C’est avec un peu de retard que je vous livre ma sélection de sites beaux et originaux.
Commençons avec le très sombre Blissfully Aware, le bloc-note en ligne d’un indépendant :
La page d'accueil de Blissfully Aware
Le site est sobre, TRÈS sobre, mais la grille de lecture et la lisibilité de cette page sont exemplaires. Précisions que le noir est une couleur particulièrement complexe à exploiter, et dans le cas présent, ça fonctionne très bien. D’autant plus avec l’utilisation d’un très beau motif en fond de page et d’une typo originale. Vous apprécierez également la position centrale du logo, de même que la très large zone de réserve. Donc un très bel exemple de sobriété et de minimalisme.
Pour compenser cette sobriété, je vous propose de découvrir le très alléchant site de la Chessecake Factory, une chaîne de restaurants US :
La page d'accueil de The Cheescake Factory
Rien de très original dans la mise en page de ce site, par contre un très beau travail sur les textures, le choix des typos et les ornementations (frise colorée, boutons…). J’apprécie également beaucoup les très belles photos en pleine largeur qui donne carrément l’eau à la bouche. Ça fait presque 15 ans que je travaille dans le monde du web, et je n’ai pas honte de dire que je peux encore être émerveillé par le site d’un « simple » restaurant. Tout est affaire de goût (sans mauvais jeux de mots).
Terminons avec Onepager, un service de création de sites web :
La page d'accueil de Onepager
Un beau site bien simple et parfaitement lisible comme je les aime. J’adore l’effort particulier pour réduire au minimum le nombre de phrases affichées sur cette page d’accueil : c’est minimaliste, percutant et très simple à comprendre. J’apprécie grandement le gros bouton « Get Started » dont la couleur résonne avec celle du fond de page. Je suis également conquis par la partie basse de la page et ces unités d’information verticale parfaitement découpée. Bref, c’est sobre, carré et parfaitement efficace, du pur bonheur !
Toujours est-il que le web de 2012 est très différent de celui que l’on connaissait il y a à peine 5 ans (cf. À quoi ressemble l’internet en 2012). Pour vous en convaincre, je vous propose ce petit graphique qui illustre bien la montée en puissance des terminaux mobiles et la perte de suprématie du PC (cf. La fin de l’ordinateur individuel est programmée) :
Évolution des ventes d'appareils informatiques sur les 35 dernières années
Le SoLoMo est un acronyme bien pratique, mais si vous limitez votre champ d’innovation à Facebook, Groupon et l’iPhone, vous avez très clairement déjà un train de retard. Pour être plus précis : Vous n’avez que très peu de chance de vous différencier si vous ne misez que sur les médias sociaux et les smartphones, au mieux, vous faites aussi bien que les autres, TOUS les autres. Il va de soi que les marques et éditeurs qui ne se sont pas encore lancés sur ces deux créneaux sont condamnés à moyen terme.
Le web de 2012 est plus complexe et sophistiqué que jamais. Le maintien ou la prise de part de marché est directement lié à votre capacité à comprendre les facteurs de transformation, à appréhender leur impact sur votre écosystème et à anticiper l’évolution des besoins et envies des utilisateurs. Ceci étant dit, intéressons-nous maintenant aux facteurs de différenciations encore sous exploités. Je me suis déjà exprimé sur les leviers d’innovation du web pour les cinq prochaines années et sur mes prédictions pour 2012. Je vous propose donc de recentrer le débat sur les trois créneaux d’innovation les plus porteurs pour les prochains trimestres.
ToDaClo = Touch + Data + Cloud
Loin de moi l’idée de jouer les vieux briscards, mais à mon époque, l’internet c’était pas pareil. Il faut bien reconnaitre que les internautes de 2012 ont une sacrée chance, car ils ont à leur disposition des sources illimitées de contenus, des espaces de discussion gigantesque, des terminaux ultra-perfectionnés qui tiennent dans la poche et même des lapins électroniques qui bougent les oreilles quand on leur envoie un email. Bref, l’internaute d’aujourd’hui est un internaute sacrément comblé, donc particulièrement dur à impressionner, émouvoir, interpeller… Il faut ainsi dépenser une énergie considérable ou avoir un sacré talent pour l’enchanter, comme dit Guy Kawasaki.
En matière d’innovation web, trois leviers me semblent particulièrement intéressants à exploiter (les interfaces tactiles, les données et le cloud computing) que je résume en ToDaClo (Touch / Data / Cloud). Pourquoi maintenant ? Parce que d’énormes progrès ont été faits récemment dans ces trois domaines. Ils offrent maintenant d’innombrables opportunités qui peuvent être saisies avec un minimum d’efforts et d’investissement.
Je ne sais pas quelle légende donner à cette image...
Les interfaces tactiles pour réenchanter vos prospects et clients
Déjà très populaires l’année dernière, je suis fermement convaincu que 2012 sera l’année des tablettes. D’une part, car l’efficacité des interfaces tactiles n’est plus à prouver, d’autre part, car nous allons commencer à voir débarquer des tablettes subventionnées qui vont passer sous la barre des 200 €. Ne pensez pas avoir tout vu avec les tablettes, car elles sont très loin d’avoir délivré tout leur potentiel :
La très belle interface de l'application Road Inc. sur iPad
Elles permettent de casser les conventions et de proposer des interfaces de productivité plus intuitives et surtout plus disruptives.
L'interface de prototypage naturel Proto d'Adobe
Tous ces exemples concernent les tablettes, mais vous avez également de nombreuses choses à faire avec les surfaces tactiles, notamment en point de vente avec des dispositifs complets de boutiques connectées comme cette Connected Retail Experience Platform :
Les données au service de la performance et de l’anticipation
Autre domaine à exploiter : les données. Entre les données générées par les internautes et celles mises à disposition par les collectivités (Open Data), il existe une masse colossale de données non-exploitées. Il y a potentiellement d’énormes gains de compétitivité pour ceux qui sauront collecter et exploiter toutes ces données.
Quantification des données disponibles
Mettre en oeuvre le Big Data n’est pas une mince affaire, j’en conviens. Il y a ainsi plusieurs étapes à franchir pour acquérir de la maturité sur le sujet, identifier /collecter des données à valeur ajourée et en tirer des enseignements :
Dans un premier temps de s’intéresser de près au comportement des internautes sur les médias sociaux, notamment au travers des interest graphs;
L'apport des data marketplace pour enrichir votre jeu de données
En matière de Data Intelligence, il n’y a qu’une seule règle : More Data. Plus vous aurez de données à votre disposition et mieux vous pourrez comprendre les besoins et contraintes de vos prospects / clients, développer des leviers de compétitivité vis-à-vis de vos concurrents et anticiper les évolutions du marché.
Le cloud pour vous libérer des contraintes
Je pense ne pas me tromper en disant que le cloud computing est maintenant une discipline mûre qui a définitivement conquis les DSI, mais quand est-il des autres ? C’est là où la maturité des offres de cloud prennent tout leur sens, car elles s’adressent maintenant à de nouveaux interlocuteurs : les directions marketing, les équipes de la relation-client, les collectivités, les individuels… Il existe ainsi des services de plus en plus sophistiqués et omniprésents dans notre environnement personnel et professionnel : Cloud Computing Taxonomy Map.
Les différents domaines d'application du cloud computing
Au-delà de nous libérer des contraintes de stockage, d’archivage et de disponibilité, les nouvelles offres reposant sur le cloud ouvrent de nouvelles possibilités :
J’imagine que vous connaissiez déjà ces services. L’important n’est pas de proposer votre propre offre de cloud, mais de concevoir les offres qui vont exploiter ces services. À ce titre, la plateforme d’applications de Spotify me semble être une authentique mine d’or pour cibler les internautes en fonction de leurs playlists ou de leur humeur.
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SoLoMo et ToDaClo sont donc des moyens mnémotechniques bien pratiques pour expliquer simplement les facteurs de transformation de l’internet d’aujourd’hui et de demain. Ce sont des leviers d’innovation puissants, dont la portée et la valeur augmentent en les combinant. Mais ces leviers ne se suffisent pas à eux-mêmes, leur mise en oeuvre doit s’accompagner de démarches d’accompagnement au changement et de mesure / ajustement (veillez bien à définir les bons objectifs et les KPIs qui vont avec).
Entendons-nous bien : nous parlons bien ici de vulgariser l’innovation web, car il existe de nombreux autres leviers qu’il était trop laborieux de lister ici. Je vous invite néanmoins à citer ceux qui vous semblent les plus pertinents dans les commentaires.
Voilà 20 ans que le web existe. Conçu par Tim Berners-Lee à la fin des années 80, les premiers sites web sont apparus en 1992. Vingt ans plus tard, Internet est devenu l’un des canaux de communication les plus utilisé, et très certainement le média de référence du XXIème siècle. Je pars du principe que vous avez tous une bonne connaissance du web et de ce que l’on peut en faire, par contre avez-vous à votre disposition des données chiffrées récentes ? C’est justement ce que je me propose de faire avec cette compilation de nombreuses études statistiques et sociologiques publiées en fin d’année.
La France compte près de 49 millions d’internautes, soit 75% de sa population. Une étude Insee publiée en novembre 2011 nous en apprend un peu plus sur les temps de connexion : Les Français passent en moyenne 2h30 par jour devant un écran, majoritairement la télévision pour les tranches d’âge supérieures, mais majoritairement devant un ordinateur pour les 15-24 ans.
Répartition du temp passé devant un écran par les Français
Concernant les sites web en eux-mêmes, la société Email-Brokers dans son baromètre de l’Internet comptabilisait plus de 2,6 millions de sites dont la majorité sont à caractère professionnel (ils ne comptent donc pas dedans les blogs). Seulement 9% de ces sites ont été actualisés durant les 3 derniers mois, 73% au cours de l’année passée.
Selon une étude Médiamétrie de l’Observatoire des Usages Internet datant de novembre 2011, hommes et femmes sont quasiment à égalité sur la toile (respectivement 51% et 49%). D’autres chiffres utiles :
2/3 des hommes ont comparé les prix au cours du dernier mois contre 57% des femmes ;
Les femmes concrétisent davantage leurs achats sur Internet (45% au cours du dernier mois contre 40% pour les hommes) ;
La moitié des femmes utilisent les messageries instantanées contre 40% des hommes ;
Les hommes préfèrent consulter les blogs (33%) et lire les messages sur les forums (47% contre 36% pour les femmes).
L’INRIA a également publié une très belle étude sur Les Français et le Nouveau Monde Numérique. Six profils sociologiques ont été identifiés : Les randonneurs vigilants, les baroudeurs pragmatiques, les grands explorateurs, les révoltés numériques, les bienheureux sédentaires et les apprentis voyageurs.
Les profils sociologiques des internautes français
L’étude nous fournit d’autres chiffres :
7 français sur 10 sont curieux vis-à-vis du numérique ;
53% se déclarent dépassés, alors que 56% ne pourraient plus se passer de l’internet ;
50% pensent que jamais les objets ne pourront communiquer entre eux ;
Ils veulent plus de pédagogie et d’encadrement (89%) ainsi que d’avantage de protection de la vie privée (92%).
Si mes calculs sont exacts, ça nous fait donc 9 Français sur 10 préoccupés par la confidentialité, mais 77% qui sont inscrits sur au moins un réseau social (ils ne sont donc pas très méfiants, ou globalement naïfs).
Facebook est la plateforme sociale la plus connue (95%) suivit de YouTube (92%) et Twitter (85%) ;
Un internaute français est aujourd’hui membre de 2,8 réseaux sociaux en moyenne (contre 2,9 l’an passé) 11% fréquentant six réseaux sociaux ou plus ;
L’appartenance à un réseau social révèle des choses surprenantes (49% pour Facebook, 40% pour Windows Live et 37% pour Copainsdavant) ;
84% des internautes ne suivent aucune marque, 25% se disent prêts à appeler au boycott.
Répartition de l'appartenance aux réseaux sociaux par catégorie de population (source : IFOP)
L’étude Digital Life de TNS Sofres vient compléter ces chiffres avec des données sur le marché français :
53% des consommateurs français présents sur les réseaux sociaux ont des interactions sociales avec les marques pour bénéficier de promotions ;
Seuls 1/3 des Français trouvent que les réseaux sociaux sont un bon endroit pour trouver des informations sur les produits (contre 54% pour le reste du monde).
Concernant le commerce en ligne, la Fevad nous a fourni en fin d’année dernière des chiffres intéressants :
Il y aurait plus de 132.000 boutiques en ligne en France, en augmentation de 100% par rapport à l’année dernière (mais la Fevad n’en comptabilise que 90.000) ;
La France compte désormais 30,4 millions d’acheteurs en ligne, 100 millions de transactions pour un montant moyen de commandes de 91€ ;
7 milliards d’€ ont été dépensés pour les fêtes de fin d’année, soit un total avoisinant les 37 milliards pour 2011.
90% des internautes lisent les avis, 67% donnent leur avis ;
Un acheteur mécontent le dit à 11 personnes contre 3 pour un acheteur satisfait ;
93% les jugent utiles et 86% leur font confiance ;
45% des consommateurs pensent qu’internet leur fait consommer mieux.
Fréquence des consultations des avis des consommateurs
Ces chiffres datent de 2010, mais la vague 4 du Baromètre ECHO de Scanblog / Openminded nous fournit des données plus récentes :
96% des cyber-consommateurs préparent leur achat en ligne ;
80% utilisent Google comme moyen d’accès aux sources d’information sur les produits ;
12% des consommateurs se renseignent via un smartphone ;
Seuls 7% des internautes ont déjà entendu parler de social shopping, 58% pensent qu’il est inutile d’acheter sur Facebook et 29% que c’est risqué ;
36% ont remarqué sur au moins une boutique en ligne un emplacement qui montre si leurs amis sont fans du produit ou de la marque.
La société ContactLab fournit également des chiffres sur l’utilisation de l’email en France et en Europe :
Il y a 68 millions de boîtes aux lettres électroniques en France, 1,4 million d’emails sont reçus chaque jour ;
24% des internautes utilisent une adresse email ne portant pas leur nom pour protéger leur anonymat ;
47% déclarent avoir effectué des achats en ligne directement depuis un lien contenu dans une newsletter ;
23% se sont inscrits à une newsletter via la page Facebook d’une marque.
Pour relativiser, je vous propose ces statistiques fournies par Eurostat :
25% des Européens ne sont jamais allés sur Internet (54% pour les Roumains, 45% pour les grecques) ;
18% des Français âgés de 16 à 74 ans n’ont jamais utilisé le web (46% en 2006).
Et pour finir sur une bonne note, voici encore quelques statistiques européennes de eTarget :
Il y a 279 millions d’internautes en Europe (59%) ;
33% disent ne plus pouvoir se passer du web, 29% se connectent dès leur réveil (sûrement avec leur smartphone) ;
83% des internautes utilisent une connexion haut-débit.
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Ouf, ça fait beaucoup de chiffres et de pourcentages. Maintenant que nous avons des données quantitatives fraiches, nous pouvons nous intéresser aux usages. La semaine prochaine je vous ferai un petit topo sur l’état de l’art de l’internet : du SoLoMo (Social-Local-Mobile) au ToDaClo (Touch-Data-Cloud).
Oui je sais, publier un article sur les meilleurs articles de l’année passée n’est pas très original, mais je n’ai pas la prétention d’être plus malin que les autres. De plus, je rencontre encore beaucoup trop de personnes qui ne connaissent pas mes autres blogs. Je vous propose donc de (re)découvrir une sélection des meilleurs articles de l’année 2011 :
Je précise que cette sélection est purement arbitraire, parmi les 250 articles publiés en 2011, ce sont ceux dont je suis le plus fier. J’espère être autant inspiré pour l’année 2012…
Nous sommes maintenant officiellement en 2012, je vous présente donc tous mes voeux pour cette nouvelle année. Pour le moment pas de bonnes résolutions, commençons déjà par récapituler les articles publiés le mois dernier.
L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :