RSS n’est pas un produit grand public, c’est un outil pour les professionnels

L’annonce de la fermeture prochaine de Google Reader a provoqué une véritable onde de choc : Powering Down Google Reader. Lancé en 2005, le lecteur de flux RSS de Google occupe une place largement dominante et a su évincer ses concurrents (Bloglines étant le plus notoire). Mais après de nombreuses années de bons et loyaux services, Google décidé d’arrêter Reader le 1er juillet prochain pour concentrer les efforts sur d’autres services (A second spring of cleaning). Visiblement Reader a toujours évolué plus ou moins sous le radar et n’a jamais été dans la liste des priorités de Google malgré ses dizaines de millions d’utilisateurs journaliers (Google Reader lived on borrowed time).

La fin d'une époque...
La fin d’une époque…

Étant moi-même un utilisateur de la première heure, je suis attristé par cette nouvelle. Mais plus que la tristesse, c’est l’énervement qui me gagne ce matin, notamment contre les nombreux articles que j’ai pu lire sur le constat d’échec des flux RSS (et par analogie des autres technologies de syndication) et la grande victoire de la curation. Je serais bien incapable de vous expliquer pourquoi tant de personnes se sont donné autant de mal ces dernières années à vouloir condamner les flux RSS, aussi je vais m’efforcer de rétablir l’équilibre dans ce débat.

Non, les flux RSS ne sont pas morts, bien au contraire

RSS est donc un format de fichier permettant à deux systèmes d’information de s’échanger des flux d’information structurée. En ce sens, RSS est une technologie, pas un service. Google Reader, Netvibes, Flipboard sont des services… qui reposent sur les flux RSS. En fait de très nombreux services exploitent les flux de données structurées et RSS en particulier. La raison est que c’est une technologie mature, robuste et parfaitement maitrisée. Condamner RSS, c’est un peu comme de condamner le diesel. Encore une fois, je ne vois pas trop l’intérêt de décréter la mort d’une technologie adoptée par l’ensemble de l’industrie (cf. Why RSS still matters).

L’argument principal des détracteurs est de dire que c’est une technologie complexe et que le grand public n’y comprend rien. Effectivement, il n’est pas simple de lire un fichier RSS, mais heureusement, aucun être humain n’est censé les lire, les services comme Google Reader sont justement là pour le faire à notre place. Il y a certes le petit picto qui peut paraître obscur aux non-initiés, mais la plupart du temps il suffit de saisir l’URL d’un site pour qu’un service découvre par lui-même l’URL du flux et vous abonne automatiquement.

Bref, il n’est pas plus compliqué de s’abonner via un flux RSS que de suivre un membre sur Facebook ou Twitter. En mentionnant Twitter, je fais une transition vers le second argument des détracteurs.

La curation est l’avenir de l’information pour les touristes, c’est une aberration pour les professionnels

Le coeur du débat ne se situe pas dans la remise en question de la technologie RSS en elle-même, mais plutôt dans les usages de consommation de l’information. Au fil des années, le volume d’information et de message a considérablement augmenté avec l’avènement des médias sociaux. En conséquence de quoi, l’internaute moyen se retrouve littéralement noyé sous les articles, messages, photos, vidéos… Il est donc tout naturel qu’il ai cherché des solutions pour se simplifier la vie et éviter de subir l’infobésité. Cette solution a un nom : la curation. Elle consiste à ne sélectionner que les informations les plus pertinentes. Et c’est là où une distinction très nette doit se faire entre les internautes lambda et les professionnels de l’information. Google Reader, et les lecteurs de flux en général, sont des outils de veille qui permettent de consommer et gérer de nombreux flux d’information. Il n’est pas ici question de collecter de l’information de surface quand on a 5 minutes à perdre, mais d’effectuer un suivi systématique. Je passe ainsi plus de 2 heures par jour à lire l’intégralité des articles des flux auxquels je me suis abonné, mais c’est un choix. La veille fait partie intégrante de mon travail, plus cette fonction de veille est intense et plus je suis en mesure de générer de la valeur pour mes clients (et mes lecteurs).

Le « débat » autour de l’échec des flux RSS est donc né d’un amalgame entre une activité de veille dans un contexte professionnel et une activité d’écoute passive des tendances dans un contexte récréatif. Twitter ou Feedly ne remplaceront jamais Google Reader, car ils ne remplissent pas le même service et ne correspondent pas au même contexte d’usage. En tant que professionnel de l’information, je veux lire l’intégralité des 850 flux auxquels je suis abonné, pas simplement une sélection des plus populaires. Mais c’est mon choix, car j’ai décidé d’y investir du temps et de l’énergie dans un contexte professionnel. Libre à vous de déléguer le filtrage des informations que vous souhaitez lire à un algorithme ou à une autre personne, mais ne venez pas nous dire que les flux RSS sont un échec et que l’avenir est au service de social news. J’aime bien Flipboard ou Google Currents, mais ce ne sont pas des outils de veille.

Bref, tout ça pour dire que ceux qui proclament la mort du RSS sont grosso-modo les mêmes qui proclament la mort des blogs, des chasseurs de clics. N’y accordons pas plus d’intérêt.

Le bon outil pour le bon usage

Il me reste à traiter la question de la solution de remplacement. Il existe déjà de nombreux articles à ce sujet, aussi je vais être bref :

  • Si vous envisagez la veille comme une activité journalière et systématique, alors optez pour une solution professionnelle comme TheOldReader, NewsBlur ou Feedbin ;
  • Si vous cherchez une solution simple et élégante pour suivre l’actualité de nombreuses sources sans trop vous prendre la tête, optez plutôt pour des services grand public comme Feedly ou des services plus visuels comme Pulse ou Zite ;
  • Si vous n’arrivez pas à vous décider, attendez de voir ce que vont nous proposer prochainement Digg ou Bloglines (en quête de rédemption).

En ce qui me concerne, ma préférence va pour le moment à The Old Reader, mais je me laisse encore le temps de tester ces différents services. Idéalement je cherche une solution de veille qui pourrait remplacer Google Reader, Delicious et Evernote. Si vous connaissez un produit tout-en-un, même payant, ça m’intéresse.

43 commentaires pour “RSS n’est pas un produit grand public, c’est un outil pour les professionnels”

  1. Posté par Nicolas a dit : le

    Je ne suis donc pas d’accord sur Feedly. Ce service fonctionne en grande partie comme Google Reader, il présente juste les flux de façon différente mais une vue classique en forme de liste de titres est aussi disponible.

    Feedly remplacera parfaitement Google Reader (et je l’utilise depuis le début). Et pour le partage sur tous les réseaux sociaux ou autres, Feedly est parfait tant en web que sur mobile / tablette.

    Associé à Pocket pour lire les articles plus tard, il est parfait (pour mon usage : veille + partage sur Twitter / Linkledin / Facebook).

  2. Posté par douzeheuresept a dit : le

    Je suis complètement d’accord avec toi. RSS est réellement utile pour suivre de nombreux sites pour garder facilement une vieille technologique ou autres ! Je ne vois pas comment, je pourrais me passer des mes RSS !
    Je ne suis pas contre l’évolution technologique mais alors il faudra me montrer un remplaçant pertinent.

  3. Posté par MathRobin a dit : le

    Comme toi, mon quotidien est « bouffé » par une énorme part de lecture de flux, la veille fait partie de mon métier. Google Reader me permettait donc de faire ma veille efficacement (premier point grâce ne serait-ce qu’à son apparente simplicité).

    Ma chronique de veille technologique, si je la veux complète pour mes lecteurs, m’impose de faire ce travail sérieusement. Si je ne remonte que les dernières actualités importantes, je ne ferais pas mieux que les sites d’informations plus généralistes tels que Developpez ou 01Net. Non pas qu’ils font mal leur travail ou qu’il n’est pas respectable. Juste que lorsqu’on propose une chronique spécifique, il faut aller au fond des choses. Alors oui, je me coltine la lecture de tout (et vraiment absolument tout) ce qui se passe sur le framework de jQuery. Sans les RSS, ce travail serait impossible.

    Ma curation, je la fais moi-même à la main, le seul algorithme qui décide de ce qui est important, c’est moi et mon opinion. Mais au lieu de pondre un article copie de chacun de leurs articles de blog, je me retrouve à pouvoir à créer une chronique d’actualités hebdomadaire.

    Sans RSS, mon blog n’existerait pas. Déjà que coté audience, je suis très spécialisé. Et je ne pense sincèrement pas être le seul, ton blog en est une preuve de plus. Le RSS est loin d’être mort, certes la disparition de Google Reader est un mauvais coup à l’abdomen pour tous les veilleurs acharnés, mais ça ne signera pas la mort du RSS.

    (au passage, merci pour tous tes articles de qualité sur tes divers blogs que je suis depuis des années)

  4. Posté par kesler isabelle a dit : le

    Et Netvibes,? aussi performant et une interface très séduisante à mon avis .

    Cordialement

  5. Posté par isabelle kesler a dit : le

    Et netvibes?, aussi performant et interface séduisante , à mon avis

  6. Posté par LaVeille a dit : le

    Absolument d’accord sur le fait que RSS est un outil professionnel pour les professionnels, pour ma part je ne conçois pas la veille sans cette technologie, elle me fait gagner beaucoup de temps. Cependant en Twitter j’ai aussi un compagnon de veille plutôt efficace, le tout étant à mon avis de « sélectionner » les bonnes personnes, celles qui travaillent dans notre domaine et qui font elles-mêmes un gros travail de veille. Je n’y cherche pas forcément des signaux faibles mais une info solide et pertinente, récoltée par des professionnels (c’est d’ailleurs par ce votre compte Twitter que j’ai eu votre article !). Tout comme les abonnements RSS, à mon avis, avec environ 200 abonnements on peut déjà faire du bon travail.

  7. Posté par MathRobin a dit : le

    Twitter, c’est un peu différent quand même. Même sen sélectionnant les bonnes personnes et en restreignant au possible ce panel, tu vas forcément laisser passer des infos. C’est génial pour l’instantané mais si tu n’y es pas sur le moment, tu as raté l’info.

  8. Posté par Traxx a dit : le

    Excellent article !! Enfin, un article qui n’oppose pas RSS aux réseaux sociaux mais qui les voit comme 2 choses différentes !
    Mais pourquoi lier le RSS à une utilisation pro ? Je l’utilise toute la journée pour faire « ma propre curation » sans être dans un contexte pro mais tout simplement parce que je ne veux rien louper sur un thème et surtout que je veux faire mon propre tri et ma propre analyse.

  9. Posté par ropib a dit : le

    Professionnel peut-être, mais professionnel de quoi ? Quid des chômeurs ? Qu’est-ce qu’une profession ? Il me semble par exemple que pour être déclaré journaliste il faut travailler au moins un certain nombre d’heures pour un journal… sans doute une entreprise déclarée comme telle à partir du moment où elle emploie un certain nombre de journalistes, je ne sais pas.

    Bon, le RSS est un format, nous sommes d’accord, un peu comme le mail. Du coup je ne sais pas trop pourquoi les lecteurs de flux seraient moins grand public que les messageries mail, auparavant réservées à un usage professionnel.
    Personnellement j’utilise (encore pour l’instant) Google Reader parce que c’est pratique et puissant, je ne vérifie pas l’adéquation de ma consommation avec ma fiche de poste dans mon entreprise, et j’avoue avoir des difficultés à mesurer si c’est du temps de travail ou du temps de divertissement (encore cette foutue inadéquation de la mesure du travail par le temps).
    Alors à mon avis le RSS n’a pas été véritablement démocratisé encore pour diverses raisons : 1) la sur-utilisation des messageries mail pour tout et n’importe quoi (ce qui explique aussi que le spaming ait la belle vie, sinon ce ne serait tout simplement plus rentable) 2) le manque de services à la destination du public : beaucoup de gens ignorent encore ce qu’est le RSS, pourtant ils savent ce qu’est une newsletter… parce que cette dernière est mise en avant et fait l’objet d’un travail d’éditorialisation et est donc plus médiatisée déjà en interne 3) le manque de transparence des applications qui l’utilisent, par souci de contrôle de l’information et de préconisation des comportements. Le RSS est à mon avis un gros moteur dans l’émergence du web2.0 assez sous-estimé. La crainte exprimée à l’occasion de la fermeture de Google Reader serait alors en réalité la partie émergée d’une crainte générale du glissement actuel du web, de son ouverture, de la connectivité… vers des applications en silos. Elle n’est pas forcément raisonnable, il y a d’autres services intéressants qui sont basés sur le RSS, l’ouverture sur le web en général, à même de produire de l’intertextualité, mais il me semble qu’il est tout de même légitime d’observer tout ça avec attention.

    En terme de solution de remplacement je vais sans doute tenter Owncloud, en espérant que le lecteur de flux soit rapidement stable.

  10. Posté par Marc a dit : le

    RSS permet aussi fabriquer des outils où on est pas obligé de se connecter avec son compte facebook ou google. On est donc moins mis en fiche, non ?

  11. Posté par jpbatier a dit : le

    merci pour ce post. je vous suis via RSS & google reader. . Concernant la disparition de GR, je m’attendais plutot à un rapprochement avec G+. .J’utilise flipboard et je teste feedly plutot à titre perso (pour des raisons esthétiques et parce que les flux sont « peu » nombreux ») mais pour le pro c’est GR qui est simple et efficace pour l’organisation et la lecture des flux mais aussi parce qu’il intègre pas mal de possibilités de partage..De plus GR permet de concentrer sous un ident pwd les outils google comme actualités, mail ou google+. Pour les flux pro du coup je teste Greader (mais ce n’est qu’une appli) et Netvibes (mais pas d’appli) dont je suis surpris que vous n’ayez pas parlé. Concernant twitter, pour moi, c’est autre chose et cela ne remplit absolument pas le boulot. c’est un peu comme si GR ne publiait que le titre d’un article.

  12. Posté par Gilles a dit : le

    Clair que Netvibes me paraît plus approprié en mode reader que feedly qui demande l’installation d’une extension navigateur.
    Et faut aussi prendre en compte les auto-hébergements (je teste KrISS Feed, mais il en existe une dizaine, de ces petits lecteurs, avec ou sans SGBD) qui marche pas mal.

  13. Posté par Serge Courrier a dit : le

    Sans refaire (totalement) l’histoire, une des raisons d’un certain échec populaire du RSS est à chercher chez Dave Winer qui a verrouillé complètement le format en interdisant toute évolution. La petite communauté RSS rassemblée autour du RSS Advisory Board n’a pas su non plus édicter des règles de simplicité d’accès : développer des extensions de RSS Autodiscovery universelles pour tous les navigateurs, promouvoir la mise en place d’une page trouvable sur http://www.nomdusite.com/rss, universalité d’un protocole d’abonnement, etc.

    Bon pour ce qui est de Feedly, beaucoup de choses se passent en ce moment dans les forums de discussion où des utilisateurs votent pour des fonctions similaires à Google Reader
    – export OPML
    – interface full Web
    – fils RSS « sortants » à partir des tags ou dossiers
    – taguage dans les applications mobiles
    – etc.

    C’est le moment de voter. L’avantage est ici aux utilisateurs.

    Pour l’alternative, il faut encore attendre à mon avis que les nouveautés émergent des différents acteurs.

    Pour ma part, il y a des grandes chances que je passe à Tiny Tiny RSS (à héberger), qui reprend toutes les fonctions pro de Google Reader (en mieux).

    Pour Netvibes, il s’agit certes d’un service intéressant mais aux fonctions évoluées bien maigres pour un usage professionnel.

    @secou

  14. Posté par amarois a dit : le

    Bravo pour ce point précis faisant le distingo clair entre curation et veille, twitter et les outils type Greader; venant de quelqu’un qui n’est pas de l’info-doc (documentaliste, bibliothécaire, resp. de cellule de veille, CM de fait, etc), cela a d’autant plus de poids.
    Je penchais pour Feedly après avoir accumulé une quinzaine d’articles sur ce switch forcé dans mon Diigo; je vais revoir tout ça et approfondir TheOldReader suite à la lecture de votre article.

    Merci.

  15. Posté par Frédéric DEBAILLEUL a dit : le

    Singulier le titre…
    Lorsque je forme quelque personne que ce soit sur « Internet et ses usages », je commence (quasiment) par les flux RSS…
    Question d’approche ?

  16. Posté par Frédéric Cavazza a dit : le

    @ Nicolas > Je me trompe peut-être, mais il me semble que Feedly n’autorise pas la lecture au kilomètre des articles toutes catégories confondues (comme G Reader en fait).

    @ MathRobin > « Sans RSS, mon blog n’existerait pas », pas mieux.

    @ LaVeille > Disons que Twitter est complémentaire.

    @ ropib > Je propose de remplacer « professionnel » par « industriel ». De ce point de vue là, Netvibes n’est pas suffisant, car il ne permet pas de suivre des centaines de flux de façon efficace.

    @ Marc > Tout à fait, RSS est anonyme.

    @ Serge Courrier > Effectivement, le format RSS n’a pas beaucoup évolué en 5 ans. Nous pourrions même dire qu’il a stagné, dommage…

  17. Posté par Bertrand Bonnot a dit : le

    Bonjour,

    Symbaloo est aussi un agrégateur performant, facile d’utilisation avec une belle ergonomie.

    Bon printemps

  18. Posté par Vincent a dit : le

    Excellent article Fred, comme d’hab. Tout à fait d’accord que le RSS n’est pas mort, qu’il est plus pour les pros de la veille et non pour le grand public.

    Par contre j’ai créé un compte Feedly pour ma femme, je lui ai mis ses magazines et journaux préférés et franchement elle adore! Elle trouve toutes ses actus en un seul endroit et vu qu’elle adore lire des articles en ligne, dans son cas c’est vraiment pratique.

    Finalement le RSS : un outil de pro qui pourrait être apprécié par les non-initiés, si on trouve le temps de leur montrer ;-)

  19. Posté par Kévin Joffard a dit : le

    @Frédéric Cavazza : Il est tout à fait possible de suivre plus d’une centaine de flux avec Netvibes. C’est mon cas dans mon usage personnel et professionnel. Il est possible de choisir le display :
    – Reader ==> vision à la Google Reader
    – Widget ==> vision propre à Netvibes.

    Pour peu que l’on utilise en parallèle Yahoo!Pipes, on peut obtenir une interface de veille tout à fait adaptée à ce que l’on recherche.

  20. Posté par samuel a dit : le

    Très bon article Fred ! C’est vrai que le flux RSS peut paraître austère à première vue, mais il s’avère très utile et efficace surtout lorsque l’on veille sur un sujet en particulier.

    Je fais partie de ceux qui sont déçus de la fermeture de Google Reader, j’ai essayé Feedly mais il est très contraignant en ne choisissant que les posts les plus populaires d’un site.

    Je vais essayé les outils que vous nous avez conseillé TheOldReader, NewsBlur ou Feedbin.

    Samuel

  21. Posté par Gaëtan a dit : le

    Excellent article, dont je partage tout à fait le point de vue.

    J’ajouterais la chose suivante : Google Reader est selon moi devenu au fil des années un service standard de gestion de flux RSS dans le Cloud. Ce service à l’interface et aux fonctionnalités léchées qui manquent à Yahoo Pipes…

    En tout cas il en a toutes les caractéristiques :
    – service autour duquel s’est formé tout un éco-système basé sur des APIs
    – accessibles via de nombreuses applications tierces sur tous les types de terminaux

    Et si on trouve une multitude de lecteur de flus RSS rivaux (tous ayant leurs qualités et défauts propres), ce qu’il manquera le plus c’est cette fonctionnalité de synchronisation de la lecture des flux, des tags ou encore des favoris à travers tous les devices.

    Quand je lis mes flux dans les transports sur mon smartphone, je n’ai pas envie d’avoir à les re-marquer comme lu sur mon ordinateur une fois arrivée chez moi…

    Pour ma part j’attends de voir ce que vont proposer les applications qui reposaient pour l’instant uniquement sur Google Reader (je pense notamment à Reeder sur iOS/Mac que j’utilise).

    Et je rêve secrètement du grand retour de Yahoo avec une amélioration fulgurante du service Yahoo Pipes en terme d’interface et de fonctionnalité… Pas sûr que ce soit dans leurs priorités à l’heure actuelle, mais, quand on y réfléchit, c’est une grande opportunité pour eux de revenir sur le devant de la scène auprès d’un public passionné du web que nous sommes tous ;)

  22. Posté par Nicolas Richer a dit : le

    En suivant tes conseils je suis allé voir The Old Reader… Et à première vue ils font face à une bonne surcharge, je ne peux pas encore importer tous mes flux.

    J’ai essayé avec un flux quelconque et le rendu me plaît, beaucoup plus que Feedly en tout cas !

    Merci pour la trouvaille Fred !

  23. Posté par Aurélien Boutaudou a dit : le

    @Frédéric : Pour la lecture au kilomètre sur feedly, c’est complètement possible. Il suffit de sélectionner l’option de vue Full articles dans l’onglet Latest (si j’ai bien compris ce que vous voulez dire par lecture au kilomètre).

  24. Posté par Jeremy a dit : le

    Tout à fait d’accord. Il est d’ailleurs bon de noter que certains outils de curation (a la Scoop.it) reposent sur les flux RSS pour récupérer de l’information.
    On est donc surement loin de la mort du RSS, et heureusement !

    C’est un discours similaire a ceux qui annoncent la mort des blogs, qui serait remplaces par Facebook ou Twitter. Ces gens-la ne réfléchissent pas forcement aux liens qui peuplent leur timeline, et qui dirigent essentiellement… vers des blogs.

    Mais c’est sur que le RSS est un format qui aura du mal a atteindre le grand public. Pour plusieurs raisons surement, mais peut être tout simplement parce que les producteurs de contenu préfèrent mettre en avant des solutions qui leur permettent de pousser leur contenu directement vers le lecteur (newsletter/email). Au moins quand on envoie une newsletter on est sur que le message atteint son destinataire (meme si peut être sans être ouvert). Avec le RSS, c’est le lecteur qui a le contrôle, qui choisit d’ouvrir son lecteur RSS et de vérifier ses flux.

    Si des clients email comme Thunderbird avaient mieux travaille leurs outils de gestion de flux, peut être que la techno RSS aurait fait un pas en avant…

    De mon coté, j’étais passé de Google Reader a Fever il y a quelques années, et je ne suis jamais revenu en arrière. Fever a l’intérêt de proposer deux manières de consommer ses flux : la manière classique a la GReader, et la curation automatique parmi des flux RSS d’information.
    C’est une solution payante, mais vu le temps qu’on passe avec notre veille chaque jour, je pense que c’est vite rentabilisé ! Si on considère le RSS comme un outil professionnel, soyons sérieux et utilisons des outils professionnels.
    Et puis c’est une solution que j’héberge moi meme, je n’ai donc pas de risque que mon lecteur ferme sans mon avis :)

  25. Posté par Régis Barondeau a dit : le

    @Kévin Joffard : Je suis d’accord que la combinaison de Netvibes et de Yahoo Pipes est efficace. Pour ma part j’y ajoute encore Diigo et Evernote. Toutefois, cela implique l’utilisation en parallèle de 4 services avec les risques et problèmes que cela implique.

    Je n’arrive pas comme certains l’avancent à remplacer Diigo ou Delicious par Evernote. Quand on a des milliers d’URL, Evernote est selon mon expérience bien moins efficace que Diigo ou Delicious. Je retrouve mes URL sur Diigo en 2 sec.

    @Fred Cavazza je crois que ce que l’on demande (j’aspire à la même simplification que toi) n’existe pas en version gratuite ou payante à un prix raisonnable. Netvibes en version premium individuelle c’est 499€/mois incluant curation, alertes, tagging, sentiments, etc. Knowledge Plaza (http://www.knowledgeplaza.net/) est une autre option, mais la cible est clairement l’entreprise et non le geek veilleur.

    Il me semble qu’il y a un marché à prendre dans les solutions professionnelles payantes à un tarif raisonnable. Je pense à un prix de l’ordre de 160$ ou €/an correspondant à la combinaison des abonnements premium de services comme Diigo (40$/an) + Evernote (40€/an) + un agrégateur + un puissant filtre type Pipes.

    Pour le moment, je poursuis avec une combinaison entre Netvibes, Diigo, Yahoo Pipes, Evernote pour les notes et fiches de lectures doctorales et mon wiki personnel pour les grosses synthèses.

    Pour Twitter, c’est définitivement complémentaire. Sur un flux RSS on a toutes les nouvelles d’une organisation avec pour les grosses des catégories, sur Twitter cela dépend de l’usage qui est fait du compte. J’aime bien le côté sérendipité-connectioniste de Twitter. Je fouille aussi Zite pour une sérendipité-algorithmique.

  26. Posté par Natalie a dit : le

    J’ai lu dernièrement que Diijo travaillait sur une alternative à Google Reader: http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/digg-google-reader-0313.shtml
    Personnellement, je teste Netvibes. Je le trouve beaucoup moins pratique pour le partage.
    J’utilisais Google Reader jusqu’à tout récemment pour ma veille professionnelle et ça fonctionnait plutôt bien. Déception.

  27. Posté par TicTac a dit : le

    @Serge Courrier: Un grand merci de faire découvrir « Tiny Tiny RSS ». L’utopie du cloud pour tous montre déjà ses limites. Allons vers des clouds hébergés sur nos propres serveurs avec ce genre d’applications !

    Concernant le rss: article pertinent qui remet les choses en perspective. Quand on sait que ce n’est qu’un très faible pourcentage de gens qui alimente en contenu le web – ces professionnels – il est amusant de voir Google titiller ce public.

    Concernant Reader, c’est la confiance en une marque qui un prend un coup. Quid de blogger? Calendar? Tasks? Picasa? Le Google post-Google+ ne me concerne plus.

  28. Posté par Tang a dit : le

    EN fait, les flux RSS sont incontournables aussi bien en pro qu’en fan de cuisine, de mode, de scrapbooking. De ce point de vue, je ne vois pas comment nous en passer.
    Par contre pour la veille et la curation, je dois avouer que le départ des ondes Google Reader pose un vrai problème. J’avais tester snip it, au cas où, mais le service s’est arrêté à son rachat par Yahoo…. peut être que!
    Sinon d’accord avec toi @Frédéric Cavazza , il va nous falloir tester dans les prochains mois de nouvelles solutions.
    Pour ma part, j’ai plus de 1000 flux…
    En test terminé Netvibes… par pour moi, la version payante est trop onéreuse.
    Pulse et Zite, ergonomie peu adaptée à un grand nombre de flux
    The old reader est une bonne option, en test
    Sinon, je complète ma veille avec Feedly sur tablette…
    Suite dans quelques semaines, quand il faudra choisir..

  29. Posté par Gabriel Agence Web 1min30 a dit : le

    Comme toujours je suis très en phase avec vos analyses et j’ai quitté mon interface Google Reader pour venir écrire ce commentaire.

    J’attends vos retours de test avant de changer d’outil avec un faible espoir de voir Google revenir sur sa décision… ce qui semble mal parti vu que l’outil à quitter la barre de navigation Google…

    Bien cordialement,

    Gabriel Dabi-Schwebel
    http://www.1min30.com

  30. Posté par Marco a dit : le

    Bonjour,

    Avec quelques paramétrages en plus, Feedly peut être assez bien adapté à une consommation « industrielle » des flux RSS. Cf les tips suivant : http://blog.feedly.com/2013/03/14/tips-for-google-reader-users-migrating-to-feedly/

  31. Posté par Marco a dit : le

    Bonjour,

    Avec un tout petit peu de paramétrage, Feedly peut s’avérer assez efficace pour consommer de manière industrielle des flux RSS. Cf les tips suivant : http://blog.feedly.com/2013/03/14/tips-for-google-reader-users-migrating-to-feedly/

  32. Posté par Marco a dit : le

    Problème d’ergonomie sur les commentaire de ton Blog, Fred : quand on valide un commentaire, les champs « Nom » et « Adresse email » se vident (normal) et apparaissent en rouge. ça laisse l’impression qu’il y a eu un problème (champs obligatoire non remplis ou qqch du style). D’où mon doublon juste au dessus, dsl.

  33. Posté par rilax a dit : le

    Juste merci pour ce thread rempli de bonnes idées.
    Une aberration de penser que le RSS est mort .. pas rentable pour google par contre, c’est probable.

  34. Posté par Rodolphe a dit : le

    Le format RSS n’est pas mort : ce format n’a en fait jamais existé auprès du grand public. Vous connaissez une personne normale (j’entends : qui passe moins de 2 heures par jour sur Internet) qui manipule des flus RSS, vous ?

    Ce qui est mort, c’est l’idée qu’un outil sans contenu, quel qu’il soit, constituerait un quelconque intérêt pour un utilisateur final.

    Netvibes, igoogle, google reader : ces outils n’apportaient aucune valeur de contenu, aucun parti-pris ni valeur ajoutée éditoriale… fin de l’histoire.

    Google news fonctionne car les contenus originaux sont d’une certaine manière pillés et les sources sélectionnées (c’est une forme de ligne éditoriale).

    Les agrégateurs sont voués à mourir s’ils n’intègrent pas la valeur ajoutée contenu ou la valeur ajouté outil professionnel à leur modèle, comme a pu le faire Netvibes.

    La coquille vide n’a pas de destin, c’est vrai pour le grand public, c’est vrai aussi en milieu professionnel : combien d’intranet, de réseaux sociaux d’entreprise, d’espaces collaboratifs se créent en abordant la question par l’angle de l’outil ? Cette méthode est vouée à l’échec. Le nerf de la guerre, c’est le contenu, l’outil se construit autour.

    Rodolphe

  35. Posté par Jerome Bondu a dit : le

    Merci Fred pour cet excellent article, ainsi que les bons commentaires qui le complète.

    Jerome

  36. Posté par luc a dit : le

    Mais pk personne ne parle des solutions auto hébergées dans cette histoire ?

    http://tt-rss.org/redmine/projects/tt-rss/wiki

    Est vraiment excellent, et plus aucun souci de dépendance avec un service externe

  37. Posté par brice a dit : le

    il me semble que the old reader vont avoir des difficultés avec la fin de l’API google, c’est eux qui le disent ici http://blog.theoldreader.com/post/45337829605/unexpected-day-what-are-we-gonna-do-about-google

  38. Posté par Mathieu Gaspar a dit : le

    Intéressant :) Comme mentionné dans votre article, je pense en effet que Google Reader et Twitter n’ont pas la même utilité, aussi je me suis permis de les comparer dans l’un de mes articles afin de justifier mon choix d’en utiliser un plus que l’autre puisque comme vous le dites, tout dépend de l’utilité que l’on en a, et personnellement, Twitter remplace aisément tous les ingrédients qui m’intéressaient sur Google Reader.

  39. Posté par LaVeille a dit : le

    @MathRobin oui Twitter est différent bien sûr, c’est l’immédiateté et l’exploitation de signaux faibles, en tout cas je m’en sers pour ça. Si je rate, je rate, mais justement les flux RSS sont là. Je ne veux pas les comparer, mais les ajouter ; je pense vraiment que Twitter est un bon outil de veille, à condition de sélectionner et de bien sûr ne pas l’utiliser exclusivement, sous peine d’être connecté 24/24 7/7 365/365…

  40. Posté par phil a dit : le

    Bonjour

    article très intéressant. Ayant un usage « professionnel » ou « industriel », comme on veut, des flux RSS, j’ai besoin d’avoir des outils répondant absolument à 2 critères :
    – une synchro entre différents terminaux
    – une sauvegarde en local de tous les flux.

    Or, les outils répondant à ces 2 critères ne sont pas nombreux (comme on parle abondamment de Feedly, je n’ai pas l’impression qu’il permet une exportation de ses flux).

  41. Posté par Frédéric Marin a dit : le

    bonsoir

    RSS n’est pas un produit, mais une norme qui permet d’échanger des messages structurés. En ce sens, je suis d’accord avec Fred Cavazza : la norme est loin d’être morte, et sa simplicité fait sa force (on pourrait toujours rêver de sophistiquer la « grammaire RSS » pour en faire plus, mais le fait est qu’elle est partout et qu’elle sert un grand nombre d’usages).
    de travail
    Les technologies qui s’appuient dessus, par contre, prennent du poids avec l’âge, et l’annonce de la fin de Google Reader peut en fait être considérée comme une opportunité de faire mieux avec moins … outre le fait qu’annoncer la fin d’un service ternit l’image du fournisseur de service ! Il faut quand même reconnaître que beaucoup de services d’agrégations de flux existent aujourd’hui, présentant des interfaces modernes plus attrayant.

    Je serai quand même plus ennuyé si Google annonçait l’arrêt de son service « alerte », et à l’identique, Yahoo annonçant l’arrêt de son « pipe » …

    Frédéric Marin – alfeo.fr

  42. Posté par Matthieu a dit : le

    « Condamner RSS, c’est un peu comme de condamner le diesel. »

    La comparaison est bien mal venue à l’heure de la découverte des particules fines :)

  43. Posté par DBocquelet a dit : le

    Pour en revenir à l’observation tarifaire de Régis Barondeau, il y a une marge assez considérable entre des plate-formes à la AMI Software, Digimind, et autres clairement orientée grands groupe et des solutions de veille RSS gratuites dont GGR était un peu le porte-drapeau. RSS-Sourcing par exemple, propose à 75€/mois plus de choses que les outils gratuits (ou leur combinaison) et se destine plus à un public de PME-PMI qui ont une activité de veille spécialisée et intermittente.