Facebook lance son moteur de recherche mais manque d’inspiration

Cette nuit Facebook a annoncé le lancement prochain de son moteur de recherche, Facebook Graph Search, une nouvelle qui a fait le tour de la blogosphère tant l’évènement avait suscité la curiosité des journalistes. Grand rival de Google, Facebook était logiquement attendu pour le lancement de son moteur, pour lequel les équipes ont choisi une approche différente de la recherche, car elle repose sur les amis.

Le moteur de recherche de Facebook propose donc de remplacer l’index de Google par votre liste d’amis et son algorithme par leurs publications. Vous aussi vous avez l’impression qu’il y a tromperie sur la marchandise ? Effectivement cette annonce déçoit, mais elle cache surtout une vérité bien plus cruelle pour Facebook.

Rechercher le web grâce à vos amis (oups !)

Facebook Graph Search est donc un moteur de recherche interne qui permet d’explorer plus facilement votre graphe social à l’aide d’équation de recherche en langage naturel. Cette nouvelle fonction prendra la forme d’une barre de recherche dans le haut de page où vous pourrez rechercher auprès de vos amis, leurs publications, leurs centres d’intérêt, les endroits qu’ils ont visités et les choses qu’ils ont aimées.

Les éléments qui peuvent être cherchés sur Facebook

Le fonctionnement est assez intuitif et nous pouvons faire confiance aux équipes de Facebook pour livrer un produit qui fonctionne correctement. Comme toujours, Facebook nous propose une belle vidéo pour illustrer le tout avec plein de jeunes gens cools qui respirent le bonheur :

Ils ont également annoncé un partenariat avec Bing pour les recherches plus classiques, celles qui concernent des contenus hébergés en dehors de Facebook : Evolving Search on Facebook. L’argument principal de Mark Zuckerberg est de dire que les moteurs de recherche actuels (donc Google) se contentent de fournir une liste de liens où vous pourrez peut-être trouver une réponse, alors que son moteur apporte directement des réponses concrètes issues de vos proches. Mouais… je ne savais pas que Google ne fonctionnait pas bien et qu’il fallait une solution de remplacement. Cette assomption est d’autant plus déplacée que Microsoft nous avait déjà fait le coup il y a plus de 3 ans en positionnant son moteur comme un outil d’aide à la décision : Le marché de la recherche relancé avec Bing et Wolfram ?

Outre le fait que le Graph Search de Facebook nécessite d’avoir beaucoup d’amis très actifs pour avoir des réponses pertinentes, il y a l’éternelle question de la confidentialité. Heureusement cette question a déjà été traitée :

Je sais bien qu’au fil des années j’ai toujours été très critique sur Facebook, mais vous conviendrez que le moteur de Facebook repose sur une base plus étroite : sur les 200 millions de sites web actifs, Facebook vous propose de restreindre la recherche aux citations ou intérêts de vos amis, soit quelque centaines de personnes au mieux. C’est un peu court, non ? Certes, ce moteur va grandement améliorer la navigation au sein de Facebook et de votre liste d’amis, mais j’ai comme l’impression que l’éléphant a accouché d’une souris.

Pour avoir de détails précis sur le fonctionnement du moteur et sa genèse, je vous propose les deux articles suivants : First Look at the New Facebook Search et Facebook’s Bold, Compelling and Scary Engine of Discovery: The Inside Story of Graph Search.

Une nouveauté qui ne séduit pas grand monde

Entendons-nous bien : je ne suis nullement en train de critiquer vos amis ou leurs centres d’intérêt, simplement je trouve que le grah search tel que nous le présente Facebook est une vision très étriquée de la connaissance. Il a fallu 15 ans et des dizaines de milliards de dollars pour construire la plus grande base de connaissance de l’humanité (le web) et Mark Z. nous explique que les likes et photos de vos amis vont vous apporter des réponses plus pertinentes. De qui se moque-t-on ?

Pourtant il ne manque pas d’ambition au sujet de ce moteur qui a été présenté comme le troisième pilier de l’expérience Facebook (avec le News feed et les timelines). Force est de constater que je ne suis pas le seul à être sceptiqueFacebook Takes On Google, But Private, Personalized, Social Search Has No Clear Winner YetFacebook’s New Search Doesn’t Change Anything, Except On Facebook et Why Facebook’s New Graph Search Is No Google.

L’avis le plus pertinent sur la question est celui des spécialistes de la recherche, notamment de John Battelle qui nous explique qu’avec le social search, chacun aura une page de résultats différente, donc autant de possibilité de monétisation : Facebook Is No Longer Flat.

Outre le fait que ce moteur se réduit à filtrer les like et publications des membres avec votre liste d’amis, je m’interroge sur la valeur d’une recherche dans une base de données privée avec des contenus non qualifiés. Les robots de Google nourrissent son index avec l’intégralité de ce qui est disponible sur le web, alors que le graph search se contente de ce qui a été publié sur Facebook, soit un corpus à la taille limitée. Idem, si l’algorithme de Google a fait ses preuves en matière d’évaluation de la pertinence des contenus, qui va vérifier la véracité des publications de vos amis ? Je ne suis pas en train de qualifier vos amis de menteurs, mais ce ne sont pas non plus des professionnels de l’information et de la connaissance.

En définitive, c’est ce côté “amateur” du graph search qui me dérange, et les exemples présentés lors de la conférence sont assez révélateurs de la naïveté du dispositif :

  • La rencontre, où il vous suffit de chercher les hommes / femmes célibataires dans votre ville avec les mêmes coûts et centres d’intérêt que vous pour trouver l’âme soeur. OK, mais tous les membres célibataires de Facebook sont-ils en recherche ? Cette approche de la rencontre fait-elle le poids face à des plateformes sociales qui ont été conçues pour cela (Badoo, Meetic…) ?
  • Le recrutement, où il vous suffit de chercher dans votre liste d’amis des candidats potentiels qui n’ont pas d’employeur. OK, mais que fait-on de ceux qui en ont un ? Là encore, ce n’est pas parce que je suis inscrit sur Facebook que je suis en recherche d’un nouvel emploi, d’autant plus que les profils n’ont pas du tout été conçus pour valoriser l’expérience professionnelle, contrairement à des plateformes comme LinkedIn.
  • Les lieux, où il vous suffit de dire ce que vous cherchez pour que l’on vous propose une liste de restaurants, bars, hôtels… D’une part je pensais que Facebook Places avait été abandonné, d’autre part, restreindre les résultats à vos amis ne va pas vous remonter grand-chose. Vous avez ainsi bien plus de chances de trouver des résultats pertinents sur Yelp, TripAdvisor ou Google Local.
  • Les photos. Je sais bien qu’il y a des milliards de photos publiées par les membres, mais combien de doublons ? L’important n’est pas le nombre de photos, mais la qualité des métadonnées qui y sont associées. J’aime beaucoup Instagram, mais les contenus publiés par ses 20 millions de membres actifs ne tiennent pas la comparaison face au couple Google Maps et Street View.
Les résultats de recherche dans Facebook

Comme c’est souvent le cas chez Facebook, j’ai l’impression que Mark Zuckerberg affiche une confiance inébranlable dans la capacité des membres à fournir des contenus de qualité qui peuvent concurrencer des sociétés dont c’est le coeur de métier et qui existaient déjà au siècle dernier. Et ce n’est pas en recrutant 500 millions de nouveaux membres qu’ils vont réussir à améliorer la qualité des contenus.

Un moteur de recherche souffrant d’inacceptables limitations

Je sais bien que le service est encore en beta, mais en lisant entre les lignes il est possible d’en voir dès aujourd’hui les limites :

  • Un service uniquement disponible en anglais, certainement car la sémantique de cette langue est beaucoup plus simple que celle des langues latines (français, italien…), nordiques, germaniques ou cyrilliques ;
  • Pas de version mobile ou tablette ;
  • Pas d’intégration à l’open graph et pas d’APIs

Encore une fois, j’ai conscience que nous sommes dans un monde de beta perpétuelle et que cette fonctionnalité n’est pas encore officiellement disponible, mais il faut bien reconnaitre qu’ils ont des années de retard sur la concurrence.

Concernant la concurrence de Google, Mark Z. ne s’est pas gêné pour critiquer ouvertement Google en tant que moteur de liens, mais il a peut-être oublié que le roi des moteurs avait déjà entamé sa révolution l’année dernière avec des grosses avancées en matière de sémantique avec son Knowledge Graph (La recherche passe à l’ère sémantique), sociale avec Search plus your World (Quel sera l’impact de l’intégration de Google+ dans les résultats de recherche), et mobile avec Google Now (Un assistant personnel dans votre smartphone avec Siri, Now et Gimbal).

La vérité est que Facebook a accumulé un retard qu’ils ne pourront jamais combler. Ceci étant dit, ils ont été suffisamment malins pour éviter une concurrence frontale avec Google.

À qui profite ce moteur ?

Je ne voudrais pas jouer les rabat-joies, mais je constate qu’encore une fois, Mark Z. compte sur le volontarisme des membres pour enrichir l’expérience, mais qui s’enrichit réellement ? Je suis peut-être paranoïaque, mais j’ai comme l’impression que ce graph search est un nouveau levier pour pousser les membres à enrichir leur profil (centres d’intérêts) et à augmenter les Likes (Facebook’s Graph Search Is Really A Plan To Rescue The Like). Tout ceci m’a tout l’air d’être une manoeuvre parfaitement orchestrée pour améliorer le ciblage publicitaire.

De même, nous n’avons pour le moment aucune information sur l’impact du graph search sur le trafic vers les pages des annonceurs. Tout ce que Facebook dit est que les annonceurs doivent mettre à jour leurs pages et améliorer leurs tactiques d’engagement pour être sûrs de remonter dans les résultats de recherche : Introducing Graph Search, Help People Discover your Business.

Affichage des marques dans les résultats de recherche

Je ne doute pas qu’il y aura à terme une offre payante pour donner une place aux annonceurs dans les résultats de recherche, mais pour le moment ils ne fournissent aucune solution pour les marques non-aspirationnelles, à savoir 99,99% des marques. Le problème est que depuis le lancement des timelines pour les annonceurs, seules les marques les plus puissantes s’en sortent (Avec les nouvelles pages et formats publicitaires, Facebook privilégie les marques fortes), et ce moteur de recherche va rendre la compétition pour l’attention encore plus intense. Attendez-vous à une recrudescence de la chasse aux Likes.

Je peux me tromper, mais j’ai l’intime conviction que ce moteur de recherche ne va faire qu’intensifier les astuces permettant d’améliorer le taux d’engagement. Pour vous la faire courte, les annonceurs auront le choix entre se faire saucissonner (payer pour apparaitre dans les listes de résultats) ou tricher (utiliser des moyens détournés pour doper le taux d’engagement). Tout ceci me semble bien éloigner de la vision idéologique du fondateur.

Un énorme risque de pollution

Tout le problème de ce graph search est qu’il risque de stimuler les dérives que l’on constate déjà :

  • pousser les membres à s’inventer une vie trépidante afin “d’exister” dans les résultats de recherche (ils ne sont pas malveillants, mais cherchent simplement à être valorisé socialement) ;
  • inciter les utilisateurs à devenir amis avec les membres les plus cools, ceux qui voyagent et sortent (donc pervertir la notion d’amitié) ;
  • forcer les community managers des marques à se démener pour récolter des likes, donc adopter les interactions courantes des membres (blagues, photos rigolotes, commentaires sur l’actualité…).

D’autres sont plus optimistes que moi (How Facebook Thinks Its New Graph Search Will Help AdvertisersHow marketers can use Facebook’s Graph Search to understand consumers), mais ce n’est pas la première fois que je pointe du doigt les changements qui stimulent la schizophrénie des membres (Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateursL’impact des changements de Facebook pour les utilisateurs, les annonceurs et les fournisseurs de contenu), et je pense qu’il est légitime de penser qu’en soufflant sur les braises, Facebook va devenir sa propre caricature.

Mais le plus gros risque selon moi est que ce moteur de recherche favorise l’émergence d’un marché noir des profils fictifs spécialement créés pour faire remonter les marques dans les résultats. L’astuce consisterait à créer des profils avec un quotidien rempli de voyages, sorties et achats dont l’unique but est de devenir l’ami du plus grand nombre de membres et de revendre sous le manteau les publications aux marques.

Nous sommes d’accord sur le fait que ça ferait courir de gros risques aux annonceurs, mais nous savons tous que les techniques de black hat SEO sont couramment utilisées, j’anticipe donc une montée en puissance du black hat SMO (social media optimization).

Facebook en mal d’inspiration

En conclusion je dirais que Facebook fait fausse route avec ce moteur de recherche, car il ne tiendra jamais la comparaison avec les services déjà existants. Les entités sémantiques du Knowledge Graph et les communautés Google+ sont ainsi beaucoup plus pertinentes que les publications de vos amis.

À moins que nous fassions tous fausse route et que l’ambition de ce moteur est simplement d’améliorer la recherche au sein de vos amis, ni plus ni moins. Cela confirmerait alors le terrible manque d’inspiration dont Facebook souffre actuellement : le rachat à prix d’or d’Instagram et la copie à l’identique qu’ils ont livré de Snapchat sont autant de preuve de l’incapacité de Facebook à innover (Facebook’s Poke app as a Snapchat clone is a bad sign). Ce moteur de recherche ne fait que confirmer la tendance à la facilité de Facebook qui se contente de livrer grosso modo ce qu’on attend de lui, pourtant il y aurait de nombreuses choses à améliorer (What Facebook Should Be Building).

Au final, le plus alarmant avec la sortie de ce graph search est qu’il apparait comme évident que Facebook n’a plus la capacité à faire émerger de nouveaux business comme Zynga à l’époque. Pour résumer : depuis l’introduction en bourse, tous les changements de Facebook ne sont motivés que par l’augmentation des bénéfices ou de la valeur de l’action. Mais ça vous vous en doutiez déjà non ?

Je ne suis pas en train de faire le procès des sociétés cotées en bourse, car la recherche de profit est un but légitime dans notre économie capitaliste (il faut appeler un chat un chat). Ce qui me dérange, c’est l’écart entre les intentions annoncées de Facebook et la réalité : les membres et les annonceurs vont encore une fois faire les frais de l’avidité des actionnaires.

Encore une fois je ne cherche pas à faire le procès du capitalisme, mais plus nous avançons dans le temps et plus je constate que le modèle économique de Facebook ne repose pas sur des bases très saines. Pour augmenter la rentabilité, ils sont ainsi obligés d’intensifier la collecte et l’exploitation des données personnelles des membres. Certes, en écrivant cela je remets en cause la gratuité du web, et de Facebook en particulier, mais j’ai un mauvais pressentiment sur l’évolution de ces pratiques.

Pour résumer cela, je me permets de citer cette célèbre phrase : Si vous ne payez pas, vous n’êtes pas client, c’est vous le produit qui est vendu. Si vous avez des indications sur l’auteur, je suis preneur…

20 commentaires pour: “Facebook lance son moteur de recherche mais manque d’inspiration”

  1. Bien vu, merci !

  2. Merci pour l’article, je partage ! Facebook n’est selon moi pas fait pour ça. La valeur du contenu partagé est toute relative, difficile de conaitre l’intention de l’utilisateur lors d’un like ou d’un check in.

  3. La citation “Si vous ne payez pas un service sur le Net, c’est que vous n’êtes pas le consommateur, vous êtes le produit vendu.” est d’Andrew Lewis

  4. Merci pour ce bon article Fred ! Je pense que leur moteur va évoluer avec le temps et qu’ils nous réservent encore de bonnes surprises…

  5. Depuis son entrée en bourse il est évident que Facebook se cherche un modèle économique viable et que ses innovations sont de moins en moins utiles à ses utilisateurs mais ciblent de plus en plus les entreprises présentes sur le réseau social.

    Mais contrairement à Bing, le nouveau moteur de recherche Facebook pourrait apporter une vrai plus-value à ses utilisateurs. Car Zuckerberg & co. disposent d’une base de données extraordinaire. D’où la valorisation incroyable de Facebook lors de son entrée en bourse à l’époque.

    Cette évolution vers un moteur de recherche, c’est la logique économique la plus pure et élémentaire pour Facebook, aucune inventivité ici. On aurait pu prévoir cette orientation il y a des années, en sous-estimant la marque, innovante à l’époque…

    Cependant, si cette orientation n’a rien de révolutionnaire, il faut bien dire que le moteur de recherche de Facebook pourrait bien surclasser Google si tout se passait comme prévu.

    Il pourrait surpasser Google, oui mais quand ? Il y aura plusieurs limites au développement de ce moteur :

    - D’abord la qualité de l’information présente sur Facebook, comme expliqué dans l’article, cette information n’est pas sûre. Les utilisateurs peuvent mentir ou supprimer leurs comptes pour de multiples raisons. Pour le moment, Facebook leur permet encore de retirer leurs données personnelles.

    - Ensuite il existe un risque de voir apparaitre de faux profils, comme c’est un phénomène récurent et intarissable sur Twitter, visant à booster la réputation de telle ou telle entreprise ou telle ou telle personnalité.

    - Enfin, la lourdeur d’une entreprise telle que celle-ci : la création d’un tel moteur de recherche super intelligent et hyper difficile à contrôler (à cause des deux points précédents) apparait comme une limite possible. Le projet coûtera très cher. Même si Facebook en a les moyens, surtout il faudra du temps, énormément de temps, pour arriver à un outil de qualité. En espérant que d’ici là les utilisateurs de Facebook ne changent pas de crémerie ou ne limitent leur partage de données. En tout cas, vu l’ambition et la lourdeur du processus qui devra être engagé si Facebook veut mettre toutes les chances de son côté, ça lui coûtera très cher ! Et l’échec d’un tel projet lui serait, si ce n’est fatal, très dur à digérer.

    Bref c’est un projet pas tellement impressionnant ni inventif d’un point de vue technologique, mais innovant et ambitieux d’un point de vue économique, car il pourrait transformer Facebook en numéro un incontesté du web.

    Finalement si ce moteur de recherche devenait réellement un succès, il constituerait principalement une avancée en temps que consommateur, et pas en temps qu’internaute.

    Car Facebook, comme Google, nous fournira les informations qu’il souhaite. Avec l’orientation publicitaire et consumériste qui lui est propre, qui est propre à chaque entreprise pressée par la dictature des dividendes. Comme les autres Facebook s’y plie, non seulement s’y plie, mais met en place des outils encore plus sophistiqués pour nous faire croire le contraire.

    Sur ce, internautes, bonnes recherches et soyez vigilants !

  6. L’objectif est clairement de concurrencer Google, je pense que c’est la prochaine étape pour eux, ce fameux moteur de recherche dont on entend parlait depuis quelque temps.

    Pour Facebook, faudrait clairement qu’on reste sur le site pour chercher quoi que soit.

  7. Une des meilleures analyses du jour, bien vue.
    Facebook ne peut en effet concurrencer Google en frontal. Facebook n’est qu’un réseau social, Google est un écosystème complet d’applications qui alimentent (plus ou moins) le moteur de recherche. FB est donc loin du compte. FB souffre également d’une image qui lui colle à la peau, les gens savent que ce réseau peut utiliser leurs données à sa guise, même si des progrès sont faits désormais dans la communication (voir le dernier message concernant les CGU d’Instagram). Ceci dit, les autres dont Google ne font pas mieux avec nos données, mais on en parle moins.

  8. Comme d’hab’, merci pour cette analyse!

  9. excellent, thanks Fred

  10. Très belle analyse ! Mais attendons de voir cette première version du moteur de recherche social qui certes reste limité en terme de portée mais permet de disposer de recommandations d’amis ou de connaissance ;-) en qui on a confiance. Après il ne m’étonnerait pas que Facebook face évoluer ses CGV pour permettre de créer un moteur de recherche social avec l’ensemble des profils…On en reparle!

  11. Je te trouve un peu trop critique envers un service qui n’a pas encore vu le jour. Attendons de le tester pour s’en faire une réelle opinion.
    Les contenus Wikipedia ainsi que Bing (comme tu le mentionnes) seront également intégrés. Il n’y aura donc pas que des contenus tirés des infos de notre cercle d’amis.
    Au niveau SMO, cela pourra peut-être permettre à certains commerces locaux, totalement invisibles à l’heure actuelle face aux publications des sociétés aux gros moyens, de se donner une certaine visibilité, par exemple : Je recherche un réparateur de vélo près de chez moi, une piscine, un livreur de sushi, etc.
    Bien entendu Google y répond mais si Facebook peut également le faire, certaines personnes n’auront plus beaucoup d’intérêt à sortir de ce dernier.
    Maintenant, je suis d’accord avec toi sur toute la 2e partie de ton article sur les futurs problèmes de Black Hat et du manque d’inspiration de Facebook… une maladie contagieuse on dirait lorsque l’on regarde Apple.

  12. Je comprends bien le principe “je risque d’aimer ce qu’aime mes amis” et je vois bien pourquoi FB et Google le mettent en place. Mais si j’interroge un moteur de recherche, c’est aussi parce que je recherche des réponses nouvelles et/ou d’experts. Et s’ouvrir de nouveaux horizons avec des points vues différents me semble plus pertinents que de rester à l’étroit au milieu de ses amis numériques.

  13. Le principe de chercher parmi ses amis (contacts) n’est pas si ridicule que cela. Les personnes sont la meilleure source d’entrée sur les informations juste un peu complexes (qui dépasse la simple recherche de texte). Quand on cherche quelque chose, on le demande à quelqu’un. C’est l’application du principe des 6 degrés de séparation à l’envers. Si on n’est jamais éloigné de plus de 6 degrés de séparation de l’ensemble des personnes du monde alors on a toute chance de trouver quelqu’un qui sait répondre à une question à un degré de séparation très proche. Après, il faut que l’information soit captée dans Facebook. Cela concernera donc des thématiques personnelles et grand public et non pas professionnelles ou verticales.

  14. Pas vraiment d’accord cette fois-ci sur la vision.
    Sur des recherches basiques, les sites les plus pertinents proposés par Google peuvent se résumer à 80% du temps, à de l’information disponible sur une dizaine de sites (Wikipédia, tripadvisor, pagesjaunes, Booking, …). Finalement Google nous propose des millions de liens avec peu d’intérêt (dans la plupart des cas). Le knowledge graph de google se résume pour le moment à copier-coller en 1ère page des résultats la fiche synthétique Wikipédia…
    Facebook propose là un moyen de croiser des données d’actualité (flux) de notre entourage avec des résultats pertinents sur Wikipédia ou Bing (cf. http://www.bing-vs-google.com/ ).
    Par exemple, si je recherche un bar dans une ville ou j’ai 3 amis qui “likent” le même bar, pas besoin d’aller sur tripadvisor. Idem, je veux partir faire de la plongée, je peux trouver des amis d’amis qui font régulièrement de la plongée et ainsi rentrer en contact avec eux. Je cherche un boulot dans une boite, je peux regarder si quelqu’un dans mon entourage est déjà dans l’entreprise (je peux le faire de manière plus pertinente sur Linkedin, mais il y a bcp moins de monde).
    Concernant les faux profils, je pense que c’est un faux procès : de la triche, il y en a de partout, et je pense que les résultats Google sont loin d’en être exempts.

  15. @ David Labouré > J’ai comme l’impression que l’innovation se fait par cycles et que Apple et FB sont en fin de cycle. Vivement le prochain !

    @ Nicolas Guillaume > Comme précisé dans mon article, mes amis ou les amis des amis de mes amis ne sont en aucun les gardiens de la connaissance de l’humanité. Même en cherchant au bout des 6 degrés je doute que tu puisses trouver une personne ayant publier quelque chose de plus pertinent que ce qui existe déjà sur le web (et a été indexé par Google).

    @ David > Si tu lis bien mon dernier paragraphe, je pense que le Graph Search n’a pas l’ambition de concurrencer Google, mais plutôt d’intensifier la découverte d’autres personnes et les mises en relation. J’anticipe donc des scénarios d’usage (ex : la plongée) où l’on va chercher l’info pertinente (mais générique) sur Google et où l’on va chercher des personnes avec qui en parler sur Facebook.

  16. @Frédéric : D’accord Google n’a pas l’intension de concurrencer Google (du moins pas frontalement). Mais si son projet est mené à terme, vu l’information (qualitativement et quantitativement inégalable) qu’il mettra à notre disposition, Google sera naturellement évincé. Et Facebook pourrait faire de l’ombre à beaucoup de sites communautaires (style TripAdvisor, Cityvox, etc. voir Allociné, Youtube, bref tous les sites qui fonctionnent sur un réseau/une communauté avec une base d’avis amateurs / non experts)

  17. Bref, Facebook ou la recherche du MÔA.
    Et Mark Zuckerberg, entre Disney-Universal, Apple et Wall St :/

  18. Merci pour cette analyse pertinente et vraiment intéressante !

  19. Je suis bien d’accord avec cette analyse, on assiste à un glissement aux USA très grave selon moi concernant le traitement de la donnée personnelle. Et il y a un formidable essort des technologies permettant de capter les données de la vie privée afin de la monétiser. FB se dit maintenant que son fabuleux social graph va lui permettre de créer des guides de voyages sur mesures.. cela est définitivement une belle opportunité pour eux.

  20. When browsing websites, it’s my job to look for a good written content similar to your own house

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