Archives pour le mois avril 2011

A quoi ressemble le commerce en ligne en 2011 ?

Le commerce en ligne est un sujet que j’aborde régulièrement sur ce blog (quoi que pas assez). Par contre, je me rends compte que je n’ai jamais eu la tentation de faire dans le sensationnalisme avec un article du type « La révolution du E-commerce 2.0« . Pourquoi ? Tout simplement parce que le commerce en ligne est une discipline très complexe qui a mis des années à atteindre le niveau de maturité que nous connaissons et qu’il ne peut pas y avoir de rupture dans les pratiques de vente en ligne. Au mieux, il y a des évolutions progressives dans les tendances de consommation, mais pas de changement de paradigme (cf. mes réflexions sur ce sujet en 2010 et 2009). Voilà pourquoi je voudrais au travers de cet article faire le point sur la réalité du commerce en ligne en 2011.

Ce qui a changé

Beaucoup de choses ont changé la donne ces deux dernières années… mais finalement pas grand-chose. J’attire ainsi votre attention sur le fait qu’au siècle dernier Amazon et Ebay pratiquaient déjà le commerce en ligne avec une forte dimension communautaire, qu’il était possible de payer avec son téléphone mobile, qu’acheter à plusieurs sur Clust faisait baisser les prix et que Ciao employait déjà plusieurs animateurs de communautés pour gérer les avis client.

Ceci étant dit, plusieurs facteurs sont en train de reconfigurer progressivement les réflexes et habitudes d’achat en ligne :

  • Les médias sociaux. Pour résumer une longue histoire, nous pouvons dire qu’avec les médias sociaux, de nombreuses nouvelles pratiques ce sont développées (cf. Tour d’horizon du social commerce) et que Facebook est devenuune destination privilégiée pour y faire la promotion ou la vente de produits et services (cf. Les pratiques de commerce en ligne sur Facebook gagnent en maturité). Après plusieurs mois d’observation, les premiers retours d’expérience sont plus mitigés (cf. Les pratiques de commerce en ligne sur Facebook ou F-commerce gagnent-elles vraiment en maturité ? et Social shopping : «Il faut arrêter de se focaliser sur les boutiques Facebook»). Nous sommes tous d’accord pour dire que les plateformes sociales offrent de nombreuses opportunités pour les marques (feedback, discussions, co-création…) mais qu’elles ne sont pas le support idéal pour du e-commerce. Malgré tout ce qui a été dit, je reste tout de même persuadé que la vente en ligne peut se faire dans de bonnes conditions sur Facebook (sur la base d’une construction communautaire avec une sélection saisonnière et contextuelle des produits). Je ne m’enliserais pas plus loin dans ce débat, car cela risquerait de polluer la discussion. Toujours est-il que mes convictions sont aujourd’hui plus tournées vers des systèmes experts de recommandations fondés sur l’intérêt déclaré des utilisateurs (de type Hunch ou Pandora) plutôt que sur le graph social (une notion qui commence à prendre du plomb dans l’aile).
  • Les terminaux mobiles. Là encore, je ne vais pas vous refaire un topo sur la montée en puissance de l’iPhone (cf. De la place des smartphones dans notre quotidien), mais plutôt constater que les terminaux mobiles contribuent fortement à modifier nos habitudes en facilitant le partage et la sollicitation de ses amis (envoie de la photo d’un produit), les achats impulsifs (recherche d’un point de vente proche avec disponibilité immédiate) et la comparaison de prix. Bien évidemment, le m-commerce n’ambitionne pas de remplacer le commerce en ligne traditionnel, mais de le compléter. Plusieurs innovations technologiques sont ainsi là pour nous faciliter l’acte d’achat (micro-paiement, réalité augmentée, code à barres 2D…) mais les terminaux mobiles sont aussi des canaux de communication très efficaces pour améliorer le service et la relation client après l’acte d’achat (infos livraison et points de retrait, SAV, conseils d’installation…). Nous n’en sommes qu’au tout début de ce que les terminaux mobiles peuvent apporter dans la vente en ligne et je suis persuadé qu’il existe d’innombrables leviers d’innovation avec les autres terminaux alternatifs (touchbooks, TV connectées…).
  • Les local deals. Normalement je ne devrais pas avoir besoin de vous présenter Groupon, LE phénomène de l’année 2010 qui remet au goût du jour les achats groupés avec une dimension locale et une petite touche de sociale. Avec le recul, nous savons maintenant qu’il y a anguille sous roche (cf. J’ai failli acheter chez Groupon) et quel a concurrence comme a être sacrément rude : Facebook Deals, Google Offers et LivingSocial racheté récemment par Amazon.
  • Les nouvelles contraintes auxquelles doivent faire face les e-commerçants : Il y a tout d’abord cette projet d’harmonisation vis à vis de la législation européenne (cf. Quand l’Europe menace le ecommerce et La mort du ecommerce ? Pas de panique !). Il y a ensuite l’encadrement d’affichage des mentions légales (la police de caractère utilisée doit être de la même taille que celle de description de l’offre). Bref, le législateur est en train d’encadrer de plus en plus fortement le commerce en ligne avec pour ambition de mieux protéger le consommateur. Etant moi-même gros consommateur, je ne prendra is pas parti.
  • Les innovations diverses que l’on commence à voir se généraliser : Retargeting, gamification, 3D… les dernières trouvailles sont nombreuses et la tendance est grande de les implémenter pour compenser un site web en voie de banalisation. Résistez !

Tout ceci est très stimulant, mais ne perdez pas de vue que le commerce en ligne se perfectionne depuis plus de 10 ans et qu’il ne suffit pas d’ouvrir une boutique sur Facebook ou lancer une application iPhone pour démultiplier votre potentiel de vente. Loin de là, la vente en ligne reste un secteur ultra-compétitif où l’expérience et la pertinence de l’offre priment sur l’effet wow.

Ce qui n’a pas changé

Intéressons-nous maintenant aux fondamentaux du commerce en ligne, ce qui fait qu’une boutique en viable sur le long terme. Plus j’y réfléchis, et plus je trouve que les recettes sont les mêmes depuis plus de 10 ans :

  • La marque. Avoir une bonne image de marque est le meilleur moyen de vous différencier de vos concurrents. C’est également le moyen le plus efficace de compenser l’effet néfaste des comparateurs de prix. Amazon et Zappos n’ont pas attendu Facebook ou l’iPhone pour construire une marque solide reposant sur un service infaillible et une confiance inébranlable de leurs clients (ce n’est d’ailleurs pa un hasard si le premier a racheté le deuxième). Ceci est d’autant plus vrai qu’une promotion ne compensera jamais une relation-client défaillante. Rectification : Les promotions vous permettront de prolonger artificiellement la fidélité de vos clients mais biaiseront irrémédiablement la relation.
  • Le référencement. Il est primordial d’avoir une bonne visibilité sur la toile. Les techniques de SEM sont de plus en plus redoutables et la barrière à l’entrée est très élevée. Soit, à vous de faire preuve d’imagination pour ne pas vous attaquer à une niche où l’intensité concurrentielle est trop forte. Dernièrement nous avons pu voir de nombreux services se lancer sur le créneau des gestionnaires de flux vers les marketplaces et comparateurs. Vous pouvez également vous servir des médias sociaux comme d’un bon canal d’apport de trafic et de récurrence (oui ça fonctionne pour celles et ceux qui savent faire preuve de subtilité dans leur approche communautaire). Vous pouvez enfin miser sur le référencement naturel. Oui je sais, avec le temps c’est devenu une notion surannée (euphémisme), mais je tiens néanmoins à vous encourager à investir dans des actions privilégiant le référencement durable (ça me fait une transition pour le point suivant).
  • Les contenus. Que ce soit les descriptions de vos produits, les contenus éditoriaux saisonniers ou les contenus utilisés pour l’animation de vos communautés… le rédactionnel est et sera toujours une valeur sûre. Miser sur les médias sociaux est une démarche intéressante, mais ne vous laissez pas éblouir (Recommandation produits, la blogosphère loin devant Facebook et Twitter).
  • La valorisation des produits. Peut-on envisager une boutique où les clients ne pourrait pas approcher et toucher les vêtements ? Sur le web c’est la même chose : la sensation tactile peux parfaitement être reproduite avec des photos de suffisamment bonne qualité et grande taille (il n’y a pas de limite), de même que des vidéos ou des vues à 360°. Pour mémoire, j’ai commencé à parler de rich commerce il y a près de 8 ans (cf. Après le Rich Media, voici le Rich Commerce), nous sommes en 2011 et la majorité des sites de commerce en ligne proposent encore des visuels d’à peine 300 pixels de large. Une honte !
  • L’utilisabilité. Là encore, il y a beaucoup de progrès à faire : réassurance, persuasion, optimisation du parcours-client… Pourtant les règles sont simples et connues de tous. Il suffit juste de se motiver et d’essayer de relever le niveau (il ne suffit plus de faire au moins aussi bien que votre concurrent direct). Optimiser la lisibilité et le guidage des pages critiques de votre boutique n’est pas un si gros chantier, il faut juste commencer par les améliorations les plus évidentes et lutter contre la fatalité (ex : De l’intérêt de soigner votre page de paiement).

Ouvrir (et animer) une boutique en ligne représente beaucoup de travail, mais je vois encore beaucoup trop de commerçants se perdre en chemin et ne plus savoir gérer les bonnes priorités (« Vite, il faut que je recrute un community manager !« ). Ouvrir et animer une boutique en ligne représente un travail considérable, mais tout est une question de planification et de définir une offre cohérente. Après tout, une boutique en ligne performante se construit dans la durée par améliorations successives, pas sur un coup d’éclat. Certes, les modifications récentes des habitudes des internautes (médias sociaux, mobilité…) forcent les commerçants à accélérer le rythme d’évolution, mais il ne faut pas pour autant négliger les fondamentaux.

La gamification au service de la rétention et de la transformation

Souvenez-vous : au début de l’année je vous parlais déjà de l’utilisation des mécaniques de jeu dans mes prédictions 2011 ainsi que dans un article publié l’année dernière (Le gameplay comme élément clé de l’expérience utilisateur). Figurez-vous que ce phénomène a pris de l’ampleur et qu’il a maintenant un nom : la Gamification. Derrière cet anglicisme (qui doit faire se retourner Maitre Capello dans sa tombe) et les exemples que l’on cite trop souvent (Foursquare & cie), se cachent des pratiques réellement disruptives et une nouvelle façon d’aborder les prospects, de les convertir et de fidéliser les clients.

Définition et origines de la Gamification

Pour la définition, je me contenterais de citer celle de Wikipedia : « La gamification consiste à utiliser des mécaniques de jeu dans un service ou une offre afin d’en faciliter l’adoption et la fidélisation« .

Le système de badges de Foursquare

Pour aller au-delà de cette définition générique, la gamification repose sur un certain nombre de pratiques issues du jeu : accueillir les nouveaux avec un tutoriel, fixer des objectifs sous forme de challenge, récompenser la progression avec des médailles et points d’expérience, faciliter la comparaison entre utilisateurs avec des niveaux et des tableaux de scores, favoriser les interactions sociales autour d’échanges de récompense ou de monnaie virtuelle… Bref, les leviers de fidélisation vont bien au-delà des badges.

Les origines de la gamification sont multiples, on les retrouve dans les programmes de fidélité reposant sur les points, dans les systèmes de ventes pyramidales avec les grades ou encore dans les serious games. Si je ne dis pas de bêtises, la méthodologie d’entreprise Six Sigma intègre un principe de ceintures à couleurs (« black belt« ). Comme vous avez donc dû le comprendre, les équipes de Foursquare n’ont rien inventé, les profils des membres sur GameSpot proposent ainsi un système de niveaux, rangs et badges depuis au moins 5 ans.

Les profiles des membres sur GameSpot

Pourquoi la gamification est bonne pour votre marque ?

Inutile de trop se creuser la tête sur les origines, l’important est de constater que le jeu fait maintenant partie de notre quotidien (l’industrie du jeu vidéo a dépassé celle du cinéma). Il n’y a qu’une petite dizaine de millions de joueurs de WoW, mais nous avons tous en nous une âme de joueur, le tout étant de trouver les bons stimuli pour la réveiller. Ma théorie est la suivante : les jeux vidéos existent depuis maintenant près de 30 ans. Perçue comme un passe-temps parasite au début, la place des jeux a beaucoup évolué dans les mentalités. Les personnes nées avec les jeux vidéos se trouvent maintenant à des postes-clés chez les annonceurs et sont beaucoup moins réfractaires à exploiter les jeux dans leur stratégie de recrutement / fidélisation que les générations précédentes.

Tout l’intérêt d’intégrer une notion de gameplay à votre marque ou service est de mieux capter l’attention de vos cibles, et surtout de leur donner un cadre pour qu’ils reviennent et développent des interactions sociales.

La gamification pour améliorer l'attention et l'intérêt

Il existe différents objectifs pour la gamification :

  • Différentier votre marque ou service de la concurrence (en y insérant une pincée de fun) ;
  • Améliorer la compréhension de votre offre (au travers des récompenses) ;
  • Capter et maintenir l’attention (à l’aide des quêtes) ;
  • Favoriser les interactions sociales (compétition douce, collaboration, entre-aide…).

Il existe une infinité de modèles et gameplay possible car le jeu est un domaine très vaste qui s’appuie sur des dizaines d’années d’expérience, il serait donc très dommage de vous limiter aux badges.

Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous recommande ces différentes sources et articles :

Ce sujet est vaste et cette liste est loin d’être exhaustive.

Quels domaines d’application ?

Il n’y a en théorie pas de limite à la gamification. Comprenez par là que l’on peut la mettre en oeuvre quel que soit le contexte ou l’industrie. Nous pouvons ainsi nous appuyer sur les exemples suivants :

  • Toutes le marques qui ont recours aux advergames ou équivalents ;
  • Des plateformes sociales qui se servent du jeu pour attirer et fidéliser les membres (SCVNGR pour la géolocationsation, CupidsPlay pour les rencontres ou BranchOut pour la cooptation) ;
  • Des boutiques en ligne qui l’utilisent pour stimuler la découverte de la gamme ou l’implication communautaire comme Be the Buyer chez ModCloth ;
  • Des solutions de productivité comme Email Game, MindBloom ou encore Epic Win) ;
  • Des artistes qui l’exploitent comme levier de visibilité comme David Garrett, l’opération Je veux signer chez AZ ou encore les Bopler Games de MXP4 pour découvrir et apprécier différemment la musique ;
  • Des industriels qui éditent des serious games comme Siemens avec PlantVille ou Empire & State de Novel ;
  • Des institutions publiques qui l’utilisent pour séduire un public plus jeune comme le métro de Londres avec Chromaroma ou la bibliothèque de NY ;
  • Le monde de l’éducation avec des expérimentations au MIT ou chez Motion Math ;
  • Les acteurs de la santé avec des initiatives comme Rock Ealth
Jouez tout en découvrant des morceaux musicaux avec Bopler Games

Encore une fois les exemples sont très nombreux et je n’ambitionne pas de tous les citer. APr contre si vous tenez à jour une liste, ça m’intéresse…

Comment exploiter le jeu pour votre marque ?

Comme expliquer plus haut, un bon gameplay ne se limite pas à distribuer des badges. Il convient donc de bien penser en amont votre projet de gamification et notamment de respecter les grands principes : The seven tricks everyone can learn from game designers.

Ceci étant dit, si vous souhaitez faire un test ponctuel et/ou limiter les coûts de développement, il existe un certain nombre de fournisseurs de solutions (« Game Mecanics Providers« ) :

Les solutions de gamification des éditeurs

Quelles évolutions logiques ?

Le marché est encore en train de structurer (meilleures pratiques, fournisseurs de services et plateformes…), mais l’on peut d’hors et déjà commencer à avancer des hypothèses quant à l’évolution des pratiques de gamification :

  • Des mécaniques de jeu plus sophistiquées pour prolonger l’intérêt (mais avec un enrichissement progressif pour ne pas perdre les novices). Nous pouvons ainsi parier sur l’utilisation des avatars (existants ou à créer) ou des guildes (agissant comme catalyseurs communautaires) ;
  • L’exploitation de mécaniques de jeu universelles (ou du moins partagées entre différents annonceurs ou services). Une solution open source comme UserInfuser devrait favoriser la mutualisation ;
  • L’utilisation de monnaies virtuelles échangeables (soit contre des réductions, soit contre des items virtuels ou privilèges) ;
  • L’appropriation des mécaniques de jeu par les politiques en vue des élections de 2012…

Là encore, je ne suis pas devin, j’essaye juste de me projeter dans un avenir proche et d’anticiper les évolutions. Si vous avez d’autres suggestions, n’hésitez pas à les publier dans les commentaires. Ce domaine est vaste et surtout incroyablement riche (n’oubliez pas que les jeux vidéos existent depuis 30 ans) et nous n’en sommes qu’au tout début. Il y a de nombreuses opportunités à saisir, ne les ratez pas !

Je précise au passage que j’organise le mois prochain une formation sur le marketing virtuel où sera abordée cette thématique (entre autres choses).

Mes 3 sites coups de coeur (Avril 2011)

J’ai un peu de retard pour vous livrer mes 3 sites coup de coeur, mais comme on dit chez nous « L’attente, c’est la moitié du plaisir ».

Commençons donc avec OakStreet BootMaker, un fabricant de bottes et chaussures :

La page d'accueil de Oakstreet BootMakers

La mise en page très sobre laisse un maximum de place aux photos, la typo particulièrement fine apporte de la sophistication malgré un traitement très minimaliste. Le fond de page réchauffe intelligemment une ambiance qui aurait pu être glaciale. J’apprécie particulièrement les deux accroches de chaque côté du logo (positionné au centre). Voici donc une boutique parfaitement sobre et élégante, j’adore !

Continuons avec Pointless Corp, un portfolio de projets créatifs réalisés par l’agence Viget :

La page d'accueil de Pointless Corp

L’ambiance rétro de cette page est bien mise en valeur par les textures, le choix des illustrations et des typographies. Toutes ces polices et couleurs ne facilitent pas le lisibilité, mais le schéma qui occupe la partie droite de l’écran permet de clarifier la présentation du site et sa fonction. L’ensemble fonctionne très bien mais je regrette le manque de rigueur dans l’utilisation des typos (parfois avec serif, parfois sans).

Terminons enfin avec so1o, une application en ligne de gestion de projet :

La page d'accueil de So1o

Ce n’est pas tant la page d’accueil qui m’a séduit, malgré une construction très originale, mais plutôt les différents écrans de l’application en elle-même. Le tableau de bord (présenté dans la capture d’écran) est en effet un modèle de concision et de style. Les autres écrans ne sont pas en reste et témoignent d’un gros travail de structuration de l’information et de mise en forme. Ça nous change de MS Project !

La suite le mois prochain…

De la place des smartphones dans notre quotidien

Aviez-vous remarqué à quel point les smartphones occupent une place prépondérante dans notre quotidien ? Autant, vous auriez beaucoup de mal à vivre dans un monde sans téléphone portable, autant les possesseurs de smartphone dans mon entourage n’envisagent plus de vivre tous les jours sans ce formidable outil. Outil de quoi ? De télécommunication, mais également de bien d’autres choses. Et c’est là le principal atout des smartphones de dernière génération : ils font intégralement partie de notre quotidien et participent même à son amélioration. De nombreuses personnes de mon entourage avouent ne jamais éteindre leur smartphone, ils dorment à proximité.

Même si les smartphones ne concernent qu’1/4 des propriétaires de téléphones mobiles, ces usages vont petit à petit se diluer sur des téléphones moins sophistiqués mais qui s’améliorent avec le temps. (cf. Ne négligez pas les smartphones low cost). Outre sa fonction de valorisation sociale, le smartphone a su prouver au grand public son utilité, et le pire dans tout ça, c’est que nous n’en sommes qu’au début…

Le smartphone est le meilleur ami de l’homme (et de la femme) (et des ados)

Les smartphones existent depuis une dizaine d’années, mais l’iPhone, son catalogue d’applications et ses forfaits (quasi) illimités ont permis d’élargir considérablement le spectre d’utilisations (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés) :

Grâce aux smartphone, les utilisateurs restent en permanence connectés (à leurs proches, collègues et graphe social), ils ne sont plus perdus, ils ne s’ennuient plus (musique et jeux), ils sont omnipotents (m.wikipedia.fr) et mieux organisés (nombreuses applications de productivité)…

Comment les smartphones remplacent les autres terminaux

Difficile de se passer de son smartphones, surtout que les occasions sont fréquentes. On dénombre ainsi de nombreux contextes d’usages privilégiés :

  • Au bureau ou en réunion (consultation d’emails et prise de RDV) ;
  • Dans les transports (musique) ;
  • Dans les files d’attente (jeux) ;
  • À la maison (recherches ponctuelles sur le web)…

Avec 350.000 applications disponibles sur l’App Store d’iTunes (et plus de 250.000 sur l’Android Market), il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Toutes les cibles sont ainsi représentées : hommes, femmes, ados, enfants…

Comparaison des places de marché d'applications par OS mobile

Non seulement les capacités techniques des machines évoluent, mais la créativité des éditeurs d’applications va dans le même sens. J’ai ainsi été récemment bluffé par un jeu sur iPhone qui n’utilise que le son : PapaSangre. Mais outre les domaines ludiques, les smartphones vont petit à petit venir s’installer sur des territoires toujours novateurs.

Les nouveaux usages en mobilité

Avec la croissance fulgurante que le segment des smartphones est en train de vivre, le marché s’organise pour fournir un ensemble de services étendant encore plus l’utilisation que nous faisons des smartphones au quotidien.

J’ai déjà parlé des applications de réalité augmentée donc je fais volontairement l’impasse là-dessus.

Il y a tout d’abord une authentique explosion des applications de messagerie groupée, sociale et/ou locale. Kik était précurseur en ce domaine, mais cette application à fait de nombreux émules comme GroupedInBeluga, GoupMe… (cf. Mobile Messaging March Madness). Dans cette série, Yobongo sort du lot en offrant la possibilité de dialoguer avec un nombre limité de personnes qui sont situées dans le même périmètre géographique que vous. Un concept intéressant pour faire tomber les barrières sociales et vous forcer à interagir avec de nouvelles personnes (sur le même principe, il y a aussi Color dont on parle beaucoup : Color Looks To Reinvent Social Interaction With Its Mobile Photo App).

Nous avons ensuite les applications d’informations ambiantes auxquelles on accède grâce aux flashcodes : contenus (magazines), tourisme, commerce, jeux… il existe une infinité de possibilités d’association d’information à un produit ou un service (lire à ce sujet le très complet Future Of Mobile Tagging). La dernière initiative que j’ai retenue est QR4Wine, une base de données de vin doublée d’une plateforme marketing (promotion, fidélisation…).

Des Flash code sur vos bouteilles de vin

Même si vous n’avez pas de lecteur de flashcodes, des applications comme Google Googles fonctionnent sur le principe de reconnaissance de formes et de scènes. Mais nous pouvons aller beaucoup plus loin avec les nombreuses applications de reconnaissance faciale comme Viewdle : This is the Creepy, Super Cool Future of Smartphones and Social Networks.

Illustration de la reconnaissance faciale par une application sociale

Signalons également de gros progrès dans les échanges CtoC avec des acteurs historiques comme Paypal, mais aussi de nouveaux entrants comme Square. Outre un certain nombre de startups, l’arrivée sur ce segment d’acteurs industriels va bouleverser la donne : Banques (j’ai personnellement travaillé sur un projet très ambitieux), opérateurs de paiement (Visa Adds Person-to-Person Payments in U.S.) et opérateurs téléphoniques (La Banque de France a accordé à Buyster son agrément définitif) sont ainsi sur les starting blocks.

Les échanges monétaires entre particuliers est un marché prometteur, mais pas tout neuf. J’ai par contre récemment découvert Zaarly, un service innovant qui permet de faire des offres d’échanges de service spontanées et ponctuelles : Zaarly, Is This The Future of Mobile Money and Markets?.

Illustration du potentiel de Zaarly.com

Derrière ce service, il y a bien plus qu’une application en ligne. La possibilité de solliciter son entourage géographique direct procure ainsi un sentiment de (relative) toute puissance : vous ne faites plus la queue, vous ne portez plus vos sacs… Une fois déployé à grande échelle, un tel service pourrait être un très bon cas d’école dans l’évolution de notre société et de notre rapport aux autres.

Signalons également toutes les expérimentations autour du paiement sans contact : Visa begins trialling iPhone NFC payment solution in Europe, Google’s NFC plan: data sharing, targeted ads, and discounts et NFC in 2011: Wells Fargo Tests Mobile Payments in San Francisco. Tous ces articles font référence à la technologie NFC (Near Field Communication), mais ne vous y trompez pas : les puces NFC ne sont qu’un composant technique nécessaire, mais pas suffisant (cf. Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?).

Dernier domaine d’application dont je voulais vous parler : la capture et l’analyse de données personnelles (autrement appelé Self Tracking ou encore Quantified Self). Vous connaissez déjà le pèse-personne connecté de chez Withings ou radio réveil qui mesure vos plages de rêve de chez Zeo. L’objectif de ces terminaux est de collecter de façon systématique vos données personnelles (sommeil, poids, activité sportive…) afin de suivre vos progressions quotidiennes (avec un principe de social coaching). Tout ceci est très intéressant, mais nécessite le recours à un terminal dédié qui se charge de collecter et transmettre la donnée.

Votre réveil devient votre coach de sommeil

Les smartphones pourraient ainsi se substituer à ces terminaux et servir pour la collecte de vos données personnelles : sur des données « simples » (vous saisissez votre poids) ou des données plus complexes (en connectant un tensiomètre à la prise casque). La saisie pourrait ainsi vous être rappelée quotidiennement par une alerte en mode push sur votre smartphone. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande le blog d’Emmanuel Gadenne qui s’y intéresse de très près ou encore la startup française Quantter.

Il existe de nombreux autres domaines d’application innovants, mais ceux-ci me semblent particulièrement intéressants.

Quels impacts ?

Pour le moment, tout ceci est petit à petit en train de se mettre en place, mais nous commençons déjà à voir dans quelle mesure les smartphones se positionnent au centre de notre quotidien : dans nos usages courants, dans notre travail, dans nos interactions sociales, dans nos transactions, dans notre santé…

La conséquence principale de cet usage croissant va être une augmentation considérable de la valeur émotionnelle des smartphones : on y trouve son carnet d’adresses, mais également ses photos et films personnels, ses fichiers musicaux et jeux… Préférez-vous perdre votre portefeuille que mon smartphone ? Quand les applications de porte-monnaie électronique seront déployées à grande échelle, la question ne se posera même plus !

De ce fait, les smartphones vont être l’objet de batailles toujours plus féroce pour capter l’attention des possesseurs. Il est déjà très complexe d’exister parmi les 350.000 applications de l’App Store, et ce n’est pas près de s’améliorer avec les usages innovants cités plus haut. Il va falloir faire preuve d’une très forte créativité pour proposer un service à forte valeur ajoutée et surtout pour le faire connaitre au marché (car vous ne serez pas le seul).

Pour couronner le tout, cette intensité concurrentielle réévaluée va s’accompagner d’un phénomène de rejet de ces sollicitations par les possesseurs : plus la valeur émotionnelle des smartphones augmente, la tolérance aux intrusions diminue. Il sera donc d’autant plus complexe de toucher les possesseurs de smartphones : une attention encore plus fragmentée, une concurrence encore plus féroce et une tolérance aux sollicitations encore plus faible. Il va falloir sel a jouer fine…

L’actualité de mes autres blogs (mars 2011)

Récapitulatif des articles publiés le mois dernier sur mes autres blogs.

L’actualité du commerce en ligne et des interfaces marchandes sur RichCommerce.fr :

L’actualité du social marketing et des plateformes sociales sur MediasSociaux.fr :

L’actualité des univers virtuels et du v-business sur MarketingVirtuel.fr :

L’actualité des interfaces riches sur InterfacesRiches.fr :

L’actualité de l’entreprise 2.0 et du cloud computing sur Entreprise20.fr :

L’actualité de l’utilisabilité sur SimpleWeb.fr :

L’actualité de la mobilité et des objets communicants sur TerminauxAlternatifs.fr :

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Je profite de ce message pour vous rappeler mes deux prochaines formations :

La suite le mois prochain.