Avec un peu de retard je vous livre ma sélection de 3 sites repérés au cours du mois de septembre.
Commençons avec MonGuideSanté, un site marchand de produits de parapharmacie :
Page d'accueil de MonGuideSante
Une très belle harmonie de couleurs et des intentions graphiques très dynamiques (titrailles, coins arrondis, flèches et boutons). Le carrousel de la page d’accueil est très bien rendu et j’apprécie particulièrement le travail sur le pied de page (les derniers produits visionnés par les internautes). Un grand bravo pour cette réalisation 100% française, COCORICO !
Poursuivons avec Barley’s, un pub de la région d’Atlanta :
Page d'accueil de Barley's Greenville
J’adore la texture du fond de page ainsi que les couleurs chaleureuses. Les blocs sont parfaitement découpés et l’effort typographique permet de bien concentrer l’attention sur les éléments importants de la page. Cerise sur le gâteau : vous pouvez donner une note aux bières servies dans ce bar ! Je précise que cette réalisation est l’oeuvre de Squared Eye, une agence dont j’avais déjà parlé dans cette rubrique.
J’adore également la texture du fond de page qui permet de faire ressortir les blocs. Il y a beaucoup de typographies différentes utilisées sur cette page, mais l’ensemble fonctionne plutôt bien et attire l’oeil aux bons endroits. Vous apprécierez la façon dont le bouton « Next » s’incruste dans les trois vignettes de la section « Our Work« .
L’édition 2010 du salon E-commerce étant maintenant terminée, il est tant de se poser et de vous livrer mes réflexions à froid sur ce que les rencontres et les discussions du salon m’inspirent.
Beaucoup de monde, de bruit et d’excitation pour un secteur à croissance ininterrompue depuis un certain nombre d’années. C’est bon signe pour celles et ceux qui veulent se lancer, mais cela signifie également que la barre est de plus en plus haute. Ce qui m’amène au premier constat…
Une boutique en ligne est une notion bien trop réductrice
Impossible de me souvenir où j’avais lu un article sur ce thème, mais il m’apparait de façon très claire que l’activité d’un commerçant sur la toile s’étend bien au-delà de sa boutique. Comprenez par là qu‘il est plus réaliste de parler de dispositif marchand qui englobe : la boutique en ligne, les minisites et pages satellites, le blog du patron, le catalogue déporté sur les comparateurs et portails marchands, le réseau d’affiliés, les systèmes de paiement hébergés, les plateformes de satisfaction, les espaces de discussion sur les médias sociaux (pages Facebook, comptes Twitter…).
Bref, se lancer dans le commerce en ligne ne se résume pas à la mise en ligne d’un catalogue. Ou plus exactement : mettre en oeuvre une solution « tout-en-un » (de type Magento) ne couvre qu’une petite partie du dispositif que vous devrez mettre en place. Ceci met en évidence la pertinence des solutions de délégation.
Encore et toujours la même obsession pour l’acquisition de trafic
J’en avais parlé l’année dernière, et j’ai ressenti la même impression cette année : des moyens considérables sont déployés pour augmenter le trafic entrant, mais pas nécessairement pour exploiter le trafic récurrent. Ce déséquilibre est d’autant plus dérangeant qu’il n’enrichit qu’un seul acteur (Google). Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de faire le procès des mots-clés mais plutôt de plaider pour une répartition plus équitable de l’attention et des moyens consacrés à d’autres activités que l’acquisition de trafic : le ciblage comportemental, le searchandising, la relance des paniers abandonnés, le contenu… Bref, autant d’activités destinées à améliorer le taux de transformation mais qui nécessitent moins d’énergie car elles se situent plus proches de l’acte d’achat.
Augmenter le trafic entrant peut être considéré comme la solution de facilité (force brute) mais ce n’est en aucun cas la plus viable car vous ne capitalisez pas sur ce surplus de trafic (le jour où vous arrêter de payer, il ne reste rien). Prenons les exemples d’Amazon ou de Zappos : ils ont fait le choix de privilégier le service client plutôt que le e-marketing direct (vous connaissez la suite).
Une approche plus mature des terminaux alternatifs
Je pense ne pas me tromper en disant que la période où il suffisait de lancer son application iPhone / iPad pour créer le buzz est derrière nous. Nous entrons donc maintenant dans l’âge de la raison pour le m-commerce avec une approche plus structurée (« à quels besoins essayons-nous de répondre ? ») et plus large (cibler l’ensemble des smartphones et pas que l’iPhone).
Il est ainsi intéressant de constater que les applications mobiles « tout-en-1″ sont à la fois coûteuses et très complexes à développer / mettre à jour. La solution la plus pérenne consiste à mettre en ligne une version mobile de votre site (en HTML5, donc compatible avec l’ensemble des smartphones) et de déployer des applications monotâches (nouvelle collection, services annexes…). Au cas où vous vous poseriez la question : non, vous n’avez pas forcément besoin de Flash pour proposer une boutique mobile digne de ce nom (les briques technologiques de rich commerce en javascript seront parfaitement opérationnelles dès l’année prochaine).
L’arrivée prochaine sur le marché de concurrents de l’iPad devrait également favoriser la réflexion autour de versions plus immersives des catalogues en ligne (façon showroom). Il en va de même pour les smartframes qui devraient faire leur apparition pour les fêtes de fin d’année.
Les médias sociaux au service de la marque et de la relation client
J’ai l’impression d’être passé devant des dizaines de stands qui vantaient les mérites du social shopping en tant que levier de transformation. Oui nous connaissons tous l’exemple de @DellOutlet mais ce n’est pas le seul usage possible des médias sociaux. Ceux-ci sont en effet un terreau de première qualité pour cultiver des relations client plus efficaces et surtout plus instructives. Diffuser des promotions ciblées sur Facebook n’est pas réellement ce que je pourrais qualifier de social marketing, cela s’apparente plus à du social direct marketing.
Encore une fois, l’efficacité marchande n’est pas le Graal du commerce en ligne, la notoriété de la marque et la relation client sont des leviers parfaitement efficaces pour doper les ventes et surtout maintenir les marges. Si votre seule préoccupation est de stimuler le C.A. sur une courte période alors ne vous embêtez pas avec les médias sociaux, les mots-clés sont faits pour ça.
Du social CRM au social ERP
Comme je viens de vous faire l’article des médias sociaux pour améliorer votre image de marque et votre relation clients je vais entrer directement dans le vif du sujet : injecter des données en provenance des médias sociaux dans votre système CRM est une bonne chose, sous réserve que ces données soient correctement assimilées et servent à l’ensemble des métiers de votre organisation. Traduction : les médias sociaux ne sont pas la « propriété » des services marketing ou relation-client mais doivent également « nourrir » l’ensemble des services. Ceci nous mène à deux notions essentielles : le Social Business Design (repenser le marketing d’une marque et la collaboration au sein de ses équipes en s’appuyant sur les médias sociaux) et les Community Management Systems.
Les ERPs sont ainsi le support idéal pour diffuser les données / enseignements provenant des médias sociaux à l’ensemble des collaborateurs. Ceci implique nécessairement un mécanisme de traitement de ces données pour les rendre compatibles et pouvoir les manipuler, de même que des indicateurs et tableaux de bord spécifiques à chaque métier.
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J’arrête là mes réflexions, si vous avez détecté d’autres tendances de fond n’hésitez pas à les partager dans les commentaires (pas de pub déguisée SVP).
Suite de mes pérégrinations au Salon Ecommerce Paris 2010. : La foule est de plus en plus dense, le bruit de fond s’intensifie également (discussions des visiteurs, brouhaha des orateurs dans les salles de réunions) et les serveuses de la cafétéria sont de plus en plus antipathiques. Bref, le salon bat son plein !
Impossible de rater le stand Nosibay cette année tant il est riche en couleurs. Pour mémoire, Nosibay est l’acteur leader en matière de widgets et autres systèmes d’alertes « commerciales ». Ils présentent cette année une nouvelle solution baptisée Easy Store permettant de créer en quelques clics de souris des widgets marchandes aux formats bannières IAB, smartphones, iPad, ad servers ou encore Facebook.
Outil de création de widget marchande de Nosibay
Ces widgets ou bannières sont personnalisables, embarquent un code de tracking (pour rémunérer les affiliés) et peuvent être encapsulées n’importe où, même sur votre page Facebook (comme par exemple sur ce widget de la Fnac). Tout ce dont vous avez besoin (en tant que commerçant) est d’exposer un flux XML normalisé de votre catalogue.
Beaucoup d’agitation autour des stands de solutions de vue à 360° des produits comme Packshot Creator qui faisait la démonstration de son nouveau ministudio 3D ou encore e-Commerce 360 avec un impressionnant plateau tournant :
Le plateau de captation de e-commerce 360
J’ai également eu l’occasion de longuement discuter avec Damien de Commerce Guys au sujet du framework open source Drupal 7 qui devrait sortir d’ici à la fin de l’année. Pour celles et ceux que ça intéresse, cette version 7 est la plus grosse release depuis la création de Drupal (3 ans de développement et une ré-écriture à plus de 50% du code). Cette nouvelle version va encore étendre le périmètre fonctionnel de la plateforme et va surtout intégrer dans le coeur un certain nombre de briques qui étaient devenues indispensables comme CCK. Mais la grosse nouveauté reste l’introduction des « entités » pour offrir un niveau d’abstraction encore plus haut par rapport aux nodes. Tout ce qu’il y a dans Drupal sera ainsi considéré comme une entité (nodes, users, fichiers…) et permettra notamment de gérer le cycle de vie des données (très intéressant pour une donnée comme le prix de vente).
Autre grosse nouveauté : DrupalCommerce qui va officiellement remplacer Ubercart (qui date de l’époque de Drupal 5). Une réécriture complète du code va permettre de synchroniser cette nouvelle version avec Drupal 7 et d’exploiter complètement sa philosophie d’entités. L’approche de la communauté autour de DrupalCommerce a été de privilégier la modularité pour pouvoir offrir un coeur plus robuste et moins complexe. Une version alpha est en cours de test et la version définitive devrait sortir pour la fin de l’année. Deux personnes travaillent à plein temps sur ce module au sein des équipes de Commerce Guys dont l’objectif est de faire le pont entre les marchands et la communauté des développeurs. Ils proposeront à terme une série de distributions verticalisées de Drupal Commerce pour adapter l’outil aux spécificités du secteur (tourisme, produits high-tech ou culturels, fringues…).
Engagez-vous qu'ils disaient!
Et pour celles et ceux qui se posent la question : non, Drupal Commerce n’est pas mieux que Magento qui lui-même n’est pas mieux que Prestashop. Ce sont trois solutions très différentes qui ont toutes des avantages et des inconvénients.
J’ai également pu discuter Sheila sur le stand Scene7 (que j’avais interviewé il y a deux ans : Interview avec Sheila Dahlgren de Scene7). Parmi les dernières références : Matelsom, Eastpack, Camper ou encore le démonstrateur de parquets de Castorama. Cette année la mobilité est à l’honneur chez Scene7 avec un gros effort pour finaliser les versions mobiles des visionneuses (zoom XL, vue à 360°…). Ceci est aujourd’hui possible au sein d’applications (comme ci-dessous dans l’exemple de Tommy Hilfiger), mais devrait très prochainement pouvoir se faire directement dans les pages d’un site mobile en HTML5 (avec notamment de la vidéo en streaming pour l’année prochaine).
Zoom XL sur l'application iPhone de Tommy Hilfiger
Et puisque l’on parle de mobilité, j’ai également pu débattre longuement avec Jean-Philippe d’Apocope et nous sommes tombés d’accord : il n’y a pas réellement de concurrence entre applications smartphones et sites mobiles en HTML5 du moment que l’application répond à un besoin bien précis (comme le système de commande simplifié de capsule pour Nespresso, l’application bTwinMaps de Decathlon ou encore le Dodo-Sitter du Verbaudet. Pour résumer : personne ne vous demande de choisir, le mieux est encore d’exploiter les deux solutions (HTML5 + application mobile) car elles sont complémentaires.
Il est ainsi tout à fait possible d’envisager une version web mobile du catalogue et du service client en HTML5 (qui est amenée à être pérennisée) et des applications dédiées à une fonction bien précise ou temporaire. Méfiez-vous tout de même de l’apparente compatibilité de l’HTML5 qui peut poser des problèmes s’il est couplé à du javascript (car tous les navigateurs et OS mobiles ne l’interprètent pas de la même façon), il faut alors avoir recours à un moteur de dégradation du rendu.
Nous avons enfin pu discuter de l’avenir du m-commerce en 3 points :
Des applications de rich commerce sur touchbook pour pouvoir immerger, inspirer et donner envie à l’utilisateur qui est tranquillement installé chez lui dans son canapé et est donc plus réceptif / sensible à l’univers de marque ;
La réalité augmentée sur smartphone (pour trouver un point de vente ou exploiter une notice de montage / installation) ;
Les interactions en point de vente (infos complémentaires, comparaison de prix, carte de fidélité dématérialisée, paiement sans contact…).
Ouf, le salon ferme ses portes et je crois ne pas avoir perdu mon temps à rencontrer toutes ces personnes ainsi que celles que je n’ai pas mentionnées.
La première journée du salon E-commerce Paris 2010 s’achève et je suis épuisé ! Comme chaque année le gratin du commerce en ligne s’est donné rendez-vous à la Porte de Versailles pour 3 jours d’exposition, de discussions et de conférences. Pour se rendre au salon c’est simple, il suffit de suivre tout le monde !
Tous les chemins mènent au salon Ecommerce Paris
À l’intérieur la foule n’est plus si dense mais la température est par contre relativement élevée, ce qui peut provoquer des somnolences en fin de journée (véridique !). Encore plus de stands et des stands encore plus grands pour cette édition 2010 qui était divisée en 3 grandes zones (marketing digital, technos e-commerce et logistique).
Les allées du salon Ecommerce Paris 2010
Comme toujours, ce salon est l’occasion de discuter IRL avec les personnes que je croise habituellement par email ou blog interposé. Il y a plus de 550 exposants sur ce salon donc il serait impossible de parler de toutes les offres, aussi je vous propose plutôt de partager avec vous mes découvertes ainsi que les discussions que j’ai eues sur les stands. Je précise que la sélection des sociétés citées plus bas ne résulte d’aucune logique, mais plutôt de rencontres spontanées.
Dès l’entrée, j’ai ainsi été attiré par la solution de showroom 3D d’Idées 3Com dont j’avais déjà parlé en début d’année (e-commerce et 3D sont-ils compatibles ?). Leur solution repose sur un plug-in propriétaire mais qui exploite le langage X3D pour créer des environnements virtuels comme celui proposé par Willemse.
Le choix de X3D par rapport à WebGL est lié à une volonté de proposer un langage de plus haut niveau pour diminuer les temps de développement. Cela implique nécessairement le recours à un plug-in mais le taux d’abandon correspondant à cette étape serait assez faible (moins de 15%). Mais rien ne vous empêche d’opter pour une solution sans plug-in reposant sur javascript comme chez NRJ Mobile (merci à Jean-Michel pour les explications).
Reposant sur la même technologie, le groupe Auchan s’apprête à ouvrir un projet assez ambitieux de galerie marchande en 3D : Aushopping.com (le site n’est pas actif pour le moment). L’idée est de proposer un environnement complet comprenant les boutiques 3D, un moteur de comparaison de prix ainsi qu’une communauté.
La galerie marchande 3D d'AUshopping
Le visiteur est donc plongé dans un environnement 3D très réaliste où il va pouvoir flâner de boutique en boutique ainsi que profiter des animations (jeux, démonstrations…). C’est donc une véritable révolution culturelle au sein du groupe Auchan et plus particulièrement de sa filiale Immochan qui conçoit et gère les points de vente « physiques ». Ouverture programmée avant la fin de l’année.
C’est sur le stand Compario que l’on pouvait découvrir une borne tactile de nouvelle génération : Improveeze. Présentée comme une « solution globale d’aide à la vente« , cette borne remplit deux fonctions : faire patienter les clients quand le vendeur est occupé et optimiser le dialogue de vente avec de nombreux médias et contenus additionnels liés aux produits (ici avec le site Milonga Music).
L'interface de la borne tactile Improveeze
L’interface de cette borne n’est pas encore tout à fait terminée (pas de page d’accueil) mais elle démontre déjà un gros potentiel avec une manipulation très intuitive (multitouch) et la possibilité de sélectionner plusieurs produits avec le client afin de les comparer. Cette borne permet également de lire les codes 2D des étiquettes des produits pour accéder directement à la fiche :
Dans un autre registre, j’ai croisé les stands de nombreux opérateurs d’avis client mais j’ai été particulièrement intéressé par ce que propose Lidoli : Un système de gestion des avis client avec critères multiples et restitution sous forme de matrice colorée :
La matrice colorée des avis client de Lidoli
L’intérêt de cette représentation visuelle est de prendre en compte l’ensemble des avis et non d’en faire une « simple » moyenne. Il est de plus possible d’intégrer des photos et vidéos aux commentaires et de trier les avis en classant les critères selon votre ordre d’importance (à tester sur Flysurf.com).
J’ai également eu l’occasion de discuter avec Maxime de e-Redacteur, une agence spécialisée dans la rédaction de contenus : Création ex-nihilo (ex : dossier thématique), reprise (ex : adaptation d’une plaquette) et animation (ex: blog). J’ai déjà eu l’occasion de vous vanter les bienfaits du contenu pour la fidélisation ou la création de trafic durable, les rédacteurs intègrent d’ailleurs les contraintes de référencement en amont de la rédaction (et exploite un outil « maison » d’analyse de la densité des mots-clés.
Je saute du phoque à l’âne avec deux acteurs « green IT » : Treebu Verte, qui propose aux acheteurs de planter un arbre pour chaque achat en ligne (insertion d’un code eco-responsable dans le message de confirmation) et de partager vos « achats éco-responsables » sur votre profil Facebook (à tester chez Nootao). HopScore, qui propose un comparateur environnemental des produits (8 catégories sont prises en charge : Froid, lavage et high-tech). La toute dernière version des cartouches affiche un score encore plus précis et toujours plus d’infos environnementales (à découvrir chez 3Suisses ou Discounteo).
J’ai également discuté avec les équipes d’E-FijY qui proposent une solution de réalité augmentée dont j’ai déjà parlé : Des meubles en réalité augmentée chez AchatDesign. La solution E-xtra est ainsi en production chez Auchan avec une nouvelle interface. Ils sont en train de travailler en R&D sur une application que j’ai particulièrement appréciée où vous prenez en photo votre jardin, choisissez différents arbres et visualisez le résultat après 1 ou 2 ans :
J’ai également fait un arrêt sur le stand de FeedBack 2.0 où était présentée en exclusivité la version Facebook de leur plateforme de conversation (FAQ et suggestions collaboratives):
La solution FeedBack 2.0 sur Facebook
L’intégration de l’offre FeedBack 2.0 est rendue possible grâce aux toutes nouvelles APIs qui permettent d’exploiter la même base de suggestions et de synchroniser les « Like ». Facebook n’est qu’une première étape et il est maintenant tout à fait possible de développer des clients iPhone / iPad… Mais les APIs ne servent pas qu’à ça, elles sont aussi extrêmement utiles pour rapatrier les discussions sur la plateforme CRM du client afin de l’intégrer aux processus internes.
Voilà près de 3 ans que les ebooks (et e-readers) sont commercialisés auprès du grand public. Après un démarrage timide (euphémisme), le marché du ebook est en pleine explosion aux Etats-Unis sous l’impulsion d’Amazon et de son Kindle (ils ne communiquent pas ouvertement sur les chiffres, mais il semblerait que le point de bascule ne soit plus très loin avec le lancement du Kindle 3 : xx). Mais le reste du monde n’est pas en reste avec un marché asiatique très dynamique (boosté par des géants de l’électronique grand public comme Sony ou Samsung), mais une Europe manifestement à la traine. Je ne souhaite pas rentrer dans une laborieuse explication des raisons de ce retard (prix beaucoup trop élevé, trop peu de titres disponibles, faible choix dans les e-readers…) car cela ne ferait qu’enliser mes propos dans un débat houleux. Je préfère ainsi essayer d’imaginer comment l’industrie du livre pourrait développer un nouveau type de produit : le ebook enrichi.
Un texte enrichi, mais pas de multimédia
L’idée de donner vie à une œuvre n’est pas nouvelle : L’iPad fait ça très bien avec de superbes œuvres animées comme Alice in Wonderland ou Grimm’s Rumpelstiltskin. Autant je ne peux qu’admirer le magnifique rendu de ces versions, autant je suis en droit de m’interroger sur leur nature même : Livre animé ou application multimédia ?
Quand on y regarde de plus près, cet Alice in Wonderland est plus proche du DVD-Rom interactif remasterisé à la sauce tactile que du livre électronique. De plus, cette version nécessite impérativement un écran couleur de très bonne qualité, le type d’écran qui vous fatigue les yeux et vous empêche de réellement lire à l’écran. La solution est donc à trouver ailleurs, car il n’est pas besoin de vidéos ou d’animations HD pour faire vivre une oeuvre. Nous avons ainsi l’exemple de Charlie Orr qui propose d’animer les couvertures de livres pour les rendre plus attractives : The Digital Book Cover. Nous ne parlons pas d’animation en 1080p-3D-100Hz, mais plutôt d’animations toutes simples qui donnent vie et illustrent sans nécessairement engendrer de gros coûts de production :
Encore une fois l’idée n’est pas de faire mieux qu’un DVD-Rom ou un jeu vidéo, mais plutôt de faire un tout petit mieux que les ebooks que nous connaissons. Car il faut bien reconnaître que les livres électroniques actuellement commercialisés sont terriblement pauvres, ce ne sont que de simples versions numérisées des manuscrits. Nous pourrions ainsi comparer les ebooks aux sites web « plaquettes » du siècle dernier. Quel dommage de ne pas pouvoir donner vie au texte et plonger le lecteur dans une expérience plus immersion.
Enrichir directement le texte
J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de formats hybrides comme Level 26, un livre associé à des vidéos que les lecteurs peuvent récupérer sur le site-compagnon. Cette première expérimentation à grande échelle est certes très intéressante, mais nous parlons ici de contenus additionnels similaires aux bonus d’un DVD : Ils viennent avant ou après l’œuvre, mais pas pendant.
L’idée que j’ai derrière la tête est plus d’enrichir directement l’œuvre et pas seulement l’inter-chapitrage. Même si les ereaders actuellement proposés sur le marché sont techniquement limités (l’encre électronique a fait de gros progrès en matière de lisibilité mais reste N&B et statique), la prochaine génération de lecteurs va autoriser des choses beaucoup plus intéressantes avec de la couleur et un taux de rafraichissement suffisant pour faire des animation fluides (mais pas de la vidéo Full HD). Qualcomm est ainsi en train de finaliser sa technologie Mirasol qui s’inscrit tout à fait dans ce cadre :
Améliorer l’aspect visuel des livres est une chose, mais il serait également possible d’améliorer considérablement l’expérience de lecture en « activant » deux sens supplémentaire : l’ouï et le toucher.
Animations, bruitages et vibrations au service de la narration
Il ne serait ainsi pas très compliqué (ni trop coûteux) de rendre un texte plus vivant en l’enrichissant de raffinements graphiques, de bruitages et de vibrations. Souvenez-vous l’idée est de rendre un texte plus vivant et non de concurrencer la vidéo. Animoto est un bon exemple sur le créneau des diaporama enrichis : Créer une oeuvre émotionnellement plus riche à partir d’une matière première brute (le texte).
Nous pourrions ainsi envisager un certain nombre d’enrichissements graphiques pour les ebooks :
Une couverture animée ;
Des effets typographiques (ex : une typographie associée à chacun des personnages dans un dialogue) ;
Des transitions animées ;
Des fonds de page illustrés pour « poser » le décor ;
Des animations (vibration ou ondulation du texte)…
De même, il y aurait beaucoup de chose à faire avec un enrichissement sonore :
Musique pour introduire un chapitre ;
Ambiance sonore de fond pour installer l’ambiance d’un passage (ex : bruits de circulation, de foule, de mer, de gare, vent dans les arbres, tic-tac d’une horloge…)
Courts passages récités par des acteurs…
Et tant qu’on y est, nous pourrions même fantasmer sur des vibrations (ex : Lors d’une course poursuite ou pour accompagner la description d’un tremblement de terre). Des vibrations qui pourraient également être synchronisées avec la lecture pour accentuer une explosion, un coup de feu (à l’aide d’une technologies de eye-tracking appliquée aux e-readers : Vers des interfaces transparentes pour les ebooks ?).
Bref, les possibilités sont nombreuses et les œuvres y gagneraient en intensité. L’application la plus réaliste à laquelle on peut penser est la conversion des BDs et mangas. Une version numérisée et enrichie justifierait un prix de vente élevé et permettrait de dégager des revenus complémentaires pour les éditeurs (tout comme vous êtes tenté d’acheter la version Blu-Ray 3D d’un film que vous avez déjà en DVD, vous pourriez être tenté d’acheter la version enrichie d’une BD que vous possédez déjà en papier). Qui ne se laisserait pas séduire par un Tintin remasterisé ?
D’autres applications pour mieux apprécier un texte
Nous pourrions également envisager d’autres fonctionnalités :
Nettoyer le texte des mots vulgaires ou des descriptions trop crues pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes ;
Pourvoir basculer d’une narration à la première personne vers une narration à la troisième personne (ex : « J’ouvris la porte » > « Il ouvrit la porte« ) ;
Localiser une oeuvre en changeant les paramètres régionaux (ex : lieux cités, prénoms utilisés…) ;
Mettre à disposition un assistant à la compréhension d’une intrigue particulièrement compliquée (ex : liste des protagonistes et diagramme de relation façon organigramme, résumé des chapitres déjà lus, historique des déplacements d’un personnage sur une carte…).
Certes, tout ceci pourrait vous amener à penser qu’il y a un risque de dénaturer l’œuvre originelle, moi j’y vois plus un moyen d’améliorer l’expérience de lecture et d’apporter de la valeur ajoutée à un lectorat qui passe de plus en plus de temps devant un écran.
Pour le moment tout ceci n’est que pure spéculation de ma part, mais si vous avez des exemples à me donner ou des projets à me présenter, je suis preneur.
Une nécessaire évolution
Les plus sceptiques d’entre-vous pourraient assimiler ces enrichissements à un gadget, mais d’un point de vue « marché », les ebooks n’apportent qu’une valeur ajoutée très faible par rapport à leur équivalent papier (surtout quand un livre électronique est vendu le triple de la version livre de poche). L’enrichissement des oeuvres semble donc être un bon moyen de justifier à la fois un prix de vente élevé (afin de maintenir les marges des éditeurs) et un équipement des lecteurs qui doivent investir dans un e-reader.
Ma vision est peut-être extrêmement naïve, mais je vois mal comment faire décoller les usages alors que l’offre est aussi pauvre. Certes, le marché va pouvoir compter sur les initiatives d’acteurs industriels (Amazon vient juste d’ouvrir la version anglaise de son Kindle Store et Google lancera d’ici la fin de l’année son offre Google Editions au Japon) mais il manque à mon sens un stimuli fort pour viabiliser le créneau. Les interfaces riches au secours de l’e-édition ? Pourquoi pas…
Normalement vous devez toutes et tous savoir que le Salon E-commerce Paris se tiendra la semaine prochaine à la Porte de Versailles. En prévision des discussions et rencontres sur-place, je suis allé consulter les fiches des candidatures aux E-commerce Awards et j’y ai trouvé des offres et services plutôt innovants.
Je vous propose ici une petite sélection non-exhaustive :
Ecommerce United, le réseau social des e-commerçants et des professionnels du commerce en ligne ;
Assemblive, un environnement de création 3D de salons et showrooms virtuels (entre autre) ;
MailForGood, une plateforme de diffusion de campagne en mode développement durable (50% des revenus publicitaires reversé aux associations partenaires) ;
SAVdesMarques, un site d’avis consommateurs qui permet de répondre aux questions des consommateurs en un point unique (avec relais en temps réel sur Twitter et Facebook) ;
VirtuOz Rapid Adapt, la nouvelle génération d’agents virtuels intelligents auto-apprenants ;
HopScore, solution d’affichage d’informations environnementales des produits sur les catalogues e-commerce…
Ceci n’est qu’une sélection hautement subjective, mais il est tout de même possible de dégager des grandes tendances de ces dossiers :
Le développement durable, avec des solutions de scoring des produits et marchands. À quand un scoring de la livraison ou un principe de compensation carbone intégré ?
La mobilité avec toujours plus de solution miracle pour transformer vote site web en application mobile. En 10 ans de nombreux prestataires s’y sont cassés les dents… Je m’intéresse de plus près aux services de géolocalisation intégrant une composante marchande comme Shopkick ou Hunch Local. Ça bouge également du côté du paiement sans contact (le marché est en attente de ce que va/ peut faire Apple dans ce domaine).
Le social shopping avec un début de frémissement de solutions pour intégrer la couche sociale de façon plus fine à votre plateforme marchande et surtout pour industrialiser son exploitation. Je n’entends par contre pas trop parler de plateformes communautaires de « social styling » comme Weardrobe ou Fashism (désolé je n’ai pas de terme français sous la main).
La réalité augmentée avec des solutions qui reposent sur les smartphones ou les webcams (nombreux exemples disponibles sur RichCommerce.fr).
J’offre une bière à celui ou celle qui me trouve un service mélangeant ces quatre tendances ! Il y a bien l’application iPhone de Neuvomonde mais on ne peut pas partager sur Facebook (et ils n’ont pas publié leur bilan carbone).
Je m’attarde quelques lignes sur les grands absents de cette liste :
Le contenu. Quel dommage que les commerçants investissent tant d’argent dans du référencement payant mais si peu dans du contenu de qualité qui leur permettrait pourtant d’arriver à un résultat quasi-équivalent mais de façon beaucoup plus durable. Bon OK, c’est un raccourci grossier, mais il faut bien avouer qu’à part le magazine en ligne d’Etam (Mode en vogue, tout en Falsh !), c’est le désert…
Les terminaux alternatifs. Là encore, si l’on commence à voir quelques applications iPad, les ebooks et smartframes sont encore largement ignorés. Il y a des places à prendre alors ne tardez pas !
L’Open Source. La sortie prochaine de Drupal 7 ainsi que du tout nouveau module Drupal Commerce risque de bousculer les éditeurs de solutions payantes, de même que Magento Mobile qui semble très prometteur.
J’espère avoir l’occasion d’en discuter avec vous lors du salon.
Comme chaque année au mois de Septembre, le gratin du commerce en ligne se retrouve au Salon E-Commerce à la Porte de Versailles. C’est incontestablement l’évènement de l’année par la taille et la fréquentation de ce salon : 550 exposants, 350 conférences… Bien évidement avec autant de stands et de conférences il faut faire un minimum de tri pour trouver ce que l’on cherche (des contacts, des infos, des conseils…) mais en tout cas ça vaut le déplacement dans la mesure où l’entrée est gratuite.
Comme l’année dernière je vous préparerais un petit compte-rendu de ma visite du salon. L’édition 2010 me semble particulièrement intéressante sur deux sujets : La mobilité et le social shopping. J’ai déjà eu l’occasion d’aborder ces deux sujets, ainsi j’espère bien que l’édition 2010 du salon va permettre d’élever le débat et de mettre en évidence des retours d’expérience et des bonnes pratiques (parce que nous savons déjà qu’il faut surveiller de près l’iPhone et Facbeook).
Bref, je vous invite vivement à faire une petite place dans votre agenda pour ce salon. J’adorerais pouvoir profiter de l’occasion pour rencontrer celles et ceux d’entre-vous qui souhaitent « parler boutique » mais il va falloir nous organiser un minimum pour que ça se passe dans de bonnes conditions (impossible d’avoir accès à l’espace VIP). Si vous êtes intéressé nous trouverons bien une solution…
Même si vous êtes partis en congé à l’autre bout de la terre, vous devez normalement être au courant du lancement de Facebook Places, leur service de géolocalisation sociale.
J’imagine que vous avez déjà dû lire tout ce qu’il y a à savoir sur le service aussi je me contenterais d’un bref récapitulatif :
Places vous permet de signaler l’endroit où vous vous trouvez (« check-in » en anglais), vous pouvez aussi publier la liste des amis qui sont avec vous (et qui ont un profil sur Facebook) ;
Toutes les signalisations sont affichées sur la page de l’endroit en question ainsi que sur le news feed de vos amis ;
Le service n’est disponible que sur la version mobile (touch.facebook.com ou sur l’application iPhone) et réservé aux utilisateurs US pour le moment ;
Les endroits conservent l’historique des personnes qui s’y sont signalées (cf. le principe de placestream déjà exploité par d’autres) ;
Les propriétaires d’un endroit (boutique, restaurant, cinéma…) peuvent en revendiquer la propriété et récupérer les droits de gestion de la page ;
Places proposera une série d’API pour exploiter sa base de données (importation de check-in d’autres services comme Foursquare, Gowalla… exportation des check-in vers d’autres services).
Comparaison des services de géolocalisation sociale
Facebook Places met en effet l’accent sur les commerces, ce qui le place en concurrence directe avec des city guides comme Yelp ou Cityvox. Non seulement ces acteurs bénéficient de moyens beaucoup plus importants que des startups comme Foursquare, Gowalla ou Brighkyte, mais ils profitent surtout d’une plus grande ancienneté sur le créneau et d’une base de données de lieux déjà complète. Constituer un annuaire complet des bars, restaurants, commerce… est en effet un travail titanesque qui nécessite de nombreuses années de travail et surtout des équipes importantes. Je suis impliqué depuis l’année dernière dans un long chantier d’évolution du site ma-residence.fr et je peux vous assurer qu’il faut déployer des efforts colossaux pour ne couvrir qu’une « petite ville » comme Levallois-Perret (je ne parle même pas de grandes capitales comme Paris ou Londres).
De plus, les city guides cités plus haut exploitent une base de donnée particulièrement bien structurée avec des avis parfaitement bien sémantisés, alors que Facebook Places se contente de simples check-ins. Difficile dans ces conditions de soutenir la comparaison avec des acteurs de niche qui proposent des interactions sociales beaucoup plus riches. Ma-residence propose par exemple une application en ligne de gestion de copropriété, un service de petites annonces ultra-locales, un moteur de recherche de services entre voisins, des modules dédiés aux associations et aux écoles… Bref, un ensemble de fonctionnalités qui motive les membres à s’impliquer dans leur vie de quartier.
Facebook Places ambitionne également de se positionner sur le créneau de la publicité locale. Le service va alors être en concurrence avec des acteurs encore plus gros comme les Pages Jaunes. Outre le rapport de force, Facebook va être confronté à un autre problème de taille : La confiance des annonceurs locaux. Un commerçant qui ouvre sa boutique va avoir le réflexe de se faire référencer sur les Pages Jaunes et éventuellement sur Google Maps, mais va-t-il forcément penser à inscrire sa boutique sur un réseau social où l’on trouve quantité de groupes farfelus, de profils racoleurs et autres casual games ? Le commerce de détail (ou la restauration) est un milieu ultra-concurrentiel, les patrons comptent leurs sous et ils ne se satisferont pas d’une argumentation bancale (« connect people and allow them to gather« ) et d’un monitoring approximatif (cf. Audience : les chiffres de Facebook sont-ils crédibles ?).
Les membres joueront-ils le jeu ?
Comme toujours, vous pourriez me répondre qu’avec ses 500 millions de membres, Facebook est un rouleau compresseur qui va justement démocratiser de nouvelles pratiques et faire exploser les usages. Je ne pense pas, dans la mesure où les 500 millions de membres ne sont pas équipés d’un smartphone capable de faire de la géolocalisation (peut-être 1/5 ème). D’autre part, que les membres ne vont pas forcément s’approprier ces nouvelles fonctionnalités et les exploiter en masse. Cette fascination pour les nouveautés est en effet propre aux adopteurs précoces, les geeks qui n’ont pas abandonné Twitter, qui sont sur The Hotlist ou PlanCast. La grosse majorité des utilisateurs de Facebook est ainsi issue des adopteurs tardifs voir de la majorité tardive, ceux qui partagent des photos, des liens mais ne se risqueraient pas à créer un nouveau lieu à partir de leur smartphone.
Autre facteur limitant à prendre en compte : La peur de l’exposition. Le succès de Facebook repose en effet sur sa domination de la sphère sociale des internautes où les apparences sont reines : Les profils ne sont que des pseudo-avatars, des doubles numériques servant à valoriser les membres à travers leur nombre d’amis, leurs photos de vacances ou de soirée. Le comportement des membres ne va pas changer avec l’arrivée de ces nouvelles fonctionnalités : Les check-ins ne se feront que dans une recherche de valorisation sociale (je me signale dans un bar / resto branché, pas dans la supérette de mon quartier ou chez mon urologue). C’est dommage car c’est justement grâce à cette infinité d’acteurs locaux « non branchés » que les annuaires font leur richesse.
Rajouter à cela les réticences liées à la confidentialité et vous aurez une grosse majorité de membres qui vont s’autocensurer et ne se signaler qu’aux endroits les plus cools (Starbucks, Apple Store…). En ce sens, je ne pense pas que les membres de Facebook sont prêt à franchir le pas et à exposer leur vie réelle, celle de tous les jours qui est certainement plus rébarbative que la « palissade sociale » que nous nous efforçons d’entretenir pour arriver à nos fins (être reconnu pas nos pairs, draguer…). Je pense ne pas me tromper en disant que les membres de Facebook ne souhaitent pas réellement s’ancrer dans la vie réelle (exposition quotidienne) mais plutôt qu’ils cherchent à la fuir à travers des profils-avatars.
De nouveaux défis à relever pour convaincre les annonceurs
Revenons-en aux annonceurs locaux. Autant je suis persuadé qu’il y a de très nombreuses opportunités dans le domaine du marketing ultra-local (le succès fulgurant de Groupon en est un bel exemple) ; autant je trouve l’approche de Facebook un peu légère car nous commençons déjà à voir des premiers cas de fraude (de faux check-ins : Hack of the Day: Travel the World With Facebook Places). Comment convaincre des annonceurs de se lancer dans une campagne de m-couponing alors que des petits malins peuvent simuler leur présence dans un lieu ? Shopkick, une start-up spécialisée sur ce créneau, utilise par exemple des petits boitiers chargés d’authentifier la présence effective des mobinautes et leur délivrer ainsi des coupons de réduction : Here’s Shopkick’s Special Sauce: A Box In Every Store That Verifies You’re Really There.
Le boitiers utilisés par ShopKick dans les points de vente
Enfin dernière zone d’ombre : les outils d’administration de masse. Alors que les marques et enseignes de distribution en sont encore à tâtonner pour créer leur Fan Page, comment les convaincre d’ouvrir une page par magasin ? Plus votre réseau de distribution est important, plus de travail de monitoring / maintenance va être laborieux. Les grandes enseignes vont ainsi devoir investir pour mettre en place les mécanismes leur permettant d’industrialiser la gestion des pages de chacun de leurs magasins ainsi que la gestion d’un programme de m-couponing reposant sur de la géolocalisation (lire à ce sujet Facebook Places: Revolution or Evolution?).
Conclusion
Tout comme j’avais trouvé le chantier sémantique de Facebook très naïf, son arrivée sur le créneau de la géolocalisation sociale me laisse sceptique car il y a bien trop d’approximations dans leurs plans et dans la façon de la monétiser.
Partir à la conquête du monde réel semble donc être un défi très complexe pour Facebook qui va devoir sortir de sa zone de confiance (la sphère sociale) et devoir se confronter à des problèmes qu’il ne saura pas gérer avant un petit bout de temps. Ce qui pose à nouveau le problème de la viabilité de la plateforme qui investit toujours plus d’énergie et d’argent dans de nouvelles fonctionnalités sans avoir rentabilisé les précédentes.
La solution de facilité serait de racheter une ou deux start-ups pour rapidement monter en compétence (au hasard : DisMoiOù), mais qui va financer ces acquisitions ? Et comment vont-ils les rentabiliser dans la mesure où ils pratiquent toujours la fuite en avant ? Retour à la case départ…