Comme chaque année au mois de juin, c’est l’anniversaire de l’ouverture de ce blog (déjà la huitième année), et l’occasion pour moi de faire un bilan sur mon activité. Concernant ce blog, rien de neuf, si ce n’est la confirmation de la tendance observée l’année dernière : des visites en baisse (moins de curieux) et un nombre d’abonnés stable (les habitués). Plus j’y réfléchis et plus je me dis que j’ai inconsciemment adopté le manifeste du slow blogging : ne publier des articles que si j’ai des choses intéressantes à dire. Non pas que j’ai moins de choses à dire, mais je mûris mon style d’écriture. Concrètement ça donne 2 à 3 articles de fond chaque mois, pas de quoi rivaliser avec les fermes de contenu et autres usines à blog, mais ce rythme d’écriture est celui qui me convient le mieux et surtout qui me stimule. Bon d’un autre côté, il y a mon compte Twitter sur lequel je publie pas mal de choses au quotidien et qui a récemment dépassé les 30.000 followers, les deux se complètent bien.
L’année écoulée a également été l’occasion pour moi de lancer un huitième blog : TerminauxAlternatifs.fr. Cela faisait de nombreuses années que j’avais ce projet de blog, mais je n’avais jusqu’alors jamais trouvé le positionnement éditorial qui me convenait. La diversification récente du marché (touchbook,s e-readers, TV connectées…) m’a donné l’opportunité de me positionner sur ce créneau. Je rédige donc depuis le début de l’année ce nouveau blog, qui ne traite pas que des mobiles. Vous remarquerez que la charte graphique de ce nouveau blog est dramatiquement moche. Mais ça, c’est la faute de Francis qui ne pense qu’à travailler sur ses projets, pourtant la charte est quasiment finalisée ! (pour info, Francis est la personne qui s’occupe avec brio de la refonte graphique de l’ensemble de mes blogs)
Problème : un blog principal et 7 blogs thématiques demandent beaucoup de temps et d’énergie. Je suis toujours aussi motivé, mais je ne vois pas comment parvenir à concilier mes activités de conseil / formation avec la rédaction. Il en résulte donc également un rythme de publication très lent : 2 à 3 articles maximum par blog et par mois. Il n’y a que sur MediasSociaux.fr que le rythme est plus soutenu grâce à la co-rédaction avec Cédric.
Et comme si cela ne suffisait pas, j’entame la rédaction d’un neuvième blog, en anglais : blogs.forbes.com/fredcavazza. Je ne prévoyais absolument pas de poursuivre ma diversification éditoriale, mais les équipes de Forbes m’ont offert cette opportunité et je n’ai pas pu résister à l’envie de confronter mes idées à un lectorat complètement différent mais aussi exigeant.
Mon nouveau blog chez Forbes
Il va très certainement me falloir un peu de temps avant de trouver la bonne ligne éditoriale pour les lecteurs du Forbes Magazine, mais ça va être un très bon exercice de reformulation de mes idées et opinions. Bon, de toute façon c’est un travail rémunéré, je me prête donc volontiers à cet exercice de style.
Même si par moment, je me dis que j’ai été inconscient de me laisser embarquer dans la rédaction de neuf blogs, ma motivation est toujours intacte et je ne vois pas ce qui va m’empêcher de continuer jusqu’au dixième anniversaire de ce blog. D’autant plus que je suis en train de finaliser un changement professionnel qui devrait me faciliter la tâche tout en continuant à faire le métier que j’aime (les conférences et les formations). Mais je vous en reparlerai très bientôt…
Pour ma sélection mensuelle de beaux sites web, je vous propose cette fois trois candidats très différents les uns des autres.
Commençons avec Launchlist Pro, une application en ligne :
La page d'accueil de Launchlist Pro
La densité d’information de cette page d’accueil est plutôt élevée, mais la lisibilité reste bonne grâce à un bon contraste. L’illustration centrale donne un très bon résumé du service et les choix de couleur (contrastant fortement avec le reste de la page) permettent d’attirer l’attention de façon efficace, de même que pour l’essai gratuit en bas de page. J’apprécie également l’effet métallisé des pictos et du fond de page. Au final : une page avec une forte personnalité qui compense quelques problèmes (caractères trop petits, titres en majuscules…).
Poursuivons avec Saville’s Dovecotes, un fabriquant de colombiers et abris à oiseaux (oui monsieur, c’est un métier !) :
La page d'accueil de Saville's Dovecotes
Que dire si ce n’est que j’adore ces sites minimalistes exploitant une gamme de couleurs très neutre. Les illustrations centrales sont de très bonne qualité (un fond transparent sous le texte aurait amélioré la lisibilité), les photos des produits parfaitement mis en valeur grâce à la bordure façon Polaroid. L’espace blanc du haut de page permet de bien faire ressortir la marque ainsi que le panier. Le reste du site est dans la même veine avec ce côté épuré et très sérieux. Ça me donnerait presque envie d’en acheter un (mais l’idée de voir des pigeons s’y installer parasite ma prise d décision…).
Terminons avec The Casette, une boutique française de chaussures estivales :
La page d'accueil de The Cassette
Une boutique en ligne très originale avec cette vidéo pixelisée en fond de page qui donne du style sans ponctionner trop de bande passante. Les quatre cartouches de produits ressortent parfaitement bien, même si les boutons d’action sont un peu trop timides (d’ailleurs ça ne devrait pas être des boutons, mais des liens). Les éléments de réassurance sont très bien mis en scène grâce à la police de caractère. Au final il se dégage une très bonne énergie et beaucoup de convivialité de ce site, une réussite !
Si les utilisateurs et les interactions sociales qui les relient sont la matière première principale du web sur les 5 dernières années (avec l’avènement des médias sociaux), les années suivantes devront composer avec une autre matière première précieuse : les données (cf. Du contenu roi aux données reines). Les données sont la matière première du géo-marketing, elles permettent d’optimiser l’implantation d’un hypermarché. Elles sont également à la base de l’analyse décisionnelle qui permet de piloter une activité commerciale. Elles permettront bientôt d’adapter notre style de vie et notre comportement à un environnement toujours plus hostile (stress, maladies, bactéries tueuses…).
Non seulement les progrès réalisés par les outils de collecte et de partage vont grandement faciliter la constitution de personal data ecosystems, mais les annonceurs, collectivités et organisations vont nous y inciter, car elles apporteront des réponses aux questions que nous ne nous posons pas encore.
Définition et origines du Quantified Self
Il existe déjà un certain nombre d’articles publiés sur le sujet (dont le très bon interview d’Emmanuel Gadenne : Le Quantified Self : doit-on compter sur soi ?), aussi je vais vous la faire courte : Le Quantified Self est une pratique consistant à collecter des données personnelles et à les partager. Pourquoi ? C’est là toute la question… Le QS est en effet une discipline polymorphe où chacun y trouve son compte, donc avec des motivations et des pratiques différentes. La notion communément admise est la suivante : « Mieux se connaitre au travers des données« .
Les origines sont à chercher dans les journaux intimes et les pratiques de self-tracking. Vous connaissiez déjà des systèmes comme Nike+ ou la Wii Fit, le QS va plus loin en proposant une approche systématique et publique. La publication et le partage de ces données personnelles est en effet ce qui différencie le Quantified Self des autres pratiques (notamment le Self-tracking). Plusieurs facteurs favorisent ce phénomène de publication et de partage : des capteurs plus petits (et des smartphones qui peuvent se substituer à ces capteurs) ; des services permettant de facilement collecter, structurer, partager les données ainsi que de créer des interactions sociales avec les personnes partageant les mêmes objectifs que vous (comme par exemple 42Goals) ; des plateformes sociales qui banalisent l’acte social de partager sa vie (sites de partage de photos, de localisation…).
Mesurer les km que vous parcourez avec Fitbit
N’essayez pas de trouver des raisons rationnelles à cette pratique, car c’est avant tout une expérience sociale et humaine. Les entreprises sont en quête perpétuelle de performance, pourquoi pas les individus ? Pour une analyse psycho-sociaux-ethno-techno, je vous recommande la lecture de ces articles : Finalement, documentez-moi, Nos vies gérées par les données et Self-tracking, quand les chiffres parlent.
Documentez votre quotidien avec 42Goals
N’allez pas pensez que le Quantified Self est une forme dégénérative de narcissisme social, il s’agit simplement d’un mouvement de fond fédérateur. Les motivations des pratiquants sont multiples et je n’ai pas l’ambition de toutes les lister. Mais bon, force est de constater que l’on vérifie plus facilement le niveau d’huile de sa voiture plutôt que sa pression artérielle, cherchez l’erreur…
Exemples de domaines d’application
Comme précisé plus haut, le QS est une meta-discipline qui regroupe des individus aux motivations très diversifiées. Il est ainsi possible d’en identifier quelques-unes :
Pour des raisons médicales. Des sites comme CureTogether ou PatientLikeMe permettent ainsi de tisser des liens sociaux entre personnes souffrant des mêmes maladies de longue durée ou suivant le même traitement.
Pour se comparer à d’autres. Quoi de plus naturel que de chercher à s’auto-évaluer en se comparant aux autres, aussi bien dans le domaine sportif (RunKeeper, Runtastic), que pour votre gestion quotidienne (PearBudget) ou vos ébats sexuels (BedPost).
Pour chercher un soutien moral. Des systèmes comme Withings ou BodyMedia permettent de faciliter la collecte de votre poids et de votre tension, mais une fois les données agrégées, il manque la plateforme sociale pour pouvoir dévoiler vos objectifs personnels et trouver l’entourage social qui va vous aider à les atteindre. Cela peut concerner une perte de poids, mais aussi la diminution de votre dépendance à la cigarette ou à l’alcool (DrinkingDiary). Il existe en fait une infinité de données personnelles à mesurer, des plateformes comme Quantter, Daytum ou LifeMetric vous aide à organiser la collecte de ses données ainsi que leur partage.
Par curiosité. Savez-vous combien de musique vous écoutez ou combien de km vous parcourez dans la journée ? Des systèmes comme iTunes ou Google Latitude se proposent de quantifier votre quotidien, juste pour le plaisir.
Cette (petite) liste n’est là que pour illustrer la diversité des motivations de chacun. Vous noterez que les données personnelles collectées peuvent être à la fois des données quantitatives (votre poids) tout comme qualitatives (votre humeur sur Moodscope ou Mappiness). En fait les deux sont utiles pour nous aider à mieux comprendre qui nous sommes et la façon dont nous nous insérons dans notre cercle sociale.
Mesurer l'évolution de votre humeur avec Mappiness
Tout ceci vous paraît abstrait ou psychotique ? C’est normal, la première réaction de celles et ceux qui découvrent cette discipline est invariablement la même : « ces gens ont-ils des problèmes ?« . Pas forcément, et vous ? En faisant un petit travail d’introspection, vous pouvez très facilement identifier des variables d’ajustement dans votre quotidien : Vous avez du sommeil en retard : Combien ? Vous buvez trop de café : Combien ? Vous ne faites pas assez de sport : Combien ?
Quelles applications pour les marques ?
Nous arrivons maintenant à la partie qui fait peur : l’exploitation de toutes ces données personnelles. Plusieurs services existent déjà et proposent une offre complète et bien délimitée, mais nous n’en sommes qu’aux prémices de quelques choses de bien plus ambitieux.
Prenons maintenant le cas de BodyMedia. Ils proposent également une offre similaire avec à la fois les appareils pour collecter les données ainsi que le service pour les archiver. Là où ça devient intéressant, c’est qu’ils travaillent en collaboration avec des coaches sportifs ainsi que des professionnels de santé. Nous ne sommes donc plus dans le cadre d’une expérimentation névro-narcissique, mais dans le cadre plus général d’un programme de santé et bien-être. La vente de capteurs devient donc une activité satellite, l’important pour eux est de stocker les données et de faire l’intermédiaire entre les utilisateurs et les professionnels qui vont pouvoir exploiter ces données.
Archivez vos données personnelles avec BodyMedia et parlez-en à votre coach sportif
Avec ce cas de figure, nous voyons bien que l’intérêt ne réside pas dans la vente de capteurs, mais bien dans l’exploitation des données. Certains proposent un système fermé comme Philips avec son DirectLife, d’autres optent pour un système ouvert comme RunKeeper qui permet d’agréger les données : Zeo and Fitbit now integrate with RunKeeper!.
Nous en venons donc au principe de personal data ecosystem. L’idée est de se constituer une base de données personnelles (poids, nombre de cigarettes fumées / de cafés bus, humeur, calories ingurgitées / dépensées, nombre de km parcourus…). Une fois ces données collectées, archivées et mises en forme, vous y autorisez l’accès à des fournisseurs de service qui vont les analyser et vous faire des recommandations et/ou des propositions. Tout comme vous autorisez un site à personnaliser son contenu en fonction de votre graphe social (via Facebook Connect ou autre), il serait possible de personnaliser une offre en fonction de vos données personnelles. Plusieurs éditeurs sont ainsi en compétition pour orchestrer ce partage et faire office de tiers de confiance.
Un acteur comme Quantter s’efforce ainsi de faciliter la collecte des données en proposant des applications pour smartphone, mais également un ingénieux système de collecte via Twitter de type #activity:numberunit (ex: #run:5km). L’intérêt de collecter les données de façon publique via Twitter est d’ouvrir la porte à des annonceurs potentiels (l’éditeur préfère parler de micro-sponsors) qui pourrait très facilement exploiter ça dans le cadre de campagnes avec dotation.
Le tableau de bord de vos données personnelles avec Quantter
Précisons que la collecte et l’archivage de données personnelles est un très gros marché, d’autant plus avec des données médicales. Microsoft et Google sont d’ailleurs déjà positionnés sur ce créneau (respectivement Google Health et Microsoft HealthVault) avec des offres combinant la gestion de données médicales ainsi que les données personnelles lambda. Le scénario tout à fait probable que j’envisage est le suivant : Des services de développement de photos sont déjà intégrés à votre compte Picasa (qui stocke vos photos), votre médecin ou votre coach « santé » pourrait tout à fait exploiter de la même façon vos données stockées sur Google Health. Google gagnerait ainsi de l’argent dans l’acte d’intermédiation et/ou dans l’accès aux données (qui serait payant pour les pros).
Encore plus fort : en déployant son service à grande échelle, Google pourrait amasser une masse considérable de données personnelles sur les utilisateurs. Ils pourraient alors se servir de ces données d’un point de vue macroscopique. Nous pouvons ainsi envisager un service à destination des agences gouvernementales ou des industries pharmaceutiques qui leur donnerait accès à ces données ainsi qu’aux outils d’analyse (l’équivalent de ce que propose Médiamétrie mais pour des données personnelles). Nous parlons bien ici de Data-as-a-Service : un service d’accès et d’exploitation de grandes quantités de données. L’intérêt pour les industriels serait de disposer d’une base de données déjà constituée et de pouvoir les exploiter pour repérer des signaux faibles : des tendances qui ne sont visibles qu’avec de très grandes quantités de données.
Illustration avec Google Correlate, un service qui permet de comparer des séries de données hétérogènes pour essayer d’identifier des corrélations empiriques. Aujourd’hui ce service est alimenté par des données publiques, mais nous pourrions tout à fait envisager une offre plus sophistiquée avec un accès premium offrant des données personnelles anonymisées et des outils d’analyse plus complexes (agents intelligents). À ce petit jeu là, c’est celui qui possèdera la plus grande quantité de données qui raflera la mise. Correction : c’est celui qui possèdera la plus grande quantité de données, l’infrastructure pour les stocker, les outils pour les manipuler et les offres pour les commercialiser qui remportera la mise. Qui d’autre que Google est mieux placé sur ce terrain là ?
Dernière application pour les marques : la connaissance client. Les annonceurs exploitent aujourd’hui trois types de données concernant les clients : l’historique des achats pour le programme de fidélité, le profil et le comportement pour la personnalisation des offres. Des solutions comme Facebook Connect ou AudienceScience (anciennement Wunderloop) facilitent grandement cette tâche de personnalisation des newsletter ou offres. Avoir accès à des gigantesques bases de données personnelles pourrait représenter un gros avantage pour les marques. Prenons l’exemple d’un fabriquant de vêtements, cette base de données lui permettrait d’ajuster les tailles de ses produits en fonction des tendances qu’il peut constater.
Mais nous pouvons aller beaucoup plus loin et envisager un ajustement des campagnes en fonction de critères jusque-là ignorés : l’humeur, la santé financière, le cycle menstruel… Bien évidement, il serait complètement surréaliste de penser que les prospects vont autoriser volontairement les annonceurs à accéder à leurs données personnelles, par contre nous pourrions l’envisager avec des tiers de confiance. Ces intermédiaires seraient en mesure à partir des données personnelles des utilisateurs de sortir un score de réceptivité en quasi-temps réel. Ce score servirait aux annonceurs à avancer ou décaler le lancement d’une campagne pour s’assurer de son succès. Traduction : Les annonceurs payeraient pour savoir si les conditions sont bonnes pour lancer une promotion aujourd’hui ou s’il faut attendre le lendemain ou la fin de semaine.
Vous trouvez le principe effrayant ? Pas moi. Après tout nous parlons d’utilisateurs consentants qui sont bien contents de bénéficier d’un service gratuit de collecte et d’archivage de données personnelles. À partir du moment où ces données sont anonymisées, leur exploitation ne devrait pas poser trop de problèmes éthiques. Pour vous en convaincre, laissez-moi vous rappeler que c’est que fait Google depuis des années : ils exploitent les données issues des recherches ainsi que les statistiques de fréquentation des sites, mais dans la mesure où Google Search et Google Analytics sont gratuits, ça ne dérange personne.
Les données seront la matière première du web 3.0
Le Quantified Self n’est à mon avis que la partie visible de l’iceberg. Le web est un média proposant une incroyable richesse de par la quantité de contenus qui y est disponible. Avec les médias sociaux, cette richesse a été considérablement accrue avec les contenus générés par les utilisateurs. Les données seront un troisième facteur d’enrichissement, elles donneront plus de sens au contenu (data journalism) et permettront de personnaliser l’expérience des internautes (personal data ecosystem).
Les données seront également source de nouvelles interactions sociales : si vous n’êtes pas à l’aise avec l’écrit (pas le courage ou l’assurance pour rédiger un blog), peut-être pourriez-vous trouver un intérêt à faire parler les données pour vous. Des sites comme 42Goals ou Quantter sont en faite des plateformes sociales qui utilisent les données personnelles plutôt que les billets / tweets / photos / … pour générer des interactions sociales entre les membres. Cela peut se faire dans un cadre complètement informel (par curiosité ou narcissisme) ou de façon plus sérieuse (Mooscope envoie ainsi un email à vos amis si votre humeur change radicalement et que vous avez des idées noires).
Les données seront ensuite un levier d’amélioration de la performance, qu’elle soit individuelle (faire plus d’exercice, arrêter de fumer…) ou collective. Les municipalités pourraient ainsi exploiter les checkins de services comme Foursquare ou Gowalla pour identifier les zones à fort trafic et redimensionner les capacités d’accueil ou les transports en commun pour éviter les goulots d’étranglement ; ou des services comme Asthmapolis pour identifier les zones irritantes pour les personnes souffrant d’asthme.
Les données seront enfin très précieuses pour aider les annonceurs à améliorer leur connaissance client à partir de données anonymisées ou à partir de données personnelles fournies volontairement par les prospects / clients pour bénéficier d’une offre mieux ciblée ou plus compétitive.
Encore une fois, tout ceci peut vous sembler abstrait ou effrayant (ou les deux), mais j’ai l’intime conviction que nous sommes au-devant d’une nouvelle révolution, et les données en seront la clé. Rassurez-vous, nous aurons largement l’occasion d’en reparler.
Nous sommes en 2011, cela fait donc 30 ans que l’ordinateur individuel a été mis sur le marché (source : Wikipedia). 30 ans que nous utilisons la combinaison unité centrale / écran / clavier / souris. 30 ans de croissance quasi ininterrompu pour les constructeurs et éditeurs de logiciels qui ont bénéficié du phénomène de comoditisation de l’offre (une baisse des prix obtenue par économie d’échelle en vendant des produits quasiment identiques aux entreprises et particuliers).
Le premier ordinateur individuel à grande production lancé par IBM en 1981
Plusieurs signaux du marché sont néanmoins en train de participer au déclin de l’ordinateur individuel tel que nous l’avons connu : l’arrivée à maturité de l’internet et des offres de cloud computing, la montée en puissance des terminaux mobiles et des usages en mobilité.
Avec les annonces de ces dernières semaines, il semble clair que Microsoft, Google et Apple sont en ordre de bataille pour faire basculer l’informatique dans le 21ème siècle. Certes, tout ne s’est pas fait en quelques semaines : Les offres d’Application Service Providers et les smartphones en Asie sont une réalité depuis le siècle dernier (donc bien avant l’apparition du cloud computing ou de l’iPhone / iPad), mais nous y voyons maintenant beaucoup plus clair dans le jeu des grands acteurs de l’informatique et de l’internet.
Les ordinateurs individuels supplantés par les terminaux nomades
Même si de gros progrès ont été réalisés, les ordinateurs ne font plus rêver personne : trop encombrants, trop chers, trop laborieux à maintenir (failles de sécurité, anti-virus, anti-malware…). La solution des industriels a été de créer un nouveau segment pour relancer l’intérêt : les netbooks (cf. Les netbooks vont-ils amorcer la révolution du web 3.0 ?). Mais tout ne s’est passé comme prévu, les netbooks ont fait long-feu car ils étaient incapables de tenir la promesse faite aux consommateurs (l’informatique low-cost). Après 3 années d’égarement, Google parvient néanmoins à proposer aux industriels une offre viable : Avec Chrome OS, Google parie sur le CloudBook.
Les chromebooks représentent donc l’évolution ultime du concept avec un hardware et un software allégé au maximum au service de la simplicité et de la portabilité. Parviendrons-ils à réussir leur pari et convaincre le grand public ? Oui j’en suis persuadé, car l’offre est bien pensée (système de location mensuelle) et que la transition va se faire en douceur auprès des publics les plus réceptifs (étudiants…).-
Le Chromebook de Google, évolution ultime des netbooks
De même, les tablettes tactiles existent depuis près de 20 ans, mais souffraient de gros problèmes ergonomiques. Elles aussi ne parvenaient pas à tenir la promesse d’une informatique nomade et tactile. Il a fallu attendre la sortie de l’iPad pour viabiliser le concept de touchbook. La touche de génie d’Apple a été de simplifier l’interface et surtout de repenser l’outil informatique (cf. Pourquoi iOS est plus disruptif que vous ne le pensez).
L'iPad d'Apple
Ainsi ce n’est pas tant le hardware qui a évolué que le software. Apple et Microsoft ont bien compris que le modèle traditionnel du logiciel ne va pas perdurer longtemps, surtout face à la menace de nouveaux entrants comme Google, SalesForce… Il était donc urgent de refondre ce modèle et de tenter autre chose : Software as a Service, mini-applications, services en ligne freemium… (cf. Apple, Microsoft, Google, Adobe à la recherche du nouveau paradigme des logiciels).
Une nouvelle approche de l’informatique personnelle
Entendons-nous bien : il est bien ici question d’informatique pour le grand public, pas pour les contrôleurs de gestion, développeurs… Là encore les nouvelles configurations de marché rendent obsolète l’ordinateur traditionnel. Les usages d’aujourd’hui tournent ainsi essentiellement autour du web et de tout ce qu’il propose : contenus, plateformes sociales, jeux… Or, les offres récemment créées par Apple, Netflix ou encore OnLive nous prouvent que les utilisateurs peuvent se passer des ordinateurs pour consommer des contenus et services.
Tous les jeux dont vous rêvez sont accessibles sans PC avec OnLive
Avec l’avènement de l’internet, l’ordinateur s’est banalisé et n’est plus qu’un moyen d’accès à des contenus et services en ligne. Les utilisateurs valorisent maintenant beaucoup plus l’autonomie et la portabilité que la puissance. L’architecture x86 des processeurs Intel est maintenant supplantée par l’architecture ARM des smartphones et terminaux nomades (cf. 2011, l’année du point de bascule).
L'écran d'accueil de l'interface tactile de Windows 8
Cette nouvelle approche de l’outil informatique semble donc parfaitement adaptée aux nouveaux usages des internautes. Mais elle pourrait également fonctionner avec les collaborateurs équipés de terminaux nomades leur permettant d’accéder à leur intranet et les applications qui vont avec. Ont-ils réellement besoin de plus ? Nous ne savons encore pas grand-chose de l’offre pro de Google (baptisée Chromebox) mais elle pourrait bien nous faire envisager à nouveau le modèle client/serveur. Ceci étant dit, c’est un autre débat que je ne souhaite pas entamer dans cet article.
L’avènement du cloud personnel
Nous avions déjà Amazon Cloud Drive, Google Music, et maintenant c’est Apple qui annonce iCloud, son offre de stockage de données en ligne. Le cloud computing n’est maintenant plus réservé aux entreprises, les offres se structurent pour en faire bénéficier les particuliers afin de leur offrir toujours plus de liberté dans leurs modes de consommation.
iCloud, l'offre de personal cloud d'Apple
L’idée maitresse derrière ses offres est la suivante : puisque le piratage rend toujours plus compliquée la vente des licences (musiques, films ou logiciels), les distributeurs et éditeurs se tournent plutôt vers la location (SaaS), l’hébergement (cloud) et la monétisation de l’accès aux contenus (streaming). Le futur Mac OS X Lion ne sera ainsi proposé qu’en téléchargement via le Mac App Store. Non seulement ce modèle permet de verrouiller la chaine de distribution, mais il assure également à l’opérateur de ces services des revenus récurrents (en plus de collecter les N° de carte bancaire de l’ensemble des utilisateurs de Mac).
Les perspectives de croissance du marché du Personal Cloud par Forrester
Avec la banalisation de la bande passante et les premières offres de très haut début, cette tendance ne peut que s’accélérer.
Vers une expérience unifiée pour les clients
Donc si l’on résumé : itunes + App Store + iCloud = des contenus, services et applications disponibles sur tous vos terminaux. La promesse d’Apple n’est plus de vous assurer la meilleure expérience sur smartphone ou sur touchbook, mais sur l’ensemble de vos terminaux. La vision d’Apple rejoint ainsi celle de Google (avec ChromeOS et Android) et celle de Microsoft (avec Windows 8 et Windows Phone). Nous sommes donc bel et bien entrés dans l’ère de l’informatique nomade et polymorphe où les contenus et services sont achetés une fois et consommés en différents endroits.
Je suis intimement persuadé que nous sommes en train de vivre une transformation dont nous ne mesurons pas encore l’impact. Comme je l’avais senti l’année dernière, le prochain terrain de bataille sera la télévision. Google est déjà très bien positionné (Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV), mais nous pourrions avoir des surprises avec les consoles de jeux, notamment la Xbox de Microsoft avec Live TV ou encore la future Wii U qui propose un étonnant couplage entre une console multifonctions et une manette aux airs de touchbook.