Voilà plus de 12 ans que je travaille dans le monde du web. Au cours de ces douze dernières années, j’ai été amené à travailler sur de nombreuses disciplines à différents postes (conception, rédaction, gestion de projet, conseil…). J’ai ainsi pu observer l’évolution de ces disciplines et la façon dont elles se recoupent et se complètent. C’est un article publié par Dion Hinchcliff sur le croisement des stratégies digitales, mobiles et sociales qui me donne l’occasion d’apporter ma pierre à cet édifice.
Grâce à mes années d’expérience accumulées sur de nombreux projets et sujets, j’ai pu constater que la création d’un site web nécessite différentes compétences. Certaines compétences sont très spécifiques et liées au web (SEO), d’autres plutôt génériques et s’appliquent à différents supports (utilisabilité). De mon point de vue (fonctionnel et non technique), certaines disciplines sont liées et se recoupent sur de nombreux sujets :
Le commerce en ligne se décline sur les médias sociaux (social shopping), les terminaux mobiles (m-commerce) et les plateformes virtuelles (v-business) et bénéficie des apports de l’utilisabilité (pour améliorer le taux de transformation) et des interfaces riches (rich commerce) ;
Les médias sociaux concernent également les communautés internes (social business), les pratiques de jeux (serious games) et de commerce en ligne (social shopping), ils se déclinent également sur les terminaux mobiles (social location) ;
Les interfaces riches permettent de valoriser les produits d’une boutique, de porter sur le navigateur des logiciels (SaaS) et des univers virtuels (3D)…
Schéma d'ensemble qui relie les disciplines du web entre-elles
C’est bientôt les vacances, donc je vous propose ce mois-ci une petite sélection estivale de sites qui m’ont tapé dans l’oeil.
Commençons avec Cinemur, un agrégateur d’avis et de bandes-annonces de films à aller voir pendant vos vacances :
La page d'accueil de Cinemur
Particulièrement dépouillée, la page d’accueil propose un mur d’affiches de films avec une barre de filtres en haut de page. En fait ce n’est pas réellement un site web, mais plutôt une application sociale (vous pouvez connecter votre compte Facebook pour remonter les avis de vos amis). En tout cas la réalisation est soignée et l’idée plutôt originale (mettre en avant les oeuvres).
Poursuivons avec Punchfork, un agrégateur de recettes de cuisine à tester pendant vos vacances :
La page d'accueil de Punchfork
Là encore, l’essentielle de la page d’accueil est consacrée aux photos des plats. La couleur de fond d’écran donne une ambiance chaleureuse à cette page, de même que les petits pictos et les intitulés très courts (navigation et filtres). Étant fan de minimalisme, je ne peux qu’applaudir le travail réalisé sur cette page qui se concentre sur l’essentiel.
Terminons enfin avec Yogi, une marque de thé à l’inspiration indienne (une destination sur laquelle je fantasme depuis des années) :
La page d'accueil de Yogi
Ce site contraste fortement avec les deux précédents, car il mise avant tout sur le raffinement graphique avec un fond de page façon parchemin, des fioritures dans tous les sens, une police de caractère exotique, des boutons et cadres aux formes atypiques… Bref, ça sent bon le dépaysement et les aromates. J’apprécie particulièrement les illustrations qui débordent des cadres en bas de page ainsi que les animations à l’ouverture de la page. Un site qui aurait mérité un traitement HTML5 et CSS3 pour alléger le code-source et se passer de l’utilisation de Flash.
Voilà plus de 10 ans que l’on nous parle de l’internet mobile. Même si le web en mobilité a fait long-feu en Europe et aux Etats-Unis comparativement aux marchés asiatiques (principalement Corée du sud et Japon), les mobinautes se sont bien rattrapés depuis avec l’avènement de l’iPhone (De la place des smartphones dans notre quotidien). Je pense ne pas me tromper en disant que l’adoption de smartphones a été dopée par les usages ludiques (musique, jeux) et sociaux (accès permanent à vos contacts). Même si aujourd’hui il vous semble tout à fait naturel de publier des commentaires, messages et photos depuis votre smartphone, il n’en a pas toujours été ainsi, car les plateformes sociales de première génération (Friendster, MySpace, Skyblog) ne proposaient pas d’accès mobile.
Nous sommes maintenant en 2011 et les choses ont beaucoup changé : Les réseaux sociaux (Facebook), plateformes de blog (WordPress, Tumblr) et autres sites de partage (YouTube) proposent tous un accès en mobilité. Car l’important n’est plus d’agréger la plus grosse audience sur son site, mais sur sa plateforme. Les plateformes sociales de dernière génération se consomment ainsi indifféremment au travers d’un navigateur, d’une application, de services tiers… Des services comme Twitter et Google+ ont d’ailleurs été conçus dans ce contexte multi-accès avec une version web et une version mobile dès le premier jour.
Nous assistons maintenant à une course à l’armement entre les plateformes sociales pour proposer le plus grand nombre d’accès. Twitter a été à une époque le service avec des accès les plus diversifiés, mais c’est maintenant Facebook qui propose le plus large choix. Non seulement Facebook est disponible pour de nombreux smartphones, mais nous pouvons constater que la course à l’universalité des accès va bien au-delà des terminaux mobiles.
Pour illustrer ceci, je vous propose de faire la liste des accès à Facebook :
Sur les ordinateurs avec la version web (www.facebook.com) et les nombreuses applications de social desktop (Seesmic, Tweetdeck…)
Accédez à Facebook avec des applications comme Seesmic
Sur les smartphones avec les applications natives (notamment pour iPhone) et la version mobile (m.facebook.com)
Accédez à Facebook avec votre smartphone
Sur des smartphones qui intègrent directement Facebook dans leur OS (en l’occurrence le HTC Cha-cha)
La version minimaliste de Facebook pour les téléphones d'entrée de gamme
Sur votre touchbook avec des applications de social magazine comme Flipboard ou Zite
Facebook sur votre iPad avec Flipboard
Sur votre télé avec des applications dédiées comme les Samsung Apps for SmartTV Facebook sur votre télé avec les Samsung Apps
Sur d’autres types de terminaux comme les smartframes (et notamment le Pulse de Kodak)
Facebook sur votre cadre photo connecté avec Pulse
Comme vous pouvez le constater, les modes d’accès à Facebook sot très diversifiés en terme d’interfaces ou de terminaux supportés. Et la liste ne s’arrête potentiellement pas là, car les APIs proposées par Facebook permettent à n’importe qu’elle application de se connecter à la plateforme. Avec ces APIs, les constructeurs trouvent un argument massue pour ajouter une dimension sociale (et donc de la valeur) à leurs terminaux.
Je ne connais pas les chiffres, mais je serais curieux de connaitre la proportion d’accès à Facebook au travers d’applications plutôt qu’au travers de navigateurs. Tout ceci me fait donc dire que nous allons petit à petit quitter l’ère du web social (des réseaux sociaux accessibles depuis votre navigateur) pour rentrer dans celle de l’internet social (des plateformes sociales accessibles depuis une infinité d’applications et de terminaux).
Le plus important pour vous n’est donc pas de savoir si le mieux est de lancer une application iPhone ou un site en HTML5, mais plutôt de sortir un jeu d’APIs suffisamment souples pour donner ouvrir l’accès au plus grand nombre d’applications et terminaux tout en se conformant à votre modèle économique (notamment pour les boutiques en ligne).
Dans tous les cas de figure, je suis persuadé que l’internet mobile est une notion obsolète, les terminaux mobiles ne sont qu’une étape dans la diversification de l’accès aux contenus et services en ligne, car de nombreux terminaux alternatifs vont venir diversifier les modes d’accès.
Après avoir travaillé en solo pendant presque 5 ans, j’ai décidé de m’associer et de rejoindre Cédric, Romain et Stéphane chez The Persuaders. Plusieurs raisons m’ont poussé à revoir ce mode de fonctionnement en solo :
Travailler sur de plus gros projets et de me positionner sur des missions plus longues. J’accompagne des clients depuis de nombreuses années, mais en travaillant tout seul j’avais de grosses contraintes de calendrier et ne pouvais pas forcément répondre à la demande lors des pics d’activité.
Capitaliser sur le travail de co-rédaction du blog MediasSociaux.fr. Je ne me suis jamais senti en concurrence avec Cédric car le marché est suffisamment large, mais maintenant que nous sommes associés dans ce projet professionnel, il n’y aura plus d’ambiguïté (“qui dois-je appeler ?”).
Progresser en apprenant des autres. J’ai beaucoup apprécié cette période de ma vie professionnelle où j’avais une entière liberté sur ma façon de travailler, mais je souffrais parfois d’un manque de recul. Travailler en équipe va me permettre de confronter mes méthodes, acquis et convictions.
Mutualiser nos ressources pour être plus productif (aussi bien sur les missions que sur les blogs).
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas (ou se posent la question), The Persuaders est un cabinet de conseil. Concrètement nous proposons diverses prestations de conseil pour les grands comptes ainsi que de la formation. J’insiste sur le fait que c’est un cabinet de conseil et non une agence, dans la mesure où nous ne nous positionnons pas sur des missions de réalisation ou des campagnes, mais sur de l’accompagnement. Nous parlons bien de missions de conseil (optimisation des organisations, des processus et de supervision des opérations entre autres), mais nous sommes également en train de finaliser des offres packagées (dans le domaine de la veille et de la formation) dont je vous reparlerai plus tard.
Précision importante, même si The Persuaders est perçu comme un cabinet spécialisé dans les médias sociaux, mon arrivée au sein de l’équipe va parfaire l’expertise sur ce domaine, mais également sur d’autres domaines complémentaires :
Communication, stratégie digitale et e-commerce pour Cédric qui a travaillé pour Dell, FullSix, Feedback 2.0…
CRM, utilisabilité et outils collaboratifs pour Romain qui a travaillé pour FullSix, OgilvyOne, blueKiwi…
Mobilité pour Stéphane qui a travaillé au sein de RedShift (agence de marketing et d’applications mobiles).
Donc au quotidien, qu’est-ce qui va changer ? Pas grand-chose en fait, dans la mesure où je vais continuer mon travail de rédaction des blogs ainsi que les missions que j’ai l’habitude de réaliser. Mes moyens de contact vont rester les mêmes. En revanche, l’intégralité de ma production se fera maintenant sous le nom de The Persuaders et en collaboration avec les autres membres de l’équipe.
Dernière chose, j’ai entamé la rédaction d’un livre avec Cédric qui va parler de notre sujet de prédilection de ces dernières années : Les médias sociaux. Il existe déjà de nombreux ouvrages sur ce sujet, aussi notre ambition n’est pas de rédiger un nouveau livre de vulgarisation, mais plutôt un manuel complet pour bien appréhender les enjeux des médias sociaux, fournir les bonnes clés de compréhension sur l’intérêt de les exploiter à tous les niveaux de l’entreprise (marketing, communication, RH, relation client…) et concevoir une architecture de présence viable à un niveau stratégique. Donc non, ce livre ne parlera pas de buzz marketing ou des 10 astuces pour booster le nombre de vos followers, mais plutôt de l’approche méthodologique nécessaire à la définition d’une feuille de route. Je vais consacrer mon mois de juillet à la rédaction de ce livre et il devrait sortir très rapidement dans la mesure où nous serons auto-édités (c’est le seul moyen de garantir la qualité de l’ouvrage et de ne pas se laisser tenter par une vulgarisation du propos pour faire plaisir à l’éditeur). Le chantier est ambitieux, mais ça fait maintenant plus de deux ans que nous rédigeons quotidiennement ensemble sur le blog, donc le résultat final devrait être exhaustif et qualitatif.
Voilà, maintenant vous savez tout de mes nouveaux projets professionnels.
J’étais le mois dernier invité à Montréal pour donner une conférence sur l’avenir du web (le support est disponible ici : A quoi ressemblera le web de demain). Un sujet périlleux, car il est toujours difficile de faire le bon dosage entre anticipation (les tendances qui vont se concrétiser l’année prochaine) et futurologie (ce que nous devions être en mesure de faire dans 10 ans si le rythme d’innovation se poursuit). Je me suis tout de même prêté volontiers à cet exercice de style, car les ingrédients du web de demain sont déjà là. Comprenez par là qu’en décortiquant les bons signaux, vous pouvez avoir une vision assez fiable de ce à quoi vont ressembler les usages en 2015.
Du web 1.0 au web 3.0
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en 10 ans, tout à changé… ou pas ! Si vous regardez dans le détail l’offre de deux piliers du web comme Amazon et Ebay, vous vous rendrez compte que les fondamentaux sont les mêmes. Certes, vous pourriez me dire qu’avec Facebook et Twitter nous sommes rentrés de plein fouet dans la révolution digitale, celle qui renverse les dictateurs et génère des centaines de milliards de dollars, mais vous pourriez aussi reconnaitre que la transformation du web s’apparente plus à un enrichissement. Comprenez par là que de nouveaux usages se développent, mais qu’ils se cumulent avec les anciens, du moins pour le grand public.
Je pense ne pas me tromper en disant que l’histoire du web s’écrit par cycles de 5 ans marqués par la domination d’acteurs sur-puissants. Les années 2000 ont ainsi été dominées par les portails (Yahoo, MSN, AOL…) qui concentraient l’audience avec une offre exhaustive de contenus et de services. Les années 2005 ont été marquées par la domination des moteurs de recherche et en particulier de Google avec plus de 80% de parts de marché (et un écosystème très dense qui vivait et vit encore des mots-clés). Les années 2010, dans lesquels nous nous trouvons, sont marquées par la domination des plateformes sociales et notamment de Facebook qui s’impose comme le poids lourd incontesté de sa catégorie avec 750 millions d’utilisateurs (cf. Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook).
Puisque nous évoquons l’histoire de l’évolution du web, impossible de faire l’impasse sur les grands stades d’évolution (aussi bien technologiques que d’usages) :
Le web 1.0 était surtout centré sur les documents, il a vu se généraliser des outils comme l’email, des acteurs comme les portails de contenu ainsi que le commerce en ligne ;
Le web 2.0 est centré sur les utilisateurs, il se caractérise par la généralisation des réseaux sociaux, l’avènement des contenus générés par les utilisateurs, les pratiques de social shopping et de nombreuses innovations autour des API et mashups ;
Le web squared sera centré sur les données, l’information y circule en temps-réel, les données sont agrégées dans des écosystèmes, qui sont rattachés à tous types d’objets (ombres informationnelles) et générées de façon mécanique (metadonnées implicites) ;
Le web 3.0 est encore un concept abstrait, mais on anticipe déjà des usages assistés par des agents intelligents qui exploiteront des contenus sémantiques, où les objets seront communicant et l’information pervasive (accessible depuis n’importe où).
Les grandes étapes d'évolutions du web
J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ces différents stades d’évolution, donc je vous propose de nous intéresser aux facteurs qui vont accélérer la migration d’un stade à un autre.
Quatre leviers d’innovation stimulant de nombreuses pratiques disruptives
Les dernières années ont été riches en bouleversements et transformation des usages. Ces transformations ont été favorisées par de nombreux facteurs, mais il est possible d’identifier quatre leviers d’innovations qui ont bouleversé la façon dont l’information est véhiculée, dont nous consommons des contenus et services, dans nos habitudes d’achats, dans notre façon de collaborer :
Les pratiques sociales. Inutile de vous faire l’article sur l’importance que les médias sociaux ont pris dans les usages en ligne. Non seulement ils concentrent l’audience et l’attention des médias, mais également les budgets publicitaires. Ils modifient également nos attentes et nos comportements d’achat. La rupture sociétale qu’ils induisent a même poussé les médias traditionnels à revoir leur modèle.
Le cloud compting. Là encore, je ne souhaite pas me lancer dans une nième explication des impacts et bénéfices de l’informatique distante. Après plusieurs années de croissance spectaculaire, les offres gagnent en maturité et sophistication et nous permettent de nous libérer de nombreuses contraintes.
Les données. Avec la banalisation de l’accès à internet et des outils de publication toujours plus simples et performants, il va être créé près de 1,8 zettabytes de données rien qu’en 2011. Un chiffre abstrait pour la plupart d’entre-nous mais qui illustre les dimensions d’une mine d’or encore largement inexploitée.
Les 4 leviers d'innovation du web de demain
A partir de ces quatre leviers, et en les combinant, il est possible d’isoler un certain nombre de pratiques disruptives :
Mobile + Social = Géolocalisation. En combinant le nombre de smartphones en circulation et le levier social / communautaire, vous pouvez fournir aux internautes des contenus et services contextualisés en fonction de l’endroit où ils se trouvent et des amis et contacts qui sont passés par là (c’est le principe des placestreams, qui a fait le succès de Foursquare), les commerçants et enseignes de distribution en sont les premiers bénéficiaires.
Données + Cloud = Open Data. Les données renferment une très forte valeur ajoutée pour ceux qui savent les interpréter intelligemment et qui exploitent des plages de données suffisamment grandes (notion de Big Data). Les institutions, municipalités, acteurs territoriaux et gouvernements possèdent des masses considérables de données, mais ne les exploitent pas forcément. L’Open Data consiste donc à mettre à disposition dans les nuages des données publiques. L’idée derrière ces initiatives est de permettre aux acteurs qui en ont l’ambition d’exploiter ces données pour en extraire des tendances, des corrélations et de pouvoir ainsi anticiper l’évolution du marché. Pour vous donner un aperçu, je vous recommande de tester Google Correlate.
Données + Social = Graphes d’intérêts. Voilà de nombreuses années que les réseaux sociaux nous vantent les mérites de leurs graphes sociaux et de l’intérêt qu’ils représentent en matière de ciblage comportemental. Le problème est que dans un environnement social à forte exposition, les utilisateurs ne se comportent pas tout à fait de façon cohérente. Par opposition aux graphes sociaux (ceux que vous connaissez ou prétendez connaitre), les graphes d’intérêts se focalisent sur ce que vous aimez (ou ce que vous n’aimez pas) et sur les comportements adoptés par les personnes ayant les mêmes centres d’intérêt que vous. Il en résulte des moteurs de recommandation bien plus pertinents et surtout auto-apprenant.
Cloud + Mobile = Personnal cloud. L’informatique distante envahie petit à petit le monde de l’entreprise et fait prendre conscience aux DSI tout l’intérêt de ne pas héberger sois-même ses données (disponibilité, archivage…) et de ne pas maintenir sois-même ses serveurs et applications (économie d’échelle, facilité de mise à jour et déploiement…). Les grands acteurs du web (Google, Amazon, Apple…) partent maintenant à la conquête du grand public avec des offres très attractives pour héberger vos emails, photos, musiques… Non seulement ces offres vous garantissent la pérennité de vos données, elles en facilitent l’accès quel que soit le terminal utilisé, mais elle leur permet surtout de facturer aux clients un service à vie (il est nettement plus rentable d’héberger un fichier MP3 que de le vendre). Google Music, Amazon Cloud Drive, iCloud, et toutes les offres d’acteurs spécialisées (Spotify, Flickr…) vont vous faire oublier votre disque dur.
Données + Mobile + Social = Quantified Self. Se connaitre au travers de vos données personnelles, telle est la promesse du Quantified Self qui s’appuie sur les terminaux mobiles pour les capter, sur des services à valeur ajoutée pour les monétiser et sur le levier social pour vous fidéliser. Nouveau phénomène social ou arme ultime de personnalisation des offres ? Il est encore trop tôt pour bien appréhender l’impact de ces pratiques, mais elles en disent long sur notre appropriation de l’outil informatique, des terminaux mobiles et des mécaniques sociales dans notre quotidien.
Cette liste est loin d’être exhaustive, mais elle illustre bien selon moi l’exploitation de ces quatre leviers d’innovation (mobile, social, cloud et données).
Quels défis à relever ?
Nous parlons bien ici d’usages disruptifs en avance de phase par rapport au marché, ils ne touchent que les innovateurs et les adopteurs précoces. Ceci étant dit, j’engage les annonceurs et fournisseurs de contenus / services à s’y intéresser de près, car ils préfigurent les opportunités de demain (sauf si vous vous contentez des mots-clés).
Pour pouvoir exploiter ces usages à votre avantage et bénéficier des opportunités qu’ils offrent, il convient de se mettre dans la bonne disposition d’esprit :
Réduire la fracture technologique. Encore une fois, nous parlons d’usages fortement novateurs et disruptifs, ne vous laissez donc pas impressionner par ces nouvelles technologiques dont certaines ne sont pas encore tout à fait au point. L’avenir appartient aux audacieux, si vous vous complaisez dans l’adage « ma grand-mère saura-t-elle le faire fonctionner« , vous n’irez pas bien loin (à moins d’être positionné sur le créneau du tricot,, avec tout le respect que j’ai pour cette pratique).
Ne pas avoir peur d’échouer. La culture anglo-saxonne célèbre l’échec comme une preuve d’audace (« Fail often, fail fast« ), contrairement à la culture française qui le pénalise. Si vous vous contentez de jouer les suiveurs réactifs, vous ne parviendrez pas à saisir les meilleures opportunités. Tout est une question de dosage du risque.
Miser sur le long terme. Tous les nouveaux usages décrits plus haut sont encore très loin d’être adoptés par le grand public. Il en résulte des tailles de marché très réduites et une rentabilité incertaine. Si vous voulez être certain de gagner de l’argent, misez sur une hausse du prix du pétrole. Si vous voulez par contre vous positionner sur des usages avant-gardiste et véhiculer une image d’innovateur, tournez-vous plutôt vers ces usages prometteurs (tout en maitrisant l’investissement initial et les coûts d’exploitation).
Je conclurais cet article en rappelant une évidence : je ne suis pas devin, mais simplement un observateur averti. Si vous avez identifié d’autres tendances, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires.