis l’année dernière dans un long chantier d’évolution du site ma-residence.fr et je peux vous assurer qu’il faut déployer des efforts colossaux pour ne couvrir qu’une “petite ville” comme Levallois-Perret (je ne parle même pas de grandes capitales comme Paris ou Londres).
De plus, les city guides cités plus haut exploitent une base de donnée particulièrement bien structurée avec des avis parfaitement bien sémantisés, alors que Facebook Places se contente de simples check-ins. Difficile dans ces conditions de soutenir la comparaison avec des acteurs de niche qui proposent des interactions sociales beaucoup plus riches. Ma-residence propose par exemple une application en ligne de gestion de copropriété, un service de petites annonces ultra-locales, un moteur de recherche de services entre voisins, des modules dédiés aux associations et aux écoles… Bref, un ensemble de fonctionnalités qui motive les membres à s’impliquer dans leur vie de quartier.
Facebook Places ambitionne également de se positionner sur le créneau de la publicité locale. Le service va alors être en concurrence avec des acteurs encore plus gros comme les Pages Jaunes. Outre le rapport de force, Facebook va être confronté à un autre problème de taille : La confiance des annonceurs locaux. Un commerçant qui ouvre sa boutique va avoir le réflexe de se faire référencer sur les Pages Jaunes et éventuellement sur Google Maps, mais va-t-il forcément penser à inscrire sa boutique sur un réseau social où l’on trouve quantité de groupes farfelus, de profils racoleurs et autres casual games ? Le commerce de détail (ou la restauration) est un milieu ultra-concurrentiel, les patrons comptent leurs sous et ils ne se satisferont pas d’une argumentation bancale (”connect people and allow them to gather“) et d’un monitoring approximatif (cf. Audience : les chiffres de Facebook sont-ils crédibles ?).
Les membres joueront-ils le jeu ?
Comme toujours, vous pourriez me répondre qu’avec ses 500 millions de membres, Facebook est un rouleau compresseur qui va justement démocratiser de nouvelles pratiques et faire exploser les usages. Je ne pense pas, dans la mesure où les 500 millions de membres ne sont pas équipés d’un smartphone capable de faire de la géolocalisation (peut-être 1/5 ème). D’autre part, que les membres ne vont pas forcément s’approprier ces nouvelles fonctionnalités et les exploiter en masse. Cette fascination pour les nouveautés est en effet propre aux adopteurs précoces, les geeks qui n’ont pas abandonné Twitter, qui sont sur The Hotlist ou PlanCast. La grosse majorité des utilisateurs de Facebook est ainsi issue des adopteurs tardifs voir de la majorité tardive, ceux qui partagent des photos, des liens mais ne se risqueraient pas à créer un nouveau lieu à partir de leur smartphone.
Autre facteur limitant à prendre en compte : La peur de l’exposition. Le succès de Facebook repose en effet sur sa domination de la sphère sociale des internautes où les apparences sont reines : Les profils ne sont que des pseudo-avatars, des doubles numériques servant à valoriser les membres à travers leur nombre d’amis, leurs photos de vacances ou de soirée. Le comportement des membres ne va pas changer avec l’arrivée de ces nouvelles fonctionnalités : Les check-ins ne se feront que dans une recherche de valorisation sociale (je me signale dans un bar / resto branché, pas dans la supérette de mon quartier ou chez mon urologue). C’est dommage car c’est justement grâce à cette infinité d’acteurs locaux “non branchés” que les annuaires font leur richesse.
Rajouter à cela les réticences liées à la confidentialité et vous aurez une grosse majorité de membres qui vont s’autocensurer et ne se signaler qu’aux endroits les plus cools (Starbucks, Apple Store…). En ce sens, je ne pense pas que les membres de Facebook sont prêt à franchir le pas et à exposer leur vie réelle, celle de tous les jours qui est certainement plus rébarbative que la “palissade sociale” que nous nous efforçons d’entretenir pour arriver à nos fins (être reconnu pas nos pairs, draguer…). Je pense ne pas me tromper en disant que les membres de Facebook ne souhaitent pas réellement s’ancrer dans la vie réelle (exposition quotidienne) mais plutôt qu’ils cherchent à la fuir à travers des profils-avatars.
De nouveaux défis à relever pour convaincre les annonceurs
Revenons-en aux annonceurs locaux. Autant je suis persuadé qu’il y a de très nombreuses opportunités dans le domaine du marketing ultra-local (le succès fulgurant de Groupon en est un bel exemple) ; autant je trouve l’approche de Facebook un peu légère car nous commençons déjà à voir des premiers cas de fraude (de faux check-ins : Hack of the Day: Travel the World With Facebook Places). Comment convaincre des annonceurs de se lancer dans une campagne de m-couponing alors que des petits malins peuvent simuler leur présence dans un lieu ? Shopkick, une start-up spécialisée sur ce créneau, utilise par exemple des petits boitiers chargés d’authentifier la présence effective des mobinautes et leur délivrer ainsi des coupons de réduction : Here’s Shopkick’s Special Sauce: A Box In Every Store That Verifies You’re Really There.
Le boitiers utilisés par ShopKick dans les points de vente
Enfin dernière zone d’ombre : les outils d’administration de masse. Alors que les marques et enseignes de distribution en sont encore à tâtonner pour créer leur Fan Page, comment les convaincre d’ouvrir une page par magasin ? Plus votre réseau de distribution est important, plus de travail de monitoring / maintenance va être laborieux. Les grandes enseignes vont ainsi devoir investir pour mettre en place les mécanismes leur permettant d’industrialiser la gestion des pages de chacun de leurs magasins ainsi que la gestion d’un programme de m-couponing reposant sur de la géolocalisation (lire à ce sujet Facebook Places: Revolution or Evolution?).
Conclusion
Tout comme j’avais trouvé le chantier sémantique de Facebook très naïf, son arrivée sur le créneau de la géolocalisation sociale me laisse sceptique car il y a bien trop d’approximations dans leurs plans et dans la façon de la monétiser.
Partir à la conquête du monde réel semble donc être un défi très complexe pour Facebook qui va devoir sortir de sa zone de confiance (la sphère sociale) et devoir se confronter à des problèmes qu’il ne saura pas gérer avant un petit bout de temps. Ce qui pose à nouveau le problème de la viabilité de la plateforme qui investit toujours plus d’énergie et d’argent dans de nouvelles fonctionnalités sans avoir rentabilisé les précédentes.
La solution de facilité serait de racheter une ou deux start-ups pour rapidement monter en compétence (au hasard : DisMoiOù), mais qui va financer ces acquisitions ? Et comment vont-ils les rentabiliser dans la mesure où ils pratiquent toujours la fuite en avant ? Retour à la case départ…
Comme chaque année, le mois d’août à été particulièrement riche en nouveautés et annonces des grands acteurs du web (une très mauvaise habitude qui risque de vous passer l’envie de partir en congé). Bref, tout ça pour dire qu’avec la fin de mes congés, je vous propose une sélection des news qui ont marqué l’été.
Facebook : Social Location et domination prochaine du web
Après de nombreux mois de spéculation, Facebook a annoncé officiellement le lancement de Places, son service de social location. Pour le moment ce service est réservé aux utilisateurs US, il se limite à la signalisation (”check-in” en anglais) et intègre les flux d’autres services : Facebook Launches Places With Support of Foursquare and Gowalla. Pour le moment, ce service est encore assez pauvre comparé à la concurrence (si ce n’est la possibilité de tagger des amis) mais le rachat de Hot Potato devrait permettre à Facebook de développer des leviers de différenciation : Facebook acquires Hot Potato, Places could be about to get REALLY interesting.
Même si la masse colossale d’utilisateurs de Facebook (et surtout d’utilisateurs mobiles) est un plus indéniable, force est de constater qu’ils ont accumulé pas mal de retard par rapport à des services qui intègrent de façon plus explicite les marchands comme Shopkick, les contenus médias comme Miso ou les recommandations d’endroits comme Hunch (Why Recommended Places Are the Next Big Thing in Location). Toujours est-il que Facebook aura fort à faire pour transformer cette nouveauté, d’une part car Google est déjà sur le créneau avec Google Places (autant Google n’a aucun mal à séduire les petits commerçants, autant ça sera plus compliqué pour Facebook), et d’autre part car Facebook a dû s’associer avec Microsoft pour pouvoir exploiter leur système de cartographie – une association à haut risque tant le déséquilibre entre ces deux sociétés est important (pour mémoire les bénéfices annuels de Microsoft représentent la moitié de la valorisation théorique de Facebook).
D’autres nouveautés ont été annoncé, notamment un nouveau système de commentaires ou une mise en page plus étroite. La prochaine étape logique devrait être le lancement de Facebook Music (en début d’année prochaine ?) en attendant d’occuper la première place dans le classement mondial des sites les plus visités.
Google : Mise au placard de Wave et préparation de Google Games
Grosse surprise avec l’annonce de l’abandon des développements de Google Wave. Incompris à son lancement, Wave n’en reste pas moins l’innovation la plus remarquable de ces dernières années en matière de communication / collaboration. Rassurez-vous, ils n’abandonnent pas définitivement le produit mais cherchent plutôt à la repackager dans l’offre Google App avec une approche plus discrète.
Deuxième grosse annonce : le rachat logique de Like, le moteur de recherche visuel mais également de reconnaissance faciale (Google Buys Like.com – and Riya, Too). Rien de très surprenant puisque nous sommes dans le coeur de métier de Google.
Beaucoup plus intéressant, les premières informations sur le Chrome Web Store commencent à voir le jour (Google Launches Chrome Web Store Developer Preview) et ça promet d’être un sacré gros morceau. Nous ne connaissons pas encore la date de lancement mais je vous invite fortement à tester Jolicloud pour avoir un aperçu de ce qu’un web OS peut vous apporter.
Encore plus interéssant, la finalisation du lancement de Google Games avec le rachat de Slide et Jambool ainsi qu’une prise de participation dans Ngmoco. Cela fait un petit bout de temps que je vous parle de la montée en puissance des jeux en ligne, et Google est bien décidé à ne pas se laisser distancer : Google voudrait revenir dans la course au social au travers des jeux.
Social Games : La bulle spéculative peut-elle être évitée ?
L’actualité a également été bouillante pour le secteur des social games avec des rachats à la pelle pour Zynga (Unoh au japon et Conduit Labs) ainsi que le lancement de Texas Poker en Chine.
Autre signe du dynamisme du créneau : La refonte prochaine de Friendster avec une orientation très marquée sur les jeux en ligne (MOL Overhauls Friendster For Social Games), ce réseau social suit donc l’évolution de Hi5 (qui a également été recentré sur les social games).
Apple : Vers une domination d’iTunes ?
L’été a également été très chaud pour Apple qui aimerait bien se lancer également dans le social games(Apple to Buy Chinese Game Developer?) et prépare la rentrée avec le lancement de sa iTV (certainement propulsée par le iOS et donc parfaitement intégrée à iTunes), la refonte probable de Lala (la conférence de presse est programmée pour le 1er septembre) et la finalisation d’un service de streaming sur l’iPad (Video Streaming Services for the iPad). Au cas où vous poseriez la question : Oui, ça risque de faire grand bruit dans l’univers des médias traditionnels.
Microsoft aussi a été actif durant l’été avec l’annonce de la sortie prochaine d’IE9. J’apprécie énormément le travail des équipes de Google sur Chrome (notamment sur la Canary Build), mais ça ne concerne pas plus de 100.000 geeks dans le monde. Une nouvelle version majeure d’IE est par contre un évènement bien plus important car il touche des centaines de millions d’internautes et car cela peut changer en profondeur le travail des agences et intégrateurs web. Bref, c’est une très bonne nouvelle.
Malheureusement tout n’est pas rose au pays du web, et nous avons de nombreuses raisons de nous inquiéter. Il y a tout d’abord ce très gros débat autour de la neutralité du web sur les 2 dernières semaines. Je n’ai pas le courage de résumer ce débat mais je vous engage à lire les nombreux articles parus sur l’édition française de R/W W (gros coup de chapeau à Fabrice et sa bande).
Il y a ensuite l’annonce de la prise de contrôle de Deezer par Orange ainsi que de la fermeture de Jiwa. Ces deux évènements ne sont pas liés, mais ils soulignent l’incapacité de l’industrie à se projeter dans l’avenir et à essayer de trouver des modèles viables pour contrer Apple. Pour éviter une explication laborieuse, je me contenterai de dire que l’industrie à tué l’innovation… et programmée sa reddition face à un Apple surpuissant qui finira par mettre à genoux ceux qui osent se dresser contre iTunes. C’est dommage et surtout très inquiétant. Concernant Jiwa, je suis particulièrement attristé par cette nouvelle car j’avais travaillé avec les équipes sur une refonte qui devait voir le jour dans les prochains mois. Cette nouvelle version n’avait plus rien à voir avec l’écoute à la demande et proposait un service en rupture avec la concurrence.
Dernière mauvaise nouvelle : L’introduction en bourse de Demand Media et la tentative de décapitation de Wikileaks. Cette IPO illustre la victoire des usines à contenu qui se sont fait une spécialité dans la création à la chaîne de “junk content” (par analogie avec la “junk food“), le contenu vite rédigé – vite oublié qui plait tant aux moteurs de recherche. Moi je vous le dis comme si j’étais accoudé au comptoir : “C’est pas avec ça qu’y vont nous faire du contenu de qualité, non Madame…!“.
Ebooks : La prochaine révolution ?
Quel secteur d’activité est-il aussi chaud que celui des social games ? Les ebooks bien sûr ! L’actualité du livre numérique est en effet très riche :
Amazon ne communique pas officiellement sur ses chiffres mais, avec le succès de Kindle 3, s’impose comme le leader de la catégorie (Apple et son iPad étant loin derrière : Kindle Outselling iBooks 60 To 1) et ça ne fait que commencer avec l’ouverture du Kindle Store UK (à quand les version françaises, allemandes et japonaises ?) et l’arrivée des premières applications tiers (Kindle Gets Games; Two Free Apps Launched) ;
J’ai l’intime conviction que les ebooks sont très loin de nous avoir révélé leur réel potentiel et que nous n’en sommes qu’au tout début d’une révolution (billet en préparation à ce sujet).
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J’arrête ici ce récapitulatif mais je vous engage à ne pas vous arrêter là et à profiter des derniers jours de calme pour vous documenter sur ces différentes annonces et préparer une fin d’année qui s’annonce particulièrement agitée.
Même pendant les vacances j’ai mes coups de coeur, voici donc une petite sélection estivale de sites web qui ont retenus mon attention.
Commençons avec OhLife, un service en ligne d’auto-biographie :
La page d'accueil de OhLife.com
Mise en page minimaliste mais très beau travail sur les textures de fond de page ainsi que sur les typographies. L’attention est parfaitement concentrée sur le coeur de page et le bouton d’inscription. Un site simple pour un service simple.
Poursuivons avec Nabru, une boutique en ligne de canapés personnalisables :
La page d'accueil de Nabru
La page d’accueil est un peu chargée, mais j’aime beaucoup cette construction par strates, de même que les pictos qui sont utilisés sur cette page et dans le reste du site. Le traitement des liens est un peu chaotique mais ça reste largement utilisable. J’apprécie également le traitement du panier façon étiquette.
Rien de très spectaculaire sur ce site si ce n’est la texture du fond de page (en accord avec le produit) ainsi que les choix typographiques. Là encore, je souligne le traitement original du panier ainsi que l’halo de lumière derrière la photo des produits.
Souvenez-vous… il y a quelques années, le contenu était considéré comme la matière première du web : Celui qui maîtrisait le contenu maitrisait le web (les portails qui agrégeaient de très nombreuses sources de contenu concentraient également l’audience). Puis il y a eu MySpace, les Skyblogs, Facebook, Twitter, FourSquare… et maintenant il parait que c’est la communauté qui est reine. Certes, les plateformes sociales sont indéniablement en haut des tableaux d’audience, mais je reste convaincu que sans contenus une communauté n’est pas viable. Comprenez par là que ce sont les contenus qui alimentent les conversations et font tourner les communautés. De ce point de vue là, les plateformes sociales ne sont qu’un intermédiaire entre le contenu et les internautes. Un intermédiaire à valeur ajoutée, mais qui présente tout de même une certaine fragilité dans sa pérennisation (cf. De la qualité des contenus sur Facebook).
Sans rentrer dans la polémique, je pense ne pas me tromper en disant que le contenu reste roi, la communauté se nourrit de ce contenu pour générer des interactions sociales (mais là encore il y a des subtilités : Ne confondez plus communautaire et social). La grande question que je me pose est la suivante : Qu’est-ce qui alimente les rédacteurs de ce contenu ? C’est là où les données entrent en scène, non pas les données que les rédacteurs possèdent déjà, mais plutôt les données disponibles publiquement que les internautes peuvent interroger et manipuler à loisir.
Les données à la base du… journalisme de données
Nous parlons bien ici de données brutes en très grande quantité (des chiffres) qu’il serait trop coûteux de traiter. En les exposant publiquement, ce travail de compilation / trituration / interprétation est déléguée à la communauté qui va ainsi pouvoir nourrir une réflexion ou appuyer des prises de position. Et à ce petit jeu, certains journalistes en ont fait leur spécialité, cela s’appelle du journalisme de données (datajournalism en anglais). L’idée est d’extraire des informations pertinentes de quantités importantes de données.
Pour vous aider à comprendre l’intérêt de cette pratique, amusez-vous à compter le nombre d’articles qui font référence à Google Trends, les statistiques de recherche sont les données sur lesquelles repose toute l’argumentation de ces articles. Autre illustration avec ce graphique très intéressant qui met en évidence les performances extraordinaires (=suspectes) des coureurs du tour de France :
Analyse des performances extraordinaires des coureurs du tour de France
Après les portails de contenus, les portails de données
L’exemple français d’ActuVisu illustre une tendance de fond initiée il y a 5 ans avec la fondation GapMinder qui fournit justement un accès à de très nombreuses données et statistiques (leur crédo : “Unveiling the beauty of statistics for a fact based world view“).
Un créneau très porteur qui intéresse les moteurs de recherche de Google, qui a racheté en 2007 l’outil de visualisation qui propulse GapMinder et qui propose également Google Public Data Explorer dans son labo. Ce rachat fait sens dans la mesure où Google est très certainement un des mieux placé pour collecter les données éparpillées aux 4 coins du web. Reste encore le problème des données non-publiques.
Le portail des données publiques anglaises Data.gov.uk
Il est important de comprendre que ces initiatives ne sont pas tant une manoeuvre politique ou un outil de surveillance qu’un levier d’innovation pour accélérer l’émergence de nouveaux modèles sociétaux ou de nouveaux projets relatifs à l’environnement, l’éducation, la santé…
Pour le moment le chantier est toujours en cours en France mais des initiatives locales permettent déjà d’accéder à des poches de données : État des lieux de l’OpenData en France.
Les données comme trésor de guerre des moteurs
Comme nous venons de le voir, les données sont donc une matière première particulièrement convoitée. À partir de ce constat, il n’est pas surprenant de voir que les grands moteurs de recherche s’intéressent de près à ces données et cherchent à les exploiter pour apporter une couche d’intelligence aux résultats de recherche. Illustration avec le tout nouveau Bing Shopping qui propose des pages de résultats structurées :
Les résultats de recherche structurés de Bing Shopping
L’idée derrière tout ça est de proposer non pas un moteur de recherche mais un outil d’aide à la décision (cf. New version of Bing Shopping). Et pour structurer des résultats, que faut-il ? Des données ! Autant Microsoft a opté pour des partenariats, autant Google est passé à la vitesse supérieure avec notamment l’acquisition d’ITA, un fournisseur de données touristiques spécialisé sur l’aérien qui va permettre à Google de faire de l’intégration verticale sur ce créneau : With ITA Purchase, Google Now Owns the Skies.
La vente de billets d’avion en ligne est un business très juteux, il est donc normal que Google casse sa tirelire pour blinder sa position. Il y a par contre des secteurs à priori moins rémunérateurs mais pour lesquels un outil de consolidation / manipulation / visualisation des données offrirait une position dominante à son éditeur : L’immobilier, l’emploi, les loisirs (IMDB est un bon exemple de données structurées à valeur ajoutée) ou encore le sport (citons l’exemple de Footbalistic). Je vous recommande à ce sujet l’article de GigaOm qui détaille ces exemples : Who Will Google Buy Next for Structured Data?.
L’idée ici est d’investir dans une base de donnée verticale et de monétiser son exploitation. Constituer une base de données de référence est un chantier titanesque, et seuls les acteurs avec les plus gros moyens peuvent y parvenir. Mais une fois le monopole établi, les possibilités sont nombreuses pour rentabiliser cet investissement. Google Maps est un autre exemple intéressant d’une gigantesque base de données (géographiques) dont nous avons maintenant beaucoup de mal à nous passer et dont le propriétaire a tout le temps pour trouver des solutions de monétisation viables.
Plus intéressant, un article de GigaOm nous révèle que ITA ne se restreint pas au secteur du tourisme aérien mais édite également une solution de manipulation de données accessible sur NeedleBase.com : Meet the Web Database Company Google Just Bought. Cette solution ne permet pas de manipuler des données publiques mais de groupes de données dont l’utilisateur a les droits. Toujours est-il que cette solution est à la fois puissante et intuitive, tout ce dont nous avons besoin pour faire du journalisme de données :
Voici donc la stratégie de Google : Acheter des données avec l’idée de la monétiser une fois que le marché sera devenu dépendant de leur exploitation. Mais sommes-nous réellement dépendant des données ? Vous particulièrement, probablement pas, mais de nombreux aspects de votre quotidien repose sur une exploitation fine de données. Nous pourrions même aller plus loin en disant que l’exploitation des bonnes données pourrait améliorer votre quotidien (cf. Nos vies gérées par les données) ou la productivité d’une entreprise.
Les objets de notre quotidien pourraient ainsi capter un grand nombre de données vous concernant et fournir ainsi des statistiques très précieuses sur votre mode de vie et la façon d’optimiser votre alimentation, vos trajets, votre budget, votre suivi médical… Imaginez alors l’intérêt d’un coach qui serait à même d’interpréter ces données et de vous offrir de précieux conseils pour améliorer votre quotidien. Ces conseils et les données qui en sont à l’origine deviendraient rapidement une drogue pour des hommes et des femmes soucieux de leur bien-être : The upcoming Internet pandemic: data addiction.
Reste encore à régler le problème de la collecte : Seule une minuscule minorité des habitants de cette planète serait d’accord pour s’équiper des outils de mesure de votre quotidien (sommeil, alimentation, exercices physiques, trajets, dépenses…). Une minorité de geeks, sauf si un acteur industriel avec de gros moyens décide de fournir gratuitement les outils de mesure et de collecte en faisant un pari sur l’avenir (et sur la monétisation de ces données). Et cet industriel avide de données, encore une fois c’est Google avec son projet de compteur intelligent PowerMeter.
Suivie de votre consommation quotidienne avec Google PowerMeter
Et même si Google ne peut pas remplacer tous les compteurs électriques des pays occidentaux, il peut fournir la plateforme pour consolider les données et les re-publier : Google Releases API for Energy Tool PowerMeter. La promesse de Google est simple : Vous aider à mieux comprendre vos habitudes de consommation pour optimiser vos dépenses… tout en revendant les statistiques aux industriels pour qu’ils puissent développer des appareils ménagers plus en phase avec le mode de vie de ces clients.
Loin de moi l’idée de jouer les paranoïaques et de dénoncer ces pratiques, car si tout le monde y trouve son intérêt il n’y a pas de raison de s’en priver. Il n’empêche que si je fais la somme de tout ce que Google peut potentiellement savoir sur moi, ça commence à faire beaucoup :
Mes contacts avec Gmail ou Android (carnet d’adresse + historique des appels) ;
Mon profil (âge, parcours…) avec Google Me ;
Mes achats avec Checkout ;
Mes centres d’intérêt avec l’historique de mes recherches ;
Mes déplacements avec Latitude ;
Mes loisirs (les programmes TV que je regarde) avec Google TV ;
Mes lieux de vacances avec Picasa…
Et ce n’est qu’un début car avec la sémantisation progressive du web, le moteur d’indexation pourra consolider toujours plus de données sur les internautes, mobinautes et même tvnautes. Les données seront donc la matière première à une nouvelle génération d’outils, services et prestations en rapport avec l’amélioration du quotidien de chacun. Des données qui seront l’objet d’une bataille acharnée pour en contrôler la possession, la collecte ou l’exploitation.
J’anticipe donc un web dominé par les contenus et données où Google jouera un rôle prépondérant. Facebook ou Twitter peuvent-ils prétendre à un rôle important dans ce tableau ? J’en doute car il faut des moyens considérables et surtout des appuies industriels et politiques, tout ce qui leur fait défaut actuellement. Longue vie au couple royal !
Et c’est reparti pour une série de trois sites haut en couleur (presque) à l’approche des grandes vacances.
Commençons par Groupon, le célébrissime site de coupons de réduction locaux :
La page d'accueil de Groupon.com
J’imagine que vous avez tout lu en ce qui concerne la croissance et la modèle économique de Groupon, par contre je m’étonne du peu de commentaires sur ses qualités esthétiques : Belle harmonie et couleurs, des effets graphiques efficaces (dégradés, coins semi-arrondis) tout en restant très sobres, une très bonne lisibilité et une excellente hiérarchisation de l’information. Non seulement ce site est une réussite, mais il tire le secteur vers le haut dans la mesure où ses concurrents doivent s’aligner sur le même niveau. Assurément une référence !
Continuons avec Made, une boutique en ligne anglaise :
La page d'accueil de Made
Bon OK, pour les couleurs il va falloir repasser, mais j’apprécie grandement l’ambiance minimaliste des formes et couleurs agrémenté d’effets typographiques sophistiqués. De belles proportions, beaucoup d’espaces blancs et une lisibilité parfaite pour cette boutique très réussie. J’adore !
Nous avons ici une superbe illustration du savoir-faire US en matière d’efficacité marchande : Simple, sobre et efficace. Oui c’est carré, très carré même, mais j’apprécie beaucoup cette mise en page om rien ne dépasse et où il n’y a pas divergence dans les traitements graphiques (tous les liens, titres, boutons sont les mêmes). Vous noterez au passage le très beau travail de merchandising réalisé sur les menus (au survol de la souris) ainsi que le bandeau de défilement horizontal du bloc “Shop by Color“. Un site parfaitement propre qui renvoie une image rigoureuse en accord avec les produits vendus (pas de chichis). Bien évidement ça ne fonctionnerait pas pour d’autres produits mais ce site reste un grand classique (j’en avait déjà parlé il y a quelques années et il avait déjà cette tête là).
Après un départ plutôt timide, le mariage entre web et TV semble enfin se concrétiser avec l’annonce de Google TV, programmé pour début 2011. Il faut dire que la TV est un très gros marché : C’est le média le plus puissant, celui où les investissements publicitaires sont les plus élevés. Google avait déjà un pied dans la télévision avec les TV Ads (Place ads on television with Google TV Ads), maintenant il ambitionne d’y mettre son deuxième pied et de ne laisser aucune place aux autres avec une offre très complète : Google TV Is Ready to Change the Game.
Google TV = Android + Chrome + Search + Marketplace
Pour vous donner un apperçu rapide de ce que sera l’offre Google TV, rien de tel qu’une petite vidéo :
En résumé, voici les principales caractéristiques de Google TV :
Repose sur le système d’exploitation Android (déjà utilisé par de très nombreux smartphones) qui permet de faire tourner le navigateur Chrome ainsi que de nombreux widgets disponibles sur l’Android Market ;
Propose un système de recherche qui mélange à la fois les programmes TV, l’offre de VoD, les contenus YouTube ainsi que ce qui est indexé sur votre media center (si vous en avez un) ;
Sera directement intégré dans une gamme de smart TV de chez Sony ou grâce à la Revue Box de chez Logitech (aux alentours de 500 $).
La Google TV Box de chez Logitech
Vous pourriez me dire que des gros acteurs ont déjà tenté de marier web et TV sans succès (Microsoft avec MediaRoom, Yahoo! avec Connected TV, Apple avec Apple TV…), mais l’offre de Google est plus ambitieuse et bénéficie de plusieurs leviers de différentiation :
L’offre sera disponible pour tous les constructeurs qui souhaiteront équiper leurs produits de l’offre Google TV (grâce à une puce tout-en-un produite par Intel) ;
De nombreuses synergies sont à prévoir avec les smartphones (utilisées comme télécommande intelligente ou comme terminal de paiement) ;
Un partenariat avec des fournisseurs de grilles universelles de programmes (comme Dish Network) donnera du sens au flux vidéo et permettra de proposer des contenus et services additionnels (des fiches IMDB sur le film en cours de visionnage…) ;
Google se lance dans l’aventure avec deux gros partenaires industriels que sont Logitech et Sony (qui fabrique des TV mais possèdent aussi des contenus à forte valeur ajoutée avec les catalogues de film de MGM, Columbia et Tri-Star) ;
Google peut compter sur son large écosystème de développeurs Android pour étoffer rapidement l’offre.
Les ambitions de Google pour cette offre sont donc placées très haut. En fait il semblerait que Google tente une manoeuvre de décapitation préliminaire, bien connue des militaires, pour écraser les concurrents directs de petite taille (Roku, Vizio, Vudu…) et augmenter de façon drastique la pression concurrentiel face au duo Apple / Microsoft. Pour en savoir plus, je vous recommande le très complet rapport de Forrester : Google TV Is A Bigger Deal Than You Think.
Google TV pourrait révolutionner le marché (tout comme l’iPhone à son époque)
La télévision est un média de masse parfaitement mûre avec une chaîne de valeur parfaitement rodée, tout comme l’industrie des télécoms l’était avant le débarquement de l’iPhone ! Avec Google TV, le géant de la Silicon Valley ambitionne de métamorphoser le secteur en appliquant sa recette (avec le modèle plus que gratuit) et en y injectant les leçons retenues avec l’iPhone. Les objectifs de Google sont donc les suivants :
Désintermédier les câblo-opérateur et autres bouquets satellite en proposant une interface de recherche universelle qui permettrait aux téléspectateurs de manger à la carte plutôt qu’au menu ;
Amasser de grandes quantités de données sur les usages et les grilles de programme (tout comme il le fait avec Google Analytics et Google Maps) ;
Générer des revenus avec du placement publicitaire dans son interface de recherche.
L'interface de recherche de Google TV
Le coeur de Google TV est donc cette interface de recherche, ça tombe bien car c’est la spécialité de Google !
Un second souffle pour les TV connectés
Relier votre TV à l’internet n’est pas une nouveauté, et j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet : La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie. Mais quand c’est Google qui s’y colle, forcément on se dit qu’ils peuvent bouleverser en profondeur nos habitudes et définitivement modifier notre façon de consommer des contenus via le petit écran (en fait plutôt grand chez certains).
Il y a d’une part un très bon timing car Google se lance en plein dans une phase de renouvellement où la TV est en train de se réinventer (HD, 3D, TNT…) et où les consommateurs sont en demande de plus de flexibilité et de potentialité pour un équipement qui coûte la peau des… genoux (The Future Of TV Is… TV). Nous sommes également dans une période où les pratiques de piratage de contenus se banalisent et où les pouvoirs publics ne savent plus trop comment s’y prendre (cf. la navrante campagne de sensibilisation sur HADOPI). Loin de moi l’idée de relancer le débat sur ce sujet, mais il y a bien une chose que je sais : On ne peut pas lutter contre le marché et en l’absence d’une offre viable, les téléspectateurs vont compenser la faiblesse de ce qu’ils trouvent sur leur TV (Google TV – If The Vikings Don’t Deliver, The Pirates Will).
Bref, Google TV arrivera à point nommé pour débloquer la situation et simplifier / généraliser les pratiques de VoD qui génèrent beaucoup d’attentes :
La VoD est une des grosses attentes de la TV2.0
Google TV serait également l’occasion pour vulgariser les usages de magnétoscope numérique (nous n’avons pas l’équivalent de TiVo en France) et des media centers où sont stockés les photos, vidéos et films de la famille.
Les défis qui attendent Google
Maintenant qu’ils ont des partenaires industriels pour la partie technique, reste à Google la lourde tâche de blinder la partie “contenus”. Ceci implique notamment de signer des partenariats avec les éditeurs de contenus qui sont aussi distributeurs pour la plupart (soit avec leurs chaînes de TV ou leur offre de catch-up TV). Il existe bien des acteurs comme TV Replay ou MySkreen en France, mais ce qu’il faudrait ce sont des initiatives plus ambitieuses comme Hulu ou EpicHD pour proposer une offre complète sur les films et séries TV (le gros du marché). Sur ce point là, la partie est loin d’être gagnée, mais je pense que la force de frappe de Google va faire avancée les choses.
À moins que… à moins que les exemples des industries musicales (verrouillée par Apple et son iTunes) et de la presse (déstabilisée par Google News) ne fassent peur aux géants de la TV qui pourraient se replier sur eux-même et nous faire le coup d’Asterix…
Dernier défi à relever par Google : L’utilisabilité. Car il faut bien comprendre que Google TV n’est ni plus ni moins qu’un ordinateur sur lequel il est possible de surfer sur internet, rechercher des contenus, installer des applications… Mais comment faire avec une simple télécommande : En proposant une interface simplifiée ? En commercialisant une télécommande améliorée (à l’image de la Litl TV) ?
Télécommande 2.0 pour TV 2.0
Tout comme il a fallu repenser les interfaces pour les smartphones (et maintenant les touchbooks), il va falloir fournir de gros efforts pour faire en sorte de ne pas perdre les téléspectateurs en route (cf. Google publie des recommandations pour la conception d’interfaces TV).
Les premiers observateurs de l’offre Google TV commencent déjà à fantasmer sur un principe de chaîne entièrement personnalisée aux goûts du téléspectateurs qui sera tellement ébloui par la finesse du ciblage comportemental qu’il préfèrera regarder les pubs qui lui correspondent parfaitement plutôt que les programmes. Hum hum… je ne m’attarderais pas sur ces prévisions loufoques.
Nous savons maintenant que la personnalisation 1to1 est une utopie qui a fait perdre beaucoup d’argent et de temps aux industriels du web. La tendance serait plutôt de s’intéresser à des systèmes de recommendations ou de suggestions (les américains appellent ça des curated lists). Ces recommandations pourraient être faites par un portail (donc Google TV), par un média (la liste des programmes recommandé par le chroniqueur de Télé 7 jours) ou par la communauté (avec des services comme TOITI ou Joost).
Qui pourrait concurrencer Google ?
Maintenant que le loup a pointé le bout de son nez dans la bergerie, reste à savoir qui pourrait potentiellement concurrencer Google :
Sony, car ils possèdent une grande maitrise de l’électronique grand public (c’est une marque forte), car ils disposent d’une bonne base avec la PS3 (qui fonctionne aussi comme un media center et un canal de distribution), car ils possèdent de nombreux contenus (films et musiques). Sony pourrait très largement concurrencer les plans de Google, mais il ne se passera rien vu qu’ils viennent de signer un partenariat très fort (ils préfèrent se marier et partager les bénéfices plutôt que de s’affronter).
Microsoft, car ils maitrisent la partie software, car ils sont déjà présents dans de nombreux foyers avec la Xbox, car ils ont des moyens et de l’ambition. Oui mais Microsoft est en ce moment engagé sur de nombreux fronts (cloud computing, search, mobile…) qui mobilisent une grosse partie de ses ressources.
Apple, qui bénéficient d’une formidable image auprès du grand public (et des faveurs des marchés financiers), de l’écosystème terriblement efficace d’iTunes, d’une offre qui ne demande qu’à être dépoussiérée. Rajouter à celà de grosses ambitions sur le cloud entertainement (avec notamment le rachat de Lala).
Bref, vous pouvez fantasmer sur une hypothétique TV de chez Apple qui embellirait votre salon (et viderait définitivement votre compte en banque) mais ça n’arrivera pas car cela impliquerait une plus forte diversification dans les activités d’Apple qui pourrait inquiéter les marchés financiers (Steve Jobs vient à peine de leur expliquer qu’Apple est une “mobile-device company“).
Tout ceci m’amène donc à la conclusion que Google vient quasiment de remporter la bataille du salon. Cette pièce emblématique où les membres du foyer se regroupent, où l’on se détend / divertie, où il y a tant d’argent en jeu. Et Google compte bien en capter une bonne partie de façon indirecte, tout comme il le fait avec le web. Google a récemment déclaré qu’ils générait près de 54 milliards de $ d’activités économiques rien qu’aux US, imaginez ce que cela pourrait donné avec un média de masse comme la TV dont les revenus publicitaires s’élèvent à 70 milliards de $ rien qu’aux USA… Largement assez pour remplir encore plus les caisses de Google et lui permettre d’accroître encore plus sa présence dans notre quotidien. J’attends avec impatience la Google Car !
Déjà 7 ans de blog… c’est fou comme le temps passe vite, et surtout comme l’écriture peut rapidement s’installer dans un quotidien professionnel. En 7 ans j’aurais publié près de 3.000 billets sur mes 7 blogs. Même si la cadence n’est plus la même qu’à la “grande époque”, j’ai toujours une motivation intacte. En fait le ralentissement dans ma production s’explique par le fait que je n’ai plus envie d’écrire de la même façon.
Voilà bien longtemps que j’ai abandonné la chasse au scoop et la course au référencement, mon rythme de production s’est ainsi stabilisé à 1 analyse par semaine sur ce blog et 2 ou 3 billets par mois sur les autres blogs. C’est peu, mais c’est aussi largement suffisant pour le temps que je peux y consacrer (car j’ai aussi une famille et un travail) et surtout pour ce que j’ai à dire.
De toute façon il n’en faut pas plus pour fidéliser un lectorat. Autant sur les cinq premières années j’étais en phase de conquête, autant depuis ces deux dernières années j’en suis plus à de la fidélisation. Mais “fidéliser” ne veut pas forcément dire “stabiliser”, ça veut surtout dire se concentrer sur le coeur de son audience, quitte à perdre quelques lecteurs “périphériques”. En 2 ans 1/2 j’ai ainsi perdu près de la moitié de mon audience (visiteurs sur le site et abonnés au flux RSS) :
Statistiques de fréquentation de FredCavazza.net
Perdre la moitié de mon audience était le prix à payer pour avoir des conversations de qualité. J’ai ainsi constaté une très nette amélioration dans les commentaires : Non seulement il n’y a plus de trolls et autres déchets, mais en plus il y a une véritable intelligence dans les échanges que je peux avoir avec mes commentateurs (et aussi entre eux). Bref, je ne regrette en rien les changements effectués dans ma ligne éditoriale et mon rythme de publication. Je pense appliquer la même méthode avec mes 6 autres blogs dont la croissance est soutenue et dont certains vont bientôt rivaliser avec le blog principal.
Côté exposition médiatique, on me fiche également la paix : Je continue à être sollicité par des agences mais la tendance est la baisse (ça ne m’empêche pas de toujours avoir un petit frisson quand je reçois un colis de chez Buzzman, surtout depuis cette histoire de pied de porc). Par contre je continue à être inondé de demandes d’interviews de la part d’étudiants et c’est pire chaque année !
Donc je suis bien parti pour continuer ainsi jusqu’à mon dixième anniversaire (et même plus). La prochaine étape pour moi sera une remise à niveau technique (passage à Wordpress 3) et une refonte graphique pour l’ensemble des blogs. Tout ceci devrait normalement arriver dans le courant du mois de juillet.
Passionné d’internet, je travaille dans les métiers du web depuis plus de 12 ans. Je partage sur ce blog mes trouvailles, mon quotidien professionnel et mes opinions. Je suis consultant indépendant donc n'hésitez pas à faire appel à mes services.